vendredi 27 septembre 2019

Quand le Parlement européen manipule l’Histoire, par Olivier Berruyer

Voici l’incroyable résolution votée la semaine passée par le Parlement européen – qui a défaut de faire l’Histoire, tente de la réécrire…
Je vous renvoie vers cet article qui donne une analyse plus générale.
On voit bien le danger de laisser un Parlement, quel qu’il soit, s’emparer de l’Histoire.
Voici donc la résolution, commentée par mes soins… OB

Résolution du Parlement européen du 19 septembre 2019 sur l’importance de la mémoire européenne pour l’avenir de l’Europe (2019/2819(RSP))

Le Parlement européen,
– vu les principes universels des droits de l’homme et les principes fondamentaux de l’Union européenne en tant que communauté fondée sur des valeurs communes,
– vu la déclaration effectuée le 22 août 2019 par le premier vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, et par la commissaire Věra Jourová, dans la perspective de la «Journée européenne du souvenir» pour la commémoration des victimes de tous les régimes totalitaires et autoritaires,
– vu la déclaration universelle des droits de l’homme des Nations unies, adoptée le 10 décembre 1948,
– vu sa résolution du 12 mai 2005 sur le soixantième anniversaire de la fin de la deuxième guerre mondiale en Europe (8 mai 1945)(1),
– vu la résolution 1481 sur la nécessité d’une condamnation internationale des crimes des régimes communistes totalitaires, adoptée par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe le 26 janvier 2006,
– vu la décision-cadre 2008/913/JAI du Conseil du 28 novembre 2008 sur la lutte contre certaines formes et manifestations de racisme et de xénophobie au moyen du droit pénal(2),
– vu la déclaration sur la conscience européenne et le communisme, adoptée à Prague le 3 juin 2008,
– vu sa déclaration sur la proclamation du 23 août comme Journée européenne de commémoration des victimes du stalinisme et du nazisme, adoptée le 23 septembre 2008(3),
– vu sa résolution du 2 avril 2009 sur la conscience européenne et le totalitarisme(4),
– vu le rapport de la Commission du 22 décembre 2010 sur la mémoire des crimes commis par les régimes totalitaires en Europe (COM(2010)0783),
– vu les conclusions du Conseil des 9 et 10 juin 2011 sur la mémoire des crimes commis par les régimes totalitaires en Europe,
– vu la déclaration de Varsovie du 23 août 2011 sur la Journée européenne de commémoration des victimes des régimes totalitaires,
– vu la déclaration commune du 23 août 2018 des représentants des gouvernements des États membres de l’Union en l’honneur des victimes du communisme,
– vu sa résolution historique sur la situation en Estonie, en Lettonie et en Lituanie, adoptée le 13 janvier 1983 à la suite de l’«Appel baltique» lancé par 45 ressortissants de ces trois pays,
– vu les résolutions et les déclarations sur les crimes des régimes communistes totalitaires adoptées par plusieurs parlements nationaux,
– vu l’article 132, paragraphes 2 et 4, de son règlement intérieur,
A. considérant que 2019 marque le 80e anniversaire du début de la Seconde Guerre mondiale, qui a causé des souffrances humaines d’une ampleur sans précédent et conduit à l’occupation de pays européens pendant de nombreuses décennies;
B. considérant qu’il y a 80 ans, le 23 août 1939, l’Union soviétique communiste et l’Allemagne nazie ont signé un pacte de non-agression, connu sous le nom de pacte germano-soviétique ou pacte Molotov-Ribbentrop, dont les protocoles secrets partageaient l’Europe et les territoires d’États indépendants entre les deux régimes totalitaires selon des sphères d’influence, ouvrant la voie au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale;
OB : Moi qui croyait que c’était d’abord la conséquence du Traité de Versailles, de la volonté nazie (exprimée dans Mein Kampf), de la crise de 1929, du chômage te de la misère, de l’absence de réaction face aux multiples violations du Traité de Versailles, des accords de Munich et du refus par les franco-anglais de traiter sérieusement la proposition d’alliance soviétique… (entre autres…)
C. considérant que, parmi les conséquences directes du pacte germano-soviétique et du traité germano-soviétique d’amitié, de coopération et de délimitation du 28 septembre 1939 qui s’ensuivit, l’on compte: l’invasion de la République de Pologne, d’abord par Hitler, puis par Staline deux semaines plus tard, qui a brutalement privé le pays de son indépendance et représenté un drame sans précédent pour la nation polonaise; le déclenchement par l’Union soviétique communiste d’une guerre d’agression contre la Finlande le 30 novembre 1939; l’occupation et l’annexion en juin 1940 par l’Union soviétique de parties du territoire roumain, qui n’ont jamais été restituées; et l’annexion des républiques indépendantes de Lituanie, de Lettonie et d’Estonie;
