Ralentir et contempler pour survivre et vivre mieux
"Il n'existe rien de constant si ce n'est le changement" BOUDDHA; Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots." MARTIN LUTHER-KING; "Veux-tu apprendre à bien vivre, apprends auparavant à bien mourir." CONFUCIUS ; « Nous savons qu’ils mentent, ils savent aussi qu’ils mentent, ils savent que nous savons qu’ils mentent, nous savons aussi qu’ils savent que nous savons, et pourtant ils continuent à mentir ». SOLJENITSYNE
Les
non vaccinés sont-ils en meilleure santé que les autres? La réponse est
oui, mais les autorités de santé s’évertuent à le cacher. Aux
Etats-Unis, cela fait des décennies que les parents, les chercheurs
indépendants et les avocats exigent qu’on leur montre les études
comparant la santé des vaccinés aux non-vaccinés. Mais ils se heurtent à
un refus catégorique.
C’est
un combat sans relâche qui est mené à coups d’actions en justice, de
requêtes administratives, d’études privées ou même de films
documentaires.
Et
parmi les centaines de personnes engagées, il y a des personnalités
incontournables: on pense au Dr Andrew Wakefield, à Del Bigtree, Mary
Holland ou Robert Kennedy Junior, mais le scientifique derrière tous
leurs projets c’est Brian Hooker!
Essentiel News a déjà eu le privilège de l’accueillir pour la soirée de lancement du film « Spellers » en français, avec le Dr Louis Fouché, Dawnmarie Gaivin et Caroline Duchène.
Cette fois-ci, nous le retrouvons en tant que coauteur du livre «Vacciné, Non-Vacciné: qui est en meilleure santé? Que dit la science?».
Paru en 2023, ce recueil d’études et d’argumentaires conçu avec Robert
Kennedy Junior est tout à fait complémentaire au documentaire « une étude qui dérange » que Del Bigtree est venu présenter à Paris il y a quelques semaines.
Un homme d’exception
Brian
Hooker est une pointure dans le domaine. Son CV impressionne:
biologiste moléculaire, ingénieur chimiste et éminent scientifique
titulaire de cinq brevets américains, auteur de plus de 90 publications
scientifiques évaluées par des pairs, professeur émérite de biologie à
l’université Simpson et directeur scientifique de Children’s Health
Defense.
Brian
est également père d’un fils autiste victime d’un effet indésirable lié
à la vaccination. C’est lui le scientifique que William Thompson a
contacté pour confesser que le CDC (Centre pour le contrôle et la
prévention des maladies) avait falsifié l’étude de référence réfutant le
lien entre l’autisme et les vaccins ROR. C’est lui qui avait enregistré
les aveux du chercheur à son insu et qui avait rendu ces informations
publiques dans le film « Vaxxed, de la dissimulation à la catastrophe », en collaboration avec le Dr Andrew Wakefield et Del Bigtree.
Brian
a également apporté une contribution majeure dans la recherche sur la
toxicité du mercure et de l’aluminium dans les vaccins. Et il a coécrit
des articles sur la biologie de l’autisme avec des neuroscientifiques
tels que Martha Herbert, professeure à la Harvard Medical School.
Ce
sont donc ces décennies d’investigation dans la science vaccinale qui
lui ont permis de rechercher et rassembler une série d’articles
attestant de la meilleure santé des personnes non-vaccinées.
Un livre de référence pour se donner les moyens d’agir
Avant
de plonger dans le vif du sujet, Brian revient sur quelques moments
forts de ses combats, notamment l’épisode avec William Thompson, le
scientifique du CDC. Il explique ensuite le contexte dans lequel le
livre est né, en réponse à la censure particulièrement féroce. Le livre,
dit-il, est pensé comme un manuel qui doit permettre aux parents et aux
médecins de s’informer, et de se défendre face à des politiques
vaccinales autoritaires.
