vendredi 26 juin 2026

Di. 28/6 à 20h30 Prof. Brian Hooker: 100 études montrent que les non-vaccinés sont en meilleure santé!

 Entretien à propos du livre vacciné vs non-vaccinés publié avec Robert Kennedy Junior

Les non vaccinés sont-ils en meilleure santé que les autres? La réponse est oui, mais les autorités de santé s’évertuent à le cacher. Aux Etats-Unis, cela fait des décennies que les parents, les chercheurs indépendants et les avocats exigent qu’on leur montre les études comparant la santé des vaccinés aux non-vaccinés. Mais ils se heurtent à un refus catégorique.

C’est un combat sans relâche qui est mené à coups d’actions en justice, de requêtes administratives, d’études privées ou même de films documentaires.

Et parmi les centaines de personnes engagées, il y a des personnalités incontournables: on pense au Dr Andrew Wakefield, à Del Bigtree, Mary Holland ou Robert Kennedy Junior, mais le scientifique derrière tous leurs projets c’est Brian Hooker!

Essentiel News a déjà eu le privilège de l’accueillir pour la soirée de lancement du film « Spellers » en français, avec le Dr Louis Fouché, Dawnmarie Gaivin et Caroline Duchène.

Cette fois-ci, nous le retrouvons en tant que coauteur du livre «Vacciné, Non-Vacciné: qui est en meilleure santé? Que dit la science?». Paru en 2023, ce recueil d’études et d’argumentaires conçu avec Robert Kennedy Junior est tout à fait complémentaire au documentaire « une étude qui dérange » que Del Bigtree est venu présenter à Paris il y a quelques semaines.

Un homme d’exception

Brian Hooker est une pointure dans le domaine. Son CV impressionne: biologiste moléculaire, ingénieur chimiste et éminent scientifique titulaire de cinq brevets américains, auteur de plus de 90 publications scientifiques évaluées par des pairs, professeur émérite de biologie à l’université Simpson et directeur scientifique de Children’s Health Defense.

Brian est également père d’un fils autiste victime d’un effet indésirable lié à la vaccination. C’est lui le scientifique que William Thompson a contacté pour confesser que le CDC (Centre pour le contrôle et la prévention des maladies) avait falsifié l’étude de référence réfutant le lien entre l’autisme et les vaccins ROR. C’est lui qui avait enregistré les aveux du chercheur à son insu et qui avait rendu ces informations publiques dans le film « Vaxxed, de la dissimulation à la catastrophe », en collaboration avec le Dr Andrew Wakefield et Del Bigtree.

Brian a également apporté une contribution majeure dans la recherche sur la toxicité du mercure et de l’aluminium dans les vaccins. Et il a coécrit des articles sur la biologie de l’autisme avec des neuroscientifiques tels que Martha Herbert, professeure à la Harvard Medical School.

Ce sont donc ces décennies d’investigation dans la science vaccinale qui lui ont permis de rechercher et rassembler une série d’articles attestant de la meilleure santé des personnes non-vaccinées.

Un livre de référence pour se donner les moyens d’agir



Avant de plonger dans le vif du sujet, Brian revient sur quelques moments forts de ses combats, notamment l’épisode avec William Thompson, le scientifique du CDC. Il explique ensuite le contexte dans lequel le livre est né, en réponse à la censure particulièrement féroce. Le livre, dit-il, est pensé comme un manuel qui doit permettre aux parents et aux médecins de s’informer, et de se défendre face à des politiques vaccinales autoritaires.

Il présente d’abord les données générales qui comparent les résultats de santé sur de nombreuses affections courantes, en particulier dans le domaine neurologique et immunitaire, chez les vaccinés et les non-vaccinés. Ensuite, il expose des problèmes liés à des vaccins ou conditions spécifiques. Par exemple, les vaccins ROR, DTP, les vaccins contre la grippe, le papillomavirus, les vaccins contre le Covid ou encore l’administration des vaccins durant la grossesse. L’ouvrage est particulièrement bien documenté. Il propose des présentations claires avec des graphiques simples et liste toutes les références scientiques avec un index.

