samedi 31 décembre 2022

La grande question : il semble sur que nous atteindrons le 31 décembre 2022. Mais atteindrons-nous le 31 décembre 2023 ?

Par The Saker – Le 27 décembre 2022 – The Saker’s Blog

Source : https://lesakerfrancophone.fr/la-grande-question

Il semble sur que nous atteindrons le 31 décembre 2022. Mais atteindrons-nous le 31 décembre 2023 ?

Cette question n’est pas une hyperbole. Je dirais même que c’est la grande question pour au moins tout l’hémisphère nord.

Je préviens que la Russie se prépare à une guerre totale depuis au moins 2014. C’est exactement ce que Poutine a dit dans son récent discours devant le conseil du ministère russe de la Défense. Si vous n’avez pas vu cette vidéo, vous devriez vraiment la regarder, elle vous donnera un aperçu direct de la façon dont le Kremlin pense et de ce à quoi il se prépare. Voici à nouveau cette vidéo :

Je suppose que vous avez maintenant regardé cette vidéo et que je n’ai pas besoin de vous prouver que la Russie se prépare à une guerre massive, y compris nucléaire.

Le ministre des affaires étrangères, Lavrov, a déclaré publiquement que « des responsables anonymes du Pentagone ont en fait menacé de mener une « frappe de décapitation » sur le Kremlin… Ce dont nous parlons, c’est de la menace de l’élimination physique du chef de l’État russe, (…) Si de telles idées sont effectivement nourries par quelqu’un, cette personne devrait réfléchir très attentivement aux conséquences possibles de tels plans. »

Nous sommes donc dans la situation suivante :

Pour la Russie, cette guerre est clairement, indéniablement et officiellement une guerre existentielle. Ignorer cette réalité serait le comble de la folie. Lorsque la puissance nucléaire la plus forte de la planète déclare, à plusieurs reprises, qu’il s’agit d’une guerre existentielle, tout le monde devrait vraiment la prendre au sérieux et ne pas s’enfoncer dans le déni.

Pour les néoconservateurs américains, il s’agit également d’une guerre existentielle : si la Russie gagne, l’OTAN perd et, par conséquent, les États-Unis perdent aussi. Ce qui signifie que tous ces fils de pute qui, pendant des mois, ont raconté à l’opinion publique des sornettes en disant que la Russie allait perdre la guerre seront tenus pour responsables de l’inévitable désastre.

La Russie est à cours de munitions, de missiles, d’armes…

Tout dépendra donc de la volonté des Américains, en particulier de ceux qui sont au pouvoir, de mourir ou non par solidarité avec les « barjos du sous-sol ». Pour l’instant, on dirait bien qu’ils le sont.  Ne comptez pas sur l’UE, elle a depuis longtemps renoncé à toute action. Parler avec eux n’a tout simplement aucun sens.

Ce qui pourrait expliquer les récents propos de Medvedev : « Hélas, il n’y a personne en Occident avec qui nous pourrions traiter de quoi que ce soit, pour quelque raison que ce soit (…) c’est le dernier avertissement à toutes les nations : il ne peut y avoir d’affaires avec le monde anglo-saxon parce que c’est un voleur, un escroc, un manipulateur qui peut faire n’importe quoi« .

La Russie peut faire beaucoup de choses, mais elle ne peut pas libérer les États-Unis de l’emprise des néoconservateurs. C’est une chose que seuls les Américains peuvent faire.

Et là, nous entrons dans un cercle vicieux :

Le système politique américain a très peu de chances d’être efficacement remis en question de l’intérieur, les grands capitaux dirigent tout, y compris le système de propagande le plus avancé de l’histoire (alias les « médias libres ») et la population est maintenue dans l’ignorance et le lavage de cerveau. Et oui, bien sûr, une défaite majeure dans une guerre contre la Russie ébranlerait ce système si fort qu’il serait impossible de dissimuler l’ampleur du désastre (pensez à « Kaboul sous stéroïdes« ). Et c’est précisément la raison pour laquelle les Néoconservateurs ne peuvent pas permettre que cela se produise, car cette défaite déclencherait un effet domino qui impliquerait rapidement la vérité sur le 11 septembre et, après cela, tous les mythes et mensonges sur lesquels la société américaine s’est fondée pendant des décennies (JFK quelqu’un ?).

