vendredi 27 mai 2022

La pandémie a fait émerger un nouveau milliardaire toutes les 30 heures, alors qu’un million de personnes supplémentaires pourraient basculer dans la pauvreté extrême au même rythme en 2022

 Publié: 23 mai 2022

Alors que le coût des biens essentiels augmente à un rythme inégalé depuis des décennies, les milliardaires des secteurs de l'agroalimentaire et de l’énergie voient leur fortune gonfler à hauteur d'un milliard de dollars tous les deux jours. 

Selon un rapport publié par l'organisation Oxfam aujourd'hui, pour chaque nouveau milliardaire créé pendant la pandémie au rythme d'un milliardaire toutes les 30 heures, près d'un million de personnes pourraient basculer dans la pauvreté extrême en 2022, à un rythme quasiment identique. Quand la souffrance rapporte gros est publié alors que le Forum économique mondial (qui réunit la crème de l'élite mondiale à Davos) a lieu pour la première fois en personne depuis la pandémie de COVID-19, une période pendant laquelle les milliardaires ont vu leur fortune exploser. 

« Les milliardaires arrivent à Davos pour célébrer la hausse extraordinaire de leur fortune. La pandémie, et maintenant la flambée des prix des denrées alimentaires et de l'énergie, ont tout bonnement été une aubaine pour eux. En même temps, on observe un recul des progrès réalisés dans la lutte contre la pauvreté extrême au fil des dernières décennies et des millions de personnes sont confrontées à l'augmentation insoutenable du prix à payer pour simplement rester en vie », déclare Gabriela Bucher, directrice générale d'Oxfam International.

Le rapport d'Oxfam montre que 573 personnes sont devenues milliardaires pendant la pandémie, au rythme d'un milliardaire toutes les 30 heures. Nous estimons que 263 millions de personnes supplémentaires pourraient basculer dans la pauvreté extrême cette année, au rythme d'un million de personnes toutes les 33 heures.

La fortune des milliardaires a augmenté davantage en 24 mois de pandémie qu'en 23 années cumulées. La richesse totale des milliardaires équivaut désormais à 13,9 % du PIB mondial. Ce pourcentage a triplé depuis 2000 (où il était de 4,4 %). 

« La fortune des milliardaires n'a pas augmenté parce qu'ils sont plus intelligents ou travaillent plus dur. Les travailleurs et les travailleuses travaillent plus dur, pour des salaires moindres et dans des conditions plus précaires. Cela fait des dizaines d'années que les plus riches manipulent le système en toute impunité et ils en récoltent maintenant les bénéfices. Ils se sont emparés d'une part révoltante des richesses mondiales par le biais de privatisations et de monopoles, en saccageant les régulations et les droits des travailleurs et des travailleuses et en dissimulant leur argent dans des paradis fiscaux, le tout avec la complicité des gouvernements », ajoute Mme Bucher. 

« En parallèle, des millions de personnes sautent des repas, éteignent le chauffage, ne parviennent plus à payer leurs factures et se demandent comment diable survivre. Chaque minute qui passe en Afrique de l'Est, une personne risque de mourir de faim. Ces inégalités grotesques brisent les liens qui nous unissent en tant qu'humanité. Elles sont clivantes, corrosives et dangereuses. Les inégalités tuent. »

Les derniers travaux de recherche d'Oxfam révèlent par ailleurs que les entreprises des secteurs pharmaceutique, de l'énergie et de l'agroalimentaire (dans lesquels les monopoles sont monnaie courante) engrangent des profits records, alors que les salaires ont à peine évolué et que les travailleurs et travailleuses font difficilement face à des prix jamais vus depuis plusieurs dizaines d'années, le tout en pleine pandémie de COVID-19. La richesse des milliardaires des secteurs de l'agroalimentaire et de l'énergie a augmenté de 453 milliards de dollars ces deux dernières années, soit 1 milliard tous les deux jours. Cinq des plus grandes entreprises de ces secteurs (BP, Shell, TotalEnergies, Exxon et Chevron) engrangent ensemble 2 600 dollars de profit par seconde. Il y a désormais 62 nouveaux milliardaires dans le secteur de l'agroalimentaire. 

Aux côtés de seulement trois autres entreprises, la famille Cargill contrôle 70 % du marché agricole mondial. L'année dernière, Cargill a enregistré les bénéfices les plus importants de son histoire (avec un revenu net de 5 milliards de dollars) et l'entreprise devrait battre ce record à nouveau en 2022. À elle seule, la famille Cargill compte 12 milliardaires. Ils étaient 8 avant la pandémie.

