mardi 11 octobre 2022

Ukraine/Otan - Russie : le courant s'inverse !

 Source : https://alawata-rebellion.blogspot.com/2022/10/le-courant-sinverse.html

Lorsque qu'on observe des opérations militaires il convient de penser aux vagues de la mer qui viennent brosser les côtes : leur puissance n'est pas cette écume qui attire le regard mais bien le rouleau marin qui les porte, rugit et bouscule tout sur son passage. Et pourtant lorsque la vague vient mourir sur la laisse de haute mer offrant aux enfants les débris marins, c'est bien cette écume qui offre aux regards le dernier souvenir agonisant d'une puissance disparue. 

Dans le traitement médiatique occidental du conflit russo ukrainien, les journalistes aux ordres de leurs patrons propagandistes me font penser à ces surfeurs débutants que l'on voit hurler de plaisir sur les vagues océanes poursuivant l'écume obstinément jusqu'à la fin de leur plaisir s'échouant avec elle sur la dure réalité du rocher. 

Certes les vagues ukrainiennes sont encore puissantes du temps que la Russie leur a imprudemment concédé depuis 8 ans et particulièrement au cours des 7 derniers mois. Mais il semble que la roue soit en train de tourner, Moscou jetant par dessus bord ses dernières illusions de pouvoir dialoguer avec ses ex "partenaires" occidentaux sans que la tête bandériste de l'hydre mondialiste ne vienne rouler à leurs pieds, et contre laquelle ses forces armées ont décidé enfin de déployer toute leur puissance. 

Résumons, du Nord au Sud 

(désolé pour les cartes que je n'ai pas eu le temps de détailler):

  • Sur le front de Lisichansk, les forces ukrainiennes ralentissent devant les défenses russes sans pouvoir visiblement engager plus de forces d'assaut. Dans les secteurs de Kreminna et Svatove, les forces russes passent à la contre offensive.

Moins d'une semaine après la perte de Krasni Liman (Lyman) les forces russes ont
engagé des contre attaques vers ce carrefour stratégique situé à 20 km au Nord de Slaviansk

Sur le front Nord, l'artillerie et l'aviation russes 
ont stoppé les progressions ukro-atlantistes et 
appuient des contre-attaques terrestres 
  • Sur le front d'Artemovsk, de très violents combats se déroulent dans la ville où les forces russes ont réussi à prendre pied, mais rencontrent de nouvelles unités ukrainiennes venues en urgence de Kramatorsk. Au Sud, les russes progressent à partir de Zaitsevo.

Au Sud d'Artemovsk, les forces russes ont réalisé une percée
depuis le secteur de Zaetsevo, tandis que les grpupes Wagner 
ont réussi a entrer dans la ville malgré de fortes résistances.
  • Sur le front de Donetsk, la bataille pour libérer Avdeevka a repris avec plusieurs assauts russes périphériques au Nord, à l'Est et au Sud où le saillant de Peski (Nord Donetsk) est prolongé vers Pervomaïske, avec des combats en cours de haute intensité.

Sur le front d'Avdeevka, au Nord de Donetsk, les
troupes russes (11e régilent et bataillon Somali de la 
RPD)  ont réussi à prendre pied dans Pervomaïske 
où se déroulent toujours de violents combats, appuyés
par les blindés et l'artillerie. Ici un char ukrainien au 
combat est touché par deux fois par des tirs alliés.

Au Sud du théâtre d'opérations russo-ukrainien, la ligne des autres front n'a globalement pas bougé car toutes les attaques ukrainiennes ont été écrasées par la défense russe appuyée par les tirs de barrage de son artillerie et son aviation.
  • Sur le front de Zaporodje, on observe une concentration des forces ukrainiennes du secteur de Vasilievka au bord du Dniepr, menaçant cette fois Melitopol d'une autre offensive de Kiev, avec l'engagement des dernières forces opérationnelles ukrainiennes.
Sur le front de Zaporodje, une reconnaissance blindée
ukro-atlantiste a été écrasée par l'artillerie russe.
  • Sur le front de Kherson, les forces ukrainiennes progressant vers Kherson sont bloquées par les feux de l'artillerie et les défenses tenues par les unités parachutistes russes là aussi sans possibilité pour Kiev d'amener de nouvelles unités d'assaut en renfort.
Témoins des pertes immenses subies par les forces de Kiev sur le 
front de Kherson, les nécrologies des journaux de la Transcarpathie 
égrainent quotidiennement les noms des soldats, principalement ceux
de la 128ème brigade issue de cette région située à l'Ouest de l'Ukraine