Il y a, bien sûr, beaucoup d’Américains qui comprennent parfaitement cela. Mais combien d’entre eux sont en position de pouvoir réel pour influencer les décisions et les résultats des États-Unis ? La véritable question est de savoir s’il existe encore suffisamment de forces patriotiques au Pentagone ou dans les agences de presse pour renvoyer les néoconservateurs dans le sous-sol d’où ils sont sortis après l’attaque sous faux drapeau du 11 septembre.

À l’heure actuelle, il semble bien que tous les postes de pouvoir aux États-Unis soient occupés par des néolibs, des néocons, des RINO [Republicans In Name Only, NdT] et d’autres créatures hideuses, mais il est également indéniable que des personnes comme Tucker Carlson et Tulsi Gabbard touchent un grand nombre de personnes qui, eux, « comprennent« . Cela doit inclure de VRAIS libéraux et de VRAIS conservateurs dont la loyauté ne va pas à une bande de voyous internationaux mais à leur propre pays et à leur propre peuple.

Je suis également certain que de nombreux commandants militaires américains écoutent ce que le colonel Macgregor a à dire.

Cela suffira-t-il à briser le mur de mensonges et de propagande ?

Je l’espère, mais je ne suis pas très optimiste.

Tout d’abord, Andrei Martyanov a tout à fait raison lorsqu’il dénonce constamment l’incompétence et l’ignorance flagrantes de la classe dirigeante américaine. Et je partage tout à fait sa frustration. Nous voyons tous deux où tout cela va nous mener et tout ce que nous pouvons faire, c’est avertir, avertir et avertir encore. Je sais qu’il est difficile de croire à l’idée qu’une superpuissance nucléaire comme les États-Unis est dirigée par une bande de voyous incompétents et ignorants, mais c’est la réalité et il ne suffit pas de la nier pour qu’elle disparaisse.

Deuxièmement, du moins jusqu’à présent, le grand public américain n’a pas (encore) ressenti tous les effets de l’effondrement du système financier et économique contrôlé par les États-Unis. Les « crétins » qui brandissent le drapeau peuvent donc encore espérer qu’une guerre contre la Russie ressemblera à l’opération « Tempête du désert« .

Ce ne sera pas le cas.

La vraie question ici est de savoir si la seule façon de réveiller les « crétins » qui ont subi un lavage de cerveau est une explosion nucléaire au-dessus de leurs têtes ou non ?

« Go USA » est un état mental qui a été injecté dans l’esprit de millions d’Américains depuis plusieurs décennies et il faudra soit beaucoup de temps, soit des événements vraiment dramatiques, pour ramener ces gens à la réalité.

Troisièmement, les élites dirigeantes américaines sont clairement dans un profond déni. Tous ces discours stupides sur les missiles Patriot ou les F-16 américains qui changeraient le cours de la guerre sont infantiles et naïfs. Franchement, tout cela serait plutôt comique si les conséquences potentielles n’étaient pas aussi dangereuses. Que se passera-t-il lorsque l’unique batterie de missiles Patriot sera détruite et les F-16 abattus ?

A quelle vitesse l’Occident sera-t-il à court de Wunderwaffen ?

Sur une « échelle d’escalade » conceptuelle, quelle sera la prochaine étape après les Patriot et les F-16 ?

Des armes nucléaires tactiques ?

Il est extrêmement dangereux de considérer la notion plutôt idiote selon laquelle une arme nucléaire « tactique » est en quelque sorte fondamentalement différente d’une arme nucléaire « stratégique« , indépendamment de la manière dont elle est utilisée et de l’endroit où elle l’est.

Je pense que le fait que la classe dirigeante américaine envisage sérieusement à la fois une utilisation « limitée » d’armes nucléaires « tactiques » et des « frappes décapantes » est un très bon indicateur du fait que les États-Unis sont à court de Wunderwaffen et que les Néocons sont désespérés.

Et à ceux qui seraient tentés de m’accuser d’hyperbole ou de délire paranoïaque, je dirai ce qui suit :

Cette guerre n’est PAS, je dis bien PAS, une guerre contre l’Ukraine (ou la Pologne ou les trois États baltes). Au minimum, il s’agit d’une guerre pour l’avenir de l’Europe. Fondamentalement, c’est une guerre qui concerne la réorganisation complète de l’ordre international de notre planète. Je dirais même que l’issue de cette guerre aura un impact plus important que la première ou la deuxième guerre mondiale. Les Russes le comprennent clairement (revoir la vidéo ci-dessus si vous en doutez).

