"Il n'existe rien de constant si ce n'est le changement" BOUDDHA; Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots." MARTIN LUTHER-KING; "Veux-tu apprendre à bien vivre, apprends auparavant à bien mourir." CONFUCIUS ; « Nous savons qu’ils mentent, ils savent aussi qu’ils mentent, ils savent que nous savons qu’ils mentent, nous savons aussi qu’ils savent que nous savons, et pourtant ils continuent à mentir ». SOLJENITSYNE
I’ve
been working a bit on “hyping” the issue of Swiss Neutrality in some of
the videos below, among others with former Swiss Foreign Minister and
two-times president of the confederation, Micheline Calmy-Rey. The
reason is that we’ll have an important neutrality referendum
to vote on this September 27th, so I’m using the channel a bit for this
(very) Swiss topic that is so dear to my heart. Fingers crossed that
people will say “YES” to the neutrality initiative end of this month.
Of
the four videos below, I’d mostly recommend watching Prof. Jeffrey
Sachs and his take on the new shape of the multipolar order. He is one
of the most forceful critics of US hegemony, and I’m so grateful he
keeps spiking about it!
NATO’s Crazy Long Term Planning for Proxy Wars | Stas Krapivnik
Saturday, August 29, 2026
Stas
Krapivnik contends that Iranian sanctions have not toppled Tehran;
Iran’s 47-year pressure spurred self-reliance and a growing industrial
base, aided by a Eurasian bloc with Russia and China. He criticizes U.S.
cycle-driven rhetoric, notes China’s restraint and counter-sanctions
power, and warns of nuclear risks in any Iran conflict.
NATO’s New Plans To Destroy Russia | Prof. Jeffrey Sachs
Monday, August 31, 2026
Jeffrey
Sachs argues the Ukraine war is a long-running American proxy war
against Russia, driven by NATO expansion and U.S. primacy. He cites
Brzezinski and NATO’s promise not to enlarge, and advocates Ukrainian
neutrality, no further NATO expansion, and ending U.S. wars to avert
nuclear escalation.
🚨 Next Escalation: USA Out of Options, Iran’s New Zero-Tolerance Strategy | Dr. Arta Moeini
Thursday, September 03, 2026
Dr.
Arta Moeini analyzes the Iran–US war after seven months, detailing
Tehran’s zero-tolerance deterrence, the Hormuz chokepoint, and US
strategies like the D-Day naval blockade. He outlines two Iranian
camps—security-first escalation versus pragmatic deterrence—predicts
protracted, potentially disproportionate war, and previews the
Reclaiming America First initiative and BRICS/SCO dynamics.
Notre Plus Grand Dilemme: La Neutralité | L’Ex-Présidente Suisse, Micheline Calmy-Rey
Thursday, September 03, 2026
Micheline
Calmy-Rey outlines neutrality as layers: the Hague droit de la
neutralité for inter-state conflicts and a policy shaping credibility
abroad. She discusses sanctions, UN law, and Ukraine/Iraq, argues
against enshrining sanctions in a constitutional neutrality clause, and
calls for interpretation including civil conflicts and arms export
controls.
• Ce qu’on nomme le “capitalisme tardif” entretient avec une brutalité extrême la souffrance psychologique du « vouloir sans pouvoir ». • Certains, comme Giovanni Balducci dont on publie une rapide analyse, estime que nous nous trouvons ainsi dans une « prison invisible où la société accepte de vivre chaque jour ». • Mais nous constatons que ces excès monstrueux du “capitalisme tardif” créent des tensions et des colères qui ne cessent de le menacer de plus en plus. • D’où la GrandeCrise, qui se nourrit de cette folle stratégie.
_________________________
Dans un texte récemment paru (dans ‘geopoliticaesistemi.com’, repris en français le 5 septembre dans ‘euro-synergies.hautetfort.com’),
l’auteur italien Giovanni Balducci donne une rapide et juste analyse de
ce que nous nommerions la “stratégie” du “capitalisme-tardif” en
exposant comme principaux moyens d’action le “mirage du luxe” et le
“piège du désir”. Il y a longtemps que ces moyens sont connus et ont
déjà été diversement exposés, mais souvent dans le désordre,
c’est-à-dire sans former une véritable stratégie. Désormais, et cela
avec l’aide de certains facteurs de la communication qu’il exploite et
certains aspects du développement de la globalisation, on peut
effectivement identifier une stratégie. Son problème est que son
efficacité (de son point de vue, bien entendu) est à double effet ; de
plus en plus négatif à mesure qu’elle prétend grossir démesurément dans
un sens “positif”, — les deux effets étant strictement liés et en
développement strictement parallèle, avec des effets psychologiques en
confrontation permanente et antagoniste jusqu’à une situation crisique
explosive.
Le titre que donne Balducci à son analyse, — que nous allons ensuite apprécier, — est hautement suggestif : « Le mirage du luxe et le piège du désir à l’ère du “capitalisme tardif” ». Nous donnons en effet le texte avant notre commentaire, selon une méthode différente du classique arrangement d’ ‘Ouverture libre’
que nous utilisons désormais épisodiquement, surtout quand les textes
cités sont courts et que leur exposé préliminaire permet de mieux
apprécier.
« Mirage du luxe et Piège du désir
« Le capitalisme tardif a pleinement révélé sa nature la plus
débridée et la plus inhumaine: un processus d’oppression totale qui, à
bien des égards, rappelle, de manière symétrique et opposée, les dérives
autoritaires du socialisme réel.
» Nous vivons immergés dans une surabondance omniprésente
d’images de bien-être et de luxe effréné qui, à y regarder de près, ne
sont accessibles qu’à un cercle extrêmement restreint de privilégiés. Ce
qui entoure désormais la vie quotidienne des individus, ce ne sont que
des simulacres de richesse, tandis que l’ensemble de la population
connaît un appauvrissement constant et une réduction drastique de son
pouvoir d’achat.