OB : Et peut-être l’invasion de l ‘URSS aussi, non ?
D. considérant qu’après la défaite du régime nazi et la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’après-guerre a été synonyme, pour certains pays d’Europe, de reconstruction et de réconciliation, tandis que d’autres sont restés, pendant un demi-siècle, soumis à des dictatures, parfois sous l’occupation ou l’influence directe de l’Union soviétique, et privés de liberté, de souveraineté, de dignité, de droits fondamentaux et de développement socio-économique;
E. considérant que si les crimes du régime nazi ont été jugés et punis lors du procès de Nuremberg, il reste urgent de sensibiliser l’opinion publique, de dresser un bilan moral de cette période et de mener des enquêtes judiciaires sur les crimes du stalinisme et d’autres dictatures;
OB : “urgent” ?
F. considérant que, dans certains États membres, la loi interdit les idéologies communiste ou nazie;
OB : Par chance, ils ne sont plus “privés de liberté, de souveraineté, de dignité, de droits fondamentaux… surtout les communistes locaux, donc.
G. considérant que l’intégration européenne a constitué, dès l’origine, une réponse aux souffrances causées par les deux guerres mondiales et la tyrannie nazie qui a conduit à l’Holocauste, ainsi qu’à l’expansion des régimes communistes totalitaires et non démocratiques en Europe centrale et orientale, et que cette intégration a permis de surmonter de profondes divisions et de vives hostilités grâce à la coopération et à l’intégration, de mettre un terme à la guerre et de garantir la démocratie en Europe; considérant que, pour les pays européens qui ont souffert de l’occupation soviétique ou d’une dictature communiste, l’élargissement de l’Union européenne à partir de 2004 a marqué leur retour au sein de la famille européenne, à laquelle ils appartiennent;
OB : Il faut quand même reconnaître que, plus c’est gros, plus ça passe…
H. considérant qu’il convient d’entretenir la mémoire du passé tragique de l’Europe, afin d’honorer les victimes, de condamner les auteurs de crimes et de jeter les bases d’une réconciliation fondée sur la vérité et l’œuvre de mémoire;
I. considérant que la commémoration des victimes des régimes totalitaires, la reconnaissance et la prise de conscience des séquelles, communes à toute l’Europe, laissées par les crimes commis par les dictatures communistes, nazie et autres revêtent une importance cruciale pour maintenir l’unité de l’Europe et de ses peuples et construire une Europe à même de résister aux menaces extérieures contemporaines;
OB : la manipulation de la mémoire…
J. considérant qu’il y a 30 ans, le 23 août 1989, à l’occasion du 50e anniversaire du pacte germano-soviétique, en mémoire des victimes des régimes totalitaires, deux millions de Lituaniens, de Lettons et d’Estoniens se sont donné la main pour former la «Voie balte», une chaîne humaine et manifestation sans précédent qui allait de Vilnius à Tallinn en passant par Riga;
K. considérant que bien que le Congrès des députés du peuple de l’URSS ait condamné, le 24 décembre 1989, la signature du pacte germano-soviétique ainsi que les autres accords conclus avec l’Allemagne nazie, en août 2019, les autorités russes ont rejeté toute responsabilité dans ce pacte et ses conséquences et promeuvent désormais une théorie selon laquelle la Pologne, les États baltes et l’Europe de l’Ouest sont en réalité les véritables instigateurs de la Seconde Guerre mondiale;
OB : Euh, primo, il est clair que le sort dramatique de la Pologne après la guerre ne l’exonère en rien de son attitude avant la guerre, qui a, comme d’autres élément, concouru à la survenance du drame
Secundo, il faut aussi se rappeler que la Russie n’est pas complètement l’URSS – Staline était géorgien, et je ne pense pas que la Géorgie s’excuse plus que la Russie…
Et puis : “En 2009, invité pour les commémorations des 70 ans de l’invasion de la Pologne, Vladimir Poutine, à l’époque Premier ministre russe, avait qualifié les pactes conclus avec les nazis entre 1934 et 1939 de «moralement inacceptables», condamnant ainsi l’accord Ribbentrop-Molotov… mais aussi les accords signés par les autres puissances de l’époque avec les nazis.
