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mercredi 14 février 2024

Joe Biden et ses Pampers nucléaires

Source :  https://www.dedefensa.org/article/joe-biden-et-ses-pampers-nucleaires

 • Les Russes disent leur inquiétude sur l’état d’impréparation, de confusion et de chaos qui règne aux USA dans les directions stratégiques et politiques, notamment avec un président dementia-senile et un secrétaire à la défense mystérieusement cancéreux. • Cette situation rend effrayantes les conditions éventuelles de risques d’une guerre nucléaire. • L’effondrement du hégémon US s’accompagne de l’effondrement des personnes physiques et psychologiques des dirigeants et de l’effondrement des procédures  de sécurité.

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Est-ce, non pas un signe du destin mais bel et bien un acte du destin ? Il s’agit de la curieuse et inquiétante coïncidence entre l’effondrement de l’hégémonie des USA et l’effondrement de l’équilibre de la direction suprême de cette puissance par les voies naturelles de la santé, que ce soit physiquement et psychologiquement. Il s’agit de la conjonction de l’état mental et cognitif du président et de la deuxième hospitalisation du secrétaire à la défense après un diagnostic de cancer de la prostate. Tout cela se fait dans une inquiétante confusion, ce qui provoque un effet de dislocation de facto de la chaîne de commandement de la puissance militaire des USA, – en d’autres mots, de sa force nucléaire stratégique.

Note de PhG-Bis : « Un imbécile étoilé et français, – pardonnez le pléonasme, – disait l’autre jour à LCI qu’il ne fallait plus s’inquiéter de la guerre nucléaire, qu’on avait les moyens de s’en passer pour faire les guerres les plus nécessaires, – c’est-à-dire pulvériser l’armée russe et envoyer Poutine dans sa geôle, – et que d’ailleurs on pouvait très bien faire une guerre nucléaire sans risquer l’apocalypse. Cet espèce de climat ambiant de connerie hallucinée aux plus hauts échelons, – notamment français, pardonnez la répétition, – est à peu près aussi inquiétant que la façon dont la chaîne de commandement US est en train de se dégrader... J’dis ça, j’ai rien dit mais tout le monde a entendu... »

Il est important de noter que les inquiétudes concernant la chaîne de commandement stratégique et la direction US sont exposées par un Russe, dans un article bien mis en évidence sur RT.com. L’article reprend une interview donnée à un quotidien moscovite par une personnalité officielle de la direction stratégique de la Russie, qualifié de « haut responsable du Conseil de sécurité russe », – le secrétaire adjoint du Conseils de Sécurité de la Fédération de Russe Mikhaïl Popov. Il s’agit donc du reflet incontestable d’une analyse et d’une position officielles.

« S'adressant au journal Izvestia pour une interview publiée mercredi, le secrétaire adjoint du Conseil de sécurité russe Mikhaïl Popov a déclaré que l'instabilité politique de Washington pourrait déclencher une escalade accidentelle.

» “Dans la situation politique interne globalement difficile et nerveuse aux Etats-Unis qui est apparue récemment, le prix d'une erreur de gestion, commise par les dirigeants nationaux, délibérément ou involontairement, a considérablement augmenté”, a-t-il déclaré. “Et il n’y aura pas loin entre un tel incident et une catastrophe mondiale”.

» Popov a souligné qu’il ne faisait pas référence à “une quelconque république bananière”, mais à “un État doté d’armes nucléaires et prétendant constamment être l’hégémon mondial”. »

Popov cite deux situations qu’il juge très alarmantes, qui sont d’ailleurs connues mais nullement élucidées. Il ne faut pas douter que le problème soulevé par les Russes s’arrête à ces deux cas ; on dira plutôt que ces deux cas manifestent spectaculairement un état général de très grande confusion, d’antagonismes, voire de chaos régnant dans les sphères des directions politique et stratégique US, – aussi bien qu’au sein des forces armées ‘wokenisées’ d’ailleurs..

• La première de ces situations est évidemment l’état de santé mentale du président Biden. La dégradation de son état va en s’accélérant, et une mise en perspective d’interventions de Biden à différentes périodes entre 1992 et aujourd’hui, et surtout resserrée dans les dernières années, est notablement révélatrice. On peut consulter à ce sujet une vidéo de Megyn Kelly, ancienne présentatrice de FoxNews qui a aujourd’hui sa propre chaîne. Par ailleurs, et comme on le voit aujourd’hui, cet état de chose est maintenant officialisée dans des conditions ridicules : “Ne punissons pas Biden pour avoir manipulé et gardé chez lui des documents secrets, parce qu’il est vieux, diminué, la mémoire défaillante... Mais réélisons-le pour quatre années de plus à la Maison-Blanche !”

• La seconde de ces situations est celle du secrétaire à la défense Austin. On sait qu’Austin a d’abord été opéré fin décembre 2023 pour un cancer à la prostate, dans des conditions absolument rocambolesques et incroyables : personne n’était averti de l’opération, et notamment pas la Maison-Blanche, et l’on en est venu à la réalité simplement parce qu’Austin ne venait plus à son bureau ! Le voilà rétabli, puis à nouveau hospitalisé (cette fois, on l’annonce), pour un problème de vessie, l’ensemble n’encourageant pas à l’optimisme devant ce qui a l’allure d’une propagation du cancer. Popov nous rappelle tout cela :

« Le secrétaire à la Défense n’était pas là, et personne ne savait où il se trouvait ni qui le remplaçait. La presse écrit que certaines de ses responsabilités ont été confiées à la sous-ministre Kathleen Hicks. Mais elle était en vacances à Porto Rico à ce moment-là. »

Et aujourd’hui ? Où en est Austin ? Madame Hicks, – qui est essentiellement une spécialiste et adepte de l’application dans les forces armées de la doctrine Woke dite DEI (« Diversity, Equity and Inclusion »), – est-elle rentrée de Porto-Rico et a-t-elle éventuellement repris les fonctions d’Austin ? Mystères et boules de gomme, pour nous occuper... De façon assez compréhensible, Popov s’inquiète de ces diverses situations, exprimant en cela l’état d’esprit de la direction politique et stratégique russe :

«  ... [L]e diagnostic de cancer du secrétaire américain à la Défense Lloyd Austin et la vieillesse de Biden “ont soulevé des questions sur le système de sécurité mondial” et sur la chaîne de commandement américaine, se demandant “comment la décision d’utiliser des armes nucléaires est-elle généralement prise aux Etats-Unis”... »

Précédents accidentel et fallacieux

Il ne fait aucun doute que l’actuelle situation de la décision stratégique aux États-Unis est absolument sans précédent. Les exclamations d’orfraie lorsque Trump-président “menaçait” la Corée du Nord des armes nucléaires US est complètement incomparable. Trump n’a jamais eu la moindre intention à cet égard, – c’était du Trump classique qui parle beaucoup, et rien d’autre, et tout le monde le savait, – mais également, tout le monde haïssait Trump, – et continue d’ailleurs, à le haïr...

Le seul précédent sérieux de l’actuelle situation est un incident très court, le 25 octobre 1973, alors que Nixon se trouvait en plein Watergate, et très souvent en état d’ébriété à cause des terribles pressions exercées sur lui par la presse, le monde politique, les divers centres d’intérêt, etc. Une menace russe concernant la situation israélo-égyptienne provoqua une réaction de la direction US avec mise en place du niveau d’alerte dit ‘DefCon 3’ (‘Defense Condition 3’), sous la seule responsabilité du secrétaire d’État Kissinger, suivi d’une riposte critique du secrétaire à la défense Schlesinger. Mais Nixon n’était pas gâteux, – juste un peu fortement-bourré, – et Kissinger et Schlesinger étaient d’une autre pointure, qu’on les appréciât ou non, que les insignifiants et irresponsables Blinken et Austin.

Un autre incident, à nouveau à propos de l’affaire Trump-Corée du Nord et des critiques du comportement de Trump, avait mis en évidence des comportements extraordinaires de chefs militaires chargés de la dissuasion nucléaire. Il faut se rappeler à cet égard les extraordinaires auditions de généraux commandant StratCom (Strategic Command) au Sénat de novembre 2017. On y discuta notamment, et fort tranquillement, de la “légalité” d’un ordre de tir d’armes nucléaires du président, et de la possibilité pour un général de discuter avec le président de cette “légalité”. Le général Hyten, alors chef en activité de StratCom, disait simplement :

« Je donne un avis au président, il me dit ce que je dois faire. Et si c’est illégal, devinez ce qu’il arrive ? Je vais lui dire “Mr. le président, c’est illégal”. Et devinez ce qu’il arrive ? Il va me demander “Qu’est-ce qui serait légal ?” Et nous discuterons de diverses options, avec un ensemble de possibilités pour prendre en compte la situation telle qu’elle est, et c’est comme ça que ça marche. Ce n’est pas si compliqué. »

Ces déclarations et d’autres, valurent quelques commentaires de notre part, mais pas seulement (l’ancien secrétaire à la défense Perry, cité dans cet extrait, fut l’un des meilleurs ministres à ce poste stratégique fondamental)...

« Plus loin, Hyten dit “Nous (généraux) ne sommes pas des gens stupides”. Il se trouve que nous non plus, les non-Généraux puisque commentateurs indépendants, et que cela nous permet de juger son explication comme “stupide” jusqu’à sembler presque comme une provocation. Un ordre de tir nucléaire est un ordre sans discussion ; l’ancien secrétaire à la défense Perry l’a rappelé, précisant que tout se joue en 3-4 minutes.

» Le président ne demande pas au chef de StratCom si son ordre de tirer est “légal”, il le donne pour exécution, point final. Le général Kehler [ancien chef de StratCom] avait été à cet égard beaucoup plus net, beaucoup plus cohérent et, disons, crédible, en ne niant pas l’aspect extraordinaire de cette position de jugement de la “légalité” de l’ordre, notamment la décision de refuser l’ordre parce qu’il est jugé illégal dans le chef de l’officier général ; et là-dessus, “en concédant” qu’il y aurait une extraordinaire difficulté pour déterminer pourquoi et comment cet ordre est illégal d’une part, et une extraordinaire difficulté dans la “conversation” qu’il aurait avec le président... »

Simulacre et pirouette du destin

Bien entendu, tout cela se passait parce qu’il s’agissait de Trump, et les généraux ne sont pas moins prompts que la volaille politique pour exprimer toutes les haines possibles d’un Trump qualifié de “dément” par ‘WSWS.org’. Par contre, lorsqu’il s’agit de Biden, dementia-senile, et d’Austin en  stage multi-cancéreux, on ne s’inquiète de rien et il n’est pas question de poser quelque question que ce soit de cette sorte du risque nucléaire. Le USS ‘United States’ navigue quille en l’air et le gouvernail bloqué sur le cap-360° pour faire des ronds dans l’eau entre des icebergs, en menaçant Trump et le reste du monde parce qu’il se sent agressé par Trump et par le reste du monde.

La situation est à la fois invraisemblable et indescriptible, avec  toutes les élites, généraux en tête, suivant la musique du wokenisme et de la haine de Trump en annonçant des attaques imminentes de la part des Russes. On jugera la situation extrêmement dangereuse, comme font les Russes, puisqu’il s’agit d’une situation où la confusion chaotique tourne à la démence, tandis que la description qu’en font les principaux acteurs est celle d’une puissance américaniste toujours au zénith de son hégémon, montrant une extraordinaire maîtrise de la situation en galopant avec élégance sur des coursiers nommés clairvoyance et divination.

Situation “extrêmement dangereuse” ? Jamais elle ne l’a été autant. Pourtant, en un sens, le chaos est si complet, la situation si “à la fois invraisemblable et indescriptible” qu’il est bien possible que les habituels processus stratégiques se trouvent eux-mêmes dans un tel état qu’ils ne fonctionnent plus vraiment. Après tout, l’USAF rate régulièrement ses expérimentations des vieux ‘Minuteman III’ et est incapable de lancer sérieusement le développement d’un nouveau programme d’ICBM.

