vendredi 14 avril 2023

Covid-19 : Le Parisien garde les yeux grand fermés

Le contenu de cet article me rappelle cette citation de Christian Combaz: 

"Les vaccinés sont souvent animés par une crainte agressive de s'être trompés, c'est pourquoi ils voudraient diluer leur erreur en obligeant tout le monde à la commettre."

Source de l'article :  https://www.francesoir.fr/societe-sante/covid-parisien-garde-yeux-fermes-chaillot

Auteur(s)
Pierre Chaillot, Décoder l'éco
Publié le 11 avril 2023 - 09:00

 

 Couverture

TRIBUNE - Le 18 mars 2023, le journal Le Parisien a sorti deux articles très critiques à propos des livres « Les apprentis sorciers » d’Alexandra Henrion-Caude aux éditions du Seuil et le mien « Covid 19: ce que révèlent les chiffres officiels » aux éditions l’Artilleur. Ces articles commencent à parler du livre et ne font pas que discréditer l’auteur. Ils ont cependant un parti pris extrêmement marqué et usent de techniques qui manquent sérieusement de fair-play. Avec l’ami Pierre-Yves Covid, co-auteur du chapitre de mon livre sur les statistiques anglaises, et avec qui nous avions expliqué les techniques de manipulation utilisées par Tristan Mendès-France et Rudy Reichstadt pour tenter de discréditer mon livre,  nous proposons une réponse à ces articles.

La promotion de la censure

Le premier article du Parisien s’intitule : «  En tête des ventes et des fakenews, le business des livres classés antivax ». Avec fakenews et antivax dans le titre, ça donne déjà une bonne idée du parti pris. 
Le sous-titre est le suivant : « Depuis plusieurs semaines, deux ouvrages défendant des thèses antivaccins figurent parmi les plus vendus de France. Un succès qui sidère les scientifiques, vent debout contre des théories « absurdes », mais qui profite aux covido-sceptiques et aux éditeurs ».

Donc la couleur est annoncée, et l’importance est d’autant plus grande que la grande majorité des lecteurs s’arrêtera là. On aimerait connaître la méthodologie des journalistes qui permet de classer un livre dans les fakenews. Il faudrait déjà qu’ils nous disent ce qu’est une fakenews. Est-ce une vérité énoncée trop tôt par exemple ?

Ensuite, le Parisien se permet de dire qu’il s’agit d’un business, qui plus est « classé antivax ». C’est un coup bas assez odieux. D’une part, rappelons que je ne touche pas un centime de droit d'auteur. Tout cet argent va directement à l’association Où est mon cycle ? qui vient en aide aux femmes ayant des troubles menstruels depuis leur vaccination anti-Covid-19.

Ces femmes se sont donc fait vacciner, suivant les recommandations des autorités de santé assurant que la vaccination était sûre et efficace. Les personnes qui profiteront des droits d’auteurs n’ont donc rien d’antivax ou de covido-sceptiques, puisqu’elles sont vaccinées.

Je pense qu’elles apprécieraient et mériteraient un minimum de respect. Au demeurant cela devrait permettre de comprendre que je ne fais preuve d’aucun sectarisme. Un certain nombre de vaccinés ont soutenu les mesures prises pour écarter les non-vaccinés de la société.

Aujourd’hui, après avoir moi-même été écarté de la société, ce sont des dizaines de milliers d’euros que je cède à des femmes vaccinées, qui finalement ne sont que des victimes. Pour le livre d’Alexandra Henrion-Caude, les droits d’auteurs vont aux suspendus. A minima, les journalistes auraient dû signaler ces points.

J’ajoute que mes vidéos ne sont pas non plus monétisées et que je ne reçois aucune rémunération pour mes articles. Je réalise en ce moment des conférences un peu partout en France sans toucher la moindre rémunération non plus. Lorsque les associations reçoivent des dons suite à mes conférences, l’argent soutient là aussi des suspendus. Ce genre d’insinuation qui vise à salir un travail entièrement bénévole est odieux et mériterait des excuses de la part de ce journal.

Ajoutons que l’article du Parisien est payant et que les journalistes sont, eux, rémunérés. Il est assez cocasse de faire du business avec un article qui prétend dénoncer un soi-disant business, réalisé par des bénévoles… De même, on aimerait savoir qui a l’autorité scientifique de déterminer ce qui est antivax et ne l’est pas, l’industrie pharmaceutique peut-être ? Les gens en conflit d’intérêt financier avec l’industrie pharmaceutique qui viennent en faire la promotion à la télé ? Et puis qu’est-ce qu’un antivax ?

Quelqu’un qui s’est fait vacciné de nombreuses fois et a uniquement refusé les vaccins anti-Covid-19 est-il un antivax, comme semble le prétendre le Parisien ? Quelqu’un qui a étudié les essais de phase 3 de Pfizer et Moderna et explique pourquoi ils auraient dû conduire à l’interdiction de ces produits est-il un antivax ?

Les mots fourre-tout antivax ou covido-sceptique n’apportent absolument aucune information sur le contenu du livre. Leur rôle est évident : écarter toute velléité des lecteurs du Parisien d’en savoir plus. À l’instar du mot “complotiste”. Ces termes ne visent qu’à censurer indirectement les livres qu’on fait semblant de présenter.

Le sous-titre indique le succès du livre sidère LES scientifiques : il aurait été plus objectif de dire DES scientifiques et de préciser lesquels. Il s’agit bien évidemment d’un sophisme permettant de faire croire à un consensus total, et de laisser penser qu’Alexandra, Pierre-Yves, tous mes coauteurs et moi-même ne serions pas des scientifiques.

Nous verrons par la suite que les seuls scientifiques qu’ont trouvé les journalistes du Parisien sont, étonnement, en conflit d’intérêt avec les problématiques soulevées par le livre. Il y a donc un sérieux problème de neutralité journalistique. De plus, les théories avancées dans les livres seraient « absurdes ». Ainsi, il serait aisé d’apporter la contradiction sur le fond et d'indiquer précisément les absurdités. Nous verrons que le second article s’y essaye, mais échoue complètement.

