lundi 21 novembre 2022

19 Novembre 2022 Manifestations des 4 ans des Gilets Jaunes à Paris. Interview : Jérôme Rodrigues.




 

Vandana Shiva à propos de Bill Gates


 

Ukraine. Aucune chance pour la paix sans aller plus loin dans la guerre

Source :  https://lesakerfrancophone.fr/ukraine-aucune-chance-pour-la-paix-sans-aller-plus-loin-dans-la-guerre

Par Moon of Alabama – Le 21 novembre 2022

Il y a une semaine, j’ai salué les pourparlers entre le directeur de la CIA, Bill Burns, et le directeur du service de renseignement extérieur russe, Sergei Naryshkin, mais j’étais sceptique quant à leur issue :

Il n’y aura pas de cessez-le-feu maintenant, mais discuter est de toute façon une bonne chose. Les deux parties doivent faire de leur mieux pour continuer à discuter.

La Russie a demandé beaucoup de choses : un retrait de l’OTAN à sa position de 1997, les quatre régions d’Ukraine qui sont déjà devenues des régions russes, une garantie que l’Ukraine ne rejoindra jamais l’OTAN. Les États-Unis ne sont certainement pas prêts à s’engager dans cette voie, du moins pas encore.

Il faudra du temps et de nombreuses autres discussions pour que les États-Unis reviennent à la raison et fassent les concessions nécessaires pour mettre fin au conflit.

Il faudra également vaincre l’armée ukrainienne, et tous ceux qui la rejoindront, sur le champ de bataille. La Russie peut y parvenir si elle se concentre sur cet effort.

Depuis, la Russie a lâché une nouvelle salve de missiles sur le réseau électrique de l’Ukraine. Cette action confirme que les pourparlers n’évoluent pas dans un sens positif.

Maintenant, Yves Smith et Gilbert Doctorow citent des handicaps supplémentaires aux compromis nécessaires qui pourraient mettre fin à la guerre.

Smith commence par examiner les récentes déclarations du côté américain. Rien n’indique que quiconque au sein de l’administration Biden cherche une voie vers la paix. Le général Milley, qui a rendu publique la suggestion de pourparlers après avoir perdu la main en interne a, du coup, été sifflé en retour :

Certains observateurs attentifs du conflit russo-ukrainien ont évoqué la possibilité de pourparlers de paix. Comme nous le verrons bientôt, votre humble blogueur pense que ce point de vue n’est actuellement pas bien aligné avec la réalité. Oui, les choses semblent s’être dégelées au point que les États-Unis ont renoncé à la politique de non-communication, comme aux jours les plus sombres de la guerre froide, avec la Russie. Mais si le passage du zéro absolu à un froid glacial est techniquement un réchauffement, il fait encore terriblement froid. Les positions des deux parties ne se recoupent pas, ce qui signifie qu’il n’y a aucune base de discussion.

Un autre problème des pourparlers est qu’il n’y a personne à qui parler. Le comédien ukrainien Zelensky n’est pas dans une position où il peut faire des concessions sans risquer sa vie :

Et l’un des plus grands obstacles à tout règlement, autre que la Russie qui en fin de compte dictera ses conditions, est le leader que l’Occident collectif a mis sur un piédestal : Zelensky, avec le lourd bagage qu’est son cercle intérieur banderiste.

Smith cite l’ancien président russe Medvedev qui avait expliqué le problème ainsi :

Le vice-président du Conseil de sécurité de la Russie, dans un commentaire récent sur Telegram, résumé par TASS, a correctement décrit comment Zelensky est coincé :

Néanmoins, « Zelensky ne veut pas de négociations pour des raisons égoïstes évidentes. De plus, elles [les négociations] sont très dangereuses pour lui« , poursuit Medvedev.

« Après tout, à moins qu’il ne reconnaisse la réalité qu’est l’éclatement de l’Ukraine, cela n’a aucun sens de s’asseoir à la table [des négociations]. Une fois qu’il l’aura admis, il sera éliminé par ses propres nationalistes qui ont des liens avec les hauts gradés de l’armée, et dont il a une peur bleue« , a déclaré Medvedev, décrivant la situation par un terme d’échecs, « Zugzwang » (position dans laquelle chaque mouvement d’un joueur aggrave sa situation).

Ce scénario met également en évidence le gâchis dans lequel se trouve l’Occident s’il devait réellement prendre au sérieux sa volonté de négocier (comme indiqué plus haut, mon interprétation de la vague de nouvelles est qu’il s’agit d’une combinaison de gestion de l’image et d’une certaine jactance personnelle ; rien n’indique que Biden, Blinken, Sullivan ou Austin aient changé de position), ils ne peuvent pas manœuvrer dans le contexte de l’infestation néo-nazie engendrée par les États-Unis. Zelensky devra résister à toute tentative de paix. S’il était tué, les néo-nazis accuseront la Russie et s’en serviront comme prétexte pour adopter des positions encore plus radicales. Après tout, combien cela coûterait-il aux États-Unis de fournir des renseignements et d’autres formes de soutien à leur terrorisme ?

Au cours des derniers mois, la Russie a fait un certain nombre de déclarations qui pourraient être considérées comme des demandes de pourparlers :

Le mois dernier, la série d’appels à la négociation lancés par Poutine s’est intensifiée. Le 30 septembre, Poutine a appelé Kiev à « revenir à la table des négociations« . Le 11 octobre, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergei Lavrov, a déclaré que la Russie « était prête à s’engager avec les États-Unis ou la Turquie sur les moyens de mettre fin à la guerre. » Deux jours plus tard, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré que Moscou était « ouvert aux négociations pour atteindre nos objectifs. » Le 26 octobre, Poutine a envoyé un message à Zelensky par l’intermédiaire du président de la Guinée-Bissau, Umaro Mokhtar Sissoco Embalo, disant qu' »il souhaite et pense qu’un dialogue direct devrait avoir lieu entre vos deux pays. » Le 30 octobre, Lavrov déclarait que la Russie était « prête à écouter nos collègues occidentaux s’ils font une autre demande pour organiser une conversation« , tant que les besoins de la Russie en matière de sécurité sont pris en compte. Et le 1er novembre, Poutine déclarait que les « conditions nécessaires » pourraient être réunies et servir de catalyseur aux pourparlers.

