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jeudi 15 octobre 2026

« Tout est lié » ? La GrandeCrise

 Source : https://www.dedefensa.org/article/tout-est-lie-la-grandecrise

12 octobre 2026 (05H00) – Nous nous arrêtons aujourd’hui à l’un ou l’autre entretien pêchés chez nos commentateurs favoris — “influenceurs”, disent-ils dans leur sabir postmoderne, — pour déterminer le “point Oméga” de tous ces événements, notion souvent employée pour ces derniers temps dans son sens inverti et qui, aujourd’hui et de plus en plus, tend à se confondre avec l’épisode ultime de la GrandeCrise confrontée à son épreuve ultime qui est de lutter contre l’inversion qui a jusqu’ici dominé.

L’adoption de cette expression ne signifie pas une adhésion aux thèses de son créateur, Teilhard de Chardin, ni d’ailleurs une réfutation. C’est un emprunt pratique, qui constitue une façon acceptable de signaler qu’il y a une convergence d’analyse de “la situation cosmique de notre situation”, sans préjuger du sens de cette situation, — mais aujourd’hui, signalant que cette convergence nous rapproche plus encore du point de fusion du “point Omega inverti”.

« Chez le jésuite, paléontologue et philosophe français Pierre Teilhard de Chardin, le point Oméga désigne le point ultime et maximal du développement de l'évolution, caractérisé par une convergence parfaite de la complexité, de la conscience et de l'amour.

Empruntant la dernière lettre de l'alphabet grec (Omega), Teilhard de Chardin l'utilise pour symboliser la fin absolue et l'aboutissement de l'Histoire cosmique. » (IA-Google)

Si nous abordons notre thème central de la GrandeCrise, c’est essentiellement à cause de la convergence pressante de divers événements à connotation catastrophique, dont certains sont nommés “guerre” pour combler le vide des discours politiques de nos dirigeants, et d’autres remis dans les mains pleines de savoir de nos sociologues progressistes. L’essentiel, — c’est le cas de le dire comme il le fait, — se trouve dans cette phrase d’Alexandre Mercouris dont nous continuons à pomper le savoir-informationnel :

« ...L'essentiel est de comprendre que tout est lié. C'est là le point crucial à saisir. »

Considérations finalistes sur la GrandeCrise

Nous consultons d’abord un entretien d’Alexandre Mercouris avec le commentateur américain Garland Nixon, qui est un des relais favoris de notre duo C&M. Garland Nixon est moins un spécialiste militaire que les Larry Johnson, Scott Ritter, Mcgregor, etc., dissidents des services divers de la sécurité nationale ; et mais certainement beaucoup plus politique vis-à-vis de la situation US, et d’une position personnelle particulièrement indépendante. Un terrain sûr, fécond et assez original pour les Christoforou-Mercouris. L’entretien est du 11 octobre :

Mercouris : « Nous avons énormément d'actualités à aborder, mais l'essentiel est de comprendre que tout est lié. C'est là le point crucial à saisir.

» Il me semble qu'une façon d'appréhender tous ces événements est de dire que le projet néoconservateur — qui s'est accéléré sans cesse depuis le milieu des années 1990 — est aujourd'hui en train de foncer droit dans le mur. Nous le constatons à travers les deux conflits que nous observons, celui en Ukraine et celui au Moyen-Orient ; ce choc frontal engendre des répercussions et des ondes de choc majeures au sein même du monde occidental.

» J'ai suffisamment d'âge pour me souvenir de la fin des années 1960 et du début des années 1970 ; l'atmosphère de l'époque, liée à la guerre du Vietnam, présentait certaines similitudes avec la situation actuelle. Toutefois, de mon point de vue, la situation est bien pire aujourd'hui, et bien plus complexe.

» Alors, tout d'abord, Garland, partagez-vous mon avis ? Je conçois qu'il existe de multiples façons d'analyser la situation, mais pensez-vous que cette perspective soit juste ? Si c'est le cas, nous pourrions peut-être examiner chaque point l'un après l'autre. »


Effectivement, Nixon aborde la question, même dans son aspect militaire, d’un point de vue fondamentalement politique. Il poursuit l’analyse de l’évolution de la politiqueSystème poursuivie et poussée par les neocon comme “fauteurs de guerre utiles” (des “idiots-utiles” plus opérationnels et à visages découverts) depuis le début des années 1990, avec les encouragements des usual suspects, CIA, MI6, Mossad & Cie, sous les auspices des divers relais du DeepState et ainsi de suite, — on en perd son souffle à énumérer les manipulateurs, comploteurs et autres “Maîtres du monde” de service...

Garland Nixon : Absolument. Et je pense que l'on peut envisager cet échec sous deux angles particuliers : l'un interne et l'autre externe.

