dimanche 27 mars 2022

Quel avenir pour le territoire ukrainien : de l'administration par la Russie aux appétits de la Pologne

 jeudi 24 mars 2022


Dès le début de l'opération militaire russe en Ukraine, la Russie a affirmé ne pas vouloir "occuper" l'Ukraine. Cette rhétorique, si elle est censée maîtriser un certain discours dans la communication, se confronte aux difficultés de la réalité : il faut gérer le territoire et éviter la montée de la criminalité, les gens, dans la région de Kiev par exemple, demandant si c'est à nouveau la Russie ou encore l'Ukraine. La question de la frontière politique est d'autant plus importante, que, pendant ce temps-là, la Pologne se prépare, avec le soutien des Etats-Unis, à reprendre l'Ukraine de l'Ouest et à s'installer à Lvov. De plus en plus de voix en Russie appellent les dirigeants à aller au bout de la logique de cette opération militaire, qui ne peut se passer d'une dimension politique. Le moment de décider de l'avenir du territoire ukrainien et des habitants est arrivé.

L'Ukraine n'est pas l'Allemagne nazie, ce c'est pas un pays souverain. Prendre militairement le territoire et rentrer chez soi reviendrait à une capitulation du vainqueur, car l'Ukraine reprendra avec ses tuteurs ses habitudes et ses travers. Par ailleurs, les territoires sur lesquels avance l'armée russe doivent être sécurisés. Les pouvoirs locaux prennent souvent courageusement la fuite à la vue de l'armée russe, les localités se retrouvent livrées à elles-mêmes et confrontées à la montée de la criminalité. Comme le rappelle Oleg Tsarev, ancien député ukrainien et candidat aux présidentielles en 2014, il faut absolument installer des administrations militaires temporaires sur ce territoire, de manière stable et non pas simplement traverser les espaces plus ou moins habités en distribuant de l'aide humanitaire. 

D'une manière générale, les gens ont besoin de savoir ce qui se passe et où ils vivent. Dans la région de Kiev par exemple, où l'armée russe distribue de l'aide humanitaire, les populations ne sont pas hostiles, les enfants viennent naturellement vers les soldats, les gens discutent, ils veulent s'organiser face à un pouvoir défaillant. Et naturellement ils veulent savoir s'ils retournent en Russie ou bien si c'est temporaire et le pouvoir ukrainien va revenir. Si la Russie ne veut pas "occuper" le territoire, c'est-à-dire être présente contre la volonté des gens, elle doit de toute manière, surtout dans ces zones favorables, organiser des structures administratives et de police permettant aux gens de comprendre quel avenir est possible et de les inciter à sortir de l'ombre, n'ayant plus à avoir peur des répressions des extrémistes et du pouvoir kiévien. Ces zones doivent absolument être administrées et sécurisées, des règles de vie doivent être établies, un droit doit être instauré et les drapeaux ne doivent pas être cachés. Si les gens voient une véritable volonté en face d'eux, ils vont alors avoir le courage de se révolter contre le pouvoir de Kiev et de ses bandes, de se libérer et de s'affirmer. Sinon, pourquoi devraient-ils prendre des risques, si des membres de SBU vont ensuite débarquer et les interpeller, voire les fusiller ? L'on se souvriendra de ce maire de Koupiansk, dans la région de Kharkov, qui appelait à l'arrivée de l'armée russe à être du côté des forces russes et qui est aujourd'hui incarcéré à Kiev, sous le coup d'une affaire pour haute trahison, après avoir été enlévé par les services ukrainiens dans un territoire tenu par l'armée russe. Egalement tragique, cet activiste pro-russe, Pavel Slobodtchuk, ancien conseiller du maire, qui a été fusillé dans sa voiture à côté de sa femme à Kherson, lui est décédé, elle est à l'hôpital dans un état grave. Exemple inverse, dans le port de la mer d'Azov, à Berdiansk, les forces russes ont interpellé un agent du SBU, qui préparait un attentat dans la ville contre le député de la Rada Alexandre Ponomarev, qui ne soutient pas Zelensky et sa bande.

Dans la région de Kherson, justement, une administration militaire russe a été mise en place, mais comme le souligne le député de Russie Juste, Viktor Yatsenko, puisque la Russie ne propose aucune perspective concrète, cela ne permet pas de mettre en place une base politique, alors qu'une grande partie de la population est pro-russe :

" Ce n'est pas qu'il n'existe pas de véritable épine dorsale pro-russe qui pourrait sortir aujourd'hui - c'est qu'elle n'est pas prête, n'a pas encore été formée pour une simple raison. Personne ne déclare les vraies règles du jeu. Personne ne déclare que Kherson, c'est la Russie, et c'est une zone tampon où les droits des Russes seront protégés."

Le politicien ukrainien Tsarev, qui reprend du poids politique en Ukraine, explique clairement sa position :

"Je ne vais pas parler comme il est convenu de le faire par les personnes officielles. Je ne vais pas respecter le politiquement correct. Je vais le dire clairement - l'Ukraine ne doit pas exister comme Etat. Ce sont des terres russes et elles doivent rentrer en Russie. De quelle manière cela doit se passer, c'est à discuter. Ce peut être et une confédération, et une intégration directe dans la Russie. Nous en discuterons avec le peuple. Mais nous devons clairement affirmer que l'Ukraine, comme anti-Russie, comme un Etat profondément ennemi à la Russie, ne doit pas exister. C'est notre terre russe historique, ce sont nos gens, même s'ils sont actuellement malades du nationalisme. Mais ce sont nos gens."

Le positionnement de la frontière, non seulement étatique, mais déjà politique, est fondamental. Un autre député, de Russie Unie, Vladimir Chamanov, ancien commandant des troupes aéroportées russes, s'est exprimé sans ambages devant les caméras, estimant que l'opération militaire russe devra aller jusqu'à la frontière entre l'Ukraine et la Pologne, et que les autorités russes doivent clairement déterminer où est la frontière. Bref, il faut avoir le courage de ses ambitions.

