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mardi 7 juillet 2026

Point de saturation, version ballon rond et ciel occupé

Source :  https://pamelachrabiehblog.com/2026/07/05/point-de-saturation-version-ballon-rond-et-ciel-occupe/

 

Voilà plusieurs jours que je n’ai rien publié, ni texte, ni dessin, ce qui, dans notre époque merveilleusement policière du signal permanent, finit presque par ressembler à une désertion, une absence suspecte, une petite trahison algorithmique, comme si le mutisme devait toujours cacher une indifférence, une lâcheté, une retraite confortable ou quelque conversion subite au développement personnel, alors que la réalité, beaucoup moins photogénique, beaucoup moins vendable, tient dans une formule scolaire d’une précision cruelle: je crois avoir atteint ce fameux point de saturation que l’on nous enseignait autrefois en physique, avec des schémas propres, des flèches disciplinées, des molécules raisonnables et cette confiance dans la capacité du monde à se laisser expliquer au tableau.

On nous apprenait qu’un corps, une matière, un liquide, une solution, finissait par ne plus rien absorber, que l’excès restait en suspension, refusant de se dissoudre, petite insurrection chimique contre la tyrannie du trop-plein; personne ne précisait, évidemment, qu’un pays pouvait devenir une solution saturée, qu’un peuple pouvait flotter dans son propre excès de bruit, de menaces, de bilans, de discours officiels, de cartes rouges, de cartes vertes, de cartes interactives, de frappes ciblées, de victimes anonymisées, de communiqués aseptisés, de drones pathétiques, de prières usées, de diplomatie javellisée et de barbarie soigneusement emballée dans le papier cadeau des nécessités stratégiques.

Aujourd’hui, les drones étaient particulièrement proches, trop proches, d’une proximité presque intime, domestique, comme ces invités indésirables qui entrent sans frapper, s’installent au salon, posent leurs chaussures sales sur la table basse et colonisent vos nerfs avec l’assurance tranquille des instruments de mort convaincus de leur utilité historique. Leur vrombissement avait cette texture grasse, métallique, persistante, légèrement organique à force de répétition, une mouche militaire géante tournant au-dessus de nos têtes, une migraine motorisée avec permis de tuer, une sentinelle psychopathe suspendue au ciel, d’une ponctualité exemplaire, d’une indifférence clinique, parfaitement intégrée au décor sonore national.

Je me reprends, jour après jour, à formuler la même pensée d’une élégance morale contestable, mais d’une sincérité très nette: pourquoi diable n’avons-nous rien pour les faire exploser, l’un après l’autre, ces insectes de l’apocalypse brevetée, ces petites horreurs volantes qui transforment l’air en document hostile, le ciel en plafond carcéral, la respiration en négociation, la fenêtre en risque calculé? Je ne parle même plus de victoire, de géopolitique, de stratégie, de libération, de ces grands mots très propres qui permettent aux adultes sérieux de faire glisser des vies humaines sur des cartes mentales sans froisser l’amidon de leur chemise; je parle d’un rêve misérablement simple, presque ménager, presque ridicule: ne plus les entendre, ne plus boire son café avec un moteur invisible planté dans le crâne, ne plus interrompre une phrase parce que l’air change de texture, ne plus devoir demander à quelqu’un, avec cette familiarité honteuse du désastre, “tu l’entends aussi ?”.

C’est drôle et tragique, cette place hégémonique prise par les drones dans nos conversations quotidiennes, puisqu’on finit par parler d’eux comme d’une météo, avec des nuances, des comparaisons, des expertises absurdes, des observations de voisinage: ils étaient bas aujourd’hui, ils ont tourné longtemps cette nuit, leur son était plus lourd, plus proche, plus nerveux. Autrefois, les gens commentaient surtout la pluie, l’humidité, le vent, les embouteillages; mais nous voilà devenus œnologues du vrombissement militaire, capables de distinguer les notes de tête métalliques, les notes de cœur anxiogènes et la finale interminable en hypervigilance chronique.

Cette obsession possède sa logique sinistre, car le cerveau préfère toujours donner un contour à la menace, même un contour immonde, même un bruit, même une silhouette mécanique dans le ciel, plutôt que de s’abandonner au brouillard pur de l’angoisse. Le drone condense tout ce qui nous dépasse, la surveillance, l’impuissance, l’attente, la possibilité d’une mort administrée à distance par quelqu’un qui ne verra jamais la poussière sur nos meubles, ni les enfants qui sursautent, ni les adultes qui se taisent trop vite, ni les corps qui continuent à faire semblant de fonctionner pendant que les synapses crépitent sous l’effet d’une guerre qui ne se contente pas de détruire les murs, puisqu’elle s’installe dans les circuits, dans les mitochondries, dans les cellules, dans la mémoire musculaire, dans cette biologie de l’effroi que les générations se transmettent sans testament, sans signature, sans consentement.

