ECOUTEZ RADIO SPUTNIK
Les comprimés d’iode
des tranquillisants contre l’angoisse nucléaire
La décision de distribuer des comprimés d’iode stable au voisinage des
centrales nucléaires françaises a donné lieu à des commentaires d’experts
médicaux très proches du lobby nucléaire, pour qui seuls les iodes radioac-
tifs auraient des effets néfastes sur la santé (du moins, c’est ce qu’ils pré-
tendent dans les médias). Ainsi, en prenant ces comprimés d’iode stable,
en cas d’accident grave, la population serait totalement protégée. Tout se
passe donc comme si le cocktail de radionucléides qui seraient rejetés en
même temps que les iodes (césium, ruthénium, argent, strontium, plutonium
et autres transuraniens), une fois inhalés et ingérés, n’avaient aucun effet
sur la santé. Il est vrai que, contrairement aux iodes radioactifs, qui ont pour
cible la thyroïde sur laquelle ils se fixent, ces radioéléments ne donneraient
pas d’effets spécifiques facilement identifiables sur des organes particu-
liers. Il serait donc difficile pour les personnes contaminées de les discerner
parmi les maladies « normales » et les experts pourraient facilement camou-
fler leurs effets.
S’il n’est pas possible pour les individus d’identifier les cancers radio-
induits non spécifiques, alors il n’est pas nécessaire pour les gestionnaires
et leurs conseillers scientifiques d’en tenir compte, d’autant plus que ces
cancers n’apparaîtraient que plus tardivement. Les iodes radioactifs ayant
un effet spécifique sur la thyroïde, et cela à relativement court terme (on
l’a vu après Tchernobyl avec l’apparition des cancers chez les enfants bié-
lorusses), il n’est donc pas possible de les négliger dans les gestions post-
accidentelles. Ainsi, le comprimé d’iode stable devient miraculeusement
l’antidote absolu contre les effets des rejets radioactifs en cas d’accident
nucléaire grave.
Quelques précisions sur les prises d’iode stable
L’iode stable est administré préventivement pour saturer la thyroïde et
empêcher qu’elle n’absorbe ensuite les iodes radioactifs rejetés dans les
accidents nucléaires. Dans cette situation, la thyroïde serait protégée des
effets du rayonnement causés par ces iodes radioactifs ingérés ou inhalés.
(Nous ne discuterons pas ici des contre-indications médicales qui ne sont
peut-être pas aussi anodines qu’on nous l’assure.)
Les experts de la Commission internationale de protection radiologique
(CIPR) dans la publication 63 de 1992 (Principes pour l’intervention pour
la protection du public en cas d’urgence radiologique) donnent quelques in-
dications sur les procédures à respecter pour que la prise d’iode stable soit
efficace. Remarquons que ces experts ont attendu pour nous livrer leurs
réflexions que Tchernobyl ait montré indiscutablement le développement
de problèmes thyroïdiens, entre autres des cancers, chez les enfants des
régions contaminées en Biélorussie, Ukraine et Russie. L’effet désastreux
sur la population prenant directement conscience qu’elle avait été contami-
née, malgré les dénégations officielles, n’est certainement pas étranger au
souci soudain porté aux iodes radioactifs chez les experts internationaux et
les gestionnaires nationaux.
La rapidité de la prise d’iode est le point important
La CIPR précise : « L’absorption d’iode radioactif est généralement
stoppée cinq minutes après l’administration de cent milligrammes d’iode
stable (pour les adultes). » (art. 70) Encore faut-il que cette ingestion d’iode
stable soit faite avant que l’iode radioactif ait agi notablement en saturant la
thyroïde, ce qu’indique l’article 71 : « Le bénéfice maximum est clairement
obtenu en prenant les tablettes d’iode stable avant l’exposition aux iodes
radioactifs ou le plus tôt possible après. L’administration quelques heures
après l’exposition à une incorporation unique d’iode radioactif peut réduire
l’activité de la thyroïde d’un facteur pouvant aller jusqu’à 2. Une petite ré-
duction de la dose à la thyroïde pourrait être obtenue si l’administration d’io-
de stable est retardée au-delà de six heures et l’action protectrice est nulle
au-delà de douze heures après que l’ingestion/inhalation d’iode radioactif a
cessé. » Ainsi, la CIPR indique que l’efficacité d’une prise d’iode stable pour
réduire les effets des iodes radioactifs est très petite après un délai de six
heures pour les personnes sous un panache d’iodes radioactifs.