Quelque chose se prépare au Sud de Zaporodje

Si les vagues ukro-atlantistes faiblissent ici et là, en revanche une nouvelle offensive de Kiev pourrait naître sur le front de Zaporidje où son corps de bataille est celui qui a subi le moins de pertes les combats ayant été jusqu'ici limités surtout à des échanges d'artillerie et quelques attaques et contre attaques très localisées.

Les vagues offensives ukrainiennes s'épuisant au Nord et au Sud, les forces ukro-atlantistes pourraient être tentées de chercher à gratter quelques autres bouts de steppe avant l'arrivée de l'Hiver. Et l'arrivée sur ce front de Zaporodje de plusieurs unités en renforts (avec de nombreux mercenaires étrangers) semble confirmer cette hypothèse. 

L'Etat-Major russe ne se fera plus surprendre 
et il continue à acheminer des renforts sur le front 
Sud, passant par le pont de Crimée (ce qui explique
aussi l'attaque du 10 octobre sur cette voie stratégique)

Zelensky veut faire basculer le Monde dans une guerre mondiale.

Tel un clébard de chasse enragé clabaudant à l'ombre de son veneur pour lequel sa servilité va jusqu'au suicide, Zelensky cherchant à alimenter une psychose nucléaire organisée autant pour diaboliser Moscou que pour domestiquer les populations européennes a demandé que l'OTAN procède à des frappes préventives contre la Russie. 

Ici dans un zèle complétement narcotique, la marionnette étasunienne a même discrédité la volonté de Biden de vouloir présenter que seule la Russie serait en mesure d'initier un feu nucléaire fût-il tactique. Et aussitôt les généraux serviles des plateaux télé (qui ont pris depuis 7 mois le relais de leurs homologues médecins) de rebondir sur cette menace nucléaire russe oubliant que c'est déjà Zelensky qui a brandi la sienne projetée, et avant le déclenchement des opérations militaires russes, en promettant à Munich de doter à nouveau l'armée ukrainienne d'une composante nucléaire contre la Russie.


Après le Ko technique de l'Ukraine

Selon le célèbre adage "qui sème le vent récolte la tempête", l'Ukraine dont les services spéciaux ont organisé l'attaque du 8 octobre contre le pont de Crimée se retrouve depuis le 10 octobre matin sous une pluie de missiles russes Iskander, Kalibr... et drones iraniens Geran 2 (Shahed 136) opérant une destruction de ses centres énergétiques vitaux, plongeant nombre de villes ukrainiennes vers un retour au Moyen Age et surtout paralysant les réseaux de communication, de logistique et de commandement des forces ukro-atlantistes.

Biden tout en furie a promis immédiatement que les USA allaient fournir en urgence des systèmes de missiles antiaériens occidentaux de dernière génération pour intercepter avec plus d'efficacité que les vieux S300 soviétiques les missiles russes de dernière génération. 

Sauf que si tel était le cas, les systèmes Patriot and Co qui ne peuvent être servis que par des personnels formés et qualifiés - donc occidentaux - constitueraient un acte radical prouvant sans contestation possible la belligérance directe de l'OTAN dans le conflit.

Quant aux réactions débiles des commentateurs occidentaux qui hurlent à tue tête que les bombardements russes sont "génocidaires" il faudrait qu'il expliquent comment plus de 80 missiles lancés sur des zones urbaine en journée n'ont fait "que" 11 morts et près de 80 blessés. Que doit t-on dire alors des bombardements de l'OTAN sur Bagdad par exemple qui selon ces mêmes thuriféraires de la bien pensance étaient des "frappes chirurgicales" mais tuant des milliers de civils en quelques jours....