Puisqu’on parlait de “signe” et d’“acte” du destin en commençant ce texte, peut-être peut-on parler également d’un simulacre du destin dirigeant la folie américaniste sur des voies improbables. Cela ressemble certes à une pirouette de conclusion, mais peut-être le destin détient-il également le secret des pirouettes et leur utilité, – non, leur nécessité dissimulée...

 

Mis en ligne le 14 février 2024 à 16H30

mercredi 17 janvier 2024

Le ‘Kinzhal’ comme enjeu central

Source : https://www.dedefensa.org/article/le-kinzhal-comme-enjeu-central

• Encore un raid massif en Ukraine des Russes le 8 janvier, le troisième d’une série commencée le 29 décembre avec comme facteur central d’attaque, le missile hypersonique ‘Kinzhal’. • Les résultats sont impressionnants avec des destructions colossales d’objectifs stratégiques, aussi bien militaires qu’industriels. • Face au ‘Kinzhal’, le ‘Patriot’ est dépassé et se fait impitoyablement détruire. • Contre cela, tous les simulacres du monde n’y peuvent rien. • Démonstration en grandeur réelle et débris véridiques l’impuissance de l’Occident-dépressif.

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Il y a eu une troisième attaque russe massive le 8 janvier (après le 29 décembre et le 2 janvier) contre des objectifs industriels et militaires majeurs (notamment les installations de défense aérienne remises à neuf et de très haute intensité ces derniers mois par l’OTAN). Nous disons “troisième attaque” parce que nous devons considérer ces trois attaques comme faisant partie d’un plan politique et stratégique cohérent et spécifique des Russes, ayant plusieurs objectifs en plus des objectifs opérationnels. Ces attaques ont pour particularités d’employer comme arme centrale le missile hypersonique ‘Kinzhal’, dont bien plus d’une centaine ont été utilisés, les autres engins, beaucoup moins nombreux, servant d’appoint. On observe ainsi à quelle vitesse et en quelle quantité les Russes ont produit ce missile qui, jusqu’ici, avait fait des sorties en très petit nombre : on est passé de la phase opérationnelle expérimentale et complémentaire (l’année dernière) à la phase opérationnelle centrale et massive suivant les résultats très positifs observés initialement. On en conclut que nous sommes entrés dans l’ère de l’hypersonique, en marche arrière pour les archers de la plume de l’Occident-dépressif et dans l’enthousiasme contrôlé d’une guerre dite d’“attrition agressive” telle que la conduisent les Russes.

On suit ici l’intervention extrêmement bien documentée de Christoforou-Mercouris du 11 janvier, ce qui implique (trois jours après le 8 janvier) que les deux intervenants ont pu effectivement rassembler le maximum de données à partir de leurs sources en général très fiables et extrêmement bien documentées.

« Nous avons eu désormais trois très puissantes attaques de missiles en trois semaines, avec des résultats absolument dévastateurs. Nous pouvons dire sans la moindre équivoque qu’ils ont créé un choc terrible dans l’ensemble du système de l’OTAN parce que l’Ukraine avait été équipée [ces derniers mois] avec au moins un tiers de toutes les capacités de défense aérienne de l’OTAN, – missiles et centres de commandement, de repérage, de guidages, y compris les radars les plus avancés dont certains venus d’Israël,  – installés à Kiev et dans toute l’Ukraine et remplaçant l’ancien système hérité de l’ère soviétique en service jusqu’au printemps 2023 et qui a été anéanti par les Russes dans les mois suivants.

» Tout cela été remplacé par l’Ouest à l’automne 2023 par les systèmes les plus avancés de l’OTAN, et mis complètement à genoux par les trois dernières attaques. Ce point a été confirmé de tous côtés, avec une documentation importante, avec des photos... Ce système a donc été pénétré, complètement maîtrisé sinon anéanti, avec des dommages colossaux, et cela grâce aux missiles ‘Kinzhal’... »

Cette fois, les Ukrainiens ont été modestes dans leurs proclamations d’une défense très efficaces. L’année dernière, ils avançaient des chiffres de 90% des missiles abattus, cette fois ils ne parle pour le 8 janvier que de 18 des 50 missiles tirés, – dont des ‘Kinzhal’, bien entendu, – et ces estimations devant être prises de pure propagande. Simplement, cette fois, les immenses dégâts causés à un ensemble de systèmes complètement neufs et à la pointe des technologies, et certainement avec des équipes de l’OTAN, ne peuvent être dissimulés. Aucun ‘Kinzhal’ ne semble avoir été abattu...

« Le choc ressenti au sein de l’OTAN est immense. On peut parler d’une véritable crise... »

Dès l’apparition de l’hypersonique en mars 2018 (discours de Poutine), les chefs militaires US, parlant d’abord du niveau le plus haut de l’affrontement nucléaire, avait cette réponse faire au printemps 2018 par le général Hayden, alors chef du Strategic Command :

« Nous n'avons aucune défense contre l’emploi d'une telle arme contre nous, aussi notre riposte ne pourrait être que l’emploi de notre force de dissuasion, c’est-à-dire la triade de nos capacités stratégiques nucléaires au plus haut niveau. »

Depuis, les USA n’ont guère progressé dans le domaine des missiles hypersoniques offensifs, encore moins dans le domaine des capacités défensives contre les hypersoniques. Entretemps est apparue la capacité impressionnante des cibles et techniques d’emploi de l’hypersonique, du tactique et stratégique rapprochés (comme en Ukraine) au plus haut niveau stratégique conventionnel et nucléaire. Par conséquent, les premières affirmations, au printemps 2023, de ‘Kinzhal’ abattus par la défense ukrainienne auraient dû être accueillis à l’Ouest avec le plus profond scepticisme. En fait, il y eut du flottement, le Pentagone sachant par ailleurs très bien à quoi s’en tenir. Les militaires ukrainiens eux-mêmes avaient d’ailleurs démenti avoir abattu un seul missile hypersonique et c’est sur les pressions directes de la direction politique et de Zelenski qu’ils revinrent sur leurs déclarations.

Cette fois, on est plus prudent, vu l’ampleur extraordinaire des dégâts, mais on affirme tout de même avoir abattu quelques ‘Kinzhal’. Peu importe, tout cela, tous ces débats sur le démêlage du simulacre et des narrative ukrainiennes plus ou moins acceptées par les officiels otaniens, toute la presse anglo-saxonne suit les déclarations ukrainiennes, essentiellement sur la vulnérabilité des ‘Kinzhal’, sans la moindre réserve, de façon à donner l’impression que les missiles hypersoniques ne sont  nullement invulnérables. Ce point précis a un but particulier bien identifié.

Les exagérations ukrainiennes vite réduites à ce qu’elles sont ont en effet un autre but que celui de la pure propagande, notamment et essentiellement parce qu’il a été proclamé à grand bruit que l’essentiel de la défense aérienne ukrainienne est constitué du système de défense US ‘Patriot’, réinstallé dans un nouvel ensemble hyper-sophistiqué comme l’a précisé Mercouris. C’est autour de ce système extrêmement complexe (postes de commandement, de communication, radars de détection et de guidage, un certain nombre de batteries par système elles-mêmes équipées d’un certain nombre de missiles) que sont articulées les défenses aériennes sous maîtrise US, en Europe contre la Russie et en Asie contre la Chine.

« ... Les USA doivent absolument convaincre ou faire croire à leurs alliés qu’il existe effectivement une défense efficace contre les missiles hypersoniques [russes mais aussi chinois], aussi il faut construire une narrative selon laquelle le système des missiles ‘Patriot’ rencontre du succès dans son interception des missiles hypersoniques ‘Kinzhal” et cela a été répété et répété article après article chez les commentateurs occidentaux, – mais tout cela a commencé à complètement s’effondrer le 3 janvier quand de très nombreuses photos ont commencé à être diffusées malgré les efforts de censure, montrant ces missiles en vol de piqué d’attaque jusqu’à leurs énormes frappes au sol occasionnant des destructions massives et quiconque a vu ces vidéos d’usines complètement anéanties ne peut plus douter... et il devient impossible de maintenir cette narrative de l’efficacité du ‘Patriot’... »

L’ensemble du système  est donc à la fois un facteur essentiel de la sécurité occidentale, un facteur considérable des exportations d’armement US et un moyen de pression politique de première importance pour tenter de maintenir l’hégémonie américaniste, – sans parler des conflits dont rêvent les neocon. L’échec complet du système face au ‘Kinzhal’ constitue donc une catastrophe pour les USA. On peut douter que les tentatives de simulacre y puissent grand’chose, mais il ne sera pas dit qu’en matière de simulacre le complexe militaro-médiatico-industriel n’aura pas tout tenté, jusqu’au bout, jusqu’au ridicule de l’invraisemblable.

Ce n’est pas vraiment une stratégie de vainqueur, on en conviendra. C’est une stratégie d’aveuglement total pour poursuivre irrésistiblement dans la même direction. Si tel ou tel petit doigt vous dit qu’au fond, tout au fond d’eux-mêmes, les neocon croient aux simulacres qu’ils fabriquent comme des automates, donc qu’ils croient qu’en réalité les ‘Patriot’ abattent encore plus de ‘Kinzhal’ que les Russes eux-mêmes n’en envoient contre l’Ukraine zélenskiste, vous pouvez accepter cette version... Voilà à peu près la seule stratégie qu’on peut distinguer dans toute cette agitation : l’aveugle qui parade victorieusement installé sur un simulacre dont il ne sait même pas s’il existe.

Encore ne sommes-nous pas au bout de nos peines. En plus du ‘Kinzhal’, on va voir arriver le ‘Zircon’, encore plus-impossible à traquer en raison de sa trajectoire de missiles de croisière et non plus de missiles balistiques. A la lumière de tous ces déboires, il apparaît de plus en plus possible, si les incidents continuent à se multiplier comme ils le font sous la poussée démente des neocon que les USA et leurs alliés, gonflés au stéroïdes-‘Patriot’ se retrouvent un jour confrontés à l’un ou l’autre hypersonique russe. On ne doute pas de leur capacité de monter un simulacre à l’aide d’un entrelacs de narrative, mais un système entier de ‘Patriot’ qui se désintègre, ou une usine fabriquant des ‘Patriot’ qui vole en poussières, et tout cela dans une réalité très voyante, ailleurs que dans cette Zelenskiland si bien protégée des intrus, voilà qui vous impose des conclusions sans pitié.

 

Mis en ligne le 12 janvier 2024 à 12H10

dimanche 26 novembre 2023

La guerre à mille-temps

Source :  https://www.dedefensa.org/article/la-guerre-a-mille-temps

 • Le signe désormais le plus évident de la qualité même des affrontements en cours est la nécessité où nous nous trouvons, non pas de “penser différemment la guerre” mais bien de “penser les différents lignages de la guerre”. • Le terme “lignage” n’est pas de l’ordre du tactique-stratégie, – même si les effets sont également de cette sorte, – mais de l’ordre du spirituel et du métaphysique. • D’où la nécessité de comprendre l’importance du concept de la “géographie sacrée”, valant pour la “guerre de Gaza”. • Avec un texte d’Alexander Markovics.

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23 novembre (03H45) – Notre intention ici n’est pas de “réinventer la guerre” en la pensant différemment mais de proposer un exemple de description d’une catégorie différente de guerre avec à l’esprit bien entendu le cas de “la guerre de Gaza”, avec ses excès, ses folies, ses énigmes, – ou tout ce qui nous paraît en elle être excès, folie et énigme. Il s’agit d’avoir une pensée capable de se vouloir eschatologique et capable de l’audace d’une telle tournure de l’esprit pour évaluer des évènements que nous avons appris à jauger plutôt que juger, selon des poids et des mesures différentes d’appréciation. Il s’entend comme une évidence qu’une telle démarche n’a nécessairement rien d’idéologique, de partisan, de missionnaire, et tout d’une démarche d’enquêteur ayant bonne et pleine conscience des enjeux cosmiques de ce que nous nommons dans notre jargon la GrandeCrise.