«Nous devons admettre ces erreurs. Notre pays l’a fait. Le Parlement russe a condamné le Pacte Molotov-Ribbentrop. Nous sommes en droit d’attendre la même chose des autres pays qui ont également conclu des accords avec les nazis», avait-il déclaré. […]
En 2009, la Russie a rendu publiques des archives soviétiques dépeignant une Pologne d’avant-guerre très hostile à l’URSS et plus favorable à l’Allemagne nazie. L’ambassadeur de Pologne à Washington aurait ainsi déclaré en 1937 au cours d’une réunion avec un haut responsable du département d’Etat américain : «La Pologne ne voit pas de menace provenant de l’Allemagne nazie. La priorité est d’isoler l’Union soviétique.»
Le pays aurait aussi, toujours selon ces documents, tenté d’attiser, via des agents, des révoltes de minorités ethniques d’URSS pour provoquer sa dislocation.” (source)
L. considérant que la commémoration des victimes des régimes totalitaires et autoritaires, la reconnaissance et la prise de conscience des séquelles, communes à toute l’Europe, laissées par les crimes commis par les dictatures stalinienne, nazie et autres revêtent une importance cruciale pour maintenir l’unité de l’Europe et de ses peuples et construire une Europe à même de résister aux menaces extérieures contemporaines;
OB : Incroyable, il semble que les députés se soient trompés en faisant un copier coller du I/ précédent, à peine modifié… Jouez au jeu des 7 erreurs, je le remets :
I. considérant que la commémoration des victimes des régimes totalitaires, la reconnaissance et la prise de conscience des séquelles, communes à toute l’Europe, laissées par les crimes commis par les dictatures communistes, nazie et autres revêtent une importance cruciale pour maintenir l’unité de l’Europe et de ses peuples et construire une Europe à même de résister aux menaces extérieures contemporaines;
M. considérant que des groupes et des partis politiques ouvertement radicaux, racistes et xénophobes incitent à la haine et à la violence dans la société, par exemple par la diffusion en ligne de discours de haine, qui conduisent souvent à une montée de la violence, de la xénophobie et de l’intolérance;
1. rappelle que, comme en dispose l’article 2 du traité sur l’Union européenne, l’Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d’égalité, de l’état de droit, ainsi que de respect des droits de l’homme, y compris des droits des personnes appartenant à des minorités; que ces valeurs sont communes à tous les États membres;
2. souligne que la Seconde Guerre mondiale, conflit le plus dévastateur de l’histoire de l’Europe, a été déclenchée comme conséquence immédiate du tristement célèbre pacte de non-agression germano-soviétique du 23 août 1939, également connu sous le nom de pacte Molotov-Ribbentrop, et de ses protocoles secrets, dans le cadre desquels deux régimes totalitaires ayant tous deux l’objectif de conquérir le monde se partageaient l’Europe en deux sphères d’influence;
3. rappelle que les régimes communistes et nazi sont responsables de massacres, de génocide, de déportations, de pertes en vies humaines et de privations de liberté d’une ampleur sans précédent dans l’histoire de l’humanité, qui auront à jamais marqué le XXe siècle; rappelle que le régime nazi est coupable de ce crime abject qu’est l’Holocauste; condamne sans réserve les actes d’agression, les crimes contre l’humanité et les atteintes aux droits de l’homme à grande échelle perpétrés par les régimes totalitaires nazi, communistes et autres;
4. témoigne son profond respect à chacune des victimes de ces régimes totalitaires et demande aux institutions de l’Union européenne et aux parties prenantes de tout mettre en œuvre pour faire en sorte que ces crimes abjects contre l’humanité et ces atteintes graves et systématiques aux droits de l’homme commis par les régimes totalitaires ne sombrent pas dans l’oubli et soient jugés, et garantir que ces crimes ne se reproduisent jamais plus; souligne l’importance d’entretenir la mémoire du passé, car il n’y a pas de réconciliation sans travail de mémoire, et réaffirme qu’il s’élève d’une seule voix à tout régime totalitaire, quelle que soit l’idéologie qui l’étaie;
OB : c’est assez incroyable de lire ça dit comme ça…
5. demande à tous les États membres de l’Union de procéder à une évaluation claire et fondée sur les principes en ce qui concerne les crimes et actes d’agression commis par les régimes communistes totalitaires et le régime nazi;