Dans la seconde partie, les lecteurs peuvent découvrir toute la correspondance que Kennedy a entretenue avec les responsables du département de la santé, à l’époque il s’agissait entre autres d’Anthony Fauci, pour tenter d’obtenir les études et les données censées démontrer la sûreté et l’efficacité des vaccins.

Quelles sont les études les plus convaincantes?

Certains vaccins sont-ils pires que d’autres?

Quelles ont été les réactions suite à la publication de cette ‘bombe’? Et que pense-t-il de la situation actuelle avec Robert Kennedy Junior à la tête de la santé publique?

Un entretien passionnant avec un scientifique courageux, tenace et chaleureux.

De la poussière et des empires - Dr. Pamela Chrabieh

 

Il est des jours où l’on ressent le besoin impérieux de refermer les portes, de couper les signaux et de se retirer du grand théâtre des vanités sociales. Non par misanthropie, mais par pure nécessité de salubrité mentale. Quand le calendrier ramène une date personnelle, la coutume exige que l’on se prête au jeu des bilans et des réjouissances programmées. Cette fois, pourtant, l’élan n’y est pas. La pudeur et l’usure imposent l’intime. Sous un ciel confisqué par le bourdonnement ininterrompu des drones, célébrer sa propre trajectoire semble presque anachronique, tant l’urgence est ailleurs, dans la simple (Ô COMPLEXE!) tentative de rester humaine au milieu du naufrage.

Quand on prend un peu de hauteur pour observer cette espèce curieuse et destructrice à laquelle nous appartenons, le vertige balance entre les larmes et un rire profondément amer. Quel est donc ce mal incurable qui pousse l’humain à tout saccager sur son passage, la terre, la langue, la culture, ses semblables…,, dans une course effrénée aux ambitions grotesques et aux micro-pouvoirs de salon? La règle générale semble être celle d’un aveuglement suicidaire: détruire le monde en oubliant, ou en feignant d’ignorer, que l’on s’anéantit soi-même dans l’opération. Nous sommes de bien petits êtres, terriblement vulnérables face à l’immensité d’un univers qui se passe fort bien de nous, et pourtant, nous réussissons l’exploit d’être infiniment cruels les uns envers les autres, érigeant des inégalités monstrueuses en lois de la nature.

Comme le suggère mon dessin, notre architecture intérieure se trouve elle-même géométrisée par le choc, fragmentée en éclats polychromes de bleu, d’ocre et de sang. Le visage de l’époque n’est plus lisse; il est un patchwork de lignes de faille, une mosaïque de craquelures qui rappelle les fresques anciennes oubliées sous les décombres. Lever les yeux vers le ciel ne relève plus d’une quête de transcendance ou de poésie, mais d’une confrontation directe avec le prédateur technologique. Un œil mécanique, ce drone suspendu au-dessus de nos têtes, calcule méticuleusement notre insignifiance matérielle, transformant le natal en un simple quadrillage tactique pour des empires lointains.

Ici, le décor de la farce est particulièrement soigné. Les terres restent occupées, les zaïms trônent immuablement sur les mêmes chaises dorées qu’ils ont payées de nos vies, et les tribunes sont quotidiennement saturées par les haineux professionnels et les ignorants fiers de l’être. Voir la médiocrité triompher avec une telle assurance, pendant que les consciences lucides s’épuisent dans le silence, inspire un dégoût que l’on ne sait plus comment formuler. Les empires évaluent la quantité de décombres acceptables à la bourse de leurs intérêts, tandis que leurs sous-traitants locaux gèrent les débris avec la déférence de parfaits majordomes. Le dictionnaire de la colère est épuisé. Les mots eux-mêmes semblent fatigués de devoir décrire les mêmes infamies depuis des décennies.