Il
présente d’abord les données générales qui comparent les résultats de
santé sur de nombreuses affections courantes, en particulier dans le
domaine neurologique et immunitaire, chez les vaccinés et les
non-vaccinés. Ensuite, il expose des problèmes liés à des vaccins ou
conditions spécifiques. Par exemple, les vaccins ROR, DTP, les vaccins
contre la grippe, le papillomavirus, les vaccins contre le Covid ou
encore l’administration des vaccins durant la grossesse. L’ouvrage est
particulièrement bien documenté. Il propose des présentations claires
avec des graphiques simples et liste toutes les références scientiques
avec un index.
Dans
la seconde partie, les lecteurs peuvent découvrir toute la
correspondance que Kennedy a entretenue avec les responsables du
département de la santé, à l’époque il s’agissait entre autres d’Anthony
Fauci, pour tenter d’obtenir les études et les données censées
démontrer la sûreté et l’efficacité des vaccins.
Quelles sont les études les plus convaincantes?
Certains vaccins sont-ils pires que d’autres?
Quelles
ont été les réactions suite à la publication de cette ‘bombe’? Et que
pense-t-il de la situation actuelle avec Robert Kennedy Junior à la tête
de la santé publique?
Un entretien passionnant avec un scientifique courageux, tenace et chaleureux.
Il
est des jours où l’on ressent le besoin impérieux de refermer les
portes, de couper les signaux et de se retirer du grand théâtre des
vanités sociales. Non par misanthropie, mais par pure nécessité de
salubrité mentale. Quand le calendrier ramène une date personnelle, la
coutume exige que l’on se prête au jeu des bilans et des réjouissances
programmées. Cette fois, pourtant, l’élan n’y est pas. La pudeur et
l’usure imposent l’intime. Sous un ciel confisqué par le bourdonnement
ininterrompu des drones, célébrer sa propre trajectoire semble presque
anachronique, tant l’urgence est ailleurs, dans la simple (Ô COMPLEXE!)
tentative de rester humaine au milieu du naufrage.
Quand
on prend un peu de hauteur pour observer cette espèce curieuse et
destructrice à laquelle nous appartenons, le vertige balance entre les
larmes et un rire profondément amer. Quel est donc ce mal incurable qui
pousse l’humain à tout saccager sur son passage, la terre, la langue, la
culture, ses semblables…,, dans une course effrénée aux ambitions
grotesques et aux micro-pouvoirs de salon? La règle générale semble être
celle d’un aveuglement suicidaire: détruire le monde en oubliant, ou en
feignant d’ignorer, que l’on s’anéantit soi-même dans l’opération. Nous
sommes de bien petits êtres, terriblement vulnérables face à
l’immensité d’un univers qui se passe fort bien de nous, et pourtant,
nous réussissons l’exploit d’être infiniment cruels les uns envers les
autres, érigeant des inégalités monstrueuses en lois de la nature.
Comme
le suggère mon dessin, notre architecture intérieure se trouve
elle-même géométrisée par le choc, fragmentée en éclats polychromes de
bleu, d’ocre et de sang. Le visage de l’époque n’est plus lisse; il est
un patchwork de lignes de faille, une mosaïque de craquelures qui
rappelle les fresques anciennes oubliées sous les décombres. Lever les
yeux vers le ciel ne relève plus d’une quête de transcendance ou de
poésie, mais d’une confrontation directe avec le prédateur
technologique. Un œil mécanique, ce drone suspendu au-dessus de nos
têtes, calcule méticuleusement notre insignifiance matérielle,
transformant le natal en un simple quadrillage tactique pour des empires
lointains.
Ici, le décor de la farce est particulièrement soigné. Les terres restent occupées, les zaïms
trônent immuablement sur les mêmes chaises dorées qu’ils ont payées de
nos vies, et les tribunes sont quotidiennement saturées par les haineux
professionnels et les ignorants fiers de l’être. Voir la médiocrité
triompher avec une telle assurance, pendant que les consciences lucides
s’épuisent dans le silence, inspire un dégoût que l’on ne sait plus
comment formuler. Les empires évaluent la quantité de décombres
acceptables à la bourse de leurs intérêts, tandis que leurs
sous-traitants locaux gèrent les débris avec la déférence de parfaits
majordomes. Le dictionnaire de la colère est épuisé. Les mots eux-mêmes
semblent fatigués de devoir décrire les mêmes infamies depuis des
décennies.
