dimanche 27 mars 2022

Un mois depuis le début de l’opération spéciale russe en Ukraine

 Publié le mars 26, 2022 par 


Par The Saker – Le 25 mars 2022 – Source The Saker’s Blog

Tout d’abord, voici un résumé traduit automatiquement des événements après un mois d’opérations de combat, tel que posté par Boris Rozhin (alias Col. Cassad) :

  1. L’offensive des troupes russes a perturbé les plans d’offensive de l’AFU contre la DPR et la LPR en utilisant l’artillerie, les systèmes de missiles et l’aviation.
  2. Le 22 janvier, les renseignements russes ont intercepté l’ordre du général Balan sur la nécessité de terminer les préparatifs avant le 28 février, afin que l’AFU puisse passer à l’offensive en mars.
  3. L’opération se déroule conformément au plan. Les principales tâches de la première phase de l’opération ont déjà été accomplies.
  4. La principale priorité reste la préservation des vies civiles. D’où la tactique des frappes de précision sur l’infrastructure militaire et les forces armées de l’ennemi.
  5. Le blocage des grandes villes assure la mise en échec des forces de l’AFU et ne permet pas au commandement ukrainien de transférer des renforts vers le Donbass. L’opération principale se déroule actuellement dans le Donbass. 276 localités ont déjà été libérées dans la DPR et la LPR. 93 % du territoire de la LPR et 54 % du territoire de la DPR ont été libérés. Le groupe qui se défend actuellement à Mariupol compte encore plus de 7 000 personnes.
  6. La suprématie aérienne a été gagnée par les forces aérospatiales russes au cours des deux premiers jours de l’opération. Le système de défense aérienne organisé, l’armée de l’air ukrainienne et la marine ukrainienne ont pratiquement cessé d’exister.
  7. Jusqu’à 70% de tous les stocks militaires de l’Ukraine ont été détruits à la suite d’attaques systématiques sur les entrepôts. 30 installations clés du complexe militaro-industriel de l’Ukraine ont été détruites. 68% des entreprises où l’équipement militaire était réparé ont déjà été détruites. Dans le même temps, depuis le début de l’opération militaire spéciale, l’armée ukrainienne a déjà détruit 127 ponts.
  8. Toutes les réserves organisées des forces armées ukrainiennes ont déjà été mises en service, il n’y en a plus de nouvelles. D’où la mobilisation d’un contingent de personnes non entraînées. Selon le ministère de la Défense de la Fédération de Russie, 6595 mercenaires étrangers combattent en Ukraine.
  9. Pertes totales de l’AFU pendant le mois d’opération. Environ 14 000 tués et environ 16 000 blessés (les pertes totales du groupe AFU dans le Donbass représentent 26% des effectifs). Sur les 2 416 chars et véhicules de combat blindés prêts au combat le 24 février, 1 587 ont été détruits en un mois. 112 avions militaires sur 152 ont été détruits, 75 hélicoptères sur 149, 35 drones Bayraktar TB2 sur 36 ont été détruits. Le ministère de la Défense de la Fédération de Russie répondra rapidement à toute tentative de fermeture de l’espace aérien de l’Ukraine aux forces aérospatiales russes.
  10. Selon le ministère de la Défense de la Fédération de Russie, au moins 10 mines marines ukrainiennes dérivent actuellement de manière incontrôlée dans la mer Noire, constituant une menace pour la navigation.
  11. Le ministère de la Défense de la Fédération de Russie a remis des armes capturées à la DPR et à la LPR. Entre autres, 113 chars et 138 ATGM « Javelin » ont été transférés. Plus de 23 000 demandes ont été reçues de citoyens de 37 États souhaitant combattre pour la DPR et la LPR. Il y a également beaucoup de demandes de ce type de la part de citoyens russes.
  12. Pertes officielles depuis le début de l’intervention. Tués – 1351. Blessés – 3825.

Comme ce qui précède est en grande partie la version officielle de Kremlin, nous pourrons aussi ajouter la carte officielle du Kremlin tant que nous y sommes :

Cette carte très officielle montre les parties de l’Ukraine que la Russie/LDNR contrôle officiellement. Mais elle ne montre pas les parties du territoire ukrainien qui ne sont pas sous le contrôle réel de la Russie/LDNR mais uniquement sont sous leur contrôle balistique. Pour cette raison cette carte est une SOUS-estimation de la réalité sur le terrain.

Pour un rapport détaillé, voir ces deux briefings.

Voici une autre carte qui montre une partie de ce que le Kremlin ne veut pas confirmer :

Mais que signifie vraiment tout cela ?

Je trouve ces cartes modérément utiles, elles nous montrent une tendance générale, mais elles ne racontent pas vraiment toute l’histoire. Quant aux briefings de l’armée russe, ils ne sont pas très utiles car ils énumèrent des chiffres qui n’ont pas vraiment de sens pour la plupart des gens et, pire encore, le même événement X à l’endroit A aurait une signification totalement différente à l’endroit B.

Bien sûr, la Russie a son propre récit officiel : « notre opération est une opération de contre-force, en règle générale nous contournons les villes tenues par les nazis, nous les bloquons, nous ouvrons des couloirs humanitaires lorsque cela est possible et nous offrons aux civils la possibilité d’évacuer et aux soldats ukrainiens celle de déposer les armes et d’éviter des pertes inutiles ». Tout cela est vrai mais il y a beaucoup de non-dits dans ce récit.

Essayons donc de donner un peu de sens à tout cela

D’abord, le bon côté. Il n’a fallu aux Russes que quelques heures pour briser des forces armées ukrainiennes unies en de nombreux petits morceaux. Cela a été réalisé en supprimant essentiellement les capacités de commandement et de contrôle de l’Ukraine.

Puis, assez rapidement, les Russes ont envahi de plusieurs directions, contourné rapidement les défenses ukrainiennes fortifiées, bloqué les unités qui refusaient de se rendre et continué leur progression. En conséquence, des villes comme Kharkov ou Sumy se sont retrouvées tout au fond des arrières russes, sans pouvoir être réapprovisionnées et sans espoir d’évacuation. Dans quelques cas particuliers, l’ordre a été donné de resserrer progressivement l’étau autour des concentrations nazies tout en libérant les quartiers civils, c’est ce qui se passe à Mariupol.

Regardez cette carte toute fraîche d’un correspondant, Konstantin Pegov, à Mariupol.

Désolé pour l’affreux filigrane « War Gonzo », c’est une façon pour Pegov de s’attribuer le mérite.

Donc la zone rouge est sous le contrôle des Russes et de la LDNR. La zone bleue est considérée comme perdue pour les nazis, mais pas encore totalement nettoyée, ce qui signifie qu’une lente opération de nettoyage, immeuble par immeuble, appartement par appartement, doit être menée avant que cette zone ne devienne rouge elle aussi. Enfin, la zone jaune est sous le contrôle du tristement célèbre bataillon nazi « Azov ». Avant de continuer, je dois clarifier une chose.

Il y a trois endroits où les nazis ont décidé de placer leurs meilleures forces avant l’attaque russe :

  • Face à la Ligne de front en LDNR, environ 60-80-100 (?) milliers d’hommes les mieux entraînés, prêts pour une attaque de type Blietzkrieg sur la LDNR. Il s’agit du noyau de combat des forces armées ukrainiennes. Elles sont composées d’un certain nombre de brigades, et dans chaque brigade, il y a un bataillon nazi (en gros) prêt à exécuter toute unité ou commandant prêt à se rendre, à battre en retraite ou même à négocier.
  • Marioupol : une ville totalement pro-russe qui a donc été confiée par le régime de Kiev aux bons soins de la principale force nazie en Ukraine : le bataillon Azov. Veuillez noter qu’officiellement tous les bataillons nazis font partie des forces armées ukrainiennes mais les habitants savent toujours qui est qui, tout comme les Russes. Marioupol est non seulement une ville stratégique, mais aussi un « symbole sacré de l’héroïque résistance ukrainienne ». Plus ou moins ce qu’était l’aéroport de Donetsk lors de la précédente guerre. Et, pour rendre les choses plus difficiles, les nazis sont basés à l’intérieur d’un énorme et très sécurisé complexe industriel appelé « Azovstal ». Il y a un déluge de témoignages selon lesquels les nazis utilisent des civils comme boucliers humains. C’est un véritable enfer nazi qui devra être pris à la dure.
  • Kiev. Un autre cas particulier, non seulement c’est une grande ville de plusieurs millions d’habitants, mais c’est aussi le centre officiel du pouvoir et la capitale du régime nazi. Kiev est très lourdement fortifiée, les ponts sur l’eau ont été détruits, et libérer la ville demanderait un effort considérable, surtout si les Russes essaient de minimiser les pertes civiles et d’éviter de détruire l’infrastructure civile.

Les cartes ne racontent pas vraiment cette histoire, c’est pourquoi elles semblent souvent n’avoir aucun sens. En fait, elles en ont un, mais pour en distinguer le sens réel, il faut se pencher sur le micro-niveau et comprendre comment tous les différents points de la carte interagissent entre eux (ou plus !) et influencent les résultats ailleurs.

Ainsi, ce qui se passe aujourd’hui autour de Marioupol est TRÈS important, mais ce qui se passe à Kharkov, par exemple, n’est rien en comparaison (à moins que vous ne soyez à Kharkov, auquel cas c’est le contraire).

J’aimerais apporter une précision supplémentaire concernant les forces spéciales tchétchènes.

En réalité, il n’y a pas de « forces spéciales tchétchènes », mais un ensemble assez diversifié de forces tchétchènes différentes qui sont toutes sous le commandement de la Garde nationale russe. C’est important, car si ces forces tchétchènes peuvent participer, et ont participé, à des opérations de combat régulières, la tâche vraiment cruciale est le nettoyage des zones urbaines, comme la zone bleue de la carte de Mariupol ci-dessus. Non seulement les Tchétchènes ne sont pas suffisamment armés pour mener des duels d’artillerie ou des combats de chars, mais ils sont également formés aux opérations antiterroristes et policières, comme l’ensemble de la Garde nationale russe. Ces groupes d’assaut urbains tchétchènes sont évidemment en interface avec les forces russes qui bloquent la ville que la Garde nationale est chargée de sécuriser et de policer. Une fois cela fait, l’aide humanitaire peut arriver tandis que ceux qui le souhaitent peuvent être évacués.

Cela a plutôt bien fonctionné.

Mais ce qui n’a pas du tout fonctionné, du moins jusqu’à présent, c’est l’étape suivante : l’installation d’autorités civiles pour restaurer une vie civile plus ou moins décente. Et là, les Russes n’ont vraiment pas agi (jusqu’à aujourd’hui ! voir plus loin).

