"Il n'existe rien de constant si ce n'est le changement" BOUDDHA; Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots." MARTIN LUTHER-KING; "Veux-tu apprendre à bien vivre, apprends auparavant à bien mourir." CONFUCIUS ; « Nous savons qu’ils mentent, ils savent aussi qu’ils mentent, ils savent que nous savons qu’ils mentent, nous savons aussi qu’ils savent que nous savons, et pourtant ils continuent à mentir ». SOLJENITSYNE
vendredi 16 novembre 2018
dimanche 11 novembre 2018
Blocage du 17 novembre, quelques réflexions utiles de Mouton Lucide et de Tatiana Ventôse / Blocking of November 17th, some useful reflections of Lucid Sheep and Tatiana Ventôse
Tant qu'on y est, un petit rappel qui viendra compléter cette chouette analyse de Tatiana Ventôse
10 premiers conseils pour rentrer en résistance par l’objection de croissance
Ci-après 10 conseils pour rentrer en résistance par l’objection de croissance
1 Se libérer de la télévision
Pour rentrer dans la décroissance, la première étape est de prendre conscience de son conditionnement. Le vecteur majeur de ce conditionnement est la télévision. Notre premier choix sera de s’en libérer. Comme la société de consommation réduit l’humain à sa dimension économique — consommateur —, la télévision réduit l’information à sa surface, l’image. Média de la passivité, donc de la soumission, elle ne cesse de régresser l’individu. Par nature, la télévision exige la rapidité, elle ne supporte pas les discours de fond. La télévision est polluante dans sa production, dans son usage puis comme déchet. Nous lui préférerons notre vie intérieure, la création, apprendre à jouer de la musique, faire et regarder des spectacles vivants... Pour nous informer nous avons le choix : la radio (sans pub), la lecture (sans pub), le théâtre, le cinéma (sans pub), les rencontres, etc.
2 Se libérer de l’automobile
Plus qu’un objet, l’automobile est le symbole de la société de consommation. Réservée aux 20 % les plus riches des habitants de la Terre ; elle conduit inexorablement au suicide écologique par épuisement des ressources naturelles (nécessaires à sa production) ou par ses pollutions multiples qui, entre autres, engendre la montée de l’effet de serre. L’automobile provoque des guerres pour le pétrole dont la dernière en date est le conflit irakien. L’automobile a aussi pour conséquence une guerre sociale qui conduit à un mort toutes les heures rien qu’en France. L’automobile est un des fléaux écologique et social de notre temps. Nous lui préférerons : le refus de l’hypermobilité. La volonté d’habiter près de son lieu de travail. La marche à pied, la bicyclette, le train, les transports en commun.
3 Refuser de prendre l’avion
Refuser de prendre l’avion, c’est d’abord rompre avec l’idéologie dominante qui considère comme un droit inaliénable l’utilisation ce mode de transport. Pourtant, moins de 10 % des humains ont déjà pris l’avion. Moins de 1% l’emprunte tous les ans. Ces 1 %, la classe dominante, sont les riches des pays riches. Ce sont eux qui détiennent les médias et fixent les normes sociales. L’avion est le mode de transport le plus polluant par personne transportée. Du fait de sa grande vitesse, il artificialise notre rapport à la distance.
Nous préférerons aller moins loin, mais mieux, à pied, en roulotte à cheval, à bicyclette ou en train, en bateau à voile, avec tous les véhicules sans moteur.
4 Se libérer du téléphone portable
Le système engendre des besoins qui deviennent des dépendances. Ce qui est artificiel devient naturel. Comme nombre d’objets de la société de consommation, le téléphone est un faux besoin créé artificiellement par la pub. “ Avec le mobile, vous êtes mobilisable à tout instant ”. Avec le portable nous jetterons donc les fours micro-onde, les tondeuses à gazon, et tous les objets inutiles de la société de consommation.
Nous préférerons au portable le téléphone, le courrier, la parole, mais surtout, nous tacherons d’exister par nous-même au lieu de chercher à combler un vide existentiel avec des objets.
5 boycotter la grande distribution
La grande distribution est indissociable de l’automobile. Elle déshumanise le travail, elle pollue et défigure les pourtours des villes, elle tue les centres-ville, elle favorise l’agriculture intensive, elle centralise le capital, etc. La liste des fléaux qu’elle représente est ici trop longue pour être énumérée ici.