On
se surprend donc à contempler notre propre fragilité comme le seul
territoire qui n’a pas encore été entièrement colonisé par leur bruit.
Être vulnérable, aujourd’hui, ce n’est pas une faiblesse, ni cette
prétendue vertu thérapeutique que le monde moderne aime labelliser, mais
c’est le dernier certificat d’humanité disponible. C’est la preuve que
la peau est encore poreuse à la douleur des autres, que le cœur n’a pas
adopté le cynisme des bourreaux et que l’esprit refuse la lobotomie
ambiante. Nous sommes faits de poussière, d’étoiles et de larmes,
coincés entre des puissances qui nous dépassent et des dirigeants qui
nous rétrécissent. Les empires s’effondrent toujours sous le poids de
leur propre démesure, ne laissant derrière eux que de la cendre et des
lignes de texte dans les manuels d’histoire, tandis que la terre, elle,
conserve la mémoire des pas disparus.
Demain
sera un jour ordinaire dans le calendrier du monde, une simple rotation
de la terre sous les trajectoires balistiques. Je n’attends pas de
miracle, ni de décret diplomatique, ni de sursaut de sagesse de la part
des termites qui gouvernent les ruines. À l’image de ce visage fragmenté
qui refuse de baisser le regard face au métal volant, je m’installe
simplement dans ce reste de silence intérieur, ce refuge frêle mais
inviolable, pour constater sans emphase que le souffle est toujours là.
Et dans ce monde malade, préserver sa dignité, sa lucidité et sa
capacité à s’émouvoir reste la plus belle, la plus silencieuse des
insurrections.
* Dessin: “De la poussière et des empires” (une de mes oeuvres hybrides, sketch sur papier et Procreate, 2026).
Last week I was in Pskov, Russia, to attend a fascinating conference on Russophobia, organized by the international forum “On This We Stand”,
in which several scholars who I had previously on my YouTube channel
took part (see videos linked below). Great minds like Yakov Rabkin and
Geoff Roberts were there, and I had the privilege of interviewing in
person the brilliant Richard Sakwa. I also got to record two discussions with Alexander Mercouris,
who, besides running his own YouTube channel, is a fascinating
intellectual. He gave one of the most insightful talks at the
conference.
I
wanted to write just a few words about Russophobia at this point but
the “few” words grew into a 1000-word essay. So I’ll publish that
shortly in a separate article.
For now, here is the channel recap of last week, with particular focus on the Pskov Forum recordings.
The Next Ukraine: West Destroys Armenia | H. Ishkhanyan & N. Navasardyan
15 Jun, 2026
H.
Ishkhanyan and N. Navasardyan warn Armenia’s statehood is threatened:
they allege massive election rigging, arrests of opposition and clergy,
army-directed voting, and administrative manipulation to secure
Pashinyan’s EU-backed agenda — including the Zangezur corridor, Artsakh
surrender, refugee exclusion, and demographic engineering.
End of Empire: USA Humiliated by Iran Deal | Alexander Mercouris (Audio)
16 Jun, 2026
Alexander
Mercouris argues the Iran ‘deal’ is theater — a temporary ceasefire,
not peace — forcing US retreat. He analyses the importance of BRICS to
Iran and warns that the Gulf states’ reliance on the US will cause them
more harm than good. He also warns Armenia’s Western pivot is risky,
highlights US intelligence and military failures, CIA’s intervention
focus, and Tulsi Gabbard’s bio‑lab revelations.
Armenia’s Election Was Rigged In Plain Sight | Mikael Darbinian
16 Jun, 2026
Mikael
Darbinian says Armenia’s June 7 election was blatantly rigged—arrests,
ballot manipulation, military voting—cementing PM Pashinyan’s
authoritarian grip. He warns of extensive foreign influence (EU, US,
Turkey, Azerbaijan, Iran), the TRIP corridor risking sovereignty and
Iranian tensions, and fears Armenia’s geopolitical and cultural
dilution.
🚨 Iran MoU Is Out: USA Admits Complete Defeat. Trick or Desperation?