Et les néoconservateurs aussi, même s’ils n’en parlent pas.

La situation actuelle est bien plus dangereuse que la crise des missiles cubains ou l’impasse à Berlin. Au moins, à l’époque, les deux parties admettaient ouvertement que la situation était vraiment dangereuse. Cette fois-ci, cependant, les élites dirigeantes de l’Occident utilisent leur formidable capacité de PSYOP/propagande pour dissimuler la véritable portée de ce qui se passe réellement. Si chaque citoyen des États-Unis (et de l’UE) comprenait qu’il y a une cible nucléaire et conventionnelle peinte sur sa tête, les choses pourraient être différentes. Hélas, ce n’est manifestement pas le cas, d’où l’inexistence d’un quelconque mouvement pacifiste et le quasi-consensus sur le versement de dizaines de MILLIARDS de dollars dans le trou noir ukrainien.

En ce moment, les fous s’amusent avec toutes sortes d’idées stupides, y compris l’expulsion de la Russie du Conseil de sécurité de l’ONU (cela n’arrivera pas, puisque la Russie et la Chine ont toutes deux un droit de veto) ou même la création d’une « conférence de paix » sur l’Ukraine sans la participation de la Russie (dans un remake des « amis de la Syrie » et des « amis du Venezuela« ). Eh bien, bonne chance avec cela ! Apparemment, l’échec de Guaido et de Tikhanovskaia ne suffisent pas à décourager les Néocons et ils répètent maintenant exactement les mêmes bêtises avec « Ze ».

Alors, atteindrons-nous le 31 décembre 2023 ?

Peut-être, mais ce n’est pas du tout sûr. Il est clair que le Kremlin ne fait pas cette hypothèse, d’où son renforcement vraiment intense de toutes les capacités de dissuasion stratégique de la Russie (tant nucléaires que conventionnelles).

Si Dieu le veut, le vieil adage « si vis pacem, para bellum » sauvera la mise, car la Russie est très clairement préparée à tout conflit, y compris nucléaire. La Chine y arrivera aussi bientôt, mais il est probable que 2023 verra une sorte de fin pour la guerre d’Ukraine : soit une victoire russe en Ukraine, soit une guerre continentale à grande échelle que la Russie gagnera également (bien qu’à un coût beaucoup plus élevé !). Ainsi, lorsque les Chinois seront vraiment prêts (il leur faudra probablement encore 2 à 5 ans), le monde sera très différent.

Pour toutes ces raisons, je pense que 2023 pourrait bien être l’une des années les plus importantes de l’histoire de l’humanité. La question de savoir combien d’entre nous y survivront reste ouverte.

Andrei

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

2023, POINT DE RUPTURE. 30.12.2022 — Le briefing avec Slobodan Despot


Où il est question du double sens des mots, de la duplicité en général et de tout le bien qu’on peut attendre de l’année qui vient. Extrait radio: https://www.rts.ch/audio-podcast/2022... Pour offrir un abonnement: écrire à webmaster@antipresse.net S'abonner à l'Antipresse: https://antipresse.net/abonnements/ IMPORTANT! Rejoignez-nous sur Telegram: https://t.me/antipresse Chaîne Odysee: https://odysee.com/@antipresse

mardi 27 décembre 2022

"Je suis morte quatre fois" - Ingrid raconte


 Il y a deux ans, une voiture percute Ingrid alors qu’elle est fait un footing.

Toute la partie droite de son visage est béante, 12 côtes sont cassées. La douleur est intense et les médecins la plongent dans le coma. Pendant 21 jours, Ingrid va tout voir, tout ressentir, tout entendre. À chaque fois que les médecins tentent de la réveiller, son cœur s'arrête. Réanimée quatre fois, elle va vivre une expérience de mort imminente. Scientifiquement reconnue, l'"EMI" est un ensemble de visions et sensations que peut ressentir un patient dans le coma. Sa foi et l'amour de ses proches vont lui permettre d'en sortir.

lundi 26 décembre 2022

Entretien avec Pierre De Gaulle. Peut-on séparer la France de la Russie?