Nous lui préférerons : avant tout moins consommer, l’autoproduction alimentaire (potager)puis les commerces de proximité, les marchés, les coopératives, l’artisanat. Cela nous conduira aussi à consommer moins ou à refuser les produits manufacturés.
6 Manger peu de viande
Ou mieux, manger végétarien. La condition réservée aux animaux d’élevage révèle la barbarie technoscientifique de notre civilisation. L’alimentation carnée est aussi une grave problématique écologique. Mieux vaut manger directement des céréales plutôt que d’utiliser des terres agricoles pour nourrir des animaux destinés à l’abattoir. Manger végétarien ou manger moins de viande doit aussi déboucher sur une meilleure hygiène alimentaire, moins riche en calories.
7 Consommer local
Quand on achète une banane antillaise, on consomme aussi le pétrole nécessaire à son acheminement vers nos pays riches. Produire et consommer local est une des conditions majeures pour rentrer dans la décroissance, non dans un sens égoïste, bien sûr, mais au contraire pour que chaque peuple retrouve sa capacité à s’autosuffire. Par exemple, quand un paysan africain cultive des fèves de cacao pour enrichir quelques dirigeants corrompus, il ne cultive pas de quoi se nourrir et nourrir sa communauté (voir texte “ Dix objections majeures au commerce équitable ” http://ecolo.asso.fr/textes/2002031...).
8 Se politiser
La société de consommation nous laisse le choix : entre Pepsi-Cola et Coca-Cola ou entre le café Carte noire et la café “ équitable ” Max Havelaar. Elle nous laisse de choix de consommateurs. Le marché n’est ni de droite, ni du centre, ni gauche : il impose sa dictature financière en ayant pour objectif de refuser tout débat contradictoire et tout conflit d’idée. La réalité serait l’économie : aux humains de s’y soumettre. Ce totalitarisme est paradoxalement imposé au nom de la liberté, de consommer. Le statut de consommateur est considéré comme supérieur à celui d’humain.
Nous préférerons nous politiser, comme personne, dans les associations, les partis, pour combattre la dictature des firmes. La démocratie exige une conquête permanente. Elle se meurt quand est elle abandonnée par ses citoyens. Il est aujourd’hui temps de lui insuffler les idées de la décroissance.
9 Développement personnel
La société de consommation a besoin de consommateurs serviles et soumis qui ne désirent plus être des humains à part entière. Ceux-ci ne peuvent alors tenir que grâce à l’abrutissement, par exemple, devant la télévision, les “ loisirs ” ou la consommation de neuroleptiques (Proxac...). Au contraire, la décroissance économique a pour condition un épanouissement social et humain. S’enrichir en développant sa vie intérieure. Privilégier la qualité de la relation à soi et aux autres au détriment de la volonté de posséder des objets qui vous posséderont à leur tour. Chercher à vivre en paix, en harmonie avec la nature, à ne pas céder à sa propre violence, voilà la vraie force.
10 Cohérence
Les idées sont faites pour être vécues. Si nous ne sommes pas capables de les mettre en pratique, elles n’auront pour seules fonctions que de faire vibrer nos ego. Nous sommes tous dans le compromis, mais nous cherchons à tendre à plus de cohérence. C’est le gage de la crédibilité de nos discours. Changeons et le monde changera.
Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive. A vous de la compléter. Mais si nous ne cherchons pas à tendre vers cette recherche de cohérence, nous serons réduit à nous apitoyer très hypocritement sur les conséquences de nos propres mode de vie. Evidemment, il n’est pas de mode de vie “ pur ” sur la Terre. Nous sommes tous dans le compromis et c’est bien ainsi.
Pour rentrer dans la décroissance, la première étape est de prendre conscience de son conditionnement. Le vecteur majeur de ce conditionnement est la télévision. Notre premier choix sera de s’en libérer. Comme la société de consommation réduit l’humain à sa dimension économique — consommateur —, la télévision réduit l’information à sa surface, l’image. Média de la passivité, donc de la soumission, elle ne cesse de régresser l’individu. Par nature, la télévision exige la rapidité, elle ne supporte pas les discours de fond. La télévision est polluante dans sa production, dans son usage puis comme déchet. Nous lui préférerons notre vie intérieure, la création, apprendre à jouer de la musique, faire et regarder des spectacles vivants... Pour nous informer nous avons le choix : la radio (sans pub), la lecture (sans pub), le théâtre, le cinéma (sans pub), les rencontres, etc.
