mardi 27 juin 2023

lundi 26 juin 2023 Billet du jour d'après : La Marche sur Moscou, va-t-elle réellement réveiller l'instinct de survie politique en Russie ?

D'emblée, je souligne qu'il ne s'agit pas d'une maskirovka* qui relève, selon Karine Bechet-Golovko, d'une pure fantasmagorie. Selon elle, il s'agit bien d'une tentative de coup d'Etat.

* маскировка = déguisement ; plan établi entre Poutine et Prigojine pour détourner l'attention de l'adversaire (thèse défendue par Idriss Aberkane).

Source : http://russiepolitics.blogspot.com/2023/06/billet-du-jour-dapres-la-marche-sur.html

Wagner à Rostov-sur-le-Don

A peine 24 heures après la mutinerie armée effectuée, mais non conçue, par Prigogine et Wagner contre le pouvoir régulier en Russie et la mort de 15 militaires russes, le président du Comité de la défense de la Douma trouve que non seulement il n'y a rien eu de grave, mais qu'il faut légiférer pour légitimer ces organisations militaires privées. Il va bien falloir régler la question de la dualité des élites en Russie, avant qu'une Marche n'arrive jusqu'au Kremlin.

Pendant 24 heures, la peur d'une guerre civile et la rage face à la trahison se sont emparées des élites politiques russes, brusquement ramenées aux réalités de la guerre en cours sur les différents fronts. L'on ne compte pas les saines déclarations, qui sur l'unité du peuple, qui sur l'importance de faire corps derrière le pouvoir étatique, qui sur les conséquences fatales que l'histoire russe a connues lors de ses périodes troubles. 24 heures, pendant lesquelles le pouvoir a tremblé face à une peur physique et réelle. 24 heures pendant lesquelles les élites globalistes ont détourné le regard, attendant de voir comme les choses allaient tourner. L'attaque fut fulgurante, particulièrement bien organisée et orchestrée, réalisée par Prigogine et conseillée de l'extérieur. Sur la personnalité de Prigogine et les dangers de sa structure armée privée, je vous renvoie à mon texte du 15 mai ici.

Comme l'a parfaitement caractérisé Medvedev :

"Medvedev a qualifié la rébellion armée actuelle d'opération bien pensée et planifiée, dont le but est de prendre le pouvoir dans le pays.

Medvedev a également qualifié de "tout à fait probable" la participation à l'actuelle rébellion militaire d'experts étrangers.

"Nous ne permettrons pas aux événements de se dérouler selon le scénario, selon lequel les bandits entrent en possession des armes nucléaires, quelle que soit la volonté de ces fous criminels", a déclaré Medvedev."

Pour une analyse plus fouillée et sans pouvoir entrer ici dans tous les détails, je vous propose d'écouter l'interview, que j'ai donnée hier soir et qui est sortie ce matin :


 vidéo ici


Quelques éléments de réflexions.

Comment cela a-t-il été possible ?
La Russie post-soviétique a conduit de nombreuses réformes néolibérales, notamment celle de l'armée. Celle-ci a été réduite en hommes et renforcée en technologie, sur le modèle global devant conduire à une réduction des forces de résistances potentielles des Etats nationaux, sur le fondement du mythe de la fin des guerres traditionnelles. Donc, avec l'impératif militaire en Ukraine, l'armée russe régulière s'est retrouvée à court d'hommes.
Prigogine est montée en puissance dans les années 90, où il a transformé sa longue expérience carcérale de bandit en homme d'affaires, puis en homme de main. Cette période troublée a permis de nombreuses carrières fulgurantes. Wagner a été utile pour faire ce que l'Etat n'a pas ouvertement à faire sur des terrains extérieurs, mais qui est utile politiquement.
La logique néolibérale de la contractualisation et de la délégation vers le privé poussée à l'extrême ont conduit à l'utilisation de Wagner sur le territoire national. 
Un discours démagogique et faussement patriotique sur fond de discours fade et sans aucun sens du ministère de la Défense et d'une étrange stratégie uniquement centrée sur la défense ont fait le reste : la Russie a elle-même permis la création de ce faux héros. Il s'agit de la version moderne du Faux Dmitri, ce faux tsar du 16e siècle fabriqué en Pologne, qui a ouvert la période du Temps des troubles.

Pourquoi cette trahison a-t-elle eu lieu maintenant ?
Les déclarations virulentes de Prigogine n'ont cessé de monter en toute impunité, proportionnellement à l'essoufflement de l'offensive ukrainienne. Il discrédite ouvertement l'armée russe, pousse le populisme à l'extrême et dans sa dernière interview va même jusqu'à ouvertement valoriser l'armée soi-disant ukrainienne, sans y voir aucunement la main de l'OTAN. Il lui attribue des victoires qui n'existent pas, annonce la perte prochaine de la Crimée et ne cesse d'insulter dans un langage ordurier le pouvoir - cette fois-ci également politique.
On a l'impression d'un discours préparé pour une autre période, si l'offensive militaire atlantico-ukrainienne avait dû réussir et l'armée russe réellement reculer. Mais l'armée atlantico-ukrainienne stagne, il faut alors lancer plus tôt que prévu l'offensive politique. Et Prigogine est lancé, trop tôt, mais les Atlantistes n'ont pas le choix. Quelques jours avant le début de la mutinerie, il bénéficie d'une médiatisation grandissante en Occident.
Le renseignement américain déclare que cela se préparait depuis longtemps et que le manque de munitions était faux - il en gardait une partie pour la suite. Prigogine gagne même le soutien de Khodorkovsky et de Kiev - tout ce qui est mauvais pour la Russie est bon pour eux.
Par ailleurs, il est possible qu'encore une fois, l'Occident ait mal analysé la situation, prenant sa propre propagande pour la réalité. Nous n'avons cessé depuis d'entendre parler de la faiblesse de la Russie en général et de Poutine en particulier, alors que la situation a été maîtrisée en 24 heures et que Prigogine a perdu.

Qui est derrière cette mutinerie armée ?
Il est évident pour chacun que si Prigonine a les muscles, il ne brille pas par la réflexion. Il a donc bien été instrumentalisé et les déclarations du Président Poutine sur le désastre des ambitions personnelles conduisant à la trahison le fait clairement comprendre. Pour détruire un système, il faut toujours trouver la bonne personne à l'intérieur de celui-ci, celle dont on peut titiller les ambitions pour ensuite la manipuler.
Qui est derrière cela ? Tournez la tête vers ceux à qui le crime profite. Le but était au minimum de déstabiliser suffisamment la situation politique à l'intérieur, pour affaiblir la Russie sur le front militaire. 
Mais les militaires n'ont pas suivi, les élites n'ont pas bougé d'un pouce - certaines par conviction, d'autres dans l'attentisme - et le peuple était soulagé de voir les bataillons de Wagner rentrer à la caserne. Nous ne sommes pas en 1917, ni en 1991, même si le danger était bien présent.

