vendredi 6 février 2015

Billet de crise... / Note of crisis...

Auteur : Olivier Berruyer
Date : 7/2/2015
Source : http://www.les-crises.fr/billet-de-crise/

Eh bien “les-crises” a rarement aussi bien porté son nom…
Je comptais poursuivre encore tranquillement la série une dizaine de jours (les billets sont d’ailleurs prêts), cette fois avec les suites judiciaires et législatives des attentats, mais les évènements s’accélèrent (ils vont péter l’euro et déclencher une guerre ou quoi ?), d’où ce petit point.

L’Ukraine

Tout va bien, les comiques continuent…
J’adore la “Dernière chance”…
Ca fait belle lurette qu’on aurait pu résoudre ce conflit avec une recette magique qui s’appelle “Démocratie”, et qui consisterait à faire voter l’Est de l’Ukraine pour que les gens décident de leur avenir, comme de vulgaires Écossais… Et de donner un statut neutre à l’Ukraine, au lieu de vouloir l’accrocher au Titanic UE coute que coute… Même Kissinger l’a dit il y a 1 an, et la Russie est d’accord…
Comme cela aurait pu être fait depuis 1 an, je crains que, hélas, la situation empire.
Il n’y a qu’à voir ce qu’Hollande a dit lors de sa conférence de presse :
“Le temps presse et il ne sera pas dit que la France et l’Allemagne ensemble n’auront pas tout tenté, tout entrepris, pour préserver la paix”, poursuit François Hollande. Mais il brandit aussi la menace : “En Ukraine, c’est la guerre. Des armes lourdes sont utilisées, des civils tous les jours sont tués. (…) On pourrait être prêts à armer les ukrainiens”, prévient-il. “Il y a une autre option”, une solution négociée, mais “l’option de la diplomatie ne peut être prolongée indéfiniment”. [François Hollande, 5/2/2015]
Quel crétin quand même…
Moi, j’ai toujours pensé que ce type rentrerait dans l’Histoire, en y laissant une grande trace… (hélas)
Tiens au passage, la banque centrale d’Ukraine n’arrive plus à contrôler le change de sa monnaie…
Impressionnant, non ?
Merci BHL, tout ça, tout ça… Il va faire de l’Ukraine ce qu’il a fait de la Libye – bon courage…
Ca va bien nous mettre le salaire minimal Ukrainien à 80 € ça… – vive le libre échange du coup, pour notre compétitivité…
La Propagande de guerre se déchaine, il faut que je fasse un papier sur ça..

La Grèce

En introduction, je partage avec vous mon étonnement sur le niveau général des commentaires sur ce sujet bouillant.
C’est typiquement une situation liée à une négociation très complexe, un poker menteur où règne le trompe-qui-peut pendant quelques temps, mais pas grave, il y a PLEIN de gens qui SAVENT…
Exemple : la BCE. La Grèce dit qu’elle en compte pas les rembourser, mais on se scandalise que la BCE fasse un peu pression en limitant un peu le robinet à argent… (même si je n’aurais pas fait comme ça)
Exemple : Syriza. Je ne sais pas ce qu’ils feront à la fin, c’est très tendu. Leur peuple ne peut pas rembourser, mais il ne veut pas non plus quitter l’euro à ce stade (vu j’imagine qu’il n’y a pas plus de débat sérieux sur ce sujet là-bas qu’ici, et sans compter qu’en plus c’est un symbole pour eux de sortie du tiers monde).
À mon sens, la sortie de l’euro par la Grèce est inéluctable, comme la mort de cette monnaie maléfique d’ailleurs.
Il est évident qu’en THÉORIE, la Grèce à intérêt à sortir, pour avoir une monnaie adaptée à son économie, ce qui est fondamental – cela boosterait le tourisme en premier lieu, à situation inchangée. L’économie souffrirait 1 an puis repartirait – en théorie…Mais de là à faire plein de jolies courbes sur tous les avantages…
Car EN PRATIQUE, moi je ne sais pas ce qui se passe. Il est évident que, après une sortie de l’euro, l’objectif stratégique majeur des talibans de Bruxelles sera de détruire l’économie grecque. Ils ne pourront accepter que la Grèce se relève en 1 an, comme l’a fait l’Argentine, ce serait la porte ouverte au départ de l’Italie et de l’Espagne. Et donc qui sait si les intégristes européistes ne vont pas sortir la Grèce de la zone européenne de libre échange, de Schengen, mettre ne place des sanctions, un boycott, un blocus, etc.. – avec de joyeuses conséquences sur l’économie grecque…
Je comprends donc que Syriza négocie un maximum, il faudrait être fou (ou commentateur) pour claquer la porte en 7 jours… Je rappelle aussi que le gouvernement grec n’a d’ailleurs toujours pas été investi par l’Assemblée grecque…
Alors, après, Syriza finira-t-il comme Hollande en se déculottant ? Possible, mais peu probable à mon avis, au vu des hommes en place. À mon humble avis (et c’est là où il faut bien prendre quelques risques…), ils vont tout tenter pour arracher un accord.
Mais à ce stade, on a vu que les positions de l’UE sont très dures, ce qui ne me rend pas optimiste à ce stade, car les échéances sont courtes, et qu’il aurait déjà fallu entamer des négociations approfondies.
Le problème grec, comme ukrainien, n’est pas si compliqué à résoudre : ils ne peuvent pas rembourser ; j’imagine mal l’UE accepter comme ça, mais ils auraient pu proposer un moratoire de 25 ans sur les dettes, cela aurait été intelligent. Mais je ne pense pas qu’ils le fassent, car primo, ce sont des talibans sadiques (sic.) secundo, ils ont raison de craindre la contagion.
Syriza risque donc de se heurter à un mur. Et je pense alors qu’il y a 80 % de chances qu’ils cassent tout et fichent le camp – c’est finalement le cœur de leur programme, le choix ultime de la Démocratie par dessus tout. Ce sera la résultat d’une partie de “Chicken” (vous savez, les 2 voitures qui foncent l’une sur l’autre), mais ou aucune ne s’écartera…
Mais il y a aussi 20 % de chances qu’ils se couchent, non pas par Hollandisme, mais en raison des risques et dangers pour leur pays. Je rappelle qu’environ la moitié des forces de l’ordre ont des sympathies pour le parti néo-nazi Aube Dorée, et qu’il y a 40 ans, le pays étaient encore sous dictature militaire. Syriza pourrait donc aussi flancher s’ils sentaient un risque Pinochet pour le pays, à mon sens, ce dont personne ne parle…
Mais bon, on verra, ce n’est que le début de la partie…
Quelques infos :
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Athènes fait la sourde à ses partenaires, avant une semaine de tous les dangers