Voyez la situation du point de vue d’un civil à Kharkov, par exemple. Vous savez que les Russes ont contourné et encerclé la ville. Peut-être que les forces russes sont même passées dans votre partie de la ville et vous ont dit qu’à partir de maintenant vous étiez libre. Mais ensuite ils sont tous partis ! !! Ils sont allés plus loin pour pousser le front encore plus à l’ouest ou au sud, ce qui est leur seule véritable mission. Et quelques heures plus tard, les gangs nazis sont de retour là où vous vivez, et ils se demandent ce que vous pensez et comment vous avez vécu tout cela. Et si les Russes ont partagé quelques rations avec vous, vous avez intérêt à bien les cacher, ou à les manger rapidement et à tout nier sous peine d’être fusillé sur place pour « collaboration avec l’agresseur ».

Alors, qu’est-ce qui a mal tourné ici ?

Je vais vous le dire : dans une guerre « normale », les unités de première ligne sont toujours suivies par des unités de deuxième ligne dont la tâche est de nettoyer et de sécuriser les zones libérées. Et je ne parle pas d’une simple voiture de police en patrouille, mais de BRIGADES et DIVISIONS entières chargées de la sécurité à l’arrière. La vérité est que l’opération spéciale russe n’est PAS une offensive combinée « régulière » et que les rapports de force sont généralement de 1:1, voire pire, en faveur des Ukrainiens.  Pourquoi ?

Parce que, à l’exception de quelques ratés très embarrassants, la Russie n’a pas utilisé de conscrits. Le plan de guerre de la Russie consistait à combattre avec un petit nombre de soldats hautement entraînés et à compenser cette infériorité numérique par une suprématie aérienne totale et l’utilisation d’armes à distance avancées.

Oui, même les Tchétchènes qui se battent actuellement à Marioupol (et certains près de Kiev) sont tous des volontaires, pas des conscrits.

D’ailleurs, il y a eu une première vague de volontaires en Russie aussi, le ministère de la Défense les a beaucoup remerciés mais a refusé de les utiliser.

Comparez cela avec les Ukronazis qui ont maintenant seulement leurs forces armées régulières (armées jusqu’aux dents et entraînées par l’Empire du Mensonge pendant 7 ans !), ils ont aussi les vraies, pures, unités nazies comme les « Azov » à Mariupol, ils ont même leur propre Volkssturm, environ 200 000 civils désemparés, mais tous armés d’armes légères, peut-être quelques mitrailleuses et quelques PRG.

La simple vérité est que le désarmement d’un si grand nombre de personnes va prendre beaucoup de temps, être dangereux et profondément frustrant, même si la menace militaire réelle posée par ces clowns armés est nulle. Ils ne peuvent menacer que des civils non armés.

Au fait, regardez le type d’armes que l’Empire du Mensonge déverse en Ukraine : des armes légères et des munitions, mais aussi des armes antichars à courte portée, des explosifs, des mines, etc. Ce sont toutes des choses qui n’ont pratiquement aucune utilité au niveau macro de cette guerre, mais qui sont idéales lorsqu’on veut créer et armer une force de type insurrectionnel. Je dois expliquer cela un peu plus en détail.

Les forces stay-behind de l’OTAN

Pendant la guerre froide, il était généralement admis que l’OTAN n’aurait pas les moyens d’arrêter l’avancée des forces soviétiques. L’OTAN a donc proposé deux options : l’une est appelée FOFA et implique des attaques non pas sur les FEBA, mais sur les lignes d’approvisionnement soviétiques. Le second concept était celui des « forces en retrait ». Voici ce qui s’est passé : dans de nombreux pays européens, les États-Unis ont utilisé leurs liens étroits avec les services de renseignement locaux pour créer des armées totalement illégales. Bien sûr, pas de « vraies » armées, mais un réseau secret d’agents et de dépôts de matériel destinés à devenir le noyau d’une future résistance à la future invasion soviétique. Au départ, tout cela était très pieux, bien sûr. Mais lorsque les agents de ces mini-armées secrètes ont commencé à se livrer à des attaques sous faux drapeau (comme le massacre de Bologne en Italie), et lorsque les services de sécurité locaux ont eu vent de ces activités étranges, le scandale a été difficile à cacher, et même si les journalistes de l’Empire du Mensonge ont fait tout ce qu’ils pouvaient pour ne PAS découvrir qui avait créé ces organisations terroristes (les États-Unis), le scandale est quand même sorti. Et, bien sûr, la création illégale de telles unités de sabotage a également impliqué une comptabilité très créative, de sorte que des gens ont été emprisonnés pour corruption, stockage illégal d’armes militaires, etc. etc. etc.

En tant qu’analyste du Service suisse de renseignement stratégique (SND), je peux vous dire trois choses sur ce phénomène :

  • Seuls des « fusibles » ont été punis, les vrais personnages clés ont tous été promus.
  • Il y avait un lien direct entre ces mini-armées illégales et les néo-nazis européens.
  • Tout était dirigé par les États-Unis.

Depuis ces jours lointains, tout cela a été enterré, oublié, pardonné, nié, obscurci, déclaré « chose du passé », etc. etc. etc.  Vraiment, rien ne blanchit l’obscurité comme la courte durée d’attention des serfs vivant dans la zone A.

Mais revenons-en maintenant à l’Ukraine. Vous voyez mes trois points ci-dessus ? Je le répète : les personnages clés n’ont jamais été punis, il y avait une idéologie néonazie claire dans ces unités secrètes et les États-Unis dirigeaient tout.

Passons à l’Ukraine d’aujourd’hui avec une question simple : pouvez-vous deviner ce que l’OTAN prévoit pour la future Ukraine ?

Le comportement passé est le meilleur indicateur du comportement futur, n’est-ce pas ?

Les Russes ont-ils fait au moins une erreur de calcul majeure ?

En bref, oui. Une seule, mais c’était une grave erreur…

Je pense que leur principale erreur a été de ne pas mettre en place de nouvelles administrations pour gérer les villes libérées et assurer la loi et l’ordre. Il est clair que les Russes savaient que seule une minorité (bien qu’importante) d’Ukrainiens avait subi un véritable lavage de cerveau par les nazis.  Mais ce que les Russes n’ont pas compris, c’est que les gens qui ont vécus sous 7 ou 8 ans de terreur nazie ont avant tout besoin de protection. Dans la plupart des villes bloquées, les nazis sont toujours aux commandes, et comme les Russes n’attaquent pas l’infrastructure civile, ce sont les nazis qui sont chargés de la nourriture, de l’électricité, de la sécurité, etc.

Et comme lesdits nazis savent que les habitants les détestent, cela signifie que les seules personnes protégées, nourries, chauffées ou soignées sont les nazis eux-mêmes, le reste de la population se cache dans les sous-sols et espère avoir assez d’eau et de chaleur pour survivre jusqu’à ce que la « libération » promise s’applique à eux aussi.

Enfin, AUJOURD’HUI, le Kremlin a annoncé le lancement d’un vaste programme visant à faire venir des administrations entières avec du matériel de réparation, de l’aide humanitaire et, ne nous voilons pas la face, davantage de forces de sécurité. Bien ! Espérons maintenant que les civils russes, leur EMERCOM et la Garde nationale russe finiront par amener les autorités pas trop nazies à se rebaptiser et à bien se comporter (à moins qu’elles n’aient personnellement commis des crimes de guerre, auquel cas tout ce qu’elles obtiendront, c’est un interrogatoire, éventuellement un procès, ou une balle sur le champ).

C’est une autre raison pour laquelle Marioupol est si importante : d’importantes forces de la Garde nationale russe participent à l’éradication des dernières poches de résistance nazies. Mais dès que les zones bleues et jaunes deviendront rouges (cela peut prendre un certain temps, plusieurs jours, voire une semaine), ces forces de la Garde nationale seront disponibles pour dénazifier d’autres villes, plus petites, moins bien fortifiées, et avec des ratios nazis/personnes normales beaucoup plus faibles.

La stratégie choisie par les Russes a-t-elle un sens ?

Seul le temps nous le dira, mais je dirais que oui.

Je dirais que la première phase de cette guerre a duré environ un jour. C’est la phase qui a transformé les forces armées ukrainiennes unitaires en de nombreux groupes isolés incapables de coordonner leurs actions ou de se soutenir mutuellement au combat.

La deuxième phase de la guerre a duré environ 3 semaines. Au cours de cette phase, les fronts ont progressé, les Russes ont remporté quelques succès, mais ce n’était pas l’essentiel. Pendant cette phase de la guerre, les Russes ont obtenu la suprématie aérienne et ont ensuite procédé méthodiquement à deux choses :

  • Des contre-attaques très précises comprenant des frappes sur des positions défensives, des colonnes en mouvement, des frappes de missiles sur les principales concentrations de forces, etc. etc. etc.
  • Une campagne contre-logistique beaucoup moins remarquée mais peut-être encore plus importante.

Les Ukrainiens ont d’abord été tenus au secret. Puis ils ont été isolés en de nombreux petits groupes.  Puis ils ont été bloqués et/ou encerclés. Et maintenant, les Russes attendent essentiellement que les Ukrainiens 1) se rendent ou 2) meurent. Et ceci est important : alors qu’il y a eu de nombreuses attaques et contre-attaques ukrainiennes, aucune d’entre elles n’a eu d’impact tactique, pas même localement.  Et dans les rares cas où les Ukrainiens ont avancé, ils ont été détruits par une combinaison d’artillerie et de soutien aérien rapproché.

Aussi horrible que cela puisse être, l’issue de cette phase dépend de la question suivante : lequel des deux sera épuisé en premier, le ravitaillement des forces ukrainiennes ou l’eau/le chauffage pour les civils piégés ?

Si les réserves ukrainiennes s’épuisent en premier, nous assisterons à un effondrement total du chaudron opérationnel dans le Donbass. Dans ce cas, il faudra une opération humanitaire russe majeure, énorme, pour sauver tous ceux qui sont encore en vie.

Si les civils commencent à mourir en masse, les Russes n’auront d’autre choix que d’utiliser leurs armes lourdes pour tuer un maximum de nazis aussi rapidement que possible, puis d’envoyer des convois de secours.

C’est le dilemme auquel l’état-major russe doit faire face. Je ne les envie pas.

Marioupol est une affaire réglée, vraiment.

Et comme la plupart des zones résidentielles ont été libérées, que les gens sont soignés et évacués, il n’y a pas de pression temporelle pour dégager les nazis, d’autant plus que les nazis sont maintenant essentiellement retranchés dans une zone industrielle spécifique. Cependant, l’opération de nettoyage bâtiment par bâtiment, appartement par appartement doit se poursuivre jusqu’à ce que les Russes soient à peu près sûrs que la plupart des civils ont été retirés de la zone bleue. Après cela, quelques missiles bien placés dans le complexe Azovstal devraient achever les derniers nazis.

À quoi pourrait ressembler la prochaine phase de la guerre ?