Enfin, c’est un réel problème que de coller l’étiquette de sceptique à quelqu’un dans le but de le dénigrer, alors que le scepticisme est un élément indispensable de la démarche scientifique. La science ce n’est pas la Vérité révélée. On peut, et on doit discuter de tout, y compris et surtout des chiffres, si vous voyez le slogan auquel je fais référence.

Il  faut aussi discuter  des méthodes, des théories, des biais, des limites des modèles, des interprétations, etc. Cette tentative échouée de dénigrement ne traduit que la méconnaissance de la part des auteurs, du monde de la recherche scientifique, et de son fonctionnement. Les journalistes ne cherchent pas la science, les explications, le débat, mais seulement le prêt-à-penser.

Scientisme et non pas science

L’article du Parisien semble promettre une critique d’ordre scientifique de mon livre et de celui d’Alexandra. On peut lire : Ces thèses, nous les avons soumises à plusieurs scientifiques, sidérés de lire de « telles aberrations ». Or, la seule personne qui s’exprime dans ce premier article en dehors des journalistes est Tristan Mendès-France. Une fois de plus, toujours le même. Les deux livres traitent de génétique et de statistiques. Ce serait une personne présentée comme blogueur, chroniqueur essayiste et réalisateur, ayant fait des études de science-politique qui serait censé apporter la contradiction scientifique ? On a ici affaire à un sophisme d’autorité doublé d’une tromperie sur la marchandise.

Sans surprise, Tristan Mendès-France n’apporte rien au débat scientifique dans cet article. Il n’est pas là pour ça. Il reste dans son rôle de chef de file de la bien-pensance. Il avoue d’ailleurs son incapacité à comprendre nos livres en avançant l’argument savoureux : « Les deux gavent leurs ouvrages de référence et de schémas. Ils en font des millefeuilles argumentatifs, décrypte Tristan Mendès France, expert des radicalités. En les refermant, on se dit : Il n’y a pas de fumée sans feu. Là est le danger. »

Une bonne raison de se méfier de nos livres, serait que tout ce que nous disons est expliqué, analysé, sourcé, basé sur des références officielles. Bref, que nous avons une démarche scientifique. Je rassure cependant ce cher Tristan Mendès-France, comme j’ai parfaitement conscience des limites des fact-checkers, j’ai insisté pour que chaque chapitre démarre par une image à colorier. Cela devrait vous permettre de vous occuper.

J’ai en effet constaté que pour les fact-checkers, la démarche scientifique est très déroutante. Le prétendu décryptage de mon livre réalisé par votre ami Rudy Reichstadt est très révélateur : il a passé la moitié de son intervention à utiliser comme unique source lui-même, pour parler d’un sujet qui n’a rien à voir avec le livre. L’entre-soi a atteint son paroxysme avec cette vidéo d’un type qui nage tout seul dans son propre délire.

Plus bas, Tristan Mendès-France nous dit que je me présenterai en « sachant », alors qu’au contraire,  je me présente en simple statisticien et que j’invite quiconque à une critique constructive et au débat contradictoire. Pour ce faire, j’ai mis en ligne tous mes programmes qui permettent de générer les graphiques et les analyses présentés dans l’ouvrage. Pour la rigolade, ce personnage est présenté en expert du complotisme, alors que justement, son principal argument fustigeant mon livre dans sa vidéo avec Rudy Reichstadt était un dérapage complotiste ! Il a affirmé que le succès de mon livre était dû à un grand complot des complotistes, soutenu par un « push algorithmique » mené par la Fnac ! Expert complotiste ou en complotisme, à vous de juger !

Par la suite, il est indiqué que l’INSEE fustige « plusieurs biais, erreurs ou arguments de mauvaise foi dans l’ouvrage ». J’aimerai bien, dans une démarche scientifique et constructive, qu’on m’indique précisément lesquels afin que je puisse répondre, ou même corriger ces erreurs, mais j’attends toujours une analyse de fond du travail produit… Vu le nombre de ventes et la taille du public concerné, ça vaudrait le coup, alors chiche, une critique précise, sourcée, dans le respect, si ce n’est pas trop demander, et auquelle je pourrai répondre, pour faire avancer le débat ! Débat duquel naîtra peut-être un consensus ?

Il est ensuite indiqué, que « SELON MOI », « le Covid n’aurait eu qu’un 'faible' impact sur l’hôpital et le vaccin aurait fait jusqu’à '300 000 morts'. » . Le faible impact sur l’hôpital n’est pas selon moi, mais selon le rapport de l‘ATIH (Agence Technique de l'Information sur l'Hospitalisation, ndlr). Tout le chapitre consacré à la prétendue saturation hospitalière est tiré de ce rapport officiel, complété par le rapport sur les hospitalisations de 2020 dans leur ensemble, ainsi que celui de la Cour des Comptes sur les soins critiques. Les sources officielles disent la même chose et que je ne fais que les reporter. Il ne s’agit pas de mon avis personnel.

Les 300 000 morts des vaccins, quant à eux, sont ici balancés comme un cheveu sur la soupe. Il s’agit d’une technique de rhétorique qui consiste à sortir les propos de son adversaire de leur contexte pour mieux le contredire. Lorsque j’ai terminé l’écriture du livre, environ 30 000 effets indésirables suivis du décès du patients avaient été remontés à la pharmacovigilance européenne et 10 000 par la pharmacovigilance américaine. L’industrie pharmaceutique apporte deux commentaires aux effets indésirables en général :

1- Chaque effet indésirable pris individuellement ne peut jamais être considéré comme ayant été causé par le médicament ou le vaccin avec certitude. En effet, les myocardites, les péricardites, les décès arrivent dans la vie courante, bien que rarement, sans qu’il y ait nécessairement une prise de médicament ou de vaccin avant. Cette impossibilité de prouver avec certitude la causalité permet de protéger l’industrie pharmaceutique des conséquences de ses actes. Les victimes de cette industrie ne gagnent quasiment jamais rien.