18 Jun, 2026
Pascal
summarizes the U.S.–Iran 14‑point MOU as a de facto Iranian victory:
immediate ceasefire, U.S. naval withdrawal and Hormuz reopening, $300B
reconstruction pledge, sanctions relief and access to frozen funds,
Iran’s commitment against nuclear weapons with IAEA‑supervised
down‑blending, UNSC‑backed final deal to bypass U.S. Congress—pause, not
peace.
EXPOSED: UK Professor Reveals Shocking Roots of Russophobia | Prof. Richard Sakwa
18 Jun, 2026
Prof.
Richard Sakwa argues Russophobia stems from the post‑1945 “political
West” unable to absorb Russia, driven by civilizational and geopolitical
factors. NATO/EU enlargement, Western universalism, and Western
crises—state, economy, militarization—intensified tensions. He urges
Russia and China strategic patience, domestic investment, and defense of
UN multilateralism.
The Secret Plot to Destroy Russia | Alexander Mercouris
20 Jun, 2026
Alexander
Mercouris argues Russophobia—manufactured in 19th‑century
Britain/France—persists as a political tool, portraying Russians as
simultaneously weak and dangerous. He links it to NATO exclusion, Cold
War narratives, cultural stereotyping, and urges Russia to expose this
racism, strengthen democracy, and promote cultural exchange.
“28 jours de neuro-sagesse”: le nouveau livre de Jean-Dominique Michel
Anthropologue de la santé, auteur
de plusieurs livres, mais aussi enseignant et formateur, Jean-Dominique
Michel publie un nouvel ouvrage intitulé “28 jours de neuro-sagesse,
réveillez votre sagesse intérieure grâce aux neurosciences”
Pourquoi les meilleures idées surgissent au réveil, sous la douche ou en marchant?
Dans
ce livre, il propose un parcours de transformation, des propositions
concrètes pour sortir des automatismes qui nous épuisent. Il emmène
aussi le lecteur dans le domaine de la créativité, “qui s’exerce comme
un muscle”, explore comment nous pouvons améliorer nos relations aux
autres et s’ouvre aux pratiques spirituelles, comme éléments
fondamentaux d’une existence pleinement vécue.
Un entretien riche et fascinant, à ne pas manquer!
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À l’aube du vendredi 19 juin, les avions de combat survolaient déjà le sud du Liban. Au lever du soleil, le ministère libanais de la Santé dénombrait près de cinquante morts et près d’une centaine de blessés à
Tyr, Nabatieh et Kfar Tebnit, des villages dont les noms ne viendront
jamais perturber la prononciation des présentateurs américains. L’armée
israélienne a annoncé une campagne de grande envergure contre ce qu’elle
a qualifié d’“infrastructures du Hezbollah”, visant plus de cent cinquante cibles en une seule nuit, présentée comme une riposte à de prétendues violations du cessez-le-feu.
Ben-Gvir, ce voyou condamné qui ordonne à ses soldats de diffuser en
direct sur son ordinateur personnel la torture et les agressions
infligées à des victimes palestiniennes et dirige la police du pays en
la transformant en une dystopie fasciste de dépravation, a publié un
message affirmant que le Liban doit être entièrement réduit en cendres.
Smotrich, qui a passé deux ans à se présenter comme ministre des
Finances de la famine, a exigé que les portes de l’enfer soient ouvertes.
C’est le matin du jour où on nous a demandé, une fois encore, de nous émerveiller devant la prétendue “rupture” entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu.
YouTube, Bing et même DuckDuckGo ont
effacé les informations indiquant que des soldats israéliens ont reçu
l’ordre de diffuser en direct les horribles actes de torture et
d’agression infligés à des victimes palestiniennes pour satisfaire les
désirs personnels de Ben-Gvir.
