lundi 2 mars 2020

Thinkerview : Collapsologie, anxiété et dépression ? Glenn Albrecht




"La solastalgie ou éco-anxiété est une forme de souffrance et détresse psychique ou existentielle causée par exemple par les changements environnementaux actuels et attendus1, en particulier concernant le réchauffement climatique2 et la biodiversité. Ce concept permet aussi selon Glaway & al. (2019) de mieux comprendre certains liens entre santé humaine et santé environnementale, qui inclut la santé des écosystèmes, en particulier via « les effets cumulatifs des changements climatiques et environnementaux sur la santé mentale, émotionnelle et spirituelle »3. Le syndrome de solastalgie peut être associé à un stress pré-traumatique (en référence au stress post-traumatique). Les changements (potentiellement cataclismiques et d'ampleur planétaire si rien n'est fait à la mesure du problème) semblent déjà en cours et au moins pour partie définitifs ; pour Vaishnavi Bhamidi (2019) ils sont tels que « le degré de traumatisme psychologique auquel un phénomène aussi répandu que le changement climatique peut donner lieu est sans précédent »4 et une autre crise est celle de la biodiversité, en partie seulement liée au climat5.
Selon B. Morizot, la solastalgie fait partie des « signaux faibles » qui intéressent les prospectivistes« nous ne sommes plus « chez nous » » semblent penser un nombre croissant d'êtres humains qui ne reconnaissent plus « leur » ou « la » planète, notamment car « le climat qui préside à toutes les dynamiques écologiques est perturbé6. » Chez les peuples autochtones souvent restés plus proches de la nature, il contribue au sentiment d'insécurité territoriale et culturelle7, aggravé par le fait que l'effondrement de la biodiversité et le changement climatique affectent d'abord et bien plus les personnes le plus vulnérables, agissant donc comme des «amplificateurs» de menace pour la santé, aggravant les inégalités sociales préexistantes8.
Selon une étude récente (2019) « Compte tenu de la rapidité et de l'ampleur des changements climatiques ainsi que de la perte de biodiversité, de la pollution, de la déforestation, de l'extraction débridée de ressources et d'autres problèmes environnementaux, de plus en plus de personnes seront confrontées à la solastalgie »3.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot solastalgie est un néologisme inventé en 2003 par le philosophe australien de l'environnement Glenn Albrecht, avec un premier article publié sur ce sujet en 20059.
C'est une combinaison de deux mots :
  1. le mot latin solari/sōlācium (consolation, réconfort) dont une partie des significations a trait à l'atténuation d'une détresse ou à la fourniture de réconfort, d'une consolation face à des événements pénibles ; la désolation (solus et desolare) a des significations liées à l'abandon et à la solitude (paysage désolé)10 ;
  2. -algia, mot de racine grecque évoquant la douleur physique, la maladie ou dans le cas présent la douleur morale.
Selon E.P Richards (2018), le concept a été construit par Glenn Albrecht de sorte qu'il soit une référence fantôme ou qu'il ait une similitude structurelle avec le concept de nostalgie, faisant qu'une référence de lieu lui est incorporée... La solastalgie serait donc la douleur morale (voire une maladie nouvelle) causée par la perte (avec manque de réconfort et sentiment d'isolement) liée à l'état actuel d'un habitat naturel et de lieu ou territoires de vie10... C'est aussi la douleur ressentie lorsqu'on prend conscience que l'endroit où l'on réside et/ou qu'on aime est dégradé (irrémédiablement ou pour très longtemps aux échelles humaines de temps). La solastalgie a donc quelque chose à voir avec un mal du pays notamment projeté vers le futur.

