dimanche 15 avril 2018

[Syrie - Chroniques du grand jeu] False flag III, le retour - MAJ & Premiers éléments de la scène du crime - MAJ / [Syria - Columns of the big game] False flag III, the return - updated & First elements of the scene of the crime - updated


14 Avril 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticusPublié dans #Moyen-Orient#Etats-Unis#Russie


Vous en rêviez, vous l'attendiez, les coupeurs de tête modérés l'ont fait. Alors qu'ils se prennent une fessée prison-style à Douma, dernière enclave de la désormais quasi-reconquise Ghouta orientale, les djihado-takfiris si chers au système impérial US ont lancé leur dernier atout sur le tapis : "attaque chi-mi-que" crient-ils en coeur, bien que sans grande originalité. Il est vrai que les précédents de 2013 (déjà dans la même zone) ou de 2017 à Khan Cheikhoun nous ont vaccinés contre ce genre de comédie imbécile...
Ce que nous écrivions l'année dernière dernière n'a pas pris une ride :
Tout part de ce qui ressemble à un énième false flag barbu : le supposé bombardement chimique par l'aviation syrienne. Comme d'habitude, aucune preuve et aucun temps de réflexion - quel serait donc l'intérêt d'Assad de perpétrer ces attaques en un point non stratégique alors qu'il est en train de gagner la guerre et que l'administration américaine venait de lui donner un blanc-seing ? Ca n'a strictement aucun sens.
Cela a encore moins de sens aujourd'hui alors que 95% de la Ghouta a été reprise et que la réduction de la dernière poche de Jaish al-Islam n'est qu'une question de jours. Mais la journaloperie ne s'arrête évidemment pas à ce genre de détail tout comme elle ne rapportera jamais la découverte jour après jour de labos chimiques rebelles...
Sans surprise, les habituels trolls de l'empire - McCainistanIsraël - s'empressent d'éructer et de pousser à l'action contre l'ogre Assad, dévoreur de son peuple. Chose plus curieuse, les réactions de l'Arabie saoudite et de la Turquie sont relativement inverses de ce que l'on pourrait attendre. La première, pourtant marraine de Jaish al-Islam, se contente de condamner l'attaque chimique sans désigner de coupable et d'appeler à la résolution pacifique du conflit. Signe du rapprochement russo-saoudien de ces derniers temps ?
Par contre, le sultan semble tout prêt d'une nouvelle crise de nerfs, Ankara accusant Damas de crime de guerre. Malgré l'optimisme d'excellents sites (ici ou ici), on a quand même la légère impression que la réunion tripartite Erdogan-Poutine-Rohani d'il y a quatre jours n'a pas été un franc succès (durée largement raccourcie, dispute entre Iraniens et Turcs à propos d'Afrin...)
Outre les accusations téléguidées contre Damas à propos du false flag de la Ghouta, on sent plus généralement une certaine mauvaise volonté ottomane. Ainsi, le plan russe de transporter les restes de Jaish al-Islam de Douma au nord d'Alep, dans la zone contrôlée par Ankara, a été rejeté. Simple souhait de ne pas ajouter encore plus de chaos dans la région ou volonté délibérée de faire dérailler les négociations sur l'évacuation des barbus et la reconquête totale de la Ghouta par les loyalistes ? Seul l'avenir nous le dira mais il n'est pas impossible que nous assistions aux prémices d'une nouvelle dégradation des relations russo-turques. A suivre.
Pour le moment, tous les yeux sont braqués sur ce qui va se passer entre Washington et Moscou. Se faisant plus deepstatiste que le Deep State, Donaldinho a de nouveau endossé l'habit de Cretinho. Son hoquet twitterique contre "l'animal Assad et la Russie et l'Iran qui le soutiennent" nous fait venir à l'esprit les sages pensées de Michel Audiard sur un certain chef d'escadrille...
Il ne peut pas ne pas savoir que cette "attaque chimique" est une mauvaise farce. Pourquoi alors se griller avec ces déclarations incendiaires et infantiles ? Regagner en popularité intérieure, louvoyer avec l'Etat profond ? Ce qui importe, ce sont les actions à venir.
Assistera-t-on à un scénario à la Khan Cheikhoun, possible false flag au carré (quelques tirs de vieux Tomahawk au milieu de nulle part pour sauver la face) ? Ou les Follamour états-uniens vont-ils cette fois franchir le Rubicon et affronter la Russie en Syrie ? Car c'est bien de cela qu'il s'agit et Moscou ne rigole plus désormais. Il y a un mois, l'état-major russe avait déjà averti qu'il répondrait à toute attaque américaine. Les forces russes sont en état d'alerte et le Ministère des Affaires étrangères s'est lâché contre la propagande occidentale et menacé une intervention US des "plus graves conséquences". Âmes sensibles, s'abstenir...
********** MAJ  10.04 **********
Ca chauffe. L'USS Donald Cook, destroyer armé d'une soixantaine de Tomahawk, est parti de Chypre et se dirige actuellement vers la Syrie. Mais il est harcelé par des avions russes qui le survolent à basse altitude et l'ont déjà "buzzé" semble-t-il.
Notons au passage que ce navire n'a pas de chance, ayant déjà été victime à plusieurs reprises des manoeuvres russes ces dernières années :
On se rappelle courant avril les vagues créées par la simulation d'attaque de l'USS Donald Cook, par deux Sukhois dans la Baltique. Pauvre Donald, il avait déjà été l'objet d'un curieux incident en mer Noire en 2014...
Un jet russe seulement équipé d'un dispositif de brouillage électronique avait semble-t-il totalement paralysé le système de défense du bateau, notamment le coûteux et sophistiqué dispositif Aegis sensé équiper tous les navires de l'OTAN.