Cette position est d'autant plus intéressante, lorsque l'on voit la tentation d'utiliser les visions expansionnistes historiques de la Pologne par les Etats-Unis. En effet, le  Premier ministre polonais a déclaré soumettre au sommet OTAN-UE ce 24 mars la proposition de l'envoi d'une "mission de la paix" en Ukraine de l'Ouest, avec l'idée à peine cachée de s'installer à Lvov ... longtemps. Déjà les pays Baltes envisagent de rejoindre le mouvement, mais avec des contingents militaires. Lavrov a mis en garde, rappelant le risque d'une confrontation, alors directe, entre la Russie et l'OTAN. Pourtant, il est tout à fait possible, vu le faible enthousiasme des pays de l'OTAN, qu'une mission autonome soit mise en place, n'oublions pas que la Hongrie et la Roumanie ont des intérêts dans la région, Biden se rendant justement à Varsovie après le sommet. Les Etats-Unis ont l'habitude de ces méthodes et peuvent parfaitement prendre le risque d'un élargissement du conflit militaire ... aux frais de l'Europe.

Si la Russie sécurise le territoire ukrainien et pose clairement des frontières, sans entrer encore une fois dans d'éternelles et inutiles négociations, elle peut couper court à la dimension militaire du conflit en Ukraine. Ces pays satellites des Etats-Unis ont l'appétit qui se réveille, tant qu'ils sentent une hésitation en face d'eux, qui leur ouvre la porte, mais il y a peu de chances qu'ils prennent sciemment le risque d'une confrontation avec l'armée russe. La dimension politique du conflit, elle, sera beaucoup plus longue, car la source du problème n'est pas Kiev, mais Washington. Le processus de déglobalisation que nous observons en Russie (voir notre texte ici), notamment avec le départ de certains cardinaux gris comme Tchoubaïs, donne bon espoir et peut ouvrir une brèche dans l'habitude de soumission des autres pays : il est possible de vivre autrement, il est possible de vivre souverainement et le combat en vaut la peine.

PS : Oleg Tsarev est actuellement à Moscou pour soulever de nombreuses questions liées à l'Ukraine, dont nous avons ici parlées. Mais se pose également celle des prisonniers politiques ukrainiens, incarcérés pour leurs positions anti-Maïdan, qui sont emprisonnés sur les territoires libérés par l'armée russe. Cela fait presque un mois et ils sont toujours en prison. Un sentiment d'injustice monte. Comment les libérer, comment assurer la transition juridique et judiciaire sur ces territoires, ce sont des questions fondamentales que la Russie va devoir régler ... rapidement.

 Source : https://russiepolitics.blogspot.com/2022/03/quel-avenir-pour-le-territoire.html

Jour J + 30, la consolidation de l'avantage russe

 samedi 26 mars 2022

Dans ce conflit entre l'Ukraine et la Russie l'Europe est entrée dans un nouveau chapitre de son histoire et que j'estime être des plus dangereux, par l'addition de la puissance destructrices des arsenaux militaires modernes, laquelle a déjà atteint son paroxysme avec l'arme nucléaire utilisée par les USA sur le Japon en 1945, avec l'irrationalité idéologique des responsables occidentaux de le pouvoir mondial et les objectifs élitistes sont devenus totalement amoraux et suicidaires pour les peuples qui se soumettent à leur ploutocratie hégémonique. 

En première partie de cet article il m'a paru important de remettre dans la perspective de l'OTAN ce conflit qui n'existerai pas sans son exponentielle stratégie agressive arrivée depuis 20 ans aux portes de la Fédération de Russie.

"Quand la souris joue avec la queue du chat"

Aujourd'hui, la quasi majorité du monde occidental semble découvrir depuis le 24 février seulement une guerre qui pourtant ravage depuis 8 ans ce qui était encore hier l'Ukraine, pays  qui se désagrège depuis le coup d'Etat du Maïdan pour être devenu le chien fou de la stratégie agressive de l'OTAN contre la Russie. 

Je pourrai vous renvoyer ici aux synthèses géostratégiques récentes réalisées par le président Poutine depuis la mi-décembre 2021 et que j'ai relayé sur ce blog, mais sans nul doute rejetées par le commun de "l'opinion internationale" autoproclamée, au vu de l'actuelle diabolisation de la Russie et dont l'hystérie aussi haineuse que stupide démontre que l'obscurantisme dogmatique est loin, très loin, d'avoir disparu des cervelles occidentales embrumées par 2000 années de pensée unique protéiforme et conditionnées par le consumérisme de cette nouvelle bien pensance où les banquiers et les journalistes ont remplacé les princes et les clercs, mais toujours pour soumettre les peuples à leurs intérêts et leurs pouvoirs, et jusqu'à piétiner dans leurs prosélytismes criminels leurs propres valeurs  religieuses, économiques, politiques ou idéologiques.

Donc je partagerai ici les opinions de haut responsables occidentaux qui depuis 30 ans préviennent que l'entrée dans l'OTAN de ce pivot stratégique européen qu'est l'Ukraine serait considéré comme un "Casus Belli" par la Russie voisine et que cette dernière empêcherait préventivement, y compris par la force que s'installe une menace militaire déclarée et dont les missiles seraient à moins de 5 minutes de Moscou.


Les penseurs stratégiques qui ont 
mis en garde contre l’expansion de l’OTAN

Compilation réalisée par Marc Vandepitte
Arrêt sur info — 21 mars 2022

L’un des aspects les plus fascinants de la guerre en Ukraine est le grand nombre de penseurs stratégiques de haut niveau qui ont averti depuis des années que cette guerre était imminente si nous continuions sur cette voie. Nous énumérons les plus importants de ces avertissements.

George Kennan, architecte de la guerre froide en 1998 :

  • « Je pense que c’est le début d’une nouvelle guerre froide. Je pense que les Russes vont progressivement réagir de manière assez négative et que cela affectera leurs politiques. Je pense que c’est une erreur tragique. Il n’y avait aucune raison pour cela. Personne ne menaçait qui que ce soit. Bien sûr, il y aura une mauvaise réaction de la part de la Russie, et ensuite [les partisans de l’élargissement de l’OTAN] diront que nous vous avons toujours dit que les Russes étaient comme ça – mais c’est tout simplement faux ».