Du Sri Lanka au Soudan, les hausses records des prix des denrées alimentaires engendrent des bouleversements sociaux et politiques. 60 % des pays à faible revenu sont au bord du surendettement. Alors que l'inflation gonfle partout, l'augmentation des prix est particulièrement dévastatrice pour les travailleurs et travailleuses à bas salaire dont la santé et les moyens de subsistance étaient déjà vulnérables face à la COVID-19. Cela concerne en particulier les femmes et les personnes racisées et marginalisées. Les populations des pays les plus pauvres dépensent dans l'alimentation une part de leurs revenus deux fois plus élevée que celles des pays riches.

  • Aujourd'hui, 2 668 milliardaires (573 de plus qu'en 2020) détiennent 12 700 milliards de dollars, une augmentation de 3 780 milliards de dollars. 
  • Les dix hommes les plus riches du monde possèdent plus de richesses que les 40 % les plus pauvres de l'humanité, soit 3,1 milliards de personnes.
  • Les 20 milliardaires les plus riches valent à eux seuls plus que le PIB de l'Afrique subsaharienne.
  • Un travailleur ou une travailleuse parmi les 50 % les plus pauvres devrait travailler 112 ans pour gagner ce qu'empoche chaque année une personne parmi les 1 % les plus riches.
  • En Amérique latine et dans les Caraïbes, l'informalité élevée et la lourde charge de travail de soin non rémunéré ont extrait 4 millions de femmes de la population active. Aux États-Unis, la moitié des femmes racisées au sein de la population active gagnent moins de 15 dollars de l'heure.


La pandémie a fait émerger 40 nouveaux milliardaires dans le secteur pharmaceutique. Les géants pharmaceutiques comme Moderna et Pfizer empochent 1 000 dollars de bénéfices par seconde grâce à leur monopole sur le vaccin contre la COVID-19, en dépit du fait que son développement a été financé par des milliards de dollars d'investissements publics. Ces géants demandent aux gouvernements jusqu'à 24 fois le coût potentiel de production d'un générique. Dans les pays à faible revenu, 87 % de la population ne dispose pas encore de son schéma vaccinal complet.

« Les extrêmement riches et puissants profitent de la douleur et de la souffrance. C'est inadmissible. Certains se sont enrichis en refusant à des milliards de personnes l'accès au vaccin, d'autres en exploitant la hausse des prix des denrées alimentaires et de l'énergie. Ils versent des bonus et des dividendes colossaux tout en payant le moins d'impôts possible. L'augmentation de la richesse et l'augmentation de la pauvreté sont indissociables. Elles prouvent que notre système économique fonctionne exactement tel que les personnes riches et puissantes l'ont voulu », affirme Mme Bucher. 

« Après plus de deux ans de pandémie ayant entraîné plus de 20 millions de décès estimés et une destruction économique généralisée, les responsables politiques présent·es à Davos doivent choisir : agir en tant que mandataires des milliardaires qui pillent leurs économies, ou prendre des mesures ambitieuses dans l'intérêt de la vaste majorité. Une mesure par-dessus tout, faisant sens sur le plan économique, pourrait donner le ton : les gouvernements finiront-ils enfin par taxer la richesse des milliardaires ?

Oxfam adresse les recommandations suivantes aux gouvernements :
 

  • Introduire des impôts exceptionnels de solidarité sur les richesses amassées pendant la pandémie par les milliardaires afin de financer le soutien aux personnes confrontées à la hausse des prix des denrées alimentaires et de l'énergie, ainsi qu'un relèvement durable après la pandémie. L'Argentine a adopté un impôt solidaire provisoire baptisé « la taxe des milliardaires » et envisage à présent un impôt sur les bénéfices exceptionnels dans le secteur de l'énergie ainsi qu'un impôt sur les actifs non déclarés détenus à l'étranger afin de rembourser la dette contractée auprès du FMI. Les plus riches ont dissimulé près de 8 000 milliards de dollars dans les paradis fiscaux.
     
  • Empêcher quiconque de profiter des crises en introduisant un impôt sur les bénéfices excédentaires de 90 % afin de récupérer les bénéfices exceptionnels des grandes entreprises, toutes industries confondues. Selon les estimations d'Oxfam, un tel impôt sur seulement 32 multinationales extrêmement prospères aurait pu générer 104 milliards de dollars de recettes en 2020.
     