Mais revenons à la Syrie. La réaction de l'état-major russe semble indiquer que nous ne nous trouvons pas cette fois dans une Comedia dell'Arte entre Trump et Poutine. Si Cretinho persiste à récompenser le false flag barbu et que Moscou répond, la situation peut vite déraper...
********** MAJ  11.04 **********
La tension grimpe encore d'un cran. La grande affaire de la journée aura été le fameux tweet matinal et infantile de Cretinho, commenté en long et en large et sur lequel il est inutile de revenir. S'il a ensuite mis de l'eau dans son coca light, le mal était fait. Comme Cortés sur la côte mexicaine, mais beaucoup moins intelligemment, il brûle ses bateaux dans un caprice de non-retour.
Le clown de la Maison Banche a certes fait plaisir au Deep State qui l'assiège mais il est désormais prisonnier de sa rhétorique et ne peut plus revenir en arrière. Il pousse également Poutine, qui avait promis le mois dernier de défendre y compris militairement ses alliés, à suivre le sentier de la surenchère. Aucun des deux ne peut plier, ce qui ouvre la voie à une dangereuse escalade.
C'est peut-être ce qu'a compris la journaloperie occidentale, soudain un peu moins va-t-en guerre que d'habitude. L'Immonde se fait curieusement moins vindicatif tandis que le Fig à rot donne la parole à l'excellente Galactéros qui résume parfaitement la situation :
Personne ne se demande pourquoi cette nouvelle attaque chimique arrive maintenant, au moment même où la Ghouta orientale repasse sous contrôle gouvernemental syrien et parachève sa reconquête territoriale, face à des groupuscules rebelles rivaux globalement en déroute et plus que jamais prêts à se vendre au plus offrant pour survivre et espérer compter ? Personne ne s'autorise à douter un instant, quand le ministre russe des affaires étrangères rapporte que les observateurs du Croissant rouge syrien envoyés sur place n'ont rien vu ressemblant à une attaque ? (...) À qui profite le crime ? C'est cette vieille question, mais toujours pertinente, qui paraît désormais indécente.
C'est aussi ce qu'affirme, entre autres, un ancien ambassadeur de France et que le fidèle lecteur du blog sait depuis longtemps. De fait, même Mattis semble quelque peu hésitant, comme le montre l'incroyable dépêche suivante :
Le ministre américain de la Défense Jim Mattis s'est déclaré aujourd'hui "prêt" à présenter des options militaires au président Donald Trump en représailles à l'attaque chimique présumée en Syrie.
Il a néanmoins souligné que les Etats-Unis étaient "encore en train d'évaluer" les informations sur cette attaque pour pouvoir en faire assumer la responsabilité au président Bachar el-Assad.
Traduction : on ne sait pas qui a fait le coup mais on bombarde quand même Assad ! Les psychiatres du futur se pencheront avec délice sur la folle hystérie des dirigeants occidentaux... Car Cretinho n'est pas seul, suivi qu'il est dans sa psychose par le micro-Jupiter de l'Élysée, qui pleurniche tout de même sur le possible retour de flamme et fait tout pour rassurer Moscou : ce n'est surtout pas vous ni vos alliés que nous bombarderons. Prodigieux...
Quant à May, après quelques heures d'hésitations, elle est prête à suivre les deux guignols précités dans l'aventure, sans même consulter son parlement. Par contre, chose intéressante, Merkel s'est fait étonnamment discrète ces derniers jours.
A Ankara, le pouvoir sultanesque sent peut-être qu'il a été trop loin et semble prendre un peu peur devant la tournure des événements, appelant Américains et Russes à "cesser leur bagarre de rue". A noter toutefois que le ministre des Affaires étrangères a repris son laborieux discours sur le méchant Assad "responsable d'un million de morts". Cette éruption (cutanée ?) a sans doute été dûment notée à Moscou.
Puisqu'on en parle, Poutine a téléphoné à Bibi la terreur pour le mettre en garde contre toute "action déstabilisatrice en Syrie" après les menaces de Tel Aviv contre Assad si les Iraniens attaquaient depuis le territoire syrien. Car c'est bien en guerre régionale que pourrait déboucher ce false flagbarbu, et le Hezbollah nouvellement équipé serait évidemment de la fête (Haïfa risque de sentir l’ammoniac pendant un certain temps...)
Mais c'est d'abord vers les deux grands que se tournent tous les regards. Les Américains disent passer en revue leurs options, mais celles-ci paraissent assez limitées : tirs de missiles depuis la mer sur des cibles secondaires où les Russes ne sont pas présents. L'ours, lui, montre les crocs. Après avoir "buzzé" l'USS Donald Cook, la Russie a réussi à brouiller, de manière "très sophistiquée" (dixit des responsables US), les communications des drones américains de surveillance survolant la Syrie. Par ailleurs, onze navires sont partis du port de Tartous pour effectuer des "exercices" en mer, dans la zone même d'où pourrait partir l'attaque américaine. Ambiance, ambiance...
********** MAJ  12.04 **********
Pendant que les vassaux français et britanniques de l'empire bavent d'envie de lancer leurs trois missiles et demi sur la Syrie, Washington semble soudain prendre du recul.
Dans la grande lignée de Flamby Ier, Micron nous assure sans rire qu'il a les preuves de l'implication du gouvernement syrien dans l'attaque chimique. On ne lui demandera pas d'où elles viennent, il ne doit pas le savoir lui-même... A Londres, la Thérèse du mois de May ne prend pas ces pincettes, pressée qu'elle est d'éviter un débat au Parlement après son formidable retournement de veste - mardi : "nous avons besoin de plus de preuves sur ce qui s'est vraiment passé" ; mercredi : c'est Assad, il faut le bombarder !