» Ce contexte économique et social ne se limite pas à la
compression matérielle des salaires: il se nourrit également d’une
stratégie de contrôle plus subtile. Les situations d’urgence sont
constamment créées de toutes pièces ou habilement exploitées par le
système de pouvoir afin d’éroder davantage les droits collectifs et
individuels, en réduisant les espaces de démocratie et les protections
sociales.
» Dans la philosophie bouddhiste, l’une des situations
psychologiques les plus douloureuses, associée aux royaumes inférieurs
de l’existence ou aux enfers, réside précisément dans la torture de
vouloir sans pouvoir: le désir ardent de quelque chose, allié à
l’impossibilité absolue de l’obtenir.
» Le système capitaliste contemporain a fait de ce tourment
existentiel le moteur ultime de son économie et de sa publicité. Il
tapisse notre existence de stimuli visuels, d’écrans et de vitrines
numériques présentant un mode de vie clinquant comme s’il se trouvait à
portée de main, parfaitement accessible.
» Il déclenche ainsi un court-circuit dévastateur: alors que,
dans la vie réelle, nous nous appauvrissons matériellement, on nous
invite dans le même temps à poursuivre des standards inaccessibles, nous
soumettant à une frustration psychologique constante. Nous voyons sans
cesse le bien-être brandi sous nos yeux, tout en étant maintenu hors de
portée de nos mains. C’est la logique infernale décrite dans le célèbre
monologue d’Al Pacino dans L’Associé du diable: “Regarde, mais ne touche
pas; touche, mais ne goûte pas; goûte, mais ne savoure pas…”.
» Le véritable chef-d’œuvre de ce modèle socio-économique ne
consiste pas seulement à dépouiller les individus de leurs ressources
économiques, mais aussi à coloniser l’imaginaire collectif, en
transformant le désir insatisfait en cette prison invisible dans
laquelle la société accepte de vivre chaque jour. Tout bien considéré,
même un véritable misanthrope n’aurait pas su concevoir de meilleur
système pour punir les hommes. »
De la provocation à la colère
En fait, ce “capitalisme” à destin “tardif” a toujours fonctionné de
cette façon, entre “mirage” et “désir”. Mais, en devenant “tardif”,
c’est-à-dire hypermoderniste, exacerbé, sans mesure ni équilibre, il a
largement transformé le mirage en provocation et le désir en colère et
s’est lui-même mis en état d’agonie apocalyptique transformée en GrandeCrise.
Ce que décrit Balducci existait largement au XIXème siècle et même au
XXème siècle, où il s’était avéré supportable et en général d’une
certaine structuration assurant sa stabilité. Toutes les révolutions se
cassèrent le nez sur lui. Mais avec l’incursion de l’hypermodernité et
de la communication débridée (qui peut aussi bien servir ses adversaire,
Ô Janus) il a perdu complètement cette stabilité en se déstructurant très rapidement, ayant
« révélé sa nature la plus débridée et la plus inhumaine.
» Les situations d’urgence sont constamment créées de toutes
pièces ou habilement exploitées par le système de pouvoir afin d’éroder
davantage les droits collectifs et individuels, en réduisant les espaces
de démocratie et les protections sociales. »
Cette remarque, tout à fait juste en théorie dans l’esprit débile des
capitalistes tardifs, suscite exactement son contraire. La réductions
des espaces de démocratie et des protections sociales, si elle nous
permet de critiquer ce fameux capitalisme en en désignant sa pourriture
jusqu’à l’os, l’a en fait privé de deux de ses principaux alliés : le
simulacre démocratique et la légende des syndicats, chargés en réalité
de maintenir un bon ordre dans les rangs des plus démunis.
Quant aux “situations d’urgence”, elles provoquent surtout des crises
et des guerres où le capitalisme-tardif s’il fait des bénéfices (de
toutes les façons, la planche à billets est là), achève de pourrir sur
place et de renforcer d’une façon drastique l’esprit et la volonté de la
dissidence et de l’opposition. On sait que “dissidence” et “opposition”
sont contrôlées selon les analystes antiSystème qui se piquent de
lucidité sarcastique, mais on devrait aussi savoir que le contrôleur a
complètement perdu la tête et fait n’importe quoi. Il arrive à pousser
l’AfD à 44%, à faire de la Russie et de la Chine (dont les États ne
cessent de resserrer leur contrôle sur leurs propres capitalismes,
différents du nôtre) les premières puissances militaire et économique
respectivement. Beau résultat.
Pour le reste, les admirateurs du mirage pleins de désirs
inaccessibles sont aujourd’hui de bien mauvaise humeur et les
milliardaires-tardifs et déchaînés s’enferment dans des forteresses avec
une armée de gardes du corps qui ne valent pas mieux que les services
de sécurité de Louis XVI.
« Le rêve se transforme, comme s’il se trouvait à portée de main, parfaitement accessible [...] déclenchant ainsi un court-circuit dévastateur [...] en transformant le désir insatisfait en cette prison invisible où la société accepte de vivre chaque jour... »
Et pourtant, non, comme on a vu plus haut et pour en conclure là-dessus. Au contraire, la société accepte de moins en moins « cette prison invisible », justement sous la pression de cette “situation psychologique si douloureuse” que provoque le « vouloir sans pouvoir ». Vendeur de rêves-bidons et adepte de la torture (« la torture de vouloir sans pouvoir »),
le capitalisme-tardif n’obtient que des résultats mensongers de la
victime, comme la torture suscite en général, et fait naître à chaque
occasion de nouveaux résistants.
Seul le capitalisme-tardif pouvait arriver à ce résultat puisque la
stratégie qu’il a choisi suit en vérité la méthodologie selon laquelle,
— surprise, surprise, — la surpuissance produit l’autodestruction.
Exceptionnellement, International Reporters a organisé le samedi soir à 20 h, heure de Paris, un direct IR-Stream durant lesquels nos lecteurs et auditeurs ont pu interagir en direct et poser des questions sur l’actualité, la géopolitique mondiale, la Russie, et bien d’autres sujets.