Jetez un coup d’œil à cette carte de Readovka (en date d’hier) :

J’ai choisi cette carte car elle montre les « fronts » actuels (les carrés de couleur).

Ce que j’ai ajouté, ce sont les trois zones noires suivantes :

  1. Première zone : l’Ukraine centrale, y compris les grandes villes comme Dnepropetrovsk, Zaporozhie, Poltava ou Cherkassy.  Même Kiev est encore connectée à cette zone (bien qu’à peine).
  2. Zone deux : Le chaudron d’Odessa.
  3. Zone trois : mini-Banderastan ?

Voici le problème, du moins tel que je le vois : les Russes ne peuvent pas s’occuper de ces trois zones noires avant de libérer *vraiment* les parties rouges de la carte. Et par « vraiment », j’entends que ces régions, villes et villages doivent être très largement (mais pas totalement) dénazifiés, qu’une nouvelle administration doit prendre le pouvoir et qu’un semblant de civilisation, de loi et d’ordre doit être restauré.

J’ai également ajouté une ligne rouge partant approximativement de Kiev en direction du sud et une autre, partant approximativement de l’extrémité sud du chaudron d’Odessa en direction générale de Kiev. Je les ai fait se rejoindre à peu près au milieu. C’est purement conceptuel. Bien que je sois sûr que des unités de reconnaissance et des forces aérospatiales russes sont présentes dans cette zone et que les Ukrainiens doivent essayer de se cacher du mieux qu’ils peuvent, il ne s’agit PAS d’un territoire que la Russie contrôle ou même bloque (trop grand pour cela de toute façon).

On pourrait le considérer comme un « no man’s land très disputé », parsemé de zones fortifiées.

Pour ces raisons, je ne vois pas actuellement les Russes engager des forces importantes dans ce mouvement, mais dès qu’Odessa ne sera pas seulement bloquée mais entièrement encerclée et que le chaudron du Donbass s’effondrera, un nouveau chaudron majeur se formera, incluant cette fois toutes les villes que j’ai énumérées ci-dessus.

Conclusion : du temps et de la main d’œuvre

Question : pourquoi les Russes devraient-ils choisir d’aller vite ? Pour sauver les civils dans les villes bloquées/encerclées ? Oui, je suis d’accord avec cela. Sauf que les forces armées russes ne sont pas en Ukraine pour réparer les centrales électriques. Ce qui signifie qu’une augmentation substantielle des effectifs, y compris de nombreux civils, est la seule situation dans laquelle la vitesse pourrait être souhaitable. Comme à Mariiupol aujourd’hui. Ou à Kharkov.

Mais une fois que la zone rouge sera enfin vraiment libérée et que les signes élémentaires de civilisation reviendront, les Russes devraient-ils aller vite ailleurs ? Regardons à nouveau nos trois cercles noirs :

Zone un, Ukraine centrale : les Russes ont une supériorité aérienne totale, les nazis n’ont aucune mobilité, des voies d’approvisionnement ténues, et leurs réserves ont été épuisées par des semaines de bombardement. Je ne vois pas la nécessité pour les Russes de se précipiter dans cette zone, de peur qu’elle ne devienne le problème que les Russes ont DÉJÀ rencontré dans leurs zones de « libération » putative, des dizaines de civils morts, et des pertes substantielles. Car quelle que soit la taille et la population de cette zone, elle n’a pas d’avenir, elle sera encerclée comme toutes les autres parties de l’Ukraine pendant la première phase de l’opération. Cela signifie également qu’une solution politique serait INFINIMENT préférable à un assaut dur des villes comme lors de la première guerre de Tchétchénie.

Zone 2, Odessa : même chose, Odessa est presque totalement bloquée et tôt ou tard, la ville sera encerclée. Il est, hélas, fort possible que la ville doive être prise comme Marioupol, en raison des mêmes « ingrédients » : une ville généralement pro-russe dirigée par des voyous nazis dont le règne de la terreur empire de jour en jour. J’espère et je prie pour que la ville se rende, mais je ne retiens pas mon souffle et SI elle doit être prise comme Marioupol, alors, encore une fois, par tous les moyens, les Russes devraient y aller le plus lentement possible.

Zone 3, mini-Banderastan : la Russie en a-t-elle vraiment besoin ? Certains disent que la seule solution est d’aligner les chars russes le long de la frontière polonaise. D’autres disent qu’il faut laisser tomber, laisser les nazis locaux créer leur Russenrein Banderastan et s’amuser. Ce mini-Banderastan serait supervisé par un Gauleiter nazi (polonais ou ukrainien – même différence) au nom de l’Heimat américain et de ses Eurocolonies. Ce n’est vraiment pas grave, car l’ensemble de l’UE a maintenant été transformé en un Reichsgau nazi administré par les Anglos, et c’est là le véritable danger pour la Russie.

L’Empire du mensonge interviendra-t-il dans le mini-Banderastan ?

Oui, absolument. La question est de savoir COMMENT. Les options vont d’une invasion polonaise de la région de Lvov (qui, après tout, est historiquement polonaise !) à l’utilisation de ce mini-Bandérastan comme les États-Unis ont utilisé le Pakistan pendant l’occupation soviétique de l’Afghanistan. En théorie, un accord pourrait même être conclu entre les États-Unis et la Russie : les États-Unis prennent le mini-Bandérastan, l’Ukraine centrale n’est pas envahie, mais elle est désarmée et dénazifiée de manière vérifiable, elle devient neutre et est mise à l’épreuve : « Tiens-toi bien ou Iskander ». La région d’Odessa rejoint la LDNR (désormais très étendue), toute la côte de la mer Noire est libérée (*vraiment* libérée) et la LDNR décide alors de son avenir par référendum.

Aparté

à ceux qui disent qu’il est impossible de désarmer qui que ce soit de manière vérifiable, je répondrai que c’est de la foutaise : il existe de nombreuses mesures de vérification et de renforcement de la confiance, y compris des mesures à distance et des mesures intrusives locales. Si l’Ukraine centrale, avec ou sans le mini-Bandérastan, devient désarmée, ce ne sera pas un défi pour les Russes de savoir ce qui s’y passe. Comme je l’ai mentionné, une option serait de construire une base militaire spéciale pour empêcher le mini-Banderastan d’infecter le reste de l’Ukraine. Quelque chose comme ce que fait actuellement la 201e base russe au Tadjikistan.

Mais je dois admettre que lorsque j’entends le verbiage de la zone A, je ne retiens pas mon souffle. Pour les Polonais, il s’agit d’une occasion historique de montrer leurs incroyables prouesses militaires, d’obtenir des terres, une main-d’œuvre bon marché et la possibilité de prétendre être un « leader européen ». Et à quel point le reste de l’Europe est différent ? Meh… Comme nous disons en russe, « ces gens ont tous été oints avec la même huile (nazie) ». Donc, ce ne sont pas les Polonais stupides et, franchement, ridicules que les Russes doivent « convaincre », c’est toute l’OTAN et les USA.

J’espère me tromper, mais je ne vois pas d’autre argument que la Russie pourrait utiliser pour « convaincre » nos merveilleux voisins européens qu’un Iskander à l’intérieur d’un État membre de l’OTAN (je vote pour la Pologne !) et/ou une déconnexion totale de tout approvisionnement énergétique russe.

Poutine a déjà fait la deuxième chose, mais de manière élégante : en imposant des paiements en roubles, il oblige chaque pays d’Europe à faire son propre choix.  Et ceux qui paieront en roubles, contournant ainsi LEURS PROPRES sanctions, ne se porteront pas volontaires pour attaquer la Russie ou l’Ukraine.

Ce qui laisse ceux qui ne le feront pas. Ce sont ceux qui sont si complètement fous qu’ils préfèrent voir leur propre population et leur économie souffrir de conséquences cataclysmiques plutôt que de négocier *quelque chose* avec le Mordor qu’est Poutine. Ce sont eux qui pourraient avoir besoin d’un « petit argument supplémentaire », peut-être sous la forme d’un missile hypersonique.

Je ne suggère pas de bombarder Mons ou Londres, ni même Varsovie ou une importante base militaire polonaise. Mais quelque chose qui ait une réelle valeur pour les Polonais et qui fasse un minimum de victimes. Idéalement, un endroit « bien protégé » par les défenses aériennes américaines (comme les raffineries saoudiennes, vous vous souvenez ?). Il suffit d’UN seul Iskander au bon endroit pour que nos voisins occidentaux modèrent leur verbiage, et de beaucoup.

A propos

saviez-vous qu’après l’attaque russe contre les « volontaires » et les « soldats de la paix » de l’OTAN dans l’est de l’Ukraine, il y a maintenant un reflux de mercenaires. Il me semble que les mercenaires de la zone A ont reçu un message clair de la Russie et qu’ils fuient maintenant pour sauver leur vie. Bien !

Et voici le point clé : l’« argument convaincant » ne sera pas l’atterrissage d’un missile russe en Pologne, non.

Le véritable « argument » qui pourrait les ramener à la réalité est la réaction de l’OTAN APRÈS cette frappe : beaucoup d’air chaud, de menaces, de protestations et de divers mouvements de troupes (comme cette hilarante force de réaction rapide de l’UE de 5 000 soldats) et bien plus encore, mais pas un seul soldat anglophone ou de l’UE ne prendra part à une guerre contre la Russie ! Pourquoi ?

Parce que l’OTAN n’a que deux options :

  • Perdre une guerre contre la Russie
  • Ne pas faire cette guerre

Laquelle pensez-vous que « Biden », Johnson ou Macron vont choisir ?

Petit rappel

 » Biden  » gère déjà des crises majeures avec la RPC, avec l’Iran, avec l’Arabie Saoudite, sans parler de l’énorme crise économique qui guette la planète entière !

Voyez-vous ces dirigeants de la « civilisation indispensable » se lancer dans une guerre contre les Russes ?  S’ils le font, Mons sera la prochaine cible, et ils le savent.

Ce qui nous laisse avec les agents démoniaques réels, vrais, de bonne foi, certifiés, qui sont prêts à tout, y compris au 11 septembre ou au MH-17, pour essayer d’« annuler la Russie ». En ce moment, ce chœur démoniaque chante la même chanson : La Russie est sur le point de commettre une attaque chimique contre des civils ukrainiens innocents.

Est-ce que ça va marcher ?

Bien sûr que oui !

Après Gouta, Skripal, MH-17 et Navalnyi, nous savons avec certitude que la plupart des habitants de la zone A sont ce qu’on appelle des mangeurs de merde (comemierdas) en espagnol : des gens qui, comme des poussins dans un nid, ne peuvent pas attendre que maman et papa les nourrissent en vomissant de la « nourriture » dans leurs bouches grandes ouvertes. Et peu importe que, contrairement aux États-Unis, la Russie ait détruit de manière vérifiable toutes ses armes chimiques (comme l’a fait la Syrie !), et peu importe qu’une atrocité aussi stupide ne serve AUCUN intérêt russe (mais l’idiotie évidente du récit du vol MH-17 n’a pas empêché non plus les mangeurs de merde de tout manger, et même d’en redemander !)