On se surprend donc à contempler notre propre fragilité comme le seul territoire qui n’a pas encore été entièrement colonisé par leur bruit. Être vulnérable, aujourd’hui, ce n’est pas une faiblesse, ni cette prétendue vertu thérapeutique que le monde moderne aime labelliser, mais c’est le dernier certificat d’humanité disponible. C’est la preuve que la peau est encore poreuse à la douleur des autres, que le cœur n’a pas adopté le cynisme des bourreaux et que l’esprit refuse la lobotomie ambiante. Nous sommes faits de poussière, d’étoiles et de larmes, coincés entre des puissances qui nous dépassent et des dirigeants qui nous rétrécissent. Les empires s’effondrent toujours sous le poids de leur propre démesure, ne laissant derrière eux que de la cendre et des lignes de texte dans les manuels d’histoire, tandis que la terre, elle, conserve la mémoire des pas disparus.

Demain sera un jour ordinaire dans le calendrier du monde, une simple rotation de la terre sous les trajectoires balistiques. Je n’attends pas de miracle, ni de décret diplomatique, ni de sursaut de sagesse de la part des termites qui gouvernent les ruines. À l’image de ce visage fragmenté qui refuse de baisser le regard face au métal volant, je m’installe simplement dans ce reste de silence intérieur, ce refuge frêle mais inviolable, pour constater sans emphase que le souffle est toujours là. Et dans ce monde malade, préserver sa dignité, sa lucidité et sa capacité à s’émouvoir reste la plus belle, la plus silencieuse des insurrections.

* Dessin: “De la poussière et des empires” (une de mes oeuvres hybrides, sketch sur papier et Procreate, 2026).

Neutrality Studies Weekly Recap #25

dimanche 21 juin 2026

Ce soir 21/6 à 20h30 "Comment s'aider des neurosciences pour traverser le réel"? Entretien avec Jean-Dominique Michel

 

Sérieusement, qui croit encore aux intrigues “Trump vs Bibi” ?

Source :  https://lesakerfrancophone.fr/serieusement-qui-croit-encore-aux-intrigues-trump-vs-bibi

Le mélodrame Trump vsNetanyahu n’a pas pour objectif de freiner Israël. Il ne sert qu’à gérer l’opinion occidentale.


Par Karim – le 20 juin 2026 – BettBeat Media

À l’aube du vendredi 19 juin, les avions de combat survolaient déjà le sud du Liban. Au lever du soleil, le ministère libanais de la Santé dénombrait près de cinquante morts et près d’une centaine de blessés à Tyr, Nabatieh et Kfar Tebnit, des villages dont les noms ne viendront jamais perturber la prononciation des présentateurs américains. L’armée israélienne a annoncé une campagne de grande envergure contre ce qu’elle a qualifié d’“infrastructures du Hezbollah”, visant plus de cent cinquante cibles en une seule nuit, présentée comme une riposte à de prétendues violations du cessez-le-feu. Ben-Gvir, ce voyou condamné qui ordonne à ses soldats de diffuser en direct sur son ordinateur personnel la torture et les agressions infligées à des victimes palestiniennes et dirige la police du pays en la transformant en une dystopie fasciste de dépravation, a publié un message affirmant que le Liban doit être entièrement réduit en cendres. Smotrich, qui a passé deux ans à se présenter comme ministre des Finances de la faminea exigé que les portes de l’enfer soient ouvertes.

C’est le matin du jour où on nous a demandé, une fois encore, de nous émerveiller devant la prétendue “rupture” entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu.

YouTubeBing et même DuckDuckGo ont effacé les informations indiquant que des soldats israéliens ont reçu l’ordre de diffuser en direct les horribles actes de torture et d’agression infligés à des victimes palestiniennes pour satisfaire les désirs personnels de Ben-Gvir.