AFP le 06/02/2015 à 23:41
De retour à Athènes après un marathon européen peu concluant, les dirigeants du nouveau gouvernement grec ont réitéré vendredi leur demandes d’un plan-relais d’aide au pays, campant sur leur position avant une semaine de réunions à haut risque.
La posture du gouvernement, et le temps qui passe alors que se présentent des échéances de dettes cruciales à honorer, ont poussé l’agence de notation Standard & Poor’s à abaisser d’un cran la note du pays vendredi soir, de “B” à “B-”, en menaçant d’aller encore plus loin.
Dans la soirée, Moody’s a accentué la pression en annonçant placer la note grecque “sous examen en vue d’une dégradation” en raison de “l’incertitude élevée des négociations entre la Grèce et ses créanciers publics”.
Le gouvernement réclame 1,9 milliard d’euros aux banques centrales de la zone euro, au titre des bénéfices réalisés par celles-ci sur leurs avoirs en titres grecs, ainsi que l’extension de sa capacité d’endettement fixée par ses créanciers à 15 milliards d’euros en 2015, a répété une source gouvernementale vendredi.
- “Sans pression et sans chantage” -
Le financement-relais doit permettre “de négocier sans pression et sans recourir au chantage”, selon elle.
Le message s’adresse à l’Allemagne, qui joue la montre alors que les sources de financement de la Grèce se tarissent les unes après les autres, et à tous les partisans d’une ligne dure en Europe.
Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis (d) et son homologue allemand Wolfang Schäuble lors d'une conférence de presse à Berlin, le 5 février 2015 ( AFP / Odd Andersen )
Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis (d) et son homologue allemand Wolfang Schäuble lors d’une conférence de presse à Berlin, le 5 février 2015 ( AFP / Odd Andersen )
“Nous ne faisons pas de financements-relais”, a ainsi asséné vendredi le patron de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, selon l’agence Bloomberg.
Or, c’est devant l’Eurogroupe, l’ensemble des ministres des Finances de la zone euro, que la Grèce va jouer son va-tout mercredi, avant un conseil des chefs d’Etat et des chefs de gouvernement de l’Union européenne.
Avant ces rendez-vous à haut risque, Athènes maintient donc une revendication majeure du gouvernement Tsipras: s’affranchir des accords passés depuis 2010 qui imposent un programme de rigueur jugé humiliant en échange d’une aide de plus de 200 milliards d’euros.
- L’Allemagne intransigeante - 
Mais pour l’Allemagne, la Grèce doit s’en tenir aux engagements passés et au calendrier fixé, sans régime d’exception même temporaire.
Le compte à rebours est donc plus que jamais engagé pour le pays, qui pourrait se voir privé le 28 février de toute aide internationale, et dont le financement ne tient plus qu’à un filet de sécurité de la Banque centrale européenne, “l’ELA”.
La réunion de l’Eurogroupe sur la Grèce “était attendue et elle est bienvenue”, avaient indiqué plus tôt des sources proches du Premier ministre, Alexis Tsipras, de retour à Athènes jeudi après un marathon d’entretiens à Rome, Paris, Bruxelles, Francfort et Berlin avec des dirigeants européens pour roder son argumentaire anti-austérité.
Le Premier ministre mène de front campagne européenne et engagements nationaux, après que des milliers de personnes lui ont témoigné leur soutien en manifestant jeudi à Athènes.
Il doit présenter dimanche soir le programme gouvernemental au Parlement, avant un vote de confiance prévu mardi.
Cela ne devrait guère faciliter le dialogue européen: plusieurs promesses anti-austérité de Syriza horripilent les partisans de la rigueur en Europe, qu’il s’agisse d’augmenter le salaire minimum, de réembaucher des fonctionnaires ou d’arrêter les privatisations.
Calendrier et réunions en lien avec la dette de la Grèce  ( AFP / L. Saubadu/cam )
Face à Athènes, le camp de la discipline budgétaire s’organise, avec l’Allemagne, mais aussi les pays tout justes sevrés de l’aide européenne, comme le Portugal et l’Espagne.
L’Italie et la France ont elles adopté une ligne plus conciliante, mais refusent qu’un allègement de la dette grecque ne pénalise leurs contribuables.
Dans une tentative de donner encore une marge de manœuvre à la Grèce, le ministre italien de l’Economie Pier Carlo Padoan a fait savoir vendredi que l’Eurogroupe “n’était pas un lieu de conflit entre une équipe et une autre, mais celui d’une recherche constante de solutions partagées”.
- “Proche d’une sortie de l’euro” -