L'empressement juvénile (visite saoudienne, lobby israélien ?) des deux bouffons de l'empire contraste avec les informations qui nous parviennent d'outre-Atlantique. Après son pet du cerveau twitterique d'hier, le Donald semble s'être quelque peu calmé, sans que l'intervention confuse de l'occupant de la Maison Blanche ne présage d'ailleurs de la réalité d'une possible intervention US : "Je n'ai jamais dit quand aurait lieu une attaque en Syrie, ça peut être bientôt ou pas".
Plus intéressant encore est l'aveu de Mattis, un pragmatique peu va-t-en guerre celui-là, devant le Congrès américain :
"Nous n'avons pas de troupes engagées sur place, je ne peux pas vous dire que nous avons des preuves sur l'attaque chimique, même si nous avons des pistes via les médias et les réseaux sociaux [!] que de la chlorine ou du sarin a été utilisé".
A en tomber par terre... Ne vous attendez évidemment pas à en lire une ligne dans la presstituée officielle.
Tout ceci explique sans doute pourquoi, alors que Londres et Paris se fourvoient dans le ridicule, l'Allemagne et l'Italie ont refusé de participer à la mauvaise farce. Quant au sultan, dont l'économie en crise a bien besoin du nombre record de touristes russes prévu cette année, il opte pour faire marche arrière la queue entre les jambes, appelant à la retenue (ce qui ne manque pas de sel venant de sa part) et refusant de prendre parti entre les deux grands :
"Nous sommes mal à l'aise à l'idée que certains pays confiants dans leur puissance militaire ont transformé la Syrie en arène de bras de fer [l'hôpital qui se fout de la charité, soit dit en passant]. Nous n'avons pas l'intention de renoncer à notre alliance avec les Etats-Unis ou à notre relation stratégique avec la Russie, que nous avons formée dans un large éventail de domaines comme l'énergie, la sécurité ou le travail commun sur les problèmes régionaux, avec l'Iran également. Nos relations avec des pays comme la Russie, l'Iran ou la Chine ne sont pas une alternative à nos relations avec l'Occident, elles sont complémentaires."
Encore un peu et on aurait la larme à l'oeil devant le coup de mou d'Erdogollum... Les Iraniens, eux, ne connaissent pas ce genre de baisse de tension et Téhéran a averti Israël dans des termes sans ambiguïté - "Tel Aviv et Haïfa seront détruites" - en cas de "stupide intervention" israélienne. Ces menaces valent ce qu'elles valent - implication du Hezbollah ? - mais elles ajoutent à l'ambiance...
Quant aux Russes, leurs radars sont prêts et, comme rapporté hier, leurs navires voguent au plus près de la zone d'où partirait l'éventuelle attaque impériale.



