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lundi 20 juin 2022

Maintien de l’ordre: les nouveaux blindés de la gendarmerie arrivent, par Luc Auffret

Source : https://qg.media/2022/06/19/maintien-de-lordre-les-nouveaux-blindes-de-la-gendarmerie-arrivent-par-luc-auffret/

Maintien de l’ordre: les nouveaux blindés de la gendarmerie arrivent, par Luc Auffret
19/06/2022

Les nouveaux instruments du dialogue social macroniste sont arrivés. Alors que le gouvernement avait commandé fin 2021, 90 nouveaux blindés pour le maintien de l’ordre, le premier exemplaire vient de sortir d’usine. Lance-grenades automatique 30 coups, caméra de vision nocturne à l’avant du véhicule, entre autres performances inquiétantes: l’engin laisse présager une répression toujours plus importante des éventuels mouvements sociaux du prochain quinquennat

En octobre 2021, le Ministère de l’Intérieur annonçait dans un communiqué l’acquisition de 90 nouveaux blindés pour la gendarmerie nationale à l’issue d’une mise en concurrence du marché public initiée en décembre 2020. La société SOFRAME a remporté le marché, avec le modèle ARIVE (Armoured Infantry Vehicle).

Ces véhicules blindés de maintien de l’ordre remplaceront progressivement les véhicules blindés à roues de la gendarmerie (VBRG) utilisés depuis les années 1970 en France et dans les départements d’outre-mer. Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron au pouvoir, les VRBG ont été utilisés pour l’évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes en 2018, et aussi contre le mouvement des Gilets Jaunes à partir de fin 2018. Plus récemment le gouvernement a mobilisé en novembre dernier ses blindés face à la révolte en Guadeloupe et en Martinique contre le « pass sanitaire » mais plus largement contre les mauvaises conditions de vie, et encore récemment pour réprimer le « Convoi de la liberté » le 12 février 2022 à Paris. Un reportage de QG avait relaté l’événement.

Ce blindé de 14,5 tonnes dénommé Centaure par la gendarmerie mesure 7,4 mètres de long pour 3,3 mètres de hauteur et peut atteindre une vitesse de 110km/h. Il peut transporter entre 10 à 12 gendarmes.

Niveau équipement, le Centaure est déjà équipé d’une lame installée à l’avant du véhicule permettant de dégager des axes barrés ou bloqués par des véhicules et des barricades. Ce blindé a la capacité de pousser des voitures et objets pesant jusqu’à 3,5 tonnes, le tout à une vitesse de 30km/h selon l’Essor.

Au-delà de sa taille et de son poids imposant, ce véhicule blindé de maintien de l’ordre possède une caméra de vidéosurveillance longue portée sur le toit ainsi qu’un système de défense à base de lacrymogène sur chaque côté du véhicule avec une concentration de gaz CS très élevée. Ce système de défense ressemble à celui en place sur les véhicules blindés à roues de la gendarmerie. Le 16 mars 2019, Gaspard Glanz, fondateur de l’agence de presse indépendante Taranis News avait ainsi filmé un VRBG diffusant de la poudre de gaz lacrymogène lors d’une manifestation des Gilets jaunes sur les Champs-Elysées. La chose avait été confirmée par la préfecture de police à l’équipe de Checknews, au sein du quotidien Libération.

Le nouveau blindé de la gendarmerie est également équipé d’un lance-grenades automatique, télécommandé 30 coups avec une portée de 400 mètres en plus d’une caméra de vision nocturne intégrée sur l’avant de la carcasse. Le BCM STARK-30 de la société Sunrock possède un “système de rechargement facile et rapide sur le côté” qui peut s’effectuer sans descendre du véhicule (comme on peut le voir ici plus bas).

Nouveau fleuron de la gendarmerie, il a été exposé du 13 au 17 juin sur le stand du Ministère de l’Intérieur au salon de l’armement Eurosatory qui s’est tenu au parc des expositions de Paris Nord Villepinte.

Cet investissement massif laisse évidemment présager une répression toujours accrue des prochains mouvements sociaux, auxquels l’État semble s’être préparé en renforçant son arsenal pendant la période Covid. Outre ces nouveaux blindés impressionnants, une commande de 170.000 munitions de LBD, dont 10.000 avec produits marqueurs, a au demeurant été passée au printemps 2021.

Le premier quinquennat d’Emmanuel Macron avait été marqué par la mise en oeuvre d’une violente doctrine du maintien de l’ordre. Au total, la répression du mouvement des Gilets jaunes, des manifestations contre la réforme des retraites, ou contre la loi Sécurité globale, aura fait plusieurs centaines de blessés graves et de mutilés, notamment 32 éborgnés et 6 mains arrachés ainsi que plus de 27.800 blessés (±3360) selon le rapport d’enquête de l’Observatoire des Street-medics, parmi lesquels 25.800 seulement pour le mouvement des Gilets jaunes, un chiffre dix fois supérieur au chiffre officiel admis par le Ministère de l’Intérieur. Un triste record que l’on espère ne pas voir battu, alors que le pouvoir macroniste semble être entré dans une inquiétante veillée d’armes.