Recherche, histoire et développement du concept



Depuis le début du XXIème siècle, des voix s'élèvent, notamment dans les pays anglo-saxons et parmi les gens qui étudient l'anthropocène et la relation homme-nature (Glenn AlbrechtAshlee CunsoloNeville EllisClive HamiltonJane BennettKaren BaradNaomi KleinRoy Scranton et en France au sein de l'Institut Momentum Pablo Servigne1Yves CochetRaphael Stevens...), pour n

Remèdes, pistes de solutions[modifier | modifier le code]


Selon les psychologues qui étudient la solastalgie, agir pour protéger l'environnement est l'un des moyens de supporter cette prise de conscience. Ici (september 2019 à Tumbarumba en Australie) une communauté locale montre par une grève scolaire et des manifestations son opposition à l'exploitation charbonière en Australie (w)
La plupart des auteurs ayant travaillé sur le sujet notent qu'une fois passé les stades du déni, du deuil et de la colère, la solastalgie peut aussi déclencher un sain refus d'accepter le sort d'un chemin délétère (pour soi, l'humanité et la biodiversité). Nous pouvons alors enclencher un processus de lutte pour la restauration protection et préservation durable la planète, « non pas parce que nous sommes susceptibles de gagner, mais pour le bien de notre propre intégrité. Nous gagnons de ce que nous donnons » précise Robert F. Sommer (2019)19.
Agir avec des pairs est salutaire pour lutter contre le stress chronique induit par prise de l'ampleur et de l'accélérétion de la dégradation de l'environnement (parfois qualifiée d'écocide). Pour les psychologues Clayton (et ses collègues) en 2017 40, et Lertzman en 2013 25, le fait de voir d'autres personnes activement engagées dans la lutte contre le changement climatique peut atténuer ce risque. D'autres solutions proposées pour mieux supporter ce type de stress chronique sont par exemple « l'amélioration des liens sociaux, la reconnaissance de l'anxiété et d'autres sentiments difficiles, la reconnexion à la nature et la recherche de moyens créatifs pour se réengager »22.
Selon Alice Desbiolles, médecin de santé publique spécialisée en santé environnementale, parmi les solutions pouvant pallier l'angoisse solastalgique, l'individu peut par exemple entrer dans une logique zéro déchet, consommer moins de viande et de poisson, limiter ses déplacements – notamment en avion –, manger bio produit localement pour limiter l’usage des pesticides et d'hydrocarbures, etc. D'une façon plus collective, on peut se joindre aux marches pour le climat, soutenir ou participer à une association, signer des pétitions en ligne à vocation écologique41.
Des artistes cherchent aussi à explorer ce concept ou du sentiment de solastalgie. Par exemple Anselm Kiefer, Jeff Mincham, Abbas Akhavan, Zina Swanson, Fiona Hall et Hayden Fowler en Australie en 201911. Eric Filion (2019) estime que la solastalgie « engendre un état particulier d’attention » est une émotion que l'on peut reproduire (ou provoquer) via des environnements virtuels immersifs (prototypes de réalité virtuelle). Il fait de cet outil une œuvre artistique de Recherche-création transposant des émotions ou angoisses vécues dans le monde réel quand on prend conscience des effets de catatrophe imminente induite par le dérèglement climatiques et d'autres changements environnementaux. Son projet consiste à « présenter un espace immersif permettant de visualiser un problème psychologique lié à une angoisse ressentie face à notre capacité d'adaptation environnementale »42.
En 2018Glenn Albrecht (l'inventeur du concept de solastalgie) estime qu'un changement de paradigme est nécessaire et urgent dans la relation Homme-Nature. En écho au concept de symbiosphère (proposé par James Lovelock), il propose d'entrer dans une Ère nouvelle, qu'il nomme « Symbiocène » et qu'il présente comme un « antidote à l'Anthropocène ». Il précise qu'alors (dans ce Symbiocène) le patrimoine deviendra « une expérience ironique et insaisissable » car « la réunification complète des pratiques humaines avec les systèmes de maintien de la vie ne produira pratiquement aucune signature distinctive sur Terre pouvant être mise en valeur comme patrimoine exclusivement «humain» »43.