Qu'en est-il de la trahison intérieure ?
En plus des forces extérieures, il ne faut pas sous-estimer les forces intérieures. L'on voit à peine 24 heures après que la Russie ait été à un cheveu de la guerre civile, le président du Comité de la Douma pour la Défense, Andrei Kartapolov, proposer de légitimer les armées privées, par l'adoption d'une loi régulant (donc légitimant) leur activité. Pour justifier cela, un révisionnisme accéléré se met en route sur le mode du "ce n'était pas si grave que cela". Je cite :
"Il a également dit qu'il n'y avait pas de reproches à faire aux membres de Wagner, qui avaient occupé Rostov-sur-le-Don la veille, car ils ne faisaient que suivre les ordres. « Ils n’ont offensé personne, ils n’ont rien cassé. Personne n' a la moindre prétention à leur égard - ni les habitants de Rostov, ni le personnel militaire du district militaire sud, ni les forces de l'ordre. Alors quelles seraient les prétentions ? Ils n'y a aucune prétention."

Je pense que les 15 militaires russes, qui ont été volontairement et froidement abattus par ces membres de Wagner, contre lesquels le président du Comité de la Douma pour la Défense n'a aucune prétention, apprécieront à sa juste valeur et la déclaration et la position idéologique de cet individu. De quelle soumission aux ordres s'agit-il ? Wagner une entreprise privée, pas une armée qui oeuvre pour la défense national. Les membres encourent une responsabilité individuelle pour leurs actes, en plus de ceux qui ont donné les ordres. A moins que Kartapolov ne reconnaissent ainsi, que les ordres venaient de l'extérieur, mais alors pourquoi pardonner.

Sur le plan matériel, l'on oublie manifestement l'hélicoptère de combat et l'avion abattus par ces grands patriotes irresponsables. De la même manière, Kartapolov exige que l'on oublie les habitations abîmées par les tirs des membres de Wagner dans la région de Voronej. Des sites civils. Les habitants apprécieront également ces paroles à leur juste mesure. L'on doit également tirer un trait les dégradations des routes dans la ville de Rostov-sur-le-Don sur 10 000 km2, un détail de l'histoire qu'il faut oublier.

Les limites du compromis : l'impératif de la responsabilité

Un compromis a été trouvé par l'intermédiaire de Loukachenko, pour que Prigogine quitte le pays et aille en Biélorussie, en contre-partie de quoi l'affaire pénale ouverte contre lui par le FSB serait fermée. Les membres de Wagner, qui n'ont pas marché vers Moscou pourraient entrer dans l'armée, quand les autres, s'ils restent tranquilles, ne seraient pas inquiétés. Ceci a permis d'éviter le déclenchement d'une guerre civile, en tout cas d'une période de troubles, qui aurait été rendue possible par une confrontation directe avec l'armée régulière suite aux provocations de Wagner.

Mais il faut que ce compromis soit fermement réalisé, sinon les élites internes, qui soutiennent Prigogine vont, à l'image de ce député, relever la tête. Il doit y avoir une responsabilité, au moins politique, pour que le message passe, sinon l'impunité va provoquer une catastrophe. Le problème n'est pas que Prigogine, il est systémique : c'est l'utilisation de ces armées privées, qui est incompatible avec la notion de l'Etat sur le continent européen, et notamment en Russie. Elles ressortent d'une logique anglo-saxonne, qui correspond à un autre mode de gouvernance et à une autre culture politique.

Non seulement, Prigogine doit personnellement être déporté et tenu en vue, mais Wagner doit être démantelé, pour que l'expérience ne se renouvelle pas. Si ces hommes veulent à ce point défendre leur Patrie, qu'ils entrent dans l'armée. S'ils sont au service de Prigogine, ils ne défendent pas la Russie. Or, la faiblesse se fait déjà sentir et suffisamment pour que, par exemple, Wagner ait renouvelé son recrutement à Novossibirsk.



dimanche 25 juin 2023

Kairos HEBDO #17

 

vidéo ici

On se le remet : entretien d'embauche de l'actuel président de la république française chez Vlad


 

Que s'est-il passé en Russie ? | Idriss Aberkane


En 24h les plus vives spéculations ont bouillonné sur la toile: Eugène Prigogine, l'oligarque en charge du groupe Wagner, désormais la plus puissante armée privée au monde, aurait eu l'intention et les moyens de réaliser un coup d'état nucléaire sur la Fédération de Russie?! Cette affaire fascinante est bien davantage une leçon, pour toutes et tous: les gens intelligents ne se fient pas aux apparences! On débriefe cela en direct avec un mot clé: Maskirovka!

Obama & Prigozine, ou ‘Wagner’ en Crimée

Source : https://www.dedefensa.org/article/obama-prigozine-ou-wagner-en-crimee

24 juin 2023 (17H00) – Dans ces temps aventureux, je voudrais faire un parallèle qui l’est tout autant, aventureux, mais qui présente quelques vertus. On s’en étonnera peut-être parce qu’il y a d’un côté un événement énorme qui se poursuit et, de l’autre, l’événement d’un instant qu’on a déjà oublié. Ce qui m’intéresse pourtant, c’est une interprétation parallèle, pour montrer des similitudes cachées et, par conséquent, le rôle de révélateurs de ces deux événements.

Les deux événements sont les suivants :

• Prigozine et le PMC ‘Wagner’, bien sûr, dans une sorte de remake à la sauce postmoderne d’un passage ou l’autre de l’année 1917.

• Une déclaration d’Obama à CNN, à propos des événements de 2014 (il était alors président) en Ukraine, et spécifiquement le cas criméen, avec l’intervention de l’armée russe à l’appel des autorités locales, un référendum et le rattachement à la Russie.

Je passe rapidement les deux choses en revue, avec le principal que je m’attache à en dire, selon ma perception. Puis on verra bien où je veux en venir, si je le sais moi-même...

Prigozine sur la musique de Wagner

On s’attend bien à ce que je dise qu’il ne faut rien attendre de moi, ni de précis sur les troubles, ni des intentions des uns et des autres, ni des situations présentes et immédiatement à venir, ni des positions des principaux acteurs. Une seule chose m’a arrêtée, qui m’est soufflée par ‘Military Summary’, repris par ‘Veille Stratégique’.

L’éditeur de ce travail quotidien, qui suit la situation au jour le jour estime que les événements, quels qu’ils soient, –  que ce soit un simulacre (‘maskirovska’) ou un coup réel, – plongent la société russe dans une situation tragique et autorise certaines mesures radicales à un moment crucial, alors qu’une mobilisation générale se développe en Ukraine et que les conditions d’une possibilité d’intervention directe de l’OTAN se précise.

Ainsi fait-il cette hypothèse, que je place en contrepoint de l’hypothèse d’une situation de désordre civil puis au-delà des frontières russes si l’ordre n’est pas restauré... Poutine, qui n’est par ailleurs pas contesté comme président par aucun des acteurs, partisans et opposants, du ‘Wagnergate’, se trouverait dans l’hypothèse envisagée renforcé dans un sens par les événements, légitimé  en quelque sorte pour prendre des mesures draconiennes qu’il jugerait indispensables dans une situation perçue comme en constante aggravation depuis la mise en évidence de perspectives d’affrontement direct avec l’OTAN :

« Cette situation donne à Poutine le pouvoir, premièrement d’instaurer la loi martiale sur le territoire de la Fédération de Russie, et deuxièmement de décréter la mobilisation générale... »

Obama, lorsqu’il était BHO

Pour ce qui est d’Obama, il s’agit d’une interview de Christian Armanpour, toujours de CNN et toujours aussi agressive. Elle a surtout poussé l’ancien président dans ses plus vieux retranchements pour ce qui concerne l’Ukraine, c’est-à-dire 2014, l’année du putsch de Kiev. Pourquoi, aboie-t-elle, a-t-on laissé la Russie envahir la Crimée sans réagir ? Parce que observe Obama, il n’y a pas eu vraiment d’invasion :

« “Il y a une raison pour laquelle il n'y a pas eu d’invasion armée de la Crimée [en 2014], c’est parce que la Crimée était pleine de russophones”, a-t-il déclaré à Christiane Amanpour, sur CNN. Il a ajouté qu’“il y avait une certaine sympathie pour le point de vue selon lequel la Russie représentait ses intérêts”.