» Sur le plan externe, il y a cette incapacité à accepter les limites de leur propre puissance. Vous savez, ils ont tenté de s'attaquer à la Chine dès l'arrivée de l'administration Trump ; ils le faisaient déjà depuis un certain temps, mais ils ont essayé d'affronter la Chine de front sur le plan économique, pour finalement réaliser que l'enjeu ne se limitait pas à l'économie. Il s'agit aussi des matériaux dont ils ont besoin ; l'interconnexion — si tant est que ce mot existe — de la chaîne d'approvisionnement mondiale rend impossible une confrontation économique frontale et brutale avec la Chine. Ils ont dû faire marche arrière, mais ils peinent à s'adapter, car ils continuent de tenir des propos du genre : « Nous détruirons la Chine, l'Inde ou qui nous voulons », tout en maintenant des sanctions majeures, etc. C'est donc cette incapacité à accepter leurs limites économiques.

» Bien entendu, les limites militaires sont assez évidentes, mais on entend toujours ce discours : “Nous allons revenir à la charge et frapper à nouveau l'Iran.” Et ils répètent inlassablement le même scénario. “Nous allons frapper l'Iran durement.” Puis quelques semaines ou un mois passent, et ils se disent : “Bon, d'accord, alors nous allons frapper l'Iran durement.” Trois ou quatre semaines s'écoulent encore... Ils continuent de se heurter violemment à l'Iran, encore et encore. L'Iran semble aguerri face à ces attaques, prêt à les affronter ; le pays les encaisse puis reprend le cours de sa stratégie à long terme.

» Et il semble que le plan consiste toujours à... eh bien, à refuser d'admettre qu'ils ne peuvent pas, entre guillemets, “forcer” les Russes à s'asseoir à la table des négociations. “Forcer”... c'est une formulation étrange, dire qu'on va forcer quelqu'un à venir négocier. Après tout, ce n'est plus vraiment une table de négociation si l'on y a contraint l'autre partie. De par la nature même des négociations et de la diplomatie, il ne s'agit pas de recourir à la force ; mais, là encore, ils ne peuvent accepter ces limitations. »

Garland Nixon poursuit en passant au problème interne, l’autre face de la même pièce, exactement similaire à la première : même attitude, mêmes échecs, même entêtement, même complet désintérêt pour la réalité, même certitude d’être dans le Vrai et dans le Bien puisqu’ils sont le Vrai et le Bien à la fois, — selon les dernières nouvelles et les meilleures instructions du Malin.


Garland Nixon : « D’un point de vue interne, ils ne peuvent pas accepter ces limites à présent ; je pense que cela se manifeste par l'écart croissant — ce gouffre, pourrions-nous dire — entre les masses, le citoyen ordinaire, et la classe politique ou l'élite. Les gens dans la rue expriment leurs attentes, forts de ce qu'on leur a dit — appelez cela comme vous voulez : démocratie ou autre — à savoir que le peuple élit des représentants censés défendre ses intérêts.

» Il existe donc une attente légitime quant à cette représentation, mais les gens prennent conscience qu'en réalité, ces élus ne les représentent pas du tout ; bien au contraire, leurs actions nous nuisent alors même que nous leur avions demandé de ne pas agir ainsi. Nous avons donc affaire à une population qui ouvre les yeux et se dit : “Tout ce qu'on nous a raconté sur le gouvernement représentatif... nous y aspirons et nous attendons qu'il en soit ainsi, mais cela ne se concrétise pas avec le gouvernement actuel.” Reste à voir comment cette contestation va s'exprimer — que ce soit par des manifestations ou par le biais des élections de mi-mandat.

» Tout cela reste à voir. Mais je pense qu'il faut examiner, tant sur le plan interne qu'externe, comment ces dirigeants et leur nature autoritaire sont en train de déstabiliser la situation mondiale dans son ensemble. »

Mercouris : « Absolument. Je pense que vous avez mis le doigt sur un point très important : ils trouvent impossible d'accepter que cela leur arrive. Ils s'étaient tellement habitués à penser qu'ils pouvaient tout faire — anéantir des économies, faire marcher des armées, traiter le monde entier comme un échiquier — qu'il leur semble soudain incroyable que la partie ne leur appartienne plus. »

Les deux hommes ont donc installé l’assise de leurs échanges qui va constituer un large tour d’horizon sur l’actuel désordre chaotique du monde. Nous connaissons tout cela depuis longtemps et notre seule mission est d’observer l’évolution du monstre jusqu’au moment et sa surpuissance le fera définitivement basculer dans l’autodestruction. Cela vaut pour les USA, donc cela vaut pour le reste du bloc-BAO.

Trump-Poutine et l’enfant dans le dos de l’UE

Ensuite, les deux intervenants passent à l’examen des divers problèmes évoqués. Mercouris commence par des considérations sur l’actuelle campagne aérienne russe sur Kiev. Il communique quelques considérations extraordinaire sur cette campagne, à laquelle nous allons nous arrêter pour compléter notre propre tour d’horizon.