Le drone est une abjection conceptuelle presque parfaite, une présence sans visage, une violence sans proximité, un verdict sans regard, une lâcheté ancienne enfin équipée d’une technologie irréprochable. Il permet à l’humain de tuer tout en restant propre, de surveiller sans se montrer, d’habiter l’air sans assumer la rencontre, de transformer le ciel en annexe militaire de sa propre paranoïa, et il faut reconnaître, avec l’amertume que mérite notre époque, que la vieille barbarie humaine a rarement été aussi bien modernisée.

Parfois, il reste les échappées, le nord, la montagne, les hauteurs au-delà de mille mètres, ces zones où l’on monte comme on chercherait une désintoxication acoustique, en espérant que l’altitude puisse laver un peu les nerfs, que le silence retrouvé ne soit pas une illusion de standing, que l’air moins lourd permette au corps de déposer provisoirement sa garde. Mais il faut redescendre, toujours, retrouver les routes, les alertes, les conversations amputées, les regards qui montent vers le ciel au premier grondement, et le pays reprend possession de votre système nerveux avec la délicatesse procédurière d’un huissier venu saisir les derniers meubles de votre paix intérieure.

Pendant ce temps, la Coupe du monde déploie ses fastes avec une synchronisation planétaire admirable, stades illuminés, ralentis impeccables, foules en transe, commentateurs possédés, drapeaux peints sur des joues, corps entraînés courant après une sphère avec la gravité sacrée d’une liturgie païenne contemporaine, et je comprends, oui, je comprends très bien celles et ceux qui aiment le football, qui s’y réfugient, qui regardent, qui vibrent, qui hurlent, qui s’échappent par là, puisque chacun bricole son anesthésie comme il peut, chacun invente sa soupape, chacun choisit son couloir de fuite quand la réalité se met à puer la poudre, la défaite morale et le plastique brûlé.

Je comprends l’exutoire, vraiment, parce qu’il faut bien que les yeux se posent quelque part où la mort n’a pas toujours le dernier mot, il faut bien que les corps trouvent une transe moins toxique que celle des notifications, il faut bien qu’une partie de l’humanité puisse encore croire à un monde où le conflit possède un arbitre, une durée réglementaire, des cartons jaunes, des remplacements, des blessures prises en charge par des kinésithérapeutes et des défaites digérées en conférence de presse. A côté, notre version locale du réel manque cruellement de fair-play, de pelouse entretenue, de VAR moral et de service médical digne de ce nom.

Et pourtant, dans le même mouvement, j’emmerde le foot, ou plus exactement j’emmerde l’aura hypnotique qui l’entoure lorsqu’elle aspire les regards, les conversations, les indignations disponibles, les restes de capacité émotionnelle mondiale, pendant que les yeux cessent de se fixer sur les autres “buts”, ceux-là sanguinaires, ceux qui ne finissent pas dans les filets mais dans les maisons, dans les routes, dans les corps, dans les paysages, dans les générations futures; goal après goal d’un côté, bombardement après bombardement de l’autre, liesse calibrée ici, pulvérisation méthodique là-bas, souffle suspendu avant un penalty pour les uns, souffle suspendu avant le prochain impact pour nous, même lexique de l’attente, civilisation morale radicalement disjointe.

Ce qui me fatigue presque autant que la guerre, c’est l’effort de devoir encore attirer l’attention sur la guerre, de devoir reformuler l’urgence comme une attachée de presse du désastre, de devoir rappeler que ceci compte, que ceci continue, que nous sommes encore en guerre, que la paix n’est pas là, qu’aucune cessation réelle des hostilités ne nous a rendu nos nuits, nos routes, nos disparus, notre ciel, que le mot “calme” désigne ici une interruption technique dans la chaîne de production de la peur, et qu’il devient pénible, vraiment pénible, de redire l’évidence à une époque qui ne reconnaît l’évidence qu’après packaging, sous-titrage, campagne de sensibilisation et taux d’engagement satisfaisant.

Puis, comble de confusion, je me surprends parfois à me demander pourquoi c’est important, pourquoi je m’acharne à nommer, pourquoi cette phrase devrait compter davantage qu’une autre, pourquoi cette guerre, ce pays, ces visages, ces drones, ces nuits, ces nerfs carbonisés, cette fatigue, cette colère, alors que dans l’histoire de l’univers nous sommes poussière, poussière d’étoiles pour les brochures poétiques, poussière tout court pour les jours moins inspirés, micro-accidents provisoires dans un cosmos qui ne suspend pas sa rotation pour nos petites apocalypses régionales; et cette pensée ne console pas, elle aggrave la confusion, car si nous ne sommes presque rien, pourquoi souffrons-nous avec une telle précision, pourquoi le corps sait-il si bien avoir peur, pourquoi l’amour rend-il les ruines si insupportables, pourquoi la poussière tient-elle autant à ceux qu’elle risque de perdre?