En effet, pour nous la proposition intellectuelle de nous détailler le rôle de la “géographie sacrée” dans la guerre, – et cette guerre précisément, – doit nourrir une enquête pour apprécier la présence et la puissance du fait eschatologique qui est lui-même une condition sine qua non de la GrandeCrise. Il est par ailleurs évident que le travail effectué par l’auteur le conduit à nommer une manifestation de forces fondamentales qui s’affrontent, qui sont elles-mêmes au cœur de la GrandeCrise, et dont nous parlons si souvent par ellipse et symboles. Par conséquent, on en pourra conduire où peut évidemment nous conduire le simple et seul fait de considérer la définition, la structuration et l’intentionnalité des guerres eschatologiques qui se font selon les impératifs de la “géographie sacrée”. Ce qui est “géographie sacrée” chez certains et pas nécessairement pour nous à l’origine, est aussi, à partir d’un certain moment de la GrandeCrise, un ordre des nécessités pour nous également, – un peu comme l’on respire pour vivre, ou même survivre, – simplement (façon d’écrire !) pour tenter de mieux appréhender cette guerre. Un tel langage, vers la conclusion mais en évitant pourtant les engagements religieux contraignants, constitue un signal d’alerte évident pour nous, qui nous rappelle le combat où nous nous trouvons et que nous retrouvons dans ce qui nous est proposé :

« Nous devons prouver au monde qu'il y a une différence entre les peuples d'Europe et leurs élites sataniques contrôlées par les États-Unis. Je ne parle pas ici de lutte armée. Notre lutte doit avant tout être une protestation spirituelle et intellectuelle et être portée dans la rue. Nous devons nous débarrasser de nos élites pour pouvoir enfin reprendre le contrôle de nos vies. Dans cette lutte entre le bien et le mal, on ne peut pas rester neutre, il faut choisir son camp. Nous, membres de la Résistance [...], Européens conscients de notre propre histoire, de notre géographie sacrée et de notre eschatologie, ne pouvons que lutter pour un changement... »

Nous devons également comprendre que notre absence d’appréciation dynamique de la “géographie sacrée” est sans doute également un manque similaire chez l’adversaire. Notre avantage sur lui est pourtant d’avoir laissé entendre, voir d’avoir laissé nos plumes nous dire que les évènements que nous observons sont, d’une part eschatologiques, et d’autre part qu’ils doivent rester ouverts à la participation, peut-être et même probablement, de “forces extrahumaines” qui échappent complètement et heureusement à l’empire usurpé de notre raison-subvertie.

Pour autant, il nous paraît nécessaire, et finalement très instructif, de pouvoir conserver une position, non pas de neutralité ni d’indifférence inquiète, mais d’ inconnaissance active donnant aussi bien l’ouverture de l’esprit, paradoxalement vers la connaissance lorsqu’elle celle-ci nous convoque, et logiquement selon la plus complète maîtrise de soi. Nous devons pouvoir être capable de reconnaître ces “forces suprahumaines” sans les craindre en aucune façon tout en reconnaissant leur hauteur et capacité d’évitement gracieux et ironique des pièges et autres entreprises subversives des forces terrestres et telluriques dominantes, et maquillées en une séduction douteuse pour être mieux créatrices de simulacres.

Il ne fait aucun doute que le langage que nous proposons est d’un hermétisme inévitable sinon intuitif, correspondant aux obstacles que notre pensée elle-même rencontre pour tenter d’assimiler sans succomber au vertige du verbiage les concepts qui nous sont proposés ci-dessous. Celui qui juge ne pas savoir mais tente d’approcher un concept de cette sorte, doit offrir un langage qui expose le mieux possible la position délicate où il se trouve. “Ne pas savoir et, sachant cela, tenter néanmoins d’approcher sélectivement par intuition” est un acte difficile qui est le fait d’un esprit qui ne craint pas d’exposer ses faiblesses pour les offrir à des dons capables de les réduire et de les réformer ; notre hermétisme est une façon de dire, à la manière d’un Socrate qui se moquerait à la fois du Sophisme et de Socrate : “Nous aussi, nous savons que nous ne savons rien et notre incertitude est une vertu que même les dieux doivent sans nul doute, eux, comprendre et respecter”.

Entendre et voir se dessiner leur “géographie sacrée ”, c’est leur dire : “Si nous vous comprenons fort bien sans pour autant rien y comprendre, soyez assez loyal pour nous rendre la pareille”. Peut-être que, d’ici là, nous aurons commencé à comprendre... Pour le reste, s’il s’agit d’affronter le Mordor de la modernité que nous connaissons bien et qui sont bien les mêmes, nous avons déjà bien assez montré l’alacrité de nos triomphantes trompettes sonnant la charge pour qu’on veuille bien nous accorder le bénéfice de notre incertitude.  

 ... Voici donc que se dessine la géopolitique postmoderne à l'exemple de la Palestine, dans sa grandeur et sa grâce des formes de la géographie sacrée et de l’eschatologie. Le texte « Géographie sacrée et eschatologie: la géopolitique postmoderne à l'exemple de la Palestine » est donc d’Alexander Markovics, de ‘geopolitika.ru’, sur ‘Euro-Synergies.Hautefort.com’

dedefensa.org

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Géographie sacrée et eschatologie

La géopolitique postmoderne à l'exemple de la Palestine : comprendre le conflit autour de la Palestine

I. Si nous regardons le conflit actuel autour de la Palestine, nous pouvons voir certaines dichotomies utilisées pour catégoriser la guerre : Musulmans contre Juifs, Occident contre Islam, Occupés contre Occupants et bien d'autres. Certaines de ces paires d'opposés sont plus vraies que d'autres, mais elles omettent bien sûr certains aspects importants, comme le fait tout moyen visant à simplifier une situation. Bien sûr, la guerre de Palestine est un conflit entre les Palestiniens occupés et leurs occupants sionistes. Ce conflit est brutal, notamment en raison du fait que les Palestiniens sont un peuple colonisé qui lutte pour sa survie contre un ennemi dont les représentants officiels, comme le ministre israélien de la Défense Joav Galant, le qualifient d'"animaux humains". De nombreux observateurs rêvent d'une véritable solution à deux États afin de créer une paix durable pour la Palestine. Compte tenu de la gravité du conflit, il semble que la guerre ne puisse se terminer que soit par la défaite des Palestiniens et le nettoyage ethnique du peuple palestinien de Gaza, soit par une défaite humiliante pour l'élite sioniste et ethno-nationaliste fanatique de Tel-Aviv. Pour l'instant, les deux scénarios sont du domaine du possible.

II. En effet, les néoconservateurs, les partisans de l'École de Francfort en Allemagne et même certains populistes européens de droite tentent de présenter la lutte comme un duel entre un "Occident sécularisé, civilisé et éclairé" et un "Islam barbare, brutal et rétrograde". En écoutant cette propagande occidentale, nous nous souvenons immédiatement de l'ouvrage de Samuel Huntington "Le choc des civilisations", dans lequel il anticipait la montée de la multipolarité, mais aussi une possible escalade du conflit entre l'Occident et la civilisation islamique. Dans l'esprit des neocon, le possible choc des civilisations, décrit dans l'œuvre de Huntington, devient une prophétie auto-réalisatrice. Pourtant, le philosophe américain nous a montré que le combat entre les civilisations n'est qu'une possibilité parmi d'autres, les autres étant la coopération et la paix.

III. La dichotomie "Juifs contre Musulmans" n'est pas tout à fait correcte dans la mesure où le nationalisme sioniste, l'idéologie de l'Etat d'Israël, est en totale opposition avec le judaïsme traditionnel, qui considère la présence des Juifs en Palestine avant l'arrivée du Messie comme une hérésie et une violation de la volonté de Dieu. De plus, la dimension de cette lutte n'est pas réductible à une confrontation entre les forces globalistes qui tentent de maintenir l'unipolarité et l'hégémonie occidentale, et les forces qui prônent la mise en place d'un ordre mondial multipolaire dans lequel l'Occident n'est qu'un pôle parmi d'autres. Si nous voulons comprendre la véritable dimension et l'importance de cette guerre pour la Palestine, nous devons porter notre attention sur d'autres aspects.

IV. Il est évident que les concepts et les formes de perception purement modernes ne peuvent pas mettre en évidence l'importance de l'éternité pour les cultures traditionnelles, comme dans le cas de la civilisation islamique. Les sectes postmodernes qui combinent des versions déformées de l'eschatologie chrétienne et juive dans des visions évangéliques et sionistes de la fin du monde sont le véritable moteur de ce conflit, mais elles sont pour la plupart ignorées en Occident.

V. Il en va de même pour l'idée de géographie sacrée, ancêtre de la géopolitique moderne, qui est aujourd'hui complètement étrangère à la majorité des Européens, qui suivent un mode de vie athée dépourvu de toute connaissance historique. En conséquence, nous devons suivre le philosophe russe Alexandre Douguine et l'école de philosophie traditionaliste si nous voulons aller au cœur des choses en ce qui concerne la géopolitique postmoderne, en prenant l'exemple de la Palestine. Celui qui veut comprendre la guerre pour la Palestine doit comprendre qu'elle n'est pas menée uniquement pour des objectifs géopolitiques, la création d'un monde multipolaire d'un côté et l'empêchement de la multipolarité de l'autre, mais qu'il s'agit d'une guerre fondée sur la géographie et l'eschatologie sacrées. En bref, il s'agit d'une guerre sainte.

Géographie sacrée : un paysage dispose d'une signification intrinsèquement sacrée, dérivée de Dieu ou des dieux, un type d'espace rempli de divinité

VI. Le terme de géographie sacrée implique qu'un paysage dispose d'une signification intrinsèquement sacrée, dérivée de Dieu ou des dieux, selon le système de croyance sous-jacent. Il s'agit d'un type d'espace qui est rempli de divinité. En conséquence, la géographie sacrée est une manière de voir le monde en relation avec les mythes et les croyances. Elle met également en évidence des lieux sacrés qui sont constamment consacrés par des rituels. Alors que les Égyptiens croyaient que les terres situées à l'ouest des colonnes d'Héraclès (l'actuel Gibraltar) abritaient le royaume des morts, les Européens du Moyen Âge pensaient que l'actuelle Scandinavie et l'Europe de l'Est étaient habitées par des sorciers et des sauvages.