2 Se libérer de l’automobile
Plus qu’un objet, l’automobile est le symbole de la société de consommation. Réservée aux 20 % les plus riches des habitants de la Terre ; elle conduit inexorablement au suicide écologique par épuisement des ressources naturelles (nécessaires à sa production) ou par ses pollutions multiples qui, entre autres, engendre la montée de l’effet de serre. L’automobile provoque des guerres pour le pétrole dont la dernière en date est le conflit irakien. L’automobile a aussi pour conséquence une guerre sociale qui conduit à un mort toutes les heures rien qu’en France. L’automobile est un des fléaux écologique et social de notre temps. Nous lui préférerons : le refus de l’hypermobilité. La volonté d’habiter près de son lieu de travail. La marche à pied, la bicyclette, le train, les transports en commun.
3 Refuser de prendre l’avion
Refuser de prendre l’avion, c’est d’abord rompre avec l’idéologie dominante qui considère comme un droit inaliénable l’utilisation ce mode de transport. Pourtant, moins de 10 % des humains ont déjà pris l’avion. Moins de 1% l’emprunte tous les ans. Ces 1 %, la classe dominante, sont les riches des pays riches. Ce sont eux qui détiennent les médias et fixent les normes sociales. L’avion est le mode de transport le plus polluant par personne transportée. Du fait de sa grande vitesse, il artificialise notre rapport à la distance.
Nous préférerons aller moins loin, mais mieux, à pied, en roulotte à cheval, à bicyclette ou en train, en bateau à voile, avec tous les véhicules sans moteur.
4 Se libérer du téléphone portable
Le système engendre des besoins qui deviennent des dépendances. Ce qui est artificiel devient naturel. Comme nombre d’objets de la société de consommation, le téléphone est un faux besoin créé artificiellement par la pub. “ Avec le mobile, vous êtes mobilisable à tout instant ”. Avec le portable nous jetterons donc les fours micro-onde, les tondeuses à gazon, et tous les objets inutiles de la société de consommation.
Nous préférerons au portable le téléphone, le courrier, la parole, mais surtout, nous tacherons d’exister par nous-même au lieu de chercher à combler un vide existentiel avec des objets.
5 boycotter la grande distribution
La grande distribution est indissociable de l’automobile. Elle déshumanise le travail, elle pollue et défigure les pourtours des villes, elle tue les centres-ville, elle favorise l’agriculture intensive, elle centralise le capital, etc. La liste des fléaux qu’elle représente est ici trop longue pour être énumérée ici.
Nous lui préférerons : avant tout moins consommer, l’autoproduction alimentaire (potager)puis les commerces de proximité, les marchés, les coopératives, l’artisanat. Cela nous conduira aussi à consommer moins ou à refuser les produits manufacturés.
6 Manger peu de viande
Ou mieux, manger végétarien. La condition réservée aux animaux d’élevage révèle la barbarie technoscientifique de notre civilisation. L’alimentation carnée est aussi une grave problématique écologique. Mieux vaut manger directement des céréales plutôt que d’utiliser des terres agricoles pour nourrir des animaux destinés à l’abattoir. Manger végétarien ou manger moins de viande doit aussi déboucher sur une meilleure hygiène alimentaire, moins riche en calories.
7 Consommer local
Quand on achète une banane antillaise, on consomme aussi le pétrole nécessaire à son acheminement vers nos pays riches. Produire et consommer local est une des conditions majeures pour rentrer dans la décroissance, non dans un sens égoïste, bien sûr, mais au contraire pour que chaque peuple retrouve sa capacité à s’autosuffire. Par exemple, quand un paysan africain cultive des fèves de cacao pour enrichir quelques dirigeants corrompus, il ne cultive pas de quoi se nourrir et nourrir sa communauté (voir texte “ Dix objections majeures au commerce équitable ” http://ecolo.asso.fr/textes/2002031...).
8 Se politiser
La société de consommation nous laisse le choix : entre Pepsi-Cola et Coca-Cola ou entre le café Carte noire et la café “ équitable ” Max Havelaar. Elle nous laisse de choix de consommateurs. Le marché n’est ni de droite, ni du centre, ni gauche : il impose sa dictature financière en ayant pour objectif de refuser tout débat contradictoire et tout conflit d’idée. La réalité serait l’économie : aux humains de s’y soumettre. Ce totalitarisme est paradoxalement imposé au nom de la liberté, de consommer. Le statut de consommateur est considéré comme supérieur à celui d’humain.