La guerre cause des dommages dont les photographies ne savent pas toujours quoi faire, des dommages moins tapageurs que les immeubles éventrés et les corps déchiquetés, moins exploitables que la fumée spectaculaire ou les cartes avant-après, des ravages invisibles, mitochondriaux, synaptiques, hormonaux, héréditaires peut-être, déposés dans les sommeils légers, les mâchoires serrées, les ventres contractés, les enfants trop silencieux, les adultes trop performants, les phrases interrompues, les plaisirs coupables, la joie sous surveillance, la mémoire qui s’écrit dans les nerfs avant de passer aux mots. La guerre ne détruit pas que des lieux, elle modifie les conditions mêmes de l’habitation intérieure, elle fabrique des êtres semi-opérationnels, assez fonctionnels pour répondre à un message, préparer un café, publier un texte, choisir des fruits, payer une facture, et assez atteints pour ne plus savoir exactement où placer la douleur.

Nous sommes tous saturés, je crois, à des degrés variables, ceux qui vivent ici sous le bruit direct comme ceux qui regardent de loin avec l’épuisement spécifique du témoin impuissant, ceux qui scrollent, ceux qui coupent les notifications pour respirer, ceux qui culpabilisent de respirer, ceux qui consomment la guerre en fragments, ceux qui s’en détournent, ceux qui l’analysent trop, ceux qui la nient mal, ceux qui la transforment en opinion, ceux qui ne savent plus s’ils éprouvent encore quelque chose ou s’ils rejouent une émotion attendue par politesse morale… Et malgré cette saturation collective, nous nous faisons pigeonner au quotidien, avec une régularité presque comique, par les mots propres, les annonces floues, les promesses de désescalade, les trêves cosmétiques, les “fenêtres diplomatiques”, les “messages fermes”, les “équilibres fragiles”, toute cette quincaillerie verbale grâce à laquelle on nous vend, semaine après semaine, l’idée que la guerre serait en train de finir tandis qu’elle continue simplement à respirer dans notre cou.

Nous sommes encore en guerre. Voilà la phrase la moins sophistiquée et probablement la plus difficile à faire entendre. Pas de paix, pas de cessation réelle des hostilités, pas de ciel rendu, pas de sommeil restitué, pas d’avenir déminé, pas de corps réparés par décret, pas de territoire psychique rendu à ses habitants… Une guerre qui change d’intensité, de cadence, de vocabulaire, de décor, de justification, mais qui demeure là, incrustée, disponible, prête à s’épaissir au moindre ordre, à la moindre erreur, au moindre calcul, pendant que beaucoup apprennent, par fatigue ou par nécessité, à vivre comme si l’absence momentanée d’explosion équivalait à une paix acceptable.

Exprimer la saturation devient une entreprise ingrate, car la saturation n’a pas la noblesse de la grande colère ni la lisibilité du deuil spectaculaire; elle ne crie pas toujours, elle épaissit, elle ralentit, elle désaccorde, elle abîme la texture même de la présence, elle laisse la douleur quelque part sous verre, accessible mais trouble, comme un objet dont on reconnaît la forme sans pouvoir le saisir. On continue à travailler, à organiser, à répondre, à sourire parfois, à comprendre les amateurs de football, à insulter mentalement l’aura du football, à aimer ce pays, à en vouloir à ce pays, à maudire les faiseurs de guerre, à se demander si maudire sert à quelque chose, à chercher une phrase capable de mordre dans un monde qui a parfaitement appris à digérer les morsures.

Je n’ai donc pas cessé d’écrire parce que tout cela m’importe moins; j’ai cessé quelques jours parce que tout cela m’envahit trop, parce que la porosité nécessaire à l’écriture ressemble parfois à une imprudence, parce qu’une phrase ouverte peut laisser entrer le drone, le ballon, la foule, la frappe, la poussière cosmique, le corps pulvérisé, le cerveau saturé, la honte de détourner le regard, la honte de ne pas le détourner, la rage contre les machines, la lassitude face aux humains, la tendresse qui persiste malgré tout et complique considérablement le confort d’un cynisme total.

Le drone revient, évidemment, et quelque part un ballon roule, quelque part un stade hurle, quelque part un commentateur perd la voix pour un but qui n’aura tué personne, privilège immense dont il ne mesure peut-être même pas la beauté. Ici, nous retenons encore notre souffle pour d’autres trajectoires, celles qui ne célèbrent rien, celles qui ne se rejoignent pas au ralenti avec musique dramatique, celles qui ne distinguent plus entre la maison, le corps, le sommeil, la mémoire et l’avenir.