6. condamne toute démonstration et toute propagation d’idéologies totalitaires, telles que le nazisme et le stalinisme, dans l’Union européenne;
7. condamne le révisionnisme historique et la glorification des collaborateurs nazis qui ont cours dans certains États membres de l’Union; s’alarme de l’acceptation, qui va croissant, d’idéologies radicales et d’une régression vers le fascisme, le racisme, la xénophobie et d’autres formes d’intolérance au sein de l’Union européenne; se dit préoccupé par les informations faisant état de collusions, dans certains États membres, entre, d’un côté, des dirigeants politiques, partis politiques et autorités chargées de faire appliquer la loi et, de l’autre, des mouvements radicaux, racistes et xénophobes ayant diverses étiquettes politiques; demande aux États membres de condamner ces actes le plus fermement possible, car ils ébranlent les valeurs de l’Union que sont la paix, la liberté et la démocratie;
8. demande à tous les États membres de célébrer le 23 août, Journée européenne de commémoration des victimes des régimes totalitaires, tant au niveau de l’Union qu’au niveau national, et de sensibiliser la jeune génération à ces problématiques en incorporant, dans les programmes et manuels scolaires de toutes les écoles dans l’Union européenne, l’histoire des régimes totalitaires et l’analyse des séquelles qu’ils ont laissées; demande aux États membres de soutenir la conservation de traces écrites du passé trouble de l’Europe, par exemple en faisant traduire les comptes rendus des procès de Nuremberg dans toutes les langues de l’Union européenne;
9. demande aux États membres de condamner et de combattre la négation de l’Holocauste sous toutes ses formes, notamment la banalisation et la minimisation des crimes commis par les nazis et leurs collaborateurs, et de veiller à ce que les discours politiques et médiatiques soient exempts de ce type de banalisation;
10. réclame une culture mémorielle partagée, qui dénonce les crimes commis par le passé par les régimes fasciste, stalinien et autres régimes autoritaires, de manière à permettre notamment à la jeune génération d’acquérir la résilience nécessaire pour faire face aux menaces auxquelles la démocratie est confrontée à l’heure actuelle; invite les États membres à encourager l’éducation, par l’intermédiaire de la culture grand public, à la diversité de nos sociétés et à la connaissance de notre histoire commune, notamment les atrocités de la Seconde Guerre mondiale, telles que l’Holocauste, et la déshumanisation systématique des victimes pendant de nombreuses années;
OB : Mais quelles sont donc ces “aux menaces auxquelles la démocratie est confrontée à l’heure actuelle” : je le vois pour ma part surgir régulièrement du Parlement Français macronisé.
11. demande que le 25 mai (anniversaire de l’exécution de Witold Pilecki, héros d’Auschwitz) soit proclamé Journée mondiale des héros de la lutte contre le totalitarisme, ce qui constituera une marque de respect et un hommage à tous ceux qui, en luttant contre la tyrannie, ont fait preuve d’héroïsme et d’un véritable amour du genre humain et indiquera clairement aux générations futures quelle attitude il faut adopter face à la menace de l’asservissement totalitaire;
OB : oui, cette journée mondiale semble clairement à la hauteur de l’enjeu
12. demande à la Commission de fournir un soutien concret aux projets de travail de mémoire et de souvenir historique dans les États membres ainsi qu’aux activités de la plateforme pour la mémoire et la conscience européennes, et d’affecter des ressources financières suffisantes, dans le cadre du programme «L’Europe pour les citoyens», au soutien à la commémoration et au souvenir des victimes du totalitarisme, comme demandé dans la position du Parlement sur le programme «Droits et valeurs» 2021‑2027;
13. déclare que l’intégration européenne en tant que modèle de paix et de réconciliation résulte du libre choix des peuples de l’Europe de s’engager sur la voie d’un avenir partagé et que l’Union européenne a la responsabilité particulière de promouvoir et de préserver la démocratie, le respect des droits de l’homme et l’état de droit, non seulement à l’intérieur mais aussi à l’extérieur de son territoire;
