mardi 14 avril 2020

Coronavirus : plus de 80 % des personnes en réanimation seraient en surpoids

Selon des données préliminaires consultées par des journalistes du quotidien Le Monde, 83 % des patients en réanimation seraient en surpoids.
Selon un récent article paru dans le journal Le Monde, repris par La Ligue contre l’obésité, 83 % des patients en soins intensifs seraient en surpoids ou obèses. Mais les données ne sont pas encore réellement consultables et on ne sait pas bien encore si l’obésité ou le surpoids seul (car elle s’accompagne souvent d’autres facteurs de risques) constitue une véritable prédisposition à des formes graves de la maladie.

Une majorité de patients en surpoids en réanimation

Dans plusieurs centres hospitalo-universitaires de France, des médecins constatent la forte présence de patients souffrant de surpoids ou d’obésité. Aucune statistique n’est disponible actuellement à ce sujet mais cela paraît intuitivement logique étant donné que le surpoids favorise également certaines comorbidités. Avec 15 % de sa population souffrant d’obésité, le risque qu’encourent ces personnes pose question. Aux États-Unis, où l’épidémie fait actuellement des ravages, un adulte sur deux est obèse. Des données provenant des États-Unis pourraient permettre de confirmer ou d’infirmer cette tendance.
Pour l’instant, les seules données européennes robustes réellement publiées dans la littérature scientifique à notre disposition sont celles des services de réanimation italiens de Lombardie où il n’y a aucune information sur le poids des personnes admises.

Comment l’expliquer ?

Hors comorbidité identifiée pour le Covid-19, on sait depuis longtemps que l’obésité est un facteur de risque d’embolie pulmonaire. D’autres mécanismes biologiques, comme un terrain inflammatoire ou la présence de graisse dans les poumons, pourraient expliquer que les patients en surpoids soient plus à risque que ceux dont le poids est « sain ». Mais à ce jour, il serait fortuit de se lancer dans l’explication d’un phénomène dont nous ne savons même pas s’il existe. Il faut des données plus robustes pour savoir si les patients en surpoids sont vraiment très représentés parmi l’ensemble des cas admis en réanimation.
Et puisque nous parlons de poids, L’Anses vient de mettre à jour ses repères concernant l’activité physique et la sédentarité en les adaptant à cette période de confinement. Elle conseille notamment de maintenir une activité physique quotidienne suffisante, même dans un petit espace (se déplacer dans son logement, dans son jardin, porter une charge, monter ou descendre les escaliers, réaliser des tâches domestiques) et multiplier les pauses entre les moments devant les écrans pour bouger et éviter de grignoter. Elle rappelle que la sédentarité et l’obésité sont des facteurs de risques majeurs de maladie chronique. À un âge avancé, cela peut aussi entraîner une décroissance irréversible de l’appareil locomoteur.
  • Une majorité de patients admis en réanimation seraient en surpoids mais des données plus robustes manquent pour confirmer cette tendance.
  • Des mécanismes tels qu’un terrain inflammatoire ou la présence de graisse dans les poumons pourraient expliquer cet état de fait s’il venait à être confirmé.
  • L’Anses a actualisé ses repères d’activité physique en cette période de confinement. Il est d’une importance vitale de conserver une activité physique.

Coronavirus : les personnes obèses représentent une proportion très élevée des patients en réanimation en France

Les individus en situation d’obésité risquent plus de présenter une forme grave de Covid. Selon les premières données d’un registre national, 83 % des patients en réanimation sont en surpoids
Les personnes obèses, soit 15 % des adultes en France, sont-elles plus susceptibles de contracter l’infection au SARS-CoV-2 et risquent-elles plus de présenter des formes sévères ? C’est le double motif d’inquiétude des médecins qui les prennent en charge. S’agissant de la gravité, les données sont encore parcellaires, mais sur le terrain, le constat devient évident : les individus en surpoids ou avec une obésité représentent une proportion élevée, voire très élevée, des patients atteints de Covid admis dans les services de réanimation.
En Grande-Bretagne, sur une série de 196 malades hospitalisés en soins intensifs, 32 % étaient en surpoids (indice de masse corporelle ou IMC, soit le poids divisé par le carré de la taille, entre 25 et 30 kg/m2) et 41 % étaient obèses (IMC supérieur à 30 kg/m2), selon un rapport publié le 20 mars. Les statistiques semblent du même ordre en France.
Au centre hospitalier universitaire (CHU) de Nice, l’IMC moyen des patients Covid actuellement en réanimation est de 29 kg/m2, la corpulence normale se situant entre 18,5 et 25 kg/m2« Parmi nos 40 patients, 95 % sont en surpoids ou obèses, avec souvent une hypertension artérielle et un diabète associés », souligne l’anesthésiste réanimateur Hervé Quintard. Au CHU de Montpellier, 45 % à 50 % des malades Covid hospitalisés en réanimation lors des premières semaines de l’épidémie avaient une obésité cotée sévère (IMC supérieur à 35 kg/m2), voire morbide (IMC supérieur à 40 kg/m2), estime aussi le professeur Xavier Capdevila, responsable du département anesthésie réanimation du site Lapeyronie.
Un registre national des formes graves de Covid permettra bientôt d’en savoir plus sur le profil des patients, leur prise en charge et leur devenir. Lancée le 19 mars par le Réseau européen de recherche en ventilation artificielle (REVA), cette base prospective a déjà enregistré des informations concernant plus de 2 000 malades pris en charge dans 195 services de réanimation francophones, français essentiellement.