La réalité c'est que la Russie s'efforce toujours de minimiser au maximum les victimes collatérales lors de ses bombardements. Ce n'est pas moi qui l'affirme, ce sont les chiffres qui le montrent (même si pour la mort d'une personne je trouve déplacé d'invoquer des chiffres). 

Demain les forces russes engageront une nouvelle campagne offensive sur le front, encore plus radicale car pour Moscou cette guerre n'est ni un jeu, ni un objectif mais un moyen d'imposer par la force ce bon sens géopolitique bafoué par l'Otan depuis 30 ans.

Et ces bombardements russes, tout comme les opérations militaires terrestres de démilitarisation de l'Ukraine continueront encore et toujours dans une intensité exponentielle tant que l'Ukraine ne cessera pas d'être le clébard enragé de l'Oncle Sam 

Il serait temps que les populations occidentales qui sont en passe de devenir les plus importantes victimes collatérales du conflit sur le plan socio-économique commencent à en prendre conscience au lieu de jeter sur le feu l'essence distribuée (cette fois gratuitement) par leur propagande de guerre.

Aviation tactique russe SU 25 au combat

En conclusion

La Russie qui a été militairement sérieusement griffée à cause de son attentisme coutumier, de la combativité ukrainienne, de l'obsolescence de son commandement, de l'anesthésie de sa propagande veut maintenant se donner les moyens et les réformes nécessaires pour en finir avec ces 8 années d'une guerre dans laquelle Washington espère toujours que son proxy ukropithèque, dopé par l'OTAN et ses laquais occidentaux, parvienne à imposer à Moscou une victoire à la Pyrrhus qui reléguerait sa puissance dans l'opprobre des nations. 

Aujourd'hui il faut que tous nous ayons conscience que ce conflit est factuellement une guerre d'un nouveau type, de haute intensité, symétrique et surtout revêt la dimension d'un combat à mort car il est autant existentiel pour la Russie défendant sa civilisation dans une vision multipolaire que pour cette ploutocratie mondialiste vacillant sur sa démesure unipolaire.

Dans le cadre de la mise en œuvre d'un nouveau format militaire russe plus radical, le général Sergueï Vladimirovich Sourovikine dont nous fêtons aujourd'hui le 56 anniversaire, a été nommé chef des opérations militaires spéciales en Ukraine. Le général Sourovikine né le 11 octobre 1966 à Novossibirsk en URSS était  le commandant des forces aérospatiales russes, et créateur des forces de police militaires. De 2017 à 2020 il commande les forces russes déployées en Syrie et selon de nombreux experts militaires c'est sous son commandement que la lutte armée anti-terroriste remporte ses plus belles victoires et conduit à la victoire de la Syrie sur les islamistes.

Général Sergueï Sourovikine

Cette guerre, en plus d'être intense et symétrique, risque fort d'être longue, agitée par des flux et reflux militaires, des extensions internationales de plus en plus radicales et dangereuses, des rêves et des peurs. 

Seule la volonté des peuples désignera le vainqueur et définira l'avenir dans la servitude ou la Liberté !

Erwan Castel

La pénurie de carburant : jusqu'où va-t-on ? Fabrice Di Vizio réagit !


 

Coronagates : révélations interpellantes de Jean Lassalle !


 

lundi 10 octobre 2022

MICHEL COLLON/GAMAL ABINA - Guerre entre la Russie et l'OTAN : Poutine met en garde, Biden...

 

vidéo ici



« Une crise ce n’est pas la fin du monde ! Mais celle ci peut-être ? ». L’édito de Charles SANNAT

par Charles Sannat | 10 Oct 2022 | A la une, Chronique de l'effondrement

Source : https://insolentiae.com/une-crise-ce-nest-pas-la-fin-du-monde-mais-celle-ci-peut-etre-ledito-de-charles-sannat/

Mes chères impertinentes, chers impertinents,

Cette semaine je vous propose de réfléchir à la notion de crise et de fin du monde ! Loin de vous proposer une analyse à l’optimisme béat, il convient néanmoins de remettre en perspective les crises et de mesurer notre niveau d’anxiété collectif qui ne doit finalement pas grand-chose au hasard.