Le 5 septembre 2026, la rédactrice en chef adjointe d’International Reporters, Christelle Néant, était en direct pour une nouvelle émission, afin d'aborder avec ses auditeurs les négociations entre la Russie et les États-Unis et l'incident de l'aéroport de Leipzig.
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In this episode we break down the chaotic Witkoff and Kushner diplomatic trip to Moscow and Kyiv, where Vladimir Putin firmly rejected a Trump Zelensky trilateral meeting. Russian forces keep advancing toward Dobropillya and Sloviansk as Ukraine's economy buckles and Zelensky publicly demands more weapons instead of compromise. Is the Kremlin simply waiting out a collapsing Ukrainian front line?
The Duran: Episode 2619 00:00:00 Witkoff and Kushner begin Moscow and Kyiv diplomacy mission 00:00:58 Zelensky turns Kyiv talks into a media circus 00:02:06 Why Witkoff and Kushner are not real diplomats 00:03:12 Ukraine economy collapsing, needs 60 billion by year end 00:04:38 Radcliffe's hardline Moscow trip backfires 00:05:43 Soft cop strategy, sanctions relief offered to Russia 00:08:20 Push for a Trump Putin Zelensky trilateral meeting 00:11:04 Why Russia will not agree to a trilateral summit 00:15:29 Real battlefield situation, Dobropillya and Kharkiv encirclements 00:18:21 Zelensky reportedly preparing his exit strategy
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Amazing music contribution from Peter Brown. Follow Peter's music: / peterboy100 Comment ce contenu a été créé Doublé automatiquement Les pistes audio de certaines langues ont été générées automatiquement. En savoir plus
Pourquoi les guerres actuelles en Europe et
au Moyen-Orient risquent-elles de se prolonger et de s’embraser? Face à
une pénurie de ses ressources, l’UE va-t-elle maintenir des sanctions
qui coulent son économie, quitte à aller jusqu’à l’imposition de
confinements énergétiques? Quel est le rôle du duo formé par Israël et
les États-Unis dans la bataille de l’approvisionnement énergétique de
ces régions? Enfin risquons-nous de voir les conflits s’étendre à
d’autres zones du globe?
La découverte, depuis quinze ans, de
gigantesques gisements d’hydrocarbures dans le bassin du Levant et en
méditerranée a entièrement redessiné les stratégies géopolitiques de
l’Europe et du Moyen-Orient. La capacité des champs gaziers du
Léviathan, de Tamar dans les eaux territoriales israéliennes, ainsi que
ceux de Gaza et d’autres gisements identifiés entre Chypre, la Grèce et
la Turquie représente un potentiel qui entre en concurrence directe avec
les grands fournisseurs que sont la Russie, l’Iran ou le Qatar.
Au-delà de s’assurer une autonomie
énergétique jusque là inespérée, cela signifie qu’Israël entrevoit la
possibilité de devenir, avec l’appui de son partenaire américain, le
principal fournisseur de l’Europe et du Moyen-Orient. Un tel levier de
contrôle énergétique constitue une arme économique et politique
incroyablement puissante, capable d’exercer une véritable hégémonie sur
ces régions, de « rendre à l’Amérique sa grandeur » et d’accomplir les
prophéties d’un « Grand Israël ».
Mais la réalisation de ces objectifs exige
un certain nombre de conditions et le déploiement de grands moyens
financiers et matériels. Il s’agit de garantir la demande en ‘éliminant
la concurrence’, de développer les infrastructures d’exploitation et de
transport nécessaires et de « sécuriser la région », autrement dit
d’assurer la domination politique et militaire des pays concernés.
L’article précédent, « Leviathan ou les guerres du gaz »
a cartographié cette nouvelle configuration énergétique et montré
comment l’apparition de ces ressources a renforcé et accéléré la volonté
de Washington et Tel Aviv de s’en prendre à la Russie et à l’Iran en
imposant des guerres, des ‘sanctions économiques’ et le sabotage du
gazoduc de Nord Stream. Les concordances entre la découverte de ces
gisements, la signature de contrats relatifs à leur exploitation, et les
différents conflits armés sont frappantes. On y voit un certain intérêt
des cartels gaziers et pétroliers à pousser les pays propriétaires et
investisseurs – Israël, les Etats-Unis, l’Union européenne, l’Italie, la
Grande-Bretagne, la Grèce, Chypre – à la prolongation des conflits,
jusqu’à s’assurer la domination de l’ensemble des territoires situés sur
les nouvelles routes énergétiques et commerciales.
Le transport des énergies fossiles, une clé de la dominance mondiale
L’exportation de pétrole et de gaz repose
généralement sur deux stratégies distinctes: le pétrole brut et raffiné
et le gaz transformé en gaz naturel liquéfié ou GNL sont soit
transportés par bateau, soit acheminés directement via l’installation
d’oléoducs et de gazoducs. Ceux-ci permettent la livraison rapide d’un
plus haut débit, mais ils ont l’inconvénient d’être coûteux à construire
et sont des cibles faciles à neutraliser. Il est donc indispensable de
s’assurer que l’entièreté du parcours se trouve dans des pays considérés
comme politiquement stables et alliés.
En cas de conflits armés ou d’actes
terroristes, la destruction des pipelines entraîne naturellement une
hausse dans la demande des produits sous forme de GNL. Mais le gaz
transporté par bateau a aussi ses inconvénients. Il nécessite de longs
trajets et la garantie d’un passage libre et sécurisé dans les
différents goulots maritimes, comme le détroit d’Ormuz, de Gibraltar, le
canal de Suez et le détroit de Bab el Mandeb et plus loin de nous,
Panama ou le détroit de Malacca.
Cela n’échappe à personne, le tracé des
gazoducs existants ou en projets et le contrôle des voies maritimes sont
déterminants pour comprendre la situation géopolitique actuelle et la
direction dans laquelle elle est susceptible d’évoluer.
