"Il n'existe rien de constant si ce n'est le changement" BOUDDHA; Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots." MARTIN LUTHER-KING; "Veux-tu apprendre à bien vivre, apprends auparavant à bien mourir." CONFUCIUS ; « Nous savons qu’ils mentent, ils savent aussi qu’ils mentent, ils savent que nous savons qu’ils mentent, nous savons aussi qu’ils savent que nous savons, et pourtant ils continuent à mentir ». SOLJENITSYNE
vendredi 15 novembre 2024
mardi 24 septembre 2024
vendredi 2 août 2024
mardi 9 janvier 2024
Vos magnifiques réponses à la censure de l'Université de Liège! + Conférence thématique de l'ULg le jeudi 11 janvier 2024 : Théories du complot et fake news : comment s’en sortir ?
Mise à jour le 29 novembre…Apparemment je n’avais pas la dernière version du texte. Celui-ci remplace l’ancien.
Chers lecteurs, chères lectrices,
Vous avez été très nombreux à écrire à l’Administrateure de l’Université de Liège pour protester contre la censure de la conférence sur le traité de l’OMS et ses dangers pour la démocratie.
Un tout grand merci pour vos contributions. Je pense avoir tout lu ! Je m’excuse de ne pas avoir eu le temps de répondre à tout le monde, mais soyez certains de ma gratitude.
J’ai été particulièrement touchée de voir un groupe de professionnels de la santé engagés pour la liberté médicale, envoyer une lettre commune, pour rappeler les valeurs fondamentales qui sont censées être enseignées et appliquées par cette institution. Je la republie ci-dessous, avec la liste des valeureux signataires (parfois désignés comme ‘les franchimontois’) et leur aimable permission.
Chaque initiative, chaque geste compte.
Poursuivons nos efforts pacifiques en faveur de l’information libre et des valeurs démocratiques !
Lettre à Madame Girin,
administrateure de l’Université de Liège
Chère Madame,
Nous avons appris que vous aviez refusé d’accueillir la conférence-débat intitulée « Santé et organisation mondiale de la santé » dans les murs de l’université de Liège en raison de la nature du débat des idées ainsi que de la personnalité des orateurs.
Permettez-nous de vous faire part de notre indignation et notre consternation au vu d’une telle décision.
En effet, l’universalité se doit d’être le but premier et majeur d’une institution ayant à cœur de promouvoir l’éclectisme, l’ouverture d’esprit, la confrontation des idées afin d’examiner toutes les choses de la vie sous tous leurs angles, toutes leurs facettes et sous tous les éclairages possibles.
Cette décision de refus de débattre et donc cette censure directe, est d’autant plus inquiétante que la conférence-débat devait se dérouler dans une salle de la faculté de Philosophie et Lettres qui affirme aux futur(e)s étudiant(e)s et au public qu’en son sein, je cite:
« …l’esprit critique, la quête des sources, la réflexion sur les matières étudiées et sur les réalités auxquelles vous êtes exposés seront vos points de départ. Vous apprendrez l’art de bien comprendre le monde, de concevoir et de transmettre vos idées, de construire des ponts entre la diversité des profils et des cultures. Vous aiguiserez ces capacités par l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Certes, cela paraît basique ; pourtant, Goethe assénait que l’on n’y parvenait jamais. C’est un long processus, que nous accompagnons en permanence, tout en liant nos usages et nos réflexions aux nouvelles technologies de la communication. La digitalisation entraîne une réorganisation majeure de la transmission des connaissances. Mal utilisés, ces outils nous retranchent dans nos a priori. Ils atrophient peu à peu l’accès aux autres points de vue pour nous raccrocher à un plus petit dénominateur commun, un atome d’opinion coupant la nuance, la richesse, la variété, la complémentarité des savoirs. »
« Une grande culture générale vous aidera à mettre les informations en perspective, à les replacer dans un tissu culturel, politique et sociétal. »
« Que vous vous intéressiez à l’histoire, à la philosophie, à la littérature ou à toute autre discipline facultaire, votre culture générale et votre esprit critique vous aideront à vous former et, dans un second temps, à vous adapter à un monde en constante mutation, sans pour autant tout accepter. Vous pourrez marquer ce monde de votre empreinte, contribuer à son évolution avec clairvoyance. »
De façon encore plus générale, la devise de votre institution n’est-elle pas : « SCIENTIA OPTIMVM »?...
Cette devise n’est-elle pas également accompagnée de 5 valeurs fondamentales à savoir : Intégrité, Humanité, Liberté, Audace et Responsabilité?
« L'intégrité : dans la gestion d’une institution, c’est garantir que l’on agit dans l’intérêt de celle-ci sans tenir compte d’intérêts particuliers, partisans et personnels, ni d’influences cachées ou inavouables »
« L'humanité : c’est le respect de tous les êtres humains dans leur diversité; c’est le bannissement de tous les actes et paroles discriminants, dégradants ou avilissants »
« La liberté : c’est pouvoir s’exprimer sans crainte et ne jamais être contraint par une autorité arbitraire. La liberté exige toujours que l’on s’en serve avec intégrité et humanité »
« L'audace : c’est oser sortir des sentiers battus et ne pas se limiter par crainte. C’est la clé des grands progrès, tant dans les sciences qu’ailleurs »
« La responsabilité : c’est assumer les conséquences de ses choix et de ses actions, sans chercher à s’en décharger sur d’autres. Elle doit toujours accompagner l’audace. »
Vous aurez, sans aucun doute, reconnu ces propos car ce sont expressément ceux de l’université de Liège et de la faculté de Philosophie et Lettres de l’ULiège.
Peu importe que cette décision résulte de pressions extérieures académiques et/ou politiques, de craintes par rapport à des possibilités d’évolution(s) professionnelle(s) ultérieure(s) de l’un ou l’autre membre de votre institution ou encore d’« accords » et /ou lobbies, cette décision est indigne et constitue une atteinte grave à la Liberté d’expression car elle refuse tout simplement le débat des idées.
À simple titre d’exemple (car malheureusement l’histoire de l’humanité en est parsemée…), à la fin du XVI ième siècle, rares étaient les scientifiques qui osaient prendre des distances par rapport à la « doctrine » de l’église catholique romaine ce qui conduisit, entre autres, à la condamnation de Galilée en 1633.
Les penseurs associés à la période des Lumières ont lutté contre cet obscurantisme avec pour idée centrale que le progrès dans le comportement humain, y compris dans le domaine politique, était conditionné par une diffusion la plus large possible de TOUTES les connaissances. Ils ont également affirmé qu’il y avait une corrélation directe entre d’une part l’ignorance et la servitude, d’autre part entre la Connaissance et la Liberté.
Force est de constater que ce combat est loin d’être terminé !
