• Faut-il se repentir devant son public, souvent nombreux, d’avoir fait la promotion de Donald Trump, l’archi-antiSystème tel qu’il y crut en 2016 ? • Tucker Carlson l’a fait, le Français Laurent Guyenot s’y essaie à son tour. • Nous aussi ? Pas si vite. • Nous avons souvent varié, pro et antiTrump mais n’avons jamais cru nous trouver devant un réformateur de génie, mais plutôt devant déconstructurateur d’instinct, grâce à tous ses vices. • Trump fut, dès le premier jour, ce « cocktail Molotov humain » lancé par le public contre le Système. • Il a “fait le job”.
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7 mai 2026 (09H00) – Dans ce texte, « Fin de l’ivresse trumpiste : gueule de bois et auto-critique »,
le médiéviste et traditionnaliste de grand talent Laurent Guyenot, qui
fut un partisan avéré de Trump, sacrifie à une tendance établie par
Tucker Carlson, demandant à ses millions d’auditeurs de le pardonner
pour avoir éventuellement suivi son objurgation de soutenir Donald
Trump, sans doute depuis près de dix ans. Carlson est devenu un
adversaire radical de Trump au cours de la seconde moitié de 2025,
parallèlement au plus hautes figures du mouvement MAGA (Marjorie
Taylor-Greene [MTG], Meggy Kelly, Alex Jones, etc.). La cause
conjoncturelle est évidente et proclamée : Trump qui s’était déclaré ‘America First’, s’est révélé ‘Israel First’, en soutenant de plus en plus aveuglément et radicalement le mouvement expansionniste sioniste de Netanyahou dit ‘Greater Israel’,
jusqu’à la catastrophique guerre contre l’Iran. Quasi-parallèlement
quoiqu’en partie auparavant, Trump, qui avait fait de la publicité des
papiers-Epstein un argument-clef de sa campagne 2024, s’est opposé becs
et ongles à leur publication qui n’a pu être obtenue (partiellement) que
par un vote de la Chambre... Ce deuxième point fut la cause de la
fracassante démission de la Chambre de MGT en octobre 2025, qui ouvrit
la brèche béante depuis dans le mouvement MAGA aujourd’hui totalement à
la dérive. Le mea-culpa public de Carlson, fait dans des conditions
voulues comme dramatiques, date de mars 2026.
Dans ce texte, Guyenot soutient ce mouvement de dissidence radicale
et l’explicite longuement dans son texte. C’est donc sur ce point du
soutien à Trump transmuté en une opposition farouche que nous voulons
nous exprimer, – quant à nous, pour notre position vis-à-vis de Trump
depuis l’origine.
L’affaire du “cocktail Molotov humain”
Nous suivons Guyenot, ce Français trumpiste, sur sa rupture radicale
mais tenons à nous écarter radicalement de son explication. De nombreux
textes de nos écrits témoignent de cette attitude, autour de celui du 3 octobre 2016
pris comme pivot et comme une sorte de jugement-programme. Dès la
présence de Trump dans la course présidentielle (“sérieuse” et
conséquente selon les sondages dès l’automne 2015), nous avons soutenu
ce candidat, non à cause de ce qu’il était, ni à cause de ce qu’il
proposait, – nous ignorions essentiellement l’un et l’autre, qui ne nous
intéressaient pas, – mais à cause de ce qu’il représentait en termes de
communication : il s’agissait de soutenir Trump par l’effet antiSystème
qu’il apportait, suscitait et renforçait au sein du public.
Dans ce fameux texte cité, nous reprenions une interview de septembre
2016 de Michael Moore parfaitement juste et explicitée, bien qu’il fût
gauchiste radical, antiTrump et partisan de Sanders. Cet extrait, que
nous republions souvent, est extrêmement parlant :
« Lors d'une interview avec Chuck Todd sur l'émission ‘Meet the Press’ de NBC dimanche, le cinéaste [Michael Moore]
a déclaré que l'establishment avait abandonné les électeurs et a avancé
que ces derniers pourraient voter pour Donald Trump par frustration.
“Je ne pense pas que les gens fassent encore confiance aux Démocrates”, a
déclaré Moore. ”Comment expliquer autrement la victoire d'un socialiste
dans 22 États ?”. “Dans mon État, le Michigan, Bernie Sanders a gagné.
Si Hillary Clinton et les Démocrates ont eu du mal face à lui, cela
aurait dû alerter tout le monde : il y a un mécontentement généralisé
envers les Démocrates et les Républicains.”
» Au cours de son interview, Moore a déclaré que les Américains
perçoivent Trump comme un ‘cocktail Molotov humain’. “Dans tout le
Midwest, dans toute la Rust Belt, je comprends la colère de beaucoup de
gens”, a-t-il dit. “Ils voient Donald Trump comme un cocktail Molotov
humain qu'ils pourront utiliser dans les urnes le 8 novembre pour le
jeter dans notre système politique.” ”Je pense qu'ils adorent l'idée de
faire exploser le système.”