La phase de recherche de négociations par la Russie semble désormais terminée.

Gilbert Doctorow constate que la société russe est passée à autre chose et que les hommes politiques de premier plan suivent son exemple :

Le fait est que la société russe, du haut en bas de l’échelle, est très mécontente de l’état actuel de la guerre, mais son mécontentement est dû à ce qu’elle considère comme la pusillanimité de son propre gouvernement qui ne répond pas plus résolument aux frappes d’artillerie continues sur les régions de Koursk et de Belgorod à partir de l’oblast de Kharkov, juste de l’autre côté de la frontière, sans parler des atrocités telles que la vidéo qui vient d’être publiée du meurtre de sang-froid de prisonniers de guerre russes par des soldats ukrainiens joyeux. Le retrait de la ville de Kherson a enflammé les passions du public russe qui exige de meilleures explications à son parlement et à la télévision que celles qu’il a reçues jusqu’à présent.

La pression exercée sur Poutine provient de ses propres partisans patriotes, et une trêve intempestive pour des négociations en ce moment pourrait conduire à des troubles civils en Russie.  Il ne s’agit pas là d’une simple spéculation : la dernière édition de l’émission-débat « Dimanche soir » avec Vladimir Solovyov, à laquelle ont participé activement un vice-président de la Douma issu du parti au pouvoir Russie Unie et un président de commission de la Douma issu des communistes, l’a parfaitement montré, ce qui signifie que les élites du pays suivent le courant populaire contre le ministre de la défense Shoigu, si ce n’est contre ceux qui sont encore plus hauts placés au Kremlin.

Comme le conclut Yves Smith :

Je ne vois donc pas d’autre alternative que de voir la Russie continuer sur sa voie actuelle de paralysie de l’Ukraine. Et je suis sûr que les Russes ont déjà compris cela depuis un certain temps et ne voient rien qui suggère qu’il serait judicieux de changer de cap.

Je suis d’accord.

Cette guerre insensée va pour l’instant se poursuivre.

Pendant ce temps, il gèle ici, dans le nord de l’Allemagne, où l’hiver risque d’être très coûteux.

La Grande-Bretagne continue d’acheter du pétrole russe à des tiers, tandis que l’UE recevra son gaz russe via l’Azerbaïdjan. Les prix unitaires seront beaucoup plus élevés que ceux de toute importation directe en provenance de Russie. Les différences de prix vont enrichir un certain nombre d’intermédiaires au détriment des consommateurs britanniques et européens.

On se demande combien de temps encore les politiciens européens pourront justifier cette mascarade.

Moon of Alabama

Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone.

Les Hydres de la paix

Source :  https://www.dedefensa.org/article/les-hydres-de-la-paix

• Décidément, on ne peut ignorer les bruits de négociations, de recherche d’entente, de possible arrangement qui, aujourd’hui, forment un bruit de fond assourdissant d’‘Ukrisis’, la guerre en Ukraine. • Même Medvedev, dont on connaît l’allant patriote et guerrier, nous donne des précisions à cet égard. • Et il ne semble y avoir qu’un seul problème : Zelenski, le caillou dans la chaussure, qui semblerait commencer à agacer tout le monde. • Alentour, comme lendemain qui chante, paraît FTX, nouveau scandale financier globalisé via ‘Ukrisis.

L’épisode du S-300 “de fabrication soviétique” de la défense aérienne ukrainienne aboutissant en Pologne pour tuer deux agriculteurs sur leur tracteur semble bien avoir agi comme un révélateur, un destructeur de simulacre. Ainsi en juge-t-on lorsque, dans la situation ainsi créée, un Medvedev, libéral occidentaliste transformé en patriote russe intransigeant par la guerre rend compte dans un message détaillé du désarroi américaniste-occidentaliste marqué par deux dynamiques : une exacerbation et une excédation du sentiment général pour les actes et le comportement de Zelenski ; une crainte désormais dominante que le conflit débouche sur un embrasement général entre l’OTAN et la Russie, où l’OTAN n’a aucune certitude d’avoir le dessus tandis que planerait le risque insupportable d’un affrontement au plus haut niveau.

Pourtant, il n’y a rien dans tout cela qui permette d’affirmer une conclusion ferme sur une orientation d’apaisement, tant il est vrai que dans le meilleur des cas (la paix) d’innombrables problèmes jusqu’ici laissés de côté surgiraient, qui nous promettent des bouleversements considérables.  Quand on se trouve si complètement et brutalement jeté dans un ‘New Normal’ de cette sorte, même pacifié sur un de dses versants mais encombré de perceptions faussaires et de simulacres dans un paysage de “tourbillon crisique” affolant les psychologies jusqu’à créer une “structure crisique” de l’hystérie, il est tout simplement impossible de revenir à l’ancien. Le ‘New Normal’ recèle une prolifération d’Hydres à mille têtes qu’il est hors de question d’ignorer...

Mais n’allons pas trop vite. Pour l’instant, il est question du message de Medvedev, venu bien entendu sur le fond d’une basse continue de plusieurs semaines, chuchotant bruyamment hypothèses, messages, rencontres même, à propos d’une rupture de l’enchaînement guerrier. Medvedev ne nous fait aucune révélation mais il rend compte d’un climat complètement nouveau, de la “révélation d’un symptôme” qui compte bien plus qu’un détail de plus sur le S-300 ou sur le comportement de Zelenski, bref il rend compte d’une évolution psychologique importante.

• Psychologie en effet, puisqu’il est autant question d’une “fatigue-Zelenski” dans le bloc-BAO que d’une crainte vers un enchaînement pouvant aller jusqu’à une Guerre Mondiale.