En effet, les pressions/promesses politiques et/ou académiques, les lobbies pharmaceutiques et financiers ont repris le rôle autrefois tenu par l’église catholique romaine…
Alors, nous ne pouvons que vous encourager à appliquer les valeurs que vous défendez : Audace pour sortir des sentiers battus et ne pas se limiter par craintes diverses et variées - Responsabilité qui doit toujours accompagner l’Audace - Intégrité, garante des actes/décisions à l’abri d’intérêts particuliers, partisans et personnels, d’influences cachées ou inavouables - enfin, oser défendre la Liberté et l’Humanité afin que tous soient respectés dans leur diversité, afin de garantir l’expression de la Parole, le débat des idées sans crainte et sans contrainte par une quelconque autorité arbitraire, refusant d’exprimer des propos et/ou de commettre des actes discriminants, dégradants ou avilissants… en revenant sur votre décision et en autorisant la conférence-débat « Santé et organisation mondiale de la santé ».
Veuillez agréer, Madame, l’expression de nos sentiments distingués.
Au nom des Franchimontois
Allen Marie Louise
Andry Cécile
Antoine Philippe
Bachelart Daniel
Barudy Vasquez Jorge
Baudoux Veronique
Beeckaert Gaetan
Brasseur Colette
Bureau Michel
Caruso Frédéric
Croux Isabelle
Daubie Pascale
De Smet Hilde
Debecker Natacha
Defays Véronique
Delvin Esther
Depas Gisèle
Deprez Joël
Devos Philippe
Douin Francine
Dubois André
Duchateau Edouard
Espeel Benoit
Fox Marie-Aurore
Franchimont Anne
Gans André
Goaréguer Frédéric
Guilmot Damien
Guiot Françoise
Hausmann Caroline
Hennuy Véronique
Hoang Philippe
Kayser Laurence
Lambot Dany
Laporte Marianne
Laschet Alexandra
Leyh Philippe
Lipcsei Gyorgyike
Locht Bénédicte
Locquet Jean
Louis Frédéric
Marchant Ginette
Marchand Jacques
Michaux Bernard
Nicolay Benoit
Parent Florence
Perrier Jean-Charles
Petermans Marie-France
Quercetti Françoise
Rassart Bernadette
Rassart Jacky
Renard Alain
Renardy Marie-Françoise
Resimont Stéphane
Reymann Judith
Ruelle Viviane
Scerbo Franca
Theunissen Émilie
Thiry Sylviane
Tinant France
Wera Marie Isabelle
Weve Alain
Willemaers Valentine
Zizi Martin
note : feue ma chère maman, liégeoise d’origine, qui fut parmi les premières femmes à être nommée professeur à l’université (UCL) en Belgique aurait certainement écrit au recteur et signé de ses deux mains !
***************
Théories du complot et fake news : comment s’en sortir ?
https://www.amis.uliege.be/cms/c_19108878/fr/theories-du-complot-et-fake-news-comment-s-en-sortir
jeudi 13 juillet 2023
vendredi 11 novembre 2022
dimanche 28 novembre 2021
vendredi 16 juillet 2021
jeudi 3 décembre 2020
Des complots ?
vendredi 13 novembre 2020
Coronagates, Hold-up et complotisme : nos "représentants" touchent le fond - illustration avec ILANA CICUREL DÉPUTÉE, spécialiste de la liberté d'expression
Ilana Cicurel
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ilana_Cicurel
-
Pour les articles homonymes, voir Cicurel.
Ilana Cicurel
Ilana Cicurel en 2017.Fonctions Députée européenne En fonction depuis le
(9 mois et 17 jours)Élection 26 mai 20191 Circonscription France Législature 9e Groupe politique RE Biographie Date de naissance (48 ans) Lieu de naissance Paris (France) Parti politique LREM (depuis 2017) Père Raymond Cicurel Fratrie Michel Cicurel Profession Journaliste
Avocatemodifier 
Ilana Cicurel, née le à Paris, est une femme politique et avocate française.
Elle est depuis 2017 membre du bureau exécutif de La République en marche (LREM) au sein duquel elle est déléguée chargée de l’éducation, l'enseignement supérieur et la recherche.
Candidate sur la liste Renaissance (LREM, Modem, Agir)2, elle a été élue députée lors des élections européennes du 26 mai 20193 et siège au Parlement européen depuis le 1er février 2020, date du retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne4,5.
Sommaire
Biographie
Origines et formation
Ilana Cicurel est la fille de Raymond Cicurel et de Francine Cicurel, née Wiener, professeur de linguistique à l'université Sorbonne-Nouvelle6. Elle est aussi une demi-sœur de l'économiste et chef d'entreprise Michel Cicurel7. Elle est également la nièce par alliance de Pierre Mendès France8.
Elle est titulaire du certificat d'aptitude à la profession d'avocat, d'un doctorat en droit9 de l'Université de Paris I, et a été Fulbright Scholar à la Harvard Law School. Elle est également titulaire d'une licence de philosophie de l'Université Paris X et d'un executive master trajectoires dirigeants de Sciences Po.
Carrière
Après avoir enseigné le droit privé à l'université de Paris I, elle devient animatrice et productrice de programmes radio sur RCJ 94.8 FM, la Radio de la Communauté Juive10. Elle y intervient régulièrement, entre 1992 et 2015, en animant de nombreuses émissions politiques, culturelles et d'information. Elle y a notamment produit et animé plusieurs émissions hebdomadaires d'entretiens avec des personnalités du monde culturel, intellectuel et politique, dont Qui Vive, une émission d'entretiens avec Alain Finkielkraut pendant cinq ans. Elle a également collaboré à L'Express11,12,13,14,15,16.
En 2008, elle rejoint l'Alliance israélite universelle, grande organisation éducative juive internationale fondée au XIXe siècle17. L’AlU, qui a pendant plus de 30 ans été présidée par René Cassin, regroupe de nombreuses écoles alliant la tradition juive au modèle français, en France, en Israël, au Maroc, au Canada et en Europe. Ilana Cicurel en a été la directrice de l'enseignement et du réseau scolaire entre 2011 et 2015 puis la directrice générale jusqu’en 201818,19.
Avocate au barreau de Paris, elle rejoint en le cabinet d’avocats ML&A20 pour y renforcer et développer l’activité de droit de la presse, droit de la communication et droit de la propriété littéraire et artistique.
Engagement politique
En 2017, Ilana Cicurel s'engage dans la campagne présidentielle aux côtés d'Emmanuel Macron et est investie par La République en marche21 aux élections législatives de 2017 dans la quatrième circonscription de Paris22,23 qui comprend les quartiers Dauphine et Chaillot dans le 16e arrondissement de Paris et Ternes et Monceau dans le 17e arrondissement. Au premier tour, elle arrive en tête avec 46 % des voix, devant Brigitte Kuster (36,4 %)24,25. Au deuxième tour, elle perd face à Brigitte Kuster qui obtient 51,51 % des voix26.