En ce moment, l’Empire du Mensonge fait du bruit : SI la Russie utilise des munitions chimiques, ALORS nous ferons quelque chose de totalement terrible à la Russie, comme envoyer les Polaks à Lvov sous la couverture aérienne de l’OTAN pour « sauver les quelques survivants restants » ou quoi que ce soit d’aussi stupide.

À moins que vous n’ayez vécu dans une grotte, ou que vous ne puissiez utiliser qu’une seule synapse à la fois, vous devez au moins savoir que ce qui suit est vrai :

  • Il n’y a pas de limite à la méchanceté, la dépravation et au côté démoniaque des dirigeants de l’Empire du Mensonge.
  • Il n’y a pas de limite à l’ignorance, à la stupidité, à la crédulité et au racisme d’une partie très importante de la population de la zone A.

Et puis il y a la vue d’ensemble, celle qui compte vraiment :

  • L’Empire du Mensonge pense que c’est sa toute dernière chance de survivre, ils savent que si les Russes, les Chinois, l’Iran et, vraiment, la plupart de la planète l’emportent, ils sont finis pour toujours. Cette hypothèse est correcte.
  • Le but de l’Empire du Mensonge est d’annuler la Russie. Complètement. Il s’agit d’un véritable plan génocidaire rendu plus fort par la conviction des dirigeants de cet Empire que c’est la seule et dernière chance de trouver enfin une « Solution finale » au « problème russe ».
  • La réaction de l’Occident (l’« annulation » totale, terminale et génocidaire de tout ce qui est russe) a stupéfié la plupart des Russes qui savaient qu’il n’y avait pas d’amour perdu entre la Russie et l’Occident, mais qui ont été stupéfaits d’être désignés pour un anéantissement total. C’est quelque chose que 1) tous les Russes connaissent intimement et 2) sont maintenant pleinement conscients.

C’est pourquoi j’ai écrit hier que la Russie est en PLEIN MODE DEUXIÈME GUERRE MONDIALE.

C’est le genre de vidéo musicale qui est maintenant très populaire sur les médias sociaux russes :

Bravo les dirigeants occidentaux, vous avez ENFIN convaincu une majorité de Russes que votre haine pour nous est totale, que peu importe la laideur, la mesquinerie et l’inutilité de vos actions, vous êtes tellement submergés par la haine pour nous que même vos serfs s’engagent VOLONTAIREMENT dans de nombreux actes de racisme, de discrimination et autres expressions de haine anti-russes.

Cette haine anti-russe est si répandue, que maintenant exprimer sa haine de la Russie et des Russes est devenu un signe de vertu ! Même pour les musiciens, les athlètes, les étudiants et même les enfants des écoles primaires (je connais personnellement des cas).

Et, devinez quoi ? Nous avons entendu et compris. Des millions et des millions d’entre nous.

Notre plus grand échec a toujours été notre incapacité à imaginer le niveau de haine de notre ennemi.

Oh, nous savions que les 3B+PU [3 pays baltes, Pologne et Ukraine, NdT] fondent toute leur identité et leur histoire (imaginaire) sur la haine de tout et de n’importe quoi étant russe. Bien sûr, nous savions que les 3B+PU étaient tous des créations artificielles de l’Occident, mais nous supposions que cette folie haineuse était limitée à quelques petits pays bizarres, mais que la plupart des Européens « normaux » n’étaient pas du tout comme ça. Oh non ! Les Européens sont civilisés et détestent les nazis, n’est-ce pas ?  N’EST-CE PAS ?

Et c’était stupide de notre part : comment l’Occident pourrait-il être différent des 3B+PU quand ce même Occident est celui qui a créé les 3B+PU en premier lieu !

Ensuite, pendant 300 ans environ, nous avons été dirigés par une classe massivement occidentalisée. Et après 1917, une classe massivement occidentalisée en a remplacé une autre. La Seconde Guerre mondiale nous a ouvert les yeux dans une certaine mesure, mais au moment où Khrouchtchev et sa bande sont arrivés au pouvoir, l’Occident écrasait progressivement le PCUS sur le plan idéologique et, en particulier, la Nomenklatura soviétique qui, je dirais, s’est vendue à l’Occident, en tant que classe entière, entre 1980 et 1991, puis cette même Nomenklatura s’est rebaptisée et le cauchemar des années 1990 a commencé.

Et dans les années 90 « démocratiques », la plupart des jeunes russes ne voulaient que des jeans et des hamburgers. Mais même cette Russie exsangue, appauvrie et confuse était une menace. Les États-Unis ont donc ordonné que le Parlement russe soit bombardé par des chars et que des milliers de personnes soient assassinées dans les jours qui ont suivi. Puis vint la guerre de Tchétchénie, et l’attaque satanique contre la nation serbe. Et la plupart d’entre nous somnolaient encore, espérant un bon salaire en dollars et de nombreuses vacances en Antalia.

Et puis est arrivé Poutine, qui non seulement a fait beaucoup de choses, mais a parlé au peuple russe, souvent pendant des heures d’affilée, convaincant, convaincant et convaincant.

Mais même Poutine, les souverainistes eurasiens et les 6e colonnes n’ont pas réussi à faire ce que l’Empire du mensonge a finalement fait : raviver véritablement et profondément le souvenir de la Seconde Guerre mondiale, même parmi les jeunes Russes. Maintenant, au lieu de porter des jeans, ils veulent aller au front !

J’appellerais cela un « moment Hezbollah ».

Et maintenant, nous ne nous rendrons jamais, surtout pas à une bande de cochons nazis et de croisés !

Donc ce n’est pas l’Ukraine que nous prévoyons de dénazifier. C’est la planète.

L’Empire du Mensonge n’a laissé absolument aucun choix à la Russie.

Pendant huit années terribles, la Russie a dû battre en retraite sur tous les fronts parce que nous avions besoin de développer la « boîte à outils » militaire et industrielle pour vous affronter frontalement.

Maintenant, nous l’avons fait.

Et, contrairement à vous, nous sommes tout à fait prêts à mourir, si nécessaire, pour défendre nos valeurs civilisationnelles, nos croyances et notre pays.

Êtes-vous prêts à mourir pour votre liberté, votre diversité et Satan ?

Je suppose que nous le saurons bientôt.

Andrei

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

Source  : https://lesakerfrancophone.fr/un-mois-depuis-le-debut-de-loperation-speciale-russe-en-ukraine

Ukrisis, crise civilisationnelle

 

• Plusieurs nouvelles et interventions éparses confirment l’ampleur planétaire et eschatologique de Ukrisis. • On peut parler d’une rupture complète de notre civilisation. • Ainsi, une intervention de Poutine comparant le comportement du bloc-BAO à celui des Nazis. • Un comportement de Biden, extraordinaire occurrence d’un vieillard sénile mis dans la position qu’il occupe. • Jusqu’à la possible exposition de la corruption du fils de Joe dans le développement des ‘biolabs’ découverts en Ukraine par les Russes. • Jusqu’à la fin de la globalisation.

Traduisez “cancel” par “néantir”

Une intervention de Poutine, vendredi, lors d’une télé-rencontre avec des récipiendaires de distinctions artistiques et littéraires russes, a symbolisé l’intensité existentielle de l’affrontement en cours à l’occasion de Ukrisis. Le terme principal employé par le président russe est la traduction de la ‘Cancel Culture’ caractérisant le wokenisme, et désormais pour lui, la politique du bloc-BAO contre la Russie. Pour marquer l’intensité du propos, et par conséquent l’intensité paroxystique de l’affrontement du point de vue russe, il serait préférable d’employer le terme “néantir”, notamment employé par George Steiner pour qualifier l’action des Nazis contre les Juifs.

« Du verbe “néantir”, “concevoir comme non-être”. A la différence d’“anéantir”, pour “réduire à rien”, c’est-à-dire “réduire à un non-être”, ce qui suppose qu’il y eut “être” avant que la chose ne devienne “non-être”. Dans ce cas, le “néantissement” de l’Histoire suppose que l’on juge que l’Histoire, non seulement n’existe plus, mais n’existe pas dans le sens où elle n’exista jamais. »

... Néanmoins, nous conservons le terme ‘to cancel’ puisqu’il l’est effectivement. Il n’empêche, les précisions apportées plus haut montre combien désormais Poutine ne manque aucune occasion d’affirmer que la bataille engagée est “existentielle” et a pour enjeu le “néantissement”, rejoignant l’attaque des Nazis contre les Juifs. C’est là tout l’état d’esprit des Russes, comme l’expliquait Alastair Crooke, qui signalait la correspondance entre la ‘Cancel Culture’ du wokenisme et la campagne de dé-russification menée en Occident. Cela doit nous conduire à la réalisation que nous ne sommes plus dans un épisode “normal” d’un conflit, même à potentialité nucléaire. Il s’agit d’une bataille “existentielle” dont la possibilité du nucléaire est un composant et non l’enjeu ultime.

Dans cet entretien, effectivement, Poutine interprète la ‘Cancel Culture’ comme une “arme de néantissement”, notamment contre la culture russe  en réponse à l’invasion russe de l’Ukraine. Il compare cette action aux autodafés des Nazis dans les années 1930.

« “Aujourd’hui, ils essaient d’“annuler” l’ensemble de notre pays millénaire, de notre peuple”, dit Poutine. Il dénonce “la discrimination croissante de tout ce qui est lié à la Russie” dans certains pays occidentaux. “Ce processus est toléré et parfois encouragé par les élites dirigeantes occidentales”.

» “La soi-disant “culture de l’annulation” [‘Cancel Culture’] s’est transformée en “annulation de la culture”. Tchaïkovski, Chostakovitch et Rachmaninov sont “effacés” des programmes de concert. Les écrivains russes et leurs livres sont également interdits. Une telle campagne massive de destruction de la littérature indésirable a été menée la dernière fois par les nazis en Allemagne, il y a près de 90 ans.

“Nous nous en souvenons très bien grâce aux images de livres brûlés sur les places des villes. Il est impossible d'imaginer de telles choses dans notre pays”. »

Biden, père & fils

Comme interlocuteur de Poutine, lequel est selon lui “tueur” et “criminel de guerre” à la fois, nous avons le président Joe Biden, – et même, dirions-nous, toute la famille Biden, Joe et Hunter. Il est vrai qu’un régime qui accouche d’un tel président et d’une telle ‘First Familly’ a de quoi convaincre les plus rétifs : les démocratie, c’est vraiment “une affaire qui marche”

Voyons donc les deux joyaux de la famille, Joe et Hunter.

