vendredi 1 août 2014

Le "Colonel Cassad", blog de résistance à la junte de Kiev, nous livre une définition du fascisme / "Colonel Cassad", blog of resistance against the Junta of Kiev, give us a definition of the fascism


Source de l'article : http://cassad-eng.livejournal.com/2908.html


Once more about the essence of the Kiev junta, which is something that some of us tend to deny.
Let's take the classic definition of fascism from Georgi Dimitrov, which was considered as the clearest definition of fascism from the point of view of the communist theory in the USSR.


"Fascism is an open terrorist dictatorship of the most reactionary, the most chauvinistic, the most imperialistic elements of the financial capital... Fascism is neither the government beyond classes nor the government of the petty bourgeois or the lumpen-proletariat over the financial capital. Fascism is the government of the financial capital itself. It is an organized massacre of the working class and the revolutionary slice of peasantry and intelligentsia. Fascism in its foreign policy is the most brutal kind of chauvinism, which cultivates zoological hatred against other peoples."

Among various definitions, this is the one that I consider to be the most correct and this is the one that I personally look at when considering the degree of fascism in a regime.

Let's look at correspondences between different features of the Kiev junta and this definition.


1. As we can see, the opponents of the Kiev junta are openly terrorized, which includes physical extermination, intimidation, hostage-taking, warrantless arrests, abductions, torture, and other elements of terror. A small group of people that got into power by the way of a coup authorizes and supervises this terror. This dictatorship is narrowly reactionary and represents the most radical forms of the Ukrainian integral nationalism and fascism, which, as declarations made by Yarosh imply, do not hide their imperialist tendencies, primarily at the expense of the capitalist Russian Federation.

2. Ukraine is governed by the representatives of major financial capital. Billionaires run against millionaires for president. The most probable candidates are Poroshenko the billionaire and Tymoshenko the millionaire. The billionaire Kolomoisky is a major power in Ukraine. Billionaires Taruta and Akhmetov were sent to pacify the rebellion in Donbass. In other words, we can see a clear implementation of the government by the representatives of major financial capital. Isn't Poroshenko a major financial capitalist? Isn't Kolomoisky a major financial capitalist? Therefore, denying the essence of the key beneficiaries of the coup suggests either flagrant misunderstanding of the essence of capitalism or the desire to preserve the battered templates.

3. The government is implemented through both oppression of the unconscious masses of the proletariat and open terror against the part of the working class, intelligentsia, and petty bourgeoisie that openly spoke out against the fascist dictatorship and the monopoly of major capital in the government. The major capital becomes the regime itself and the fascist squads become its instruments for building the fascist system of government, which is built on a terrorist dictatorship.

4. It is not very difficult to recognize that the Ukrainian fascism cultivates hatred towards other peoples in its domestic and foreign policy – primarily towards the Russians, and towards the Poles to a lesser degree. There is also considerable antisemitism. Russophobia is actually the cornerstone in the ideology of the Kiev regime, which openly advocates oppressing and exterminating people based on their ethnicity, culture, and language.

So, as we can see, the situation in Ukraine is a 100% match for Dimitrov's classical definition. This is exactly fascism, in its most classical and pure form.

P.S. The image in the header is the famous photo collage "Large Dimitrov, small Goering".
Original article: http://colonelcassad.livejournal.com/1589906.html (in Russian)


Qui est derrière ce blog ? 

Quelques éléments de réponse sur :  

http://globalvoicesonline.org/2014/07/30/russia-eastern-ukraine-unfiltered-colonel-cassad-crimea-stalinism/


mercredi 30 juillet 2014

Lettre de Gaza d’un médecin norvégien/Letter of Gaza of a Norwegian doctor

Source : http://www.info-palestine.eu/spip.php?article14739

lundi 21 juillet 2014 - 05h:03

Mads Gilbert



« Mon respect pour les blessés est infini, leur détermination contenue en pleine souffrance, dans l’agonie et le choc... », écrit le docteur Mads Gilbert.

