"Il n'existe rien de constant si ce n'est le changement" BOUDDHA; Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots." MARTIN LUTHER-KING; "Veux-tu apprendre à bien vivre, apprends auparavant à bien mourir." CONFUCIUS ; « Nous savons qu’ils mentent, ils savent aussi qu’ils mentent, ils savent que nous savons qu’ils mentent, nous savons aussi qu’ils savent que nous savons, et pourtant ils continuent à mentir ». SOLJENITSYNE
samedi 28 mars 2020
Dominique Bourg à propos du coronavirus : par rapport à ce qui nous attend avec le climat, c'est peanuts !
"On ne veut réagir que lorsqu'on est confrontés à des enjeux immédiats ce qui par rapport aux questions écologiques n'a aucun sens (...) en 2040 (...) dans les tropiques (...) on aura déjà plusieurs journées où la température et l'humidité sont telles qu'on ne peut plus évacuer la chaleur de notre corps et donc en 7 à 8 min on meurt quel que soit son état de santé "
Nous disposons d'un moment exceptionnel pour amorcer des politiques de transition qui rompent avec des politiques néolibérales d'une stupidité sans nom.
Retour du souverainisme, retour des quotas.
vendredi 27 mars 2020
Boris Cyrulnik: «Après l'épidémie, il y aura une explosion de relations»
Confiné dans sa maison au bord de la mer, près de Toulon, le psychiatre français Boris Cyrulnik, 82 ans, l’inventeur du concept de résilience, analyse l’épidémie qui frappe le monde entier. Une crise effrayante qui pourrait toutefois, selon lui, amener un nouveau souffle d’humanité et d’amour romantique. Interview par téléphone.
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- Avec ce coronavirus, l’humanité renoue avec les grandes peurs du passé. C’est le retour de l’angoisse existentielle?
- Boris Cyrulnik: Ce n’est pas une angoisse, c’est une vraie peur. La peur a un objet: c’est un lion, c’est un ennemi, c’est le volcan qui explose. L’angoisse, c’est une sensation: c’est la sensation que la mort va arriver, mais qu’on ne sait pas d’où. Cette fois, on a un ennemi invisible. Pour les scientifiques, le coronavirus est une peur ciblée, en l’occurrence un virus comme il y en a eu beaucoup au Moyen Age, comme le bacille du choléra ou de la peste noire. Mais pour les citoyens qui visualisent mal ce qu’est un virus, c’est sans doute une peur plus diffuse, voire une angoisse, car ils ne savent pas d’où la mort va venir.
- Boris Cyrulnik: Ce n’est pas une angoisse, c’est une vraie peur. La peur a un objet: c’est un lion, c’est un ennemi, c’est le volcan qui explose. L’angoisse, c’est une sensation: c’est la sensation que la mort va arriver, mais qu’on ne sait pas d’où. Cette fois, on a un ennemi invisible. Pour les scientifiques, le coronavirus est une peur ciblée, en l’occurrence un virus comme il y en a eu beaucoup au Moyen Age, comme le bacille du choléra ou de la peste noire. Mais pour les citoyens qui visualisent mal ce qu’est un virus, c’est sans doute une peur plus diffuse, voire une angoisse, car ils ne savent pas d’où la mort va venir.
- Ce virus, c’est le retour de la peste?
- Oui, c’est exactement cela! Quand la peste est arrivée à Marseille, en 1348, les gens ne savaient pas pourquoi ils avaient le choléra et pourquoi ils mouraient. Ils ne savaient pas que c’était un bacille qui les faisait mourir. Pour eux, c’était quelque chose d’inconnu, ils voyaient la mort sans en connaître l’origine. Donc ils fuyaient Marseille, ils montaient vers le nord et, parmi eux, certains transportaient le choléra. Résultat: deux ans après, en 1350, un Européen sur deux était mort.
- Oui, c’est exactement cela! Quand la peste est arrivée à Marseille, en 1348, les gens ne savaient pas pourquoi ils avaient le choléra et pourquoi ils mouraient. Ils ne savaient pas que c’était un bacille qui les faisait mourir. Pour eux, c’était quelque chose d’inconnu, ils voyaient la mort sans en connaître l’origine. Donc ils fuyaient Marseille, ils montaient vers le nord et, parmi eux, certains transportaient le choléra. Résultat: deux ans après, en 1350, un Européen sur deux était mort.
- Partir le plus vite et le plus loin possible, c’est un réflexe de survie?
- C’est la réaction de panique, la réponse instinctive à la peur de la mort. Mais les scientifiques le disent aujourd’hui: surtout, ne vous déplacez pas.
- C’est la réaction de panique, la réponse instinctive à la peur de la mort. Mais les scientifiques le disent aujourd’hui: surtout, ne vous déplacez pas.
- L’humanité se redécouvre soudain terriblement vulnérable.
- La modernité nous rend de plus en plus vulnérables. Elle améliore les conditions matérielles, mais elle crée des problèmes qu’on ne contrôle pas. C’est vrai par exemple pour les écrans, qui améliorent incroyablement notre communication, mais qui détruisent nos relations affectives et notre psychisme. C’est vrai pour l’espérance de vie, qui augmente grâce à nos progrès techniques, alors que les maladies dégénératives, les cancers, les infarctus augmentent sans cesse. Le coronavirus est un nouveau signe de notre vulnérabilité.
- La modernité nous rend de plus en plus vulnérables. Elle améliore les conditions matérielles, mais elle crée des problèmes qu’on ne contrôle pas. C’est vrai par exemple pour les écrans, qui améliorent incroyablement notre communication, mais qui détruisent nos relations affectives et notre psychisme. C’est vrai pour l’espérance de vie, qui augmente grâce à nos progrès techniques, alors que les maladies dégénératives, les cancers, les infarctus augmentent sans cesse. Le coronavirus est un nouveau signe de notre vulnérabilité.
- Comment va-t-on vivre le confinement? Comme un emprisonnement ou comme des vacances bienvenues?
- Au début, les premiers jours, ça va être une pause, mais au bout de quelques jours, le confinement, ça va être l’ennui. Et l’ennui, on va chercher à le rompre par tous les moyens, par les écrans, par le téléphone, par des créations inattendues. On commence déjà à voir des gens qui proposent des solidarités, qui offrent de faire les courses pour des personnes âgées ou de sortir le chien, on voit déjà se mettre en place des mécanismes d’entraide pour lutter à la fois contre l’ennui et contre ce danger invisible qu’est le virus.
- Au début, les premiers jours, ça va être une pause, mais au bout de quelques jours, le confinement, ça va être l’ennui. Et l’ennui, on va chercher à le rompre par tous les moyens, par les écrans, par le téléphone, par des créations inattendues. On commence déjà à voir des gens qui proposent des solidarités, qui offrent de faire les courses pour des personnes âgées ou de sortir le chien, on voit déjà se mettre en place des mécanismes d’entraide pour lutter à la fois contre l’ennui et contre ce danger invisible qu’est le virus.
>> Voir notre liste des initiatives d'entraide et solidarité de proximité

DIDIER MARTENET
- La société évolue vers davantage de solidarité ou de chacun pour soi?
- Lors de chaque crise, que ce soit une crise naturelle – incendie, inondation, épidémie – ou une crise culturelle – effondrement économique, guerre –, on assiste à un changement de culture. C’est ce qui va aussi se passer dans quelques semaines, après beaucoup d’ennui, après beaucoup de morts, beaucoup de ruines, beaucoup de souffrances. De nombreuses entreprises vont être ruinées, les librairies, par exemple, ont déjà toutes fermé. Amazon vient de créer 100 000 emplois, surpayés. Quand le virus sera fini, un grand nombre de ces librairies ruinées, avec des milliers d’employés au chômage, ne vont pas pouvoir rouvrir. Ce sera la même chose dans tous les domaines.
- Lors de chaque crise, que ce soit une crise naturelle – incendie, inondation, épidémie – ou une crise culturelle – effondrement économique, guerre –, on assiste à un changement de culture. C’est ce qui va aussi se passer dans quelques semaines, après beaucoup d’ennui, après beaucoup de morts, beaucoup de ruines, beaucoup de souffrances. De nombreuses entreprises vont être ruinées, les librairies, par exemple, ont déjà toutes fermé. Amazon vient de créer 100 000 emplois, surpayés. Quand le virus sera fini, un grand nombre de ces librairies ruinées, avec des milliers d’employés au chômage, ne vont pas pouvoir rouvrir. Ce sera la même chose dans tous les domaines.
- Après l’épidémie, la société sera abattue ou fortifiée par l’épreuve?
- Cela dépendra du résultat de l’épidémie. Si l’on s’est bien confinés, il n’y aura que – je ne sais pas, je vais inventer un chiffre – 20 000 ou 100 000 morts, mais si l’on s’est mal confinés, il y aura des millions de morts. Dans les deux cas, on va être touchés par le malheur qui arrive aux autres et on inventera finalement une nouvelle culture, plus humaine et plus respectueuse.
- Cela dépendra du résultat de l’épidémie. Si l’on s’est bien confinés, il n’y aura que – je ne sais pas, je vais inventer un chiffre – 20 000 ou 100 000 morts, mais si l’on s’est mal confinés, il y aura des millions de morts. Dans les deux cas, on va être touchés par le malheur qui arrive aux autres et on inventera finalement une nouvelle culture, plus humaine et plus respectueuse.
>> Lire une autre interview de Boris Cyrulnik: «L'apocalypse nous fait vivre»
- Le confinement est liberticide: avoir un permis pour sortir dans la rue, c’est monstrueux!
- Je pense que la contrainte est sécurisante, c’est l’inconnu qui est angoissant. On dit aux gens: «Si vous sortez avec un permis, si vous restez chez vous, si vous vous lavez les mains, si vous éternuez dans votre coude, etc., vous augmentez vos chances de survie.» On leur donne un code de survie. Les gens vont s’appliquer à le respecter et ça va créer en eux l’espoir de survie. On voit que dans les sociétés libres et faciles, comme les sociétés européennes, il y a beaucoup de suicides, parce que les gens n’ont plus de code. L’interdit est une structure affective sécurisante, l’interdit n’est pas l’empêchement. L’empêchement, c’est la dictature, où l’on n’a le droit de rien faire.
- Je pense que la contrainte est sécurisante, c’est l’inconnu qui est angoissant. On dit aux gens: «Si vous sortez avec un permis, si vous restez chez vous, si vous vous lavez les mains, si vous éternuez dans votre coude, etc., vous augmentez vos chances de survie.» On leur donne un code de survie. Les gens vont s’appliquer à le respecter et ça va créer en eux l’espoir de survie. On voit que dans les sociétés libres et faciles, comme les sociétés européennes, il y a beaucoup de suicides, parce que les gens n’ont plus de code. L’interdit est une structure affective sécurisante, l’interdit n’est pas l’empêchement. L’empêchement, c’est la dictature, où l’on n’a le droit de rien faire.
- Le confinement est quand même une prison.
- Oui, mais on est obligés de le faire. De toute façon, nos sociétés sont devenues anxieuses parce qu’il n’y a plus assez de règles pour vivre ensemble et que l’individualisme s’est développé de manière extrême. Donc on a vu réapparaître la violence sous toutes ses formes, la violence des viols, la violence entre les bandes, la violence gratuite. Quand je travaillais comme psychiatre praticien, j’avais beaucoup de gamins très délinquants qui se bagarraient tout le temps, qui volaient, qui ne respectaient rien et qui étaient très malheureux. A côté de La Seyne-sur-Mer, où j’habite, près de Toulon, il y avait la Légion étrangère. Ces jeunes étaient tellement malheureux que, très souvent, ils s’engageaient soit dans l’armée, soit dans la police, soit dans la Légion étrangère. Dans la Légion étrangère, il y a un code que je trouve d’une férocité incroyable. Eh bien, ces gars-là étaient sécurisés par ce code féroce. Ils acceptaient ce code, ils étaient heureux et quand ils prenaient leur retraite – à la Légion, c’est vers 32 ou 33 ans –, ils se remettaient alors à déprimer et à se suicider.
- Oui, mais on est obligés de le faire. De toute façon, nos sociétés sont devenues anxieuses parce qu’il n’y a plus assez de règles pour vivre ensemble et que l’individualisme s’est développé de manière extrême. Donc on a vu réapparaître la violence sous toutes ses formes, la violence des viols, la violence entre les bandes, la violence gratuite. Quand je travaillais comme psychiatre praticien, j’avais beaucoup de gamins très délinquants qui se bagarraient tout le temps, qui volaient, qui ne respectaient rien et qui étaient très malheureux. A côté de La Seyne-sur-Mer, où j’habite, près de Toulon, il y avait la Légion étrangère. Ces jeunes étaient tellement malheureux que, très souvent, ils s’engageaient soit dans l’armée, soit dans la police, soit dans la Légion étrangère. Dans la Légion étrangère, il y a un code que je trouve d’une férocité incroyable. Eh bien, ces gars-là étaient sécurisés par ce code féroce. Ils acceptaient ce code, ils étaient heureux et quand ils prenaient leur retraite – à la Légion, c’est vers 32 ou 33 ans –, ils se remettaient alors à déprimer et à se suicider.