» La principale défense d’Obama a été de dire que “l’Ukraine de l'époque n'était pas l’Ukraine dont nous parlons aujourd’hui”. Il a néanmoins affirmé que les sanctions qu'il avait prises avaient empêché la Russie d’aller plus loin à l'époque. [...] Il a ajouté : “Il y avait en effet [en Crimée] une faction suffisamment importante d'hommes politiques qui soutenaient l'idée de développer de bonnes relations avec la Russie [et] qui se sont élevés contre l'imposition de la russophobie”.

» Il est intéressant de noter que le Kremlin a accueilli positivement l'évaluation de M. Obama, le porte-parole de Poutine, Dimitri Pechkov, déclarant que les nouvelles remarques de M. Obama représentaient une “pensée rationnelle”. Il a ajouté que “de temps en temps, une telle pensée rationnelle se fraie un chemin [aux États-Unis]”. »

On a aussitôt interprété les propos d’Obama, dans un sens extrêmement défavorable à l’ancien président soudain soupçonné d’être prorusse et ami de Poutine, ce qui est une surprise considérable et une mesure du désordre des esprits si l’on considère le statut de quasi-sanctification dont Obama jouit aux USA.

« Ces commentaires ont suscité l'indignation des experts ukrainiens et américains...

» L'interview d’Obama a immédiatement suscité des condamnations de la part d'éminents experts en ligne, certains qualifiant de “honteuses” ses remarques sur la représentation des intérêts de la Crimée par la Russie, d'autres estimant que cela revient à justifier l’“annexion” de la Crimée comme étant légale et justifiée.

» Jonathan Eyal, du Royal United Services Institute (RUSI, le think tank le plus fameux au Royaume-Uni), a déclaré qu’Obama “colportait des absurdités intéressées”. Pourtant, on peut dire qu'Obama fait preuve de réalisme en évaluant les circonstances historiques de la guerre. »

Deux situation symboliques

Ce que je juge de similaire dans ces deux situations, c’est leur caractère symbolique de ce que j’estime être l’inévitable aggravation de la situation. Pour Prigogine, égocentrique psychotique, ou comédien assumé à l’ambition monstrueuse, ou martyr dénonciateur d’une bureaucratie dévorante, ou traître et agent provocateur de l’Ouest-psychoactif, il s’agit au minimum de la courroie de transmission d’un ‘deus ex machina’ qui entend imposer la tragédie à la Russie et au monde.

Pour Obama, il s’agit d’une démarche provoquée de la recherche des sources cachées de l’énorme simulacre ukrainien où Washington s’ébroue activement, et une icône de la stature d’Obama est toute indiquée pour donner à cette recherche un vernis de respectabilité, et au fond une sorte d’autorisation d’enfreindre les règles du simulacre et de retrouver quelques vérités-de-situation. Du coup, les USA, emportés dans leur folie guerrière, se trouvent confrontés à la possibilité que la réalité de cette folie leur soit imposée par des rappels historiques, alors que l’on s’achemine vers la possibilité d’une explosion globale. Cette sorte de symbolisme peut produire, de ce côté de la bataille qui est si sensible à la communication, des évolutions, des affrontements, des réalignements jusqu’alors absolument improbables.

On ajoutera, pour ce même côté de l’Atlantique, le constat affreux du directeur de Raytheon rapporté par le ‘Financial Times’ (via Larry Johnson), constatant que la dépendance des livraisons de “terres rares” par la Chine rend son entreprise, comme l’industrie de l’armement US en général, incapable de produire normalement des systèmes d’arme sans les livraisons chinoises.

Johnson rapporte alors :

« Les observations ironiques de l'entrepreneur Arnaud Bertrand résument bien la situation :

» C'est hilarant. Le patron de Raytheon, l'un des principaux fabricants d'armes américains, déclare que son entreprise a "plusieurs milliers de fournisseurs en Chine et que le découplage est impossible".

» Nous avons besoin de la Chine pour combattre la Chine... »

Ce commentaire est complété par l’identification d’un “bonne nouvelle” puisque ce “besoin de Chine” « ...rend la guerre [avec la Chine] moins probable »... La guerre comme on la conçoit, peut-être, mais c’est au contraire, – comme on l’a vu plus haut et comme on le voit souvent puisque c’est toujours la même chanson, – un formidable accroissement des tensions et des oppositions aux USA, avec toutes ces psychologies totalement exacerbées et radicalisées, pour certaines rendues folles si l’on se trouve dans l’impossibilité de guerroyer comme elles en ont absolument besoin.

Cet amoncellement de nouvelles, considérées par rapport à notre point de vue crisique central, constitue un facteur d’accélération et de renforcement de l’énorme tourbillon crisique où nous nous trouvons emportés. Rien de nouveau dira-t-on également, sinon la poursuite toujours accélérée d’une marche folle vers une terra incognita qui sera bien plus que “quelque chose de nouveau”.

Les trois drapeaux russes et le retour de l'unité nationale

 Source : http://russiepolitics.blogspot.com/2023/06/les-trois-drapeaux-russes-et-le-retour.html


Trois drapeaux pour symboliser l'histoire de la Russie, qui n'a pas commencé en 1991, et pour constituer la Nation au-delà des révolutions. Pour la première fois depuis la chute de l'Union soviétique, le drapeau rouge est levé lors d'une cérémonie devant le Chef de l'Etat. La cérémonie a eu lieu à Saint-Pétersbourg, sur les rives du Golfe de Finlande. C'est également une grande victoire de l'armée russe.

Ce 17 juin, le Président Poutine a assisté à la cérémonie officielle de levée des drapeaux russes à Saint-Petersbourg : le tricolore, le drapeau soviétique et le drapeau impérial.

"Trois immenses bannières se sont envolées dans les airs : chacune représente un peu plus de la moitié du terrain de football - 60 mètres sur 40, elles pèsent près d'une demi-tonne. La levée de trois drapeaux d'un pays est prévue pour coïncider avec les dates d'établissement de chacun d'eux : 165 ans du drapeau de l'Empire russe, 100 ans du drapeau de l'URSS et 330 ans du drapeau tricolore de Pierre le Grand."

L'histoire d'un pays est un tout, au-delà des révolutions et des changements idéologiques, des personnalités qui plaisent ou qui dérangent, des victoires et des défaites. Il est vrai que l'histoire de la Russie est particulièrement riche en rebondissements idéologiques, ce qui complique la construction d'un discours historique national unifié et unificateur, englobant toutes ces périodes. La Russie soviétique s'est construite au départ sur le rejet de l'Ancien Régime, pour ensuite l'intégrer, une fois son pouvoir installé et renforcé, cherchant elle aussi la légitimité dans la continuité. La Russie néolibérale s'est construite en 1991 contre l'URSS, aidée en cela par le monde occidental, qui a lui aussi besoin de voir démoniser son ennemi. La démonisation a survécu de longues années à la chute de l'Union soviétique, la peur était trop grande de le voir renaître de ses cendres (toujours chaudes) sur fond de crise sociale, de désindustrialisation, de dépendance économique et de distanciation des élites politiques de l'opinion populaire. 

