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samedi 11 novembre 2023

Les habitants de Donetsk sous le feu des Himars : quand les pays de l'Axe répondront-ils de leurs crimes ?

Source : http://russiepolitics.blogspot.com/2023/11/les-habitants-de-donetsk-sous-le-feu.html

Hier, Donetsk a été la cible de trois attaques aux Himars, menées par l'armée atlantico-ukrainienne sur des cibles civiles. Le nombre des blessés et des décédés s'élève ce matin à environ 30 personnes. La Russie a demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU à ce sujet. N'oublions pas que tirer sur des cibles civiles est constitutif d'un crime de guerre, pour l'armée qui le commet, et soulève la question de la responsabilité des fabricants des armes utilisées.

Dans l'après-midi, à trois reprises, l'armée atlantico-ukrainienne a tiré sur le centre de Donetsk :

"les forces armées ukrainiennes ont attaqué à trois reprises le district de Voroshilovski à Donetsk à partir du système de lance-roquettes multiples HIMARS avec des missiles à fragmentation M-31 depuis des positions dans la région de Selidovo : à 16h25 (trois missiles), 16h40 (deux missiles) et 18h27 (trois missiles)"

Le nombre de personnes touchées est incertain. Hier soir, l'on annonçait 3 morts et 30 blessés, ce matin le nombre semblerait être passé à 5 :

"Selon des informations mises à jour, à la suite du bombardement d'hier sur Donetsk, cinq personnes ont été tuées, dont le chauffeur d'ambulance et trois employés du département du travail et de la protection sociale du district de Voroshilovsky de la ville."

Un tir direct de missile a touché le bâtiment du Département du travail, qui n'a rien d'une cible militaire. Les services d'urgence ont travaillé la soirée sécuriser le site. Un minibus a été également touché, faisant 4 blessés (trois femmes et un homme). L'on compte, en plus des 13 immeubles d'habitation touchés à Donetsk :

"Dans le village de Gorlovka (district de Nikitovsky), 28 postes de transformation, cinq chaufferies, deux écoles, deux maternelles et un hôpital sont hors tension. Au total, plus de 4,4 mille abonnés se sont retrouvés sans alimentation électrique."

L'on ne fait pas la guerre contre les civils, l'on ne prend pas les civils en otage. Et de tels tirs, sans cible militaire, constituent des violations patentes du droit international humanitaire. La Russie a donc demandé une réunion en urgence du Conseil de sécurité, qui devrait se tenir ce soir à 23h heure de Moscou. Sans en attendre de résultat particulier, il est en tout cas important de mettre les pays de l'Axe atlantiste face à leurs crimes. En attendant d'engager leur responsabilité.

PS : Blogger rencontrant des difficultés aujourd'hui avec les photos et les vidéos, je vous propose d'aller sur le site Russie Politics, pour lire l'article intégral, avec les vidéos correspondantes :

https://russiepolitics.com/les-habitants-de-donetsk-sous-le-feu-des-himars-quand-les-pays-de-laxe-repondront-ils-de-leurs-crimes/

samedi 4 novembre 2023

Le véritable "Plan de paix" d'Israël : la disparition physique de Gaza

 Source : http://russiepolitics.blogspot.com/2023/11/le-veritable-plan-de-paix-disrael-la.html



Partant du principe, selon lequel il faut régler le problème à la source, l'armée israélienne est en train de méthodiquement rayer Gaza de la surface de la terre, hommes et bâtiments ensemble. S'il n'y a plus d'hommes, il n'y a plus de problèmes, c'est bien connu. Pendant ce temps-là, à part quelques déclarations timides - et sans aucune conséquence, les dirigeants occidentaux condamnent à peine du bout des lèvres ce qu'ils ont peur d'appeler, ce qui constitue déjà juridiquement un génocide. Ils préfèrent préparer l'après, en se répartissant les morceaux de choix. Et le "plan de paix" qui se dessine est celui de la disparition de l'autorité palestinienne sur Gaza. Sans conditions. Avec en perspective la fin de l'Autorité palestinienne, en tant que telle.

La disproportion de la réponse israélienne à l'attaque du Hamas ne peut être niée - et ne l'est globalement plus. Selon les données israéliennes, environ 1 400 personnes sont décédées suite à l'attaque du Hamas. L'on compte désormais à Gaza 9 061 victimes, dont 3 760 enfants et 2 326 femmes. Et encore l'on ne sait pas combien de personnes ont péri sous les décombres, combien de disparus seront retrouvés morts. Si toute la population de Gaza ne soutenait pas forcément le Hamas avant ce massacre méticuleusement organisé par l'armée israélienne, il est certain que, désormais, c'est le cas.

Mais cette attaque du Hamas, sortie de son contexte historique, donne à Israël, notamment pour Biden - et donc pour le monde atlantiste - un droit illimité et incontestable "à se défendre". Faiblement, l'on entend qu'il faudrait respecter le droit international, ce qui n'empêche pas l'armée israélienne de tirer volontairement sur les hôpitaux, écoles, camps de réfugiés, ce qui constitue, à chaque fois, un crime de guerre. Même l'ONU commence discrètement à se poser la question d'une éventuelle possibilité d'envisager un jour, qui sait, la question sous cet angle. Mais plus tard.

L'on peut ainsi entendre en France, où la position fanatiquement pro-israélienne a envahi toutes les ondes, qu'Israël ne commet pas de génocide, juste un massacre, car il n'y aurait pas la volonté de décimer tout un peuple, juste 10, 20 ou 30 000 personnes. Un détail. Or, selon cet expert de plateau, telle serait la définition du génocide - la destruction totale d'un peuple.


Je ne sais pas où il a trouvé cette subtilité, pour justifier à tout prix les exactions commises par Israël, mais si l'on se réfère aux définitions juridiques - et non pas médiatiques - le génocide comprend également la volonté de détruire "une partie" d'un peuple et non pas uniquement un peuple tout entier comme affirmé sur ce plateau télé - qui devrait donc diffuser un démenti ...

Je cite l'article 2 de la Convention de Genève de 1948 :

L’article 2 de la convention de 1948 le définit comme suit : « Le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, tels :

  • meurtres de membres du groupe ;
  • atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
  • soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
  • mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
  • transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe. »
Donc, selon le droit international humanitaire, Israël commet bien un génocide à Gaza contre le peuple palestinien. Il est possible de le nier politiquement, médiatiquement, surtout pour se couvrir, mais juridiquement le crime est déjà constitué.