VII. La Palestine est un tel espace sacré. C'est la Terre sainte pour les chrétiens, les musulmans et les juifs. Dans la théologie chrétienne, la Palestine est la terre où a eu lieu la révélation du message de Dieu à l'humanité. C'est là que Jésus-Christ est né, qu'il a prêché, qu'il a été crucifié et qu'il est ressuscité d'entre les morts. Pour les chrétiens, la ville de Jérusalem ne sert pas seulement d'allégorie à l'Église, mais contient également de nombreux lieux saints, dont l'église du Saint-Sépulcre et le Cénacle du mont Sion, où a eu lieu la Cène. En ce qui concerne les rituels, les chrétiens orthodoxes célèbrent chaque année la cérémonie du feu sacré le samedi avant Pâques. Dans le discours de la philosophie européenne, Jérusalem symbolisait en outre la primauté de la religion sur la rationalité pure et la raison, deux qualités associées à la ville d'Athènes. La primauté d'Athènes qui prévaut actuellement dans la pensée européenne est peut-être la raison pour laquelle nous sommes aujourd'hui aveugles au phénomène de la géographie sacrée. Dans l'islam, Jérusalem est appelée Al-Quds ou Baitul-Maqdis (“La place noble et sainte”) et abrite la place du Dôme du Rocher, la plus ancienne structure islamique en pierre. Selon la théologie musulmane, Jérusalem était la première quiblah – le lieu où les musulmans priaient. Selon le prophète Mahomet, la mosquée d'Al-Aqsa (Jérusalem) est le troisième lieu saint de l'islam, avec La Mecque et Médine, et la destination des pèlerins musulmans du monde entier. Le judaïsme, quant à lui, considère la Palestine comme la “Terre promise”, mais les points de vue des juifs orthodoxes et des sionistes diffèrent radicalement lorsqu'il s'agit de revendiquer la Palestine. Dans la tradition juive, Jérusalem était le lieu où se trouvait le Temple, la capitale du royaume juif, le lieu de l'Arche d'Alliance. D'un point de vue juif, il s'agit également d'un lieu de deuil, car le Temple juif y a été détruit à deux reprises et les Juifs ont été expulsés de la ville à plusieurs reprises. Les juifs orthodoxes la considèrent comme le “nombril du monde”, Jérusalem symbolisant pour eux l'espoir de l'apparition du Messie tout autant que le lieu le plus sacré.

VIII. Lorsque les sionistes de Theodor Herzl sont entrés à Jérusalem en 1898, leur pensée était manifestement influencée par Athènes et non par Jérusalem : ils ont été choqués par le prétendu obscurantisme des habitants et la puanteur de la ville. Pour les sionistes radicaux – qui sont encore aujourd'hui essentiellement des militants nationalistes qui considèrent leur judéité comme une conséquence de leur héritage biologique plutôt que spirituel–- Jérusalem est une sorte de honte religieuse, associée à la saleté et à la ferveur religieuse au milieu du désert qu'ils ont transformé en leur version du jardin d'Eden. Bien sûr, à leurs yeux, la Palestine n'est qu'un lieu purement mondain, dépourvu de toute trace de géographie sacrée, qui doit être préparé à l'occidentalisation, à la colonisation et à toutes les autres merveilles noires et profanes du postmodernisme – drapeaux arc-en-ciel, “mariages homosexuels” et nationalisme dominé par la seule soif de sang et de terre. Alors que les juifs orthodoxes considèrent comme une hérésie la création d'un État juif en Palestine avant la fin des temps, le sionisme, issu de la secte sabbatiste et du mouvement juif d'éducation que fut la Haskala, a été fondé dans ce but. Ce dernier, avec le soutien explicite de l'Occident, a connu un grand succès : l'État juif a été créé en 1948 et Jérusalem est devenue une ville contrôlée par les Juifs en 1967.

L'eschatologie considéré comme outil politique : le Troisième Temple et le Déluge d'Al-Aqsa

IX. Si nous regardons la récente escalade en Palestine à travers le regard des médias occidentaux, les événements semblent assez étranges : tout à coup, l'aile militaire du Hamas, la Brigade Al-Qassem, lance une attaque contre Israël. De leur côté, les Israéliens semblent riposter de manière disproportionnée. Alors que l'armée israélienne a été prise au dépourvu et a subi les pertes les plus importantes de son existence, des milliers de Palestiniens meurent à la suite d'attaques israéliennes contre des zones civiles. Mais si nous regardons de plus près ce qui se passe, nous découvrons que la véritable raison de la guerre actuelle est eschatologique.

X. L'eschatologie nous enseigne la fin de ce monde et la naissance d'un nouveau. C'est précisément la fin de ce monde que les sionistes chrétiens américains et européens ainsi que les sectes juives de Palestine tentent de déclencher avec la construction du Troisième Temple à Jérusalem. Le nom de l'opération du Hamas – “Al-Aqsa Flood” – nous conduit directement à la signification eschatologique et à la véritable nature de cette guerre. Alors que même sous l'occupation israélienne, les rituels juifs à la mosquée Al-Aqsa ont longtemps été empêchés par Israël, des fanatiques juifs ont été vus de plus en plus souvent à l'intérieur de la mosquée depuis le début des années 2000, lorsque la politique israélienne a dérivé de plus en plus vers les bouffonneries d'une droite folle. Bien que les musulmans du monde entier considèrent cela comme un sacrilège, les juifs fanatiques considèrent la mosquée Al-Aqsa, construite sur les ruines du Second Temple, comme un obstacle à l'édification du Troisième Temple.

XI. Le “déluge d'Al-Aqsa” a été déclenché par la profanation de la mosquée Al-Aqsa par les Juifs. Des sectes juives comme le Temple Institute et Mount Faithful appellent à sacrifier une génisse rouge immaculée pour permettre la construction du Troisième Temple, qui déclencherait l'arrivée du Messie et la fin du monde. Pour les musulmans pratiquants, ces actes de profanation de la mosquée Al-Aqsa représentent l'œuvre du Daddjal, l'anti-Christ. Selon certaines sectes en Israël, la génisse rouge parfaite est déjà née et sera prête à être sacrifiée en 2024. La plupart des Juifs croient cependant que le Troisième Temple sera construit par Dieu lui-même et le Messie, et que l'intervention humaine directe dans ces affaires est un sacrilège. Mais comme souvent dans l'histoire, celle-ci est faite par des minorités radicales et prêtes à tout, et non par la majorité. Cela explique les provocations persistantes des sectes juives et la volonté des groupes musulmans radicaux comme le Hamas de défendre la mosquée Al-Aqsa, même si cela implique le sacrifice de milliers de Palestiniens à Gaza.

XII. Alors que la Russie, l'Iran, la Chine et même l'Arabie saoudite adoptent la position des Palestiniens et appellent à une véritable solution à deux États, l'Occident, en grande partie athée et postmoderne, se rassemble autour du drapeau d'Israël et défend tous les crimes de guerre, même les plus flagrants, commis par les Israéliens. Mais ce jeu de vacherin pourrait mal tourner pour l'Occident : alors que les Palestiniens de Gaza luttent désespérément pour leur survie et la préservation d'Al-Aqsa, plus de 5 millions d'hommes se sont portés volontaires en Iran pour combattre pour la Palestine. Le Qatar menace Israël de sanctions dans le secteur de l'énergie et, pour la première fois depuis 2013, des personnes ont manifesté sur la place Tahrir au Caire pour appeler à une intervention aux côtés de leurs frères musulmans en Palestine. Nous sommes déjà en présence d'une guerre sainte et, rétrospectivement, le politicien russe Jirinovski a peut-être eu raison de dire que le conflit en Ukraine ferait pâle figure en comparaison de la guerre à venir en Terre sainte.

XIII. Alors que l'Islam commence à former une civilisation indépendante à la suite de cette lutte et se bat pour un monde multipolaire aux côtés de la Russie et de la Chine, l'Occident satanique, de l'île d'Epstein à Bruxelles, se range aux côtés d'Israël. Le mot satanique peut d'abord sembler trop fort pour décrire l'Occident moderne (qui n'a rien à voir avec la tradition et la culture occidentales de l'Antiquité à la fin de la Renaissance), mais si l'on regarde la réalité politique en son sein, les spectacles de drag queens, les chiffres de l'avortement, les opérations de “réassignation sexuelle”, la destruction totale de la culture occidentale au nom du “wokenisme”, la violence dans nos rues et l'impiété dans le cœur de nos peuples, je suis convaincu que ce qualificatif ne tombe pas vraiment comme un cheveu sur la soupe.

XIV. Alors que les pays BRICS sont en train de former un katekhon, le butoir de l'antichristianisme, la civilisation occidentale du diable s'allie à Israël, ce qui n'est pas bon signe pour Israël lui-même, comme l'a déjà fait remarquer Alexandre Douguine. À la lumière des événements actuels, nous, Européens, devons décider qui nous soutenons dans cette guerre. Nous pouvons choisir de soutenir l'Occident satanique ou de former un katekhon avec tous les autres peuples du monde. Nous devons prouver au monde qu'il y a une différence entre les peuples d'Europe et leurs élites sataniques contrôlées par les États-Unis. Je ne parle pas ici de lutte armée. Notre lutte doit avant tout être une protestation spirituelle et intellectuelle et être portée dans la rue. Nous devons nous débarrasser de nos élites pour pouvoir enfin reprendre le contrôle de nos vies. Dans cette lutte entre le bien et le mal, on ne peut pas rester neutre, il faut choisir son camp. Nous, membres de la Résistance chrétienne, Européens conscients de notre propre histoire, de notre géographie sacrée et de notre eschatologie, ne pouvons que lutter pour un changement, prier Dieu et former un katekhon contre cette civilisation infernale. Nous verrons quel côté gagnera cette guerre sainte, Dieu seul le sait.

Alexander Markovics

samedi 26 août 2023

La Grande Crise - La charge du choix

 Source : https://www.dedefensa.org/article/la-charge-du-choix

25 août 2023 (13H30) – Il suffit de jeter un coup d’œil sur la journée d’hier, rapidement mais avec franchise, sans arrière-pensée ni autre pré-jugement d’aucune sorte ; l’œil de Candide, disons, ou bien une sorte de vigie qui nous la joue comme un “Vu de Saturne” :

• Il y a les BRICS, on en a parlé ;

• Il y a la mort probable de Prigojine, sur laquelle Poutine a fait un premier commentaire ; sans doute pas un événement essentiel malgré les diverses raclures et sottises infâmes de la presseSystème mais le signe des tensions et des soubresauts de la GrandeCrise.

• Il y a le premier débat des candidats républicains à l’investiture des présidentielles US de 2024, qui a vu l’officialisation de la domination  du jeune candidat Vivek Rawaswamy face auquel les vieux croutons, même les pas très âgés, ânonnant du neocon dans le texte l’ont tous paru, au-delà du “néo” ;

• ...pendant ce temps, Trump, refusant le débat des candidats républicains, débattait avec lui-même, sous le feu amical mais néanmoins sans concessions de Tucker Carlson. Le résultat est, comment dirait-on, – “stupéfiant” par exemple :  250 millions de vues en 24 heures (et toujours en cours) pour la vidéo de la première partie ;

• Ces avatars politiques US se développent sur le fond d’une crise juridique (Trump, Biden) sans aucun précédent, qui menace totalement la structure même de la démocratie (‘DINO’, pour “Democracy In Name Only” convenant à merveille au système de l’américanisme) ; et cette crise qui place les États-Unis au bord de l’abysse de la désintégration, à explorer dans un délai extrêmement court (présidentielles de novembre 2024) ;

• Il y a la guerre en Ukraine, où les Ukrainiens ont “réussi” à n’emporter strictement rien, aucune parcelle significative qu’on puisse farder précipitamment en un symbole d’espoir du régime Zelenski pour le jour commémoratif de l’indépendance. Pendant ce temps, la presseSystème, complètement égale à sa fonction de Vide du Rien, parle à peine de l’avance russe sur la ville de Koupiansk, au Nord, qui commence à prendre l’allure d’une offensive extrêmement décidée, sinon décisive.

Ces différents évènements ont chacun valeur d’une crise massive spécifique inscrite dans le cadre élargi à la situation générale de la GrandeCrise. Certains ne sont pas faits pour durer, d’autre sont appelés à durer comme le fait un destin fondamental, tous participent à ce qui ne peut être perçu que comme un basculement total, cosmique, de l’univers du monde.

Je sais pertinemment, pour l’avoir déjà tant de fois évoqué, qu’on peut presque chaque jour décrire un tel constat du bouquet de “sous-crises” en cours qui toutes renvoient à celle qui est au-dessus de nous et règle notre destin. Qu’importe, on ne parle jamais trop du seul sujet qui doit occuper nos pensées et réclamer notre constant regard.