Nous préférerons nous politiser, comme personne, dans les associations, les partis, pour combattre la dictature des firmes. La démocratie exige une conquête permanente. Elle se meurt quand est elle abandonnée par ses citoyens. Il est aujourd’hui temps de lui insuffler les idées de la décroissance.
9 Développement personnel
La société de consommation a besoin de consommateurs serviles et soumis qui ne désirent plus être des humains à part entière. Ceux-ci ne peuvent alors tenir que grâce à l’abrutissement, par exemple, devant la télévision, les “ loisirs ” ou la consommation de neuroleptiques (Proxac...). Au contraire, la décroissance économique a pour condition un épanouissement social et humain. S’enrichir en développant sa vie intérieure. Privilégier la qualité de la relation à soi et aux autres au détriment de la volonté de posséder des objets qui vous posséderont à leur tour. Chercher à vivre en paix, en harmonie avec la nature, à ne pas céder à sa propre violence, voilà la vraie force.
10 Cohérence
Les idées sont faites pour être vécues. Si nous ne sommes pas capables de les mettre en pratique, elles n’auront pour seules fonctions que de faire vibrer nos ego. Nous sommes tous dans le compromis, mais nous cherchons à tendre à plus de cohérence. C’est le gage de la crédibilité de nos discours. Changeons et le monde changera.
Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive. A vous de la compléter. Mais si nous ne cherchons pas à tendre vers cette recherche de cohérence, nous serons réduit à nous apitoyer très hypocritement sur les conséquences de nos propres mode de vie. Evidemment, il n’est pas de mode de vie “ pur ” sur la Terre. Nous sommes tous dans le compromis et c’est bien ainsi.
Voir en ligne : casseursdepub.org
jeudi 8 novembre 2018
Mouvement de rébellion contre l'extinction / Extinction Rebellion
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Un Député de La République en Marche se rebelle, lui aussi
Mobilisations « climat » : montée en puissance et en détermination
« Nos politiciens, sous l’influence des grandes entreprises, nous ont laissé tomber. Alors qu’ils emmènent la planète au bord du gouffre, il est temps de désobéir de manière non violente et perturbatrice. » C’est par ces mots que Georges Monbiot, éditorialiste du Guardian, résumait il y a quelques jours une perception grandissante parmi les citoyens qui se mobilisent pour la sauvegarde d’une planète habitable. Dans un nombre croissant de pays, le ton des mobilisations pour le climat est en train d’évoluer. Le politiquement correct se voit dépassé par un discours plus direct qui se veut en phase avec la gravité de la situation. Analyse.
Une crédibilité politique qui s’effondre
Dans une tribune publiée début septembre dans l’Echo, un groupe de citoyens belges s’impatiente :« Aucune politique ne semble à la hauteur des actions à mener pour enrayer le changement climatique. (…) Avez-vous dû modifier une seule de vos habitudes dans votre mode de vie, à la suite de l’action des autorités publiques, durant ces 5 dernières années ? Avez-vous été sérieusement incités à isoler votre logement et renoncer au mazout, à manger plus végétarien et moins de viande, à rouler davantage en vélo et à abandonner votre voiture, à partir en vacances en train et pas en avion, à acheter en deuxième main et faire réparer plutôt qu’acheter neuf ? »
Et d’appeler à utiliser les élections pour « démettre les élus passifs et voter en faveur des candidats qui mèneront une véritable transition sociétale ».
Même tonalité en France, où l’Astrophysicien Aurélien Barrau rencontre un écho national suite à une tribune portée avec 200 personnalités médiatiques :
« Plus aucun pouvoir politique qui ne ferait de la sauvegarde de la planète sa priorité n’est aujourd’hui crédible. On ne peut pas être gouvernés par des gens qui nient la vie. »
« Toute politique qui n’est pas prioritairement écologique est aujourd’hui caduque, parce qu’elle est un crime contre l’avenir. (…) On ne peut pas continuer de faire semblant que tout est compatible avec tout. Il faut s’opposer à un peu de notre liberté, à un peu de notre confort mais c’est finalement pour avoir la possibilité de continuer à jouir d’une planète habitable. »
En Angleterre, le lancement le 31/10 du mouvement pacifique Extinction Rebellion est soutenu par une centaine d’académiques qui s’expriment en ces termes :
« Nous ne tolérerons pas que ce gouvernement, ou tout autre, ne prenne pas de mesures énergiques et urgentes face à l’aggravation de la crise écologique. La science est claire, les faits sont incontestables et il est inadmissible pour nous que nos enfants et petits-enfants aient à supporter le poids terrifiant d’un désastre sans précédent fabriqué par nous-mêmes. »
« Notre gouvernement est complice dans son incapacité à reconnaître le fait que la croissance économique infinie sur une planète aux ressources limitées n’est pas viable. Au lieu de cela, il fait la promotion irresponsable d’un consumérisme effréné dans un marché débridé et il laisse les émissions de gaz à effet de serre augmenter. »
« Lorsqu’un gouvernement se détourne délibérément de sa responsabilité de protéger ses citoyens et d’assurer l’avenir pour les générations futures, il manque à son devoir le plus essentiel. Le « contrat social » est rompu, et c’est donc non seulement notre droit, mais aussi notre devoir moral de contourner l’inaction et le manquement flagrant au devoir du gouvernement, et de nous rebeller pour défendre la vie elle-même. »
Ce mouvement, qui envisage de bloquer une partie de Londres au mois de novembre, est mu par un slogan qui résume clairement la perspective adoptée : « L’espoir meurt, l’action commence ».