Intervenant dans le dossier, les Etats-Unis ont quant à eux jugé via leur ambassadeur en Grèce David Pearce “très important que le gouvernement grec travaille en coopération avec ses collègues européens, et avec le FMI”.
Rassemblement devant le Parlement grec pour soutenir la politique anti-austérité du nouveau gouvernement le 5 février 2015 à Athènes ( AFP / Louisa Gouliamaki )
Rassemblement devant le Parlement grec pour soutenir la politique anti-austérité du nouveau gouvernement le 5 février 2015 à Athènes ( AFP / Louisa Gouliamaki )
Avant la réunion extraordinaire de l’Eurogroupe mercredi, a lieu une rencontre des ministres des Finances du G20 lundi et mardi à Istanbul.
“La Grèce ne figure naturellement pas à l’ordre du jour officiel, mais on peut probablement s’attendre à ce qu’elle joue un rôle dans les rencontres bilatérales” en marge du sommet, a estimé porte-parole du ministère allemand des Finances.
Dans une note alarmiste vendredi, les analystes de Capital Economics jugent quela Grèce n’a “jamais été aussi proche d’une sortie de l’euro”.
Source : Boursorama
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NEW YORK, 6 février (Reuters) – La Bourse de New York a perdu près de 0,5% vendredi, plongeant dans le rouge en fin de séance après que Jeroen Dijsselbloem, président de l’Eurogroupe, a dit que la Grèce avait jusqu’au 16 février pour demander un prolongement de son programme d’aide faute de quoi le pays risquait d’être privé de soutien financier.
Ben après l’action de la BCE, on devrait y voir plus clair dans une semaine…
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BHL :
“L’euro peut éclater. Et l’Un de la monnaie unique peut, pour paraphraser une dialectique fameuse, se diviser très vite en Deux. C’est ce que je redoute depuis des années. C’est le scénario noir qui se réalise tôt ou tard quand l’instauration d’une monnaie n’est pas immédiatement suivie par l’harmonisation des politiques fiscales, douanières, monétaires des pays membres.”
Ben fallait le dire clairement en 1992, au moins on aurait voté NON à Maastricht, et on n’en serait pas là… (mais ce n’est jamais de leur faute vous noterez… Ce n’est jamais eux qui ont proposé un truc dément, totalement irréaliste, mais la faute du peuple de gros beaufs qui n’a pas su saisir la chance historique que ces Lumières avaient mise entre leurs mains, snif)
“L’alliance des rouges-bruns, ce spectre qui hante l’Europe depuis presque quarante ans. [...] Un autre encore, en Russie, où c’est un parti « national-bolchevique » fondé, dans la plus pure tradition des sections bifsteck allemandes – « rouges dedans, brunes dehors » – des années 1930, par l’écrivain Edouard Limonov qui est à l’origine de l’eurasisme de MM. Douguine et Poutine.”
Mais oui, mais oui, les extrémistes ne sont pas au pouvoir chez nous, ça se voit tous les jours…
Poutine, justement. On sait que le premier à avoir félicité Tsipras est l’ambassadeur de Russie. On sait aussi que Syriza a maintes fois affirmé sa solidarité culturelle et politique avec la Russie. Et l’on a entendu la déclaration du nouveau ministre de l’Energie, Panagiotis Lafazanis, clamant, à peine nommé, son opposition à « l’embargo (sic) imposé à la Russie ». Comment interpréter ces signes ? Faut-il en conclure que cette proximité avec la Russie pourrait se traduire, un jour, par une alliance alternative ? Et est-il imaginable que Vladimir Poutine ait, en la personne du Grec Tsipras, et après le Hongrois Orban, un second cheval de Troie dans la guerre de longue durée qu’il semble avoir engagée contre l’Union européenne et ses valeurs ?
On n’ose le croire. Mais il y a un moyen simple de le vérifier. Nous venons, avec George Soros, de lancer un appel invitant le Conseil européen à étendre exceptionnellement à l’Ukraine l’accès au fonds de soutien à la balance des paiements des Etats européens non membres de la zone euro. Cet élargissement de la règle supposant, non plus la majorité qualifiée, mais l’unanimité du Conseil, je suggère de poser la question sans détour à M. Tsipras : est-il, ou non, favorable à ce geste de soutien à l’Ukraine ? ou se fera-t-il, au moment du vote, l’expression d’un bellicisme jusqu’au-boutistedont l’intention non déguisée est de mettre M. Porochenko à genoux et à la merci du maître du Kremlin? Ce sera l’épreuve de vérité.
Ben voyons, je propose aussi qu’on double l’impôt sur le revenu pour tout donner aux Ukrainiens…
Mais quand “BHL/Soros” parle, la presse s’exécute toujours rapidement…
À suivre – pauvres de nous…