« L'Occident collectif se lasse du président ukrainien Vladimir Zelenski et “pousse” Kiev à des pourparlers avec Moscou, a écrit l'ancien président russe Dimitri Medvedev dans un message posté sur Telegram samedi. Il a ajouté que les États-Unis et l’OTAN ne veulent pas risquer une nouvelle guerre mondiale.

» La réaction au tir de missile qui a frappé mardi le village polonais de Przewodow, tuant deux civils, a révélé un nouveau “symptôme” de cette tendance, puisque même “les russophobes les plus ardents” de Varsovie refusent d'imputer l’incident à Moscou, a commenté l’ex-président Medvedev.

» Vendredi, Varsovie a qualifié la frappe d’“accident malheureux” qu’il était “pratiquement impossible” d’éviter. Kiev a tenté à plusieurs reprises de rejeter la responsabilité de l’incident sur Moscou. L’armée russe, quant à elle, a déclaré qu’elle n’avait effectué aucun tir près de la frontière ukraino-polonaise à ce moment-là, tandis que l’analyse des photos du site a montré que le projectile était un missile anti-aérien S-300 opéré par les forces ukrainiennes.

» “Tout le monde est fatigué du régime de Kiev. Surtout du névrosé Zelenski, qui ne cesse d’attiser les tensions, de pleurnicher et d'extorquer toujours plus d’argent et d'armes. [Il se comporte] comme un enfant hystérique ayant des problèmes de développement”, a déclaré Medvedev. »

• Medvedev insiste particulièrement sur ce qu’il estime être le principal problème empêchant une évolution vers des négociations pouvant aboutir, disons à une entente au moins temporaire pour une cessation, – au moins temporaire, – des combats. L’ancien président, qui s’est un peu institué comme une voix officielle diffusant officieusement, par ses messages sur ‘Telegram’ la pensée profonde de la direction russe, insiste sur le cas Zelenski, en en faisant le principal obstacle à une possibilité d’entente. Son ton est, dans ce cas, beaucoup plus tactique et politique, dénuée de la véhémence anti-occidentale/anti-OTAN qu’il  montrée jusqu’ici, lorsqu’il défend avec passion la cause de soon pays.

« La lassitude engendrée par la direction de Kiev et par ses actions incite l’‘Occident collectif’ à “pousser” l'Ukraine à entamer des pourparlers avec la Russie. “Les États-Unis, l'OTAN et l'Union européenne ne veulent pas d'une rupture complète avec la Russie, ce qui risquerait de provoquer une troisième guerre mondiale. D'où les fréquentes tentatives pour contenir Kiev et le ramener à la raison, pour le pousser à négocier”, écrit Medvedev.

» En refusant de parler avec la Russie, Zelenski poursuit en fait des objectifs beaucoup plus banals et égoïstes, a suggéré Medvedev. “Si [Zelenski] n’accepte pas la réalité de l'effondrement de l'Ukraine, il est inutile de s’asseoir à la table [de négociation]. S’il l’accepte, il sera éliminé par ses propres nationalistes, qui sont liés aux hauts gradés de l'armée”. »

• Pour autant, rien n’est joué, dans tous les cas du côté des USA où plus que jamais s’affrontent les factions, changeant de position selon les nécessités tactiques, par conséquent brouillant le jeu qui semble paraître plus ordonné pendant un instant. Alors que Medvedev passait son message, le secrétaire à la défense Austin prononçait un discours où il parvenait à faire l’éloge de l’armée russe et de ses armements, et en même temps de la volonté de l’emporter des Ukrainiens, suggérant la perspective hollywoodienne de leur victoire finale.

RT.com rapporte cette intervention en mettant évidemment l’accent sur l’“l’éloge de l’armée russe”, alors que l’imposant Austin mentionne l’inestimable valeur d’une “cause” (celle de l’Ukraine) dans laquelle on croit bien entendu comprendre qu’il la présente implicitement comme le nœud de la victoire... Tout cela n’empêchant pas, dit-il, l’OTAN de s’affirmer bien décidé à ne pas se laisser entraîner dans une Troisième Guerre mondiale. La partition d’Austin est suffisamment ambiguë pour être acceptée à peu près par tout le monde

« “Vous savez, les Russes ont une armée puissante et des systèmes d’armes impressionnants”, mais cela “ne les a pas aidés à l'emporter dans une campagne faite de conquête et de cruauté”, a affirmé Austin, qui s'exprimait samedi au Forum international sur la sécurité de Halifax, au Canada... “C’est la cause qui compte”, ainsi que “ceux qui se battent pour elle”.

» Le secrétaire à la défense a ensuite félicité le président Joe Biden pour avoir rallié les “nations de bonne volonté” contre les tentatives de la Russie de “redessiner les frontières par la force”.

» Austin a également déclaré que les États-Unis resteront aux côtés de l'Ukraine tant que durera le conflit, insistant sur le fait que l'issue de celui-ci “déterminera le cours de la sécurité mondiale en ce nouveau siècle”.

» Il a toutefois ajouté que l'OTAN ne serait pas entraînée dans ce qu'il a décrit comme la “pire crise de la sécurité [européenne] depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale”, à moins que Moscou n'attaque l'un de ses États membres. »

Curieux Austin, qui parle comme si l’affaire était tranchée, les honneurs rendus aux Russes pour qu’ils n’insistent (n’attaquent) pas trop, l’Ukraine conservée  hors de l’OTAN, plus “otanisée” (comme on dit “lobotomisée”) que jamais mais hors-‘Troisième Dernière’. Du pur Pentagone dans ces temps où la supériorité militaire US n’est plus, mais plus du tout une donnée acquise : “Je fais la guerre, moi non plus”...