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Un médecin palestinien évacue le corps d’une petite fille à Chajaya, en banlieue est de Gaza, pilonnée le 20 juillet 2014 [afp.com-Thomas Coex]
Gaza - dimanche 20 juillet 11h 06 -
Chers amis,
La nuit dernière a été extrême. L’invasion « terrestre » de Gaza a amené des dizaines de véhicules surchargés de toutes sortes de Palestiniens blessés, mutilés, déchiquetés, sanglants, tremblants, agonisant – de tous âges, tous des civils, tous innocents.
Les héros dans les ambulances et dans tous les hôpitaux de Gaza travaillent en équipes de 12 à 24 heures, gris de fatigue et de charges de travail inhumaines (sans aucune rémunération depuis 4 mois à Shifa). Ils soignent, trient, essaient de démêler l’incompréhensible chaos de corps, de tailles, de membres - des humains marchant, ne marchant plus, respirant, ne respirant plus, saignant. DES ETRES HUMAINS !
Maintenant, traités une fois de plus comme des bêtes par « l’armée la plus morale du monde » (sic !)
Mon respect pour les blessés est infini, leur détermination contenue en pleine souffrance, dans l’agonie et le choc. Mon admiration pour le staff de volontaires est infinie ; être proche du « soumoud » palestinien me donne la force, même si par moments j’ai seulement envie de crier, de serrer quelqu’un contre moi, de pleurer, de sentir la peau et la chevelure de l’enfant chaud, couvert de sang, de nous protéger en nous tenant dans les bras indéfiniment – mais nous ne pouvons pas nous le permettre, et eux non plus ne peuvent pas.
Des visages de cendre – Oh NON ! Pas encore un chargement de dizaines de mutilés saignants !
Nous avons déjà des lacs de sang sur le sol des Urgences, des piles de pansements saturés de sang à dégager – oh – les nettoyeurs, partout, déblaient rapidement le sang et les serviettes, les cheveux, les vêtements, les canules – vestiges de mort – ils les enlèvent tous pour en préparer de nouveaux, pour recommencer le tout.
Plus de 100 cas sont arrivés à Shifa ces dernières 24 heures. Assez pour un grand hôpital bien entraîné avec tout ce qu’il faut, mais ici – il n’y a presque rien : pas d’électricité, d’eau, de matériel jetable, de médicaments, de tables d’opération modulables, d’instruments, de moniteurs – ils sont tous rouillés comme s’ils sortaient de musées des cliniques de jadis. Mais ils ne se plaignent pas, ces héros. Ils continuent avec ce qu’ils ont, comme des guerriers, de front, extrêmement déterminés.
Et comme je vous écris ces mots, seul, sur un lit, mes larmes coulent, les larmes chaudes mais inutiles de la douleur et de la colère, de la rage et de la peur. Cela n’est pas vraiment en train de se passer !
Et alors, juste maintenant, l’orchestre de la machine de guerre israélienne redémarre sa répugnante symphonie, juste maintenant : des salves d’artillerie depuis les navires de guerre juste au bas des plages, les rugissants F-16, les drones écœurants (en arabe : zennanis : les bourdons), et les Apache en pagaille.
Tous produits et payés par les Etats-Unis.
M. Obama, avez-vous un cœur ?
Je vous invite, passez donc une nuit, juste une, avec nous à Shifa. Déguisé en nettoyeur peut-être.
J’en suis convaincu à 100 % : cela changerait l’Histoire.
Personne ayant un cœur ET du pouvoir ne peut sortir d’une nuit à Shifa sans être déterminé à mettre fin au massacre du peuple palestinien.
Mais les sans-cœurs et sans-pitié ont fait leurs calculs et planifié d’autres massacres « dahyia » contre Gaza.
Les fleuves de sang continueront à couler la nuit qui vient. Je peux entendre comment ils ont accordé leurs instruments de mort.
Je vous en prie. Faites ce que vous pouvez. Ceci tout CECI ne peut pas continuer.
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Mads Frederick Gilbert MD PhD est Professeur et Chef de clinique
Clinique de médecine d’Urgence
Hôpital Universitaire de Norvège du Nord (UNN)

lundi 16 juin 2014

La fin du nouvel ordre mondial



"L'annexion de la Crimée par la Russie et l'intimidation permanente de l'Ukraine semblent mettre un terme à une période de 25 ans, marquée par un effort pour amener la Russie à mieux s'aligner sur les objectifs et les traditions euro-atlantiques. La question qui se pose à présent est de savoir ce qui nous attend."


Christopher R. Hill

dimanche 1 juin 2014

Réponses des partis sur les violences policières à Bruxelles / Answers of the parties on the police violence to Brussels

Source : http://www.michelcollon.info/Reponses-des-partis-sur-les.html?lang=fr
Investig’Action

Présentation vidéo de cet article sur https://www.youtube.com/watch?v=A831TINQI7c


Miniature




21 mai 2014
Article en PDF :




Nos 3 questions :

Madame, Monsieur,

Je vous serais très reconnaissant si la fédération bruxelloise de votre parti pouvait répondre à la question suivante afin d'éclairer nos lecteurs qui sont aussi des électeurs.

1. Que pensez-vous des violences policières commises ces dernières années à Bruxelles - Ville par certains agents (envers des manifestants, des jeunes en rue ou des citoyens lors d'interpellations) ? Avec une telle fréquence et si peu de sanctions que la Ligue des Droits de l'Homme a dû créer le site "ObsPol" pour aider les citoyens à se faire entendre et à obtenir justice.


2. Ce phénomène ne risque-t-il pas de donner une image très négative de l'ensemble de la Capitale de l'Europe et quelle mesure a prise ou propose votre parti pour faire mieux respecter les droits de l'homme dans les interventions policières ?

3. Comment considérez-vous le refus des bourgmestres Thielemans, puis Mayeur de prendre publiquement position contre ces violences ?





Les bourgmestres Thielemans et Mayeur (PS)

Réponse du FDF :

"Les FDF prônent de lutter efficacement contre les mauvais traitements de la part des forces de l’ordre, y compris ceux basés sur toute forme de discrimination et en sanctionner les auteurs de manière appropriée.
Premièrement, le code de déontologie, qui est entré en vigueur il y a quelques années, ne prévoit pas le régime des sanctions pour atteinte au respect des règles de déontologie qui s’imposent à tous les membres des forces de l’ordre. Deuxièmement, les formations professionnelles, même s’il en existe en rapport avec le rappel des exigences quant aux dispositions qui organisent le respect des droits de l’homme, devraient être davantage coordonnées, poussées et évaluées, ce qui n’est pas le cas.
Pour les FDF, il convient de donner suite rapidement aux recommandations du Comité des Nations unies contre la torture en ce qui concerne la déontologie et la formation des policiers.
Les FDF proposent également d’intégrer dans le code de déontologie de la police l’information sur les sanctions auxquelles s’exposeraient les agents de police en cas de manquement à leurs obligations.

En vous remerciant pour l'intérêt que vous portez à nos prises de position, je vous adresse nos meilleures salutations"


Réponse du PS (Laurette Onkelinx) :

"La position de la fédération Bruxelloise du PS est très claire : la police est un service public qui travaille au bénéfice de la collectivité pour servir et protéger dans le respect des droits fondamentaux. La notion de service est pour nous essentielle bien qu’elle semble parfois dévalorisée par rapport aux missions dites opérationnelles.
Le contrôle des services de sécurité, de leur fonctionnement et de leurs méthodes d’enquête est une exigence démocratique essentielle afin de renforcer la confiance légitime des citoyens vis-à-vis de l’Etat. Et dès lors, d’améliorer, là où cela est encore nécessaire, les règles, mécanismes et organes indépendants qui en sont chargés tout en punissant les abus de pouvoir qui sont ou seraient commis par des détenteurs de l’autorité publique.