Henry Kissinger, ancien secrétaire d’État américain en 2014 :

  • « Si l’Ukraine doit survivre et prospérer, elle ne doit pas être l’avant-poste d’un camp contre l’autre – elle doit fonctionner comme un pont entre eux. L’Occident doit comprendre que, pour la Russie, l’Ukraine ne pourra jamais être un simple pays étranger. Même des dissidents aussi célèbres qu’Alexandre Soljenitsyne et Joseph Brodsky ont insisté sur le fait que l’Ukraine faisait partie intégrante de l’histoire russe et, en fait, de la Russie. L’Ukraine ne devrait pas rejoindre l’OTAN. »

John Mearsheimer, l’un des plus grands experts en géopolitique aux États-Unis, en 2015 :

  • « La Russie est une grande puissance et elle n’a absolument aucun intérêt à laisser les États-Unis et leurs alliés s’emparer d’un grand bien immobilier d’une grande importance stratégique sur sa frontière occidentale et l’incorporer à l’Occident. Cela ne devrait guère surprendre les États-Unis d’Amérique, car vous savez tous que nous avons une doctrine Monroe. La doctrine Monroe stipule que l’hémisphère occidental est notre arrière-cour et que personne d’une région éloignée n’est autorisé à déplacer des forces militaires dans l’hémisphère occidental. Tout revient à l’OTAN. Vous vous rappelez que nous étions fous de rage à l’idée que les soviétiques mettent des forces militaires à Cuba. C’est inacceptable. Personne ne met de forces militaires dans l’hémisphère occidental. C’est la raison d’être de la doctrine Monroe. »

  • « Le nouveau maccarthysme à l’Ouest Pouvez-vous imaginer que dans 20 ans, une Chine puissante formera une alliance militaire avec le Canada et le Mexique et déplacera des forces militaires chinoises sur le sol canadien et mexicain et que nous resterons là à dire que ce n’est pas un problème ? Personne ne devrait donc être surpris que les Russes aient été apoplectiques à l’idée que les États-Unis placent l’Ukraine du côté occidental du grand livre. … Mais nous n’avons pas cessé nos efforts pour que l’Ukraine fasse partie de l’Occident. L’Occident conduit l’Ukraine sur le chemin des primeurs et le résultat final est que l’Ukraine va être détruite […] Ce que nous faisons encourage en fait ce résultat. Si vous pensez que ces gens à Washington et la plupart des Américains ont du mal à traiter avec les Russes, vous n’imaginez pas à quel point nous allons avoir du mal avec les Chinois. »

Jack F. Matlock, le dernier ambassadeur américain en Union soviétique, en 1997 :

  • « Si l’OTAN doit être le principal instrument d’unification du continent, la seule façon d’y parvenir est logiquement de s’étendre à tous les pays européens. Mais cela n’est pas le rôle du gouvernement et, même si c’est le cas, c’est la façon dont il peut faire face à la situation sans que de nouveaux dirigeants ne s’en mêlent. »
  • « L’expansion de l’OTAN a été la plus profonde bévue stratégique commise depuis la fin de la guerre froide. Loin d’améliorer la sécurité des États-Unis, de leurs alliés et des nations qui souhaitent entrer dans l’Alliance, elle pourrait bien encourager une chaîne d’événements susceptibles de produire la menace sécuritaire la plus grave pour cette nation [la Russie] depuis l’effondrement de l’Union soviétique ».

Et aussi dans "Politique et esprit : la bataille pour les esprits des Balkans" :

  • « Si l’OTAN doit être le principal instrument d’unification du continent, la seule façon d’y parvenir est logiquement de l’élargir à tous les pays européens. Mais cela ne semble pas être l’objectif de l’administration, et même si c’est le cas, le moyen d’y parvenir n’est pas d’admettre de nouveaux membres au coup par coup. »

William Perry, secrétaire à la défense sous Bill Clinton en 1996 :

  • « Je craignais que l’élargissement de l’OTAN en ce moment ne nous fasse régresser. Je pensais qu’une régression ici pourrait gâcher les relations positives que nous avions si laborieusement et patiemment développées dans la période opportuniste de l’après-guerre froide. Je pensais que nous avions besoin de plus de temps pour amener la Russie, l’autre grande puissance nucléaire, dans le cercle de sécurité occidental. La priorité absolue était pour moi évidente.»

Noam Chomsky, l’un des intellectuels vivants les plus importants en 2015 :

  • « L’idée que l’Ukraine puisse rejoindre une alliance militaire occidentale serait tout à fait inacceptable pour n’importe quel dirigeant russe. Cela remonte à 1990, lorsque l’Union soviétique s’est effondrée. La question de savoir ce qui allait se passer avec l’OTAN se posait. Gorbatchev a accepté que l’Allemagne soit unifiée et rejoigne l’OTAN. Il s’agissait d’une concession très remarquable, assortie d’une contrepartie : l’OTAN ne s’étendrait pas d’un pouce vers l’est. Ce qui s’est passé. L’OTAN a instantanément incorporé l’Allemagne de l’Est. Puis Clinton a étendu l’OTAN jusqu’aux frontières de la Russie. Le nouveau gouvernement ukrainien a voté en faveur de l’adhésion à l’OTAN. Le président Porochenko ne protégeait pas l’Ukraine, mais la menaçait d’une guerre majeure.»

Jeffrey Sachs, haut conseiller du gouvernement américain et de l’ONU, trois jours avant l’invasion :

  • « Les États-Unis ne seraient pas très heureux si le Mexique rejoignait une alliance militaire dirigée par la Chine, pas plus qu’ils n’étaient satisfaits lorsque le Cuba de Fidel Castro s’est aligné sur l’URSS il y a 60 ans. Ni les États-Unis ni la Russie ne veulent avoir l’armée de l’autre à leur porte. En 2008, le président George W. Bush a été particulièrement imprudent en ouvrant la porte à l’adhésion de l’Ukraine (et de la Géorgie) à l’OTAN. La Russie craint depuis longtemps les invasions de l’Ouest, que ce soit celles de Napoléon, d’Hitler ou, plus récemment, de l’OTAN. L’Ukraine devrait aspirer à ressembler aux membres de l’UE non membres de l’OTAN : l’Autriche, Chypre, la Finlande, l’Irlande, Malte et la Suède. »

Le directeur de la CIA, Bill Burns, en 2008 :

  • « L’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN est la plus brillante de toutes les lignes rouges pour [la Russie] » et « je n’ai encore trouvé personne qui considère l’Ukraine dans l’OTAN comme autre chose qu’un défi direct aux intérêts russes ». (Il était alors ambassadeur à Moscou en 2008 lorsqu’il a rédigé ce mémo). Il est aujourd’hui directeur de la CIA. Mémo 2008 « Nyet Means Nyet : Russia’s NATO Enlargement Redlines ».