» Moore, qui a précisé qu'il ne voterait pas pour Trump, a
déclaré que les gens ne prêtent plus attention aux médias ni aux
“personnes au pouvoir”. “Les gens ne font plus confiance aux médias, ils
ne les écoutent plus, et à juste titre : les médias les ont déçus. Les
riches et les puissants les ont déçus. Beaucoup votaient auparavant pour
les riches et les puissants, mais ils ne le feront plus”. »
Amertume d’un croyant trompé
Guyenot a une attitude toute différente. C’est l’homme, Trump, qui
l’a séduit, et nullement l’effet qu’il incarnait et renforçait. Guyenot
fut, comme un certain nombre des partisans de Trump (fort peu au départ)
un croyant de l’Église, ou de la secte-trumpiste, justifié par une
vision du type “homme providentiel” de ce candidat. Erreur fatale...
« Nous n’avons pas été trahis en 2025, nous avons été trompés dès
2016. Nous avons cru en Trump parce que nous avons voulu y croire, en
dépit des nombreuses raisons évidentes de ne pas y croire. Nous avons
commis une erreur de jugement, et nous devons en tirer les leçons.
» Le phénomène Trump s’apparente à une hypnose collective et
comporte une dimension de foi religieuse. La foi est toujours de
“mauvaise foi”, au sens où elle nous demande de rejeter le doute et de
faire la sourde oreille aux arguments contraires. En religion, il y a la
vérité—la Vérité—et l’erreur, et rien entre les deux. Pour le croyant,
chaque échec de Trump, chaque scandale, chaque mensonge avéré, s’il ne
peut être ignoré, est la preuve que Trump se bat contre l’État profond,
les médias, les élites, le Nouvel Ordre Mondial, le FBI, les Démocrates,
que sais-je encore. Il est facile aujourd’hui de se moquer de ceux qui
croient encore en Trump, mais n’oublions pas que nous y avons cru
nous-mêmes, et méprisé les ‘normies’ attardés qui n’y croyaient pas... »
“Erreur fatale” parce qu’erreur de lecture et d’interprétation à
notre sens. Moore expliquait pourtant tout à la perfection, dans tous
les cas pour l’élection de 2016, qui est à la base de l’aventure Trump
et des interprétations faussaires et bouffe qui ont meublé l’imagination
des “croyants”. Aux USA, en novembre 2016, on vota pour Trump par haine
de Hillary et de l’establishment, et par haine de Hillary parce qu’elle représentait l’establishment. Cette haine n’a pas disparu avec Hillary éliminée pour toujours tandis que l’establishment poursuivait
sa marche vicieuse malgré Trump ; elle s’est même amplifiée du fait de
cette évidence de l’absence d’importance de l’accessoire-Hillary, l’establishment se
faisant de plus en plus pressant parce qu’il ne pouvait pas contrôler
Trump de manière satisfaisante.Tout cela n’a rien à voir avec le
personnage Trump, prétendument “sauveur” et son prétendu programme qui
n’exprimait en fait que la volonté de ses électeurs. Au contraire, on
rangerait désormais et volontiers Trump dans l’establishment, –
et avec toutes les raisons du monde, et notamment l’aggravation
pathologique de ses tares et de ses vices irréversibles. Cette haine
concerne l’establishment, comme partout ailleurs dans
l’Occident-compulsif, dont l’hubris est parfaitement représenté en état
d’hypertrophie jusqu’à la folie par un nommé Trump.
Nous avons souvent changé d’avis à propos de Trump, nous dirons
“tactiquement”, selon les circonstances, – une fois oui, une fois non,
selon ce qu’il faisait par rapport aux impulsions de ses tares et de ses
vices. Même les plus grandes ignominies dans l’absolu peuvent avoir des
effets positifs pour une recherche de l’équilibre et de l’harmonie, –
– et vice-versa.
« Tout peut, un jour arriver, même ceci qu’un acte conforme à
l’honneur et à l’honnêteté apparaisse, en fin de compte, comme un bon
placement politique », écrit de Gaulle dans ses ‘Mémoires de guerre’.
Mais dans ce cas et pour nous, ce n’était que de la tactique et ne
faisait rien d’autre de Trump qu’un instrument utile en telle ou telle
circonstance. Le fond, l’essentiel, la stratégie était bien celle-ci :
Trump est un accélérateur irrésistible, vulgaire et stupide, irréfléchi,
aveugle, mais néanmoins un accélérateur du désordre dans le Système,
même lorsqu’il agit conformément au Système. Qu’y a-t-il de plus stupide
que son attaque de l’Iran, pavée de mensonges et volte-face, d’attaques
ignobles et d’anathèmes suivis de déroutes, d’une cruauté insigne mais
qui renverse totalement à cause de l’alliance et des responsabilités le
sentiment du public américain concernant Israël ; alors que le
Système, conduit par les Netanyahou de fortune, ne veut que la peau de
l’Iran depuis près de cinquante ans, mais d’une façon qui fasse des USA
une sorte de ‘Greater Israel’ de réserve ? Trump agit d’une
façon tellement impulsive et stupide qu’il arrive à gâcher cette cause
en or pour le triomphe du globalisme sataniste & Cie, marque déposée
du Système... Trump a montré son ignominie de malade dément, notamment
dans son comportement avec MTG...