• Joe d’abord, à tout seigneur tout honneur, qui est en visite en Pologne, d’où il pourrait bien nous annoncer des choses terribles. En attendant, il rencontre les héroïques GI’s qui se tiennent prêts à défendre l’héroïque Pologne face aux hordes que l’on sait. Il déjeunait donc hier, Joe, avec les paras de la fameuse 82ème Aéroportée, qui sauta sur Sainte-Mère-l’Église le 6 juin 1944, puis en Hollande pour l’opération ‘Market Garden’ en septembre 1944, puis dans les Ardennes en décembre 1944...

Hier matin, Biden avait été instruit de diverses occurrences ukrainiennes par un entourage de choix, notamment une ou des photos(s) montrant une ou des mère(s) de famille devant des chars ; cela éveillant dans sa mémoire les images de Tien An-men et l’amenant composer l’expression de “Tien An-men au carré”... Durant la conversation avec les soldats US, Biden eut cette phrase, assez mâchouillée et prêtant avec générosité à confusion :

« Vous allez voir quand vous serez là-bas... certains d’entre vous y ont déjà été. Vous verrez des femmes, des jeunes gens debout au milieu, se tenant devant un foutu char d’assaut, et disant “Je ne pars pas, je tiens bon”. »

Comme certains éléments de la 82ème avaient déjà été en Ukraine pour entraîner les forces ukrainiennes à maintenir une Pax Americana si délicate à protéger, on prit donc la phrase au premier degré, comme venant d’une conscience claire qui nous annonçait effectivement une incursion prochaine de la 82ème en Ukraine. Il y eut quelques instants de panique, puis un démenti à Washington, selon lequel la position du président n’avait pas varié... On attend la suite.

On a là une fois de plus, et de plus en plus, et toujours très délicat dans de telles situations, l’inconvénient extrêmement lourd d’avoir un chef d’État dans l’état de santé le plus pitoyable qu’ait jamais connu un président, après celui de Woodrow Wilson, très handicapé et en partie paralysé après une attaque cardiaque en 1919-1920, jusqu’à la fin de son mandat.

• Passons au cas de Hunter, fils de Joe, dans une affaire sordide de corruption qui a pourtant un rapport direct avec la situation en Ukraine, la “guerre de la communication”, les mensonges et narrative, etc... Pour commencer cet autre aspect des tribulations de la famille Biden dans les paysages tourmentés d’Ukrisis, on citera Lucas Leiroz, chercheur en sciences sociales à l'Université fédérale rurale de Rio de Janeiro et consultant en géopolitique. On s’arrête ici au ‘chapô’ de son analyse générale de l’affaire ‘biolabs’-Hunter Biden, ce texte d’introduction la plaçant dans le cadre général de Ukrisis qui nous intéresse :

« Alors que Washington refuse de donner des réponses aux questions concernant les éventuelles recherche en matière d’armes biologiques dans des laboratoires clandestins en Ukraine, d’autres faits sont révélés, qui mettent en évidence non seulement une conduite inappropriée de la part du gouvernement américain, mais aussi de la famille Biden elle-même. Hunter Biden, fils du président américain, dont il est prouvé qu'il est impliqué dans plusieurs systèmes de corruption en Ukraine, est maintenant soupçonné d’être l'un des principaux financiers des laboratoires américains sur le sol ukrainien. Ce soupçon a déjà de fortes répercussions internationales, Moscou exigeant une réponse immédiate de Washington. Avec cette situation, l'administration Biden se rapproche une fois de plus d'une crise de légitimité. »

Pour le reste, c’est-à-dire le détail, il y a effectivement quelque chose de fondamentalement nouveau qui remet sous une lumière extrêmement crue et suspecte les activités de Hunter Biden, avec éclaboussures vers son père. Il s’agit de révélations faites par le ‘Daily Mail’ britannique à partir de courriels obtenus officieusement, sortis de l’ordinateur portable de Hunter Biden, égaré par le fiston, finalement retrouvé par le FBI, mais depuis laissé dans le non-interventionnisme le plus complet pour ne gêner ni le fiston ni son père. Et puis, attristante circonstance, un inconnu mal intentionné ‘fuite’ des documents vers le ‘Daily Mail’...

« EXCLUSIF : Hunter Biden a aidé à obtenir des millions de dollars de financement pour un entrepreneur américain en Ukraine spécialisé dans la recherche d'agents pathogènes mortels, selon des courriels envoyés par ordinateur portable, ce qui soulève de nouvelles questions sur le fils de mauvaise réputation de l’ancien vice-président.

≠ Le gouvernement russe a tenu une conférence de presse jeudi, affirmant que Hunter Biden avait aidé à financer un programme de recherche militaire américain sur les “armes biologiques” en Ukraine.

≠ Ces allégations ont toutefois été qualifiées de stratagème de propagande éhonté visant à justifier l'invasion de l’Ukraine par le président Vladimir Poutine et à semer la discorde aux États-Unis.

≠ Mais les courriels et la correspondance obtenus par le DailyMail.com sur l’ordinateur portable abandonné de Hunter montrent que les allégations pourraient bien être vraies.

≠ Les courriels montrent que Hunter a aidé à obtenir des millions de dollars de financement pour Metabiota, un entrepreneur du ministère de la Défense spécialisé dans la recherche sur les maladies à l'origine de pandémies.

≠ Il a également présenté Metabiota à une entreprise gazière ukrainienne prétendument corrompue, Burisma, pour un “projet scientifique” impliquant des laboratoires de haute sécurité biologique en Ukraine.

≠  Le fils du président et ses collègues ont investi 500 000 dollars dans Metabiota par l'intermédiaire de leur société Rosemont Seneca Technology Partners.

≠ Ils ont levé plusieurs millions de dollars de fonds pour la société auprès de géants de l'investissement, dont Goldman Sachs. »

La drôlerie de cet épisode, c’est bien entendu que toute la presseSystème avait effectivement qualifié d’“immonde propagande russe” toutes les allégations et questions des Russes sur ces ‘biolabs’, – y compris, ironie de la drôlerie, le ‘Daily Mail’ lui-même... Cette remarque, de RT.com, vraiment d’une incroyable et insupportable impudence :

« Cependant, certains médias occidentaux avaient rejeté ces allégations, les qualifiant de propagande russe destinée à justifier l'invasion de l'Ukraine par Moscou. Dans de nombreux cas, les allégations ont été balayées d’un revers de main ou ridiculisées, sans même être prises suffisamment au sérieux pour que le gouvernement américain y réponde. Par exemple, Daily Beast a titré “La Russie nous raconte des dingueries”, tandis que la chaîne publique NPR et d'autres médias ont qualifié les accusations de “fausses” ou de “propagande”, sans apparemment examiner les faits. Le ‘Daily Mail’ lui-même, avant d’obtenir les derniers courriels de Biden, avait déclaré que la Russie avait intensifié sa “campagne de propagande sauvage” en affirmant l'existence d'armes biologiques. »

Covid + Ukrisis : RIP globalisation, hello GCES

Pour terminer cette revue de détail, un détail général concernant notre avenir par un orfèvre en la matière...

Mr. Larry Fink est le PDG de Blackrock, le plus grandissime investisseur des fonds de pension US, à hauteur de la moitié du PIB des USA, soit 10 000 $milliards. Son influence financière est telle que, « dans une certaine mesure, estime RT.com, on peut dire que ses idées se réalisent d’elles-mêmes ». Fink s’intéresse évidemment à Ukrisis, mais d’une façon globalisée, dans le cadre de la globalisation, et en liant expressément cette crise à celle qui l’a immédiatement précédée, comme si la première nommée se superposait à la seconde, – soit, Covid et Ukrisis même combat...

Fink a envoyé le 24 mars 2022 une “lettre du président”, – « A nos actionnaires ». Beaucoup de choses sont dites, qui concernent essentiellement la situation de l’économie mondiale, c’est-à-dire, cela est abruptement dit, “la fin de la globalisation” :

« Mais l'invasion russe de l'Ukraine a mis un terme à la globalisation que nous avons connue au cours des trois dernières décennies. Nous avions déjà vu la connectivité entre les nations, les entreprises et même les personnes mise à mal par deux années de pandémie. De nombreuses communautés et personnes se sont retrouvées isolées et repliées sur elles-mêmes. Je pense que cela a exacerbé la polarisation et les comportements extrémistes que nous observons dans la société actuelle.

» L'invasion a incité les nations et les gouvernements à s'unir pour rompre les liens financiers et commerciaux avec la Russie. Unis dans leur engagement indéfectible à soutenir le peuple ukrainien, ils ont lancé une “guerre économique” contre la Russie. Les gouvernements du monde entier ont presque unanimement imposé des sanctions, prenant notamment la mesure sans précédent d'interdire à la banque centrale russe de déployer ses réserves de devises fortes. »

On notera que Mr. Fink est loin, très loin d’être du type “poutiniste” et traître à la solde du Russe. Il épouse entièrement la narrative-Système, comme le montre, dans l’extrait ci-dessus, ce passage comme s’il “allait de soi” : « Les gouvernements du monde entier ont presque unanimement imposé des sanctions », – ce qui devrait faire éclater de rire, et le “Sud-profond”, et le sage indien Bhadrakumar. Tout le reste est traité à cette aune : culpabilité unique de la Russie, isolement de la Russie, etc., toutes ces choses dont on connaît la validité selon les écarts incroyables de la guerre de la communication et l’activisme absolument déterministe-narrativiste de la presseSystème.

Ce parti-pris évident mis à part sans beaucoup de remords de conscience, on peut mesurer aux remarques de Fink l’effet extraordinaire de Ukrisis enchaînant directement sur Covid. Comme « ses idées [financières] se réalisent d’elles-mêmes », on peut prendre la chose comme un bon diagnostic (financier) du temps-courant, aussi intéressant qu’est absolument inintéressante sa position politique “dans les clous” de sa fortune et de ses actionnaires.

« L'agression de la Russie en Ukraine et son découplage ultérieur de l'économie mondiale vont inciter les entreprises et les gouvernements du monde entier à réévaluer leurs dépendances et à ré-analyser leurs empreintes de fabrication et d'assemblage, – ce que Covid avait déjà incité beaucoup à faire.

» Et si la dépendance à l’égard de l’énergie russe est sous les feux de la rampe, les entreprises et les gouvernements vont également examiner plus largement leurs dépendances à l’égard d’autres nations. Les entreprises pourraient ainsi être amenées à délocaliser une plus grande partie de leurs activités, ce qui entraînerait un retrait plus rapide de certains pays. D'autres, – comme le Mexique, le Brésil, les États-Unis ou les centres de production en Asie du Sud-Est, – pourraient en bénéficier. Ce découplage créera inévitablement des défis pour les entreprises, notamment des coûts plus élevés et des pressions sur les marges. Si les bilans des entreprises et des consommateurs sont aujourd'hui solides, ce qui leur donne plus de marge de manœuvre pour surmonter ces difficultés, une réorientation à grande échelle des chaînes d’approvisionnement sera intrinsèquement inflationniste.