Le journaliste russo-américain Vladimir Pozner, en 2018, a déclaré que

  • « L’expansion de l’OTAN en Ukraine est inacceptable pour le Russe, qu’il doit y avoir un compromis où « l’Ukraine, garantie, ne deviendra pas membre de l’OTAN. »

Malcolm Fraser, 22e Premier ministre australien, a averti en 2014 que

  • « le mouvement vers l’est [de l’OTAN] est provocateur, imprudent et un signal très clair à la Russie » . Il ajoute que cela conduit à un « problème difficile et extraordinairement dangereux ».

Paul Keating, ancien Premier ministre australien, en 1997 :

  • « l’élargissement de l’OTAN est « une erreur qui pourrait se classer au final avec les erreurs de calcul stratégiques qui ont empêché l’Allemagne de prendre toute sa place dans le système international [au début du 20e] ».

L’ancien secrétaire américain à la défense Bob Gates dans ses mémoires de 2015 :

  • « Aller si vite [pour étendre l’OTAN] était une erreur. […] Essayer de faire entrer la Géorgie et l’Ukraine dans l’OTAN était vraiment excessif [et] une provocation particulièrement monumentale. »

Pat Buchanan, dans son livre de 1999 A Republic, Not an Empire :

  • « En déplaçant l’OTAN sur le perron de la Russie, nous avons programmé une confrontation du XXIe siècle ».

En 1997, un groupe de personnes comprenant Robert McNamara, Bill Bradley et Gary Hart a écrit une lettre à Bill Clinton pour l’avertir que

  • « l’effort mené par les États-Unis pour étendre l’OTAN est une erreur politique de proportions historiques » et qu’il « favoriserait l’instabilité » en Europe. Aujourd’hui, c’est une position marginale et traîtresse.

Dmitriy Trenin s’est inquiété du fait que 

  • "l’Ukraine est à long terme le facteur potentiellement le plus déstabilisant dans les relations américano-russes, étant donné le niveau d’émotion et de névralgie déclenché par sa quête d’adhésion à l’OTAN."

Sir Roderic Lyne, ancien ambassadeur britannique en Russie, en 2021

  • « [pousser] l’Ukraine dans l’OTAN […] est stupide à tous les niveaux ». Il ajoute que « si vous voulez déclencher une guerre avec la Russie, c’est le meilleur moyen de le faire ».

L’année dernière encore, le célèbre économiste Jeffrey Sachs, dans une colonne du FT :

  • « Je mets en garde contre l’élargissement de l’OTAN, qui est tout à fait malavisé et risqué. Les vrais amis de l’Ukraine, et de la paix mondiale, devraient appeler à un compromis des États-Unis et de l’OTAN avec la Russie ».

Fiona Hill : 

  • « Nous avons averti [George Bush] que M. Poutine considérerait les mesures visant à rapprocher l’Ukraine et la Géorgie de l’OTAN comme une provocation susceptible de provoquer une action militaire préventive de la Russie. Mais en fin de compte, nos avertissements n’ont pas été pris en compte. »

Aleksandr Dugin, en 1997, avait prédit tout ce que Poutine a fait, dans son livre « Foundation of Geopolitics ».

Enfin je me permets de rajouter à cette remarquable compilation de déclarations de responsables occidentaux avertissant que l'expansion de l'OTAN vers la Russie est belliciste, un certain Joe Biden, alors sénateur étasunien qui déclarait en 1997:

  • "La seule chose qui peut provoquer une  réponse hostile et énergique de la Russie c'est l'expansion de l'OTAN.."

Enfin n'oublions pas Obama, par qui est arrivé la crise
ukrainienne avec le Maïdan, et à qui est cyniquement
attribué un "prix Nobel de la Paix" comme à Kissinger
dont l'ombre plane au dessus des charniers du 
Vietnam ou ceux des dictatures latino-américaines

Donc l'émotion, l'indignation, la surprise des occidentaux ne sont que des émotions feintes pour mobiliser leurs foules abêties, car non seulement les responsables du Nouvel Ordre Mondial connaissaient le risque militaire à cette expansion de l'OTAN vers la Russie mais ils ont persisté, malgré les avertissements du Kremlin en Géorgie, en Crimée etc... 
Ce ne sont que des criminels pratiquant l'inversion accusatoire pour mieux légitimer leurs guerres, leurs coups d'Etat ou terrorismes organisés et organiser le chaos en Europe et dans le Monde !

Quelques jours avant le début des opérations militaires russes en Ukraine, entre autres provocations, le président ukrainien Zelensky a déclaré publiquement :

  • que l'Ukraine ne respectera jamais les accords de paix de Minsk,
  • que l'Ukraine poursuivra le processus d'intégration dans l'OTAN,
  • que l'Ukraine se dotera prochainement d'un arsenal nucléaire,

En conséquence de quoi depuis le 24 février les forces russes ont engagé par la force  : 

  • l'annulation de l'offensive ukrainienne contre le Donbass
  • la démilitarisation de l'Ukraine en détruisant ses dépôts, ses bases, ses unités
  • la destruction des unités et groupes armées d'obédience nazie.
Dans le Donbass un T64 ukrainien détruit au milieu des habitations civiles auprès
desquelles il avait cherché à se protéger des frappes russes et républicaines

Résultats : 

Les forces russes ont pénétré dans la profondeur du territoire ukrainien, cassé la ligne de front du Donbass, détruit environ 70 % des dépôts et bases militaires ukrainiennes...

Carte officielle de l'Etat Major russe au 25 mars concernant les opérations en cours

Sur cette carte qui recadre les délires des propagandistes de tout bord, on peut observer les régions pénétrées par les forces russes et, dans le Donbass à l'Est, par les forces républicaines. Il faut cependant noter que ces zones correspondent à des territoires stratégiquement contrôlés mais pour certains secteurs, pas encore totalement pacifiés. 