2- L’industrie pharmaceutique admet que la pharmacovigilance sous-estime très largement les effets indésirables dûs à ses produits. Selon le LEEM (Les entreprises du médicament, le lobby de l’industrie pharmaceutique), la proportion des effets indésirables déclarés ne représente que 5 à 10 % des problèmes réels. Autrement dit, selon l’industrie pharmaceutique, pour connaître le nombre d’effets indésirables réellement subis par la population, il faut multiplier par 10 ou 20 ceux qui sont déclarés.
Ainsi, c’est bien selon les estimations de l’industrie pharmaceutique, et encore, en prenant l’hypothèse la plus favorable aux vaccins, que nous obtenons une estimation de 300 000 décès. Il ne s’agit pas de mon avis personnel, mais de celui des professionnels du médicament.

Et une fois encore, nous invitons les autorités à publier les données de mortalités par statut vaccinal afin de lever tout soupçon. Ça serait quand même la moindre des choses non ?

Enfin l’article essai une dernière fois de me coller l’étiquette d’antivax et conclut sur la responsabilité des éditeurs : notre Tristan Mendès-France national indique que « [l’éditeur] engage sa responsabilité dans le pourrissement du débat public. » Rien que ça. Ne serait-ce pas plutôt l’émergence d’un débat public qui a été interdit depuis 3 ans ?

On aimerait les statistiques de l’audiovisuel et de tous les médias, permettant de comparer le temps de parole consacré à la promotion de la vaccination par des experts de plateaux de télévision, à celui critiquant cette stratégie par des experts du domaine. Quelqu’un a-t-il le sentiment d’avoir vu un débat quelque part ? À vous de juger ! La volonté de m’accoler ce qualificatif d’antivax relève de l’association diffamante présentée dans la précédente vidéo.

En effet, dans notre société, l’imaginaire de la vaccination est associée à la science et au progrès. La réalité est, comme souvent, bien plus complexe. Je ne connais pas grand monde parmi ceux qui se sont fait vacciner ou qui ont fait vacciner leurs enfants, qui ont fait un réel effort de documentation. Mes enfants ont été vaccinés de tous les vaccins conseillés par des médecins, soit, plus que ce qui est obligatoire, non pas parce que j’avais vraiment creusé le sujet, mais parce que je leur ai accordé ma confiance.

Je ne découvre que depuis ces dernières années que pratiquement aucun médecin généraliste n’a vraiment creusé la question et se contente de suivre les protocoles imposés par l’État, en étant payé pour ça. Gare aux médecins qui oseraient remettre en question le moindre dogme, le Conseil de l’Ordre est là pour les punir immédiatement.

La vaccination massive d’aujourd’hui n’est pas pratiquée pour des questions de science, mais du fait d’obligations qui, justement, empêchent le débat scientifique. Le corollaire sous-entendu par l’article serait que les antivax sont des ignorants obscurantistes.

Les ignorants obscurantistes ont toujours été, bien au contraire, ceux qui ne se posent aucune question et se contentent de répéter un discours prémâché.

Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir

Intéressons-nous aux auteurs de cet article, à savoir Elsa Mari et Nicolas Berrod, à leurs travaux, et à nos points de convergence ! Et oui, vous ne vous y attendiez peut-être pas, mais il y en a beaucoup.

Ce constat est symptomatique de ce qui s’est passé pour cette histoire de Covid-19. Nous avons vécu les mêmes arnaques que par le passé, mises en scène par les mêmes protagonistes proposant les mêmes recettes, mais le politiquement correct empêche quiconque de le remarquer, même ceux qui connaissent toutes ces ficelles.

En effet, Elsa Mari a récemment publié un livre intitulé « Génération bistouri ». Les ventes sont encore timides, mais le contenu apparaît prometteur ! Soyons honnête, nous n’avons pas encore eu le temps de lire l’ouvrage, mais avons écouté, avec attention et intérêt, quelques interventions de l’auteure et de sa coauteure Ariane Riou publiés par Le Parisien ou sur C à vous (France 5, ndlr), et les parallèles avec notre démarche sont, comme vous allez le voir, saisissants.

Son ouvrage est un pavé dans la marre contre les abus et la banalisation de la chirurgie esthétique notamment chez les jeunes. Il est amusant de noter que les auteurs se défendent d’une position anti-chirurgie esthétique : je cite « on n’est absolument pas contre la chirurgie esthétique en général, quand c’est réfléchi ». Voilà qui devrait nous mettre d’accord finalement. Avant de faire quoi que ce soit concernant la santé, il faut réfléchir et ne pas se laisser influencer par n’importe qui.

Voici une liste de citations, nous laissons à chacun le soin de remplacer un acte médical par un autre et se faire leur propre avis… À la recherche d’un consentement libre et éclairé :

  • « Nous, ce qu’on dénonce c’est la banalisation à l’excès, tout le système qui pousse derrière, des jeunes à se lancer dans la chirurgie esthétique, alors qu’ils n’auraient pas eu idée de le faire autrement ». 

Et oui, imaginez qu’il faille justifier d’une opération de chirurgie pour aller au bar, au resto, au ciné, ou faire du sport ? Quel scandale n’est-ce pas ?

  • « On va les voir [les influenceurs] chez leur chirurgiens avec une seringue au bord du visage… Elles font en fait de la publicité sans mentionner les risques… ou les complications qui peuvent advenir après une opération. »

Ne pensez surtout pas aux médecins de plateaux télé, bien souvent en conflit d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique, ou aux célébrités du showbiz appelant à la vaccination…

  • « En fait, ils ne montrent que la part belle de la chirurgie sans aborder évidemment les risques qui peuvent être liés parce que c’est pas anodin. »

Ah tiens, comment peut-on imaginer que l’industrie de la santé nous aurait survendu les bénéfices et, minoré, voire même, ignoré les risques ? N’est-ce pas complotiste ?

  • « Les influenceurs modifient la réalité pour donner une image fausse de la réalité. »

Comment ça ? Les influenceurs seraient en fait prêts à mentir pour défendre un produit ?