Elle est nommée en 2017 membre du Conseil de LREM en tant que personnalité désignée au regard de leur contribution à la vie du mouvement et élue comme membre du bureau exécutif de La République en marche (LREM) dont elle est déléguée chargée de l’éducation, l'enseignement supérieur et la recherche27.
En elle lance le collectif citoyen « Je m’engage pour l’École »28.
Candidate sur la liste Renaissance (LREM, Modem, Agir)2, elle est élue députée lors des élections européennes du 3. Elle siège au Parlement européen à compter de la date du retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne4,5. Son entrée en fonction est intervenue le 29.
Émission de télévision
- L’imparfait du présent, documentaire consacré à Alain Finkielkraut, diffusé dans la série Empreintes sur France 530 rediffusé sur Public Sénat.
Notes et références
- Dans les résultats officiels du Ministère de l'Intérieur [archive], elle est mentionnée comme élue mais devra attendre que le Royaume-Uni quitte l'Union Européenne pour siéger.
- « Elections européennes 2019 » [archive], sur elections.interieur.gouv.fr (consulté le 28 mai 2019)
- Ministère de l'Intérieur, « Résultats des élections européennes 2019 » [archive], sur http://www.interieur.gouv.fr/Actualites/Communiques/Resultats-des-elections-europeennes-2019 [archive] (consulté le 28 mai 2019)
- « LOI n° 2019-487 du 22 mai 2019 relative à l'entrée en fonction des représentants au Parlement européen élus en France aux élections de 2019 | Legifrance » [archive], sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le 28 mai 2019)
- « Résultats européennes 2019 : qui sont les cinq élus français qui devront patienter jusqu'au Brexit pour siéger au Parlement ? » [archive], sur Franceinfo, (consulté le 28 mai 2019)
- Francine Cicurel, « Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 - MME CICUREL Francine » [archive], sur www.univ-paris3.fr (consulté le 13 juin 2017)
- (en) « Descendants of Solomon A. Cicurel (updated August 15, 1999) » [archive], sur bassatine.net, (consulté le 12 novembre 2019)
- Causeur.fr, « Législatives: votez pour mes amis! - Causeur », Causeur, (lire en ligne [archive], consulté le 30 mai 2017)
- Thèse sous la dir. de Geneviève Viney : http://www.sudoc.fr/121139093 [archive].
- « Présentation - RCJ » [archive], sur RCJ (consulté le 31 août 2020).
- « Ce Code civil qui a fait la France », LExpress.fr, (lire en ligne [archive], consulté le 30 mai 2017)
- « «Il existe un vide juridique à combler» », LExpress.fr, (lire en ligne [archive], consulté le 30 mai 2017)
- « Un désastre judiciaire », LExpress.fr, (lire en ligne [archive], consulté le 30 mai 2017)
- « Le prix de la justice », LExpress.fr, (lire en ligne [archive], consulté le 30 mai 2017)
- « «Il faut normaliser le fait juif» », LExpress.fr, (lire en ligne [archive], consulté le 30 mai 2017)
- « L'échec de la médiation familiale », LExpress.fr, (lire en ligne [archive], consulté le 30 mai 2017)
- « Histoire de l'Alliance israélite universelle », Armand Colin, (lire en ligne [archive], consulté le 13 juin 2017)
- « Changement de direction générale à l'Alliance israélite universelle - Tribune Juive » [archive], sur Tribune Juive, (consulté le 31 août 2020).
- « Ilana Cicurel quitte la Direction générale de l’Alliance israélite universelle | AIU » [archive], sur www.aiu.org (consulté le 28 mai 2019)
- « Ilana Cicurel – ML&A Avocats » [archive] (consulté le 28 mai 2019)
- « Liste des investis aux élections législatives | En Marche ! » [archive], sur En Marche ! (consulté le 29 mai 2017)
- « Législatives à Paris : treize candidats de la République En marche! investis », Le Parisien, (lire en ligne [archive], consulté le 30 août 2019).
- Ministère de l'Intérieur, « Elections législatives 2017 » [archive], sur elections.interieur.gouv.fr (consulté le 29 mai 2017)
- Le Parisien, « Législatives à Paris : nouveau raz-de-marée En Marche », Le Parisien, (lire en ligne [archive], consulté le 13 juin 2017)
- Ministère de l'Intérieur, « Elections législatives 2017 » [archive], sur elections.interieur.gouv.fr (consulté le 14 juin 2017)
- Ministère de l'Intérieur, « Résultats des élections législatives 2017 » [archive], sur http://www.interieur.gouv.fr/Elections/Les-resultats/Legislatives/elecresult__legislatives-2017 [archive] (consulté le 28 mai 2019)
- « Ilana Cicurel - » [archive], sur La République En Marche ! (consulté le 28 mai 2019)
- « Une cadre de LREM veut mobiliser la société civile autour de l'école » [archive], sur www.linfodurable.fr (consulté le 28 mai 2019)
- Nicolas Berrod, « Brexit : dernière ligne droite pour les cinq eurodéputés français « au frigo » depuis mai 2019 » [archive], sur Le Parisien, (consulté le 29 janvier 2020).
dimanche 4 octobre 2020
Ma réponse à Heidi News et Léman Bleu.
jeudi 20 août 2020
COMPLOTISTES ? VRAIMENT ?
samedi 11 juillet 2020
Coronavirus : témoignage, pétition, complotisme
hier je discutais avec un personne âgée et masquée devant la pharmacie à propos du port du masque. Il me dit, monsieur, je crois qu'avec ce virus et ces masques on en a pour des années. Je suis interpellé car ce n'est pas la première personne que j'entends dire ça. Je sens comme une forme de résignation.
je ne nie pas la dangerosité du virus (et je n'ouvre pas ici le débat sur ses origines possibles ni sur les modes de vie possiblement aggravants ) :
Par exemple, Tatiana Ventôse youtubeuse éclairée, jeune, sportive et en bonne santé il y a encore quelques mois, nous raconte l'enfer de sa maladie (impressionnant)
https://www.youtube.com/watch?v=rmKpvSy7FmU&t=1s
néanmoins...
https://youtu.be/ao3j709cEhQ
Enfin bref, pour ceux qui le sentent, une pétition à signer et à relayer ou du moins à lire attentivement, à contre-argumenter pour ceux qui en ont les capacités (hum les "experts" ne sont déjà pas d'accord entre eux). L'idée... c'est juste de rester vigilant.
https://www.petitionenligne.be/no_au_port_du_masque_obligatoire_en_belgique?uv=26283461&fbclid=IwAR0zfk3QziNtZTzgKQNhVx_8JwLraWEezD4f9TxR4EMJSq4K_Py9KwCRnlM
Vous remarquerez que l'auteur est anonyme... encore un coup de la sûreté de l'état... ou de Bill Gates :-)
A propos de complotisme... dans une certaine mesure, je me demande si, dans ce monde de dingues, cela ne devient pas une saine maladie (https://www.monde-diplomatique.fr/2017/10/LORDON/57960 - "disqualifier pour mieux dominer" par Frédéric Lordon) ... ou à tout le moins le miroir de nos politiques néolibérales au bout de leur cycle.