La seule difficulté, qui tient à notre cuisine intérieure, nous commentateurs dissidents et indépendants, est celui du choix de chaque jour pour nous porter sur telle ou telle crise, ne pas céder à des éclats de l’écume du jour en se concentrant sur un autre domaine qui réclame pour ce même jour nos commentaires. Nous sommes les premiers, nous qui sommes soi-disant les mieux à même de suivre les convulsions du monde, à peiner chaque jour presqu’au bord du découragement, – mais n’y cédant jamais, – devant l’immense difficulté du choix du commentaire du jour.

Note de PhG-Bis : « Hier, par exemple, fallait-il sauter sur le cas Prigojine, ou bien choisir le bouillonnement américaniste ? Ce fut plutôt l’appréciation de la fin du sommet des BRICS qui l’emporta. Avons-nous eu tort, avons-nous eu raison ? Question sans importance finalement : nous avons fait ce que nous avons fait en sachant que nous aurions pu faire différemment sans démériter. Il y a, entre nous et la GrandeCrise, comme le sait chaque commentateur de notre acabit, cette espèce de complicité dans la recherche de la vérité-de-situation. “Dans ces moments-là, dit PhG, moi qui ait été ‘journaliste professionnel’ dûment reconnu pendant 45 ans, je ressens une sorte de soulagement, un bonheur fou, la sensation d’une véritable gloire à ne plus faire partie de cette horde soumise au diable des petites plumes de la presseSystème alimentant les égouts d’une civilisation épuisée qui dégage un fumet pestilentiel... Leur monde pue !”. »

... Et puis, certains jours comme celui-ci d’aujourd’hui, on prend la tangente qui est en vérité la voie royale de la gloire complète du commentaire pour apprécier la GrandeCrise dans son ensemble. C’est un jour où vous n’osez tout de même pas croire tenir le monde dans votre main mais où vous avez la sensation pleine et entière de faire partie du monde, avec une mission, un devoir de messager, – et souffrez que je ressente dans ces appels la marque d’une dimension divine.

Mais je ne fais que me répéter. On sait bien ce que je sens et ressens devant ces évènements, sans en savoir plus, – et voyez-vous, surtout ceci : sans avoir besoin d’en savoir plus. Nous sommes dans des eaux insondables et dans des terres inconnues, progressant à marche forcée vers un avenir dont il nous est interdit d’en savoir rien de plus. Notre monde, le voici, dans toutes ses ruines flambant neuves, ses technologies comme autant d’insectes venimeux et infâmes, ses progrès machinistes dévorant par sa pourriture le ciel, la terre et les mers... Alors, comprenez bien que les moins nihilistes, les êtres de l’énergie du monde s’en vont poursuivre leur épuisante tâche, répétant la phrase de cet officier de l’U.S. Navy, – pardonnez cette référence à l’innommable, mais l’US Navy de l’ancien temps n’était pas sans vertus, – celui-là dont on nous rapporta qu’il méditait devant les restes fumant et brûlant  du désastre de Pearl Harbor, dans la journée du 7 décembre 1941, et se répétant :

« Je sais bien que nous allons gagner cette putain de guerre, mais je me demande bien comment... »

samedi 22 juillet 2023

Désormais, ‘Ukrisis’ nous fatigue

 Source : https://www.dedefensa.org/article/desormais-ukrisis-nous-fatigue

20 juillet 2023 (18H30) – La tragédie nous émeut et nous terrorise. Le bouffe nous fait rire et nous rend un peu fous. La tragédie-bouffe, elle, si elle représente d’abord une surprise étonnante, finit au bout d’un certain temps par nous fatiguer. A la lettre même de l’expression, nous ne savons sur quel pied et vers quel biais danser : horreur du tragique catastrophique ou rire compulsif de folie-bouffe ? Ainsi commence-t-on à se sentir écrasés d’épuisement, – cette “fatigue” dont l’on parle ici, – avec la guerre d’‘Ukrisis’, et singulièrement à cause du simulacre de l’Ouest-exclamatif et psychoaffectif, l’Ouest qui ne cesse de poser, de récriminer, de se rengorger, de se féliciter, de s’admirer, de se trouver exceptionnel, de s’éblouir lui-même en se trouvant si finaud en son miroir, – et là-dessus aussitôt en accumulant sottises, impuissances, aveuglements, simulacres et ectoplasmes, tout cela bouillant en bouillonnant dans une soupe de mensonges érigés en autant de Vérités clamées du haut de la montagne et sorties des Tables de la Loi...

Un mot résume donc l’attitude de pays de plus en plus nombreux, devant la guerre en Ukraine, et nécessairement devant les simagrées de ceux qui la font durer en l’alimentant : la fatigue, mère de l’exaspération et de la colère. On parle bien entendu de la fatigue de la psychologie, celle qui règle tout, comme lorsque, parlant de la corruption, c’est aussitôt à la “corruption de la psychologie” que je suis conduit à penser.

On a pu mesurer cela lors d’une réunion entre l’UE et les pays d’Amérique Latine et des Caraïbes au sein du CELACS, en début de semaine à Bruxelles... Surprise, surprise, celui qui tenait une place non négligeable du côté de l’UE, dans la rencontre, comme dirigeant du pays-membre temporairement en position de présidence (succession : tous les six mois), celui-là était de Hongrie... Par Dieu ! Son Premier ministre Orban est l’un des rarissimes, non le rarissime et extrêmement précieux dirigeant d’un pays de l’UE à s’opposer à la politique de bienpensance de l’Ouest-psychorigidif (une trouvaille néologistique de circonstance d’une sorte de PhG-Bis) – je veux dire, cette ignoble politique d’alignement automatique, type-intelligence-artificielle qui aurait pris les mauvaise pilules contraceptives, – à s’opposer donc, le Organ, à la politiqueSystème Washington-Bruxelles en aveugle soutien à Mister Z. d’Ukraine... Et c’est bien lui, Orban, qui parle de “fatigue” !

« Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a proclamé mardi sur Facebook que la Hongrie et l'Amérique latine ont toutes deux une position favorable à la paix concernant le conflit entre l'Ukraine et la Russie et souhaitent que la guerre se termine le plus tôt possible.

» “La majeure partie du monde est fatiguée de la guerre. Aujourd'hui, nous avons plaidé pour un cessez-le-feu immédiat et la paix, et cette fois les dirigeants d’Amérique latine nous ont rejoint !” a écrit Orbán sur Facebook à la suite de la réunion des dirigeants de l'Union européenne et du sommet de la Communauté des États d'Amérique latine et des Caraïbes (UE-CELAC) à Bruxelles. »

Cette réunion a été bien proche d’une catastrophe pour l’UE (l’UE hors-Orban), qui espérait engager les pays d’Amérique Latine sur une voie économique raisonnable et triomphante, c’est-à-dire une voie politico-affectiviste sur les sentiers de la guerre évidemment favorable à l’Ukraine, et favorable à la guerre jusqu’à la victoire sur la Russie, jusqu’à Moscou, jusqu’a Saint-Petersbourg, jusqu’à Novossibirsk, jusqu’à Sébastopol, là-bas, tout au bout sur le Pacifique, base parfaite pour attaquer Taïwan, vous voyez ? L’UE proposa un communiqué commun farci de référence dans ce sens, pro-ukrainien, pro-guerre avec la condamnation de la Russie jusqu’à la victoire de l’Ukraine.

Eh bien non, pas du tout ! Quelle surprise, n’est-il pas ?

Tous les pays sud-américains repoussèrent ce texte avec une force et une vigueur fourrées aux doigts d’honneur qui répandit l’étonnement au cœur de la civilisation. On se soumit donc pour ne pas en sortir la queue trop basse, jusqu’à glisser dessus. On expurgea le susdit texte de toute référence à l’Ukraine et à sa victoire, et surtout de ses vitupérations antirusses pour s’en tenir à des souhaits de paix sans référence à aucun des belligérants. Même ce texte devenu complètement neutre fut refusé par le Nicaragua. Jusqu’où va leur insolence à la fin, c’est à ne pas croire !

« Ce sommet a été désastreux [Pour l’UE], ou dans tous les cas disons très difficile, explique Alexander Mercouris... Même à l’Ouest, on admet que ce fut une rencontre très difficile, – vous noterez en passant qu’il y a eu vraiment très peu de comptes-rendus sur cette rencontre dans les médias de l’UE... Ainsi, les Européens se sont trouvés confrontés à l’évidence que le reste du monde, le monde hors de l’orbite de l’Ouest, n’accepte pas la narrative occidentale sur la guerre en Ukraine.  Ils comprennent que la Russie défend une bonne cause, qu’elle avait des raisons de décider l’action qu’elle a faite et qu’elle y a été provoquée à le faire par l’Ouest ... Et je ne peux m’empêcher de penser que cela va encore renforcer les doutes qui commencent à apparaître en Europe... »

Remplacez le mot “doutes” qu’emploie Mercouris et vous en viendrez à l’idée de “fatigue” fort justement mis en évidence par Orban. Mercouris juge que le phénomène est clairement apparu lors du sommet de Vilnius, en plus de la querelle entre Mister Z. et les USA, et que c’est à cause de cela, de cette “fatigue psychologique” au cœur de l’OTAN et au fond de l’âme de l’Occident, que Vilnius, en vérité, deviendra historique.

La pente est désormais irrésistible. La “contre-offensive” est devenue une sorte d’événement-bouffe où les alliés et les amis s’insultent et se rejettent la faute, tandis que la tragédie sanglante grandit dans les empilements de morts inutiles, ces champs bouleversant de souffrances et d’agonies pour désespérément rien. Le seul mouvement notable actuel de cette grande manœuvre qui devait bouleverser le monde est un discret mais très insistant et efficace mouvement des Russes dans le Nord, une sorte de contre-offensive contre la contre-offensive qui devrait prendre tous nos mensonges à revers, comme Napoléon à Austerlitz et à Waterloo. Ce serait grotesque-bouffe si ce n’était la guerre avec ses chairs déchirés, ses gémissements, ses obus et ses mines qui sans cesse explosent.

La guerre ukrainienne était partout acclamée comme un bloc de marbre appuyée sur une force morale sans égale. Surprise, surprise, – la chose s’est transformée en un pseudo-bloc de sable en forme de château de cartes, qui se défait, se dissout, se désagrège, se précipite dans le sablier de l’histoire cocufiée, sans que plus aucune morale ne puisse prétendre se dresser contre lui. La guerre est toujours chose cruelle ; mais quand elle y ajoute son énorme charge de mensonges pour devenir la chose la plus stupide du monde, – les dieux s’écrient, comme Guillaume admirant les braves cuirassiers et hussards français lancés dans la charge ultime et inutile, – “Ah, les pauvres gens”...

Je crois que nous sommes en train de changer de théâtre d’opérations. La ‘Comedia dell’Arte’ est en train de passer des vastes champs ukrainiens monotones et monocordes, – de passer à la diversité, construite et déconstruite, genrée et dégenrée, et dégénérée comme les acteurs de Hollywood en grève, – je parle de la diversité infinie du bordélique-désordre de la pseudo-démocratie américaniste. ‘Ukrisis’, pour garder la vedette, va changer de champ d’action, – et peut-être bien tentée d’américaniser son nom, non ? (Je suggère ‘Mackrisis’, pour faire le malin.). Ceux-là qui, montreurs de marionnette, s’en croyaient si éloignés, vont se trouver au cœur du maelstrom qui a changé son axe du monde.