Aujourd'hui, le temps s'est accéléré et dans le combat existentiel, qui se mène autour de la vision du monde, la Russie recolle les morceaux, en commençant avec les drapeaux. Démarche saine et salutaire, seule l'unité pouvant lui conférer l'énergie vitale, dont elle besoin pour remporter ce conflit. L'histoire d'un pays est le corps qui va porter la nation, consolider le peuple. Si l'on enlève un morceau par-ci par-là, parce qu'il ne plaît pas, si l'on rajoute un morceau de-ci de-là pour que cela fasse plus joli, l'on perd le corps pour ne se retrouver qu'avec un cadavre. Ou un monstre. Et l'Ukraine en est le parfait exemple. La France est en train de suivre la même voie, en se reniant.

"Le porte-parol du Président russe, Dmitri Peskov, a qualifié la levée du drapeau national de l'URSS sur l'un des trois mâts de symbole de continuité historique. « Il n'y a rien de plus là-bas et il ne doit rien y avoir. C'est précisément le symbole de la continuité de notre État russe », a déclaré le porte-parole. Peskov a noté que l'histoire de la Russie moderne ne se limite pas à l'histoire récente. "C'est l'histoire de l'Union soviétique, c'est l'histoire de l'Empire russe. Nous avons une histoire très ancienne et riche », a-t-il ajouté."

La guerre globale, qui se déroule sous nos yeux, conduit la Russie à vouloir dépasser la fracture historique des Rouges et des Blancs, pour faire revenir au premier plan les Russes.

L'éternel recommencement ? 24 Juin 2023

 Source : https://www.chroniquesdugrandjeu.com/2023/06/l-eternel-recommencement.html?utm_source=_ob_email&utm_medium=_ob_notification&utm_campaign=_ob_pushmail

Les événements de Russie ont pris de court la plupart des observateurs. Mal à l'aise, les pro-russes ont d'abord maladroitement tenté de minimiser la chose avant de partir aux abonnés absents. Les médias occidentaux, quant à eux, sont en peine d'expliquer comment ils sont passé d'un "Poutine dictateur régissant son pays avec une main de fer" à un "Poutine qui sera renversé demain" et tremblent à l'idée de devoir choisir entre les mercenaires de Wagner et les Tchétchènes de Kadyrov dans l'affrontement qui se prépare peut-être dans les prochaines heures à Rostov. Les Ukrainiens se mettent à applaudir follement Wagner qu'ils vilipendaient il y a quelques jours encore, tandis que les spécialistes du dimanche se perdent dans les théories les plus éclectiques (complot russe pour attirer Kiev dans un piège, Prigojine manipulé par la CIA...)

En réalité, la situation n'est pas si étonnante que cela. Elle est même récurrente dans l'histoire. Quand une guerre tourne au fiasco, les langues commencent à se délier ; puis, si le pouvoir est traversé de courants contradictoires voire de guerres intestines, c'est au tour des bras et des armes qu'ils tiennent.

Ainsi, même s'il convient de rester très prudent à cette heure, nos Chroniques avaient comme qui dirait pressenti il y a sept mois ce qui pourrait peut-être advenir. Les dernières lignes sont assez prémonitoires :

2022 fait invariablement penser à un autre annus horribilis : 1904. Dans son livre, votre serviteur revenait sur cette année clé du Grand jeu entre la thalassocratie impériale et le Heartland tsariste, dont ce dernier mettra des décennies à se remettre sur le plan stratégique :

Londres ne renonce pas à sa formidable stratégie d’encerclement du Heartland. Quatre petites années après le mémorandum de Joseph Chamberlain cité plus haut, éclate la guerre russo-japonaise de 1904-1905. Un magnifique cas d’école. Les manuels qui en parlent encore aujourd’hui la présentent principalement comme la première défaite d’un peuple "blanc" face à un pays asiatique. Ceci n’est pourtant qu’une partie dérisoire de toute l’histoire. Cette guerre participe avant tout du Grand Jeu entre Russes et Britanniques et constitue, pour ces derniers, un de leurs plus brillants succès. Éternellement inquiète de l’influence grandissante de sa bête noire en Asie, l’Angleterre s’allie au Japon en 1902 et le pousse, deux ans plus tard, à déclarer la guerre à la Russie. Fait très peu connu, quelques semaines avant le début du conflit, Londres monte sa propre expédition militaire contre le Tibet.

Comment ne pas y voir un classique mouvement de prise en tenailles ? Le lien est évident et la presse de l’époque, bien plus pertinente que sa consœur actuelle dans ses analyses géopolitiques, ne s’y trompe pas : « Pendant que l’attention du monde est absorbée par la lutte gigantesque en Extrême-Orient, il se passe au centre de l’Asie des événements moins sanglants, d’une apparence moins tragique, mais dont les résultats peuvent peser d’un grand poids dans les destinées de l’humanité. L’Union Jack a été hissée sur les murs de Lhassa et les pas des soldats de l’Angleterre ont foulé les rues de la mystérieuse ville sainte, de la Rome bouddhique. À Lhassa et en Mandchourie se débat le même procès. La campagne du Tibet est un corollaire de la guerre russo-japonaise, c’est un des actes de la lutte sourde engagée depuis longtemps entre la Russie et l’Angleterre pour la suprématie en Asie. »

Les Russes, déjà influents au Turkestan chinois et en Mongolie, étaient en effet sur le point de "récupérer" le Tibet. L’affaire est étonnante et romanesque : des missions de lamas-diplomates-espions bouriates y étaient envoyées pour le persuader d’entrer dans le giron russe, allant jusqu’à présenter le tsar comme une réincarnation de la Tara blanche, déité du bouddhisme symbolisant la paix et la longévité ! Déjà, il est prévu que des instructeurs militaires russes forment l’armée tibétaine, que des armes y soient transportées. À l’aube de ce XXe siècle, les dirigeants de Lhassa sont sur le point de remplacer l’empereur de Chine par le tsar dans le rôle de suzerain. Un accord russo-chinois, la Convention secrète de Canton, est même signé en 1902, entérinant cette prépondérance russe. Pékin, en accord avec les Tibétains eux-mêmes, reconnaît à Saint-Pétersbourg le rôle de protecteur conjoint du Tibet. L’on imagine aisément comment la nouvelle est reçue par les autorités coloniales britanniques, particulièrement le vice-roi des Indes, Lord Curzon… La réaction de l’Angleterre est foudroyante et, du point de vue stratégique, lumineuse. Elle lance le Japon contre les Russes et, profitant de ce que son adversaire est empêtré dans cette guerre épuisante, mène le raid de Lhassa qui détache définitivement le Tibet de la Russie.

Le parallèle avec la situation actuelle est frappant. Avant chacun de ces conflits, la Russie était sur la montante, semblait en position de force. Sur le point d'obtenir les clés de l'Asie il y a un siècle, maîtresse de la multipolarité et en passe de remplacer les États-Unis au Moyen-Orient l'année dernière. Et puis patatras, une guerre catastrophique et tout s'écroule...

D'aucuns observent non sans raison que, historiquement, les révolutions en Russie naissent presque toujours des débâcles militaires. Celle de 1904 alimenta le mécontentement général et déboucha sur la Révolution de 1905 qui amena Stolypine au pouvoir. Bis repetita en 2023 ?