 Nous vous proposons un entretien exceptionnel avec Pierre De Gaulle, conseiller en stratégie et finance d'entreprises, le petit fils du Général Da Gaulle

#0 - Présentation de la chaîne BDDE (Bon Dieu !? David En-quête) en 5mn chrono ! + #1 - DORIAN répond aux 5 questions sur le sens de la vie, Dieu, la mort...

Dans cette vidéo, je vous présente le concept de cette nouvelle chaîne. Je souhaite partager ici les réponses de personnalités diverses (journalistes, philosophes, artistes, etc...) à 5 questions profondes (ou ringardes selon le point de vue) qu’on n’ose jamais poser à personne mais que tout le monde (ou presque) se pose intimement : 1/ La vie a-t-elle un sens ? 2 / Dieu, pour vous c'est…? 3/ Après la mort : stop ou encore ? 4 / Un personnage spirituel qui vous a marqué ? 5 / Le livre et/ou le film que vous recommanderiez à votre meilleur ami en perte de sens ? Mon objectif est simple : faire en sorte que ces questions soient remises au centre des conversations les plus banales au quotidien, entre collègues à la pause café, dans les repas de famille etc...J'aimerais que les gens n'aient plus peur/honte d'en parler librement en toute occasion. Et pour cela, je demande à des personnalités de donner l'exemple !



 




vendredi 23 décembre 2022

LAMRIM : La Mort et l'Impermanence de la Vie par CENTRE PARAMITA 14 sept. 2019

Source : https://www.centre-paramita.fr/blogs/philosophie-bouddhiste/lamrim-6

Bouddha a enseigné la méditation sur la mort afin de combattre l’idée erronée de la permanence de la vie. L’observation des conséquences engendrées par une absence de prise de conscience de la mort nous incite à réaliser cet exercice. La plupart des gens qui suscitent des troubles et détruisent leur vie sont ceux qui donnent un sens fallacieux à leur pérennité. Ils croient vivre pour longtemps entourés de leurs parents et amis. Ils pensent que leur bonheur est immuable et constant. Alors ils agissent pour favoriser leur entourage aux dépends des autres et s’engagent dans des activités néfastes qui apportent désolation et ruine pour les autres et eux-mêmes.

« Un endroit préservé de la mort n’existe pas, ni dans l’espace, ni dans les mers, ni en restant protégé au cœur des montagnes. »

Bouddha 

Adhérer à l’hypothèse que nous vivrons longtemps, dans la permanence, fragilise la nature du soi et des autres par l’irruption d’idées et d’intentions négatives. Cette situation repose sur la perception erronée de la permanence. Elle interdit toute prise de conscience de la mort. Si la mort est considérée comme pouvant frapper n’importe quand, de tels ennuis sont écartés, car avoir pleinement conscience que la mort est inévitable nous mène à réfléchir à la vie future. S’il existe un doute sur le principe de la renaissance, intéressez-vous aux avantages que procure cette vie et à ce qu’elle pourrait être. Puis, vous vous interrogerez sur le karma, sur la causalité des actes. Réflexion qui vous détache des activités nocives pour encourager celle qui sont salutaires. Vous allez ainsi donner un sens positif à votre vie.

À force de ne pas faire la moindre allusion à sa propre mort, comme si elle était improbable, le jour où elle arrive, une peur et un profond malaise vous envahissent. Constater que la mort est naturelle crée une grande différence. On s’accoutume alors à l’idée de mourir, ce qui encourage à s’y préparer et à rechercher le moyen de gérer son mental à ce moment-là. Au jour de votre mort, ces préparatifs auront un impact profond. « Voici la mort », penserez-vous en réagissant comme prévu, insensible à la peur.

Imminence de la mort

« Maintenant, il est temps de vous

Distinguer des animaux domestiques. »

Jangchup Rinchen, grand yogi tibétain.

La méditation sur l’imminence de la mort s’élabore à partir de trois principes, basés chacun sur trois arguments qui mènent à une résolution. En voici un résumé qui sera suivi par des explications point par point.

La certitude de la mort

Une chose qui naît, eût-elle l’aspect d’un objet dans le monde extérieur ou celui d’un être vivant, va lentement vers la désagrégation. Des astrophysiciens avancent que nous sommes à vingt-cinq milliards d’années du Big Bang initial, cette explosion cataclysmique qui a donné naissance à l’univers, d’autres proposent douze milliards, ou encore dix-sept ou dix-huit. Il y a donc un commencement, et sur un certain point, il est indiscutable que l’univers aura une fin. Les montagnes qui se dressent sur Terre depuis des millions d’années s’érodent à chaque instant. Et les êtres vivants qui peuplent le monde sont bien plus fragiles qu’une d’entre elles, et inexorablement ils vont vers leur mort.