Appel à la prudence

« Parmi eux, 83 % sont en surpoids ou obèses, avec souvent une association avec un diabète ou une hypertension artérielle. Il s’agit dans les trois quarts des cas d’hommes et la médiane d’âge est de 63 ans », précise Matthieu Schmidt, réanimateur médical à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), coordinateur du registre. Il appelle cependant à la prudence dans l’interprétation de ces données encore préliminaires, sans analyse fine des facteurs de risque. Le pronostic de ces patients de réanimation ne peut pas non plus être interprété, un certain nombre étant encore hospitalisés.
Dans sa liste des personnes à risque de forme grave de Covid, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) a pour l’instant retenu – sur la base des données de la littérature – les individus de plus de 70 ans, avec des antécédents cardiovasculaires, un diabète, une pathologie chronique respiratoire, une insuffisance rénale dialysée ou un cancer sous traitement. Les personnes avec une obésité morbide (IMC supérieur à 40 kg/m2) ont également été incluses dans cette liste, par analogie avec la pandémie de grippe A (H1N1) de 2009. « Le risque est probablement en dessous de ce seuil », estime cependant le professeur Olivier Ziegler, nutritionniste au centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Nancy et président du groupe de coordination et de concertation des centres spécialisés de l’obésité, qui insiste sur la nécessité de disposer rapidement de davantage de données internationales et nationales sur ces sujets.
Le pronostic des formes sévères de Covid, qui nécessitent une réanimation, est-il plus défavorable chez les malades avec un IMC élevé, voire très élevé ? « Les résultats d’une petite série américaine sur 24 patients hospitalisés en unités de soins intensifs pour Covid, publiés dans le New England Journal of Medicine le 30 mars, suggèrent que le risque de décès augmente avec la corpulence, poursuit le professeur Ziegler. Ce qui est frappant, dans cette étude, c’est que la mortalité atteint 70 % chez les malades dont l’IMC est supérieur à 35, contre 30 % chez ceux avec un IMC inférieur à 35. »
Pour le nutritionniste, le faible effectif de l’échantillon ne permet pas de tirer de conclusions définitives quant au rôle propre de l’obésité, mais ces données américaines remettent en question le dogme d’un seuil de 40 kg/mde l’IMC comme facteur de gravité. « Dans cette publication, la mortalité qui semble liée aux pathologies associées est élevée même chez les jeunes (37 % chez les moins de 65 ans), ce qui est un autre facteur d’inquiétude », ajoute Olivier Ziegler. Il rappelle qu’en France, le nombre de personnes en situation d’obésité sévère de grade 2 (IMC > 35) est d’environ 1,3 million, et de 600 000 pour l’obésité de grade 3 (IMC > 40).

« L’obésité augmente le risque d’embolie pulmonaire »

« L’obésité augmente le risque d’embolie pulmonaire. Or, l’infection au nouveau coronavirus expose déjà particulièrement aux complications thrombo-emboliques, explique le professeur Jean-Michel Oppert, qui dirige le service de nutrition de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP). D’autres anomalies associées à l’obésité peuvent pénaliser ces patients : des troubles ventilatoires, mais aussi un état inflammatoire “à bas bruit” et un déficit immunitaire chronique. Ces facteurs sont délétères lors d’infections virales respiratoires comme la grippe ou le Covid. » Un IMC élevé augmente aussi le risque d’escarre.
En revanche, note le réanimateur Matthieu Schmidt, les personnes avec obésité répondent bien aux séances de décubitus ventral (ventilation sur le ventre), une technique utilisée dans les services de réanimation pour améliorer l’état ventilatoire des malades.
Autre donnée a priori positive : ces dernières années, plusieurs études ont suggéré que la courbe de survie en réanimation serait meilleure chez les sujets obèses, car ils ont une réserve métabolique qui leur permet de mieux résister à la dénutrition que les personnes de poids normal. « C’est un sujet controversé sur lequel il faut rester prudent, car cela dépend des causes de la réanimation », tempère Karine Clément, professeure de nutrition à la Pitié-Salpêtrière. Pour cette spécialiste, également vice-présidente de l’Association française d’étude et de recherche sur l’obésité (Afero), l’une des priorités est d’acquérir des données épidémiologiques plus précises sur les facteurs de risque de formes graves de Covid. « Dans les données disponibles, on retrouve souvent l’association de plusieurs pathologies : diabète de type 2, hypertension artérielle, maladies cardiaques et obésité. Mais il faudrait savoir si une obésité à elle seule, sans comorbidité, prédispose aux formes sévères », s’interroge Mme Clément.
L’autre question qui préoccupe la nutritionniste et ses confrères est celle de la possible susceptibilité accrue des personnes obèses à l’infection au nouveau coronavirus.« Pour certains virus grippaux, il a été montré que les patients avec un IMC élevé ont une durée de portage viral plus longue, mais pour le SARS-CoV-2, on ne sait pas », souligne la professeure.
Dans des recommandations, l’Afero et d’autres sociétés savantes insistent sur l’importance du confinement et des mesures barrières pour ces patients. « Les messages de prévention sont cependant souvent difficiles à faire passer dans l’ensemble de la population, et en particulier dans les populations vulnérables sur le plan socio-économique, deux à trois fois plus touchées par l’obésité », rappelle M. Ziegler. La question est aussi posée d’arrêts de travail préventifs pour les personnes avec une obésité sévère dont les conditions de travail ne permettent pas de respecter les mesures barrières.

La vaccination, un sujet clivant d'avenir... présentation de l'enquête de Thierry Casasnovas !



