lundi 2 octobre 2017

Réformes ou révolution : refaire le monde autour d’un verre / Reformations or revolution: change the world around a glass




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Le 21 septembre 2017, le MOC (Mouvement ouvrier chrétien) organisait à Bruxelles un débat posant la question des processus capables de « changer le système ». Autour de la table, trois intervenants pour chacun une position distincte : Carlos Crespo[1] défendait la position dite « réformiste ». Selon lui[2], c’est dans le cadre du système actuel que peut se construire le socle d’un système plus juste lui succédant. Alain Adriaens[3] soutenait quant à lui une position « autonomiste » voulant qu’à travers des initiatives locales et des effets de contagion le changement de système se réaliserait par la base. Enfin, Ugo Palheta[4] soutenait un argument « révolutionnaire », insistant sur le fait que l’antagonisme des intérêts entre classes dominantes et classes dominées n’était pas soluble dans une évolution « au pas à pas ». Le dialogue qui suit est une fiction inspirée de ce débat. Il reprend le cheminement des différentes interventions.


« Les derniers rayons du soleil, rasants, soulignent une échancrure entre deux immeubles à appartements. Sur la terrasse du Moeder Lambic, après un court silence d’apaisement, la femme porte un verre à ses lèvres. Tout en souriant au spectacle de la lumière passant au travers de sa Delta, elle lui dit :
Elle : Toi, tu crois qu’on peut changer le système avec des lois ?
Lui : Oui, c’est certain. Regarde, après la guerre, il y a eu les Trente glorieuses. Meilleur niveau de vie, de l’emploi, l’idéal…
Elle : Peut-être. Mais, en même temps, les patrons avaient surtout peur du communisme et il fallait vite qu’on oublie les revendications du Conseil National de la Résistance. C’est pour ça qu’ils ont lâché du lest et accepté tant de concessions.
Lui : Pas faux. Je pense à ça : en plus, il fallait tout reconstruire. Parfait pour avoir de la croissance.
Elle : Voilà. C’est pour ça que je ne suis pas convaincue par l’idée que changer les lois permettra de changer le système.
Lui : Pourtant, c’est la seule solution. Soyons honnête, tu vois les Belges se lancer dans une insurrection et partir à l’assaut du Parlement ?
Elle : Ce serait drôle.
Lui : Peut-être, oui. Mais ça n’arrivera pas. Puis bon, il faut regarder l’Histoire, les révolutions n’ont jamais apporté qu’un changement de maître, pas un changement de système.
Elle : Tu vas un peu vite, là. Je n’ai pas envie d’entrer dans un cours d’Histoire mais c’est un peu facile de dire ça. Je te rappelle qu’il y avait 17 armées étrangères plus l’aristocratie russe pour écraser la Révolution de 1917.
Lui : Et tu vas aussi défendre Staline et Mao ?
Elle : …ou Allende et Chavez ! C’est une fausse question, tu le sais. Il y a des contextes particuliers et des rapports de forces particuliers. Le système tel qu’il est aujourd’hui produit de la misère, énormément de violences directes et indirectes, un désastre environnemental…
Lui : Non mais je sais. Je parle juste de la méthode à employer.
Elle : D’accord. Partons de l’idée qu’on peut changer le système en changeant les lois. Tu fais comment pour que les élites au pouvoir proposent des lois qui vont contre leurs intérêts ? Tu crois pas que le rapport de force est clairement en défaveur des plus faibles ?
Lui : Si, c’est sûr. Mais ce n’est pas impossible. Après tout, Tsipras est arrivé au pouvoir, Mélenchon a failli y arriver. Et tu parlais d’Allende qui a réussi aussi.
Elle : Mouais. Tu fais semblant d’oublier que Tsipras s’est complètement trahi, Mélenchon n’est pas Président et Allende a fini suicidé pour ne pas être assassiné.
Lui : De toute façon, il y a un rejet émotionnel du communisme. Demande aux gens dans la rue.
Elle : Je ne dis pas le contraire. À vrai dire, je ne sais même pas si c’est le communisme la solution, je n’en sais rien. Et ça ne répond pas à la question de savoir comment on peut faire pour y arriver, pour changer le système. Parce que bon, tes changements par les lois, c’est mignon, mais c’est un vrai bouclier percé !
Lui : Tu veux dire quoi ?
Elle : Bah, c’est simple. Avant, les réformistes se battaient pour engranger des acquis sociaux : vacances payées, des journées plus courtes, des meilleurs salaires, etc. Puis après, ils se sont battus pour conserver ces droits. Aujourd’hui, on a le choix : soit ils se battent pour limiter la casse, soit ils se battent carrément pour casser encore plus. Comme Di Rupo et l’exclusion du chômage.
Lui : C’est vrai. Mais je n’ai pas dit non plus que le réformisme d’aujourd’hui se battait adéquatement. Il faudrait un réformisme offensif.
Elle : Et concrètement, ça veut dire quoi ?
Lui : Eh bien, de vraies revendications quoi…
Elle : Du genre des mouvements de masse comme il y a eu contre la Loi travail en France l’an passé ?
Lui : Oui, par exemple.