MTG a reçu de nombreux messages de haine et de menace après sa
démission et sa dénonciation de Trump “trahissant” le programme MAGA :
« J’ai reçu de nombreux message jusqu’à l’un d’eux qui m’annonçait
qu’on finirait par se saisir de mon dernier bébé pour lui tirer une
balle dans la tête... J’ai envoyé le courriel à diverses personnalités
de l’équipe Trump... JD Vance a été parfait, le directeur Patel du FBI a
répondu qu’il lançait une enquête, plus de nouvelles ; la cheffe de
cabinet, cette dame âgée mère et grand’mère, n’a pas répondu ; je ne
vous lirai pas la réponse du président mais vous dirai simplement qu’il
m’a dit que c’était de ma faute parce que je l’avais trahi et que si la
menace était mise à exécution ce serait à cause de moi... »
Des Trump, ça va ça vient. Mais des gifles infligées au Système
jusqu’à le rendre fou, c’est de l’or, la seule valeur qui tienne dans
tous les temps de crise, et même de GrandeCrise ! ...
Et la seule valeur à laquelle on peut attacher une force symbolique qui
transcende la stricte matérialité de la chose, à condition que Trump ne
le vole pas et ne le corrompe pas irrémédiablement en en faisant une
statue à son effigie.
Rien n’est faux dans le mea-culpa de Guyenot, ses analyses sont
sérieuses et solides et montrent toutes ses qualités. Mais que nous
importe que l’on démontre l’ignominie et la vilenie d’un Trump ? Les
Trump, ça va ça vient, mais il n’y a qu’un Système et le Diable qui,
derrière lui, le manipule et l’engraisse, et celui-ci, – le Système,
– il ne faut pas le rater.
(Voir l’article de Laurent Goyenot sur son site, en date du 5 mai 2026.)
dedefensa.org
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Fin de l’ivresse trumpiste ...
En 2016, Trump était, pour beaucoup d’entre nous, porteur d’un
immense espoir. En 2026, sauf pour quelques incurables, il est la cause
d’une immense déception. Tucker Carlon a récemment déclaré :
« Je serai longtemps tourmenté d’avoir contribué à l’élection de Donald
Trump. Et je tiens à dire que je suis désolé d’avoir induit les gens en
erreur. »
Que nous est-il arrivé, au juste ? Une première réponse serait : nous
avons été trahis. Personne n’est à l’abri d’une trahison. On ne
reproche pas à Jésus d’avoir cru en Judas. Je pense que cette façon de
voir les choses n’est pas suffisante. Nous n’avons pas été trahis en
2025, nous avons été trompés dès 2016. Nous avons cru en Trump parce que
nous avons voulu y croire, en dépit des nombreuses raisons évidentes de
ne pas y croire. Nous avons commis une erreur de jugement, et nous
devons en tirer les leçons.
Le phénomène Trump s’apparente à une hypnose collective et comporte
une dimension de foi religieuse. La foi est toujours de « mauvaise foi
», au sens où elle nous demande de rejeter le doute et de faire la
sourde oreille aux arguments contraires. En religion, il y a la
vérité—la Vérité—et l’erreur, et rien entre les deux. Pour le croyant,
chaque échec de Trump, chaque scandale, chaque mensonge avéré, s’il ne
peut être ignoré, est la preuve que Trump se bat contre l’État profond,
les médias, les élites, le Nouvel Ordre Mondial, le FBI, les Démocrates,
que sais-je encore. Il est facile aujourd’hui de se moquer de ceux qui
croient encore en Trump, mais n’oublions pas que nous y avons cru
nous-mêmes, et méprisé les normies attardés qui n’y croyaient
pas. Admettons qu’ils n’y croyaient pas pour les mauvaises raisons, mais
reconnaissons que nous aurions pu apprendre une chose ou deux en lisant
la presse que Trump s’acharnait à traiter de fake news (souvenons-nous que c’est lui qui a lancé cette expression).
Je le dis franchement : j’ai honte. Comment ne pas avoir honte
aujourd’hui d’avoir cru en Trump, l’avoir idéalisé, avoir vu en lui un
grand homme en devenir, un homme providentiel, un sauveur ?
Cet article est gratuit. Mais si vous appréciez mon travail, pensez à
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J’ai cru en Trump en 2016. J’ai cru à sa guerre contre l’État profond et contre les médias mensongers (les fake news),
j’ai cru à sa dénonciation de la guerre en Irak, j’ai cru au grand
dévoilement à venir sur le 11-Septembre et sur l’assassinat de Kennedy.
Et j’ai été immensément soulagé lorsqu’il a battu Hilary Clinton, qui se
disait prête à attaquer l’Iran.