Points communs entre ces initiatives ? D’abord la tonalité directe, résultant d’une volonté de ne plus cacher ou minimiser la gravité objective de la situation. Ensuite la charge envers le monde politique qui, bien que l’ensemble de ses membres ne soient pas mis dans un même sac, se voit néanmoins tenu de reconquérir une légitimité en désintégration rapide, et de montrer qu’il peut encore servir à quelque chose pour défendre le bien commun. Troisièmement, ces initiatives sont authentiquement citoyennes : aucune d’elles n’émane de la société civile institutionnalisée, des ONG ou des associations environnementales. Elles sont d’abord l’œuvre d’individus, de femmes et d’hommes qui à un moment décident de s’exprimer et d’agir en tant que citoyens, sur des questions qui ne sont pas directement liées, la plupart du temps, à leur champ professionnel.
Et ironiquement, les ONG sont parfois la première cible, amicale, de ces initiatives citoyennes : ainsi Greenpeace UK a vu son siège occupé par Extinction Rebellion fin octobre, pour l’encourager à s’engager activement dans la campagne de désobéissance civile qui est mise sur pied…
Occuper le terrain et contester la légalité de ce qui détruit la planète
En termes de mobilisation, la tendance n’est pas neuve mais les mouvements se cristallisent sur l’occupation physique du terrain, en particulier dans les lieux ayant valeur d’exemple : mine de charbon de Hambach, en Allemagne, connue pour être la première source de gaz à effet de serre en Europe ; projets de fracturation hydraulique ou d’extension d’aéroport en Grande-Bretagne ; contournement autoroutier de Strasbourg (GCO)en France, etc. L’action juridique est également de mise, pour contester la légalité des projets qui contribuent à la destruction planétaire.En Belgique, plusieurs initiatives vont dans le même sens et auront un certain retentissement dans les semaines et mois avenir. Citons-en quatre, sans exhaustivité :
- 18 novembre 2018 : Trail du Second Souffle (et ses marches)
Mobilisation sportive, sous le signe du #StopBeton, pour la sauvegarde de la vallée de la Vesdre grâce à l’abandon du projet de contournement autoroutier « CHB » à l’Est de Liège.
- 27 novembre 2018 : Grève pour le Climat
Stopper le travail pendant une heure et organiser sur son lieu de travail une discussion avec ses collègues sur la façon de lutter contre le réchauffement climatique, à quelques jours de la COP24.
- 2 décembre 2018 : Claim the Climate
Marche pour le climat à Bruxelles, qui se veut la plus grande manifestation jamais réalisée en Belgique pour le climat.
- 2019 : L’affaire Climat
Procès contre les gouvernements fédéral et régionaux de Belgique, soutenu à ce jour par 38.581 citoyens et visant à « forcer l’État à respecter ses engagements en matière de politique climatique ».
Il faudra certainement du temps et beaucoup de persévérance pour que ces initiatives mènent à de réels changements, il faudra dépasser les égoïsmes consuméristes présents dans notre société, ainsi que les logiques d’accumulation du profit. Cependant, la plus grande force de ces initiatives réside peut-être dans le sentiment de dignité qu’elles confèrent à celles et ceux qui les portent et qui y participent. Ce sentiment qui jaillit dans l’action, avec la conscience de faire ce qui nous paraît juste, peut nous tirer collectivement vers le haut, et peut-être libérer notre monde de sa spirale infernale.
vendredi 2 novembre 2018
[Dérèglement climatique] Un choix entre Mad Max et Hunger Games + cycles de Milankovitch / [ Climatic Disorder] A choice between Mad Max and Hunger Games + cycles of Milankovitch
Rapport de l’ONU sur le changement climatique. L’humanité, nous dit-on, est condamnée à moins que les gens ne cèdent leur liberté aux experts, aux législateurs et aux bureaucrates qui eux peuvent nous sauver.