Ukraine : ça devient grave de chez grave. Nous sommes dirigés par des psychotiques / Ukraine: that becomes grave from grave. We are managed by psychotics.

Ukraine : attisant la crise, les USA commettent une erreur historique
Un ancien chef de diplomatie et un intellectuel américains appellent à faire tout pour éviter une tragédie historique en Ukraine.
L'escalade par Washington du conflit en Ukraine peut tourner en "tragédie historique", prévient jeudi Mint Press, ajoutant que même des personnes aussi  différentes que l'ex-secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger et son farouche critique Noam Chomsky le comprennent.
"Alors que les Etats-Unis s'élancent à corps perdu dans le conflit militaire entre le gouvernement qui s'est emparé du pouvoir à Kiev et les gouvernements tendant à l'autodétermination dans l'est de l'Ukraine, ils (Kissinger et Chomsky, ndlr) sont unanimes à indiquer que la mise sur la guerre est une erreur, voire une erreur historique", écrit le site.
Mint Press News constate que l'avis des MM.Kissinger et Chomsky sur le conflit en Ukraine se trouve en contradiction avec la position "belliqueuse" de l'administration du président Barack Obama et du sénateur républicain John McCain qui ne font qu'aggraver la crise en Ukraine.
Henry Kissinger reconnaît que ce sont justement les Etats-Unis et l'Europe qui répondent de la "catastrophe actuelle" en Ukraine, alors que Noam Chomsky affirme que les Etats-Unis et l'Otan attisent le conflit qui peut dégénérer enguerre nucléaire.
Selon ce dernier, le conflit ukrainien a commencé quand "Washington a violé la promesse donnée à l'URSS et s'est mis à s'élargir à l'est".
"Nous flirtons avec une catastrophe", a mise en garde l'intellectuel dissident américain.
De son côté, l'ancien chef de la diplomatie américaine a appelé les pays impliqués dans le conflit ukrainien à "faire tout pour éviter une tragédie historique".












.... Bon voilà, la messe est dite. Hier, j'ai envoyé à quelques amis les sites que je fréquente régulièrement depuis un an. Tant qu'à faire, je vous les transmets aussi. Je ne partage pas tout ce qui y est écrit (ou dit) bien sûr mais ils permettent assurément d'avoir une vision plus équilibrée de l'histoire en cours... cependant, je n'ai plus aucun doute : dans ce conflit, l'Occident est le principal fauteur de guerre. 

mercredi 4 février 2015

Les Grecs vont maintenant pouvoir constater que Syriza est un parti-leurre, promu par l’oligarchie pour maintenir la domination euro-atlantiste sur la Grèce.


Source : http://www.upr.fr/actualite/europe/les-grecs-vont-maintenant-pouvoir-constater-que-syriza-est-un-parti-leurre