Bientôt, nous verrons Mister Z. parti à la retraite et avec du temps à perdre mais l’ardeur de la reconnaissance, venir en Virginie Occidentale, soutenir le sénateur Graham retranché contre les attaques des “faiseurs de paix”, les affreux, les inhumains, les barbares, les massacreurs de civilisation, les The-Donald et RFK-Jr, avec Carlson Tucker et son éclat de rire post-FoxNews qui emporte tout, en contre-batterie et soutien d’artillerie, comme les canonniers russes derrière leur ligne Sourovikine.

dimanche 25 juin 2023

Obama & Prigozine, ou ‘Wagner’ en Crimée

Source : https://www.dedefensa.org/article/obama-prigozine-ou-wagner-en-crimee

24 juin 2023 (17H00) – Dans ces temps aventureux, je voudrais faire un parallèle qui l’est tout autant, aventureux, mais qui présente quelques vertus. On s’en étonnera peut-être parce qu’il y a d’un côté un événement énorme qui se poursuit et, de l’autre, l’événement d’un instant qu’on a déjà oublié. Ce qui m’intéresse pourtant, c’est une interprétation parallèle, pour montrer des similitudes cachées et, par conséquent, le rôle de révélateurs de ces deux événements.

Les deux événements sont les suivants :

• Prigozine et le PMC ‘Wagner’, bien sûr, dans une sorte de remake à la sauce postmoderne d’un passage ou l’autre de l’année 1917.

• Une déclaration d’Obama à CNN, à propos des événements de 2014 (il était alors président) en Ukraine, et spécifiquement le cas criméen, avec l’intervention de l’armée russe à l’appel des autorités locales, un référendum et le rattachement à la Russie.

Je passe rapidement les deux choses en revue, avec le principal que je m’attache à en dire, selon ma perception. Puis on verra bien où je veux en venir, si je le sais moi-même...

Prigozine sur la musique de Wagner

On s’attend bien à ce que je dise qu’il ne faut rien attendre de moi, ni de précis sur les troubles, ni des intentions des uns et des autres, ni des situations présentes et immédiatement à venir, ni des positions des principaux acteurs. Une seule chose m’a arrêtée, qui m’est soufflée par ‘Military Summary’, repris par ‘Veille Stratégique’.

L’éditeur de ce travail quotidien, qui suit la situation au jour le jour estime que les événements, quels qu’ils soient, –  que ce soit un simulacre (‘maskirovska’) ou un coup réel, – plongent la société russe dans une situation tragique et autorise certaines mesures radicales à un moment crucial, alors qu’une mobilisation générale se développe en Ukraine et que les conditions d’une possibilité d’intervention directe de l’OTAN se précise.

Ainsi fait-il cette hypothèse, que je place en contrepoint de l’hypothèse d’une situation de désordre civil puis au-delà des frontières russes si l’ordre n’est pas restauré... Poutine, qui n’est par ailleurs pas contesté comme président par aucun des acteurs, partisans et opposants, du ‘Wagnergate’, se trouverait dans l’hypothèse envisagée renforcé dans un sens par les événements, légitimé  en quelque sorte pour prendre des mesures draconiennes qu’il jugerait indispensables dans une situation perçue comme en constante aggravation depuis la mise en évidence de perspectives d’affrontement direct avec l’OTAN :

« Cette situation donne à Poutine le pouvoir, premièrement d’instaurer la loi martiale sur le territoire de la Fédération de Russie, et deuxièmement de décréter la mobilisation générale... »

Obama, lorsqu’il était BHO

Pour ce qui est d’Obama, il s’agit d’une interview de Christian Armanpour, toujours de CNN et toujours aussi agressive. Elle a surtout poussé l’ancien président dans ses plus vieux retranchements pour ce qui concerne l’Ukraine, c’est-à-dire 2014, l’année du putsch de Kiev. Pourquoi, aboie-t-elle, a-t-on laissé la Russie envahir la Crimée sans réagir ? Parce que observe Obama, il n’y a pas eu vraiment d’invasion :

« “Il y a une raison pour laquelle il n'y a pas eu d’invasion armée de la Crimée [en 2014], c’est parce que la Crimée était pleine de russophones”, a-t-il déclaré à Christiane Amanpour, sur CNN. Il a ajouté qu’“il y avait une certaine sympathie pour le point de vue selon lequel la Russie représentait ses intérêts”.

» La principale défense d’Obama a été de dire que “l’Ukraine de l'époque n'était pas l’Ukraine dont nous parlons aujourd’hui”. Il a néanmoins affirmé que les sanctions qu'il avait prises avaient empêché la Russie d’aller plus loin à l'époque. [...] Il a ajouté : “Il y avait en effet [en Crimée] une faction suffisamment importante d'hommes politiques qui soutenaient l'idée de développer de bonnes relations avec la Russie [et] qui se sont élevés contre l'imposition de la russophobie”.

» Il est intéressant de noter que le Kremlin a accueilli positivement l'évaluation de M. Obama, le porte-parole de Poutine, Dimitri Pechkov, déclarant que les nouvelles remarques de M. Obama représentaient une “pensée rationnelle”. Il a ajouté que “de temps en temps, une telle pensée rationnelle se fraie un chemin [aux États-Unis]”. »

On a aussitôt interprété les propos d’Obama, dans un sens extrêmement défavorable à l’ancien président soudain soupçonné d’être prorusse et ami de Poutine, ce qui est une surprise considérable et une mesure du désordre des esprits si l’on considère le statut de quasi-sanctification dont Obama jouit aux USA.

« Ces commentaires ont suscité l'indignation des experts ukrainiens et américains...

» L'interview d’Obama a immédiatement suscité des condamnations de la part d'éminents experts en ligne, certains qualifiant de “honteuses” ses remarques sur la représentation des intérêts de la Crimée par la Russie, d'autres estimant que cela revient à justifier l’“annexion” de la Crimée comme étant légale et justifiée.

» Jonathan Eyal, du Royal United Services Institute (RUSI, le think tank le plus fameux au Royaume-Uni), a déclaré qu’Obama “colportait des absurdités intéressées”. Pourtant, on peut dire qu'Obama fait preuve de réalisme en évaluant les circonstances historiques de la guerre. »

Deux situation symboliques

Ce que je juge de similaire dans ces deux situations, c’est leur caractère symbolique de ce que j’estime être l’inévitable aggravation de la situation. Pour Prigogine, égocentrique psychotique, ou comédien assumé à l’ambition monstrueuse, ou martyr dénonciateur d’une bureaucratie dévorante, ou traître et agent provocateur de l’Ouest-psychoactif, il s’agit au minimum de la courroie de transmission d’un ‘deus ex machina’ qui entend imposer la tragédie à la Russie et au monde.

Pour Obama, il s’agit d’une démarche provoquée de la recherche des sources cachées de l’énorme simulacre ukrainien où Washington s’ébroue activement, et une icône de la stature d’Obama est toute indiquée pour donner à cette recherche un vernis de respectabilité, et au fond une sorte d’autorisation d’enfreindre les règles du simulacre et de retrouver quelques vérités-de-situation. Du coup, les USA, emportés dans leur folie guerrière, se trouvent confrontés à la possibilité que la réalité de cette folie leur soit imposée par des rappels historiques, alors que l’on s’achemine vers la possibilité d’une explosion globale. Cette sorte de symbolisme peut produire, de ce côté de la bataille qui est si sensible à la communication, des évolutions, des affrontements, des réalignements jusqu’alors absolument improbables.

On ajoutera, pour ce même côté de l’Atlantique, le constat affreux du directeur de Raytheon rapporté par le ‘Financial Times’ (via Larry Johnson), constatant que la dépendance des livraisons de “terres rares” par la Chine rend son entreprise, comme l’industrie de l’armement US en général, incapable de produire normalement des systèmes d’arme sans les livraisons chinoises.

Johnson rapporte alors :

« Les observations ironiques de l'entrepreneur Arnaud Bertrand résument bien la situation :

» C'est hilarant. Le patron de Raytheon, l'un des principaux fabricants d'armes américains, déclare que son entreprise a "plusieurs milliers de fournisseurs en Chine et que le découplage est impossible".

» Nous avons besoin de la Chine pour combattre la Chine... »

Ce commentaire est complété par l’identification d’un “bonne nouvelle” puisque ce “besoin de Chine” « ...rend la guerre [avec la Chine] moins probable »... La guerre comme on la conçoit, peut-être, mais c’est au contraire, – comme on l’a vu plus haut et comme on le voit souvent puisque c’est toujours la même chanson, – un formidable accroissement des tensions et des oppositions aux USA, avec toutes ces psychologies totalement exacerbées et radicalisées, pour certaines rendues folles si l’on se trouve dans l’impossibilité de guerroyer comme elles en ont absolument besoin.

Cet amoncellement de nouvelles, considérées par rapport à notre point de vue crisique central, constitue un facteur d’accélération et de renforcement de l’énorme tourbillon crisique où nous nous trouvons emportés. Rien de nouveau dira-t-on également, sinon la poursuite toujours accélérée d’une marche folle vers une terra incognita qui sera bien plus que “quelque chose de nouveau”.

vendredi 23 juin 2023

Tragédie entre HIMARS et ‘Storm Shadow’

 Source : https://www.dedefensa.org/article/tragedie-entre-himars-et-storm-shadow

• La situation reste fluctuante en Ukraine, – pas tant sur le terrain où la bataille suit le cours catastrophique prévu que dans les esprits où l’on s’interroge sur le sort de la politique extérieure des USA/UE. • Qu’est-ce qui pousse les Occidentaux-compulsifs à recommencer encore et encore, les mêmes erreurs, les mêmes sottises, les mêmes folies ? • Ainsi, selon Alastair Crooke, leur aventure se transforme-t-elle en tragédie au sens fondamental et grec de la chose, conduisant à un sort catastrophique comme s’il existait un destin évidemment irrésistible dans ce sens.

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Les Russes ont officiellement sorti le drapeau rouge. Le ministre de la défense Choïgou a déclaré solennellement que les Ukrainiens envisagent d’utiliser des armements US (le HIMARS) et britanniques (le missile de croisière ‘Storm Shadow’) pour frapper notamment la Crimée. Le ministre russe fait référence (pour la première fois sous cette forme ?) à une “zone active des hostilités”, dont la Crimée ne fait pas partie, pour définir cette possible attaque comme un échelon de plus dans l’escalade dont il tiendrait officiellement responsables, non seulement les Ukrainiens, mais également les USA et UK, – c’est-à-dire l’OTAN, sous la forme de ces deux pays qui en font partie.

« Les dirigeants militaires ukrainiens envisagent d'utiliser des armes occidentales pour frapper des régions de la Russie qui ne font pas partie de la zone active des hostilités, notamment la Crimée, a averti le ministre russe de la défense, Sergei Choïgou.

» Les responsables de Kiev veulent notamment utiliser des lance-roquettes multiples HIMARS et des missiles de croisière aéroportés Storm Shadow. Ces systèmes d'armes ont été livrés à Kiev par les États-Unis et le Royaume-Uni respectivement et, si de telles attaques sont lancées, l'implication des pays de l'OTAN dans le conflit s'intensifiera, selon Choïgou. »

Cette déclaration est aussitôt interprétée comme un avertissement très sérieux dans le sens de l’aggravation des conditions admises de la guerre en Crimée, l'avertissement russe concenant sans aucun doute des centres de commandement où se trouvent des officiers US et UK. On cite ici la réaction immédiate (du 20 juin) du Dr. Gilbert Doctorow, qu’il nous arrive de citer comme une source indépendante à consulter du fait de sa qualité de jugement. Son texte est très court, disponible en plusieurs langues, fait pour lancer une alerte qui met l’accent sur l’urgence de la situation, – sous un titre extrêmement explicite : « Le dénouement de la guerre en Ukraine approche à la vitesse de l’éclair »... C’est “la vitesse de l’éclair” qui nous intéresse, dans cette époque d’intense et de si rapide circulation de la communication, – à la vitesse de l’éclair, et comment !

« Aujourd’hui, le ministre russe de la défense, Sergei Choïgou, a fait une annonce qui n’a pas encore été relayée par les médias occidentaux, mais qui est de la plus haute importance.