La volonté de dominance énergétique américaine
Les sanctions prises contre la Russie, le
sabotage de Nord Stream et les représailles iraniennes contre le Qatar
ont fortement réduit leurs livraisons de carburants dans nos régions. Ce
sont les Etats-Unis qui ont pris la relève pour venir au secours de
l’Europe et qui assurent désormais le leadership des exportations de gaz
avec environ 60% de l’approvisionnement total en GNL. Mais avant ces
évènements, le gaz américain ne représentait que 9% des importations
européennes et n’était pas compétitif. Il s’agit en grande partie de gaz
de schiste peu apprécié en raison de ses conséquences écologiques
désastreuses et son transport par bateau le rend 3 fois plus cher que le
gaz russe acheminé par gazoduc. En 2025 le GNL américain coûtait en
moyenne 1,08 euro/m³, le GNL russe 0,51 euro/m³ et le gaz russe par
gazoduc seulement 0,32 euro/m³.
Points d’entrée du GNL en Europe
Mais, cette situation que les Européens
espèrent temporaire, est faite pour durer, car il s’agit d’un projet sur
le long terme. Les Etats-Unis, qui sont devenus les 1ers exportateurs
de gaz et de pétrole, comptent renforcer ce rôle de leadership
planétaire par la capture complète du marché des hydrocarbures. Donald
Trump l’a clairement exprimé dans son ordre exécutif Unleash American Energy
(Déchaîner l’énergie américaine) de janvier 2025, dans lequel il
proclame une politique d’acquisition et d’exploitation des énergies
fossiles ‘sans limites’.
La mainmise sur le pétrole vénézuélien
il y a quelques jours, en est l’exemple le plus flagrant. Trump écrit
sur son média Truth Social que « le plus grand accord pétrolier de
l’histoire mondiale » est « une transaction historique qui fait plus que
doubler les réserves pétrolières américaines, accroît fortement notre
approvisionnement en pétrole et fera considérablement baisser le prix de
l’essence pour tous les Américains ». On parle en effet de 65 milliards
de barils, officiellement la plus grande réserve mondiale de brut…
facilement accaparée après l’enlèvement de l’ancien chef d’Etat
vénézuélien, le président Maduro.
Remplacement du réseau énergétique en Europe
Afin de mettre cette nouvelle politique à
exécution, Trump a également créé une organe interagences sous le nom
révélateur de « Conseil National de la Domination Energétique ».
C’est ce conseil qui a été chargé d’organiser le 6ème « Symposium Transatlantique pour la Sécurité Énergétique »
et le « Sommet Transatlantique pour la Sécurité du Gaz » dont
l’intention affichée est de se débarrasser définitivement du gaz russe.
Douze pays européens et les États-Unis ont
signé la déclaration commune sur le renforcement de la sécurité de
l’approvisionnement en gaz naturel en Europe centrale et orientale: la
Grèce, la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie,
la Moldavie, l’Ukraine, la Croatie, la Lituanie, la Serbie et la
Bosnie-Herzégovine.
Le
secrétaire américain à l’Intérieur, Doug Burgum, prend la parole en
présence du secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, du ministre
grec de l’Environnement et de l’Énergie, Stavros Papastavrou, et de
l’ambassadrice des États-Unis en Grèce, Kimberly Guilfoyle, lors d’une
cérémonie de signature avec des dirigeants d’Exxon Mobil, d’Helleniq
Energy et d’Energean, dans le cadre de la réunion du Partenariat
transatlantique pour la coopération énergétique (P-TEC) à Athènes, en
Grèce, le 6 novembre 2025. Reuters/Louisa Gouliamaki
L’objectif principal était de « faciliter
l’entrée et la fourniture de gaz naturel liquéfié (GNL) américain »,
autrement dit d’assouplir la règlementation et les tarifs sur les
importations américaines et d’engager des contrats avec des opérateurs
américains. Les USA ont aussi souligné que l’Ukraine disposait de l’un
des plus grands sites de stockage souterrain de gaz d’Europe et que
celui-ci devrait être intégré aux réseaux régionaux.
On pense ici à la construction du
«Corridor gazier vertical» qui doit relier la Grèce, la Bulgarie, la
Roumanie, la Moldavie et l’Ukraine, ainsi que la Serbie et la Macédoine
du Nord. Il prévoit d’acheminer du GNL depuis les terminaux
d’Alexandroupolis et de Revithoussa, en Grèce, ainsi que depuis la
région de la mer Caspienne, via le «Corridor gazier sud-européen». Ce
projet, dont l’idée remonte à 2014 (l’année du coup d’Etat ukrainien) et dans lequel la Bulgarie a déjà investi plus de 300 millions d’euros avec l’aide de l’UE, est mené de manière accélérée afin de permettre à l’Europe de stopper les livraisons de gaz russe d’ici la fin 2027.
Mais cette solution pourrait être trop
coûteuse pour certains pays, notamment la Hongrie qui dépend ici de
l’infrastructure roumaine et qui regrette le gaz russe, dont la Grèce et
la Bulgarie craignent toujours les prix concurrentiels. Un article du « Balkan Green Energy News » consacré à ce « Sommet Transatlantique de la Sécurité du Gaz » rapportait les propos du ministre grec:
« Le ministre grec de l’Environnement et
de l’Énergie, Stavros Papastavrou, a appelé l’UE et les États-Unis à
veiller à ce que le gaz russe ne revienne pas en Europe. Il a notamment
évoqué la voie passant par la Turquie (le corridor gazier sud-européen).
Le ministre a averti que le gaz russe pourrait trouver un autre moyen
d’entrer sur le marché, et ce à un prix compétitif, ce qui
compromettrait le processus. »
Le corridor gazier sud-européen, le trésor turc
Le corridor gazier sud-européen
En effet, depuis 2020, une autre ligne
d’approvisionnement visant à sortir l’Europe de la dépendance au gaz
russe s’est déjà mise en place à partir du gisement de Shah Deniz, au
large de Bakou en Azerbaïdjan.