Puis les déceptions sont arrivées. J’ai été déçu d’abord lorsqu’il a
déplacé l’ambassade américaine à Jérusalem en mai 2018 (c’était pourtant
prévisible, puisqu’il l’avait promis à l’AIPAC en 2016). Puis j’ai été
inquiet lorsqu’il a signé un décret criminalisant l’antisionisme en
décembre 2019. Enfin est venu le choc de l’assassinat du général iranien
Qassem Soleimani à Bagdad le 3 janvier 2020. Mais on avait investi tant
d’espoir en Trump qu’on lui a encore accordé le bénéfice du doute.
Le plus curieux, en y repensant, c’est que les sionistes radicaux ne
cachaient pas leur adoration de Trump. Ils l’idolâtraient plus que nous.
Il avait à leurs yeux une stature messianique. En mai 2018, commentant
la décision de Trump de déplacer l’ambassade états-unienne à Jérusalem,
Netanyahou lui-même le comparait à Cyrus le Grand.
Vers la fin de l’année 2019, un schisme a commencé à se manifester
dans le mouvement MAGA et, avec un peu de retard, dans la « dissidence »
française. Certains voulaient continuer de croire que c’étaient les
sionistes, et non les antisionistes, qui se trompaient sur Trump, que
Trump étaient secrètement dans notre camp et non dans le leur, qu’il
cachait son jeu. D’autres sonnaient l’alarme.
J’ai publié le 17 janvier 2020 un article intitulé « Le syndrome Cyrus: Yahvé a-t-il saisi la main droite de Trump? ».
Vers la même époque, je commençais aussi à reconnaître le caractère
manipulatoire de l’opération Q et de la nébuleuse des productions
apparentées, qui agitaient des thèmes eschatologiques tout en fabriquant
un ennemi imaginaire, la secte des pédo-satanistes. J’ai commencé à
alerter le public d’Égalité et Réconciliation, avec ma critique du documentaire « Out of Shadows » parue le 26 avril 2020, puis d’autres articles sur la « fausse bannière satanique ».
Lors de la campagne présidentielle américaine de 2024, ma désillusion
sur Trump est devenue complète avec l’attentat du 13 juillet 2024 à
Butler en Pennsylvanie, que j’ai immédiatement perçu comme une
grossière mise en scène destinée à faire de Trump un miraculé protégé par Dieu, une image que l’équipe de Trump a surexploitée par la suite. Balle magique, oreille magique, photo magique: c’était vraiment trop gros. J’ai partagé mon scepticisme et mon inquiétude dans un débat vidéo avec Pierre de Braguele 29 octobre 2024.
Mais nous étions face à un dilemme, étant donné, d’une part, la
nullité et l’illégitimité de Kamala Harris, et d’autre part, l’alliance
séduisante de Trump avec Robert Kennedy Junior. J’ai donc salué la
victoire de Trump au lendemain des élections en compagnie d’Alain Soral. Mais la déception a très vite repris le dessus.
Aujourd’hui, Trump n’est plus un mystère. Sa mégalomanie et son
narcissisme s’étalent au grand jour. Sa soumission au sionisme
génocidaire est totalement décomplexée. Sa corruption et son népotisme
sont d’ores et déjà légendaires.
Le vrai mystère qu’il nous faut maintenant éclaircir, avec humilité,
c’est comment nous avons été trompés. Trump était un imposteur depuis le
début, et nous aurions dû le voir.
Le roi de la quantité
Première clé : Un homme qui écrit des livres peut déjà être jugé sur
ses livres. Il suffisait de lire ou de parcourir les livres de Trump
pour constater qu’il n’a aucune pensée politique. À vrai dire, il
suffisait de lire les titres de ses livres, qui résument tout ce que la culture américaine flatte de plus vil chez l’être humain :
- The Art of the Deal (1987)
- How to Get Rich (2004)
- The Way to the Top (2004)
- Think like a Billionaire (2004)
- How to Build a Fortune (2006)
- Think Big and Kick Ass (2007)
- Think like a Champion (2009).
Trump est un marchand et un spéculateur, qui pense que tout s’achète,
et que la ruse et le bluff sont la clé du succès. Il écrit dans The Art of the Deal, son best-seller de 1987 :
« La dernière clé de ma stratégie promotionnelle, c’est la fanfaronnade [bravado, traduisible
aussi par vantardise]. Je joue sur les fantasmes des gens. Les gens ne
voient peut-être pas toujours les choses en grand eux-mêmes, mais ils
peuvent tout de même être très enthousiasmés par ceux qui le font. C’est
pourquoi un peu d’hyperbole ne fait jamais de mal. Les gens veulent
croire que quelque chose est le plus grand, le meilleur et le plus
spectaculaire. J’appelle cela de l’hyperbole sincère. C’est une forme
innocente d’exagération — et une forme de promotion très efficace. »
Trump n’incarne pas la droite des valeurs, mais la droite libérale
sans foi ni loi. Il est la caricature de l’Amérique matérialiste,
immorale et vulgaire, le « règne de la quantité » dans sa monstruosité.