Biz à tous (et bon dimanche quand même hein)
Post scriptum : "Sur l’aspect scientifique et médical de l’inutilité des masques, voire de leur danger, voici une bonne vidéo (en anglais) avec toutes les références/études nécessaire :
https://www.youtube.com/watch?v=StrBjHK7qeg (30 min)."
jeudi 31 janvier 2019
Portrait - Vrai démocrate ou complotiste infréquentable ? Le blogueur Etienne Chouard divise la France insoumise + l'air du soupçon, par François Ruffin

QUI EST ETIENNE CHOUARD
J'ai cité Chouard dans mon discours sur le RIC hier. Parce que, objectivement, quel nom revient sur les ronds-points: le sien. Parce que, avec honnêteté, il faut dire que sur ce Ric, avec foi, il a battu la campagne et les estrades depuis une décennie. 1/2 https://www.fakirpresse.info/L-air-du-soupcon …
UN PROMOTEUR DU RIC
INFLUENCEUR RECONNU DES GILETS JAUNES
SULFUREUSES FRÉQUENTATIONS
PROXIMITÉ DE LA SPHÈRE "DISSIDENTE"... D'EXTRÊME DROITE
SENTIMENTS MÊLÉS DE RUFFIN
PLUS DE LIENS AVEC SORAL DEPUIS 2014
ILLUSTRATION DES CLIVAGES DE FI
L’AIR DU SOUPÇON
ON A BESOIN DE VOUS
Et Fakir n’échappe pas à cette suspicion : des « nationaux-staliniens moisis », qui entretiendraient des liens obscurs avec des gens pas clairs.
Alors, amis lecteurs, êtes-vous, sur le site d’un journal d’une officine du Front National ? Marcherez-vous bientôt au pas de l’oie à nos côtés ?
À : francois@fakirpresse.info
Objet : Explication
J’imagine que tu es déjà au feu de la nouvelle polémique qui vous secoue sur le réseau : affiliation véritable avec ce cher Chouard ?
Je sais ton ignorance des réseaux sociaux, mais j’espère que tu nous feras l’honneur d’une explication de tout ceci.
Je t’embrasse
À : francois@fakirpresse.info
De pire en pire Pierre Carles salit la mémoire de Clément Méric. Mais ce n’est pas une première : son film récent « DSK, Hollande, etc. » a été réalisé avec une proche du dieudonniste Olivier Mukuna, la colloniste Aurore Van Opstal (1). On peut y visionner une séquence dans laquelle François Ruffin du journal Fakir fait l’apologie de Cheminade et Dupont-Aignan (2). Rien de surprenant donc à ce que Carles salisse aujourd’hui la mémoire de Clément.
À propos de Ruffin, avez-vous lu le dernier Fakir ? Il y est fait l’apologie de Chouard (dont Ruffin, tout comme Lordon, est un ami) (3) et de la nation et Ruffin y rend hommage à « l’hyper-efficacité » du FN (4) dans une interview assez hallucinante d’Emmanuel Todd. A noter que dans ce journal une rubrique est tenue par les souverainistes de Bastille-République-Nations qui compte parmi ses membres le négationniste Bruno Drewski et le cadre de l’UPR Laurent Dauré (5), ceci sans compter les nombreux autres dérapages passés de Fakir (apologie des « matons humanistes » de la prison d’Amiens (6), des super flics que sont les douaniers (7) ou interview de l’économiste larouchiste Maurice Allais (8). Mais comme dirait Bricmont, c’est sûrement de la « culpabilité par association »… En tout cas tous ces nationaux-staliniens moisis n’ont vraiment aucune leçon d’antifascisme à donner !
Apparemment, ce gloubi-boulga circulait sur Facebook et trois lecteurs m’ont, à leur tour, réclamé des « explications ». Cette salade, touillée par une passionaria de l’antifascisme, Ornella Guyet, m’a paru grotesque. Mais tellement symptomatique, en même temps, d’une littérature qui pollue le Net, qui assimile, en vrac, Frédéric Lordon, Alain Gresh, Étienne Chouard, Jean Bricmont, Hervé Kempf, maintenant Pierre Carles, et j’en passe, à du « rouge-brun ». Du coup, je me suis dit : « Tiens, on va s’arrêter sur ces quelques lignes, on va faire une mise au point », non pas pour Fakir, mais parce que ces petits procureurs qui confondent leur écran avec des miradors, qui flinguent toute idée qui dépasse, non seulement salissent des hommes, mais pourrissent le débat démocratique de leur suspicion généralisée. Et si l’ « antifascisme » c’est ça, cette police de la pensée, ma foi, c’est une publicité vivante pour leurs adversaires.
Je vais donc étudier ce texte, phrase par phrase, comme un cas d’école, pour trier le grain de l’ivraie.

(1) Pierre Carles
Pierre Carles avait, au préalable, adressé son article à Fakir. Mais Siné l’a accepté avant que nous n’ayons eu le temps de le refuser. Car nous l’aurions refusé : l’enquête nous apparaissait insuffisante, les faits trop maigres pour soutenir sa thèse. N’empêche, dans le martyrologue consacré à ce drame, ça tranchait, ça apportait un autre regard.
Mais il ne suffisait pas, alors, à nos « antifas » de contester ce papier, d’argumenter contre cette lecture de classe d’un fait divers, il fallait encore montrer que cette prise de position n’avait « rien de surprenant » : car Pierre Carles serait, sinon « facho », du moins pas très clair. Et comment le prouver ?
Le site La Horde – « portail méchamment antifasciste » – a ainsi dégotté une photo de Pierre Carles aux côtés de l’écrivain Marc-Édouard Nabe, et une autre photo de l’écrivain Marc-Édouard Nabe aux côtés de Dieudonné. Pierre Carles était ainsi assimilé à Dieudonné… c’est-à-dire à Le Pen !
La bloggeuse « Antifa 75 » procède de même : Pierre Carles a co-réalisé un documentaire avec une jeune journaliste, Aurore Van Opstal, dont jamais une prise de position n’est citée. Mais elle-même serait proche d’un dénommé Olivier Mukuna, qui lui-même a écrit un livre sur Dieudonné, et voilà Pierre Carles ramené à Dieudonné… c’est-à-dire à Le Pen !
C’est mathématique, non ?
À ce tarif-là, les suspects seront nombreux.