Nous n'en sommes pas (encore ?) là et il convient de rester prudent. La rébellion de Wagner était, en tout cas initialement, dirigée contre les hauts pontes militaires, même si la petite musique prigojinienne consistant à vitupérer la bureaucratie et l'impuissance de l’État peut parler à des couches non négligeables de la population russe. De plus, sur le papier, le déséquilibre des forces est assez flagrant ; sans ralliements massifs d'une partie de l'armée et/ou de la société, l'on a du mal à voir comment la petite aventure wagnérienne pourrait arriver au terme de la symphonie.

Toutefois, les mesures d'urgence prises par les autorités - check points autour de Moscou, avis à la population, routes bloquées et parfois éventrées pour ralentir l'avance - montrent qu'elles ne prennent pas du tout l'affaire à la légère. Pour la Russie, après vingt ans de relative stabilité, c'est un énorme bond en arrière qui fait furieusement penser... aux années Eltsine.

*** MAJ ***

Prigojine aurait donc, selon les dernières informations, décidé de renoncer à son escapade après des heures de négociation avec Loukachenko. On imagine que cela s'est accompagné de solides garanties (la tête de Shoïgu et de l'état-major ? Nous verrons dans les jours prochains car nous ne sommes peut-être pas au bout de nos surprises...)

Cet épisode montre en tout cas une étonnante fébrilité, pour ne pas dire faiblesse au sein du pouvoir russe. Un mercenaire qui règle ses comptes en faisant une Pougatchev au nez et à la barbe de l'armée et se balade de manière menaçante sur l'autoroute de Moscou sans réaction en face. Un Poutine qui voit son autorité publiquement sapée - "Nous allons destituer le président" avait crânement lancé le Prigo - après avoir prononcé un discours matinal non moins surprenant qui évoquait 1917 (a-t-il senti, comme Nicolas II, que ses heures étaient comptées ?) Une chaotique lutte des clans digne des pires années Eltsine.

La guerre en Ukraine - l'indépassable pivot géopolitique du grand échiquier eurasien théorisé par Mister Zbig - n'a pas fini de provoquer des remous au cœur du Heartland...

 

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samedi 24 juin 2023

LE GOUVERNEMENT DU PEUPLE, PAR UNE CASTE, POUR CETTE CASTE : la « Représentatie »


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vendredi 23 juin 2023

Tragédie entre HIMARS et ‘Storm Shadow’

 Source : https://www.dedefensa.org/article/tragedie-entre-himars-et-storm-shadow

• La situation reste fluctuante en Ukraine, – pas tant sur le terrain où la bataille suit le cours catastrophique prévu que dans les esprits où l’on s’interroge sur le sort de la politique extérieure des USA/UE. • Qu’est-ce qui pousse les Occidentaux-compulsifs à recommencer encore et encore, les mêmes erreurs, les mêmes sottises, les mêmes folies ? • Ainsi, selon Alastair Crooke, leur aventure se transforme-t-elle en tragédie au sens fondamental et grec de la chose, conduisant à un sort catastrophique comme s’il existait un destin évidemment irrésistible dans ce sens.

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Les Russes ont officiellement sorti le drapeau rouge. Le ministre de la défense Choïgou a déclaré solennellement que les Ukrainiens envisagent d’utiliser des armements US (le HIMARS) et britanniques (le missile de croisière ‘Storm Shadow’) pour frapper notamment la Crimée. Le ministre russe fait référence (pour la première fois sous cette forme ?) à une “zone active des hostilités”, dont la Crimée ne fait pas partie, pour définir cette possible attaque comme un échelon de plus dans l’escalade dont il tiendrait officiellement responsables, non seulement les Ukrainiens, mais également les USA et UK, – c’est-à-dire l’OTAN, sous la forme de ces deux pays qui en font partie.

« Les dirigeants militaires ukrainiens envisagent d'utiliser des armes occidentales pour frapper des régions de la Russie qui ne font pas partie de la zone active des hostilités, notamment la Crimée, a averti le ministre russe de la défense, Sergei Choïgou.

» Les responsables de Kiev veulent notamment utiliser des lance-roquettes multiples HIMARS et des missiles de croisière aéroportés Storm Shadow. Ces systèmes d'armes ont été livrés à Kiev par les États-Unis et le Royaume-Uni respectivement et, si de telles attaques sont lancées, l'implication des pays de l'OTAN dans le conflit s'intensifiera, selon Choïgou. »

Cette déclaration est aussitôt interprétée comme un avertissement très sérieux dans le sens de l’aggravation des conditions admises de la guerre en Crimée, l'avertissement russe concenant sans aucun doute des centres de commandement où se trouvent des officiers US et UK. On cite ici la réaction immédiate (du 20 juin) du Dr. Gilbert Doctorow, qu’il nous arrive de citer comme une source indépendante à consulter du fait de sa qualité de jugement. Son texte est très court, disponible en plusieurs langues, fait pour lancer une alerte qui met l’accent sur l’urgence de la situation, – sous un titre extrêmement explicite : « Le dénouement de la guerre en Ukraine approche à la vitesse de l’éclair »... C’est “la vitesse de l’éclair” qui nous intéresse, dans cette époque d’intense et de si rapide circulation de la communication, – à la vitesse de l’éclair, et comment !

« Aujourd’hui, le ministre russe de la défense, Sergei Choïgou, a fait une annonce qui n’a pas encore été relayée par les médias occidentaux, mais qui est de la plus haute importance.

» Selon les derniers rapports des services de renseignement, la Russie pense que les forces armées ukrainiennes ont désormais l’intention de couvrir leur contre-offensive ratée dans le Donbass en utilisant l’artillerie à lancement multiple Himars fournie par les États-Unis et les missiles de croisière Storm Shadow fournis par le Royaume-Uni, éventuellement dans la version à plus longue portée, pour attaquer la Crimée.

» Si cela se produit, a déclaré Choïgou, la Russie considérera que les États-Unis et la Grande-Bretagne sont entrés de plein pied dans la guerre en tant que cobelligérants. Et la Russie répondra immédiatement à toute attaque de ce type sur son territoire en détruisant “les centres de décision” du régime de Kiev. Il s’agit d’une menace assez transparente de “neutraliser” l’appareil gouvernemental et son personnel, y compris, logiquement, le président Zelenski.

» La déclaration de Choïgou ne laisse guère de doute sur le fait que nous entrons dans la phase finale de la guerre en Ukraine, une guerre limitée à la géographie de l’Ukraine, et que nous nous dirigeons peut-être vers une guerre plus large aux conséquences imprévisibles à la fois pour les Européens et (in fine) pour les Américains.

» La balle est dans le camp de Washington et de Londres. »

Il est possible qu’un esprit raisonnable aurait l’étrange et téméraire idée de se plonger dans l’imbroglio-labyrinthico--capharnaüm de ce qui sert de politique US pour tenter de comprendre et d’expliquer cette politique, et de remarquer que ce projet ukrainien mis à jour par les Russes suit de tout près le dernier tournant en date de Biden, refusant une facilité d’accès de l’Ukraine à l’OTAN, décision-surprise qui avait surpris tout le monde dans le sens inattendu, du type, – “Tiens, les USA prennent leurs distances de l’Ukraine après l’évidence de l’échec catastrophique de la contre-offensive et dans la perspective des élections présidentielles de 2024”.