Elle : Ça a été efficace, tu ne trouves pas ? Des millions de gens dans les rues et le gouvernement qui s’en fiche complètement. Aujourd’hui, c’est même encore pire. Ton réformisme « offensif », s’il est vraiment offensif, il va se heurter directement – physiquement – aux intérêts des puissants.
Lui : Ce qui est peut-être la solution !
Elle : Peut-être, mais surtout, ça n’a plus rien à voir avec du réformisme ! Ça devient une logique insurrectionnelle !
Lui : Mm. Et comme on se le disait, personne n’est prêt à ça aujourd’hui. Rien que le fait que les gens ne se rendent pas compte que leur monde pourrait être meilleur. Je veux dire : même les plus précaires ont les mêmes désirs, la même façon de penser que la culture bourgeoise.
Elle : Le syndrome du larbin ! Tu connais cette vidéo ?
Lui : Oui, c’est exactement ça. C’est Gramsci aussi qui expliquait comment la culture des élites était aussi devenue celle du peuple paradoxalement.
Elle : Sans compter le rôle de l’école qui a repris le flambeau du rôle de l’Église, pour qu’on reste bien dans les clous… J’ai relu récemment le petit texte d’Althusser sur les appareils idéologiques d’État. Il explique ça très bien.
Lui : Avec des désirs de consommation qui ne leur appartiennent pas, ceux qui devraient être le plus proche de l’insurrection en sont super éloignés en fait. Le projet de rupture, dans ce cas, me semble impossible. Par contre, tu vois, les gens sont prêts à des initiatives locales. Je pense que les choses peuvent changer en partant du plus petit. Je veux dire, un potager, c’est déjà ça en moins pour Monsanto !
Elle : Ah, je savais que tu allais venir avec ça ! Toi aussi, tu vas te lancer dans une admiration sans borne pour le film « Demain » ?
Lui : Ne te moque pas. Tu ne peux pas nier l’espoir que ça a apporté chez les gens…
Elle : L’espoir que ça va, tout ira bien, il y aura des solutions et on peut continuer comme si de rien n’était ?
Lui : Tu caricatures et tu le sais. Puis, au sein des mouvements de la Transition, tout le monde ne pense pas pareil. Et contrairement aux « révolutionnaires marxistes », eux au moins ont compris que la logique du travaillisme, du productivisme, a atteint ses limites. Pour les hommes mais aussi pour l’environnement.
Elle : C’est pas faux. Mais là c’est toi qui caricatures. Dans les mouvements révolutionnaires, cette prise de conscience existe aussi. Je te rappelle d’ailleurs que Marx ne voulait pas qu’on « applique » ses théories aveuglément. Il disait qu’il fallait toujours une analyse concrète de la situation concrète. Autrement dit, si le contexte change, il faut changer de perspective. Pour moi, c’est ce qui arrive avec l’environnement.
Lui : Si tu le dis. N’empêche que la Transition, elle, a l’avantage de prendre les choses intelligemment et modestement. D’abord parce que donner de l’espoir permet de « décoloniser les imaginaires » comme dirait Latouche.
Elle : Ton name-dropping ne m’impressionne pas !
Lui : Eh, mais c’est pas le but ! Je t’explique : pour l’instant, on l’a dit plus tôt, il y a trop de gens convaincus qu’ils ont besoin de leur écran large home cinéma, leur dernier IPhone, partir en vacances au bout du monde sans penser à l’empreinte environnementale, etc.
Elle : Oui, et alors ?
Lui : Alors ? Eh bien, avec les initiatives locales, ils reprennent conscience du plaisir de connaître son voisin, du plaisir d’ouvrir son lave-vaisselle et de pouvoir le réparer…
Elle : Du plaisir de réparer son lave-vaisselle ? Tu rigoles, là j’espère ? Chouette, vive l’obsolescence programmée que je puisse réparer mon lave-vaisselle et mes cartouches d’encre d’imprimante !
Lui : Bon, ok, mauvais exemple. Mais tu as compris le principe : dans l’idée de la Transition, il y a cette volonté de se réapproprier ses outils. Et à force de se réapproprier ses outils, son agriculture, sa bière, là, comme celle que tu as presque terminée, eh bien, on change le monde.
Elle : Ça paraît si simple. Tellement simple que c’est n’importe quoi. Tu dis ça pour le local, ok, j’entends, mais pendant ce temps-là Monsanto et les autres font du lobbying et les lois européennes sont de pire en pire. En faisant semblant qu’il n’y a pas de rapport de force, pas de luttes, ton mouvement de la transition ne lutte effectivement pas et les multinationales, ça doit les faire bien rire.
Lui : C’est seulement vrai pour une partie du mouvement. Les moins politisés, là tu as raison. Les autres – et ce ne sont pas que des bobos – sont conscients qu’il faut agir localement mais aussi au niveau des structures. Mais qu’agir sur les structures sans que l’imaginaire des gens n’ait changé, c’est aussi inutile que le contraire !
Elle : Tu marques un point. Je n’ai d’ailleurs pas dit que la logique insurrectionnelle était incompatible avec un changement d’imaginaire, ceci dit. Mais je me demande quand même comment ces tenants de la Transition envisagent de modifier les structures ?
Lui : En étant plus offensif. Directement sur les lieux de pouvoir. Par exemple là où les lobbies agissent, comme à Bruxelles.
Elle : Donc, c’est exactement comme pour le caractère supposément « offensif » du réformisme dont on parlait tout à l’heure… Finalement tu préconises une insurrection, au bon moment !