Publié le 26 janvier 2015 dans Communiqués de presse, Europe

Alexis TSIRPAS, Martin SCHULZ - EP President

Alexis TSIRPAS, Martin SCHULZ - EP President

Comme prévu, annoncé, promu et organisé par l’oligarchie, le parti « Syriza » est arrivé en tête des élections législatives qui se sont tenues en Grèce le 25 janvier 2015. L’affaire a été rondement menée puisque, moins de 20 heures après la fin du scrutin, le dirigeant de Syriza, Alexis Tsipras, a déjà prêté serment comme nouveau Premier ministre grec.
Cette victoire ne peut surprendre que ceux qui n’avaient pas remarqué l’écrasante promotion médiatique – en Grèce et à l’étranger – que tous les grands médias euro-atlantistes ont généreusement accordée, depuis des mois, à cette gauche prétendument « radicale » et « anti-austérité ».
La nomination de M. Tsipras à la tête du gouvernement d’Athènes a de quoi faire pleurer de rire les organisateurs de cette manipulation, qui sont encore parvenus, par le matraquage médiatique, à faire prendre aux électeurs grecs des vessies pour des lanternes.
L’UPR rappelle en effet que le dirigeant de Syriza ne propose absolument pas aux Grecs, ni de sortir de l’UE ni de sortir de l’euro, et ne propose donc aucune issue crédible à la mise en coupe réglée de la Grèce qui découle des contraintes des traités européens et des exigences de la BCE.
M. Tsipras a bien au contraire donné tous les gages nécessaires à l’oligarchie euro-atlantiste pour l’assurer du caractère totalement inoffensif de ses slogans :
  • il s’est rendu aux États-Unis en janvier 2013 pour y être reçu avec tous les honneurs, le 22 janvier, par la Brookings Institution, dont les principaux financiers sont les Fondations Ford, Mac Arthur et Bill Gates, Bank of America, ExxonMobil, ainsi que les gouvernements des États-Unis, du Royaume-Uni, du Japon, du Qatar. Devant le public ainsi réuni à Washington, le chef de Syriza a conclu sa présentation en lançant « J’espère vous avoir convaincu que je ne suis pas aussi dangereux que certains le pensent ». http://www.wsws.org/en/articles/2013/01/26/tsip-j26.html. Selon certaines sources, ce voyage aurait été entièrement pris en charge par le milliardaire George Soros (http://hellasfrappe.blogspot.fr/2013/02/busted-soros-funded-tsipras-trip-to-us.html )
  • il a profité de ce séjour outre-Atlantique pour aller subir les interrogatoires du FMI et du Département d’État américain, auxquels il a montré patte blanche.
  • etc.
L’UPR constate donc, sans surprise mais avec tristesse, que les Grecs viennent d’être victimes des habituelles manipulations médiatiques que les forces euro-atlantistes imposent à chaque élection, afin de déjouer toute remise en cause réelle de leur dictature.
Dans chaque pays d’Europe, des politiciens combinards et retors sont présentés aux électeurs, par les médias les plus importants tous à l’unisson, comme étant des opposants « radicaux » aux politiques imposées par l’Union européenne, alors qu’il ne s’agit que de banals leurres « alter-européistes », champions du double-discours, chargés de neutraliser la colère des peuples en leur faisant miroiter de fausses solutions.
De nombreux électeurs grecs viennent ainsi de croire que M. Tsipras allait leur permettre de rester dans l’euro tout en échappant à l’austérité, au chômage et à la pauvreté de masse.
De nombreux électeurs français avaient été dupés de la même façon lorsqu’ils avaient porté au pouvoir :
  • Lionel Jospin en 1997 parce qu’il leur avait promis qu’il renégocierait les critères du traité de Maastricht…
  • Nicolas Sarkozy en 2007 parce qu’il leur avait promis qu’il allait faire baisser le chômage et la dette publique…
  • François Hollande en 2012 parce qu’il leur avait promis de renégocier le TSCG signé par Nicolas Sarkozy et leur avait assuré que « Mon ennemi, c’est la finance »….
C’est pourquoi il ne faut pas s’étonner que les médias et les partis politiques français ont accueilli avec déférence et empressement la victoire de M. Tsipras, décrit comme la nouvelle terreur qui va faire trembler l’Union européenne.
L’UPR note que le Front de Gauche et le FN ont tout spécialement manifesté leur soutien à Syriza (en gardant délibérément le silence sur les partis politiques grecs – qui existent pourtant bel et bien – demandant la sortie unilatérale de la Grèce de l’Union européenne et de l’euro). Entre leurres français et grecs, on se comprend et on se soutient.

Quoi qu’il en soit, les mois qui viennent seront l’occasion, pour le peuple grec, de découvrir l’ampleur de l’escroquerie politique dont ils viennent de nouveau d’être les victimes.
Lorsque les flonflons du cirque médiatique se seront éteints, ils se rendront compte que l’élection de M. Tsipras :
  • ne modifie pas le moindre article des traités TUE et TFUE,
  • n’infléchit pas la moindre décision de la Commission européenne et de la BCE,
  • ne change pas d’un iota la politique économique et monétaire voulue par les gouvernements de l’Allemagne, de la Finlande, des Pays-Bas et du Luxembourg,
  • ne remédie en rien à la totale inadéquation de l’économie, du tissu industriel, et du corps social grecs à l’euro,
  • n’arrête en rien la diplomatie guerrière que Washington impose à l’UE vis-à-vis de la Russie et du reste du monde.

mardi 3 février 2015

Déclaration de Viktoria Shilova, leader du mouvement ukrainien "Antiguerre", députée du conseil régional de la région de Dniepropetrovsk / Statement of Viktoria Shilova, leader of the Ukrainian movement "Antiwar", deputy of the regional council of the region of Dniepropetrovsk



3 févr. 2015

Viktoria Shilova est leader du mouvement ukrainien "Antiguerre", députée du conseil régional de la région de Dniepropetrovsk. Elle et son mouvement s'opposent à la mobilisation malgré les pressions, militent pour la fin du conflit et accusent les pouvoirs de crimes de guerre.




mercredi 28 janvier 2015

Quelle est la situation en Ukraine et dans le Donbass à la mi-janvier ? / What is the situation in Ukraine and in Donbass in mid-January?


En gros, que la vérité de la parole de Jésus soit gravée dans les coeurs des forces armées ukrainiennes...