J’écris et je dessine malgré l’engourdissement, sans fantasme de libération, sans croyance naïve dans le pouvoir rédempteur des mots et des formes, sans envie de transformer la douleur en produit culturel bien éclairé. Je le fais pour vérifier que la matière intérieure n’a pas entièrement précipité au fond du récipient, qu’il subsiste quelque chose sous la saturation, une phrase et une couleur acides, cabossées, imparfaites, capables de mordre encore un peu, même si l’univers n’en fera rien, même si les drones s’en moquent, même si le ballon continue de rouler, même si la guerre, elle, n’a jamais demandé notre consentement pour continuer à occuper nos vies.

* Dessin: “Drones et Ballons” (une de mes oeuvres hybrides, sketch sur papier et Procreate, 2026).

samedi 30 octobre 2021

Ukraine : la saga Bayraktar continue et les préparatifs de guerre se poursuivent

 Pour ceux qui veulent savoir ce que The Saker entend par Saga Bayraktar, lisez ceci (ou à la suite de cet article)


Par The Saker – Le 28 octobre 2021 – Source The Saker’s blog

https://lesakerfrancophone.fr/la-saga-bayraktar-continue-et-les-preparatifs-de-guerre-se-poursuivent

Tout d’abord, quelques nouvelles :

Forbes vient de publier un article intitulé  » Les bombardiers de l’armée de l’air américaine s’exercent pour leur principale nouvelle mission – couler les navires russes « , en voici un extrait (c’est nous qui soulignons) : « Début octobre, quatre B-1 de la 7e escadre de bombardement de la base aérienne de Dyess, au Texas, ont été déployés sur la base de la Royal Air Force à Fairford. Dans l’obscurité de l’aube du 19 octobre, deux des bombardiers ont décollé pour ce qui devait être une mission de 12 heures (…) Les forces aériennes polonaises et roumaines – ainsi qu’un contingent des forces aériennes canadiennes basées n Roumanie – ont saisi l’occasion. Les trois armées de l’air ont envoyé des chasseurs pour voler aux côtés des B-1. En temps de guerre, les bombardiers non furtifs pourraient avoir besoin d’une escorte pour les protéger des chasseurs russes (…) Une paire de B-1 pourrait tirer 48 LRASM sur la flotte russe de la Baltique. Assez, peut-être, pour couler toute la flotte en un seul passage et éliminer la principale menace pour les navires américains et alliés dans la région ».

  • Selon les renseignements de la LDNR, les Ukies acheminent désormais d’importants renforts vers la ligne de contact (chars de combat, artillerie et même les fameux Javelins, apparemment).
  • On constate une forte augmentation des tirs d’obus ukies contre la LDNR.
  • Les forces ukrainiennes qui ont héroïquement pris le village non défendu de Staromarievka hier semblent s’être repliées vers la périphérie ouest du village.
  • L’Allemagne a appelé les deux parties (comme d’habitude) à la désescalade et à ne pas utiliser de drones (que, en théorie, seuls les « observateurs » de l’OSCE ont le droit d’utiliser). Du côté du reste de l’Europe – rien, le silence.
  • Vladimir Poutine a demandé à la principale compagnie de gaz naturel du pays de pomper davantage de gaz dans les réservoirs de l’UE, et les prix du gaz ont instantanément chuté. Quelle gratitude de la part de l’UE ? Encore des insultes envers Poutine et la Russie.
  • La TV ukrainienne a montré quelques animations sur la façon dont leurs Bayraktars pourraient même frapper la ville de Voronezh en Russie. Le message à ceux qui regardent la télévision est simple : maintenant que nous avons des Bayraktars, nous sommes invincibles.

Bon, parlons d’abord des Bayraktars. Bien qu’il y ait BEAUCOUP de relations publiques absurdes sur ces super armes, elles ne sont, en réalité, pas si super que ça. Il est vrai qu’elles peuvent être, et ont été, utilisées avec beaucoup de succès contre des ennemis dont les défenses aériennes sont faibles, notamment par la Turquie en Syrie et par l’Azerbaïdjan au Nagorno-Karabach. Ils sont limités en termes de vitesse, de section transversale radar, de portée de vol, de portée de tir, ont besoin d’une liaison pour les données et sont sensibles au brouillage du GPS et à d’autres méthodes de défense électronique. Bien entendu, ils peuvent également être abattus par les défenses aériennes modernes. Rien de tout cela n’est surprenant puisque la plupart de leurs composants sont des produits standard, achetés et assemblés avec compétence. Mais comparés aux drones de combat modernes américains, russes ou chinois, ils sont loin derrière.

Mais tout cela n’a aucune importance dans le contexte ukrainien. Les Ukrainiens croient bien que des missiles de croisière de l’ère soviétique marginalement modernisés peuvent détruire le pont de Crimée, qu’une petite quantité délibérée de missiles antichars Javelin peut modifier l’équilibre des forces ou que la construction d’une « base navale » (ce qui est TRÈS généreux) sur la côte ukrainienne de la mer d’Azov « montrera aux Russes qui est le patron ». Gardez cela à l’esprit en lisant le paragraphe suivant.