Une crise n’est jamais, je dis bien jamais,  la fin du monde, même la 2ème guerre mondiale et son cortège de terribles atrocité, des camps de la mort aux deux bombes atomiques utilisées en passant par les millions de morts sur les champs de bataille, n’a pas été la fin de l’humanité.

De la grand peste noire à la guerre de 100 ans qui par nature était interminable. Du krach de 29 à la crise des subprimes. De la guerre de 1870 aux tranchées de Verdun. Aucune crise, aucune guerre n’a conduit à la disparition de l’humanité.

Une crise, n’est donc pas la fin du monde.

Mieux.

Si vous comparez nos perceptions de la crise liée au choc pétrolier de 1974 avec le slogan « en France on n’a pas de pétrole mais on a des idées » et que vous mettez cela en parallèle avec la campagne de publicité actuelle « Je baisse, j’éteins, je décale », il y a de quoi se poser des questions sur le degré voulu et souhaité d’anxiété.

La pub « On n’a pas de pétrole mais des idées de 1974 » ici

La pub de 2022 ici

Je vous propose de réfléchir ensemble sur l’idée que finalement, la situation peut nous sembler pire qu’elle n’est… ce qui n’exclut pas pour autant le pire du pire avec la guerre totale entre les Etats-Unis et la Russie.

Là, ce serait une véritable fin du monde. Voici le JT du Grenier.

Pour le reste et même si cela vous coûte plus ou moins cher, les difficultés économiques à venir, même d’ampleur historique semblent gérables humainement ! En termes patrimoniaux ce sera compliqué, mais finalement il n’y a rien d’insurmontable avec une bonne allocation d’actifs et une grande dose de zénitude financière. La résilience et la robustesse, cela se travaille, cela se met en place et cela nécessite la création d’une authentique stratégie personnelle et familiale.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !

Charles SANNAT

Tentative d'assassinat d'Adrien Bocquet : l'ex-militaire français témoigne en direct de Moscou

 


vidéo ici

dimanche 9 octobre 2022

Le maintient de l’ordre pour la paix

 


vidéo ici


dimanche 9 octobre 2022 Merci monsieur Vernochet !

Source : https://alawata-rebellion.blogspot.com/2022/10/merci-monsieur-vernochet.html

Jean-Michel Vernochet est un géopolitologue et un essayiste pertinent observant l'hégémonie mondialiste et dénonçant depuis des années sa stratégie esclavagiste et dont les conclusions le classent bien évidemment comme un penseur "d'extrême droite" aux yeux de cette bien pensance occidentale pratiquant la "reductio ad hitlerum" lorsqu'elle ne peut opposer des arguments au bon sens commun des peuples. Je suis moi même accusé régulièrement d'être de la "fachosphère" bien que ma pensée évolutive soit plutôt situationniste, fédéraliste voire anarchiste (au sens philosophique du terme). Mais cela se saurait si les "chiens de garde" médiatiques de la dictature marchande comme ceux de BFMTV, Libération, RTBF, Streetpress, etc. affichaient ne serait ce que l'ombre d'une honnêteté intellectuelle et déontologie professionnelle.

Dans cet entretien à 2 voies réalisé avec Pierre Plas, Jean Michel Vernochet rappelle les enjeux fondamentaux et les menaces globales de ce conflit qui est le déclinaison d'un combat eschatologique concernant toute l'humanité.

Source : RadioInfoCité

Un regard mesuré et ancré sur un choc métapolitique en cours...