(2) Ma pomme
J’ai la mémoire courte, parfois : je ne me souvenais pas avoir fait une « apologie de Cheminade et Dupont-Aignan » – moi qui me considère plutôt, en gros, comme un compagnon de route du Front de Gauche.
J’ai donc re-visionné « DSK, Hollande et Cie ».
Durant la dernière campagne présidentielle, sur Canal +, Jacques Cheminade était qualifié de « candidat inutile » par Jean-Michel Apathie. Et Nicolas Dupont-Aignan était traité avec la même condescendance par Michel Denisot, toujours sur Canal + : « Si vous promettez le retour au franc, moi je promets le retour de la télé en noir et blanc ».
Interrogé sur ces séquences, je réagissais comme suit : « Quand on dit “Cheminade est un candidat inutile”, certes, il ne sera pas président de la République, mais est-ce qu’il n’a pas des idées sur la finance, par exemple, qui peuvent être utiles ? De la même manière pour Nathalie Artaud de Lutte Ouvrière. C’est, au contraire, les candidatures les plus utiles sur le terrain démocratique, parce qu’elles portent des idées, qui peuvent être des idées loufoques, mais qui peuvent être aussi des idées de rupture intéressantes. On voit bien le mépris pour Nicolas Dupont-Aignan parce qu’il envisage de rompre avec l’euro, qui est quand même une question qui peut se poser légitimement quand on a 80% des ouvriers qui y sont favorables. Donc ça n’est pas une question qui peut se traiter avec mépris, dédain, arrogance. »
Qui lira dans ces lignes une « apologie » ? Il est évident que je ne partage pas les idées de Cheminade, par exemple, sur la colonisation de la planète Mars, ni davantage celles de Dupont-Aignan sur l’immigration. Mais réclamer que, pour une fois qu’ils passent à la télé, on les écoute sans morgue, on les laisse s’exprimer, cela dépasse-t-il, déjà, le seuil de tolérance de nos « antifas » ?
(3) Étienne Chouard
Je l’ai re-parcouru.
Ah, ça y est.
C’était dans l’agenda, page 2, en tout petit : « À Avignon, ne manquez pas “ la dette expliquée à mon banquier ! ”, une pièce d’Étienne Chouard. » Et c’était tout. Un peu court, comme « apologie ». Mais bon, cette pub m’avait échappé, sans doute rajoutée en dernière minute par Eric, notre Monsieur Commerce, ou par Mathilde, notre metteuse en page. Pas trop au courant des controverses gauchistes, eux ignoraient que, depuis quelques semaines, Étienne Chouard était devenu « facho ». Ils avaient manqué un épisode. On m’avait prévenu, moi, que le héraut du « non » en 2005 était passé chez les méchants.
À moins que ce ne soit un coup de foudre. Ce ne le fut pas. Pourquoi ? Mon impression est confuse, mais j’avais le sentiment qu’il raisonnait trop en juriste, prenant les mots – la Constitution, sa marotte – pour les choses, ne partant pas assez du réel, des conditions effectives d’existence. Que du coup, ses propositions, le tirage au sort des élus, par exemple, intéressantes en soi, rouvrant l’imaginaire démocratique, me paraissaient plaquées, utopie voulant recréer un monde idéal en dehors du monde – alors que, à l’inverse, je pars de la gadoue où nous traînons, et de la boue dont nous sommes faits. Et puis, intervenant dans mes débats, ou aux Rencontres Déconnomiques d’Aix-en-Provence, il m’a gentiment gonflé, ramenant tout - le protectionnisme, la crise économique, la guerre des classes - à ses lubies, « tirage au sort… tirage au sort… tirage au sort… », comme une espèce de Géo Trouvetout qui aurait découvert la pierre angulaire.
Pour toutes ces raisons, embrouillées, intuitives, je n’ai pas accroché à sa pensée. Et en quatre années de Fakir, malgré son aura dans les milieux militants, et des réclamations de nos lecteurs, jamais nous n’avons réalisé une interview d’Étienne Chouard.
Voilà pour notre « amitié ».
Parce que, pour moi, on ne blague pas avec Alain Soral : c’est un mec d’autant plus dangereux que talentueux. Son site, Égalité et Réconciliation, fait un carton. Son influence dans les quartiers populaires est réelle. Et j’entends combien, jusque dans mon entourage, des jeunes se politisent par Soral, adoptent son discours.
Et quel discours ?
« Quand avec un Français, Juif sioniste, déclare Alain Soral, en 2004, sur France 2, tu commences à dire “y a peut-être des problèmes qui viennent de chez vous. Vous avez peut-être fait quelques erreurs. Ce n’est pas systématiquement la faute de l’autre, totalement, si personne ne peut vous blairer partout où vous mettez les pieds.” Parce qu’en gros c’est à peu près ça leur histoire, tu vois. Ça fait quand même 2 500 ans, où chaque fois où ils mettent les pieds quelque part, au bout de cinquante ans ils se font dérouiller. Il faut se dire, c’est bizarre ! C’est que tout le monde a toujours tort, sauf eux. Le mec, il se met à aboyer, à hurler, à devenir dingue, tu vois. Tu ne peux pas dialoguer. C’est-à-dire, je pense, c’est qu’il y a une psychopathologie, tu vois, du judaïsme sionisme qui confine à la maladie mentale. » Bref, la Shoah, c’est quand même un peu parce qu’ils l’ont cherchée.
Son chemin le conduit, naturellement, au Front National : « Le Pen méritait la France mais je ne suis pas sûr que la France méritait Le Pen », déclare-t-il au lendemain de la présidentielle 2007. Il est alors nommé, à l’automne, au Comité central du FN. Un parti qu’il quitte, deux années plus tard – mais non pas pour des divergences idéologiques : parce qu’il n’obtient pas la tête de liste FN en Île-de-France.
Profondément dandy, avant tout opportuniste, en quête de renommée, Alain Soral avait démarré bien à gauche, au Parti communiste, avant de basculer à l’extrême-droite. Il se prétend aujourd’hui « transcourants », réconciliant « la gauche du travail et de la droite des valeurs », affiche Hugo Chavez en une de son site – mais tout en rejoignant Dieudonné sur « l’antisionisme et le lobby juif ».
Il fallait rendre cette position publique.
Sans pour autant blesser un homme isolé, et déjà largement attaqué.
Fakir : Mais tu pouvais y parvenir par Mermet, par Gresh, par des lectures beaucoup plus nettes, sans trace d’antisémitisme !
Étienne Chouard : C’est vrai. Mais je suis rentré par là.
Fakir : Et quand il parle du « lobby juif »…
Étienne Chouard : Il évoque davantage les sionistes. Mais si certains Juifs disent : « Nous, on est élus, et on va dominer le monde », c’est grave. C’est grave aussi quand ce sont des musulmans ou des chrétiens.