Un article, quelque peu surréaliste, mais parfaitement dans l'air du temps, vient de sortir dans Foreign Affairs : si cela continue ainsi, Israël va éliminer toute la population palestinienne sous prétexte de vouloir éradiquer le Hamas, ce qui est objectivement impossible. Il faut donc faire quelque chose pour arrêter cela ! La solution est simple : la reddition de Gaza et la réformation de l'Autorité Palestinienne.  
"Pire encore, il semble probable que des milliers de civils palestiniens supplémentaires périront si Israël poursuit son objectif déclaré (bien qu’inatteignable) d’éliminer le Hamas. Le même résultat découlerait même de l’objectif moins ambitieux d’éradiquer l’infrastructure du Hamas.

Dans ces conditions, la première priorité doit être d’arrêter la fuite vers l’abîme. À cette fin, le Hamas doit libérer sans condition les civils israéliens qu’il détient. La récente libération de certains prisonniers constitue un pas en avant, et il est réaliste de s’attendre à ce que d’autres soient libérés."

Ainsi, il n'est jamais question d'imposer à Israël le respect du droit international. Non. Les Palestiniens doivent faire des concessions, se soumettre, sans aucune certitude que cela débouche sur une pacification de la situation. Ce que d'ailleurs, cet étrange "plan de paix" précise ensuite.

"Il reste un espoir que la libération des civils israéliens en captivité pourrait laisser suffisamment d’espace à la diplomatie arabe et internationale pour trouver une réponse rapide à la question de savoir ce qui se passera « le lendemain » – c’est-à-dire qui gouvernera après coup. de l'opération israélienne en cours. Une idée qui doit être exclue de l’examen est celle d’imposer un arrangement particulier aux Palestiniens après les avoir forcés à se soumettre. L’idée selon laquelle l’Autorité palestinienne, dans sa configuration actuelle, reviendrait à exercer son pouvoir sur la bande de Gaza, doit également être exclue sans trop de délibérations."

Il s'agit bien d'un plan de capitulation de l'Autorité palestinienne et d'annexion de Gaza. Reste à trouver la forme, qui puisse satisfaire la communauté internationale. Pour cela, rien de mieux que d'intéresser cette communauté internationale, en tout cas son Axe atlantiste. Et n'oublions que l'intérêt en question n'a strictement rien à voir avec les doits de l'homme, en tout cas pas moins que ceux des gisements en Syrie, toujours tenus par les terroristes soutenus par les Américains.

"On a, en effet découvert dans le Sud-Est de la Méditerranée des gisements de gaz off shore. Cela a commencé, dès 1999, au large de Gaza, avec Gaza Marine, dont la possession continue de faire l’objet d’une âpre bataille juridique entre Israéliens et Palestiniens. "

Ainsi, le Plan en question, propose non seulement l'annexion de Gaza, mais aussi la disparition de l'Autorité palestinienne sous le terme de "reconfiguration".

"D’une part, il est peu probable que l’AP, telle qu’elle est actuellement configurée, soit disposée à assumer les responsabilités de gouvernement de Gaza après qu’une offensive israélienne meurtrière et destructrice se soit déroulée. Même si l’AP cherchait à jouer ce rôle, elle serait incapable de le remplir, d’autant plus que sa légitimité déjà diminuée disparaît rapidement sous la pression de la guerre continue.

Mais une Autorité palestinienne correctement reconfigurée pourrait offrir la meilleure option pour « le lendemain » et au-delà, en fournissant une transition vers la création d’un effort régional et soutenu par la communauté internationale pour mettre fin à l’occupation israélienne dans un cadre qui s’attaque de manière crédible aux faiblesses structurelles qui ont tourmenté l’occupation israélienne. processus de paix au cours des trois dernières décennies."

Donc, sous couvert de mettre fin à "l'occupation israélienne", l'on met fin ... à l'Autorité palestinienne, noyée dans une phase transitionnelle régionale. Cela fait penser à la publication de Bloomberg, qui parle du plan israélien. Israël propose une formation internationale pour gérer la zone après le conflit, avec des forces américaines, françaises et britanniques. Il n'y aurait en effet plus "d'occupation", mais la constitution d'une nouvelle réalité ... officialisant l'occupation.

Je cite :
"Les États-Unis et Israël explorent des options pour l’avenir de la bande de Gaza, notamment la possibilité d’une force multinationale qui pourrait impliquer des troupes américaines si les forces israéliennes réussissent à chasser le Hamas, ont indiqué des sources proches du dossier."

"Chasser le Hamas" ne peut se réaliser que par l'anéantissement physique de Gaza, des hommes et des installations, car toute personne est suspectée par l'armée israélienne de soutenir ou d'appartenir au Hamas et tout bâtiment d'abriter un membre ou un soutien du Hamas. Et le Congrès américain vient d'ailleurs de voter jeudi une nouvelle aide à Israël. 

Décidément, aujourd'hui, les plans de paix sont à la mode, qu'il s'agisse de l'Ukraine ou d'Israël et dans tous les cas l'Axe atlantiste n'envisage que des plans de reddition de l'ennemi. A bon entendeur, salut !


vendredi 11 novembre 2022

jeudi 10 novembre 2022 Abandon de Kherson : qui de Koutouzov ou de Pétain prendra la direction militaire en Russie ?

 Source : https://russiepolitics.blogspot.com/2022/11/abandon-de-kherson-qui-de-koutouzov-ou.html#more


Hier, le commandant de l'Opération militaire Sourovikine et le ministre russe de la Défense Choïgu ont annoncé le retrait de la Russie de Kherson, à peine un mois et demi après le référendum, lors duquel la population se prononçait en faveur de l'entrée dans la Fédération de Russie. En plus du revers militaire faisant perdre à la Russie le seul centre régional qu'elle ait pu prendre, se pose la question de la déroute politique. Non pas revers ici, mais déroute. Beaucoup veulent médiatiquement protéger le haut commandement russe sous les ailes de Koutouzov et ainsi légitimer par l'attente la décision prise. Mais Koutouzov a ensuite attaqué et libéré le territoire national contre Napoléon. L'autre alternative est Pétain, qui sous couvert de "redresser la France" n'a jamais attaqué et l'a finalement trahie. Alors, Koutouzov ou Pétain, qui vaincra dans le combat national ?