À ce stade, nous nous rejoignons donc sur la nécessité d’un consentement libre et éclairé, préalablement à la réalisation de tout acte médical. Le sujet est rigoureusement le même entre la chirurgie esthétique et la vaccination. Cela concerne tout ce qui a trait à la santé en fait. Mais le parallèle ne s’arrête pas là.
Des intérêts financiers en jeu ? Vraiment ?

  • « Elle nous raconte qu’elle [une personne faisant des injections de botox je crois] se fait des sommes de ouf, c’est-à-dire 700€ par jour. »

Les auteures racontent l’histoire d’un médecin qui a des pratiques abusives, mais « la recette prend, et des médecins vont se mettre à l’imiter » au lieu d’être signalé pour ses pratiques par ses collègues.

  • « On comprend très vite que tout cela est un business. »

Mais c’est pas complotiste de dire ça ? Les actes médicaux ne seraient pas réalisés uniquement pour le bien-être des patients, mais aussi pour gagner de l’argent sur leur dos ? Il faut surtout que les auteurs évitent de faire le parallèle avec les vaccinodromes qui ont permis à certains praticiens de gagner des milliers voir dizaines de milliers d’euros en quelques jours, tout en délaissant leur cabinet et donc leurs patients, qui pour le coup, pouvaient être réellement malades.

Une idéologie qui profite de la peur :

  • « Les jeunes viennent se faire injecter du botox pour devancer une ride qui pourrait apparaître. Et donc on attend pas un signe de vieillesse on l’anticipe » 

La chirurgie esthétique vit donc de la peur pour pousser à la consommation. La peur de vieillir, qui est pourtant un processus naturel. Il ne s’agit même pas de corriger quelque chose, mais d’intervenir sur quelque chose qui n’existe pas encore. Finalement, c’est une vaccination botoxique. Mais alors les auteurs sont contre la prévention, donc antivax ? Nous sommes donc d’accord sur le problème de la corruption des praticiens, et le parallèle continue. Des autorités sanitaires aux abonnés absents et une omerta ?

  • « L’Ordre des médecins n’a pas non plus les moyens. »

Vu toute l’énergie dépensée par le Conseil de l'Ordre à traquer les personnes à qui il manque 1, 2 ou 3 doses de vaccins anti-Covid-19, on sait où sont ses priorités : protéger les dogmes et les intérêts financiers en jeu. Les patients sont très secondaires.

  • « Le ministère de la Santé ne semble pas avoir pris conscience du problème. »
  • « Des victimes, il y en a très peu qui portent plainte. »
  • « Ils n’osent pas publier ces résultats tellement ils sont alarmants. »

Toute vraisemblance est encore une fois totalement fortuite. Le nombre record de blessés et même de décès remontés en pharmacovigilance à la suite des vaccins anti-Covid-19 sont certainement ignorés pour de bien meilleures raisons…

De possibles effets indésirables à plus long terme ?

  • « On ne sait pas du tout ce que ça donnera dans 5, 10, 15 ans. Aujourd’hui en France on n’a jamais pratiqué autant d’actes de chirurgie esthétique, encore moins chez les jeunes. »

Mais les vaccins ARNm c’est pô pareil, hein ! Il faut absolument continuer de croire que se faire injecter plusieurs doses d’une substance dont personne ne connaît la composition, n’aura aucune conséquence à long terme.

C’est fou la capacité qu’on peut avoir à se mentir. Le nombre de personnes qui vérifient la composition de tout ce qu’ils achètent, bannissent les OGM et le gluten, mais se sont fait injecter une substance inconnue en bénissant le progrès est assez révélateur de la puissance de la peur et du conformisme.

Ensuite, les auteurs présentent le cas d’une victime d’opération, on échappe étonnamment à l’argument habituel corrélation n’est pas causalité ! Cette personne souffre peut-être d’une coïncidence… En effet, il existe des études démontrant que les implants sont « safe and effective ».

Si, si, on retrouve bien ce genre d’étude dans la littérature, avec le même niveau d’indépendance que celle pour le Covid, c’est-à-dire financé par l’industrie concernée, c’est revue par les pairs évidemment exempt de conflits d’intérêt, tout comme pour les vaccins anti-Covid-19 !

Assiste-t-on à un déni de la part des acteurs impliqués dans le business qui tourne au scandale ? Les études auraient-elle des conclusions biaisées par leur financement comme c’est reconnu dans la littérature scientifique depuis longtemps ?

Une femme a perdu son visage suite à une injection d’acide hyaluronique, nous espérons que sa reconstruction se passe pour le mieux. C’est pourquoi nous avons choisi de donner de la visibilité à votre travail, mais nous aimerions que vous, journalistes, fassiez de même auprès de femmes ayant perdu leur utérus suite à la vaccination et qui en souffrent également. Et ce, d’autant plus que leurs blessures sont niées. Est-ce vraiment trop demander ?

Nous arrêtons cette énumération, et invitons les auditeurs à se procurer le livre Génération bistouri chez tous les bons libraires indépendants, lire ce livre, en parler autour d’eux pour que cela cesse. Cesser non pas forcément tout recours à la chirurgie esthétique, qui est parfois de la chirurgie réparatrice bénéfique au patient, mais permettre que les patients puissent consentir de manière libre et éclairée à subir un acte médical, indépendamment de pression extérieur d’un système qui en tire profit. Quel que soit le sujet, il n’est pas acceptable que le business se fasse au détriment de la santé des personnes, et encore moins des jeunes !

Il serait peut-être temps aujourd’hui qu’Elsa Mari lève un peu le nez de sa copie et se rende compte qu’au travers du problème de la chirurgie esthétique, elle fait en fait le procès de l’industrialisation du système de santé et de son détournement au profit d’un système mafieux.

Chère Elsa Mari, nous racontons la même chose et vous refusez pour le moment de le voir.

Deuxième article : pas un débat, mais une charge

Commençons par noter que seulement 7 affirmations sont examinées, sur deux livres ça fait pas beaucoup, et on va voire que les seules 3 affirmations qui concernent mon livre sont loin d’être contredites… Notons qu’encore une fois, les livres sont qualifiés d’antivax afin de jeter un peu de discrédit au passage, et dire au lecteur quoi penser. Commençons par noter un progrès de la part de nos journalistes.