Le ‘Corridor gazier sud-européen »
connecte 3 gazoducs pour transporter du combustible de la mer Caspienne
à l’Europe. Le circuit transcaucasien démarre en Azerbaïdjan et
traverse la Géorgie; il est prolongé par le pipeline transanatolien qui
traverse la Turquie de part en part avant de se connecter au gazoduc
transadriatique qui relie la frontière gréco-turque, parcourt la Grèce
jusqu’en Albanie et plonge sous le détroit d’Otrante (à 15km de l’île de
Sazan…) pour déboucher à San Foca, en Italie.
Ce réseau gazier est exploité par une
coentreprise suisse et détenu à 20% par la British Petroleum, à 20% par
SOCAR (Azerbaïdjan), à 20% par la Snam (Italie, ENI), à 20% par Fluxys
(Belgique) et à 20% par Enagás (Espagne). Remarquons que les Etats-Unis,
Israël, la Grèce et la Turquie en sont officiellement absents.
Reste à savoir si l’ensemble du parcours
va rester ‘stable’: la Géorgie est actuellement sous influence russe et
résiste aux tentatives de l’OTAN d’y installer des bases militaires et
d’y provoquer un nouveau coup similaire à l’épisode de Maïdan en
Ukraine. Un conflit direct entre l’Europe et la Russie pourrait donc
fragiliser cet important maillon de la chaîne.
Quant à la Turquie… c’est la grande
inconnue. Elle pourrait très bien moduler le débit de ses robinets, ou y
faire passer du gaz russe, en cas de conflit direct avec Israël.
La Turquie, l’élément inconnu et incontournable
Après l’Iran, la Turquie est de plus en
plus présentée comme le prochain grand ennemi stratégique d’Israël et la
compétition pour la livraison des ressources énergétiques à l’Europe
exacerbe les hostilités entre les deux pays.
Un article du 4 mai 2026, intitulé « la prochaine guerre au Moyen-Orient se déroulera-t-elle entre la Turquie et Israël? »
parcourt l’évolution des relations entre les deux nations qui ont
entretenu de bons rapports durant des décennies, jusqu’à l’arrivée au
pouvoir de Recep Erdogan, en 2003. Ce dernier s’est rapproché des
mouvements islamistes, affiche ouvertement son soutien à la cause
palestinienne et est accusé de soutenir le Hamas. En 2009, les deux pays
se sont d’ailleurs affrontés lors du blocus de la bande de Gaza.
Avec la question du transport gazier du
gisement du Léviathan, une réconciliation aurait pu s’envisager autour
d’intérêts économiques communs, mais les tensions ont repris dès le
moment où une alliance s’est créée entre Israël, Chypre et la Grèce, les
ennemis séculaires de la Turquie. La tentative de coup d’Etat contre
Erdogan en 2016 a durci le régime d’Erdogan, gelé les relations communes
et radicalisé leurs échanges.
Il faut dire que la Turquie s’oppose de
toutes ses forces aux projets d’exportation du gaz israélien pour
favoriser son propre pipeline, pièce centrale du corridor gazier
sud-européen, qui connecte les réserves de l’Azerbaïdjan à l’Europe; et
qu’elle tente aussi de développer d’autres routes pour s’assurer de
nouveaux gains et maintenir son influence géopolitique dans la région.
En 2009, un projet de gazoduc avait été
imaginé pour relier le complexe de North Field au large du Qatar à un
gazoduc baptisé Nabucco qui démarre au large du Bosphore et censé
alimenter les pays de l’Europe de l’Est. Deux tracés différents avaient
initialement été proposés: l’un passant par l’Arabie saoudite, la
Jordanie et la Syrie, et l’autre par l’Arabie saoudite, le Koweït et
l’Irak. Mais le président syrien avait refusé l’accord avec le Qatar et
bloqué l’installation du gazoduc sur son territoire sous l’influence de
la Russie.
Le projet a donc été abandonné… jusqu’au
départ de Bashar el Assad en 2024. Le ministre turc de l’Énergie et des
Ressources naturelles avait alors déclaré que le projet de gazoduc
pourrait être relancé « si un système de transport sécurisé était mis en
place en Syrie et si la stabilité était assurée dans la région ».
Entre-temps North Field et les
installations qataries ont été la cible d’attaques par drone en guise de
représailles iraniennes aux frappes américaines et ne sont plus en
capacité de fonctionner.
Quant à la Syrie: on rappellera ici qu’en
2024, Israël et la Turquie se sont retrouvés nez-à-nez en Syrie, dans la
confrontation de leurs intérêts expansionnistes, que les frappes
récentes d’Israël sur des positions turques en Syrie doivent aussi être
interprétées dans ce contexte, et qu’apparemment elles semblent assez
persuasives pour permettre aux compagnies américaines de signer des contrats pour l’exploitation du gaz syrien.
Mais la Turquie ne baisse pas les bras. En
juillet 2026, son gouvernement a aussi signé un mémorandum avec
la « République turque de Chypre Nord » (qu’elle est la seule à désigner
comme telle) pour construire un gazoduc de 101 km reliant directement
les deux territoires. Ce projet vise à capter le gaz des gisements
chypriotes pour le faire transiter par le sol turc vers l’Europe, et
serait un véritable obstacle à EastMed, le grand projet pour acheminer
le gaz du Léviathan vers l’Europe.
En somme, la Turquie craint de voir son
influence baisser dans la région et tente de jouer sur tous les
tableaux. Malgré son appartenance à l’OTAN qui défend systématiquement
les intérêts d’Israël, elle a renforcé ses préparatifs militaires,
notamment en matière de règles de mobilisation et d’augmentation de
capacité d’armes par drones. La situation entre les deux pays se
rapproche d’une véritable « guerre froide ». Et même si elle paraît peu
probable, une confrontation directe entre ces deux ennemis déclarés ne
doit pas être complètement exclue.