  • Mettre en place des impôts permanents sur la fortune afin de réguler l'extrême richesse et le pouvoir monopolistique, ainsi que les émissions de carbone démesurées des plus riches. Un impôt annuel sur la fortune des millionnaires à partir de seulement 2 %, et de 5 % pour les milliardaires, pourrait générer 2 520 milliards de dollars par an, suffisamment pour sortir 2,3 milliards de personnes de la pauvreté, produire suffisamment de vaccins pour l'ensemble de la population mondiale et fournir une protection sociale et de santé universelles aux personnes vivant dans les pays à revenu faible et intermédiaire.
     

Notes aux rédactions

Vous pouvez télécharger le rapport Quand la souffrance rapporte gros et la méthodologie (en anglais) expliquant les calculs d'Oxfam pour les statistiques présentées dans le rapport.

Les calculs d’Oxfam sont fondés sur les données les plus complètes et les plus actuelles disponibles. Les données sur les personnes les plus fortunées de la société proviennent du classement des milliardaires de Forbes.
 
Toutes les sommes sont exprimées en dollars des États-Unis et, le cas échéant, ont été ajustées en utilisant le taux d'inflation de l'indice des prix à la consommation des États-Unis.

La Banque mondiale fixe l'extrême pauvreté au seuil de moins de 1,90 dollar par jour.

Selon les estimations d'Oxfam et de Save the Children, une personne meurt probablement de faim toutes les 48 secondes en Éthiopie, au Kenya et en Somalie, des pays ravagés par la sécheresse.

La moitié des femmes noires au sein de la population active aux États-Unis gagnent moins de 15 dollars de l'heure. Cela ne suffit pas à couvrir le coût de la vie pour la plupart des ménages et pousse des millions de familles aux États-Unis sous le seuil de pauvreté.

Selon Gabriel Zucman, les personnes extrêmement riches ont dissimulé près de 8 000 milliards de dollars dans des paradis fiscaux.
 

Contact

Annie Thériault au Pérou | annie.theriault@oxfam.org | +51 936 307 990
Belinda Torres-Leclercq en Belgique | belinda.torres-leclercq@oxfam.org | +32 (0) 472 55 34 43

Pour plus d'informations, veuillez suivre @NewsFromOxfam and @Oxfam 


Source : https://www.oxfam.org/fr/communiques-presse/la-pandemie-fait-emerger-un-nouveau-milliardaire-toutes-les-30-heures-alors-quun

La revue de presse du jeudi 26 mai


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mercredi 25 mai 2022

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QUAND (la) BUSH PARLE TROP - LE MÉDIAMENSONGE DU JOUR - N°6


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Guerres : ça chauffe

Source : https://www.chroniquesdugrandjeu.com/2022/05/ca-chauffe.html

Est-ce une poussée de sève naturelle, presque mécanique, après deux années d'anesthésie covidienne ? Toujours est-il que le planisphère géopolitique commence à s'embraser sérieusement et, sans surprise, la guerre en Ukraine paraît avoir joué le rôle d'élément déclencheur dans cette cascade de dominos.

Pour commencer, un mot sur l'Ukraine justement. Après avoir raté le plan A puis le B, Moscou tente tant bien que mal de mener le C à son terme, à savoir la conquête du Donbass. Ça prend un village, ça traverse une rivière, ça investit un champ de maïs : glorieux succès rêvés par tous les stratèges russes au matin du 24 février à n'en pas douter...

Derrière l'ironie du propos apparaît en filigrane la dégringolade des objectifs d'une guerre que le Kremlin doit bien regretter à présent. Kiev est plus otanisée que jamais, l'empire a pris toutes les dispositions pour faire durer le conflit (40 Mds d'aide alors que le budget militaire russe n'est que de 65 Mds), la Suède et la Finlande risquent fort d'entrer dans l'OTAN (nous y reviendrons) avec en prime le casse-tête d'un nouveau front pour l'ours, Azov a pignon sur rue, le Nord Stream II est enterré, les routes de la Soie sont quasiment à l'arrêt et même Loukachenko semble mal à l'aise. N'en jetez plus !

Dans cet amoncellement de revers émerge toutefois la possibilité de repasser du plan C au plan B, une fois encerclée la bonne moitié de l'armée ukrainienne qui est présente sur les lignes de front du Donbass. Si les Russes finissent par percer et créer un grand kotel, les choses pourraient dégénérer très vite pour Kiev. D'où, peut-être, la récente et curieuse sortie de l'acteur-président parlant prudemment de négociation.

Les yeux du monde braqués sur l'est européen, le sultan (qui ne perd jamais le nord quant à lui) en a profité pour revenir sur le devant de la scène et faire monter les enchères. Un énième chantage, cette fois vis-à-vis de l'entrée de Stockholm et Helsinki dans l'OTAN : Cessez vos relations avec les Kurdes et levez l'embargo sur les armes.