Mais il ne nous intéresse, ni de comprendre ni d’expliquer cette “politique” des USA. Nous nous intéressons aux mécanismes métahistoriques en cours, dont nous estimons depuis quelques années qu’ils sont en corrélation quasiment directe avec les événements bassement humains pour en faire leurs jouets. Dans ce cas, l’apparente contradiction prend tout son sens et revient en fait à l’incapacité de “faire autrement” que ce qu’on fait, même s’il apparaît évident que ce qu’on fait est absurde

Notre “tragédie-grecque”

Alastair Crooke nous offre une explication de ce comportement qui consiste, pour le cas de l’Ukraine comme dans tous autres domaines de la GrandeCrise (domaine financier, sociétal, psychologique, etc.) issue justement de ce travers mortel, de continuer à procéder de la sorte que l’enseignement évident de sa répétition nous a montré l’aspect vicieux, fallacieux et catastrophique. Il écrit ainsi (le 19 juin, traduction française dans ‘Réseau International’) :

« La tragédie qui frappe l’Occident aujourd’hui consiste, d’une part, en l’impossibilité pure et simple pour lui de continuer à faire ce qu’il a fait – ce qui n’a d’égal que son impossibilité à faire autre chose. [...]

» En clair, c’est ce qui constitue le paradoxe : il est déjà évident que continuer à faire ce que les élites occidentales font en Ukraine touche à la définition de la folie (continuer à répéter la même chose, avec la seule conviction que “la prochaine fois”, le résultat sera différent). La question qui se pose est celle de l’impossibilité de “faire autre chose”. »

Crooke poursuit alors en en venant au « paradoxe occidental », qui n’est finalement qu’une transcription à la situation actuelle de la tragédie en son sens le plus fort et le plus vrai, qui est la tragédie grecque. C’est-à-dire quelque chose où le hasard (la “malchance”) n’a rien à faire, mais quelque chose qui répond à une nécessité, avec une dynamique impossible à arrêter ou à détourner, comme si elle était dotée de sa propre destinée. L’Ukraine est effectivement un excellent exemple, celui où tout le monde observe la tragédie en train de se faire, où les Occidentaux-poussifs s’en désolent tout en bourrant de charbon la chaudière et en dénonçant le feu qui brûle. Les Occidentaux-tardifs ne sont ni stupides ni aveugles, ils sont totalement inexistants et leur “nature” (celle dont parle Crooke) implique leur propre anéantissement, – comme une sorte d’“antinature” si l’on veut.

« Tel est le paradoxe occidental. Une tragédie grecque est une tragédie dans laquelle la crise – au cœur de toute “tragédie” – ne survient pas par pure malchance, pour laquelle personne n’est vraiment à blâmer ou n’aurait pu prévoir. Selon le sens grec, la tragédie est le lieu où quelque chose se produit, parce que cela doit se produire, en raison de la nature des participants, parce que les acteurs impliqués font en sorte que cela se produise. Et ils n’ont pas d’autre choix que de faire en sorte que cela se produise, parce que c’est leur nature.

» Telle est l’implication profonde qui découle du dilemme tragique d’aujourd’hui, qui pourrait bien déboucher sur un déroulement complet de la tragédie dans ce que l’on pourrait définir à juste titre comme une “guerre de choix” occidentale. »

C’est effectivement cette chose qui, selon nous, doit être mise en évidence : la “nature profonde” [‘antinature profonde’, disons] des Occidentaux-autodestructifs, qui comporte en bon ordre néantissement et par conséquent dynamique d’autodestruction, par conséquent suivant et adorant cette dynamique de la tragédie grecque qui s’impose effectivement comme un destin exemplaire d’annihilation, de “cancellation” comme ils disent. Tout ce que nous faisons, – nous, Occidentaux-nihilistifs, – va dans ce sens, et tout notre brio se trouve dans la capacité de nous fabriquer nous-mêmes nos arguments moraux, de subvertir notre système de la communication, d’encenser les serviteurs de ce système, les communicants et les gens de la presseSystème qui construisent et entretiennent un simulacre pour nous complaire, comme l’on fait du feu de la chaudière en pleine marche. Ce cas, ce que nous décrivons en matière de perception et de connaissance, marquera un des sommets de la honte de cette civilisation aux abois.

« Je ne connais pas de conflit où les gens ont été aussi catastrophiquement mésinformés... Je n’ai jamais connu un temps où une guerre a été aussi catastrophiquement rapportée que celle-ci... Franchement, je commence à devenir vraiment furieux de ce que je lis...

– ... Vraiment, je partage votre colère et votre dégoût... »

(Alexander Mercouris et Larry S. Johnson, le 20 juin 2023)  

Terminus de la civilisation

Bien entendu, l’Ukraine n’est qu’un des champs d’une bataille d’une guerre qui en entretient de multiples et marque l’apogée de notre GrandeCrise. Mais ce conflit a, sinon l’avantage au moins la particularité de nous montrer l’extraordinaire, la paradoxale proximité existant entre la brutalité terrible d’une guerre d’où les diverses variations de la crise  sembleraient devoir être complètement absentes, et les aspects de domaines si différents, sociologiques et sociétaux, qui ont pourtant, malgré ces différences, complètement leur place dans l’affrontement. Ceux qui ne l’ont pas compris, comme divers nationalistes ou des traditionnalistes tels que les gens du parti au pouvoir en Pologne qui soutiennent l’Ukraine postmoderne, doivent se préparer à des déchirements et à des révisions terribles, – ou bien à perdre des élections (cet automne en Pologne), ce qui est une sorte de parodie moderniste de la tragédie, quelque chose comme notre chère tragédie-bouffe.

C’est ce que nous dit fort justement Crooke. Cette guerre est une “guerre de civilisation”, qui n’a rien à voir, ni avec les religions, ni avec les races, ni avec les cultures, – donc, rien à voir avec ‘Le choc des civilisations’ qui date un peu, – parce qu’il s’agit de deux conceptions-perceptions du monde et de la vie qui s’affrontent, – deux caractères si l’on veut, celui qui dénonce l’hubris et celui qui n’est qu’hubris. Chacune de ces conceptions-perceptions contient tous les composants principiels ou non-principiels, – c’est le choix essentiel, – qui font un monde et son univers. C’est à cette hauteur qu’il faut faire ce choix, sans craindre l’ivresse et le vertige des cimes.

« ...[L]e sentiment que la survie de la civilisation occidentale est en jeu. Le processus est susceptible de remodeler la politique occidentale le long d’une nouvelle ligne de fracture, qui trouve son expression dans la confrontation entre ceux qui souhaitent un bouleversement “vert” de la société humaine, un monde “trans” pour les enfants, une immigration facile, une réorganisation radicale du pouvoir entre les groupes «identitaires» de la société, un changement de la nature même de la culture occidentale – et ceux qui sont viscéralement opposés à tout ce qui précède. »

 

Mis en ligne le 21 juin 2023 à 19H50

jeudi 22 juin 2023

Revue d'Actue #10 Le Dalaï Lama, Les dernières avancés du Wokisme & la Destruction de Menhirs...


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Présentation des séjours en Grèce :    • Ce voyage qui peu...  

►Les Formations en lignes : https://bit.ly/Formations-en-Ligne-av...