Dans une mise en scène assez pénible, Sourovikine et Choïgu se sont donnés le change hier après-midi, comme Dupont et Dupont, pour annoncer l'abandon de la ville de Kherson. Mise en scène, car il aurait été plus honnête d'organiser une déclaration de Poutine en ce sens, cette décision ne pouvant être prise sans, au minimum, son aval. Ce qui explique l'absence totale de réaction à tous les niveaux, sans oublier Kadyrov ou Prigojine : tout le clan patriotique chante en choeur. La décision est donc bien centrale.

Comme l'écrit Colonnel Cassad, très impliqué dans ce conflit :

"Du point de vue militaire, c'est la plus grande défaite purement militaire de la Fédération de Russie depuis 1991."

Sourovikine l'explique ainsi, de manière assez comptable : 

""Nous avons réussi à repousser ces attaques (de Kherson - éd.). Environ 80 à 90% des missiles ont été abattus par les systèmes de défense aérienne russes. Dans le même temps, jusqu'à 20% d'entre eux atteignent encore leurs cibles. Les unités d'ingénierie restaurent les traversées du Dniepr presque quotidiennement et prennent les mesures pour les maintenir en état de marche », a déclaré Surovikine. Selon lui, dans ces conditions, la ville de Kherson et les localités environnantes ne peuvent pas être entièrement approvisionnées ni fonctionner.

"La vie des gens est constamment en danger à cause des bombardements. L'ennemi tire sans discernement sur la ville, il est possible qu'ils utilisent des méthodes de guerre interdites", a ajouté Surovikine. "

Et le duo Sourovikine / Choïgu de se donner la réplique, en avançant le risque d'un bombardement de la station hydro-électrique de Kakhovskaya et d'inondation de la plaine. Tout d'abord Sourovikine, sa popularité médiatique a été montée avant cela pour faire passer la pillule :

"Il y aura une menace supplémentaire pour la population civile et l'isolement complet de nos troupes sur la rive droite du Dniepr. Dans ces conditions, l'option la plus appropriée est d'organiser la défense le long de la barrière du Dniepr. (...) Nous préserverons, surtout, la vie de nos militaires et, en général, l'efficacité au combat de nos troupes, qu'il est vain de maintenir sur la rive droite dans une zone limitée. De plus, une partie des forces et des moyens seront libérés, qui seront utilisés pour des opérations actives, y compris offensives, dans d'autres directions dans la zone de l'opération"

C'était déjà la même explication lors de l'abandon de la région de Kharkov, même si le résultat est désormais le départ de Kherson. Manifestement, ces troupes "libérées" ont été envoyées ailleurs ...

Et Choïgu de confirmer :

"Pour nous, la vie et la santé des militaires russes sont toujours une priorité. Nous devons également tenir compte de la menace qui pèse sur la population civile. Assurez-vous que tous les civils qui le souhaitent peuvent partir. Procéder au retrait des troupes et prendre toutes les mesures pour assurer le transfert en toute sécurité du personnel, des armes et du matériel à travers le Dniepr." 

Donc, l'armée russe et la Russie doivent quitter la ville ... russe ... pour sauver les gens. Car, manifestement, dans cette logique, l'absence de la Russie doit conduire à la pacification de la zone et donc permettre de sauver des vies. Par ailleurs, soulignons que le meilleur moyen de maintenir une armée en état de combat est de ne pas l'utiliser. Etrange logique, mais logique - qui a certaines implications politiques, car elle conduit inévitablement à la capitulation.

La première question qui vient à l'esprit est jusqu'où le commandement armé russe est-il prêt à aller, c'est-à-dire à se retirer pour "sauver des vies" ? Jusqu'à la mer d'Azov? Jusqu'à Sébastopol ? Donetsk ? Et pourquoi s'arrêter en si bon chemin, les régions de Belgorod et de Koursk sont chaque jour sous le tir de l'armée atlantico-ukrainienne, peut-être aussi se retirer ... A chaque retrait, le front avance, donc il conduit, dans cette logique, à de nouveaux retraits. Jusqu'où ? En effet, alors les civils ne seront plus touchés, ils seront occupés, mais vivants, en tout cas pour les survivants. Et les militaires russes n'ayant plus à les protéger ni à protéger la terre nationale russe, ne seront plus en danger. C'est en fait une solution idéale. Mais où poser la frontière de la non-existence de la Russie, qui découle de cette logique mise en oeuvre ?

La deuxième question qui vient immédiatement à l'esprit est également très simple : pourquoi organiser des référendums sur ces territoires, si l'on n'est pas en mesure de les assumer ? Pourquoi ainsi mettre ces populations civiles en danger ? L'on connaît l'étendue des répressions contre les populations à Kharkov, elles seront encore pires contre ceux qui ont voté pour la Russie à Kherson. Alors pourquoi ? Intégrer un territoire national n'est pas un jeu de comm, c'est un acte qui oblige politiquement et juridiquement. Le temps du droit n'est pas celui d'un tweet ou d'une sortie dans les shows politiques, qui pullulent à la télévision russe, remplaçant (et empêchant) par le bruit toute réflexion. Intégrer un territoire, ce n'est pas non plus le bon moyen de faire monter les enchères en vue de négociations. Quand des marchands sont au pouvoir, c'est le pays qui paie. Alors pourquoi ?

Même les réseaux et politiques ukrainiens n'arrivaient pas à y croire hier. Ils ne pensaient pas recevoir un tel cadeau. L'on se rappellera des rumeurs dans les médias anglo-saxons il y a quelques jours de cela, selon lesquelles si la Russie abandonne Kherson, des négociations seront possibles. Zelensky a immédiatement écarté l'idée de négociation. En effet, pourquoi s'arrêter en si bon chemin, si la Russie abandonne son territoire, certes avec des mises en scène difficiles et de belles paroles, mais assez rapidement ? Alors que l'armée ukrainienne était en difficulté après l'essoufflement de son offensive, elle va reprendre du poil de la bête.