Bonjour, moi c’est Aude !
D’une nature plutôt curieuse, j’ai un parcours professionnel un peu atypique.
J’ai débuté des études de Langues Etrangères Appliquées à La Sorbonne à Paris puis je me suis dirigée vers des études de Communication et Journalisme. J’avais très envie de devenir le Tintin des temps modernes, version plus féminine, cela va de soit. J’ai fait de nombreux stages dans le monde de la presse, j’ai travaillé en radio où j’animais la tranche matinale de 7h à 10h. J’ai vraiment beaucoup aimé cette expérience qui m’a enrichie et qui s’est soldée par un chômage…
Envie de changement, envie de devenir mon propre patron, j’ai décidé de faire de ma passion des animaux, mon métier. J’ai donc créé une entreprise de garde d’animaux en région parisienne, la région où je vivais à l’époque. Je me suis formée en tant que Comportementaliste en relations Homme-Chien et Homme-Chat. Cela m’a permis de mieux comprendre ce qui se passait entre nous et nos poilus adorés. Mon entreprise marchait bien.
Après avoir connu une séparation amoureuse, j’ai rencontré François grâce au site de rencontres Meetic. Si, si, ça fonctionne ! Nous en sommes la preuve. Un véritable coup de foudre qui a donné naissance quelques mois plus tard à notre fils, Noah.
  • Mon Épreuve de Vie
L’accouchement a été un choc tant physique que psychologique. Rien ne s’est déroulé comme prévu.
Beaucoup de fautes professionnelles, une sage femme en début de carrière, une péridurale qui n’a pas fonctionné, une perfusion bouchée dont personne ne s’est préoccupé, une césarienne en urgence, après 16h de travail, pratiquée à vif… La peur de mourir était gravée au plus profond de mon âme.
Une épreuve qui est longtemps restée inscrite dans ma chair, dans mes tripes.
J’étais ravie d’avoir mon fils mais je souffrais terriblement. Personne ne comprenait ma douleur. Physiquement, j’avais de l’eczéma géant sur tout le corps, beaucoup de douleurs, j’étais incapable de me toucher le ventre. Psychologiquement, j’étais furieuse contre le personnel de l’hôpital, contre moi-même et contre François. J’ai tenté beaucoup de choses pour m’en sortir : médecine traditionnelle, psychologues, acupuncture, magnétisme… Cela ne soulageait qu’un peu ma peine. Mon couple était au bord du gouffre. Je reportais tout sur François.
  • Ma Révélation : l’Hypnose.
Sur les conseils d’une amie, n’ayant rien à perdre à part quelques euros, je me suis rendue chez une hypnothérapeute proche de chez moi. Accompagnée de mon homme car j’avais peur, peur qu’elle me fasse faire des choses étranges…
Une révélation ! Le jour et la nuit.
J’ai fait 4 séances d’hypnose qui m’ont permis de me laver, de faire sortir tout le sombre, le négatif, toute la colère et la haine. Mon sourire est revenu. Et ce n’était pas un sourire de façade. Il était temps pour moi de passer à autre chose, de tourner la page sereinement.
Comme une évidence, un matin au réveil, j’ai décidé d’aider les autres comme j’ai pu être aidée. Tout le monde devait connaître la magie de l’Hypnose. Il me fallait comprendre, après le fonctionnement de nos amis les bêtes, le fonctionnement de notre cerveau. Je me suis inscrite le jour même à l’IFHE pour suivre la formation d’Olivier Lockert qui m’était alors complètement inconnu.
  • Le Changement de Vie
Je venais d’ouvrir la boîte de Pandore. J’ai alors entrepris un gros travail sur moi-même, sur mes liens aux autres, sur mon passé, mon enfance, ma famille, pour devenir celle que j’étais vraiment. Comme un papillon qui sort de sa chrysalide et ouvre ses ailes. Être juste Moi sans masque social, sans faux-semblant.
Ce fut le départ d’une multitude de prises de conscience en tout genre…
  • S’Alimenter Différemment
La nourriture industrielle, et tous ses scandales, ne me convenait plus. Je ne voulais plus empoisonner mon corps qui avait eu sa dose jusque-là. Je voulais surtout une alimentation saine pour mon fils.
Un retour au naturel avec beaucoup de fruits, de légumes, de jus de légumes. Des produits frais, de saison et locaux grâce à un formidable maraîcher bio proche de chez moi. Nous nous sommes mis petit à petit à pratiquer des jeûnes intermittents, des jeûnes secs.
Il nous a fallu un temps d’adaptation, de tests en tout genre et d’erreurs. Mais quelle fierté pour moi, quand dès 3 ans, mon petit bout buvait son grand verre de jus de légumes verts tous les soirs. Parfois avec quelques grimaces…
Qu’est ce que je donne à mon corps ? Quels produits j’utilise pour me laver le corps, les cheveux, les dents ? Un raz-de-marée dans notre salle de bain, notre cuisine…
  • Sortir de la société de Sur-Consommation
J’ai toujours été sensible à la planète, aux animaux.
Mais au final, dans ma vie de tous les jours, je ne faisais rien de concret. Je parlais écologie mais je n’agissais pas. Je suivais le moule de la majorité dans ce conformisme, dans cette consommation qui, à l’époque, me semblait vitale et nécessaire. Je consommais tout le temps : vêtements, sacs à main, chaussures, maquillage, bijoux, décorations en tout genre pour mon logement… Je dépensais beaucoup d’argent pour que toutes ces choses dorment dans mes placards. Je remplissais des poubelles sans me rendre compte de mon impact sur l’environnement.
J’ai dit : STOP !
Cela s’est mis en place petit à petit. Un retour à l’Essentiel dans ma maison. Aller vers plus de Minimalisme. Vivre mieux mais avec moins. Cela est possible ! Consommer le peu que nous devons en limitant au maximum l’impact sur notre belle planète, être sur la route du Zéro Déchet, acheter au maximum de l’occasion…
  • Choisir son Conte de Fées !
La région parisienne ne collait plus avec ce que nous étions devenus et à nos aspirations. Nous avons donc décidé de déménager pour aller vivre au bord de la mer. François, professeur d’EPS dans un collège, a donc demandé sa mutation. Et nous avons obtenu ce que nous voulions : Royan en Charente Maritime. Nous nous sommes mariés et nous avons quitté la grisaille parisienne pour la plage et le soleil… Nous habitons maintenant à 600 mètres de la mer. J’entends parfois le bruit des vagues depuis mon jardin.
Choisir son lieu de vie, jamais je n’y avais songé.
Je dis très souvent que le jour où j’ai accouché de mon fils, j’ai accouché de moi-même.
Je souhaite très sincèrement partager avec vous ma vision de la vie, mon conte de fée que je continue à écrire, pour que peut être cela vous donne envie d’écrire le vôtre… Je ne prétends pas du tout être meilleure ou vous dire comment vivre votre vie mais juste vous montrer que cela est possible.
Le bonheur se vit et s’écrit tous les jours. Le bonheur n’est pas la destination mais le chemin…
Voilà tout ce que je souhaite partager avec vous, avec ma famille, avec mon fils. Croire en soi, croire en ses rêves.
Et vous, quels sont vos rêves ?