14. fait observer qu’en adhérant à l’Union européenne et à l’OTAN, les pays d’Europe centrale et orientale ont non seulement pu retourner dans le giron de l’Europe libre et démocratique, mais ont aussi réussi, avec l’aide de l’Union européenne, à mettre en œuvre des réformes et à entrer dans une dynamique de développement socio-économique; souligne toutefois que la possibilité d’adhérer à l’Union devrait demeurer ouverte à d’autres pays européens, comme le dispose l’article 49 du traité sur l’Union européenne;
OB : Mais qu’est-ce que vient faire l’OTAN dans ce texte ? Quant au reste, je ne pense pas que la Grèce approuve ce message
15. maintient que la Russie reste la plus grande victime du totalitarisme communiste et que sa transformation en un État démocratique sera entravée aussi longtemps que le gouvernement, l’élite politique et la propagande politique continueront de blanchir les crimes communistes et de glorifier le régime totalitaire soviétique; invite par conséquent la société russe à accepter son passé tragique;
OB : c’est là où on voit que les types ont vraiment perdu pied… Ces irresponsables ne seront heureux que quand on sera définitivement fâchés avec la Russie semble-t-il.
16. s’inquiète vivement des efforts déployés par les dirigeants de la Russie d’aujourd’hui pour déformer les faits historiques et blanchir les crimes commis par le régime totalitaire soviétique; considère ces tentatives comme un élément dangereux de la guerre de l’information qui est menée contre l’Europe démocratique et qui cherche à diviser notre continent; demande dès lors à la Commission d’agir de manière décisive pour contrecarrer ces tentatives;
17. se dit préoccupé par le fait que des symboles de régimes totalitaires continuent à être utilisés dans les espaces publics et à des fins commerciales, tout en rappelant qu’un certain nombre de pays européens ont interdit l’utilisation de symboles nazis et communistes;
OB : Ah, l’Europe libre veut donc interdire, 30 ans après la fin de l’URSS, les symboles communistes…
18. constate que le maintien, dans les espaces publics (parcs, places, rues, etc.) de certains États membres, de monuments et de mémoriaux glorifiant les régimes totalitaires ouvre la voie à la dénaturation des faits historiques relatifs aux conséquences de la Seconde Guerre mondiale ainsi qu’à la propagation d’un système politique totalitaire;
OB : Donc là ils parlent des communistes – les symboles de l’Armée rouge, ça compte donc là dedans ?
19. condamne le recours croissant par les forces politiques extrémistes et xénophobes en Europe à la dénaturation des faits historiques et leur emploi d’une symbolique et d’une rhétorique qui font écho à certains aspects de la propagande totalitaire, à savoir le racisme, l’antisémitisme et la haine à l’égard des minorités, sexuelles ou autres;
OB : Et à l’évidence, ce Parlement s’y connait en “dénaturation des faits historiques”…
20. invite instamment les États membres à veiller au respect des dispositions de la décision‑cadre du Conseil, afin de lutter contre les organisations qui diffusent des discours de haine et sèment la violence dans l’espace public et en ligne, et à interdire véritablement les groupes néofascistes et néonazis et toute autre fondation ou association qui exalte et glorifie le nazisme et le fascisme ou toute autre forme de totalitarisme, tout en respectant l’ordre juridique national et la compétence nationale en la matière;
21. souligne qu’il convient de continuer de puiser dans le passé tragique de l’Europe l’inspiration morale et politique nécessaire pour relever les défis du monde contemporain, et en particulier pour lutter pour un monde plus juste, bâtir des sociétés et communautés tolérantes et ouvertes qui accueillent les minorités sexuelles, religieuses et ethniques, et s’assurer que les valeurs européennes bénéficient à tous;
22. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, aux gouvernements et aux parlements des États membres, à la Douma d’État de la Fédération de Russie ainsi qu’aux parlements des pays du partenariat oriental.
OB : c’est une bonne idée, quand on insulte quelqu’un, de lui envoyer le tas de boue, ça améliore les relations. Attendons la réponse – je parie sur une résolution condamnant Munich, et la colonisation…
Ces gens sont fascinants : on a un début de réchauffement avec la Russie par la Président Macron, et il faut que, sans raison, ces politiciens irresponsables jettent de l’huile sur le feu.
Le Canard Enchaîné de la semaine passée a pourtant bien pointé les risques majeurs :
Comment ces irresponsables vont déterrer la dernière guerre, pour se rapprocher de la suivante – qui sera probablement, pour le coup, “la der des ders”.