Cela est dit alors que l’accord entre Trump et Poutine sur la livraison de considérables cargaison de diesel russe rebat les cartes complètement brouillées des Européens, pris au piège de leur aveuglement guerrier qui semble désormais ne plus tenir qu’au fil ténu de la position de Zelenski dont l’accord Trump-Poutine souhaite ouvertement le départ rapide. La sottise des dirigeants européens aura alors un vaste champ de bataille rempli de ruines pour discuter de leur avenir électoral.

Stupéfaction des experts-Système devant les capacités russses

Mais on en reste pour l’instant à Kiev et à la formidable campagne de bombardement russe qui laisse les experts européens conformistes-Système dans la plus complète stupéfaction... Mercouris nous en donne quelques nouvelles qu’il répercutera certainement dans ses prochains programmes.

Mercouris pour Garland Nixon : « Maintenant, je tiens à vous communiquer une information, une seule chose que j'ai apprise tout récemment — il y a à peine quelques heures, juste avant le début de cette émission. Je ne prétends pas disposer d'une multitude de sources au sein des structures politiques londoniennes, car ce n'est pas le cas ; toutefois, je connais une ou deux personnes bien informées. Voici ce qui se dit : la campagne aérienne lancée par les Russes en Ukraine a complètement sidéré l'Occident, car il s'agit précisément du type d'opération que nous menons habituellement. Or, ce sont eux qui la réalisent, et ce, contre ceux que nous soutenons.

» Une telle situation ne s'était jamais produite sous cette forme depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. L'Occident est sous le choc. Le fait qu'une campagne aérienne d'une telle envergure et d'une telle sophistication puisse être menée par le camp adverse suscite une consternation totale. Si vous lisez l'interview très intéressante qu’Éric Schmidt a accordée à ‘The Economist’ ici à Londres, vous verrez qu'il tient le même discours. On a tendance à imaginer les Russes comme étant lents, lourds et arriérés, tandis que les Ukrainiens seraient, eux, agiles et à la pointe de la technologie. En réalité, lorsqu'il parle des Ukrainiens, il pense surtout à nous, en Occident. Il constate avec stupeur que l'adversaire est au moins aussi performant que nous. Comme je le disais, c'est un scénario qu'ils n'avaient jamais envisagé ni cru possible de voir un jour... »

Ici, c’est le sort de Kiev qui nous intéresse particulièrement : capitale de plusieurs millions d’habitants, coupée en deux par le puissant Dniepr surmonté de plusieurs ponts qui sont en train d’être méthodiquement mis hors d’usage, sans nécessairement être structurellement détruits, par les incessantes attaques russes.

Kiev était super-protégé par une défense aérienne très soignée et des forces armées nombreuses regroupées pour protéger le précieux gouvernement zélenskiste et les divers appendices OTAN-CIA/MI6 bourrés de chefs étoilés occidentaux. Tout cela est en train de voler en éclats sous les coups de boutoir répétés d’une offensive aérienne qui évolue à ciel ouvert et avec une formidable précision, au grand dam du ministre polonais des affaires étrangères Sikorski qui assurait il y a trois semaines les Ukrainiens de la conquête de la Russie en 42 jours grâce à la formidable supériorité aérienne de l’OTAN.

Une fin du monde très hollywoodienne

Glenn Diesen reçoit Stanislas Krapivnik, russo-ukrainien venu aux USA dans sa tendre jeunesse, ayant embrassé une carrière dans l’US Army jusqu’au grade de capitaine, avant de quitter l’uniforme et les États-Unis pour la Russie où il est devenu un informateur réputé  pour le circuit de nos commentateurs-influenceurs.

Krapivnik refait pour Diesen un rapide historique de la ville de Kiev durant la guerre, depuis la panique initiale d’une attaque russe qui n’était qu’une offensive temporaire de fixation d’une partie de l’armée ukrainienne. Cette panique avait entrainé pourtant une distribution massive d’armes individuelles à tous les Kiéviens pour une  défense urbaine jugée alors nécessaire. Les Russes repartirent sous les commentaires sarcastiques des commentateurs américanistes-occidentalistes mais les armes restèrent. Tout le monde est donc plus ou moins armé à Kiev et cela alimente désormais le désordre qui s’amplifie avec le départ précipité d’un nombre grandissant d’habitants de la capitale, d’ailleurs encouragé à cela par le maire Klitschko, ennemi intime de Zelenski et qui dénonce son manque de moyens pour la défense de la ville. Kiev se désertifie très rapidement  au rythme sonore des attaques russes incessantes.

Krapivnik décrit alors ce qu’il juge être l’avenir proche de Kiev en évoquant le film ‘New York 1997’ (‘Escape from New York’), avec l’acteur Kurt Russell expédié dans un New York devenu une immense prison, d’où il doit exfiltrer le président des États-Unis qui a été forcé de s’y aventurer à la suite d’un incident de son très-beau ‘Air Force One’.

Krapivnik : Alors, qu'est-ce qui va arriver à Kiev ? Je pense que le chaos va s'abattre sur Kiev. D'abord, une grande partie de Kiev est vide ou va le devenir surtout quand le gouvernement s'enfuira.

