jeudi 12 novembre 2015

Airbus 321 dans le Sinaï : il ne reste qu’une hypothèse / Airbus 321 in the Sinai: there is only one hypothesis

http://www.voltairenet.org/article189228.html

Les causes possibles de l’accident de l’Airbus russe dans le Sinaï

On ignore toujours les causes du crash de l’Airbus russe au dessus du Sinaï. Valentin Vasilescu étudie les pistes les plus fréquemment évoquées (explosion d’un moteur ou d’un réservoir de carburant, collision avec un autre avion, attaque d’un missile sol-air ou air-air, ou une bombe à bord). Alors que cet article était en cours de traduction, on apprenait qu’aucune trace d’explosif n’a été trouvée sur les débris, ce qui confirme l’écartement de la thèse de la bombe.
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Le vol KGL 9268 de l’avion A321-231 exploité par la compagnie russe Kogalymavia, était un charter de passagers (irrégulier) qui, le le 31 octobre 2015, reliait l’aéroport de Charm el-Cheikh en Égypte à l’aéroport Pulkovo de Saint-Pétersbourg.
L’avion a été enregistré en Irlande (EI-ETJ) et avait 18 ans d’ancienneté et 57 000 heures de vol. L’avion a décollé à 05 h 50 heure locale (03 h 50 GMT), puis a effectué une manœuvre pour accéder au couloir aérien UL 550, où devait se dérouler le vol jusqu’à la Méditerranée. Il est monté au plafond de croisière de 10 200 m avec la vitesse de 748 kilomètres par heure et a maintenu ces paramètres de vol.

Le film du crash

Selon les graphiques publiés par le blogueur Brian Topping [1] à 06:12:59 (04 h 13 GMT), les paramètres de l’avion commencent à fluctuer. Tout d’abord, en 3 secondes, l’avion descend de 150 m, ce qui aurait entraîné des surcharges négatives de 2 g. Dans les 2-3 secondes qui suivent, l’avion monte de 800 m avec des surcharges positives de 5-6 g, pour redescendre, dans les 3 secondes suivantes, de 800 m avec des surcharges négatives de 4 g.
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Toutes ces surcharges anormalement élevées pourraient avoir aboli les capacités de l’équipage pendant un certain temps. Pendant les 5 secondes suivantes, l’avion semble faire un palier horizontal, redescend à nouveau pendant 5 secondes, fait un second palier horizontal à une altitude d’environ 8 000 m, pendant 3 secondes.
Jusqu’au premier palier horizontal, la vitesse diminue de façon continue de 748 km/h à 270 km/h. Entre le premier et le deuxième palier horizontal, l’angle des plongées augmente, la vitesse verticale monte à 50 m/s et la vitesse indiquée atteint 450 km/h. Au cours du deuxième palier horizontal, la vitesse descend jusqu’à 300 km/h, ensuite, pendant que l’avion continuait à descendre, la vitesse continuait à baisser pour atteindre 200 km/h. Le troisième palier horizontal, à une altitude d’environ 6 000 m, est de courte durée et a comme conséquence directe un freinage brusque réduisant la vitesse jusqu’à 115 km/h, en dessous de la limite à laquelle l’équipage pouvait contrôler l’avion. À partir de là, la vitesse n’a jamais augmenté jusqu’à l’impact au sol, bien que l’avion continuait à descendre.
L’effet de ces surcharges élevées et alternées sur la structure de l’avion A321 est similaire à celui de coups de marteau sur un morceau de tôle pris dans un étau. Le résultat c’est que des centaines de rivets se rompent et des dizaines de panneaux du fuselage et des ailes sont arrachés de l’avion.
Le moment de l’impact avec le sol est estimé à 06 h 17 (04 h 17 GMT), à 35 km au sud de l’aéroport d’El-Arish dans le nord du Sinaï. Étant donné que les restes de l’avion ont été dispersés sur une superficie de 20 kilomètres carrés, il est supposé qu’il s’est brisé en morceaux dans les airs. Il n’y a eu aucune communication entre l’équipage et les contrôleurs aériens, et le transpondeur n’a pas été branché sur le code d’urgence. L’analyse de la ”voice recorder” (l’une des boîtes noires de l’avion qui enregistre les conversations dans la cabine) n’indique rien d’anormal de la part de l’équipage.
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Quelle que soit la véritable cause qui a conduit au crash du vol A321-231, elle sera décryptée à partir de ses conséquences, à savoir l’évolution chaotique de l’avion qui a conduit à diminuer la vitesse de 748 kilomètres par heure à 115 kilomètres par heure, ainsi que la dislocation de l’avion dans les airs et la chute des pièces sur le sol.
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La dépressurisation de l’avion

Les causes probables peuvent être soit à un quelque chose qui a touché la structure ou les installations de l’avion, soit des causes externes. La première cause invoquée par la presse à la suite de la rupture apparente dans les airs, a été la dépressurisation de l’avion, partant du fait qu’en 2001, lors d’un atterrissage, un Airbus A-321 avait frappé la piste avec l’arrière du fuselage avec un angle d’incidence trop élevé. On suppose que les réparations n’auraient pas été faites aux normes de l’OACI et que le revêtement aluminium de l’avion aurait souffert de corrosion au fil du temps, ce qui aurait conduit à des fissures et causé la dépressurisation de l’avion à l’altitude de croisière de 10 200 m. Seulement, les fissures auraient conduit à une dépressurisation dès 4 000 m, ce qui aurait été signalé par les capteurs à bord. Dans ce cas, l’équipage n’aurait pas pris le risque de poursuivre la montée à 10 200 m avec un avion dépressurisé qui devait ensuite traverser la Méditerranée. Cette hypothèse est très peu probable.
La chaine NBC a cité des sources du Pentagone qui prétendent qu’un satellite militaire US aurait détecté sur le lieu de l’accident et au moment où celui-ci s’est produit, un dégagement de chaleur et de lumière. Si les États-uniens disent la vérité, ce pourrait être l’explosion d’un moteur ou d’un réservoir de carburant ou une collision avec un autre avion, une attaque d’un missile sol-air ou air-air ou une bombe à bord.

L’explosion d’un réservoir de carburant

L’explosion d’un réservoir de carburant est possible, comme cela est arrivé au vol 800 de la compagnie américaine TWA, parce que les réservoirs se trouvent dans les ailes et la queue. Mais dans notre cas, c’est très peu probable. Avec cet avion la consommation de carburant est mesurée par des débitmètres (avec des fils électriques, qui peuvent provoquer des courts-circuits) qui ne sont pas montés dans les réservoirs, mais avec les pompes qui alimentent les moteurs. Même un crash en raison de l’explosion de l’un des deux moteurs est hautement improbable, car, en raison de la vitesse de vol, les rejets des turboréacteurs se produisent derrière l’avion. Et même avec un seul moteur l’avion aurait été capable de se maintenir en l’air, et l’équipage aurait pu signaler l’évènement aux contrôleurs du trafic aériens.

Collision accidentelle avec un autre avion

Une collision accidentelle avec un autre avion commercial est extrêmement rare, puisque les transpondeurs d’avions civils à bord transmettent aux contrôleurs aériens tous les paramètres de vol. Le choc avec un avion militaire est tout aussi peu probable, car celui-ci est équipé d’un radar pour intercepter les autres avions. En outre, l’A321 dispose à bord d’un équipement radar de type TCAS pour éviter les collisions. Si collision il y a, le choc contre un avion sans pilote (drone) est plus probable. La 210ème escadrille de l’armée israélienne, basée à Tel Nof, exploite des drones de type Eitan (Heron TP), fonctionnant avec un turbopropulseur, avec un plafond à presque 14 000 m. Les drones sont plus petits et en matériaux composites, ce qui leur confère une signature radar plus réduite que celle des passagers à bord, et ils n’ont pas de transpondeur. En juillet 2014, à la suite de tirs de roquettes palestiniennes sur la ville d’Eilat, un drone israélien a commencé à surveiller le sud d’Israël à la recherche des membres du groupe islamiste Ansar Bait al-Maqdis, responsables de l’attaque. Le drone les a liquidés dans la péninsule du Sinaï, après avoir pénétré l’espace aérien égyptien. Une collision de l’avion A321 avec un drone israélien est très peu probable, car, pour les missions de surveillance des islamistes, les drones Eitan ne dépassent pas 4 000 m, altitude en dessous de laquelle ils peuvent attaquer avec leurs armes de bord. En outre, la collision aurait laissé une grande partie du drone sur le site de l’accident de l’avion A321. Jusqu’à présent, les enquêteurs n’ont rien trouvé en ce sens.