Trump a un vocabulaire et une syntaxe d’une affligeante pauvreté. Il n’y a pas trace dans ses livres d’un parole de sagesse ou d’un trait d’humour. En fait, Trump n’a aucune culture littéraire ou philosophique, et ça se voit.
Ce qui transparaît déjà très clairement dans les livres de Trump,
c’est aussi son narcissisme. Chaque phrase ne parle que de lui. « Je
suis le meilleur, le winner absolu, le champion du monde, et je
sais tout sur tout » : sa prose se résume à cela. Trump n’est pas
seulement un marchand, il est aussi la marchandise. Il se vend lui-même.
Après la Trump Tower inaugurée à Manhattan en 1983, l’énorme promotion de son livre The Art of the Deal a
fait de Trump une célébrité. Tony Schwartz, le co-auteur de ce livre,
qui l’a en réalité entièrement écrit (la contribution de Trump se
limitant selon Schwartz à effacer les passages les moins flatteurs), se
dit depuis 2016 hanté par la culpabilité d’avoir
aidé Trump à devenir président. Trump, dit-il, ment constamment sans la
moindre inhibition ou culpabilité. « Il y a un vide à l’intérieur de
Trump. Il n’a pas d’âme. Il n’a pas de cœur. »
La troisième chose qui a servi à fabriquer l’image de Trump comme
héros milliardaire, soit l’équivalent du saint dans la religion de
l’argent, c’est l’émission de télé-réalité The Apprentice, co-produite
par Trump lui-même et diffusée à partir de 2004, dans laquelle il
dispense ses jugements et ses conseils en matière de business. Dans
cette émission comme dans ses livres, Trump se vent lui-même.
Le milliardaire endetté
Deuxième clé : Trump a été élu grâce à son image de réussite sociale
flamboyante. En réalité, Trump n’est même pas le génie des affaires, le
champion de la négociation qu’il prétend être. La publicité qu’il fait
de lui-même est mensongère. Trump n’est pas un self-made man, mais un self-made myth. Alors qu’il a toujours prétendu n’avoir reçu qu’un petit million de son père pour se lancer en affaire, une enquête du New York Times parue
le 2 octobre 2018 révèle qu’il a reçu plus de 400 millions de dollars
de son père, par des artifices divers visant à contourner les droits de
succession.
Non seulement il a reçu cette fortune initiale sans rien faire, mais
il l’a investie dans des affaires foireuses, notamment trois casinos à
Atlantic City. Trump a déclaré faillite six fois dans
sa carrière. Son casino Taj Mahal a déposé le bilan 15 mois seulement
après son ouverture (qu’on m’explique comment un casino peut faire
faillite). D’autres faillites ont suivi dans les années 1990 et 2000 :
le Trump Castle et le Trump Plaza Hotel en 1992, puis Trump Hotels &
Casino Resorts en 2004, avec 1,8 milliards de dette, puis Trump
Entertainments Resorts en 2009 et 2014.
Dès les années 90, Trump était endetté à hauteur de 5 milliards de
dollars, dont un milliard à titre personnel (un anti-milliardaire, en
somme). C’est alors qu’un groupe de banquiers représenté par Wilbur
Ross, ancien directeur de Rothschild Inc., a décidé de le renflouer
(Trump récompensera Wilbur Ross par le poste de Secrétaire au commerce
en 2016). Selon les propos tenus par
l’avocat spécialisé en immobilier Alan Pomerantz sur CNN en 2016,
parlant au nom des banquiers : « Nous avons décidé qu’il nous serait
plus utile vivant que mort (au sens économique) … Nous l’avons maintenu
en vie pour qu’il nous aide » (voir l’enquête de John Hankey, et l’article du magazine Forbes).
En conclusion, lorsque Trump se présentait, durant sa campagne de
2016, comme un homme riche et donc indépendant, et comme un champion du
deal, il mentait doublement. Nous aurions pu le savoir. Trump était le
candidat présidentiel le plus vendu de l’histoire des États-Unis. La
différence avec ses concurrents est que ces derniers se vendaient au
plus offrant durant leur campagne électorale, alors que Trump était
acheté depuis longtemps.
La méthode Roy Cohn
Troisième clé : S’il est un entrepreneur raté, Trump est-il au moins
un homme honnête ? On peut déjà se douter de la réponse sachant qu’il
s’est spécialisé dans les casinos, car tout le monde sait que les
casinos sont tenus par le crime organisé et servent au blanchiment
d’argent. (Et, en passant, un homme qui se spécialise dans les casinos
peut-il vouloir le bien de l’humanité ?)
Trump a été impliqué dans plus de 4000 procès. Est-ce le signe d’un
homme honnête ? Son premier procès, qui date de 1973, est très
révélateur. Trump était accusé par l’État fédéral de discrimination
raciale dans la gestion et la location d’immeubles construits avec des
aides publiques. Il a embauché à cette occasion l’avocat Roy Cohn, qui lui a donné comme principe de défense la règle suivante :
- Premièrement, n’admets jamais ta culpabilité. Nie tout en bloc.