» Ce sera le plus grand signal d'alarme pour tous ceux qui restent encore. Il sera temps de dégager au plus vite. Donc je pense que la ville sera au moins à moitié désertée, sinon presque entièrement désertée. Il y aura beaucoup de gangs équipés d'armes, beaucoup de chefs mafieux et beaucoup d'autres factions politiques. J'imagine quelque chose qui ressemblerait à ‘New York 1997’, si vous vous souvenez de ce film. »

Diesen : « Oh ! De la fin des années 80 [fin des années 70]. »

Krapivnik : « Oui, ils en ont fait un deuxième, ‘Los Angeles 2013’, mais il n'a jamais été aussi bon que ‘New York 1997’. Donc oui, le premier était bien meilleur. [... Dans ce film,] New York est devenue une immense prison à ciel ouvert remplie de criminels. Tout le monde est armé. Donc oui, je pense que Kiev va devenir quelque chose comme ça. Paris pourrait devenir quelque chose comme ça avant Kiev, mais c'est déjà le cas. 

» Mais oui, je pense que c'est la situation et après ça personne ne peut vraiment dire comment les choses vont évoluer. »

Une fin du monde “très ordinaire’”

Je remarquerai volontiers que le Kiev que nous promet Krapivnik est mis sur le même pied boueux et puant que le Paris-à venir, sinon d’ores et déjà venu, — mais sans pour autant nous priver du Prix Goncourt débarrassé de toute trace d’IA mais contant tout de même l’histoire d’un migrant (venu d’Ukraine ? Un peu trop blanc, voyez Zelznski). Macron peut pavoiser et être panthonisé avant l’heure [il se cacherait au Panthéon], car ce jumelage Kiev-Paris dans l’effondrement serait alors un fort beau geste de solidarité de la France éternelle à l’égard de l’Ukraine zélenskinisé.

Ce que nous disent ces diverses analyses, toutes venues de commentateurs de qualité selon mon jugement appuyé sur l’expérience, c’est que l’extraordinaire crise (GrandeCrise) que traverse notre monde est marquée par un désordre impossible à décrire, mais qui contient les germes d’un chaos dont on sait qu’il possède des capacités créatrices fondamentales. On rappelle ainsi la différence effectivement fondamentale que nous avons  toujours faite entre “désordre” et “chaos” et que l’IA explicite ainsi selon un développement révélateur, et parfaitement selon notre entendement, — et selon ma conception personnelle, plus encore :

« Il serait même possible de pousser la distinction assez loin :
Le désordre est l'opposé de l'ordre.
Le chaos n'est pas nécessairement l'opposé de l'ordre : il peut être ce qui précède, produit ou annonce un autre ordre.

C'est une différence considérable. »

S’il est impossible de décrire la “situation de notre situation actuelle”, c’est parce qu’elle contient, mêlées au désordre terrifiant qu’elle décrit, des vérités-de-situation qui nous sont encore dissimulées et qui sont sans aucun doute créatrice d’ordres nouveaux. Il me semble bien improbable d’espérer le rétablissement de l’une ou l’autre de ces sous-crises de la GrandeCrise, comme par exemple la paix en Ukraine après une éventuelle victoire russe, avant que le nettoyage par des travailleur.es. de propreté postmoderne soit achevé.

La paix“, dites-cous ? Bien au contraire, toujours selon mon sentiment intuitif... La contagion du désordre sera alors l’ordre du jour, me semble-t-il : d’une façon ou d’une autre, — par la guerre ou par les désordres intérieurs, — le désordre gagnant avec brio et enthousiasme toute l’Europe de l’UE, y compris les primaires-des-primaires du PS. (Quant aux USA, à Dieu vat...) Les cris d’orfraie contre Poutine-seul ou contre Poutine-Trump, voire contre Trump-seul, ne sont que la marque extrêmement bien figurative de l’extraordinaire médiocrité des esprits dirigeants dans le monde occidental en pleine production-turbo. Je les trouve rassurants plutôt qu’inquiétants, ces cris-là, comme une toile typique des peintres-pompiers de la fin du XIXème siècle par opposition décisive aux nouvelles écoles des peintres modernisés et certains de nious apporter une nouvelle sensibilité du monde débouchant, comme une toilette mal élevée, sur notre sensationnele “Art Contemporain”, dit-A.C.

lundi 26 février 2024

Biden ou Trump ? Dérision d'un choix accessoire

 Source : https://www.dedefensa.org/article/derision-dun-choix-accessoire

• Biden ou Trump ? Encore un commentateur de haute volée pour donner son point de vue sur l’intérêt de Poutine et de la Russie dans le vote pour le prochain président des USA. • Fiodor Loukianov, personnalité éminente de la direction russe, estime que l’élection de Trump serait du plus grand avantage pour la Russie. • La question se pose-t-elle vraiment ? • Que ce soit Biden ou Trump, l’Amérique entrera dans le cœur brûlant de sa grande crise d’effondrement. • L’événement de la crise a d’ores et déjà dépassé l’événement de l’élection.