Prenons ces six heures comme référence. Pour les habitants proches
du réacteur à problèmes, il faudrait que le directeur de la centrale donne
l’alerte suffisamment longtemps avant le début des rejets pour que tous les
gens concernés soient correctement informés (par exemple, qu’ils aient le
temps de rentrer chez eux chercher leur comprimé) sinon leur protection
serait réduite, voire illusoire, du moins pour le réacteur de leur voisinage,
mais pas forcément pour un désastre sur les autres sites. Un vent normal
de 20 à 30 km/h transporterait l’iode radioactif à une distance comprise
entre 120 et 180 km en six heures. C’est la distance au-delà de laquelle il
serait éventuellement possible de se protéger. Un vent plus violent de 40
km/h porte la distance à 240 km. Enfin, dans la vallée du Rhône particu-
lièrement nucléarisée, si le mistral ou la tramontane soufflent à une vitesse
d’environ 60 km/h, la distance que l’on pourrait protéger se situe au-delà
de 360 km. On voit, compte tenu de l’implantation des centrales nucléaires
dans notre pays, que c’est l’ensemble du territoire qu’il faudrait protéger et
non pas la population des quelques kilomètres au voisinage des réacteurs.
Le Pr Schlumberger de l’Institut Gustave-Roussy concluait de la façon
suivante son article intitulé « Les cancers de la thyroïde après Tchernobyl »
publié dans la très officielle revue de la Société française de radioprotec-
tion, Radioprotection (1994, vol. 29, n° 3, p. 397-404) : « L’accident de
Tchernobyl a montré que les populations vivant à plusieurs centaines de
kilomètres de la centrale (région de Brest notamment) (il s’agit de la région
de Brest-Litovsk en Biélorussie, à la frontière polonaise) peuvent être for-
tement contaminées et développer dans les années qui suivent un cancer
de la thyroïde.
Ceci montre que les plans d’intervention doivent être établis au niveau
d’un pays, voire d’un continent. » On voit que la distribution d’iode dans un
périmètre de 5 km autour des centrales françaises est un signe de panique
irrationnelle et d’incompétence notoire des autorités qui seraient chargées
de gérer une « urgence radiologique » (terme pudiquement utilisé officielle-
ment pour catastrophe nucléaire). Irrationalité non pas par rapport à l’éven-
tualité d’un désastre nucléaire mais par rapport à l’efficacité de ces autori-
tés pour gérer de tels événements. À moins bien sûr que ces distributions
de comprimés d’iode stable ne soient pas envisagées pour protéger les
thyroïdes de la population mais pour réduire ce que les experts en catas-
trophes industrielles nomment maintenant le « risque psychologique » qui
pourrait conduire les habitants près des centrales nucléaires à exiger rapi-
dement leur mise à l’arrêt. En cas d’accident grave, ce « risque psychologi-
que » pourrait amener des « turbulences sociales » particulièrement redou-
tées des gestionnaires. Ils espèrent qu’une population qui se croit protégée
demeure plus calme. En somme, ces comprimés d’iode stable n’auraient
qu’un rôle de tranquillisant. De plus, on essaie par cette procédure de res-
ponsabiliser les gens. En somme, s’il leur arrive des ennuis de santé après
un accident nucléaire, ce sera parce qu’ils n’ont pas pris correctement leur
iode stable. C’est la victime qui devient responsable. Une trouvaille !