Suite à votre mail et par rapport à vos questions spécifiques, j’ai demandé à Monsieur Mayeur de vous transmettre sa réponse en tant que bourgmestre premièrement concerné par la situation dans la zone de Bruxelles-Capitale-Ixelles. Ces réponses, je n’en doute pas, répondront à vos questions et rappellent notre attachement au respect des droits de l’homme et aux libertés individuelles."



Réponse du PS (Yvan Mayeur, bourgmestre de Bruxelles – Ville)


"Madame la Ministre Laurette Onkelinx m’a transmis votre mail portant sur des problèmes policiers à Bruxelles. Permettez-moi d’y répondre.


Le 16 décembre 2013, lors de mon allocution d’installation comme Bourgmestre de la Ville de Bruxelles, j’ai clairement indiqué, au Conseil communal que je présidais alors pour la première fois, que pour moi la police bruxelloise doit être une « police citoyenne, une police irréprochable, attentive aux victimes et respectueuse des modes de vie de chacun ». Ce message fut réitéré au corps policier à l’occasion des vœux de nouvel an. J’ai ainsi tenu ces propos : « la police est un vecteur de démocratie, qui défend notamment les libertés individuelles. Cela n’est évidemment possible qu’en démontrant vis-à-vis des citoyens le même respect que votre fonction appelle à exiger d’eux ».


Aussi, comme Président du Collège de police de la Zone Bruxelles CAPITALE Ixelles, comme Bourgmestre, comme citoyen, j’ai évidemment particulièrement été choqué par les faits de violences policières rapportés récemment par le Procureur du Roi dont se seraient rendus coupables des policiers de la Zone.


La violence, et à fortiori celle venant d’un membre d’un corps de police, est intolérable et ne sera toléré.


Je vous invite à prendre connaissance de ma réaction faite à la presse le lundi 28 avril, de mes déclarations faites au Conseil communal le même jour et au Conseil de police le lendemain. A ces occasions, j’ai publiquement indiqué que la police est un service public, au service donc des citoyens et qu’en ce sens l’accueil, les propos, le comportement de l’ensemble de ses membres doivent être irréprochables. J’ai de même indiqué qu’à l’égard du personnel policier se rendant coupable de tels agissements, aucune tolérance ne sera admise. Et ceci pour répondre tant aux attentes légitimes de la population que pour soutenir les policiers qui exécutent, eux, leurs tâches de manière exemplaire.


Si les sanctions disciplinaires adéquates seront systématiquement prises à l’égard des policiers reconnus coupables de ce genre de faits, d’autres mesures ont été prises :
- Les 3 commissariats de garde de la Zone serons équipés de caméras de surveillance.
- Si la formation des policiers est de la compétence de la Ministre fédérale de l’Intérieur, tous les nouveaux inspecteurs entrant dans la Zone bénéficieront obligatoirement d’une formation supplémentaire à la déontologie et donc au respect des droits de l’homme.
- De même, un travail est en cours avec le Centre pour l’Egalité des Chances et la Lutte contre le Racisme pour élaborer un programme de formation, de sensibilisation propre au personnel de Polbru, aux spécificités de la Zone et de la population bruxelloise.
- Enfin, pour clairement indiqué que l’autorité condamne fermement les actes de violences policières qui entachent le travail accompli par l’ensemble des collaborateurs de la Zone et écornent l’image de la police bruxelloise dans son ensemble, il a été décidé de s’octroyer les services d’un avocat.

Ces mesures atteindront, je l’espère, rapidement leurs objectifs.
En espérant avoir répondu à vos inquiétudes et légitimes interrogations, je vous prie de croire, Monsieur Collon, en mon sincère attachement au respect des droits l’homme et des libertés individuelles."

Yvan MAYEUR


Réponse du MR (Didier Reynders) :

" a) Qu'en penser ?


D'une manière générale, les faits de violence commis par des membres des services de police sont inacceptables lorsqu'ils ne répondent pas aux conditions de recours à la force que la loi autorise (ex. : usage de la contrainte ou légitime défense).
Plus généralement encore, le recours à la violence venant de policiers ou commis contre des policiers (ou d'autres personnes en uniforme comme les membres des services de secours) n'est pas davantage acceptable et c'est ce sur quoi il convient d'insister.
S'agissant plus spécifiquement des derniers comportements révélés (par ex. : allégations de violence dans le parc du Mont des Arts), il demeure sain d'avoir connaissance des résultats de l'enquête judiciaire avant de les condamner. Se forger une opinion sur un fait précis à partir des seules images diffusées par les médias sociaux (comme Youtube) ne permet pas de contextualiser les faits en toute impartialité.



b) Pour aller un peu plus loin...

- depuis plusieurs années, les écoles de police du pays ont augmenté le nombre d'heure de cours sur le recours à la violence ou la gestion de celle-ci mais des comportements injustifiables sont encore et toujours dénoncés. Il devient donc opportun de se pencher sur le contenu de ces cours et sur leur efficacité par rapport au public-cible à choisir ;
- le service dans une des 6 zones de police de Bruxelles est un des plus complexes qui soit (du fait du caractère de métropole et de la variété des situations auxquelles un policier peut être confronté). Cela exige donc une réelle expérience et il devient opportun d'imaginer comment inciter des policiers plus expérimentés à rester en service dans les zones bruxelloises ;
- lorsque certaines zones de police sont plus particulièrement pointées, les différentes niveaux d'autorité (autorités hiérarchiques ou de contrôle) doivent examiner s'il ne se développe pas progressivement un état d'esprit ou des pratiques qui ne sont plus en adéquation avec les valeurs que la police doit servir ;
- enfin, si la Ligue des Droits de l'Homme a pris l'initiative de la mise sur pied d'un "ObsPol' pour aider les particuliers à obtenir justice ou si, de leur côté, les syndicats de la police protestent contre les violences dont leurs membres sont de plus en plus victimes, il devient nécessaire de se pencher sur la capacité de la Justice à trancher tous ces cas de violence et de l'importance d'en faire une priorité dans le suivi."