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On se rappelle, – il y a fort peu de temps puisqu’il s’agit du 21 février, – que nous posions à Poutine la question de savoir pourquoi il avait dit préférer, au nom des “intérêts de la Russie”, une victoire de Biden plutôt qu’une victoire de Trump en novembre prochain. Cette fois, nous lui posons la question de savoir pourquoi il ne préfèrerait pas une victoire de Trump, inspirés en cela par un texte du commentateur distingué Fiodor Loukianov, rédacteur en chef de ‘Global Affairs’, président du Conseil sur la Politique étrangère et de sécurité et directeur des recherches au Club de Discussion Internationale de Valdaï ; bref, une plume qui compte.

Il fait une longue analyse du cas de la victoire de Trump, et surtout un portait psychologique assez juste du candidat républicain, permettant de déduire assez logiquement et justement quelle pourrait être son action s’il était élu. Le portrait est assez bien rendu par ce paragraphe, après avoir déterminé, ô sans grande difficulté, que Trump est un ‘businessman’ et rien que cela, et un ‘businessman’ qui, après une carrière consacrée à ses seuls intérêts personnels et familiaux, a mis dans le ‘business’ qu’il pratique, depuis 2015-2016, les intérêts des États-Unis d’Amérique. Tout cela n’est pas héroïque ni tragique mais c’est du solide et du sûr, – contrairement au personnage que les hystériques courants et grouillants font de lui. D’où le portrait :

« La mentalité d'homme d'affaires de l'ancien président est une qualité précieuse. Quelle que soit la dureté d'un homme d'affaires professionnel, son travail n'est pas de détruire mais de multiplier, faute de quoi l'entreprise elle-même perd son sens. Trump a été le premier président américain depuis longtemps (probablement depuis Jimmy Carter) à ne pas lancer une seule nouvelle campagne militaire. Sa rhétorique acerbe en matière de politique étrangère, avec ses attaques cinglantes contre ses adversaires, s'accompagne toujours d'un prudent retour en arrière. Il est prudent et hésite à intervenir dans des situations aux complications incompréhensibles. »

Ce portrait concrétise l’idée qu’avec Trump la politique étrangère des USA sera moins agressive et moins provocatrice que celle des démocrates, – et des républicains-RINO, ou neocon, de Bush à Bush et de Clinton à Obama. Ce n’est pas une révélation sensationnelle mais c’est un constat mesuré qu’il est bon d’exposer aux hystériques déjà signalés. Cela fait un argument pour juger qu’une élection de Trump serait intéressante pour la Russie.

Un autre argument, que Loukianov place en premier, et qui l’est certainement en importance parce qu’il englobe tous les autres, concerne justement le climat des hystériques qui s’est mis en place dans le plus formidable déchaînement de haine politique qu’on ait connu, dans de telles conditions d’affrontement civil, de tous les temps modernes.

Note de PhG-Bis : «  C’est une curieuse compétition à évoquer mais je ressens la sensation, et en juge ainsi, que, toutes choses égales par ailleurs, la texture et l’intensité de la haine anti-Trump aux USA, suivis par les troupeaux européens et bêlants, dépasse la haine anti-Hitler telle qu’on l’a connue durant la vie politique du ‘Führer’. »

En conclusion, Loukianov écrit donc, pour résumer son propos des avantages qu’il y aurait pour la Russie à voir Trump élu, et justement dans l’ordre qui importe pour l’importance de la chose :

« Ceux qui pensent que Moscou favorise Trump n'ont pas tout à fait tort, mais ce n'est pas parce que le challenger a un parti pris pro-russe. Car ce n'est pas le cas, [Trump ne s’intéressant pas fondamentalement à la Russie].

» Si le candidat républicain probable finit par l'emporter, deux scénarios sont possibles. Le premier est un combat désespéré à Washington, où beaucoup d'énergie sera dépensée dans des luttes entre partis et à l'intérieur des partis. C'est à l'avantage de la Russie, car l'attention de l'ennemi sera détournée.

» Le second est que la réapparition de Trump, malgré toutes les circonstances extrêmement défavorables, signifie le début d'un véritable changement dans le positionnement international de l'Amérique , – vers un agenda plus étroit et un choix de priorités plus pragmatique, ouvrant de nouvelles opportunités pour le reste du monde. »

Et, pour introduire un commentaire plus général sur l’argument de Loukianov, nous rappellerons ces remarques que nous fîmes dans le texte du 21 février 2024 déjà référencé plus haut. Le thème en était donc “Pourquoi Poutine préfère-t-il que Biden soit élu ?”