Eastmed, le graal israélien
Le tracé du projet Eastmed
En 2013, peu après la découverte des
gisements du Léviathan, un pipeline sous-marin nommé EastMed avait été
imaginé dans l’idée de relier directement les gisements israéliens et
chypriotes à la Grèce et à l’Italie, sans passer par les eaux
territoriales de l’Égypte, ni de la Turquie qui s’y oppose
catégoriquement depuis le 1er jour.
Mais, le coût de l’opération, estimée à 6
milliards d’euros, et les difficultés techniques liées à la longeur de
sa ligne – soit 1900 km de pipeline dont les 1300 km sous l’eau – en ont
freiné la construction… jusqu’en 2019, année où le début de la mise en
exploitation du Léviathan a relancé le dossier.
En janvier 2019, les ministres de
l’énergie de 7 pays de la région du Levant ont conclu un accord pour
créer le Forum du gaz de la Méditerranée orientale afin de discuter de
l’exploitation des nouvelles ressources. Les membres fondateurs du
groupe étaient la Grèce, Chypre, Israël et l’Égypte, mais des
représentants de la Palestine, de la Jordanie et du Liban ont également
participé aux réunions. Cette situation où ‘tout le monde était autour
de la table’ (sauf la Turquie) était particulièrement inhabituelle, mais
porteuse d’un espoir de sécurité et de prospérité pour l’ensemble des
acteurs de la région.
C’est dans ce contexte que l’autorité
palestinienne a donc publié quelques mois plus tard une déclaration
définissant le périmètre de ses eaux territoriales, selon les critères
de la Convention des droits de la Mer établie par l’ONU; Et que peu
après, en janvier 2020, la France et les États-Unis ont demandé à
rejoindre le Forum, respectivement en tant que membre et observateur
permanent.
Une fois le projet approuvé, Israël a
passé une série d’accords avec l’Europe, la Grèce, Chypre et les
États-Unis pour financer les travaux, en espérant ouvrir les vannes du
gazoduc à destination de l’Europe en 2027.
Mais la Turquie s’est opposée de toutes
ses forces à ces plans et l’UE a été obligée d’envisager des
alternatives, en premier lieu l’augmentation de la capacité de
production de GNL en Egypte, où le gaz est transformé et embarqué.
Entre-temps, la guerre en Ukraine et les sanctions prises contre le gaz
russe ont renforcé la demande pour les combustibles en provenance du
Léviathan. Un accord trilatéral a donc été pris en 2022 entre Israël,
l’Égypte et l’UE qui prévoit qu’Israël augmente son débit vers l’Égypte
(e.a. via ‘le gazoduc arabe’), mais cela reste insuffisant.
Le rôle clé de l’Egypte
Avec les contrats du Léviathan, et les
sanctions contre la Russie, l’Egypte est devenue un hub énergétique
majeur dans la fourniture du gaz à l’Europe et à ses voisins du
Moyen-Orient. Entre 2020 et 2024, environ 9 milliards de m³ de GNL
« égyptien » ont donc atteint le continent, principalement via
l’Espagne, l’Italie et la France. Mais le pays doit faire face à ses
propres besoins et connaît une baisse importante de la production
intérieure depuis 2024. Il a donc commencé à importer de grandes
quantités de gaz israélien.
De leur côté, en attendant l’éventuelle
construction du gazoduc Eastmed, les exploitants du Léviathan ont mis
les bouchées doubles pour augmenter leur capacité d’exportation en GNL à
partir de l’Egypte. En août 2025, la compagnie américaine Chevron et
d’autres sociétés partenaires ont signé un contrat de 35 milliards de
dollars avec l’Egypte en promettant de livrer 130 milliards de mètres
cubes d’ici 2040.
Et quelques mois plus tard, en janvier
2026, la décision d’un financement final pour l’élargissement des
infrastructures d’exploitation a été adoptée, étape indispensable à la
mise en oeuvre matérielle de ces nouveaux contrats d’approvisionnement.
Ces accords ont donc renouvelé le
rattachement historique de l’Égypte aux politiques israéliennes et
américaines, même si ces pays n’ont plus la faveur de l’opinion de sa
population.
Avec le début de la guerre contre l’Iran,
le gouvernement égyptien a pris la mesure de sa dépendance à Israël,
quand les robinets du Léviathan se sont temporairement fermés… et il
n’était pas le seul.
Les voisins d’Israël sont devenus dépendants de ses exportations de gaz
Dans un article du 6 avril intitulé « Le gazoduc arabe au service d’Israël »,
le journaliste Hisham Bustani affirme que « la crise énergétique née de
la guerre contre l’Iran révèle à quel point les voisins d’Israël
dépendent de ses exportations de gaz. À travers le « gazoduc arabe »,
cette dépendance qui touchait l’Egypte et la Jordanie s’étend désormais à
la Syrie et au Liban. Elle donne à voir une cartographie complexe qui
bénéficie à Tel Aviv et à ses desseins régionaux ».
Bustani explique notamment qu’Israël a en
quelque sorte « phagocyté le pipeline gazier qui relie le Liban à
l’Égypte en passant par la Syrie et la Jordanie ». Car, selon lui,
« Israël qui s’emploie à remodeler la région et à en redessiner la
géographie et la politique par la force militaire, déploie aussi un
expansionnisme à travers un réseau moins visible: celui des gazoducs ».
Les cercles rouges sur cette carte marquent l’entrée du gaz israélien dans le réseau du gazoduc arabe
L’auteur explique les mécanismes des
mixages gaziers et des points d’entrée par lesquels Israël est parvenu à
pénétrer dans ce réseau. Le gaz provenant du Léviathan au large de
Haifa se connecte au gazoduc arabe dans la région de El-Khanasri au nord
de la Jordanie pour rejoindre l’Egypte via le port d’Aqaba.
Initialement conçu comme un projet
d’intégration arabe, le « gazoduc arabe » est finalement devenu une
infrastructure d’exportation de gaz israélien vers la Méditerranée
orientale et un levier de pression considérable dans le contexte
politique actuel.