Ce qui conduit à la troisième question : les élites russes, considèrent-elles réellement ces territoires comme russes ? La logique des déplacements de populations civiles a un sens, s'il faut les protéger en cas de prévision de combats violents dans la zone. Mais l'armée russe n'annonce pas des combats violents, elle ne prévoit pas d'avancer pour reprendre le territoire national jusqu'aux frontières administratives de la région de Kherson, non, elle prévoit de reculer. D'abord derrière en Dniepr, ensuite on verra jusqu'où il faudra "protéger les vies". Les habitants de Kherson, dans leur majorité, n'ont pas voulu partir. Ils viennent de voter pour que leur terre entre en Russie, pas pour déménager dans une autre région russe, plus loin - sinon ils auraient pu simplement partir. Ils ne veulent pas abandonner leur terre, ils veulent qu'elle soit libérée. La Russie protège les gens, elle les considère comme les siens, mais manifestement, elle a du mal à considérer cette terre comme la sienne. La confiance des populations dans les nouveaux territoires dans les autorités russes va encore tomber en flèche. Et sa légitimité aussi.

Biden parle des difficultés de l'armée russe :

« Tout d’abord, j’ai trouvé intéressant qu’ils aient attendu après les élections pour prendre cette décision, ce que nous savions depuis un certain temps qu’ils allaient faire », a déclaré le président américain, à la Maison Blanche. « Et c’est la preuve qu’ils ont de vrais problèmes, l’armée russe. »

Stoltenberg estime pour sa part que le retrait des forces russes de Kherson, surtout de cette manière très "pacifique" disons, est encourageant pour "la libération" du reste du territoire par l'armée atlantico-ukrainienne. Et pour cause.

Et cela conduit à s'interroger sur la nature de cette décision validée par le Président russe. 

Tout d'abord, cela montre que l'arrivée de Sourovikine n'a fondamentalement rien changé. Il y a des tirs en pagaille sur les infrastructures ukrainiennes, mais sur le champ de bataille, l'on reste toujours dans la logique du retrait stratégique, aucune offensive n'a sérieusement été menée. En revanche, sa cote de popularité est immédiatement montée en flèche et lui donne un capital de confiance dans la population. L'assistance technique sur Telegram a été assurée pour cela.

Ensuite, la question qui se pose est celle de l'avenir. Tous les "experts" dits patriotiques brandissent avec fièvre le portrait de Koutouzov. Le retrait de Moscou et l'abandon de la ville à Napoléon, l'attente, mais ensuite il y eu l'attaque. Bref, l'espoir de l'apparition du Deus ex machina. Et espérons que le cercle vicieux du renforcement / retrait / négociations / échec / montée des enchères / négociations / retrait etc. prenne fin. La Russie n'est effectivement pas en guerre, elle ne sait pas vraiment d'ailleurs ce qu'elle veut atteindre dans cette guerre et même aujourd'hui ses élites dirigeantes ne remettent pas fondamentalement pas en cause la mondialisation, elles tentent de cette manière, par l'utilisation de l'armée, d'y obtenir une place. D'où ces éternelles hésitations. Et il ne peut en être autrement, car les mêmes élites dirigeantes, qui pendant 30 ans ont conduit la Russie dans le marécage globaliste, sont toujours aux manettes. 

Nous avons ainsi pu observer quelques jours après le lancement de l'opération militaire, le lancement d'Abramovitch and co pour négocier (sur le mode Vous avez eu peur, hein ? Alors, combien ?) avec le premier "retrait stratégique" de bonne volonté, ensuite ce même Abramovitch qui aide à la dénazification de l'Ukraine en revoyant à ses frais en Grande-Bretagne des mercenaires étrangers le jour de la mobilisation, jour où sont également libérés une centaine de nazis d'Azov. Négociations qui continuent avec les céréales, qui vont partout sauf dans les pays pauvres, sans que la Russie n'obtienne aucune des compensations promises, mais elle continue, même quand ses navires sont attaqués. Etc. La Russie ne fait plus peur au monde atlantiste et c'est extrêmement dangereux, car cela ouvre la porte à une aggravation du conflit, faute de résistance réelle.

Afin de couvrir cela, le petit monde de la comm en Russie, se devant en bons "patriotes" dont c'est le travail justifier tout ce qui se fait, a trouvé la figure de Koutouzov. Certes. Bien que dans la configuration actuelle, je ne vois pas très bien où "Koutouzovikine" trouvera les ressources pour renverser la situation politique, et donc ensuite militaire. Tout retrait n'est pas toujours suivi d'une attaque. Le problème n'est pas celui de cet homme, qui a un passé remarquable, le problème est systémique.

Et l'on en vient à se souvenir, tout aussi douloureusement, de la figure de Pétain. Héros de la Première Guerre mondiale, il a été appelé à la rescousse lors de la débandade française de la Seconde Guerre mondiale. Il devait apporter l'espoir de la magie contre la triste réalité. Ses discours de 1940 me reviennent de plus en plus en tête ces jours-ci. Et surtout hier. Le premier, celui du 17 juin 1940, soulignait la valeur de l'armée française, l'importance de la dimension humanitaire, ces pauvres civils sur les routes de France, qu'il faut sauver ... Bref, Chers Compatriotes, sauvons des vies et retirons l'armée française de France.

"Français !

à l’appel de M. le président de la République, j’assume à partir d’aujourd’hui la direction du gouvernement de la France. Sûr de l’affection de notre admirable armée, qui lutte avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires contre un ennemi supérieur en nombre et en armes, sûr que par sa magnifique résistance elle a rempli son devoir vis-à-vis de nos alliés, sûr de l’appui des anciens combattants que j’ai eu la fierté de commander, sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.

En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés, qui, dans un dénuement extrême, sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude. C’est le coeur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat."

Le problème est que celui du 17 juin a été suivi de celui du 30 octobre 1940. Car une fois le processus mis en route, il n'est plus possible de si facilement l'arrêter. Il faut une force phénoménale pour réellement renverser le cours politique des choses. Et le 30 juin, pour "redresser la France", pour reprendre des forces, la France s'engouffre dans la collaboration d'Etat. Quand Biden parle de négociation, il serait bon de s'en souvenir. Pétain aussi présentait cela comme une grande victoire.