********** MAJ  13.04 **********
Le ballon d'essai chimique est-il en train de se dégonfler ? Ca en prend en tout cas le chemin si l'on en croit des sources russes qui ont descendu la probabilité d'affrontement de 90% à 50%. On avait déjà vu hier que Mattis et l'appareil militaire US n'étaient pas très chauds pour une intervention, contrairement au néo-con néo-conseiller à la Sécurité, le nommé Bolton. Où l'on retrouve la lutteentre le "trumpisme" et le Deep State dans l'administration américaine...
Quant au micronscopique occupant de l’Élysée, il semble réaliser qu'il s'est embarqué dans une drôle de galère et demande soudain "plus de dialogue" avec la Russie. Poutine l'a gentiment rabroué :
« Avant l'achèvement de l'enquête, il est conseillé d'éviter les accusations infondées contre quiconque. Mais l'essentiel est de s'abstenir de toute action irréfléchie et dangereuse, qui constituerait une violation flagrante de la Charte des Nations Unies et aurait des conséquences imprévisibles. »
Car les Russes sont maintenant tout feu toute flamme et, par la voix de Lavrov relayée ensuite par l'état-major russe, accusent formellement les Britanniques d'avoir monté la false flag de Douma :
« Nous avons des preuves irréfutables qu'il s'agissait d'une autre mise en scène, et que les services spéciaux d'un Etat qui est en première ligne de la campagne russophobe ont participé à la mise en scène.
On a dit aux Casques blancs que du 3 au 6 avril, les combattants de Jaïch al-Islam lanceraient une série de tirs d'artillerie sur Damas. Cela provoquerait une réaction des forces gouvernementales que les Casques blancs devaient utiliser pour mettre en place cette provocation.
Nous disposons d'interviews de personnes ayant directement participé au tournage des vidéos et qui ont raconté en détail comment ont eu lieu les prises de vue et à quels épisodes ils ont participé. »
La presstituée de Sa Graisseuse Majesté en est muette de stupeur quand elle ne coupe pas carrément la parole à ceux qui pourraient mettre en doute le script écrit par les barbus. Dernière victime en date, l'ancien commandant en chef des forces britanniques en Irak, prié par la bimbo de service d'aller se faire cuire un oeuf quand il mettait en doute la culpabilité d'Assad :
Quand on sait que Jaish al-Islam a été financée par Londres et que les Casques blancs ont été crées par un ancien officier british, l'affaire prend du sens. Chose amusante, le groupe islamiste saoudo-anglais a maintenant quitté la Ghouta entièrement libérée pour l'Idlibistan, où il est cordialement détesté par tous les autres "rebelles", à commencer par Tahrir al-Cham et Ahrar al-Cham. La guerre inter-barbue fera rage et il serait du plus grand comique qu'Al Qaida venge Assad en éliminant Jaish al-Islam. Les Dieux sont facétieux...
source : 

http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2018/04/false-flag-iii-le-retour.html

**********

Premiers éléments de la scène du crime - MAJ

15 Avril 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticus

Contrairement à nos prédictions d'hier, le système impérial est donc passé outre toute décence et a récompensé le false flag barbu par une salve de missiles sur la Syrie.
Il est encore trop tôt pour analyser en détail les tenants et les aboutissants de l'affaire susceptible d'embraser (ou pas) le Moyen-Orient voire plus si affinités, mais nous pouvons déjà faire quelques constats.
  • Les cibles sont insignifiantes
D'après les premiers rapports, seuls trois endroits ont été touchés : des centres de recherche et/ou usines prétendument chimiques. Immédiatement, une question surgit que ne semble pas s'être posée la presstituée : si ces centres contenaient des composants chimiques, comment se fait-il qu'aucune émanation toxique ne se soit répandue ? Réponse évidente : ils étaient vides et le programme chimique syrien n'existait pas.
Les barbus modérément modérés sont, eux, dépités.et crient au scandale. S'ils s'attendaient à être aidés par les frappes américaines, ils en ont été pour leurs frais. Pas étonnant qu'ils qualifient toute cette affaire de "farce" tandis que les gens dansent dans les rues de Damas.
On aurait donc assisté à un nouveau false flag au carré après la tragi-comédie de l'année dernière, Trump jouant les gros durs pour finalement détruire deux hangars désaffectés et une cafétéria? C'est la conclusion que tirent plusieurs observateurs. Sauf que... 
  • La défense russe
Selon l'état-major russe, 71 missiles sur 103 ont été interceptés, soit 68% (à comparer avec les 61% de Khan Cheikhoun l'année dernière). L'ours est donc bien intervenu et a chopé la majorité des projectiles entre ses crocs [MAJ : en réalité par la défense syrienne bien aidée par les Russes qui n'ont même pas eu besoin de mettre en branle leurs S-400].
Ces missiles se dirigeaient bien sur des bases et ont été détruits en vol par les Russes : Dumayr 12/12, Blay 18/18, Chayrat 12/12, Duvali 4/4 etc. On est loin alors d'une opération de relations publiques du Donald envoyant ses Tomahawk sur des endroits sans importance pour les beaux yeux de la ménagère de moins de 50 ans.
  • Les inspecteurs de l'ONU
Coïncidence que n'a évidemment pas relevé la journaloperie au garde-à-vous, ces attaques interviennent au moment même où les inspecteurs de l'OIAC prennent le chemin de Damas afin d'enquêter sur la supposée attaque chimique de Douma. Moscou a beau jeu de dire que les trois clowns ont voulu intimider la mission onusienne. Sans succès, celle-ci devant continuer son périple.
  • Les réactions
Sans surprise, les alliés de la Russie (Chine, Iran etc.) ainsi que les oppositions britanniques et françaises condamnent frappes tandis que les vassaux de l'empire s'en réjouissent, quoique le résultat de l'opération va vite les faire déchanter. Le retournement de veste turc ne passera sans doute pas inaperçu à Moscou et ouvrira peut-être les yeux de Poutine sur la folie de vendre des S-400 à Ankara. Comment avoir un seul instant confiance en la girouette sultanesque ? Bien plus logique est de fournir des S-300 à la Syrie, ce que le Kremlin considère maintenant sérieusement.
**********Mise à jour 1**********
Le trio clownesque a beau s'auto-congratuler devant les caméras, l'empire a en réalité passé une bien mauvaise nuit.
D'abord, la piètre performance occidentale se confirme : même l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme, officine londonienne pourtant férocement anti-Assad, confirme qu'au moins 65 missiles ont été interceptés.
C'est donc la défense anti-aérienne syrienne, bien aidée par l'expertise et les radars russes il est vrai, qui a fait le boulot toute seule, comme une grande, avec du vieux matériel, les S-300 et S-400 de l'ours restant dans leur silo. Le crash du F16 israélien n'était qu'un prémisse : le ciel syrien devient une zone bien dangereuse pour les téméraires qui s'y aventurent.
Au Pentagone, ça doit être la soupe à la grimace. Si les Russes ont pu faire tomber du ciel les deux-tiers de la salve américaine en passant simplement leurs infos radar aux Syriens, qu'est-ce que ça sera quand ils sortiront les S-400 de leur tube...
Diplomatiquement, ce n'est pas beaucoup mieux. Après la Chine, l'Iran, le Liban et plusieurs autres pays, l'Irak condamne à son tour l'attaque du trio infernal. L'Italie refuse catégoriquement de participer à toute frappe future, l'opposition et l'opinion britanniques sont vent debout contre la décision de l'allumée du 10 Downing Street, le principal parti d'opposition turc critique les frappes et met carrément en doute la réalité de l'incident chimique de Douma.
Quant aux alliés, ils en sont pour leurs frais. Sur le terrain, les saoudisés de Jaish al-Islam sont "indignés" (les pauvres chéris...) et parlent de "farce". Ils vont maintenant devoir se coltiner leurs frères en barbe et néanmoins ennemis de l'Idlibistan. Tuez-vous tous, Dieu reconnaîtra les siens... Bibi la terreur, lui, craint maintenant que Poutine limite beaucoup plus drastiquement la liberté d'action israélienne en Syrie.
Source : 
http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2018/04/premiers-elements-de-la-scene-du-crime.html