La presse américaine, que j’appelle les “médias d’État d’entreprise”, ces
sténographes dociles qui ont depuis longtemps renoncé aux prérogatives
du journalisme au profit du confort d’un traitement de faveur, nous a
proposé le dernier épisode du feuilleton. Trump était perturbé. Trump
était furieux. Trump a hurlé au téléphone. Dans un podcast, le président lui-même a raconté un appel houleux au
cours duquel il aurait demandé à Netanyahu s’il a perdu la tête en
prolongeant la guerre au Liban, rappelé au Premier ministre que sans la
protection américaine, Israël n’existerait tout simplement pas, et
laissé la fuite suivre son cours habituel, vers une presse avide de
transformer un différend commercial en drame moral. Le vice-président,
J. D. Vance, a fait le tour des émissions dominicales pour afficher sa
déception chorégraphiée, son inquiétude aux sourcils froncés pour un
allié en difficulté qui a besoin, selon ses propres termes, “de se réveiller !”
Puis, après avoir formulé ces répliques, ce même Vance s’est présenté
au pupitre de la salle de presse James Brady et, dans un élan de
franchise involontaire, a démoli toute la mise en scène.
En clôturant sa conférence de presse sur le nouveau protocole d’accord
avec l’Iran, il a averti les détracteurs israéliens de l’accord que
Trump reste le seul dirigeant étranger encore favorable à leur cause,
que les États-Unis sont le dernier puissant protecteur dont dispose
Israël, et que, soit dit en passant
“les deux tiers des armes défensives qui ont protégé
votre patrie [Israël] ont été fabriquées par la maind’œuvre américaine
et financées par l’argent des contribuables américains”.
Voilà, en une phrase, le show dans toute son essence. Les bombes qui sont tombées sur Tyr à quatre heures du matin étaient américaines. Les bombes non guidées d’une tonne qui ont pulvérisé des immeubles entiers à Dahiyeh étaient américaines. Les bombes anti-bunker qui ont transpercé les dalles de béton dans la banlieue sud de Beyrouth étaient américaines.
Les F-35 qui les ont larguées, les kits de guidage qui les ont
orientées, les données de ciblage qui les ont sélectionnées, tout cela
était américain. Et les morts, bien entendu, sont libanais.
Il n’y a pas de divergence entre un roi et son intendant.
On nous demande de croire que l’État le plus dépendant militairement
de la planète, un pays dont l’armée de l’air vole sur des avions
américains et dont le Trésor public repose sur les subventions
américaines, mène une campagne de destruction régionale au mépris des
souhaits explicites de son unique protecteur.
Les comptes
Voyons ce que les comptables impériaux ont accompli pendant que les
courtisans jouaient leur pantomime des consciences. En janvier, avant
même que la guerre contre l’Iran n’ait commencé, l’administration Trump a donné son feu vert à environ sept milliards de dollars de nouveaux transferts d’armes vers Israël,
auxquels s’ajoutaient, pour faire bonne mesure, neuf milliards
supplémentaires en missiles Patriot destinés aux Saoudiens. Fin avril,
au cours d’une opération logistique menée en 24 heures, le Pentagone a livré quelque 6 500 tonnes de munitions et d’équipements à Israël par
voie maritime et aérienne, une procession de camions, de bombes et
d’encore de camions pour transporter ces bombes. Le 2 mai, tandis que
les caméras suivaient les appels téléphoniques rageurs et les crises
d’hystérie sur Truth Social, l’administration Trump a discrètement levé la procédure habituelle d’examen par le Congrès afin
d’accélérer la livraison de près de neuf milliards de dollars de
missiles de défense aérienne et de systèmes de guidage laser à Israël et
aux monarchies du Golfe. Les chèques n’ont jamais cessé d’être signés
pendant la guerre. Au contraire, leur rythme s’est accéléré.
Ce n’est pas une relation en crise. Elle est à son apogée. Le flux de
munitions s’est amplifié sous Trump, et non réduit. Les fictions
humanitaires de convenance que l’administration Biden feignait parfois
de faire respecter ont été officiellement abandonnées. Les bulldozers
qui rasent les maisons palestiniennes à Tulkarm arrivent désormais avec
la bénédiction officielle d’une Maison Blanche qui a décidé de ne plus
faire semblant.