"Français, j'ai rencontré, jeudi dernier, le chancelier du Reich. Cette rencontre a suscité des espérances et provoqué des inquiétudes. Je vous dois à ce sujet quelques explications. Une telle entrevue n'a été possible, quatre mois après la défaite de nos armes, que grâce à la dignité des Français devant l'épreuve, grâce à l'immense effort de régénération, auquel ils se sont prêtés, grâce aussi à l’héroïsme de nos marins, à l'énergie de nos chefs coloniaux, au loyalisme de nos populations indigènes. La France s'est ressaisie. Cette première rencontre, entre le vainqueur et le vaincu, marque le premier redressement de notre pays."

Cette conception de la dignité humaine et nationale est extrêmement dangereuse. Toute proportion gardée bien sûr, même si les situations ne sont pas totalement comparables, les mécanismes ressortent. Et les dirigeants russes sont face à un choix - Koutouzov ou Pétain ? 

Karine Bechet-Golovko


vendredi 9 septembre 2022

mardi 6 septembre 2022 - Billet d'humeur : non, ce n'est pas une erreur de traduction, Borrell a bien dit "Russie fasciste"

 Source : https://russiepolitics.blogspot.com/2022/09/billet-dhumeur-non-ce-nest-pas-une.html


Manifestement, les hommes politiques actuels n'ont plus l'habitude de porter la responsabilité de leurs paroles. Ils se sentent en totale impunité, pouvant dire tout et n'importe quoi, sans aucune conséquence. C'est le cas de Joseph Borrell, qui vient de traiter au Parlement européen la Russie de pays fasciste, reprenant la tendance atlantiste actuelle et traduisant l'ambiance dans les coulisses des institutions européennes, tout en oubliant manifestement le caractère public de ses propos. Se cachant derrière une "erreur de traduction", qui n'en fut pas une, la Russie considère avec stupeur le cadavre de la diplomatie en Europe.

Il est vrai que traiter la Russie de pays fasciste est à la mode. En avril un pseudo "débat" est organisé sur le thème :


Les médias popularisent le discours, instrumentalisant les "experts" de service à consonance russe :


De son côté, Bernard-Henri Lévy, notre philosophe-mercenaire, a développé cette qualification depuis des années. Ses sponsors ont besoin de faire perdre à la Russie d'aujourd'hui, l'auréole de Nuremberg, l'auréole de la victoire contre le nazisme.



Lors de la conférence interparlementaire du Parlement européen à Prague, manifestement, Joseph Borrell, habitué à cette rhétorique, s'est ... "oublié". Et, intervenant par vidéo-conférence, il a déclaré en répondant à une question :
""Nous nous réunissons aujourd'hui dans le cadre des négociations d'adhésion avec des représentants de l'Ukraine (à Bruxelles dans le cadre du Conseil d'association UE-Ukraine, auquel participe le Premier ministre Denys Shmyhal - note TASS). Jusqu'à présent, nous n'avons pas de plan concret sur comment vaincre la Russie fasciste et son régime fasciste. On m'a posé des questions à ce sujet, mais ce n'est pas ma tâche, ma tâche est plus modeste - aider l'Ukraine par des efforts conjoints et poursuivre la discussion avec nos partenaires, ainsi qu'appliquer efficacement les sanctions que le Conseil de l'UE a adoptées"."

Ces paroles ont provoqué un tollé : en effet, comment un diplomate peut-il employer une telle terminologie ? Très rapidement, son porte-parole a déclaré, qu'il s'agissait d'une erreur de traduction. 

Comment peut-on "par erreur" traduire "la Russie fasciste et son régime fasciste" ? On ne peut pas, les traducteurs traduisent ce qu'ils entendent. 

Ce n'est pas une erreur de traduction, puisque Borrell a bien prononcé ces mots, qui ont bien été traduits. Simplement, il a repris, car rien ne le choquait, les termes employés dans la question, qui lui était posé. Ce qui montre bien que cette terminologie est courante dans les milieux européens actuels.

Peskov, le porte-parole du Kremlin, a déclaré, même après cette piteuse tentative de rattrapage, qu'en prononçant ces mots, Borrell s'était totalement discrédité comme diplomate :

"Avec de telles déclarations, M. Borrell disparaît complètement en tant que diplomate. Bien sûr, désormais, aucun de ses jugements concernant la Russie et ses relations avec elle ne peut avoir de caractère pertinent."

Evidemment, aucune remarque n'a été faite à Borrell, il restera en poste, car c'est bien le discours que le commandement atlantiste veut entendre. Et si les pays européens peuvent au passage en pâtir, tant mieux. Comme nos pays ont remis les clés de la souveraineté entre les mains de l'UE et que celle-ci défend jusqu'au fanatisme les intérêts atlantistes, nous sommes bien mal positionnés ... 

Le prix de la servitude est toujours très élevé.

Bechet-Golovko Karine

lundi 18 juillet 2022

La Russie affirme avoir trouvé encore deux laboratoires militaires sur les territoires libérés du Donbass

 


L'avancée de l'armée russe permet de découvrir, ce qui se passait sur les territoires ukrainiens contrôlés par les forces américaines et de l'OTAN. Encore deux laboratoires militaires biologiques ont été découverts sur le territoire libéré de Lougansk, à Rubejnoe et Severodonetsk. Par ailleurs, des informations concernant l'état de santé des militaires ukrainiens montrent qu'ils ont manifestement servi de souris de laboratoire. - Voyons combien de temps ce texte restera publié, sans être retiré, comme le précédent sur ces programmes américains de financement des laboratoires biologiques militaires en Ukraine.

Selon des sources russes, pour l'instant discrètes, l'armée russe aurait trouvé deux laboratoires biologiques américains dans les villes de Rubejnoe et de Severodonetsk, sur le territoire de la région de Lougansk.

Le retrait de l'armée ukrainienne ayant été rapide, il n'a pas été possible ni d'emporter, ni de détruire le contenu de ces laboratoires, mais tout a été soigneusement miné. Les représentants des forces de l'ordre sont sur place, ainsi que les experts, afin de comprendre ce qui se tramait dans ces laboratoires.

Rappelons que, documents à l'appui, le ministère russe de la Défense a déclaré le 6 mars de cette année, que les USA ont dépensé plus de 200 millions de dollars pour des laboratoires militaires biologiques ukrainiens :

Comme il ressort du rapport, le Pentagone et le Department of Defense Threat Reduction Administration (DTRA), ainsi que Black & Veatch (Overland Park, Kansas) et CH2M Hill (Englewood, Colorado) ont participé au programme du côté américain, et l'Institut de recherche Kievsky Gromashevsky sur l'épidémiologie et les maladies infectieuses, l'Institut de médecine vétérinaire (Kiev), le Centre de santé publique du ministère de la Santé de l'Ukraine (Kiev), l'Institut Mechnikov de microbiologie et d'immunologie (Kharkiv), le Centre ukrainien de recherche contre la peste (Odessa), Institut de recherche d'épidémiologie et d'hygiène de Lvov.