Covid-19 : Bernard Friot analyse et propose


dimanche 5 avril 2020

Ce que le virus nous dit de notre avenir ?

Magnifique synthèse... à relayer tous azimuts ! 


NOUS SOMMES TOUS FRÈRES ET SOLIDAIRES - ÉDITO


COMMENT VIVRE LE CONFINEMENT? Patrick BURENSTEINAS (Le Café du Confinement®)


Sibeth Ndiaye : je sauve des vies...

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La décroissance, un mot-obus Paul Ariès



Origine : http://decroissance.free.fr/Un_mot-obus.pdf

Le mot d’ordre de la décroissance a rencontré en l’espace d’un an un vif succès. Mais dénoncer les errements de notre société ne suffit pas, nous devons défendre les valeurs de partage et de démocratie : la décroissance doit être bien comprise comme une chance pour tous, et non comme un appauvrissement. Nous devons aussi porter cette parole de dissensus dans la sphère politique, que nos adversaires seraient trop heureux de nous voir délaisser.

Nous savons qu’il n’existe pas de développement et de croissance sans fin. Au contraire, nous pensons que notre humanité n’émerge que lorsque nous sommes capables de nous fixer des limites. Mais il ne suffit pas d'être contre la croissance économique et les sociétés développementistes, nous devons dire à partir de quels points de vue, en nous fondant sur quelles valeurs nous voulons construire un autre type de société. La question n'est pas seulement d'être pour la décroissance, mais de savoir quel contenu nous voulons lui donner, car, s’il existe une théorie critique de la croissance, il n'existe pas de théorie toute faite de la décroissance. Ce mot d'ordre est un mot-obus pour pulvériser la pensée économiste dominante, qui ne se limite pas au néo-libéralisme.

Le succès rapide du mot d’ordre de la décroissance est dû à la coexistence de quatre crises majeures du système : une crise environnementale (dérèglement du climat), une crise sociale (montée des inégalités), une crise politique (désaffection et dérive de la démocratie), une crise de la personne humaine (perte de sens). Le système développementiste écrase l'homme comme il écrase les liens sociaux et détruit la nature. Le mot d'ordre de la décroissance est donc une tentative pour amorcer une sortie à cette quadruple crise.
Le terme a des inconvénients : il est négatif, il flirte même parfois avec des figures douteuses : celle de «la terre ne ment pas» du maréchal Pétain ou les déclarations du baron Seillière : «Il faut siffler la fin de la récréation». Nous sommes donc sur une ligne de crête. Mais la décroissance a un avantage considérable sur ses concurrents : il est très difficilement récupérable. Il attaque frontalement le capitalisme et la société de consommation dans leur idéologie mais aussi dans leur imaginaire sans se limiter à leurs conséquences.

Le partage au centre Face au concept de décroissance, des économistes altermondialistes ont développé récemment l’idée d’une «décélération» de la croissance (1). Ce terme a pour handicap de se vouloir à la fois dedans et dehors. La «décélération», ce serait les avantages de la croissance moins ses inconvénients. En voulant ménager la chèvre et choux, il renforce l'illusion que nous voudrions faire «la même chose en moins». La «décélération» nous cantonne dans le domaine du quantitatif, du comptable, de l’économisme. La décroissance, elle, pose la question du contenu des richesses, donc celle l'utilité sociale des biens.
Nous ne devons pas craindre de réaffirmer sans cesse que la décroissance ce n'est pas la décroissance de tout ni pour tous. Elle s’applique aux « surdéveloppés », à l’«ex-croissance», à des sociétés et des classes sociales dont l’obésité et la boulimie sont des conséquences de la captation de richesses des plus faibles, en même temps qu’un processus d’auto-destruction. La question du partage, donc de la démocratie, précède celle de l'économique.

A partir de là, le mouvement en faveur de la décroissance doit travailler à l'articulation de trois niveaux de résistance : le niveau de la résistance individuelle, la simplicité volontaire ; le niveau des alternatives collectives, qui permettent d'inventer d'autres façons de vivre pour les généraliser ; le niveau politique, c'est-à-dire celui des débats et des choix collectifs fondamentaux de société. Nous ne devons pas laisser le champ politique à nos adversaires : nous devons être des empêcheurs de développer en rond. Si nous ne pratiquons pas le dissensus politique, base de la démocratie, personne ne le fera à notre place. Le concept de décroissance sera même dévoyé de son sens et instrumentalisé par des esprits intéressés.
Les conditions sont aujourd'hui mûres pour que notre discours soit entendu et fasse problème.
Il est de notre devoir de citoyen de nous engager et de participer au processus démocratique.
Nous devons expliquer aux exclus et aux déçus de la croissance, à tous les sans-voix que la vraie alternative n'est plus entre croissance et décroissance, mais entre récession et décroissance.