- Deuxièmement, retourne l’accusation en attaquant ton adversaire.
Harcèle-le en justice pour lui faire regretter de t’avoir attaqué.
- Troisièmement, travaille les médias sans relâche. Peu importe si tu
perds en justice, l’important est de gagner sur la scène médiatique.
Impose ton narratif en diabolisant tes ennemis.
Trump en a fait sa règle d’or.
L’ « art du mensonge », et non l’art du deal, est l’essence du personnage Trump. La liste de ses mensonges avérés est si longue qu’on
peut raisonnablement le qualifier de menteur pathologique. Le menteur
pathologique est un homme pour qui la notion de vérité n’a aucune
signification, et qui par conséquent ment sans même s’en rendre compte.
Il ment même lorsqu’il n’en a pas besoin, pour reprendre une description
que Robert Kennedy appliquait à Lyndon Johnson.
Trump profère des mensonges énormes sur tout et répète ses mensonges
inlassablement. Plusieurs personnes ayant été proches de Trump (comme
son ancienne directrice de la communication Stephanie Grisham) ont rapporté que Trump pense qu’il suffit de répéter quelque chose des milliers de fois pour que cela devienne la vérité.
Les gros mensonges de Trump sont nombreux. Par exemple : « J’ai arrêté huit guerres »(donc « je mérite le Prix Nobel de la Paix »). En 2024, Trump déclare:
« Je suis le seul président de l’histoire moderne à avoir quitté ses
fonctions avec une dette publique inférieure à celle qui existait à mon
arrivée au pouvoir. » En réalité, sous sa présidence, la dette a
augmenté de 7,8 trilliards, soit une augmentation record de 40 pour
cent.
L’un des plus gros mensonges de Trump est la mise en scène du 13
juillet 2024 à Butler. C’est un mensonge tellement énorme que personne
n’ose le dénoncer publiquement, parce que l’idée même d’un tel mensonge
paraît obscène, insupportable, indicible. Tout le monde préfère faire
semblant d’y croire que de se risquer à une accusation aussi grave.
C’est une bonne illustration de la « loi du gros mensonge » énoncée par
un célèbre Autrichien moustachu en 1925 : la masse populaire écrit-il, «
sera plus facilement victime d’un grand mensonge que d’un petit » car «
elle ne commet elle-même, en général, que de petits mensonges, tandis
qu’elle aurait trop de honte à en commettre de grands. » (Il ajoute que
« ceux qui connaissent le mieux cette vérité […] ont été de tous temps
les Juifs. »)
Trump et Epstein
Quatrième clé : Trump a été élu sur la promesse de déclassifier le
dossier Epstein. Or, une fois à la Maison Blanche, personne ne s’est
opposé plus fermement à cette déclassification, parlant du dossier
Epstein comme d’un « canular démocrate ». « Cela va nuire à mes amis »,
aurait dit Trump à Marjorie Taylor Green pour la dissuader de se joindre aux Démocrates dans une résolution visant à exiger cette déclassification. MTG fait encore cette révélation stupéfiante :
« Trump m’a envoyé un SMS pour me dire que si mon fils venait à être
tué, je le mériterais parce que je l’avais trahi. Voilà quel genre de
président nous avons. »
Trump a tout fait pour empêcher que les dossiers Epstein ne soient rendus publics. Et pour cause : son nom apparaît plus de 38 000 fois dans
les documents récemment divulgués. C’est le nom le plus souvent
mentionné. On trouve dans ces documents des allégations contre lui de viols sur des filles de 13 à 15 ans,
dans son club de golf en Californie. Rien de cela n’est vraiment
nouveau. On savait dès 2021 que les carnets de vol de l’avion d’Epstein
attestent que Trump avait voyagé sept fois sur son avion entre 1993 et
1997, alors qu’il prétendait n’y être jamais monté. Trump et Epstein
étaient voisins à Palm Beach en Floride (leurs résidence se trouvaient à
3 kilomètres l’une de l’autre), et ont été très proches pendant 15 ans.
On dispose maintenant de nombreux échanges de courriels entre Trump et
Epstein, mais dès 2002, il avait déclaré au New York magazine en
2002 : « Je connais Jeff depuis 15 ans. Un mec super. On s’amuse
beaucoup avec lui. Il aime les belles femmes autant que moi, et
certaines sont dans la catégorie jeune (on the younger side). » Il existe une multitude de photos de Trump avec Guislaine Maxwell et Jeffrey Epstein, et des images vidéo d’une fête organisée en 1992 par Epstein à Mar-a-Lago (villa de Trump à Palm Beach), avec de jeunes adolescentes.
Trump est un délinquant sexuel avéré, qui a fait l’objet de 28
plaintes pour harcèlement ou viol. Il s’est lui-même vanté de
s’introduire dans les vestiaires des jeunes filles concourant dans les
concours de beauté dont il est propriétaire. Dans un enregistrement audio datant de 2006, il déclare que sa limite d’âge minimale pour coucher avec une fille est de 12 ans.