Sur la trentaine de laboratoires ukrainiens, qui ont participé au programme militaire américain, 11 laboratoires du Département central sanitaire épidémiologique du ministère ukrainien de la Défense  participaient au monitoring de la situation biologique, de la sélection et du transfert des souches, etc. De plus, à l'occasion de ce monitoring un contrôle de l'accès aux agents pathogènes (PACS) a été instauré. Le ministère russe de la Défense précise encore :

Il est à noter que des souches et des biomatériaux ont été collectés et transférés à l'US Army Reed Research Institute. Il s'agit d'échantillons de souches hautement pathogènes d'agents pathogènes de maladies infectieuses (peste, charbon, choléra, tularémie, brucellose, virus Crimée-Congo, hantavirus, virus de l'encéphalite à tiques et leptospirose), ainsi que de 4 000 échantillons biomédicaux provenant des membre de l'armée ukrainienne.

Depuis, les médecins russes examinent les prisonniers militaires ukrainiens et ont fait d'étranges découvertes, confirmant que ces militaires ont fait l'objet d'expérimentations médicales pendant des années, car leur taux de maladie est largement au-dessus de la moyenne normale :

"un tiers des militaires examinés avaient (ou sont actuellement malades) de l'hépatite A, plus de quatre pour cent avaient une fièvre avec syndrome rénal, vingt autres pour cent souffraient d'une maladie au nom exotique de fièvre du Nil occidental."

Il est évident que les plateformes et les médias bloquent toute publication sur le sujet, qui est vraiment trop sensible ... et scandaleux. L'on comprend mieux le jusqu'au-boutisme atlantiste, qui ne peut se permettre de voir révéler ses secrets de familles peu ragoûtants. 

Source : https://russiepolitics.blogspot.com/2022/07/la-russie-affirme-avoir-trouve-encore.html#more

lundi 4 avril 2022

Puisque la Russie a négocié, les Ukrainiens repartent au combat

 1er avril


La Russie a passablement prématurément annoncé que les premiers objectifs militaires étaient remplis, les capacités de l'armée ukrainienne ayant été largement réduites et que les autorités ukrainiennes s'engageaient à juger sévèrement les tortures perpétrées contre les soldats russes faits prisonniers. Si ces déclarations ne sont pas "prématurées", comment apprécier le bombardement sur le territoire russe de la raffinerie de Belgorod ou l'absence d'arrestation suite à la diffusion de nouvelles vidéos de torture ? Il ne suffit pas de vouloir très fort quelque chose pour que cela devienne réalité.

Rappelons la déclaration du ministère russe de la Défense avant-hier, justifiant la réduction significative de l'activité et le regroupement (retrait, si l'on sort de la Novlangue ?) des forces militaires russes :

"Lors de la première étape de l'opération spéciale, il était prévu de forcer l'ennemi à concentrer ses forces pour tenir de grandes localité dans les régions de Kiev et de Tchernigov, y compris Kiev, les coincer sur le champ de bataille et, sans prendre d'assaut les villes (pour éviter des pertes civiles ), leur infliger des pertes, qui ne leur permettrait pas d'utiliser leurs forces sur le front principal des activités russes -  le Donbass. Tous ces objectifs ont été atteints."

Que les grandes villes n'aient pas été prises, c'est incontestable (mais est-ce une victoire?), pour le reste, beaucoup de questions se posent. Hier, un incendie a été annoncé à Belgorod. Toute la journée, les médias sont restés particulièrement silencieux sur l'origine de cet incendie. Finalement, l'information est tombée ce matin par le gouverneur : deux hélicoptères de l'armée ukrainienne, cette armée qui a "perdu" ce qui justifie le regroupement des forces russes, sont entrés sur le territoire de la Fédération de Russie à basse altitude, n'ont pas été interpellé, ont bombardé la raffinerie de Belgorod et rien ne dit qu'ils ont été abattu. 



Dans le même temps, ce matin, la Russie annonce que les forces militaires russes quittent l'aéroport de Gostomel, à côté de Kiev, dans le cadre du regroupement de leurs forces. Une logique implacable ... Sans même parler des incidences militaires, sur le plan de la communication, c'est une erreur : les Ukrainiens commencent déjà à diffuser des vidéos "fin du monde" sur l'état de Gostomel "après le départ des occupants". De toute manière, la Russie sera accusée.

La manière dont les autorités russes estiment la défaite de l'armée ukrainienne est assez surprenante. Peut-il serait-il temps de réfléchir non pas en comptable, qui dresse des listes, mais en stratège et en politique ? Le silence de la classe politique russe - et médiatique - est, lui en revanche, très significatif.

Autre exemple du décalage entre le discours médiatico-politique russe et la réalité. Lors de ces fameuses négociations à Istanbul, que la classe dirigeante russe a immédiatement d'une seule voix  qualifiées de productives (avant de faire marche-arrière communicationnelle - mais pas réelle - suite à la vague de mécontentement populaire), la délégation russe se félicitait de ce que les autorités ukrainiennes s'étaient engagées à condamner fermement les auteurs des tortures contre les soldats russes prisonniers. Puisque même l'ONU a soulevé la question, l'Ukraine doit jouer le jeu - en apparence. Et manifestement, les Ukrainiens y mettent autant de coeur que pour juger les auteurs des atrocités d'Odessa où, le 2 mars 2014, il y a des centaines de blessés et de morts dans la Maison des Syndicats en flamme, suite à l'opération de répression menée par les autorités ukrainiennes avec les groupes néonazis contre les opposants au Maïdan. Et cette fois-ci, ne tenant pas compte de l'expérience, la Russie est heureuse de voir la bonne volonté ukrainienne. Pourtant, plusieurs jours ont passé, les coupables sont connus et filmés et aucune arrestation n'est en vue.