Non au catastrophisme Nous devons pour cela prendre garde à tout discours pessimiste comme celui sur la pétroapocalypse, c’est-à-dire la fin du pétrole vu comme un chaos inéluctable. Non seulement cette posture est dangereuse car elle démobilise et favorise les comportements cyniques, mais, surtout, elle laisse croire que nous choisirions la décroissance... faute de mieux. Même si une croissance illimitée était possible, surtout si elle était possible, nous serions plus encore des objecteurs de croissance pour pouvoir être tout simplement des humains, pour ne pas succomber aux fantasmes de toute-puissance. Nous ne défendons pas la décroissance avec le langage du nécessaire mais avec celui du politique. Le catastrophisme à la Yves Cochet (2), député des Verts et ancien ministre de l’environnement, entretient l'idée que nous serions condamnés à la décroissance. Quelles que soient les bonnes raisons écologiques, nous devons refuser d’abord l'aliénation d'une société qui réduit l’homme à sa seule dimension économique
.
Les tenants de la décroissance ne sont pas des écolo-pessimistes, ni des archéo-nostalgiques rêvant à la société d'hier. Il ne s'agit pas de revenir en arrière vers un pseudo paradis perdu, il s'agit collectivement de bifurquer. Nous ne sommes pas davantage de nouveaux puritains jouant à plus-décroissant-que-moi-tu-meurs ! Nous ne voulons pas remplacer le politique par le jugement moral ni réduire la morale au religieux. Nous ne venons pas vers les gens en jetant des anathèmes : la décroissance n'appartient à personne. Nous savons que ce nouveau paradigme bouleversera les filiations politiques, idéologiques, philosophiques pour redistribuer les cartes et les alliances nécessaires pour repenser le monde. Mais nous ne partons pas au combat les mains vides : nous savons par exemple qu'il faudra faire avec la relocalisation de l’économie. Notre décroissance nous la voulons conviviale, immédiate et socialement équitable.

Paul Ariès


1- Le développement a-t-il un avenir ?, ATTAC, Ed. Mille et une nuit, 2004. Le mot décélération est proposé comme « première étape vers une décroissance sélective ».2- Intervention au colloque de Montbrison, organisé par l’institut d’études économiques et sociales pour la décroissance soutenalble (IEESDS), les 5 et 6 février 2005.

Interdit d’interdire - Interview de la journaliste Juliette Duquesne sur les conséquences du coronavirus... Décroissance subie (récession) versus décroissance organisée.


samedi 4 avril 2020

«C’est un temps propice aux grands basculements intimes ou sociaux» – Interview dans «Le Figaro»

«C’est un temps propice aux grands basculements intimes ou sociaux» - Interview dans «Le Figaro»
Cette interview a été publiée dans Le Figaro le 3 avril 2019 – Propos recueillis par Sophie de Ravinel
LA FRANCE D’APRÈS – Tous les jours, Le Figaro interroge une personnalité sur la façon dont elle envisage l’après coronavirus. Le chef de file de La France Insoumise, veut croire à «un très grand changement» au sein de la société pour «tourner la page» du libéralisme. Il pense que les Français doivent dès maintenant, et sans attendre l’après-crise, s’«enthousiasmer pour des causes communes» . Selon lui, le pays doit désormais «s’obséder de souveraineté et de coopération».
LE FIGARO. – Édouard Philippe a dit que cette crise allait révéler ce que l’humanité « a de plus beau et de plus sombre ». Qu’avez-vous observé pour le moment ?
Jean-Luc MÉLENCHON. – Par principe, je m’en tiens au meilleur, c’est là que je puise de l’énergie et surtout des raisons de continuer le combat. L’appétit pour les valeurs d’entraide éclate au grand jour. Jusqu’ici, la déshumanisation d’une société noyautée par les valeurs néolibérales saturait l’espace. L’entraide semblait absurde. Elle était donc reléguée dans l’espace privé, l’entre-soi familial. Toutes ces valeurs s’imposent désormais comme une exigence pour la société elle-même. Les valeurs publiques se renversent.
La réalité n’est-elle pas plus contrastée ?
Je le sais bien. Mais c’est cette émergence qui m’intéresse. Évidemment, les valeurs altruistes ont leur fragilité. Elles se rétractent quand elles sont humiliées par le mensonge gouvernemental, la rouerie des profiteurs, l’impunité des comportements antisociaux… Tout cela ridiculise l’altruisme comme s’il était une naïveté. Mais la vertu, le bien commun, l’intérêt général sont désormais la condition de la vie en société en même temps que la condition de la survie individuelle dans l’épidémie.
Qu’allez-vous apprendre de cette épreuve de confinement ?
Sur un plan personnel? C’est un peu trop récent pour en parler de manière construite. J’ai été aidé en reprenant Le Hussard sur le toit , plus que par La Peste , car il ouvre davantage sur le romanesque et l’humour de la situation. Comme je relis L’Histoire de France de Jules Michelet, j’ai été attentif aux épisodes d’épidémies. Ils étaient si fréquents et si destructeurs! Les historiens se sont peu intéressés à leurs résultats politiques. Pourtant, elles ont provoqué des bifurcations de l’histoire. Voyez Guillaume de Nangis, un chroniqueur du XIIIe siècle, quand il traite de la peste! Voyez Boccace et son Décaméron , dont les nouvelles sont contées dans le cadre de la grande peste de 1348 à Florence. On réalise qu’à ces époques, comme aujourd’hui, les gens sont ramenés à l’essentiel de leur humanité lors de l’épidémie. La constance des comportements nous aide à nous comprendre nous-mêmes.
Sur un plan plus général, quelles conséquences auront ce confinement?
C’est une situation contre naturelle. Le confinement met à vif les relations entre les personnes. Elles vont être gravement et longuement perturbées. Car il ne permet aucune échappatoire. Du coup peut-être que beaucoup vont mieux identifier ce qui est essentiel. C’est un temps propice aux grands basculements intimes ou sociaux. Souvenons-nous que la plupart des révolutions du passé n’ont pas été motivées par des revendications idéologiques, mais par des enchaînements de demandes concrètes. Elles font cristalliser un contexte où le pouvoir politique a plongé la société dans une impasse. Par exemple, la révolution de 1917, c’est d’abord le refus de la guerre que les pouvoirs ne savaient plus arrêter après des millions de morts.
Vous êtes en train de nous dire que ce temps est propice au déclenchement d’une révolution?
Du moins d’un très grand changement. C’est ce que donne en général la conjonction d’un système à bout de souffle devant une population qui exige des réponses concrètes. Comment détacher cette séquence de la série des révolutions citoyennes qui avaient lieu juste avant partout dans le monde du Liban au Chili et dans plus de dix pays? Ce temps n’est pas une mise entre parenthèses de la pensée politique. Si ce confinement empêche les actions physiques de masse, il n’empêche pas les esprits de travailler. Beaucoup comprennent à présent la valeur pratique et concrète de principe comme l’indépendance nationale, la relocalisation, la souveraineté alimentaire et sanitaire et ainsi de suite. Bien sûr, le chaos est toujours possible. C’est vrai dans les nations et entre elles. On ne peut le souhaiter. Mais comment le bloquer de façon positive sinon en changeant l’ordre des choses d’une façon maîtrisée?
Que faut-il changer en France ?
Tant de choses! Les règles du jeu d’abord : la réorganisation des pouvoirs politiques et des technostructures qui ont aggravé la catastrophe sanitaire, la restauration de la souveraineté du peuple et de l’indépendance sur les domaines qui engagent son existence. La prise en compte de l’expertise des salariés dans la production et l’échange. L’État, la Nation, le bien commun doivent occuper toute leur place et ne plus être décriés. Je ne parle pas de la Nation d’un point de vue chauvin, mais comme une communauté d’appartenance qui s’impose des règles communes protectrices. Mais aussi de fierté. J’aime beaucoup la Chine, tout le monde le sait. Mais j’ai honte de dépendre d’elle pour survivre. La France pourrait faire mieux. Elle le doit pour survivre et pouvoir à son tour aider les autres dans l’espace francophone auquel nous sommes organiquement liés! Assez d’amour déçu européen. Ce cadre a fait faillite. Il n’y a pas eu le moindre dispositif sanitaire commun depuis trois mois! Les pays ont fermé leurs frontières tout en laissant d’ailleurs les travailleurs détachés poursuivre leur cabotage d’un pays à l’autre, venant parfois de zones non confinées. L’Union n’a trouvé le temps en pleine épidémie que de signer un traité de libre-échange avec le Vietnam et accélérer l’adhésion au marché unique de l’Albanie et du Monténégro. Une caricature!
Comment y parvenir ?
Jusque-là notre ligne stratégique était de conflictualiser pour produire de la conscience. Là nous sommes dans une situation où nous devons produire de «la cause commune». La survie du peuple se joue dans l’idée qu’il se fait de lui-même et dans la mise en œuvre des moyens pour cela. Réquisition, planification, démocratisation sont incontournables dans le moment et ils annoncent un autre monde. Ce n’est pas cette «union sacrée» que demande la macronie aux abois pour faire taire tout le monde. Nous devons pouvoir nous enthousiasmer pour des causes communes, donner son espace à l’amour de la patrie qui est l’autre nom de l’intérêt général. La France doit s’obséder de souveraineté et de coopération et tourner la page désastreuse du néolibéralisme qui l’a saignée et abaissée. Les Français savent qu’ils sont une communauté unie par une civilisation de l’entraide. C’est ce qu’a montré déjà l’adhésion massive à la défense des retraites.
Est-ce que cette période va changer des choses dans votre vie ?
Cela confortera mon détachement des choses. Mais cela renforcera mon lien avec ceux que j’aime, que j’ai fréquenté, qui sont dans mon paysage. J’aime mon pays plus profondément quand je vois la bravoure de son peuple dans l’épreuve.