samedi 14 avril 2018

[Syrie, UPR] Asselineau demande aux parlementaires de destituer Macron après les frappes en Syrie / [ Syria, UPR] Asselineau asks to the members of Parliament to discharge Macron after the strikes in Syria

 

Asselineau demande aux parlementaires de destituer Macron après les frappes en Syrie (ENTRETIEN)© Charles Platiau Source: Reuters
Le chef de file de l'UPR en conférence de presse, mars 2017, illustration
Estimant sur RT France que la coalition occidentale qui frappé la Syrie dans la nuit du 13 au 14 avril répondait à une demande supérieure euro-atlantiste, François Asselineau demande aux parlementaires de destituer Emmanuel Macron de ses fonctions.

Le président de l'Union du peuple pour rétablir la démocratie (UPR) François Asselineau s'est exprimé sur RT France le 14 avril à propos de l'offensive nocturne sur le territoire syrien la nuit précédente, dirigée par les Etats-Unis, entraînant dans leur sillage la France et le Royaume-Uni.

Pour François Asselineau, il ne s'agit que d'une intervention partielle, car de «très grands pays comme l'Allemagne, le Canada et l'Italie [...] ont sagement refusé d'y participer.»
Nous sommes dirigés par des espèces de Docteur Folamour vaniteux et irresponsables
Concernant les décisions occidentales entourant cette opération en Syrie, le président de l'UPR a évoqué «un parfum de gesticulation», estimant que «les dirigeants américain, britannique et français semblent contraints d'envoyer à je ne sais quelles forces euro-atlantistes des messages comme quoi ils feraient preuve de fermeté à l'égard de la Syrie, et en définitive de la Russie, mais tout en faisant en sorte [...] d'épargner soigneusement les cibles russes.»
Selon ce candidat malheureux à l'élection présidentielle, «tout cela est extrêmement inquiétant et démontre au mieux que nous avons des dirigeants qui ne sont pas totalement libres de leurs propres décisions [...] et au pire que nous sommes dirigés par des espèces de Docteur Folamour à la fois vaniteux et irresponsables.»