Embrayant sans tarder, le voilà qui annonce une opération en Syrie du nord pour créer ce dont il rêve depuis toujours et qu'il avait raté il y a deux ans et demi : sa fameuse zone tampon de 30 km pour séparer PKK et YPG.

Après une brumeuse partie de billard à cinq bandes (USA, Russie, Turquie, Assad, les Kurdes), ces plans grandioses avaient, à l'époque, accouché d'une souris désertique entre Tell Abyad et Ras al-Ain :

Au Nord, l'aventure ottomane est terminée. L'accord de Sochi concocté par Vladimirovitch donne ses premiers fruits. Le cessez-le-feu est globalement respecté et les Kurdes, après deux jours d'hésitation, ont accepté le plan et commencé à battre en retraite de la frontière. Ils sont remplacés par l'armée syrienne qui se déploie à vitesse grand V pour contenir toute avance future des Turcs.

A l'Ouest...

au Sud...

et à l'Est...

Game over, sultan, tu n'iras pas plus loin. Erdogan pourra toujours s'amuser avec ses quelques arpents de sable entre Tell Abyad et Ras al-Ain mais l'aventure s'arrête là. Les Kurdes sont sauvés et les loyalistes remettent la main sur une frontière qu'ils avaient quittée il y a des années.

Trente mois plus tard, il remet ça. Sauf qu'il a maintenant en face de lui, non plus seulement les YPG mais aussi l'armée syrienne, les Russes et même, toujours présents, les Américains.

Moscou a immédiatement renforcé sa présence dans la zone de même que les Syriens. Très désireux d'accueillir les Scandinaves dans l'OTAN, tonton Sam ne veut évidemment pas se mettre Erdogan à dos en ce moment et tente de maintenir un fragile équilibre ; il n'en pense pas moins et semble d'ailleurs redéployer lui aussi ses troupes dans le Rojava.

Le sultan possède un moyen de pression à la fois sur les Américains (Finlande et Suède) et les Russes (livraisons d'armes à l'Ukraine) mais ce ne sera sans doute pas suffisant pour obtenir des concessions, d'autant que Kurdes et loyalistes sont là pour pousser leur parrain respectif. Ankara va-t-elle quand même franchir le Rubicon ? Réponse au prochain épisode...

A l'instar de son cousin climatique, le réchauffement géopolitique est global et touche également l'Extrême-Orient. Nous en étions restés à l'affaire des Salomon mais, depuis, trois élections ont eu lieu dans la région.

En Australie, le parti travailliste revient au pouvoir. Historiquement, il est moins soumis aux desiderata impériaux que son homologue conservateur même si rien n'est jamais simple Down Under, comme l'expliquait votre serviteur dans son opus :

Le pays des kangourous est, avec le Royaume-Uni, le Canada et la Nouvelle-Zélande, membre du Five Eyes mis en place par les États-Unis. On sait depuis Snowden et d’autres lanceurs d’alerte que cet inquiétant réseau de surveillance, à la connotation très anglo-saxonne, espionne la vie quotidienne de milliards de personnes. Que l’Australie en fasse partie n’est pas tout à fait une surprise tant son noyautage par le cousin américain est ancien. De la Corée à l’Irak en passant par le Viêtnam, Canberra n’a d’ailleurs jamais manqué de participer à toutes les guerres états-uniennes du XXe siècle. Aussi, quand George W. Bush qualifie en 2003 le pays de « shérif US dans la région », il provoque peut-être un tollé mais n’a en réalité pas tort.

Toutefois, la grande île australe suit également sa propre dynamique et sa vie politique, extrêmement polarisée, est loin d’être monocorde. En 1972, l’élection du travailliste Gough Whitlam envoie des ondes de choc à travers le Pacifique. Le nouveau Premier ministre remet en cause la soumission australienne, prétend rejoindre le bloc des pays non-alignés et envisage de fermer la station d’écoute américaine de Pine Gap faisant partie du réseau Échelon. La fébrilité gagne les esprits à Washington, traumatisés par ces dangereuses déviances. La CIA, qui avait infiltré l’establishment politique, médiatique, économique et sécuritaire australien, organise alors un véritable putsch institutionnel qui destitue Whitlam en 1975.

En 2008, un autre travailliste, Kevin Rudd, arrive au pouvoir et retire résolument l’Australie du QUAD, signant l’arrêt de mort de l’embryon d’alliance. Son successeur, Julia Gillard, pourtant du même parti, la réintègre en 2010 pour le plus grand bonheur du système politico-médiatique du pays.