2. Ce phénomène ne risque-t-il pas de donner une image très négative de l'ensemble de la Capitale de l'Europe et quelle mesure a prise ou propose votre parti pour faire mieux respecter les droits de l'homme dans les interventions policières ?



"Bien sûr, un tel phénomène donne une image très négative de la Capitale à l'étranger tout autant que l'ensemble des actes de violence commis dans certains quartiers de la Capitale (en ce compris, le phénomène des bandes urbaines régnant dans des zones dites "de non droit"). A ce jour, cette violence est clairement dénoncée par certaines représentations diplomatiques présentes à Bruxelles ou par des hommes d'affaires en déplacement dans le pays.

Il s'agit donc d'un problème à prendre en main tout autant que la saleté de certains quartiers de la capitale, des problèmes de mobilité ou de travaux inachevés.
En principe, il existe une chaîne pénale encadrant les comportements défaillants de policiers comme il existe une chaîne pénale encadrant les comportements défaillants des citoyens. Il faut examiner à quel endroit de cette chaîne pénale, il y a défaillance et pourquoi. Sinon, cela peut très rapidement mener à une surenchère de mesures qui ne peuvent pas toujours être mises en œuvre ou qui font double emploi avec d'autres déjà actives.
Ce n'est qu'après avoir répondu à ces questions qu'il est possible de proposer des mesures ciblées. Sans cela, cela risque de se transformer en procès d'intention contre l'un ou l'autre Corps de l'Etat et il n'est pas certain que de tels procès d'intention permettent aux services concernés de réajuster le comportement de leurs agents."



3. Comment considérez-vous le refus des bourgmestres Thielemans, puis Mayeur de prendre publiquement position contre ces violences ?



"Les bourgmestres Thielemans et Mayeur ont été et sont gestionnaires de leur corps de police. En cette qualité, on peut attendre d'eux qu'ils soient informés de manière aussi complète que possible sur lesdits comportements violents.
Sur la base de ces éléments d'information, sans doute n'ont-ils pas jugés opportun ou sans doute ne se sont-ils pas reconnu le droit de prendre position au risque de créer une autre situation d'injustice ou de surenchérir dans la victimisation des personnes impliquées. Seules les autorités qui ont connaissance complète des éléments dénoncés sont les plus à même de pouvoir prendre position sur une telle abstention, ce qui n'est pas notre cas."


Réponse du PTB :

1. Que pensez-vous des violences policières commises ces dernières années à Bruxelles - Ville par certains agents (envers des manifestants, des jeunes en rue ou des citoyens lors d'interpellations) ? Avec une telle fréquence et si peu de sanctions que la Ligue des Droits de l'Homme a dû créer le site "ObsPol" pour aider les citoyens à se faire entendre et à obtenir justice.

"Le PTB et son mouvement de jeunes Comac ont pris à cœur la question des violences policières depuis des dizaines d'années. Effectivement, nous avons constaté que depuis 5 ans, il y a une augmentation de violences policières. Aussi bien envers les manifestations (rappelons les Indignées, les manifestations anti-fascistes et anti-racistes contre le PP, et récemment encore les arrestations abusives de 250 manifestants contre le TTIP), qu'envers les citoyens. Plus particulièrement les jeunes des quartiers populaires. Ainsi en 2010, en plein délire "tolérance zéro" à Cureghem, notre mouvement de jeunes Comac a organisé avec le mouvement de jeunes une conférence sur les violences policières. Nous avons participé aussi aux rencontres organisés par le Délégué Général aux Droits de l'Enfant pour formuler les recommandations concernant les violences envers les mineurs.

Force est de constater qu'il y a une problème de violences policières que les autorités ont difficile a reconnaître. La Belgique a déjà été condamnée par son manque d'enthousiasme de poursuivre et de condamner les violences policières. Malgré les vidéos et témoignages, les victimes ont vraiment difficile à obtenir gain de cause. Parfois, les victimes sont attaquées elles-mêmes par la police ("rébellion") afin de mettre la pression. La conséquence est que cela démotive les victimes à déposer plainte, et permet aux autorités policières a sous-estimer la problématique. L'ObsPol est une initiative qui permet de détecter plus d'actes de violences policières, et permet donc de se saisir de l'ampleur réel du problème."


2. Ce phénomène ne risque-t-il pas de donner une image très négative de l'ensemble de la Capitale de l'Europe et quelle mesure a prise ou propose votre parti pour faire mieux respecter les droits de l'homme dans les interventions policières ? 3. Comment considérez-vous le refus des bourgmestres Thielemans, puis Mayeur de prendre publiquement position contre ces violences ?


Réponses 2 et 3 : "Il faudrait réformer les instances de contrôle sur la police : elles ne garantissent pas une indépendance (trop souvent interne à la Police). C'est pour cela que nous plaidons pour la création d’un organisme avec un statut 100% indépendant au service des victimes de la violence policière.
Il est clair que la non-condamnation des actes de violences policières sape l'image de la police et des autorités politiques (communale, de la ville). Les policiers qui veulent faire un travail en respectant les lois et droits se trouvent discrédités par leurs collègues qui dépassent les limites. La hiérarchie qui choisit de ne pas sanctionner les acteurs de violences policières permet ainsi aux mauvais éléments du corps policier d'imposer l'ambiance et leur style de travail. L'argument souvent utilisé est que trop de condamnations saperait leur autorité et freinerait les policiers dans leur travail. Le contraire est vrai.
Il faut des condamnations claires de violences policières (verbales, physiques) aussi bien par les autorités policières que par les responsables politiques."