Notes et références

otamment alerter sur les conséquences sociopsychologiques, actuelles et à venir, des dégradations environnementales locales et globales11. Depuis 2015, des chercheurs comme par exemple Joseph Reser (chercheur australien en psychologie environnementale) réorientent leurs travaux vers l'étude des conséquences psychologiques des grands changements environnementaux12.
Pour mieux comprendre comment l'arrivée de la « collapsologie » suscite une prise de conscience qui peut induire chez les individus (et dans la société) des jeux complexes et parfois évolutifs entre désemparement et volonté ou capacités à (ré)agir, des sociologues et philosophes comme Laurence Allard, Alexandre Monnin et Cyprien Tasset appellent « à documenter empiriquement ce que fait l’effondrement, et ce qu’en font celles et ceux à qui cette idée « fait » quelque chose13. En effet, l’effondrisme pose la question des façons de se positionner non pas uniquement par rapport à une théorie, mais également par rapport à des expériences individuelles et collectives »13.
La solastalgie comprend un profond sentiment de détresse. Ce sentiment apparaît souvent en lien direct avec un lieu, un paysage (celui de l'enfance, un paysage que l'on s'est approprié, le territoire d'une tribu autochtone, territoire souvent jusqu'alors considéré comme patrimoine commun, voire universel et bien communetc.), ou une vision générale de la Nature. Ainsi le Pr Ashlee Cunsolo (Université Memorial) constate que les Inuits du Labrador expriment un « profond regret » à la suite de la perte de territoires de chasse et de vie historiquement occupés dans le nord du Canada, en raison de la fonte des glaces14.
Le sentiment de solastalgie intègre donc des aspects environnementaux mais aussi sociaux, culturels, spatiaux et temporels (du passé au futur). Là où la nostalgie nait d’un regret d’un passé (éventuellement idéalisé), la solastalgie est une sorte d'équivalent pour le futur ; le regret d’un futur environnemental (meilleur ou moins dégradé que la situation actuelle) qui ne pourra advenir, engendrant éventuellement une culpabilité, ou un désespoir (éventuellement lié au sentiment de déni de la part de la société qui semble refuser de voir la destruction de cet avenir)15. Selon Askland & Bunn (2018), il ne s’agit « pas simplement d’une détresse psychologique autocentrée sur l'acteur, mais plutôt d’une préoccupation ontologique ; La détresse solastalgique réside dans la connexion entre l'acteur et ses réalités. La solastalgie doit être considérée comme une «anxiété ontologique» plus profonde ». Elle nait d’une « dissonance » environnementale (spatiale et temporelle) et sous-tend une anxiété ontologique. Les sentiments de changement et de perte probablement irréversible et grave qui en résultent sont liés à « des questions de pouvoir et de dépossession dépassant le cadre biophysique » (l’individu a le sentiment d’avoir perdu le pouvoir d’agir respectueusement de son environnement, il en est dépossédé pour le présent, mais aussi pour le futur et celui donc des générations futures15 ; Askland & Bunn (2018) affirment « que la détresse liée au lieu doit être comprise comme un traumatisme ontologique, en tant que fabrication du lieu, de l'appartenance et des relations sociales enchâssées dans la perturbation du sentiment permanent d'association avec le domicile »15. Elle résulte de la perte de « moyens non seulement de faire le lien avec le passé, mais aussi d’imaginer l’avenir »15.
La solastalgie nait de constats concrets et d'études scientifiques, mais certains comme N Elder (2019) y voient aussi une dimension importante de « prémonition »16, renforcée par des signes de plus en plus évidents de changements globaux tels que les incendies de forêt anormalements fréquents et/ou importants en 2018 en Californie17Russie ou Australie ou Suède (où trois « méga-incendies » ont touché le centre du pays en été, sur environ 25000 hectares, ce qui a jusitifié un appel à l'aide international, et c'est « quelques mois après ces incendies que Greta Thunberg, 15 ans, a commencé sa grève scolaire devant le Parlement suédois à Stockholm, consternée par le niveau d'inertie des adultes et des politiciens »)18. Un an plus tard (2019) une étude montrait un véritable effondrement généralisé de la biodiversité dans toutes les prairies et forêts d'Allemagne.
Les scientifiques qui font de la prospective et définissent avec une précision croissante les comptes à rebours dans les domaines du climat et de la biodiversité sont dans une situation particulière de vulnérabilité à la solastalgie. Ils sont en effet aux premières loges, depuis plusieurs dizaines d'années - depuis le rapport du Club de Rome (Les Limites à la croissance) au moins - en termes de prise de conscience. Ils sont souvent émotionnellement épuisés, certains devant faire appel à « une thérapie professionnelle pour naviguer sur le terrain oppressif dans lequel leur travail est systématiquement ignoré ou rejeté ou miné ou même attaqué par des groupes d'intérêts spéciaux et des médias et des dirigeants conservateurs »19.
Mi-2019, David Corn (journaliste) a dit d'eux dans le magazine Mother Jones que leur situation ressemblent souvent à celle du personnage de Sarah Connor, qui dans les films de la série Terminator a connaissance d'une catastrophe imminente, mais qui doit lutter pour fonctionner dans un monde qui ne comprend pas ce qui arrive et, pire, qui ignore en grande partie les avertissements lancés par ceux qui comprennent20.

