Durée : environ 5'
"Il n'existe rien de constant si ce n'est le changement" BOUDDHA; Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots." MARTIN LUTHER-KING; "Veux-tu apprendre à bien vivre, apprends auparavant à bien mourir." CONFUCIUS ; « Nous savons qu’ils mentent, ils savent aussi qu’ils mentent, ils savent que nous savons qu’ils mentent, nous savons aussi qu’ils savent que nous savons, et pourtant ils continuent à mentir ». SOLJENITSYNE
jeudi 27 août 2015
dimanche 23 août 2015
Ivan Illich : "quand un peuple perd confiance dans la productivité industrielle, tout peut arriver, l'inversion devient vraiment possible" / Ivan Illich: " when people lose trust in the industrial productivity, anything can happen, the inversion becomes really possible "
ILLICH Ivan
Ivan Illich est connu pour avoir « enseigné » une société sans école ou pour avoir « ausculté » la Némésis médicale. Une synthèse de ses idées se retrouve dans La convivialité (Tools for conviviality), édité en 1973. C’est une analyse multidimensionnelle de la surcroissance industrielle. On retrouve dans ses écrits toutes les caractéristiques d’un objecteur de croissance avant la lettre.
« Dans une société riche, chacun est plus ou moins consommateur-usager ; de quelque manière, chacun joue son rôle dans la destruction du milieu. Le mythe transforme cette multiplicité de prédateurs en une majorité politique. En dépit de leur diversité individuelle, une commune adhésion à la croissance les réunit car leur satisfaction en dépend. La majorité silencieuse, gardienne des intérêts investis dans la croissance, paralyse toute action politique réelle. Les partis soutiennent un Etat dont le but avoué est la croissance du PNB, il n’y a rien à attendre d’eux lorsque le pire arrivera. Les administrations croient stabiliser et harmoniser la croissance en affinant les mécanismes et les systèmes de contrôle, mais elles ne font que précipiter la méga-machine institutionnelle vers un seuil de mutation. Essayer de susciter une ère à la fois hyperindustrielle et écologiquement réalisable, c’est accélérer la dégradation des autres composantes de l’équilibre multidimensionnel de la vie, le coût de la défense du statu quo monte en flèche.
« La crise écologique est en effet traitée superficiellement lorsqu’on ne souligne pas que la mise en place de dispositifs antipolluants n’aura d’effets que si elle s’accompagne d’une diminution de la production globale. Autrement ces mesures transfèrent nos ordures chez nos voisins, les réservent à nos enfants, ou les déversent sur le tiers-monde. Juguler la pollution créée localement par une grande industrie exige des investissements, en matériel et énergie, qui recréent, ailleurs, le même dommage à plus large échelle. Si l’on rend obligatoires les dispositifs antipolluants, on ne fait qu’augmenter le coût unitaire de production. Certes, l’on conserve un peu d’air respirable pour la collectivité, dès lors que moins de gens peuvent s’offrir le luxe de conduire une voiture, de dormir dans une maison climatisée, ou de prendre l’avion pour aller pêcher enfin de semaine ; mais au lieu de dégrader l’environnement physique, on accentue les écarts sociaux.
« Je crois que la croissance s’arrêtera d’elle-même. Un événement imprévisible et probablement mineur servira de détonateur à la crise, comme la panique de Wall Street a précipité la Grande Dépression. Une coïncidence fortuite rendra manifeste la contradiction structurelle entre les fins officielles de nos institutions et leurs véritables résultats. Ce qui est déjà évident pour quelques-uns sautera tout à coup aux yeux du plus grand nombre : l’organisation de l’économie tout entière en vue du mieux-être est l’obstacle majeur au bien-être. La crise dont je décris la venue prochaine n’est pas intérieure à la société industrielle, elle concerne le mode industriel de production en lui-même. La paralysie synergique des systèmes nourriciers provoquera l’effondrement général de la société techno-industrielle. Ce sera la première crise mondiale mettant en question le système industriel en lui-même et non plus localisée au sein de ce système.
« Quand un peuple perd confiance dans la productivité industrielle, tout peut arriver, l’inversion devient vraiment possible. Les forces qui tendent à limiter la production sont déjà au travail à l’intérieur du corps social, des hommes et des femmes condamnent une croissance qu’ils jugent destructrice. Gageons que leurs voix se feront mieux entendre quand la crise de la société surproductive s’aggravera. Cette crise obligera les humains à choisir entre les outils conviviaux et l’écrasement par la méga-machine, entre la croissance indéfinie et l’acceptation de bornes multidimensionnelles. La seule réponse possible à cette crise profonde : établir, par accord politique, une autolimitation. Il faut aussi que chacun apprenne le pourquoi et le comment de la contraception. La raison en est claire ; l’homme est borné par les ressources de l’écosphère, son univers ne peut admettre qu’un nombre limité d’occupants. Par la technique, il a modifié les caractéristiques de sa niche écologique. L’écosphère peut maintenant accueillir plus de gens, chacun moins adapté vitalement à son environnement (chacun ayant en moyenne moins d’espace, moins de compétence, moins de traditions). Sans la pratique d’une contraception volontaire et efficace, l’humanité sera écrasée par son nombre, avant même d’être écrasée par la puissance de son propre outillage. Le paradoxe est que l’homme oppose la plus grande résistance à l’enseignement dont il aurait besoin au plus haut degré.
« Si, dans un très proche avenir, l’humanité ne limite pas l’impact de son outillage sur l’environnement et ne met pas en œuvre un contrôle efficace des naissances, nos descendants connaîtront l’effroyable apocalypse prédite par maint écologue. La gestion bureaucratique de la survie humaine doit échouer car une telle fantaisie suicidaire maintiendrait le système industriel au plus haut degré de productivité qui soit endurable. L’homme vivrait protégé dans une bulle de plastique qui l’obligerait à survivre comme le condamné à mort avant l’exécution. Pour garantir sa survie dans un monde rationnel et artificiel, la science et la technique s’attacheraient même à outiller le psychisme de l’homme. Mais l’installation du fascisme techno-scientifique n’est pas obligatoire, il y a une alternative : un processus politique qui permette à la population de déterminer le maximum que chacun peut exiger, dans un monde aux ressources manifestement limitées ; un processus d’agrément portant sur la limitation de la croissance de l’outillage ; un encouragement à la recherche de sorte qu’un nombre croissant de gens puissent faire toujours plus avec toujours moins.
« La désaccoutumance à la croissance sera douloureuse. Elle sera douloureuse pour la génération de transition, et surtout pour les plus intoxiqués de ses membres. Puisse le souvenir de telles souffrances préserver de nos errements les générations futures. »
Source : http://biosphere.ouvaton.org/i/326-illich-ivan
vendredi 21 août 2015
Documentaire vidéo (4') : la méditation peut-elle apporter la paix mondiale ? (John Hagelin) / Video documentary (4 '): can the meditation bring the world peace? (John Hagelin)
Une courte mais édifiante intervention de John_Hagelin à propos de la méditation transcendantale et de son impact possible (ou avéré) sur la paix mondiale. Bien sûr, il ne fait pas l'unanimité mais l'important, c'est d'y croire autant que d'autres croient au capitalisme durable.
Christophe
"John Hagelin (né le 9 juin 1954) est professeur de physique en physique quantique de nationalité américaine. Il a été chercheur à l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire ou Laboratoire européen pour la physique des particules (CERN) et le Centre de l'accélérateur linéaire de Stanford (SLAC).
Le Dr Hagelin a été nommé lauréat du prix Kilby. Ce prix est décerné en reconnaissance aux scientifiques qui ont fait « une contribution majeure à la société à travers leurs travaux de recherche appliquée dans les domaines de la science et de la technologie »1. Le Dr Hagelin reçoit ce prix pour ses travaux en physique des particules, et dans le développement de la théorie supersymétrique du champ unifié (supersymmetric grand unified field theory)2. Le prix reconnait le DrHagelin comme étant « un scientifique dans la tradition d'Einstein, Jeans, Bohr et Eddington »3.
John Hagelin est à l'origine du développement d'une théorie du théorie du tout (« Unified field theory » en anglais) sur la base des supercordes. Il est également connu pour son investissement dans les activités du mouvement de méditation transcendantale.
Il a mené des recherches sur l'Effet Maharishi (en référence à Maharishi Mahesh Yogi) qui désigne le résultat de paix dans le monde que produirait une pratique collective de la Méditation transcendantale4,5.
Il a été le candidat du Parti de la loi naturelle américain dans la campagne des élections présidentielles aux États-Unis (en 1992, 1996 et 2000), et le directeur du mouvement de la méditation transcendantale aux États-Unis6. Le Parti de la loi naturelle s'est fait connaître en France lors des élections législatives de 19977,8.
En 1996 Hagelin a été l'un des cinq candidats à la présidentielle qui présentait suffisamment de votes pour prétendre remporter l'élection dans le collège électoral(un corps d'électeurs choisis pour élire le président et le vice-président des États-Unis9,10). En raison de leurs résultats, John Hagelin, H. Ross Perot et le candidatHarry Browne, ont cherché à participer aux débats nationaux télévisés présidentiels. Toutefois, la Commission sur les débats présidentiels, une organisation privée à but non lucratif formé par les Comités nationaux démocrate et républicain, a conclu que ni Hagelin, ni Perot, ni Browne n’avaient de réelle chance de remporter l'élection, et a exclu les trois candidats des débats. Hagelin a remporté 113 667 voix dans cette élection nationale, soit environ 0,12 %10.
Interrogé en 2012 par la journaliste Lilou Macé sur sa motivation à s'investir dans le Parti de la loi naturelle, Hagelin répond : « l'idée était de commencer à injecter dans le dialogue, de nouvelles idées importantes. Tout, des énergies renouvelables à la médecine préventive, la promotion de la santé pour la prévention de la maladie, à l'éducation qui développe ce potentiel total du cerveau ! Ce sont des idées importantes qui vont de plus en plus remodeler la société et ce fut pour moi le raison d'entrer dans la politique, non pas pour être élu ; les petits partis ne gagnent jamais mais sont responsables des changements les plus importants. Aux États-Unis, des choses comme le droit de vote des femmes ; l'abolition de l'esclavage ; les lois sur le travail des enfants et tout ce qui est important sont venues des voix des tiers partis. Et finalement, elles font leur chemin à l'intérieur du courant dominant, elles sont absorbées par les deux partis monolithiques. Donc, c'est la raison d'existence politique des tiers partis aux États-Unis, aussi impossible que la tâche puisse paraître ! »11.
John Hagelin a été nommé Raja de l'Amérique par Maharishi Mahesh Yogi (Raja étant équivalent de « Roi » en hindi). Il est directeur de l'Institut des Sciences, des technologies à l'Université Maharishi de Management12, Directeur exécutif du Center for Performance Leadership13, Directeur du Conseil consultatif de la Fondation David Lynch14, et Directeur International de l'Union Mondiale des Scientifiques pour la Paix15."
Hagelin dans la culture[modifier | modifier le code]
- Il a participé à un docu-fiction controversé pour son caractère pseudo-scientifique, «Que sait-on vraiment de la réalité !?», sorti en novembre 2007.
- Il a également reçu le Prix Ig Nobel, parodique, pour avoir déclaré que 4 000 pratiquants de la méditation transcendantale avaient réduit la criminalité de 18 % à Washington D.C16."
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Hagelin
Source de la vidéo :
https://www.youtube.com/watch?v=YXLeQxMPImA
Transcription de l'intervention :
“Je vais vous montrer très rapidement quelques unes des premières études, voici la 1ere, sans entrer dans les détails, elle se situe au Moyen Orient, au pire moment de la guerre du Liban au début des années 80. Il a été suggéré, sur la base de plusieurs études à moindre échelle, que si suffisamment de gens font ensemble l’expérience, et stimulent ce champs fondamental de paix intérieure, une influence de paix rayonnerait dans le comportement des gens à travers la société. Les gens se réveilleraient le matin et décideraient “bon ! je ne vais tuer personne aujourd’hui”
Quelle belle idée ! qu’avec une vision large, moins étroitement crispée, moins étroitement centrée sur soi et stressée, ces actes terroristes désespérés n’ont pas vraiment de terrain fertile pour pousser.Ce tableau (voir la video) montre une ligne en pointillé qui monte et descend, ce qui représente la montée et la chute, sur une base quotidienne du nombre de gens qui méditent à Jérusalem, une moyenne de 1000 personnes plus ou moins.La ligne pleine représente le progrès vers la paix, au milieu de la guerre dans le Liban voisin.Même sans l’usage d’une analyse statistique, vous pouvez presque voir dans les données brutes que le progrès vers la paix, en termes de baisse du nombre de morts, de blessés de guerre, et du nombre de bombes, monte et descend presque en parallèle avec le nombre de gens qui méditent en groupe irradiant cette influence de paix intérieure qui devient extérieure.Quand on la soumet à une analyse mathématique, la probabilité que ce soit simplement dû à un coup de chance, dû au hasard, est au dessous d’1 pour 10 000. Etre capable d’avancer avec une telle certitude que la méditation en groupe a permis d’éviter la guerre, est réellement une découverte remarquable.Quand on l’a publié dans le “journal of conflict resolution” de l’université Yale cela produisit une tempête ! Tout d’abord sa simple publication prit 2 années car les éditeurs l’ont passé en revue plusieurs fois avant de conclure que l’article était inattaquable.Cet article était écrit selon un niveau de rigueur scientifique bien au delà des normes requises pour une publication dans tout journal.Donc les éditeurs du journal ont dû le publier mais ils l’ont accompagné d’une lettre disant que la conclusion est si inattendue, (soit : qu’1 millier de gens puissent influencer le comportement de millions d’autres) que d’autres scientifiques se devaient de répéter l’étude.C’est exactement ce qui est arrivé dans les 2 années et quart suivantes : 7 autres collaborations scientifiques ont répété cette étude, formant et réunissant des groupes de méditation pratiquant la Méditation Transcendantale, et pour chacune d’elles durant ces 2 années et quart une réduction significative de la violence et de la guerre fut observée : 80 pour 100 de réduction de mortalité et de blessures de guerre comparé aux autres jours durant ces 2 années et quart ou il n’y avait pas de groupe de méditation, durant lesquels la situation se détériora légèrement par comparaison avec la positivité indiquée par les 7 barres (cf tableau sur la video) montrant un progrès vers la paix hautement significatif au niveau statistique, pour chaque étude.Si vous mettez tout cela ensemble la probabilité que cette réduction de la guerre soit encore une fois due à un coup de chance et non aux groupes de méditation est de moins de 1/10 000 000.Il y a plus de certitude que la méditation de groupe puisse arrêter la guerre tout comme on appuie sur l’interrupteur d’une lampe pour que la lumière jaillisse, que de certitude que l’aspirine réduise le mal de tête, par exemple. C'est un fait scientifique"
Quelle belle idée ! qu’avec une vision large, moins étroitement crispée, moins étroitement centrée sur soi et stressée, ces actes terroristes désespérés n’ont pas vraiment de terrain fertile pour pousser.Ce tableau (voir la video) montre une ligne en pointillé qui monte et descend, ce qui représente la montée et la chute, sur une base quotidienne du nombre de gens qui méditent à Jérusalem, une moyenne de 1000 personnes plus ou moins.La ligne pleine représente le progrès vers la paix, au milieu de la guerre dans le Liban voisin.Même sans l’usage d’une analyse statistique, vous pouvez presque voir dans les données brutes que le progrès vers la paix, en termes de baisse du nombre de morts, de blessés de guerre, et du nombre de bombes, monte et descend presque en parallèle avec le nombre de gens qui méditent en groupe irradiant cette influence de paix intérieure qui devient extérieure.Quand on la soumet à une analyse mathématique, la probabilité que ce soit simplement dû à un coup de chance, dû au hasard, est au dessous d’1 pour 10 000. Etre capable d’avancer avec une telle certitude que la méditation en groupe a permis d’éviter la guerre, est réellement une découverte remarquable.Quand on l’a publié dans le “journal of conflict resolution” de l’université Yale cela produisit une tempête ! Tout d’abord sa simple publication prit 2 années car les éditeurs l’ont passé en revue plusieurs fois avant de conclure que l’article était inattaquable.Cet article était écrit selon un niveau de rigueur scientifique bien au delà des normes requises pour une publication dans tout journal.Donc les éditeurs du journal ont dû le publier mais ils l’ont accompagné d’une lettre disant que la conclusion est si inattendue, (soit : qu’1 millier de gens puissent influencer le comportement de millions d’autres) que d’autres scientifiques se devaient de répéter l’étude.C’est exactement ce qui est arrivé dans les 2 années et quart suivantes : 7 autres collaborations scientifiques ont répété cette étude, formant et réunissant des groupes de méditation pratiquant la Méditation Transcendantale, et pour chacune d’elles durant ces 2 années et quart une réduction significative de la violence et de la guerre fut observée : 80 pour 100 de réduction de mortalité et de blessures de guerre comparé aux autres jours durant ces 2 années et quart ou il n’y avait pas de groupe de méditation, durant lesquels la situation se détériora légèrement par comparaison avec la positivité indiquée par les 7 barres (cf tableau sur la video) montrant un progrès vers la paix hautement significatif au niveau statistique, pour chaque étude.Si vous mettez tout cela ensemble la probabilité que cette réduction de la guerre soit encore une fois due à un coup de chance et non aux groupes de méditation est de moins de 1/10 000 000.Il y a plus de certitude que la méditation de groupe puisse arrêter la guerre tout comme on appuie sur l’interrupteur d’une lampe pour que la lumière jaillisse, que de certitude que l’aspirine réduise le mal de tête, par exemple. C'est un fait scientifique"
mercredi 19 août 2015
Effondrement du Système sous un regard “perplexe“ / Collapse of the System under a "perplexed" look
Source : http://www.dedefensa.org/article-effondrement_du_syst_me_sous_un_regard_perplexe__19_08_2015.html
Auteur : Philippe Grasset
Auteur : Philippe Grasset
Le Japon va très mal et a subi de plein fouet les conséquences de la dévaluation du yuan. L’économie japonaise a connu une contraction de 0,4% pour le deuxième trimestre. L’action du gouvernement est énergique mais totalement inefficace, sinon même contre-productive par rapport à la crise, comme l’on continuerait à jeter, avec un entêtement étonnant, de l’huile sur le feu et encore plus de l’huile sur le feu. Toutes les actions de la plupart des gouvernements suivant la doxa-Système évidemment dominante vont dans ce sens, sont aussi absurdes, produisent les mêmes effets... Ainsi, plus les choses existantes dans l’organisation économique ne cessent de s’aggraver, plus l’on donne de l’argent aux banques, plus la bourse monte et suggère une situation en pleine amélioration, plus la situation de la fameuse et néanmoins persistante “économie réelle” se détériore, également à un rythme très rapide, par effet mimétique vers le côté destructeur. Ainsi se poursuit et s’amplifie cette situation qui revient, par la communication pour son extension, par la psychologique pour sa perception, à un extraordinaire effet de “camouflage” de la crise qui s’étend alors que “les indicateurs” boursiers, comme disent nos délicieux commentateurs-Système, sont vibrants d’enthousiasme ... Cela n’a aucun effet dans la vérité de la situation, l’immense village-Potemkine devenue village-global-Potemkine et effectivement immense, mais restant complètement Potemkine à cet égard. WSWS.org décrit bien le phénomène :
«Comme aux États-Unis et en Europe, où les banques centrales ont mené des programmes de relance financière similaires, l'injection par Abe de liquidités dans le système financier a eu l’effet de pousser à la hausse les prix des actions, a subventionné la spéculation financière et a augmenté la richesse des grandes sociétés, mais n’a pratiquement rien fait pour relancer l’économie réelle. La croissance du parasitisme financier a été reflétée dans la réponse du marché boursier japonais aux nouvelles économiques négatives. Dans ce qui est devenu une tendance mondiale, où les grands investisseurs réagissent aux signes de ralentissement continu de l’économie réelle en poussant les actions à des valeurs encore plus hautes dans l’attente de recevoir plus d’argent de la part des banquiers centraux, l’indice Nikkei a augmenté de 0,5 pour cent lundi.»
Ce texte de WSWS.org, publié le 19 août 2015 en version française (version anglaise originale le 18 août 2015) donne une appréciation générale de la situation qu’il définit comme “l’économie mondiale au bord de la dépression”. (Il en rajoute aujourd’hui, ce 19 août 2015, par un texte original en anglais où il compare la situation du capitalisme mondial à un “toboggan vers la catastrophe” ; comme l’on sait, sur un toboggan les enfants s’amusent follement mais n’en continuent pas moins de glisser, – c’est même cela qui est drôle, – et dans ce cas c’est vers la catastrophe...) Cela donne à peu près ceci, avec la conclusion du texte référencé :
«L’économie mondiale est plus étroitement interconnectée et complexe que jamais auparavant dans l’histoire. Mais sa division en États-nation rivaux, le cadre politique de base de la propriété privée capitaliste des moyens de production, rend toute résolution rationnelle et progressiste de la crise dans le cadre du capitalisme impossible.
Au lieu de cela, ce qui prédomine est une croissance ininterrompue du parasitisme et de la criminalité. Au cœur de la crise est une forte baisse de l’investissement productif. En avril dernier, le Fonds monétaire international a admis qu’il n’y avait pas de perspective pour un retour à des taux de croissance “normaux”, tels que ceux qui sont antérieurs à l’effondrement financier de 2008. Il a attribué cela avant tout à une baisse marquée de l’investissement productif dans les économies avancées d’Europe et d’Amérique du Nord.
»Les grandes sociétés américaines sont assises sur une montagne de liquidités de 1400 milliards de dollars. Mais les investissements d’infrastructure dans le premier trimestre aux États-Unis ont diminué de 2,8 pour cent. L’élite patronale et financière est en train d’affamer l’économie de l’investissement productif, et à la place est en train de se livrer à des manipulations financières et escroqueries qui augmentent sa richesse personnelle au détriment de la société. Le résultat est un chômage de masse, la baisse des salaires et la pauvreté croissante et la misère sociale pour la classe ouvrière.
»Fusions et acquisitions, qui génèrent des milliards pour les banques et les grands investisseurs tout en détruisant des emplois, sont à des niveaux records, non seulement aux États-Unis, mais à l’échelle internationale. C'est la même chose pour les rachats d’actions, dans lesquels les bénéfices des entreprises ne sont pas utilisés pour accroître la production ou mener des recherches et du développement, mais pour acheter les propres actions de la société pour faire grimper leur prix et augmenter les primes des dirigeants et les revenus des investisseurs.
»Depuis 2004, les entreprises américaines ont dépensé près de 7000 milliards de dollars pour acheter leurs propres actions. Selon le professeur William Lazonick de l’Université du Massachusetts, cela représente environ 54 pour cent de tous les bénéfices réalisés par les 500 sociétés de l’indice de Standard & Poor entre 2003 et 2012.»
A côté de ces articles de WSWS.org nous exposant combien nous sommes déjà enfoncés dans la crise, nous mentionnerons celui de The Economic Collapse du 18 août 2015 repris par ZeroHedge.com du même 18 août 2015, et développant l’idée que la crise est effectivement d’ores et déjà en cours, avec des tensions partout, et d’ores et déjà des krach boursiers survenus dans au moins 23 pays. L’idée développée ici est condensée dans les deux premières phrases (“Vous pouvez arrêter d’attendre la prochaine crise financière globale. La vérité est qu’elle a déjà commencé et qu’elle est en cours...”)
«You can stop waiting for a global financial crisis to happen. The truth is that one is happening right now. All over the world, stock markets are already crashing. Most of these stock market crashes are occurring in nations that are known as “emerging markets”. In recent years, developing countries in Asia, South America and Africa loaded up on lots of cheap loans that were denominated in U.S. dollars. But now that the U.S. dollar has been surging, those borrowers are finding that it takes much more of their own local currencies to service those loans. At the same time, prices are crashing [16] for many of the commodities that those countries export. The exact same kind of double whammy caused the Latin American debt crisis of the 1980s and the Asian financial crisis of the 1990s.
»As you read this article, almost every single stock market in the world is down significantly from a record high that was set either earlier this year or late in 2014. But even though stocks have been sliding in the western world, they haven’t completely collapsed just yet. In much of the developing world, it is a very different story. Emerging market currencies are crashing hard, recessions are starting, and equity prices are getting absolutely hammered. Posted below is a list that I put together of 23 nations around the world where stock market crashes are already happening...»
Ainsi se développe la crise, à la fois extrêmement puissante, à la fois extrêmement brouillée dans un immense brouillard de communication, par les mesures même qui sont prises depuis la précédente crise de 2008, laquelle n’apparaît alors que comme la phase précédente de la même crise ; ainsi sont créées et entretenues l’apparence de conditions factices de prospérité ou de promesses de prospérité, et de bonne marche de l’économie, et de promesses de plus en plus extravagantes et funambulesques par rapport à la situation qui exprime de plus en plus sa vérité. Le camouflage, l’habillage, la narrative sont d’une extraordinaire surpuissance et d’une résilience qui dépasse l’entendement, et activent d’autant la tendance à l’autodestruction par les soubresauts de plus en plus perceptibles de l’accélération de la destruction de l’économie réelle. Dans ce sens et si nous extrapolons ces constats à un paysage général, à l’évolution fondamentale des choses, au sens même de la marche de l’histoire-Système obligée de se hausser aux exigences de la métahistoire, nousretrouvons pleinement l’une des idées centrales de notre conception sur l’effondrement du Système telle que nous la présentons dans le Glossaire.dde du 12 janvier 2014 :
«Nous avons exposé jusqu’ici diverses circonstances, considérations, analyses, etc., qui nourrissent notre conviction du phénomène en cours de l’effondrement du Système. Nous parlons aussi bien des positions de principe et théoriques, des perspectives métahistoriques, etc., que des circonstances quotidiennes que nous fournit l’actualité du temps présent, et que nous analysons systématiquement d’un point de vue métahistorique et selon cette idée de l’effondrement du Système.
»Nous considérons en effet que les événements, observés sur le terme et dans la perspective que nous avons présentée, vont effectivement tous dans le sens de l’hypothèse de l’effondrement du Système, et de l’effondrement comme étant un processus en cours, et cela avec suffisamment de puissance et de vélocité pour rendre cette hypothèse non seulement plausible et digne de considération, mais proche d’être impérative. Il s’agit là de notre position exprimée, naturellement de notre point de vue et avec nos propres références, c’est-à-dire une position subjective si l’on veut. Cela ne nous semble nullement, ni un handicap, ni une faiblesse, ni un discrédit, et même au contraire ; nous nous trouvons dans une époque complètement déstructurée, où toute trace de référence objective a disparu (notamment dans le chef des autorités officielles et des élites, voir le 30 décembre 2013), où par conséquent un point de vue subjectif peut être soutenu hors de toute condamnation de disqualification pour parti-pris, “engagement”, etc. Il n’existe plus aucune autorité de référence qui puisse aujourd’hui prononcer une condamnation de disqualification d’une pensée ayant la prétention d’approcher une vérité pour “crime” de subjectivité, puisqu’une telle référence n’existe plus. Il existe donc la possibilité réelle, sinon inévitable d’un certain point de vue si l’on considère que la vérité objective existe hors de notre entendement et de nos capacités et que notre mission principale reste de nous en approcher, qu’une position de subjectivité structurée par une raison débarrassée de la subversion rencontre une vérité objective sous la forme de ce que nous désignons pour notre part comme une “vérité de situation”...»
Ainsi, nous considérons que les conditions actuelles, à l’inverse de celles qui prévalaient en 2007-2008, quand commençaient à se signaler les prémisses de la crise de l’automne 2008, ne constituent pas des prémisses, mais des étapes supplémentaires d’une crise effectivement déjà engagée et qui se poursuit naturellement en s’aggravant. La crise de 2008 (septembre 2008) n’a jamais été résolue et n’a cessé d’évoluer, sans cesser d’être une crise, jusqu’à aujourd’hui, en attendant la suite dans le même sens. De ce point de vue, on peut donc avancer que la crise est en cours depuis 2007-2008 dans sa phase aigüe, qu’elle s’est prolongée régulièrement depuis en étant camouflée en tant que crise, et n’a cessé de contribuer au processus d’effondrement du Système décrit par l’équation surpuissance-autodestruction qui est elle-même un moyen de camouflage de la crise.
D’autre part, et pour encore alimenter l’hypothèse qu’on se trouve bien dans la crise d’effondrement du Système en cours d’accomplissent, d’autres crises sectorielles, de domaines différents du domaine financier/économie, poursuivent elles-mêmes leur parcours dynamique et tiennent leur rôle dans l’aggravation de l’ensemble, elles aussi sans interruption. Elles aussi sont très souvent conduites et se poursuivent derrière une apparence d’accalmie, sinon de résolution. Ainsi en est-il de la crise iranienne, qui paraît résolue d’une certaine façon, sinon d’une façon certaine pour certains acteurs, et pourtant les conditions particulières aux USA font qu’avec sa résolution elle constitue un crise encore plus explosive avec des effets multiples dans divers autres domaines, crise du pouvoir à Washington, éventuellement crise à l’intérieur du bloc BAO, crise du dollar, éventuellement perspective d’une guerre, etc. Là encore, il existe un processus de “camouflage” de la crise, processus presque automatique, nous dirions sans intention de nuire, qui participe au processus qui conduit à se voir confirmée de ce côté également l’hypothèse que la Grande Crise d’effondrement du Système se poursuit sans que nous l’identifiions, sans que nous en ayons conscience, etc., – dans tous les cas, pour ceux qui obtempèrent à ce spectacle type-caverne de Platon que le Système nous donne à voir dans toutes les salles climatisées du complexe hollywoodien.
Néanmoins et d’une façon générale, à cause de la puissance du flux de la crise, notamment au niveau financier où sont amassées et empilées en plus grand nombre les constituants les plus explosifs pour l’équilibre des économies et des sociétés, il se pourrait qu’on approche d’un point où le camouflage ne camoufle plus grand’chose, et c’est bien là la préoccupation essentielle des dirigeants, – non pas que la crise évolue dans une dimension catastrophique mais qu’il semble qu’il n’existe plus rien qui permette de dissimuler ce fait que la crise évolue dans une dimension catastrophique.WSWS.org constate dans son texte d’aujourd’hui, avec deux données dont la confrontation rend un ton qui serait comique s’il n’y avait évidemment une tragédie à la mesure de l’univers, «l’impasse de l’économie et la perplexité des classes dirigeantes», – on est “perplexe” parce que la “voie sans issue” se révèle être, ô considérable surprise, une “impasse”, – parce qu’il pleut et, ô surprise, que cela mouille... C’est que, après les folies de ces sept dernières années réalisées par les autorités financières en faveur des banques, comme l’écrit le Wall Street Journal, «les USA manquent de munitions pour combattre la prochaine crise» ; du coup, Monsieur Stephen King, économiste en chef de la respectable et très engraissée ces dernières années HSBC, observe que «l’économie mondiale est comme un paquebot sans canots de sauvetage»... Il aurait pu aller plus loin et nous dire qu’elle est, l’économie mondiale, comme “le Titanic sans canots de sauvetage”, ce qui aurait le charme de nous offrir la perspective d’une catastrophe d’au-delà de la catastrophe classique dont le sort duTitanic est une image et un symbole universellement utilisés...
La question que nous devons nous poser à propos de cette situation ne concerne donc pas tant le fait de la crise, que celui de son camouflage, de la perception qu’on en a, etc., pour évoluer dans le même contexte de la Grande Crise d’effondrement du Système. Plus précisément, donc, la question n’est pas de savoir comment ils vont éviter la crise mais 1) comment et s’ils vont continuer à parvenir à la camoufler, et 2) comment et s’ils vont parvenir à camoufler non pas tant le fait de la poursuite de la crise que le fait que cette crise continuée et en aggravation constante est bien la Grande Crise d’effondrement du Système. Tous nos vœux les accompagnent.
Mis en ligne le 19 août 2015 à 17H36
Document vidéo : Les mensonges que nous vivons / The lie we live
Un document d'environ 8 minutes de Spencer Cathcart
Un document pour se bouger le cul
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lundi 17 août 2015
A propos de révolution : extrait du livre de Bernard Werber, "Le livre du voyage" / About revolution: extract of Bernard Werber's book, " The book of the journey "
Source :
"Je te propose aujourd'hui l'extrait d'un livre que j'ai lu il y a plusieurs années et que j'avais beaucoup aimé, et que je voulais partager ici depuis un bout de temps sans prendre le temps de rechercher ce passage.
Il s'agit d'un court ouvrage de Bernard Werber, auteur contemporain surtout connu pour sa "trilogie des Fourmis", et globalement pour toute son oeuvre mélangeant assez habilement philosophie, spiritualité, science-fiction, dans des ouvrages assez faciles d'accès.
L'ouvrage en question est "Le Livre du Voyage", un livre très court qui a la particularité de s'adresser directement au lecteur, en employant le tutoiement que j'affectionne particulièrement ici.
Je l'ai lu la première fois durant mon adolescence, et j'ai toujours gardé en mémoire ce passage intitulé "Lutte contre le système" :"
Il est cubique, titanesque, froid.
Il est doté de chenilles qui écrasent tout.
C'est le système social dans lequel tu es inséré.
Sur ses tours tu reconnais plusieurs têtes. Il y a celles
de tes professeurs,
de tes chefs hiérarchiques,
des policiers,
des militaires,
des prêtres,
des politiciens,
des fonctionnaires,
des médecins,
qui sont censés toujours te dire si tu as agi bien ou mal.
Et le comportement que tu dois adopter pour rester dans le troupeau.
C'est le Système.
Contre lui ton épée ne peut rien.
Quand tu le frappes, le Système te bombarde de feuilles :
carnets de notes,
P.V.,
formulaires de Sécurité sociale à compléter si tu veux être remboursé,
feuilles d'impôts majorés pour cause de retard de paiement,
formulaires de licenciement,
déclarations de fin de droit au chômage,
quittances de loyer, charges locatives, électricité, téléphone, eau, impôts locaux, impôts fonciers, redevance, avis de saisie d'huissier, menace de fichage à la Banque de France, convocations pour éclaircir ta situation familiale, réclamations de fiche d'état civil datée de moins de deux mois...
Le Système est trop grand, trop lourd, trop ancien, trop complexe.
Derrière lui, tous les assujettis au Système avancent, enchaînés.
Ils remplissent hâtivement au stylo des formulaires.
Certains sont affolés car la date limite est dépassée.
D'autres paniquent car il leur manque un papier officiel.
Certains essaient, quand c'est trop inconfortable, de se dégager un peu le cou.
Le Système approche.
Il tend vers toi un collier de fer qui va te relier à la chaîne de tous ceux qui sont déjà ses prisonniers.
Il avance en sachant que tout va se passer automatiquement et que tu n'as aucun choix ni aucun moyen de l'éviter.
Tu me demandes que faire.
Je te réponds que, contre le Système, il faut faire la révolution.
La quoi ?
LA RÉVOLUTION.
Tu noues alors un turban rouge sur ton front, tu saisis le premier drapeau qui traîne et tu le brandis en criant :
« Mort au Système. »
Je crains que tu ne te trompes.
En agissant ainsi, non seulement tu n'as aucune chance de gagner, mais tu renforces le Système.
Regarde, il vient de resserrer les colliers d'un cran en prétextant que c'est pour se défendre contre « ta » révolution.
Les enchaînés ne te remercient pas.
Avant, ils avaient encore un petit espoir d'élargir le métal en le tordant.
À cause de toi, c'est encore plus difficile.
Désormais, tu as non seulement le Système contre toi, mais tous les enchaînés.
Et ce drapeau que tu brandis, est-il vraiment le « tien » ?
Désolé, j'aurais dû t'avertir.
Le Système se nourrit de l'énergie de ses adversaires.
Parfois il fabrique leurs drapeaux, puis les leur tend.
Tu t'es fait piéger !
Ne t'inquiète pas : tu n'es pas le premier.
Alors, que faire, se soumettre?
Non.
Tu es ici pour apprendre à vaincre et non pour te résigner.
Contre le Système il va donc te falloir inventer une autre forme de révolution.
Je te propose de mettre entre parenthèses une lettre.
Au lieu de faire la révolution des autres, fais ta (r)évolution personnelle.
Plutôt que de vouloir que les autres soient parfaits, évolue toi-même.
Cherche, explore, invente.
Les inventeurs, voilà les vrais rebelles !
Ton cerveau est le seul territoire à conquérir.
Pose ton épée.
Renonce à tout esprit de violence, de vengeance ou d'envie.
Au lieu de détruire ce colosse ambulant sur lequel tout le monde s'est déjà cassé les dents, ramasse un peu de terre et bâtis ton propre édifice dans ton coin.
Invente. Crée. Propose autre chose.
Même si ça ne ressemble au début qu'à un château de sable, c'est la meilleure manière de t'attaquer à cet adversaire.
Sois ambitieux.
Essaie de faire que ton propre système soit meilleur que le Système en place.
Automatiquement le système ancien sera dépassé.
C'est parce que personne ne propose autre chose d'intéressant que le Système écrase les gens.
De nos jours, il y a d'un côté les forces de l'immobilisme qui veulent la continuité, et de l'autre, les forces de la réaction qui, par nostalgie du passé, te proposent de lutter contre l'immobilisme en revenant à des systèmes archaïques.
Méfie-toi de ces deux impasses.
Il existe forcément une troisième voie qui consiste à aller de l'avant.
Invente-la.
Ne t'attaque pas au Système, démode-le !
Allez, construis vite.
Appelle ton symbole et introduis-le dans ton château de sable.
Mets-y tout ce que tu es : tes couleurs, tes musiques, les images de tes rêves.
Regarde.
Non seulement le Système commence à se lézarder.
Mais c'est lui qui vient examiner ton travail.
Le Système t'encourage à continuer.
C'est ça qui est incroyable.
Le Système n'est pas « méchant », il est dépassé.
Le Système est conscient de sa propre vétusté.
Et il attendait depuis longtemps que quelqu'un comme toi ait le courage de proposer autre chose.
Les enchaînés commencent à discuter entre eux.
Ils se disent qu'ils peuvent faire de même.
Soutiens-les.
Plus il y aura de créations originales, plus le Système ancien devra renoncer à ses prérogatives.
Il est doté de chenilles qui écrasent tout.
C'est le système social dans lequel tu es inséré.
Sur ses tours tu reconnais plusieurs têtes. Il y a celles
de tes professeurs,
de tes chefs hiérarchiques,
des policiers,
des militaires,
des prêtres,
des politiciens,
des fonctionnaires,
des médecins,
qui sont censés toujours te dire si tu as agi bien ou mal.
Et le comportement que tu dois adopter pour rester dans le troupeau.
C'est le Système.
Contre lui ton épée ne peut rien.
Quand tu le frappes, le Système te bombarde de feuilles :
carnets de notes,
P.V.,
formulaires de Sécurité sociale à compléter si tu veux être remboursé,
feuilles d'impôts majorés pour cause de retard de paiement,
formulaires de licenciement,
déclarations de fin de droit au chômage,
quittances de loyer, charges locatives, électricité, téléphone, eau, impôts locaux, impôts fonciers, redevance, avis de saisie d'huissier, menace de fichage à la Banque de France, convocations pour éclaircir ta situation familiale, réclamations de fiche d'état civil datée de moins de deux mois...
Le Système est trop grand, trop lourd, trop ancien, trop complexe.
Derrière lui, tous les assujettis au Système avancent, enchaînés.
Ils remplissent hâtivement au stylo des formulaires.
Certains sont affolés car la date limite est dépassée.
D'autres paniquent car il leur manque un papier officiel.
Certains essaient, quand c'est trop inconfortable, de se dégager un peu le cou.
Le Système approche.
Il tend vers toi un collier de fer qui va te relier à la chaîne de tous ceux qui sont déjà ses prisonniers.
Il avance en sachant que tout va se passer automatiquement et que tu n'as aucun choix ni aucun moyen de l'éviter.
Tu me demandes que faire.
Je te réponds que, contre le Système, il faut faire la révolution.
La quoi ?
LA RÉVOLUTION.
Tu noues alors un turban rouge sur ton front, tu saisis le premier drapeau qui traîne et tu le brandis en criant :
« Mort au Système. »
Je crains que tu ne te trompes.
En agissant ainsi, non seulement tu n'as aucune chance de gagner, mais tu renforces le Système.
Regarde, il vient de resserrer les colliers d'un cran en prétextant que c'est pour se défendre contre « ta » révolution.
Les enchaînés ne te remercient pas.
Avant, ils avaient encore un petit espoir d'élargir le métal en le tordant.
À cause de toi, c'est encore plus difficile.
Désormais, tu as non seulement le Système contre toi, mais tous les enchaînés.
Et ce drapeau que tu brandis, est-il vraiment le « tien » ?
Désolé, j'aurais dû t'avertir.
Le Système se nourrit de l'énergie de ses adversaires.
Parfois il fabrique leurs drapeaux, puis les leur tend.
Tu t'es fait piéger !
Ne t'inquiète pas : tu n'es pas le premier.
Alors, que faire, se soumettre?
Non.
Tu es ici pour apprendre à vaincre et non pour te résigner.
Contre le Système il va donc te falloir inventer une autre forme de révolution.
Je te propose de mettre entre parenthèses une lettre.
Au lieu de faire la révolution des autres, fais ta (r)évolution personnelle.
Plutôt que de vouloir que les autres soient parfaits, évolue toi-même.
Cherche, explore, invente.
Les inventeurs, voilà les vrais rebelles !
Ton cerveau est le seul territoire à conquérir.
Pose ton épée.
Renonce à tout esprit de violence, de vengeance ou d'envie.
Au lieu de détruire ce colosse ambulant sur lequel tout le monde s'est déjà cassé les dents, ramasse un peu de terre et bâtis ton propre édifice dans ton coin.
Invente. Crée. Propose autre chose.
Même si ça ne ressemble au début qu'à un château de sable, c'est la meilleure manière de t'attaquer à cet adversaire.
Sois ambitieux.
Essaie de faire que ton propre système soit meilleur que le Système en place.
Automatiquement le système ancien sera dépassé.
C'est parce que personne ne propose autre chose d'intéressant que le Système écrase les gens.
De nos jours, il y a d'un côté les forces de l'immobilisme qui veulent la continuité, et de l'autre, les forces de la réaction qui, par nostalgie du passé, te proposent de lutter contre l'immobilisme en revenant à des systèmes archaïques.
Méfie-toi de ces deux impasses.
Il existe forcément une troisième voie qui consiste à aller de l'avant.
Invente-la.
Ne t'attaque pas au Système, démode-le !
Allez, construis vite.
Appelle ton symbole et introduis-le dans ton château de sable.
Mets-y tout ce que tu es : tes couleurs, tes musiques, les images de tes rêves.
Regarde.
Non seulement le Système commence à se lézarder.
Mais c'est lui qui vient examiner ton travail.
Le Système t'encourage à continuer.
C'est ça qui est incroyable.
Le Système n'est pas « méchant », il est dépassé.
Le Système est conscient de sa propre vétusté.
Et il attendait depuis longtemps que quelqu'un comme toi ait le courage de proposer autre chose.
Les enchaînés commencent à discuter entre eux.
Ils se disent qu'ils peuvent faire de même.
Soutiens-les.
Plus il y aura de créations originales, plus le Système ancien devra renoncer à ses prérogatives.
Dmitry Orlov - Donc, vous dites que vous ne voulez pas de révolution ? / Dmitry Orlov - Thus, you say that you do not want revolution?
Source : http://lesakerfrancophone.net/donc-vous-dites-que-vous-ne-voulez-pas-de-revolution/
Par Dmitry Orlov – Le 21 juillet 2015 – Source cluborlov
Au cours des derniers mois, nous avons été forcés de témoigner sur une farce humiliante qui se déroule en Europe. La Grèce, qui avait d’abord été acceptée dans l’Union monétaire européenne sous de faux prétextes, aux prises avec des niveaux excessifs de dette, puis paralysée par l’imposition de l’austérité, a finalement fait quelque chose : les Grecs ont élu un gouvernement qui a promis de faire bouger les choses. La plate-forme du parti Syriza avait fait les promesses suivantes, qui étaient tout à fait révolutionnaires dans leur esprit.
Mettre un terme à l’austérité et remettre l’économie grecque sur le chemin de la reprise.
Augmenter la taxe sur le revenu à 75% pour tous les revenus de plus de 500 000€, adopter une taxe sur les transactions financières et une taxe spéciale sur les produits de luxe.
Réduire radicalement les dépenses militaires, fermer toutes les bases militaires étrangères sur le sol grec et se retirer de l’Otan. Mettre fin à la coopération militaire avec Israël et soutenir la création d’un État palestinien dans les frontières de 1967.
Nationaliser les banques.
Adopter des réformes constitutionnelles visant à garantir le droit à l’éducation, les soins de santé et l’environnement.
Tenir des référendums sur les traités et autres accords avec l’Union européenne.
Parmi ceux-ci, seul le dernier point a été réalisé : on a eu droit à un référendum qui a exprimé un retentissant «Non!» à l’UE à la demande de plus d’austérité et du démantèlement et de la vente d’actifs publics grecs. Mais peu a été finalement fait car les résultats de ce référendum ont été ignorés.
Mais les problèmes ont commencé avant cette date. Après avoir été élus, les représentants de Syriza sont allés à Bruxelles pour négocier. Les négociations se sont déroulées généralement comme ceci : Syriza faisait une offre ; les fonctionnaires de l’UE la rejetaient, et faisaient progresser leurs propres revendications pour plus d’austérité ; Syriza faisait une autre offre, et les fonctionnaires de l’UE la rejetaient de nouveau et faisaient progresser leurs propres exigences pour encore plus d’austérité que lors du dernier tour ; et ainsi de suite, tout au long du processus jusqu’à la capitulation grecque. Tout ce que les fonctionnaires de l’UE avaient à faire pour forcer les Grecs à capituler, c’était d’arrêter le flux d’euros vers les banques grecques. Quels révolutionnaires ! Ça donnait l’impression d’un caniche qui essaye de négocier pour avoir un peu plus de croquettes dans son plat, si son maître le veut bien. Stathis Kouvelakis (un membre de Syriza) résume la position du gouvernement grec: «Voici notre programme, mais si nous constatons que sa mise en œuvre est incompatible avec le maintien de l’euro, nous l’oublierons.»
Ce n’est pas comme si les révolutions ne se produisaient plus. Oublions la Grèce, parlons juste d’un autre pays où il y a une révolution plutôt réussie qui se déroule pendant que nous parlons : ce qui était le nord de l’Irak et la Syrie est maintenant contrôlé par le régime révolutionnaire diversement connu sous les noms d’ISIS / ISIL / Daesh / califat islamique. Nous pouvons dire que c’est une véritable révolution en raison de son utilisation de la terreur. Tous les révolutionnaires dignes de ce nom utilisent la terreur et ce qu’ils disent généralement, c’est que leur terreur est une réponse à la terreur de l’ordre préexistant qu’ils cherchent à renverser, ou la terreur de leurs ennemis contre-révolutionnaires. Et par terreur, je veux dire assassinat de masse, expropriation, exil et prise d’otages.
Juste pour que vous me compreniez bien, permettez-moi de souligner d’emblée que je ne suis pas un révolutionnaire. Je suis un observateur et commentateur sur toutes sortes de choses, y compris les révolutions, mais je choisis de ne pas y participer. Restant un observateur et un commentateur, je suis supposé rester en vie, et mon programme de longévité personnelle appelle à ne pas être trop proche d’une révolutions parce que, comme je viens de le mentionner, les révolutions impliquent d’assassiner en masse.
Bon vieil oncle Jo. Les enfants l’aimaient.
Dans le cas de la révolution française, ça a commencé avec Liberté-Egalité-Fraternité puis on a rapidement commencé à guillotiner. La révolution russe de 1917 reste l’étalon-or pour les révolutions. Là, grâce à l’oncle Jo, ce qu’on appelé la terreur rouge a continué, encore et toujours, faisant des millions de morts. Mao et Pol Pot font également partie de ce panthéon révolutionnaire. La révolution américaine ne fut pas du tout une révolution, parce que les esclavagistes, sponsors génocidaires de la piraterie internationale sont restés au pouvoir sous la nouvelle administration. En février 2014, le putsch en Ukraine n’a pas non plus à être considéré comme une révolution ; ce fut un renversement violent du gouvernement légitime, imposé de l’extérieur, et l’installation d’un régime fantoche géré par les Américains ; mais, comme dans les colonies américaines, le même gang de voleurs, les Ukrainiens oligarques, continue de voler ce pays aveugle comme avant. Mais si les voyous nazis de Secteur droit prenaient le dessus et tuaient les oligarques, les représentants du gouvernement à Kiev et leurs donneurs d’ordres du département d’État des États-Unis / CIA / Otan, pour ensuite procéder à une campagne de terreur brune dans tout le pays, alors je pourrais commencer à appeler cela une révolution.
* * *
Le fait d’assassiner en masse n’est pas automatiquement la marque d’une révolution : vous avez juste à noter qui va se faire tuer. Si les morts se composent en majorité de bénévoles, de recrues, de mercenaires, ainsi que de beaucoup de civils ordinaires, cela ne fait pas une révolution. Mais si les morts comprennent un bon nombre d’oligarques, des PDG de grandes entreprises, des banquiers, des sénateurs, des membres du Congrès, des fonctionnaires, des juges, des avocats d’affaires, des officiers militaires de haut rang, alors, oui, ça commence à ressembler à une véritable révolution.
En plus de grosses flaques de sang jonchées de cadavre de hauts représentants de l’ancien régime, une révolution exige aussi une idéologie, pour corrompre et pervertir. En général, l’idéologie que vous avez est celle qui vous a servi à faire la révolution. Il va de soi que si vous ne disposez pas d’une idéologie, ce n’est pas vraiment une révolution. Par exemple, les colons américains en 1775 n’avaient aucune idéologie, seulement quelques exigences. Ils ne voulaient pas payer des impôts à la couronne britannique ; ils ne voulaient pas entretenir les troupes britanniques ; ils ne voulaient pas de limites à la traite des esclaves ; et ils ne voulaient pas de restrictions sur les profits de la piraterie en haute mer. Cela ne fait pas une idéologie ; c’est juste une simple et vieille histoire de cupidité. Avec les révolutionnaires ukrainiens, leur idéologie revient à quelques déclarations très basiques, «l’Europe est merveilleuse» et «Russes, allez vous faire f…». Cela ne vaut pas une idéologie en soi ; le premier point est un vœu pieux ; le second, une simple bigoterie.
Prenons l’exemple de ISIS / ISIL / Daash / califat islamique : ils sont islamistes, et l’idéologie qu’ils corrompent et pervertissent est l’islam, avec sa loi de la charia. Comment ? Les lettrés de l’Islam ont beaucoup aidé avec ce top-ten des arguments compilés ici :
Il est obligatoire de considérer les Yézidis. comme des Gens du Livre.
Il est interdit dans l’islam de refuser aux femmes leurs droits.
Il est interdit dans l’islam de forcer les gens à se convertir.
Il est interdit dans l’islam de défigurer les morts.
Il est interdit dans l’islam de détruire les tombes et tombeaux des prophètes et des compagnons.
Il est interdit dans l’islam de nuire ou de maltraiter des chrétiens ou des Gens du Livre.
Le djihad dans l’islam est une lutte purement défensive. Il est interdit sans une bonne cause, un but clair et de bonnes règles de conduite.
Il est interdit dans l’Islam de tuer des émissaires, des ambassadeurs et des diplomates – de plus, il est interdit de tuer les journalistes et les travailleurs humanitaires.
La loyauté envers son pays est permise par l’islam.
Il est interdit dans l’islam de déclarer un califat sans consensus de tous les musulmans.
Mais, comme le dit la célèbre formule de Lénine: «Si vous voulez faire une omelette, vous devez être prêt à casser quelques œufs.» Et si vous voulez faire une révolution, alors vous devez être prêt à pervertir votre idéologie. Ces lettrés islamistes qui s’exclament avec impatience «Cela n’est pas l’islam ! L’islam est une religion de paix et de tolérance» ont raté ce point : l’idéologie de ISIS / ISIL / Daesh / califat islamique est encore l’islam mais un islam révolutionnaire.
L’exemple de l’ISIS / ISIL / Daash / califat islamique est connecté au sujet de la Grèce, parce que c’est un exemple contemporain de ce qu’est vraiment une révolution, et elle se déroule dans un pays proche de la Grèce. Mais l’idéologie de Syriza n’est pas l’islam, c’est le socialisme et, philosophiquement, ses membres sont marxistes. Donc un meilleur exemple à suivre pour Syriza serait d’arrêter soudainement d’être les caniches pathétiques de l’Europe et d’endosser le manteau des intrépides révolutionnaires héroïques, ceux qui ont fait la bonne vieille révolution russe de 1917.
* * *
Comme je l’ai mentionné, l’un des outils les plus importants de la révolution est la terreur. En Russie, la terreur révolutionnaire a été appelée la terreur rouge, qui, selon les révolutionnaires, se pose en opposition à la terreur blanche du régime impérial russe, avec son fanatisme raciste (les juifs n’étaient acceptés dans aucune grande ville), ses nombreuses formes d’oppression, certaines majeures, d’autres rampantes, et une corruption endémique. Une caractéristique intéressante de la révolution russe est que la terreur a commencé plusieurs années avant l’événement.
Arrêtons-nous un instant pour nous demander pourquoi la terreur révolutionnaire est nécessaire. Une révolution est un changement radical dans la direction de la société. Laissée seule, la société tend à aggraver ses pires tendances au fil du temps : les riches deviennent plus riches, les pauvres plus pauvres, la police devient plus oppressante, le système judiciaire devient plus injuste, le complexe militaro-industriel produit du matériel militaire toujours moins efficace pour toujours plus d’argent, et ainsi de suite. C’est une question d’inertie sociale : la tendance des objets est de voyager en ligne droite en l’absence d’une force agissant de biais par rapport à la direction de son mouvement. La formule pour cette quantité de mouvement est :
p = mv
où p est la quantité de mouvement, m est la masse et v la vitesse.
Pour opérer un changement de cap radical, les révolutionnaires doivent appliquer une force luttant contre l’inertie sociale. Pour rendre cela possible avec leurs moyens limités, ils peuvent faire deux choses: réduire v, ou réduire m. Réduire v est une mauvaise idée : la révolution ne doit pas perdre son propre élan. Mais la réduction de m est, de fait, une bonne idée. Maintenant, il se trouve que, en ce qui concerne la dynamique sociale, la plus grande partie de la masse qui lui donne corps réside dans les têtes de certaines catégories de personnes : les responsables gouvernementaux, des juges et des avocats, des policiers, des officiers militaires, des gens riches, certains types de professionnels et ainsi de suite.
Le reste de la population pose beaucoup moins de problèmes. Supposons que certains révolutionnaires démontrent que
ils n’ont pas à se soucier de payer des impôts (parce les biens des riches seront confisqués)
la médecine et l’éducation sont maintenant libres
ceux qui ont des dettes peuvent cesser de payer et deviennent automatiquement propriétaires de leurs biens immobiliers de façon unilatérale
les locataires sont maintenant automatiquement propriétaires de leur lieu de résidence
les employés sont automatiquement actionnaires majoritaires dans leurs entreprises
ils doivent remplir une demande s’ils veulent une parcelle gratuite (nouvellement libérée) de terre à cultiver
il y a une amnistie générale et leurs proches qui ont été enfermés reviennent à la maison
des cartes de rationnement sont émises pour s’assurer que personne n’aura plus jamais faim
les sans-abri vont pouvoir s’installer chez ceux dont les résidences sont considérées comme indûment spacieuses
ils sont maintenant leur propre police et sont chargés de patrouiller dans leurs quartiers avec les gardes révolutionnaires disponibles en secours, et si des autorités non révolutionnaires, qu’elles soient les anciens policiers ou les anciens propriétaires, venaient déranger l’un d’eux, alors ces traîtres et ces imposteurs feraient face à la justice révolutionnaire expéditive, sur place.
La plupart des gens ordinaires penseraient que c’est une très bonne affaire. Toutefois, les représentants du gouvernement, de la police, des officiers militaires, les juges, les procureurs, les gens riches dont les biens doivent être confisqués, les mandataires sociaux et les actionnaires, ceux qui vivent sur les grasses retraites d’entreprise ou du gouvernement, etc., penseraient sans doute autrement. La solution révolutionnaire est de les prendre en otage, les envoyer en exil, et, pour faire un exemple sur les plus récalcitrants, les tuer. Cela réduit considérablement m, permettant aux révolutionnaires d’effectuer des changements drastiques sur le cours des choses alors même que v augmente. J’ai compilé cette liste parce qu’elle serait très facile à vendre, comme une confiserie, une évidence. Mais je manque du désir incontrôlable de casser des œufs et de l’appétit insatiable pour les omelettes. Comme je le disais, je ne suis pas un révolutionnaire, juste un observateur.
Dans la perspective de la révolution russe, de 1901 jusqu’à 1911, il y eu 17 000 de ces victimes. En 1907, le nombre moyen était de 18 personnes par jour. Selon les registres de la police, entre février 1905 et mai 1906, il y avait parmi les personnes tuées :
8 gouverneurs
5 vice-gouverneurs et autres administrateurs régionaux
21 chefs de police, chefs de municipalités et gardiens
8 officiers de police de haut rang
4 généraux
7 officiers militaires
79 huissiers de justice
125 inspecteurs
346 agents de police
57 gendarmes
257 agents de sécurité
55 membres du personnel de service de la police
18 agents de sécurité de l’État
85 employés du gouvernement
12 membres du clergé
52 agents ruraux du gouvernement
52 propriétaires fonciers
51 propriétaires et gestionnaires d’usines
54 banquiers et hommes d’affaires
Bonne vieille Zinka Institutrice, révolutionnaire, assassin
De toute évidence, ces actes terroristes doivent avoir eu un effet non négligeable dans l’adoucissement de la cible, ce qui rend le gouvernement plus facile à renverser. Ce ne fut pas un accident, mais une question de politique révolutionnaire bien articulée. Le concept de terreur rouge a été introduit par Zinaida Konoplyannikova, une institutrice rurale qui, fut la première sur le radar de la police pour être athée, elle a plus tard été reconnue coupable de terrorisme pour le meurtre d’un général-major bien connu, à bout portant. Lors de son procès en 1906, elle a dit ceci : «Le Parti [socialiste-révolutionnaire] a décidé de contrer la terreur du gouvernement blanc, vraiment sanglant, par la terreur rouge…» Elle a été exécutée par pendaison la même année, à l’âge de 26 ans .
Après la révolution, la terreur rouge est devenue la politique du gouvernement. Voici la réponse de Lénine, interrogé par les membres du parti communiste à propos de ses méthodes barbares: «Je raisonne sobrement et de façon catégorique : qu’est ce qui est mieux ? Emprisonner quelques dizaines ou centaines de provocateurs, coupables ou innocents, agissant consciemment ou inconsciemment, ou perdre des milliers de soldats et de travailleurs ? La première solution est la meilleure. Qu’ils m’accusent de tous les péchés mortels et violations de liberté, je plaide coupable, mais que les intérêts des travailleurs gagnent.»
Grand-père Lénine chantant une mélodie, Grandpa Trotsky jouant avec fougue de l’accordéon
Trotsky a produit une définition particulièrement croustillante de la terreur rouge. Il l’appelle «une arme à utiliser contre une classe sociale qui a été condamnée à l’extinction, mais ne veut pas mourir».
Les estimations du nombre exact des victimes de la terreur rouge varient. Robert Conquest a affirmé qu’entre 1917 et 1922, les tribunaux révolutionnaires ont exécuté 140 000 personnes. Mais l’historien O.B. Mozokhin, après une étude exhaustive des données disponibles dans les archives du gouvernement, n’en a pas trouvé plus de 50 000. Il a également noté que les exécutions étaient l’exception plutôt que la règle, et que la plupart des personnes exécutées ont été condamnées pour des actes criminels plutôt que politiques.
Mais ce ne fut rien en comparaison de ce que Staline a déclenché plus tard. Le fondement idéologique de la terreur stalinienne était «l’intensification de la lutte de classe pour l’aboutissement de la construction du socialisme», qu’il articule au plénum du Comité central en juillet 1928. Selon sa logique, l’URSS était économiquement et culturellement sous-développée, entourée par des États capitalistes hostiles, et tant qu’il restait la menace d’une intervention militaire étrangère dans le but de rétablir l’ordre bourgeois, seule la destruction préventive des restes des éléments bourgeois pourrait garantir la sécurité et l’indépendance de l’URSS. Ces éléments comprenaient des policiers, des responsables gouvernementaux, le clergé, les propriétaires fonciers et les anciens hommes d’affaires. Le pic de la répression stalinienne a eu lieu en 1937 et 1938. Au cours de ces deux années 1 575 259 personnes ont été arrêtées, dont 681 692 ont été abattues.
Vous pouvez être pardonné en voyant en Staline un meurtrier psychopathe, parce qu’il l’était certainement, mais plus important encore, il était un chef compétent, et suffisamment impitoyable, pour prendre la tête d’un État révolutionnaire. Pour un régime révolutionnaire, tuer trop de gens est rarement un problème, mais en tuer trop peu peut facilement se révéler fatal. Pour jouer la sécurité, un révolutionnaire doit toujours pencher du côté de l’assassinat. Cette attitude tend à envahir toute la pyramide du pouvoir : si vous donnez à Staline un mémorandum recommandant que 500 prêtres soient fusillés, Staline va rayer 500 au crayon et mettre 1000 en rouge, alors il vaut mieux trouver 500 autres prêtres à tuer, ou le nombre deviendra 1001, avec vous compris.
Cette garantie de la sécurité et de l’indépendance semble tenir la route. Après tout, il y a une invasion subséquente par un État bourgeois capitaliste hostile (Allemagne en 1941) et l’ordre bourgeois a été temporairement rétabli sur les territoires occupés. Mais il ne restait plus personne pour inciter à la rébellion contre-révolutionnaire, ailleurs en URSS, parce que la plupart des prétendus contre-révolutionnaires étaient morts.
Bien sûr, cela a pris la forme d’un terrible tribut pour la société. Voici ce que Poutine avait à dire au sujet de la terreur rouge :
Pensez aux otages qui ont été abattus pendant la guerre civile, la destruction de la totalité des strates sociales des membres du clergé, des paysans prospères, des Cosaques. Ces tragédies sont récurrentes dans l’histoire de l’humanité. Et ces idéaux initialement séduisants mais finalement vides, finissent toujours par être élevés au-dessus de la valeur principale, la valeur de la vie humaine, au-dessus des droits et des libertés de l’homme. Pour notre pays, ce fut particulièrement tragique, parce que l’échelle était colossale. Des milliers, des millions de personnes ont été détruites, envoyées dans des camps de concentration, tuées, torturées à mort. Et celles-ci étaient principalement des gens qui avaient leurs propres opinions, qui n’avaient pas peur de les exprimer. C’étaient les personnes les plus efficaces, la fleur de la nation. Même après de nombreuses années, nous sentons l’effet de cette tragédie sur nous-mêmes. Nous devons faire beaucoup, de sorte que ce ne soit jamais oublié.
Étant donné que le prix est si élevé, ce serait peut-être mieux après tout, si nous étions juste assis tranquillement, autorisant les riches à devenir plus riches tandis que les pauvres deviennent plus pauvres, regardant nonchalamment l’environnement complètement détruit par les industriels capitalistes dans leur poursuite aveugle du profit, et éventuellement recroquevillés sur nous même, pleurant sur notre sort pour un au-revoir avant de mourir ? Bonne chance pour vendre cette idée aux jeunes têtes brûlées radicalisées qui n’ont rien à perdre, sauf peut-être vous, si vous arrivez à vous mettre en travers de leur chemin pendant qu’ils changent le monde ! Non, la révolution est là pour rester, et l’une de ses principales armes est la terreur. Peu importe la façon dont nous nous souvenons, l’anéantissement des éléments contre-révolutionnaires sociaux est amené à se reproduire.
* * *
Pour en revenir à la Grèce et à Syriza : si ce parti n’était pas seulement une version particulièrement mielleuse de caniche pro-UE mais un parti révolutionnaire réellement honnête, prêt à faire ce qu’il faut ? Comment pourrait-il agir différemment ? Et quel serait le résultat ?
Eh bien, une chose qui vient à l’esprit immédiatement est qu’ils ne devraient pas essayer de rester dans une zone Euro qu’ils chercheraient à détruire. La solution est simple : pas de zone Euro, pas de dette en Euro, pas de problèmes. Il y a un principe général implicite : ne jamais accepter la responsabilité de ce que vous ne pouvez pas contrôler. Parlant d’expérience, supposons que vous invitiez un plombier pour réparer vos toilettes, et que le plombier constate que les toilettes ont été bricolées de multiples façons par un amateur incompétent. Dans cette situation, le geste professionnel à faire pour le plombier est de supprimer complètement ces toilettes. Maintenant, la solution devient simple : installer de nouvelles toilettes.
Voici une ou deux choses faciles que la Grèce pourrait avoir enclenchées à la place de vaines tentatives de négociation :
1. Annoncer immédiatement un moratoire sur tous les remboursement de la dette, en prenant comme position que la Grèce n’a pas de créanciers légitimes au sein de la zone euro, tout n’étant que fraude financière au plus haut niveau. Après quelques mois, les fausses entités financières de renflouement qui transforment magiquement les dettes pourries de la zone euro en titres notés AAA (car elles sont garanties par les gouvernements de la zone euro) seraient obligées de radier la dette grecque. En retour, les gouvernements de la zone euro, très affaiblis, rechigneraient au refinancement de leurs budgets nationaux, montrant au monde que leurs garanties ne valent pas le papier sur lequel elles sont écrites. Il s’en suivrait une implosion obligataire. Peu de temps après, l’euro disparaîtrait, et avec lui, toute la dette de la zone euro.
2. Lancer l’impression d’Euros sans l’autorisation de la banque centrale européenne. En cas d’accusation de faux, il faudrait rendre la falsification plus difficile à détecter en changeant la lettre à l’avant du numéro de série de Y (pour la Grèce) à X (pour l’Allemagne). Puis inonder la Grèce et le reste de la zone euro avec ces billets théoriquement faux (mais techniquement parfaits). Comme la valeur de l’euro dégringolerait, instituer un rationnement de la nourriture et émettre des cartes de rationnement. Convertir finalement les euros maintenant dévalués et avilis en une drachme récemment réintroduite et rétablir des liens commerciaux avec les anciens pays désormais libérés de la zone euro en utilisent les accords commerciaux basés sur le troc et les swaps de devises locales avec des réserves d’or utilisées pour corriger les déséquilibres mineurs.
Est-ce que cela serait possible sans terreur rouge ? J’en doute. La Grèce est très contrôlée par l’oligarchie ; même le célèbre ancien ministre des finances Yanis Varoufakis est le fils d’un magnat industriel. Les oligarques grecs et les riches auraient dû être arrêtés et détenus en otages. De nombreuses personnes au sein du gouvernement et dans l’armée ont une allégeance à géométrie variable, ils travaillent pour l’Europe, pas pour la Grèce. Ils auraient dû être licenciés immédiatement et détenus au secret, en résidence surveillée au minimum. Sans doute les services spéciaux étrangers auraient-ils sévi, cherchant par tous les moyens à saper le gouvernement révolutionnaire. Cela aurait amené à des mesures préventives drastiques pour éliminer physiquement des espions et des agents étrangers avant qu’ils puissent avoir une chance d’agir. Et ainsi de suite. Mais ce n’est pas un travail pour des mini-caniches mielleux. Comme Staline l’a dit fort justement, «les cadres sont la clé de tout». Vous ne pouvez pas faire la révolution sans révolutionnaires.
Mais est-ce un travail pour quelqu’un ? N’importe qui ? Je laisse cette question ouverte, comme exercice pour le lecteur.
Dmitry Orlov
Liens :
Dmitry Orlov : L’anarchie qui nous attend avec l’esclavage de la dette
Note du Saker Francophone
Une autre action moins sanglante mais tout aussi révolutionnaire, c'est l'éducation (Philosophique, Politique, ...). Un peuple éduqué se gouverne lui même sans élites. En attendant le grand soir, il faut tout autant stocker des livres de Platon, Socrate, Périclès, Orwell, Kropotkine et bien d'autres que des balles ou de fusils.
On peut dire que nos "représentants" ont bien compris le problème et font tout pour améliorer le niveau général : Brighelli : Collège, le désastre peut commencer.
Traduit par Hervé, relu par jj pour le Saker Francophone
Par Dmitry Orlov – Le 21 juillet 2015 – Source cluborlov
Au cours des derniers mois, nous avons été forcés de témoigner sur une farce humiliante qui se déroule en Europe. La Grèce, qui avait d’abord été acceptée dans l’Union monétaire européenne sous de faux prétextes, aux prises avec des niveaux excessifs de dette, puis paralysée par l’imposition de l’austérité, a finalement fait quelque chose : les Grecs ont élu un gouvernement qui a promis de faire bouger les choses. La plate-forme du parti Syriza avait fait les promesses suivantes, qui étaient tout à fait révolutionnaires dans leur esprit.
Mettre un terme à l’austérité et remettre l’économie grecque sur le chemin de la reprise.
Augmenter la taxe sur le revenu à 75% pour tous les revenus de plus de 500 000€, adopter une taxe sur les transactions financières et une taxe spéciale sur les produits de luxe.
Réduire radicalement les dépenses militaires, fermer toutes les bases militaires étrangères sur le sol grec et se retirer de l’Otan. Mettre fin à la coopération militaire avec Israël et soutenir la création d’un État palestinien dans les frontières de 1967.
Nationaliser les banques.
Adopter des réformes constitutionnelles visant à garantir le droit à l’éducation, les soins de santé et l’environnement.
Tenir des référendums sur les traités et autres accords avec l’Union européenne.
Parmi ceux-ci, seul le dernier point a été réalisé : on a eu droit à un référendum qui a exprimé un retentissant «Non!» à l’UE à la demande de plus d’austérité et du démantèlement et de la vente d’actifs publics grecs. Mais peu a été finalement fait car les résultats de ce référendum ont été ignorés.
Mais les problèmes ont commencé avant cette date. Après avoir été élus, les représentants de Syriza sont allés à Bruxelles pour négocier. Les négociations se sont déroulées généralement comme ceci : Syriza faisait une offre ; les fonctionnaires de l’UE la rejetaient, et faisaient progresser leurs propres revendications pour plus d’austérité ; Syriza faisait une autre offre, et les fonctionnaires de l’UE la rejetaient de nouveau et faisaient progresser leurs propres exigences pour encore plus d’austérité que lors du dernier tour ; et ainsi de suite, tout au long du processus jusqu’à la capitulation grecque. Tout ce que les fonctionnaires de l’UE avaient à faire pour forcer les Grecs à capituler, c’était d’arrêter le flux d’euros vers les banques grecques. Quels révolutionnaires ! Ça donnait l’impression d’un caniche qui essaye de négocier pour avoir un peu plus de croquettes dans son plat, si son maître le veut bien. Stathis Kouvelakis (un membre de Syriza) résume la position du gouvernement grec: «Voici notre programme, mais si nous constatons que sa mise en œuvre est incompatible avec le maintien de l’euro, nous l’oublierons.»
Ce n’est pas comme si les révolutions ne se produisaient plus. Oublions la Grèce, parlons juste d’un autre pays où il y a une révolution plutôt réussie qui se déroule pendant que nous parlons : ce qui était le nord de l’Irak et la Syrie est maintenant contrôlé par le régime révolutionnaire diversement connu sous les noms d’ISIS / ISIL / Daesh / califat islamique. Nous pouvons dire que c’est une véritable révolution en raison de son utilisation de la terreur. Tous les révolutionnaires dignes de ce nom utilisent la terreur et ce qu’ils disent généralement, c’est que leur terreur est une réponse à la terreur de l’ordre préexistant qu’ils cherchent à renverser, ou la terreur de leurs ennemis contre-révolutionnaires. Et par terreur, je veux dire assassinat de masse, expropriation, exil et prise d’otages.
Juste pour que vous me compreniez bien, permettez-moi de souligner d’emblée que je ne suis pas un révolutionnaire. Je suis un observateur et commentateur sur toutes sortes de choses, y compris les révolutions, mais je choisis de ne pas y participer. Restant un observateur et un commentateur, je suis supposé rester en vie, et mon programme de longévité personnelle appelle à ne pas être trop proche d’une révolutions parce que, comme je viens de le mentionner, les révolutions impliquent d’assassiner en masse.
Bon vieil oncle Jo. Les enfants l’aimaient.
Dans le cas de la révolution française, ça a commencé avec Liberté-Egalité-Fraternité puis on a rapidement commencé à guillotiner. La révolution russe de 1917 reste l’étalon-or pour les révolutions. Là, grâce à l’oncle Jo, ce qu’on appelé la terreur rouge a continué, encore et toujours, faisant des millions de morts. Mao et Pol Pot font également partie de ce panthéon révolutionnaire. La révolution américaine ne fut pas du tout une révolution, parce que les esclavagistes, sponsors génocidaires de la piraterie internationale sont restés au pouvoir sous la nouvelle administration. En février 2014, le putsch en Ukraine n’a pas non plus à être considéré comme une révolution ; ce fut un renversement violent du gouvernement légitime, imposé de l’extérieur, et l’installation d’un régime fantoche géré par les Américains ; mais, comme dans les colonies américaines, le même gang de voleurs, les Ukrainiens oligarques, continue de voler ce pays aveugle comme avant. Mais si les voyous nazis de Secteur droit prenaient le dessus et tuaient les oligarques, les représentants du gouvernement à Kiev et leurs donneurs d’ordres du département d’État des États-Unis / CIA / Otan, pour ensuite procéder à une campagne de terreur brune dans tout le pays, alors je pourrais commencer à appeler cela une révolution.
* * *
Le fait d’assassiner en masse n’est pas automatiquement la marque d’une révolution : vous avez juste à noter qui va se faire tuer. Si les morts se composent en majorité de bénévoles, de recrues, de mercenaires, ainsi que de beaucoup de civils ordinaires, cela ne fait pas une révolution. Mais si les morts comprennent un bon nombre d’oligarques, des PDG de grandes entreprises, des banquiers, des sénateurs, des membres du Congrès, des fonctionnaires, des juges, des avocats d’affaires, des officiers militaires de haut rang, alors, oui, ça commence à ressembler à une véritable révolution.
En plus de grosses flaques de sang jonchées de cadavre de hauts représentants de l’ancien régime, une révolution exige aussi une idéologie, pour corrompre et pervertir. En général, l’idéologie que vous avez est celle qui vous a servi à faire la révolution. Il va de soi que si vous ne disposez pas d’une idéologie, ce n’est pas vraiment une révolution. Par exemple, les colons américains en 1775 n’avaient aucune idéologie, seulement quelques exigences. Ils ne voulaient pas payer des impôts à la couronne britannique ; ils ne voulaient pas entretenir les troupes britanniques ; ils ne voulaient pas de limites à la traite des esclaves ; et ils ne voulaient pas de restrictions sur les profits de la piraterie en haute mer. Cela ne fait pas une idéologie ; c’est juste une simple et vieille histoire de cupidité. Avec les révolutionnaires ukrainiens, leur idéologie revient à quelques déclarations très basiques, «l’Europe est merveilleuse» et «Russes, allez vous faire f…». Cela ne vaut pas une idéologie en soi ; le premier point est un vœu pieux ; le second, une simple bigoterie.
Prenons l’exemple de ISIS / ISIL / Daash / califat islamique : ils sont islamistes, et l’idéologie qu’ils corrompent et pervertissent est l’islam, avec sa loi de la charia. Comment ? Les lettrés de l’Islam ont beaucoup aidé avec ce top-ten des arguments compilés ici :
Il est obligatoire de considérer les Yézidis. comme des Gens du Livre.
Il est interdit dans l’islam de refuser aux femmes leurs droits.
Il est interdit dans l’islam de forcer les gens à se convertir.
Il est interdit dans l’islam de défigurer les morts.
Il est interdit dans l’islam de détruire les tombes et tombeaux des prophètes et des compagnons.
Il est interdit dans l’islam de nuire ou de maltraiter des chrétiens ou des Gens du Livre.
Le djihad dans l’islam est une lutte purement défensive. Il est interdit sans une bonne cause, un but clair et de bonnes règles de conduite.
Il est interdit dans l’Islam de tuer des émissaires, des ambassadeurs et des diplomates – de plus, il est interdit de tuer les journalistes et les travailleurs humanitaires.
La loyauté envers son pays est permise par l’islam.
Il est interdit dans l’islam de déclarer un califat sans consensus de tous les musulmans.
Mais, comme le dit la célèbre formule de Lénine: «Si vous voulez faire une omelette, vous devez être prêt à casser quelques œufs.» Et si vous voulez faire une révolution, alors vous devez être prêt à pervertir votre idéologie. Ces lettrés islamistes qui s’exclament avec impatience «Cela n’est pas l’islam ! L’islam est une religion de paix et de tolérance» ont raté ce point : l’idéologie de ISIS / ISIL / Daesh / califat islamique est encore l’islam mais un islam révolutionnaire.
L’exemple de l’ISIS / ISIL / Daash / califat islamique est connecté au sujet de la Grèce, parce que c’est un exemple contemporain de ce qu’est vraiment une révolution, et elle se déroule dans un pays proche de la Grèce. Mais l’idéologie de Syriza n’est pas l’islam, c’est le socialisme et, philosophiquement, ses membres sont marxistes. Donc un meilleur exemple à suivre pour Syriza serait d’arrêter soudainement d’être les caniches pathétiques de l’Europe et d’endosser le manteau des intrépides révolutionnaires héroïques, ceux qui ont fait la bonne vieille révolution russe de 1917.
* * *
Comme je l’ai mentionné, l’un des outils les plus importants de la révolution est la terreur. En Russie, la terreur révolutionnaire a été appelée la terreur rouge, qui, selon les révolutionnaires, se pose en opposition à la terreur blanche du régime impérial russe, avec son fanatisme raciste (les juifs n’étaient acceptés dans aucune grande ville), ses nombreuses formes d’oppression, certaines majeures, d’autres rampantes, et une corruption endémique. Une caractéristique intéressante de la révolution russe est que la terreur a commencé plusieurs années avant l’événement.
Arrêtons-nous un instant pour nous demander pourquoi la terreur révolutionnaire est nécessaire. Une révolution est un changement radical dans la direction de la société. Laissée seule, la société tend à aggraver ses pires tendances au fil du temps : les riches deviennent plus riches, les pauvres plus pauvres, la police devient plus oppressante, le système judiciaire devient plus injuste, le complexe militaro-industriel produit du matériel militaire toujours moins efficace pour toujours plus d’argent, et ainsi de suite. C’est une question d’inertie sociale : la tendance des objets est de voyager en ligne droite en l’absence d’une force agissant de biais par rapport à la direction de son mouvement. La formule pour cette quantité de mouvement est :
p = mv
où p est la quantité de mouvement, m est la masse et v la vitesse.
Pour opérer un changement de cap radical, les révolutionnaires doivent appliquer une force luttant contre l’inertie sociale. Pour rendre cela possible avec leurs moyens limités, ils peuvent faire deux choses: réduire v, ou réduire m. Réduire v est une mauvaise idée : la révolution ne doit pas perdre son propre élan. Mais la réduction de m est, de fait, une bonne idée. Maintenant, il se trouve que, en ce qui concerne la dynamique sociale, la plus grande partie de la masse qui lui donne corps réside dans les têtes de certaines catégories de personnes : les responsables gouvernementaux, des juges et des avocats, des policiers, des officiers militaires, des gens riches, certains types de professionnels et ainsi de suite.
Le reste de la population pose beaucoup moins de problèmes. Supposons que certains révolutionnaires démontrent que
ils n’ont pas à se soucier de payer des impôts (parce les biens des riches seront confisqués)
la médecine et l’éducation sont maintenant libres
ceux qui ont des dettes peuvent cesser de payer et deviennent automatiquement propriétaires de leurs biens immobiliers de façon unilatérale
les locataires sont maintenant automatiquement propriétaires de leur lieu de résidence
les employés sont automatiquement actionnaires majoritaires dans leurs entreprises
ils doivent remplir une demande s’ils veulent une parcelle gratuite (nouvellement libérée) de terre à cultiver
il y a une amnistie générale et leurs proches qui ont été enfermés reviennent à la maison
des cartes de rationnement sont émises pour s’assurer que personne n’aura plus jamais faim
les sans-abri vont pouvoir s’installer chez ceux dont les résidences sont considérées comme indûment spacieuses
ils sont maintenant leur propre police et sont chargés de patrouiller dans leurs quartiers avec les gardes révolutionnaires disponibles en secours, et si des autorités non révolutionnaires, qu’elles soient les anciens policiers ou les anciens propriétaires, venaient déranger l’un d’eux, alors ces traîtres et ces imposteurs feraient face à la justice révolutionnaire expéditive, sur place.
La plupart des gens ordinaires penseraient que c’est une très bonne affaire. Toutefois, les représentants du gouvernement, de la police, des officiers militaires, les juges, les procureurs, les gens riches dont les biens doivent être confisqués, les mandataires sociaux et les actionnaires, ceux qui vivent sur les grasses retraites d’entreprise ou du gouvernement, etc., penseraient sans doute autrement. La solution révolutionnaire est de les prendre en otage, les envoyer en exil, et, pour faire un exemple sur les plus récalcitrants, les tuer. Cela réduit considérablement m, permettant aux révolutionnaires d’effectuer des changements drastiques sur le cours des choses alors même que v augmente. J’ai compilé cette liste parce qu’elle serait très facile à vendre, comme une confiserie, une évidence. Mais je manque du désir incontrôlable de casser des œufs et de l’appétit insatiable pour les omelettes. Comme je le disais, je ne suis pas un révolutionnaire, juste un observateur.
Dans la perspective de la révolution russe, de 1901 jusqu’à 1911, il y eu 17 000 de ces victimes. En 1907, le nombre moyen était de 18 personnes par jour. Selon les registres de la police, entre février 1905 et mai 1906, il y avait parmi les personnes tuées :
8 gouverneurs
5 vice-gouverneurs et autres administrateurs régionaux
21 chefs de police, chefs de municipalités et gardiens
8 officiers de police de haut rang
4 généraux
7 officiers militaires
79 huissiers de justice
125 inspecteurs
346 agents de police
57 gendarmes
257 agents de sécurité
55 membres du personnel de service de la police
18 agents de sécurité de l’État
85 employés du gouvernement
12 membres du clergé
52 agents ruraux du gouvernement
52 propriétaires fonciers
51 propriétaires et gestionnaires d’usines
54 banquiers et hommes d’affaires
Bonne vieille Zinka Institutrice, révolutionnaire, assassin
De toute évidence, ces actes terroristes doivent avoir eu un effet non négligeable dans l’adoucissement de la cible, ce qui rend le gouvernement plus facile à renverser. Ce ne fut pas un accident, mais une question de politique révolutionnaire bien articulée. Le concept de terreur rouge a été introduit par Zinaida Konoplyannikova, une institutrice rurale qui, fut la première sur le radar de la police pour être athée, elle a plus tard été reconnue coupable de terrorisme pour le meurtre d’un général-major bien connu, à bout portant. Lors de son procès en 1906, elle a dit ceci : «Le Parti [socialiste-révolutionnaire] a décidé de contrer la terreur du gouvernement blanc, vraiment sanglant, par la terreur rouge…» Elle a été exécutée par pendaison la même année, à l’âge de 26 ans .
Après la révolution, la terreur rouge est devenue la politique du gouvernement. Voici la réponse de Lénine, interrogé par les membres du parti communiste à propos de ses méthodes barbares: «Je raisonne sobrement et de façon catégorique : qu’est ce qui est mieux ? Emprisonner quelques dizaines ou centaines de provocateurs, coupables ou innocents, agissant consciemment ou inconsciemment, ou perdre des milliers de soldats et de travailleurs ? La première solution est la meilleure. Qu’ils m’accusent de tous les péchés mortels et violations de liberté, je plaide coupable, mais que les intérêts des travailleurs gagnent.»
Grand-père Lénine chantant une mélodie, Grandpa Trotsky jouant avec fougue de l’accordéon
Trotsky a produit une définition particulièrement croustillante de la terreur rouge. Il l’appelle «une arme à utiliser contre une classe sociale qui a été condamnée à l’extinction, mais ne veut pas mourir».
Les estimations du nombre exact des victimes de la terreur rouge varient. Robert Conquest a affirmé qu’entre 1917 et 1922, les tribunaux révolutionnaires ont exécuté 140 000 personnes. Mais l’historien O.B. Mozokhin, après une étude exhaustive des données disponibles dans les archives du gouvernement, n’en a pas trouvé plus de 50 000. Il a également noté que les exécutions étaient l’exception plutôt que la règle, et que la plupart des personnes exécutées ont été condamnées pour des actes criminels plutôt que politiques.
Mais ce ne fut rien en comparaison de ce que Staline a déclenché plus tard. Le fondement idéologique de la terreur stalinienne était «l’intensification de la lutte de classe pour l’aboutissement de la construction du socialisme», qu’il articule au plénum du Comité central en juillet 1928. Selon sa logique, l’URSS était économiquement et culturellement sous-développée, entourée par des États capitalistes hostiles, et tant qu’il restait la menace d’une intervention militaire étrangère dans le but de rétablir l’ordre bourgeois, seule la destruction préventive des restes des éléments bourgeois pourrait garantir la sécurité et l’indépendance de l’URSS. Ces éléments comprenaient des policiers, des responsables gouvernementaux, le clergé, les propriétaires fonciers et les anciens hommes d’affaires. Le pic de la répression stalinienne a eu lieu en 1937 et 1938. Au cours de ces deux années 1 575 259 personnes ont été arrêtées, dont 681 692 ont été abattues.
Vous pouvez être pardonné en voyant en Staline un meurtrier psychopathe, parce qu’il l’était certainement, mais plus important encore, il était un chef compétent, et suffisamment impitoyable, pour prendre la tête d’un État révolutionnaire. Pour un régime révolutionnaire, tuer trop de gens est rarement un problème, mais en tuer trop peu peut facilement se révéler fatal. Pour jouer la sécurité, un révolutionnaire doit toujours pencher du côté de l’assassinat. Cette attitude tend à envahir toute la pyramide du pouvoir : si vous donnez à Staline un mémorandum recommandant que 500 prêtres soient fusillés, Staline va rayer 500 au crayon et mettre 1000 en rouge, alors il vaut mieux trouver 500 autres prêtres à tuer, ou le nombre deviendra 1001, avec vous compris.
Cette garantie de la sécurité et de l’indépendance semble tenir la route. Après tout, il y a une invasion subséquente par un État bourgeois capitaliste hostile (Allemagne en 1941) et l’ordre bourgeois a été temporairement rétabli sur les territoires occupés. Mais il ne restait plus personne pour inciter à la rébellion contre-révolutionnaire, ailleurs en URSS, parce que la plupart des prétendus contre-révolutionnaires étaient morts.
Bien sûr, cela a pris la forme d’un terrible tribut pour la société. Voici ce que Poutine avait à dire au sujet de la terreur rouge :
Pensez aux otages qui ont été abattus pendant la guerre civile, la destruction de la totalité des strates sociales des membres du clergé, des paysans prospères, des Cosaques. Ces tragédies sont récurrentes dans l’histoire de l’humanité. Et ces idéaux initialement séduisants mais finalement vides, finissent toujours par être élevés au-dessus de la valeur principale, la valeur de la vie humaine, au-dessus des droits et des libertés de l’homme. Pour notre pays, ce fut particulièrement tragique, parce que l’échelle était colossale. Des milliers, des millions de personnes ont été détruites, envoyées dans des camps de concentration, tuées, torturées à mort. Et celles-ci étaient principalement des gens qui avaient leurs propres opinions, qui n’avaient pas peur de les exprimer. C’étaient les personnes les plus efficaces, la fleur de la nation. Même après de nombreuses années, nous sentons l’effet de cette tragédie sur nous-mêmes. Nous devons faire beaucoup, de sorte que ce ne soit jamais oublié.
Étant donné que le prix est si élevé, ce serait peut-être mieux après tout, si nous étions juste assis tranquillement, autorisant les riches à devenir plus riches tandis que les pauvres deviennent plus pauvres, regardant nonchalamment l’environnement complètement détruit par les industriels capitalistes dans leur poursuite aveugle du profit, et éventuellement recroquevillés sur nous même, pleurant sur notre sort pour un au-revoir avant de mourir ? Bonne chance pour vendre cette idée aux jeunes têtes brûlées radicalisées qui n’ont rien à perdre, sauf peut-être vous, si vous arrivez à vous mettre en travers de leur chemin pendant qu’ils changent le monde ! Non, la révolution est là pour rester, et l’une de ses principales armes est la terreur. Peu importe la façon dont nous nous souvenons, l’anéantissement des éléments contre-révolutionnaires sociaux est amené à se reproduire.
* * *
Pour en revenir à la Grèce et à Syriza : si ce parti n’était pas seulement une version particulièrement mielleuse de caniche pro-UE mais un parti révolutionnaire réellement honnête, prêt à faire ce qu’il faut ? Comment pourrait-il agir différemment ? Et quel serait le résultat ?
Eh bien, une chose qui vient à l’esprit immédiatement est qu’ils ne devraient pas essayer de rester dans une zone Euro qu’ils chercheraient à détruire. La solution est simple : pas de zone Euro, pas de dette en Euro, pas de problèmes. Il y a un principe général implicite : ne jamais accepter la responsabilité de ce que vous ne pouvez pas contrôler. Parlant d’expérience, supposons que vous invitiez un plombier pour réparer vos toilettes, et que le plombier constate que les toilettes ont été bricolées de multiples façons par un amateur incompétent. Dans cette situation, le geste professionnel à faire pour le plombier est de supprimer complètement ces toilettes. Maintenant, la solution devient simple : installer de nouvelles toilettes.
Voici une ou deux choses faciles que la Grèce pourrait avoir enclenchées à la place de vaines tentatives de négociation :
1. Annoncer immédiatement un moratoire sur tous les remboursement de la dette, en prenant comme position que la Grèce n’a pas de créanciers légitimes au sein de la zone euro, tout n’étant que fraude financière au plus haut niveau. Après quelques mois, les fausses entités financières de renflouement qui transforment magiquement les dettes pourries de la zone euro en titres notés AAA (car elles sont garanties par les gouvernements de la zone euro) seraient obligées de radier la dette grecque. En retour, les gouvernements de la zone euro, très affaiblis, rechigneraient au refinancement de leurs budgets nationaux, montrant au monde que leurs garanties ne valent pas le papier sur lequel elles sont écrites. Il s’en suivrait une implosion obligataire. Peu de temps après, l’euro disparaîtrait, et avec lui, toute la dette de la zone euro.
2. Lancer l’impression d’Euros sans l’autorisation de la banque centrale européenne. En cas d’accusation de faux, il faudrait rendre la falsification plus difficile à détecter en changeant la lettre à l’avant du numéro de série de Y (pour la Grèce) à X (pour l’Allemagne). Puis inonder la Grèce et le reste de la zone euro avec ces billets théoriquement faux (mais techniquement parfaits). Comme la valeur de l’euro dégringolerait, instituer un rationnement de la nourriture et émettre des cartes de rationnement. Convertir finalement les euros maintenant dévalués et avilis en une drachme récemment réintroduite et rétablir des liens commerciaux avec les anciens pays désormais libérés de la zone euro en utilisent les accords commerciaux basés sur le troc et les swaps de devises locales avec des réserves d’or utilisées pour corriger les déséquilibres mineurs.
Est-ce que cela serait possible sans terreur rouge ? J’en doute. La Grèce est très contrôlée par l’oligarchie ; même le célèbre ancien ministre des finances Yanis Varoufakis est le fils d’un magnat industriel. Les oligarques grecs et les riches auraient dû être arrêtés et détenus en otages. De nombreuses personnes au sein du gouvernement et dans l’armée ont une allégeance à géométrie variable, ils travaillent pour l’Europe, pas pour la Grèce. Ils auraient dû être licenciés immédiatement et détenus au secret, en résidence surveillée au minimum. Sans doute les services spéciaux étrangers auraient-ils sévi, cherchant par tous les moyens à saper le gouvernement révolutionnaire. Cela aurait amené à des mesures préventives drastiques pour éliminer physiquement des espions et des agents étrangers avant qu’ils puissent avoir une chance d’agir. Et ainsi de suite. Mais ce n’est pas un travail pour des mini-caniches mielleux. Comme Staline l’a dit fort justement, «les cadres sont la clé de tout». Vous ne pouvez pas faire la révolution sans révolutionnaires.
Mais est-ce un travail pour quelqu’un ? N’importe qui ? Je laisse cette question ouverte, comme exercice pour le lecteur.
Dmitry Orlov
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Dmitry Orlov : L’anarchie qui nous attend avec l’esclavage de la dette
Note du Saker Francophone
Une autre action moins sanglante mais tout aussi révolutionnaire, c'est l'éducation (Philosophique, Politique, ...). Un peuple éduqué se gouverne lui même sans élites. En attendant le grand soir, il faut tout autant stocker des livres de Platon, Socrate, Périclès, Orwell, Kropotkine et bien d'autres que des balles ou de fusils.
On peut dire que nos "représentants" ont bien compris le problème et font tout pour améliorer le niveau général : Brighelli : Collège, le désastre peut commencer.
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