Il est écrit : « Beaucoup des thèses défendues dans ces deux ouvrages…. sont contestées par DES scientifiques. » et non LES scientifiques comme dans l’article précédent. Nous sommes effectivement conscients que nos thèses ne sont actuellement pas consensuelles, et sommes prêts à argumenter nos désaccords sur des bases scientifiques. D'ailleurs, si nos analyses étaient consensuelles, il n’y aurait pas eu besoin de faire ce livre.

Des dizaines de milliers de morts dus aux vaccins ?

Il m’est reproché d’indiquer qu’« en un an et demi de vaccination, nous approchons des 40 000 décès officiellement annoncés sur l’ensemble Europe et États-Unis ». Dans la section du livre ou j’écris cette phrase, il est clair qu’il s’agit des morts qui sont remontés dans les systèmes de pharmacovigilance passive de l’Europe et des États-Unis.

Nous avons déjà traité avant ce que nous pouvons déduire du nombre d’effets indésirables remontés. On peut toujours discuter de l’attribution des décès à la vaccination. Comme expliqué dans le livre, la seule issue à cette controverse serait que les autorités de santé publient les statistiques de décès selon le statut vaccinal, et vérifient s’il existe ou non une corrélation entre date de décès et date de vaccination. Je maintiens donc mon affirmation, qui est malheureusement corroborée par d’autres signaux, notamment des hausses de décès pendant les campagnes de vaccination et propose même une piste pour confirmer ou infirmer ce point.

Un tel nombre de morts peut paraître choquant aux lecteurs, il l’est, mais il ne s’agirait pas d’un record pour l’industrie pharmaceutique dont le seul scandale sanitaire des opioïdes est considéré avoir causé la mort de plus d’un demi-million d’américain.

Le Dr Milou-Daniel Drici de l’EMA (Agence Européenne des Médicaments) nous indique, la main sur le cœur, que « chaque décès a été soigneusement expertisé, et on n’aurait jamais mis ou laissé sur le marché un vaccin causant autant de morts ». Nous invitons les journalistes à faire leur travail en interviewant des victimes ou des proches de victimes d’effets indésirables. Le travail est d’ailleurs facilité avec l'action de collectifs de victimes, comme Verity France ou Où est mon cycle ?.

Par ailleurs, nous observons avec étonnement que le médecin choisi est tout simplement en situation de conflit d’intérêt puisque le site transparence santé indique qu’il a reçu des financements de Pfizer en 2019. Cela n’en fait pas quelqu’un de neutre pour évaluer la sécurité des vaccins de Pfizer.

D’ailleurs, il serait intéressant que Le Parisien fasse un article sur les conflits d’intérêt existant au sein de l’Agence Européenne des Médicaments, dont la Présidente Emer Cooke n’est pas moins qu’une ancienne lobbyiste de l'industrie pharmaceutique. De qui se moque-t-on ?

L’autre intervenant dans l’article est le professeur Alain Fisher, plongé lui aussi jusqu’au cou dans la politique vaccinale. Il vient, bien évidemment, conforter les déclarations du précédent médecin. Où est le débat contradictoire quand on ne fait appel qu’à des personnes en situation de conflit d’intérêt pour commenter mon livre ? Il s’agit d’une charge, d’une propagande et pas d’un débat.

De plus, comme évoqué dans le livre, Le Parisien pratique ici un retournement de la charge de la preuve. C’est un scandale dans le scandale. Il s’agit normalement à l’entreprise commercialisant un produit de démontrer la sécurité de son produit.

Mon livre, comme beaucoup d’autres, apporte de nombreux éléments permettant de montrer que le produit n’est pas sûr. Au lieu de réclamer des explications, Le Parisien prend la défense de l’industrie pharmaceutique en nous demandant de démontrer qu’il est dangereux. C’est une dérive extrêmement grave.

Pas de saturation hospitalière ?

L’article indique que selon moi, le Covid n’aurait eu qu’un « faible » impact à l’hôpital, y compris pendant les deux premières vagues. Le problème pour eux, c’est que ce n’est pas selon moi mais selon le rapport de l’ATIH donc les chiffres ne sont contestés par personne. Cela confirme que ce sont  « la panique » et « la désorganisation » qui ont miné les services de soins, en cela l’impact est grand, mais le méchant virus n’en est pas responsable.

Sans cohérence aucune, les auteurs enchaînent sur un appel à l’émotion, sophisme bien connu quand on est à court d’argument, en disant qu’il n’est « pas sûr que les familles des plus de 200 000 patients admis à l’hôpital en lien avec le Covid rien qu’en 2020 apprécient ».

Cela n’a aucun rapport avec ce qui précède et n’est absolument pas contradictoire avec la thèse d’une désorganisation que j’avance sur la base des chiffres de l’ATIH. Ce sophisme est d’autant moins justifié que j’ai expliqué en détails l’impact du plan Orsan Reb sur l’organisation du système hospitalier qui est la cause précise de la désorganisation de l’offre de soin.

Pour mémoire, le plan mis en place le 20 février était que les patients malades ne devaient pas consulter de médecin, mais uniquement se rendre dans l’un des 38 hôpitaux habilités Covid-19 sur les 1500 que compte la France. Les prétendus symptômes de cette maladies annoncée mortelle étant : fièvre, signes respiratoires, toux, maux de tête, courbatures, fatigue, perte de l’odorat, disparition du goût ou diarrhée, autrement dit, quasiment n’importe quel symptôme de n’importe quelle maladie est devenu un “cas de Covid-19”.

Cette stratégie a organisé le plus gigantesque entonnoir à malade jamais vu en France. Le problème n’est pas un virus, mais une désorganisation planifiée. La saturation de ces 38 hôpitaux a enclenché le passage au niveau 2, avec 108 hôpitaux habilités dès le 27 février. Cette couverture toujours insuffisante, puisque les malades habituels ne voyaient plus leur médecin traitant a vite saturé de nouveau.