Le fait est qu'au bout d'un mois de conflit russo-ukrainien:
  • 14 000 soldats et paramilitaires ukrainiens tués et plus de 6 000 blessés. 
  • 1587 chars et véhicules blindés détruits sur les 2 416 initiaux,
  • 112 avions militaires détruits sur 152,
  • 75 hélicoptères détruits sur 149, 
  • 35 drones d'attaque Bayraktar TB2 détruits sur 36,
  • etc..
On peut affirmer au vu de ces résultats et progressions sur le terrain réalisées par les forces russes que la première phase de leurs opérations militaires est atteinte et d'ailleurs l'Etat Major russe a dévoilé une partie de sa stratégie en Ukraine comme par exemple concernant les villes :
  • La stratégie offensive russe n'est pas de mener des assauts sur les villes ukrainiennes (à l'exception du Donbass) puisque les objectifs ne sont pas d'envahir le pays mais 
- d'annihiler son potentiel militaire offensif qui est au service de l'OTAN, 
- détruire les unités nationalistes qui animent la résurgence du nazisme,  
- imposer pour l'Ukraine une réelle indépendance politique et neutralité militaire, 
- obtenir une reconnaissance officielle de la Crimée et du Donbass.

  • Pour le Donbass, les objectifs sont légèrement différents puisqu'il s'agit ici avec les forces républicaines de Donbass et Lugansk de libérer leurs territoires reconnus par Moscou. Au 25 mars 52% de la RPD et 91% de la RPL ont déjà été libérés et, maintenant que le potentiel de réaction stratégique ukrainien est paralysé, la priorité des opérations dynamiques russes se déroule aujourd'hui dans ces républiques, où est toujours déployé le principal corps de bataille ukrainien.
Au total, plus de 300 villages et localités ont été libérées dans le Donbass par
les forces républicaines des Républiques de Donetsk et Lugansk, appuyées
par les forces russes, comme ici le village de Stepnoe au Sud de Donetsk.
  • Enfin un troisième objectif induit à ce nouveau conflit de haute intensité frappant le coeur de l'Europe est, qu'à son issue, la Russie obtiendra vraisemblablement les garanties juridiques internationales concernant le retrait de l'OTAN de ses frontières qu'elle demande légitimement depuis 30 ans et que le Président Poutine a clairement présenté et argumenté en décembre et janvier dernier.
Sur le terrain on peut observer non pas un "enlisement des forces russes" comme le pérorent les occidentaux mais bien une prudence dans les actions menées, laquelle par exemple donne une priorité à l'emploi posé des missiles de précision après les assauts aériens et terrestres audacieux mais couteux en hommes et matériels observés pendant les 2 premières semaines. Cette évolution tactique visant à sécuriser le personnel militaire, les civils des zones attaqués est justement rendue possible aujourd'hui par la destruction du potentiel de réaction stratégique ukrainienne (même si ici et là on observe des contre attaques locales) qui ne dispose plus de forces aériennes et dépôts stratégiques suffisants pour tenter une contre offensive générale. Et ce ne sont pas les aides militaires occidentales même maximales qui pourront compenser les pertes subies d'autant plus que les voies d'approvisionnement venant de la lointaine Pologne sont de plus en plus soumises aux frappes aériennes russes.

Destruction par missile du centre de commandement 
des forces aériennes ukrainiennes à Vinnitsa le 25 mars

Je ne doute pas que la Russie gagne militairement ce conflit, car elle dispose de la motivation pour en supporter la durée nécessaire et les moyens pour venir à bout des forces ukrainiennes même si ces dernières sont gavées d'aides militaires de l'OTAN et de mercenaires à canon, et même si les pays occidentaux poursuivent leur guerre économique contre la Fédération (dont les dommages collatéraux subis par eux deviendront insupportables). 

Mais il ne faut jamais crier victoire trop tôt car l'évolution en durée et en dureté de ce conflit, et surtout son extension potentielle à d'autres pays peut faire évoluer cette crise internationale dans une autre dimension, tout comme le conflit du Donbass a fini au bout de 8 ans par exploser en Ukraine. Cela dépendra de l'implication de l'OTAN dans le conflit qui, de soutiens politiques en soutiens militaires de plus en plus radicaux, menace d'étendre à son tour ce conflit dans le jeu infernales des alliances.

Aujourd'hui dans leurs progressions et leurs victoires, les forces russes et
républicaines capturent de nombreuses armes et munitions de l'OTAN,
lesquelles sont aussitôt réemployées contre les forces ukrainiennes, comme
par exemple ici un missile antichar étasunien "Javelin" sur lez front de Donetsk.

Comme on peut donc l'observer, tant dans la genèse de ce conflit ukrainien qui a commencé les objectifs du Maïdan que dans sa résolution avec leur abandon définitif, tout dépend de l'OTAN, dont je pense que seule sa dissolution sera une réelle garantie pour protéger la Paix mondiale. Mais malheureusement nous n'en sommes pas encore là !

Erwan Castel


Source : https://alawata-rebellion.blogspot.com/2022/03/jour-j-30-la-consolidation-de-lavantage.html

vendredi 25 mars 2022

Ukrisis-11 : Mélanges

 

• On voit d’abord l’extraordinaire transformation de la narrative (le simulacre, au-delà de la propagande et du mensonge) de l’Ukraine : en quelques mois, de la “nation la plus corrompue d’Europe” avec un président “de plus en plus corrompu et autoritaire”, à une ode à la Résistance héroïque de la démocratie face au monstre russe. • On voit également comment (au Canada) les antivaxx s’opposent radicalement aux vaxx dans l’antirussisme. • On voit combien le soutien à Poutine se renforce en Russie. • On voit enfin la fureur anti-US de la Chine.

De la corruption à la sainteté

‘SummitNews’, le site de Paul Joseph Watson a repris le 22 mars l’émission de la veille du présentateur radio indépendant le plus populaire aux USA. Dans son émission, dite ‘The Joe Rogan Experience’, Rogan a récemment atteint son record d’audience de 40 millions d’auditeurs dans une émission sur la question des vaccins Covid, – dans le sens qu’on peut éventuellement deviner, peu favorable à la chose, ce qui l’a aussitôt placé au cœur de la polémique habituelle, avec accusations, dénonciations, mises au pilori de la communication.