» Selon les derniers rapports des services de renseignement, la Russie pense que les forces armées ukrainiennes ont désormais l’intention de couvrir leur contre-offensive ratée dans le Donbass en utilisant l’artillerie à lancement multiple Himars fournie par les États-Unis et les missiles de croisière Storm Shadow fournis par le Royaume-Uni, éventuellement dans la version à plus longue portée, pour attaquer la Crimée.

» Si cela se produit, a déclaré Choïgou, la Russie considérera que les États-Unis et la Grande-Bretagne sont entrés de plein pied dans la guerre en tant que cobelligérants. Et la Russie répondra immédiatement à toute attaque de ce type sur son territoire en détruisant “les centres de décision” du régime de Kiev. Il s’agit d’une menace assez transparente de “neutraliser” l’appareil gouvernemental et son personnel, y compris, logiquement, le président Zelenski.

» La déclaration de Choïgou ne laisse guère de doute sur le fait que nous entrons dans la phase finale de la guerre en Ukraine, une guerre limitée à la géographie de l’Ukraine, et que nous nous dirigeons peut-être vers une guerre plus large aux conséquences imprévisibles à la fois pour les Européens et (in fine) pour les Américains.

» La balle est dans le camp de Washington et de Londres. »

Il est possible qu’un esprit raisonnable aurait l’étrange et téméraire idée de se plonger dans l’imbroglio-labyrinthico--capharnaüm de ce qui sert de politique US pour tenter de comprendre et d’expliquer cette politique, et de remarquer que ce projet ukrainien mis à jour par les Russes suit de tout près le dernier tournant en date de Biden, refusant une facilité d’accès de l’Ukraine à l’OTAN, décision-surprise qui avait surpris tout le monde dans le sens inattendu, du type, – “Tiens, les USA prennent leurs distances de l’Ukraine après l’évidence de l’échec catastrophique de la contre-offensive et dans la perspective des élections présidentielles de 2024”.

Mais il ne nous intéresse, ni de comprendre ni d’expliquer cette “politique” des USA. Nous nous intéressons aux mécanismes métahistoriques en cours, dont nous estimons depuis quelques années qu’ils sont en corrélation quasiment directe avec les événements bassement humains pour en faire leurs jouets. Dans ce cas, l’apparente contradiction prend tout son sens et revient en fait à l’incapacité de “faire autrement” que ce qu’on fait, même s’il apparaît évident que ce qu’on fait est absurde

Notre “tragédie-grecque”

Alastair Crooke nous offre une explication de ce comportement qui consiste, pour le cas de l’Ukraine comme dans tous autres domaines de la GrandeCrise (domaine financier, sociétal, psychologique, etc.) issue justement de ce travers mortel, de continuer à procéder de la sorte que l’enseignement évident de sa répétition nous a montré l’aspect vicieux, fallacieux et catastrophique. Il écrit ainsi (le 19 juin, traduction française dans ‘Réseau International’) :

« La tragédie qui frappe l’Occident aujourd’hui consiste, d’une part, en l’impossibilité pure et simple pour lui de continuer à faire ce qu’il a fait – ce qui n’a d’égal que son impossibilité à faire autre chose. [...]

» En clair, c’est ce qui constitue le paradoxe : il est déjà évident que continuer à faire ce que les élites occidentales font en Ukraine touche à la définition de la folie (continuer à répéter la même chose, avec la seule conviction que “la prochaine fois”, le résultat sera différent). La question qui se pose est celle de l’impossibilité de “faire autre chose”. »

Crooke poursuit alors en en venant au « paradoxe occidental », qui n’est finalement qu’une transcription à la situation actuelle de la tragédie en son sens le plus fort et le plus vrai, qui est la tragédie grecque. C’est-à-dire quelque chose où le hasard (la “malchance”) n’a rien à faire, mais quelque chose qui répond à une nécessité, avec une dynamique impossible à arrêter ou à détourner, comme si elle était dotée de sa propre destinée. L’Ukraine est effectivement un excellent exemple, celui où tout le monde observe la tragédie en train de se faire, où les Occidentaux-poussifs s’en désolent tout en bourrant de charbon la chaudière et en dénonçant le feu qui brûle. Les Occidentaux-tardifs ne sont ni stupides ni aveugles, ils sont totalement inexistants et leur “nature” (celle dont parle Crooke) implique leur propre anéantissement, – comme une sorte d’“antinature” si l’on veut.

« Tel est le paradoxe occidental. Une tragédie grecque est une tragédie dans laquelle la crise – au cœur de toute “tragédie” – ne survient pas par pure malchance, pour laquelle personne n’est vraiment à blâmer ou n’aurait pu prévoir. Selon le sens grec, la tragédie est le lieu où quelque chose se produit, parce que cela doit se produire, en raison de la nature des participants, parce que les acteurs impliqués font en sorte que cela se produise. Et ils n’ont pas d’autre choix que de faire en sorte que cela se produise, parce que c’est leur nature.

» Telle est l’implication profonde qui découle du dilemme tragique d’aujourd’hui, qui pourrait bien déboucher sur un déroulement complet de la tragédie dans ce que l’on pourrait définir à juste titre comme une “guerre de choix” occidentale. »

C’est effectivement cette chose qui, selon nous, doit être mise en évidence : la “nature profonde” [‘antinature profonde’, disons] des Occidentaux-autodestructifs, qui comporte en bon ordre néantissement et par conséquent dynamique d’autodestruction, par conséquent suivant et adorant cette dynamique de la tragédie grecque qui s’impose effectivement comme un destin exemplaire d’annihilation, de “cancellation” comme ils disent. Tout ce que nous faisons, – nous, Occidentaux-nihilistifs, – va dans ce sens, et tout notre brio se trouve dans la capacité de nous fabriquer nous-mêmes nos arguments moraux, de subvertir notre système de la communication, d’encenser les serviteurs de ce système, les communicants et les gens de la presseSystème qui construisent et entretiennent un simulacre pour nous complaire, comme l’on fait du feu de la chaudière en pleine marche. Ce cas, ce que nous décrivons en matière de perception et de connaissance, marquera un des sommets de la honte de cette civilisation aux abois.

« Je ne connais pas de conflit où les gens ont été aussi catastrophiquement mésinformés... Je n’ai jamais connu un temps où une guerre a été aussi catastrophiquement rapportée que celle-ci... Franchement, je commence à devenir vraiment furieux de ce que je lis...

– ... Vraiment, je partage votre colère et votre dégoût... »

(Alexander Mercouris et Larry S. Johnson, le 20 juin 2023)  

Terminus de la civilisation

Bien entendu, l’Ukraine n’est qu’un des champs d’une bataille d’une guerre qui en entretient de multiples et marque l’apogée de notre GrandeCrise. Mais ce conflit a, sinon l’avantage au moins la particularité de nous montrer l’extraordinaire, la paradoxale proximité existant entre la brutalité terrible d’une guerre d’où les diverses variations de la crise  sembleraient devoir être complètement absentes, et les aspects de domaines si différents, sociologiques et sociétaux, qui ont pourtant, malgré ces différences, complètement leur place dans l’affrontement. Ceux qui ne l’ont pas compris, comme divers nationalistes ou des traditionnalistes tels que les gens du parti au pouvoir en Pologne qui soutiennent l’Ukraine postmoderne, doivent se préparer à des déchirements et à des révisions terribles, – ou bien à perdre des élections (cet automne en Pologne), ce qui est une sorte de parodie moderniste de la tragédie, quelque chose comme notre chère tragédie-bouffe.

C’est ce que nous dit fort justement Crooke. Cette guerre est une “guerre de civilisation”, qui n’a rien à voir, ni avec les religions, ni avec les races, ni avec les cultures, – donc, rien à voir avec ‘Le choc des civilisations’ qui date un peu, – parce qu’il s’agit de deux conceptions-perceptions du monde et de la vie qui s’affrontent, – deux caractères si l’on veut, celui qui dénonce l’hubris et celui qui n’est qu’hubris. Chacune de ces conceptions-perceptions contient tous les composants principiels ou non-principiels, – c’est le choix essentiel, – qui font un monde et son univers. C’est à cette hauteur qu’il faut faire ce choix, sans craindre l’ivresse et le vertige des cimes.

« ...[L]e sentiment que la survie de la civilisation occidentale est en jeu. Le processus est susceptible de remodeler la politique occidentale le long d’une nouvelle ligne de fracture, qui trouve son expression dans la confrontation entre ceux qui souhaitent un bouleversement “vert” de la société humaine, un monde “trans” pour les enfants, une immigration facile, une réorganisation radicale du pouvoir entre les groupes «identitaires» de la société, un changement de la nature même de la culture occidentale – et ceux qui sont viscéralement opposés à tout ce qui précède. »

 

Mis en ligne le 21 juin 2023 à 19H50

lundi 21 novembre 2022

Les Hydres de la paix

Source :  https://www.dedefensa.org/article/les-hydres-de-la-paix

• Décidément, on ne peut ignorer les bruits de négociations, de recherche d’entente, de possible arrangement qui, aujourd’hui, forment un bruit de fond assourdissant d’‘Ukrisis’, la guerre en Ukraine. • Même Medvedev, dont on connaît l’allant patriote et guerrier, nous donne des précisions à cet égard. • Et il ne semble y avoir qu’un seul problème : Zelenski, le caillou dans la chaussure, qui semblerait commencer à agacer tout le monde. • Alentour, comme lendemain qui chante, paraît FTX, nouveau scandale financier globalisé via ‘Ukrisis’.

L’épisode du S-300 “de fabrication soviétique” de la défense aérienne ukrainienne aboutissant en Pologne pour tuer deux agriculteurs sur leur tracteur semble bien avoir agi comme un révélateur, un destructeur de simulacre. Ainsi en juge-t-on lorsque, dans la situation ainsi créée, un Medvedev, libéral occidentaliste transformé en patriote russe intransigeant par la guerre rend compte dans un message détaillé du désarroi américaniste-occidentaliste marqué par deux dynamiques : une exacerbation et une excédation du sentiment général pour les actes et le comportement de Zelenski ; une crainte désormais dominante que le conflit débouche sur un embrasement général entre l’OTAN et la Russie, où l’OTAN n’a aucune certitude d’avoir le dessus tandis que planerait le risque insupportable d’un affrontement au plus haut niveau.

Pourtant, il n’y a rien dans tout cela qui permette d’affirmer une conclusion ferme sur une orientation d’apaisement, tant il est vrai que dans le meilleur des cas (la paix) d’innombrables problèmes jusqu’ici laissés de côté surgiraient, qui nous promettent des bouleversements considérables.  Quand on se trouve si complètement et brutalement jeté dans un ‘New Normal’ de cette sorte, même pacifié sur un de dses versants mais encombré de perceptions faussaires et de simulacres dans un paysage de “tourbillon crisique” affolant les psychologies jusqu’à créer une “structure crisique” de l’hystérie, il est tout simplement impossible de revenir à l’ancien. Le ‘New Normal’ recèle une prolifération d’Hydres à mille têtes qu’il est hors de question d’ignorer...

Mais n’allons pas trop vite. Pour l’instant, il est question du message de Medvedev, venu bien entendu sur le fond d’une basse continue de plusieurs semaines, chuchotant bruyamment hypothèses, messages, rencontres même, à propos d’une rupture de l’enchaînement guerrier. Medvedev ne nous fait aucune révélation mais il rend compte d’un climat complètement nouveau, de la “révélation d’un symptôme” qui compte bien plus qu’un détail de plus sur le S-300 ou sur le comportement de Zelenski, bref il rend compte d’une évolution psychologique importante.

• Psychologie en effet, puisqu’il est autant question d’une “fatigue-Zelenski” dans le bloc-BAO que d’une crainte vers un enchaînement pouvant aller jusqu’à une Guerre Mondiale.