« Finalement, l’hypothèse la plus passionnante et la plus séduisante, mais la plus improbable si l’on considère le caractère de prudence de Poutine, nous l’avons trouvé dans un commentaire d’un lecteur de RT.com, et surtout dans cet article (16 février) de ‘Pravda.ru’. En gros, cela revient à dire : gardons Joe encore quatre ans, et il foutra l’Amérique par terre, selon la fameuse sentence d’Obama (“Il ne faut jamais sous-estimer la capacité de Joe de foutre la merde”), – titre et sous-titre de l’article référencé en toute liberté de la presse :

» “Poutine veut que Biden reste au pouvoir pour provoquer la chute de l'empire américain

» “Poutine préfère Biden parce qu'il est en train de ruiner l'Amérique de l'intérieur”. »

RapSit-USA2024 : la terrible frontière Sud

Si l’on veut bien mettre de côté l’idée de l’apaisement relatif de la politiqueSystème avec Trump, – sans nous dissimuler que ce n’est pas rien mais que c’est loin d’être tout, – on découvre à la lumière de nos références auxquelles nous faisons bonne confiance, que l’on débouche sur la même situation avec les deux élus : le désordre inouï entretenu par une haine totale, et la décomposition des Etats-Unis qui s’ensuit sous le coup de crises dévastatrices dont aucune n’est traitée à cause de cette haine suicidaire. Les deux hommes, Biden et Trump, ne sont que les émanations inévitables des deux extrêmes de la haine qui déchire l’Amérique.

La crise de la frontière Sud est un bon point de référence et de fixation de notre prévision évidemment catastrophique, avec le chiffre fantastique de 7,3 millions d’illégaux entrés aux USA depuis que Biden est président, – et jusqu’à 10 millions en prenant les autres entrées illégales que celles de la frontière Sud, –  et un trafic colossal d’une drogue qui fait du Covid une menace folklorique (la fentanyl bien sûr, dont le gouverneur du Texas Abbott vient d’annoncer que 15 000 kilos en avaient été saisis sur la frontière en 2023, – de quoi éliminer toute la population des USA). Cette crise empirera d’une façon ou l’autre, quel que soit l’élu, évidemment dans le sens où on la voit déjà empirer et des deux façons qui chacune s’opposent à l’un et l’autre candidat ; en bref, la crise proliférera quel que soit le président, dans les deux sens opposés, empêchant ainsi toute résolution... Observez déjà des signes de la rapide contamination du désordre dans une situation où le pouvoir fédéral est paralysé par ses problèmes de personnel incompétent et médiocre, de corruption et d’idéologie.

• Dans ce désordre placez par exemple les initiatives des gouverneurs d’une coalition de 27 d’entre eux pour soutenir le Texas, gouverneurs républicains qui sont du côté de Trump. Les États qui ont commencé ou vont commencer à envoyer au Texas des contingents de Gardes Nationaux, – en nombre réduits [entre 50 et 150 Gardes] pour l’instant dans l’intention d’abord de concrétiser leur solidarité opérationnelle, – sont le Dakota du Sud, la Louisiane, la Floride et l’Indiana.

« La gouverneur du Dakota du Sud. Kristi Noem a ordonné aux troupes de la Garde nationale de l’État de se déployer à la frontière sud pour aider le Texas à faire face à des vagues record d’immigration clandestine.

» Noem, une républicaine, a déclaré que 60 soldats de la Garde nationale du Dakota du Sud seraient déployés à la frontière entre les États-Unis et le Mexique plus tard ce printemps, sur une base continue sur une période de trois mois.

» “La frontière est dans une zone de guerre, donc nous envoyons des soldats“, a déclaré Mme. Noem le 20 février. » [...]

« Dans une décision récente, le gouverneur de la Louisiane. Jeff Landry, un républicain, a déclaré que son État enverrait 150 soldats de la Garde nationale, qui travailleraient en trois rotations de 50 hommes, pour un déploiement de 90 jours au Texas.

» “Parce que le président ne fera pas son travail, parce que le gouvernement fédéral n'agira pas, parce que le Congrès refuse de mettre en place un plan d'immigration solide qui protège ce pays et permette aux gens d'entrer et de sortir de ce pays comme cela a été fait. depuis le début, les États vont agir”, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse à Baton Rouge. »

• D’un autre côté, l’énorme crise de l’immigration accompagnée de celle de la drogue-tueuse touche désormais toutes les grandes villes des USA, principalement dans les États progressistes qui suivent la politique extrémiste et ont déclaré leurs “villes ouvertes” sur leur territoire, donc non contrôlées pour la circulation des illégaux avec les contingents de la mortelle fentanyl qui se glissent dans cette circulation incontrôlée.

Voyez sur tweeterX un instantané de la situation à New York, la ville-phare de l’américanisme au sein d’un des États les plus progressistes (démocrates) des USA

« Ces dernières semaines, New York a été submergée par une vague de crimes commis par des immigrés clandestins.

» L'attaque contre la police à Times Square, la fusillade à Manhattan, une série de vols à Brooklyn, tout cela est l'œuvre d'immigrés illégaux.

» “Ce qui se passe dans les pays du tiers monde se produit dans les rues de New York, tous les jours, dans n'importe quel quartier, sans aucune conséquence”, a déclaré Vickie Paladino, membre du conseil municipal de New York, originaire du Queens. »

Et c’est ainsi que les Perses se percèrent...