Une “marionnette” hyper-active

Dans tout cela, comme déjà dit, rien de bien nouveau factuellement, – mais psychologiquement, quel tourbillon après l’incident du S-300 ! Cela, “l’incident du S-300”, n’est certainement pas en soi un de ces événements catastrophiques qui aurait pu provoquer une guerre majeure, sinon nucléairement finale. On peut juger que la puérilité de la manœuvre, la grossièreté du ‘false flag’, – s’il s’agit bien de cette démarche de la part des zélenkistes, – nous confirme bien que dans cette énorme tragédie-bouffe qu’est le conflit ‘Ukrisis’, le bouffe prend souvent le dessus avec un Zelenski.

Au reste, ce n’est pas pour signifier que cette légèreté de la psychologie et du comportement facilitent les choses, car c’est bien au contraire. Il est désormais avéré que Zelenski est une des “marionnettes” américanistes et occidentalistes les plus difficiles à contrôler ; cela est d’autant plus vrai que les services de communications des divers pays et organisations occidentaux ont contribué à lui fabriquer une stature de héros, de quasi-Saint de la Démocratie dont jamais aucune marionnette n’eut le privilège à ce point ;  alors même qu’en plus de l’habituelle corruption propre aux marionnette, il ajoute des attitudes et des habitudes d’acteur cabotin sans doute porté sur la drogue et tenant le rôle de sa vie, avec un entourage serré d’“ultra-nationalistes” comme disent nos “experts” de plateau, nullement impressionnés par la profusion de croix gammées et de salut main tendue et ouverte à bout de bras.

Toujours pour esquisser l’avenir de la paix prochaine, il faut ajouter à ce formidable nœud gordien du monde zélenskiste les habituelles querelles internes des différents pouvoirs à l’intérieur du monde en déliquescence qu’est le bloc-BAO. “L’incident du S-300”, sans doute patronné par l’une ou l’autre caste de neocons, a finalement mis ces extrémistes sur la défensive, avec en plus un gâchis qui a dispersé tous les avantages de relations publiques qu’on pouvait espérer tirer du retrait russe de Kherson qu’on a tenté de grimer en une sorte d’Austerlitz ukrainien. On ne sait s’ils (les extrémistes américanistes-occidentalistes) auront le temps de relancer l’affrontement alors que les poussées pour une négociation, du côté bloc-BAO, se font et devraient se faire de plus en plus forte de crainte que les Russes, ayant rassemblé leurs réservistes rappelés, ne lancent une offensive majeure qui accroîtrait leur pénétration en Ukraine.  

Tout cela n’est d’ailleurs, ne peut être d’ailleurs autrement que temporaire. Il reste absolument assuré que l’Ukraine n’est pas une guerre « entre la Russie et l'Ukraine, c’est une guerre entre la Russie et l'Occident », selon les Turcs avisés ; et que la guerre en Ukraine n’est qu’un « exercice d'échauffement” pour le grand conflit à venir [‘The Big One’] ».

...C’est-à-dire que nous doutons grandement, comme remarqué plus haut, qu’une très hypothétique “paix” (?) en Ukraine nous ramène aux temps d’avant, parcouru certes de crises sans nombre mais où l’on . imaginait impensable d’envisager un conflit ouvert impliquant la Russie et les USA en adversaires directs. Cette perspective nous laisse, comme l’on dit, tristement augurer de la suite des opérations si effectivement une sorte d’arrangement était atteint en Ukraine après que Zelenski ait été engagé par Netflix pour une série sur “Grandeur et décadence de l’effondrement de l’Ukraine-FTX”.

Don Quichotte et les moulins de FTX

Cat finalement et toutes réflexions faites se pose cette question : les interlocuteurs américanistes-occidentaistes et zélenskistes des Russes ne risqueraient-ils pas d’avoir l’esprit ailleurs pour ne plus trop se préoccuper de ces affaires du désordre ukrainien ? Ne seraient-ils  ne sont-ils pas, – le naturel revenant au galop, – naturellement trop préoccupés par le scandale-FTX soudain apparu, qui mélange le parti démocrate, les Biden, le Congrès, la cryptomonnaie pour l’Ukraine, Zelenski bien entendu, – tandis que les républicains veulent mettre en cause la famille Biden dans des auditions à la Chambre du nouveau Congrès ? A un moment, il faut bien que l’argent reprenne le dessus, comme l’on est remis dans le droit chemin. Ce pourrait être la surprise qui déstabiliserait tout le cours normal de l’effondrement en cours, pour lui donner une inflexion inattendue, accélératrice encore plus de l’effondrement-en-cours...

On attendait le grand choc des midterms, n’est-ce pas ? On a eu un chuintement presque inaudible, une sorte de flatulence assez peu élégante... Alors, les républicains, privés de leur tsunami formidable mais mauvais gagnants-perdants, entendent exister tout de même en déterrant les pires atrocités des bijoux de la famille Biden au moment où éclate en un affreux divorce le mariage arrangé entre le bitcoin et ‘Ukrisis’ :

« Je l’admets. Je ne suis pas complètement cynique. Comme Don Quichotte, je me bats contre des moulins à vent. Le scandale et la fraude qui entourent l'effondrement de FTX ne sont pas seulement un désastre financier mineur. Il s'agit d'une affaire mondiale qui va prendre au piège de nombreuses personnes apparemment intelligentes qui ont cru à tort qu'en effectuant des transactions en cybermonnaies, elles pouvaient échapper aux forces de l'ordre. Oups ! Ils n'ont apparemment pas pris le temps de comprendre la rigueur du  fonctionnement de la technologie ‘Blockchain’. La garantie de sécurité du ‘Blockchain’ causera leur perte. »

Ainsi Larry Johnson nous parle-t-il du naufrage du ‘Titanic’ qui est en train de se produire avec la faillite de la plateforme de négociation de crypto-monnaies de Samuel Bankman Fried (le nom du milieu ne s’invente pas), le fondateur, directeur général, principal et unique manipulateur de FTX, – sous le titre donquichottesque de :

« Samuel Bankman Fried a peut-être entamé la demolition de l’État-profond… »

 

Mis en ligne le 20 novembre 2022 à 18H15

samedi 19 novembre 2022

LE SIÈCLE DE ZINOVIEV 18.11.2022 — Le briefing avec Slobodan Despot

 


vidéo ici


Antipresse

Où l’on souligne l’importance de garder une pensée honnête et indépendante malgré les tentations et contre l’esprit du temps, et où l’on illustre le propos par l’exemple éclatant du plus grand penseur de l’ère totalitaire.