Avec les attaques contre l’Iran, Israël a
donc montré qu’il détenait le contrôle sur ses voisins en ayant « la
main sur le robinet ». Ainsi, la fermeture temporaire du champ gazier de
Léviathan suite aux représailles iraniennes a forcé l’Égypte et la
Jordanie à activer des plans d’urgence pour faire face à d’importantes
pénuries. Même des pays comme la Syrie ou le Liban y sont soumis, alors
qu’ils disposent pourtant de réserves importantes, mais qui restent
inexploitées en raison du manque d’infrastructures et de financement.
En attendant, le processus d’intégration
du gaz israélien au réseau arabe affirme la centralité d’Israël et lui
laisse « la latitude d’utiliser ces coupures d’approvisionnement comme
un outil de siège, d’anéantissement, de chantage politique et
d’expansion coloniale ». Un élément à retenir dans la saga géopolitique
du Moyen-Orient, que l’on ne peut évoquer sans parler de Gaza.
Le gaz de Gaza
Après la mise à jour des champs du
Léviathan, Israël et son partenaire ‘observateur américain’ ont
poursuivi les négociations avec les membres du Forum économique du gaz
ainsi que différents partenaires privés potentiels, mais le partage des
ressources avec les voisins (Syrie, Gaza, Liban) et ‘le manque de
stabilité politique’ (le Hamas) leur « posaient problème ».
Les attaques du 7 octobre 2023, attribuées
au Hamas, ont immédiatement mis fin à la situation. Et quelques jours
après le début des bombardements israéliens sur Gaza en octobre 2023, le
gouvernement Netanyahou a octroyé de nouvelles autorisations
d’exploration en hydrocarbures dans le bassin du Levant à six
compagnies, parmi lesquelles le géant italien Eni, la compagnie
sud-coréenne Dana Petroleum et la société israélienne Ratio Energies.
Carte des eaux territoriales revendiquées par la Palestine en 2019
Les licenses d’exploration vendues par Israël en octobre 2023 occupent la moitié des eaux revendiquées par les Gazaouis.
Mais les Palestiniens ont perdu toute voix
au chapitre. Après 70 000 morts et un accord de cesser le feu passé
entre Israël et le Hamas en octobre 2025, Trump a fièrement annoncé lors
de la réunion annuelle à Davos la création d’un « Conseil de la paix »
censé sécuriser la région, fournir l’aide humanitaire nécessaire et
organiser sa reconstruction. Cette nouvelle organisation, dont il s’est
proclamé leader à vie et dont les membres doivent aligner un milliard de
dollars pour y avoir un siège, a finalement été approuvée par l’ONU,
qu’il considère pourtant comme incapable d’apporter des solutions.
Son beau-fils Jared Kushner, a présenté
les détails de ce projet pour ‘un nouveau Gaza’. Y figurent un complexe
immobilier de luxe, un gigantesque datacenter qui permettra d’opérer une
« gouvernance technocratique » de Gaza, un grand centre portuaire pour
conteneurs, ainsi qu’une plateforme gazière offshore. Il s’agit donc
d’exploiter la fameuse ‘Marine de Gaza » et probablement d’étendre la
capacité portuaire d’Israël, puisque celle de Haïfa est trop limitée. La
question est de savoir à qui tout cela va bénéficier? Ces bâtiments de
luxe et ces profits sont-ils destinés aux 2 millions de Palestiniens qui
survivent dans les décombres? Apparemment le projet n’a pas été conçu
avec leur participation.
Une vingtaine de pays, principalement de
la région du Golfe, ont répondu à l’appel de Donald Trump, mais à
l’heure actuelle presqu’aucun engagement n’a été tenu. Il n’y a pas de
sécurité, le Hamas n’a pas rendu ses armes, très peu d’aide arrive à la
population palestinienne et l’argent pour la reconstruction de Gaza
n’est pas là.
C’est sans surprise. En digne représentant
de la paix, Trump lance des attaques aériennes contre l’Iran un mois
plus tard, sous le nom d’opération Epic Fury. Ce geste et les répliques
qui s’en suivent marquent le début d’une réorganisation profonde de la
géopolitique énergétique globale, et pour les plus pessimistes, la phase
initiale d’une 3ème guerre mondiale.
L’après Ormuz
La fermeture du détroit d’Ormuz a
transformé les flux de gaz naturel liquéfié (GNL) en un levier de guerre
hybride. Le blocage de cette voie stratégique, par laquelle
transitait 20% du GNL mondial, principalement en provenance du Qatar, a
eu un impact sur l’approvisionnement global avec une flambée des prix et
une dépendance à de nouveaux fournisseurs « exclusifs ».
En dépit des déclarations de victoire de
part et d’autre, et du théâtre des négociations de paix menées autour de
garanties contre d’éventuelles menaces nucléaires, la situation risque
fort de se déteriorer et de s’étendre à d’autres pays et zones du globe.
Les Etats-Unis cherchent à retrouver leur
hégémonie par la capture des marchés en hydrocarbures, avec un dollar
revalorisé au pétrogaz et un instrument de domination par le contrôle
des approvisionnements énergétiques. Tous les moyens sont bons pour y
parvenir, le coup du Vénézuéla en est la preuve la plus récente. Un
apaisement avec la Russie ou avec l’Iran et la normalisation des marchés
en hydrocarbures ne sont vraisemblablement pas dans les tuyaux.
Au Moyen-Orient les objectifs sont clairs:
construire un port géant à Gaza pour exploiter le gaz de sa marine,
mais aussi pour faire de ce nouveau territoire israélien le point
névralgique des échanges commerciaux en provenance d’Asie. C’est ce que
Benjamin Netanyahou montre dans ses plans où le « grand Israël »
s’intègre à un ‘Nouveau Moyen Orient ». Il y trace d’emblée la route
d’une nouvelle voie commerciale, le corridor IMEC Inde-Moyen-Orient-Europe
qui devrait relier l’ouest de l’Inde à l’Europe. Ce couloir logistique
faciliterait le commerce des marchandises, le transport d’énergies
fossiles et renouvelables (cables électriques sous-marins) et constitue
une réponse au projet « Belt & Road », la nouvelle route de la soie
chinoise.