Le plan blanc maximal a été annoncé le 12 mars 2020, vidant tous les hôpitaux français, alors que seule la désorganisation et l’interdiction de soin des médecins de ville était responsable de la saturation des seuls 108 hôpitaux habilités. Tout est documenté et en libre accès en ligne.

Les auteurs nous font ensuite part d’un témoignage d’un médecin du Grand Est. Ce témoignage est présenté comme contredisant ma thèse alors qu’il la soutient. Si vous faites votre travail de journaliste jusqu’au bout, vous pouvez aller interviewer les praticiens des cliniques privées qui ont publiquement indiqué qu’ils disposaient de large capacité pour soigner au moment où l’on « manquait » de lit. Il en est de même pour les hôpitaux de l’ouest de la France ou je vis, ce qui vient conforter la thèse d’une désorganisation comme cause principale des difficultés de prise en charge médicale, dans certains hôpitaux bien spécifiques.

Des études sur l’efficacité vaccinale mal faites ?

Le journaliste fait intervenir M. Zureik, directeur d’Epi-phare, agence qui réalise des études prétendant prouver l’efficacité et la sécurité des vaccins. Il est vrai que je critique beaucoup cette agence et ses prétendus résultats dans mon livre. Le Parisien me cite : « Aucune étude diffusée par Epi-phare ne montre la moindre efficacité vaccinale, tout simplement parce qu’il ne prend jamais en compte le fait que les non-vaccinés ont été beaucoup plus souvent testés que les vaccinés ».

Je maintiens cette phrase et j’ajoute qu’Epi-phare a utilisé la même méthode biaisée que l’on a trouvé partout.

M. Zureik répond dans Le Parisien :

Or, « les travaux d’Epi-Phare portent sur les hospitalisés et les morts du Covid », réplique, agacé, Mahmoud Zureik, directeur d’Epi-Phare. De ce fait, il « ne peut pas y avoir ce genre de biais » lié au dépistage, car tous les patients atteints d’une forme grave sont testés à l’hôpital, qu’ils soient vaccinés ou non, affirme-t-il.

Cette réponse n'apporte rien à mon argument puisqu'ont été considérés « Covid-19 » toutes les personnes avec « au moins un test positif Covid-19 », et non pas « un test positif en arrivant à l'hôpital ». Ce n'est pas le test en arrivant à l'hôpital qui fait foi, mais n'importe quel test positif précédemment réalisé suffit. Donc un non-vacciné qui a déjà été testé 4 fois, arrive à l'hôpital et est testé une 5e fois, n’importe lequel de ces 5 tests qui se trouverait positif suffit à le déclarer Covid-19, alors qu'un vacciné qui n'a jamais été testé, arrive à l'hôpital et fait alors un seul test.

Il est bien plus probable d'avoir un test positif quand on est testé 5 fois que quand on est testé une seule fois. C'est de la probabilité de niveau lycée. Epi-phare ne prend jamais en compte le nombre de tests réalisés et l'assume même dans sa réponse. 

De plus, comme montré dans mon livre, le ministère de la Santé nous donne ses statistiques d'hospitalisations et de tests. On observe que les non-vaccinés sont déclarés à l’hôpital « malade du Covid-19 » même sans test positif, bien plus souvent que les vaccinés. Le biais le plus important concerne même les décès. Contrairement à ce qu’affirme le directeur d’Epi-phare, les non-vaccinés sont bien souvent déclarés Covid-19, même sans test positif.

Il y a donc des biais de déclarations colossaux qu’Epi-phare refuse de corriger dans ses analyses. Tout cela construit l'efficacité vaccinale de manière parfaitement artificielle. Facile de prétendre que le vaccin est efficace quand on met dans la case « Covid-19 » plein de non-vaccinés de manière parfaitement arbitraire.

Du propre aveu de son Directeur, Epi-phare a produit des études complètement biaisées par le nombre de tests réalisés dans chacun des groupes. Ce qui est très grave, c’est qu’il ne s’en rende même pas compte.

Donc si on récapitule :

  • Le Parisien a d’abord fait intervenir Tristan Mendès-France pour faire le procès du livre sans le moindre argument scientifique, mais en usant des sophismes habituels pour décrédibiliser l’auteur.
  • Le Parisien a fait intervenir des personnes en situation de conflit d’intérêt pour dire qu’il n’y a pas d'effets indésirables inquiétants des vaccins.
  • Le Parisien a utilisé l'émotion plutôt que la raison pour tenter de me contredire sur la prétendue saturation hospitalière. Mes arguments proviennent de rapports officiels, les leurs de témoignages bien choisis.
  • Le Parisien a demandé au Directeur d’Epi-phare ce qu’il pensait des critiques que j’adresse aux méthodes d’Epi-phare. Ce dernier a donné un argument réfutable par un lycéen.

En aucun cas cet article n’est un débat. C’est une charge.

Elle est révélatrice de la volonté des auteurs de faire taire la contestation et non pas de chercher la vérité concernant le Covid-19.

C’est dommage quand on se rend compte que la journaliste Elsa Mari a écrit un livre qui a une analyse similaire à la mienne mais sur le sujet de la chirurgie esthétique. Il n’y a donc pas une volonté générale de taire tous les problèmes médicaux, mais un réel tabou concernant la crise Covid-19.

Je remercie toutefois les auteurs, Nicolas Berrod et Elsa Mari d’avoir osé briser le silence. Ce premier pas franchi n’est pas forcément le plus simple. Il reste encore à libérer la parole pour de vrai et entièrement. Je me tiens à votre disposition pour avancer ensemble vers la vérité. À vous de savoir quand vous serez prêts à l’entendre.