Formes cliniques du syndrome, symptômes[modifier | modifier le code]

Il existe un consensus sur le fait que des événements d'une ampleur telle qu'une dégradation rapide du climat et/ou de la biodiversité peuvent entraîner un trouble de type trouble de stress post-traumatique (TSPT) que d'autres pour cette circonstance ont renommé stress pré-traumatique, un trouble dépressif majeur (TDM), de l'anxiété et un réel traumatisme21. La solastalgie inclut un sentiment particulier de tristesse et de regret pour un environnement futur désiré ou souhaitable dont on pense qu'il ne pourra avoir lieu, qualifé d’« ecological grief » par les anglophones, notion qui pourrait être littéralement traduite par « chagrin écologique »11. Janet Lewis insiste sur le fait qu'un stress grave induit par un traumatisme perdure plus longtemps sous forme de stress post-traumatique quand il a une cause humaine, que lorsque cette cause est naturelle. Or, les crises climatiques et de la biodiversité ont des causes humaines22.
Selon Alice Desbiolles, médecin en santé publique spécialisée en santé environnementale, la solastalgie est polymorphe : elle peut prendre de nombreuses formes cliniques (de l’insomnie à l’angoisse, voire à la dépression) et avoir des origines variées selon les sujets qui touchent les individus, (...). La solastalgie affecte les individus conscients qu’ « il n y a pas de planète B [...]. Cette absence d’alternative peut se traduire par une souffrance morale, qui ressemble à s’y méprendre à la nostalgie ou à la mélancolie qu’un individu ressent en quittant le foyer aimé »23.

Emergence et prise de conscience du problème[modifier | modifier le code]