(1)JO C 92 E du 20.4.2006, p. 392.
(2)JO L 328 du 6.12.2008, p. 55.
(3)JO C 8 E du 14.1.2010, p. 57.
(4)JO C 137 E du 27.5.2010, p. 25.
Voici le détail des votes :
Les Pour :
Les Contre et ensuite les Abstentions :
Certains votes “pour” :
Les 4 seuls Français ayant voté contre :
L’analyse détaillée des votes, par pays et parti, est disponible ici, de façon bien plus conviviale que sur le site du Parlement européen.
La réaction du groupe de gauche au Parlement européen :
EDIT : suite à vos demandes, je vous confirme qu’il semble qu’aucun média n’ait apparemment traité du sujet :





mardi 24 septembre 2019

Michel Onfray lance l'université populaire nomade - présentation et règlement de comptes


PETITION : Non à une transaction pénale pour Stéphane Moreau

A Monsieur le Ministre de la Justice Koen Geens,
A Monsieur le Procureur Général de Liège Christian De Valkeneer,
Aux membres de la Chambre du Conseil,
Selon la presse de ce 23 septembre, Mr Stéphane Moreau pourrait n’avoir jamais à s’expliquer devant le tribunal correctionnel des faits qui lui sont reprochés dans plusieurs dossiers, à commencer par la gestion passée de Tecteo (devenu Publifin puis Enodia) et du fonds de pension Ogeo. M. Moreau et le parquet général se sont entendus sur le principe d’une transaction pénale en lieu et place d’un procès.
Au vu des rebondissements qu’ont déjà connu les affaires sur la gestion des intercommunales en Belgique et principalement celle concernant la société Publifin, nous estimons que la justice doit aller jusqu’au bout des procédures entamées afin que toute la lumière soit faite et que la population puisse être informée en toute transparence des pratiques qui ont eu cours dans la gestion d’organismes publics.
Nous considérons que lorsque des mandataires publics sont impliqués dans des malversations supposées, il est inadmissible de permettre l’utilisation de procédures telles que la transaction pénale. La transparence et la justice pour tous doivent être l’essence même de la démocratie.

vendredi 30 août 2019

Images, causes réelles, effets, importance…: démêlez le vrai du faux sur les incendies en Amazonie

Images, causes, effets, ampleur réelle,…: démêlez le vrai du faux sur les incendies en Amazonie – © Tous droits réservés
Fausses photos, noms d’oiseaux entre les présidents brésilien Jair Bolsonaro et français Emmanuel Macron, thèses complotistes, accusations fantaisistes : les incendies en Amazonie font depuis quelques jours l’objet de nombreuses polémiques, controverses, mais aussi de quelques fantasmes. On a essayé de démêler pour vous le vrai du faux, en gardant l’esprit le plus critique possible, en 10 affirmations vérifiées :

1°) La plupart des images spectaculaires, sur les réseaux sociaux, montrant des forêts en flammes en Amazonie, jusqu’ici étaient fausses : VRAI

Nous y avons déjà consacré un article : énormément de photos circulant sur les réseaux sociauxpour sensibiliser les citoyens aux incendies en Amazonie étaient fausses. Pas fausses dans le sens truquées, mais dans le sens où elles ont été prises soit à une autre période, soit carrément hors de l’Amazonie.
Pas nécessairement par volonté de désinformation, comme le soulignait Patrick Verviers, Président du Conseil supérieur de l’éducation aux médias, dans Matin première : mais plutôt parce qu’on a cherché à illustrer son post avec une photo spectaculaire, sans vérifier la source.
Images, causes, effets, ampleur réelle,…: démêlez le vrai du faux sur les incendies en Amazonie – © Tous droits réservés
Le problème, c’est que jusqu’ici, des photos spectaculaires comme on a l’habitude d’en voir des feux de forêt en Europe du Sud ou en Amérique du Nord, il n’y en avait tout simplement pas. Notamment parce qu’on est ici face à des feux de végétation, au bord d’une forêt humide, où les arbres ne “flambent” pas, à moins d’avoir été coupés auparavant (voir ci-dessous).
D’où la tentation de reprendre ces photos, comme dans le tweet ci-dessus. Même Emmanuel Macron s’est visiblement trouvé dans le cas, lui qui a illustré d’une photo datant de plus de 15 ans son appel à réagir au G7…

2°) Toutes les photos qui circulent sur l’Amazonie sont des faux, on n’a aucune preuve que ça brûle : FAUX

Ce n’est pas parce que certaines photos sont faussées qu’on peut douter du fait. Les images satellites de la NASA sont elles, incontestables. Ce sont d’ailleurs les données recueillies par les satellites qui ont permis d’objectiver les cris d’alarmes lancés par les ONG : oui, il y avait bien un nombre important d’incendies, largement supérieur aux années précédentes à la même période.
D’autre part, à défaut d’arbres en flammes, l’agence AFP a fourni un certain nombre de photos récentes avec d’impressionnantes colonnes de fumée.
Photo aérienne de feux dans la forêt amazonienne à environ 63 km de Porto Velho, dans l’Etat septentrional brésilien de Rondonia, le 23 août 2019 – © Carl DE SOUZA AFP
Et enfin, l’association Greenpeace vient de diffuser une série de photos assez impressionnantes des dégâts causés par les incendies. Il s’agit certes d’une organisation politiquement engagée, mais dont les sources et documents ont toujours jusqu’ici été jugés fiables.
Images, causes, effets, ampleur réelle,…: démêlez le vrai du faux sur les incendies en Amazonie – © Tous droits réservés

3°) Les incendies en Amazonie produisent tellement de fumée qu’ils ont plongé Sao Paolo dans le noir : FAUX