Attaque par un missile sol-air

Cette hypothèse est basée sur les déclarations des dirigeants de l’EI qui prétendent avoir abattu l’avion russe, en réponse au bombardement de l’aviation russe en Syrie. Les plus faciles à se procurer et à transporter sont les missiles sol-air (MANPADS) qui ne nécessitent pas de suivi radar des cibles, mais sont guidés par l’émission thermique des moteurs. Les autorités égyptiennes ont saisi plusieurs lance-missiles SA-7 Grail venant de Libye. Le 28 janvier 2014, un hélicoptère égyptien Mi-17 a été abattu avec un de ces missiles près de la ville de Sheikh Zuwayed dans le nord du Sinaï. Mais l’A321 ne peut pas avoir été abattu par des MANPADS, étant donné que l’altitude maximale que peuvent atteindre ces missiles est de 5 000-6 000 m.
En revanche, un système de missiles à moyenne portée pourrait abattre l’avion A321, parce que ce système est en dotation dans l’armée égyptienne et aussi dans l’armée israélienne, et que le vol de l’A321 pendant les 15 dernières minutes s’est déroulé à 40 km de la frontière israélo-égyptienne. Seulement cette hypothèse ne peut être retenue, puisque le vol d’un missile aurait été détecté par les deux parties par radar. Et, étant donné que les missiles sol-air utilisent du combustible solide, leur trajectoire est marquée par un nuage blanc dense qui persiste près de 10 minutes. L’Égypte a noté que le 31 octobre, le soleil s’est levé à 06 h 08 et l’impact de l’avion A321 avec le sol a eu lieu à 06 h 17, donc à la lumière du jour. Bien que les États-uniens soutiennent l’existence de chaleur et de lumière, ils n’ont pas observé de trainée caractéristique des missiles sol-air. L’ogive d’un missile sol-air est conçue de telle sorte que les éclats d’explosion, qui se fait avant le contact avec la cible, se dispersent dans des directions formant une sorte de cône. Par conséquent, le fuselage du missile, l’empennage et le moteur restent intacts et devraient être retrouvés parmi les débris de l’A321. Ce qui n’a pas été le cas.

Attaque par un missile air-air

Une théorie conspirationniste affirme que pendant la période allant du 18 octobre au 3 novembre 2015, Israël avait prévu un exercice militaire Blue Flag. Dans cet exercice, qui a eu lieu à la base aérienne située près de la Ovda Eilat, au sud d’Israël, il y avait plus de vingt F-15 C états-uniens et israéliens, des F-16 C/D israéliens, polonais et grecs. Il y avait simulation de combats aériens manœuvriers, attaque de cibles au sol fixes et mobiles, détection et frappe de systèmes de missiles sol-air de moyenne portée et portables. Si elle est théoriquement possible, l’hypothèse que l’avion A321, ait été accidentellement abattu par l’un des avions participant à l’exercice Blue Flag ne tient pas, parce que tous les exercices se terminent par un bilan. Le bilan de cet exercice et le départ des avions étrangers ont eu lieu le 29 octobre 2015.

Prise de contrôle de l’avion de l’extérieur

Une autre hypothèse qui tombe dans le conspirationnisme circule sur Internet et se réfère à la prise de contrôle de l’extérieur de l’avion A321. Cette hypothèse est alimentée par la disparition « radar » de l’avion A321 à 06 h 14, 3 minutes avant qu’il ne percute le sol, qui correspond au début de l’évolution chaotique de l’avion. Étant donné que les contrôleurs aériens civils égyptiens surveillent l’avion, tant que son transpondeur émet, il n’y a pratiquement aucune perte radar, sauf si le transpondeur est débranché ou qu’il émet des données erronées, pour que l’information ne corresponde pas à la position et au code utilisé jusque-là pour le vol KGL 9268, et que l’ordinateur au sol qui gère le trafic refuse de l’identifier comme le vol KGL 9268 et rejette l’information en question. Le mystère s’épaissit encore plus puisque les organes de trafic aérien égyptiens n’ont reçu aucun message vocal d’alerte par radio de la part de l’équipage de l’avion A321. Ce qui pourrait signifier que soit la station de radio de l’avion a été éteinte, ou qu’elle a été brouillée par quelqu’un.
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Dans cet avion, les commandes sont de de type flight by wire, c’est-à-dire que leur transmission depuis le cockpit se fait par l’intermédiaire de circuits électriques. Tout dans le cockpit y est relié ainsi que le transpondeur qui transmet au sol les paramètres de vol de l’avion (vitesse, altitude, direction du vol, montée ou descente). Le pilote automatique est relié au transpondeur et à des capteurs qui capturent les paramètres de vol. Le transpondeur ne fait que transmettre au sol, tandis que le pilote automatique examine et exécute des ordres pour maintenir ou modifier les paramètres selon l’algorithme dicté par un logiciel informatique. Une intervention sur le logiciel du pilote automatique de l’avion A321 par un programme précédemment introduit, ou par émission à partir du sol, ou plus grave, transmis par le transpondeur, pour que l’ordinateur de gestion du trafic à partir du sol refuse d’identifier les données sur la vitesse, l’altitude, la vitesse verticale, la direction, et considère que les données du pilote automatique sont erronées, peut engendrer une manœuvre à laquelle l’équipage ne peut remédier. La technologie permet ce qui a été illustré par le drone furtif états-unien RQ-170 Sentinel, exploité par la CIA et qui a été envoyé, le 4 décembre 2011, en mission d’espionnage dans le nord-est de l’Iran. Il a été brouillé sur ses deux canaux (par satellite et la station au sol) qui le reliait à son pilote US. Les Iraniens ont pris le contrôle à distance du RQ-170 Sentinel, le faisant atterrir en bon état sur un aérodrome militaire iranien près de Kashmar.
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Il y a eu des discussions sur Internet au sujet de l’Unité 8200 de l’armée israélienne, stationnée au Kibboutz Urim, à 80 km au nord-nord-est du site du crash de l’avion. Cette unité d’espionnage SIGINT dispose d’une antenne parabolique pour intercepter le trafic de téléphonie mobile, Internet et radio via un satellite en orbite. L’Unité 8200 peut agir en brouillant les systèmes de communication entre les avions et les points de contrôle au sol, et les systèmes de navigation aérienne utilisés par les ennemis d’Israël.
Personnellement, je crois que l’Unité 8200 peut avoir de telles capacités, mais je pense qu’aucun général israélien ne peut donner un ordre dans ce sens. Parce qu’il finirait par être retrouvé et Israël ferait face à des représailles de l’aviation russe, qui est à seulement 100 km de la frontière israélienne.

Bombe à bord

Je ne crois pas à l’hypothèse d’une bombe à bord que les Britanniques ont essayé d’inculquer, pour plusieurs raisons. La première est que si quelqu’un était capable de tromper le système de sécurité et de placer une bombe dans un avion à l’aéroport de Charm el-Cheikh, ce ne peut pas être un membre de l’ÉI ou de toute autre organisation terroriste, mais un service de renseignement d’un État puissant. Puis, toute bombe nécessite un détonateur. Une horloge est exclue, puisque l’avion A321 peut avoir un retard imprévu et les bagages pourraient exploser dans l’aire des bagages sur la plateforme de Charm el-Cheikh. Un détonateur barométrique réglé pour une pression d’une altitude de 10 000 m, ne pourra pas fonctionner dans la cale qui est pressurisée, mais le pourrait dans la trappe du train d’atterrissage. Mais dans ce cas, l’avion A321 n’aurait jamais atteint 10 000 m, car l’explosion aurait eu lieu immédiatement après le décollage, lorsque le train aurait écrasé la bombe. Une détonation déclenchée par appel sur un téléphone mobile est totalement improbable, car il est nécessaire pour cela qu’il ne soit pas brouillé par les équipements électroniques à bord et que quelqu’un connaisse parfaitement la route suivie par l’avion A321, l’emplacement exact de la verticale du lieu survolé. Il est aussi possible que l’avion soit décalé de 10 km du couloir aérien.