Réponse du CDH :(Réponse provenant du cabinet de Joëlle Milquet, qui a aussi annoncé que cette réponse était provisoire en attendant une réponse personnelle de la ministre, qui n’est pas venue, donc nous diffusons ce document qui ne reflète pas forcément la position officielle, mais contient des éléments intéressants).


1. Que pensez-vous des violences policières commises ces dernières années à Bruxelles - Ville par certains agents (envers des manifestants, des jeunes en rue ou des citoyens lors d'interpellations) ? Avec une telle fréquence et si peu de sanctions que la Ligue des Droits de l'Homme a dû créer le site "ObsPol" pour aider les citoyens à se faire entendre et à obtenir justice.



R : "La position de la Ministre par rapport aux violences policières a toujours été claire, c’est inadmissible. De même qu’est inadmissible, la violence contre les policiers. La priorité de ce gouvernement a bien été la violence à l’égard du policier et la violence du policier à l’égard du citoyen.
Au niveau de la situation de la police de Bruxelles-CAPITALE-Ixelles, les faits ont été dénoncés aux autorités disciplinaires et judiciaires. Les sanctions judiciaires sont de la compétence de la Justice. Les sanctions disciplinaires sont de la compétences des autorités disciplinaires locales au regard du principe de l’autonomie locale."




2. Ce phénomène ne risque-t-il pas de donner une image très négative de l'ensemble de la Capitale de l'Europe et quelle mesure a prise ou propose votre parti pour faire mieux respecter les droits de l'homme dans les interventions policières ?



R : "les mesures que la Ministre a prises dans le cadre de sa compétence ont été :


- Nouvelle formation de base pour les futurs inspecteurs de police où une attention plus importante a été réservée aux droits de l’homme et aux « limites de la fonction de police. Voir sa réponse QO n°12866 (ci-joint) ;
Mais également une formation prolongée de 6 mois (1 an de formation et 6 mois de stage), ce qui permettra de ne plus lâcher de jeunes policiers au terme d’une formation théorique, mais de les accompagner 6 mois sur le travail de terrain.

- Ne pas couper les moyens financiers de la police intégrée pour lui permettre de bien fonctionner et de maintenir ses philosophies de « Excellence de la fonction de police » et « gestion négociée de l’espace public » ;
- Augmenter la capacité policière, également au sein de la police de Bruxelles-CAPITALE-Ixelles pour lui permettre une meilleure gestion de ses interventions ;
- Différents engagements dans le cadre du dossier VIOLENCE avec les partenaires sociaux, dont la création et l’amélioration de formations de « gestion de la violences » à destination des policiers.
- Laisser les organes de contrôles externes à la police (Comité P – AIG) dans leur forme actuelle pour le dépôt de plaintes par les citoyens et un monitoring « objectif » du phénomène.
Une mesure que la Ministre aurait voulu également prendre et qui allait dans le sens de visibilité d’intervention, mais qui n’a pas abouti faute d’accord est le projet de loi sur les caméras de surveillance.
Maintenant, ce type de transgression est repris explicitement dans le code de déontologie dont tout policier dispose et est poursuivi systématiquement au niveau disciplinaire."




3. Comment considérez-vous le refus des bourgmestres Thielemans, puis Mayeur de prendre publiquement position contre ces violences ?




R : "Les responsables de la ZP de Polbru agissent systématiquement en cas de fait de violence par un policier. Maintenant cette matière nécessite une discrétion de traitement et une position objective et impartiale des autorités afin de ne pas hypothéquer la procédure en cours (disciplinaire et judiciaire).
Cela explique peut-être la non prise de parole publique des Bourgmestres cités."

Ecolo : n'a pas répondu




Source : Investig'Action


mardi 20 mai 2014

Votons pour une autre Europe... Herman Van Rompuy : « Tout se décide ailleurs » (qu’au Parlement européen) / Let us vote for another Europe... Herman Van Rompuy: " everything decides somewhere else " (that to the European Parliament)

Source : http://blogs.rue89.nouvelobs.com/yeti-voyageur/2014/05/04/herman-van-rompuy-tout-se-decide-ailleurs-quau-parlement-europeen-232837

Auteur : le yeti : http://riverains.rue89.nouvelobs.com/le-yeti

Publié le 04/05/2014 à 16h41

Herman Van Rompuy est le président du Conseil européen. Et il n’a pas sa langue dans sa poche. Quitte à donner du grain à moudre aux abstentionnistes déclarés pour les prochaines européennes. Logique qu’ils s’abstiennent, déclare en substance Van Rompuy dans une interview au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, tout se décide ailleurs qu’au Parlement de Strasbourg.
Oh, Van Rompuy consent à admettre, à demi-mot et surtout à plein contrecœur, que le traité de Lisbonne a donné un petit surcroît de pouvoir au Parlement. Mais à peine. Et les citoyens, électeurs ou non, le savent bien :
« La différence entre le Parlement et ceux qui décident vraiment est très claire pour les citoyens. »
Mais alors, Monsieur Van Rompuy, qui « décide vraiment » ? Réponse sans ambage du président du Conseil européen au Süddeutsche Zeitung : le Conseil européen.