» Avant même le déclenchement de la guerre, les effets économiques de la pandémie, – notamment le déplacement de la demande des consommateurs des services vers les biens ménagers, les pénuries de main-d'œuvre et les goulets d'étranglement de la chaîne d'approvisionnement, – ont porté l’inflation aux États-Unis à son niveau le plus élevé depuis quarante ans. Dans l'Union européenne, au Canada et au Royaume-Uni, l’inflation est supérieure à 5 %. Les salaires n’ont pas suivi le rythme, et les consommateurs en ressentent les effets, confrontés à la baisse des salaires réels, à l’augmentation des factures d’énergie et à la hausse des coûts à la caisse des épiceries. C’est particulièrement vrai pour les travailleurs à bas salaire qui consacrent une plus grande part de leur salaire à des produits essentiels comme le gaz, l'électricité et la nourriture.

» Les banques centrales devront prendre des décisions difficiles quant à la vitesse à laquelle elles devront relever leurs taux. Elles sont confrontées à un dilemme qu'elles n’ont pas connu depuis des décennies et qui a été aggravé par les conflits géopolitiques et les chocs énergétiques qui en résultent. Les banques centrales devront choisir entre vivre avec une inflation plus élevée ou ralentir l'activité économique et l’emploi pour faire baisser rapidement l’inflation.

» Enfin, un aspect moins discuté de la guerre est son impact potentiel sur l'accélération des monnaies numériques. La guerre incitera les pays à réévaluer leur dépendance vis-à-vis de leur monnaie... »

Résumé de Mr. Flink, qui consiste finalement, – sans qu’il y croit lui-même dans ces termes et cette puissance métahistorique puisqu’il garde précieusement un “vilain” (le Russe) dans sa poche arrière pour tout nous expliquer, – à nous annoncer que nous sommes effectivement entrés dans la phase finale de la Grande Crise d’Effondrement du Système (GCES), et effectivement « d’une manière que nous ne pouvons pas [encore] prévoir » (s’il s’agit de finance le mot “encore” est encore acceptable, s’il s’agit de la GCES dans le cas d’un personnage comme Fink, il ne l’est pas car ils ne prévoiront plus jamais rien) :

« Les ramifications de cette guerre ne sont pas limitées à l’Europe de l'Est. Elles se superposent à une pandémie qui a déjà eu des effets profonds sur les tendances politiques, économiques et sociales. L’impact se répercutera pendant des décennies à venir d’une manière que nous ne pouvons pas encore prévoir. »

Ainsi pourrait-on parler après tout, hors des questions de rapport des actionnaires des fonds de pension Blackrock, d’une sorte de modification radicale de l’espace-temps pour nous orienter vers  une époque complètement différente, en rupture complète avec notre civilisation. Peut-être sera-ce une civilisation sans Blackrock ? « Rêvons un peu », disait Sacha.

 

Mis en ligne le 26 mars 2022 à 15H45


Source : https://www.dedefensa.org/article/ukrisis-crise-civilisationnelle

Quel avenir pour le territoire ukrainien : de l'administration par la Russie aux appétits de la Pologne

 jeudi 24 mars 2022


Dès le début de l'opération militaire russe en Ukraine, la Russie a affirmé ne pas vouloir "occuper" l'Ukraine. Cette rhétorique, si elle est censée maîtriser un certain discours dans la communication, se confronte aux difficultés de la réalité : il faut gérer le territoire et éviter la montée de la criminalité, les gens, dans la région de Kiev par exemple, demandant si c'est à nouveau la Russie ou encore l'Ukraine. La question de la frontière politique est d'autant plus importante, que, pendant ce temps-là, la Pologne se prépare, avec le soutien des Etats-Unis, à reprendre l'Ukraine de l'Ouest et à s'installer à Lvov. De plus en plus de voix en Russie appellent les dirigeants à aller au bout de la logique de cette opération militaire, qui ne peut se passer d'une dimension politique. Le moment de décider de l'avenir du territoire ukrainien et des habitants est arrivé.

L'Ukraine n'est pas l'Allemagne nazie, ce c'est pas un pays souverain. Prendre militairement le territoire et rentrer chez soi reviendrait à une capitulation du vainqueur, car l'Ukraine reprendra avec ses tuteurs ses habitudes et ses travers. Par ailleurs, les territoires sur lesquels avance l'armée russe doivent être sécurisés. Les pouvoirs locaux prennent souvent courageusement la fuite à la vue de l'armée russe, les localités se retrouvent livrées à elles-mêmes et confrontées à la montée de la criminalité. Comme le rappelle Oleg Tsarev, ancien député ukrainien et candidat aux présidentielles en 2014, il faut absolument installer des administrations militaires temporaires sur ce territoire, de manière stable et non pas simplement traverser les espaces plus ou moins habités en distribuant de l'aide humanitaire. 

D'une manière générale, les gens ont besoin de savoir ce qui se passe et où ils vivent. Dans la région de Kiev par exemple, où l'armée russe distribue de l'aide humanitaire, les populations ne sont pas hostiles, les enfants viennent naturellement vers les soldats, les gens discutent, ils veulent s'organiser face à un pouvoir défaillant. Et naturellement ils veulent savoir s'ils retournent en Russie ou bien si c'est temporaire et le pouvoir ukrainien va revenir. Si la Russie ne veut pas "occuper" le territoire, c'est-à-dire être présente contre la volonté des gens, elle doit de toute manière, surtout dans ces zones favorables, organiser des structures administratives et de police permettant aux gens de comprendre quel avenir est possible et de les inciter à sortir de l'ombre, n'ayant plus à avoir peur des répressions des extrémistes et du pouvoir kiévien. Ces zones doivent absolument être administrées et sécurisées, des règles de vie doivent être établies, un droit doit être instauré et les drapeaux ne doivent pas être cachés. Si les gens voient une véritable volonté en face d'eux, ils vont alors avoir le courage de se révolter contre le pouvoir de Kiev et de ses bandes, de se libérer et de s'affirmer. Sinon, pourquoi devraient-ils prendre des risques, si des membres de SBU vont ensuite débarquer et les interpeller, voire les fusiller ? L'on se souvriendra de ce maire de Koupiansk, dans la région de Kharkov, qui appelait à l'arrivée de l'armée russe à être du côté des forces russes et qui est aujourd'hui incarcéré à Kiev, sous le coup d'une affaire pour haute trahison, après avoir été enlévé par les services ukrainiens dans un territoire tenu par l'armée russe. Egalement tragique, cet activiste pro-russe, Pavel Slobodtchuk, ancien conseiller du maire, qui a été fusillé dans sa voiture à côté de sa femme à Kherson, lui est décédé, elle est à l'hôpital dans un état grave. Exemple inverse, dans le port de la mer d'Azov, à Berdiansk, les forces russes ont interpellé un agent du SBU, qui préparait un attentat dans la ville contre le député de la Rada Alexandre Ponomarev, qui ne soutient pas Zelensky et sa bande.

Dans la région de Kherson, justement, une administration militaire russe a été mise en place, mais comme le souligne le député de Russie Juste, Viktor Yatsenko, puisque la Russie ne propose aucune perspective concrète, cela ne permet pas de mettre en place une base politique, alors qu'une grande partie de la population est pro-russe :

" Ce n'est pas qu'il n'existe pas de véritable épine dorsale pro-russe qui pourrait sortir aujourd'hui - c'est qu'elle n'est pas prête, n'a pas encore été formée pour une simple raison. Personne ne déclare les vraies règles du jeu. Personne ne déclare que Kherson, c'est la Russie, et c'est une zone tampon où les droits des Russes seront protégés."

Le politicien ukrainien Tsarev, qui reprend du poids politique en Ukraine, explique clairement sa position :

"Je ne vais pas parler comme il est convenu de le faire par les personnes officielles. Je ne vais pas respecter le politiquement correct. Je vais le dire clairement - l'Ukraine ne doit pas exister comme Etat. Ce sont des terres russes et elles doivent rentrer en Russie. De quelle manière cela doit se passer, c'est à discuter. Ce peut être et une confédération, et une intégration directe dans la Russie. Nous en discuterons avec le peuple. Mais nous devons clairement affirmer que l'Ukraine, comme anti-Russie, comme un Etat profondément ennemi à la Russie, ne doit pas exister. C'est notre terre russe historique, ce sont nos gens, même s'ils sont actuellement malades du nationalisme. Mais ce sont nos gens."

Le positionnement de la frontière, non seulement étatique, mais déjà politique, est fondamental. Un autre député, de Russie Unie, Vladimir Chamanov, ancien commandant des troupes aéroportées russes, s'est exprimé sans ambages devant les caméras, estimant que l'opération militaire russe devra aller jusqu'à la frontière entre l'Ukraine et la Pologne, et que les autorités russes doivent clairement déterminer où est la frontière. Bref, il faut avoir le courage de ses ambitions.

Cette position est d'autant plus intéressante, lorsque l'on voit la tentation d'utiliser les visions expansionnistes historiques de la Pologne par les Etats-Unis. En effet, le  Premier ministre polonais a déclaré soumettre au sommet OTAN-UE ce 24 mars la proposition de l'envoi d'une "mission de la paix" en Ukraine de l'Ouest, avec l'idée à peine cachée de s'installer à Lvov ... longtemps. Déjà les pays Baltes envisagent de rejoindre le mouvement, mais avec des contingents militaires. Lavrov a mis en garde, rappelant le risque d'une confrontation, alors directe, entre la Russie et l'OTAN. Pourtant, il est tout à fait possible, vu le faible enthousiasme des pays de l'OTAN, qu'une mission autonome soit mise en place, n'oublions pas que la Hongrie et la Roumanie ont des intérêts dans la région, Biden se rendant justement à Varsovie après le sommet. Les Etats-Unis ont l'habitude de ces méthodes et peuvent parfaitement prendre le risque d'un élargissement du conflit militaire ... aux frais de l'Europe.

Si la Russie sécurise le territoire ukrainien et pose clairement des frontières, sans entrer encore une fois dans d'éternelles et inutiles négociations, elle peut couper court à la dimension militaire du conflit en Ukraine. Ces pays satellites des Etats-Unis ont l'appétit qui se réveille, tant qu'ils sentent une hésitation en face d'eux, qui leur ouvre la porte, mais il y a peu de chances qu'ils prennent sciemment le risque d'une confrontation avec l'armée russe. La dimension politique du conflit, elle, sera beaucoup plus longue, car la source du problème n'est pas Kiev, mais Washington. Le processus de déglobalisation que nous observons en Russie (voir notre texte ici), notamment avec le départ de certains cardinaux gris comme Tchoubaïs, donne bon espoir et peut ouvrir une brèche dans l'habitude de soumission des autres pays : il est possible de vivre autrement, il est possible de vivre souverainement et le combat en vaut la peine.