Par Jonathan Miltimore – Le 15 octobre 2018 – Source fee.org

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié cette semaine un rapport spécial détaillant toutes les façons avec lesquelles le changement climatique devrait faire des ravages sur les humains. Le rapport compte environ 800 pages, alors je vais vous en présenter un résumé pour vous faire gagner du temps :
- Aujourd’hui, les températures mondiales sont de 1,0°C supérieures aux températures préindustrielles.
- Nous constatons une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes et d’autres conséquences négatives découlant de cette augmentation, y compris le recul de la glace de mer dans l’Arctique et l’élévation du niveau mondial de la mer.
- Une augmentation de 1,5°C sera (bien) pire qu’une augmentation de 1,0°C ; et 2°C serait encore bien pire.
- Nous sommes actuellement sur la bonne voie pour dépasser les 3°C.
- Seuls des changements profonds et radicaux dans l’économie mondiale peuvent prévenir une catastrophe mondiale.
Les sombres conclusions du rapport ont été annoncées lors d’une conférence de presse donnée par un panel des Nations unies à Incheon, en Corée du Sud. Les panélistes ont tenté de paraître optimistes, mais il n’y a pas eu d’édulcoration autours de la principale conclusion du rapport.
« Si l’on veut stabiliser le réchauffement climatique à 1,5°C, le message clé est que les émissions nettes de CO2 à l’échelle mondiale doivent atteindre zéro d’ici 2050 », a déclaré Valérie Masson-Delmotte, membre du panel, climatologue française et directrice de recherche au Commissariat aux énergies alternatives et aux énergies atomiques. « C’est la conclusion la plus importante du rapport. »
Le rapport indique clairement que le pétrole, le gaz et le charbon – dont le monde dépend fortement – doivent être éliminés progressivement pour atteindre cet objectif, en particulier le charbon.
« Le charbon devra être réduit très, très fortement d’ici le milieu du siècle », a déclaré Jim Skea, un universitaire écossais et membre du GIEC. « Le charbon a la teneur en carbone la plus élevée de tous les combustibles fossiles. »
Sans ces réductions substantielles, des millions de personnes mourront, nous dit-on. Littéralement.
Certains détestent décrire le dernier effort de l’ONU comme le « rapport de la peur », mais considérons les réactions qu’il a suscitées. Un journaliste climatique du New York Timesl’a dit ainsi :
« J’écoute le groupe d’experts de l’ONU sur les changements climatiques et ils disent essentiellement qu’il faudrait un effort herculéen pour nous empêcher d’atteindre une augmentation de 1,5°C. D’après leur description, la différence entre 1,5°C et 2°C est essentiellement la différence entre Hunger Games et Mad Max. »
Un professeur d’université qui a travaillé sur le rapport a dit qu’il l’a fait pleurer.
« Je suis bouleversée par le défi auquel nous sommes confrontés », a déclaré à Grist Diana Liver, professeure à l’Université de l’Arizona. « J’ai pleuré dans l’avion du retour, d’épuisement et j’ai réfléchi aux implications du rapport. »
Je cite ces exemples non pas pour tourner en dérision des gens qui semblent réellement préoccupés par le changement climatique, mais pour démontrer un point : ces résultats sont censés nous faire peur.
L’utilisation de la peur
La peur, bien sûr, est peut-être le plus grand facteur de motivation au monde. Et dans ce cas, la peur est tout à fait rationnelle si l’on accepte l’hypothèse que le monde sera confronté à une apocalypse climatique si les émissions nettes de CO2 ne sont pas ramenées à zéro. Parce que ça n’arrivera certainement pas.
Heureusement, les scientifiques en général et les environnementalistes en particulier ont un bilan plutôt médiocre en matière de prévisions alarmistes. Pourtant, la capacité du gouvernement à utiliser les menaces perçues pour étendre son pouvoir est nettement plus impressionnante (et plus dangereuse).
Et sans surprise, certains citent déjà les conclusions du rapport comme preuve que les gouvernements du monde entier doivent accélérer considérablement la réglementation du libre marché pour nous sauver.