Trop de préoccupations nationales pour les européennes

Question à deux balles... pardon, à deux euros : qui, parmi les prochains électeurs du 25 mai, sait vraiment ce qu’est le très puissantConseil européen, l’étendue de ses attributions, ou même le nom de son président ?
Eh bien, c’est cet organisme très démocratiquement opaque qui va entre autres choisir réellement le prochain président de la Commission européenne. Et le Parlement n’aura qu’à s’exécuter en validant gentiment ce choix.
C’est en tout cas l’avis éclairé de notre Van Rompuy, très peu chaud à l’idée que ce président soit obligatoirement issu du groupe sorti vainqueur des prochaines européennes, surtout si par malheur et« boycott citoyen », il advenait que cette majorité tombe entre les pattes d’eurosceptiques forcenés. Van Rompuy, nez pincé :
« Le résultat [des élections européennes, ndlr] dépend de beaucoup d’autres facteurs, de sensibilités nationales qui n’ont rien à voir avec l’Europe ou avec les meilleurs candidats. »

Entre le Parlement et la puissance des lobbies, y a pas photo

Mais alors, les consignes du traité de Lisbonne sur les pouvoirs accrus du Parlement ? Herman Van Rompuy s’en fait une idée bien particulière :
« Le traité de Lisbonne prévoit de négocier avant [les élections européennes, ndlr]. Le Conseil européen nommera donc quelqu’un qui ira parler et se confronter avec le Parlement. »
Suffisance cynique ou pure bêtise, la conclusion de Van Rompuy vaut son pesant d’euro surévalué :
« L’Europe est différente. Vous avez 28 grandes villes. Certaines sont plus importantes que d’autres. Et vous avez les institutions européennes. Nous dépendons des marchés financiers. »
Bref, pour notre président du Conseil européen, entre le Parlement-prétexte de Strasbourg et la puissance de ces lobbies que Van Rompuy, de son propre aveu, voit en permanence rôder « dans les espaces de [vraie] décision », y a pas photo.
Paraît que le journaliste du très microcosmique Süddeutsche Zeitung, qui attendait de son interlocuteur des propos autrement motivants pour décider la masse des électeurs récalcitrants, n’en est pas revenu.

lundi 19 mai 2014

Manifestation pacifique contre le grand marché transatlantique à Bruxelles le 15 mai 2014 : plus de 250 interpellations / Peaceful demonstration against the TTIP in Brussels on May 15th, 2014: more than 250 interpellations

LE GRAND MARCHE TRANSATLANTIQUE EXPLIQUE EN UNE IMAGE...







Alliance D19-20


AG de débriefing de l’action le 19 mai à 19h rue Pletinckx 19, 1000 Bruxelles
Envoyez vos photos, vidéo témoignages à info@d19-20.be. Nous demandons aussi à celles et ceux qui ont été arrêtées de nous envoyer leur nom, si possible sous forme de liste.
Communiqué de presse
Bruxelles, le 16 mai 2014
Les autorités bruxelloises veulent faire taire l’opposition
au « Grand Marché Transatlantique » (TTIP)
Ce jeudi matin, plus de 1000 personnes étaient dans les rues de Bruxelles pour protester pacifiquement contre l’austérité et le projet de grand marché transatlantique discuté à l’European Business Summit, en l’absence de citoyens.
Alors qu’aucune provocation n’avait eu lieu, 281 personnes ont été violemment arrêtées, dont des parlementaires, des candidats belges et européens aux élections, des leaders syndicaux, des agriculteurs et de nombreux citoyens, notamment âgés. Le bourgmestre de Bruxelles, Yvan Mayeur, devra répondre pour cette action disproportionnée et violente.
Emilie Paumard du CATDM explique “Nous sommes descendus dans les rues, parce que les leaders politiques ne nous écoutent pas. Ils ne semblent écouter que les responsables du Big Business qui co-organisaient le European Business Summit. Nous avons été traités brutalement, comme si nous étions de violents criminels alors que nos actions étaient tout à fait pacifiques. Cette Europe de la violence policière, de la collusion politique-business-police est tout le contraire de l’Europe pour laquelle militent l’Alliance D19-20, l’Alter Summit et nos alliés européens.”
“La provocation policière et la brutalité de la répression sont inacceptables. Le moins que nous puissions attendre, c’est qu’une enquête éclaircisse les responsabilités, spécialement après que le cabinet d’Yvan Mayeur ait promis à notre délégation que les personnes arrêtées seraient vite relâchées. La faute en incombe soit au bourgmestre de Bruxelles Yvan Mayeur soit au Commissaire Vandersmissen. A dix jours des élections, les citoyens ont le droit de savoir qui fait la loi à Mayeur-City, et quels partis sont d’accord avec ces brutalités. Nous préparons une plainte et une interpellation politique.” dit Felipe Van Keirsbilck, Secrétaire général de la CNE.
Luc Hollands, producteur belge de lait et membre de la coopérative MIG ajoute “La façon dont les manifestants pacifiques ont été traités est inacceptable, mais cela ne doit pas faire oublier la raison pour laquelle nous étions dans la rue. Les politiques d’austérité associées au traité transatlantique rendront les citoyens européens plus pauvres, plus précaires, nuiront à leur santé et nous mèneront droit dans le mur. Ce ne sont pas les attitudes politiques qui doivent changer, mais bien le système politique dans son ensemble. Malgré ce que la police nous a montré, les actions d’aujourd’hui ont souligné la diversité et l’unité de notre alliance et n’ont fait que renforcer notre volonté de reconstruire la démocratie par la base.”
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jeudi 17 avril 2014

Insectes Drones: la vie privée est maintenant une chose du passé / Insects Drones: the private life is now a matter of past

Source : http://www.sovereignman.com/news-feed/insect-drones-privacy-is-now-a-thing-of-the-past-7303/


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Extrait traduit et résumé : 

Aux États-Unis, de nombreux citoyens regardent désormais le ciel avec prudence à la recherche d'un prédateur hi-tech (leur utilisation est officiellement approuvée). Les nouveaux drones ne sont pas ceux que nous sommes habitués à voir. L'armée américaine a révélé sa capacité à fabriquer des drones de la taille d'un insecte et sortis tout droit sorti d'un roman de science-fiction.  
... L'US Air Force a dévoilé l'existence d'insectes-espions, de la taille d'un minuscule bourdon, indétectables, capables de voler dans les bâtiments, de photographier, d'enregistrer et même d'attaquer les insurgés et les terroristes.
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Mon commentaire : eh ben les amis, l'avenir est prometteur pour étouffer dans l'oeuf toute forme de contestation... 

dimanche 6 avril 2014

"Poutine me fait peur"... La crainte du moment / " Putin frightens me "... The fear of moment