Il n’y avait donc aucune raison objective de penser que Trump n’était
pas l’un des hommes les plus compromis dans le trafic sexuel d’Epstein.
Mais Trump nous a bluffé par la méthode Roy Cohn. Avant même que
l’affaire ne l’éclabousse, il a pris les devants pour se mettre du côté
des accusateurs, et même s’arranger pour apparaître comme celui qui a
fait tomber Epstein, tout en lançant des accusations contre tous ses
adversaires, démocrates en priorité. Ce n’est pas une coïncidence si le
mouvement QAnon, dénonçant les élites pédophiles démocrates, a pris de
l’ampleur au moment où le scandale Epstein faisait la une de la presse
grand public.
N’oublions pas aussi que Trump était au pouvoir lors du « suicide »
d’Epstein, qui était certainement soit un assassinat, soit une
exfiltration. Il était très déraisonnable d’avoir préféré soupçonner les
Clinton.
Pour conclure sur la proximité entre Trump et Epstein, il faut encore
mentionner que Melania Trump est issue de ce milieu (Melania est
slovène, bien que Trump l’ait présentée originellement comme autrichienne). Il existe une déposition d’un proche d’Epstein affirmant
que c’est Epstein qui l’a présentée à Trump. On peut choisir de croire
Melania, qui vient de démentir publiquement cette allégation, mais la
version officielle n’est pas beaucoup plus honorable: Melania aurait été
présentée à Trump par Paolo Zampolli,
propriétaire d’une agence de mannequins recrutant en Europe de l’Est,
proche de Jeffrey Epstein et de son partenaire français Jean-Luc Brunel.
La modèle brésilienne Amanda Ungaro, amante de Zampolli pendant vingt
ans et mère de son fils, que Zampolli a demandé à Trump de faire
déporter il y a quelques mois par ICE, vient de livrer son témoignage accablant sur la proximité de Donald et Melania Trump avec Epstein. Zampolli, affirme-t-elle, recrutait des filles pour Epstein. Zampolli, marchand de mannequin par profession, est maintenant un envoyé spécial de Trump.
Enfin, rappelons qu’Erika Kirk, dont le comportement après l’assassinat de son mari (10 septembre 2025) a été pour le moins étrange, est une créature de Trump. En 2012, Erika était Miss Arizona dans un concours qui est la propriété de Donald Trump. Selon certaines rumeurs, elle aurait été présentée à Charlie Kirk par Donald Trump.
La chute
Trump est un con-artist ou con-man. On traduit
généralement ces expressions par « escroc », mais le mot anglais a une
connotation de manipulation psychologique plus forte que « escroc ». Con est un raccourci pour confidence : le con-artist est
quelqu’un qui gagne la confiance de ceux qu’il veut escroquer. Il crée
un rapport d’empathie et de confiance. C’est un “artist” dans le sens où
son savoir-faire est sophistiqué et peut s’apparenter à une forme de
génie. Il est un peu comme un prestidigitateur.
Trump correspond au profil du con-artist tel qu’il est analysé par Maria Konnikova dans The Confidence Game, où elle écrit : « Le véritable con-artist ne
nous oblige à rien ; il nous rend complices de notre propre perte. Il
ne nous vole rien. C’est nous qui lui donnons. » Il ne nous contrôle
pas, c’est nous qui nous livrons à lui.
Cependant, arrive généralement un moment où la victime du con-artist comment à se poser des questions. Ainsi, parmi les déçus de Trump, l’idée d’un faux attentat à
Butler a récemment commencé à se répandre, depuis la révélation de Joe
Kent sur les obstructions de Trump à toute enquête (lire la discussion
lancée par Trisha Hope et relayée par Marjorie Taylor Green, ou ce post mentionnant Tim Dillon et Emerald Robinson).
Mentir demande toujours une bonne dose d’énergie mentale, même pour
un menteur aguerri comme Trump, car l’homme qui ment comme il respire
doit constamment se rappeler les mensonges qu’il a déjà proférés pour ne
pas se contredire. Le vieillissement s’accompagne d’une baisse
d’énergie mentale, et Trump s’emmêle constamment dans ses mensonges. Il
n’a plus la vigilance nécessaire pour savoir où s’arrêter, ni même
probablement la volonté de rester crédible. Il ment par habitude. Non
seulement, il ne maîtrise plus l’art du mensonge, mais ses propos
délirants rendent sa pathologie narcissique évidente. En janvier, par
exemple, un correspondant du New York Times a
demandé à Trump s’il voyait des limites à l’exercice de son pouvoir à
l’échelle mondiale. « Oui, il y en a une. Ma propre morale. Ma propre
conscience. C’est la seule chose qui puisse m’arrêter », a-t-il répondu,
ajoutant : « Je n’ai pas besoin du droit international. » Nous avons à
faire à un dangereux narcissique mégalomane.