Les bombardiers américains B1-B s’entraînent à couler toute la flotte de la mer Noire en une seule mission. Tout d’abord, je tiens à souligner que l’escorte des B1-B par des avions de 4ème génération ne les « protège » pas, elle rend simplement l’ensemble du vol beaucoup PLUS visible au radar. Deuxièmement, les B1-B ont été remplacés par les B-2 parce que les États-Unis savaient que ces bombardiers ne pouvaient même pas espérer pénétrer dans l’ancien espace aérien soviétique. Ceci étant dit, j’aime beaucoup les B1-B, je trouve que ce sont de très bons bombardiers à usage général, mais seulement contre un ennemi beaucoup plus faible. Mais est-ce que tout cela a de l’importance ?

Non.

Le but de l’Empire est de suggérer aux Ukies « nous sommes avec vous jusqu’au bout, vous pouvez maintenant affronter les hordes asiatiques ivres de vodka de Poutine et, si les choses ne se passent pas comme prévu, nous vous soutiendrons, par exemple en coulant toute la flotte de la mer Noire en une seule mission ». Beaucoup de « langage corporel » et de bruits de bottes, le tout largement amplifié par la machine de propagande ukrainienne, mais exactement *zéro* engagement réel pour quoi que ce soit. C’est exactement ce que les États-Unis ont fait lors de la guerre du 08.08.08 [en Géorgie].

Avec une grosse différence : Saakashvili et ses hommes de main ne voulaient pas perdre de territoire, ils voulaient conquérir l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie et humilier la Russie. En revanche, le régime ukrainien est totalement acculé, Ze a complètement perdu le contrôle de la situation interne et ils savent que l’Ukraine orientale ne sera jamais fidèle à l’idéologie banderiste. Donc, pour eux, perdre une guerre contre la Russie, c’est gagner politiquement.

Actuellement, le pays est dirigé par la CIA via le Conseil national de sécurité et de défense de l’Ukraine (non élu et consultatif). Ni la Rada ni même l’appareil présidentiel n’ont grand-chose à dire. Quant aux forces armées ukrainiennes, elles sont dirigées par un nazi et vrai psychopathe, celui qui a déclaré vouloir « remonter la Place Rouge en char ».

Oubliez donc les capacités réelles des Bayraktars ou des bombardiers B1-B. Ils ne sont que des accessoires de scène dans une stratégie à moyen terme. Ce ne sont que des accessoires dans un processus politique beaucoup plus important : l’Ukraine n’a plus d’autre choix que d’essayer de forcer la Russie à intervenir ouvertement.

À mon avis, à ce stade, la Russie devrait accepter le coût politique d’une telle intervention et déclarer une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la LDNR. Là encore, il n’est pas nécessaire de faire passer un seul soldat de l’autre côté de la frontière, tout peut être fait depuis la Russie. Voici les avantages d’une telle action :

  • Elle montrerait que la Russie est prête et capable de préempter lorsqu’il n’y a plus d’autre option.
  • Elle assurerait la protection de la population de la LDNR.
  • Elle n’exposerait pas un seul soldat russe au feu ennemi.
  • Une telle zone d’exclusion aérienne pourrait être très souple sur le plan tactique (de nombreux systèmes d’armes différents pourraient être utilisés de différentes manières, ce qui est hautement souhaitable puisque les Ukrainiens n’auraient aucun moyen de savoir ce que les Russes peuvent faire et comment ils le feraient).
  • Cette option minimiserait (mais, bien sûr, n’empêcherait pas) la propagande occidentale contre la Russie (puisque cette « coupole de protection » au-dessus de la LDNR ne deviendrait visible qu’en cas de tentative d’attaque par les Ukronazes). En fonction du système utilisé, la Russie pourrait même bénéficier d’un certain degré de « déni plausible » politique (bien sûr, les États-Unis et l’OTAN détecteront toute action russe, mais ils ne le feront pas savoir publiquement, car cela en dirait trop sur leurs méthodes et leurs moyens).

Bien sûr, cela soulève la question de savoir ce que les Ukies feraient face à cette zone d’exclusion aérienne : ils la contesteront, principalement avec leurs drones, bien sûr (de facto, il n’y a plus de force aérienne ukie). Lorsque l’inévitable « pluie de Bayraktars » commencera, les Ukies attaqueront avec d’autres systèmes d’armes (artillerie, etc.). Cela obligera la Russie à contre attaquer l’armée ukie en ciblant des bases ukronazies sélectionnées, des dépôts de munitions, des dépôts de pétrole et de lubrifiants, des nœuds de communication, des pistes d’atterrissage, etc.) ). Encore une fois, la Russie peut faire tout cela sans traverser la frontière russe, mais cela ne fera que très peu de différence pour la machine de propagande anglo-sioniste. Et, bien sûr, cela menacera toutes les relations entre la Russie et l’UE, y compris l’approvisionnement énergétique de l’UE.