Alors, oui, il nous faut encore et encore dénoncer haut et fort les agissements de Vladimir Poutine, qui nous fait “peur”. 
Tout d’abord sur le plan économique. Car qu’a-t-il fait depuis 15 ans, concrètement ? Le pouvoir d’achat des Russes : il a doublé – et est désormais proche de 4 fois celui des Ukrainiens (qui est lui-même largement inférieur à celui de la Namibie ou d’Irak). L’inflation : passée de 100 % à presque rien. La balance commerciale : largement redressée et désormais excédentaire. Le taux d’emploi : en très forte hausse. La dette publique : passée de 90 % du PIB à 10 %. La pauvreté : divisée par 2. [1] Bref, les chiffres parlent d’eux-mêmes : un échec lamentable – il n’y a qu’à comparer avec les résultats de notre leader Minimo François Hollande. 
Au niveau politique : des élections régulières, de gros succès électoraux – on est donc bien loin de la situation de nos amis d’Arabie Saoudite (pays de la peine de mort pour les homosexuels) ou de Chine (au fait, le Tibet, on en est où ?). L’asile politique donné à un criminel comme Edward Snowden a fait tomber les masques l’année dernière… 
Évidemment, sa côte de popularité n’est jamais descendue sous les 65 % d’opinions positives, et elle est remontée à 80 % actuellement [2] – tout ceci étant prévisible vu les chiffres catastrophiques précédemment avancés. 
D’ailleurs, on se rend bien compte que les chiffres sont évidemment truqués, Obama plafonnant à 40 % [3], Hollande étant descendu à 15 % [4], et le taux d’approbation du Congrès américain venant de réussir l’exploit d’atteindre un seul chiffre, avec 9 % de satisfaction des Américains. [5] 
Mais c’est au niveau géopolitique que le pire est à craindre pour la sécurité du monde. Là encore, le bilan est cruel. Voici la liste des pays bombardés ou déstabilisés par la Russie au cours des 30 dernières années : , , , , , , , . Éloquent, non ? Il est simple de la comparer avec la liste des États-Unis : Liban, Grenade, Libye, Bolivie, Iran, Philippines, Panama, Irak, Somalie, Bosnie, Serbie, Haïti, Zaïre, Soudan, Afghanistan, Irak, Serbie, Macédoine, Afghanistan, Yémen, Philippines, Colombie, Irak, Venezuela, Liberia, Haïti, Pakistan, Somalie, Syrie, Yémen, Libye… Mais il est vrai que les États-Unis n’ont actuellement des militaires que dans 175 pays… [6]
Et maintenant, que prône M. Poutine ? Des référendums ! Pour demander leur avis aux gens ! Non mais, sérieusement, jusqu’à quand allons-nous tolérer ceci en Europe ? 
Faisons bien attention aux conséquences de notre pusillanimité : si nous laissons des référendums se développer en Europe, cela en sera fini de la marche vers le « Progrès Européen ». Terminé les traités budgétaires soumettant nos élus au bon vouloir de la technocratie bruxelloise. Fini l’austérité pour complaire à des marchés financiers s’attaquant désormais à l’économie réelle et à ses entrepreneurs. Fini les rémunérations à 7 chiffres pour des traders cocaïnomanes spéculant à la vitesse de l’éclair. Abandonnées les augmentations de l’âge de la retraite jusqu’à 70 ans. 
Pire, personne n’acceptera de saigner la Grèce pour rembourser des hedge-funds vampires. Et quel européen non lobotomisé votera pour élire Hermann Van Rompuy Président du Praesidium Européen ? Et pourquoi pas un référendum révocatoire pour renvoyer Hollande à Tulle avec son scooter tant qu’on y est ? 
De même, si nous faisons un référendum au Royaume-Uni, il est clair que ce pays quittera rapidement l’Union européenne. Comme le feront pas mal d’autres pays si nous demandons leur avis aux citoyens – préférant la Démocratie à l’Empire. 
Et quel peuple acceptera de voter pour l’accord d’association UE/Ukraine signé le 21 mars dernier [7], qui met désormais nos entreprises européennes en concurrence avec le pays le plus pauvre d’Europe, où le salaire minimal est de 100 € par mois (30 % de moins qu’en Chine !) [8] – prélude à de futurs plans pour combattre une « inattendue » « perte de compétitivité » ? Aucun peuple censé ne l’acceptera – craignant évidemment le chômage, puisque n’ayant pas fait l’ENA. Il faut donc bel et bien bannir le référendum du continent et laisser Bruxelles décider. Seul. 
Par Olivier Berruyer
Source : http://www.les-crises.fr/poutine-me-fait-peur/
On a d’ailleurs vu avec quel brio Bruxelles a géré le dossier ukrainien, la subtilité de la Diplomatie européenne ayant parfaitement su gérer les conséquences prévisible sur la Russie (qui disposait d’un accord de libre-échange avec l’Ukraine) de son projet d’accord de libre-échange avec l’Ukraine. Un peu comme si l’Algérie signait avec l’Espagne de Schengen un accord de libre circulation des personnes – évidemment, nous regarderions sans rien dire… Quelle finesse quand François Hollande lance son “Nous ne paierons pas l’Ukraine” [8-2], ou quand Barroso a renvoyé l’Ukraine dans les cordes quand elle a proposé de négocier à 3 UE/Ukraine/Russie : « Quand nous signons un accord bilatéral, nous n’avons pas besoin d’un traité trilatéral » [8-2]. Bel exemple pour l’édification de nos futurs diplomates…
Oui, rappelons bien ceci à Poutine : « La Démocratie, No pasara ! ». Rappelons que la France est une monarchie élective, influencée par une oligarchie discrète ! Que celui qui décide ici, seul, c’est notre prince Scooterman Ier – après avoir demandé l’autorisation à Barack Obama, bien entendu. 