vendredi 3 avril 2020

[Lutte contre le management] Changer de vie et ouvrir un gîte en montagne « Une nouvelle vie à Pinsec »


Coronavirus : la pollution de l’air est un « facteur aggravant », alertent médecins et chercheurs

Source : Le Monde, Stéphane Mandard, 30-03-2020
https://www.les-crises.fr/coronavirus-la-pollution-de-lair-est-un-facteur-aggravant-alertent-medecins-et-chercheurs-par-stephane-mandard/

Les épandages agricoles ont été à l’origine de pics de pollution en Ile-de-France et dans le Grand-Est ce week-end. Un collectif appelle l’Etat à les « limiter drastiquement ».
Ce week-end, un premier épisode de pollution printanier a été constaté en plusieurs points du territoire, notamment en Ile-de-France et dans le Grand-Est, les deux régions les plus touchées par la propagation de l’épidémie de Covid-19. Car, si les mesures de confinement ont permis de réduire la pollution liée au trafic routier avec une chute spectaculaire des émissions d’oxydes d’azote, elles n’ont pas eu d’effet sur les niveaux de particules fines, les plus dangereuses pour la santé, car elles pénètrent profondément dans les voies respiratoires. Ces niveaux ont même augmenté au cours de la semaine à la faveur des conditions météorologiques (ensoleillement et absence de vent) pour dépasser, samedi 28 mars, les limites légales, dans l’agglomération parisienne, le Bas-Rhin ou le Haut-Rhin.

Outre le chauffage résidentiel au bois, cet épisode de pollution se caractérise par « une part importante de particules secondaires formées à partir d’ammoniac et d’oxydes d’azote, l’ammoniac étant issu majoritairement des épandages de fertilisants », rappelle Atmo Grand-Est, l’organisme chargé de la surveillance de la pollution de l’air dans la région. Le processus chimique est bien connu : lors des épandages agricoles, le gaz ammoniac (NH3), en passant dans l’atmosphère, réagit avec les oxydes d’azote (NOx) – issus du trafic routier ou de l’activité industrielle – pour former des particules de nitrate d’ammonium et de sulfate d’ammonium. Ces particules peuvent voyager sur plusieurs kilomètres, d’où les pics de pollution constatés dans des grandes agglomérations, comme Paris, Strasbourg ou Mulhouse.