Bien que certains commencent à disséquer les signaux du nouveau gouvernement ou échafauder des prévisions, il est encore trop tôt pour dire si Canberra va effectuer un virage dans sa politique étrangère.

On ne se pose plus cette question en Corée du sud où Moon a été battu par Yoon. Une petite lettre de différence mais un gouffre géopolitique. Le parti conservateur dont est issu le nouveau président est traditionnellement beaucoup plus proche de Washington, ce qui se traduira très vraisemblablement par une position plus ferme de Séoul vis-à-vis de Pékin (avec arrivé de quelques THAAD supplémentaires ?)

Situation inverse aux Philippines où, en l'absence de Duterte qui ne pouvait constitutionnellement se représenter, Marcos junior a été plébiscité. Or le bonhomme ne cache pas un penchant certain pour le dragon, ce qui n'est évidemment pas du goût de qui vous savez.

Car, dans l'encerclement de l'Eurasie, les Philippines sont la clé du sud-est :

Il fait même partie d'un réseau de containment mis en place par les États-Unis dans les années 50 : l'Island chain strategy ou, en bon français, stratégie des chaînes d'îles. Si ce fait est très peu connu en Europe et n'est jamais évoqué dans les médias, même les moins mauvais, il occupe pourtant les pensées des amiraux chinois et américains ainsi que les états-majors de tous les pays de la région ou les publications spécialisées (tag spécial dans The Diplomat, revue japonaise par ailleurs très favorable à l'empire).

Que le domino philippin tombe et c'est la première chaîne qui est sérieusement ébréchée. La deuxième ligne étant plus virtuelle (car uniquement maritime, sans armature terrestre véritable), c'est le Pacifique, donc les côtes américaines, qui s'ouvrent partiellement à la Chine.

Une clé du sud-est qui ouvre sur le grand océan, notamment sur les fameuses îles Salomon, très en vue en ce moment et où le Premier ministre chinois est attendu pour parapher les accords qui donnent tant de sueurs froides au QUAD...

Est-ce tout à fait un hasard si c'est le moment que choisit Biden pour faire une sortie aventureuse, affirmant que les États-Unis protégeraient Taïwan (voisine des Philippines) en cas d'attaque chinoise ?

Avec Joe l'Indien, il est toujours difficile de faire la part des choses entre avertissement réel et remarque sénile, mais cette saillie a poussé le vénérable Kissinger (98 ans et encore toute sa tête, lui) à recadrer les choses et, surtout, la porte-parole de la Maison blanche à désavouer une nouvelle fois son propre président. Toutefois le doute s'est maintenant subrepticement installé dans les esprits.

Dans ce contexte éruptif, des bombardiers russes et chinois viennent de faire un peu de provoc' lors d'exercices militaires communs, en volant lascivement autour du Japon en plein sommet... du QUAD !

 

Guerre en Ukraine: vers la rupture définitive Russie-Occident ? J.Baud et G.Mettan répondent.


 Dialogue Franco-Russe

Y-a-t-il encore un espoir de réconciliation entre la #Russie et l'#Occident? Nos experts donnent leur avis. Jacques #Baud - ex-membre du renseignement stratégique suisse, il a été partie prenante des négociations après la chute de l’URSS et a suivi de près la révolution de Maïdan en 2014, il est l’auteur de “Poutine, maître du jeu ?” aux éditions Max Milo Guy Mettan - Journaliste et écrivain, ex-rédacteur en chef de la «Tribune de Genève» et spécialiste de la Russie; auteur de plusieurs ouvrages : «Russie-Occident: une guerre de mille ans» (Editions des Syrtes), 2015 ;'' Le continent perdu : Plaidoyer pour une Europe démocratique et souveraine, Éditions des Syrtes, 2019''; "La tyrannie du Bien , également aux Editions des #Syrtes Irina Dubois- responsable du Dialogue Franco-Russe, modératrice

Stop à la diabolisation ! Le Préfet manipule les élections par les nuanciers politiques.

"Je ne suis pas d'extrême droite et je ne le serai jamais (...) le seul fascisme, c'est le fascisme néo-libéral (...) planté par Macron (...) C'est un eugéniste." 


 

Cette guerre qui vient avec Xavier Moreau et Alexandre Juving Brunet


 LE PEUPLE DE FRANCE - TV

Tordons le cou à la doxa mondialiste sur cette guerre, ses buts, ses issues et sa situation actuelle réelle !

samedi 21 mai 2022

On n'est pas dans la merde...


 


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