Ancien acteur, ancien pratiquant puis commentateur des arts martiaux, Rogan n’a pas d’engagement politique militant marqué ; ses critiques, qui lui reprochent le plus souvent, disons de ne pas suivre droitement “la ligne du Parti”, le classent comme libertarien et notent, acte totalement subversif et anti-démocratique, qu’il a voté pour Ron Paul à la présidentielle de 2012. D’autres enfin, se découvrant avec une vigueur et un zèle de collabos plus ennemis que critiques, et qui se sont affirmés plus récemment selon les pressions grandissantes du Système contre ce spectre antiSystème sans le savoir qu’est Rogan, l’expédient dans le trou noir du conspirationnisme.

Cette fois Rogan nous fait part de sa stupéfaction de ce qu’on nommerait le “tournant à 180°” de la feuille de route de la bienpensance du bloc-BAO sur ce qu’il importe de penser, – nommons cela ‘narrative’ et n’en parlons plus, – de la valeur morale et démocratique de l’Ukraine. Nous passons en quelques mois (parmi les références citées, quatre sont de l’année 2021) de « la nation la plus corrompue d’Europe » à l’héroïque Ukraine défendant la démocratie au nom de son excellence dans ce domaine, contre le monstre russe. Il nous semblerait, en toute ingénuité, que la stupéfaction de Rogan ne semble pas feinte, ce qui s’accorde justement à son absence de militantisme affirmé et à ses prises de position plus intuitives ou instinctives que politiques.

Voici le texte de Watson sur son site, avec une vidéo de Rogan.

« Joe Rogan a noté sur son podcast que la narrative occidentale sur l'Ukraine a basculé de 180 degrés en quelques semaines, passant du pays ayant un horrible gouvernement corrompu à des alliés héroïques face le fléau russe.

» “Voilà cette capture d'écran que quelqu'un m'a envoyée”, observe Rogan, “sur la façon dont les gens de gauche parlaient de la situation en Ukraine avant la guerre”.

» Il poursuit : “La chose complètement bizarre, c’est qu’ils étaient très désobligeants envers l'Ukraine, et ils parlaient de la corruption massive de l'Ukraine, à quel point c’était horrible là-bas”.

» “Maintenant, tout d’un coup, ils regardent ça comme s’ils étaient des héros. Exactement les mêmes personnes. C’est ça qui est déroutant”, continue Rogan.

» Il lit ensuite lu des extraits de textes référencés dans la capture d'écran, où l’Ukraine est qualifiée de “nation la plus corrompue d’Europe”, avec un président “de plus en plus corrompu et autoritaire” qui cherche à renforcer une “alliance avec l'extrême droite”.

» “Nous sommes censés complètement abandonner la narrative proclamée il y a seulement un an”, constate Rogan.

» Rogan souligne également combien il est insensé que Facebook et d'autres plateformes de médias sociaux approuvent officiellement la rhétorique violente contre les Russes. Il s’exclame : “Qu’est-ce que c’est que ce foutu bordel ? Qu'est-ce que c'est ?” »

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Le bêlement des agneaux

Il y a eu un sondage EXOS au Canada, qui a eu l’idée après tout sympathique de consulter les vaxx (ceux qui se sont fait vacciner Covid) et les antivaxx (les réfractaires) sur leur position vis-à-vis des mesures prises contre la Russie. L’idée est louable, même si son instigateur n’est pas très, très content. Par contre, cela rejoint une conception par ailleurs évidente par son bon sens de Michel Maffesoli qui, décrivant l’état d’esprit de ce qu’il nomme “l’insurrection” des peuples contre la bienpensance des élites, fait un lien entre les deux faits de communication : « C’est marrant comment, d’ailleurs la presse a été servie en la matière, on est passé du tout-covidisme si je puis dire au tout-ukrainisme, avec bien sûr le Camp du Bien et le camp des méchants ». On comprend alors dans quel sens vont ces résultats, qui ont paru d’abord dans le ‘Toronto Star’ et sont notamment relayés par ‘SummitNews’ et par RT.com.

On résume ici les résultats essentiels, le sondage étant plus détaillé mais allant absolument dans le même sens avec des désaccords significatifs jusqu’à être stupéfiants par leur netteté. Il d’agit bien du même mouvement qui est défini par une intervention de PhG déjà citée, où l’on peut effectivement remplacer “guerre” (Ukraine) par “cause” pour bien montrer qu’il s’agit d’un mouvement de refus, d’insurrection contre le Système en général, sa “ligne du Parti”, sa “bienpensance”, son “PC”, appelez cette chose comme il vous plaira, – donc le Covid comme l’Ukraine, exactement même chose, même foyer infectieux pour signifier une attitude générale :

« C’est une guerre où “l’on est contre“ bien plus qu’une guerre où “l’on est pour”. Bien plus qu’une cause à défendre, on y trouve de si nombreuses immondices de la soumission au Système à dénoncer et auxquelles s’opposer ! »  

Voici donc les résultats du sondage sous forme de questions concernant des mesures antirusses, avec réponses favorables des vaxx, et réponses favorables des antivaxx :

• “Sanctions encore plus dures contre la Russie” : 86% des vaxx, 13% des antivaxx ;
• “Saisie des avoir des proches de Poutine” : 85% des vaxx, 13% des non-vaxx ;
• “Embargo du pétrole russe” : 81% des vaxx, 21% des antivaxx :
• “Envoyer plus d’équipements militaires aux Ukrainiens” : 82% des vaxx, 18% des antivaxx
• “Envoyer plus d’aides non-militaires aux Ukrainiens” : 78% des vaxx, 15% des antivaxx
• “Transférer des chasseurs de combat à l’Ukraine” : 52% des vaxx, 15% des non-vaxx ;
• “Envoyer des forces militaires canadiennes en Ukraine” : 30% des vaxx, 11% des a      ntivaxx ;
• “Rien de toutes ces mesures” : 2% des vaxx, 52% des antivaxx ;
• “La Russie est-elle coupable de crimes de guerre ?” 88% des vaxx le croient, 32% des antivaxx ne le croient pas.

Et même par doses, sommet du grotesque pour les sanitaires-Système ! A la question : “D’accord pour plus de sanctions même si cela doit impacter sur la vie au Canada” : pour les vaxx-3 doses et plus : 82% ; pour les vaxx-2 doses : 50% ; pour les antivaxx : 18%

Il faut bien entendu le commentaire plein de sentiment moral bienpensant de Frank Graves, directeur d’EXOS :

« [Il] a déclaré qu'il trouvait les résultats du sondage alarmants, suggérant que les personnes refusant de se faire vacciner étaient “beaucoup plus favorables à la Russie”, et que les résultats mettaient en évidence les “influences hautement corrosives de la désinformation”.