Lorsque les responsables américains se tordent les mains en public
face à un Netanyahu hors de contrôle, ils nous disent, dans un rare
moment d’honnêteté théâtrale, qu’ils ont choisi de financer le massacre
tout en niant en être les auteurs. Le doigt pointé sert d’alibi.
L’accord scellé est la politique.
Pourquoi ce numéro ?
Le mélodrame Trump vsNetanyahu n’a pas pour objectif de freiner
Israël. Il ne sert qu’à gérer l’opinion occidentale. Les spectateurs
qui, sinon, pourraient être scandalisés à la vue de mères déterrant
leurs enfants sous des décombres de béton pulvérisé sont ainsi apaisés
par l’idée que quelqu’un, quelque part à Washington, est en colère en
leur nom. Les propos grossiers divulgués et les briefings officieux font
croire à un conflit entre un souverain impérial sceptique et son client
désobéissant, et ces apparences portent leurs fruits. Les bombes
continuent de tomber. Les cadavres s’accumulent. Mais la conscience de
l’empire a été soulagée, tandis que les valeurs morales de la classe
consommatrice ont été préservées.
Le plus ancien rituel du pouvoir revient à mettre en scène le remords
sans l’éprouver. Le Sénat romain pouvait pleurer la destruction de
Carthage alors même que l’on versait du sel sur ses champs. Le Parlement
britannique pouvait adopter des résolutions humanitaires pendant la
famine du Bengale tandis que les navires chargés de céréales mettaient
le cap sur l’Europe. Ces mêmes pratiques sont aujourd’hui mises en œuvre
par une classe de “professionnels du regret” qui envahissent nos chaînes d’information en continu et les postes de sous-secrétaires adjoints à Foggy Bottom [quartier de Washington]. Ils sont profondément désolés de ne pouvoir, en toute bonne conscience, cesser de poursuivre leur œuvre.
On nous demande donc de croire à l’incroyable. On nous demande de
penser que l’État le plus dépendant militairement de la planète, un pays
dont l’armée de l’air pilote des avions de chasse américains et dont le
Trésor public repose sur les subventions américaines, mène une campagne
de destruction régionale au mépris des exigences explicites de son
unique protecteur. On nous demande de croire que les volontés de
l’empire restent lettre morte parce que Bibi (comme je déteste ce nom de nounours)refuse
de décrocher le téléphone. On nous demande de constater le flux
manifeste de neuf milliards de dollars de livraisons supplémentaires de
munitions et d’en conclure que la rupture est consommée.
La crédulité requise pour gober ce tour de passe-passe est
stupéfiante. Et pourtant, il fonctionne, semaine après semaine, sur ceux
qui s’estiment bien informés. Il fonctionne parce que l’alternative est
insupportable. Reconnaître que ce carnage n’est pas un
dysfonctionnement de la politique américaine, mais bien sa mise en œuvre
réussie, revient à reconnaître ce que nos propres impôts ont financé.
“L’Iran a gagné la guerre”
Dans ces recoins d’internet qui se targuent de dissidence, une
fiction différente s’est imposée. Les porte-parole de la frange
anti-impérialiste ont déclaré que l’Iran a gagné, que Netanyahu a été
mis sur la touche, que le protocole d’accord signé cette semaine
représente une humiliation du projet sioniste et l’aube d’une ère
multipolaire.
La naïveté des milieux de gauche anti-impérialistes laisse pantois.
Même si j’aurais tant aimé que ce soit vrai, mais nous sommes là aussi en pleine mise en scène, destinée à un public différent.
Le protocole d’accord qui a “mis fin” à la guerre reporte
toutes les questions de fond, tout en offrant, dans l’immédiat, la seule
chose qui importe réellement au capital mondial : la réouverture du
détroit d’Ormuz. Israël a annoncé que, quoi qu’aient signé les
Américains, ses troupes resteront au Sud-Liban et
qu’il ne se considère pas lié par une quelconque cessation des
hostilités impliquant le Hezbollah. L’armée israélienne occupe le
territoire libanais en ce moment même. Les bombes tombent en ce moment
même. Les ministres d’extrême droite appellent à mettre le feu à tout un
pays en ce moment même.