Source  :  https://www.youtube.com/watch?v=1pV-oIl880o

Auschwitz, Russia Today et la guerre de la communication / Auschwitz, Russia Today and the war of the communication

Source : http://www.dedefensa.org/article-auschwitz_russia_today_et_la_guerre_de_la_communication_23_01_2015.html

Auteur  : Philippe Grasset 

Mis en ligne le 23 janvier 2015 à 14H08


Le système de la communication étant la force dominante des relations internationales aujourd’hui, c’est dans ce champ particulièrement volatile et insaisissable que s’exercent les principaux événements. Eux-mêmes, ces événements, sont évidemment massivement sujets à des interprétations, à des manipulations, à des déformations, non seulement selon les intentions des acteurs politiques mais aussi, et plus simplement mais fondamentalement, selon leurs perceptions.
Ainsi la “politique” réinterprétée par la communication est-elle soumise aux contingences extrêmes de la psychologie comme principal instrument de la perception, – et une psychologie elle-même soumise aux pressions de la communication. Ainsi les “événements” politiques constituent-ils aujourd’hui une matière extraordinairement malléable, de véritables artefacts élastiques, modelables, changeant de forme et échappant à toute classification. Nous nous attachons à deux épisodes actuels qui mettent en évidence cette situation d’une extraordinaire instabilité, où les enjeux se trouvent soumis à des pressions diverses qui ne cessent de brouiller leur véritable nature, sinon leur identification même. Le Système, qui est l’initiateur de cette situation, est loin d’en être le bénéficiaire...
• Le premier de ces épisodes concernent la commémoration du 70ème anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, dont on sait qu’il est devenu, dans son aspect symbolique, un sujet d’une discorde extrême entre la Russie et le bloc BAO d’une façon générale. L’argument central de la polémique est la non-invitation du président russe Poutine aux cérémonies, alors que ce fut l’Armée Rouge (les forces armées de l’URSS, donc de la Russie nécessairement) qui libéra le camp. Cela met la Pologne, où se trouve Auschwitz, dans une position difficile. La Pologne mène une guerre féroce contre la Russie dans le cadre de la crise ukrainienne et, pour elle, il était hors de question que Poutine puisse apparaître d’une façon honorable sinon respectée sur son territoire, fût-ce aux cérémonies d’Auschwitz, – surtout, dirons-nous, aux cérémonies du camp d’extermination d’Auschwitz dont la dimension symbolique, voire religieuse ou métaphysique, est colossale dans le système de la communication (voir le 20 janvier 2015).
L’affaire a d’abord été présentée d’une manière informelle par les Polonais (“Nous n’invitons personne d’une façon nominative, donc vient qui veut à la cérémonie”), – tout cela dans une confusion qui s’est avérée faussaire de diverses façons. Il est apparu qu’il y avait des invitations, notamment au président ukrainien Porochenko, et donc la non-invitation de Poutine redevenait un acte formel et politique. Pour s’en expliquer, le ministre polonais des affaires étrangères Grzegorz Schetyna a alors choisi une autre méthode : s’appuyer sur l’histoire pour justifier l’épisode... Ainsi avons-nous appris que ce n’est pas l’Armée Rouge qui libéra Auschwitz mais “les Ukrainiens”. Tout l’argument du ministre repose sur l’utilisation incroyablement sommaire, quasiment infantile du point de vue intellectuel, d’une appellation militaire courante dans l’Armée Rouge (les groupe d’armées soviétiques ayant l’appellation de “Front” durant la Deuxième Guerre mondiale, avec une qualification géographique variable selon la localisation de leur déploiement, c’est une unité du “1er Front ukrainien” qui libéra Auschwitz). Russia Today (RT) a succinctement mais précisément étudié l’affaire, en se référant à des réactions officielles et autres (le 22 janvier 2015) et en mettant en évidence le tollé que cette affaire soulève en Russie, contrastant avec le silence-Système, éventuellement coloré d’un peu de gêne sur fond de sourire d’une ironie jaunâtre du côté du bloc BAO...
«Following the comment, Russia’s UN envoy Vitaly Churkin reminded Schetyna that the Soviet Army had liberated the concentration camp, adding that the front was called first Ukrainian “as it liberated Ukraine from the Nazis before reaching Poland through battles.”“Like all other parts of the Red Army, [the front] was multinational and consisted of Russians, Ukrainians, Belarusians, Georgians, Armenians, Azerbaijanis, representatives of the peoples of Central Asia, and many others – more than 100 ethnic groups of the Soviet Union,” Churkin said addressing the Polish UN envoy, Bogusław Winid, speaking at the UN conference commemorating the liberation of the camp on Wednesday in New York. Churkin urged Winid to explain the grave mistake to the Polish FM saying that: “I’m sure he didn’t intend to offend so many peoples.” [...]
»It is important to respect the memory of all those who liberated Europe, Russia’s Foreign Ministry also said on Wednesday commenting on the Polish FM’s statement. “It is really difficult to imagine that a government official of a level as high as Schetyna’s could be so ignorant,” the comment said. “Incidentally, the 1st Ukrainian Front had the official name of the Voronezh Front prior to November 1943, and before that, it was the Bryansk Front.” “We believe some individuals should stop deriding history and letting their anti-Russian hysteria push them to the brink of disrespect for those who didn't spare their lives to liberate Europe,” the ministry added.