« Les plus grands scientifiques du monde viennent d’apporter un soutien rigoureux au démantèlement systématique du capitalisme en tant que condition essentielle au maintien de la civilisation et d’une planète habitable », a déclaré le météorologiste Eric Holthaus, qui a couvert la conférence de presse pour Grist.
Dans une certaine mesure, cette déclaration est une hyperbole de la part de Holthaus, un ardent défenseur de la lutte contre le changement climatique. À ma connaissance, aucun argument « rigoureux » en faveur du démantèlement du capitalisme n’a été avancé au cours des tables rondes. (J’ai regardé les 90 minutes de la conférence, même si j’avoue que je me suis peut-être endormi vers la fin.)
Quoi qu’il en soit, Holthaus n’a pas tort de dire que les panélistes ont clairement indiqué que l’action de l’État était le principal mécanisme, sinon le seul, pour faire face à la catastrophe imminente. À l’exception peut-être de l’économiste sud-coréen Hoesung Lee, l’actuel président du GIEC, on s’est peu intéressé à la façon dont l’innovation humaine et la technologie pourraient être utilisées dans cet effort.
Les moyens, pas la fin
C’est depuis longtemps mon problème avec la science du changement climatique : elle m’a toujours semblé un peu comme un moyen d’arriver à une fin. Un problème brûlant si vaste, exigeant une action collective si vaste, que seule une planification centrale la plus large possible pourrait résoudre. L’humanité, nous dit-on, est condamnée à moins que les gens ne cèdent leur liberté aux experts, aux législateurs et aux bureaucrates qui peuvent nous sauver.
Y a-t-il des raisons d’être sceptique ? Bien sûr que oui. Les sages paroles de l’historien britannique Paul Johnson, récemment soulignées dans un article de Lawrence Reed pour FEE, nous aident à comprendre pourquoi.
Johnson a observé que bon nombre des horreurs du XXe siècle provenaient des idées d’intellectuels, d’experts et d’utopistes désireux de « corriger » les déséquilibres supposés dans notre monde. Voici ce qu’il a écrit :
« L’une des principales leçons de notre siècle tragique, qui a vu tant de millions de vies innocentes sacrifiées dans des projets visant à améliorer le sort de l’humanité, est de prendre garde aux intellectuels. Ils ne doivent pas seulement être tenus à l’écart des leviers du pouvoir, ils doivent aussi faire l’objet d’une méfiance particulière lorsqu’ils cherchent à offrir des conseils collectifs. »
C’est un bon conseil.
Et si la « solution au changement climatique » exige de céder l’autonomie des individus et des entreprises à l’État, eh bien, ce n’est pas du tout une solution. C’est la voie du servage. Et contrairement à Mad Max et Hunger Games, l’histoire montre qu’il n’y a rien de fictif là-dedans.
Jonathan Miltimore est le rédacteur en chef de FEE.org. Auparavant, Jon était directeur des médias numériques chez Intellectual Takeout, où il était responsable du contenu éditorial quotidien, de la stratégie Web et de l’exploitation des médias sociaux. Auparavant, il a été rédacteur en chef de The History Channel Magazine, rédacteur en chef de Scout.com et reporter général pour le Panama City News Herald. Jon a également servi comme stagiaire dans le département de rédaction de discours sous George W. Bush.
Note du Saker Francophone Pour être complet, certains anti-systèmes se renom comme PCR sont convaincu de la réalité du changement climatique.
Traduit par Hervé pour le Saker Francophone
source : http://lesakerfrancophone.fr/un-choix-entre-mad-max-et-hunger-games
La différence entre les changements climatiques causés par les humains et ceux des cycles de Milankovitch
La différence entre les changements climatiques causés par les humains et ceux des cycles de Milankovitch
Paul Craig Roberts
Comme je le savais, mon compte-rendu sur le livre très sérieux et très documenté Un crime sans précédent ( https://www.paulcraigroberts.org/2018/10/26/global-warming-is-real-the-threat-is- real-ecocide-is-on-the-horizon / ) a donné lieu à des condamnations de la part des trolls de l'industrie des énergies fossiles et des libertaires qui pensent que le réchauffement climatique est un stratagème permettant au gouvernement de prendre davantage de pouvoir sur le secteur privé. Personnellement, je souhaiterais que les trolls et les libertariens des énergies fossiles aient raison, mais ils ont peu de preuves, voire aucune. Je dois dire que je suis découragé par le fait que les campagnes de désinformation des oligarques priment à nouveau sur les faits.