» “Il s'agit sans aucun doute d'une force nouvelle et carrément insidieuse qui contribue à la polarisation, à la désinformation et à la prise de mauvaises décisions. Et cela ne semble pas vouloir s'arrêter. Les choses s'aggravent”, a déclaré M. Graves, comme le rapporte le Toronto Star.

» “Je ne pense pas que ce soit parce que ces personnes avaient une sympathie invétérée pour les Russes. Ils lisent cela en ligne, ils consomment cela à partir des mêmes sources qui leur donnaient les idées antivaxx.”

» En même temps, d’autres ont interprété les résultats du sondage comme un excellent exemple de la rapidité avec laquelle les narrative des médias grand public peuvent changer et de la facilité avec laquelle les masses transfèrent leur soutien zélé d'un sujet à l'autre en fonction de la crise du jour. »

A lire en complément un texte de Marie Hawthorne sur ‘The Organicpaper.com’, avec comme thème : « Pourquoi tant de gens se laissent saigner comme des moutons ? » (ou bien : “Pourquoi tant de gens se laissent saigner comme des poulets qui seraient des moutons”). Tout cela est tellement énorme et grotesque dans le chef de la “moutonnerisation” (mot accouché de la modernité-tardive) forcée qu’il s’agit d’une situation génératrice de formidables tensions, surtout lorsque les sujets sont aussi écrasants qu’une pandémie et qu’une guerre ; de ce fait, il nous semble totalement irréaliste de penser que cette situation de tension, même pour l’absence de pensée, puisse durer sans des effets explosifs dont non ne peut savoir ce qu’ils seront. Mais ils seront !

Des moutons, dit-on ? Sans aucun doute... Mais qui a déjà vu le calme, l’absence d’angoisse, la belle marche commune d’un troupeau de moutons, en constant regroupement pour être ensemble comme un apaisement s’accordant à la grandeur et la beauté également apaisées d’un alpage de montagne, comprend que ce que notre moutonnerie à nous, dans l’excès, l’éructation, le paroxysme, la trouille couarde et l’ignorance passionnée, n’a rien à voir avec la moutonnerie habituelle que la nature ordonne. C’est bien entendu du La Boétie, mais plutôt le vrai La Boétie : cela tient, cela tient, jusqu’au  moment où cela rompt. Ou, comme le disait ‘Le Précepteur’ commentant La Boétie :

« Être libre, c’est cesser d’obéir, mais est-ce que nous comprenons bien ce que cela veut dire, “cesser d’obéir” ? Selon La Boétie, nous comprenons mal ce que signifie “ne pas obéir”. Parce que nous sommes tellement accoutumés à notre servitude que nous imaginons que pour être plus libres que nous ne le sommes, nous devrions nous battre. Nous imaginons que la liberté s’obtient par des actes. Or, “cesser d’obéir”, ce n’est pas agir, c’est au contraire cesser d’agir. Désobéir, ce n’est pas faire quelque chose, c’est cesser de faire quelque chose. »

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Popularité de Poutine

Une rapide introduction pour un texte assez court, qui parle également de sondage, mais celui-là sans complication. Il s’agit de la popularité de Poutine qui est en hausse depuis le commencement d’‘Ukrisis’. A ce moment, elle était de 60% à 62% selon les sondages. Aujourd’hui, elle est autour de 75%.

On en tire la conclusion qu’on veut, y compris qu’il s’agit d’un affreux montage, d’une affreuse FakeNews, d’un truc de vrai-nazi non-ukrainien portant un masque russe. Chacun se fera sa religion avant d’aller à confesse.

Le texte est à nouveau de Paul Joseph Watson, qu’il faut saluer comme passeur vigilant et de qualité de choses qu’on ne trouve habituellement pas le ‘Journal Officiel’. A signaler qu’on parle d’un sondage curieusement effectué par des “sociologues ukrainiens”, et l’on remarque pour notre compte que ce résultat ne doit pas nous étonner pas vraiment car il se dit assez souvent ici et là que la popularité de Poutine est en hausse et dépasse les 70%. Ces deux phrases notamment, d’un autre texte :

« [La Dr Mariya Matskevich, de l'Institut de sociologie de l'Académie des sciences de Russie] note que les sondages démontrent régulièrement, et généralement avec précision, la pertinence de ce modèle, ainsi que la croyance répandue que ce que la Russie fait en Ukraine est de se défendre contre une attaque occidentale. Pour cette raison, le soutien populaire russe à Poutine, à son gouvernement et même à son parti Russie Unie a augmenté depuis le début des hostilités. »

Ces phrases sont d’Alastair Crooke dans son dernier texte sur « Une catastrophe potentielle ». Le texte de Watson, lui, est un classique « Sondages : plus de 75% des Russes soutiennent l’invasion de l’Ukraine », avec un sous-titre qui dit que les Russes s’arrangeraient fort bien de l’emploi d’armes nucléaires. Un autre “détail” souligne la popularité des pays de l’UE chez les Russes, avec 86% d’entre eux d’accord pour une attaque d’un de ces pays... Reste à choisir, – ce qui nous est suggéré, sans surprise par ailleurs ! (Tous les pays de l’ex-Europe de l’Est, ce qui est assez logique, sauf pour la pauvre Hongrie qui ne mérite pas un tel jugement des Russes.) Texte de Watson du 22 mars 2022.

« Un nouveau sondage révèle qu'environ 75 % des Russes seraient favorables à une invasion de la Pologne, tandis qu'un nombre important d'entre eux approuveraient également l'utilisation d'armes nucléaires par leur pays. Les résultats du sondage soulignent que, contrairement à la propagande occidentale, les actions de Vladimir Poutine en Ukraine bénéficient d'un soutien populaire important au sein de sa propre population.

» L'enquête a été menée par des sociologues ukrainiens d'Active Group entre le 11 et le 14 mars et sa marge d’erreur est comprise entre 0,95 et 2,5 %. “L'une des caractéristiques de ce projet est que les appels ont été effectués à l'aide de l'application Viber, et que les enquêteurs ne se sont pas présentés en disant qu'ils appelaient depuis l'Ukraine. En même temps, ils ont utilisé des numéros temporaires pour les appels (les numéros ont été achetés par la vente de numéros virtuels)”, a déclaré le groupe.