Étienne Chouard : Mais il y en a plein, des complots. C’est normal. Les gens conspirent, ils complotent pour maintenir leur pouvoir.
Fakir : Mais par exemple, le MEDEF : est-ce qu’il s’organise ou est-ce qu’il complote ?
Étienne Chouard : Bien sûr qu’ils se réunissent en secret…
Fakir : Quand j’entends Pierre Gattaz à la radio, à peine élu à la tête du Medef, et qu’il assène ses objectifs avec clarté, j’ai pas tellement l’impression qu’il garde ses buts secrets… Pour moi, toutes les forces sociales s’organisent pour défendre leurs intérêts – et avec, à l’intérieur de cette organisation, une part de secret, mais qui est une part minoritaire.
Étienne Chouard : Mais alors, on va faire quoi ? On va trier selon les appartenances politiques : « Toi tu votes mal, je ne discute pas avec toi », ça n’est pas ça la démocratie. Quand tu dis à un raciste, « t’es un sale raciste », il va rester raciste. Mais si tu parles avec lui, il peut évoluer.
Fakir : Qu’on cherche à convaincre les électeurs du Front National, qu’on change les conditions économiques et sociales qui produisent ce vote, c’est une priorité politique. Mais là, il ne s’agit pas du mécontent de base, mais bien d’un idéologue, d’un cadre du FN.
Étienne Chouard : Moi, je suis le défenseur de toutes les paroles. Il faut débattre avec tout le monde, là où le régime des partis nous enferme dans une guerre électorale.
Fakir : Je ne suis pas d’accord. Je suis partisan d’un cordon sanitaire autour du FN.
Étienne Chouard : Et qu’est-ce que je devrais faire, alors ? Insulter leurs dirigeants ?
Fakir : Je ne te demande pas d’insulter quiconque, juste de ne plus te répandre dans leurs médias, ne plus te compromettre dans des débats avec eux. Et, éventuellement, une fois que tu l’aurais mûrie, de rédiger un texte qui explique ta nouvelle position.
J’ai dû partir à la va-vite pour un débat à Aubagne. En roulant, j’ai réfléchi à cet échange, et mon intuition se confirmait : Étienne Chouard est un homme de bonne foi. Mais en même temps, sa construction idéologique me paraissait bien récente, bien fragile, bien confuse : avant 2005, la politique ne l’intéressait pas trop, et d’un coup, voilà que le référendum sur le TCE l’a porté au pinacle, mis sous le feu des projecteurs, transformé lui-même en modeste guide. Et c’est ensuite, seulement après, qu’il s’est formé politiquement. En accéléré. De bric et de broc, comme tout le monde. Sauf que chacune de ses réflexions, chacun de ses errements, sont publics, consultés par vingt mille lecteurs, twittés et facebookés. Alors que ce mûrissement aurait réclamé, peut-être, un temps de retrait, de silence et de solitude.

Du coup, je reprends rendez-vous avec Étienne, à Marseille cette fois, l’après-midi, accompagné de mon copain Kamel, un gars de la cité, camionneur et intello.
Et cette fois, j’ai décidé de mettre la gomme – quitte à démarrer mollo :
Étienne Chouard : C’est possible. Mais tu considères que, aujourd’hui, on vit dans une vraie démocratie ? Étymologiquement, « le pouvoir au peuple » ?
Fakir : Mais cette expression de « vraie démocratie », moi, je ne peux pas l’endosser. Je considère qu’on est dans un système imparfait mais que, de toute façon, on sera toujours dans un système imparfait, que l’imperfection de l’homme, de la société, ça fait partie du monde, qu’on est juste dans des dégradés de gris. Et qu’à défaut d’un idéal, je me bagarre juste pour que ce soit un peu mieux ou un peu moins pire. Donc la « vraie démocratie », la république pure et parfaite, je n’y crois pas, moi, ni hier à Athènes ni demain en France.
Et le risque, c’est que tu invites à balayer la « fausse démocratie » – dans laquelle, tout de même, et je ne le compte pas pour rien, nous pouvons exprimer nos opinions – et ton message contre cette « fausse démocratie » est entendue, répandue, même à l’extrême-droite, mais qui garantit que, derrière, nous n’aurons pas une vraie tyrannie ?
Étienne Chouard : Mais parce qu’il y a tout le travail des citoyens constituants, avec l’instauration du tirage au sort. Je parie sur une prise de conscience, sur une contagion.
Étienne Chouard : C’est bien ça.
Fakir : Mais quand est-ce que ça a fonctionné avec cet unanimisme ? Le contrat de 1789 se fait très largement contre l’aristocratie, contre le clergé, et contre des fractions importantes des classes populaires qui se solidarisent avec leurs anciens maîtres. En 1944, le Conseil National de la Résistance n’a pas demandé l’avis des collabos – et encore moins de Pétain et de ses ministres – pour rédiger son programme !
Étienne Chouard : Mais s’il n’y a pas un consensus, allez, des 99 % contre les 1 %, ça signifie que, derrière, il y aura des violences.
Fakir : D’abord, je ne suis pas d’accord du tout sur cette structure de classes : 99% contre 1%. Ça serait trop facile pour nous. Et ensuite, si tu souhaites vraiment une redistribution des cartes – des richesses, des statuts, des lois –, ça se fera de toute façon avec une immense tension. D’autant plus si, d’après toi, ça ne peut pas passer par les élections.
Kamel : L’an dernier, tu sais, Soral est venu à Marseille. Comme il attire vachement de jeunes dans les quartiers, comme mon petit frère était sous son charme, je suis allé l’écouter. Y avait plein de mecs avec des djellabas, des barbes, les filles avec le voile, et là Soral leur dit en gros : « Si vous êtes dans la merde, c’est à cause d’un banquier sioniste à New-York. » Moi j’ai pris la parole, après, et je lui ai demandé pourquoi il indique « sioniste » ? pourquoi il dit pas un « capitaliste », un « oligarque » ? Et là, il m’a répondu qu’il fallait appeler un chat un chat.
Étienne Chouard : C’est pas raciste. Il ne dit pas « Juif », il dit « sioniste ».
Fakir : Est-ce qu’il a précisé, dans son exposé, qu’il ne fallait surtout surtout surtout pas confondre « juif » et « sioniste » ?
Kamel : Non, il n’a rien précisé.
Fakir : Mais Étienne, comment tu penses que c’est reçu, dans la salle ? Tu penses qu’ils donnent dans la nuance, les mecs ? Moi, pendant que je faisais mon bouquin Quartier nord, à Amiens, y a plein de gars qui me prenaient pour un juif à cause de mon gros pif, et c’était pas amical crois-moi.
Étienne Chouard se tait, frappé.
Kamel : C’est dangereux ce jeu-là. Là, pour moi, Soral déplace la question de la lutte des classes à la lutte des races.