»UK-based journalist and writer Neil Clark told RT that today, history is being rewritten for political purposes. “The fact of the matter is that it was the Soviet Red Army which liberated that appalling camp Auschwitz...” he said. “Yet now in 2015 we are rewriting history to write out the role of the Red army liberating Auschwitz for political purposes.”»
• Un autre aspect de la guerre de communication concerne le même groupe d’information RT cité ci-dessus comme source d’information, mais cette fois pour ce qui concerne son statut et sa crédibilité. RT vient de remporter une importante victoire au Royaume-Uni dans sa démarche d’installer une station majeure dans ce pays pour y couvrir les événements, comme il l’a déjà fait dans plusieurs pays (notamment aux USA). Des plaintes avaient été déposées contre RT par divers futurs confrères britanniques, bienpensants et gardiens vigilants de la vertu type-“libre expression”, auprès de l’organisme régulateur du gouvernement britannique sur les questions de l’étique journalistique (respect des faits, et cette sorte de choses, – l’OfCom, ou Office of Communication) ; précisément, il s’agit de la façon dont RT avait “couvert” l’affaire de la destruction du vol MH17 en juillet-août dernier. L’OfCom vient de rendre son verdict : RT est blanc comme neige en l’occurrence. C’est de bonne guerre, RT pavoise, d’autant plus que l’OfCom ne lui est guère favorable puisqu’il avait émis en novembre dernier des doutes sur la couverture des évènements d’Ukraine en général par ce même réseau. (RT, le 22 janvier 2015.)
«The original grievances concerned RT’s July 17-22, 2014 coverage of the Malaysia Airlines flight MH17 crash in eastern Ukraine, and the subsequent speculation about possible culprits in the downing of the plane. After careful review of 30 hours of off-air recordings, Ofcom concluded the complaints “didn’t raise issues warranting investigation.” RT has been cleared of all charges of insufficient impartiality and factuality in these reports.
»“A lot of noise has been made in recent months by the mainstream media about the alleged bias in RT’s coverage on this tragedy; now Ofcom has looked into the issue and effectively found it all baseless,” said RT’s editor in chief Margarita Simonyan. “We have frequently struggled to get the mainstream media to accept our right to broadcast alternative points of view without being subjected to accusations of ‘bias’,” she said, adding that RT believes vibrancy of debate is safeguarded by a range of media voices...»
Le même article de RT nous informe que le groupe russe reçoit des reconnaissances officielles pour son professionnalisme d’associations tout à fait irréprochables et extrêmement prestigieuses du point de vue du bloc BAO (sélection pour “la meilleure couverture événementielle” de l’actualité sur 24 heures du Festival de Télévision de Monte Carlo, nomination pour une haute appréciation du jury de l’AIB, ou Association of International Broadcasting en novembre 2014). Une autre très récente “victoire” de RT vient des excuses publiques que la BBC a diffusé le 16 janvier, suite à une émission de cette même BBC où il était affirmé qu’une journaliste de RT, Anastasia Chourkina, avait interviewé son père, le représentant à l’ONU de la Russie Anatoly Chourkine, dans des conditions extrêmement suspectes et scabreuses (voir RT, le 19 janvier 2015) :
«In the live broadcast of BBC Two’s 'Daily Politics' program on January 16, 2015, Coburn said: “On last Thursday's show, in an interview with Afshin Rattansi, a presenter from the RT news channel Russia Today, we wrongly suggested that a reporter from the channel, Anastasia Churkina, had interviewed her father, Russian Ambassador to the UN Vitaly Churkin. We now understand this not be the case, we are happy to make that clear and apologise for the error.”
»On January 8, 2015, in an interview with journalist and host of RT’s ‘Going Underground,’ Afshin Rattansi, Daily Politics host Andrew Neil stated as fact that RT reporter Anastasia Churkina had interviewed her father Vitaly Churkin (Russian Ambassador to the United Nations) “live on air.” The point was brought up – in an over-the-top, theatrical manner – as a shocking example of poor journalism at RT, and as a point of derision against the channel...»
Pour en rester au deuxième thème abordé, on observera que ces divers points, et principalement le jugement de l’OfCom britannique, conduisent à une question fondamentale. Le fait est que la couverture des événements d’Ukraine, et d’une façon générale la couverture des événements politiques et culturels par RT ne diffèrent pas seulement des couvertures de la presse-Système du bloc BAO par le commentaire, l’interprétation, etc., mais aussi par les faits. L’exemple du MH17, qui est justement le cas dont était saisi l’OfCom, est flagrant : quelles et combien d’organisations de la presse-Système BAO ont mentionné les interventions et évaluations officielles du ministère russe de la défense sur cette affaire, aussi bien que les divers témoignages et évaluations concernant la présence de deux Soukhoi Su-25 ukrainiens près du vol MH17, tous ces faits que RT a largement rapportés ? La réponse devrait être consternante, et elle devrait par conséquent préoccuper l’OfCom, – et, bien sûr, cet exemple pouvant et devant être multiplié par un nombre innombrables de cas de la même sorte. Il ne s’agit donc pas de différence d’appréciations, de points de vue, de commentaires, mais de différences dans la perception de la réalité commune qui est composé de faits. Il s’agit du fond du débat, qui n’est pas celui de la propagande, qui est celui de la perception de la réalité, avec les contraintes, les déformations, etc. Dès lors que RT n’est pas brûlé sur le bûcher de la sorcellerie antimoderne et anti-occidentaliste, dès lors qu’il n’est pas intégralement rejeté, son incursion acceptée et acceptable, et même applaudie par certains, dans le champ du système de la communication du bloc BAO introduit un facteur gravissime de déstabilisation de ce champ. (Bien entendu, on cite RT qui est l’accusé et le témoin-vedette dans ce débat, mais d’autres médias russes font aussi bien l’affaire.)