- Le plus dur dans le confinement, c’est l’absence de contacts humains?

DIDIER MARTENET
- Bien sûr, mais on avait déjà de moins en moins de contacts humains avant l’épidémie.
L’écran, qui améliore la communication, altère les relations humaines. Quand on communique par écran ou par SMS, comme le font les jeunes, la relation humaine se dégrade, elle s’abîme. J’ai vu que 40% des adolescents ne répondent pas au téléphone quand ils voient que ce sont leurs parents qui les appellent, mais ils disent qu’ils aiment leurs parents. Ils les aiment, mais il n’y a plus de relations avec eux. Je pense qu’après l’épidémie, il va y avoir une explosion de relations, d’associations, de lieux de dialogue.
- Pour supporter le confinement, les Italiens chantent sur leur balcon. C’est une bonne réponse?
- Pendant les épidémies du Moyen Age, 1348, 1720, il y avait différentes réactions. Il y avait ceux qui, en mourant, remerciaient Dieu. Après le tremblement de terre à Haïti, en 2010, j’ai encore vu des processions, des gens habillés en blanc avec des flambeaux, qui chantaient: «Merci mon Dieu de nous avoir envoyé le tremblement de terre pour nous faire comprendre qu’on ne te vénérait pas assez. Grâce à cette tragédie, on va t’aimer encore davantage.» Deux cent cinquante mille morts en une minute, merci mon Dieu! Et il y a aussi d’autres types de réactions que l’on a observées dans l’histoire, comme ces gens qui, pendant les épidémies de peste en Provence, faisaient des bacchanales, se saoulaient, avaient des relations sexuelles sans frein, dansaient avant de mourir. On a eu la même chose au moment de la Terreur, pendant la Révolution française, où il y avait tellement de gens qui attendaient la mort qu’on avait des relations sexuelles n’importe où et avec n’importe qui.
- Comme on ne peut plus sortir de chez soi, ça va créer plutôt une misère sexuelle.
- Pour l’instant, oui, mais ça va créer aussi un besoin sexuel plus large et ça va réanimer une forme de rêve sexuel. Le confinement va provoquer un rêve d’attachement et non plus une sexualité débridée. La sexualité va redevenir romantique, alors que depuis quelques années, c’était une sexualité de tromblon, une sexualité qui avait perdu tout cet aspect de tendresse. On va redécouvrir l’attachement, le prince charmant, la femme de ses rêves… Et quand tout va redémarrer, on va redécouvrir les liens d’affection dans les couples et dans les familles.
- Pour l’instant, oui, mais ça va créer aussi un besoin sexuel plus large et ça va réanimer une forme de rêve sexuel. Le confinement va provoquer un rêve d’attachement et non plus une sexualité débridée. La sexualité va redevenir romantique, alors que depuis quelques années, c’était une sexualité de tromblon, une sexualité qui avait perdu tout cet aspect de tendresse. On va redécouvrir l’attachement, le prince charmant, la femme de ses rêves… Et quand tout va redémarrer, on va redécouvrir les liens d’affection dans les couples et dans les familles.
- Pour un couple contraint de vivre ensemble 24 heures sur 24, ça peut stimuler la sexualité?
- Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il y avait le couvre-feu, mais c’était uniquement pendant la nuit, à partir de 18 heures. Les gens sortaient pendant la journée pour aller chercher à manger, mais ils étaient obligés de rester enfermés le soir, il n’y avait pas ou très peu de radios, pas de télévision. Les gens avaient probablement une sexualité bourgeoise, ce n’était pas une sexualité d’aventure mais de tendresse.
- Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il y avait le couvre-feu, mais c’était uniquement pendant la nuit, à partir de 18 heures. Les gens sortaient pendant la journée pour aller chercher à manger, mais ils étaient obligés de rester enfermés le soir, il n’y avait pas ou très peu de radios, pas de télévision. Les gens avaient probablement une sexualité bourgeoise, ce n’était pas une sexualité d’aventure mais de tendresse.
- Certaines études prévoient un baby-boom dans neuf mois.
- C’est vraisemblable, c’est déjà arrivé dans des circonstances comparables. Quand il y a eu des pannes d’électricité géantes aux Etats-Unis pendant plusieurs jours, neuf mois après, il y a eu un pic de naissances.
- C’est vraisemblable, c’est déjà arrivé dans des circonstances comparables. Quand il y a eu des pannes d’électricité géantes aux Etats-Unis pendant plusieurs jours, neuf mois après, il y a eu un pic de naissances.
- Sur le plan familial, le confinement va apaiser ou aggraver les tensions?
- Ça va développer l’attachement. C’est toujours le même principe: quand l’environnement est dangereux, la famille redevient le havre de la protection.
- Ça va développer l’attachement. C’est toujours le même principe: quand l’environnement est dangereux, la famille redevient le havre de la protection.
- Comment tenir cloîtré à la maison?
- Chaque personne trouvera son truc. La guitare, les jeux de société, la lecture, la musique, l’écriture… Chacun va trouver son mécanisme de défense et y prendre un certain plaisir, parce que l’ennui est un très bon stimulant de la créativité.
- Chaque personne trouvera son truc. La guitare, les jeux de société, la lecture, la musique, l’écriture… Chacun va trouver son mécanisme de défense et y prendre un certain plaisir, parce que l’ennui est un très bon stimulant de la créativité.
- Est-ce qu’il y a un plaisir civique à savoir qu’on partage les mêmes difficultés que les autres?

DR
- Oui, ça fait partie des liens de solidarité. Au début des guerres, les gens sont très solidarisés par le fait d’avoir un ennemi commun. Au début de la guerre de 1914, comme de la guerre de 1939, les Français se solidarisaient dans la haine des Boches. Ça n’a pas duré longtemps, mais au début ça a solidarisé l’amour des Français. Il y avait des chansons: «On les aura, on les aura.» Mais quand la guerre a éclaté, c’est le réel qui s’est imposé et là, c’était la catastrophe.
- Dans son discours, la semaine dernière, Emmanuel Macron a dit six fois: «Nous sommes en guerre». Ce genre de discours martial fait du bien?
- Ah oui, parce que ça incite les gens à s’unir. Macron a tout à fait raison, on est en guerre contre le virus. Et pour gagner la guerre, il y a donc ces consignes de confinement qui marchent, puisque les Chinois les ont utilisées et qu’après deux mois, la courbe des malades commence à redescendre chez eux.
- Ah oui, parce que ça incite les gens à s’unir. Macron a tout à fait raison, on est en guerre contre le virus. Et pour gagner la guerre, il y a donc ces consignes de confinement qui marchent, puisque les Chinois les ont utilisées et qu’après deux mois, la courbe des malades commence à redescendre chez eux.
- En Angleterre, il n’y a pas de confinement, les pubs, les restos, les théâtres sont ouverts.
- On saura dans quelques mois quelle était la bonne approche. S’il y a moins de morts en Angleterre qu’en Europe, ce sera la preuve qu’on aura eu tort de faire le confinement. Mais s’il y a plus de morts en Angleterre que dans le reste du monde, eh bien, c’est que Boris Johnson aura été un criminel.
- On saura dans quelques mois quelle était la bonne approche. S’il y a moins de morts en Angleterre qu’en Europe, ce sera la preuve qu’on aura eu tort de faire le confinement. Mais s’il y a plus de morts en Angleterre que dans le reste du monde, eh bien, c’est que Boris Johnson aura été un criminel.
- Il va se retrouver au Tribunal de La Haye?
- J’espère, c’est ce qui l’attend.
- J’espère, c’est ce qui l’attend.
- Vous-même, comment vivez-vous le confinement?
- Le confinement va me libérer des innombrables voyages que j’avais prévus, des innombrables conférences que je devais donner et, du coup, je vais avoir davantage de temps pour la lecture et pour l’écriture. Et comme j’ai un jardin, eh bien, je vais jardiner encore plus.
- Le confinement va me libérer des innombrables voyages que j’avais prévus, des innombrables conférences que je devais donner et, du coup, je vais avoir davantage de temps pour la lecture et pour l’écriture. Et comme j’ai un jardin, eh bien, je vais jardiner encore plus.
>> Lire aussi: «Huit personnalités romandes racontent leur confinement»
- Donc vous vous accommodez du virus?
- Je suis quand même inquiet pour les gens que j’aime et pour moi aussi, car je suis, avec ma femme, dans la tranche d’âge des gens vulnérables. On va respecter le confinement, on y a intérêt! Je m’inquiète aussi pour mes enfants et mes petits-enfants.
- Je suis quand même inquiet pour les gens que j’aime et pour moi aussi, car je suis, avec ma femme, dans la tranche d’âge des gens vulnérables. On va respecter le confinement, on y a intérêt! Je m’inquiète aussi pour mes enfants et mes petits-enfants.
- Vous n’avez pas fait un test pour savoir si vous aviez été en contact avec le virus?
- Non, ça ne sert plus à rien. Maintenant, soit on a un syndrome grippal qui passe tout seul, soit on a un problème qui va nous obliger à aller dans un service de réanimation. Et je fais partie de la tranche d’âge qui risque de ne pas ressortir vivante de ce service de réanimation.
- Non, ça ne sert plus à rien. Maintenant, soit on a un syndrome grippal qui passe tout seul, soit on a un problème qui va nous obliger à aller dans un service de réanimation. Et je fais partie de la tranche d’âge qui risque de ne pas ressortir vivante de ce service de réanimation.
- Vous n’êtes pas particulièrement angoissé par la mort.
- Je vais avoir 83 ans, donc la mort, pour moi, devient proche. Je ne peux qu’y consentir et vivre le mieux possible. Tant que je suis vivant, je ne suis pas mort! Je ne peux qu’essayer de vivre pleinement en attendant.
- Je vais avoir 83 ans, donc la mort, pour moi, devient proche. Je ne peux qu’y consentir et vivre le mieux possible. Tant que je suis vivant, je ne suis pas mort! Je ne peux qu’essayer de vivre pleinement en attendant.
Tatiana Ventôse malade : des nouvelles rassurantes publiées sur son compte FB
MESSAGE - Covid JOUR 8/ - "Ca commence à aller mieux, doucement mais sûrement
:) A priori le danger potentiel est passé, hourra. Les médecins ne sont pas inquiets sur mon état, je vais continuer d'en baver quelques temps mais je sens que c'est quand même de moins en moins violent. J'ai retrouvé l'appétit, bon par contre on va encore attendre avant de se remettre au sport, parce que rien que rigoler et faire 3 étirements de yoga me fatigue et m'essouffle... Mais franchement ça va mieux. Je continue bien sûr de remplir chaque jour les données sur l'appli où mon médecin m'a inscrite et de tenir mes médecins informés. Après, la convalescence c'est toujours plus lent que ce qu'on voudrait.
Merci à tous ceux qui ont pris des nouvelles. Je vous suis d'une infinie reconnaissance. Vos messages de soutien et d'amitié ont contribué pour beaucoup à me garder la tête hors de l'eau ces derniers jours où j'avais l'impression de me noyer (et ce, très littéralement). Vous m'avez donné une force de dingue pour surmonter ça, et je ne peux vous remercier à la hauteur de ce que vous m'avez donné. Je vous envoie via ce post tout mon amour, ma gratitude, et si vous souffrez du même mal mon soutien indéfectible. Si je peux vous renvoyer un peu de la force que vous m'avez communiquée, la voici. Courage à tous.
Cependant, je ne peux pas répondre à tout le monde individuellement pour vous rassurer sur mon état de santé : je reçois des dizaines (centaines) de messages par jour, sur toutes les plateformes possibles, et quand bien même c'est adorable de votre part de vous inquiéter pour moi, je n'arrive pas à suivre, et il faut que je m'occupe de moi et d'aller mieux. Il me faut du repos, et du recul.
C'est pour quoi je serai absente de Facebook, Twitter, Instagram et Youtube pour les prochains jours, et ce, jusqu'à nouvel ordre. C'est l'affaire de quelques jours, mais je n'ai pas envie de donner une date fixe qui, si je ne suis pas revenue ce jour-là, sera l'occasion pour certains de s'inquiéter. Vous avez assez à vous préoccuper en ce moment pour ne pas vous inquiéter pour moi. Sachez simplement que je vais aussi bien que possible, et que je ne suis en aucune manière en danger - en tous cas plus du Covid19 !