S'abonner à l'Antipresse: 

https://antipresse.net/abonnements/

IMPORTANT! Rejoignez-nous sur Telegram: 

https://t.me/antipresse

Chaîne Odysee: 

https://odysee.com/@antipresse

https://www.youtube.com/watch?v=p9OSbT1VJmg


vendredi 18 novembre 2022

Décalé Qatar, décalé Qatar... Ho hé ho hé... 🥴🥴


 

Regardez les cadavres s’empiler en Ukraine

 Source : https://insolentiae.com/regardez-les-cadavres-sempiler-en-ukraine/

Il n’y a pas de petite guerre en Europe.

Du côté Ukrainien, c’est 100 000 morts chez les militaires qui sont désormais des simples citoyens devenus soldats de 18 à 60 ans, enrôlés dans une guerre qui les dépasse.

Il n’y a pas de petite guerre en Europe.

Comme à chaque fois, le spectacle est le même. Les femmes pleurent sur les tombes fraîchement creusées, d’un mari, d’un amoureux, d’un fils, d’un neveu, d’un frère.

Que vous soyez ukrainien, que vous soyez russe, la peine insondable est la même.

Regardez ces monticules de terre qui abritent des morts.

La guerre n’est jamais souhaitable, jamais belle.

Que tous les va-t’en guerre regardent le massacre en plein cœur de l’Europe.

Aujourd’hui nous envoyons au sacrifice de jeunes russes et de jeunes ukrainiens.

Paul Valéry disait que « la guerre, c’est le massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent et ne se massacrent pas ».

Regardez ces tombes.

Il n’y a jamais de petite guerre en Europe et nous sommes en train de creuser les nôtres.

Charles SANNAT

« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. Merci de visiter mon site. Vous pouvez vous abonner gratuitement à la lettre d’information quotidienne sur www.insolentiae.com. »

mercredi 16 novembre 2022

mercredi 16 novembre 2022 Ce régime d'occupation dans Kherson "libérée"

 Source : https://russiepolitics.blogspot.com/2022/11/ce-regime-doccupation-dans-kherson.html#more

                                                    


Avec l'arrivée de l'armée atlantico-ukrainienne, l'horreur bien connue dans les territoires laissés par la Russie se répète. A Kherson, l'on voit se mettre en place un régime d'occupation avec un système d'épuration et une violence quotidienne, bien loin du discours politico-médiatique prédigéré de la "libération" de la ville par l'armée ukrainienne et de l'accueil chaleureux de quelques nombreux habitants. Revenons sur ce que vous ne lirez pas dans les médias français, parfaitement disciplinés.

Le discours médiatique concernant les "performances" de l'armée atlantico-ukrainienne est totalement contrôlé. Et lorsque des journalistes tentent de dire autre chose, soit ils sont coupés en direct (sur BFM notamment), soit ils sont inclus dans la base de données américano-ukrainienne des personnes à abattre Mirotvorets (pour une équipe de TF1), soit ils perdent leur accréditation (à Kherson).

Kherson est "libérée", c'est le discours officiel, rien ne doit venir l'entraver. Or, des journalistes anglo-saxons n'ont pas joué le jeu et ont filmé et photographié ce qui ne devait pas l'être, à savoir l'accueil de l'armée atlantico-ukrainienne avec des saluts nazis par les quelques civils présents dans la rue et des civils "collabos" attachés à des poteaux sur la place publique, comme "au bon vieux temps" de l'occupation nazie de l'Europe. 


Publication dans le Daily Mail :
6 journalistes ont ainsi perdu leur accréditation, des journalistes travaillant notamment pour CNN ou Sky News.  Explication venue des autorités ukrainiennes - ils n'ont pas respecté les règles (= la censure de guerre). Je cite le communiqué du ministère ukrainien de la Défense :
"Récemment, certains représentants des médias, ignorant les interdictions et les avertissements existants, sans le consentement des commandants concernés et des services de relations publiques des unités militaires, ont mené des activités d'information dans la ville de Kherson avant même l'achèvement des mesures de stabilisation. De telles actions constituent une violation flagrante des exigences de l'ordre du commandant en chef des forces armées ukrainiennes."

Autrement dit, on ne nous gène pas pendant que l'on fait le ménage. Surtout que pendant ce temps-là, des vidéos parfaitement montées circulent devant montrer l'accueil massif et heureux par les habitants de Kherson fait à l'armée atlantico-ukrainienne. Selon un producteur travaillant pour la télévision ukrainienne, ces vidéos sont des montages. En gros plan, les quelques personnes présentes, et elles ne sont pas nombreuses, et des plans généraux reprenant d'autres manifestations, qui n'ont rien à voir avec l'arrivée des troupes à Kherson. En revanche, comme les autorités savaient quand l'armée atlantico-ukrainienne arriverait dans la ville, ils ont réveillé les "attentistes", ces extrémistes restés sur place, et ont fait venir des membres radicaux. Cela permet de lancer des groupes de personnes, dits "habitants de Kherson".

Mais revenons sur ces fameuses "mesures de stabilisation" dont parle le ministère ukrainien de la Défense. Il s'agit ni plus ni moins d'un régime d'épuration de la population, ce qui est également appelé par les Ukrainiens, un régime de "filtration". Le mode est binaire : les siens, doivent servir le régime, les ennemis, doivent être réprimés. 