Airbus 321 dans le Sinaï : il ne reste qu’une hypothèse

Valentin Vasilescu démontre ici l’impossibilité de la thèse d’une bombe placée dans l’avion. Après avoir exploré toutes les hypothèses, il n’en reste plus qu’une seule : celle d’une défaillance du logiciel de pilotage automatique. D’où nous pouvons conclure que les imputations du Royaume-Uni et des États-Unis, ainsi que la revendication de l’Émirat islamique sont des intoxications. Le crash de l’avion n’est pas un attentat terroriste. Reste que le problème du pilote automatique peut être aussi bien un accident que l’effet d’un sabotage par un service secret extrêmement spécialisé.
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Les enquêteurs russes ont emmené en Égypte un appareillage complexe pour tester les débris à l’intérieur et l’extérieur de l’avion. Ce matériel permet de détecter et d’identifier les explosifs à base d’aérosol, avec un niveau de sensibilité de 20 nanogrammes. Si dans la solution de test, il apparait des nuances de brun-violet, il s’agit de TNT, s’il se produit un précipité orange, ce serait du Tétryl ou autre explosif du groupe A (TNB, DNT, acide picrique, etc.). Le dispositif russe possède un ensemble de tests séparés pour les explosifs du groupe B. Avec cet ensemble, l’apparition dans la solution de test d’un aspect de couleur rose indiquerait l’utilisation de la dynamite, de la nitroglycérine, RDX, PETN, SEMTEX ou la nitrocellulose. Si les réactions chimiques des tests n’identifient pas d’explosifs dans le groupe A et B, le matériel de test vérifie automatiquement s’il existe des composés contenant des nitrates inorganiques, du chlore, du brome ou du peroxyde, utilisés dans la préparation d’explosifs improvisés (ANFO).
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Le quotidien égyptien Almasry Alyoum a publié une déclaration de l’équipe des enquêteurs sur l’accident de l’avion A321 russe dans la péninsule du Sinaï, affirmant qu’ils n’avaient trouvé aucune trace d’explosifs dans les débris de l’avion ou sur les vêtements et les tissus recueillis auprès des passagers. Donc l’hypothèse véhiculée par les fonctionnaires britanniques selon laquelle le crash de l’avion russe aurait été causé par une bombe à bord, sur la base d’une soi-disant interception de conversation entre dirigeants de l’ÉI, s’avère fausse. L’hypothèse d’une attaque par un missile sol-air ou air-air s’écroule elle aussi, puisque les têtes de missiles contiennent du TNT, substance non détectée par les enquêteurs. Disparait également l’hypothèse de l’explosion d’un moteur parce que les aubes des turbines ont été retrouvés intactes.
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Il en est de même pour l’explosion d’un des réservoirs de carburant, car ils sont situés dans les ailes et une explosion, à droite ou à gauche, aurait détaché l’aile concernée du fuselage. Or les ailes sont tombées entières sur le sol, à quelques mètres de la partie antérieure du fuselage et ont ensuite brûlé, ce qui indique qu’elles n’ont pas été détachées du fuselage et qu’il n’y a eu aucun incendie dans les réservoirs avant le contact avec le sol.
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Donc, le mythe confectionné par la chaîne états-unienne NBC, selon lequel le Pentagone a déclaré qu’un satellite militaire US aurait détecté, sur les lieux et au moment de l’accident, un dégagement de chaleur et de lumière, s’avère être un mensonge. En fin de compte, à ce stade, l’ÉI ou toute autre organisation terroriste se retrouve hors de cause dans l’accident d’Airbus A321 au Sinaï, ce qui, apparemment, dérange les États-uniens et les Britanniques. Pourquoi ?
La dépressurisation dans l’avion reste une des hypothèses, mais seulement comme conséquence des manœuvres chaotiques de l’avion, et non comme une cause en soi. Comme je l’ai souligné dans un article précédent [1], les mouvements répétitifs de tangage avec des surcharges négatives et positives au-delà des limites normales pour un avion de passagers, sont ce qui a conduit à la séparation des panneaux de revêtement, la torsion et la dislocation de certains éléments de résistance dans la structure de l’avion (longeron, lisse, etc.) et rupture de tuyaux hydrauliques fixés sur les panneaux de revêtement. En l’absence de pression hydraulique, l’équipage d’un avion ne peut pas contrôler la profondeur, ni la direction. Le bruit anormal de la cabine, trouvé lors de l’analyse de la boîte noire indique probablement la déshermétisation, suivie de la dislocation des morceaux de l’avion à une altitude d’environ 5 000 - 6 000 m, comme le confirme l’impact des grands fragments de l’avion sur une longueur de plus de 2 km dans le sens du vol.
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Revenons à 06:12:59 dans le déroulement de l’accident en essayant de décrypter chacune des fluctuations des paramètres de vol. Il est essentiel de souligner le fait que l’avion vole à ce moment-là en pilote automatique. Dans un premier temps, nous avons affaire à une descente pendant 3 secondes, avec une perte d’altitude de 150 m, qui a conduit à une surcharge négative 2 g. Cette manœuvre est trop brusque, produisant cette sensation de « poche d’air », pour avoir été commandée par l’équipage.
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La seconde commande est le redressement de l’avion qui grimpe de 800 mètres en 2- à 3 secondes, entrainant des surcharges positives de 5- à 6 g, qui n’existent que pour les avions de chasse lors de combats aériens rapprochés, entrainant une perte de vision du pilote, appelé « voile noir », dans le jargon de l’aéronautique. À mon avis, il est impossible que cette commande provienne de l’équipage, seul un pilote automatique défectueux aurait pu la générer. Si les pilotes avaient été aux commandes, après la première descente brutale, ils auraient récupéré l’avion progressivement, d’abord horizontalement pendant 8 à 10 secondes, pour ensuite entamer une montée en pente pour revenir à l’altitude de croisière.
La troisième commande consiste à passer d’une montée avec un angle de 40- à 50 degrés par rapport à l’horizontale, à un angle de piqué de 20 à 30 degrés avec une surcharge négative de 4 g, et cette manœuvre est impossible à exécuter par un équipage d’un avion de ligne, puisque tout le monde perd conscience, avec l’apparition du « voile rouge ». Les seuls moments où l’équipage auraient pu apparemment intervenir sont aux brefs moments de paliers horizontaux de 5 secondes et 3 secondes interrompus par d’autres développements incontrôlés. Dans un fonctionnement normal, le centre aérodynamique du pilote automatique ne permet pas d’effectuer des manœuvres entrainant des surcharges proches de la rupture des matériaux, quelles que soient les commandes du pilote avec le manche. La cause de ces manœuvres chaotiques ne peut donc être que le mauvais fonctionnement du mécanisme du pilotage automatique.
En dehors d’une défaillance de l’ordinateur du pilote automatique résultant de l’usure du matériau, j’avais expliqué, dans un article précédent, qu’il était possible de prendre de l’extérieur le contrôle de l’avion A321, grâce à une intervention sur le logiciel du pilote automatique, soit avec un programme précédemment introduit, soit par une émission à partir du sol. Par une étrange « coïncidence », dès la première seconde où sont apparues les manœuvres chaotiques, à la fois le transpondeur et la station de radio n’ont plus rien transmis au sol. Le transpondeur aurait indiqué aux contrôleurs aériens les paramètres de vol de l’avion et, par la station de radio à bord, l’équipage aurait pu signaler l’apparition d’un cas d’urgence et aurait décrit le comportement de l’avion.
Ce qui a conduit, à ce moment précis, le dysfonctionnement du pilote automatique, seule la commission d’enquête pourra le déterminer.

mardi 10 novembre 2015

Charlie Hebdo : rira bien qui rira le dernier. Lettre ouverte à la rédaction / Charlie Hebdo: he who laughs last laughs best. Open letter in the editorial staff




JE NE SUIS PAS
 TORCHON 


Source : http://novorossia.today/hebdo-rira-bien-qui-rira-le-dernier-lettre-ouverte-a-la-redaction/