PS : Oleg Tsarev est actuellement à Moscou pour soulever de nombreuses questions liées à l'Ukraine, dont nous avons ici parlées. Mais se pose également celle des prisonniers politiques ukrainiens, incarcérés pour leurs positions anti-Maïdan, qui sont emprisonnés sur les territoires libérés par l'armée russe. Cela fait presque un mois et ils sont toujours en prison. Un sentiment d'injustice monte. Comment les libérer, comment assurer la transition juridique et judiciaire sur ces territoires, ce sont des questions fondamentales que la Russie va devoir régler ... rapidement.

 Source : https://russiepolitics.blogspot.com/2022/03/quel-avenir-pour-le-territoire.html

Jour J + 30, la consolidation de l'avantage russe

 samedi 26 mars 2022

Dans ce conflit entre l'Ukraine et la Russie l'Europe est entrée dans un nouveau chapitre de son histoire et que j'estime être des plus dangereux, par l'addition de la puissance destructrices des arsenaux militaires modernes, laquelle a déjà atteint son paroxysme avec l'arme nucléaire utilisée par les USA sur le Japon en 1945, avec l'irrationalité idéologique des responsables occidentaux de le pouvoir mondial et les objectifs élitistes sont devenus totalement amoraux et suicidaires pour les peuples qui se soumettent à leur ploutocratie hégémonique. 

En première partie de cet article il m'a paru important de remettre dans la perspective de l'OTAN ce conflit qui n'existerai pas sans son exponentielle stratégie agressive arrivée depuis 20 ans aux portes de la Fédération de Russie.

"Quand la souris joue avec la queue du chat"

Aujourd'hui, la quasi majorité du monde occidental semble découvrir depuis le 24 février seulement une guerre qui pourtant ravage depuis 8 ans ce qui était encore hier l'Ukraine, pays  qui se désagrège depuis le coup d'Etat du Maïdan pour être devenu le chien fou de la stratégie agressive de l'OTAN contre la Russie. 

Je pourrai vous renvoyer ici aux synthèses géostratégiques récentes réalisées par le président Poutine depuis la mi-décembre 2021 et que j'ai relayé sur ce blog, mais sans nul doute rejetées par le commun de "l'opinion internationale" autoproclamée, au vu de l'actuelle diabolisation de la Russie et dont l'hystérie aussi haineuse que stupide démontre que l'obscurantisme dogmatique est loin, très loin, d'avoir disparu des cervelles occidentales embrumées par 2000 années de pensée unique protéiforme et conditionnées par le consumérisme de cette nouvelle bien pensance où les banquiers et les journalistes ont remplacé les princes et les clercs, mais toujours pour soumettre les peuples à leurs intérêts et leurs pouvoirs, et jusqu'à piétiner dans leurs prosélytismes criminels leurs propres valeurs  religieuses, économiques, politiques ou idéologiques.

Donc je partagerai ici les opinions de haut responsables occidentaux qui depuis 30 ans préviennent que l'entrée dans l'OTAN de ce pivot stratégique européen qu'est l'Ukraine serait considéré comme un "Casus Belli" par la Russie voisine et que cette dernière empêcherait préventivement, y compris par la force que s'installe une menace militaire déclarée et dont les missiles seraient à moins de 5 minutes de Moscou.


Les penseurs stratégiques qui ont 
mis en garde contre l’expansion de l’OTAN

Compilation réalisée par Marc Vandepitte
Arrêt sur info — 21 mars 2022

L’un des aspects les plus fascinants de la guerre en Ukraine est le grand nombre de penseurs stratégiques de haut niveau qui ont averti depuis des années que cette guerre était imminente si nous continuions sur cette voie. Nous énumérons les plus importants de ces avertissements.

George Kennan, architecte de la guerre froide en 1998 :

  • « Je pense que c’est le début d’une nouvelle guerre froide. Je pense que les Russes vont progressivement réagir de manière assez négative et que cela affectera leurs politiques. Je pense que c’est une erreur tragique. Il n’y avait aucune raison pour cela. Personne ne menaçait qui que ce soit. Bien sûr, il y aura une mauvaise réaction de la part de la Russie, et ensuite [les partisans de l’élargissement de l’OTAN] diront que nous vous avons toujours dit que les Russes étaient comme ça – mais c’est tout simplement faux ».

Henry Kissinger, ancien secrétaire d’État américain en 2014 :

  • « Si l’Ukraine doit survivre et prospérer, elle ne doit pas être l’avant-poste d’un camp contre l’autre – elle doit fonctionner comme un pont entre eux. L’Occident doit comprendre que, pour la Russie, l’Ukraine ne pourra jamais être un simple pays étranger. Même des dissidents aussi célèbres qu’Alexandre Soljenitsyne et Joseph Brodsky ont insisté sur le fait que l’Ukraine faisait partie intégrante de l’histoire russe et, en fait, de la Russie. L’Ukraine ne devrait pas rejoindre l’OTAN. »

John Mearsheimer, l’un des plus grands experts en géopolitique aux États-Unis, en 2015 :

  • « La Russie est une grande puissance et elle n’a absolument aucun intérêt à laisser les États-Unis et leurs alliés s’emparer d’un grand bien immobilier d’une grande importance stratégique sur sa frontière occidentale et l’incorporer à l’Occident. Cela ne devrait guère surprendre les États-Unis d’Amérique, car vous savez tous que nous avons une doctrine Monroe. La doctrine Monroe stipule que l’hémisphère occidental est notre arrière-cour et que personne d’une région éloignée n’est autorisé à déplacer des forces militaires dans l’hémisphère occidental. Tout revient à l’OTAN. Vous vous rappelez que nous étions fous de rage à l’idée que les soviétiques mettent des forces militaires à Cuba. C’est inacceptable. Personne ne met de forces militaires dans l’hémisphère occidental. C’est la raison d’être de la doctrine Monroe. »

  • « Le nouveau maccarthysme à l’Ouest Pouvez-vous imaginer que dans 20 ans, une Chine puissante formera une alliance militaire avec le Canada et le Mexique et déplacera des forces militaires chinoises sur le sol canadien et mexicain et que nous resterons là à dire que ce n’est pas un problème ? Personne ne devrait donc être surpris que les Russes aient été apoplectiques à l’idée que les États-Unis placent l’Ukraine du côté occidental du grand livre. … Mais nous n’avons pas cessé nos efforts pour que l’Ukraine fasse partie de l’Occident. L’Occident conduit l’Ukraine sur le chemin des primeurs et le résultat final est que l’Ukraine va être détruite […] Ce que nous faisons encourage en fait ce résultat. Si vous pensez que ces gens à Washington et la plupart des Américains ont du mal à traiter avec les Russes, vous n’imaginez pas à quel point nous allons avoir du mal avec les Chinois. »

Jack F. Matlock, le dernier ambassadeur américain en Union soviétique, en 1997 :

  • « Si l’OTAN doit être le principal instrument d’unification du continent, la seule façon d’y parvenir est logiquement de s’étendre à tous les pays européens. Mais cela n’est pas le rôle du gouvernement et, même si c’est le cas, c’est la façon dont il peut faire face à la situation sans que de nouveaux dirigeants ne s’en mêlent. »
  • « L’expansion de l’OTAN a été la plus profonde bévue stratégique commise depuis la fin de la guerre froide. Loin d’améliorer la sécurité des États-Unis, de leurs alliés et des nations qui souhaitent entrer dans l’Alliance, elle pourrait bien encourager une chaîne d’événements susceptibles de produire la menace sécuritaire la plus grave pour cette nation [la Russie] depuis l’effondrement de l’Union soviétique ».

Et aussi dans "Politique et esprit : la bataille pour les esprits des Balkans" :

  • « Si l’OTAN doit être le principal instrument d’unification du continent, la seule façon d’y parvenir est logiquement de l’élargir à tous les pays européens. Mais cela ne semble pas être l’objectif de l’administration, et même si c’est le cas, le moyen d’y parvenir n’est pas d’admettre de nouveaux membres au coup par coup. »

William Perry, secrétaire à la défense sous Bill Clinton en 1996 :

  • « Je craignais que l’élargissement de l’OTAN en ce moment ne nous fasse régresser. Je pensais qu’une régression ici pourrait gâcher les relations positives que nous avions si laborieusement et patiemment développées dans la période opportuniste de l’après-guerre froide. Je pensais que nous avions besoin de plus de temps pour amener la Russie, l’autre grande puissance nucléaire, dans le cercle de sécurité occidental. La priorité absolue était pour moi évidente.»

Noam Chomsky, l’un des intellectuels vivants les plus importants en 2015 :

  • « L’idée que l’Ukraine puisse rejoindre une alliance militaire occidentale serait tout à fait inacceptable pour n’importe quel dirigeant russe. Cela remonte à 1990, lorsque l’Union soviétique s’est effondrée. La question de savoir ce qui allait se passer avec l’OTAN se posait. Gorbatchev a accepté que l’Allemagne soit unifiée et rejoigne l’OTAN. Il s’agissait d’une concession très remarquable, assortie d’une contrepartie : l’OTAN ne s’étendrait pas d’un pouce vers l’est. Ce qui s’est passé. L’OTAN a instantanément incorporé l’Allemagne de l’Est. Puis Clinton a étendu l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie. Le nouveau gouvernement ukrainien a voté en faveur de l’adhésion à l’OTAN. Le président Porochenko ne protégeait pas l’Ukraine, mais la menaçait d’une guerre majeure.»

Jeffrey Sachs, haut conseiller du gouvernement américain et de l’ONU, trois jours avant l’invasion :

  • « Les États-Unis ne seraient pas très heureux si le Mexique rejoignait une alliance militaire dirigée par la Chine, pas plus qu’ils n’étaient satisfaits lorsque le Cuba de Fidel Castro s’est aligné sur l’URSS il y a 60 ans. Ni les États-Unis ni la Russie ne veulent avoir l’armée de l’autre à leur porte. En 2008, le président George W. Bush a été particulièrement imprudent en ouvrant la porte à l’adhésion de l’Ukraine (et de la Géorgie) à l’OTAN. La Russie craint depuis longtemps les invasions de l’Ouest, que ce soit celles de Napoléon, d’Hitler ou, plus récemment, de l’OTAN. L’Ukraine devrait aspirer à ressembler aux membres de l’UE non membres de l’OTAN : l’Autriche, Chypre, la Finlande, l’Irlande, Malte et la Suède. »

Le directeur de la CIA, Bill Burns, en 2008 :

  • « L’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN est la plus brillante de toutes les lignes rouges pour [la Russie] » et « je n’ai encore trouvé personne qui considère l’Ukraine dans l’OTAN comme autre chose qu’un défi direct aux intérêts russes ». (Il était alors ambassadeur à Moscou en 2008 lorsqu’il a rédigé ce mémo). Il est aujourd’hui directeur de la CIA. Mémo 2008 « Nyet Means Nyet : Russia’s NATO Enlargement Redlines ».