Je ne souhaite à personne de vivre cette maladie, pas même à ceux qui portent la responsabilité de l'état de nos hôpitaux et de la gestion de cette crise - dont il faudra qu'on tire des leçons, mais chaque chose en son temps. Je ne le souhaite pas non plus à ceux qui m'accusent de raconter des salades pour avoir de l'attention - comme si j'avais besoin de ça, alors qu'avec ce qui se passe je pourrais faire une vidéo par jour. Peu importe. Ces gens ne comptent pas, je n'ai à me justifier auprès de personne. Mine de rien, depuis 8 jours, ma vision de la réalité s'est radicalement transformée, et certaines choses que je pensais importantes il y a une semaine me paraissent si futiles aujourd'hui. D'autres, que je tenais pour acquises, sont devenues luxes, et je les chéris. En somme, mes priorités ne sont plus les mêmes.
Je ferai peut-être une vidéo pour parler de tout ça tranquillement, quand je serai remise et capable, avant d'enchaîner sur la suite... Je ne vous oublie pas. Je n'abandonne rien. Je pense même que cette séquence a aiguisé un certain sens des réalités et a remis certaines choses sur le droit chemin, en ce qui me concerne.
Je termine par un merci à tous ceux qui donnent leur temps et leur énergie pour nous, pour les malades, pour leurs familles, pour tous ceux qui constituent le pays. Qui mettez vos vies parfois en danger pour faire tourner les hôpitaux, la distribution d'énergie, la production de nourriture, la diffusion de l'information. À tous ceux qui se sont mis au service de la France à la mesure de leurs moyens, du citoyen qui va laisser des courses devant la porte de ses voisins âgés, au patron d'entreprise qui met ses ressources au service de la nation en ces temps de crise. À tous ceux qui ont compris quelles étaient les priorités aujourd'hui. On n'oubliera pas. Merci. Beaucoup d'amour à vous." T.V.
Merci à tous ceux qui ont pris des nouvelles. Je vous suis d'une infinie reconnaissance. Vos messages de soutien et d'amitié ont contribué pour beaucoup à me garder la tête hors de l'eau ces derniers jours où j'avais l'impression de me noyer (et ce, très littéralement). Vous m'avez donné une force de dingue pour surmonter ça, et je ne peux vous remercier à la hauteur de ce que vous m'avez donné. Je vous envoie via ce post tout mon amour, ma gratitude, et si vous souffrez du même mal mon soutien indéfectible. Si je peux vous renvoyer un peu de la force que vous m'avez communiquée, la voici. Courage à tous.
Cependant, je ne peux pas répondre à tout le monde individuellement pour vous rassurer sur mon état de santé : je reçois des dizaines (centaines) de messages par jour, sur toutes les plateformes possibles, et quand bien même c'est adorable de votre part de vous inquiéter pour moi, je n'arrive pas à suivre, et il faut que je m'occupe de moi et d'aller mieux. Il me faut du repos, et du recul.
C'est pour quoi je serai absente de Facebook, Twitter, Instagram et Youtube pour les prochains jours, et ce, jusqu'à nouvel ordre. C'est l'affaire de quelques jours, mais je n'ai pas envie de donner une date fixe qui, si je ne suis pas revenue ce jour-là, sera l'occasion pour certains de s'inquiéter. Vous avez assez à vous préoccuper en ce moment pour ne pas vous inquiéter pour moi. Sachez simplement que je vais aussi bien que possible, et que je ne suis en aucune manière en danger - en tous cas plus du Covid19 !
Je ne souhaite à personne de vivre cette maladie, pas même à ceux qui portent la responsabilité de l'état de nos hôpitaux et de la gestion de cette crise - dont il faudra qu'on tire des leçons, mais chaque chose en son temps. Je ne le souhaite pas non plus à ceux qui m'accusent de raconter des salades pour avoir de l'attention - comme si j'avais besoin de ça, alors qu'avec ce qui se passe je pourrais faire une vidéo par jour. Peu importe. Ces gens ne comptent pas, je n'ai à me justifier auprès de personne. Mine de rien, depuis 8 jours, ma vision de la réalité s'est radicalement transformée, et certaines choses que je pensais importantes il y a une semaine me paraissent si futiles aujourd'hui. D'autres, que je tenais pour acquises, sont devenues luxes, et je les chéris. En somme, mes priorités ne sont plus les mêmes.
Je ferai peut-être une vidéo pour parler de tout ça tranquillement, quand je serai remise et capable, avant d'enchaîner sur la suite... Je ne vous oublie pas. Je n'abandonne rien. Je pense même que cette séquence a aiguisé un certain sens des réalités et a remis certaines choses sur le droit chemin, en ce qui me concerne.
Je termine par un merci à tous ceux qui donnent leur temps et leur énergie pour nous, pour les malades, pour leurs familles, pour tous ceux qui constituent le pays. Qui mettez vos vies parfois en danger pour faire tourner les hôpitaux, la distribution d'énergie, la production de nourriture, la diffusion de l'information. À tous ceux qui se sont mis au service de la France à la mesure de leurs moyens, du citoyen qui va laisser des courses devant la porte de ses voisins âgés, au patron d'entreprise qui met ses ressources au service de la nation en ces temps de crise. À tous ceux qui ont compris quelles étaient les priorités aujourd'hui. On n'oubliera pas. Merci. Beaucoup d'amour à vous." T.V.
jeudi 26 mars 2020
Covid-19 : on tient un suspect ! Pour comprendre ce qui cloche dans cette "épidémie"
Ça va, vous tenez le coup dans ce monde devenu fou ? Moi, je vous avoue que la situation commence déjà à me peser. Je n’ai jamais supporté que mes enfants soient tristes, or ma fille aînée m’a confié hier sa tristesse d’avoir assisté à une violente dispute dans un magasin entre trois personnes : l’une d’entre elles avait approché les deux autres à moins d’1,5 m, ce qui ne leur a pas plu du tout ! Voilà où nous conduit cette virophobie démentielle ayant accouché du confinement généralisé. Il faut stopper ce cauchemar au plus vite ! Cette semaine, je pare au plus pressé et je me focalise sur la situation en Italie. Comme le répète invariablement l’infectiologue Didier Raoult dans ses vidéos devenue virales, les pandémies sont une fiction. Ça n’existe pas, ça n’a jamais existé et ça n’existera sans doute jamais. Les flambées épidémiques sont écosystémiques et doivent s’analyser dans leur contexte biotopique. De quel(s) déséquilibre(s) relationnel(s) entre les êtres humains et leur environnement sont-elles la conséquence ? Concernant Wuhan, nous en sommes réduits au jeu des hypothèses. Selon une source que je ne citerai pas encore car je n’ai pas pu la recouper, une pollution majeure suivie d’une vive protestation populaire durement réprimée pourrait avoir été le facteur déclencheur. Mais il faudrait pouvoir longuement enquêter sur place pour étayer cette possibilité. Laissons la Chine de côté puisque, de toute façon, la maladie baptisée Covid-19 et attribuée au coronavirus SARS-Cov2 y a quasiment disparu. Ce qui n’est pas du tout le cas de l’Italie qui a enregistré presque le double de décès avec une population 22 fois inférieure. Comment expliquer une telle tragédie ?Deux observations s’imposent d’emblée. La première, c’est qu’il ne s’agit pas d’une crise frappant l’Italie dans son ensemble, ni même l’Italie du Nord qui compte ¾ des victimes. L’épicentre de l’épidémie italienne se situe plus précisément en Lombardie, région qui s’octroie 2/3 du fromage macabre. C’est impressionnant et ça s’est concrètement traduit par des crématoriums débordés et des colonnes de véhicules militaires emportant les cercueils vers d’autres cimetières que ceux de Bergame et Brescia. Images glaçantes qui parlent mieux que les statistiques. La deuxième chose à noter, c’est que les médias se trompent et nous trompent en affirmant sans cesse que « cette maladie concerne tout le monde ». Selon le rapport officiel du 17 mars de l’Istituto Superiore di Sanità, l’âge moyen des personnes décédées était de 79,5 ans (3 ans de moins que l’espérance de vie à la naissance) et seulement 0,8% des victimes n’avaient pas de pathologies antérieures. Un quart en avait une, un autre quart deux et la moitié trois. Dans l’ordre, les plus fréquentes étaient l’hypertension artérielle, le diabète et les cardiopathies ischémiques. Dans 20% des cas, il y avait présence d’un cancer et dans 13% des cas, celle d’une BPCO (Bronchopneumopathie Chronique Obstructive). Qu’on le veuille ou non, que ça plaise ou non, la Covid-19 fauche très préférentiellement les vieilles personnes déjà très malades. Il n’y a aucun cynisme à constater cette réalité. Si on pense, comme moi, que le virus n’est pas seul en cause, il reste cependant à élucider la surmortalité lombarde. Pollution automobile ? Le trafic à Milan est beaucoup plus intense que dans les villes les plus touchées, et pas plus dantesque que dans d’autres métropoles. Défaillances du système de santé ? Au contraire, données et témoignages indiquent que les infrastructures et le personnel médical sont ce qui se fait de mieux en Italie, pays où les soins sont totalement gratuits. À mon avis, c’est justement l’accès facile à cette offre abondante qui pose question. Dans un de ses ouvrages majeurs (Némésis médicale , 1975), le penseur écologiste Ivan Illich montrait déjà que passé un seuil de développement, la médecine occidentale moderne devient « contre-productive », c’est-dire que ses inconvénients commencent à dépasser ses avantages, ses risques à peser plus lourds que ses bénéfices. Dans le monde industrialisé, l’art de guérir est ainsi devenu celui de nuire à la santé. S’il parvient paradoxalement à repousser l’âge de la mort, c’est au prix d’une morbidité (nombre de malades dans la société) plus répandue.
Vous me voyez venir ? J’insiste en effet sur la composante iatrogénique de la crise sanitaire italienne. Selon le rapport cité plus haut (*), 83 % des patients diagnostiqués, pris en charge et décédés ont reçu des antibiotiques, 52% des médicaments antiviraux et 27% de la cortisone. On peut bien sûr supposer que nombre d’entre eux ont reçu les trois traitements en même temps. Le rapport est muet sur l’usage d’antipyrétiques et d’anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) mais on peut également se douter que ces substances chimiques sapant le pouvoir d’auto-guérison sont employées sans retenue et sans discernement. Selon une de mes amies habitant là-bas et lisant la presse locale, la chloroquine fait aussi partie de l’arsenal médical d’au moins un hôpital. Or si elle est certainement peu nocive (le contraire se saurait puisqu’ on l’emploie depuis plus de 70 ans), la molécule préconisée par le Dr Raoult n’est quand même pas un bonbon pour la toux. Au-delà d’1 g par jour, elle peut mener à l’intoxication et celle-ci est fatale dans 20% des cas. La mise sous oxygène ? Dans une infolettre précédente, je vous ai signalé que cette pratique était loin d’être anodine et qu’elle pouvait sérieusement léser les poumons. Mais savez-vous que la version supérieure de cette technique, le respirateur artificiel, nécessite d’endormir les patients ? L’anesthésie générale, ce n’est pas non plus un geste médical dépourvu de risque létal. En additionnant tous ces facteurs potentiellement iatrogènes, on obtient une explication non négligeable du désastre nord-italien. Toutefois, je vous avoue que je gambergeais pas mal ces deux dernières semaines : même si elle compte pour beaucoup, la iatrogénie subie peu avant ou pendant les soins intensifs ne suffit certainement pas à expliquer l’ampleur du drame en Italie. Il y avait forcément autre chose, mais quoi ?