Rira bien qui rira le dernier. Chers satiristes d’Hebdo, ce n’est point une menace. Juste un constat de fait. Vous savez, ces petits constats sympathiques comme vous aimez en faire en invoquant, tels de doctes exorcistes, les mânes de la Révolution : liberté, laïcité, athéisme et … et que sais-je encore. Vous les invoquez, permettez-moi de le dire, à tort et à travers. Sous toutes les sauces. Qu’importe qu’il s’agisse de railler les victimes des explosions dans le métro de Moscou ou la mort d’un petit Syrien échoué sur une plage d’un monde consuméro-addictif marqué du sceau de McDo. Qu’importe qu’il s’agisse de vous payer la tête des Donbassiens, croupissant selon vous dans l’ennui suite à Minsk-2 ou, cette fois-ci, celle des victimes du crash au Sinaï.
Trente ans durant, vous aspiriez à vous dilater la rate en révolutionnant l’humour si bien qu’on en vint à se demander si oui, en effet, l’on puit rire de tout. Le cap du 9/11franchi, vous avez franchi celui de l’entendement. Que nenni, vous n’avez pas touché aux débris fumants du World Trade Center et pourtant ! N’y avait-il pas matière à inspiration pour ces charognards du crayon que vous êtes ? Si vous en avez tiré profit, c’est bien pour vous rire de l’islam en amalgamant vicieusement ses divers courants et déviations, en exhibant le Prophète sous des jours pornographiques comme si l’âge, l’expérience et la décence n’avaient jamais eu raison de vos fantasmes génitaux. Les relents de caniveau qu’exhalent vos caricatures ont été partiellement chassés par l’incendie qui a dévasté vos locaux en 2011. Je n’applaudis pas ses auteurs, loin de là. Restons donc dans le constat de fait. Après tout, une rédaction en train de cramer, c’est aussi banal que des fragments de corps atterrissant sur des têtes de barbus. Pourquoi ne pas en faire un dessin aussi radieux qu’un feu de joie ? Un crâne en lunettes de soleil décorant l’immensité jaune du désert égyptien et songeant, tristounet, aux hilarités loupées de Air Cocaïne, n’est-ce pas aussi commun qu’un caricaturiste abattu à titre vindicatif par les fous d’un certain Dieu dont le nom importe peu ? Si l’on puit se rire impunément des vivants, pourquoi, à plus forte raison, ne pas en faire autant des morts ? Pourquoi pas des vôtres ? Sans oublier une brève légende dans le genre On a enfin trouvé moyen de les licencier!Le rire, n’est-il pas le propre de l’homme, messieurs-dames ? Alors rions bien, à gorge déployée, paraît que ça aide à maigrir !
Surtout, chers cocos,ne vous cachez pas derrière des critiques spirituelles de Poutine, du cléricalisme, d’Assad ou même de Depardieu. Vous n’en avez ni la culture, ni les moyens requis. Viendra un jour où le low cost intellectuel s’avèrera non moins périlleux que le low cost logistique russe et ce n’est pas avec vos torchons que les Français auront à en essuyer les dégâts. Les chrétiens marchent sur les eaux et les petits musulmans coulent, dites-vous ? Viendra un jour où, main dans la main, la chrétienté renaissant de ses cendres et l’islam authentique renverseront ce petit monde pourri jusqu’aux viscères mais insolemment aspergé de Chanel édifié sur les ruines des nations que vous méprisez pour ne pas avoir à vous mépriser vous-mêmes. Peut-être croyez-vous vous rattraper en brossant Hollande en maillot de bain lançant son appel de Président normal aux « noyés et noyées » des derniers mois. Je suis loin de porter M. Hollande dans mon cœur. 80% des Français sont loin de le porter dans leur cœur. Mais là, en l’occurrence, que faites-vous ? D’abord vous dressez le monde musulman contre le monde chrétien à travers le petit Aylan, ensuite vous faites allusion à la culpabilité des peuples occidentaux qui ne seraient pas assez engagés dans l’accueil des migrants. C’est quoi votre plan au juste ? Cependant, comme des langues et des mains bien moins déliées que les vôtres sont bien souvent coupées par la censure républicaine et qu’à vous, Charlie Hebdo, personne ne s’enhardit à faire barrage, force est de supposer que vous n’êtes rien d’autre que les enfants terribles et terriblement gâtés d’une élite de l’ombre qui vous autorise tout et n’importe quoi pourvu que vous ne touchiez pas à la forteresse américaine.
Racistes, il est vrai que vous ne l’êtes pas. Vous êtes aussi mondialistes que ces radicaux islamistes que vous prétendez combattre par vos gribouillis. Votre cruauté est la leur. Il semblerait, de surcroît, que vous ayez les mêmes sponsors ou du moins les mêmes inspirateurs. Quand ils coupent les têtes, vous coupez le peu d’humanité qu’il reste ici-bas. C’était hier. C’était en janvier. J’ai vu des Russes prendre part, parc Gorki, à la marche de commémoration des victimes de la rédaction Hebdo. J’ai vu de simples passants déposer des fleurs devant l’ambassade. J’en ai vu se signer. Aujourd’hui, si le drame se reproduisait, je ne verrais certainement personne. Car vous ne méritez guère toutes ces marques d’humanité. Non, vous n’êtes pas racistes. Vous êtes bien plus que ça. Les nazis avaient à peu près votre humour lorsqu’ils posaient, certains souriants, certains faisant les clowns, devant les gibets qu’ils dressaient. Symboliquement, ne partagez-vous pas leur niveau d’élévation ?
Lorsque la France gratifia vos morts d’un deuil national, elle vit en vous ses enfants qui l’aiment, qui s’inquiètent de son destin dans la mesure de leur talent, dans la mesure d’un humour noir souvent sordide mais décryptable aux yeux des plus indulgents. Or, lorsque vous instrumentalisez les morts de l’Airbus 321 en dénonçant par des voies détournées la politique de Poutine en Syrie, il vous échappe curieusement que chaque bombe larguée sur les multiples sites de l’EI est une balle en moins contre les représentants ingrats de ce microcosme insatiable et suffisant qu’est le vôtre. Une balle en moins contre lesCharlie qui vous soutiennent sans vraiment comprendre, je le crains ou plutôt je l’espère, que chaque trait de votre crayon se nourrit de sang et de larmes. En pensant à ce que vous deviendrez quand le Système qui vous biberonne s’écroulera, il m’arrive de rire jaune. Rions donc ensemble tant qu’on y est. Chacun à sa façon.
Veuillez agréer, chers auteurs de Charlie Hebdo, l’expression de mon profond mépris.
Françoise Compoint.

lundi 9 novembre 2015

Crash de l'avion russe : le vol 9628 ou le désordre dans le ciel et l'Egypte menacée / Crash of the Russian plane: the flight 9628 or the disorder in the sky and threatened Egypt

Source : http://www.dedefensa.org/article/le-vol-9628-ou-le-desordre-dans-le-ciel-et-legypte-menacee