Ainsi, dès l'arrivée des troupes ukrainiennes et la fuite de l'administration, la ville est livrée à elle-même, sans système de maintien d'ordre, les sorties de la ville vers les zones russes sont bloquées, les gens fuient en cachettes sur des barques, et un couvre-feu est instauré de 17h à 8h du matin (et désormais de 19h à 6h30). La justification avancée est celle de la nécessité de déminage. Pendant ce temps-là, l'expropriation des "pro-russes" ayant tout abandonné se passe à merveille, les appartements sont pillés, les voitures laissées dans la ville réappropriées, c'est l'anarchie et la violence.

Le "filtrage" des habitants, c'est-à-dire la vérification des habitants en fonction de leur position idéologique se met en route très rapidement. Déjà plus d'une centaine d'affaires pénales sont ouvertes, ce qui est plus qu'à Kharkov. L'une a vendu des produits venus de Russie, l'autre a fait du commerce avec les militaires russes, une troisième était volontaire dans une école ou simplement les gens ont continué de travailler. Une attention particulière est apportée sur ceux qui ont participé au référendum et qui ont participé à son organisation. Je cite : 

"Dès que la police nationale a annoncé des « mesures de stabilisation » et demandé aux gens de ne pas sortir dans les rues, il est devenu clair qu'il y aurait un grand nettoyage. Les autorités ont déclaré que cela prendrait plusieurs semaines. Le chef de la police nationale, Igor Klymenko, a déclaré que la durée dépendrait de la quantité d'informations reçues. Traduit en russe - à quel point les gens se dénonceront activement et combien de "collaborateurs" devront être emprisonnés. Et pour ne plus déshonorer le monde entier, l'Ukraine a appelé les citoyens à observer le "silence informationnel"."

C'est cela, que le discours politico-médiatique occidental qualifie de "libération". Nous sommes bien dans une communication de guerre et  celui qui contrôle le territoire, contrôle le discours.  

PS : Les autorités russes se sont adressées, entre autres, au Haut commissariat de l'ONU pour les droits de l'homme, à la mission de la Croix-Rouge internationale en Ukraine, au sujet de ces violations des droits de l'homme par l'armée atlantico-ukrainienne. N'ayons aucun doute qu'aucune suite ne sera donné, ces organisations n'existent pas pour condamner l'activité de leurs Chefs. Le seul moyen de protéger ces gens, c'est de rétablir l'ordre constitutionnel par une présence institutionnelle - le reste n'est que de la communication.

 Karine Bechet-Golovko

mardi 15 novembre 2022

Ajeet - Quiet (Live In The Garden)



Ajeet performing "Quiet" live from her garden. "Quiet" is available now at https://l.spiritvoyage.info/ajeet/quiet


Ajeet lulls you into a dreamstate in this subtle, meditative lullaby.  Quiet is the third single from her upcoming album, ‘Let It Breathe.’  This song invites you to soften yourself and drift in the space between being awake and asleep.  Ajeet wrote this song as a soothing balm to release suffering for someone special in her life, and its medicine is gentle and deeply calming.   Ajeet’s gentle vocals glide over guitars, harp, Rhodes and fiddle to carry you into a space of quiet healing.


Get tickets to see Ajeet live on tour: https://ajeetmusic.com/tour


STAY CONNECTED WITH AJEET: 

Instagram: https://instagram.com/ajeetmusic

Facebook: https://facebook.com/ajeetmusic

Twitter: https://twitter.com/ajeet_music

Website: https://ajeetmusic.com

Spotify: https://open.spotify.com/artist/3sBtK...



VIDEO CREDITS: 

Filmed by: David Howley

Edited by: Siobhán Moore



MUSIC CREDITS: 

Ajeet - Rhodes

David Howley - acoustic guitar 

Sam Killeen - Electric guitar

Jared May - Bass

Sukhmani Rayat - Percussion 

Aisling Urwin - Harp

Ultan O’Brien - Fiddle


Produced and mixed by Siobhán Moore

Engineered by Siobhán Moore

Additional engineering by Seán O’Sullivan, Scott Mulvahill


Mastered by Piper Payne at Infrasonic Sound

Executive Producer Karan Khalsa

Spirit Voyage Records

Photography by Rich Gilligan 

Design by Ken Deegan 



LYRICS: 

Lay your head down here

I'll stay by you


Let your mind be clear

The world can wait a while


Sweetly it will come

The dream


Let it carry you

Until you feel free


I didn't know how precious it was

I didn't know how precious it was


Oh, it is quiet

The place that holds us

So I won't fight it 

Don't fight it

Come here to me


Oh, in the silence 

There's something sacred

So I won't fight it 

Don't fight it

Come here to me


Sweetly it will go

Soft as it came

Let it flow from you

Until you feel free


I didn't know how precious it was

I didn't know how precious it was


Oh, it is quiet

The place that holds us

So I won't fight it 

Don't fight it

Come here to me


Oh, in the silence 

There's something sacred

So I won't fight it 

Don't fight it

Come here to me


Oh, it is quiet

The place that holds us

So I won't fight it 

Don't fight it

Come here to me


Oh, in the silence 

There's something sacred

So I won't fight it 

Don't fight it

Come here to me

François Braun s'exprime à propos des soignants non vaccinés

 


dimanche 13 novembre 2022

Un article de Libé rien que pour Alexis Poulin :-)


 

La Belgique en ce moment (épisode 5) - FREDMAN


 

Héros et justiciers


 

Entretien avec Pierre Hillard - Octobre 2022

 


vidéo ici

Deva Premal & Miten avec Manose : Gayatri Mantra 2009, En Concert


Deva Premal & Miten avec l'invité spécial Manose (et un public à l'écoute) chantent le Gayatri Mantra.
Ceci est un extrait de leur CD/DVD "In Concert". Om Bhur Bhuvah Svaha Tat Savitur Varenyam Bhargo Devasya Dhimahi Dhiyo Yonah Prachodayat Connectez-vous avec Deva Premal & Miten 

http://devapremalmiten.com/Music

Clémence Guetté détruit Attal et le gouvernement


 

vendredi 11 novembre 2022

Les nombreuses « guerres » imbriquées – Un guide sommaire à travers le brouillard

source : https://lesakerfrancophone.fr/les-nombreuses-guerres-imbriquees-un-guide-sommaire-a-travers-le-brouillard

Nous avons maintenant un ensemble embarrassant de « guerres » dont, paradoxalement, l’Ukraine est peut-être celle de moindre importance stratégique.