 

Le corps est tributaire de tant de conditions et d’éléments qu’il forme une entité complexe. La moindre peccadille peut entraîner un problème. S’il était seulement empli d’un liquide, il n’y aurait que cela. Mais le corps humain est très élaboré : les cinq organes principaux – cœur, poumons, foie, rate et reins – se régulent chacun selon leur processus qui, déréglé, est source de problèmes. L’organisme humain comparé à un objet solide est plus vulnérable et demande une surveillance constante.

Depuis que les hommes sont apparus, il y a environ un million d’années, personne n’a réussi à échapper à sa destinée mortelle et aucun ne le pourra. La mort est certaine. Bouddha disait :

Les divers êtres vivants dans le monde sont, comme

Les nuages d’automne, impermanents,

La naissance et la mort sont comme un spectacle.

La pérégrination d’une vie est comme une lumière

Traversant le ciel.

Elle va vite comme emportée dans le flot d’une cascade.

 La certitude de la mort appelle à s’engager dans la pratique spirituelle.

L’heure de la mort est indéterminée

Au plus profond de nous-mêmes, nous savons que la mort arrivera. Mais nous voulons croire que cela se passera dans longtemps. Au moment où elle se manifeste nous continuons encore à penser qu’il n’est pas encore l’heure. Cet état d’esprit nous conforte à repousser le but suprême d’un vrai bonheur sempiternel.

 

L’illusion de la permanence favorise les atermoiements. Il est capital de se remémorer souvent que la mort arrive n’importe quand. La vie est fragile. Et les choses qui l’améliorent comme la voiture ou qui nous aident comme les médicaments peuvent la provoquer. Dans La Précieuse Guirlande des avis au roi, Nagarjuna dit :

Les causes de la mort vous entourent

La lumière d’une lampe dans une brise puissante.

La précarité de la vie doit nous forcer immédiatement à nous engager dans une pratique spirituelle. Pratiquer une spiritualité n’est pas une activité physique. Bien que les actes vertueux, corporels et verbaux, soient importants, la spiritualité induit une transformation mentale. Il ne s’agit pas seulement de comprendre quelque chose de nouveau. Le continuum de la conscience s’imprègne de sagesse afin que l’esprit insoumis soit maîtrisé, pour qu’il soit au service de la vertu. Cela doit nous inciter à pratiquer au plus tôt. Si vous vous appliquez, dès à présent, à faire au mieux pour transformer le mental, lors de la mort, dans la maladie ou la douleur, le puissant sentiment de paix intérieure ne sera pas troublé, restera solide comme une montagne, enfoui au tréfonds de l’esprit.

À l’instant de la mort

Tout devient vain sauf la pratique

Une pratique fructueuse est cruciale. Observons comment défilent nos journées. Quelques-uns parmi nous pratiquent un peu, grommellent des mantras. Si tout va bien, nous nous inquiétons un peu des « autres êtres vivants ». Mais un petit événement inattendu nous dérange, nous devenons agressifs envers les autres, nous les décevons, pour finalement perdre notre soif spirituelle. La vraie pratique n’a rien de comparable avec cette activité sporadique, qui ne prépare pas l’esprit aux situations intolérables. Se consacrer immodérément à son propre confort mondain nous détourne de l’objectif final.

À Lhassa, la capitale du Tibet, un flâneur vint s’enquérir auprès d’un individu assis en méditation : « Que fais-tu? – Je médite sur la patience », lui répond-il. Le promeneur lui lance : « Ânerie ! » Et l’homme qui médite de tancer : « TU es un âne ! » L’homme en méditation n’a finalement pas su résister à une espièglerie.

Quand tout va bien, il est facile de prendre cette posture de sérénité en méditant. Mais l’apparition de la première contrariété dans l’environnement immédiat révèle combien peut être superficiel cet exercice. Si, de notre vivant, la pratique n’est pas probante, au moment voulu, au tournant de la mort, sa portée aura difficilement un impact puissant. La pratique doit s’effectuer avec une concentration intérieure profonde.