La presse américaine, que j’appelle les “médias d’État d’entreprise”, ces sténographes dociles qui ont depuis longtemps renoncé aux prérogatives du journalisme au profit du confort d’un traitement de faveur, nous a proposé le dernier épisode du feuilleton. Trump était perturbé. Trump était furieux. Trump a hurlé au téléphone. Dans un podcast, le président lui-même a raconté un appel houleux au cours duquel il aurait demandé à Netanyahu s’il a perdu la tête en prolongeant la guerre au Liban, rappelé au Premier ministre que sans la protection américaine, Israël n’existerait tout simplement pas, et laissé la fuite suivre son cours habituel, vers une presse avide de transformer un différend commercial en drame moral. Le vice-président, J. D. Vance, a fait le tour des émissions dominicales pour afficher sa déception chorégraphiée, son inquiétude aux sourcils froncés pour un allié en difficulté qui a besoin, selon ses propres termes, “de se réveiller !”

Puis, après avoir formulé ces répliques, ce même Vance s’est présenté au pupitre de la salle de presse James Brady et, dans un élan de franchise involontaire, a démoli toute la mise en scène. En clôturant sa conférence de presse sur le nouveau protocole d’accord avec l’Iran, il a averti les détracteurs israéliens de l’accord que Trump reste le seul dirigeant étranger encore favorable à leur cause, que les États-Unis sont le dernier puissant protecteur dont dispose Israël, et que, soit dit en passant

“les deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre patrie [Israël] ont été fabriquées par la maind’œuvre américaine et financées par l’argent des contribuables américains”.

Voilà, en une phrase, le show dans toute son essence. Les bombes qui sont tombées sur Tyr à quatre heures du matin étaient américaines. Les bombes non guidées d’une tonne qui ont pulvérisé des immeubles entiers à Dahiyeh étaient américaines. Les bombes anti-bunker qui ont transpercé les dalles de béton dans la banlieue sud de Beyrouth étaient américaines. Les F-35 qui les ont larguées, les kits de guidage qui les ont orientées, les données de ciblage qui les ont sélectionnées, tout cela était américain. Et les morts, bien entendu, sont libanais.

Il n’y a pas de divergence entre un roi et son intendant.

On nous demande de croire que l’État le plus dépendant militairement de la planète, un pays dont l’armée de l’air vole sur des avions américains et dont le Trésor public repose sur les subventions américaines, mène une campagne de destruction régionale au mépris des souhaits explicites de son unique protecteur.

Les comptes

Voyons ce que les comptables impériaux ont accompli pendant que les courtisans jouaient leur pantomime des consciences. En janvier, avant même que la guerre contre l’Iran n’ait commencé, l’administration Trump a donné son feu vert à environ sept milliards de dollars de nouveaux transferts d’armes vers Israël, auxquels s’ajoutaient, pour faire bonne mesure, neuf milliards supplémentaires en missiles Patriot destinés aux Saoudiens. Fin avril, au cours d’une opération logistique menée en 24 heures, le Pentagone a livré quelque 6 500 tonnes de munitions et d’équipements à Israël par voie maritime et aérienne, une procession de camions, de bombes et d’encore de camions pour transporter ces bombes. Le 2 mai, tandis que les caméras suivaient les appels téléphoniques rageurs et les crises d’hystérie sur Truth Sociall’administration Trump a discrètement levé la procédure habituelle d’examen par le Congrès afin d’accélérer la livraison de près de neuf milliards de dollars de missiles de défense aérienne et de systèmes de guidage laser à Israël et aux monarchies du Golfe. Les chèques n’ont jamais cessé d’être signés pendant la guerre. Au contraire, leur rythme s’est accéléré.

Ce n’est pas une relation en crise. Elle est à son apogée. Le flux de munitions s’est amplifié sous Trump, et non réduit. Les fictions humanitaires de convenance que l’administration Biden feignait parfois de faire respecter ont été officiellement abandonnées. Les bulldozers qui rasent les maisons palestiniennes à Tulkarm arrivent désormais avec la bénédiction officielle d’une Maison Blanche qui a décidé de ne plus faire semblant.

Lorsque les responsables américains se tordent les mains en public face à un Netanyahu hors de contrôle, ils nous disent, dans un rare moment d’honnêteté théâtrale, qu’ils ont choisi de financer le massacre tout en niant en être les auteurs. Le doigt pointé sert d’alibi. L’accord scellé est la politique.

Pourquoi ce numéro ?

Le mélodrame Trump vsNetanyahu n’a pas pour objectif de freiner Israël. Il ne sert qu’à gérer l’opinion occidentale. Les spectateurs qui, sinon, pourraient être scandalisés à la vue de mères déterrant leurs enfants sous des décombres de béton pulvérisé sont ainsi apaisés par l’idée que quelqu’un, quelque part à Washington, est en colère en leur nom. Les propos grossiers divulgués et les briefings officieux font croire à un conflit entre un souverain impérial sceptique et son client désobéissant, et ces apparences portent leurs fruits. Les bombes continuent de tomber. Les cadavres s’accumulent. Mais la conscience de l’empire a été soulagée, tandis que les valeurs morales de la classe consommatrice ont été préservées.

Le plus ancien rituel du pouvoir revient à mettre en scène le remords sans l’éprouver. Le Sénat romain pouvait pleurer la destruction de Carthage alors même que l’on versait du sel sur ses champs. Le Parlement britannique pouvait adopter des résolutions humanitaires pendant la famine du Bengale tandis que les navires chargés de céréales mettaient le cap sur l’Europe. Ces mêmes pratiques sont aujourd’hui mises en œuvre par une classe de “professionnels du regret” qui envahissent nos chaînes d’information en continu et les postes de sous-secrétaires adjoints à Foggy Bottom [quartier de Washington]. Ils sont profondément désolés de ne pouvoir, en toute bonne conscience, cesser de poursuivre leur œuvre.

On nous demande donc de croire à l’incroyable. On nous demande de penser que l’État le plus dépendant militairement de la planète, un pays dont l’armée de l’air pilote des avions de chasse américains et dont le Trésor public repose sur les subventions américaines, mène une campagne de destruction régionale au mépris des exigences explicites de son unique protecteur. On nous demande de croire que les volontés de l’empire restent lettre morte parce que Bibi (comme je déteste ce nom de nounours) refuse de décrocher le téléphone. On nous demande de constater le flux manifeste de neuf milliards de dollars de livraisons supplémentaires de munitions et d’en conclure que la rupture est consommée.

La crédulité requise pour gober ce tour de passe-passe est stupéfiante. Et pourtant, il fonctionne, semaine après semaine, sur ceux qui s’estiment bien informés. Il fonctionne parce que l’alternative est insupportable. Reconnaître que ce carnage n’est pas un dysfonctionnement de la politique américaine, mais bien sa mise en œuvre réussie, revient à reconnaître ce que nos propres impôts ont financé.

“L’Iran a gagné la guerre”

Dans ces recoins d’internet qui se targuent de dissidence, une fiction différente s’est imposée. Les porte-parole de la frange anti-impérialiste ont déclaré que l’Iran a gagné, que Netanyahu a été mis sur la touche, que le protocole d’accord signé cette semaine représente une humiliation du projet sioniste et l’aube d’une ère multipolaire.

La naïveté des milieux de gauche anti-impérialistes laisse pantois.

Même si j’aurais tant aimé que ce soit vrai, mais nous sommes là aussi en pleine mise en scène, destinée à un public différent.

Le protocole d’accord qui a “mis fin” à la guerre reporte toutes les questions de fond, tout en offrant, dans l’immédiat, la seule chose qui importe réellement au capital mondial : la réouverture du détroit d’Ormuz. Israël a annoncé que, quoi qu’aient signé les Américains, ses troupes resteront au Sud-Liban et qu’il ne se considère pas lié par une quelconque cessation des hostilités impliquant le Hezbollah. L’armée israélienne occupe le territoire libanais en ce moment même. Les bombes tombent en ce moment même. Les ministres d’extrême droite appellent à mettre le feu à tout un pays en ce moment même.

Si c’est à cela que ressemble la victoire, on frémit rien qu’à l’idée de la défaite.

La thèse selon laquelle “l’Iran l’a emporté” est la jumelle dialectique de celle de la “rupture entre Trump et Netanyahu” . Toutes deux servent à occulter la même réalité brute, à savoir que la machine impérialiste a étendu sa guerre, tué un chef d’État, dévasté une région et obtenu une trêve de soixante jours qu’elle peut rompre quand bon lui semble. Les médias indépendants qui colportent le récit de la victoire offrent à leurs lecteurs un analgésique réconfortant, celui-là même qu’ils dispensent pour évoquer le monde multipolaire anti-impérialiste que la Russie et la Chine seraient en train de bâtir, un monde qui n’existe pas. Les médias mainstream offrent à leurs spectateurs une formule différente de la même drogue : l’analgésique du coup de fil courroucé, des propos grossiers divulgués, les sourcils froncés du vice-président. Ces deux narcotiques s’adressent à la même pathologie : l’incapacité à affronter ce qui est fait en notre nom et avec notre argent.

Les politiciens et les journalistes nous raconteront bien des histoires sur les événements, mais la seule qui compte est de savoir qui détient les armes et qui en fait les frais. Le reste n’est que du cinéma.

Le silence du Sud

Alors que l’on compte les corps au Liban, le monde politique du soi-disant Sud global a choisi de se livrer à sa propre mise en scène élaborée faite d’absence. Le président et le ministre des Affaires étrangères iraniens ont lancé, à plusieurs reprises et publiquement, un appel au bloc des BRICS, dont l’Iran est membre depuis 2024, pour qu’il rompe son silence sur la guerre menée contre lui. Le bloc, composé du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine, de l’Afrique du Sud et des nouveaux membres issus du Golfe, n’a pas bronché.

Un regroupement d’États qui se présente comme l’alternative à l’hégémonie américaine est incapable, alors qu’un de ses membres permanents est bombardé et que son chef d’État est assassiné, de publier un communiqué de presse. Deux réunions consécutives des BRICS en Inde ce printemps n’ont pas permis de dégager un consensus sur la formulation permettant de désigner les agresseurs. L’Iran a exigé une condamnation. Les Émirats, dont les bases aériennes sont utilisées par les avions ravitailleurs américains, l’ont rejetée. L’Inde, qui assure la présidence, a préféré garder le silence.

La raison de cette paralysie n’est un mystère pour personne. L’Inde, en la personne du Premier ministre Modi a récemment élevé les relations de son pays avec Israël au rang de ce que New Delhi appelle un “partenariat stratégique spécial”, s’est rendue à Jérusalem quelques jours avant le début de la guerre, a embrassé Netanyahu à la Knesset, puis a livré l’Iran aux griffes de l’ennemi avec toute la chaleur d’un César livrant un chef vaincu. Les Émirats ont refusé de laisser le bloc dénoncer ce qui venait d’être infligé à son tout nouveau membre. L’ordre multipolaire tant vanté s’est révélé, au seul moment critique, n’être qu’un forum courtois destiné à gérer certaines contradictions, et non un contrepoids à la violence américaine.

Le rôle de médiateur est finalement revenu au Pakistan. Les BRICS ont brillé par leur absence.

Telle est la vérité que les romantiques de la multipolarité ne supportent pas d’examiner. Le capital ne respecte pas les discours des présidents. Les flux commerciaux, d’armes et d’énergie lient les grands États du Sud au centre impérial bien plus étroitement que la rhétorique de solidarité ne les lie les uns aux autres. Lula peut prononcer de beaux discours sur Gaza. Poutine peut qualifier la guerre d’illégale. Aucun d’entre eux n’a imposé de sanction ni interrompu une livraison à l’État qui occupe la Palestine et le Liban. Le bloc censé inaugurer un nouvel ordre mondial n’a pas su trouver la cohésion nécessaire pour défendre l’un de ses propres membres contre l’anéantissement, et cette réalité, plus que n’importe quel communiqué, sonne le glas du projet tel qu’actuellement constitué.

Ce qui compte

Les politiciens et les journalistes nous raconteront bien des histoires sur les événements, mais la seule qui compte est de savoir qui détient les armes et qui en fait les frais. Le reste n’est que du cinéma.

Telle est la rigueur qu’exige un bilan honnête du moment présent. La mise en scène est impressionnante. Elle est omniprésente. Elle comprend des enregistrements téléphoniques divulgués, des photos de sommets, des communiqués ministériels, des confessions dans des podcasts, des sondages d’opinion évaluant si les Israéliens estiment avoir gagné la guerre, des tribunes débattant de la question de savoir si Trump se retourne enfin contre Bibi, et des fils de discussion d’analystes capables de réciter par cœur toutes les formations politiques de la Knesset mais incapables de se résoudre à compter les morts à Nabatieh.

L’artillerie, c’est l’artillerie. Elle est américaine. Elle est expédiée depuis Douvres et Norfolk, et depuis le stock stratégique situé en Israël même, celui que Washington conserve sur le sol israélien depuis les années 1980 précisément dans ce but. Elle arrive dans les cales de cargos à Ashdod et Haïfa, six mille tonnes par jour, cent quinze mille tonnes par mois, puis est chargée dans des camions et à bord d’avions qui les larguent sur les villages du sud du Liban, les camps de Cisjordanie et les champs de ruines de Gaza, où elle tue des enfants dont les noms ne seront jamais prononcés sur CNN.

Le ministère libanais de la Santé estime le nombre de morts causés par les frappes israéliennes depuis le mois de mars à bien plus de trois mille cinq cents, et à plus de onze mille blessés. C’est un chiffre que vous n’entendrez pas sur les chaînes d’information en continu, obsédées par la dernière crise de folie de Trump. Ajoutez-y les morts de Gaza, qui ont depuis longtemps basculé dans une réalité statistique où l’arithmétique des valeurs morales ne tient plus la route. Ajoutez-y les Palestiniens abattus à Jénine, Naplouse et Tulkarm par des soldats armés de fusils américains chargés de munitions américaines. Ajoutez-y les Yéménites. Les Syriens. Les Iraniens. L’architecture du massacre est bipartite, multipolaire, généreusement financée et remarquablement efficace.

Le public

C’est le public qui constitue le véritable scandale. Ce public qui regarde le spectacle et pleure devant les lamentations simulées du prince tandis que son armée massacre dans la vallée voisine. Ce public conditionné par des décennies de show impérial à confondre l’apparence de la dissidence avec l’opposition au pouvoir. Ce public qui préfère une fiction apaisante faite de retenue à une prise de conscience authentique de sa complicité.

Nous sommes ce public. Les billets ont été payés avec le sang d’autrui. Les applaudissements ne nous ont encore rien coûté.

Hannah Arendt avait averti que les grands maux du XXe siècle n’ont pas été commis par des monstres, mais par des individus qui ont renoncé à leur esprit critique, qui ont soumis leur jugement à l’autorité et leur conscience à la procédure. Les Eichmann de notre époque portent de beaux costumes et s’expriment sur le ton des podcasts publics. Ils expliquent que la situation est complexe. Ils font remarquer que le Premier ministre est “difficile”. Ils observent que le président “fait ce qu’il peut”. Et ils sont “vraiment désolés pour ces enfants”.

Les bombes tombent. Les usines tournent en continu pour reconstituer les stocks. Le président prend un autre appel téléphonique. Les BRICS publient un nouveau communiqué faisant état de divergences de vues. Les médias indépendants célèbrent une nouvelle victoire de la résistance. Les médias mainstream rapportent une nouvelle fracture au sein de l’alliance.

Et dans les morgues de Tyr et de Nabatieh, les morts sont alignés en longues rangées, et ils se moquent bien de toute cette mise en scène, car les bombes qui les ont tués étaient bien réelles.

Traduit par Spirit of Free Speech