Mais quelle autre option s’offre à la Russie ? Comme Lavrov aime à le dire, il faut être deux pour danser le tango. Si les Ukrainiens sont déterminés à déclencher une explosion, la Russie ne peut rien y faire.

Conclusion : à l’heure actuelle, je ne vois pas comment éviter une escalade militaire, voire une guerre, entre le Banderastan et la Russie. En termes simples, ne pas déclencher une telle escalade est impossible pour le régime nazi actuel de Kiev : ils n’ont vraiment rien à perdre, et beaucoup à gagner, surtout du temps et le contrôle politique de l’Ukraine occupée par les nazis.

Certains se demanderont si la Russie ne pourrait pas indiquer aux dirigeants ukronazis qu’ils seront personnellement tués s’ils déclenchent une telle guerre. Le problème ici est purement politique : frapper Kiev est une proposition radicalement différente de la « simple » imposition d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la LDNR. Si la Russie faisait ce que les États-Unis ont fait à maintes reprises (frapper des quartiers généraux militaires, détruire des bâtiments symboliques, etc.), il y aurait inévitablement beaucoup de victimes innocentes et vous pouvez compter sur la machine de propagande anglo-sioniste pour en tirer le meilleur parti.

Certains suggéreront que la Russie pourrait envoyer une équipe de forces spéciales pour tuer sélectivement Ze et quelques autres Ukrofreaks sélectionnés. Là encore, c’est faisable, mais imaginez les conséquences politiques : cela « prouverait » que Poutine est un « meurtrier sanglant du KGB » et un danger pour l’ensemble du « monde démocratique » (c’est-à-dire les États vassaux des États-Unis).

Tout cela, c’est le monde de Tom Clancy, pas le monde réel. Poutine ne peut pas penser comme Tom Clancy ou les ignorants qui lisent ses bêtises.

Jusqu’à présent, le Kremlin est très silencieux, ce qui est politiquement insoutenable, surtout si les Ukies continuent leurs provocations (ce qu’ils feront, pourquoi ne le feraient-ils pas ?).

En fin de compte, la reconnaissance de la LDNR reste la seule option viable.

Andrei

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

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L’UKRAINE UTILISE UN DRONE BAYRAKTAR AU COMBAT POUR LA PREMIÈRE FOIS DANS LE DONBASS 27/10/2021

source : https://www.donbass-insider.com/fr/2021/10/27/ukraine-utilise-un-drone-bayraktar-au-combat-pour-la-premiere-fois-dans-le-donbass/

Bayraktar - Ukraine - Attaque - Donbass

L’UKRAINE UTILISE UN DRONE BAYRAKTAR AU COMBAT POUR LA PREMIÈRE FOIS DANS LE DONBASS

Le 26 octobre 2021, l’armée ukrainienne a utilisé pour la première fois un drone turc Bayraktar pour bombarder le Donbass. Le drone a tenté de détruire une des pièces d’artilleries de la milice populaire de la RPD (République Populaire de Donetsk) qui bombardait l’armée ukrainienne afin de l’empêcher de rester dans le village de Staromarievka, dans la zone grise. Malheureusement, les soldats ukrainiens ont réussi à revenir dans le village, grâce au pont qu’ils ont installé sur la Kalmius, et à s’y fixer.

Si le premier groupe de soldats ukrainiens n’a pas réussi à rester dans le village de Staromarievka, d’autres ont réussi à s’y fixer, installant même un point de contrôle entre le village et la RPD, prenant ainsi au piège les 140 citoyens de la RPD qui y habitent, dont 37 ont la citoyenneté russe.

Une situation qui a poussé le comité d’enquête de la fédération de Russie à réagir.

« Il est également à noter que les forces de sécurité ukrainiennes se sont emparées du village de Staromarievka, qui abrite non seulement des citoyens de la RPD (république autoproclamée), mais aussi des citoyens de la fédération de Russie. Après cela, les forces de sécurité ukrainiennes ont commencé à effectuer des perquisitions illégales au domicile des citoyens et à procéder à des détentions », a déclaré le comité d’enquête dans son communiqué officiel.

En plus d’enquêter pour établir qui parmi les soldats et officiers ukrainiens est responsable de ces crimes contre des citoyens russes, le comité d’enquête russe a aussi lancé une affaire pénale concernant les bombardements intensifs contre les zones résidentielles et infrastructures de la RPD.