Ça a été un des exemples donnés pour montrer les conséquences de ces incendies : cette grande ville brésilienne plongée dans l’obscurité, c’était l’Amazonie qui brûlait.
3°) Les incendies en Amazonie produisent tellement de fumée qu’ils ont plongé Sao Paolo dans le noir : FAUX
Ça a été un des exemples donnés pour montrer les conséquences de ces incendies : cette grande ville brésilienne plongée dans l’obscurité, c’était l’Amazonie qui brûlait.
Sauf que, a rectifié 20minutes.fr, c’était loin d’être le seul facteur. “C’était la combinaison de deux facteurs : un air froid, provenant de l’océan, dans les couches les plus basses de l’atmosphère, et un air chaud et pollué venant de l’ouest qui a apporté de la suie “, a expliqué au site français Franco Nadal Villela, météorologiste à l’Institut national de météorologie du Brésil (INMET).
Cette suie aurait “augmenté l’humidité de l’atmosphère”, contribuant à assombrir les nuages. Ce phénomène avait été observé pour la dernière fois en 2010. De plus, les incendies qui touchent massivement le Brésil ne sont pas tous localisés en Amazonie, comme le montre là aussi la carte satellite de la NASA.

4°) Il y a des endroits dans le monde où il y a plus d’incendies qu’en Amazonie, et dont on ne parle pas : VRAI

Images, causes, effets, ampleur réelle,…: démêlez le vrai du faux sur les incendies en Amazonie – © Tous droits réservés
Une nouvelle fois, les cartes satellites sont parlantes : en ce moment, il y a plus d’incendies en Afrique subsaharienne et à Madagascar, qu’en AmazonieBloomberg a fait le décompte pour la période du 22 au 24 août : on dénombrait 6.902 incendies en Angola au cours des dernières 48 heures, contre 3.395 en République démocratique du Congo et 2.127 au Brésil.
Si on en parle peu, c’est que ces feux “de saison” sont courants : ils ne sont pas dus à la sécheresse ni à la pollution, mais bien aux pratiques agricoles. La “culture sur brûlis”, technique peu coûteuse et facile à appliquer, consiste à couper le bois puis le brûler. La couche de cendres fournit aux terres défrichées une couche riche en nutriments pour aider à fertiliser les cultures.

5°) Les incendies en Amazonie sont les plus graves parce que c’est le poumon de la planète : FAUX, mais…

OK, il y a plus d’incendies en Afrique, mais ici, c’est plus grave, car l’Amazonie est le “poumon de la planète”, a-t-on pu lire.
Or, les scientifiques contestent cette appellation pour la forêt amazonienne. Car oui, les arbres “consomment” du CO2, mais surtout en phase de croissance. Les forêts produisent de l’oxygène, mais elles en consomment aussi. Et même si l’Amazonie est la plus grande forêt tropicale du monde, elle ne représente que 10% des forêts mondiales également émettrices d’oxygène. “Et surtout, le producteur numéro 1 d’oxygène, c’est l’océansouligne le professeur Alain Pave, ex-directeur du programme Amazonie du CNRS, au Huffington Post. Il fournit à lui seul la majorité de l’oxygène que nous respirons“.
Là où la déforestation et les incendies en Amazonie sont inquiétants, c’est plutôt pour la biodiversité, rappelle le Huffington : “Un quart des espèces mondiales y sont présentes, soit quelque 30.000 espèces de plantes, 2500 de poissons, 1500 d’oiseaux, 500 de mammifères, 550 de reptiles et 2,5 millions d’insectes“.

6°) Une forêt humide ne peut pas brûler : VRAI et FAUX

C’est une remarque que beaucoup d’internautes nous ont adressée : “L’Amazonie ne peut pas brûler, car il s’agit d’une forêt humide“. La remarque est pertinente, et c’est justement ce qui explique que les images des feux en Amazonie sont bien moins spectaculaires que d’autres, comme expliqué plus haut. “En général les feux ne rentrent pas dans les forêts. Une forêt tropicale n’est généralement pas inflammable“, car elle est humide, a expliqué Jeffrey Chambers, spécialiste des forêts tropicales, à l’AFP.
L’essentiel des feux actuellement actifs en Amazonie sont donc des feux de végétation, volontaires. Quand le feu parvient à pénétrer dans la forêt “primaire“,, intacte, il reste souvent contenu à la végétation au sol et n’atteint généralement pas le sommet des arbres, 30 mètres plus haut. Mais l’effet peut être terrible, même retardé : les blessures aux troncs des arbres mettront du temps à les faire périr…

7°) Les incendies sont un phénomène habituel à cette période de l’année : VRAI, mais…