« L'Occident collectif se lasse du président ukrainien Vladimir Zelenski et “pousse” Kiev à des pourparlers avec Moscou, a écrit l'ancien président russe Dimitri Medvedev dans un message posté sur Telegram samedi. Il a ajouté que les États-Unis et l’OTAN ne veulent pas risquer une nouvelle guerre mondiale.

» La réaction au tir de missile qui a frappé mardi le village polonais de Przewodow, tuant deux civils, a révélé un nouveau “symptôme” de cette tendance, puisque même “les russophobes les plus ardents” de Varsovie refusent d'imputer l’incident à Moscou, a commenté l’ex-président Medvedev.

» Vendredi, Varsovie a qualifié la frappe d’“accident malheureux” qu’il était “pratiquement impossible” d’éviter. Kiev a tenté à plusieurs reprises de rejeter la responsabilité de l’incident sur Moscou. L’armée russe, quant à elle, a déclaré qu’elle n’avait effectué aucun tir près de la frontière ukraino-polonaise à ce moment-là, tandis que l’analyse des photos du site a montré que le projectile était un missile anti-aérien S-300 opéré par les forces ukrainiennes.

» “Tout le monde est fatigué du régime de Kiev. Surtout du névrosé Zelenski, qui ne cesse d’attiser les tensions, de pleurnicher et d'extorquer toujours plus d’argent et d'armes. [Il se comporte] comme un enfant hystérique ayant des problèmes de développement”, a déclaré Medvedev. »

• Medvedev insiste particulièrement sur ce qu’il estime être le principal problème empêchant une évolution vers des négociations pouvant aboutir, disons à une entente au moins temporaire pour une cessation, – au moins temporaire, – des combats. L’ancien président, qui s’est un peu institué comme une voix officielle diffusant officieusement, par ses messages sur ‘Telegram’ la pensée profonde de la direction russe, insiste sur le cas Zelenski, en en faisant le principal obstacle à une possibilité d’entente. Son ton est, dans ce cas, beaucoup plus tactique et politique, dénuée de la véhémence anti-occidentale/anti-OTAN qu’il  montrée jusqu’ici, lorsqu’il défend avec passion la cause de soon pays.

« La lassitude engendrée par la direction de Kiev et par ses actions incite l’‘Occident collectif’ à “pousser” l'Ukraine à entamer des pourparlers avec la Russie. “Les États-Unis, l'OTAN et l'Union européenne ne veulent pas d'une rupture complète avec la Russie, ce qui risquerait de provoquer une troisième guerre mondiale. D'où les fréquentes tentatives pour contenir Kiev et le ramener à la raison, pour le pousser à négocier”, écrit Medvedev.

» En refusant de parler avec la Russie, Zelenski poursuit en fait des objectifs beaucoup plus banals et égoïstes, a suggéré Medvedev. “Si [Zelenski] n’accepte pas la réalité de l'effondrement de l'Ukraine, il est inutile de s’asseoir à la table [de négociation]. S’il l’accepte, il sera éliminé par ses propres nationalistes, qui sont liés aux hauts gradés de l'armée”. »

• Pour autant, rien n’est joué, dans tous les cas du côté des USA où plus que jamais s’affrontent les factions, changeant de position selon les nécessités tactiques, par conséquent brouillant le jeu qui semble paraître plus ordonné pendant un instant. Alors que Medvedev passait son message, le secrétaire à la défense Austin prononçait un discours où il parvenait à faire l’éloge de l’armée russe et de ses armements, et en même temps de la volonté de l’emporter des Ukrainiens, suggérant la perspective hollywoodienne de leur victoire finale.

RT.com rapporte cette intervention en mettant évidemment l’accent sur l’“l’éloge de l’armée russe”, alors que l’imposant Austin mentionne l’inestimable valeur d’une “cause” (celle de l’Ukraine) dans laquelle on croit bien entendu comprendre qu’il la présente implicitement comme le nœud de la victoire... Tout cela n’empêchant pas, dit-il, l’OTAN de s’affirmer bien décidé à ne pas se laisser entraîner dans une Troisième Guerre mondiale. La partition d’Austin est suffisamment ambiguë pour être acceptée à peu près par tout le monde

« “Vous savez, les Russes ont une armée puissante et des systèmes d’armes impressionnants”, mais cela “ne les a pas aidés à l'emporter dans une campagne faite de conquête et de cruauté”, a affirmé Austin, qui s'exprimait samedi au Forum international sur la sécurité de Halifax, au Canada... “C’est la cause qui compte”, ainsi que “ceux qui se battent pour elle”.

» Le secrétaire à la défense a ensuite félicité le président Joe Biden pour avoir rallié les “nations de bonne volonté” contre les tentatives de la Russie de “redessiner les frontières par la force”.

» Austin a également déclaré que les États-Unis resteront aux côtés de l'Ukraine tant que durera le conflit, insistant sur le fait que l'issue de celui-ci “déterminera le cours de la sécurité mondiale en ce nouveau siècle”.

» Il a toutefois ajouté que l'OTAN ne serait pas entraînée dans ce qu'il a décrit comme la “pire crise de la sécurité [européenne] depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale”, à moins que Moscou n'attaque l'un de ses États membres. »

Curieux Austin, qui parle comme si l’affaire était tranchée, les honneurs rendus aux Russes pour qu’ils n’insistent (n’attaquent) pas trop, l’Ukraine conservée  hors de l’OTAN, plus “otanisée” (comme on dit “lobotomisée”) que jamais mais hors-‘Troisième Dernière’. Du pur Pentagone dans ces temps où la supériorité militaire US n’est plus, mais plus du tout une donnée acquise : “Je fais la guerre, moi non plus”...

Une “marionnette” hyper-active

Dans tout cela, comme déjà dit, rien de bien nouveau factuellement, – mais psychologiquement, quel tourbillon après l’incident du S-300 ! Cela, “l’incident du S-300”, n’est certainement pas en soi un de ces événements catastrophiques qui aurait pu provoquer une guerre majeure, sinon nucléairement finale. On peut juger que la puérilité de la manœuvre, la grossièreté du ‘false flag’, – s’il s’agit bien de cette démarche de la part des zélenkistes, – nous confirme bien que dans cette énorme tragédie-bouffe qu’est le conflit ‘Ukrisis’, le bouffe prend souvent le dessus avec un Zelenski.

Au reste, ce n’est pas pour signifier que cette légèreté de la psychologie et du comportement facilitent les choses, car c’est bien au contraire. Il est désormais avéré que Zelenski est une des “marionnettes” américanistes et occidentalistes les plus difficiles à contrôler ; cela est d’autant plus vrai que les services de communications des divers pays et organisations occidentaux ont contribué à lui fabriquer une stature de héros, de quasi-Saint de la Démocratie dont jamais aucune marionnette n’eut le privilège à ce point ;  alors même qu’en plus de l’habituelle corruption propre aux marionnette, il ajoute des attitudes et des habitudes d’acteur cabotin sans doute porté sur la drogue et tenant le rôle de sa vie, avec un entourage serré d’“ultra-nationalistes” comme disent nos “experts” de plateau, nullement impressionnés par la profusion de croix gammées et de salut main tendue et ouverte à bout de bras.

Toujours pour esquisser l’avenir de la paix prochaine, il faut ajouter à ce formidable nœud gordien du monde zélenskiste les habituelles querelles internes des différents pouvoirs à l’intérieur du monde en déliquescence qu’est le bloc-BAO. “L’incident du S-300”, sans doute patronné par l’une ou l’autre caste de neocons, a finalement mis ces extrémistes sur la défensive, avec en plus un gâchis qui a dispersé tous les avantages de relations publiques qu’on pouvait espérer tirer du retrait russe de Kherson qu’on a tenté de grimer en une sorte d’Austerlitz ukrainien. On ne sait s’ils (les extrémistes américanistes-occidentalistes) auront le temps de relancer l’affrontement alors que les poussées pour une négociation, du côté bloc-BAO, se font et devraient se faire de plus en plus forte de crainte que les Russes, ayant rassemblé leurs réservistes rappelés, ne lancent une offensive majeure qui accroîtrait leur pénétration en Ukraine.  

Tout cela n’est d’ailleurs, ne peut être d’ailleurs autrement que temporaire. Il reste absolument assuré que l’Ukraine n’est pas une guerre « entre la Russie et l'Ukraine, c’est une guerre entre la Russie et l'Occident », selon les Turcs avisés ; et que la guerre en Ukraine n’est qu’un « exercice d'échauffement” pour le grand conflit à venir [‘The Big One’] ».

...C’est-à-dire que nous doutons grandement, comme remarqué plus haut, qu’une très hypothétique “paix” (?) en Ukraine nous ramène aux temps d’avant, parcouru certes de crises sans nombre mais où l’on . imaginait impensable d’envisager un conflit ouvert impliquant la Russie et les USA en adversaires directs. Cette perspective nous laisse, comme l’on dit, tristement augurer de la suite des opérations si effectivement une sorte d’arrangement était atteint en Ukraine après que Zelenski ait été engagé par Netflix pour une série sur “Grandeur et décadence de l’effondrement de l’Ukraine-FTX”.

Don Quichotte et les moulins de FTX

Cat finalement et toutes réflexions faites se pose cette question : les interlocuteurs américanistes-occidentaistes et zélenskistes des Russes ne risqueraient-ils pas d’avoir l’esprit ailleurs pour ne plus trop se préoccuper de ces affaires du désordre ukrainien ? Ne seraient-ils  ne sont-ils pas, – le naturel revenant au galop, – naturellement trop préoccupés par le scandale-FTX soudain apparu, qui mélange le parti démocrate, les Biden, le Congrès, la cryptomonnaie pour l’Ukraine, Zelenski bien entendu, – tandis que les républicains veulent mettre en cause la famille Biden dans des auditions à la Chambre du nouveau Congrès ? A un moment, il faut bien que l’argent reprenne le dessus, comme l’on est remis dans le droit chemin. Ce pourrait être la surprise qui déstabiliserait tout le cours normal de l’effondrement en cours, pour lui donner une inflexion inattendue, accélératrice encore plus de l’effondrement-en-cours...

On attendait le grand choc des midterms, n’est-ce pas ? On a eu un chuintement presque inaudible, une sorte de flatulence assez peu élégante... Alors, les républicains, privés de leur tsunami formidable mais mauvais gagnants-perdants, entendent exister tout de même en déterrant les pires atrocités des bijoux de la famille Biden au moment où éclate en un affreux divorce le mariage arrangé entre le bitcoin et ‘Ukrisis’ :

« Je l’admets. Je ne suis pas complètement cynique. Comme Don Quichotte, je me bats contre des moulins à vent. Le scandale et la fraude qui entourent l'effondrement de FTX ne sont pas seulement un désastre financier mineur. Il s'agit d'une affaire mondiale qui va prendre au piège de nombreuses personnes apparemment intelligentes qui ont cru à tort qu'en effectuant des transactions en cybermonnaies, elles pouvaient échapper aux forces de l'ordre. Oups ! Ils n'ont apparemment pas pris le temps de comprendre la rigueur du  fonctionnement de la technologie ‘Blockchain’. La garantie de sécurité du ‘Blockchain’ causera leur perte. »

Ainsi Larry Johnson nous parle-t-il du naufrage du ‘Titanic’ qui est en train de se produire avec la faillite de la plateforme de négociation de crypto-monnaies de Samuel Bankman Fried (le nom du milieu ne s’invente pas), le fondateur, directeur général, principal et unique manipulateur de FTX, – sous le titre donquichottesque de :

« Samuel Bankman Fried a peut-être entamé la demolition de l’État-profond… »

 

Mis en ligne le 20 novembre 2022 à 18H15