Les zones touchées par ces pics sont aussi celles qui paient le plus lourd tribut au coronavirus. Dans une note diffusée vendredi 27 mars, Atmo France, qui regroupe l’ensemble des organismes de surveillance de la qualité de l’air, conclut qu’« une exposition chronique à la pollution de l’air est un facteur aggravant des impacts sanitaires lors de la contagion par le Covid-19 ».

Une semaine plus tôt, plusieurs médecins et chercheurs, tous spécialistes de la pollution de l’air, avaient donné l’alerte. Dans un courrier, adressé le 21 mars à l’ensemble des préfets, le collectif Air-Santé-Climat interpellait l’Etat sur « la nécessité de limiter drastiquement les épandages agricoles, afin de tout mettre en œuvre pour limiter la propagation du virus ».

Membre du collectif et directrice du département d’épidémiologie des maladies allergiques et respiratoires de l’Inserm, Isabella Annesi-Maesano détaille le mécanisme : « La pollution abîme les muqueuses des voies respiratoires et du poumon, ce qui fait pénétrer plus facilement les virus et, par agrégation, les particules fines et ultrafines véhiculent les virus au fond des voies aériennes. » En 2003, une étude, publiée dans la revue scientifique de santé publique Environmental Health, a analysé le lien entre la pollution de l’air et les cas létaux de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS ; causé par le SARS-CoV) en Chine. Elle montrait que les patients contaminés vivant dans des régions modérément polluées avaient 84 % plus de risques de mourir que les patients de régions peu polluées. De même, les patients vivant dans des zones fortement polluées avaient deux fois plus de risques de mourir du SRAS que ceux des régions peu polluées.

L’hypothèse du transport du virus dans l’air via les particules
Une étude italienne, publiée le 17 mars, par la Société italienne de médecine environnementale, va plus loin. En se basant sur la corrélation entre les niveaux de pollution élevés, constatés en Lombardie, et le nombre important de victimes du coronavirus, elle suggère que les particules fines pourraient aussi contribuer à la propagation du Covid-19 en le transportant dans l’air. Les spécialistes italiens des aérosols ont pris leurs distances avec ces résultats, estimant que le lien de causalité restait à prouver « au moyen d’enquêtes approfondies ».

Une autre étude, publiée également le 17 mars, dans le New England Journal of Medicine, montre pour sa part que le coronavirus pourrait persister dans l’air pendant trois heures. Mais l’article ne mentionne pas le rôle des particules fines ni la charge virale, c’est-à-dire à partir de quelle dose le virus serait infectant via les aérosols. Dans un avis rendu le même jour, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) rappelle que « la présence d’un virus dans l’air ne signifie pas qu’il est infectieux ni qu’il y a une transmission respiratoire de type “air” ». Pour le HCSP, « il n’existe pas d’études prouvant une transmission interhumaine du virus par des aérosols sur de longues distances. Néanmoins, s’il existe, ce mode de transmission n’est pas le mode de transmission majoritaire ».

Même prudence à l’Organisation mondiale de santé (OMS). « Le fait que les particules fines puissent servir de vecteur à la propagation du coronavirus reste une hypothèse, commente Maria Neira, la directrice du département santé publique et environnement. Et il va falloir plusieurs mois pour la confirmer ou l’infirmer, car la propagation du virus dépend d’une multitude de paramètres comme les conditions météorologiques, la démographie ou les mesures de confinement prises par les pays. » Plusieurs équipes commencent à travailler sur le sujet, à l’OMS, au service européen de surveillance de l’atmosphère Copernicus ou encore parmi les épidémiologistes de la London School of Hygiene & Tropical Medicine. « Nous cherchons à étendre notre réseau de collaboration avec les équipes de recherche médicales qui souhaiteraient tester des hypothèses quant au transport et à la survie du virus dans l’air », indique le directeur de Copernicus, Vincent-Henri Peuch.

Principe de précaution
En attendant, le collectif Air-Santé-Climat en appelle « au principe de précaution », afin de limiter les émissions de particules fines liées aux épandages dont la saison débute. « Si on ne limite pas rapidement les épandages, cela risque d’annihiler l’effet des mesures de confinement qui ont permis de réduire la pollution liée au trafic routier », avertit Thomas Bourdrel, radiologue à Strasbourg à l’origine du collectif. Il rappelle que des solutions techniques d’enfouissement dans le sol permettent de réduire considérablement les émissions d’ammoniac dans l’air.

Parmi les rares préfets qui ont répondu au courrier des médecins, celui de Vendée a fait savoir que « l’alerte » avait été « signalée à la région et au niveau national », « une position nationale étant nécessaire sur un sujet aussi important ».

De son côté, le Syndicat des exploitants agricoles du Finistère juge, dans un communiqué, « difficilement acceptable, au vu du contexte particulier du Covid-19, que les agriculteurs plébiscités par l’ensemble de la population pour assurer leur approvisionnement alimentaire, soient ainsi montrés du doigt et empêchés de réaliser les travaux agricoles nécessaires à leur acte de production ».

Stéphane Mandard

Source : Le Monde, Stéphane Mandard, 30-03-2020

Michel Onfray : dieu selon Spinoza


Michel Onfray évoque la mort


mercredi 1 avril 2020

Edward Snowden met en garde : les mesures de surveillance dureront plus longtemps que la pandémie