Il y a une semaine, le vol 9628 de la compagnie MetroJet/Kogalymavia, qui transportait 224 passagers et hommes d’équipage tous de nationalité russe, a explosé en plein vol au-dessus du Sinaï. Les débris ont été retrouvés, identifiés, et idem pour les fameuses boîtes noires qui sont en cours de dépouillement ou qui sont entièrement dépouillées. Au départ, il y avait une sorte d’entente générale pour écarter l’hypothèse d’un tir de missile, d’envisager sans réelle conviction l’hypothèse d’une bombe, et de privilégier l’incident mécanique aux conséquences radicales et extraordinaires. Aujourd’hui, c’est la thèse de la bombe à bord qui émerge de plus en plus précisément, avec les Britanniques extrêmement actifs pour toutes sortes de raisons, mais notamment parce qu’il y a 20.000 de leurs nationaux en vacances à Charm El-Sheikh. Les Britanniques ont pris la décision peu ordinaire d’interrompre tous les vols prévus pour le retour normal de ces touristes, qui restent donc sur place, presque dans l’extraordinaire position d’être comme des “otages” ou des “prisonniers” d’on ne sait quoi. (DEBKAFiles, qui, dès le premier jour, a affirmé qu’il s’agissait d’une attaque terroriste, les désigne ce 5 novembre comme : « 20.000 Britons under siege »)
On a là-dessus une toute petite idée du désordre qui accompagne cet évènement, où chacun joue double, sinon triple jeu, tout cela correspondant à la complexité inouïe de la situation au Moyen-Orient, et la complexité à mesure, multiplié géométriquement par les esprits enfiévrés de narrative, des effets imprévus et inattendus des actions des principaux acteurs.
• ... Mais restons-en à DEBKAFiles. Dès le premier jour, le 31 octobre, le site israélien a privilégié la thèse de l’attentat, accréditant de facto le “communiqué” de Daesh du 31 octobre dans l’après-midi, et continuant à insister sur la possibilité qu’il s’agisse d’une attaque par missile. Le 5 novembre encore, dans le texte cité, la possibilité d’une attaque par missile est explicitée par la référence à l’organisation terroriste opérant en Libye Ansar al Sharia, responsable de l’attaque de Benghazi qui coûta la vie à l’ambassadeur des USA. Ansar al Sharia disposerait de missiles de fabrication russe Buk (code-OTAN SA-11), de moyenne portée (entre 5 et 50 kilomètres), venus des arsenaux libyens du temps de Kadhafi. « Ce groupe terroriste ultra-violent a des liens opérationnels très étroits avec le groupe ISIS dans le Sinaï, et il est tout à fait possible qu’il ait transféré ce système de Libye dans le Sinaï... »
D’abord plutôt “satisfait” de cette attaque présentée comme une riposte efficace à l’activité russe en Syrie qui gêne les opérations israéliennes, DEBKAFiles a changé de ton le 5 novembre, pour se faire plus alarmiste pour un certain nombre pays, y compris Israël, ce qui pourrait refléter effectivement le sentiment des sources du renseignement israélien du site, et leur volonté de le faire savoir... « Alors que de plus en plus de gouvernements occidentaux se rapprochent de la thèse que le crash de l’avion russe a été causé par un engin explosif,  les sources contre-terroristes de DEBKAFiles répètent que l’on ne peut pas écarter la thèse d’un tir de missile. L’argument développé mercredi par Washington et Londres selon laquelle les organisations terroristes ne disposent pas de missiles capables d’atteindre et d’abattre de tels avions est simplement incorrecte. La possession par ISIS-Sinaï de systèmes de missiles sol-air avancés met non seulement en danger les avions dans l’espace aérien de la péninsule, mais aussi les avions volant au-dessus du Canal de Suez ainsi que sur des parties de l’Arabie saoudite, de Jordanie et d’Israël. »
• Le même texte considère d’un œil critique l’absence d’initiative de certains pays particulièrement concernés par la situation à Charm-Sinaï, notamment les Britanniques, qui se sont beaucoup agité et ont affirmé dès mardi leurs doutes quant à la possibilité d’un attentat, jusqu’à la décision de suspendre tout vol de ou vers Charm avec des nationaux britanniques à bord, – effectivement comme s’ils craignaient des tirs de missiles. En attendant, observe DEBKAFiles, ils n’ont préparé aucun plan pour les “20.000 vacanciers britanniques assiégés” à Charm El-Cheikh. Conclusion du site israélien : Jusqu’ici, les hésitations, changements de version, refus de commentaire, etc., des principaux pays concernés n’ont qu’un but : « ...gagner du temps pour ne rien faire contre ISIS dans le Sinaï. Ni les USA, ni la Russie, ni la Grande-Bretagne, ne sont prêts à envoyer des forces dans la péninsule pour affronter directement les terroristes. »
Ces commentaires signalent qu’on est en train de passer de la seule affaire de la destruction en vol (accidentelle ou provoquée) d’un charter russe à celle de la sécurité sur le territoire du Sinaï, qui est un point très important d’affrontement avec le terrorisme, en plus des points classiques (Syrie, Irak, Afghanistan). Si on s’est tant attaché aux évolutions et précisions de DEBKAFiles, c’est parce que le site donne une bonne idée, vues ses connexions directes, de l’évolution des évaluations des services de sécurité israéliens. L’on a donc vu l’humeur passer d’une certaine “satisfaction” que la Russie, qui a pris un certain monopole du contrôle du ciel syrien, ressente un contrecoup de cette opération qui frustre les Israéliens en les privant d’une partie importante de leur liberté de manœuvre ; à une inquiétude affirmée pour la sécurité de l’espace aérien de la région (dont celui d’Israël) devant l’activité des groupes terroristes, sans doute équipés, pour certains dontDEBKAFiles, de systèmes d’armes avancés et dévastateurs, hérités soit des aventures catastrophiques des pays du bloc BAO (Libye), soit de l’incroyable tortuosité de la politique US multidirectionnelle et multi-contradictionnelle. Qui plus est, effectivement, l’affaire du vol 9628 montre, une fois de plus, l’impréparation des acteurs militaro-politiques extérieurs devant certaines actions ou certains théâtres de l’action des terroristes, alors qu’ils sont pour la plupart responsables de la constante aggravation de la situation et du renforcement des groupes terroristes toujours pour les mêmes raisons.
• Un autre point de vue est dominé par le facteur de la concurrence entre la Russie et les pays du bloc BAO. Il est exposédans un texte de Justin Raimondo, sur Antiwar.com, qui détaille les hypothèses et les louvoiements, notamment des USA et de UK, vis-à-vis de la version de la destruction du vol 9628. Raimondo cite diverses interventions, interprétations, etc., essentiellement du côté US, pour en arriver à la conclusion  qu’il s’agissait essentiellement de créer continuellement une situation qui soit le moins favorable à la Russie. Pour lui, si la partie USA-UK n’a pas immédiatement évoqué la thèse de l’attentat, c’est pour éviter un mouvement de sympathie de l’opinion publique en faveur des Russes. Il y a eu aussi les diverses théories plus complexes jusqu’aux plus rocambolesques, comme celle d’un “inside job” du FSB (l’attentat organisé par le FSB lui-même, pour obtenir cet effet de sympathie prorusse), qui a été aussitôt soutenue avec enthousiasme par l’exceptionnel sénateur McCain.
« According to numerous news reports, intercepts of “internal communications” of the Islamic State/ISIS group provided evidence that it wasn’t an accident but a terrorist act. Those intercepts must have been available to US and UK government sources early on, yet these same officials said they had no “direct evidence,” as Clapper put it, of terrorist involvement. Why is that? And furthermore: why the general unwillingness of Western governments and media to jump to their usual conclusion when any air disaster occurs, and attribute it to terrorism?
» The answer is simple: they didn’t want to arouse any sympathy for the Russians. Russia, as we all know, is The Enemy – considered even worse, in some circles, than the jihadists.  Indeed, there’s a whole section of opinion-makers devoted to the idea that  we must help Islamist crazies in Syria, including al-Qaeda’s affiliate, known as al-Nusra, precisely in order to stop the Evil Putin from extending Russian influence into the region.
» In a broader sense, the reluctance to acknowledge that this was indeed a terrorist act is rooted in a refusal to acknowledge the commonality of interests that exists between Putin’s Russia and the West. The downing of the Metrojet is just the latest atrocity carried out by the head-choppers against the Russian people: this includes not only the Beslan school massacre, in which over 700 children were taken hostage by Chechen Islamists, but also thefive apartment bombings that took place in 1999. The real extent of Western hostility to Russia, and the unwillingness to realize that Russia has been a major terrorist target, is underscored by the shameful propaganda pushed by the late Alexander Litvinenko, and endorsed by Sen. John McCain, which claims that the bombings were an “inside job” carried out by the Russian FSB – a version of “trutherism” that, if uttered in the US in relation to the 9/11 attacks, is routinely (and rightly) dismissed as sheer crankery. But where the Russians are concerned it’s not only allowable, it’s the default. A particularly egregious example is Russophobic hack Michael D. Weiss, who, days before the downing of the Russian passenger plane, solemnly informed us that Putin was “sending jihadists to join ISIS.” Boy oh boy, talk about ingratitude! »
• D’une façon générale, les Russes restent extrêmement prudents, se retranchant derrière les procédures de l’enquête, dont l’appréciation officielle était jusqu’à ces derniers jours qu’elles peuvent durer plusieurs mois avant de donner leurs conclusions. Il n’empêche que Poutine vient de décider, sur la recommandation du chef du FSB,d’annuler les vols russes vers l’Égypte, sans qu'on sache précisément pour quelle durée ; par mesure de précaution, certes, mais une précaution qui en dit long dans le climat actuel. Même des partisans décidés de la Russie et de Poutine,comme le Saker-US, concluent d’une façon assez nette, après plusieurs jours de silence pour pouvoir mieux mesurer les éléments de cette affaire, que le vol 9628 a été victime d’un attentat. (Mais le Saker-US rejette absolument l’idée d’un missile sol-air, pour favoriser l’hypothèse d’une bombe posée à bord de l’avion, avec la complicité de l’un ou l’autre membre des services de sécurité égyptiens, ou la très mauvaise qualité de ces services en général.)
Quoi qu’il en soit, les Russes sont furieux vis-à-vis des Britanniques, qui disent avoir eu des indices sinon plus de la préparation d’une attaque avant la destruction du vol 9628. Leur argument est évident et ne porte nullement sur la véracité des indications, mais simplement sur ceci : “Si vous aviez des indices, vrais ou faux, pourquoi ne pas nous les avoir communiqués ?” ... La réponse étant sans doute, simplement : “parce que vous êtes Russes”. La question qui se pose à propos de cet incident est de savoir si les Russes protestent pour la forme, pour avancer dans la guerre de communication avec le bloc BAO, ou bien s’ils croient encore qu’il existe une forme ou l’autre de possibilité de coopération sincère entre la Russie et le bloc BAO (ou, dans tous les cas, certains pays du bloc BAO, essentiellement les Anglo-Saxons). Si c’est la deuxième réponse, il faut alors déplorer chez eux un reste de naïveté dont ils devraient se débarrasser au plus vite.
• Mais, incontestablement, le pays le plus touché par l’attentat est l’Égypte, beaucoup plus que la Russie. Il est d’ailleurs raisonnable de penser que l’attitude des Russes, plutôt embarrassés entre leur prudence sinon le déni de certaines indications, et tout de même certaines mesures de précaution, vient pour beaucoup de leur volonté de ménager au maximum l’Égypte, d’éviter de mettre Sissi dans l’embarras en renforçant l’idée que ce pays n’a pas de système de contrôle de sécurité efficace. La Russie a misé gros sur ses relations stratégiques avec l’Égypte d’une part, et d’autre part elle pourrait calculer qu’à l’occasion de cet incident, au cours duquel le couple USA-UK n’a rien fait pour aider l’Égypte bien au contraire, ce pays devrait se rapprocher décisivement de l’axe Russie-Syrie-Iran-Irak dont il est déjà proche.
(Il ne nous semble pas que ce soit un gros risque de la part des Russes de réagir de façon si mesurée. Notre sentiment est que, pour l’opinion publique, la destruction du vol 9628 a plus à voir avec l’attaque terroriste constante dont la Russie est l’objet depuis plus d’une décennie qu’avec la présence russe en Syrie. Le Saker-US nous semble avoir raison lorsqu’il écrit : « As soon as the Russian military operation in Syria began, officials were asked whether this would not dramatically increase the risks of terrorist attacks against Russian.  Their answer was always the same one: “we already are under maximal threat, this does not make it worse“.  This is forgotten in the West, but Russia is still battling a terrorist insurgency in Dagestan.  Wahabi crazies are regularly arrested even in Moscow! » A notre sens, la réaction de l’opinion publique russe pourrait être contraire à celle que certains pourraient attendre : un durcissement vis-à-vis du terrorisme, une assimilation plus complète de l’intervention russe eh Syrie à la lutte contre le terrorisme qu’elle n’était faite jusqu’alors, – plutôt que comme un simple soutien à Assad.)
Finalement et outre de montrer une fois de plus le désordre général de la situation, et des situations au Moyen-Orient, la destruction du vol 9628 devrait surtout avoir pour effet de faire entrer l’Égypte de plain-pied dans le chaudron moyen-oriental autour de la Syrie, beaucoup plus qu’elle ne l’a fait jusqu’ici, avec des risques d’extension du désordre international et multinational au Sinaï lui-même. L’Égypte va être touchée de plein fouet par l’attaque, avec une réduction supplémentaire du tourisme étranger dans le pays qui constitue une grosse source de revenus. D’autre part, l’attaque met clairement en lumière la connexion entre le centre syrien de la crise d’une part, l’extension libyenne d’autre part, en rappelant le rôle que la Libye joue comme pourvoyeuse de désordre dite “de second rideau”, et l’Égypte coincée entre les deux. On y ajouterait même, cerise énorme sur le gâteau, l’Algérie sur l’aile occidentale de la Libye, qui est particulièrement “travaillée” par les divers groupes terroristes, de contrebande, de crime organisé en ce moment où le pouvoir politique se délite rapidement, et qui constitue actuellement la principale préoccupation interne de certains services de renseignement d’un possible embrasement à venir.
Dans ce cadre absolument menaçant, l’Égypte est pratiquement enfermée dans une position où les choix diminuent et où les urgences s’imposent. Notre appréciation est que l’Égypte ne pourra faire autrement que quitter son attitude passive et défensive, qu’elle devra nécessairement passer à l’offensive, éventuellement hors de son territoire strictement dit, sous peine de connaître des remous internes qui pourrait conduire à un basculement total du pays dans l’anarchie. C’est finalement une situation assez générale, lorsqu’on considère les évènements d’une façon intégrée. Le désordre grandit et s’étend à une telle rapidité, et l’incontrôlabilité de la situation à mesure, qu’il n’est plus possible, le plus souvent, de rester sur des positions défensives, selon une stratégie de la forteresse. Nous pensons qu’il va falloir  très vite accepter l’argument, de la part des Russes, que le principal motif de leur intervention en Syrie est bien un effort pour bloquer l’extension du terrorisme vers le Caucase, directement ou indirectement. L’implication de l’Égypte, si elle se fait, devrait avoir des effets collatéraux importants, notamment sur ses relations avec l’Arabie qui est son principal pourvoyeur de fonds, mais qui se trouve elle aussi dans une situation en constante aggravation interne avec notamment une réduction notable de ses revenus pétroliers et surtout avec le conflit avec le Yemen, avec actuellement une situation militaire inquiétante. (Selon les Iraniens, les attaques et incursions yéménites en territoire saoudiens se multiplient.)
Quoi qu’il en soit, si la destruction du vol 9628 est bien un attentat de Daesh contre la Russie pour riposter contre l’intervention russe en Syrie, ce n’est pas une affaire qu’on peut maintenir dans ce strict cadre. C’est une affaire, une crise dans la crise comme d’habitude, dont les conséquences vont largement dépasser ce seul antagonisme Russie-Daesh, et même le seul théâtre conflictuel de la Syrie. Là aussi, le phénomène de la tache d’huile va jouer à fond, contribuant à élargir encore le cercle maléfique du désordre, avec des acteurs qui, de plus en plus, et même ceux qui paraissent les plus raisonnables, n’ont plus rien à perdre dans un engagement de plus en plus décisif ; il ne s’agit certainement pas d’un embourbement comme certains le prévoit en se référant à un cas classique d’une époque disparue, mais au contraire d’un accroissement de la potentialité explosive de l’ensemble qui constitue l’arrière-plan constant de la situation nouvelle.