 

Soyez courageux, de mois en mois, d’année en année, pour que votre perception, votre façon de penser et votre comportement soient affectés. Plus tard, le corps en sera peu modifié, mais le mental aura subi une profonde révolution. Après cette transformation, face à l’adversité vous allez encore renforcer votre caractère, pour améliorer la pratique spirituelle et progresser sur le chemin de l’éveil. Vous serez alors un vrai pratiquant.

Les deux pratiques principales sont l’altruisme et la perception de la vacuité, ou la production conditionnée. Lorsque vous aurez atteint un certain niveau de pratique, ces points de vue seront devenus des amis loyaux et des protecteurs inébranlables. Des dispositions mentales qui vont être fort utiles dans l’immédiat jusqu’à la mort, que ces pratiques deviennent les racines, l’essence de la vie. Il faut donc prendre la décision de se détacher des choses illusoires et fugitives et cesser les atermoiements, afin de vous engager dans la pratique à votre niveau.

Dissiper les idées erronées

En 1954, je suis allé à Pékin pour rencontrer Mao Zedong. Lors de notre dernière entrevue en 1955, il m’a dit : « La religion est un poison pour deux raisons : elle nuit d’abord au développement du pays, et diminue la croissance de la population. » Il pensait que les personnes qui s’engagent dans la voie monastique sont responsables de la réduction du nombre des naissances. Avec du recul, je ne saurais dire si un nombre important de vœux monastiques en Chine eussent fait diminuer la population ! En vérité, Mao ne comprenait pas le sens de la spiritualité.

Parfois, les personnes qui acceptent l’idée d’une mort incertaine concluent de manière erronée que les projets deviennent inutiles dans leur vie, et décident en conséquence de ne plus rien faire. C’est une mauvaise interprétation, il est seulement question de ne plus se consacrer exclusivement à la réalisation d’un bonheur égocentrique, de vouloir vivre longtemps, de s’enrichir encore et encore, de bâtir une maison au-delà de la nécessité, etc. Et, au contraire, il s’agit de s’engager dans des activités au service du bien-être social : construire des écoles, des hôpitaux et des usines. La vie doit reposer sur une préoccupation altruiste.

Voici, par exemple, comment se comportait Dromton, le disciple d’Atisha, au XI siècle. Ayant atteint la pleine réalisation de la pratique de l’Éveil, il décida de construire un temple à Rato dans le Tibet central. Et il ne se contenta pas de s’asseoir et de penser : « Oh! Moi, je peux mourir aujourd’hui. » Au début du XV siècle, Tsongkhapa bâtit lui aussi l’université monastique de Ganden. Et dès qu’il l’acheva, il conseilla à son élève Jamyang Chojay d’aller près de Lhassa construire le monastère Drepung, et un autre de ses élèves, Jamchen Chojay, sur un site à l’opposé de la ville, fit élever le monastère Sera. Ils ont tous les trois entrepris de grands projets pour faire progresser le bien-être de la société pendant des centaines, et même des milliers d’années.

Le premier Dalai-Lama, Gendün Droup, était un grand maître et adepte accompli du bouddhisme, un réel bodhisattva. Il fit le choix de construire une université monastique à l’ouest du Tibet, le monastère Tashi Lhunpo. Très tôt, un matin, il désira donner un enseignement portant sur des textes majeurs, mais il décida d’envoyer ses élèves chez les habitants de la région pour collecter des fonds pour la construction du monastère. Il dirigea personnellement les travaux auprès des ouvriers. Il s’est investi sans restriction dans chacune de ses tâches : l’enseignement, l’écriture, la recherche de dons et la construction. Il ne fit pas ces efforts pour son bien-être mais pour le bien de la société entière. C’était un simple moine qui ne possédait rien. Il s’engageait dans de nombreuses actions pour le bien-être des autres à long terme.

 

Nous, à l’inverse, nous avons souvent un esprit mesquin. Nous nous écartons des sollicitations pour aider à l’amélioration de la société avec pour prétexte le manque de temps ou le caractère éphémère de telles actions. Quand notre bien-être est en question, que cela concerne un gain d’argent, un meilleur logement, etc., nous oublions l’aspect éphémère. Nous devons nous inquiéter de telles attitudes et être plus attentif à notre vie pour discerner si nous sommes dans cet état d’esprit.