Mais là où apparait clairement la perfidie du président russe, c’est que, non seulement il a fait voter les habitants de Crimée sur leur avenir pour la première fois de leur Histoire, mais en plus, alors que, essentiellement Russes, ils ont logiquement demandé leur rattachement à la Russie à une écrasante majorité (incontestable si on connait la composition et l’histoire de ce territoire [9]), eh bien, Poutine les écoute et il répond à leur demande ! Imagine-t-on ceci en Europe ? Mais enfin, nous n’aurions jamais pu signer le traité de Lisbonne si des attitudes aussi irresponsables avaient tenu compte de la demande des Français de 2005. 
Tout ça, alors que, dans cette affaire, la solution était tellement simple – et nous l’aurions surement appliquée si des ministres russes avaient alimenté des manifestations populaires pro-russes au Canada, puis avaient surtout fomenté un coup d’État avec des néonazis qui auraient interdit le français au Québec. 
Il nous faut donc ne pas écouter des pacifistes incompétents comme Kissinger, Védrine, Carrère d’Encausse ou Sapir, appelant à « finlandiser » l’Ukraine, pour en faire un pont neutre entre l’UE et la Russie. Non, il nous faut continuer à renier nos promesses solennelles de 1989 de ne pas intégrer l’Europe de l’Est dans l’OTAN et nous emparer de toute l’Ukraine de peur que Poutine ne s’empare un jour de la moitié russophone. 
Et bien sûr, il faut punir très fortement Poutine (la punition étant désormais un axe central en Diplomatie, plutôt que la négociation), renvoyer la Crimée dans le giron du gouvernement putschiste ukrainien non élu, puis, évidemment, envoyer des chars ukrainiens noyer dans le sang le soulèvement qu’il n’y aurait pas manqué d’avoir envers un gouvernement comportant un tiers de néonazis russophobes assumés (dénoncés par la Knesset ou le Congrès Juif Mondial [10], et ré-inhumant régulièrement des Waffen SS avec les honneurs militaires par exemple [11]) et soutenu par un Occident cynique comme jamais. 
Car en l’espèce, c’est comme un divorce : ou on laisse son conjoint partir, où on lui tape dessus pour qu’il reste. Alors, que diable, un peu de Courage, rejoignons nos glorieux prédécesseurs qui nous ont montré la voie du respect des frontières : Guy Mollet en 1956 en Algérie ou l’URSS en 1968 en Tchécoslovaquie ! Ne copions pas ce faible Gorbatchev qui a laissé l’Ukraine quitter l’URSS ! Un peuple ça ferme sa gueule ou ça meurt… 
Là, au-moins, dans un tel scénario, à la Yougoslave, l’UE sait agir : tweets, discours enflammés, résolutions, condamnations, envois d’observateurs et de Bernard-Henri Lévy, puis d’enquêteurs, puis de médecins légistes, et enfin saisie de la Cour pénale internationale puis cérémonies funèbres. 
Mais au lieu de cela, Poutine à tout gâché, et le peuple de Crimée a fêté dans la liesse populaire son rattachement à la Russie [12]. Et le peuple de Kiev a manifesté sa révolte le 23 mars, l’ampleur de la manifestation phénoménale de 5 000 personnes montrant bien le caractère totalement illégitime de la chose pour les Ukrainiens – tout comme le fait qu’à peine 20 % des militaires ukrainiens en Crimée aient obéi à l’ordre de leur ministre de rentrer au pays, préférant rester avec l’oppresseur russe… [13] Tout ceci est donc désolant, c’est à désespérer du « rêve européen »… 
Au moins, l’isolement diplomatique de la Russie est total, la communauté internationale étant soudée contre Poutine – il n’a plus avec lui que la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Argentine, l’Afrique du Sud et quelques autres pays [14]. Ce qui n’est pas étonnant, tant le droit international interdit ce genre de référendum (Citons ainsi l’article 1 de la Charte des Nations Unies : « respecter le principe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes », ou la Cour de Justice Internationale en 2010 « Le droit international général ne comporte aucune interdiction applicable des déclarations d’indépendance. ») [15] 
Et comme nous ne savons pas jusqu’où ira Poutine, il nous faut donc SURTOUT nous armer de lucidité et de continuer à voir le monde sous le prisme « Les gentils contre les méchants » – cela a toujours donné d’excellents résultats ! [16] 
P.S. bien entendu, ce billet vise essentiellement à critiquer la position occidentale et l’UE, et à mieux comprendre la Russie, et non pas à faire un panégyrique de Poutine – il y a en effet beaucoup de choses à dire  sur la liberté de la presse en Russie, le cas de la Tchétchénie etc. Mais alors, parlons d’abord de l’Arabie, du Gabon, du Qatar et de la Chine que nous recevons avec tapis rouge à Paris et où la situation du peuple de ces États frôlant parfois la barbarie est bien bien pire qu’en Russie… Le 2 poids 2 mesures est inacceptable : fixons la règle de comportement, et tenons-nous y, quel que soit le pays, et non pas quand ça nous arrange…
Olivier Berruyer
[1] Cf. Loic Abadie
[2] Levada ou VTsIOM par exemple
[3] Time
[4] Le Figaro
[5] CBS
[6] Ministère Défense US
[7] Les-Crises
[8] Insee ukrainien
[8-2] The Telegraph
[9] Ici ou  par exemple. Pour mémoire, le référendum pour la départementalisation de Mayotte en 2009 a été gagné par… 95,24 % de oui…
[10] Les-Crises
[11] JN1
[12] AFP
[13] RFI
[14] RIA, ici  ou  : « Les deux pays jugent inacceptable la politique de deux poids, deux mesures de certains pays occidentaux et organisations internationales. Les présidents ont appelé à tenir compte des traditions nationales, historiques et culturelles des peuples. »
[15] Ici et 
[16] Le Point, 500 000 morts en Irak en 10 ans par exemple…