Si c’est à cela que ressemble la victoire, on frémit rien qu’à l’idée de la défaite.
La thèse selon laquelle “l’Iran l’a emporté” est la jumelle dialectique de celle de la “rupture entre Trump et Netanyahu” .
Toutes deux servent à occulter la même réalité brute, à savoir que la
machine impérialiste a étendu sa guerre, tué un chef d’État, dévasté une
région et obtenu une trêve de soixante jours qu’elle peut rompre quand
bon lui semble. Les médias indépendants qui colportent le récit de la
victoire offrent à leurs lecteurs un analgésique réconfortant, celui-là
même qu’ils dispensent pour évoquer le monde multipolaire
anti-impérialiste que la Russie et la Chine seraient en train de bâtir,
un monde qui n’existe pas. Les médias mainstream offrent à leurs
spectateurs une formule différente de la même drogue : l’analgésique du
coup de fil courroucé, des propos grossiers divulgués, les sourcils
froncés du vice-président. Ces deux narcotiques s’adressent à la même
pathologie : l’incapacité à affronter ce qui est fait en notre nom et
avec notre argent.
Les politiciens et les journalistes nous raconteront bien des
histoires sur les événements, mais la seule qui compte est de savoir qui
détient les armes et qui en fait les frais. Le reste n’est que du
cinéma.
Le silence du Sud
Alors que l’on compte les corps au Liban, le monde politique du
soi-disant Sud global a choisi de se livrer à sa propre mise en scène
élaborée faite d’absence. Le président et le ministre des Affaires
étrangères iraniens ont lancé, à plusieurs reprises et publiquement, un
appel au bloc des BRICS, dont l’Iran est membre depuis 2024, pour qu’il rompe son silence sur la guerre menée contre lui.
Le bloc, composé du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine, de
l’Afrique du Sud et des nouveaux membres issus du Golfe, n’a pas
bronché.
Un regroupement d’États qui se présente comme l’alternative à
l’hégémonie américaine est incapable, alors qu’un de ses membres
permanents est bombardé et que son chef d’État est assassiné, de publier
un communiqué de presse. Deux réunions consécutives des BRICS en Inde ce printemps n’ont pas permis de dégager un consensus sur
la formulation permettant de désigner les agresseurs. L’Iran a exigé
une condamnation. Les Émirats, dont les bases aériennes sont utilisées
par les avions ravitailleurs américains, l’ont rejetée. L’Inde, qui
assure la présidence, a préféré garder le silence.
La raison de cette paralysie n’est un mystère pour personne. L’Inde, en
la personne du Premier ministre Modi a récemment élevé les relations de
son pays avec Israël au rang de ce que New Delhi appelle un “partenariat stratégique spécial”,
s’est rendue à Jérusalem quelques jours avant le début de la guerre, a
embrassé Netanyahu à la Knesset, puis a livré l’Iran aux griffes de
l’ennemi avec toute la chaleur d’un César livrant un chef vaincu. Les
Émirats ont refusé de laisser le bloc dénoncer ce qui venait d’être
infligé à son tout nouveau membre. L’ordre multipolaire tant vanté s’est
révélé, au seul moment critique, n’être qu’un forum courtois destiné à
gérer certaines contradictions, et non un contrepoids à la violence
américaine.
Le rôle de médiateur est finalement revenu au Pakistan. Les BRICS ont brillé par leur absence.
Telle est la vérité que les romantiques de la multipolarité ne
supportent pas d’examiner. Le capital ne respecte pas les discours des
présidents. Les flux commerciaux, d’armes et d’énergie lient les grands
États du Sud au centre impérial bien plus étroitement que la rhétorique
de solidarité ne les lie les uns aux autres. Lula peut prononcer de
beaux discours sur Gaza. Poutine peut qualifier la guerre d’illégale.
Aucun d’entre eux n’a imposé de sanction ni interrompu une livraison à
l’État qui occupe la Palestine et le Liban. Le bloc censé inaugurer un
nouvel ordre mondial n’a pas su trouver la cohésion nécessaire pour
défendre l’un de ses propres membres contre l’anéantissement, et cette
réalité, plus que n’importe quel communiqué, sonne le glas du projet tel
qu’actuellement constitué.