Moi, avant de lancer Fakir, je me suis tapé une traversée du désert : durant sept années, j’ai écrit écrit écrit, sans que rien ne soit publié. « Malheureusement », je pensais à l’époque. « Heureusement », je me dis aujourd’hui. Parce que c’était complètement immature : en gros, il fallait flinguer l’humanité (à commencer par les présentateurs du jité).
Tu es loin de ces sommets du ridicule, mais je vois là un danger, avec des prises de position un peu sur tout. D’autant plus que tu aimes flirter avec la ligne jaune.
Et je devais filer à mon débat.
Il m’a remercié.
J’ai reçu un SMS, encore : « Je te remercie pour ta gentillesse et ta patience. » Et c’est là que Chouard est un mec pas banal. Parce que c’est lui, l’aîné, vingt ans de plus que moi, c’est lui le prof, c’est lui la star, « Don Quichotte du non », etc., et moi un gamin m’aurait avoiné comme ça, je n’aurais pas apprécié. Mais lui, plus tu lui rentres dans la gueule, plus il te remercie ! C’est soit un masochiste, soit un démocrate !
Et j’ignore ce que va donner, politiquement, tout ce baratin, s’il va rompre avec ces machins de Soral et de complots. Je crains que non. Je sais, en revanche, qu’au fil de ces trois jours, j’ai mesuré le fossé qui, politiquement, nous sépare. Mais aussi que, personnellement, je me sens davantage son « ami », un peu, pas trop mais un peu, après ces échanges.
(4) Le Front National
J’ajoutais : « Et quel retard sur le Front National, aussi, qui est devenu hyper-efficace sur ces questions. Vous voyez le FN comme le parti des dominés, le refuge pour le refus du libre-échange, pour le refus de l’euro…
- Le parti des dominés, il n’y a qu’à regarder les statistiques, il n’y a qu’à regarder les cartes. Le vote FN se déplace des marges anti-maghrébines, situées à l’est, pour aller se loger dans le vieil espace révolutionnaire égalitaire français. »
Je ne m’en réjouis pas, bien au contraire. Mais jamais je ne méprise l’adversaire – qu’il soit patronal, eurocrate, libéral, président de la Banque centrale européenne, ou en l’occurrence d’extrême-droite : oui, il peut être « hyper-efficace » et « talentueux ». Non, nous ne sommes pas forcément les plus intelligents, complexe de supériorité culturelle qui habite, bien souvent, une gauche truffée d’étudiants, d’universitaires, de surdiplômés. Oui, « l’ennemi de classe » est parfois plus stratège, plus organisé, plus malin que nous ne le sommes. Sans quoi, nous n’en serions pas là.

(5) BRN
« Dans son comité de rédaction figure Laurent Dauré, membre de l’UPR - un groupuscule souverainiste situé très à droite sur l’échiquier politique. Vous ne pouvez donc pas, en toute décence, travailler en confiance avec une revue animée par un tel personnage.
Par ailleurs, je vous signale qu’on trouve aussi dans l’équipe de cette revue Bruno Drewsky, un ami du négationniste Claude Karnoouh, qu’il publie régulièrement dans sa revue La Pensée libre (la plus récente remonte à janvier 2011) : http://lapenseelibre.fr/contenudesnumeros.aspx
Le même Drewsky a donné en 2009 une interview à Rebellion, organe d’un groupuscule d’extrême droite toulousain qui est une émanation du Parti national-bolchevique russe en France et est distribué par la maison d’édition d’Alain Soral : http://rebellion.hautetfort.com/archive/2009/10/28/entretien-avec-bruno-drweski.html
Je demande donc à ce qu’une mesure de rétorsion immédiate soit prise par Fakir à l’encontre de BRN et le partenariat qui vous lie à cette revue supprimé.
O. »
« Chère Ornella,
La citation est notre arme préférée, à Fakir - comme dans bien d’autres publications de médias-critique et de critiques des médias qui nous ont précédés.
Pour me convaincre de ne pas publier quelques brèves de BRN, un argument primera donc : qu’à partir de citations, tu démontres leur appartenance ou leur proximité avec l’extrême droite. Pour l’instant, sans adhérer à tout leur contenu, ce qui m’intéresse dans BRN – et ce qui, je pense, peut intéresser les lecteurs de Fakir – ce sont leurs citations, justement, des commissaires européens, des parlementaires, de Business Europe, etc.
Pour me convaincre, là, tu me dis que Bruno Drewski (que je n’ai jamais rencontré) collabore à BRN – ce qui suffirait à disqualifier la revue. Mais qu’a donc dit ou écrit Bruno Drewski de si scandaleux ? Tu ne m’apportes, sur ce point, aucune citation. A la place, tu me dis qu’il a accordé une interviou à Rebellion (que je ne connais pas). J’ai lu l’interview : sans être, encore une fois, en accord avec tout, je ne vois absolument pas dans ses propos de quoi discréditer un homme. Ça me paraît même de plutôt bonne tenue. Tout comme son Que sais-je, sur la Biélorussie (que j’ai lu).
Pour me convaincre encore, tu me dis que Bruno Drewski publie avec le négationniste Claude Karnouh sur le site La Pensée libre. J’ai circulé sur ce site et, à première vue, très rapidement, je n’ai rien aperçu de cette nature. Bien que, en toute sincérité, ce compagnonnage me trouble.
De même, pour dénoncer l’UPR et François Asselineau (mouvement que je méconnais : je ne suis franchement pas un spécialiste de toute cette mouvance), dans ton article, tu ne fais pas une seule citation, démontrant qu’ils seraient bel et bien « ultra-nationalistes », « fascistes », etc.
Pour me convaincre, et pour convaincre tous les hommes de bonne volonté (qui existent), mieux vaudrait, à mon sens, en revenir à cette arme majeure : la citation. L’analyse. Les preuves, comme disait Jaurès.
Quant à un futur éventuel oukase sur Fakir, j’aimerais qu’il s’établisse sur des bases claires : qu’avons-nous publié qui le mérite ? »
(6) Le maton sympa
- La prison compte combien de travailleurs sociaux ?
- Six. Six pour plus de six cents prisonniers. Comment ils peuvent faire ? comment ils régleraient des difficultés de santé, de famille ? Certains détenus, ils ne les voient qu’une fois en deux ans ! Pour la sortie, ils ne peuvent même plus payer un billet de train, même pas donner un ticket repas, on grignote sur tous les budgets. Alors, dehors, les gars retournent à la rue, limite clochards… J’en croise, souvent : “Alors, tu as décroché un job ? – Non. – Qu’est-ce que tu vas faire ? – Je vais remonter bientôt.” La vérité, c’est qu’on fait de la répression, mais à côté, rien n’existe. Le vide. On n’a même pas le plaisir de se dire ‘on fait un métier utile’, même pas, parce que derrière, la réinsertion, c’est du bidon… »
Voilà qui, apparemment, ne mérite pas d’être entendu. Et constitue un grave « dérapage », une « apologie des matons humanistes ».