Dimanche, une vidéo de torture des soldats russes par les ukrainiens a été diffusée. Voici la présentation faite par Svetlana Kissileva, journaliste dans le Donbass :

"Le monde entier devrait voir ces séquences pour se rendre compte que ce n’est pas la guerre de la Russie contre l'Ukraine soutenue par les pays de l'OTAN, mais une guerre du bien contre le mal.

Sur cette vidéo, les soudards ukrainiens tirent dans les jambes des prisonniers russes, ensuite, ils les tabassent. Au début de la vidéo, les prisonniers russes sont allongés sur le sol, les jambes transpercées ; certains ont des os des jambes brisés. On pourrait penser que les soldats russes ont été capturés alors qu'ils étaient blessés. Mais non. À la fin de la vidéo, on voit comment les soldats ukrainiens tirent dans les jambes de tous les prisonniers qui arrivent. Plusieurs meurent de douleur sur la vidéo en direct. Tout cela est filmé par les soudards ukrainiens eux-mêmes. C’est ainsi qu’ils agissent avec les défenseurs du Donbass capturés depuis 8 ans."


Mais cela ne s'arrête pas là. Une nouvelle vidéo a été diffusée par les Ukrainiens, d'un égorgement à la manière de Daesh. Voir le lien ici, la vidéo est trop violente pour être publiée ici.

Avec qui négocier et que négocier ? Soit l'on considère que ces gens mènent une guerre de terroristes et l'on ne négocie pas avec les terroristes, soit l'on considère qu'il est possible de négocier avec eux, qu'ils sont légitimes, mais l'on ne vient pas déclarer sur tous les plateaux télé qu'ils sont des néonazis, qu'ils conduisent un génocide contre les Russes ethniques. Même dans la comm, il faut au minimum être conséquent. Sinon, cela va très mal se terminer pour la Russie. Elle sera violemment rattrapée par le réel.

Source : https://russiepolitics.blogspot.com/2022/04/puisque-la-russie-negocie-les.html#more

dimanche 6 mars 2022

Guerre du gaz : l'Europe prend les Européens en otage

 vendredi 4 mars 2022



Alors que Frans Timmermans annonce le retour au mythe de l'indépendance totale de l'Europe face au gaz russe et aux énergies fossiles, ce même gaz russe n'est soudainement plus pompé et ne passe plus par les gazoducs de Gazprom en Allemagne et en Pologne. Les populations auraient-elles été concertées sur l'interruption idéologique de fourniture en gaz ? Certes, l'intervention militaire russe en Ukraine semble permettre tous les excès, mais peut-être pourrait-on encore penser à l'intérêt des Européens - si cela n'est pas déplacé, bien sûr ?

L'Europe est objectivement "dépendante" du gaz russe et des énergies fossiles, comme le rappelle très justement et très clairement Géo, dans cet article du 3 mars de cette année : 


En effet, l'Europe importe 40% de son gaz naturel de Russie. Sur fonds de russophobie galopante, les dirigeants européens reviennent au mythe des énergies alternatives. Nos Ecolos ont le vent en poupe et nous ressortent leur Green Deal - qui n'a manifestement pas d'équivalent en français :


Et Frans Timmermans, au nom de la Commission européenne d'annoncer que l'Europe est allée très loin dans les sanctions contre la Russie, qu'elle peut et doit aller encore plus loin et notamment ... produire sa propre énergie. Il serait évidemment dommage de rater une occasion en or, de pouvoir prendre des décisions contre-productives ... La logique, comme on peut le lire dans Géo, ayant été de laisser le secteur des énergies en dehors des sanctions :
"Et ce, par crainte de faire encore flamber le prix du pétrole et du gaz, qui ont déjà atteint des prix record ces derniers jours. Mais aussi parce que l'Europe "n'a pas d'alternative" à l'énergie fossile provenant de Russie, insiste Sophie Méritet, maître de conférences en économie à l’Université de Paris Dauphine-PSL, spécialisée dans l'énergie."

Mais Timmermans, se déplaçant semble-t-il dans un monde parallèle, déclare qu'il faut aller très vite vers les énergies renouvelables, "que c'est possible, mais cela va prendre du temps", donc il faut faire très vite. L'on ne peut pas dire que le discours soit très novateur et puisque cela n'a pas marché jusque-là, il faut y revenir.

Soit. Et en attendant, l'économie doit fonctionner et elle a besoin d'énergie, les gens ont besoin de vivre normalement et ils ont besoin d'énergie.

Or, l'on apprend très discrètement dans la presse russe que :

"Le pompage de gaz par le gazoduc Yamal-Europe à travers la Pologne vers l'Allemagne a été arrêté. Selon l'opérateur de transport de gaz Gascade, cela s'est produit le matin du 3 mars - malgré le fait que Gazprom avait réservé la capacité du gazoduc pour toute la journée."

Il serait très intéressant de savoir qui a pris cette décision et quels intérêts stratégiques elle poursuit ... 

Karine Bechet-Golovko

Source : https://russiepolitics.blogspot.com/2022/03/guerre-du-gaz-leurope-prend-les.html


jeudi 20 janvier 2022

Billet donbassien : les Communistes russes posent la question de la reconnaissance par la Russie des républiques du Donbass

 


En déposant un projet de résolution parlementaire demandant au Président russe de reconnaître officiellement les républiques autonomes de Donetsk et de Lougansk, les députés communistes obligent à clarifier le débat politique intérieur, à ce jour très ambigu sur la question. Car si la Russie soutient effectivement ces républiques, surtout sur le plan humanitaire et technique, elle s'accroche de toutes ses forces, et au-delà semble-t-il du raisonnable, aux moribonds accords de Minsk, largement foulés aux pieds par l'Ukraine. Les autorités russes, ainsi, refusent à ce jour d'envisager toute reconnaissance officielle ou encore pire, une possible intégration du Donbass. Mais cette position défensive est-elle encore adaptée à la situation géopolitique ?

Des députés communistes ont hier, 19 janvier 2022, déposé un projet de résolution parlementaire, dans lequel ils demandent au Président russe Vladimir Poutine de reconnaître les républiques de Donetsk et de Lougasnk comme, je cite, "des Etats démocratiques, souverains et indépendants". Les députés estiment, que ces dernières années, sur la base de la volonté populaire, des véritables organes étatiques ont vu le jour, faisant de ces structures des Etats légitimes.

