Ralentir et contempler pour survivre et vivre mieux
"Il n'existe rien de constant si ce n'est le changement" BOUDDHA; Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots." MARTIN LUTHER-KING; "Veux-tu apprendre à bien vivre, apprends auparavant à bien mourir." CONFUCIUS ; « Nous savons qu’ils mentent, ils savent aussi qu’ils mentent, ils savent que nous savons qu’ils mentent, nous savons aussi qu’ils savent que nous savons, et pourtant ils continuent à mentir ». SOLJENITSYNE
Le LBD 40 doit être retiré de la liste des armes de maintien de l'ordre
Selon le décompte partiel du collectif Désarmons-les, douze personnes ont perdu un œil dans la répression du mouvement des gilets jaunes. Quatre ont perdu une main. Les tirs de balles en caoutchouc avec les LBD 40 ne sont pas, contrairement à ce qu'affirme la police, imprécis. Enquête.
Derrière les chiffres froids des blessés, il y a des êtres humains, des souffrances, des séquelles qui resteront à vie. Franck, par exemple, a vingt ans. Le premier décembre 2018, il parlait avec sa mère au téléphone pour la rassurer alors que les manifestants étaient nassés autour de la place de l’Étoile. Il est soudain frappé au visage par un projectile tiré par un LBD 40 (lanceur de balles de calibre 40 mm), la nouvelle arme à la mode pour le maintien de l’ordre. Au cours des manifestations parisiennes couvertes par Reflets, nous avons pu constater la présence massive de cette arme dans les mains des forces de l'ordre engagées. Comme s'il était désormais impossible de contenir une manifestation sans cette arme. Qu'il s'agisse de policiers en civil ou de policiers en tenue, tous les groupes croisés disposent de ces lanceurs de balles en caoutchouc. Le LBD 40 a remplacé le "Flash Ball". Il est plus puissant (il porte plus loin) et il est plus précis.
Comparatif des différents lanceurs de balles en caoutchouc réalisé par la police - Document Taranis.
« On voulait marcher symboliquement mais les lacrymogènes tombaient en pluie. On ne pouvait pas fuir, nous étions encerclés », explique Franck d'une voix posée. A terre, après avoir été percuté par un tir de LBD 40, un CRS lui appose une couverture de survie et, contrairement aux devoirs du fonctionnaire de police, celui-ci s’éloigne. Ce sont deux gilets jaunes qui vont le prendre en charge, appeler sa mère et les pompiers. Franck est l’une des douze personnes éborgnées depuis le mois de novembre, selon le décompte partiel du site Desarmons.net. Quatre personnes ont perdu une main dans l'explosion de grenades.
Descriptif du LDB 40 par la police dans un document interne - D.R.
Rarement un mouvement social aura été réprimé aussi violemment. "Le bilan dépasse tout ce que l’on a pu connaître en métropole depuis Mai 68, lorsque le niveau de violence et l’armement des manifestants étaient autrement plus élevés, et le niveau de protection des policiers, au regard de ce qu’il est aujourd'hui, tout simplement ridicule", expliquait le chercheur Fabien Jobard dans un entretien au Monde le 20 décembre dernier.
Comment peut-on intellectuellement justifier des mutilations à vie ?
Dans le même temps, le donneur d'ordre des forces de l'ordre, c'est à dire le pouvoir exécutif, multiplie les appels au calme de la part des manifestants et martèlent que le président Emmanuel Macron a répondu très largement à leurs demandes. Dans les faits, c'est faux, mais cela conforte l'idée selon laquelle les manifestants qui continueraient de manifester n'auraient pas de raison valable de le faire. A tel point que des membres du gouvernement ont employé le terme "factieux" pour les désigner. Difficile pourtant de voir dans les cohortes de parents, de mamies et de papys qui défilent dans les rues de Paris, de dangereux factieux... Est-ce à dire qu'une fois qualifiés de "factieux", le gouvernement trouve intellectuellement acceptable de mutiler à vie des citoyens ?
Steven, blessé le 8 décembre - D.R.
Steven, vingt ans comme Franck, était à la manifestation parisienne le 8 décembre. Il en est revenu avec une fracture ouverte à la main, une autre au tibia.
Steven a été blessé à la main - D.R.