Le président de l'UPR veut la destitution du président de la République


Sur le site internet de son parti, François Asselineau a lancé en conséquence un appel aux parlementaires français pour destituer Emmanuel Macron de ses fonctions : «François Asselineau demande aux parlementaires français de se constituer immédiatement en Haute Cour et d’engager la procédure de destitution du président de la République prévue par l’article 68 de la Constitution.»
Cet appel figure également sur le compte Twitter du président de l'UPR.
Lire aussi : Trump se félicite des «frappes parfaitement exécutées» et remercie la France et le Royaume-Uni
Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.
source : https://francais.rt.com/entretiens/49834-asselineau-demande-parlementaires-destituer-macron-apres-frappes-syrie-entretien

[Frappes en Syrie : urgent] Interview sonore du saker francophone / [ Strike in Syria: urgent] sound Interview of the French-speaking saker

bon, je comprends, sans adhérer, pourquoi les yankees ont voté trumpinette ... dommage qu'ils n'ont pas prévu que ce type ne valait pas mieux que la clinton. J'avais juste espéré, c'est vrai, que si c'était lui, ça se calmerait avec les Russes *:( Tristesse

à part ça, à propos de l'état de l'Etat fédéral américain,  l'interview sonore du saker ci-dessous vaut le détour

âmes sensibles s'abstenir



et deux extraits admirables en bonus :

- "[Les Etats-Unis] sont un pays unique, exceptionnel. La Russie est unique mais pas exceptionnelle», a-t-il fait valoir, appuyant sur l'argument phare de Washington pour justifier sa politique internationale. Poursuivant sur sa lancé, Mike Pompeo a expliqué qu'il n'existait pas d'équivalence morale entre ce que pouvait faire les Etats-Unis et la Russie parce que les actions de Washington sont par nature différentes. «Je pense que nous devrions être fier de la façon dont nous nous engageons dans le monde», a-t-il martelé, avant de conclure qu'il voulait que son pays continue «de rester de bon côté de la ligne»."

- "Plus intéressant encore est l'aveu de Mattis, un pragmatique peu va-t-en guerre celui-là, devant le Congrès américain :
"Nous n'avons pas de troupes engagées sur place, je ne peux pas vous dire que nous avons des preuves sur l'attaque chimique, même si nous avons des pistes via les médias et les réseaux sociaux [!] que de la chlorine ou du sarin a été utilisé".
A en tomber par terre... Ne vous attendez évidemment pas à en lire une ligne dans la presstituée officielle."

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Premiers éléments de la scène du crime

14 Avril 2018 , Rédigé par Observatus geopoliticusPublié dans #Moyen-Orient#Russie#Etats-Unis#Europe


Contrairement à nos prédictions d'hier, le système impérial est donc passé outre toute décence et a récompensé le false flag barbu par une salve de missiles sur la Syrie.
Il est encore trop tôt pour analyser en détail les tenants et les aboutissants de l'affaire susceptible d'embraser (ou pas) le Moyen-Orient voire plus si affinités, mais nous pouvons déjà faire quelques constats.
  • Les cibles sont insignifiantes
D'après les premiers rapports, seuls trois endroits ont été touchés : des centres de recherche et/ou usines prétendument chimiques. Immédiatement, une question surgit que ne semble pas s'être posée la presstituée : si ces centres contenaient des composants chimiques, comment se fait-il qu'aucune émanation toxique ne se soit répandue ? Réponse évidente : ils étaient vides et le programme chimique syrien n'existait pas.
Les barbus modérément modérés sont, eux, dépités.et crient au scandale. S'ils s'attendaient à être aidés par les frappes américaines, ils en ont été pour leurs frais. Pas étonnant qu'ils qualifient toute cette affaire de "farce" tandis que les gens dansent dans les rues de Damas.
On aurait donc assisté à un nouveau false flag au carré après la tragi-comédie de l'année dernière, Trump jouant les gros durs pour finalement détruire deux hangars désaffectés et une cafétéria? C'est la conclusion que tirent plusieurs observateurs. Sauf que... 
  • La défense russe
Selon l'état-major russe, 71 missiles sur 103 ont été interceptés, soit 68% (à comparer avec les 61% de Khan Cheikhoun l'année dernière). L'ours est donc bien intervenu et a chopé la majorité des projectiles entre ses crocs.
Ces missiles se dirigeaient bien sur des bases et ont été détruits en vol par les Russes : Dumayr 12/12, Blay 18/18, Chayrat 12/12, Duvali 4/4 etc. On est loin alors d'une opération de relations publiques du Donald envoyant ses Tomahawk sur des endroits sans importance pour les beaux yeux de la ménagère de moins de 50 ans.
  • Les inspecteurs de l'ONU
Coïncidence que n'a évidemment pas relevé la journaloperie au garde-à-vous, ces attaques interviennent au moment même où les inspecteurs de l'OIAC prennent le chemin de Damas afin d'enquêter sur la supposée attaque chimique de Douma. Moscou a beau jeu de dire que les trois clowns ont voulu intimider la mission onusienne. Sans succès, celle-ci devant continuer son périple.
  • Les réactions
Sans surprise, les alliés de la Russie (Chine, Iran etc.) ainsi que les oppositions britanniques et françaises condamnent frappes tandis que les vassaux de l'empire s'en réjouissent, quoique le résultat de l'opération va vite les faire déchanter. Le retournement de veste turc ne passera sans doute pas inaperçu à Moscou et ouvrira peut-être les yeux de Poutine sur la folie de vendre des S-400 à Ankara. Comment avoir un seul instant confiance en la girouette sultanesque ? Bien plus logique est de fournir des S-300 à la Syrie, ce que le Kremlin considère maintenant sérieusement.

source : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2018/04/premiers-elements-de-la-scene-du-crime.html

mercredi 11 avril 2018

Quelques citations contre la guerre / Some quotations against the war

Dans ce sombre climat, je vous propose quelques citations contre la guerre – au format “réseaux sociaux” pour une meilleure diffusion.
N’hésitez pas à les enrichir en commentaire avec les vôtres.
« L’intelligence défend la paix. L’intelligence a horreur de la guerre. » [Paul Vaillant-Couturier]
« L’humanité devra mettre un terme à la guerre, ou la guerre mettra un terme à l’humanité. » [John Fitzgerald Kennedy]
« On ne fait pas la guerre pour se débarrasser de la guerre. » [Jean Jaurès]
« La guerre apprend à tout perdre, et à devenir ce qu’on n’était pas. » [Albert Camus]
« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire.» [Albert Einstein]
« Ceux qui aiment la paix doivent apprendre à s’organiser aussi efficacement que ceux qui aiment la guerre. » [Martin Luther King]
Rappel :

« Les Membres de l’Organisation règlent leurs différends internationaux par des moyens pacifiques, de telle manière que la paix et la sécurité internationales ainsi que la justice ne soient pas mises en danger. [Ils] s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. » [Charte des Nations-Unies, art. 2]
source : https://www.les-crises.fr/quelques-citations-contre-la-guerre/