Conseil pour le jour de notre mort

Nous mourrons tous. Et nous devons réfléchir au comportement à avoir face à la mort. Au cours de la vie, vous vous êtes accoutumé à prendre des attitudes vertueuses. Ainsi, au moment de la mort, vous serez capable d’adopter une position vertueuse. Placer près du lit une image religieuse, ou avoir de l’assistance d’un ami, sera d’une grande aide. Si vous avez souvent mal agi au cours de la vie, si proche du trépas, vous devez faire un acte de profonde contrition pour ce que vous avez commis. Vous aurez ainsi, probablement, une possibilité d’obtenir une renaissance dans une vie favorable où la pratique religieuse est envisageable.

Et, à l’inverse, l’engagement vertueux d’une vie peut être remis en cause si un sentiment profond de haine ou de désir se manifeste, qui influencera défavorablement la renaissance. Vous devez prêter une grande attention à l’état de la conscience et trouver la mort dans le calme de l’esprit avec compassion, amour, confiance et autres sentiments vertueux. Pendant le passage d’une personne que vous connaissez vers l’au-delà, veillez à ne pas provoquer chez elle du désir ou de la colère.

Sa Sainteté le Dalai-Lama 
(Quelques photos proviennent du site www.dalailama.com)

 

La réflexion sur l'impermanence se fait en 3 niveaux :

1. Les désavantages de ne pas penser à la mort :

  • Nous ne pensons pas au Dharma ;

  • Nous y pensons, mais sans le pratiquer ;

  • Nous le pratiquons de manière impure ;

  • Nous ne pratiquons pas avec persévérance ;

  • Nous agissons négativement ;

  • Mourir en ayant des regrets ;

2. Les avantages de penser à la mort :

  • Y penser est très bénéfique ;

  • Y penser donne beaucoup de puissance à notre pratique ;

  • Y penser est important au début du cheminement ;

  • Y penser est important pendant le cheminement ;

  • Y penser est important pour mener notre cheminement à terme ;

  • Mourir en paix et joyeusement.

3. La manière de méditer sur la mort

Dans le cycle des existences, au cours de nombreuses renaissances et parfois en une seule vie, tout change continuellement. Il ne peut y avoir aucune certitude. Tout rassemblement se défait, tout statut élevé se termine par la chute, la réunion se change en séparation, et la vie s'achève par la mort. Même notre bonheur ne fait que passer. Tout ce qui est nôtre est livré à l'impermanence. Rien de ce que nous considérons être réel n'est permanent.

 

Une nouvelle naissance n'éloigne personne de la mort. En fait, nous ne cessons de nous en rapprocher, exactement comme des animaux menés à l'abattoir. Dans notre univers, chaque chose est soumise à l'impermanence et finira par se désintégrer. Le septième Dalaï-Lama disait: "Les jeunes qui paraissent solides et en bonne santé mais qui meurent tôt sont des maîtres qui nous enseignent l'impermanence. Comme au théâtre, après avoir joué un rôle, les personnages changent de costumes pour ensuite réapparaître sous d'autres traits".

D'après Lama Samten, il n'est pas difficile de reconnaître que la mort est certaine. Le monde existe depuis très longtemps, mais il n'y a pas un seul être sensible qu'on puisse qualifier d'immortel. Lorsqu'on apprend que l'on est atteint d'une maladie mortelle, on court d'un médecin à l'autre, pour être finalement envahi par la peur et la crainte lorsque qu'on voit qu'il n'y a plus rien à espérer. Puis nous voilà en train de manger notre dernier repas, de porter des habits pour la dernière fois, et de nous asseoir sans plus jamais avoir l'occasion de nous relever. Et soudain, notre corps tombe par terre, comme une masse, laissant notre verre d'eau à moitié plein. Et c'est la mort.

Il est important de réaliser que quelque chose de dangereux nous guette, quelque chose qui peut être imminent. Cette considération provoque un sentiment d'inconfort et d'agitation, mais nous permet de ne pas gaspiller notre vie humaine en vaines et futiles activités. 

" La pensée que, l'année ou le mois qui vient, j'aurai mené à bien toutes mes tâches et mes projets et pourrai enfin me consacrer à une parfaite pratique spirituelle, n'est autre que l'intervention du démon pour tout compromettre." (déclaration de Gungthang Tenpai Dronme dans Comment méditer sur l'impermanence).