... Où l’on voit en effet, par simple logique des antagonismes de haine et des répartitions géographiques de plus en plus illustratives de ces antagonismes, que les deux candidats hériteront d’une situation dont le caractère explosif aura été minutieusement préparé par le laxisme et l’impuissance de l’administration Biden d’un côté, de l’autre par l’abattage irrésistible et provoquant d’un Trump de presque 80 ans qui en paraît 60.

• Un Biden, même sur un brancard, restera un Biden totalement contrôlé par les extrémismes de son hyper-gauche globaliste.

• Un Trump réagira en ‘businessman’ : pour lui, les États progressistes qui s’opposent à lui deviendront des freins à l’ordre et à la prospérité. Il les combattra de toutes ses forces, appuyé sur la coalition des gouverneurs “rouges” (paradoxale couleur des États républicains sur les cartes électorales).

Cela conduit finalement à la conclusion que le choix de préférence énoncé pare Poutine n’a pas grande importance. Quel que soit l’élu, le fait même de l’élection suscitera une accélération majeure de la crise intérieure du système de l’américanisme. Le président russe se trouvera dès lors, comme le reste du monde d’ailleurs, devant l’événement majeur de la GrandeCrise : dans un système dont les structures pourries sont essentiellement américanistes, un effondrement accéléré de la matrice de l’américanisme.

Cela s’appelle “le Moment de Vérité”. « L’événement de la crise a d’ores et déjà dépassé l’événement de l’élection » : cela signifie que l’élection ne sera que le détonateur qui permettra à la crise d’exposer tous les effets de son extrême puissance d’ores et déjà prête à exploser. Nous n’en serons plus à chercher des traces éparses de vérité-de-situation ni à gratter des fonds de tiroir pour livrer quelques armes à un Zelenski en train de fixer sa résidence secondaire, mais bien à affronter le moment fatal du basculement de l’histoire dans la métahistoire. Il est vrai que cette période se prête aux descriptions les plus sombres chez ceux qui,  désespérément, gardent les yeux ouverts pour mieux comprendre ce que chacun a à subir dans cet immense tourbillon crisique.

Ces phrases terribles du sombre Lucrèce, le philosophe le plus angoissé de la Rome qu’on imagine en train de perdre son empire sur elle-même après l’avoir établi sur le monde ne caractérisent-elles pas le sort du citoyen de la Grande République devant la perspective d’un choix inutile, comme si la métahistoire avait déjà décidé de son sort ?

Lisez ces lignes et ces mots et demandez-vous s’ils ne parlent pas d’eux, – et de nous tous en même temps :

« Si seulement les hommes, qui ont bien, semble-t-il, le sentiment du poids qui pèse sur leur esprit et les accable de sa pesanteur, pouvaient aussi comprendre l’origine de ce sentiment, d’où vient cette énorme masse de malheur qui oppresse le cœur, ils ne mèneraient plus cette vie dans laquelle, le plus souvent, nous le voyons, personne aujourd’hui ne sait vraiment ce qu’il veut, où chacun cherche toujours à changer de place comme s’il était possible par là de déposer le fardeau qui pèse sur nous ! Tel, souvent, sort d’une vaste demeure pour y rentrer sans tarder, découvrant qu’il n’est pas mieux dehors. Le voilà qui court en hâte vers sa maison de campagne, à bride abattue, comme s’il volait au secours de son logis en flammes ! Dès qu’il en a touché le seuil, il bâille, ou sombre dans un profond sommeil, en quête d’oubli — à moins qu’il ne regagne précipitamment la ville qu’il lui tarde de revoir. C’est ainsi que chacun se fuit soi-même, et cet être qu’il nous est impossible de fuir, auquel malgré soi, on reste attaché, on le hait — on est malade et on ne comprend pas la cause de son mal. »

 

Mis en ligne le 25 février 2024 à 17H20

samedi 26 août 2023

La Grande Crise - La charge du choix

 Source : https://www.dedefensa.org/article/la-charge-du-choix

25 août 2023 (13H30) – Il suffit de jeter un coup d’œil sur la journée d’hier, rapidement mais avec franchise, sans arrière-pensée ni autre pré-jugement d’aucune sorte ; l’œil de Candide, disons, ou bien une sorte de vigie qui nous la joue comme un “Vu de Saturne” :

• Il y a les BRICS, on en a parlé ;

• Il y a la mort probable de Prigojine, sur laquelle Poutine a fait un premier commentaire ; sans doute pas un événement essentiel malgré les diverses raclures et sottises infâmes de la presseSystème mais le signe des tensions et des soubresauts de la GrandeCrise.