D’après les informations que j’ai reçues ce soir, l’artillerie de la RPD aurait recommencé à bombarder les positions ukrainiennes installées près de Staromarievka, obligeant les soldats ukrainiens à se retirer une nouvelle fois.

Le problème est que le pont qu’ils ont installé sur la Kalmius ne serait pas visible depuis les positions de la milice populaire, compliquant sa destruction. Tant que ce pont est présent, les soldats ukrainiens, et même le SBU, pourront continuer à venir dans le village comme ils le souhaitent, ce qui représente une menace pour les habitants du village.

Cette prise de contrôle de Staromarievka, a été permise par l’utilisation par l’armée ukrainienne de drones turcs Bayraktar pour la première fois dans le Donbass. L’occasion d’assister à un cafouillage d’ampleur stratosphérique du point de vue de la propagande ukrainienne.

En effet, après qu’un volontaire ukrainien a publié une vidéo montrant comment l’Ukraine a utilisé un drone Bayraktar pour bombarder un des obusiers de la milice populaire de la RPD qui tirait sur l’armée ukrainienne stationnée près de Staromarievka, l’information a été confirmée par le quartier général de l’armée ukrainienne, sur le mur de sa page Facebook !

Et c’est là que la propagande ukrainienne s’est prise les pieds dans le tapis. Le média ukrainien Dialog.ua, a publié hier un article, modifié depuis, dans lequel apparaissait une déclaration du ministre ukrainien de la Défense, Andreï Taran.

Voici une capture d’écran de l’article original, qui a été repris comme source par d’autres médias, dont Lenta.ru.

« L’Ukraine n’a encore jamais utilisé de drones de frappe Bayraktar dans le conflit dans l’est de l’Ukraine. […] La vidéo qui circule dans les médias est un faux réalisé par des mercenaires pro-russes. La vidéo montre clairement qu’une charge d’ingénierie placée au préalable, et non une munition de drone, a explosé. Croyez-moi, nos militaires sont bien plus efficaces à l’entraînement que ce que vous pouvez voir dans cette vidéo mise en scène. Avec ces vidéos, la partie russe tente une fois de plus d’accuser l’Ukraine de violer les accords de Minsk et d’intensifier le conflit. Les blogueurs et journalistes ukrainiens enquêtent déjà sur les circonstances de l’apparition et de la diffusion de cette vidéo en ligne. Après sa publication sur les ressources ukrainiennes, les propagandistes russes ont activement participé à la diffusion de ce faux », a déclaré le ministre ukrainien de la Défense.

Oser prétendre que la vidéo était un faux réalisé par des mercenaires pro-russes, alors que le quartier général de l’armée ukrainienne a publié l’information officiellement sur son mur Facebook, et que cette information a même été publiée sur la page Facebook du ministère ukrainien de la Défense, a fait passer le ministre pour le dernier des crétins, qui n’est même pas au courant de ce que fait son armée !

Résultat, Dialog.ua a vite supprimé le paragraphe, mais pas assez vite pour empêcher la capture d’écran, et la reprise de l’information par d’autres médias.

Devant cette confirmation officielle, la RPD a alors soulevé la question de cette violation flagrante du Paquet de mesures lors de la deuxième journée de réunion du groupe de contact trilatéral. La ministre des Affaires étrangères de la RPD, Natalia Nikonorova, a demandé aux représentants ukrainiens de clarifier la situation concernant l’utilisation d’un drone turc Bayraktar par l’armée ukrainienne dans le Donbass.

« Si ce fait s’est effectivement produit, il s’agit d’une violation flagrante du Protocole de Minsk du 19 septembre 2014 et des mesures additionnelles renforçant le cessez-le-feu du 22 juillet 2020, ainsi que d’autres actes de droit international », a rappelé la ministre.

En effet, contrairement à ce que certains journalistes occidentaux (dont un de Reuters, Tommy Lund), ont tenté de faire croire, l’utilisation d’un drone de combat par l’armée ukrainienne viole bel et bien le Paquet de mesures signées par l’Ukraine.

Le mémorandum sur le respect des dispositions du protocole sur les résultats des consultations du groupe de contact trilatéral du 19 septembre 2014, signé par l’Ukraine, précise en effet que « les vols d’avions militaires et de drones étrangers, à l’exception des drones utilisés par la mission de surveillance de l’OSCE, sont interdits le long de la ligne de contact dans la zone de cessez-le-feu d’une largeur d’au moins 30 kilomètres ».

Une interdiction qui a été confirmée dans les mesures additionnelles visant à renforcer le cessez-le-feu, signées le 22 juillet 2020. En effet, dès le premier point de ces mesures additionnelles, il est écrit noir sur blanc « l’interdiction de l’utilisation de tout objet volant (avion, hélicoptère, drones) » par les parties au conflit.