Ce qui compte
Les politiciens et les journalistes nous raconteront bien des
histoires sur les événements, mais la seule qui compte est de savoir qui
détient les armes et qui en fait les frais. Le reste n’est que du
cinéma.
Telle est la rigueur qu’exige un bilan honnête du moment présent. La
mise en scène est impressionnante. Elle est omniprésente. Elle comprend
des enregistrements téléphoniques divulgués, des photos de sommets, des
communiqués ministériels, des confessions dans des podcasts, des
sondages d’opinion évaluant si les Israéliens estiment avoir gagné la
guerre, des tribunes débattant de la question de savoir si Trump se
retourne enfin contre Bibi, et des fils de discussion
d’analystes capables de réciter par cœur toutes les formations
politiques de la Knesset mais incapables de se résoudre à compter les
morts à Nabatieh.
L’artillerie, c’est l’artillerie. Elle est américaine. Elle est
expédiée depuis Douvres et Norfolk, et depuis le stock stratégique situé
en Israël même, celui que Washington conserve sur le sol israélien
depuis les années 1980 précisément dans ce but. Elle arrive dans les
cales de cargos à Ashdod et Haïfa, six mille tonnes par jour, cent
quinze mille tonnes par mois, puis est chargée dans des camions et à
bord d’avions qui les larguent sur les villages du sud du Liban, les
camps de Cisjordanie et les champs de ruines de Gaza, où elle tue des
enfants dont les noms ne seront jamais prononcés sur CNN.
Le
ministère libanais de la Santé estime le nombre de morts causés par les
frappes israéliennes depuis le mois de mars à bien plus de trois mille
cinq cents, et à plus de onze mille blessés. C’est un chiffre que
vous n’entendrez pas sur les chaînes d’information en continu, obsédées
par la dernière crise de folie de Trump. Ajoutez-y les morts de Gaza,
qui ont depuis longtemps basculé dans une réalité statistique où
l’arithmétique des valeurs morales ne tient plus la route. Ajoutez-y les
Palestiniens abattus à Jénine, Naplouse et Tulkarm par des soldats
armés de fusils américains chargés de munitions américaines. Ajoutez-y
les Yéménites. Les Syriens. Les Iraniens. L’architecture du massacre est
bipartite, multipolaire, généreusement financée et remarquablement
efficace.
Le public
C’est le public qui constitue le véritable scandale. Ce public qui
regarde le spectacle et pleure devant les lamentations simulées du
prince tandis que son armée massacre dans la vallée voisine. Ce public
conditionné par des décennies de show impérial à confondre l’apparence
de la dissidence avec l’opposition au pouvoir. Ce public qui préfère une
fiction apaisante faite de retenue à une prise de conscience
authentique de sa complicité.
Nous sommes ce public. Les billets ont été payés avec le sang d’autrui. Les applaudissements ne nous ont encore rien coûté.
Hannah Arendt avait averti que les grands maux du XXe siècle n’ont
pas été commis par des monstres, mais par des individus qui ont renoncé à
leur esprit critique, qui ont soumis leur jugement à l’autorité et leur
conscience à la procédure. Les Eichmann de notre époque portent de
beaux costumes et s’expriment sur le ton des podcasts publics. Ils
expliquent que la situation est complexe. Ils font remarquer que le
Premier ministre est “difficile”. Ils observent que le président “fait ce qu’il peut”. Et ils sont “vraiment désolés pour ces enfants”.
Les bombes tombent. Les usines tournent en continu pour reconstituer
les stocks. Le président prend un autre appel téléphonique. Les BRICS
publient un nouveau communiqué faisant état de divergences de vues. Les
médias indépendants célèbrent une nouvelle victoire de la résistance.
Les médias mainstream rapportent une nouvelle fracture au sein de
l’alliance.
Et dans les morgues de Tyr et de Nabatieh, les morts sont alignés en
longues rangées, et ils se moquent bien de toute cette mise en scène,
car les bombes qui les ont tués étaient bien réelles.