• Il y a le premier débat des candidats républicains à l’investiture des présidentielles US de 2024, qui a vu l’officialisation de la domination  du jeune candidat Vivek Rawaswamy face auquel les vieux croutons, même les pas très âgés, ânonnant du neocon dans le texte l’ont tous paru, au-delà du “néo” ;

• ...pendant ce temps, Trump, refusant le débat des candidats républicains, débattait avec lui-même, sous le feu amical mais néanmoins sans concessions de Tucker Carlson. Le résultat est, comment dirait-on, – “stupéfiant” par exemple :  250 millions de vues en 24 heures (et toujours en cours) pour la vidéo de la première partie ;

• Ces avatars politiques US se développent sur le fond d’une crise juridique (Trump, Biden) sans aucun précédent, qui menace totalement la structure même de la démocratie (‘DINO’, pour “Democracy In Name Only” convenant à merveille au système de l’américanisme) ; et cette crise qui place les États-Unis au bord de l’abysse de la désintégration, à explorer dans un délai extrêmement court (présidentielles de novembre 2024) ;

• Il y a la guerre en Ukraine, où les Ukrainiens ont “réussi” à n’emporter strictement rien, aucune parcelle significative qu’on puisse farder précipitamment en un symbole d’espoir du régime Zelenski pour le jour commémoratif de l’indépendance. Pendant ce temps, la presseSystème, complètement égale à sa fonction de Vide du Rien, parle à peine de l’avance russe sur la ville de Koupiansk, au Nord, qui commence à prendre l’allure d’une offensive extrêmement décidée, sinon décisive.

Ces différents évènements ont chacun valeur d’une crise massive spécifique inscrite dans le cadre élargi à la situation générale de la GrandeCrise. Certains ne sont pas faits pour durer, d’autre sont appelés à durer comme le fait un destin fondamental, tous participent à ce qui ne peut être perçu que comme un basculement total, cosmique, de l’univers du monde.

Je sais pertinemment, pour l’avoir déjà tant de fois évoqué, qu’on peut presque chaque jour décrire un tel constat du bouquet de “sous-crises” en cours qui toutes renvoient à celle qui est au-dessus de nous et règle notre destin. Qu’importe, on ne parle jamais trop du seul sujet qui doit occuper nos pensées et réclamer notre constant regard.

La seule difficulté, qui tient à notre cuisine intérieure, nous commentateurs dissidents et indépendants, est celui du choix de chaque jour pour nous porter sur telle ou telle crise, ne pas céder à des éclats de l’écume du jour en se concentrant sur un autre domaine qui réclame pour ce même jour nos commentaires. Nous sommes les premiers, nous qui sommes soi-disant les mieux à même de suivre les convulsions du monde, à peiner chaque jour presqu’au bord du découragement, – mais n’y cédant jamais, – devant l’immense difficulté du choix du commentaire du jour.

Note de PhG-Bis : « Hier, par exemple, fallait-il sauter sur le cas Prigojine, ou bien choisir le bouillonnement américaniste ? Ce fut plutôt l’appréciation de la fin du sommet des BRICS qui l’emporta. Avons-nous eu tort, avons-nous eu raison ? Question sans importance finalement : nous avons fait ce que nous avons fait en sachant que nous aurions pu faire différemment sans démériter. Il y a, entre nous et la GrandeCrise, comme le sait chaque commentateur de notre acabit, cette espèce de complicité dans la recherche de la vérité-de-situation. “Dans ces moments-là, dit PhG, moi qui ait été ‘journaliste professionnel’ dûment reconnu pendant 45 ans, je ressens une sorte de soulagement, un bonheur fou, la sensation d’une véritable gloire à ne plus faire partie de cette horde soumise au diable des petites plumes de la presseSystème alimentant les égouts d’une civilisation épuisée qui dégage un fumet pestilentiel... Leur monde pue !”. »

... Et puis, certains jours comme celui-ci d’aujourd’hui, on prend la tangente qui est en vérité la voie royale de la gloire complète du commentaire pour apprécier la GrandeCrise dans son ensemble. C’est un jour où vous n’osez tout de même pas croire tenir le monde dans votre main mais où vous avez la sensation pleine et entière de faire partie du monde, avec une mission, un devoir de messager, – et souffrez que je ressente dans ces appels la marque d’une dimension divine.

Mais je ne fais que me répéter. On sait bien ce que je sens et ressens devant ces évènements, sans en savoir plus, – et voyez-vous, surtout ceci : sans avoir besoin d’en savoir plus. Nous sommes dans des eaux insondables et dans des terres inconnues, progressant à marche forcée vers un avenir dont il nous est interdit d’en savoir rien de plus. Notre monde, le voici, dans toutes ses ruines flambant neuves, ses technologies comme autant d’insectes venimeux et infâmes, ses progrès machinistes dévorant par sa pourriture le ciel, la terre et les mers... Alors, comprenez bien que les moins nihilistes, les êtres de l’énergie du monde s’en vont poursuivre leur épuisante tâche, répétant la phrase de cet officier de l’U.S. Navy, – pardonnez cette référence à l’innommable, mais l’US Navy de l’ancien temps n’était pas sans vertus, – celui-là dont on nous rapporta qu’il méditait devant les restes fumant et brûlant  du désastre de Pearl Harbor, dans la journée du 7 décembre 1941, et se répétant :

« Je sais bien que nous allons gagner cette putain de guerre, mais je me demande bien comment... »