Quelques problèmes
Faut-il donner les comprimés aux enfants quand ils vont à l’école ? Faut-il
les confier aux enseignants ?
Faut-il que les gens qui quittent leur habitation emportent les comprimés
avec eux ?
Faut-il que les étrangers aux communes concernées se déclarent à la
mairie pour obtenir leurs comprimés ?
Comment procéder pour les gens qui habitent hors de la zone concernée
par les comprimés et vont travailler dans cette zone ? Devront-ils se décla-
rer dans les mairies, faudrait-il les ficher ?
Faut-il avertir les touristes qui ont l’intention de se rendre dans des zones
à haut risque qu’ils devront avoir leur comprimé ? Où pourront-ils l’obtenir ?
Dans les agences de tourisme ? Dans les syndicats d’initiative ? Dans les
mairies ? Ces organismes distributeurs devront-ils être ouverts en perma-
nence 24 h/24 ?
Si l’information pour la prise d’iode est faite par radio, ne faudrait-il pas
fournir à la population des récepteurs à piles pour le cas où l’accident nu-
cléaire s’accompagnerait d’une panne de courant ?
Finalement le système soviétique qui interdisait à la population de se dé-
placer hors du lieu de résidence sans une autorisation, simplifierait notable-
ment la gestion de ces comprimés d’iode stable. L’organisation autoritaire
de la société est probablement la meilleure solution pour gérer l’énergie
nucléaire !
Roger Belbéoch’h
Lettre d’information du Comité Stop Nogent-sur-Seine, n° 77
Septembre 1997

















































90 réponses à Couverture médiatique de la Ghouta : ou comment faire le jeu des djihadistes (1)
Commentaires recommandés
Les syriens et les russes bombarderaient-ils leurs propres couloirs???
Dans ce contexte qui tient les civils en otage??
Les médias pourraient, au moins, avoir un minimum de logique dans leur propagande et cesser de nous prendre pour des bornes..
.... Quelques vidéos sur https://gaideclin.blogspot.be/
Jean Bricmont :"Le soutien à l'opposition en Syrie est une violation du droit international"
Réponse à la pseudo-gauche pro-ingérence humanitaire en Syrie à propos de la Ghouta.
(Jean Bricmont est un physicien et essayiste belge, professeur émérite de physique théorique à l'université catholique de Louvain et membre de l'Académie royale de Belgique.)
jeudi 1 mars 2018
PIERRE LE CORF :"Comme à Alep, nous sommes pris entre le marteau et l'enclume"
Par Pierre Le Corf,
A propos de ce qui se passe en Syrie en ce moment, un message brut je suppose mais j’avais besoin de partager ce que je ressens et la réalité sur le terrain, les manipulations. Ce n’est pas forcément très clair parfois, des fois je suis en colère et je m’en excuse, je ne veux pas être agressif, j’essaye de sortir les choses mais l’exercice est difficile. Peut-être que personne ne regardera cette vidéo mais au moins je ne garde pas ça à l’intérieur. Je n’en dors pas la nuit, je me réveille en colère et avec ce sentiment d’impuissance … c’est le même schéma que Alep qui se répète et nous sommes à nouveau pris entre le marteau et l’enclume ...