Lui : Oui. Tu as peut-être raison. Mais moi je cherche des solutions. Jusqu’ici, tu n’as fait que détruire un à un tout ce que je proposais. Tu crois en quoi, toi ? Le Grand Soir ? On fout le feu au parlement, on guillotine les membres du gouvernement, on coupe toute relation internationale et on s’enferme pour créer une bombe atomique, façon Corée du Nord ?
Elle : Dis donc, si tu m’accusais de te caricaturer, tu fais fort là…
Lui : Non mais c’est exprès. Ce que tu as à dire là-dessus m’intéresse, vraiment.
Elle : Écoute, pour commencer, je voudrais dire que je pense que tu as raison.
Lui : C’est-à-dire ?
Elle : Le timing n’est pas bon pour une véritable insurrection. En fait, comme le disait Daniel Bensaïd, la révolution devient de plus en plus nécessaire mais de moins en moins possible. Contrairement à la sortie de la guerre 40-45.
Lui : Et pourquoi ?
Elle : À la sortie de la guerre, l’URSS était très forte. Son pouvoir d’attraction aussi. Du coup, une révolution semblait possible. Mais, en même temps, comme on se le disait avant, la reconstruction avait de telles promesses de croissance que la révolution ne paraissait pas vraiment nécessaire.
Lui : D’accord, mais aujourd’hui, les peuples sont tellement dans la merde qu’ils pourraient très bien se révolter, non ?
Elle : Effectivement, de ce point de vue, la révolution est ultra-nécessaire. Les inégalités nationales et internationales sont monstrueuses ! Tu sais que rien qu’en Belgique francophone, il y a 10% d’illettrisme ? Le pouvoir politique et économique appartient aux mêmes personnes et l’environnement s’en prend plein la gueule.
Lui : Et donc ? Justement, c’est un contexte propice !
Elle : Ça devrait l’être mais ça ne l’est pas. Le pouvoir des classes dominantes semble illimité. On parlait de la loi Travail tout à l’heure… La surveillance est généralisée, les actionnaires surpuissants et on continue à gober toute l’idéologie capitaliste par perfusion télévisuelle, à coup de téléréalités et de TPMP. Dans ce contexte, vas-y pour lancer une insurrection à froid !
Lui : Oui, c’est ce que je disais aussi tout à l’heure.
Elle : Pourtant, il y en a eu des révolutions ! Même récemment. Le Printemps arabe, par exemple.
Lui : Oui, enfin, c’est toi qui me disais l’autre fois que c’était aussi, voire surtout, des changements de régimes organisés de l’extérieur et qu’on s’en rend bien compte en suivant les structures de financements.
Elle : Ok, prenons l’exemple de la révolution cubaine si tu veux. Ou du chavisme. Une révolution n’est en soi pas impossible du tout. Et le plus fou, c’est qu’historiquement ce ne sont pas les pays les plus pauvres qui ont connu des révolutions. Qui plus est, les forces motrices des révolutions, là non plus, ne sont pas les plus pauvres.
Lui : Et c’est censé être une bonne nouvelle ?
Elle : D’une certaine façon, oui. La révolution peut redevenir une solution désirable. Regarde en Allemagne, l’explosion de la précarité avec des jobs sous-payés. Et il est clair que les démocraties parlementaires sont en déclin. Avant, les couches populaires votaient autant que les autres, mais là elles ont compris et s’abstiennent !
Lui : Compris quoi ?
Elle : Qu’on se moquait d’elles ! Que les « représentants » ne représentent qu’eux-mêmes ! C’est-à-dire essentiellement des juristes et des médecins ! Sociologiquement parlant, il n’y a rien de plus homogène qu’un hémicycle ! Les classes populaires l’ont compris et, soit elles ne votent plus, soit elles votent pour des partis non-traditionnels.
Lui : Comme l’extrême-droite. Super !
Elle : Non, pas super. Mais les mouvements de fond prennent du temps, malgré tout. Soit ils seront déçus de l’extrême-droite – parce qu’ils ne se rendent pas compte que la première caractéristique de ces partis est d’être…à droite ! Donc de renforcer une politique favorable aux classes dominantes, comme l’ont fait en leur temps Hitler et Mussolini. Soit ils auront compris que s’ils veulent que les choses changent, ce ne sera pas par la voie du vote.
Lui : L’idée de révolution est donc très actuelle, c’est ça que tu veux dire ?
Elle : Oui, mais l’actualité ne veut pas dire l’imminence. C’est pour ça que le combat « réformiste » est important : pour regagner des droits, donner du courage et de l’espoir, montrer que la solidarité paie. Mais ça peut aller vite aussi, le capitalisme en est arrivé au point où la classe possédante ne peut plus accepter aucune concession.
Lui : D’accord, je vois où tu veux en venir. Et, concrètement, c’est quoi la direction ? D’abord la prise de conscience, non ?
Elle : Oui, certainement. Sans ça, sans la connaissance et la compréhension du monde qui nous entoure, je suis sûre qu’on va droit dans le mur. Mais il faut agir en même temps. C’est en agissant que la conscience s’aiguise. Et s’organiser aussi. C’est comme qu’on profite des bons « timing ».
Lui : Ma bière est plate, la tienne est vide. On en reprend une ? Le soleil s’est couché maintenant.
Elle : Oui, faisons comme lui, changeons de sujet ! »