Erwan Castel

Philippot/ Di Vizio/ Palomba : « Une révolution arrive ! »

 


Je vous promets des mois terribles


 

samedi 8 octobre 2022

Le grand découplement du monde, suite 6 Octobre 2022

Source : https://www.chroniquesdugrandjeu.com/2022/10/le-grand-decouplement-du-monde-suite.html 

Dès le début de la guerre en Ukraine, nos Chroniques s'interrogeaient sur l'ampleur colossale des objectifs de Moscou et laissaient entendre une petite musique pessimiste sur les chances russes à les remplir. La suite nous a donné entièrement raison, une fois de plus serait-on tenté de dire. Au risque de paraître totalement immodeste, il est en effet très rare que votre serviteur se trompe dans ses analyses ; ceux qui, y compris au sein du lectorat traditionnel du blog, l'ont critiqué, insulté, parfois même menacé, auraient dû le savoir...

Début mars, nous publiions un autre billet prémonitoire, cette fois sur le grand découplement du monde qui était en gestation :

Chef-d’œuvre du XXe siècle, 1984 est une véritable mine d'or, une caisse à outils formidable pour décrypter notre époque. Ce livre est évidemment célèbre pour sa description d'une société totalitaire où règne la manipulation de masse ; et quelques exemples récents, tout à fait orwelliens, sont là pour montrer que les deux minutes de la haine sont encore bien vivantes. Ainsi, sachez par exemple que la Fédération internationale féline a banni les chats russes (!) de ses concours ou que les arbres russes, sans doute complices de se laisser couper en bûches pour terminer dans les cheminées du Kremlin, n'ont plus le droit de prétendre au titre de plus beau végétal de l'année.

L'imbécilité hystérique de ces mesures pourrait faire sourire. Elle symbolise pourtant quelque chose de bien plus profond et dont l'ami George s'était fait également l'écho par ailleurs : un état de guerre perpétuel entre les grands blocs du monde. S'il en voyait trois (OcéaniaEurasiaEastasia) et que nous n'en avons que deux en l'occurrence, le fond reste le même, celui d'une fracture durable, profonde, où les interactions seront réduites au minimum et qui mettra des décennies à être surmontée.

Un nouveau Rideau de fer risque en effet de s'abattre, touchant aussi bien le champ économique que politique ou culturel (...) Les masques tombent tout à fait maintenant et chacun se rend bien compte que les institutions dites internationales, qu'elles soient financières ou simplement sportives, sont en réalité dans les mains occidentales et peuvent à tout moment être instrumentalisées. Cela n'a évidemment pas échappé aux pays tiers qui vont accélérer la mise en place de systèmes parallèles, dédollarisation et autres.

Car si Moscou a joué son va-tout en Ukraine, le système impérial joue lui aussi le sien avec ces sanctions inédites, presque désespérées.

On ne pouvait mieux dire et l'actuel imbroglio pétrolier est là pour le confirmer.

Il y a deux jours, les pays de l'OPEP menés par l'Arabie saoudite ont décidé d'une réduction drastique de leurs quotas de production - 2 millions de barils par jour - afin de maintenir des prix élevés. Véritable camouflet à la face de Washington, cette décision est même considérée comme un coup de main plus ou moins affiché à la Russie.

Mais ce que très peu de commentateurs ont vu, c'est qu'il s'agit aussi et peut-être surtout d'une réaction à la tentative occidentale de plafonnement des prix du pétrole russe.

Imaginée par les petits génies de Washington et de Bruxelles, cette mesure vise, si le prix dépasse un certain plafond qui reste encore à définir, à interdire « d'assurer le transport maritime et de fournir une assistance technique, des services de courtage ou un financement ou une assistance financière, liés au transport maritime vers des pays tiers de pétrole brut ou de produits pétroliers originaires de Russie ou exportés de Russie ».

Une invraisemblable ingérence dans le commerce international qui inverse les règles économiques et créé un précédent aux conséquences insoupçonnées ; pour la première fois de l'histoire, c'est l'acheteur qui déciderait unilatéralement du prix de ce qu'il achète, menaçant de sanctions le "mauvais" vendeur.

Les pays producteurs de la planète n'en ont pas manqué une miette. Il ne leur a pas fallu beaucoup de temps pour en tirer les conclusions qui s'imposent : si le pétrole russe est aujourd'hui plafonné selon les desiderata impériaux, ça pourrait être demain au tour du pétrole qatari, du cuivre chilien ou du blé indien...

Si l'hybris russe sur le plan militaire a placé Moscou dans une situation très compliquée en Ukraine, l'hybris occidentale sur le plan des sanctions n'est pas moins suicidaire. Mis devant le fait accompli, le reste du monde ne peut qu'accélérer le processus de dédollarisation et, plus généralement, de dés-occidentalisation dans des domaines aussi divers que l'assurance, le transport maritime ou la finance.

Première à réagir pour montrer qu'elle ne s'en laissait pas compter, l'OPEP a donc déjà engagé le bras de fer en diminuant la production d'or noir pour faire flamber les prix. La rupture avec l'Occident semble consommée, d'autant que Washington paraît choisir la voie de l'escalade et menace de répondre en dégainant le NOPEC. [No Oil Producing and Exporting Cartels Act]

Quézako ? Il s'agit d'une modification de la législation antitrust permettant de poursuivre pour collusion les pays de l'OPEP et interdire de restreindre la production d'hydrocarbures ou d'en fixer les prix. Rejetée jusqu'ici afin de ménager l'allié saoudien, leader du cartel, la proposition serait, si elle aboutissait, un véritable coup de force des États-Unis. Mais aussi un boomerang au carré.

Nous en expliquions les tenants et les aboutissants il y a trois ans dans un billet qui n'a pas pris une ride :

Les Saoudiens sont vent debout contre cette loi. Le mois dernier encore, ils annonçaient l'apocalypse lors de rencontres avec l'establishment financier de Wall Street. Il semble qu'ils aient maintenant passé la vitesse supérieure si l'on en croit leur menace d'abandonner le pétrodollar, "l'option nucléaire" comme elle est surnommée, si le NOPEC passe. Quand on connaît le poids de l'or noir, dont le commerce (principalement en dollars jusqu'à présent) est plus important que celui de tous les métaux bruts combinés, on comprend la portée de la chose...

Les Chinois sont extrêmement attentifs, eux qui font chaque jour un peu plus pression sur l'Arabie saoudite pour qu'elle leur vende son pétrole en yuans. Les Russes n'en perdent pas une miette non plus, l'option nucléaire saoudienne valant en l'occurrence bien plus que leurs derniers bijoux hypersoniques pourtant redoutables.

Sans surprise, le Deep State US ainsi que le lobby pétrolier s'opposent résolument au NOPEC qui, néanmoins, fait son bonhomme de chemin et passe l'un après l'autre les obstacles au Congrès. Car nous touchons là à l'éternelle contradiction historique entre intérêts nationaux et impériaux. La Rome du dernier siècle de la République en savait quelque chose, mais ceci est un autre sujet...

Ces Sénateurs et Représentants n'ont certes rien contre l'omnipotence américaine dans le monde mais ils ont aussi, petit détail fort incommodant, des électeurs. Eh oui, ces satanés citoyens qui ne s'intéressent, eux, qu'à leur fin de mois difficile et se fichent comme de l'an 40 des bases US dans le Rimland. On se rappelle qu'en 1992, à la grande consternation du Deep State, George Bush Senior, le président qui avait supervisé la chute de l'URSS et pouvait pousser à fond l'avantage de l'empire, avait été battu par un gringalet nommé Bill Clinton, qui ne faisait que promettre des jobs. Si l'Etat profond avait évidemment fini par récupérer ce dernier au bout de quelques années, les néo-cons se sont toujours mordu les doigts de n'avoir pas su placer un des leurs à la Maison Blanche en cette période cruciale du début de la décennie 90.

Pour les membres du Congrès, tournés vers la situation intérieure, l'équation est simple : NOPEC = pétrole moins cher = consommateurs contents = réélection. Avec, en passant, une petite gifle à l'Arabie Saoudite en prime, dont l'image dans le public américain est aussi écornée qu'un parchemin rassis du XIIIème siècle.

Le lobby pétrolier, lui, pense évidemment en sens inverse : or moins cher = moins de profits. Dans le même wagon, les producteurs de pétrole de schiste réclament à cor et à cri un baril au-dessus de 70$ pour couvrir les coûts énormes de la fracturation hydraulique. Quant au Deep State, il grince des dents en imaginant la fin du financement facile de ses guerres/bases/invasions/coups d'Etat, marque de fabrique impériale.

S'il y en a un qui doit être assez désarçonné en ce moment, c'est bien le Donald. Ayant mis un accent sincère durant sa campagne sur le pouvoir d'achat, il se lâche régulièrement en imprécations twitteresques contre l'OPEP, vilipendant le cartel pour cause de pétrole cher. D'un autre côté, au-delà même de savoir s'il a définitivement été drainé par le marais, un président américain peut-il réellement et sciemment laisser tomber le pétrodollar ? Le NOPEC n'est pas nouveau et, en leur temps, Bush Junior et Barrack à frites s'y sont tous deux fortement opposés, brandissant carrément la menace du veto. Si le Donald rêve indéniablement moins de gloire expansionniste que ses deux prédécesseurs et si son inclination personnelle et politique le pousserait à soutenir le NOPEC, va-t-il pour autant franchir le Rubicon ? Rien n'est moins sûr.

A Moscou et à Pékin, on attend la suite du feuilleton avec impatience. Que le NOPEC passe et que les Saoudiens mettent, pour une fois, leurs menaces à exécution, et c'est tout l'édifice impérial qui s'effrite, avec les gigantesques conséquences que l'on sait. Et même si, finalement, les choses rentrent d'une manière ou d'une autre dans l'ordre à Washington (torpillage du NOPEC au Congrès par le Deep State, veto présidentiel), l'épisode restera comme un coup de canif supplémentaire et indélébile à la majesté du pétrodollar. C'est, à ma connaissance, la première fois que les Seoud évoquent publiquement la possibilité d'abandonner le dollar. Une véritable révolution copernicienne devant laquelle Russes et Chinois se frottent les mains.

Bis repetita trois ans plus tard. Mais cette fois, la guerre en Ukraine est passée par là et a plongé le monde dans une ère nouvelle. La situation a ceci d'incroyablement paradoxal que c'est au moment où la Russie est au plus mal depuis vingt ans qu'elle pourrait indirectement mettre fin au pétrodollar, pilier de l'empire.

Tous les regards se tournent maintenant vers Pékin et son rêve de pétroyuan. En août, la rumeur d'une visite de Xi Jinping en Arabie saoudite a affolé les observateurs. Si le déplacement n'a finalement pas eu lieu, nul doute que la prochaine rencontre entre Xi et MBS sera scrutée comme jamais...

 

Tag(s) : #Pétrole#Etats-Unis#Russie#Economie#Moyen-Orient#Chine

JE SUIS DE RETOUR... Je vous explique tout


 


Après plusieurs mois où je me suis mis totalement en retrait, j'ai décidé de reprendre les vidéos sur Praxis. Je vous explique ma démarche dans cette vidéo. Le combat continue ... que vive la flamme de l'espoir. Le lien vers la vidéo sur le chômage et le travail : https://www.youtube.com/watch?v=f_9dR... ▶︎ REJOIGNEZ-MOI ICI : ◦ FACEBOOK : https://www.facebook.com/BouloGiletJaune ◦ MON BLOG : https://francois-boulo.fr/ ◦ TWITTER : https://twitter.com/FrancoisBoulo ✅ Vous pouvez commander mon livre "Reprendre le pouvoir" dans toutes les librairies, ou en cliquant sur le lien suivant : https://urlz.fr/jqdS #Praxis #Boulo #Résistance

Entre rires et colères...


 

LE NOBEL DU VIDE 7.10.2022 — Le briefing avec Slobodan Despot

 


vidéo ici


  • Où il est question du système de valeurs de l’Occident en phase terminale et des miroirs narcissiques qu’il éparpille partout dans son boudoir.
    S'abonner à l'Antipresse: https://antipresse.net/abonnements/
    IMPORTANT! Rejoignez-nous sur Telegram: https://t.me/antipresse
    Chaîne Odysee: https://odysee.com/@antipresse
    ...