« On était encerclés. Je m’étais pris la tête avec des casseurs. Au début, j’ai cru que c’était eux. Mais non. J’ai pris une balle de LBD 40 dans le tibia et des coups de matraque sur la main. J’ai perdu connaissance et je me suis réveillé à l’hôpital », confie-t-il.
Le tir de LBD a provoqué une fracture ouverte du tibia - D.R.
Là, sa porte est gardée par deux policiers qui ne lui adressent pas la parole. Il comprend qu’il est en garde à vue. Comme Franck, il venait de Haute-Marne. A l’hôpital, sa demande de voir un avocat reste sans réponse. Il ne sera jamais interrogé et, soudainement, les policiers quittent le pas de sa porte. Il ne les reverra pas, pas plus que son téléphone. Aucun document ne lui sera remis. Il ne sait pas si des charges ont été retenues contre lui. Il garde toutefois de l'aventure un souvenir cuisant : deux mois en fauteuil et 45 jours d’incapacité temporaire de travail (ITT).
Créer un sentiment de peur et de sidération ?
L’effet recherché par la répression violente qui s’est abattue sur les gilets jaunes est sans doute de les épouvanter pour que le nombre de manifestants baisse. Le résultat est toutefois inverse. Tous les blessés interrogés par Reflets affirment que leur détermination est renforcée.
Jim venait pour sa par de l’île d’Oléron, avec sa femme, pour participer à la manifestation du 8 décembre à Bordeaux. « On ne connaissait pas la ville. On a essayé de partir par les petites rues mais les policiers en civil bloquaient et nous tiraient dessus. J’ai voulu protéger ma femme, indique-t-il. Après… Je ne me souviens plus de rien ». Il a été victime d’un tir de LBD 40 au visage et a perdu un œil tandis que l’autre a perdu en acuité. « On m’a fait une piqûre d’adrénaline. Je me rends compte que j’ai failli y passer. Je me suis réveillé le dimanche. J’ai 15 fractures au visage et désormais, j’ai une plaque en titane sur le côté droit ». Tout comme Franck, qui a eu le crâne ouvert d’une oreille à l’autre pour passer sa plaque en titane.
Jim, blessé à Bordeaux a perdu un oeil. L'autre a perdu en acuité. - D.R.
« J’ai la rage, explique Jim. Je suis un ancien para. Si l’on vise la tête, c’est que l’on a des ordres ! 220 joules en pleine tête, ce n’est pas anodin. C’est pour faire peur aux autres. Qui radicalise l’autre ? Vous savez, tous les proches des victimes sont très en colère. Il faut changer la politique de maintien de l’ordre ». En effet...
Armement des forces de l'ordre en France et en Europe. Source : Acat France (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) - D.R.
Au cours de chacune des manifestation que nous avons suivies depuis le 8 décembre, le processus se répète : les manifestants marchent dans le calme. Soudain, les forces de l'ordre organisent une nasse. Enferment les manifestants dans un périmètre restreint pendant une demi-heure ou une heure. La tension monte, les forces de l'ordre tirent des gaz lacrymogènes, la tension monte encore d'un cran, les affrontements deviennent plus violents, la police riposte avec des grenades de désencerclement et des tirs de LBD 40. Il ne s'agit pas de prendre parti dans un match qui opposerait les gilets jaunes aux forces de l'ordre, mais de dresser un constat objectif, basé sur une observation in situ. A chaque fois que la police a nassé sans raison apparente les manifestants, cela a dégénéré. Ce fut le cas par exemple lors de l'Acte VIII quand la police a soudain stoppé la manifestation au niveau du musée d'Orsay et de la passerelle Léopold-Sédar-Senghor. Jusque là, il n'y avait pas eu d'affrontements. A de très nombreuses reprises, l'usage des grenades de désencerclement ou les tirs de LBD étaient inutiles, la sécurité des forces de l'ordre n'étant pas mise en cause. Rien en tout cas qui ne pouvait se régler avec du gaz lacrymogène.
Plusieurs policiers interrogés par Reflets plaident l’erreur lorsque les tirs de LBD atteignent les visages. « Vous savez, en manif, vous faites des tirs réflexe, ça peut très bien atteindre le visage par erreur. Il y a de la fumée partout… Et puis on trimbale les armes dans des sacs, dans des coffres de voiture, les viseurs peuvent être déréglés », explique l’un d’eux. Mais cette théorie ne tient pas.