La semaine dernière, je mentionnais une étude américaine montrant que la vaccination anti-grippale favorise les infections à coronavirus. C’est une pièce importante à verser au dossier mais ça n’explique toujours pas la flambée lombarde. Ailleurs dans le pays et dans plein d’autres pays, ce vaccin inutile et dangereux est conseillé et injecté à de nombreux vieux de plus de 60 ans. Si la valence influenza était si délétère, ça se verrait davantage. J’en étais encore à me creuser la cervelle quand j’ai reçu, il y a deux jours, un article saisissant de Dominique Guillet. Pour ceux qui ne le connaissent pas, cet explorateur de l’univers végétal est le fondateur de l’association française Kokopelli, qui a mené avec succès le combat pour la liberté de commercialiser et d’échanger des semences non inscrites aux catalogues officiels. Entérinée par une décision européenne, cette victoire devrait lui valoir mille fois le prix Nobel alternatif. Quand il ne poursuit pas cette lutte libertaire et qu’il ne rédige pas des monographies sur des plantes alimentaires ou médicinales, Dominique Guillet fait du journalisme citoyen et publie le résultat de ses investigations sur son site internet. Dans le long article qu’il a mis en ligne avant-hier et que vous pouvez lire en cliquant ici, le fouineur amateur (mais néanmoins très pro) révèle une information à mes yeux capitale : en janvier dernier, la Lombardie a été le théâtre d’une grande campagne de vaccination contre les méningocoques. Suite à une mini-épidémie de méningite bactérienne ayant impacté… 6 personnes (avec 2 décès), les autorités régionales ont en effet décidé de vacciner massivement et gratuitement la population. En quelques semaines, plus de 33.000 personnes ont reçu le vaccin. Hier, Dominique m’a envoyé une information supplémentaire tout aussi cruciale : comme vous pouvez le vérifier en cliquant ici la campagne de vaccination était déjà en cours à l’automne 2019 ! Ce détail est essentiel parce c’est aussi en automne qu’est apparue en Lombardie une étrange épidémie de pneumonies bizarres nécessitant des examens radiologiques spéciaux. Vous ne le croyez pas ? Regardez cette séquence télévisée où le professeur Giuseppe Remuzzi, Directeur de l’Institut Mario Negri de Recherches Pharmacologiques de Milan, répond aux questions d’un journaliste plutôt énervé. Incroyable mais vrai, cette interview est passée le 22 mars sur CGTN, chaîne de télévision internationale… chinoise, sorte de Russia Today à la sauce Xi Jinping ! Comme en atteste ce communiqué, la presse chinoise met le paquet sur cette enquête car elle soupçonne le coronavirus d’avoir été importé d’Italie en Chine ! Je m’interroge : comment se fait-il que cette nouvelle sensationnelle n’ait pas encore fait le buzz dans toutes les rédactions du globe ? Si j’ai loupé cet énorme scoop dans l’actualité, merci de me corriger.
En fait, on se fiche un peu de savoir dans quel sens a voyagé un hypothétique virus relativement inoffensif. Ce qui est très important à vérifier, c’est s’il y a un lien entre la vaccination et la multiplication de pneumonies atypiques en Italie. Vous en doutez ? La probabilité est pourtant très élevée. Parmi leurs effets secondaires très pervers, les vaccins ont en effet pour conséquence de modifier l’écologie microbienne. La nature ayant horreur du vide, la niche écologique devenue vacante par l’immunisation artificielle est immédiatement occupée par d’autres espèces de bactéries, plus insidieuses ou plus dangereuses. C’est ainsi que les épidémies de poliomyélite ont surgi dans la foulée de la vaccination massive contre la diphtérie, ou que de nouvelles formes d’hépatite (C,D, E, etc..) sont apparues en rançon des vaccinations contre les formes A et B. Ou encore que les méningites ont gagné en fréquence et en sévérité depuis qu’on les combat vaccinalement. Bien étudié, ce phénomène de « remplacement épidémique » a récemment fait l’objet d’une analyse par le Dr Michel de Lorgeril dans le 5ème livre de sa série « Vaccins et société », celui consacré aux méningites bactériennes. Dès janvier 2012, la revue Néosanté avait lancé l’alerte sur cette catastrophe écolo-sanitaire en publiant un dossier intitulé « Vaccins et microbes : les relations désastreuses », rédigé par notre collaboratrice française Françoise Joët, ex-présidente de l’ALIS (Association Liberté Information Santé). Cet article magistral et toujours actuel est en accès libre sur notre site et vous pouvez le consulter en cliquant ici. Que devrait-on faire maintenant que le suspect vaccin est identifié ? À mon sens, il faudrait d’urgence vérifier le statut vaccinal des décédés italiens et de leurs proches. Le vérifier aussi dans les autres régions (françaises, espagnoles…) où un nombre anormalement grand de graves pneumonies sont signalées. Certes, l’éventuelle corrélation ne va pas démontrer un lien de causalité. Et le cas échéant, le puissant lobby vaccinaliste investirait les médias à leur solde pour brandir l’argument habituel de la « coïncidence temporelle » entre vaccinations et maladies. Mais qui serait encore dupe ? Qui croirait encore à la pertinence des dogmes pasteuriens ? Pour ma part, je lance un appel solennel à l’exploitation de cette piste potentielle. Et je compte sur vous pour faire un maximum de bruit en diffusant ce billet tous azimuts. Je vous embrasse d’avance… sans distanciation sociale.
Yves Rasir
(*) Très troublant : dans son dernier rapport du 20 mars, l’Institut Supérieur de la Santé italien ne détaille plus les traitements administrés aux patients. Vous avez dit omerta ?
Source : https://www.neosante.eu/7962-2/
Michel Onfray : Voici venu le temps des assassins
Ce virus risque de précipiter la mort de plus que des hommes… Il accélère le processus de décomposition de nos fausses démocraties qui montrent dans la lumière aveuglante des scialytiques hospitaliers ce qu’elles sont véritablement : de véritables autocraties libérales -pour ne pas dire des dictatures.
© Michel Onfray, autorisation de réplication avec copyleft ; réplication depuis Dreuz.
A l’heure où j’écris, une loi dite d’urgence permet à l’employeur d’imposer à son salarié de prendre ses congés pendant la durée du confinement. Le sénat a limité la disposition à six jours ouvrables et l’Assemblée nationale a confirmé la chose en commission ! Quel humanisme ! Quelle humanité ! Quelle générosité ! Quelle grandeur d’âme !
Ce sont les mêmes élus du peuple qui, il y a peu, crachaient sur la douleur de parents qui avaient perdu un enfant et auxquels il était refusé l’aumône de quelques jours de congés supplémentaires afin qu’ils puissent tenter de faire face, un peu, au malheur.
Quand les gilets-jaunes se sont dirigés un samedi vers l’Assemblée nationale pour y faire entrer enfin le peuple, même symboliquement, ils visaient juste : car le peuple n’est pas dans cette enceinte dans laquelle on ne trouve plus que des politiciens professionnels qui prétendent le représenter mais qui se contentent de jouir du pouvoir et de ses avantages.
Ce qui veut dire que la facture de cette épidémie, qui va être terriblement salée, va être partagée entre les pauvres et … les pauvres -ne parlons pas des assureurs dont le métier consiste toujours à échapper aux remboursements des dommages par des finasseries contractuelles. Les riches y échapperont car leur argent est déjà ailleurs, inaccessible à ce qui reste d’un pouvoir d’État qui, de toute façon, sous régime maastrichtien, ne leur cherchera pas noise !
Macron et les siens, les maastrichtiens de droite et de gauche, n’ont en effet pas décidé de réquisitionner les fortunes planquées dans les paradis fiscaux. Pas question que les riches paient alors qu’ils ont constitué leurs fortunes en fraudant le fisc, ce qui veut dire : en ne payant pas l’impôt avec lequel on peut, entre mille autres choses, construire des hôpitaux et les maintenir en état de marche… Tout citoyen français qui dispose d’un compte en Suisse ou dans un quelconque paradis fiscal doit être tenu pour responsable de la mort de qui n’aura pas pu bénéficier d’un respirateur hospitalier, responsable et coupable. On lira la liste de quelques-uns de ces assassins en appendice.
Il serait pourtant légitime de dénoncer enfin ce qui a mis la santé publique dans cet état que des soignants se trouvent dans l’obligation de trier les vieux à l’entrée des services d’urgence, une terrible responsabilité qui réactive une pratique de sinistre mémoire : à droite ceux qui vont vivre, à gauche ceux qui vont mourir. Le personnel hospitalier n’a pas fait autant d’années d’études pour sélectionner dans un genre de Jugement Dernier dont ils seraient les dieux des élus à sauver et des damnés à tuer ! Ils n’ont pas vocation à travailler dans un abattoir ! Il en va pour eux d’une insupportable souffrance psychique, mentale et spirituelle qui s’ajoute à leurs fatigues professionnelles, à leur épuisement. Eux ne disposent pas de ces pitoyables cellules psychologiques qui sont envoyées sur place pour toute une classe, comme quand une diarrhée de cantine envoie six enfants d’une école en observation hospitalière pour une demi-journée…
Car, ceux qui tuent, ce ne sont pas ceux qui, sur le terrain, sont obligés de tourner le pouce vers le bas en présence d’un corps trop atteint, de poumons ravagés comme jamais, ce ne sont pas ceux qui, sans masques, se retrouvent au contact de la mort, ce ne sont pas ceux qui, couverts de sang et de bave, de morve et des postillons des grabataires, touchent et portent ces corps comme la piéta le corps de son enfant mort, mais ceux qui, dans les bureaux, depuis des années, ont rayé des lignes comptables sur des budgets sous prétexte de rentabilité.
Ce genre de criminel tue avec un silencieux : en fermant les hôpitaux après avoir estimé qu’ils perdaient de l’argent ou qu’ils ne dégageaient pas assez de bénéfices ; en donnant l’ordre de privilégier les actes rentables, au risque de les multiplier sans raisons véritables ; en décrétant que, dans les petites villes de province, ces structures de proximité sont trop dangereuses sous prétexte que les chirurgiens n’y effectuent pas assez d’actes pour être professionnels et efficaces ; en incitant les hôpitaux à développer l’activité ambulatoire parce qu’elle réduit la durée des séjours, ce qui expose les malades aux complications faute de suivi ; en traitant par le mépris l’appel au secours des personnels soignants qui manifestent depuis plus d’un an et à qui Macron promet d’agir sans procéder autrement qu’en saupoudrant ici ou là, mais sans jamais entamer la véritable révolution qui consisterait à découpler la santé publique du critère de rentabilité.
Ce qui doit primer dans un hôpital n’est pas qu’il soit rentable, mais qu’on y soigne tout le monde, riches et pauvres. De même, ce qui doit primer dans une école n’est pas qu’elle soit rentable, mais qu’on y fasse triompher l’instruction publique sans distinctions sociales. Mais aussi : ce qui doit primer dans la police ou dans l’armée n’est pas qu’elles soient rentables, mais qu’elles disposent des moyens d’assurer partout l’ordre public et républicain. Et l’on pourrait ajouter à la liste la culture, le renseignement, la justice, etc.
La République, c’est cela : le souci de l’intérêt général et du bien public avant l’intérêt privé de quelques-uns, d’un groupe ou d’une aristocratie de milliardaires. Hélas, le marché a gangrené la totalité du corps social au point qu’il a évincé la politique et qu’il se fait passer pour une politique, pour la seule politique d’ailleurs : or, il n ‘est pas une politique mais le seul intérêt du Capital.
Voilà pourquoi Macron, qui ne connait que ce logiciel, ignore ce qu’est la politique et se retrouve chef de l’État alors qu’il n’a pas quarante ans -c’est d’ailleurs pour cette raison, son innocence, que l’État profond a tout mis en oeuvre pour le placer là où il se trouve, c’est un formidable pantin désarticulé, un pion jadis rutilant, un second couteau ébréché. Voilà aussi pourquoi, dans cette situation exceptionnelle, il décide tout et le contraire de tout, n’importe quoi, c’est le triomphe historique du « en même temps » ! On ne craint pas le virus mais on le craint, on ne confine pas mais on confine, on ne ferme pas les frontières mais on les ferme, on ne sort pas mais on peut sortir pour voter, on ne porte pas de masques, c’est inutile, mais on en fait fabriquer des millions, etc…
Dès lors, quand Ségolène Royal, tout au gonflement de sa propre baudruche, attaque Olivier Veran, l’actuel ministre de la santé, pour sa responsabilité passée, elle oublie juste de dire qu’avant de grossir le rang des macroniens, ce monsieur vient lui aussi, comme tant d’autres, du Parti socialiste, dont elle fut la candidate aux présidentielle, et que ce Parti socialiste n’a plus de socialiste que le nom depuis qu’en 1983 un certain François Mitterrand l’a jeté à la poubelle afin de pouvoir rester au pouvoir -ce qui lui a d’ailleurs plutôt bien réussi puisqu’avec cette forfaiture il a effectué deux septennats qui ont initié la casse de tout ce qui était public, hôpital compris, et qu’on lui doit aussi, comme autre héritage notable, d’avoir a mis la famille Le Pen au-devant de la scène politique…
Nous avions des millions de masques, nous n’en avons plus, où sont-ils passés ? Guéguerre picrocholine pour savoir si c’est à l’impéritie passée de la « gauche » qu’on doit cette pénurie ou à celle de la « droite » : mais c’est au deux, à la droite maastrichtienne et à la gauche maastricthienne qui, l’une et l’autre, en même temps comme dirait l’autre, copines comme cochonnes, ont mis la France dans cet état : merci Mitterrand ! Merci Chirac ! Merci Sarkozy ! Merci Hollande ! Merci Macron ! Car ce sont eux qui ont rendu possible cette incroyable monstruosité que, dans cet hôpital public qu’ils ont tué pour en faire des usines à fric, le résultat soit qu’on trie les gens pour diriger les malades les plus atteints, dont les vieux, vers les pompes funèbres, pour ne soigner que les cas les moins préoccupants. De sorte qu’avec ces hôpitaux libéraux, le plus malade est le plus vite mort.