Il est donc vain de s'attacher dur comme fer à cette existence, car même si nous vivions cent ans, il faudra mourir un jour. D'ailleurs, l'instant de notre mort ne nous est pas connu et peut se présenter à tout moment. Quand cela se produira, à quoi nous serviront nos biens ? À cet égard, la mort d'un milliardaire ne vaut pas mieux que celle d'une bête sauvage. Les seules choses qui auront de l'importance au moment de notre mort seront nos bonnes ou mauvaises actions, ainsi que le développement spirituel que nous aurons atteint. C'est la seule certitude.

Guéshé Lobsang Samten

 

RÉFLEXION MÉDITATIVE DE SA SAINTETÉ LE DALAI-LAMA

En considérant que :

1. La permanence ou l’inconscience de la mort créent l’idée négative que vous allez exister pour longtemps. Cela conduit ensuite à avoir des activités anodines qui vous fragilisent, vous et les autres.

2. La conscience de la mort vous pousse à penser à la probabilité d’une renaissance future et vous montre l’aspect avantageux de cette vie. Cela vous engage à vous consacrer à des activités solidaires à long terme, et à refréner l’attrait de ce qui est superficiel.

3. Pour avoir le sentiment de l’imminence de la mort, méditez sur la force des trois principes, neuf raisons et trois résolutions :

Premier principe : méditer sur l’idée que la mort est certaine.

1. Car la mort est inévitable,

2. Car la durée de la vie n’est pas extensible et ne peut perdurer ne serait-ce qu’un peu,

3. Car la vie malgré sa durée ne nous laisse que peu de temps pour pratiquer.

PREMIÈRE RÉSOLUTION : JE DOIS PRATIQUER

Deuxième principe : méditer sur l’incertitude de l’heure de la mort.

4. Car la durée de notre existence dans ce monde n’est pas définie,

5. Car les causes de la mort sont multiples et celles de la vie rares,

6. Car le moment de notre mort est une inconnue, notre corps est si fragile.

DEUXIÈME RÉSOLUTION : JE DOIS PRATIQUER SANS ATTENDRE

Troisième principe : méditer sur l’idée que rien ne nous secourra au moment de mourir, sauf la pratique transformatrice.

7. Car au moment de la mort, les amis ne sont d’aucun secours,

8. Car au moment de la mort, la richesse n’est d’aucun secours,

9. Car au moment de la mort, le corps n’est d’aucun secours.

TROISIÈME RÉSOLUTION : JE VEUX ÊTRE DÉTACHÉ DES MERVEILLEUSES CHOSE QUI NOUS ENTOURENT

LES FORMATIONS LAMRIM EN FRANCE

Plusieurs Formations *LAMRIM, c'est-à-dire les étapes vers le bonheur de l'éveil, sont proposées en 2019-20 par les Centres Paramita en France. Au départ, il y a la formation d'introduction sur 4 jours, mais le cœur des enseignements du Centre Paramita avec Lama Samten est la formation d'approfondissement du Lamrim proposée en 4 Formations de 5 jours sur 2 ans. Surveillez les formations en cours ou à venir pour vous inscrire car les places sont très limitées. 

S'inscrire à une formation Lamrim

Ce cours correspond à une présentation en une séquence ordonnée et détaillée de l'ensemble des étapes de méditation et de réflexion nécessaires pour ceux abordant un cheminement intérieur avec la sagesse bouddhiste tibétaine. Des thèmes comme la précieuse vie humaine, l’impermanence, le karma, l'esprit d'éveil y sont abordés. En nous proposant comme support  le livre L'essence de la voie vers l'éveil, Lama Samten a voulu partager avec tous, dans un contexte adapté à notre époque, cette source inestimable d'enseignements donnés par le Bouddha Shakyamouni, dans le respect de ce qui a été transmis de Maîtres à étudiants depuis 2500 ans.




Comme préparation pour ce cours, nous suggérons fortement d'avoir suivi auparavant le cours de méditation sur le calme mental. Même si vous pratiquez déjà la méditation, ce cours vous donnera une vision profonde de la méditation et de l'esprit tels que perçus au sein de la philosophie bouddhiste. La plupart des gens apprécient beaucoup d'avoir fait ce cours avant de suivre le cours de Lamrim.