►Le livre Médecine Sacrée : https://bit.ly/Medecine-Sacree

Chapitre :
0:00 Quelles sont les dernières actualités ?
7:10 Le Dalai Lama et ses étranges pratiques...
11:14 Nos enfant ne nous appartiennent plus !
20:00 Un magasin de bricolage remplace des Menhirs en Bretagne...
25:20 Ils veulent installer des caméras dans nos maisons...
27:26 L'Oms s'invite dans notre Secret Médical
28:51 Cet ami invisible veut du bien à vos enfants !
32:35 Le wokisme, C'est vraiment Génial !
37:00 Venez me rendre visite en Grèce !

A bientôt !
Lumineuses Pensées,
Guilhem Cayzac.

la France en marche EP71- les 100 jours d'une democratie !


 Pour soutenir mon taff, rendez-vous sur ma page Tipeee !
https://fr.tipeee.com/studio-crapulax...
Oyé oyé peuple de France ! Beni soit ton merveilleux président, arcange éclaireur qui guide la start-up nation vers sa renaissance en marche ! Que l'ONU et la ligue des droits de l'homme aillent se faire cuire des merguez car, oui, la France reste un phare de la démocratie et de la liberté d'expression pour tous les bons citoyens en marche ! Les autres ne comptent pas et, plus que jamais, les français ont compri le bon sens de la réforme des retraites et leur ouverture d'esprit est digne d'un roman de Bruno Lemaire !


La France en Marche est un programme satirique contenant des images pouvant heurter les personnes sensibles et les plus jeunes. Si ces images vous semblent moins caricaturales que la réalité, nous déclinons toute responsabilité !

Bande son :
Serge Gainsbourg - Goodbye Emmanuelle    • Serge Gainsbourg ...  
Miles Davis - Ascenseur pour l'échafaud    • Générique (Bande ...  
Hubert Felix Thiefaine - Les dingues et les paumés    • Les dingues et le...  
Koop Johnson - Chanson Gilets Jaunes    • KOPP JOHNSON - GI...  
Henri Garat - Avoir un bon copain    • Avoir un bon copa...  
Manu Chao - La Despedida    • Manu Chao - La De...  
Lard - Forkboy    • Lard - Forkboy  
Rolling Stones - Paint it black    • The Rolling Stone...  
I Solanisti - Smile -    • Smile from "Moder...  
James Brotorhead - Superkill -    • James Brotörhead ...  

#reformedesretraites #violencespolicieres #giletsjaunes

Elephant Revival - Tool “Schism” Cover Live at the Mission Ballroom


 grandiose...

Appel aux Soulèvements de la Terre - Ce qui repousse partout ne peut être dissous + réponse déterminée et en musique de la chaîne Partager C'est Sympa

Ce 21 juin, en conseil des ministres, le gouvernement vient d'enclencher la procédure de dissolution des Soulèvements de la Terre. Après nous avoir jeté ses grenades mutilantes au visage, il prétend que nous n’aurions plus le droit d’exister ensemble, ni de nous organiser. Il prétend maintenant dissoudre un soulèvement par tous les moyens - même des arrestations au domicile de militant-e-s comme ça a été le cas le 20 juin.

 

Depuis les sinistres bureaux de la place Beauvau, cette dissolution se veut être un couperet. Elle se voulait être la fin d’une histoire. Et pourtant le bruit qui court à travers le pays, là où les espoirs bourgeonnent encore, dit tout autre chose. Des chuchotements contagieux, des éclats de solidarité innombrables nous rappellent que les pires attaques produisent parfois des renversements inattendus.

 

Et si cette dissolution était en réalité un appel ministériel à rejoindre un grand mouvement de résistance ? Un réseau déjà fort de 110 000 membres déclarés, de 180 comités locaux, fort d'autant de personnes engagées dans la vie publique, dans des collectifs et syndicats. Un mouvement prétendument interdit mais collectivement inarrêtable visé par le pouvoir mais ancré dans les territoires, présent dans les lieux de travail et d'études, les granges et arrières-salles, jusqu'au sein même des administrations. Le gouvernement prétendait nous faire disparaître, en réalité nous serons chaque jour de plus en plus visibles. 


D'ores et déjà plus d'un millier de personnes ont affirmé vouloir attaquer ce décret, toute personne voulant se joindre à cette action en justice historique peut remplir ce formulaire.

 

Face à la persistance de cette menace, nous vous proposons un grand jeu. Un jeu on ne peut plus sérieux, un jeu qui constitue un réseau de résistance. Nous allons ensemble, dans les jours et semaines qui viennent, continuer à faire apparaître les Soulèvements de la Terre de 1 000 manières dans l’espace public : devant les bistrots et centres sociaux, à la pause café, par des réunions ouvertes, des antennes internationales, des inscriptions sur les murs, des fanions et des fêtes, des désarmements et des pieds de nez. Malgré la dissolution, les Soulèvements ressurgiront au débotté sur des chantiers ou au cœur  d’un site industriel, déborderont de rues bondées de clameurs contre l'ordre marchand, s’enracineront dans des jardins pirates, des maisons du peuple ou des fermes communes. À vous, à nous de trouver.

 

Ce qui repousse partout ne peut être dissous.

 

Ces surgissements commencent dès ce soir avec des rassemblements de soutien organisés dans déjà plus de 100 villes de France à 19h, devant les préfectures

 

Nous, participant.es de partout aux Soulèvements, vous appelons donc à rejoindre les plus de 180 comités locaux qui se sont formés ces derniers mois, les centaines de résistances territoriales, de luttes locales, et les sections syndicales déjà existantes qui ont revendiqué publiquement leur appartenance au mouvement. La parole des Soulèvements de la Terre leur appartient, elle vous appartient.

 

Nous allons ensemble continuer à soutenir nos blessé.es. Nous allons poursuivre les luttes de terrain partout et converger à plus nombreux-ses encore.

Deux prochaines échéances sont déjà posées cet été, deux temps d'action essentiels pour le partage de l'eau en plein été et en pleine sécheresse historique :

 

 

Par delà ces quelques proches repères, nous allons forger partout les complicités nécessaires pour enrayer concrètement l’avancée du bitume, l’assèchement des sols, l'intoxication de l'eau et la dissolution des liens.

 

Nous allons nous retrouver. Vous êtes, nous sommes, les Soulèvements de la Terre.

 

En solidarité face à la mesure de dissolution, différents médias s'engagent à proposer des espaces pour relayer les informations sur les déclinaisons du mouvement à travers le pays dans les semaines et mois à venir. Voici les premiers : basta!, Cerveaux Non Disponibles, Reporterre, la Relève et la peste, Contre-attaque, Le Média, Partager c'est sympa, Lundi Matin, Dijoncter.info, Terrestres, ...

 

Ces différents canaux, créés en solidarité par des soutiens ou des orgas, hébergeront également les multiples voix décentralisées qui se revendiquent aujourd’hui être les Soulèvements de la Terre :

 

 

Une adresse mail d'ami.es du mouvement qui s'engage à collecter et relayer la manière dont différentes organisations et luttes locales existantes comptent donner suite à cet appel localement :
lesamiesdessoulevements@cryptomail.ch
 
Des appuis et antennes-relais internationales des Soulèvements de la Terre sont annoncées en Italie, Suisse, Belgique, Espagne et aux Etats-Unis par un certain nombre d'organisations et médias face aux menaces de censure par le gouvernement français

 

Des équipes juridiques en soutien continueront à suivre les procédures engagées : antirep-bassines@riseup.net, legal-lutteslocales@riseup.net

 

Un mouvement ne peut être dissout ! 

mercredi 21 juin 2023

mercredi 21 juin 2023 - Troisième Guerre mondiale : la France soutient désormais l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN

Source :  http://russiepolitics.blogspot.com/2023/06/troisieme-guerre-mondiale-la-france.html

 


La question de l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN soulève un véritable débat parmi les membres de l'Alliance. Si l'Est, plus radical dans son atlantisme et faible dans sa dimension politique, tente d'entraîner le monde dans un conflit mondial en soutenant cette position, l'Ouest est plus timoré et rappelle la clause de l'art. 5, qu'il ne sera pas facile de faire digérer à ces populations post-modernes gavées à la "paix" à n'importe quel prix, surtout au prix des autres. La volte-face de la France est ici un très mauvais signal.