Mis en ligne le 6 novembre 2015 à 23H50

samedi 7 novembre 2015

Russie - Chine - USA : l'escalade ? / Russia - China - the USA: the escalation ?

L'escalade ?

7 Novembre 2015 , Rédigé par Observatus geopoliticuse
source : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2015/11/moyen-orient-l-escalade.html
L'escalade ?
L'on parle moins de la Syrie depuis quelques jours. Il faut pourtant se méfier de l'eau qui dort... Deux nouvelles, passées à peu près inaperçues, sont potentiellement explosives et susceptibles de provoquer une dangereuse escalade moyen-orientale. Nous n'avons jamais sur ce blog joué la carte du sensationnalisme, qui cadre mal avec l'analyse géopolitique. Pourtant, ce qui est en train de se passer donne des signaux peu rassurants.
La bande saoudo-turco-américaine a décidé d'augmenter les envois d'armement à destination des terroristes "modérés" syriens. Nous nous demandions il y a trois semaines à quoi jouaient les Etats-Unis. Réponse : au pompier-pyromane. Que faisait donc Kerry à Vienne il y a quelques jours ? Plus grave : il est maintenant question de fournir à des "rebelles sélectionnés" (LOL) des armes anti-aériennes, évidemment dirigées contre les avions russes. Quand on sait que les quelques groupes rebelles modérés qui restent encore en Syrie se font piquer leur armement par Al Qaeda ou l'EI, quand ils ne passent carrément pas avec armes et bagages dans les groupes islamistes, cela n'augure rien de bon...
Réponse du berger à la bergère ? Un avion russe a défié l'interdiction de survol du Yémen décrétée par la coalition saoudienne pour se poser sur l'aéroport de Sanaa, la capitale aux mains des rebelles chiites houthis. Officiellement, il est chargé d'aide humanitaire, mais on a vu dans le Donbass et en Syrie ce que peut être l'aide humanitaire russe. Quelques missiles anti-aériens - tiens tiens, les mêmes que ceux que Riyad veut donner aux rebelles syriens - sont si vite cachés parmi les caisses de médicaments... Pour chaque avion russe abattu en Syrie, un avion saoudien abattu au Yémen ?
Aucun des deux camps ne veut désormais reculer et chacun est prêt à répondre du tac au tac. A ce petit jeu dangereux, Poutine a plus d'atouts que ses adversaires, pouvant franchir le Rubicon et armer les Kurdes contre les Turcs ou apporter une véritable aide militaire aux Houthis. Mais les derniers développements ne sont guère pour rassurer, que ce soit au Moyen-Orient ou à l'échelle mondiale. Et ce qui se passe en mer de Chine méridionale ne viendra pas le contredire. Aux dernières nouvelles, un sous-marin chinois a suivi pendant des heures un porte-avion US...
Les trois Grands ont passé la vitesse supérieure, les Etats-Unis pour tenter d'enrayer leur déclin, la Russie et la Chine pour l'accélérer. A Washington, la possibilité certes virtuelle d'une troisième guerre mondiale - contre la Russie ou la Chine, ou les deux - n'est d'ailleurs plus tout à fait taboue.

mercredi 4 novembre 2015

Cop 21 etcaetera .... un article de Philippe Grasset (DeDEfensa) pour remettre de l'ordre dans le caniveau... / Cop 21 etcaetera Philippe Grasset's article ( DeDefensa) to tidy up the gutter/

Bilan de l’anthropocène : la destruction du monde

source : http://www.dedefensa.org/article/bilan-de-lanthropocene-la-destruction-du-monde