Edward Snowden a lancé un avertissement à ceux qui abandonnent leur liberté pour acquérir un faux sentiment de sécurité : les mesures temporaires de surveillance de masse mises en place seront tout sauf temporaires. Snowden affirme que ces mesures ne valent pas la peine de renoncer à encore plus de liberté.
Rien n’est aussi permanent qu’un programme gouvernemental temporaire, et le tristement célèbre dénonciateur Edward Snowden tire la sonnette d’alarme sur la surveillance de masse orwellienne qui durera longtemps après cette pandémie de coronavirus.
L’ex entrepreneur de la CIA, dont les fuites ont révélé l’ampleur des programmes d’espionnage aux États-Unis, prévient qu’une fois cette technologie sortie de sa boîte, il sera difficile de la remettre en place.
« Lorsque nous voyons les mesures d’urgence adoptées, en particulier aujourd’hui, elles ont tendance à être collantes », a déclaré M. Snowden dans une interview accordée au Festival international du film documentaire de Copenhague.
L’urgence a tendance à s’étendre. Ensuite, les autorités se sentent à l’aise avec un nouveau pouvoir. Elles commencent à aimer ça.
Le pouvoir corrompt. Il l’a toujours été et le sera toujours. Mais les gens sont devenus à l’aise avec les fonctionnaires du gouvernement qui les dirigent, leur volent leur argent et leur disent quoi faire. Nous sommes devenus les esclaves du gouvernement, et Snowden dit que ça ne fera qu’empirer.
Les services de sécurité trouveront bientôt de nouvelles utilisations à cette technologie. Et lorsque la crise sera passée, les gouvernements pourront imposer de nouvelles lois qui rendront permanentes les règles d’urgence et les exploiter pour réprimer la dissidence et l’opposition politique.
Cela pourrait s’avérer une méthode puissante pour suivre la propagation du virus et les déplacements des personnes qui en sont porteuses. Mais ce sera aussi un outil tentant pour traquer les terroristes – ou tout autre ennemi potentiel des États. –The Next Web
Ce virus a jusqu’à présent servi de prétexte à la classe dirigeante pour instaurer une tyrannie permanente. Comme je l’ai déjà dit, j’ai beaucoup moins peur de ce virus que de la réponse du gouvernement à son égard. Snowden l’est aussi. Il est particulièrement préoccupé par le fait que les services de sécurité ajoutent une intelligence artificielle à toutes leurs autres techniques de surveillance. « Ils savent déjà ce que vous regardez sur Internet », dit-il. « Ils savent déjà où votre téléphone se déplace. Maintenant, ils savent quel est votre rythme cardiaque, quel est votre pouls. Que se passe-t-il quand ils commencent à les mélanger et à y appliquer de l’intelligence artificielle ? »
La gravité de cette pandémie est incontestable, cependant, renoncer aux droits de l’homme et à la dignité de l’homme au gouvernement revient essentiellement à renoncer et à se laisser asservir pour le reste de sa vie.
Traduction de SHTFPlan.com par Aube Digitale

The Shining : remake spécial coronavirus


La 5G annoncée dans une trentaine de communes: Ottignies-Louvain-la-Neuve et Wavre se disent scandalisées


Publié le mercredi 01 avril 2020 à 07h43 - Mis à jour le mercredi 01 avril 2020 à 07h43

Source : https://www.lalibre.be/regions/brabant/la-5g-annoncee-dans-une-trentaine-de-communes-ottignies-louvain-la-neuve-et-wavre-se-disent-scandalisees-5e8429ea7b50a6162bee3396

Proximus annonce le déploiement à Louvain-la-Neuve et provoque l’indignation.

Ce mardi, Proximus a annoncé le déploiement de la technologie 5G, qui doit booster la vitesse de transmission des données pour les GSM compatibles, dans trente communes belges. L’info a peut-être ravi les fans de nouvelles technologies mais du côté de la ville d’Ottignies, on a bondi en découvrant que Louvain-la-Neuve se trouvait dans les zones retenues par l’opérateur téléphonique.

On se rappellera en effet que la Ville est très méfiante à propos de l’implantation de nouvelles antennes GSM, qu’elle est d’ailleurs en recours contre le permis octroyé pour un planter pylône à Limelette, et qu’elle ne compte pas dévier de cette ligne à l’heure où une nouvelle enquête publique est annoncée pour une antenne à proximité du futur quartier Athéna.

Alors la 5 G, sans concertation préalable avec les autorités et la population…

« On a appris ça avec stupeur, indique l’échevin de l’environnement, Philippe Delvaux. Nous n’avions pas du tout été informés par Proximus, et nous sommes donc à la fois très étonnés et scandalisés. Certains citoyens avaient demandé qu’on se déclare ‘commune hors 5G’. Nous ne l’avons pas fait mais nous demandons qu’on nous laisse le temps d’analyser et de comprendre. De nous interroger aussi, avec la population, pour voir si cela correspond au mode de vie que nous voulons… »

Se pose également la question des effets des ondes. On sait que les informations en la matière sont contradictoires, certains s’écharpent et la ville avait prévu une conférence sur le sujet à la fin du mois de juin. A ce stade, le collège, clairement, ne veut pas de ce déploiement annoncé de la 5G sur une partie du territoire communal. En tout cas pas tant que cela ne sera pas concerté, et qu’aucune analyse ne sera présentée pour démontrer l’innocuité de cette technologie.

Cette position a été confirmée mardi après-midi dans un communiqué de presse, où le collège s’interroge au passage sur le non-déploiement en région bruxelloise, en raison des normes d’émission moins élevées qu’ailleurs dans le pays. « Qui a donné l’autorisation pour le déploiement sur ces 30 communes ? Sur quelle bases réglementaires ? », demande le collège communal ottintois.

À Wavre, on se dit aussi scandalisé
C’est avec étonnement que les élus de la Ville de Wavre, à l’instar de leurs collègues d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, ont découvert ce mardi l’ambition de Proximus d’installer la 5G light dans 30 communes de Belgique dès ce mercredi, dont la Cité du Maca.

“Je n’ai nullement été informée des intentions de Proximus, déclare dans un communiqué la bourgmestre Françoise Pigeolet. Je suis totalement scandalisée d’être mise devant le fait accompli, sans aucune concertation, a fortiori durant cette période où nous concentrons toutes nos énergies à assurer la sécurité et la santé de nos concitoyens.”

Les autorités communales demandent à Proximus de prendre contact avec elles pour envisager le déploiement de tells technologies à Wavre.