L’hôpital libéral, c’est un nouveau concept orwellien : on pourrait imaginer des slogans peints sur les murs de ces usines de mort que sont devenus ces hôpitaux-là, nos hôpitaux : « Plus vous serez malade, plus vite on vous expédiera au fond du trou ! ». Ou bien, sur la porte du bureau des personnels soignants : « Aux urgences, évitez ce qui est urgent ». Au bureau des soignants : « Aux mourants, prodiguez la mort ». Au bureau du comptable : « Un bon patient est un client à tondre ». Et puis, à l’entrée du funérarium, ceci : « Aux morts, Maastricht reconnaissant », car l’action des PFG doit se trouver bigrement en hausse.
Un dernier mot : chaque soir, au journal de vingt-heures, les journalistes, qui disposent ainsi de leur séquence « vivre-ensemble » (c’est leur moment homéopathique positif) nous montrent les gens qui, aux fenêtres, applaudissent le personnel soignant en faisant des pitreries, en tapant sur des casseroles, en chantant, en criant. Ils manifestent, nous dit-on, leur solidarité avec ces héros de notre époque qui bravent la mort dans leur métier ! Très bien, très bien… Tout cela est vrai.
Mais combien, parmi ceux-là, postillonnant du haut de leurs balcons, gavés par la propagande maastrichtienne, ont voté pour des candidats qui, droite libérale et gauche libérale confondues, ont justement fabriqué cet hôpital kafkaïen où l’on contraint de pauvres soignants à distribuer la mort ou à conférer la vie en vertus de plans de route décidés depuis un quart de siècle par cette Commission européenne, qui n’est pas élue, et qui impose sa loi, aujourd’hui dans le sang et les larmes, les glaires et les crachats, aux sujets de l’Empire maastrichtien ?
Combien ?
Je n’ai pour ma part pas envie d’aller sur mon balcon pour bêler avec les moutons. Je pense à ces gens formidables, en effet, qui m’ont sauvé d’un infarctus quand j’avais vingt-huit ans, qui ont été près de moi lors de mes deux AVC, qui ont si bien accompagné ma compagne pendant les dix-sept années de son cancer et de ses chimiothérapies avant qu’elle finisse par mourir, et qui, de fait, méritent notre profond salut. Mais pas depuis dix jours…
J’ai plutôt envie de pleurer sur ce qu’est devenue la France tuée par ces assassins qui, eux, se portent bien…
© Michel Onfray
mardi 24 mars 2020
Laura Laune - Là-bas (avec Guillaume Bats) - Humour et Coronavirus
Autant vous le dire tout de suite, ce n'est pas politiquement correct
lundi 23 mars 2020
Coronavirus: le marteau et la danse... ou les différentes stratégies de lutte possibles
Dr. Carl Juneau, PhD
Mar 20 · 30 min read
Cet article est le résultat d’un effort herculéen d’un groupe de citoyens normaux travaillant 24 heures sur 24 pour trouver toutes les recherches pertinentes disponibles pour le structurer en un seul morceau, au cas où il pourrait aider les autres à traiter toutes les informations disponibles sur le coronavirus.
Ceci est une traduction de Coronavirus: The Hammer and the Dance de Tomas Pueyo. J’ai cru bon de traduire l’original rapidement car la situation m’apparaît urgente (je suis docteur en santé publique et épidémiologiste). Je n’ai pas révisé l’article ou ses sources en profondeur, mais à première vue, ses conclusions me semblent fondées. -Carl-Etienne Juneau, PhD
Cet article fait suite à Coronavirus: Why You Must Act Now, un article ayant été vu plus de 40 millions de fois et traduit dans plus de 20 langues décrivant l’urgence du problème du coronavirus. Si vous êtes d’accord avec cet article, pensez à signer la pétition correspondante de la Maison Blanche.
Résumé: Si nous mettons en place des mesures fermes contre le coronavirus dès aujourd’hui, elles ne devraient durer que quelques semaines. Il n’y aura vraisemblablement pas de pic d’infections par la suite. Nous pouvons faire tout cela à un coût raisonnable pour la société et sauver des millions de vies du même coup.
En une semaine, les pays du monde entier sont passés de: « Ce truc du coronavirus n’est pas un gros problème » à la proclamation de l’état d’urgence. Pourtant, de nombreux pays ne font toujours pas grand-chose. Pourquoi?
Chaque pays se pose la même question: comment réagir? La réponse n’est pas évidente pour eux.
Certains pays, comme la France, l’Espagne ou les Philippines, ont depuis ordonné de lourdes fermetures. D’autres, comme les États-Unis, le Royaume-Uni, la Suisse ou les Pays-Bas, se sont traînés les pieds, s’aventurant avec hésitation dans des mesures d’éloignement social.
Voici ce que nous allons couvrir aujourd’hui, encore une fois avec de nombreux graphiques, données et modèles accompagnés de nombreuses sources:
Quelle est la situation actuelle?
Quelles sont nos options?
La seule chose qui compte maintenant: le temps
À quoi ressemble une bonne stratégie contre le coronavirus?
Quoi penser des impacts économiques et sociaux?
Lorsque vous aurez fini de lire l’article, voici ce que vous saurez:
Notre système de santé s’effondre déjà.
Les pays ont deux options: soit ils combattent le vigoureusement virus maintenant, soit ils subiront une épidémie massive.
S’ils choisissent l’épidémie, des centaines de milliers de personnes mourront. Dans certains pays, des millions.
Et cela pourrait même ne pas prévenir d’autres vagues d’infections.
Si nous luttons vigoureusement maintenant, nous limiterons les décès.
Nous soulagerons notre système de santé.
Nous nous préparerons mieux.
Nous apprendrons.
Le monde n’a jamais appris aussi vite quoi que ce soit, jamais.
Et nous en avons besoin, car nous ne savons rien de ce virus.
Tout cela permettra d’atteindre un objectif critique: nous donner un sursis.
Si nous choisissons de nous battre avec vigueur, le combat sera soudain, puis progressif.
Nous serons enfermés pendant des semaines, pas des mois.
Ensuite, nous retrouverons de plus en plus de libertés.
Nous pourrions ne pas revenir immédiatement à la normale.
Mais ce sera proche, et finalement nous reviendrons à la normale.
Et nous pouvons faire tout cela en considérant le reste de l’économie aussi.
Ok, allons-y.
1. Quelle est la situation actuelle?
La semaine dernière, j’ai montré cette courbe:
Elle montre les cas de coronavirus dans le monde en dehors de la Chine. Nous ne pouvions discerner que l’Italie, l’Iran et la Corée du Sud. J’ai donc dû zoomer en bas à droite pour voir les pays émergents. Tout ce que je voulais dire, c’est qu’ils rejoindraient bientôt ces 3 cas.
Voyons ce qui s’est passé depuis.
Comme prévu, le nombre de cas a explosé dans des dizaines de pays. Ici, j’ai été obligé de ne montrer que les pays ayant plus de 1 000 cas. Quelques points à noter:
L’Espagne, l’Allemagne, la France et les États-Unis ont tous plus de cas que l’Italie lorsqu’elle a ordonné le confinement.
Aujourd’hui, 16 autres pays ont plus de cas que le Hubei lorsqu’il a été mis en confinement: le Japon, la Malaisie, le Canada, le Portugal, l’Australie, la République tchèque, le Brésil et le Qatar ont plus de cas que le Hubei, mais moins de 1 000 cas. La Suisse, la Suède, la Norvège, l’Autriche, la Belgique, les Pays-Bas et le Danemark ont tous plus de 1 000 cas.
Avez-vous remarqué quelque chose de bizarre dans cette liste de pays? Hormis la Chine et l’Iran, qui ont subi des flambées massives et indéniables, ainsi que le Brésil et la Malaisie, tous les pays de cette liste sont parmi les plus riches du monde.
Pensez-vous que ce virus cible les pays riches? Ou est-il plus probable que les pays riches soient mieux en mesure d’identifier le virus?
Il est peu probable que les pays pauvres ne soient pas touchés. Un temps chaud et humide n’empêche pas une épidémie — sinon Singapour, la Malaisie ou le Brésil ne souffriraient pas d’épidémies.
Les interprétations les plus probables sont que le coronavirus a mis plus de temps à atteindre ces pays parce qu’ils sont moins connectés, ou qu’il est déjà là, mais ces pays n’ont pas été en mesure d’investir suffisamment dans les tests pour le savoir.
Quoi qu’il en soit, si c’est vrai, cela signifie que la plupart des pays n’échapperont pas au coronavirus. C’est une question de temps avant qu’ils ne voient des flambées et doivent prendre des mesures.
Quelles mesures les différents pays peuvent-ils prendre?
2. Quelles sont nos options?
Depuis l’article de la semaine dernière, la conversation a changé et de nombreux pays ont pris des mesures. Voici quelques exemples parmi les plus éloquents:
Mesures en Espagne et en France
À un extrême, nous avons l’Espagne et la France. Voici le calendrier des mesures pour l’Espagne:
Le jeudi 12 mars, le président a rejeté les suggestions selon lesquelles les autorités espagnoles avaient sous-estimé la menace pour la santé.
Vendredi, ils ont déclaré l’état d’urgence.
Samedi, les mesures suivantes ont été prises:
Les gens ne peuvent quitter la maison que pour des raisons essentielles: épicerie, travail, pharmacie, hôpital, banque ou compagnie d’assurance (justification extrême)
Interdiction spécifique de sortir les enfants pour une promenade ou de voir des amis ou de la famille (sauf pour prendre soin des personnes qui ont besoin d’aide, mais avec des mesures d’hygiène et de distance physique)
Tous les bars et les restaurants sont fermés. Plats à emporter uniquement.
Tous les divertissements sont fermés: sports, cinéma, musées, fêtes municipales…
Les mariages ne peuvent pas avoir d’invités. Les funérailles ne peuvent pas avoir plus d’une poignée de personnes.
Les transports en commun demeurent ouverts
Lundi, les frontières terrestres ont été fermées.
Certaines personnes voient cela comme une excellente liste de mesures. D’autres ont levé les bras au ciel, désespérés. Nous tenterons de déterminer pourquoi dans cet article.
Le calendrier des mesures de la France est fondamentalement identique, sauf qu’elle a pris plus de temps pour les appliquer et qu’elles sont plus agressives maintenant. Par exemple, le loyer, les impôts et les services publics sont suspendus pour les petites entreprises.
Mesures aux États-Unis et au Royaume-Uni
Les États-Unis et le Royaume-Uni, tout comme la Suisse et les Pays-Bas, ont tardé à mettre en œuvre des mesures. Voici la chronologie pour les États-Unis:
Mercredi 11 mars: suspension de tous les voyages depuis l’Europe vers les États-Unis.
Vendredi: urgence nationale déclarée. Pas de mesures d’éloignement social.
Lundi: le gouvernement exhorte le public à éviter les restaurants ou les bars et d’éviter les événements regroupant plus de 10 personnes. Aucune mesure d’éloignement social n’est en fait exécutoire. Ce n’est qu’une suggestion.
Plusieurs États et villes prennent l’initiative et imposent des mesures beaucoup plus strictes.
Le Royaume-Uni a adopté un ensemble de mesures similaires: beaucoup de recommandations, mais très peu de mandats.
Ces deux groupes de pays illustrent les deux approches extrêmes de lutte contre le coronavirus: l’atténuation et la suppression. Voyons ce qu’elles signifient.
Option 1: ne rien faire
Avant de faire cela, voyons ce que ne rien faire impliquerait pour un pays comme les États-Unis:

Ce fantastique calculateur d’épidémie peut vous aider à comprendre ce qui se passera dans différents scénarios. J’ai collé sous le graphique les facteurs clés qui déterminent le comportement du virus. À noter que les infectés, en rose, culminent à des dizaines de millions à une certaine date. La plupart des variables par défaut ont été conservées. Les seuls changements importants sont la valeur R de 2,2 à 2,4 (correspond mieux aux renseignements actuellement disponibles; voir sous le calculateur d’épidémie), le taux de mortalité (4% en raison de l’effondrement du système de santé; voir les détails ci-dessous ou dans l’ article précédent ), la longueur du séjour à l’hôpital (de 20 à 10 jours) et le taux d’hospitalisation (de 20 à 14% d’après les cas graves et critiques; notez que l’OMS précise un taux de 20%) selon les plus récents résultats de recherche disponibles . Notez que ces chiffres ne changent pas beaucoup les résultats. Le seul changement qui compte est le taux de mortalité.
Si nous ne faisons rien: tout le monde est infecté, le système de santé est débordé, la mortalité explose et environ 10 millions de personnes meurent (barres bleues). En chiffre: Environ75% de la population est infectée, soit 245 millions de personnes. Parmi eux, environ 4% meurent, comme au Hubei ou en Iran et en Italie jusqu’à présent, parce que le système de santé est débordé. C’est 10 millions. C’est environ 25 fois le nombre d’américains morts dans la Seconde Guerre mondiale .