Retour sur les bombardements atomiques au Japon (1/3) : Nagasaki

Source : https://www.francesoir.fr/opinions-politique-societe/retour-sur-les-bombardements-atomiques-sur-le-japon-nagasaki-1-sur-2

Auteur(s)
Jean Neige, France-Soir
Publié le 13 avril 2023 - 15:00

 Scène de destruction à Nagasaki

TRIBUNE/OPINION - Première partie, Nagasaki 1/2 - Selon de nombreux observateurs, avec l'intervention russe en Ukraine, et le statut de quasi-cobelligérance de l'OTAN contre la Russie, nous serions encore plus proches d'un conflit nucléaire que nous n'en avions été avec la crise des missiles de Cuba en 1962. Pour l’ancien président russe et actquel vice-président du Conseil de Sécurité de la Russie, Dmitri Medvedev, le monde est « en équilibre au bord de la Troisième guerre mondiale et de la catastrophe nucléaire ».

Alors que certaines voix de déraison se sont élevées, notamment aux États-Unis, pour mettre en avant l'idée qu'une guerre nucléaire serait gagnable, il apparaissait opportun de revenir sur les lieux des premiers bombardements nucléaires de l'histoire effectués contre des populations, à Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 août 1945. 

Le premier Japonais que j’avais rencontré dans ma vie, il y a une vingtaine d’années déjà, était fonctionnaire international dans les Balkans, comme moi. Il était très en colère contre le président Truman qui avait décidé de ces bombardements atomiques. Il l’accusait d’être un criminel de guerre, un de ceux qui avaient échappé au jugement de l’histoire parce qu'il était dans le camp des vainqueurs.

L’argument selon lequel ces bombardements auraient été indispensables pour mettre fin à la guerre sauf à envahir le Japon - ce qui aurait pu prendre deux ans et coûter des centaines de milliers de morts supplémentaires - n’était pas valable pour mon interlocuteur. C’est pourtant la thèse très généralement acceptée en Occident.

M'étant rendu au Japon j'ai choisi pour des raisons pratiques de commencer par la ville la plus excentrée, la plus difficilement accessible, Nagasaki. Ainsi, je n'ai pas respecté l'ordre chronologique des attaques. Parce que ce voyage n'est pas seulement un cheminement sur les traces de l'histoire, mais est aussi un parcours émotionnel qui ne laisse pas indemne, il m'a finalement semblé plus opportun de narrer ce témoignage dans la chronologie avec laquelle je l'ai vécu. La visite d'Hiroshima fera l'objet d'un article séparé.

Nagasaki, la ville

Nagasaki, comme quasiment toutes les villes du Japon, offre au premier regard l'aspect d'un enchevêtrement d'immeubles hétéroclites, plus ou moins modernes. Mais on n'y trouve pas de hautes tours comme dans tant d'autres grandes villes. De par son relatif isolement, aux confins sud-ouest de l'archipel, Nagasaki semble avoir échappé aux plus récentes vagues de construction modernes. Il faut dire que le Shinkazen, le TGV japonais, n'est seulement arrivé jusqu'à la ville qu'en novembre 2022. Pour accéder à ce dernier tronçon, il faut prendre un train plus lent, le Kyushu Limited Express à partir de Nagata, ville autrement appelée Fukuoka.

Une fois à Nagasaki, on découvre que le système local de transports urbains repose sur quelques lignes de tramway dont la plupart des wagons semblent hors d’âge. Cela donne un charme un peu vieillot à la ville, toutes proportions gardées, dans ce Japon autrement tellement moderne.

Tramway de Nagasaki

Il faut aussi préciser que Nagasaki a d'autres attraits touristiques que celui d'être une ville martyre de la bombe atomique. Elle fut d'abord pendant des siècles la seule ville ouverte aux Européens, d'abord Portugais puis Néerlandais. Ces derniers étaient parqués sur une petite île dans le port, Dejida, reliée à la terre par un pont.

Depuis les travaux de remblais du port, l'île fait maintenant partie intégrante de la ville. Les bâtiments, y compris une église, ont été préservés. Ce sont les seuls bâtiments anciens de la ville. À l'origine, la bombe devait être larguée plus près du port, ce qui aurait fait probablement plus de victimes. Mais le ciel étant nuageux, l'avion américain qui a largué la bombe « Fat man » a jeté son horrible fardeau au nord de la ville, loin du port. Cela a sauvé la partie sud de Nagasaki et le petit hameau hollandais de la destruction.

Église de Dejida

Un autre attrait de la ville est son panorama nocturne, quand on se place sur les hauteurs. La vision ainsi offerte serait une des trois plus belles visions nocturnes de ville au Japon, voire du monde, avec Monaco et Shangaï, d'après le Night View Summit de 2012. La ville s'étend en effet dans une vallée entourée de multiples collines et se terminant sur une rade assez étroite. Le site est spectaculaire, notamment vu du mont Inasayama situé à 333 mètres au-dessus du niveau de la mer (la photo ci-dessous ne représente que la zone portuaire, soit un tiers de la ville). Cela vaut la peine d'y aller à deux reprises, une fois en journée, une autre fois en soirée, tant la vue sera tout aussi spectaculaire, mais très différente. “C'est beau une ville, la nuit”, avait écrit Richard Bohringer. Cela s'applique si bien à Nagasaki, ville qui a pu littéralement renaître de ses cendres. En journée, on voit la mer dans trois directions différentes, ce qui nous rappelle que Nagasaki se situe sur une presqu'île, elle-même située sur une île.

Vues du port de Nagasaki

Nagasaki est aussi la ville par laquelle la chrétienté a infiltré le Japon, malgré les tentatives des autorités de limiter son expansion. On trouve ainsi de nombreuses églises dans la ville, et même une cathédrale, qui était proche de l'épicentre de l'explosion et qui fut presque entièrement dévastée. Un de ses vestiges a été récupéré et est exposé juste à côté du monument situé au niveau de l'épicentre de l'explosion. Il est assez ironique de constater que les États-Unis, pays dont tant d'habitants sont des fidèles dévoués du christianisme, ont décidé de détruire la ville la plus chrétienne du Japon, une ville qui comptait aussi environ 200 prisonniers de guerre britanniques, hollandais et australiens dont le sort après la bombe a quelque peu échappé aux historiens. 