Le World Wildlife Fund (WWF) a rendu public mardi 30 septembre son rapport bisannuel, dit Living Planet Index (LPI), qui rend compte d’une évolution encore plus catastrophique que précédemment évaluée des conditions du monde (ce que nous appelons la “crise de destruction du monde”) depuis 1970. Le facteur qui prédomine est le constat du déclin de la population animale sauvage de 52% depuis 1970, et non de 28% comme on l’estimait en 2008 (entre 1970 et 2008). D’autres observations sont intéressantes, comme ce constat que les pays les plus destructeurs en termes de consommation de ressources et de gaspillage rejoignent parfaitement la liste qu’on peut faire des pays complètement acquis au Système, construits sur l’argent et l’exploitation des ressources naturelles selon la seule optique du rapport, destructeurs des principes, etc., – bien sûr, des pays comme les USA, et d’autres comme les pays du Golfe (voir le Qatar)... Le classement établi selon l’indice dit de la Largest ecological footprints, donne le Koweït en tête, suivi par le Qatar, les EAU et les USA.
Russia Today rend compte du rapport du WWF le 30 septembre 2014 : «The world’s wildlife populations, including mammals, birds, reptiles, amphibians and fish, have dropped by more than half in the last 40 years, the World Wildlife Fund’s (WWF) said in its latest report. “Put another way, in less than two human generations, population sizes of vertebrate species have dropped by half,” Director General of WWF International Marco Lambertini said in a statement.[...] “We should feel a strong sense of urgency because we have to really deal with these issues in the next few decades,” Lambertini said. “We are using nature’s gifts as if we had more than just one Earth at our disposal. By taking more from our ecosystems and natural processes than can be replenished, we are jeopardizing our very future.”»
»The report found that Kuwait had the worst record in the past four decades, with the most resources consumed and wasted per head of any country, followed by Qatar and the United Arab Emirates. The US also has a bad track record, with the report noting that “if we lived the lifestyle of a typical resident of the USA, we would need 3.9 planets.” Other countries that left one of the worst ecological footprints included Denmark, Belgium, Trinidad and Tobago, Singapore, Bahrain and Sweden. Some of the poorer countries had better sustainability results, including India, Indonesia and the Democratic Republic of Congo.
»In terms of species, the biggest fall was reported among the populations of freshwater fish, down by 76 percent over the last four decades, the report stated. The loss of natural habitats, excessive hunting and fishing, as well as climate change were some of the main reasons behind the overall decline.
»Also, WWF said that the Earth has crossed three of out the nine identified “planetary boundaries,” which are “potentially catastrophic changes to life as we know it,” including biodiversity, carbon dioxide levels and nitrogen pollution from fertilizers. Another two are currently in danger of being crossed: ocean acidification and phosphorus levels in fresh water. “Given the pace and scale of change, we can no longer exclude the possibility of reaching critical tipping points that could abruptly and irreversibly change living conditions on Earth,” the report said.»
• Ce que met en évidence le rapport du WWF, c’est l’évolution vers une instabilité grandissante des conditions environnementales. Cette instabilité affecte les grands pays eux-mêmes, comme dans le cas rapporté parallèlement et présentant un exemple spécifique de “destruction du monde”, ce même 30 septembre 2014, également sur RT. Il s’agit de nouvelles, évidemment catastrophiques, de l’avancement de la sécheresse qui frappe la Californie depuis trois ans. Cette sécheresse est en connexion, bien entendu, avec la crise écologique sans précédent qui frappe tout le Sud-Ouest des USA (avec la situation spécifique de Las Vegas, dans le Nevada), renforçant de ce fait les déséquilibres internes des USA. La situation est résumée par les détails de circonstances qui deviennent de plus en plus habituels... «A growing number of communities in central and northern California could end up without water in 60 days due to the Golden state’s prolonged drought. [...] In January, Gov. Jerry Brown (D-Calif.) declared a drought state of emergency in preparation for water shortages, in particular during the summer months. The drought has entered its third year, and water restrictions have increased in the state.»
• Le rapport et les données du WWF ont l’avantage d’échapper à la polémique courante, essentiellement celle du global warming, polémique vaine, inutile et épuisée à force de manipulations. (Pour avoir notre précision sur cette question, voir plus bas.) Ils ont l’avantage de nous livrer en vrac ce que nous nommerions “le bilan de l’anthropocène”, c’est-à-dire de ce qui devrait devenir une nouvelle “ère géologique” dans le classement scientifique si la proposition d’une nouvelle identification est acceptée.
(L’ère de l’anthropocène, actant comme son nom l’indique l’action humaine comme un facteur décisif pour les conditions géologiques, indiquerait la période commencée à la fin du XVIIIème siècle, souvent selon la référence symbolique de l’année 1784, qui marque l’introduction de la machine à vapeur au Royaume-Uni. On sait que cet événement, cette datation autant que cette identification, tiennent une place essentielle dans notre propre rangement métahistorique. Le début de l’ère de l’anthropocène est jugé par nous comme la troisième révolution qui, avec la révolution américaniste et la Révolution française, marque ce que nous désignons comme l’événement dudéchaînement de la Matière. On trouve de nombreuses références et analyses sur ce site, sur la question de l’ère de l’anthropocène, – par exemple le 4 novembre 2013 et le 21 novembre 2013, pour prendre deux parmi les plus récentes...)
Pour nous, l’ère de l’anthropocène incluse dans le “déchaînement de la Matière” ouvre la période de l’introduction du processus accéléré de la destruction du monde, notamment avec son opérationnalisation réalisée dans le Système, et précisément par le moyen mécanique du “choix de la thermodynamique” (Le choix du feu, selon Alain Gras) pour le développement technologique (système du technologisme). Cette “destruction du monde” a aujourd’hui une dimension statistique qui apparente cet épisode à la possibilité prospective d’un gigantesque holocauste, par des moyens extrêmement variés, allant de l’économie à la psychologie. Il apparaît évident pour nous que le problème ainsi posé par l’ère de l’anthropocène ne peut en aucune façon être réduit aux questions écologiques ou environnementales comme elles sont souvent évoquées dans le système de la communication et dans les milieux de la gestion de la politique-Système, c’est-à-dire en étant considérées d’une façon très fortement réductrice, voire marginales. Au contraire, ces questions écologiques et environnementales constituent un contexte général fondamental caractérisant les effets absolument destructeur du Système, dans le sens que nous évoquons souvent selon la formule dd&e(déstructuration, dissolution & entropisation). Elles ont un sens métahistorique évident et pèsent sur tous les événements importants depuis qu’elles sont apparues dans le contexte de l’ère de l’anthropocène.
C’est dans ce sens qu’on doit juger à la fois très intéressant et très significatif de retrouver parmi les “pays-tueurs” (du monde) les plus “performants”, dans le sens de l’inversion et de la subversion, quelques-uns de ceux qui sont cités comme les exemples les plus accomplis de la modernité, et même de la postmodernité, qui sont des créations absolument artificielles, sans relation avec l’Histoire, et dont la puissance est fondée sur l’exploitation du monde, sur la spéculation, sur la rapacité, sur l’artificialité la plus complète. De même, on retrouve parmi eux (cas du Qatar et des USA, éventuellement du Koweït) des pays qui sont fondamentalement producteurs de la politique-Système. Le rapport n’est pas fortuit, il est logique et inéluctable. La crise environnementale est de ce point de vue étroitement liée à la crise du Système autant qu’au désordre psychologique du point de vue de la perception et des conceptions qui en résulte dans les populations, au point qu’on peut dire qu’elle est la crise du Système et que tout le reste du désordre et des conditions de tension que nous connaissons lui est directement connecté. Sa dimension politique présente est également indéniable dans la mesure où elle interfère directement dans toutes les crises nées du Système, et qui sont déclenchées pour des causes dynamiques liées au Système, – et opérationnalisées sous la forme de l’affrontement entre la dynamique de surpuissance appliquée pour l’imposition du modèle-Système (libéralisme, marché libre, idéologie des droits de l’homme, etc.) et la résistance antiSystème. La difficulté est aujourd’hui de distinguer les formes que prend cet affrontement, de distinguer ce qui est issu du Système et ce qui est antiSystème, de bien retrouver ces tendances dans des conflits géopolitiques grotesques à force de complexité et de manipulation, et également d’écarter les polémiques et les débats inutiles (au nom de l’inconnaissance)... Cette observation nous conduit au sujet annexe suivant, sur le réchauffement climatique.
• Un dernier point sera par conséquent pour aborder le débat, – selon nous faux-débat par rapport aux capacités de simulacre du Système, – sur le global warming et tout le reste concernant le “changement climatique du aux activités humaines”. Il nous a semblé intéressant, dans le cadre de cette analyse, de rappeler notre position qui est exprimée dans un texte de Philippe Grasset du 18 juillet 2011. Nous la restituons ci-dessous. (La forme du texte qui est une réponse personnelle de PhG à un lecteur, développée dans le cadre de la rubrique Ouverture libre, emploie la première personne du singulier et plutôt le style polémique qui s’y accorde, mais le fond reflète effectivement une position claire sur la question. La référence “Derrida, Deleuze & Cie” concerne l’argument sylmbolique essentiel de l’analyse, le passage cité sur le global warming n'en constituant qu'une partie, – la troisième comme l'indique l'intertitre.)