Notes:
[1] Président du MRAX (mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie)
[2] …mais surtout selon les termes du débat voulant que les positions soient distinctes
[3] Membre du mouvement politique des Objecteurs de Croissance
[4] Maître de conférences en sciences de l’éducation à l’Université Lille III



mercredi 27 septembre 2017

Christophe Guilluy : "La France d'en haut s'est structurée autour d'Emmanuel Macron pour protéger ses intérêts, le monde d'en bas, lui, est complètement dispersé" /Christophe Guilluy: " France from above formed itself around Emmanuel Macron to protect its interests, the world from below, him, is completely scattered "


53% des français jugent que la politique du gouvernement bénéficiera en premier lieu aux plus aisé. Pour Christophe Guilluy, le fait que le monde d'en haut ne prenne plus en charge les aspirations du monde d'en bas est une rupture historique.

Atlantico : À la rentrée 2016, vous publiiez "le crépuscule de la France d'en haut". Selon un sondage viavoice publié par Libération en début de semaine, 53% des français jugent que la politique du gouvernement bénéficiera en premier lieu aux plus aisés, quand 60% d'entre eux craignent une précarisation. Un an après, quel constat portez-vous sur cette "France d'en haut" ?

Christophe Guilluy : Nous sommes dans la continuité d'une société qui se structure autour de la mondialisation depuis 20 ou 30 ans.

Ce qui est validé ici, c'est une logique de temps long. Avec un monde d'en haut que j'ai décrit dans "la France périphérique" mais aussi dans la "Crépuscule de la France d'en haut". C'est un monde qui vit en vase clos, je parle de "citadellisation" des élites, des classes supérieures, et tout cela ne cesse de se creuser.

Il faut revenir au 2e tour de l'élection présidentielle. Ce que nous avons vu, c'est une structuration de l'électorat qui suit la dynamique économique et sociale de ces 30 dernières années. Le grand sujet caché depuis 30 ans, c'est la disparition de la classe moyenne au sens large, c’est-à-dire telle qu'elle l'était hier, celle qui regroupait la majorité des catégories sociales ; de l'ouvrier à l'employé en passant par le cadre. Les gens étaient intégrés économiquement, donc socialement, politiquement, et culturellement. 

Ce qui explose avec le modèle mondialisé, c'est la classe moyenne occidentale. On va retrouver ces gens dans les territoires qui ne comptent peu ou pas ; France périphérique, Amérique périphérique, Grande Bretagne Périphérique etc…Inversement, des gens qui vont être de plus en plus concentrés dans les endroits ou "ça" se passe ; les grandes métropoles mondialisées. C'est ce qu'on a vu avec la carte électorale, qui était assez claire : les bastions d'Emmanuel Macron sont ces grandes métropoles mondialisées qui reposent sur une sociologie d'un front DES bourgeoisies.