Un autre site valorisé dans la ville est celui du supplice de 26 chrétiens crucifiés par les autorités japonaises du XVIème siècle, des martyrs qui ont été officiellement canonisés des siècles plus tard. Un large monument, comme une fresque sculptée, rend hommage à ces premiers chrétiens, devant un musée lui-même accolé à une église moderne aux formes étranges. Même si c'est en moins grand nombre qu'ailleurs, des lycéens visitent le site en permanence. 

Monument en mémoire des martyrs chrétiens

Au cours de déambulations dans la ville au hasard des rues, il n'est pas rare de voir des panneaux commémoratifs des conséquences de la bombe en août 1945, comme la destruction d'un temple, lieu où les rescapés venaient se réfugier malgré tout, ou la commémoration de telles ou telles victimes, comme ces deux fillettes d'une dizaine d'années qu'un peintre a immortalisées sur leur bûcher crématoire. On y reviendra.

Le parc de la Paix

Quand on débarque du tramway près des sites commémoratifs des ravages de la bombe atomique, on a le choix entre aller directement au musée ou explorer le parc de la Paix et le site de l'épicentre situé juste à côté. J'ai choisi de commencer par les parcs.

Pour accéder au parc de la Paix, on passe d'abord par un escalator des plus modernes, à plusieurs niveaux.  Sur le plan, j'avais pu voir que l'on arrivait ensuite sur “la fontaine de la Paix”. Je m'étais alors demandé pourquoi donner un tel nom à une simple fontaine. Cela me paraissait un peu artificiel au premier abord, comme s'il fallait mettre le mot "Paix" partout. Et puis, sur place, j'ai découvert l'explication, inscrite sur un panneau. L'idée de mettre une fontaine en ce lieu commémoratif et de la nommer ainsi n'avait rien d'un hasard.

La fontaine fut installée en mémoire des survivants, qui exposés à des températures insupportables, et à un incendie gigantesque ayant ravagé ce qui restait de la ville, crevaient littéralement de soif et recherchaient en vain de l'eau partout. Cela fut pour moi,a d'entrée, une bouffée d'émotion qui me serra la gorge. J'eus presque honte d'avoir eu des pensées un tant soit peu désobligeantes juste avant d'arriver sur le site.

La fontaine de la Paix, où coule en permanence cet élément si vital qu'est l'eau, est donc là pour rappeler au visiteur ce calvaire méconnu des survivants, cette soif à la fois terrible et matériellement insatiable, qui fut une des dernières souffrances de milliers d'anonymes. La plaque commémorative précise aussi que la fontaine est  « une offrande d'eau pour les victimes » et « une prière pour le repos de leurs âmes ». Du reste, selon les enseignements du shintoïsme, la spiritualité la plus répandue au Japon. Les esprits des personnes mortes brutalement peuvent hanter les lieux de leur décès. Si ces âmes traumatisées étaient encore sur place, elles pouvaient trouver là symboliquement, peut-être, un semblant de réconfort. 

Un peu plus loin, on peut lire que pour boire et calmer leurs brûlures, de nombreux rescapés se précipitèrent dans la petite rivière Shimonokawa qui traverse la ville à cet endroit et qui fait à peine 5 mètres de large. Mais beaucoup succombèrent sur place, et leurs cadavres charriés par l’eau finirent par créer comme un barrage sur la rivière, un bouchon de corps. Un survivant a décrit cela comme « une vision de l’Apocalypse, un enfer vivant sur Terre ».  

On retrouvera cet élément de la soif à Hiroshima, sauf que là-bas, il y eut des conséquences un peu différentes.

La fontaine de la Paix

Aux alentours de la fontaine, on découvre une série de statues offertes par différents pays ou villes, censées commémorer l'amitié entre les peuples et le souhait que jamais plus une bombe atomique ne s'abatte sur des êtres humains. Étonnamment, on constate que la plupart des pays ayant fait un don à la ville de Nagasaki étaient des pays de l'ancien Pacte de Varsovie, avec des statues offertes dans les années 80.

On semblait ainsi, dans les ex-pays communistes, mettre l’accent sur le fait que le seul pays qui a utilisé cette arme terrifiante sur des populations était leur ennemi idéologique américain. La plupart des statues représentent la figure d'une femme et d'un enfant, comme pour souligner que 70% des victimes de Nagasaki étaient des femmes, des enfants et des vieillards. L'une des plaques commémoratives près d'une des statues le dit explicitement.

Aujourd'hui, certains esprits occidentaux pourraient trouver ces représentations insupportablement traditionnelles. Une statue offerte venant de l'Occident moderne et progressiste représenterait peut-être un homme enceint et une femme à barbe ? Je n'ai pu empêcher mon esprit d'être pollué par cette réflexion décalée sur ce qu'est devenu à mon sens l'Occident aujourd'hui.

Après, on découvre une vaste esplanade, au bout de laquelle une statue de 10 mètres de haut représente un homme assis, avec un bras levé vers le ciel pour pointer la menace, et un bras à plat sur le côté censé symboliser la paix. On note alors, si on ne s'en était pas déjà aperçu auparavant, que le site est parsemé de groupes d'écoliers et de lycéens en uniforme. Il y avait au minimum 6 à 7 classes sur le site au moment de ma visite, première prise de conscience de l'importance de la transmission de cette mémoire pour les Japonais. On trouve aussi sur place quelques rares petits groupes de retraités. Jeunes et vieux sont ainsi réunis par la conscience de l'histoire.

La statue de la Paix dans le parc de la Paix

Je me suis rendu ensuite dans le petit parc un peu plus près du musée, où une sorte de monolithe noir entouré au sol de cercles concentriques représente l'hypocentre de l'explosion qui dévasta la ville, à 11h02, le 9 août 1945. Le visiteur qui, comme moi, ne le savait pas découvrira que l'explosion n'a pas laissé de cratère, pour la simple raison que la bombe a explosé à 500 mètres d'altitude. Une autre statue de la mère et l'enfant et un vestige de la cathédrale locale détruite ornent le site.

Monument marquant l'hypocentre de l'explosion

Le bilan officiel, lu sur un panneau, fait état de près de 74 000 morts, et d'autant de blessés. 

Mais la partie la plus émouvante de la visite restait à découvrir. 

À suivre...