« 3). Le sexe climatique des anges »

« Le climat ? Parlons du climat, puisque cela se fait et que l’on y est souvent invité.
» La question du climat est pour moi le type même de la connaissance qui enchaîne à l’objet, – un véritable débat deleuzien. Nul n’est sûr de rien, les chiffres abondent, auxquels tout le monde fait dire ce que chacun veut, des forces énormes de pression et d’intoxication liées au Système croisent et recroisent dans le débat à pleine vapeur, et pas moins chez les climatosceptiques (Mobil Exxon et les pétroliers, le groupe Murdoch, les partisans de libre-échange en modeturbo, une très forte majorité des élus républicains US si bien qu’on peut dire que les climatosceptiques ont la majorité au moins à la Chambre des Représentants du Congrès, etc.). La polémique est aussitôt de la partie et, avec elle, dans un tel cadre, la manipulation, et l’on est emporté dans ce piège qui colle comme de la glu, qui est le Système. Le tour est joué, tellement prévisible, – il ne s’agit plus du climat mais du Système, c’est-à-dire du Mal. Voilà pour la connaissance dans ce cas ; si je cédais à descendre dans l’arène, je ne suis sûr que d’une chose, pour mon compte, – je serais enchaîné au Système, broyé, concassé, parce qu’il est infiniment plus surpuissant que moi. Donc, je refuse cette “connaissance”-là de leurs débats sur le climat.
» Cela n’implique en rien ni l’indifférence ni l’ignorance, puisqu’il est question d’inconnaissance. Sur cette question du climat, le savoir me dit ceci… L’effondrement du monde, notamment avec son “eschatologisation”, avec la terrifiante dégradation de l'environnement et la perception du désordre du climat par rapport à notre organisation, avec d’autres multiples phénomènes chaotiques qui commencent par la crise de notre psychologie (le plus grave), l’effondrement du monde n’est pas l'objet d'un débat pour mon compte ; c’est un fait évident de tous les jours, une évidence colossale et écrasante que j’observe de ma position d’inconnaissance, la dévastation du monde qui a tout à voir avec le désordre de la modernité, et rien avec le classement scientifique en degrés centigrades dans un sens ou l'autre, et en pourcentage de responsabilité humaine ou autre. L’évidence, c’est-à-dire la vérité du monde, cela existe pour l’inconnaissance, c’est même ce qui lui permet de s’affirmer comme telle puisque cela fait partie de son savoir.
» Plus encore, vu de mon observatoire d’inconnaissance, j’ai deux remarques à faire. On verra qu’elles n’ont nul besoin de la “connaissance” ni de leurs débats sur la “vérité scientifique”, – laquelle est, au vu de l’histoire réelle, qui ne s’interdit pas de remonter au-delà de la Renaissance, une aventure sacrément impudente qui prend parfois des allures, elle aussi, de simulacre. (“Vérité scientifique”, – doux oxymore, quand tu nous tiens…)
» 1). Le débat se fait d’abord, dans sa rage polémique la plus extrême, autour de l’idée du “réchauffement climatique du aux activités humaines”. Bel exemple de sophisme, que Deleuze ne démentirait pas, – et ils en sont tous coupables, de ce sophisme, des partisans du réchauffement dans ces conditions aux climatosceptiques. Car cet intitulé est faux, archi-faux, une imposture, une inversion comme seul notre Système sait en accoucher… Le Système, justement ; le seul intitulé qui vaille est bien : débat pour ou contre “le réchauffement climatique du aux activités du Système”. La différence est apocalyptique.
» Tout le débat-polémique sur le climat est complètement subverti par cette imposture sémantique. Je suis sûr qu’elle n’a pas été voulue, parce qu’on fait chez les robots beaucoup moins dans le complot qu’on ne croit et que le sens des mots, finalement, on s’en fout ; même les “institutionnels” n’y voient que du feu, de Al Gore (pour) à Mobil Exxon (contre), – sauf qu’ils auraient une mauvaise surprise si le pot aux roses leur était révélé, et qu’on leur annonçait qu’ils débattent, horreur, pour ou contre “le réchauffement climatique du aux activités du Système”. Quant aux purs, ceux qui croient vraiment à la “vérité scientifique” et s’écharpent en son nom, ils ont toute mon affection et toute mon affliction, car ils sont prisonniers de leur “connaissance”.
(Détail “opérationnel” : si j’ai tendance à prendre en compte, sans me battre pour elle, certes, la thèse des pro-“réchauffement climatique…”, c’est d’abord parce que c’est elle qui me rapproche le plus d’une mise en accusation du Système, – et alors qu’elle n’est tout de même pas une monstruosité insupportable par rapport à la “vérité scientifique”, référence immensément vertueuse découverte par le groupe Murdoch autour de 2006, avec la montée médiatique des climatosceptiques. On retrouve la ligne de ma pensée.)
» 2). La chose effective et concrète qui m’importe effectivement dans cette affaire, ce n’est ni le réchauffement, ni le refroidissement, ni le “tout va très bien, misses la marquise”, etc., tous ces jugements à l’emporte-pièce pour le temps présent et dépendant de chiffres, lesquels sont tordus jusqu’à ce tout le monde leur fasse dire ce que chacun veut … La seule chose qui m’importe, c’est le désordre qu’introduit cette prévision ou cette appréciation du dérèglement climatique (voilà une expression plus sérieuse, – quoiqu’il en soit du climat), désordre qui est déjà dans les psychologies. Pas besoin de “connaissance” du sujet pour constater cela, l’intuition fait l’affaire : ce désordre est psychologique et il est déjà là, bien présent, lancinant… Confirmation statistique ? (Les statistiques confirment toujours, des années plus tard, fort pompeusement et à prix élevé, l’invention du fil à couper le beurre.) Voici que 44% des citoyens US croient à la “théorie” du réchauffement climatique, contre 51% en 2009 et 71% en 2007; la même année que celle des 44% (2011), on nous dit que 77% croient à un redoublement des tempêtes, de l’instabilité climatique par rapport aux tendances admises, donc du désordre. Et dès qu’il y a une tempête aujourd’hui, gémissent les climatosceptiques, on l’attribue au “changement/réchauffement climatique du/indu aux activités humaines” ; eh oui, et qui t’a fait roi ? Voilà la deuxième chose très importante de la polémique du climat : le désordre psychologique est parmi nous, quand on mélange la perception du désastre et le “tout va très bien, misses la marquise”.
» Je parle, moi, du Système et pas du climat, car c’est lui, le Système, qui règne et règle tout dans les conditions que je décris par ses caractères (son hermétisme, son monopole de surpuissance), et qui constitue les données essentielles de ma réflexion. Si les climatosceptiques l’“emportaient” (hypothèse farfelue, que j’évoquais dans dde.crisis pour l’image développée, car personne n’emportera rien dans ce débat), cela ne signifierait pas que le climat est conforme à leurs calculs fiévreux mais que l’équilibre au sein du Système a penché vers eux, c’est tout, et cela sans que le Système ne change rien de sa course, et cette modification de fortune de l’équilibre interne grâce aux activités médiatiques notoirement efficaces et vertueuses du groupe Murdoch, au temps de sa splendeur et maintenant. Je ne participe pas à ces débats-là, parce que j’estime qu’une participation serait une marque d’allégeance au Système, donc une victoire du Système sur moi, – outre que ces débats m’abaisseraient considérablement parce que ce sont des débats réglés par le Système, pour poursuivre son simulacre type-Derrida, Deleuze & Cie. De là l’inconnaissance : je n’ai pas besoin de prendre connaissance de ces débats au sein du Système, et de “me situer” (de me compromettre) par rapport à eux, qui n’ont aucune réalité ontologique (Derrida, Deleuze & Cie, entrepreneurs en destruction d’ontologie par définition). Je ne veux pas m’exposer sans défense, dans mon humaine faiblesse dont je ne peux être tout à fait assuré, au piège de la séduction de la fascination du Mal, car c’est bien cela que représente le Système. (Pour écouter les sirènes, rappelle Mattei, Ulysse avait bien pris soin de se faire lier au mat.)… J’ai mes priorités, dont l’essentielle est de résister. Je réserve mon attention à d’autres choses plus importantes, qui dépendent du savoir et de l’intuition haute que privilégie l’inconnaissance, où l’on peut fermement s’appuyer ; et enfin c’est être en dehors, alors que c’est désormais et nécessairement en dehors du Système qui tient le monde dans ses griffes que se trouve la vérité.
» Je veux refuser absolument l’idée d’une substance du Système, lui dénier absolument la moindre essence et le moindre sens, lui opposer, du dehors, hors de portée de sa subversion, une fermeté intraitable, qui le fasse hurler de rage, – et puis, le renvoyer au grand magasin des simulacres, avec ses proches, Derrida, Deleuze & Cie. Cela ne m’empêche pas, inconnaissance et savoir aidant justement, de ne pas ignorer à qui j’ai affaire, et comment... (On peut se reporter à dedefensa.org au jour le jour, ci-dessous.) L’important est d’opposer une frontière à l’imposture. »

Mis en ligne le 1er octobre 2014 à 14H32