Le journaliste russo-américain Vladimir Pozner, en 2018, a déclaré que

  • « L’expansion de l’OTAN en Ukraine est inacceptable pour le Russe, qu’il doit y avoir un compromis où « l’Ukraine, garantie, ne deviendra pas membre de l’OTAN. »

Malcolm Fraser, 22e Premier ministre australien, a averti en 2014 que

  • « le mouvement vers l’est [de l’OTAN] est provocateur, imprudent et un signal très clair à la Russie » . Il ajoute que cela conduit à un « problème difficile et extraordinairement dangereux ».

Paul Keating, ancien Premier ministre australien, en 1997 :

  • « l’élargissement de l’OTAN est « une erreur qui pourrait se classer au final avec les erreurs de calcul stratégiques qui ont empêché l’Allemagne de prendre toute sa place dans le système international [au début du 20e] ».

L’ancien secrétaire américain à la défense Bob Gates dans ses mémoires de 2015 :

  • « Aller si vite [pour étendre l’OTAN] était une erreur. […] Essayer de faire entrer la Géorgie et l’Ukraine dans l’OTAN était vraiment excessif [et] une provocation particulièrement monumentale. »

Pat Buchanan, dans son livre de 1999 A Republic, Not an Empire :

  • « En déplaçant l’OTAN sur le perron de la Russie, nous avons programmé une confrontation du XXIe siècle ».

En 1997, un groupe de personnes comprenant Robert McNamara, Bill Bradley et Gary Hart a écrit une lettre à Bill Clinton pour l’avertir que

  • « l’effort mené par les États-Unis pour étendre l’OTAN est une erreur politique de proportions historiques » et qu’il « favoriserait l’instabilité » en Europe. Aujourd’hui, c’est une position marginale et traîtresse.

Dmitriy Trenin s’est inquiété du fait que 

  • "l’Ukraine est à long terme le facteur potentiellement le plus déstabilisant dans les relations américano-russes, étant donné le niveau d’émotion et de névralgie déclenché par sa quête d’adhésion à l’OTAN."

Sir Roderic Lyne, ancien ambassadeur britannique en Russie, en 2021

  • « [pousser] l’Ukraine dans l’OTAN […] est stupide à tous les niveaux ». Il ajoute que « si vous voulez déclencher une guerre avec la Russie, c’est le meilleur moyen de le faire ».

L’année dernière encore, le célèbre économiste Jeffrey Sachs, dans une colonne du FT :

  • « Je mets en garde contre l’élargissement de l’OTAN, qui est tout à fait malavisé et risqué. Les vrais amis de l’Ukraine, et de la paix mondiale, devraient appeler à un compromis des États-Unis et de l’OTAN avec la Russie ».

Fiona Hill : 

  • « Nous avons averti [George Bush] que M. Poutine considérerait les mesures visant à rapprocher l’Ukraine et la Géorgie de l’OTAN comme une provocation susceptible de provoquer une action militaire préventive de la Russie. Mais en fin de compte, nos avertissements n’ont pas été pris en compte. »

Aleksandr Dugin, en 1997, avait prédit tout ce que Poutine a fait, dans son livre « Foundation of Geopolitics ».

Enfin je me permets de rajouter à cette remarquable compilation de déclarations de responsables occidentaux avertissant que l'expansion de l'OTAN vers la Russie est belliciste, un certain Joe Biden, alors sénateur étasunien qui déclarait en 1997:

  • "La seule chose qui peut provoquer une  réponse hostile et énergique de la Russie c'est l'expansion de l'OTAN.."

Enfin n'oublions pas Obama, par qui est arrivé la crise
ukrainienne avec le Maïdan, et à qui est cyniquement
attribué un "prix Nobel de la Paix" comme à Kissinger
dont l'ombre plane au dessus des charniers du 
Vietnam ou ceux des dictatures latino-américaines

Donc l'émotion, l'indignation, la surprise des occidentaux ne sont que des émotions feintes pour mobiliser leurs foules abêties, car non seulement les responsables du Nouvel Ordre Mondial connaissaient le risque militaire à cette expansion de l'OTAN vers la Russie mais ils ont persisté, malgré les avertissements du Kremlin en Géorgie, en Crimée etc... 
Ce ne sont que des criminels pratiquant l'inversion accusatoire pour mieux légitimer leurs guerres, leurs coups d'Etat ou terrorismes organisés et organiser le chaos en Europe et dans le Monde !

Quelques jours avant le début des opérations militaires russes en Ukraine, entre autres provocations, le président ukrainien Zelensky a déclaré publiquement :

  • que l'Ukraine ne respectera jamais les accords de paix de Minsk,
  • que l'Ukraine poursuivra le processus d'intégration dans l'OTAN,
  • que l'Ukraine se dotera prochainement d'un arsenal nucléaire,

En conséquence de quoi depuis le 24 février les forces russes ont engagé par la force  : 

  • l'annulation de l'offensive ukrainienne contre le Donbass
  • la démilitarisation de l'Ukraine en détruisant ses dépôts, ses bases, ses unités
  • la destruction des unités et groupes armées d'obédience nazie.
Dans le Donbass un T64 ukrainien détruit au milieu des habitations civiles auprès
desquelles il avait cherché à se protéger des frappes russes et républicaines

Résultats : 

Les forces russes ont pénétré dans la profondeur du territoire ukrainien, cassé la ligne de front du Donbass, détruit environ 70 % des dépôts et bases militaires ukrainiennes...

Carte officielle de l'Etat Major russe au 25 mars concernant les opérations en cours

Sur cette carte qui recadre les délires des propagandistes de tout bord, on peut observer les régions pénétrées par les forces russes et, dans le Donbass à l'Est, par les forces républicaines. Il faut cependant noter que ces zones correspondent à des territoires stratégiquement contrôlés mais pour certains secteurs, pas encore totalement pacifiés. 

Le fait est qu'au bout d'un mois de conflit russo-ukrainien:
  • 14 000 soldats et paramilitaires ukrainiens tués et plus de 6 000 blessés. 
  • 1587 chars et véhicules blindés détruits sur les 2 416 initiaux,
  • 112 avions militaires détruits sur 152,
  • 75 hélicoptères détruits sur 149, 
  • 35 drones d'attaque Bayraktar TB2 détruits sur 36,
  • etc..
On peut affirmer au vu de ces résultats et progressions sur le terrain réalisées par les forces russes que la première phase de leurs opérations militaires est atteinte et d'ailleurs l'Etat Major russe a dévoilé une partie de sa stratégie en Ukraine comme par exemple concernant les villes :
  • La stratégie offensive russe n'est pas de mener des assauts sur les villes ukrainiennes (à l'exception du Donbass) puisque les objectifs ne sont pas d'envahir le pays mais 
- d'annihiler son potentiel militaire offensif qui est au service de l'OTAN, 
- détruire les unités nationalistes qui animent la résurgence du nazisme,  
- imposer pour l'Ukraine une réelle indépendance politique et neutralité militaire, 
- obtenir une reconnaissance officielle de la Crimée et du Donbass.

  • Pour le Donbass, les objectifs sont légèrement différents puisqu'il s'agit ici avec les forces républicaines de Donbass et Lugansk de libérer leurs territoires reconnus par Moscou. Au 25 mars 52% de la RPD et 91% de la RPL ont déjà été libérés et, maintenant que le potentiel de réaction stratégique ukrainien est paralysé, la priorité des opérations dynamiques russes se déroule aujourd'hui dans ces républiques, où est toujours déployé le principal corps de bataille ukrainien.
Au total, plus de 300 villages et localités ont été libérées dans le Donbass par
les forces républicaines des Républiques de Donetsk et Lugansk, appuyées
par les forces russes, comme ici le village de Stepnoe au Sud de Donetsk.
  • Enfin un troisième objectif induit à ce nouveau conflit de haute intensité frappant le coeur de l'Europe est, qu'à son issue, la Russie obtiendra vraisemblablement les garanties juridiques internationales concernant le retrait de l'OTAN de ses frontières qu'elle demande légitimement depuis 30 ans et que le Président Poutine a clairement présenté et argumenté en décembre et janvier dernier.
Sur le terrain on peut observer non pas un "enlisement des forces russes" comme le pérorent les occidentaux mais bien une prudence dans les actions menées, laquelle par exemple donne une priorité à l'emploi posé des missiles de précision après les assauts aériens et terrestres audacieux mais couteux en hommes et matériels observés pendant les 2 premières semaines. Cette évolution tactique visant à sécuriser le personnel militaire, les civils des zones attaqués est justement rendue possible aujourd'hui par la destruction du potentiel de réaction stratégique ukrainienne (même si ici et là on observe des contre attaques locales) qui ne dispose plus de forces aériennes et dépôts stratégiques suffisants pour tenter une contre offensive générale. Et ce ne sont pas les aides militaires occidentales même maximales qui pourront compenser les pertes subies d'autant plus que les voies d'approvisionnement venant de la lointaine Pologne sont de plus en plus soumises aux frappes aériennes russes.

Destruction par missile du centre de commandement 
des forces aériennes ukrainiennes à Vinnitsa le 25 mars

Je ne doute pas que la Russie gagne militairement ce conflit, car elle dispose de la motivation pour en supporter la durée nécessaire et les moyens pour venir à bout des forces ukrainiennes même si ces dernières sont gavées d'aides militaires de l'OTAN et de mercenaires à canon, et même si les pays occidentaux poursuivent leur guerre économique contre la Fédération (dont les dommages collatéraux subis par eux deviendront insupportables). 

Mais il ne faut jamais crier victoire trop tôt car l'évolution en durée et en dureté de ce conflit, et surtout son extension potentielle à d'autres pays peut faire évoluer cette crise internationale dans une autre dimension, tout comme le conflit du Donbass a fini au bout de 8 ans par exploser en Ukraine. Cela dépendra de l'implication de l'OTAN dans le conflit qui, de soutiens politiques en soutiens militaires de plus en plus radicaux, menace d'étendre à son tour ce conflit dans le jeu infernales des alliances.

Aujourd'hui dans leurs progressions et leurs victoires, les forces russes et
républicaines capturent de nombreuses armes et munitions de l'OTAN,
lesquelles sont aussitôt réemployées contre les forces ukrainiennes, comme
par exemple ici un missile antichar étasunien "Javelin" sur lez front de Donetsk.

Comme on peut donc l'observer, tant dans la genèse de ce conflit ukrainien qui a commencé les objectifs du Maïdan que dans sa résolution avec leur abandon définitif, tout dépend de l'OTAN, dont je pense que seule sa dissolution sera une réelle garantie pour protéger la Paix mondiale. Mais malheureusement nous n'en sommes pas encore là !

Erwan Castel


Source : https://alawata-rebellion.blogspot.com/2022/03/jour-j-30-la-consolidation-de-lavantage.html