Par Alastair Crooke – Le 24 octobre 2022 – Source Strategic Culture

Nous avons maintenant un ensemble embarrassant de « guerres » dont, paradoxalement, l’Ukraine est peut-être celle de moindre importance stratégique – bien qu’elle conserve un contenu symbolique significatif. Un « drapeau » autour duquel les histoires sont racontées et le soutien rallié.

Oui, il n’y a pas moins de cinq « guerres » en cours, qui se chevauchent et sont liées entre elles – et elles doivent être clairement différenciées pour être bien comprises.

Ces dernières semaines ont été marquées par plusieurs changements d’époque : le sommet de Samarkand, la décision de l’OPEP+ de réduire la production pétrolière des pays membres de deux millions de barils par jour à partir du mois prochain, et la déclaration explicite du président Erdogan selon laquelle « la Russie et la Turquie sont ensemble et travaillent ensemble » .

Les alliés de base des États-Unis, l’Arabie saoudite, la Turquie, les Émirats arabes unis, l’Inde, l’Afrique du Sud, l’Égypte et des groupements tels que l’OPEP+ font un grand pas vers l’autonomie et vers la coalescence de nations non occidentales en un bloc cohérent, qui agit selon ses propres intérêts et fait de la politique « à sa façon » .

Cela nous rapproche du monde multipolaire que la Russie et la Chine préparent depuis plusieurs années – un processus qui signifie « la guerre » du découplage géostratégique de l’« ordre » mondial occidental.

Cette guerre est menée, d’une part, en présentant la Russie et la Chine comme trop méfiantes l’une envers l’autre pour être des partenaires. D’autre part, on présente la Russie comme étant si faible, si dysfonctionnelle et erratique (prête à utiliser des armes nucléaires tactiques), que le binaire « avec nous » ou « contre nous » oblige les États à se ranger du côté de l’Occident. Dans ce cas, l’Ukraine est présentée comme le brillant « Camelot » autour duquel se rassembler, pour combattre les « ténèbres » .

Cela nous mène directement à la « guerre » financière mondiale qui dure depuis longtemps, une guerre à deux niveaux.

Au premier niveau, la Fed américaine joue un « jeu mondial » . Elle augmente les taux d’intérêt pour de nombreuses raisons. Mais ici, il s’agit de protéger le « privilège du dollar » , qui consiste à pouvoir échanger l’argent qu’elle imprime à partir de rien contre de la main-d’œuvre et des marchandises réelles dans le monde entier. Ce privilège de « monnaie de réserve » est à la base du niveau de vie élevé des États-Unis (bien plus élevé qu’il ne le serait autrement). C’est un avantage énorme, et la Fed va protéger cet avantage.

Pour ce faire, le plus grand nombre possible d’États doivent être dans la « filière » du dollar et faire des échanges en dollars. Et placer leur épargne dans les bons du Trésor américain. La Fed fait maintenant tout ce qu’elle peut pour faire s’effondrer la part de marché de l’euro et ainsi faire passer les euros et les euro-dollars dans le circuit du dollar. Les États-Unis menaceront l’Arabie saoudite, les États du Golfe et la Turquie pour les empêcher de quitter ce circuit.

Il s’agit là de la « guerre » contre la Russie et la Chine, qui détournent une grande partie de la planète du système du dollar pour la faire entrer dans une sphère non dollarisée. Le non-respect de l’appartenance au système du dollar est sanctionné par divers outils, depuis les sanctions, le gel des avoirs et les droits de douane jusqu’au changement de régime.

Si la Fed ne protège pas le « privilège du dollar » , elle court le risque de voir tout le monde sortir du circuit. Le bloc Eurasie s’efforce de sortir du circuit du dollar, de créer une résilience économique et de commercer en dehors du circuit. Ce que la Fed essaie de faire, c’est d’arrêter cela.

La deuxième dimension de la guerre financière américaine est la longue lutte menée par les États-Unis (Yellen et Blinken, plutôt que la Fed) pour conserver le contrôle des marchés de l’énergie, et la capacité des États-Unis à fixer le prix des carburants. Les BRICS (avec la volonté des Saoudiens de les rejoindre) ont l’intention de développer un « panier » de devises et de matières premières destiné à servir de mécanisme commercial alternatif au dollar pour le commerce international.

Le groupe eurasien ne prévoit pas seulement de commercer en monnaies nationales, et non en dollars, mais il veut lier cette monnaie d’échange à des produits de base (pétrole, gaz, nourriture, matières premières) qui ont une valeur intrinsèque – qui deviennent ainsi des « monnaies » à part entière. Plus que cela, le groupe cherche à éloigner le contrôle des marchés de l’énergie des États-Unis, et à le relocaliser en Eurasie. Washington a toutefois l’intention de reprendre le contrôle (par le biais du contrôle des prix).

Et c’est là que réside un problème fondamental pour Washington : le secteur des matières premières – avec sa valeur tangible inhérente – devient, en soi, une « monnaie » très recherchée. Une monnaie qui, à cause d’une inflation galopante, surpasse la monnaie fiduciaire dévaluée. Comme le souligne Karin Kneissl, ancienne ministre autrichienne des affaires étrangères, « en 2022 seulement, la banque centrale étasunienne a imprimé plus de papier-monnaie que dans toute son histoire. L’énergie, en revanche, ne peut être imprimée » .

Cette « guerre de l’énergie » prend la forme d’une perturbation ou d’une destruction du transport – et du flux – des produits des producteurs d’énergie eurasiens vers les clients. L’UE vient de goûter à cette « guerre » particulière avec la destruction des pipelines Nordstream.