C’est un des arguments de Jair Bolsonaro pour minimiser l’importance de cette vague d’incendies : “Nous sommes dans une saison traditionnellement chaude, sèche, avec des vents forts durant laquelle, malheureusement, des incendies se produisent chaque année dans la région amazonienne“.
Sur ce point précis, il n’a pas tort : “Chaque année, le nombre d’incendies et de parcelles défrichées augmente en juillet au Brésilexplique Catherine Aubertin, économiste de l’environnement, au Monde. Ce n’est pas un hasard : cela correspond à la fin de la saison des pluies. C’est le moment où sont mises à feu des zones déjà travaillées par l’homme – en particulier pour l’entretien des pâturages – et où on transforme des forêts en espaces cultivables. La déforestation se fait en retirant d’abord le bois d’œuvre, puis en brûlant le reliquat de végétation. Les départs de feux ont aussi augmenté en flèche du fait d’une très importante sécheresse cette année.
Cette augmentation saisonnière est très visible sur ce graphique :
Images, causes, effets, ampleur réelle,…: démêlez le vrai du faux sur les incendies en Amazonie – © Tous droits réservés

8°) Il y a déjà eu des années où on a enregistré plus d’incendies : VRAI, mais…

C’est un autre argument des supporters du président brésilien Jair Bolsonaro : les 79.000 incendies évoqués pour 2019 ne constituent pas du tout un record. Sur une perspective historique, c’est vrai. Comme le montre cette infographie du Monde, le nombre d’incendies était beaucoup plus important au début des années 2000, quand la déforestation battait son plein. Mais c’est quand même le plus grand nombre depuis 2011…
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9°) La hausse du nombre d’incendies en Amazonie est due à la politique de Bolsonaro : VRAI et FAUX

Difficile de répondre objectivement à cette question : les spécialistes ne sont pas tous d’accord sur les causes exactes de cette hausse. Mais la plupart s’accordent sur le fait que ceux-ci sont liés à la déforestation, et aux pratiques agricoles qui y sont liées.
C’est là que la politique de Bolsonaro entre en ligne de compte. Ce n’est bien sûr pas lui qui a initié, ni inventé la déforestation. Celle-ci a vraiment commencé dans les années ‘70, et n’a cessé d’augmenter jusqu’en 2004 : environ 28.000 kilomètres carrés de forêts avaient été défrichés rien qu’au Brésil cette année-là. Mais depuis, elle était en stagnation. Avant de reprendre en 2014, mais sans jamais atteindre les pics de la décennie précédente. Pour de nombreux scientifiques,l’inversion de tendance est inquiétante. Rien qu’en juillet 2019, plus de 2.000 km² ont disparu, contre moins de 1200 en 2018, et moins de 500 de 2010 à 2014. L’inversion de la tendance date donc d’avant l’arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro, mais elle s’accentue.
La dégradation de la forêt ne vient d’ailleurs pas seulement de la déforestation : il y a aussi les effets du changement climatique, et des phénomènes toujours plus fréquents tels que ‘El Niño’, qui apportent beaucoup de sécheresse en Amazonie.
Ce qu’on peut reprocher à Bolsonaro, c’est de n’avoir rien fait pour contrer cette déforestation, voire de l’avoir encouragée au profit de projets agro-industriels ou d’équipements. L’une des premières mesures de Bolsonaro a ainsi été de placer l’agence de protection de l’environnement sous la tutelle du ministère de l’agriculture, et ainsi d’affaiblir considérablement sa marge de manœuvre. Le nombre de sanctions pour déforestation illégale (amendes, saisie et destruction du matériel) a baissé de 20% les six premiers mois de l’année 2019, rapporte le New York Times.
De là à dire que la hausse d’incendies actuelle est entièrement due à Bolsonaro, c’est aller un peu loin : il faut bien constater sur les cartes de la NASA que les incendies sont proportionnellement tout aussi nombreux au Pérou ou en Bolivie, et que là, la politique de Bolsonarao ne peut en aucun cas être invoquée. D’autre part, les incendies au Brésil ne se limitent pas à l’Amazonie et touchent aussi de façon importante le sud du pays…
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10°) La hausse du nombre d’incendies est liée aux ONG : FAUX

Le président brésilien Jair Bolsonaro a été jusqu’à insinuer que des ONG pourraient avoir provoqué les feux qui affectent actuellement l’Amazonie afin d'”attirer l’attention” sur la suspension par Brasilia des subventions à la préservation du “poumon de la planète“.
Mais il s’agit d’une accusation purement gratuite, il n’avance pas la moindre preuve de ce qu’il dit et n’étaie absolument pas son raisonnement, si ce n’est en disant que c’est “ce qu’il ressent.
Difficile de donner du crédit à cette chimère : le nombre de départs est tel, et la localisation des feux est tellement étendue, dans un nombre incroyable de municipalités, qu’ils ne peuvent être le fait des ONG, jamais assez nombreuses au Brésil que pour avoir déclenché tout ça…

Source : RTBF, Xavier Lambert, 26-08-2019