La dimension sécuritaire est particulièrement présente dans le projet de résolution, puisque selon les auteurs, cette reconnaissance serait une véritable protection pour les populations civiles, qui sont actuellement confrontées à danger réel de génocide.

Cette initiative a provoqué un véritable tsunami politico-médiatique, un vent de panique s'est levé, montrant bien que, malheureusement, elle a très peu de chances d'aboutir. La politique défensive de la Russie sur la question du Donbass, avec le temps, l'a conduite à totalement intégrer le discours globaliste, à avoir peur de ne pas froisser, de ne pas se faire critiquer, comme si les critiques diffusées contre elle pouvaient être rationnellement endiguées par une politique "d'autocontainment". Son discours est totalement centré sur les déclarations défensives, répétant plusieurs fois par semaine qu'elle ne va pas "agresser" l'Ukraine ... quand l'armée ukrainienne, aidée par de plus en plus de "consultants" de l'OTAN, armée par les pays de l'OTAN masse des forces sur la ligne de front. Comment continuer à s'accrocher aux accords de Minsk dans ces conditions ? S'ils sont bafoués par la partie centrale, l'Ukraine, ils n'existent plus. Un accord international bilatéral est existant, tant qu'il est appliqué d'une manière plus ou moins systémique par les deux parties, sinon il ne s'agit plus que d'une prise unilatérale d'obligation.

Ainsi, le vice-président du comité de la Douma pour les affaires de la CEI et de l'intégration eurasienne est immédiatement monté au créneau, pour montrer patte blanche, mais celle du mouton qui veut faire comprendre au loup qu'il est gentil et donc qu'il n'est pas nécessaire de mordre. Assez surprenant comme ligne politique ... Selon Viktor Vodolatsky, la proposition des députés communistes tombe mal, car elle risque de provoquer des critiques à l'égard de la Russie, alors qu'elle cherche à obtenir de très improbables garanties de sécurité, qui ont déjà pour l'essentiel, de toute manière, été refusées. Je cite :

"Il me semble qu'aujourd'hui est il important d'obtenir des décisions plus fondamentales, que nous avons formulées dans nos exigences. Une déclaration de reconnaissance de DNR et LNR pourrait conduire les négociateurs du côté des Etats-Unis et de l'OTAN à qualifier la Russie d'agresseur et l'accuser de vouloir récupérer la moitié de l'Ukraine"

Peut-être Viktor Vodolatsky n'est-il pas au courant que la Russie est déjà qualifiée d'agresseur, qu'elle est déjà accusée de vouloir envahir l'Ukraine, que les lignes rouges, comme l'interdiction de l'élargissement de l'OTAN à l'Est, ont déjà été rejetées d'un revers de main par les Etats-Unis et l'OTAN. Peut-être, simplement, n'est-il pas au courant ? Sinon sa position serait surprenante. Comment, en effet, refuser a priori par peur d'un "nouveau" danger qui existe déjà, une décision stratégique pouvant jouer à long terme, qui donnerait immédiatement du poids justement pour des négociations difficiles, qui ne sont rien d'autre qu'un rapport de force direct entre la Russie et les Etats-Unis, dans lequel chacun joue sa vision du monde ?

Il serait bon d'y réfléchir en tout cas. 

dimanche 5 décembre 2021

Russie : le projet de loi sur les QR Codes provoque une rupture entre les élites dirigeantes et la population

 source : http://russiepolitics.blogspot.com/2021/12/russie-le-projet-de-loi-sur-les-qr.html#more



Le projet de loi déposé en Russie sur les QR Codes, impliquant finalement la vaccination obligatoire en plus de la surveillance généralisée de la population, ne divise pas la société russe : il acte le divorce entre des élites, majoritairement progressistes et globalistes, et la population. Car à part certaines voix fanatiques et personnellement intéressées, ce projet n'est soutenu ni par la population, ni par les milieux médicaux.

Fin novembre, le Gouvernement russe a déposé deux projets de loi concernant la généralisation des QR Codes en Russie, notamment dans les transports, QR Codes qui existent déjà de facto, sans base légale, dans toutes les entités fédérées, à des degrés divers (voir notre texte ici).

Manifestement, les élites dirigeantes ne s'attendaient pas à un tel mouvement instinctif et général de rejet : la population russe n'a rien perdu de son instinct de survie, ce que l'on ne peut pas dire de ses élites. Quand le président de la Douma a ouvert les commentaires sous son post sur Telegram expliquant les tenants et les aboutissants de ces projets de loi, dans lequel il demande aux gens de s'exprimer, malgré un certain nettoyage, l'on compte près de 720 000 commentaires, quasiment tous négatifs. La violence de la réaction populaire fut telle, que certains, encore plus progressistes que les autres, se sont demandés ouvertement s'il ne fallait pas demander aux forces de l'ordre de vérifier ces gens ... pour extrémisme et propagation de fausses nouvelles. Ce qui a provoqué une nouvelle vague de mécontentement populaire.

D'une manière générale, les QR Codes sont soutenus par moins de 20% de la population dans les différents sondages, publiés puis se faisant très discrets. Les médecins, qui viennent d'être interrogés par l'agence d'information libérale et économique RBK, ne font pas beaucoup mieux - environ un quart soutiennent les QR Codes et leur position face à la vaccination obligatoire est divisée en deux parties égales.

Avec cela, l'on trouve l'incontournable directeur de Gamaley, Gintsburg, continuer à crier partout à l'adoption rapide de ces lois sur les QR Codes, ou encore, par exemple, Peskov, porte-parole du Kremlin, annoncer qu'il n'y a que quelques détails techniques à régler pour qu'elles soient adopter et que le processus d'adoption de ces lois traînent en raison de quelques difficultés techniques, sociales et numériques. La question de la liberté étant manifestement écartée pour raison d'impératif sanitaire, quelle idée de parler encore de liberté aujourd'hui! Heureusement, l'on se souvient encore vaguement du social. La première lecture parlementaire a été prévue pour le 16 décembre et tout le bloc progressiste dirigeant estime que tout doit être réglé pour la fin de l'année, afin qu'elles puissent entrer en vigueur le 1er février, comme prévu. 

Le seul détail qu'il reste à régler, manifestement, c'est le peuple. C'est le genre de détail, qui coûte très cher aux élites, quand elles oublient qu'elles n'existent pas sans, justement, ce peuple.