Ce qui est frappant, c'est en regardant Paris. La bourgeoisie de droite n'a qu'un vernis identitaire, car même les bastions de la "manif pour tous" ont voté pour Emmanuel Macron qui est pourtant pour les réformes sociétales à laquelle elle s'oppose. Dans le même temps, les électeurs parisiens de Jean Luc Mélenchon, au 1er tour, ont aussi voté Macron au second tour. Ils n'ont pas voté blanc. Cela veut dire que le monde d'en haut est de plus en plus dans une position de domination de classe qui est en rupture avec la France d'en bas. C'est la grande nouveauté. Parce qu'un société ne marche que si le haut parle au bas. C'était le parti communiste; constitué d'une frange d'intellectuels qui parlaient aux classes ouvrières. Aujourd'hui le monde d'en haut ne prend plus du tout en charge le monde d'en bas, qui est pourtant potentiellement majoritaire. C'est un processus long, qui est celui de la sortie de la classe moyenne de toutes les catégories sociales. Cela a commencé avec les ouvriers, cela s'est poursuivi avec les employés, et cela commence à toucher les professions intermédiaires. Demain ce sera les retraités, il suffit de regarder ce qu'il se passe en Allemagne. La mondialisation produit les mêmes effets partout et les spécificités nationales s'effacent. Sur le fond, même si l'Allemagne s'en sort un peu mieux en vendant des machines-outils à la Chine, la précarisation touche largement l'Allemagne avec des retraités qui sont obligés d'empiler les petits boulots pour s'en sortir.
Ce qui est derrière tout cela, c'est cette fin de la classe moyenne occidentale qui n'est plus intégrée au modèle économique mondialisé. À partir du moment où l'on fait travailler l'ouvrier chinois ou indien, il est bien évident que l'emploi de ces catégories-là allait en souffrir. Nous sommes à un moment ou les inégalités continuent à se creuser. Je le répète, le monde d'en haut ne prend plus en charge les aspirations du monde d'en bas, c'est une rupture historique. On parle beaucoup du divorce entre la gauche et les classes populaires, c'est très vrai, mais ce n'est pas mieux à droite.
Selon un sondage IFOP de ce 20 septembre, 67% des Français jugent que les inégalités ont plutôt augmenté en France depuis 10 ans, un sentiment largement partagé en fonction des différentes catégories testées, à l'exception d'écarts notables pour les électeurs d'Emmanuel Macron (54% soit -13 points). Votre livre décrit une nouvelle bourgeoisie cachée par un masque de vertu. Alors que le Président a été critiqué pour ses déclarations relatives aux "fainéants et aux cyniques", n'assiste-t-on pas à une révélation ?

Aujourd'hui nous avons un monde d'en haut qui se serre les coudes, des bourgeoisies qui font front ensemble, qui élisent un Emmanuel Macron qui va être l'homme qui va poursuivre les grandes réformes économiques et sociétales de ces 30 dernières années. La seule différence entre Macron et Hollande ou Sarkozy, c'est que lui, il n'avance pas masqué. Il assume complètement. Il a compris qu'il ne s'agit plus d'une opposition gauche-droite, mais d'une opposition entre les tenants du modèle et ceux qui vont le contester. Les gens l'ont compris, et c'est de plus en plus marqué, électoralement et culturellement. Ce qui complique les choses, c'est qu'il n'y a plus de liens. Le monde politique et intellectuel n'est plus du tout en lien avec les classes populaires, et ils ne les prendront plus en charge. Les gens savent que les réformes vont les desservir et l'impopularité d'Emmanuel Macron va croître. Le crépuscule de la France d'en haut découle de cette absence de lien, parce qu'une société n'est pas socialement durable si les aspirations des plus modestes ne sont pas prises en compte.
Mais la bourgeoisie d'aujourd'hui est plus intelligente que celle d''hier car elle a compris qu'il fallait rester dans le brouillage de classes, et officiellement le concept de classes n'existe pas. La nouvelle bourgeoisie n'assume pas sa position de classe. Elle est excellente dans la promotion de la société ou de la ville ouverte, alors que ce sont les gens qui sont le plus dans les stratégies d'évitement, de renforcement de position de classe, mais avec un discours d'ouverture. Et quand le peuple conteste ce modèle, on l'ostracise. C'est pour cela que je dis que l'antifascisme est devenu une arme de classe, car cette arme n'est utilisée que par la bourgeoisie. Ce n'est pas un hasard si les antifascistes dans les manifestations sont des enfants de la bourgeoisie. Et tout cela dit un mépris de classe. Parce que personne ne va être pour le racisme et pour le fascisme. En réalité, derrière tout cela, il s'agit d'ostraciser le peuple lui-même, les classes populaires. C'est aussi une façon de délégitimer leur diagnostic, parce qu'en réalité, le "populisme", c'est le diagnostic des gens d'en bas, et la bourgeoisie s'en démarque en se voyant en défenseur de la démocratie. Et si Jean Luc Mélenchon monte trop haut, on utilisera ces méthodes-là.

Vous êtes géographe. Quel verdict dressez-vous des différentes mesures prises par le gouvernement, et comment s'articulent-t-elles autour de votre constat d'une France périphérique ?

On a un processus de plus en plus fort, avec la dynamique économique, foncière, territoriale. Le gouvernement ne fait que suivre les orientations précédentes, les mêmes depuis 30 ans. On considère que la classe moyenne n'a plus sa place, qu'elle est trop payée quand elle travaille et qu'elle est trop protégée par un État providence qui coûte trop cher si on veut être "compétitif"'. La loi travail n'est que la suite d'une longue succession de mesures qui ne visent qu'à dépouiller une classe moyenne qui ne sert plus à rien.