Nous en arrivons maintenant aux grandes « guerres » : tout d’abord, la guerre pour forcer la Fed à pivoter – à pivoter vers les taux d’intérêt zéro et l’assouplissement quantitatif.

La révolution sociale aux États-Unis, qui a vu une élite métropolitaine radicalisée considérer la diversité, le climat et la justice raciale comme des idéaux utopiques, a trouvé sa « cible » facile dans une UE déjà à la recherche d’un « système de valeurs » pour combler son propre « déficit démocratique » .

La bourgeoisie européenne a donc sauté avec alacrité dans le « train » libéral américain. S’appuyant sur les politiques identitaires de ces derniers, ainsi que sur le « messianisme » du Club de Rome en matière de désindustrialisation, la fusion semblait offrir un ensemble impérial idéal de « valeurs » pour combler les lacunes de l’UE.

Seulement … seulement, les Républicains pro-guerre américains, ainsi que les néo-conservateurs Démocrates pro-guerre, avaient déjà grimpé dans « ce train » . Les forces culturelles-idéologiques mobilisées convenaient parfaitement à leur projet interventionniste : « Notre premier objectif est d’empêcher la réémergence d’un nouveau rival » (doctrine Wolfowitz) – la Russie d’abord, la Chine ensuite.

En quoi cela a-t-il à voir avec la guerre contre la Fed ? Cela a beaucoup à voir. Ces courants s’engagent à imprimer et à dépenser GROS, sinon ils verront leurs projets s’effondrer. Le Reset nécessite l’impression. Le Green nécessite l’impression. Le soutien au « Camelot » ukrainien nécessite l’impression. Le complexe militaro-industriel en a également besoin.

Les libéraux américains woke et les écolos européens woke ont besoin que le robinet de l’argent soit complètement ouvert. Ils ont besoin d’imprimer de l’argent à outrance. Ils doivent donc faire chanter la Fed pour qu’elle n’augmente pas les taux, mais qu’elle revienne à l’ère du taux zéro, afin que l’argent reste à coût zéro et circule librement (et au diable l’inflation).

La CNUCED, qui supplie toutes les banques centrales d’arrêter de relever les taux pour éviter une récession, est l’un des fronts de cette guerre ; la poursuite de la guerre en Ukraine, avec l’énorme déficit financier qui en découle, est un autre moyen de forcer la Fed à « pivoter » . Et forcer la Banque d’Angleterre à « pivoter » vers le QE en est encore un autre.

Pourtant, jusqu’à présent, Jerome Powell résiste.

Il y a aussi l’autre « guerre » (en grande partie invisible) qui reflète la conviction de certains courants conservateurs américains que l’après-2008 a été un désastre, mettant le système économique américain en danger.

Oui, ceux qui soutiennent Powell sont certainement préoccupés par l’inflation (et comprennent aussi que les hausses de taux d’intérêt ont été faite en retard par rapport à l’inflation galopante), mais ils sont encore plus préoccupés par le « risque sociétal » , c’est-à-dire le glissement vers la guerre civile en Amérique.

La Fed pourrait continuer à relever les taux pendant un certain temps – même au prix d’un certain effondrement des marchés, des fonds spéculatifs et des petites entreprises. Powell a le soutien de certaines grandes banques new-yorkaises qui voient avec beaucoup de clarté ce qui les attend avec le modèle libéral et woke : la fin de leur activité bancaire lorsque les renflouements deviendront numériques et seront versés directement sur les comptes bancaires des demandeurs (comme l’a proposé le gouverneur Lael Brainard).

Powell ne dit pas grand-chose (il est probable qu’il se tienne à l’écart de la politique américaine partisane durant cette période délicate).

Cependant, la Fed pourrait tenter de mettre en œuvre une démolition contrôlée de la bulle économique américaine, dans le but précis de ramener l’Amérique sur des rails financiers plus traditionnels. Pour briser la « culture des actifs à effet de levier » … Vous commencez à résoudre l’énorme fossé d’inégalité sociétale que la Fed a contribué à créer, par le biais de l’assouplissement quantitatif facilitant les bulles d’actifs géantes … Vous commencez à rajeunir l’économie américaine en mettant fin aux distorsions. Vous dissipez l’envie de guerre civile parce que le problème n’est plus seulement entre les « nantis » et les « démunis » .

Cette vision est peut-être un peu utopique, mais elle permet de briser la « bulle du tout » , de briser la culture de l’effet de levier et de mettre fin à la confrontation extrême entre les bénéficiaires de la bulle et la baisse des salaires réels aux États-Unis pendant 18 mois consécutifs.

Mais … mais cela n’est possible que si rien de systémique ne se brise.

Quelles sont les implications géostratégiques ? De toute évidence, beaucoup de choses dépendent du résultat de l’élection américaine de mi-mandat. Il semble d’ores et déjà (en fonction des résultats précis des candidats du GOP) que le financement de la guerre en Ukraine sera réduit. L’ampleur de cette réduction dépendra de la marge de succès obtenue par les « populistes » du GOP.

Il n’est pas plausible que l’UE, confrontée à sa propre crise dévastatrice, continue à financer Kiev comme avant.

Mais l’importance de la lutte pour replacer les États-Unis dans le paradigme économique des années 1980 suggère que l’Occident va frôler une rupture systémique au cours des prochaines semaines.

Les euro-élites sont trop lourdement investies dans leur voie actuelle pour changer de narratif dans un avenir proche. Ils continueront donc à blâmer et à dénigrer la Russie – ils n’ont guère le choix s’ils veulent éviter la colère populaire. Et il y a trop peu de signes indiquant qu’ils ont mentalement assimilé le désastre que leurs erreurs ont provoqué.

Et en ce qui concerne Bruxelles, le mécanisme de rotation des dirigeants de l’UE est largement absent. L’Union n’a jamais été équipée d’une marche arrière – un besoin que l’on pensait inimaginable à l’époque.

La question reste donc : « quelle sera la situation en Europe en janvier-février ? ».

Alastair Crooke

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone