mardi 14 juillet 2015

Grèce : Le “massacre de juillet” et le temps de la peur / Greece: the " massacre of July " and the time of the fear

Source : http://www.dedefensa.org/article-le_massacre_de_juillet_et_le_temps_de_la_peur_13_07_2015.html

Auteur : Philippe Grasset


Le média en ligne allemand Deutsche Wirtschafts Nachrichten (DWN, ou Nouvelles Economiques Allemandes), qui a une réputation de franc-tireur peu conforme aux bonnes mœurs de la presse-Système, fait une analyse de la situation européenne après le furieux et implacable coup de force de “la Secte”, ce week-end contre la Grèce ; et ce coup de force qui doit être considéré d’une façon plus générale, comme à titre d’exemple symbolique et d’avertissement implacable, à la fois contre tous ses États-membres et avec la complicité de tous ses États-membres... Désormais, écrit DWN, la peur a remplacé la confiance dans les relations entre les membres de la zone UE/de l’UE, et «la vie commune en Europe n’est plus déterminée par des contrats [de confiance] mais par la loi de la jungle.»
Martin Schultz, le président (allemand) du Parlement Européen, qui s’est déjà signalé par ses très fortes tendances à envisager une opération de regime change contre la Grèce, déclarait ce matin à la radio allemande Deutschlandfunk que «Bruxelles est sur le fil du rasoir et c’est pourquoi l’Eurozone est devant le risque de se désintégrer». Schultz a insisté sur le caractère “complexe” et surtout “confrontationnel” des négociations de dimanche avec la Grèce, lors des réunions de l’Eurogroupe puis des chefs d’États et de gouvernement. Il y a dans ces déclarations d’un homme qui montre d’une façon étonnamment caractéristique les pulsions tyranniques animant les personnages-Système qui parcourent convulsivement la scène, un constat de cette “confrontation” qui est totalement ambivalent... Nous ne croyons pas une seconde qu’il s’est agi d’un événement classique, avec un vainqueur et ses amis, et le vaincu, comme dans l’occurrence d’une politique brutale, mais d’un événement symbolique monstrueux où même les bourreaux-assassins qui se croient les maîtres sont également gagnés par la peur d’être les victimes du monstre qu’ils servent. Il s’agit d’un épisode marquant du déchaînement du Système dans sa folie surpuissance-autodestruction, – parfaitement et logiquement à l’image du “déchaînement de la Matière” ... Nous n’avons fini de relever les victime en tous genres, déchiquetées de toutes les façons, de ce “massacre de juillet”.
Pour nourrir de diverses réflexions permettant de mieux exprimer ce sentiment qui gagne, on placera ici la synthèse queSputnik.News a faite de l’article du DWN, parce qu’elle rend compte avec réalisme et assez justement, à notre sens, de ce climat de peur qui règne désormais en Europe. (Sputnik.News, le 13 juillet 2015.)
«European creditors have agreed on a deal with Greece, but the existence of the political union in its previous form is out of the question. The EU will split, and the final break is only a matter of time, DWN wrote. Many international observers called the recent EU summit a “humiliation of the Greeks.” The talks which were the longest in the history of the Union diminished all values for which the EU once stood, they said. According to DWN, this is the end of the EU in its previous form — a political union, cherishing mutual trust and democratic principles. The democracy is now becoming a marginal phenomenon. ‘Strong’ states now give ultimatums to ‘weak’ ones in a way that was never done before. [...]
»The imposed economic policies, however, will destroy the Greek economy. The Greek banks will partially collapse, while many savers will lose their money. The policy of austerity has not worked in the past five and a half years, and is unlikely to work now, the newspaper wrote. The consequences for Eurozone countries will be dramatic. The Greek banking panic could in seconds become a European banking panic which would be uncontrollable. The solidarity in the EU is eroding, with countries acting in their own selfish interests. The refugee crisis is likely to become the next failure in the EU, which will have members acting in their own interests and not in the interests of the Union as a whole, the article said.
»According to DWN, Angela Merkel and Wolfgang Schäuble have overnight transformed the EU into an entity that is no longer held together by trust, but only by naked fear. With the signing of the agreement with Greece the nightmare for the EU has begun. Life in Europe is no longer determined by contracts, but by the law of the jungle, the newspaper wrote.»
Il est vrai que l’attaque contre la Grèce, hors de toutes les considérations techniques et même politiques habituelles, est d’abord une attaque contre les principes qui fondent toute vie politique d’une civilisation, c’est-à-dire une attaque d’une violence inouïe ressemblant à un acte d’agression spécifiquement voulu comme barbare contre la souveraineté et la légitimité, contre le principe de l’identité, une attaque contre l’ontologie, contre l’être même, – une nation en l’occurrence, fût-elle affaiblie dramatiquement, appauvrie, réduite à sa propre misère, – mais une nation dont la fulgurance du passé, du soleil de sa pensée à la naissance de la tragédie, était nécessaire à la survivance extrême des derniers restes de notre pauvre et monstrueuse civilisation devenue “contre-civilisation”. La forme et la couleur du forfait qui est une exécution parfaite de l’acte de la forfaiture, sa violence déstructurante et dissolvante, son aveuglement furieux et son nihilisme agressif sont des faits si marquants et si indéniables pour l’esprit qui sait regarder qu’ils touchent au fondement des choses. Effectivement ils transforment le climat général et la peur règne... D’une façon très significative, nous ne pensons pas que cette peur épargne même celui (celle) qu’on aurait tendance à désigner comme le bourreau de la Grèce. Même l’Allemagne a peur, dans tous les cas elle le réalisera très vite, même l’Allemagne est soumise à ce climat de peur.
... Comment la “gentille Union Européenne” qui semblait cette dame puissante et bienveillante favorisant notre destin s’est-elle finalement transformée en une sorte d’orque monstrueux, – notre personnage favori pour symboliser notre situation, – qui répand un climat de peur comme l’on hurle ? Ce mot de “gentille UE” ne nous a pas échappé par dérision, il se révèle comme n’étant nullement une invention, puisqu’un personnage aussi représentatif de ce que le Système peut produire de pauvre et de bas est effectivement capable d’employer de tels termes ; cela témoignant de la surprenante et presque touchante niaiserie qui habite cette sorte de pensée lorsqu’il s’agit de se faire courtisan du Système en s’assurant presque de sa propre innocence, – l’ambiguïté du mot “un innocent” pour désigner le sujet vaut réquisitoire à cet égard... Ce mot, lors de l’émission C dans l’air  du 6 juillet, tel que Acrimed.org nous en fait rapport le 13 juillet 2015 : «... Jean-Dominique Giuliani explique doctement : “On saura demain avec les propositions qu’il va faire à l’Eurogroupe puisque finalement, la gentille Union Européenne accepte encore un nouveau round de discussion”.» Effectivement, si des personnages de cette nature, de cette envergure et de cette stature, sont conduits à utiliser de tels termes, c’est que leurs psychologies est si affaiblies que tout est possible, y compris d’avoir pris pour de la gentillesse le visage innommable de l’orque, et de n’y avoir rien compris, absolument rien, finalement travaillant pour que le forfait s’accomplisse dans ce week-end du “massacre de juillet” et ouvre “le temps de la peur”, sans réaliser que ce sort serait aussi le leur, inéluctablement. L’orque monstrueux, on le conçoit aisément selon l’entraînement de la logique qui conduit cet événement informe, peut aussi bien se transformer en minotaure qu’en un Kronos d’infortune.
Il pourrait donc être avancé qu’il s’est produit quelque chose d’irréparable, d’irrémédiable, durant ces deux jours, à Bruxelles, en Europe. Brutalement, notre “contre-civilisation” a affiché et exposé sans la moindre vergogne toutes ses haines, tous ses vices, toutes ses conformations inverties, elle a exposé tout ce qui la condamne définitivement aux yeux de la métaphysique de l’histoire, de la destinée du monde, du sens de l’évolution des choses. L’exceptionnelle, voire lasublime médiocrité de ceux qui se sont rassemblés pour commettre l’acte, témoignent sans aucun doute du fait que nous approchons du terme des choses : lorsque la sublimité se signale aussi résolument dans la mesure de la bassesse, c’est le signe d’un basculement décisif de l’équilibre du monde. Puisque Churchill le disait, quoique dans un sens moins assuré, la formule retrouvée approximativement peut servir ici ... “Ce n’est pas ‘au moins la fin du commencement’, c’est bien le commencement de la fin”. Eh bien, que la bête meure.

Mis en ligne le 13 juillet 2015 à 20H16

Petit supplément... (Je préfère une idée juste de Nigel Farage à une idée fausse de François Hollande...)


mardi 7 juillet 2015

Méditation internationale pour la compassion le 11 juillet 2015, 18 h en Belgique / Global meditation for compassion on July 11th, 2015, 18 hours in Belgium


A Compassionate World Starts 
With You

How do we change the world? By taking a stand for compassion, one person at a time. Join Deepak Chopra, Gabrielle Bernstein, Ismael Cala, and more than 500,000 people from nearly every country in the world, as we come together online on Saturday, July 11th, with one common intention – to turn around the rising tide of disconnection in the world and, through renewed empathy and love, reconnect to what truly matters.







This email is brought to you by Gregg Braden.
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Dear Friend, 


On July 11, more than 1,500 people will gather in Carlsbad, California, for a profoundly important event that will be live-streamed to 500,000 people in more than 100 countries around the world.

They’re gathering to send a powerful message and shift the collective consciousness of our world toward compassion—a shift that world-renowned expert on mind-body medicine,Deepak Chopra, is calling the most radical and necessary movement of our time.

The 2015 Chopra Center Global Meditation for Compassion »
What Deepak and everyone at the Chopra Center recognize is that there is an epidemic in the West and in the world – a pervasive feeling of loneliness, isolation and depression.

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In the busyness of your daily life, how often do you stop and ask a neighbor how they’re doing? How available are you – even when you want to be – to friends and family members who need support? And how many times have you hurriedly passed by and forgotten a stranger in need?

We live in a world where one in every four people feels that they have no one to talk to if they are in pain or suffering, and a large number feel disconnected from those around them...all because we have forgotten that one of the most important and consistent sources of our own happiness and fulfillment is compassion.

If you’re feeling a subtle, yet persistent sense of separateness and yearn for a sense of connectedness instead, you’re not alone.

It’s a restlessness we’re all feeling that Deepak asserts is actually a critical calling to evolve and to rediscover our common truth—that we are all one.

Take a stand for compassion. Join Deepak from wherever you are in the world »
On Saturday, July 11th, you can join Deepak and the dynamic, bestselling author who Oprah Winfrey named “a next-generation thought leader,” Gabrielle Bernstein – along with musical guest and humanitarian, Trevor Hall, whose songs have been featured in movies and on television and regularly top the iTunes singer-songwriter charts, and acclaimed CNN en Español anchor, Ismael Cala, for this landmark event.
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Deepak will lead a groundbreaking, one-hour conversation about compassion, featuring an exclusive, 15-minute, guided meditation and a special musical performance.

There is no charge for you to participate remotely (via streaming video) and even ask questions of Deepak and Gabrielle using social media and the event hashtag #IAMCOMPASSION.

Simply click on the link below and you’ll be registered to participate in this special event at no cost:

I am compassion. And I’m taking a stand for a kinder, more compassionate world »

The world needs more people who will see suffering and rise up to meet it with kindness and love.

When you join Deepak and Gabrielle for this global online event, you’ll be counted as someone who recognizes that the time for all of us to deepen our compassion is right now.
Be the change.
http://links.hayhouse.mkt5657.com/ctt?kn=17&ms=NDkwMzc2MDAS1&r=MTM2ODY2MzU5MDg0S0&b=0&j=NzIwNzI0NzM3S0&mt=1&rt=0


With much love, deep gratitude, and warmest hugs,
Gregg Braden
Santa Fe, New Mexico



P.S. Again, you can participate in this global online event from anywhere in the world at no charge on Saturday, July 11th. Click on the link below to register:

Yes, I know the power and the potential we have for compassion on this planet and I want to be part of a kinder, more compassionate world »


lundi 6 juillet 2015

Le masque tombe : Tsipras fait une alliance nationale avec tous les partis européistes grecs pour parvenir au plus vite à un accord avec l’UE et le FMI / The mask falls: Tsipras makes a national alliance with all the Greek europeanist parties to reach as quickly as possible an agreement with the EU and the IMF

Source : http://www.upr.fr/actualite/le-masque-tombe-tsipras-fait-une-alliance-nationale-avec-tous-les-partis-europeistes-grecs-pour-parvenir-au-plus-vite-a-un-accord-avec-lue-et-le-fmi

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Le masque tombe : Le premier ministre grec Tsipras fait une alliance nationale avec tous les partis européistes grecs pour parvenir au plus vite à un accord avec l’UE et le FMI.
Au lendemain de la victoire électorale du Non à son référendum trompeur ( qui offrait le choix entre rester dans l’euro sans renégociations et… rester dans l’euro avec un semblant de renégociations ), Alexis Tsipras s’est posé en rassembleur de la nation.

L’union de Syriza avec l’UMP et le PS locaux

Le Premier ministre grec a invité les responsables des principaux partis d’opposition, ensemble pour la première fois, à venir le rencontrer pour élaborer une alliance nationale conjoncturelle afin de conclure au plus vite un accord avec l’Union européenne et le FMI.
Lesquels partis européistes, dont la plupart appelaient à voter Oui au référendum la veille encore, se sont précipités – les équivalents grecs de l’UMP et du PS en tête – pour apporter aimablement leur soutien au Premier ministre « d’ultra-gauche ».
Que pensent de cette soudaine unanimité tous ceux qui ont voté Non hier ?….
La réunion a été organisée de façon la plus solennelle qui soit, à la présidence de la République, sous l’œil bienveillant du président de la République hellénique, M. Prokópis Pavlópoulos.
Comme le montre la photo présentée ici, la réunion s’est tenue dans une atmosphère très cordiale : on y voit, au fond, le président Prokópis Pavlópoulos, avec Alexis Tsipras à gauche et Vaguélis Méimerakis, président par intérim du parti de droite Nouvelle Démocratie à droite. Vaguélis Méimerakis a été nommé à la tête de cet équivalent de l’UMP (LR), en remplacement du président du parti, l’ancien Premier ministre Antonis Samaras, qui a démissionné après les résultats du référendum.
Comme on le remarque sur le cliché, les trois hommes affichent un sourire presque hilare.
Cette scène hautement politicienne a débouché – après six heures de réunion – sur un texte commun signé par :
1)- les conservateurs de la Nouvelle démocratie (équivalent de l’UMP-LR),
2)- les socialistes du Pasok (équivalent du PS),
3)- les centristes du parti To Potami (équivalent du MoDem),
4)- la droite souverainiste des Grecs indépendants (ANEL), partenaire de coalition de Syriza, (équivalent du FN ou de DLF),
5)- et même les communistes du KKE !
Tout ce beau monde a ainsi affiché un front commun sur les négociations entre le gouvernement Tsipras et les créanciers du pays, en définissant les objectifs de l’accord cherché auprès des créanciers du pays (UE et FMI).
Avec une belle unanimité, tous ces partis ont en conséquence signé un texte qui précise :
a) – que « la restauration de la liquidité du système bancaire grâce à une entente avec la BCE est la priorité numéro un ».
b)- que « le large rejet des propositions des créanciers du pays dimanche, lors du référendum, ne doit pas être interprété comme un message de rupture avec l’Europe ».
c)- que le référendum a donné « un mandat pour continuer et intensifier l’effort pour atteindre un accord socialement juste et économiquement viable ».
À l’issue de cette réunion historique, le chef de la droite souverainiste des « Grecs Indépendants » (ANEL), Panos Kammenos, par ailleurs actuel ministre grec de la défense, a enfoncé le clou devant les journalistes : « Il n’y a pas d’autre voie possible que d’arriver à un accord avec l’UE et le FMI. »

Le leurre en pleine lumière

Le leurre Syriza que dénonce l’UPR depuis qu’Alexis Tsipras a accédé au pouvoir est ainsi en train d’apparaître en pleine lumière, selon une chronologie implacable digne d’une tragédie grecque.
Selon une chorégraphie toujours aussi rondement menée, on découvre que tous les éléments se mettent en place pour parvenir à un accord. On vient en effet d’apprendre :
a)- que la BCE vient miraculeusement de décider de maintenir les prêts d’urgence (ELA) aux banques grecques au niveau actuel,
b)- que François Hollande et Angela Merkel viennent de « laisser la porte ouverte aux discussions » tout en réclamant à Alexis Tsipras des « propositions précises »,
c)- que Josh Earnest, porte-parole de la Maison Blanche, a appelé la Grèce et l’UE à trouver un compromis. Le gouvernement américain juge « qu’il est dans l’intérêt des deux parties de trouver une solution qui permette à la Grèce de rester dans la zone euro ».
d)- enfin, comme par hasard, que la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a miraculeusement annoncé que «le FMI est prêt à aider la Grèce si on lui en fait la demande » !
Voilà une position singulièrement accommodante de la part du FMI, basé à Washington, surtout si l’on a en mémoire que la Grèce n’a pas remboursé son dû au FMI il y a une semaine, le 30 juin dernier…

Conclusion

En conclusion, on me pardonnera de souligner que toutes les analyses de l’UPR sont une nouvelle fois validées à 100%.
Que ce soit sur le leurre Syriza, sur les mensonges de « l’Autre Europe » ou sur l’implication constante de Washington en sous-main dans la prétendue « construction européenne », les événements confirment que seule l’UPR est fiable et dit la vérité, sans jamais se laisser dévier de ses analyses par l’omniprésence de la propagande médiatique.
Comme le disait déjà le poète grec Euripide au Ve siècle avant JC : « Le Temps révèle tout: c’est un bavard qui parle sans être interrogé. »
François Asselineau

samedi 4 juillet 2015

Le gouvernement mondial à venir / The world government to come

Les États-Unis et l’UE vont s’effondrer, indépendamment d’une contagion économique venue de la crise grecque.
Et qui travaille à l’effondrement, dans quel but ultime ?
Explications ici.

Par Brandon Smith – Le 24 Juin 2015 – Source : alt-market


Afin de comprendre ce qu’il se passe réellement dans le monde entier en termes d’effondrement de l’économie, nous devons mettre de côté les fausses versions grand public de la réalité. Quand on pense à l’UE et à ses turbulences financières actuelles, il est très important, à certains égards, d’ignorer la Grèce complètement. C’est ça, oubliez tout le drame entourant les supposées obligations de la dette grecque. Vont-ils trouver un moyen de payer les créanciers? Vont-ils faire défaut? Va-t-il y avoir un accord entre la Russie et les BRICS? Y aura-t-il des concessions de dernière minute pour sauver le système? Peu importe. Tout ce cinéma n’est qu’un soap opera, un théâtre Kabuki complexe géré par des financiers internationaux et des élites mondialisées.

Il est très important de rappeler les fondamentaux. La Grèce va faire défaut sur ses dettes. Il n’y a pas moyen d’éviter cela. Peut-être que la Grèce conclura un accord aujourd’hui, peut-être le fera-t-elle demain; mais finalement, la capacité du pays à étirer ses ressources afin de répondre à ses engagements exponentiels aura une fin. C’est inévitable, et ce n’est pas le deal de dernière minute qui va changer la donne sur le fond.

Pourquoi tant d’économistes sont-ils si inquiets au sujet d’un petit pays comme la Grèce? Tout cela est dû à un grand mensonge : un récit malhonnête est perpétué par les élites selon lequel si la Grèce tombe, en faisant défaut ou en quittant l’UE, cela pourrait déclencher un effet domino sur les autres nations venant frapper leur mur de dette et donc lui emboîtant le pas. Le mensonge imbriqué dans ce récit est la revendication que la Grèce va provoquer une contagion à travers l’acte d’un défaut de paiement. Soyons clairs : il n’y a pas de contagion. Plusieurs pays de l’UE ont développé leurs propres problèmes de dette au cours des deux dernières décennies, et pas à cause de la Grèce. Chacun de ces pays, de l’Italie à l’Espagne, au Portugal, etc., doit faire face à son propre désastre autour de sa dette souveraine causée par sa propre irresponsabilité fiscale. La seule raison légitime pour cette contagion est le fait que ces pays ont été contraints à une interdépendance socialisée à travers la structure de l’UE.

Ne jamais oublier ceci : l’UE est en difficulté non pas à cause de la Grèce, mais en raison d’une interdépendance supranationale forcée. L’UE sur le plan juridique ne devrait pas exister, comme aucun système de monnaie unique supranationale centralisée.

Je voudrais également souligner que les institutions mondialistes comme le Fonds monétaire international sont très motivées pour déclencher une catastrophe dans l’UE, malgré l’hypothèse de certaines personnes que l’UE est une sorte de modèle représentatif de la mondialisation. Il n’en est rien. Si tel était le cas, alors le FMI ne serait pas en train de mégoter pour aider la Grèce sur sa dette tout en continuant à aider l’Ukraine, malgré l’incapacité de l’Ukraine à payer.

Pourquoi les mondialistes veulent-ils une rupture partielle de l’UE? Qu’auraient-ils à gagner à un tel événement? C’est facile ; ils gagnent une crise, le chaos et l’occasion de présenter une fausse dialectique.

L’Europe n’est pas du tout représentative de ce que les mondialistes veulent vraiment en termes de structure économique et politique, peu importe que beaucoup de gens le supposent. C’est plutôt une sorte de fac-similé; une demi-mesure. Quand l’Europe touchera le fond de l’abîme financier, le public perplexe commencera à penser que l’enfer lui est tombé dessus, les élites seront là avec une explication immédiate. Ils prétendront que le problème n’était pas l’interdépendance au sein de l’UE. Au lieu de cela, ils affirmeront que l’UE n’a pas été ASSEZ centralisée. Ils prétendront que, pour qu’une économie et une monnaie supranationale soient efficaces, nous devons aussi avoir une gouvernance supranationale. En d’autres termes, le système a échoué car il doit être stabilisé par un gouvernement mondial.

Les socialistes Fabiens diront que ce sont les institutions barbares et dépassées de la souveraineté nationale qui ont provoqué cette crise totale. Ils vont complètement gommer les effets négatifs d’un système économique interdépendant et le fait que le manque de redondance laisse les cultures impuissantes. Nous sommes tous un grand village humain, après tout, alors nous devons accepter l’idée que nous réussissons ou échouons tous ensemble. Les marchés libres et l’innovation individuelle n’ont apparemment rien à voir avec une structure économique prospère. Ce dont nous avons vraiment besoin est un amalgame d’esprit de ruche qui nous transforme tous en pièces facilement remplaçables comme dans une tondeuse à gazon massive et grondante, qui mâche notre patrimoine, l’histoire et les principes, pour le bénéfice d’un Bien arbitraire plus grand et la promesse de villes alchimiques flottant dans le ciel où personne n’aura plus à travailler.

La chute de l’Union européenne est un moyen pour cette fin, pour les mondialistes. Il n’y a presque aucune nation ou institution qu’ils ne sacrifieront pas si ce sacrifice peut être exploité afin de poursuivre leur objectif de domination politique et économique mondiale totale. Ils ne veulent pas seulement un système complètement centralisé; ils veulent aussi nous voir tous les supplier de mettre ce système en place. Ils veulent que la masse pense que l’idée vient d’elle. Ceci est la forme la plus répandue et efficace de l’esclavage, quand les esclaves sont manipulés pour exiger leur propre asservissement. Quand les esclaves sont trompés en croyant qu’ils peuvent être fiers de leur asservissement – un insigne d’honneur au service du collectif, si vous voulez.

La chute des États-Unis ne sera pas différente à cet égard. Nous n’avons pas une structure supranationale comme l’UE. Donc, notre récit de l’effondrement sera légèrement différent, et la leçon d’ingénierie sociale que nous sommes censés apprendre sera soigneusement élaborée.

Vous voyez, les Américains sont censés jouer le rôle des impérialistes gâtés qui obtiennent finalement ce que nous méritons, un coup bas économique. Nous sommes la nouvelle Rome, du pain et des jeux et tout le reste. Et quand les États-Unis vont s’écraser comme l’Europe, les Fabiens seront là encore une fois pour avertir des avidités inhérentes à la souveraineté nationale et aux aspirations destructrices au pouvoir, qui doit être écrasé par un système politique mondial plus impartial. Je ne sais pas vraiment combien de gens là-bas savent cela, mais nous, les Américains, sommes censés jouer les méchants dans le théâtre mondial mis sur pied par les élites. Les Américains sont les méchants, le reste du monde joue le rôle de la victime innocente, et des centres mondialistes comme le FMI et la BRI sont destinés à jouer les héros, venir à la rescousse de l’humanité quand tout semblera perdu.

Notre génération de la dette surpasse de loin celle de l’ensemble des pays de l’UE combinés, un fait que je décris dans la partie 3 de ma série Un dernier regard sur l’économie réelle avant qu’elle n’implose. Contrairement à la Grèce – quoique – les États-Unis ont la possibilité d’imprimer directement de la monnaie à volonté afin de prolonger la punition pour nos dépenses massives basées sur la dette. Cependant, comme nous l’avons vu avec les récentes réactions du marché face à l’idée même d’une hausse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale en septembre, un tel événement va déclencher de vastes sorties des marchés boursiers et annoncer la fin de la nouvelle normalité. Encore une fois, pourquoi les banksters feraient-ils cela? Pourquoi ne pas maintenir les taux d’intérêt proches de zéro? Ce n’est pas comme s’il y avait une pression publique pour relever les taux; en fait, c’est tout le contraire. Pourquoi la Fed ignore-t-elle les centaines de signaux montrant que les États-Unis sont en récession et pousse-t-elle en avant la discussion des hausses de taux d’intérêt, malgré ce que l’on pourrait logiquement conclure de ce que serait le meilleur intérêt de la Fed?

La Fed sait que les seules choses qui soutiennent les marchés américains sont l’argent gratuit et la foi aveugle du public dans le fait que les banques et le gouvernement vont agir pour faire cesser toute douleur ou souffrance économique si un tel potentiel de crise devait survenir. Lorsque l’argent gratuit sera parti et que la foi disparaîtra, alors nous aurons une catastrophe épique sur les bras. Les mondialistes au sein de la Fed le savent, et ils veulent que cela arrive – au moins, ils veulent une version contrôlée de cette crise finale. Les élites ont besoin de la chute du système américain actuel exactement parce que cela va faire place à la montée de ce qu’ils appellent souvent le grand reset économique. Ce reset est la prochaine étape dans le plan de centralisation économique mondiale totale.

Il ne s’agit pas de contagion. Il n’y a pas de telle chose. C’est une excuse, un bouc émissaire destiné à détourner l’attention du vrai problème. Cela représente un effort concerté au cours des dernières décennies par les internationalistes pour manœuvrer les cultures occidentales vers une position de vulnérabilité. Quand les gens sont faibles et effrayés, ils deviennent malléables. Les changements sociaux que vous n’auriez jamais crus possibles aujourd’hui deviendront très possibles demain au milieu d’une crise. Je crois que nous voyons maintenant le début de la prochaine grande crise, et les fondamentaux de l’économie soutiennent mon avis. Alors que l’ensemble du système européen pend par le fil de la dette grecque et que le système américain entier est bloqué avec des taux d’intérêt proches de zéro et une foi aveugle dans le marché, quelque chose est sur le point de se briser. Il n’y a pas de retour en arrière possible dans une telle situation. Il y a seulement la voie à suivre; la voie à suivre n’est pas agréable ou confortable, mais elle ne peut pas être ignorée.

Nous ne pouvons pas oublier que la crise est en soi une distraction. Quelle que soit la douleur que nous devrons ressentir demain, ou le lendemain, ou la prochaine décennie, il faudra rappeler qui était à l’origine de tout cela : les banques internationales et leurs homologues politiques mondialistes. Peu importe ce qui arrive, il faudra ne jamais être prêts à accepter un système centralisé. Peu importe la façon raisonnable ou rationnelle que cela pourrait prendre dans la terreur de l’incertitude financière, il ne faut jamais donner ce qu’elle veut à la bête. Il faut refuser de se conformer à la dialectique. C’est la seule chance que nous avons de laisser revenir la vraie prospérité. Une fois que nous aurons traversé la ligne rouge dans le domaine de l’interdépendance dans un monde entièrement institutionnalisé, nous ne connaîtrons jamais plus la prospérité ou de la liberté.

Brandon Smith

Traduit par Hervé, relu par Diane et jj pour le Saker Francophone

Source : http://lesakerfrancophone.net/le-gouvernement-mondial-a-venir/

vendredi 3 juillet 2015

Le crépuscule de l'Union européenne / The twilight of the European Union

Françoise Compoint
On croirait parler de la célèbre opéra de Wagner dont le titre éloquent – Le Crépuscule des dieux – se réfère à l’ultime affrontement des dieux et des géants.
Sauf qu'ici, le champ métaphorique déployé renvoie l'image, d'une part, des technocrates bruxellois et pro-bruxellois nichés dans les tréfonds de leurs intérêts idéologiques et/ou banquiers, d'autre part, des peuples européens. Nous sommes, il est vrai, dans l'épique. Sortons-en!
Alors donc que la Grèce ne sait plus à quels saints se vouer en acceptant tantôt les exigences, passez-moi l'expression, loufoques, que lui avancent ses créanciers, tantôt en menaçant ces mêmes créanciers de sortir de l'UE en se déclarant de facto en faillite — une victoire à la Pyrrhus si cette option l'emportait — voici maintenant qu'une sexagénaire autrichienne lance une pétition sur la sortie de l'UE et que cette dernière recueille près de 270.000 signatures en lieu et place des 100.000 requises.
Georges Gastaud, philosophe marxiste et syndicaliste de sensibilité communiste brosse un tableau des plus noirs mais aussi des plus réalistes de ce qu'est l'UE dans sa mécanique vicieuse. Elle avait vocation à établir un lien de coopération entre les peuples intégrés, elle a finalement confronté leurs intérêts en les insérant dans le carcan d'une concurrence qui aujourd'hui se résume à cette question gravissime: qui donc arrivera à rembourser le FMI en premier? On dit au Français lambda ou à l'Allemand lambda de tolérer un chômage explosif, le dépérissement de l'industrie nationale, des flux migratoires exponentiels parce que… le Dieu européiste l'a voulu, parce que la tolérance, ultime, est la Valeur centrale de l'UE. Si l'on tolère les vices du prochain — car c'est tellement ancré dans l'ADN chrétienne de l'Europe — comment ne pas tolérer les vices d'une poignée de technocrates qui font tout pour sauver le Titanic! 
Revenons-en à la logique de M. Gastaud. Selon lui, l'union des peuples se fait à l'heure actuelle non pas « par » mais « contre » l'UE. Dialectiquement, souligne-t-il, elle aurait donc du bon. Serions-nous dans l'optique du vieil adage selon lequel à quelque chose malheur est bon? Certainement. On le voit à la lumière d'un sondage récemment réalisé en France selon lequel si un référendum sur la sortie de l'UE était lancé à l'instant, il récolterait 62% de « non » contre 55% il y a dix ans! Repasserait-on aujourd'hui, dans les mêmes circonstances, le Traité sur la Constitution UE comme on l'a fait avec le Traité de Lisbonne? J'en doute.
La roue de l'Histoire continue à tourner et elle tend à accélérer son rythme vu que la politique incohérente de l'UE se double de celle de l'OTAN qui elle a importé des enjeux extra-européens d'une gravité extrême ce qui, de fait, a contribué à l'éveil des consciences. La surévaluation suffocante de l'euro, l'avancée rampante de l'EI et le défi grec, seront-ils autant d'éléments catalyseurs? Sans conteste.
source  : http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150703/1016838424.html

lundi 29 juin 2015

L’euro, ou la haine de la démocratie, par Frédéric Lordon / The euro, or the hatred of the democracy, by Frédéric Lordon

Forcément, ça leur a coupé la chique. Qu’on puisse jouer la carte de la démocratie, c’est la chose qui est maintenant tellement hors de leur entendement qu’elle les laisse toujours sidérés, pantois et démunis. Vraiment, à cet instant, on aurait voulu voir leurs têtes, mâchoires décrochées comme des tiroirs de commodes fraîchement cambriolées : Sapin, Hollande, Moscovici, leurs experts organiques, leurs journalistes de propagande, tous ceux qui n’ayant que la « modernité » à la bouche se sont si constamment efforcés d’en finir avec le peuple, pénible démos, et pénible démocratie quand il lui vient à l’idée de ne pas se contenter de valider ce qui a été décidé pour elle. Mais c’est une némésis et personne n’y pourra rien : il vient toujours un moment où la politique chassée par la porte revient par la fenêtre. Plus elle a été chassée obstinément d’ailleurs, et plus ses retours sont fracassants.

Le référendum, ou le retour du refoulé

Et c’est vraiment le retour du refoulé sous tous les rapports : celui de la mauvaise conscience notamment. C’est qu’on peut difficilement porter la démocratie en bandoulière, en faire des chartes à enluminures ou des hymnes à la joie, un modèle offert au monde (éventuellement à coup de frappes aériennes), et la bafouer à ce point à domicile.
Prononcer le mot « référendum », c’est en effet immanquablement faire resurgir le spectre du Traité constitutionnel de 2005, celui de l’acharnement jusqu’à ce que ça dise oui, ou du contournement si ça persiste à dire non. Celui du putsch également, à l’image du débarquement en 2011 de Georges Papandréou, ordinaire socialiste de droite qui n’avait rien de bien méchant, mais avait fini par s’apercevoir qu’on approchait des seuils où férule macroéconomique et tyrannie politique deviennent dangereusement indistinctes, et éprouvé le besoin d’un mandat légitime en soumettant le mémorandum à son peuple… par référendum. Appliquant une doctrine en fait formée de longue date puisqu’elle est intrinsèque à l’Union monétaire même, mais dont la formulation pleinement explicite attendra 2015 et l’inénarrable Juncker – « il n’y a pas de choix démocratiques contre les Traités européens »… –, il avait suffi aux institutions européennes de quelques pressions de coulisses pour obtenir le renversement de l’imprudent, et nommer directement le banquier central Papademos premier ministre ! – c’est tellement plus simple –, qui plus est à la tête d’une coalition faisant, pour la première fois depuis les colonels, entrer au gouvernement un parti ouvertement d’extrême-droite (Laos), particularité qui n’avait pas davantage ému le journalisme d’accompagnement à l’époque (il n’a pas manqué depuis de pousser des cris de putois quand Syriza a fait alliance avec la droite souverainiste d’Anel).
C’est tout ce lourd passé, et même ce lourd passif, qui se trouve replié dans le mot « référendum », le sale petit secret de toute une construction institutionnelle qui ne se sent pas d’autre devoir vis-à-vis de la démocratie que celui du simple oblat verbal, de la célébration en mots, et en réalité n’a pas d’autre projet la concernant que d’extinction méthodique.
Comme on trouve encore des gens suffisamment acharnés pour contester que les Traités donnent à l’Europe le caractère d’une entité néolibérale, on en trouve de suffisamment bêtes pour nier qu’ils entraînent la moindre perte de souveraineté – expérience récemment faite au contact, tout à fait fortuit, d’un député socialiste dont, par charité chrétienne on ne dira pas le nom. Comme la chose est inhérente aux traités mêmes dont, rappelons-le, la caractéristique première tient au fait (monstrueux) d’avoir constitutionnalisé des contenus substantiels de politique économique, comme la chose est inhérente aux traités, donc, et qu’ils ne l’ont pas vue, ils ne doivent pas avoir davantage connaissance de la manière dont se déroulent les négociations depuis 2011, et particulièrement celles de ces dernières semaines. Car la Troïka ne se contente pas d’imposer un cadrage macroéconomique délirant, elle entend également en imposer le détail – et décider elle-même, dans le menu, des augmentations d’impôt et des baisses de dépenses, c’est-à-dire prendre en mains directement l’intégralité des commandes.
Que le gouvernement Syriza, à l’encontre de ses propres engagements électoraux, ait accepté de se couler dans la logique du mémorandum et de jouer le jeu de l’ajustement budgétaire n’était pas encore assez : car la Troïka ne demande pas qu’un objectif global, mais aussi la manière. Il n’est pas suffisant que la Grèce s’impose une restriction supplémentaire de 1,7 point de PIB, il faut qu’elle la compose comme il faut. Par exemple l’augmentation du taux d’imposition sur les sociétés de 26% à 29%, ainsi que la taxe exceptionnelle de 12% sur les profits supérieurs à 500 000 euros ont été refusées par la Troïka au motif qu’elles étaient… de nature à tuer la croissance ! – ou quand l’étrangleur déconseille à ses victimes le port du foulard. En revanche la Troïka tient beaucoup à ce qu’on en finisse avec la petite allocation de solidarité servie sur les retraites les plus pauvres – le décile inférieur a perdu jusqu’à 86 % de revenu disponible de 2008 à 2012 [1] … c’est donc qu’il reste 14 bons pourcents : du gras ! Elle refuse la proposition grecque de taxer les jeux en ligne, mais demande la fin du subventionnement du diesel pour les agriculteurs – des nantis. Et tout à l’avenant.

Les institutions de la haine politique

On pourrait se perdre à l’infini dans ces détails qui disent tous le délire idéologique additionné d’instincts sociaux meurtriers – au sens presque littéral du terme, car rompre avec le fléau du gouvernement par abstractions macroéconomiques demande de prendre connaissance du tableau des conditions concrètes d’existence de la population grecque à l’époque de l’austérité, entre baisse de l’espérance de vie, explosion du taux de suicide, effondrement de la qualité des soins, etc [2]. On pourrait dire tout ça, donc, mais on n’aurait pas dit l’essentiel, qui tient à une forme de haine politique, comme il y avait jadis des haines religieuses, mais, fait inédit, une haine politique institutionnelle, une haine portée par des institutions. Depuis le premier jour, les institutions européennes n’ont pas eu d’autre projet que de faire mordre la poussière au gouvernement Syriza, d’en faire, par un châtiment exemplaire, une leçon à méditer par tous les autres pays qui pourraient avoir à l’idée eux aussi de ne pas plier, comme s’il fallait annuler l’événement de la première authentique alternance politique en Europe depuis des décennies.
Chaque régime politique, même celui qui a de la démocratie plein la bouche, a ses points d’impensable, ses interdictions formelles et ses exclusions catégoriques. La dite « démocratie parlementaire », qui fait vœu de débattre de tout, s’est en fait constituée comme le régime politique de défense de la propriété privée du capital (et de toutes les prérogatives qui y sont attachées), c’est pourquoi elle accepte qu’on débatte de tout sauf de la propriété privée du capital (et de toutes les prérogatives qui y sont attachées) [3] – et l’histoire a suffisamment montré de quoi la « démocratie » était capable quand le peuple des manants avait l’idée de s’en prendre au règne du capital. Pour autant, dans ce périmètre-là, il restait un peu de marge à explorer. C’était encore trop pour une construction néolibérale comme l’Union européenne qui a saisi la fenêtre d’une époque pour réduire autant qu’elle le pouvait le cercle du discutable : les formes de la concurrence intérieure, le statut de la banque centrale, la nature et les cibles de la politique monétaire, les orientations de la politique budgétaire, le rapport aux marchés financiers : toutes ces choses ont été irrévocablement tranchées par inscription constitutionnelle dans les traités, à la fin expresse qu’à leur sujet le débat soit clos.
Comment s’étonner qu’une construction aussi congénitalement libérale se soit donné des institutions qui suintent à ce point la haine de tout ce qui est progressiste ? Syriza ne pouvait pas être un partenaire : elle a été d’emblée, et en fait très logiquement, considérée comme un ennemi. L’ennemi ici, c’est celui qui veut vous forcer à rediscuter de ce que vous avez décrété soustrait à toute discussion. Aussi bien le référendum (à supposer qu’il ne devienne pas sans objet d’ici dimanche) que l’imminente sortie de l’euro sont des affirmations du droit de rediscuter – des affirmations du principe démocratique.
Le droit de rediscuter se paye cher en Union européenne. Dans un mouvement misérable qui ajoute à la considération qu’on peut lui porter, l’Eurogroupe, entité informelle à la consistance juridique d’ailleurs incertaine, met tous ses efforts à ce qu’il soit le plus coûteux possible. Mais en réalité c’est toute la construction institutionnelle qui porte la responsabilité de ce qui est en train de se passer : car, à la fin des fins, c’est bien la Banque centrale européenne (BCE) qui donnera le coup de grâce en interrompant le refinancement des banques grecques.
Faut-il qu’elle soit grande la détestation de la souveraineté populaire pour ne pas même accorder l’extension du plan d’aide à l’échéance du référendum… Tout est dit d’une passion anti-démocratique européenne devenue si écumante qu’elle ne parvient même pas à se tenir à son propre ordre légal : c’est que le refinancement des banques, grecques ou autres, est une mission de la BCE, assignée par les traités, et dont l’accomplissement est sans rapport avec les vicissitudes latérales de tel ou tel ordre, fussent-elles celles d’un plan de sauvetage. Que la terminaison du plan de sauvetage mardi 30 juin s’accompagne, comme il en est lourdement question, de la fermeture du guichet ELA (Emergency Liquidity Assistance), où la totalité du système bancaire grec est vitalement suspendu, est une connexion dont la légalité est plus que douteuse eu égard à l’autonomie des missions de refinancement de la BCE. [Il faut vraiment convoquer les aruspices pour avoir le fin mot du communiqué publié dimanche 28 juin par la BCE, car l’annonce du maintien du programme ELA pour les banques grecques n’est accompagnée d’aucune mention d’échéance… de sorte qu’il peut bien se trouver interrompu à tout moment. Cependant, contre la menace lourdement sous-entendue de fermer l’ELA en conséquence de l’arrêt du plan de sauvetage le 30 juin, il pourrait être politiquement rationnel pour la BCE de ne pas aller jusqu’à se faire l’exécuteur anticipé des basses œuvres, et de maintenir son guichet ouvert jusqu’à l’échéance du référendum : c’est qu’on doit beaucoup compter dans les institutions européennes sur le fait que le contrôle des capitaux mis en place lundi 29 juin est un repoussoir électoral, et que la restriction de l’accès des déposants à leurs encaisses monétaires est le plus sûr moyen d’aiguillonner le vote « oui ».]
En tout cas, on le sait bien, le simple fait d’avoir exclu les banques grecques des procédures ordinaires de refinancement pour les cantonner au guichet d’urgence de l’ELA n’avait d’autre propos que de leur faire sentir leur état de dépendance extrême, et de leur faire connaître le pouvoir discrétionnaire auprès duquel leur survie se renégocie quasi-quotidiennement – c’est-à-dire la possibilité qu’à tout moment le pouce s’abaisse. Comme toujours, c’est aux limites, et dans les situations de crise extrême, que les ordres institutionnels révèlent leur vérité. Ici toute la sophistication juridique de la construction européenne se ramène à un pouce levé ou bien baissé. Et la comédie du droit laisse voir à nu les rapports de force qu’elle cache ordinairement.

Le moment du chaos

Techniquement parlant en tout cas, il est bien certain que la fermeture du refinancement auprès de la BCE, qu’elle survienne mardi 30 ou plus tard, effondrera le système bancaire grec dans la journée, et forcera, de fait, au réarmement de la Banque centrale grecque comme prêteur en dernier ressort, c’est-à-dire émetteur d’une liquidité qui ne sera pas reconnue par le SEBC (Système européen de banques centrales). On l’appellera de la drachme.
Effectuée dans une pareille urgence, la sortie grecque de l’euro ne pourra pas éviter le moment du chaos, et pour des raisons dont Syriza porte une part. Il est à craindre que le refus d’envisager dès le début la sortie de la monnaie unique, et d’en faire une menace crédibilisant d’ailleurs la position grecque dans le rapport de force, laisse aujourd’hui le gouvernement dans un état de totale impréparation. Le sens stratégique possible de l’accord de prolongation passé avec l’Eurogroupe le 21 février dernier aurait dû être de mettre à profit les quatre mois gagnés pour préparer logistiquement et politiquement la sortie.
Celle-ci est vouée à présent à s’opérer dans les plus mauvaises conditions. Il est même impossible que se fassent aussi vite l’ajustement technique du système des paiements et la conversion des espèces monétaires. Si bien qu’il y aura vraisemblablement un moment bizarre de double circulation monétaire pendant lequel des espèces émises par le système bancaire grec auront toutes les apparences de l’euro mais n’en seront pas moins des drachmes… qui en principe ne seront pas reconnues comme euros à l’extérieur alors même qu’elles leur ressembleront comme deux gouttes d’eau !
Rien de tout ça ne sera fait pour décourager le run bancaire, en fait déjà bien entamé puisqu’on évalue à 130 milliards d’euros les retraits opérés depuis janvier. Que les gens retirent des espèces si ça peut les tranquilliser, ça n’est pas le problème, en tout cas pour le système bancaire [4] : dès que la situation se stabilisera, ces fonds effectueront le mouvement inverse, et entre temps c’est la Banque de Grèce qui prendra le relais de la BCE pour maintenir les banques dans la liquidité. C’est que cet argent prenne le large qui est un problème. Aussi un drastique contrôle des capitaux, avec contingentement des retraits, sera la mesure à prendre dès les toutes premières heures (elle est déjà prise au moment où ce texte est publié). Avec la dévaluation carabinée de la drachme qui suivra sa réintroduction, les Grecs y perdront du pouvoir d’achat international ? Oui, et ça sera comme ça. Par définition, la conversion est une opération purement nominale qui laisse invariant le pouvoir d’achat interne… à l’inflation importée près. Or vu la dégringolade anticipée de la drachme, celle-ci sera conséquente. La couronne islandaise qui a initialement perdu près des trois quarts de sa valeur contre euro a laissé derrière elle une inflation de 18 % en 2008. Mais les premières fluctuations sont toujours d’une ampleur extravagante, et vouées à s’ajuster plus raisonnablement à moyen terme : la couronne a été rapidement stabilisée 40 % en dessous de sa valeur de 2008, l’inflation est d’ailleurs redescendue en dessous des 5 % dès la mi-2009, elle est désormais proche de 0. Il en ira vraisemblablement de même avec la drachme.
Dans l’intervalle il faudra peut-être ajouter au contrôle des capitaux un dispositif de protectionnisme ciblé dans les marchés de biens et services. C’est que la balance courante grecque à très court terme va devenir déficitaire. Or l’interruption de tout flux financier entrant interdira de la financer par la partie « compte de capital » de la balance globale, et la position extérieure nette de la Grèce va se détériorer. Il faudra donc réduire la flambée des importations, alors que l’effet de renchérissement de leur prix devrait d’abord l’emporter sur celui de contraction des volumes. Evidemment il est vital que les entreprises continuent d’avoir librement accès aux biens étrangers d’équipement ou de consommation intermédiaire. Le dispositif protectionniste devra donc être ciblé sur les (certains) biens de consommation (hors énergie notamment), et ceci jusqu’à ce que les exportations « réagissent » à la dévaluation de la drachme – en général dans un délai de 12 à 18 mois (de ce point de vue, la sortie de l’euro se passe au plus mauvais moment possible de l’année puisqu’il est trop tard pour que le tourisme, qui est le secteur le plus dynamique du commerce international grec, en enregistre l’effet, et qu’il faudra attendre la saison prochaine pour en recueillir les bénéfices). L’énorme incertitude achèvera de mettre en carafe le peu d’investissement qui restait (le taux d’investissement est tombé à 12 % en 2014 [5]…). Tous ces effets ajoutés à la désorganisation initiale promettent à la croissance grecque de plonger. Il faut avoir le courage de le dire : le début va être une épreuve.
Cette épreuve n’a de sens, économiquement parlant, que parce qu’elle ouvre par ailleurs de nouvelles opportunités et restaure de nombreux degrés de liberté absolument fermés dans le cadre des institutions de l’euro. En premier lieu elle permet d’en finir avec l’austérité, dont les nouvelles mesures ne relâchaient rien : la Grèce se trouvait enjointe de dégager un excédent primaire de 1 point de PIB cette année même, puis de 2 en 2016, puis de 3 en 2017, puis de 3,5 en 2018 ! Elle se trouve également soulagée des 26 milliards d’euros dus d’ici la fin 2015 à ses créanciers de toute sorte qu’elle va envoyer élégamment se faire foutre – 26 milliards d’euros [6], ça n’est pas loin de… 15 points de PIB ! Voilà à quoi la Grèce se saigne depuis tant d’années : à payer une dette que tout le monde sait insoutenable en dépit de tous ses rééchelonnements et, plus encore,dont elle ne porte pas la responsabilité ! Car les 80 points de PIB de dette pris depuis 2008 ne sont pas, comme le répète l’éditorialisme en pilotage automatique, « la dette de la Grèce » : c’est la dette de l’impéritie européenne, la dette de la plus gigantesque erreur de politique économique de l’histoire du capitalisme, la dette de l’acharnement idéologique, dit plus brièvement : la dette de la zone euro – et par conséquent la dette dont il n’est que justice que la zone euro se la carre dans le train.

Le vrai visage des « amis de l’Europe »

En écrivant en janvier que l’alternative de Syriza était de passer sous la table ou de la renverser[7] et qu’il n’y aurait pas de tiers terme, en particulier que l’idée d’obtenir quoi que ce soit des institutions européennes, ou pire encore d’engager leur transformation de l’intérieur, était un rêve de singe, il faut bien avouer qu’on n’était pas prêt à parier grand-chose sur l’hypothèse du renversement. Hic Rhodus hic salta [8] comme dit l’adage latin. Et c’est là qu’on voit les vrais hommes politiques. Pour toutes les erreurs stratégiques qu’il a commises jusqu’ici, il se pourrait bien que Tsipras en soit un. C’est qu’il faut une sacrée consistance pour faire face à ce mélange de périls et de chances qui s’offre à lui aujourd’hui – qui s’offre à lui ? non, qu’il a fait advenir en se tenant au plus près de l’essence de la politique : la proposition faite au peuple de décider souverainement.
Comme Roosevelt se déclarait fier en 1936 d’être devenu objet de haine de l’oligarchie capitaliste qu’il avait décidé de défier carrément, Tsipras peut s’enorgueillir des tombereaux d’injures que lui réserve une oligarchie d’un autre type, le ramassis des supplétifs d’une époque finissante, et qui connaitront le même destin qu’elle, la honte de l’histoire. La première chose que Jean Quatremer a cru bon de tweeter consiste en photos de queues devant les distributeurs à billets. Et d’annoncer avec une joie mauvaise : « La Grèce sera donc en faillite mardi à minuit. Accrochez-vous ! ».
On voudrait que quelque archiviste de talent, conscient de ce qui se joue d’historique ces jours-ci, s’attache à collecter tout ce qui va se dire et qui méritera de rester, tout ce que pense et dit l’oligarchie quand, à l’épreuve d’un moment critique, elle jette enfin le masque – car cette fois-ci le masque est bel et bien jeté. « La Grèce, c’est fini »titre le JDD du 28 juin, dirigé par Denis Olivennes, l’un des Gracques à qui l’on doit cette tribune à valeur de document quasi-psychiatrique publiée dans Les Echos, où l’on apprenait qu’il était urgent de « ne [pas laisser] Monsieur Tsipras braquer les banques » [9], textuellement, alors que le refus de restructurer la dette grecque jusqu’en 2012 n’a pas eu d’autres finalités que de sauver les banques allemandes, françaises, etc., ces banques où, précisément, prolifère la racaille Gracque, en effet la vraie racaille dans la société française – pas celle de Sarkozy –, ces « anciens hauts fonctionnaires socialistes » comme ils aiment à se présenter eux-mêmes, et qui en disent assez long sur l’état réel du « socialisme » français – pour ceux qui ne s’en seraient pas encore aperçus.
Bloomberg fait déjà des gorges chaudes de ce qu’on puisse envisager « sur les documents hautement techniques » de la Troïka de demander leur avis « aux mamies grecques » [10]. Mais c’est vrai, quelle idée ! La vraie démocratie est bien celle qui se contente de l’avis des économistes et des journalistes spécialisés de Bloomberg. Ou de Libération. Comme toujours les événements historiques, la sortie grecque sera un test de Rorschach en vraie grandeur, un bain photographique surpuissant. On peut le dire dès maintenant puisque la grande vidange est déjà à l’œuvre : l’oligarchie dégondée va montrer son vrai visage, et parler son vrai langage. Jean-Louis Bourlanges sur France Culture traite Tsipras de « terroriste révolutionnaire » [11] (sic), Quatremer relaie, écumant, les errances de Kathimerini, quotidien de droite qui qualifie le référendum de « coup d’Etat de bolcheviks », formidable moment de vérité où l’on va voir sans fard qui est qui et qui dit quoi. Oui, on voudrait vraiment que tout ceci soit méticuleusement consigné, pour qu’on sache ce qu’il en aura été de la « démocratie » en Europe à l’époque de la monnaie unique. Et pour que cette belle accumulation produise l’effet qu’elle est vouée à produire : celui du ridicule mêlé d’ignominie.

Et nous ?

Par un paradoxe qui doit tout aux coups de fouet de l’adversité, il se pourrait que cette avalanche de haine, car il n’y a désormais plus d’autre mot, soit le meilleur ciment des gauches européennes, et leur plus puissant moteur. Car la guerre idéologique est déclarée. Et il faudra bien cet état de mobilisation et de colère pour supporter ce qu’il va falloir supporter. Il ne faut pas s’y tromper : sauf à ce que tout l’euro parte en morceaux à son tour, hypothèse qui n’est certainement pas à exclure mais qui n’est pas non plus la plus probable, les yeux injectés de sang d’aujourd’hui laisseront bientôt la place à l’écœurant rire triomphateur des Versaillais quand la Grèce passera par le fond du trou. Car elle y passera. Elle y passera au pire moment d’ailleurs, quand Espagnols et Portugais, sur le point de voter, se verront offrir le spectacle du « désastre grec » comme figure de leur propre destin s’ils osaient à leur tour contester l’ordre de la monnaie unique. Ce sera un moment transitoire mais terrible, où, sauf capacité à embrasser un horizon de moyen terme, les données économiques de la situation n’offriront nul secours, et où l’on ne pourra plus compter que sur la colère et l’indignation pour dominer toutes les promesses de malheur. En attendant que se manifestent les bénéfices économiques, et plus encore politiques, du geste souverain.
Que faire entre temps pour échapper à la rage impuissante lorsqu’on n’est pas grec ? Depuis février, on a vu fleurir des initiatives de solidarité où le réconfortant le dispute au dérisoire : c’est que la version KissKiss BankBank des Brigades internationales a surtout pour effet de dire quelque chose de l’époque… En réalité l’événement offre peut-être la meilleure occasion de redécouvrir, et pour certains de découvrir tout court, que l’internationalisme réel consiste moins dans le dépassement imaginaire des nations que dans la solidarité internationale des luttes nationales. Et dans leurs inductions mutuelles. Les Grecs sont sur le point de défier l’ordre néolibéral en son institution principale : la monnaie unique européenne. Pour nous qui souffrons des pouvoirs entièrement vendus à cet ordre, être à la hauteur de l’éclaireur grec ne réclame pas moins que de nous retourner contre nos gouvernements.
Notes
[1] Philippe Légé, « Ne laissons pas l’Europe écrire sa tragédie grecque », Note des Economistes Atterrés, 30 avril 2015.
[2] Sanjay Basu et David Stuckler, « Quand l’austérité tue », Le Monde diplomatique, octobre 2014.
[3] Inutile d’arguer des épisodes de « nationalisation » qui ont toujours été très partiels et n’ont jamais remis en cause l’essentiel, à savoir les rapports sociaux de production, inchangés même dans les enclaves de capitalisme d’Etat.
[4] C’est un problème si cet argent retiré de la circulation monétaire cesse d’animer les échanges marchands.
[5] Il était à 26 % en 2008…
[6] Dont un accord avec l’Eurogroupe n’aurait couvert que 15 milliards d’euros, et encore sans compter le déblocage fractionné, par tranches de 7,5 milliards, bien fait pour activer à chaque fois une clause de revoyure.
[7] « L’alternative de Syriza : passer sous la table ou la renverser », 19 janvier 2015.
[8] « C’est ici qu’il faut sauter ».
[9] Les Gracques, « Grèce : ne laissons pas Monsieur Tsipras braquer les banques », Les Echos, 15 juin 2015.
[10] « Tsipras Asking Grandma to Figure Out if Debt Deal is Fair », Bloomberg, 28 juin 2015.
[11] « L’esprit public », France Culture, 28 juin 2015.
Source : Frédéric Lordon, pour son blog La Pompe à phynances, le 29 juin 2015.