Il y a aussi un jeu pervers avec l'immigration puisqu'on va concentrer les budgets sur les plus démunis qui vont souvent être les immigrés, ce qui va permettre d’entraîner un ressentiment très fort dans les milieux populaires qui se dira qu'il ne sert qu'aux immigrés, ce qui aboutira à dire "supprimons l'État providence". Il y a une logique implacable là-dedans. Parce qu'aussi bien ce monde d'en haut a pu se structurer autour d'Emmanuel Macron pour protéger ses intérêts, le monde d'en bas est complètement dispersé.

source : http://www.atlantico.fr/decryptage/christophe-guilluy-france-en-haut-est-structuree-autour-emmanuel-macron-pour-proteger-interets-monde-en-bas-lui-est-completement-3172492.html/page/0/2

lundi 18 septembre 2017

Prenons le maquis (= un bain de jouvence) avec Thierry Casasnovas / Let us go underground (= a rejuvenating experience) with Thierry Casasnovas


... ou comment rester positif dans ce monde de brutes sans devenir bisounours




A Barcelone, la colère éclate contre la guerre et les complicités officielles avec le terrorisme / In Barcelona, the anger bursts against the war and the official complicities with the terrorism



La marche officielle organisée samedi après l’attentat terroriste du 17 août à Barcelone s’est transformée en une manifestation d’hostilité publique sans précédent aux guerres impérialistes au Moyen-Orient, ayant engendré les réseaux islamistes qui mènent les attaques terroristes en Europe.
Les manifestants, qui criaient « Vos politiques, nos morts », ont hué le roi d’Espagne Felipe VI et le Premier ministre Mariano Rajoy. Lors de ce rassemblement de 500.000 personnes on a aussi dénoncé les ventes d’armes espagnoles à des pays comme l’Arabie saoudite aux cris de: « Felipe, si tu veux la paix, ne fais pas de trafic d’armes » ou « Mariano, nous voulons la paix, pas des ventes d’armes ». Des manifestants criaient également « Dehors, dehors » en voyant le roi et Rajoy, qui furent copieusement sifflés.
Le gouvernement du Parti populaire (PP) et les autorités régionales de Catalogne avaient supposé que le rassemblement serait une manifestation de droite qui dénoncerait le terrorisme et appellerait à l’unité derrière la police et l’État. Cela s’est retourné contre eux : un grand nombre de manifestants ont dénoncé la guerre et les complicités officielles avec le terrorisme.
Le quotidien sur Internet de droite, El Español, a avoué que « les pancartes bleues officielles toutes préparées appelant à la paix ont été submergées par d’autres, qui dénonçaient les chefs d’État et de gouvernement pour le trafic d’armes et faisaient le lien entre le monarque espagnol et l’Arabie saoudite, un pays accusé de financer l’État islamique, » qui a organisé l’attentat à Barcelone.
Les manifestants brandissaient des photos de Felipe VI avec le roi saoudien, Salmane ben Abdelaziz Al Saoud, ou de l’ex-Premier ministre du PP, José Maria Aznar, avec le président américain George Bush et le Premier ministre britannique Tony Blair alors qu’ils menaient l’invasion de l’Irak en 2003.
Les manifestants citaient aussi des preuves que l’État était au courant, voir complice, de l’attentat, sur fond de rivalités entre Madrid et Barcelone avant le référendum catalan sur l’indépendance, le 1er octobre. Un homme, qui a dit à El Pais que « le roi ne peut pas venir à une manifestation pacifiste et vendre des armes à l’Arabie Saoudite », a ajouté que « le gouvernement a caché des informations sur les terroristes aux Mossos d’Esquadra », la police régionale catalane.
Dimanche, Rajoy a dû répondre aux reportages sur sa débâcle à Barcelone. Il a refusé de répondre aux critiques des manifestants, mais il a affirmé avec arrogance : « Les insultes de certains, nous ne les avons pas écoutées » et ajouté: « Hier, nous étions là où nous devions être et avec ceux avec qui nous devions être, pour exprimer notre soutien aux victimes de la terreur et montrer notre solidarité avec l’immense majorité de Catalans sensibles et modérés ». Il a exigé que la Catalogne abandonne le référendum sur l’indépendance du 1er octobre et les « projets pour une rupture ».
Les responsables catalans, stupéfaits par l’opposition à la guerre, ont voulu la minimiser. « Nous ne devrions pas l’exagérer », a dit Carles Puigdemont, le président de la Generalitat de Catalogne sur les huées contre le roi. « Les gens se sont exprimés en liberté, en convivialité et en paix ».
La maire de Barcelone, Ada Colau, l’un des « maires du changement » soutenu par le parti Podemos a refusé de discuter du sentiment anti-guerre. « La citoyenneté ouvre la voie à la cité », a-t-elle dit benoîtement, pour saluer le soutien de Barcelone à la « convivialité, à la diversité et à la paix ». Elle a ajouté : « Dans une si grande manifestation, il y a une liberté d’expression et beaucoup de gens sortent avec leurs propres symboles et leurs questions complémentaires ».