Luc Auffret

vendredi 11 février 2022

Convoi de la liberté interdit à Paris : « Je n’ai plus peur, je suis déjà en train de tout perdre »

Alors que la préfecture de police de Paris a annoncé ce jeudi interdire l’arrivée du convoi de la liberté dans la capitale, faisant monter la pression chez des manifestants toujours plus nombreux.

Repartis sur les routes pour une deuxième journée de mobilisation, les différents convois de la liberté se sont vu interdire l’accès à leur point de ralliement final. Une déclaration de la préfecture parisienne qui n’entrave pas l’inexorable progression des manifestants, qui se rapprochent de la capitale. Mais dans les rangs la tension est montée d’un cran ce matin en découvrant le détail des mesures prises par le préfet. Deux ans d’emprisonnement, 4500 euros d’amende, une immobilisation de véhicule, une réduction du nombre maximal de points et une suspension de permis de trois ans sont ainsi encourus par toute personne « entravant la circulation routière ».

Organisation et ironie : la réplique du convoi

En réaction, les directives fusent depuis ce matin sur les différents groupes et canaux de communications du convoi. Dans un flot de messages inquiets et écœurés, les appels à rester pacifiques et à refuser toute violence se multiplient, l’idée de sitting généraux ayant même été lancée pour contrer tout dérapage. Des listes de noms d’avocats circulent, ainsi que des conseils juridiques de premier secours en cas d’arrestation par les forces de l’ordre.

Pour le mouvement, l’interdiction pure et dure décrétée par la préfecture parisienne est une décision nouvelle et singulière. Malgré les différentes « escortes policières » et ralentissements provoqués par les forces de l’ordre depuis le premier départ, aucune mesure de cet ordre ne s’était encore dressée sur la route du convoi. Un statut de persona non grata qui ne semble pas impressionner ni dissuader certains manifestants, à l’image de Denis Nemery, auto-entrepreneur dans le milieu de la musique : « Je n’ai pas peur, je suis déjà en train de tout perdre », lance-t-il d’un ton fataliste, avant d’ajouter « Qu’ils me mettent 4500 euros d’amendes, je ne serai plus solvable, c’est tout. Et s’ils veulent me mettre en prison, qu’ils le fassent ! »

« Ils vont bloquer la ville eux-mêmes ! »

Pour le varois qui a rejoint le convoi à Brignoles, cette annonce se fait même aveu de faiblesse face à un mouvement à l’ampleur imprévue en France. Loin de considérer l’interdiction comme une entrave, c’est en riant qu’il ironise : « Sils encerclent Paris de flics, ils vont bloquer la ville eux-mêmes ! » D’après les informations d’Europe 1, l’exécutif réfléchit à mettre en place un « dispositif important » sur les péages entourant la capitale, la gendarmerie étant même prête à « déployer des véhicules blindés.

D’ici Paris, aucune information concernant des interdiction similaire n’a pour l’instant été annoncée sur le reste des points de ralliement des différents convois. Contactés par nos soins, la préfecture de Lyon a ainsi déclaré qu’« aucun arrêté préfectoral n’est envisagé à ce stade. » Une position officielle qui ne devrait donc pas entraver le rassemblement du convoi Sud-est, qui compterait plus d’un millier de véhicules selon les manifestants.

Simon Martin et Alexandre Ori

Source

mercredi 3 novembre 2021

Commande de 90 véhicules blindés au service de la Répression en marche

Maintien de l'ordre : la gendarmerie s'équipe avec des blindés alsaciens

La proto-dictature, on l'essaye et c'est maintenant ! 

Parce que c'est notre projet. 



Le « véhicule blindé de maintien de l'ordre » (VBMO) de Soframe a été sélectionné au terme d'une compétition lancée au printemps dernier par le ministère de l'Intérieur. (Soframe)


La Gendarmerie nationale va remplacer ses blindés historiques par de nouveaux engins, plus aptes à résister aux armes actuelles. L'entreprise alsacienne Soframe du groupe Lohr remporte une commande de 90 véhicules.

Le « véhicule blindé de maintien de l'ordre » (VBMO) de Soframe a été sélectionné au terme d'une compétition lancée au printemps dernier par le ministère de l'Intérieur.

Le « véhicule blindé de maintien de l'ordre » (VBMO) de Soframe a été sélectionné au terme d'une compétition lancée au printemps dernier par le ministère de l'Intérieur. (Soframe)

Par Anne Bauer

Publié le 3 nov. 2021 à 7:40Mis à jour le 3 nov. 2021 à 8:28

A l'issue d'un appel d'offres lancé il y a un an par le ministère de l'Intérieur, la société Soframe, filiale du groupe Lohr, a remporté le marché pour équiper la Gendarmerie nationale de nouveaux véhicules blindés de maintien de l'ordre.


La PME va livrer 90 exemplaires de son modèle Arive pour un contrat estimé à 57,4 millions d'euros, hors TVA.

source : https://www.lesechos.fr/industrie-services/air-defense/maintien-de-lordre-la-gendarmerie-sequipe-avec-des-blindes-alsaciens-1360540