(7) Les douaniers
« Vive les douaniers ! » proclamions-nous en Une de notre numéro 57. Un titre que je reprenais pour un chapitre de mon ouvrage, Leur grande Trouille. Et la même déclaration nous sert encore, cet été, pour notre T’chio Rouge et Vert : « Contre le libre-échange, vive les douaniers ! »
Réclamer une transformation de la douane, exiger qu’elle s’occupe moins des clandestins – à vrai dire plus du tout – mais davantage d’entraver la circulation des capitaux et des marchandises, voilà qui, bizarrement, est douteux. Tend vers le fascisme.
(8) Maurice Allais
Et pourquoi le qualifier de « larouchiste » ? Parce que, après la chute de Lehman Brother, Maurice Allais a signé une lettre soutenant l’appel de Lyndon Larouche – le Cheminade américain – pour le « sauvetage de l’économie mondiale ».
Mais signer une lettre, une fois, sur un thème précis, suffit-il à faire de vous un « larouchiste » dans l’âme ? Et à discréditer tout propos qui sort de votre bouche, ou de votre plume ? Fût-il de bon sens : « L’histoire n’est pas écrite,concluait pour nous Maurice Allais, et je ne vois dans ce processus mondialiste aucune fatalité. C’est en fait de l’évolution des opinions publiques, c’est du poids relatif des forces politiques, que dépendent les changements de politique réalistes qui nous sauveront du désastre et détermineront notre avenir.
Et si j’insiste sur le “-isme”, c’est que je dresse un parallèle. Les perversions du socialisme ont entraîné l’effondrement des sociétés de l’Est. Mais les perversions laissez-fairistes mènent à l’effondrement des sociétés occidentales.
En réalité, l’économie mondialiste qu’on nous présente comme une panacée ne connaît qu’un seul critère, “l’argent”. Elle n’a qu’un seul culte, “l’argent”. Dépourvue de toute considération éthique, elle ne peut que se détruire elle-même. »
Mise au point : Pour un cordon sanitaire
C’est d’autant plus impératif pour Fakir – et pour d’autres intellectuels de gauche, Lordon, Todd, Sapir, etc. – que, avouons-le, nous partageons des analyses avec le Front National : sur l’Europe et la mondialisation.
Circonstance aggravante, nous sommes prêts à recourir à quelques outils communs : protectionnisme, sortie de l’euro, cadre national.
Raison de plus, alors, pour ne pas se mélanger, et pour rappeler que les fins poursuivies sont aux antipodes : à nous l’émancipation sociale (avec, notamment, une réduction et un partage du temps de travail), la justice fiscale (relèvement des impôts sur les sociétés, ainsi que des taxes sur les hauts revenus), la transformation environnementale (tout est à revoir, ici, des transports à la production). Autant de thématiques qui ne figurent pas dans le fonds de commerce des Le Pen and co.
Ou alors, indirectement.
Notre ADN, depuis la naissance du journal en 1999, c’est une attention portée aux classes populaires, à leurs conditions d’existence, et en particulier à ce fléau qui les lamine depuis trois décennies : le chômage. Rédigeant ce journal depuis Amiens, nous avons assisté à des délocalisations en série, des lave-linge (Whirlpool), des canapés (Parisot), des pneus (Goodyear), et même des chips (Flodor) ! Voilà le meilleur carburant pour un vote de désespoir – et nous voyons lentement la Picardie, « première région ouvrière de France » (d’après le Figaro), terre jacobine durant la Révolution, à la tradition rouge dans bien des coins, nous la voyons glisser lentement au Front National. Alors, rouvrir l’espoir, rassurer un peu sur l’avenir, nous paraît plus utile que de dessiner des moustaches d’Hitler à la Marine, que de crier « F comme fasciste, N comme nazi ». L’un, il est vrai, n’empêchant pas l’autre.
Les antifascistes que nous citons ici, largement repris sur le web, qui nous fustigent, ne remplissent pas ce rôle.
Ou fort mal.
Ils s’avèrent même, de notre point de vue, contre-productifs.
À la moindre incartade, avérée ou fantasmée, les voilà qui traitent des camarades d’hier en quasi-ennemis. Un vague courriel privé fut-il, par exemple, adressé à Hervé Kempf, avant que ne soit publiquement pointé le « confusionnisme » de son site Reporterre, parce que le communiqué d’un « micro-parti fascisant » - la Dissidence française - se serait égaré dessus ?
Voilà ce que produisent des mises à l’index hâtives.
C’est à un terrorisme de la pensée – et des fréquentations – qu’aspirent ces inquisiteurs : songer à un nouveau rôle pour les douaniers, réfléchir au cadre national, et même discuter avec un surveillant de prison, voilà qui relève de l’interdit. Et vous vaut, sans débat, d’ajouter votre patronyme à une liste noire, publiquement tenue.
Presque encourageant.
Pourquoi ces salves d’injures qui s’intensifient, sur Lordon, Todd, Sapir, etc., voire Mélenchon ? C’est qu’une controverse s’ouvre, à gauche, comme un clivage. Il a vécu, le consensus altermondialiste, ou alter-européiste, le temps où l’on se laissait bercer par un internationalisme angélique et impuissant. Face à la débâcle de l’Euro, aux dommages du libre-échange, l’offensive est lancée, et nous en sommes des artilleurs : « frontières », « souveraineté », ces mots ne nous sont plus tabous. Une réponse politique, concrète, réaliste, de masse, ne pourra plus demain, pensons-nous, se priver d’eux, s’interdire de les prononcer et de les repenser.
Cette bataille des idées, interne à notre camp, peut être, doit être menée en douceur, autant que possible, sans désir de heurter, de déchirer, de perdre des camarades en route : à quoi bon se brouiller, quand on se retrouvera côte à côte dans les grèves et les manifs ? Mais on comprend que ces avancées – de notre point de vue, ces reculades du leur – hérissent le poil de militants, libertaires par exemple, que ces vocables à eux seuls font gerber, et qu’ils nous renvoient, comme par réflexe, sans trop s’embarrasser de fioritures, à la guerre de 14 ou au fascisme.
Nous ne cèderons pas à ces autoproclamés « antifas », sectaires, paranos, minoritaires, qui dénaturent l’antifascisme, le trahissent, qui en font la chose d’un clan, recroquevillé sur lui-même, excluant les hérétiques, gardiens d’une nouvelle pensée unique. Quand le véritable antifascisme, historique, généreux, né en 1934 avec les syndicats ouvriers et les partis de gauche, existant toujours mais avec moins de tumultes, doit retrouver les profondeurs du pays et embrasser tout le mouvement social.
Dont nous sommes.
Qui est d'extrême droite ?
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