» Dans l'ensemble, un pourcentage énorme de 86,6 % des Russes seraient favorables à une forme d'attaque contre un pays de l'Union européenne, tandis que 75,5 % sont favorables à une invasion armée d'un autre pays.

» À la question de savoir quel pays ils aimeraient le plus voir envahir, 75,5 % ont répondu la Pologne, 41 % les pays baltes (Estonie, Lituanie, Lettonie) et 39,6 % la Bulgarie, la République tchèque, la Slovaquie et la Hongrie.

» Sur la question de savoir si la Russie doit utiliser son arsenal nucléaire, 40,3 % considèrent qu'une attaque nucléaire est absolument acceptable, tandis que 34,3 % seraient favorables à une attaque nucléaire contre un autre pays dans une certaine mesure.

» Dans l’ensemble, seuls 25,5 % des Russes ont une opinion négative de l’utilisation des armes nucléaires.

» Bien que ces chiffres puissent sembler alarmants, un nombre inquiétant d'Américains semble également prêt à risquer de déclencher la troisième guerre mondiale pour aider l'Ukraine. 35 % des citoyens US interrogées dans le cadre d'un sondage Pew ont déclaré qu'elles étaient prêtes à risquer l'armistice nucléaire pour affronter la Russie au sujet de l'Ukraine. »

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Chine furieuse, désormais prête à la riposte

Il y a eu de violentes réactions chinoises après l’annonce, avant-hier, par le secrétaire d’État, de nouvelles sanctions des USA contre la Chine au nom de la défense des droits de l’homme pour les populations Ouighours.

« S'exprimant lors d'une conférence de presse régulière mardi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Wang Wenbin, a accusé les États-Unis de “salir la Chine, d'opprimer les fonctionnaires chinois sans raison, de violer le droit international... et de s'ingérer grossièrement dans les affaires intérieures de la Chine”.

Wang a déclaré que Pékin répondrait par des "contre-mesures réciproques" si les États-Unis ne révoquaient pas immédiatement leurs sanctions.

Cette déclaration est intervenue après que le secrétaire d'État américain Antony Blinken a accusé le gouvernement chinois de commettre un "génocide et des crimes contre l'humanité" à l'encontre des Ouïghours, une minorité ethnique musulmane vivant principalement dans la région du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine. Il a ajouté que Washington a mis sur une liste noire les responsables chinois qui, selon elle, se sont rendus coupables de violations des droits de l'homme.

M. Wang a répondu en qualifiant les États-Unis de "plus grand violateur des droits de l'homme au monde", dont le traitement historique des Amérindiens "constitue un génocide de facto". Il a également critiqué Washington pour la "discrimination raciale systémique de longue date" dont sont victimes les Noirs américains.

Ces commentaires anti-US violents confirment l’analyse de M.K. Bhadrakumar, dans un texte du 20 mars 2022. Bhadrakumar  explique comment il perçoit l’évolution accélérée de la Chine vers une proximité opérationnelle de la Russie, alors qu’il n’y avait jusqu’ici qu’un soutien “unidimensionnel” effectif mais très prudent de l’action de la Russie en Ukraine :

« La position chinoise sur les développements autour de l'Ukraine était initialement unidimensionnelle, à savoir qu'il n'y a aucune comparaison concevable entre les questions de l'Ukraine et de Taïwan, car elles sont fondamentalement différentes, parce que Taïwan fait partie de la Chine, alors que l'Ukraine est un pays indépendant. Dans les faits, cette position était correcte. »

... Elle était théoriquement correcte mais, désormais la Chine passe à une vision opérationnelle concrète nouvelle, qui la place sans aucune ambiguïté au côté de la Russie, – dans le genre “Ukraine-Taiwan, même combat”. Cette évolution doit beaucoup au désordre et à l’absurdité contradictoire des États-Unis qui, dans une même dynamique, conversent avec la Chine (entretien Xi-Biden) puis lancent une violente attaque (voir ci-dessus) en menaçant la Chine de nouvelles sanctions sur la question des Ouïghours, – vieille technique maligne de la carotte et du bâton, sauf que la carotte est pourrie et le bâton plutôt en balsa qu’en chêne.

M.K. poursuit : « Dans l'avalanche de commentaires chinois sur le conflit ukrainien, un rapport qui retient l'attention par son incisivité et sa perspicacité est une interview parue dans le ‘Global Times’ intitulée ‘Le conflit Russie-Ukraine peut être considéré comme un “modèle” des actions possibles des États-Unis en Asie : Zheng Yongnia, – le fantôme de l'OTAN’.

» Zheng Yongnian est surtout connu comme une autorité internationale en matière de politique chinoise, d’économie politique et du PCC. Il a affirmé catégoriquement que l'expansion de l’OTAN ne s’arrêtera pas et qu’elle s’étendra probablement à l'Asie.

» Selon lui, les États-Unis sont déjà en train de mettre en place “le prototype d'une “OTAN asiatique”, –  faisant référence à l'AUKUS, au Quad, au Five Eyes, à la stratégie indo-pacifique, aux démarches des États-Unis vis-à-vis du Vietnam et de Singapour. Deuxièmement, il a déclaré que la Chine devait s’attendre à une crise de type ukrainien dans “de nombreux pays et régions” d’Asie et que “l'expansion de l’OTAN ne s’arrêtera que lorsqu’un autre bloc pourra lui faire concurrence et constituer un contrepoids”.

» Troisièmement, si l'ouverture économique et l'interdépendance de la Chine sont ses points forts, cela n’empêchera peut-être pas une guerre mais pourra probablement la ralentir. Il a déclaré sans ambages : “Une fois que des conflits féroces se produiront entre la Chine et les États-Unis, ces derniers excluront-ils la Chine du système SWIFT comme ils l'ont fait avec la Russie ? Mon opinion est : 100 % OUI”. Cela dit, l'économie chinoise, profondément ancrée dans l'Occident, peut faire faire subir à ce dernier une réelle souffrance. »

 Mis en ligne le 23 mars 2022 à 11H10

Source : https://www.dedefensa.org/article/ukrisis-11-melanges