Vous pourriez vous dire: « Ça a l’air de faire beaucoup. J’ai entendu beaucoup moins que ça! »
Alors quel est le problème? Avec tous ces chiffres, il est facile de se mêler. Mais il n’y a que deux chiffres qui comptent: la proportion de personnes qui attraperont le virus et tomberont malades, et la proportion d’entre elles qui mourra. Si seulement 25% sont malades (parce que les autres ont le virus mais ne présentent pas de symptômes, ils ne sont donc pas comptés comme des cas) et que le taux de mortalité est de 0,6% au lieu de 4%, on se retrouvera avec 500000 morts aux États-Unis. Quand même énorme. Mais 20 fois moins que ci-dessus.
Le taux de mortalité est crucial, alors essayons de mieux le comprendre. Qu’est-ce qui cause vraiment les décès attribués au coronavirus?
Quoi penser du taux de mortalité?
C’est le même graphique qu’auparavant, mais on regarde maintenant les personnes hospitalisées au lieu des personnes infectées et mortes:

La zone bleu clair correspond au nombre de personnes qui devraient se rendre à l’hôpital et le bleu foncé représente celles qui doivent se rendre à l’unité de soins intensifs (USI). Vous pouvez voir que ce nombre culminerait à plus de 3 millions.
Maintenant, comparez cela au nombre de lits de soins intensifs aux États-Unis (50 000 aujourd’hui, le double si l’on reaffecte d’autres espaces). C’est la ligne pointillée rouge.
Non, ce n’est pas une erreur.
Cette ligne pointillée rouge est la capacité que nous avons en lits de soins intensifs. Toute personne au-dessus de cette ligne serait dans un état critique mais ne pourrait pas accéder aux soins dont elle a besoin et mourrait probablement.
Au lieu de lits de soins intensifs, on peut également examiner les ventilateurs, mais le résultat est globalement le même, car il y a moins de 100 000 ventilateurs aux États-Unis .
À ce jour, au moins un hôpital de Seattle n’est pas en mesure d’intuber les patients de plus de 65 ans en raison de pénuries d’équipement et leur donne 90% de chances de mourir.
C’est pourquoi les gens sont morts en masse au Hubei et meurent maintenant en masse en Italie et en Iran. Le taux de mortalité au Hubei a fini par être meilleur qu’il n’aurait pu l’être car ils ont construit deux hôpitaux presque du jour au lendemain. L’Italie et l’Iran ne peuvent pas faire de même; peu d’autres pays, voire aucun, le peuvent. Nous verrons ce qui finira par y arriver.
Alors pourquoi le taux de mortalité est-il proche de 4%?
Si 5% de cas nécessitent des soins intensifs et qu’on ne peut pas les fournir, la plupart de ces personnes décèdent. Aussi simple que ça.
J’aimerais que ce soit tout, mais ce n’est malheureusement pas tout.
Dommages collatéraux
Ces chiffres ne tiennent compte que des personnes décédées du coronavirus. Mais que se passerait-t-il si tout le système de santé était submergé de patients atteints du coronavirus? Les gens mourraient aussi d’autres maladies.
Que se passe-t-il si vous avez une crise cardiaque mais que l’ambulance met 50 minutes à venir au lieu de 8 (trop de cas de coronavirus) et une fois que vous arrivez, il n’y a pas de soins intensifs ni de médecin disponible? Vous mourrez.
Il y a 4 millions de personnes admises aux soins intensifs aux États-Unis chaque année, et 500 000 d’entre elles (environ 13%) meurent. Sans lits en soins intensifs, ce serait probablement beaucoup plus proche de 80%. Même si le taux de décès atteignait seulement 50%, dans une épidémie d’un an, on passe de 500 000 décès par an à 2 millions. On ajoute donc 1,5 million de décès, seulement en dommages collatéraux.
Si l’on laisse le coronavirus se propager, le système de santé américain s’effondrera et les décès se chiffreront en millions, peut-être plus de 10 millions.
On peut appliquer ce raisonnement à la plupart des pays. Le nombre de lits de soins intensifs et de ventilateurs et de travailleurs de la santé est généralement similaire aux États-Unis ou inférieur dans la plupart des pays. Un coronavirus débridé entraîne l’effondrement du système de santé, ce qui entraîne la mortalité de masse.
Un coronavirus incontrôlé entraîne l’effondrement des systèmes de santé, ce qui entraîne la mortalité de masse.
Option 2: Stratégie d’atténuation
À présent, j’espère qu’il est assez clair que nous devons agir. Les deux options que nous avons sont l’atténuation et la suppression.
Atténuation ressemble à ceci: « Il est impossible de prévenir le coronavirus maintenant, alors laissons-le suivre son cours, tout en essayant de réduire le pic des infections. Aplatissons un peu la courbe pour la rendre plus facile à gérer pour le système de santé. »
Ce graphique apparaît dans un très important document publié le weekend dernier par l’Imperial College de Londres. Apparemment, il a poussé les gouvernements britannique et américain à changer de cap.
C’est un graphique très similaire au précédent. Pas le même, mais conceptuellement équivalent. Ici, la situation « ne rien faire » est la courbe noire. Chacune des autres courbes est ce qui se passerait si nous mettions en œuvre des mesures d’éloignement social de plus en plus strictes. Le bleu montre les mesures de d’éloignement social les plus strictes: isoler les personnes infectées, mettre en quarantaine les personnes qui pourraient être infectées et isoler les personnes âgées. Cette ligne bleue est essentiellement la stratégie actuelle du Royaume-Uni contre les coronavirus, bien que pour l’instant, elle est suggérée plutôt que prescrite.
Ici encore, la ligne rouge représente la capacité des unités de soins intensifs, cette fois au Royaume-Uni. Encore une fois, cette ligne est très proche du bas. Toute la zone de la courbe au-dessus de la ligne rouge représente les patients atteints de coronavirus qui mourraient pour la plupart en raison du manque de ressources en soins intensifs.
Qui plus est, en aplatissant la courbe, l’effondrement des unités de soins intensifsdurera des mois, ce qui augmentera les dommages collatéraux.
Ça devrait vous choquer. Lorsqu’un politicien vous dit: « Nous allons adopter des mesures d’atténuation », ce qu’il dit vraiment, c’est: « Nous allons submerger consciemment le système de santé, faisant augmenter le taux de mortalité d’au moins 10 fois. »
Vous imaginez que c’est déjà assez grave. Mais ce n’est pas encore fini. Parce que l’une des hypothèses clés de cette stratégie est ce qu’on appelle « l’immunité collective ».
Immunité collective et mutation virale
L’idée est que toutes les personnes infectées qui en guérissent sont désormais immunisées contre le virus. C’est au cœur de cette stratégie: « Écoutez, je sais que ça va être difficile pendant un certain temps, mais une fois que nous aurons terminé et que quelques millions de personnes mourront, le reste d’entre nous en sera immunisé, donc ce virus cessera de se propager et nous en aurons fini avec ce virus. Mieux vaut le faire tout de suite et en finir avec ça, parce que notre alternative est de faire de l’éloignement social jusqu’à un an ou risquer de voir ce pic arriver plus tard de toute façon. »
Sauf que cela suppose une chose: que le virus ne change pas trop. S‘il ne change pas beaucoup, alors bien des gens sont immunisés, et à un moment donné l’épidémie s’éteint.
Quelle est la probabilité de la mutation de ce virus?
C’est déjà arrivé.
Des recherches récentes suggèrent que deux souches du virus étaient présentes en Chine: le S et le L. Le S était concentré dans le Hubei et plus mortel, mais le L est celui qui s’est propagé partout dans le monde.
Pire encore, ce virus continue de muter.
Ce graphique représente les différentes mutations du virus. Vous pouvez voir que les souches initiales ont commencé en violet en Chine, mais elles ont ensuite commencé à muter. Les souches en Europe sont principalement les familles en vert et jaune, tandis que les États-Unis ont une famille différente en rouge. Plus le temps passe, plus ces souches seront nombreuses.
Cela ne devrait pas être surprenant: les virus à base d’ARN comme le coronavirus ou la grippe ont tendance à muter environ 100 fois plus rapidement que ceux à base d’ADN, bien que le coronavirus mute plus lentement que les virus de la grippe.
De plus, la meilleure façon pour ce virus de muter est d’avoir des millions d’occasions de le faire, C’est exactement ce qu’une stratégie d’atténuation apporterait: des centaines de millions d’infectés.
C’est pourquoi vous devez vous faire vacciner contre la grippe chaque année. Comme il y a tellement de souches de grippe, sans compter les nouvelles souches en constante évolution, le vaccin contre la grippe ne peut jamais protéger contre toutes les souches.
Autrement dit, la stratégie d’atténuation suppose non seulement des millions de morts pour un pays comme les États-Unis ou le Royaume-Uni, mais elle mise également sur le fait que le virus ne mute pas trop — ce qu‘il fait déjà. Il a donc toutes les occasions de muter. Alors, une fois que nous en finirons avec quelques millions de morts, nous pourrions nous attendre à quelques millions de plus — chaque année . Ce coronavirus pourrait devenir un fait récurrent de la vie, comme la grippe, mais maintes fois plus meurtrier.
La meilleure façon pour ce virus de muter est d’avoir des millions d’occasions de le faire, ce qui est exactement ce qu‘apporterait une stratégie d’atténuation.
Donc, si rien n’est fait et que l’atténuation fonctionne, quelle est l’alternative? C’est ce qu’on appelle la suppression.
Option 3: stratégie de suppression
La stratégie d’atténuation ne vise pas à contenir l’épidémie, mais à aplatir un tant soit peu la courbe. Pendant ce temps, la stratégie de suppression tente d’appliquer des mesures lourdes pour maîtriser rapidement l’épidémie. Plus précisément :
Agir maintenant. Ordonner un fortéloignement social. Reprendre le contrôle.
Ensuite, réduire les mesures afin que les gens puissent progressivement regagnerleur liberté et qu’un semblant de vie sociale et économique normale puisse reprendreÀ quoi ça ressemble?

Tous les paramètres du modèle sont les mêmes, sauf qu’il y a une intervention autour de maintenant pour réduire le taux de transmission à R = 0,62, et parce que le système de santé ne s’est pas effondré, le taux de mortalité descend à 0,6 %. J’ai établi le nombre de cas « autour de maintenant » à environ 32 000 après l’application des mesures (trois fois le nombre officiel à ce jour, le 19 mars). Notez que ce n’est pas trop sensible au R choisi. Un R de 0,98, par exemple, indique 15 000 décès. Cinq fois plus qu’avec un R de 0,62, mais toujours des dizaines de milliers de décès et non des millions. Il n’est pas non plus trop sensible au taux de mortalité : à 0,7 % au lieu de 0,6 %, le nombre de décès passe de 15 000 à 17 000. C’est la combinaison du R plus élevé, du taux de mortalité plus élevé et du retard dans la prise de mesures qui fait exploser le nombre de décès. C’est pourquoi nous devons prendre des mesures pour réduire le R aujourd’hui. Précisons que le fameux R0 correspond à R au début (R au temps 0). C’est le taux de transmission quand personne n’est encore immunisé et qu’aucune mesure n’est prise. R est le taux de transmission global.
Dans le cadre d’une stratégie de suppression, une fois la première vague terminée, le nombre de morts se chiffre en milliers et non en millions.
Pourquoi? Parce que non seulement nous réduisons la croissance exponentielle des cas, mais nous réduisons également le taux de mortalité, car le système de santé n’est pas complètement submergé. Ici, j’ai utilisé un taux de mortalité de 0,9%, soit environ ce qu’on voit en Corée du Sud aujourd’hui, le pays qui a été le plus efficace pour suivre la stratégie de suppression.
Exprimé ainsi, ça sonne évident. Tout le monde devrait suivre la stratégie de suppression.
Alors pourquoi certains gouvernements hésitent-ils?
Ils craignent trois choses :
Ce premier confinement durera des mois, ce qui semble inacceptable pour plusieurs.
Un confinement de plusieurs mois détruirait l’économie.
Cela ne réglerait même pas le problème, car nous ne ferions que retarder l’épidémie : plus tard, une fois que nous aurons réduit les mesures d’éloignement social, les gens seront toujours infectés par millions et mourront.
Voici comment l’équipe de l’Imperial College a modélisé les suppressions. Les lignes vertes et jaunes représentent différents scénarios de suppression. Vous voyez que cela ne semble pas bon : nous avons encore d’énormes pics, alors pourquoi se donner la peine?
Nous aborderons ces questions dans un instant, mais il y a quelque chose de plus important avant.