À propos de la Russie mal aimée / About badly liked Russia





Par Jean-Marc − Avril 2018
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Conjuguée avec la diabolisation de Poutine, la russophobie continue de faire des ravages dans les médias. On l’a vu dans une des récentes éditions de Temps présent, qui se veut l’émission phare de notre TV étatique. Le titre parlait pour lui-même : Poutine, Le Parrain. Conclusion de cette sombre descente dans les milieux mafieux du Saint Saint-Pétersbourg des années 90 : Poutine a été contraint de briguer un nouveau mandat dans le seul but de conserver son immunité de président et d’échapper à des poursuites judiciaires. De l’homme d’État, qui a su relever son pays au bord de la déliquescence et se faire respecter du grand gendarme – et brigand – international, pas un mot. En bref, une mauvaise caricature.
Il y a heureusement quelques exceptions au brouillage médiatique sur la Russie. Au moment où l’on pourrait désespérer de Billag, notre TV romande sait parfois faire son métier de chaîne publique et refléter la diversité des faits et des opinions. Ainsi, dans une de ses dernières émissions d’ « Histoire vivante » intitulée « Poutine, le Nouvel Empire » elle nous offre un autre visage de Poutine, celui d’un pro-occidentaliste qui a bien des raisons de se sentir dupé par ceux qu’il n’a cessé d’appeler ses « partenaires ». Elle nous donne aussi un condensé des moments décisifs de l’Histoire qui depuis la chute du Mur ont amené la Russie à chercher sa propre voie et à réaffirmer son identité en dehors des canons de la bien-pensance occidentale.
Cette production française plante le décor là où il fallait commencer : par la célébration à Moscou des 70 ans de la victoire sur l’Allemagne nazie, où aucun leader occidental n’a daigné venir rendre hommage aux 27 millions de victimes russes qui ont permis de gagner la guerre. Rien ne peut mieux faire comprendre le sentiment d’ingratitude qu’éprouve le peuple russe à l’égard de l’Europe et les raisons qui ont fait plébisciter son président (tout autant que le retour de la Crimée dans le giron russe). Les mouvements d’opposition ne sont pas pour autant ignorés, mais ils ne sont pas présentés comme l’unique source d’information crédible, ainsi que les correspondants occidentaux accrédités à Moscou ont tendance à le faire croire.
Il en faudra bien plus pour rééquilibrer la balance et entamer les préjugés russophobes qui des années durant ont été entretenus par la presse et sur les ondes, et qui sont profondément ancrés dans l’opinion occidentale. Un test sera de voir comment les Britanniques − et à leur suite l’opinion européenne − vont gober l’attaque au poison du Royaume-Uni. Le leader de l’opposition travailliste Corbyn a été conspué jusque dans les rangs de son propre parti pour oser demander que la procédure normale – et notamment celle que prévoit le traité international de 1997 sur les armes chimiques − soit respectée avant d’incriminer la Russie et de lui imposer de nouvelles sanctions. Le coup de la fiole qui avait justifié le déclenchement de la guerre d’Irak, va-t-il à nouveau réussir au risque de nous entraîner dans un affrontement qui pourrait devenir planétaire ?  Pour une fois, l’Union européenne et Lady May sont tombés d’accord et appliquent à la Russie un nouveau principe : celui de la présomption de culpabilité. Voilà une belle leçon donnée à la Russie sur le respect de l’état de droit dans nos vieilles démocraties.
Pour tous ceux qui recherchent une information moins lourde de préjugés et plus empathique sur les Russes et leur président, on ne peut que recommander l’ouvrage de Héléna Perroud « Un Russe nommé Poutine » (Éditions du Rocher). Née en Russie, cette binationale a été la collaboratrice de Jacques Chirac et a dirigé l’Institut français de Saint Saint-Pétersbourg. Elle sait se mettre à la place de ses compatriotes et voir de leurs propres yeux, pour mieux nous faire comprendre comment Poutine s’inscrit dans l’histoire de leur pays. Slobodan Despot a interviewé Héléna Perroud dans Antipresse. Autre témoignage empathique, plus proche de nous, celui de Frédérique Burnand, arrière petite fille du peintre, qui s’est prise de passion pour la Russie et raconte dans « Jours de Russie » (Éditions de l’Aire), son immersion dans la vie quotidienne des simples gens, dont elle déchiffre les préoccupations et qu’elle parvient à nous rendre proches.
À la pêche sur Internet, on trouve le meilleur et le pire. L’hebdomadaire en ligne Antipresse de Slobodan Despot, cité plus haut, reste un bon port d’attache. Il est en voie de métamorphose pour prendre de la hauteur sous le nom de Drone. On peut l’aider à prendre son envol en s’y abonnant. J’ai le plaisir de lui prêter ma plume dans la rubrique « main courante » http://log.antipresse.net/.
La barque de l’information est déjà bien lourde. Ce qui précède n’a pas la prétention de la faire déborder.
La ville de Toula, à deux cents kilomètres au sud de Moscou, a failli subir le même sort que Leningrad pendant la dernière guerre. A l’automne 41, les Allemands étaient déjà à ses portes et en deux mois, ils avaient presque encerclé la ville. Dans un sursaut d’héroïsme, les défenseurs pris au piège avaient réussi à desserrer l’étau et avant la fin de l’année à repousser définitivement les assaillants.
La guerre, les gens de Toula n’ont pas besoin d’un dessin pour leur rappeler ce que c’est. Au musée historique de la ville, situé dans l’enceinte du kremlin, une affiche annonce une conférence sur le siège de la ville intitulée « A deux pas de la guerre ». Comment ne pas faire le rapprochement avec la situation internationale et la nouvelle ronde de sanctions qui pourraient nous amener « à deux doigts de la guerre » ? Le préposé au vestiaire, tout en prenant mon manteau, a lu dans mes pensées : « Mais qu’est-ce qu’ils nous veulent encore ? ». Les nouvelles sanctions infligées par l’Occident alimentent l’inquiétude, mais réveillent aussi un vieux sentiment de résistance. « Les sanctions sont bonnes pour nous. Elles nous apprennent à nous suffire à nous-mêmes et nous avons tout ce qu’il nous faut».
Il n’est pas difficile ici de croire à la menace réelle d’un conflit, qui pourrait se transformer en en affrontement planétaire. Les marques de la dernière guerre sont encore bien présentes. Dans la bucolique propriété de Tolstoï, à huit kilomètres de Toula, la guide nous montre sur des photos l’état dans lequel les Allemands ont laissé la bibliothèque du romancier et vieux pacifiste barbu, avant de battre en retraite.
Contraste : La démocratique et pacifique Europe cherche elle à se faire peur par des attaques imaginaires, sans penser une minute que des va-t-en-guerre jouent avec le feu. L’Angleterre avait déjà donné l’alerte en janvier dernier. Son nouveau ministre de la Défense Williamson avait déclaré dans une interview au Telegraph que la Russie espionnait son réseau de communication et prévenu des dangers d’une possible «agression russe» pouvant causer des milliers de morts. Mais cette fois-ci la presse n’y avait pas cru et le Daily Mail révélait que Williamson avait lancé ce bobard pour détourner l’attention et masquer le scandale d’une liaison extraconjugale qu’il avait eue en 2004 ! Aujourd’hui, le Secrétaire à la Défense remet ça et il n’a plus rien à cacher.
En 2016, le vénérable Chomsky nous avertissait : il est minuit moins trois, soit deux minutes de moins qu’au pire moment de la guerre froide. Une autre Cassandre américaine, le Professeur Stephen Cohen, continue de répéter à longueur de semaines sur la dernière petite chaîne de radio new yorkaise où on veut bien lui donner la parole, que la situation est bien plus dangereuse qu’au pire moment de la crise des missiles de Cuba. Faut-il le croire ? Ou au contraire, les jappements du caniche britannique face à la placidité de l’ours russe, ne font que trahir son impuissance ?
En 1935, Giraudoux écrivait « La Guerre de Troie n’aura pas lieu ». A quel acte en sommes–nous aujourd’hui ?
Jean-Marc
Toula, 3 avril 2018

source : http://lesakerfrancophone.fr/a-propos-de-la-russie-mal-aimee

LE MONDE LIBRE #2 : COMMENT STOPPER MACRON ? / THE FREE WORLD 2: HOW TO STOP MACRON?






Diffusé en direct le 21 mars 2018





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