Il faut dire que le dossier du bloc BAO est particulièrement terrifiant, si l’on s’en rapporte à l’affaire du ministre polonais des affaires étrangères, qui suit celle de la leçon d’histoire générale de la Deuxième Guerre mondiale du Premier ministre ukrainien Iatséniouk (voir le 13 janvier 2015). Il ne s’agit pas là non plus de positions, de points de vue, ni même de propagande, – mais là aussi il s’agit de fait purs et simples. L’argument du ministre polonais est d’une telle puérilité, contre toutes les évidences techniques, historiographies, photographiques, humaines, etc., qu’il ne s’agit plus de propagande mais d’une inculture totale, d’une barbarie de l’esprit, d’ailleurs certainement dans le chef des conseillers de communication du ministre qui n’ont évidemment jamais ouvert le moindre livre d’histoire et qui n’ont pas la plus petite familiarité des réalités historiques et techniques de la guerre (de la deuxième Guerre mondiale). Comme on voit, là aussi, nous ne sommes pas sur le terrain de la propagande mais sur celui des capacités humaines générales au niveau de la perception culturelle et documentaire. La question de la culture et du niveau de barbarie de l’esprit n’importe pas vraiment lorsqu’il s’agit d’économie, de finance ou de la gestion des forces d’agression du type de l’interventionnisme BAO courant ou de la robotique du type-“lendemains qui chantent” à-la-Google. Par contre, elle apparaît et devient préoccupante si l’on se tient dans le domaine de la communication, en se référant à des faits notamment historiques qu’on couvre de valeurs symboliques immédiatement transmissibles en effets politiques d’une considérable importance. Certes, il n’y a pas de sanctions puisque, dans ces affaires, décidément la consigne du bloc BAO est le silence complet lorsqu’on est pris la main dans le sac, comme c’est de plus en plus le cas. Il y a par contre un effet pervers de fatigue et d’affaiblissement de la psychologie à se trouver, de façon de plus en plus répétée, pris la main dans le sac du complet mépris jusqu’à l’inversion pour les faits des vérités de situation pour sauvegarder la virginité intouchable de la narrative, – une virginité qui l’est vraiment car la narrative ne peut servir que d’un bloc et ne souffre pas le moindre attentat à sa pudeur impliquant un déflorement décisif.
Dans ce contexte et d'une façon perverse et invertie très caractéristique qui indique la tension de la situation de la communication avec les concurrences de moins en moins supportables pour la psychologie, – autant les collectivités psychologiques que les psychologies individuelles, – la tendance institutionnelle au sein de l’UE est d’encourager à ce que certains pourraient juger comme une “guerre de communication” qui a tous les attributs d’une incitation à renforcer tous les soutiens possibles à la narrative officielle. C’est ce qu’on peut comprendre et c’est dans tous les cas l’interprétation de nos sources européennes de ce passage de la déclaration de Federica Mogherini le 19 janvier 2015, après la conférence des ministres des affaires étrangères des États-membres de l’UE. Le passage suit celui qui est consacré à la Russie, se terminant par l’observation qu’il pourrait être utile d’établir des contacts individuels, “encore plus avec la population russe qu’avec les autorités russes” («... to explore elements for people-to-people contacts that could be useful to engage not so much the Russian authorities but the Russian population with the European Union»). L’observation est alors celle-ci, effectivement comme une incitation directe type-Rumsfeld/2001-2003 à ne livrer que des “vérités” convenant à lanarrative-Système : «We also have decided to have the European Union working on a strategic communication to promote correct, impartial and independent information in the region.»
De tout cela, nous concluons que l’affrontement du point de la vue de la communication est désormais frontal, entre la Russie et le bloc BAO stricto sensu avec d’étonnants atouts pour la Russie, mais d’une façon plus générale entre les “vérités de situation” et la narrative. Ce qui est remarquable et particulièrement intéressant, c’est le constat que le bloc BAO, malgré toute sa puissance répressive, malgré ses instruments de pression très nombreux, n’est pas parvenu à bloquer l’intrusion de la communication russe, particulièrement RT, au cœur de lui-même, dans les pays anglo-saxons. On aurait en effet pensé que le Système allait réussir à empêcher par tous les moyens cette intrusion, parce qu’elle représente un danger mortel pour lui dans la mesure où s’installe une source anti-narrative dans son cadre légal de communication. Le Système n’a pas réussi, comme s’il ne réalisait pas l’enjeu, lui le maître de la communication, – au contraire il ouvre toutes grandes ses portes à RT ; cela, pour aussitôt conseiller à sa presse-Système de s’enfoncer encore plus dans le cloaque de lanarrative, – “une information indépendante, correcte et impartiale dans la région”...

Mis en ligne le 23 janvier 2015 à 14H08