Ce tableau passe vraiment à côté de la plaque.
Présentées ainsi, les deux options d’atténuation et de suppression, côte à côte, ne semblent pas très attrayantes. Soit beaucoup de gens meurent bientôt et nous ne nuit pas à l’économie aujourd’hui, soit nous nuisons à l’économie aujourd’hui, pour simplement retarder les décès.
On ne tient pas compte du temps.
3. L’importance du temps
Dans ma publication précédente, j’ai expliqué l’importance du temps pour sauver des vies. Chaque jour, chaque heure que nous attendions pour prendre des mesures, cette menace exponentielle ne cessait de se propager. J’ai démontré comment une seule journée pouvait réduire le nombre total de cas de 40 % et le nombre de décès d’encore plus.
Mais le temps est encore plus précieux que cela.
Nous sommes sur le point de faire face à la plus grande vague de pression sur le système de santé jamais vue. Nous ne sommes absolument pas préparés, face à un ennemi que nous ne connaissons pas. Ce n’est pas une bonne position pour faire la guerre.
Imaginez que vous alliez affronter votre pire ennemi, que vous connaissez très peu, et que vous aviez deux options : soit vous courez vers lui, soit vous fuyez pour gagner un peu de temps de préparation. Lequel choisiriez-vous?
C’est ce que nous devons faire aujourd’hui. Le monde s’est réveillé. Chaque jour gagné à retarder le coronavirus, nous pouvons mieux nous préparer. Les sections suivantes expliquent ce que le temps nous apporterait.
Réduire le nombre de cas
Avec une suppression efficace, le nombre de cas réels chuterait du jour au lendemain, comme nous l’avons vu au Hubei la semaine dernière.
Source : Analyse de Tomas Pueyo sur le graphique et les données du Journal of theAmerican Medical Association.
À ce jour, il y a 0 nouveaux cas quotidiens de coronavirus dans l’ensemble des 60 millions de régions du Hubei.
Le nombre de diagnostics continuerait à augmenter pendant quelques semaines, mais il diminuerait ensuite. Avec moins de cas, le taux de mortalité commence également à baisser. Et les dommages collatéraux sont également réduits : moins de personnes mourraient de causes non liées au coronavirus en raison de la surcharge du système de santé.
Voici ce que la suppression nous apporterait :
Moins de cas totaux de coronavirus
Répit immédiat pour le système de santé et les humains qui le dirigent
Réduction du taux de mortalité
Réduction des dommages collatéraux
Capacité pour les travailleurs de la santé infectés, isolés et mis en quarantaine de récupérer et de reprendre le travail. En Italie, les professionnels de la santé représentent 8 % de toutes les contagions.
Comprendre le vrai problème : dépistage et recherche de contacts
À l’heure actuelle, le Royaume-Uni et les États-Unis n’ont aucune idée de leurs cas réels. On ne sait pas combien il y en a. On sait simplement que le nombre officiel n’est pas exact, et le vrai nombre se trouve dans des dizaines de milliers de cas. Cela s’est produit parce que nous ne faisons pas de dépistage ni de recherche de contacts.
Avec quelques semaines de plus, nous pourrions mettre de l’ordre dans notre situation de dépistage et commencer à tester tout le monde. Avec cette information, nous saurions enfin la véritable ampleur du problème, où il faut être plus agressif et dans quelles régions il est sécuritaire de lever le confinement.
De nouveaux tests pourraient accélérer le dépistage et réduire considérablement les coûts.
Nous pourrions également mettre en place une opération de recherche de contactscomme celleen Chine ou dans d’autres pays d’Asie de l’Est, où ils peuvent identifier toutes les personnes rencontrées par chaque malade et les mettre en quarantaine. Cela nous donnerait une tonne d’information à publier plus tard sur nos mesures d’éloignement social : si nous savons où se trouve le virus, nous ne pouvons cibler que ces endroits. Ce n’est pas sorcier : c’est de cette manière que les pays d’Asie de l’Est ont pu contrôler cette épidémie sans l’éloignement social draconien qui est de plus en plus essentiel dans d’autres pays.
Les mesures de cette section (dépistage et recherche de contacts) ont à elles seules freiné la croissance du coronavirus en Corée du Sud et maîtrisé l’épidémie, sans imposer de fortes mesures d’éloignement social.
Renforcer la capacité
Les États-Unis (et probablement le Royaume-Uni) sont sur le point de partir en guerre sans armure.
Nous avons assez de masques pour seulement deux semaines, peu d’équipements de protection individuelle (« EPI »), pas assez de ventilateurs, pas assez de lits de soins intensifs, pas assez d’ECMO (machines d’oxygénation du sang)… C’est pourquoi le taux de mortalité serait si élevé dans une stratégie d’atténuation.
Mais si nous nous gagnons du temps, nous pouvons inverser la tendance :
Nous avons plus de temps pour acheter tout l’équipement dont nous aurons besoin pour une future vague
Nous pouvons rapidement développer notre production de masques, d’EPI, de ventilateurs, d’ECMO et de tout autre appareil critique pour réduire le taux de mortalité.
Autrement dit, nous n’avons pas besoin d’années pour mettre notre armure, nous avons besoin de semaines. Faisons tout ce que nous pouvons pour faire relancer la production maintenant. Les pays se sont mobilisés. Les gens sont inventifs, par exemple en utilisant l’impression 3D pour fabriquer des pièces de ventilateur. On peut le faire. Il nous faut juste plus de temps. Attendriez-vous quelques semaines pour vous procurer une armure avant d’affronter un ennemi mortel?
Ce n’est pas la seule capacité dont nous avons besoin. Il nous faut des professionnels de la santé dès que possible. Où allons-nous les obtenir? Nous devons former les gens à aider les infirmières et sortir les travailleurs médicaux de la retraite. De nombreux pays ont déjà commencé, mais cela prend du temps. Nous pouvons le faire en quelques semaines, mais pas si tout s’écroule.
Réduire la contagion au sein de la population
Le public a peur. Le coronavirus est nouveau. Il y a tellement de choses que nous ne savons pas encore faire! Les gens n’ont pas appris à arrêter de serrer la main. Ils s’étreignent toujours. Ils n’ouvrent pas les portes avec leur coude. Ils ne se lavent pas les mains après avoir touché une poignée de porte. Ils ne désinfectent pas les tables avant de s’asseoir.
Une fois que nous aurons suffisamment de masques, nous pourrons également les utiliser en dehors du système de santé. À l’heure actuelle, il vaut mieux les réserver aux professionnels de la santé. Mais s’ils ne se faisaient pas rares, il faudrait les porter au quotidien, ce qui réduirait la probabilité qued’autres personnes soient infectés par les malades, et avec une formation appropriée,réduirait également la probabilité que les porteurs soient infectés. (En attendant, porter quelque chose, c’est mieux que rien.)
Tous ces moyens sont assez bon marché pour réduire le taux de transmission. Moins ce virus se propage, moins il faudra de mesures à l’avenir pour le contenir. Mais nous avons besoin de temps pour éduquer les gens sur toutes ces mesures et les équiper.
Comprendre le virus
Nous en savons très très peu sur le virus. Mais chaque semaine, des centaines de nouveaux articles arrivent.
Le monde est enfin uni contre un ennemi commun. Des chercheurs du monde entier se mobilisent pour mieux comprendre ce virus.
Comment le virus se propage-t-il?
Comment ralentir la contagion?
Quelle est la part des porteurs asymptomatiques?
Sont-ils contagieux? Combien?
Quels sont les bons traitements?
Combien de temps le virus survit-il?
Sur quelles surfaces?
Quel est l’impact des différentes mesures d’éloignement social sur le taux de transmission?
Quel est leur coût?
Quelles sont les meilleures pratiques de recherche de contacts?
Quelle est la fiabilité de nos tests?
Des réponses claires à ces questions nous aideront à rendre l’intervention aussi ciblée que possible tout en minimisant les dommages collatéraux économiques et sociaux. Nous aurons ces réponses dans des semaines, pas des années.
Trouver des traitements
Et si nous trouvions un traitement dans les prochaines semaines? Chaque jour gagné nous en rapproche. À l’heure actuelle, il existe déjà plusieurs candidats, comme le favipiravir ou la chloroquine. Et si dans deux mois, nous découvrons un traitement contre le coronavirus? À quel point aurions-nous l’air ridicule s’il y avait déjà des millions de morts suite à une stratégie d’atténuation?
Comprendre les coûts-avantages
Tous les facteurs ci-dessus peuvent nous aider à sauver des millions de vies. Cela devrait suffire. Malheureusement, les politiciens ne peuvent pas seulement penser à la vie des personnes infectées. Ils doivent penser à toute la population et les mesures d’éloignement social importantes ont un impact sur les autres.
À l’heure actuelle, nous ne savons pas comment les différentes mesures d’éloignement social réduisent la transmission. Nous ne savons pas non plus quels sont leurs coûts économiques et sociaux.
N’est-il pas un peu difficile de décider des mesures dont nous avons besoin à long terme si nous ne connaissons pas leur coût ou leurs avantages?
Quelques semaines nous donneraient assez de temps pour commencer à les étudier, les comprendre, les prioriser et décider lesquelles suivre.
Moins de cas, meilleure compréhension du problème, constitution d’actifs, compréhension du virus, compréhension du rapport coûts-avantages des différentes mesures, éducation du public… Voilà quelques outils de base pour lutter contre le virus, et nous avons juste besoin de quelques semaines pour en développer plusieurs. Ce serait bête de s’engager dans une stratégie qui nous jette plutôt, sans préparation, dans la gueule du loup, n’est-ce pas?
4. Le marteau et la danse
Nous savons maintenant que la stratégie d’atténuation est probablement un choix terrible, et que la stratégie de suppression a un énorme avantage à court terme.
Mais les gens ont des préoccupations légitimes à propos de cette stratégie:
Combien de temps cela durera-t-il réellement?
Quel sera le prix?
Y aura-t-il un deuxième pic aussi grand que si nous n’avions rien fait?
Ici, nous allons voir à quoi ressemblerait une véritable stratégie de suppression. Nous pouvons l’appeler le marteau et la danse.
Le marteau
Tout d’abord, on agit rapidement et agressivement. Pour toutes les raisons mentionnées ci-dessus, étant donné l’importance du temps, nous voulons stopper la situation dès que possible.
L’une des questions les plus importantes est la suivante : combien de temps cela durera-t-il?
La crainte de tout le monde est que nous soyons enfermés dans nos maisons pendant des mois à la fois, avec la catastrophe économique et les dépressions qui s’ensuivent. Cette idée a malheureusement été reprise dans le célèbre article de l’Imperial College :
Vous souvenez-vous de ce tableau? La zone bleu clair qui va de fin mars à fin août est la période que le journal recommande comme le marteau, la suppression initiale qui inclut un fortéloignement social.
Si vous êtes un politicien et que vous voyez qu’une option est de laisser mourir des centaines de milliers ou des millions de personnes avec une stratégie d’atténuation et que l’autre est d’arrêter l’économie pendant cinq mois avant de subir à nouveau le même pic de cas et de décès, ces options ne semblent pas encourageantes.
Mais il n’y a rien là d’inévitable. Ce document, moteur de la politique aujourd’hui, a été brutalement critiqué pour ses défauts fondamentaux : il ne tient pas compte de la recherche de contacts (au cœur des politiques en Corée du Sud, en Chine ou à Singapour entre autres) ou des restrictions de voyage (essentielles en Chine), ni l’impact des grandes foules…
Le temps nécessaire pour le marteau se compte en semaines, pas en mois.
Ce graphique montre les nouveaux cas dans toute la région du Hubei (60 millions de personnes) chaque jour depuis le 23 janvier. En deux semaines, le pays commençait à reprendre le travail. En environ cinq semaines, il était complètement sous contrôle. Et en sept semaines, le nouveau diagnostic n’était qu’un filet. Souvenons-nous que c’était la région de Chine la plus touchée.
N’oubliez pas que ce sont les barres orange. Les barres grises, les cas réels, avaient chuté beaucoup plus tôt.
Les mesures adoptées par la Chine étaient assez similaires à celles prises en Italie, en Espagne ou en France : isolements, quarantaines, population confinée à la maison sauf en cas d’urgence ou pour acheter de la nourriture, recherche des contacts, tests, plus de lits d’hôpital, interdictions de voyager…
Mais les détails sont importants.
Les mesures de la Chine ont été plus fortes. Par exemple, une seule personne par ménage avait le droit de sortir de la maison tous les trois jours pour acheter de la nourriture. De plus, les mesures étaient appliquées rigoureusement. Il est probable que cette force ait stoppé l’épidémie plus rapidement.