Outre Tony Schwartz, le ghost-writer de Trump cité plus haut, nombreuses sont les personnes qui, après avoir fréquenté ou étudié Trump, ont reconnu en lui un narcissique profond. En 2019, George Conway écrivait pour la revue The Atlantic un
article posant ce diagnostic, avec de nombreux témoignages à l’appui.
En relisant son article aujourd’hui, on est frappé par l’évidence, cette
évidence que nous avons refusée de voir, parce qu’elle nous était
présentée par les Démocrates, que nous jugions totalement inaudibles.
Selon le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (MSD en
anglais), «le trouble de la personnalité narcissique se caractérise par
une tendance omniprésente à la mégalomanie, au besoin d’adulation et au
manque d’empathie. » Le narcissique est absorbé par le sentiment de sa
propre grandeur, et obsédé par le besoin de projeter une image grandiose
de lui-même. Le diagnostic de narcissisme recoupe celui de la
sociopathie ou psychopathie, un trouble de la personnalité caractérisé
par une soif de pouvoir et une tendance à la manipulation. Le
narcissique psychopathe pompe votre énergie mentale et neutralise votre
volonté de résistance. Le témoignage de Tucker Carlson dans son interview avec le New York Times publié
ce 2 mai, est à ce titre intéressant. Carlson évoque le pouvoir «
envoûtant » de Trump, qui « a pour effet d’affaiblir les gens qui
l’entourent, de les rendre plus dociles et plus désorientés. J’en ai
moi-même fait l’expérience. Vous passez une journée avec Trump et vous
vous retrouvez dans une sorte de monde onirique (dreamland). » Ce qu’il décrit là est un environnement sectaire.
Le narcissisme et la mégalomanie de Trump se manifestent aujourd’hui
dans ses projets de monuments à sa gloire. Tout récemment, il annonce la
construction à Washington d’un arc de triomphe de
75 mètres de hauteurs (trois fois plus haut que celui de Napoléon à
Paris). Cet « Arc de Trump », comme il est déjà appelé, sera « le plus
grand et le plus beau arc de triomphe au monde », a posté Trump sur son
Truth Social (en majuscule bien sûr), trois jours après avoir annoncé le
cessez-le-feu avec l’Iran.
Peu avant, il a présenté son projet de bibliothèque présidentielle de Trump à
Miami, un gratte-ciel gigantesque qui serait aussi (surtout) un hôtel,
exhibant dans le hall d’entrée l’avion Air Force One et comprenant une
immense salle de spectacle avec une gigantesque statue dorée de Trump
(voir la parodie ici).
Ses projets mégalomaniaques comprennent également la construction d’une
salle de bal de 400 millions de dollars dans l’aile Est de la Maison
blanche, pour laquelle il a fait raser un bâtiment historique classé.
Ajoutons à cela la décision de Trump d’ajouter son nom au complexe
artistique et à la salle de concert du Kennedy Center, rebaptisé Trump
Kennedy Center. Il a également inscrit son nom sur l’aéroport de Palm
Beach, sur l’Institut américain pour la Paix, sur le boulevard menant à
Mar-a-Lago, et projette de mettre sa signature sur les nouveaux billets
américains. De son propre aveux, il a envisagé de renommer le Golfe du
Mexique le Trump Gulf, plutôt que le Golfe de l’Amérique. Et voilà qu’il
a décidé de mettre sa photo et sa signature en lettres dorées sur les passeports américains.
La pathologie de Trump est aujourd’hui un sujet mainstream, et pas
seulement chez les Démocrates. Un ancien avocat de Trump, Ty Cobb, qui a
occupé le poste de conseiller spécial à la Maison Blanche pendant son
premier mandat, déclare publiquement qu’il
« a constaté une détérioration significative de l’état mental de Trump
et que celui-ci n’est pas apte à exercer ses fonctions ». The Atlantic rapporte
le témoignage d’un proche de longue date de Trump qui a souhaité rester
anonyme : « Trump répète depuis peu qu’il est l’homme le plus puissant
qui ait jamais existé. Il veut qu’on se souvienne de lui comme de celui
qui a accompli ce que personne d’autre n’aurait pu faire, grâce à son
immense pouvoir et à sa force de volonté. » Le 17 avril, le Washington Examiner titre « Donald Trump perd la tête »:
« Un homme de 79 ans qui a longtemps semé le chaos est aujourd’hui
rongé par ce chaos. Ses crises se multiplient, ses bons jours se font de
plus en plus rares. Ce qu’il a perdu, ce n’est pas le sens de la
décence ou des bonnes manières—il n’en a jamais eu—, mais le peu de
maîtrise de soi qui lui restait. Tout son entourage s’en rend compte.
Pourtant, que ce soit par ambition, par lâcheté ou par résignation, ils
continuent de chercher des moyens de rationaliser son comportement. La
tragédie n’est plus celle de Trump. C’est désormais celle de l’Amérique.
»
Laurent Guyenot