La déclaration de Colau évite les questions politiques soulevées par l’attentat dans sa ville. Cet attentat horrible qui a fait 15 morts et plus de 100 blessés, est le dernier en date d’une vague d’attentats islamistes qui ensanglantent l’Europe depuis 2015, de Paris et Bruxelles à Berlin et Manchester. Les guerres impérialistes ne sont pas une question « complémentaire », mais la principale force motrice dans l’éruption d’attentats terroristes islamistes en Europe.
Washington et l’Union européenne se sont appuyés sur les milices islamistes en 2011 en Libye puis en Syrie, collaborant avec les pétromonarchies du Golfe, dont l’Arabie saoudite, pour injecter des milliards de dollars dans les réseaux islamistes. Ils ont recruté des dizaines de milliers de personnes en Europe, au Moyen-Orient et en Asie pour mener des attentats contre des régimes ciblés par l’OTAN. En 2012, le Pentagone a désigné un de leurs mandataires, la milice Al Nosra, comme un groupe terroriste lié à Al-Qaïda, mais elle a continué à recevoir le soutien de l’OTAN.
Les événements de Barcelone exposent les tensions de classe explosives qui montent en Europe. Depuis 2015, la classe dirigeante tolère les réseaux terroristes en tant qu’outil de politique étrangère, tout en utilisant les attentats menés par ces réseaux en Europe comme prétexte pour des mesures policières — l’état d’urgence en France, le verrouillage de Bruxelles, ou l’envoi des forces armées dans les rues de Grande-Bretagne — présentées comme étant des mesures antiterroristes. A présent, ce mensonge est de plus en plus décrédibilisé.
Les travailleurs, confrontés au chômage de masse et aux coupes sociales imposées par l’aristocratie financière en Europe, sont hostiles aux politiques militaristes et antidémocratiques de l’élite dirigeante. Cette opposition est d’autant plus explosive qu’elle met les travailleurs objectivement en conflit avec l’ensemble de la classe politique, y compris ses factions prétendument « à gauche ».
Les partis de pseudo-gauche comme Podemos – qui veut développer son influence parmi les officiers de l’armée et a recruté le général Julio Rodríguez Fernández qui a commandé les forces espagnoles dans la guerre de Libye en 2011 — sont profondément pro-guerre. Podemos a défendu agressivement la vente de navires de guerre espagnols en Arabie Saoudite. Le maire de Puerto Real, Antonio Romero, affirmait que ces ventes d’armes étaient essentielles pour créer des emplois.
Interrogé sur les huées contre le roi à la manifestations de Barcelone, le chef de Podemos, Pablo Iglesias, a fait le silence sur la guerre. Il a dit, « Les gens ont sorti leurs bannières, c’est beau ».
De même, l’attentat de Barcelone démasque les nationalistes catalans, qui continuent d’attaquer Madrid en avant du référendum d’indépendance catalane. Vendredi, Puigdemont a donné une interview au Financial Times de Londres pour attaquer le gouvernement Rajoy et accuser le PP d’avoir empêché les autorités catalanes d’arrêter les attaques.
« Nous leur avons demandé de ne pas exploiter la sécurité à des fins politiques. Malheureusement, le gouvernement espagnol avait d’autres priorités » a-t-il dit. Il a cité des responsables catalans qui, selon le Financial Times, mettent en cause « la décision de Madrid de bloquer l’embauche de nouveaux policiers catalans cette année et de faire traîner l’accès de la police locale aux informations d’Europol ».
Jusqu’à présent, personne n’a expliqué quel rôle le blocage par Madrid de l’accès de la police catalane aux bases de données internationales a joué dans l’attentat. Malgré l’attentat de Barcelone, Puigdemont a affirmé que la police catalane faisait un excellent travail. « La police catalane, même si elle n’a pas tous les outils dont elle a besoin… et est mal financée, a bien réussi à gérer la crise », a-t-il déclaré au Financial Times.
Ces remarques, après la marche de Barcelone, démasquent le caractère politique des forces qui cherchent à créer un État capitaliste indépendant en Catalogne. S’ils lancent des accusations explosives contre Madrid et développent des rivalités financières et stratégiques avec la bourgeoisie espagnole, ils sont hostiles à tout appel à l’opposition des travailleurs à la guerre ; ce sont de solides défenseurs de leurs propres forces de police. Ils s’avéreraient profondément hostiles à la classe ouvrière s’ils établissaient un pouvoir indépendant.
Alex Lantier

Article paru d’abord en anglais, WSWS, le 28 août 2017

dimanche 10 septembre 2017

Ghis on Personal Sovereignty, Immortality, David Icke, with Hugh Reilly on ThatChannel