En Italie, en France et en Espagne, les mesures n’étaient pas aussi drastiques et leur mise en œuvre, pas aussi sévère. Des gens marchent toujours dans les rues, beaucoup sans masque. Cela entraînera probablement un marteau plus lent : il faudra plus de temps pour maîtriser complètement l’épidémie.
Certaines personnes interprètent cela en disant « Les démocraties ne pourront jamais reproduire cette réduction de cas ». C’est faux.

Pendant plusieurs semaines, la Corée du Sud a connu la pire épidémie en dehors de la Chine. Maintenant, elle est en grande partie sous contrôle. Et la Corée l’a fait sans demander aux gens de rester à la maison. Ils y sont parvenus principalement grâce à de nombreux tests, à la recherche de contacts et à des quarantaines et isolements forcés.
Si l’épidémie a pu être maîtrisée en quelques semaines en Corée du Sud sans éloignement social obligatoire, les pays occidentaux, qui appliquent déjà un lourd marteau avec des mesures d’éloignement social strictes, peuvent certainement contrôler l’épidémie en quelques semaines. C’est une question de discipline, d’exécution et de respect des règles par la population.
Cela dépend donc de la duretée de la phase après le marteau: la danse.
La danse
Si l’on martèle le coronavirus, en quelques semaines il est contrôlé et on en bien meilleure forme pour y faire face. Vient maintenant l’effort à plus long terme pour contenir ce virus jusqu’à ce qu’il y ait un vaccin.

C’est probablement la plus grande et la plus importante erreur que les gens commettent en pensant à cette étape : ils pensent que cela les gardera à la maison pendant des mois. Ce n’est pas du tout le cas. En fait, il est probable que nos vies reprennent leur cours quasi-normal.
La danse dans les pays qui réussissent
Comment se fait-il que la Corée du Sud, Singapour, Taïwan et le Japon aient depuis longtemps des cas, voire des milliers pour la Corée du Sud, et pourtant personne n’est enfermé à la maison?
Coronavirus: South Korea seeing a 'stabilising trend'
South Korea's Foreign Minister, Kang Kyung-wha, says she thinks early testing has been the key to South Korea's low…
www.bbc.com
Dans cette vidéo, la ministre des Affaires étrangères de la Corée du Sud explique comment son pays l’a fait. C’était assez simple : tests efficaces, recherche de contacts efficace, interdictions de voyager, isolement efficace et mise en quarantaine efficace.
Cet article explique l’approche de Singapour:
Interrupting transmission of COVID-19: lessons from containment efforts in Singapore
Highlight. Despite multiple importations resulting in local chains of transmission, Singapore has been able to control…
academic.oup.com
Vous pouvez deviner les mesures? Les mêmes qu’en Corée du Sud. Dans son cas, Singapour l’a complété avec une aide économique pour les personnes en quarantaine et les interdictions et le reports de voyage.
Est-il trop tard pour d’autres pays? Non. En appliquant le marteau, on obtient une nouvelle chance, une nouvelle occasion de bien faire les choses.
Mais que faire si toutes ces mesures ne suffisent pas?
La danse du R
J’appelle la période de plusieurs mois entre le marteau et un vaccin la danse car ce ne sera pas une période pendant laquelle les mesures seront toujours les mêmes. Certaines régions connaîtront à nouveau des flambées, d’autres aucune pendant de longues périodes. Selon l’évolution des cas, nous devrons resserrer les mesures d’éloignement social ou nous pourrons les relâcher. C’est la danse de R : une danse de mesures où d’un côté nos vies reprennent leurs cours et de l’autre la maladie se propage, celle de l’économie contre les soins de santé.
Comment fonctionne cette danse?
Tout tourne autour du R. Si vous vous souvenez, c’est le taux de transmission. Au début dans un pays standard et non préparé, c’est entre 2 et 3 : pendant les quelques semaines où quelqu’un est infecté, il infecte en moyenne deux ou trois autres personnes.
Si R est supérieur à 1, les infections se multiplient de façon exponentielle en épidémie. S’il est inférieur à 1, elles régressent.
Pendant le marteau, l’objectif est de ramener R le plus près possible de zéro, aussi vite que possible, pour enrayer l’épidémie. À Wuhan, il est calculé que R était initialement de 3,9, et après le confinementet la quarantaine centralisée, il est tombé à 0,32.
Mais une fois entrés dans la danse, il n’est plus nécessaire de le faire. Il faut seulement que le R reste en dessous de 1. Bon nombre des mesures d’éloignement social ont des répercussionsréelles et importantes sur les gens : ils peuvent perdre leur emploi, leur entreprise, leurs habitudes saines…
C’est possible de rester en dessous de R=1 avec quelques mesures simples.

Données détaillées, sources et hypothèses ici
Il s’agit d’une approximation de la façon dont différents types de patients réagissent au virus, ainsi que de leur contagiosité. Personne ne sait à quoi ressemble vraiment ce graphique, mais nous avons rassemblé des données provenant de différents articles pour approximer à quoi il ressemble.
Chaque jour après avoir contracté le virus, les gens ont un certain potentiel de contagion. Ensemble, tous ces jours de contagion totalisent en moyenne 2,5 contagions.
On pense qu’il y a déjà des contagions au cours de la phase « sans symptômes ». Ensuite, à mesure que les symptômes apparaissent, les gens vont généralement chez le médecin, sont diagnostiqués et leur contagiosité diminue.
Par exemple, au début, vous avez le virus mais aucun symptôme, vous vous comportez donc normalement. Lorsque vous parlez aux gens, vous propagez le virus. Lorsque vous touchez votre nez, puis ouvrez le bouton de porte, les personnes qui ouvrent la porte après vous et se touchentle nez sont infectées.
Plus le virus se développe dans votre corps, plus vous êtes contagieux. Ensuite, une fois que vous commencez à avoir des symptômes, vous arrêtez progressivement de travailler, restez au lit, portez un masque ou commencez à consulter un médecin. Plus les symptômes sont graves, plus vous vous éloignez socialement, ce qui réduit la propagation du virus.
Une fois hospitalisé, même si vous êtes très contagieux, vous n’avez pas tendance à propager autant le virus puisque vous êtes isolé.
C’est là que vous pouvez voir l’impact massif de politiques comme celles de Singapour ou de la Corée du Sud:
Si les personnes sont soumises à des tests massifs, elles peuvent être recenséesavant même d’avoir des symptômes. En quarantaine, elles ne peuvent rien propager .
Si les gens savent détecterleurs symptômes plus tôt, ils réduisent le nombre de jours en bleu, et donc leur contagiosité globale.
Si les personnes sont isolées dès qu’elles présentent des symptômes, les contagions de la phase orange disparaissent.
Si les gens sont éduqués sur la distance personnelle, le port de masque, le lavage des mains ou la désinfection des espaces, ils propagent moins de virus tout au long de la période.
Ce n’est que lorsque tout cela échoue que nous avons besoin de mesures d’éloignement social plus lourdes.
Le retour sur investissement de la distance sociale
Si avec toutes ces mesures, R se trouve toujours bien au-dessus de 1, il faut réduire le nombre moyen de rencontres entre personnes.
Il existe des moyens très peu coûteux de le faire, comme interdire les événements regroupant un certain nombre de personnes (par exemple, 50 ou 500), ou demander aux gens de travailler à domicile quand ils le peuvent.
D’autres sont beaucoup, beaucoup plus chers, comme fermer les écoles et les universités, demander à tout le monde de rester à la maison ou fermer les bars et les restaurants.

Ce graphique est créé de toutes piècescar il n’existe pas aujourd’hui. Personne n’a fait suffisamment de recherches à ce sujet ou rassemblé toutes ces mesures de manière à pouvoir les comparer.
C’est malheureux, car c’est le tableau le plus important dont les politiciens auraient besoin pour prendre des décisions. Il illustre ce qui se passe réellement dans leur esprit.
Pendant la période du marteau, ils veulent diminuer le Rle plus possible tout en gardant un niveau tolérable pour la population. Au Hubei, le R a baissé à 0,32. Ce n’est peut-être pas nécessaire d’aller plus bas que 0,5 ou 0,6.
Mais pendant la période de la dansedu R, ils veulent frôler le plus possible de 1, tout en restant en dessous à long terme.
Autrement dit, que les dirigeants en soient conscients ou non, voici ce qu’ils font :
Énumérer toutes les mesures qu’ils peuvent prendre pour réduire le R.
Avoir une idée des avantages de les appliquer : la réduction du R.
Avoir une idée de leur coût : le coût économique,social et éthique.
Classer les initiatives en fonction de leur rentabilité.
Choisir celles qui offrent la plus grande réduction de R (jusqu’à 1), au coût le plus bas.

Tableau à titre indicatif seulement. Toutes les données sont constituées. Cependant, à notre connaissance, ces données n’existent pas aujourd’hui. Il le faudrait. Par exemple, la liste du CDC est un bon point de départ, mais elle exclut entre autres les mesures d’éducation, les déclencheurs, la quantification des coûts et avantages, le détail des mesures, les contre-mesures économiques et sociales, etc.
Au départ, leur confiance en ces chiffres sera faible. Mais c’est tout de même ainsi qu’ils y pensent — et devraient y penser.
Ce qu’ils doivent faire, c’est formaliser le processus : comprenez qu’il s’agit d’un jeu de chiffres dans lequel nous devons apprendre le plus rapidement possible où nous en sommes quant auR, l’impact de chaque mesure sur la réduction du R, et leurs coûts sociaux et économiques.
Ce n’est qu’à ce moment-là qu’ils pourront prendre une décision rationnelle sur les mesures à prendre.
Conclusion : gagner du temps
Le coronavirus se propage encore un peu partout. Il y a des cas dans 152 pays. C’est une course contre la montre. Mais ce n’est pas inévitable : il y a une façon claire de l’approcher.
Certains pays, en particulier ceux qui n’ont pas encore été durement touchés par le coronavirus, pourraient se demander si ça leur arrivera aussi? La réponse : c’est probablement déjà le cas. Ils ne l’ont tout simplement pas remarqué. Quand le virus frappera vraiment, leur système de santé sera encore pire que dans les pays riches où les systèmes de santé sont solides. Mieux vaut prévenir que guérir, il faut donc envisager d’agir dès maintenant.
Pour les pays où le coronavirus est déjà présent, les options sont claires.
D’un côté, les pays peuvent suivre la voie de l’atténuation: créer une épidémie massive, submerger le système de santé, provoquer la mort de millions de personnes et libérer de nouvelles mutations de ce virus dans la nature.
De l’autre, les pays peuvent se battre. Ils peuvent s’enfermer pendant quelques semaines pour nous faire gagner du temps, créer un plan d’action éclairé et contrôler ce virus jusqu’à ce que nous ayons un vaccin.
Aujourd’hui, les gouvernements du monde entier, y compris certains comme les États-Unis, le Royaume-Uni, la Suisse ou les Pays-Bas, ont choisi la voie de l’atténuation.
Cela signifie qu’ils s’avouent vaincus d’avance. Ils voient que d’autres pays ont réussi à lutter, mais se disent : « Nous ne pouvons pas faire ça! »
Et si Churchill avait dit la même chose? « Les Nazis sont partout déjà en Europe. Nous ne pouvons pas les combattre. Laissons simplement tomber. » C’est ce que font de nombreux gouvernements dans le monde aujourd’hui. Ils ne vous donnent pas la chance de vous battre. C’est à vous de l’exiger.
Passez le mot
Malheureusement, des millions de vies sont toujours en jeu. Partagez cet article — ou tout autre article similaire — si vous pensez qu’il peut changer l’opinion des gens. Les dirigeants doivent comprendre cela pour éviter une catastrophe. Le moment d’agir est maintenant.
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Cet article est le résultat d’un effort herculéen d’un groupe de citoyens normaux travaillant 24 heures sur 24 pour trouver toutes les recherches pertinentes disponibles pour le structurer en un seul morceau, au cas où il pourrait aider les autres à traiter toutes les informations disponibles sur le coronavirus.
Remerciements particuliers à Pierre Djian, Jorge Peñalva, John Hsu, Genevieve Gee, Elena Baillie, Chris Martinez, Yasemin Denari, Christine Gibson, Matt Bell, Dan Walsh, Jessica Thompson, Karim Ravji, Annie Hazlehurst et Aishwarya Khanduja. Cela a été un effort d’équipe.
Merci également à Berin Szoka, Shishir Mehrotra, QVentus, Illumina, Josephine Gavignet, Mike Kidd et Nils Barth pour vos conseils. Merci à mon entreprise, Course Hero, de m’avoir donné le temps et la liberté de me concentrer là-dessus.
Je tiens également à remercier mon équipe chez Dr. Muscle et mes collègues scientifiques pour leur point de vue. -Carl-Etienne Juneau, PhD
Source : https://medium.com/tomas-pueyo/coronavirus-le-marteau-et-la-danse-bce68d354c0c
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