L’utilisation de drones par l’armée ukrainienne dans le Donbass, en violation des accords signés n’est pas nouvelle et le lendemain de l’utilisation d’un drone Bayraktar, les soldats ukrainiens ont envoyé un petit drone attaquer le dépôt de produits pétroliers situé en périphérie de Donetsk, qui avait déjà été attaqué par ce moyen le 11 septembre 2021.

Cette fois, le drone envoyé contre un des réservoirs de carburant portait une charge explosive dotée d’une minuterie. La charge n’a pas explosé à l’impact, mais plus tard, alors que les démineurs tentaient de désamorcer l’engin. Il n’y a heureusement pas eu de victime, et les dégâts infligés au réservoir sont minimes.

Photos du drone avant l’explosion de sa charge :

Photo du drone

Photo du drone avant explosion

Vidéo prise sur place :

Cette utilisation renouvelée des drones, qu’ils soient d’attaque ou kamikazes, n’empêche pas l’armée ukrainienne de poursuivre l’intensification de ses bombardements contre la RPD. Ainsi durant les dernières 24 h, l’armée ukrainienne a violé 6 fois le cessez-le-feu, et tiré 60 munitions, dont 3 obus d’artillerie de 122 mm, et 32 obus de mortier de 120 mm et 82 mm contre le territoire de la RPD.

Ces tirs ont endommagé cinq habitations en tout, à Iakolevka, Golmovski, Telmanovo et Novaya Marievka, ainsi que deux gazoducs, 12 transformateurs, une ligne électrique et un aqueduc, privant plusieurs centaines de personnes d’électricité et d’eau. Les tirs contre Golmovski ont aussi touché la caserne de pompiers, heureusement sans faire de victimes.

De leur côté les tirs de la milice populaire de la RPD ont fait des victimes parmi les soldats ukrainiens. D’après les chiffres fournis par le ministère ukrainien de la Défense, il y aurait eu un mort et un blessé entre hier et ce matin, et un autre aurait été tué aujourd’hui.

D’après des informations publiées par Anna News et qui restent à confirmer, l’artillerie de la RPD aurait aussi réussi à détruire du matériel militaire ukrainien près de Granitnoye ainsi que le pont installé par les soldats ukrainiens sur la rivière Kalmius.

Quoi qu’il en soit l’escalade dans le Donbass est bel et bien lancée, comme le montre cette vidéo prise à Slaviansk (zone sous contrôle ukrainien), montrant l’envoi de pièces d’artillerie, de chars d’assaut, et autres pièces d’équipement militaire vers la ligne de front.

Christelle Néant

dimanche 4 septembre 2016

Guerre : théorie du drone / War : theory of the drone

couverture
Grégoire Chamayou
Théorie du drone

Parution : 24/04/2013

ISBN : 9782358720472

Format papier
178 pages (11 x 16,8) 14.00 €

Le drone est l’instrument d’une violence à distance, où l’on peut voir sans être vu, toucher sans être touché, ôter des vies sans jamais risquer la sienne.
Cette forme de violence télécommandée, qui à la fois supprime le face-à-face et fait éclater la distance impose de repenser des concepts apparemment aussi évidents que ceux de combattant (qu’est-ce qu’un combattant sans combat ?) ou de zone de conflit (où a lieu, une telle violence, écartelée entre des points si distants ?). Mais, plus radicalement, c’est la notion de « guerre » qui entre elle-même en crise : le drone est l’emblème de la « chasse à l’homme préventive », forme de violence qui débouche, à mi-chemin entre guerre et police, sur des campagnes d’exécutions extrajudiciaires menées à l’échelle globale.
Cette tentative d’éradication absolue de toute réciprocité dans l’exposition à la violence reconfigure non seulement la conduite matérielle de la violence armée, techniquement, tactiquement, mais aussi les principes traditionnels d’un ethos militaire officiellement fondé sur la bravoure et l’esprit de sacrifice. Car le drone est aussi l’arme du lâche : celle de ceux qui ne s’exposent jamais. Cela n’empêche pourtant pas ses partisans de la proclamer être l’arme la plus éthique que l’humanité ait jamais connue. Opérer cette conversion morale, cette transmutation des valeurs est la tâche à laquelle s’attellent aujourd’hui des philosophes américains et israéliens qui œuvrent dans le petit champ de l’éthique militarisée. Leur travail discursif est essentiel pour assurer l’acceptabilité sociale et politique de cette arme. Dans ces discours de légitimation, les « éléments de langage » de marchands d’armes et de porte-parole des forces armées se trouvent reconvertis, par un grossier processus d’alchimie discursive, en principes directeurs d’une philosophie éthique d’un nouveau genre – une « nécroéthique », dont il est capital de faire la critique.
Grégoire Chamayou est chercheur en philosophie au CNRS, dans l’équipe CERPHI à l’ENS-LSH. Il a publié, à La fabrique, Les chasses à l’homme (2010).