Ajoutée le 1 sept. 2017

Qui suis-je ?
Je suis un être humain, me dit-on. « Être » identifie l’esprit créateur et « humain » (humus/terre), la matière créée. Je suis donc la créatrice suprême de l’univers et sa créature à la fois. Voilà mon identité véritable. Or, en plongeant dans la matière inconsciente, j’ai oublié qui j’étais. Un petit coquin, le « dieu du mensonge », en profita pour usurper mon pouvoir souverain. Il me convainquit que je n’étais qu’une pauvre créature impuissante qui a besoin de sécurité et de protection. Il établit une hiérarchie du sommet de laquelle il règne sur la terre par ses représentants invisibles et visibles. À la base de la pyramide, ses esclaves humains vivent dans la peur permanente d’un grand patron mensonger nommé Dieu, Allah, Yahvé, Satan, Lucifer, Nature, Hasard, Science. Je l’ai cru. Je ne le crois plus. J’ai choisi le chemin de Personocratia. Personocratia se souvient de qui elle est, et agit en conséquence. Au fur et à mesure qu’elle progresse dans sa conscience-de-vérité, le vieux monde de mensonge – avec son dieu – s’effondre et fait apparaître au grand jour l’être suprême qui réside au fond de tout être humain. Telle est la signification du disque de Personocratia : l’être humain transformé. Ses trois corps (physique, vital et mental) sont alignés sur la gouvernance de l’âme et le règne de l’esprit. Les personocratias sont reliées par la conscience d’être un seul et même esprit. C’est la communion d’esprit. Personocratia adapte son nom et son vocabulaire à cette nouvelle conscience. Personocratia signifie le pouvoir de gouverner (-cratie) de la personne (persono-) souveraine. Personocratia désigne toute personne (toi et moi) qui se souvient de qui elle est, Diesse★, et qui se comporte comme telle au quotidien. Personocratia consiste en une conscience à deux composantes indispensables et interdépendantes l’une de l’autre : la vision et l’action. Elle voit les choses différemment et elle agit en concordance. ★ Diesse : Combinaison des mots « dieu » et « déesse », c’est le nom que Personocratia donne à l’être suprême inhérent à tout ce qui existe. Hors séparation esprit et matière, Diesse est à la fois l’esprit créateur et la matière créée. Par conséquent, toute personne est créatrice de l’univers, qu’elle le sache ou non. Personocratia le sait et le démontre dans ses gestes quotidiens. Quant au mot « diessité », il définit le prochain règne post-animal vers lequel évolue l’humanité. La diessité se manifestera lorsque le gouvernement de la conscience aura remplacé le gouvernement de l’intelligence.
source : http://www.personocratia.com/vocabulaire/

Former medical doctor and author of "The Medical Mafia", and initiator of Personocratia (http://www.personocratia.com), Ghis describes what to do to claim your personal inalienable sovereignty and freedom from oppressive law, government, and other corporate bullies. Get inspired just by listening to her words.
http://www.thatchannel.com 2017-08a-25 Who Am I?
I am told that I am a human being. The word « being » identifies the creative spirit and « human » (humus, soil) represents created matter. Thus, I am both the supreme creatrix of the whole universe and its creature. This is who I really am. As I dived into unconscious matter, I forgot who I was. A mischievous “god of illusion” decided to take advantage of the situation by stealing my sovereign power. He convinced me that I was a poor, powerless creature in need of security and protection. He established an elaborate hierarchy. From its summit, he reigns over Earth through the efforts of his visible and invisible representatives. At the base of this pyramid, human slaves live in permanent fear of this illusory Big Boss, whom they call God, Allah, Yahweh, Satan, Lucifer, Nature, Fate, or Science. Once, I too believed in him. This time is now over. I have chosen Personocratia’s path. Personocratia remembers who she is and acts accordingly. Gradually, as she discovers the truth-consciousness, the old world of illusion collapses, along with its false god. The supreme being inherent to each human being can finally emerge into the open. Personocratia represents this transformed human being as a disk. Its three bodies (physical, vital, mental) vibrate in total harmony under the governance of the soul and the reign of spirit. All personocratias are linked together through the consciousness of a single spirit. This is called the communion of spirit. Personocratia adapts her name and vocabulary to this new consciousness. The word “Personocratia” means the power to govern (-cratia) of the sovereign person (persono-). Personocratia refers to each person – you and me – who remembers that she is Idessa★ and behaves as such in daily life. Personocratia represents a consciousness with two indispensible and interdependent aspects: vision and action. She sees things differently and acts accordingly. ★ Idessa: The combination of “I” (the human being), “-dess” (suffix of “goddess”) and “-a” (feminising suffix). This is the name Personocratia uses for the supreme being inherent to all that exists. Beyond the illusory separation of spirit and matter, Idessa is both creative spirit and created matter simultaneously. Consequently, every person is the creatrix of the universe, whether she is aware of it or not. Personocratia knows this and expresses it in her actions. As for the word “idessity”, it defines the next, post-animal kingdom towards which humanity is evolving. Idessity will become manifest when the government of consciousness will have replaced the government of intelligence.

Ghis parle anglais de façon accessible. Pour les visuels,  possibilité de rajouter les sous-titres en anglais dans le coin inférieur droit de la vidéo (en français, la transcription est imbuvable)