Mais pour accomplir tout cela, il faudra
bien ‘sécuriser tout le Moyen-orient’, avec la puissance de frappe
américaine. Cela pourrait bien être dans les cartons: dans un entretien
accordé au célèbre journaliste Tucker Carlson, l’ambassadeur américain
en Israël, Mike Huckabee, n’avait pas hésité à déclarer que « les Etats-Unis ne verraient pas d’inconvénient à ce qu’Israël s’empare de toute la région« .
Pour l’instant, on ne peut pas dire que
‘la victoire des Américains sur l’Iran’ soit éclatante, mais si leur
force de frappe militaire par les airs ou sur terre n’est plus en mesure
d’assurer une démonstration de force suffisante, leur capacité à
contrôler les voies maritimes ne doit pas être sous-estimée. Une
bataille navale mondiale est à craindre, elle pourrait même toucher la
Méditerranée et des ripostes aériennes sur différents territoires
pourraient s’en suivre.
L’Europe est prise en otage par cette
situation. Des solutions alternatives pour atteindre une souveraineté
énergétique sont envisagées, mais dans l’immédiat elle est forcée de
subir les diktats américains et d’ouvrir grand son portefeuille…
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Senta Depuydt est une journaliste indépendante, titulaire d’un
diplôme en communication de l’Université Catholique de Louvain, en
Belgique. Elle s’intéresse au domaine de la santé et s’engage pour la
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Le professeur Jeffrey Sachs explique comment l’ordre mondial de l’après-guerre froide a été construit sur des mensonges, qui ont aveuglé l’Occident quant aux raisons pour lesquelles tout s’effondre. Suivez la chaîne YouTube de Jeffrey Sachs : / @jeffreydsachsofficial Suivez le professeur Glenn Diesen : Substack : https://glenndiesen.substack.com/ X/Twitter : https://x.com/Glenn_Diesen Patreon : / glenndiesen Achetez des produits dérivés Diesen : https://diesen-shop.fourthwall.com/en... Soutenez les recherches du professeur Glenn Diesen : PayPal : https://www.paypal.com/paypalme/glenn... Buy me a Coffee : buymeacoffee.com/gdieseng Go Fund Me : https://gofund.me/09ea012f Livres du professeur Glenn Diesen : https://www.amazon.com/stores/author/...
Original Video: • Jeffrey Sachs: The World Order Built on Li... Original Transcript: https://www.video-translations.org/tr... Translated Transcript: https://www.video-translations.org/tr... Produced by: Glenn Diesen Originally Published on: 2026-09-04 Translations by: www.video-translations.org Disclaimer: Read by A.I. Voices. Auto-translated.
My
main recommendation this time is the tree-way discussion with Professor
David Gibbs and Colonel Macgregor. The colonel gave a lot of first-hand
information about his time with NATO in the Balkans, which actually
clarifies quite a lot in terms of preparations for the wars that
followed after the breakup of Yugoslavia was already a reality.
If you prefer reading, the summary and transcript are on the homepage: https://neutralitystudies.com/videos/9v-Ik9N21JI
Deterrence Psychopathy Highjacks Europe—It’s Getting Worse | Cdre. Steve Jermy
Saturday, August 22, 2026
Steve
Jermy argues for a Westphalia II, moving from deterrence to cooperation
with Russia. He champions diplomacy, neutrality as a security
guarantee, and OSCE-led confidence-building measures plus Track Two
talks. He warns of air-defense gaps, drone and hypersonic threats,
energy-price shocks, urging sanctions relief and citizen-driven peace
momentum.
MASSIVE Escalation: USA Plans Nuke Attack, Prepares Troops | Steven Starr
Monday, August 24, 2026
Steven
Starr warns of escalating nuclear risks: dwindling conventional
munitions, expanded tactical-nuke options, and a lowered threshold for
first use. He flags Israel, Iran, and Europe as flashpoints, warns about
EMP and firestorm risks, and critiques NATO’s nuclear umbrella and
recent drone escalations as dangerous precursors to war.
It is OVER: The West Destroys Itself. Final Words. | Tord Björk
Tuesday, August 25, 2026
Tord
Björk argues the Helsinki Final Act opened cooperation and peace
movements, but Finland’s NATO accession and post-1989 weakened the
process. He laments the erasure of the peace movement, critiques NGO
professionalization, and calls for a unified, multi-issue, local-action
movement—planting potatoes and building friendships to resist
militarization and domination.
New Red Scare Destroys NATO, US Turns Against Europe, Iran Wins | Pietro Shakarian
Thursday, August 27, 2026
Pietro
Shakarian argues Trump’s Third Red Scare aims to crush dissent on
foreign policy, especially Iran and the Strait of Hormuz. He warns US
overstretch and Europe’s subordination to Washington, discusses the
Mecca Pact, NATO erosion, Ukraine’s rump-state future, and a global
shift toward multipolarity.
What Really Happened In Yugoslavia | Douglas Macgregor & David Gibbs
Friday, August 28, 2026
David
Gibbs and Douglas Macgregor critique NATO’s Yugoslav interventions,
arguing humanitarian justifications masked strategic aims: expanding
NATO, reshaping Europe’s order, and pressuring Russia. Macgregor recalls
warnings on Albanian refugees and Kosovo decision-making; Gibbs links
Bosnia, Kosovo, Rambouillet to neocon influence and Europe’s NATO
dependence.
Bienvenue dans cette nouvelle édition du Périscope. Au programme : 1) Le chef de la CIA à Moscou : quatre heures de discussion, un échec total 2) Storm Shadow pour l'Ukraine : l'Europe s'enfonce dans ses illusions dangereuses 3) Ormuz "ouvert" selon Trump : le mensonge qui ne trompe plus personne
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