En 2008, la France et l'Allemagne se prononçaient contre une adhésion de l'Ukraine à l'OTAN, alors soutenue par les Etats-Unis. Désormais, si la position de l'Allemagne reste toujours la même, les Etats-Unis s'y opposent, quand la France l'envisage.

"Le président français appelle dorénavant à ouvrir la porte de l’Otan à l’Ukraine. "Nous avons besoin d’un chemin, au moins, vers cette adhésion", a-t-il affirmé fin mai, en Slovaquie, lors du sommet Globsec."

Et avant le sommet de l'OTAN à Vilnius des 11 et 12 juillet, la "diplomatie" globaliste est à l'oeuvre, les pays doivent s'engager toujours plus loin. Rappelons, que Rasmussen, qui gère le rapprochement Ukraine-OTAN, menaçait à mots à peine couverts de lancer la Pologne dans le conflit, avec des "volontaires" ressortissant de l'OTAN. Dans cette course en avant, ces pays de l'Est, comme la Pologne ou les pays Baltes servent de mèche, pour enflammer le Continent. Ils n'ont aucune autonomie politique, se retrouvent en Europe par dépit de ne pouvoir être aux Etats-Unis et ont un ego démesuré. Ce qui est parfaitement utilisé par la puissance atlantiste. 

Et c'est dans ce contexte, que la France a revu sa position, comme l'annonce le journal Le Monde, lors de la réunion d'un Conseil de défense à l'Elysée le 12 juin. Désormais, elle envisage officiellement de soutenir l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN, arguant étrangement que cela permettrait de garantir la paix ... Elle estime qu'ainsi, la Russie aurait peur de continuer et viendrait ramper vers la table des négociations, où Zelensky l'attendrait quand il le jugerait nécessaire.

Au-delà de la fantasmagorie malsaine et infantile de cette argutie, l'on est en droit de se demander, s'il s'agit d'un fanatisme aveugle ou d'une incompétence crasse de la Présidence française ?

Dans l'absentéisme de la classe politique française, qui ne brille pas par la profondeur (ou simplement l'existence) de sa réflexion géopolitique, l'on notera la réaction de Thierry Mariani :


La Russie, par l'intermédiaire de ses différents ministères, a déclaré qu'elle ne pourrait laisser passer une entrée de l'Ukraine dans l'OTAN, le Président russe ne cesse de marteler ces derniers jours que les buts de cette "Opération militaire spéciale" sont toujours d'actualité, et la neutralité de l'Ukraine en fait partie. Si le danger se rapproche, elle devra repousser sa "zone de sécurité". Autrement dit, alors que la Russie est dans une position strictement défensive, qu'aucune contre-offensive n'est en vue, cette décision devrait obliger les dirigeants russes à reconsidérer leur stratégie, voire à remettre en cause cette stratégie défensive et attentiste. La France peut ainsi provoquer une montée en puissance du conflit, ayant le poids pour faire pression sur l'Ouest, quand la Pologne s'occupe de l'Est.

Mais qui ira se battre ? Les sociétés de l'Ouest ne sont plus prêtes à prendre les armes, elles sont émasculées. Le consumérisme, l'individualisme, le néo-féminisme, le fanatisme végan, etc. ont fondamentalement affaibli la gente masculine en particulier et l'esprit de la société en général. 

Où se sauveront ces individus, s'ils devaient être appelés sous les drapeaux, pour aller se battre contre la Russie au nom du pouvoir global ? L'armée, va-t-elle se plier et elle aussi trahir l'intérêt national, presque malgré elle, puisqu'elle n'est pas une force politique et a un devoir d'obéissance ?

Il semble parfois, qu'il y ait un côté inévitable dans "le sens de l'histoire" - et sa répétition. Les guerres se produisent, quoi que l'on fasse, comme à la fin de La guerre de Troie n'aura pas lieu. Nous ne pouvons qu'influencer leur dimension.

Bechet-Golovko Karine


Quotidien d'une glande surface belge - par l'équipe du grand cactus


 

La revue de presse du mardi 20 juin, avec Alexis Poulin


 

vidéo ici

samedi 17 juin 2023

LES "ÉLITES" EUROPÉENNES ABANDONNENT LEUR POUVOIR AUX AMÉRICAINS ! - Emmanuel Todd


 
ÉLUCID
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2 998 vues  17 juin 2023  FRANCE
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▶ Emmanuel TODD est anthropologue, démographe et historien. Il revient à nouveau sur Élucid pour analyser cette fois-ci le déclin de l'Europe, et plus exactement, l'abandon soudain et violent du pouvoir de la part des "élites" européennes, au profit d'une puissance extérieure, à savoir les États-Unis.

✅ NOUVEAU : RETROUVEZ TOUTES NOS ÉMISSIONS EN PODCAST !
- Spotify : https://open.spotify.com/show/3K9IX9S...
- Deezer : https://deezer.page.link/1v1Dh5prBnJd...

📊 Pour voir les graphiques de l'interview, c'est par ici 👉 https://elucid.media/?p=37567

⚠️Quelques mots sont "bipés" en raison de la censure opérée par les algorithmes de la plateforme, désolé pour ce petit désagrément.

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00:00:00 - 00:01:43 : Zapping
00:01:43 - 00:08:49 : Présentation, raisons de s'intéresser aux élites
00:08:49 - 00:13:43 : Abandon du projet européen au profit des États-Unis
00:13:43 - 00:25:02 : Évolution de l'évasion fiscale et conséquence sur la mentalité des élites
00:25:02 - 00:29:12 : Apport et lacunes de l'école française "pikettiste"
00:29:12 - 00:32:38 : Perte de rationalité dans le projet occidental
00:32:38 - 00:37:23 : Irrationalité des élites, invention des menaces
00:37:23 - 00:48:56 : Déchéance des États-Unis et de l'Occident
00:48:56 - 01:01:00 : Les divergences abyssales au sein de l'UE
01:01:00 - 01:05:14 : Absurdités géopolitiques, folie des élites européennes
01:05:14 - 01:11:11 : Le désastre de l'euro
01:11:11 - 01:14:25 : État des lieux de la France
01:14:25 - 01:22:44 : La soumission de l'Allemagne
01:22:44 - 01:24:17 : Le cas particulier de la Hongrie
01:24:17 - 01:26:53 : La décomposition avancée de l'Angleterre
01:26:53 - Question finale

dimanche 11 juin 2023

UKRAINE : Jusqu'ou ira l'escalade ? (Actu)


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Trésorerie : https://docs.google.com/spreadsheets/...

SOURCE : https://docs.google.com/document/d/1I...

00:00 : Introduction
00:26 : 1 - Attentats
04:40 : 2 - Escalade militaire
08:48 : 3 - Stratégie USA
12:40 : Conclusion