Les négateurs du réchauffement climatique, qui incluent des personnes honnêtes et non idéologiques, affirment que la planète a été soumise à de nombreuses périodes de réchauffement et de refroidissement et qu'il est naturel que les cycles se poursuivent. Les climatologues le savent très bien et c'est ce qui les dérange. Le fait que la planète se soit réchauffée et refroidie auparavant ne signifie pas qu’il n’y a aucun danger.
En cherchant une explication simple pour les lecteurs, j'ai trouvé ce rapport ( https://www.cnn.com/2015/11/06/world/two-degrees-question-ice-ages/index.html ) d'un météorologue de CNN en 2015. (Notez que la hausse de température de 0,85 centigrade indiquée dans le rapport atteint, seulement 3 ans plus tard, jusqu'à 1,1 ° C).
La vraie question est de savoir pourquoi les émissions de gaz à effet de serre créées par l'homme depuis environ 1880, le début de l'ère industrielle, sont plus dangereuses que celles des cycles de Milankovitch. La réponse est: la vitesse du changement.
Voici l'essentiel du rapport de CNN:
Les scientifiques comprennent les processus naturels à l’origine des périodes de chaleur et de froid qui ont conduit aux périodes glaciaires. Ils se produisent dans des modèles réguliers appelés cycles de Milankovitch. Ces cycles se produisent parce que l'orbite terrestre autour du soleil n'est pas constante.
La forme de l'orbite change, l'inclinaison de la Terre sur son axe et même la direction de l'axe changent avec le temps. Tous ces changements se traduisent par des quantités variables d’énergie (c’est-à-dire de chaleur) que la planète reçoit du soleil. Ceci, bien sûr, détermine à quel point la planète devient chaude ou froide.
Bien que ces cycles aient un impact sur la Terre de la même manière que nous le voyons maintenant, ils se produisent très, très lentement.
Ces cycles ont lieu sur des périodes de 100 000 ans et le réchauffement observé, même s’il n’est «que» d’environ 0,85 ° C (18,5 ° C) depuis 1880, prendrait des milliers d’années si le processus était se produisant naturellement. De plus, lorsque vous tracez ces cycles orbitaux, nous devrions être dans une phase de «refroidissement» du cycle - sans réchauffement.
L'autre fait important que nous apprenons en regardant ces cycles à long terme est que les gaz à effet de serre, à savoir le dioxyde de carbone et le méthane, montent et descendent avec la température globale. Quand les gaz à effet de serre sont élevés, la Terre est chaude, quand ils sont bas, la Terre est froide.
Mais encore une fois, lorsque ces changements se produisent naturellement, il faut des milliers, voire des dizaines de milliers d’années, alors que l’être humain l’a provoquée en un peu plus de 100 ans. En fait, les humains ont poussé le niveau de dioxyde de carbone dans notre atmosphère à des niveaux jamais vus depuis des millions d'années. Les derniers niveaux ont été aussi élevés, le niveau de la mer a été plusieurs mètres plus haut et les températures plus chaudes de plusieurs degrés.
Alors oui, le climat change naturellement, de la même manière qu’il le fait maintenant, mais cela se produit beaucoup, beaucoup plus lentement. Cela donne à la Terre et à ses différentes formes de vie le temps de s’adapter. Lorsque ces changements se produisent rapidement, vous pouvez avoir des extinctions de masse.
Notez que le réchauffement artificiel est suffisant pour augmenter les températures même si nous sommes en attente d'une période de refroidissement à long terme. Si nous étions dans une période de réchauffement à long terme, la combinaison du réchauffement à long terme et du réchauffement artificiel présenterait un défi encore plus grand.
Voici une autre explication de la différence: https://skepticalscience.com/climate-change-little-ice-age-medieval-warm-period.htm
Aujourd'hui, le monde se précipite vers la destruction sur deux fronts. Le premier est le changement climatique induit par l’homme, une menace que l’industrie des combustibles fossiles et ses canons embauchés ont réussi à cacher au public et au malheureux président Trump. L’autre est la ruée vers la guerre nucléaire que l’alliance du parti démocrate, des néoconservateurs sionistes et du complexe militaro-sécuritaire a déchaîné.
C'est extraordinaire le peu d'attention que ces menaces reçoivent.
Source : https://www.paulcraigroberts.org/2018/10/31/the-difference-between-climate-change-caused-by-humans-and-those-of-milankovitch-cycles/
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