Comme je le disais, ce n’est pas ma mission ici, je suis humanitaire et enseignant … mais c’est la seule chose que je peux faire pour balancer le narratif ou sensibiliser à minima sur une partie de l’histoire qui existe aussi et j’espère juste que tout ça se termine vite et que les gens cessent de crever gratuitement A la fin de cette lettre j'ai publié de très nombreux témoignages et posts pour raconter ce qui se passe ici, la voix de ceux qui vivent la guerre au quotidien ... et les gens se sentent oubliés
Les gens souffrent vraiment à la Ghouta ou à Damas comme ils souffraient à Alep Et - Ouest et beaucoup de gens continuent d’instrumentaliser leur souffrance pour leurs causes et ne montrent pour ça qu’un petit morceau de l’image, éliminant tout ce qui pourrait froisser le tableau « d’un sauvage massacre. » Je crois que au-delà de la manipulation je suis en colère parce que j'ai peur de perdre des gens que j'aime encore
J’ai vécu le pire de la guerre ici, j’ai vu des gens mourir, j’ai pu parfois en sauver parfois pas, je n’ai pas la prétention d’être qui ce soit mais j’ai au moins le droit de m’exprimer sur quelque chose que j’ai vécu et que je connais. Je n’ai jamais rien publié ni parlé de quoi que ce soit que je n’ai pas vu ou vécu, ca a été une règle d’or ces dernières années. La liberté des uns s’arrête là ou commence celle des autres, c’est une expression connue … et bien la liberté d’expression a ses limites car si vous avez le malheur d’exprimer quelque chose qui sort du narratif général, vous êtes immédiatement exterminé sur la place publique.
D’ailleurs en parlant de ça, on continue de donner la parole à des activistes pros-guerre que l’on fait passer pour des civils — et je cite dans ma vidéo Hugo Clément qui était au petit journal l’année dernière et que voilà chez Konbini (et il est un exemple parmi bien bien d'autres, je ne veux pas m'acharner sur ce jeune garçon) à créer du contenu que j’appelle - oui pro-guerre - parce qu’en donnant la parole - prime time uniquement à une partie de l’histoire - à des activistes - opposants voire des proches des groupes terroristes qui condamnent les bombardements et jouent leur carte non pas parce qu’ils sont désolés de la situation humanitaire mais parce qu’ils perdent leur guerre et essayent de faire jouer l'opinion …
Que l’on aime ou pas le gouvernement Syrien, surtout quand finalement aujourd’hui on se rend compte qu’il reste à peine 10% du territoire occupé par les terroristes et quelques douzaines de pseudo-activistes des « droits de l’homme » (oui, je considère que si vous êtes Syrien vous êtes censés privilégier la paix pour votre pays et ceux qui y vivent, même si vous haïssez le gouvernement etc > c’est criminel à ce stade de la guerre de simplement jeter de l’huile sur le feu pour continuer d’exister et bien que je sois désolé pour ces jeunes qui se disent de l’opposition, principalement en dehors du pays et qui maintenant ont le dos au mur), pourquoi les gens doivent payer votre cause au final? … et ce malgré toutes les promesses des pays qui ont soutenu à coup de millions cette guerre et vos identités « révolutionnaires » qui ont par ailleurs été majoritairement « termitées » dès le départ par des groupes radicaux religieux, pourquoi est ce que c’est toute la Syrie qui doit en payer le prix? Et j'en suis désolé, mais pourquoi les gens d’un côté comme d’un autre doivent crever au nom de vos idéaux périmés maintenant? Pourquoi est-ce que l’on continue de donner du crédit à des groupes qui apportent la mort sur la tête des gens? Oui il y a bien eu des mouvements au départ ... mais ça ça n’a rien à voir.
Je suis fatigué de toute cette pression contre la Syrie, ceux qui y vivent … et j’espère simplement que ça se finisse, que chacun retrouve la paix. Je le répète, faites vous votre opinion, faites des recherches sur Internet, lisez et regardez tout ce que vous pouvez si ce qui se passe vous intéresse vraiment et faites la part des choses, ne vous limitez pas à ce qui vous est fournis pré-maché et pré-digéré par des groupes de médias, groupes politiques, organisations "des droits de l'homme - humanitaires" ou activistes, il y a tellement de choses qui sont effacées du tableau et qui finalement tuent
Evacuation de la Ghouta : l'armée syrienne largue des tracts pour tenter d'aider les civils
Pour la deuxième journée consécutive, la police militaire russe et l'armée syrienne ont échoué à assurer l'ouverture d'un corridor humanitaire visant à permettre aux civils de quitter la Ghouta contrôlée par des groupes rebelles djihadistes.