En effet, comme l'a relevé un internaute, les LBD 40 sont tous équipés d’un viseur électronique (holographique) de la société EOTech, réglés et scellés.
Selon un document de formation à l'usage des LBD mis en ligne par Taranis, « le viseur électronique permet des tirs réflexe précis et rapides ou des tirs ajustés par mauvaises conditions de visibilité ».
Document de formation au tir avec LBD de la police - Taranis
Selon les tests du bureau de l’armement de la police nationale effectués avec un LBD 40 muni de ce viseur, le cercle de dispersion, l’écart constaté entre deux tirs à 25 mètres est de 14 centimètres. On peut en conclure que pour être parfaitement précis, il faudrait utiliser cette arme à moins de 10 mètres, distance minimale retenue par la police pour un tir sur une personne si l'on veut éviter des lésions graves. Quoi qu'il en soit, la doctrine impose un tir dans les membres inférieurs, le thorax ou les membres supérieurs. C'est à dire des parties du corps qui sont à plus de 14 centimètres de la tête et plus particulièrement des yeux.
Test de précision du LBD par la police nationale (document Taranis) - Taranis
Au cours des dernières manifestations, nous avons pu constater que les tirs de LBD ne se font pas dans les jambes ou le torse, mais toujours à hauteur de visage ou au mieux, de plexus.
Le 15 octobre 2014, le Bulletin officiel du ministère de l’Intérieur, exposait les conditions d’utilisation du fameux LBD. Ce dernier « peut constituer, dans le respect des lois et des règlements, une réponse graduée et proportionnée à une situation de danger lorsque l’emploi légitime de la force s’avère nécessaire pour dissuader ou neutraliser une personne violente et/ou dangereuse ».
Le ministère précise que l’arme n’est pas létale (contrairement à certains fabricants qui qualifient ce type d'équipements de moins-létal) mais qu’elle peut occasionner des lésions graves à moins de 7 mètres. Il ne doit être utilisé « que pour protéger une valeur supérieure à celle sacrifiée par son usage » ou lors « d’un attroupement mentionné à l’article 431-3 du code pénal, en cas de violences ou voies de fait commises à l’encontre des forces de l’ordre ou si elles ne peuvent défendre autrement le terrain qu’elles occupent ». Par ailleurs, le ministère précise que cette arme ne doit pas être employée pour viser la tête : « Il appartient au porteur de l’arme d’éviter de recourir au tir de Flash-Ball quand la personne en cause présente un état de vulnérabilité manifeste (blessure visible, état de grossesse apparent, situation de handicap évidente, âge de la personne visée, etc.). Les zones préférentielles de visée sont le torse et les membres supérieurs et inférieurs. La tête n’est pas visée ». Enfin, le ministère précise que la personne touchée doit rester « sous surveillance constante » des agents de police, ces derniers devant faire appel aux services de secours. En outre, un décompte précis des tirs doit être réalisé et donner lieu à des rapports circonstanciés. Aucun des blessés interrogés par Reflets ne mentionne la présence auprès d’eux de policiers après les tirs.
Le ministère est très précis sur les actions à mener après un tir au moyen d'un LBD 40 :
Après un tir, il convient de vérifier sans délai si la personne atteinte par un projectile et qui a été interpellée ne présente aucune lésion. Dans tous les cas, l’individu touché reste sous la surveillance constante des agents de la police ou de la gendarmerie nationales. Quelle que soit la zone corporelle atteinte, un examen médical doit être pratiqué dans les meilleurs délais et un certificat médical descriptif doit être délivré par le praticien. Dans tous les cas d’usage de l’arme, que celui-ci soit suivi ou non d’une interpellation, les circonstances l’ayant justifié, les différentes diligences éventuellement accomplies et l’ensemble des actes subséquents devront systématiquement faire l’objet d’un compte-rendu précis (procédure judiciaire, rapport administratif, message, etc.). Le cadre légal et les modalités d’utilisation (nombre de tirs, distance estimée, etc.) seront notamment mentionnés. Afin d’évaluer l’impact de l’emploi de ce matériel sur les conditions générales d’intervention face à des situations de violences et bénéficier ainsi d’un retour d’expériences significatif des difficultés rencontrées sur le terrain, à chaque usage opérationnel du LDB de 40 mm: – les militaires de la gendarmerie rendent compte à leur hiérarchie selon la procédure «EVENGRAVE»; – les fonctionnaires de police remplissent une déclaration individuelle, à titre de compte-rendu, via le traitement relatif au suivi de l’usage des armes (TSUA).
Les munitions doivent être comptées avant et après usage. Une piste pour les enquêteurs de l'IGPN qui se heurteront au défaut de numéro d'identification des policiers en civil, ceux-là même qui font un usage immodéré des LBD 40 depuis deux mois ?
Marie a eu plus de chance. Elle n’a pas été blessée. Mais elle fait partie des nombreuses personnes arrêtées « préventivement », avant même d’avoir vu le début d’une manifestation. « On débarquait du Jura. Nous étions environ 50 dans un bus. A peine sortis, on a été interpellés par la BAC. Nous avons fait 15 heures de garde à vue, nous avons été pris en photo sous toutes les coutures » explique-t-elle. « Je ne sais pas ce que vous foutez ici » lui aurait dit un officier de police judiciaire au commissariat. « Les femmes étaient entassées dans une cellule de dégrisement. Quand vous n’avez jamais eu affaire à la police, ça fait drôle de se retrouver dans une cellule couverte d’excréments. Je suis asthmatique et cardiaque. Je n’ai pas pu voir de médecin. Mais vous savez, ça renforce la détermination des 50. On ne se connaissait pas et maintenant, on se parle tous les jours ». Marie écope d'un rappel à la loi pour avoir "participé à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destructions ou de dégradations de biens". Elle pourra être poursuivie si elle commet une nouvelle "infraction" de ce type dans les six ans à venir. Un bon moyen de réduire le nombre de manifestants à l'avenir...
« Vous savez, ces blessures laissent des séquelles à vie. Nous sommes une sorte d’association des gueules cassées par armes de la police », explique un membre du collectif [Désarmons-les](www.desarmons.net). « Avant 2018 on avait 2 ou 3 personnes mutilées par ans. En 2018, avant les gilets jaunes, on était plutôt autour de 5. Depuis novembre, les chiffres explosent », poursuit-il.
L’usage des LBD est autorisé par le responsable hiérarchique, qui tient ses directives du préfet, qui les tient lui même du ministère, indique un policier. « C’est la plupart du temps oral et nous savons très bien que celui qui sera poursuivi, c’est le policier auteur des tirs, pas l’Etat », conclue-t-il.
Mais comme la plupart des policiers auteurs des tirs sont en civil, sans signe distinctif permettant de les identifier, les procédures ont peu de chances d’aboutir... Pratique.
« Ils sont pas gentils avec nous. Ils nous insultent, nous filment, parfois même refusent de se laisser frapper au sol. » C’est en larmes qu’un stormtrooper a témoigné sur CNews, chaîne officielle de l’Empire (Bolloré), après une manif étudiante.
Face à lui, un présentateur bouleversé. Dehors, des jeunes de 20 ans réclament des profs, un avenir, des logements accessibles et, pour les plus radicalisés, le droit de ne pas recevoir une grenade lacrymogène dans la gueule entre deux cours.
« Mais jusqu’où ira la violence de ces jeunes contre nos ordures ? », s’interroge le journaliste, tandis qu’un étudiant se fait paisiblement défoncer la gueule par quatre stormtroopers à l’arrière-plan.
Le soldat raconte son calvaire : « J’ai tiré sur un manifestant et il m’a traité de fasciste. Vous imaginez ? Moi qui suis juste les ordres ! C’est dur. » Un travail difficile : protéger la paix sociale en matraquant ceux qui signalent qu’elle n’existe plus.
Car les véritables victimes, ce sont les hommes en armure. Imaginez : vous obtenez 7/20 au concours, on vous confie un casque, un bouclier, une arme, le monopole de la violence légitime, et voilà que des gamins qui ont lu trois livres osent contester votre autorité suprême. Insupportable pour leur petit ego fragile.
« À mon époque, quand un stormtrooper vous cassait le bras, on disait merci et on lui tendait l’autre », rappelle Pascal Praud.
L’Empire a pourtant tout tenté pour dialoguer : envoyer des centaines d’hommes armés, multiplier les charges, organiser des ateliers de dispersion participative et des initiations rapprochées au LBD. Mais rien n’y fait : ces ingrats continuent de réclamer des droits.
L’émission s’achève sur une standing ovation. Une cagnotte financera la reconstruction psychologique du stormtrooper. L’étudiant qu’il a éborgné attend toujours son rendez-vous à l’hôpital, car il vit dans un désert médical.
« Ah tiens, ça me fait penser qu’il faut que j’aille tabasser des infirmières ! »
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Chaque semaine qui passe, les Européens s’enfoncent davantage dans une psychose de guerre. Et maintenant, les Russes commencent à les croire. Stanislav Krapivnik rejoint Pascal pour discuter des frappes de drones, de l’opinion publique russe et du danger d’une guerre européenne plus vaste. Il évalue les attaques contre les raffineries, les entrepôts, les ports et les réseaux de transport, affirmant que l’escalade économique entraîne des conséquences qui dépassent l’Ukraine. Leur conversation examine également l’état de préparation militaire, les pressions démographiques, les sanctions, les approvisionnements en diesel et la distribution alimentaire. Krapivnik présente des perspectives sombres pour l’hiver à venir, tandis que Lottaz s’interroge sur la manière dont les difficultés économiques et les décisions politiques pourraient affecter les perspectives de paix à travers l’Europe et au-delà. Liens de Stas : YouTube: / @mrslavikman X: https://x.com/STANISKRAPIVNIK Substack: https://zmeigarinich.substack.com Telegram (anglais) : https://t.me/staswasthereenglish2 Telegram (russe) : https://t.me/stastydaiobratno Liens de Neutrality Studies : Substack de Neutrality Studies : https://pascallottaz.substack.com Soutenir Neutrality Studies : https://neutralitystudies.com/donate Boutique Neutrality Studies : https://neutralitystudies.com/shop Horodatages 00:00 Introduction et élections en Russie 03:20 Frappes de drones, raffineries et défenses aériennes 09:32 Entrepôts, ports et escalade économique 18:34 L’Europe, la Russie et le risque d’une guerre plus vaste 25:17 Préparation militaire et possible conflit avec l’OTAN 34:29 L’hiver en Europe : diesel, énergie et alimentation 39:41 Sanctions et marché mondial du pétrole 43:02 Goulots d’étranglement dans le transport maritime et conséquences politiques
Original Video: • Europe's War-Hysteria Getting CRAZY | Stas... Original Transcript: https://www.video-translations.org/tr... Translated Transcript: https://www.video-translations.org/tr... Produced by: Neutrality Studies Originally Published on: 2026-09-24 Translations by: www.video-translations.org Disclaimer: Read by A.I. Voices. Auto-translated.
Dans une longue enquête, le journaliste indépendant Richard Medhurst soutient que les États-Unis ont profité de la guerre contre l'Iran pour éliminer leurs concurrents gaziers, remplacer Nord Stream et adosser le dollar à leurs propres hydrocarbures.
L'homme de 34 ans vient de publier une enquête au long cours dont la thèse est la suivante: le pétrodollar est mort, remplacé par ce qu'il appelle le «pétrogaz-dollar».
Le raisonnement part d'un renversement. Pendant des décennies, une flambée des prix de l'énergie était une mauvaise nouvelle pour Washington. Ce n'est plus le cas, affirme Medhurst, depuis que les États-Unis sont devenus les premiers producteurs mondiaux de pétrole et de gaz et les premiers exportateurs de gaz naturel liquéfié. Le chaos énergétique ne serait plus un risque à redouter, mais un objectif à provoquer.
Selon lui, la méthode a été rodée sur l'Ukraine. En sanctionnant Moscou et en détruisant Nord Stream (selon la thèse du journaliste Seymour Hersh) les États-Unis n'auraient pas seulement affaibli la Russie: ils auraient transformé l'Europe en client captif, passant de 9% de l'approvisionnement énergétique européen à la première place sur le charbon, le pétrole et le GNL. Le gaz américain traverse deux océans, il coûte cher, et personne ne l'aurait acheté avec du gaz russe bon marché à côté. Il fallait donc supprimer la concurrence.
La guerre contre l'Iran aurait servi à recommencer, cette fois contre le Qatar. Medhurst soutient que Doha a été poussée à déclarer la force majeure dès la première semaine du conflit, puis que les frappes sur Ras Laffan, mi-mars, ont retiré du marché le plus grand champ gazier du monde. Il juge politiquement et logistiquement impossible qu'Israël ait mené cette frappe sans en avertir Washington. Neuf jours plus tard, un cyclone mettait hors service la moitié des terminaux australiens. En une semaine et demie, affirme-t-il, les deux premiers concurrents des États-Unis disparaissaient du tableau, et les prix du GNL s'envolaient, en Europe et en Asie seulement.
Le journaliste décrit ensuite la construction de ce qu'il appelle une artère méditerranéenne, appelée à se substituer symétriquement au gazoduc russe détruit. Il y voit le rôle central de Chevron, qui a selon lui signé en décembre un accord gazier de 35 milliards de dollars avec Israël, préparé de longue date, avant d'enchaîner sur la Syrie, la Grèce et Chypre. Le bassin levantin, situé au large de la Syrie, du Liban et de la Palestine, représenterait à lui seul plus d'un demi-billion de dollars. Medhurst soutient que les ports de la côte ont tous été détruits sauf ceux d'Israël, empêchant les riverains d'accéder à leurs propres ressources. Il relève également que la résolution 2803 du Conseil de sécurité, censée organiser la reconstruction de Gaza, ne mentionne pas une seule fois les mots «énergie» ou «gaz», alors que des plateformes pétrolières et gazières sont apparues sur les visuels promotionnels présentés au premier sommet du Conseil de paix.
Il décrit au passage un raffinement du dispositif. Les raffineries chinoises dites «théières» sont conçues pour traiter le brut lourd vénézuélien; en le détournant vers le golfe du Mexique, Washington priverait la Chine de la matière que ses installations savent cuire, tout en faisant tourner les siennes à plein régime et en exportant son propre pétrole léger au prix fort.
Le basculement serait aussi doctrinal. Les États-Unis abandonneraient le modèle de l'occupation terrestre au profit d'une interdiction maritime généralisée, documentée selon lui par un plan publié par la Maison-Blanche en février. Celui-ci impose progressivement l'usage de navires de construction américaine à quiconque commerce avec le pays. Medhurst relève que Donald Trump a proposé de protéger les navires marchands à «un prix très raisonnable», alors que la seule menace pesant sur la liberté de navigation serait précisément celle qui offre de la garantir.
Il y voit enfin la confirmation d'un retour forcé au billet vert: en mars, selon les chiffres qu'il cite, la part du dollar dans les paiements internationaux transitant par SWIFT aurait atteint un record de 51,1%, contre 49,25% le mois précédent. Signe que le monde serait physiquement contraint de payer en dollars la seule énergie encore disponible sur le marché.
De tout cela, Medhurst tire une conclusion qui vise directement les BRICS: la dédollarisation ne sert à rien si les cargaisons n'arrivent pas. Washington, écrit-il, n'exclut plus ses adversaires des marchés occidentaux, il les empêche physiquement de commercer entre eux.
En 2024, Richard Medhurst avait accordé une interview au podcast d'Antoine André, The SwissBox Conversation
L’accusation systématique de « fascisme » ou d’« extrême-droite » lancée contre quiconque s’écarte des narratifs dominants sur l’immigration, la guerre en Ukraine, les politiques sanitaires, l’OTAN, le genre ou le climat est tout sauf anodine. Elle fonctionne comme la dénonciation dans un tribunal de l’Inquisition : aussitôt désigné, l’accusé devient coupable. Son droit d’être entendu devient superflu. On ne discute pas avec un « fasciste » pas plus qu’on ne discute avec un apostat. C’est avec ce genre d’accusation/condamnation que fonctionnent les médias publics et la presse mainstream, qui sont passés maîtres dans l’art de mettre les apparences de la légitimité de leur côté pour mieux réduire au silence les voix dissidentes.
La paisible Suisse, habituée des débats feutrés et des fleurets mouchetés, n’échappe pas à la règle. La campagne sur l’initiative sur la neutralité, un sujet pourtant peu clivant au départ, vient d’en administrer la preuve : quand on voit un conseiller national radical valaisan pulvériser tous les principes de l’honnêteté intellectuelle en accusant ses adversaires de poutinistes vendus à la Russie et un conseiller aux Etats genevois d’habitude mieux inspiré hanté par le spectre de Blocher à la simple évocation de la neutralité suisse, il y a du souci à se faire sur l’avenir des débats démocratiques et pour les défenseurs des opinions minoritaires dans ce pays.
S’attaquer au messager plutôt qu’au message, chercher à salir son adversaire plutôt qu’à contrer ses arguments sont des techniques de combat politique aussi vieilles que le monde. Ce qui est nouveau, c’est la systématique de la méthode utilisée par l’extrême-centre, ce vaste marais qui, de la gauche sociale-démocrate à la droite libérale, contrôle les médias installés et les gouvernements en place et exclut du débat quiconque pourrait menacer son hégémonie.
Le violent ostracisme qui frappe les malheureux marqués du sceau infamant de « fasciste » ou « d’extrême-droite » pose évidemment un problème pour la démocratie, qui est de moins en moins représentative et de plus en plus réservée au cercle des élus et des experts jugés « salonsfähig », comme disent les Suisse alémaniques (i.e. dignes d’être invités dans le salon). Autre problème : ces manœuvres d’exclusion ont pour effet d’accélérer la montée en puissance, partout en Occident, des partis populistes, qui se rebiffent et cherchent à secouer la chape de plomb sous laquelle on tente de les écraser. La cause des succès récents de l’AfD en Allemagne n’est pas à chercher ailleurs.
Car les exclus ne sont pas dupes. Ils savent que cette rhétorique de la flétrissure sert à protéger le consensus dominant, volontiers atlantiste, progressiste sur les questions sociétales et partisan d’une gouvernance technocratique et débarrassée des contingences populaires. Par réaction, ils sont tentés d’appliquer la même technique à leurs adversaires (« tous woke », « tous communistes », « tous islamogauchistes »). A ceci près qu’ils restent ultra minoritaires dans l’espace public.
Tout cela a pour conséquence délétère d’énerver le débat public et de pousser les gens faussement accusés de « fascisme » vers les extrêmes. A force de se sentir insultés et ostracisés, ils finissent par réagir, au risque de donner raison à leurs accusateurs.
Cette évolution est préoccupante en soi. Mais le danger le plus grave est ailleurs : il réside dans la dilution, et même dans la perversion du concept de fascisme, décliné à toutes les sauces avec la plus grande légèreté.
Historiquement, le fascisme désigne des régimes très précis, ceux de l’Italie mussolinienne et de l’Allemagne nazie, aux caractéristiques bien définies : ils étaient à la fois autoritaires, nationalistes, liberticides, corporatistes et furieusement expansionnistes. Or la notion d’« extrême-droite » ne recouvre rien de tel. On l’applique à tort et à travers pour stigmatiser des positions certes radicales mais nullement fascistes, sur la nation, l’ordre, l’immigration ou l’identité, ou pour discréditer de simples opposants à l’immigration de masse, des sceptiques des confinements, des défenseurs de la souveraineté nationale ou des gens hostiles à une lecture manichéenne de la guerre en Ukraine. Toutes attitudes qui n’ont rien à voir avec le fascisme ou le nazisme.
Et inversement, on se garde d’appeler fascistes des gens ou des comportements qui relèvent pourtant du fascisme pur et dur. Il est interdit de parler de fascisme à propos de l’Ukraine alors que des bataillons de néonazis défilent à Kiev le bras levé en hurlant des slogans nazis ou quand le président Zelenski réhabilite des criminels de guerre notoires en leur accordant les honneurs militaires comme ce fut le cas cet été avec deux anciens collaborateurs des nazis en 1941-1944. Imagine-t-on la France réhabiliter Doriot et Laval et les installer au Panthéon avec les éloges d’Emmanuel Macron ? Impensable ! Et le cas échéant, nous serions à juste titre scandalisés.
Il est encore moins possible d’appliquer cette étiquette à Benjamin Netanyahu, dont le comportement à Gaza et au Liban, en termes de victimes et de destructions préméditées, n’est pas très éloigné de celui des bourreaux d’hier. Le malheureux serait immédiatement taxé d’antisémitisme et condamné par le tribunal médiatique.
Il serait tout aussi malséant de qualifier de dérive fascisante l’attitude de l’Union européenne qui consiste à censurer les médias critiques, à cancelliser la culture russe et à sanctionner d’une façon indigne d’un Etat de droit des intellectuels, tels le Suisse Jacques Baud et le journaliste allemand Hüseyn Dogru, dont le seul tort fut de démontrer la fausseté des récits officiels. Camps de concentration mis à part, ces pratiques ne diffèrent pourtant pas vraiment de celles des régimes fascistes des années 1930.
Cette inversion des valeurs frappe même les partisans de la paix. Qu’il s’agisse de l’Ukraine, de l’Iran ou de Gaza, ceux-ci sont immédiatement dénoncés comme extrémistes de droite (ou poutinistes ou islamistes suppôts du Hamas) alors qu’ils sont à l’opposé du militarisme, du bellicisme et de la répression qui étaient la marque de fabrique des fascismes historiques des années 1930.
On se consolera en estimant que ces manipulations rhétoriques ne font que révéler la fragilité du narratif officiel, qui perd vite ses nerfs lorsqu’il s’aperçoit que les arguments factuels ou les données ne suffisent plus à convaincre le public.
On se dira qu’une démocratie libérale digne de ce nom devrait pouvoir absorber des désaccords substantiels sans transformer chaque dissident en ennemi existentiel.
On tombera d’accord pour dire que l’amalgame généralisé (« tous ceux qui ne suivent pas le narratif sont des fascistes ») ne relève pas de l’analyse mais du campisme et de la propagande la plus sotte qui soit.
On tentera de se rassurer en se disant que tout cela n’est que le fruit de mauvaises habitudes intellectuelles et politiques.
On espérera enfin que toutes ces misérables manœuvres finiront par se retourner contre leurs auteurs. Il n’est pas interdit de rêver…
The Lies of 9/11 & The War on Terror EXPOSED | Prof. Irfan Ahmad
Saturday, September 12, 2026
Prof.
Irfan Ahmad argues that the 9/11-era ‘global war on terror’ is a
neocolonial construction that instrumentalizes Islam as an enemy. He
deconstructs terrorism as ideology/theology rather than tactic,
critiques anthropology’s complicity, and exposes epistemic whitewashing.
He links nationalism, neoliberalism, and media to violence, calling for
decolonized understanding and rehumanization.
BRICS Moves to ‘Competitive Coexistence’, Leaves West Behind | Prof. Anuradha Chenoy
Monday, September 14, 2026
Anuradha
Chenoy argues BRICS and SCO pivot toward multipolar, non‑hegemonic
pluralism. The New Development Bank and a proposed SCO development bank
push diversified finance, cross-border payments in national currencies,
and regional integration without de-dollarization. BRICS rebuild
Bandung/Non‑Alignment ethos, endorse 1325, resist unilateral sanctions,
pursuing competitive coexistence with the West.
Israel’s Hidden Victory: The ‘Defeat’ Of The West Is a Myth | Yakov Rabkin
Tuesday, September 15, 2026
Yakov
Rabkin critiques Israel’s security-justice apparatus, noting
incommunicado detention and opaque charges against Artyom Kirpichenok,
and contrasts Israel’s two-tier system with Palestinian rights. He links
Western support, sanctions double standards, and Christian Zionism to a
broader colonial project, arguing against terminal Western decline and
urging diplomacy and public pressure.
How They TRICK You into Supporting Evil | Jay Shapiro
Wednesday, September 16, 2026
Jay
Shapiro unpacks Insufficient Rewards, critiquing consequentialism as
too flexible and corrosive to moral integrity. He explains Festinger’s
cognitive dissonance and the “one-dollar reward” trap, applies it to
Ukraine sanctions and global politics, and argues justice and human
flourishing—not mere outcomes—should guide international policy to
reduce violence.
NATO is Working on a New Finnish-Russian War | Sakari Linden
Friday, September 18, 2026
Pascal
interviews Sakari Linden about Finland’s move from neutrality to NATO
alignment. Linden argues this pivot erodes Finland’s independence and
welfare, linking media and elites to pro‑Western policy. He warns of
Finland becoming front line, cites US base access and allied forces, and
calls for balancing East–West while strengthening neutrality.