  • En Australie (où le concept de solastalgie est né) une étude quantitative (publiée en 2010) faite sur des Australiens, « dont la moitié vivaient en zone urbaine, a documenté une détresse importante face au changement climatique, en particulier chez les femmes et les adultes âgés de 35 ans et moins »24.
  • Aux États-Unis où les tensions sont fortes entre les personnes sensibles à l'environnement planétaire et les promoteurs du déni de la gravité du changement climatique et de l'effondrement de la biodiversité, la solastalgie semble être un nouveau mal du siècle, mais n'est pas encore inscrite dans la liste des maladies reconnues par le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l’Association américaine de psychiatrie (le DSM-5). Une étude qualitative a porté sur des habitants de la région des Grands Lacs. Aucun n'était impliqué dans une forme quelconque d'activité environnementale. L'enquête a montré que le changement et la dégradation de l'environnement naturel induisent une forte préoccupation pour l'environnement et un effet de « deuil » conduisant à un moindre engagement et à une apparente apathie (mais qui n'est pas réelle)25. Selon Janet Lewis (Avril 2018) « ce phénomène de repli en réponse à des sentiments difficiles face aux changements environnementaux peut masquer la prévalence réelle de la détresse liée au climat »22.
    Une ONG, climate Psychiatry Alliance, crée autour de Lise Van Susteren (w)26, réunit des psychiatres soucieux de l'avenir du climat et de se former sur le sujet, afin d'aider au mieux des patients victimes de solastalgie ou de stress d'acculturation induite par une obligation de migrer27.
  • En Europe, le sujet ne semble commencer à se médiatiser qu'à partir du milieu des années 2010 ; Un rapport du Conseil des académies des sciences européennes (Easac), publié en juin 2019, sur les risques sanitaires posés par le dérèglement climatique en matière de santé mentale a conclu que ces effets s’accélèrent et touchent de manière disproportionnée les plus marginalisés. Cette souffrance morale est encore à la fois peu connue et peu reconnue, notamment des professionnels de santé. Nul chiffre officiel n’existe quant au nombre de personnes atteintes28. Outre ces effets directs, d'autres réactions, allant du désespoir à la colère émergent face à l'absence de réactions à la mesure des crises combinés du climat, de la biodiversité et de l'économie.
  • En FranceSuisse et Belgique, le sujet est clairement présenté au milieu des années 2010 par Pablo Servigne et Raphael Stevens dans leur ouvrage Comment tout peut s'effondrer puis dans leurs autres ouvrages, conférences, vidéos, interviews, mais il semble n'émerger dans les grands médias généralistes qu'en 2019 avec par exemple le journal Libération qui présente l’éco-anxiété comme une "climato-dépression"29) ; le journal Le Monde qui évoque notamment une directrice commerciale quarantenaire, sensible au futur de la planète, qui plonge dans une dépression après avoir appris par un sondage qu'environ les deux tiers de ses compatriotes accordaient plus d’importance au pouvoir d’achat qu’à la transition écologique ; ou encore la jeune suédoise Greta Thunberg qui, à 11 ans, a vécu une dépression après avoir vu un documentaire sur les ours polaires, avant de décider d'agir par ses propres moyens30.
    Pourtant des médecins et psychologues travaillaient déjà sur le sujet, dont par exemple, le Dr. Alice Desbiolles (à qui l'émission de France-Inter La terre au carré a donné la parole en titrant : Éco-anxiété, solastalgie, les nouveaux maux du siècle ? 31, sachant que le Dr. Alice Desbiolles préparait alors un livre sur l’éco-anxiété (annoncé pour le printemps 2020). Toujours en 2019, la revue Sciences humaines fait, elle, appel au philosophe français Baptiste Morizot et à notre condition « face aux métamorphoses dues au changement climatique. La solastalgie, c’est un « mal du pays sans exil », écrit-il. La nature est en mutation ; on ne reconnaît plus le paysage où l’on a grandi, on est dépossédé de son environnement. L’humain est désormais « plus stable que son milieu », des espèces animales et végétales sont en danger, les saisons bouleversées »32 ;
    Le psychothérapeute Jean-Pierre le Danff s'était pourtant déjà spécialisée dans ce domaine depuis 2009 environ, en insistant sur les différences qui existent entre l'éco-anxiété et la dépression ou l'anxiété : les personnes sensibles à l’environnement ne ressentent pas que de l’anxiété précise-t-il : « elles ressentent aussi de la tristesse et de la colère. Et surtout, beaucoup sont encore dans le déni », ce pourquoi il préfère « utiliser l’expression « souffrance écologique », qui se rapproche de la solastalgie »33.
    Charline Schmerber (psychothérapeute, qui a publié une enquête sur la solastalgie et s'appuie sur la facilitation graphique34) note qu'avant 2019, le sujet a été très peu traité en France par la littérature scientifique.
    En 2019 selon Brigitte Asselineau, (présidente de la Fédération française de psychothérapie et psychanalyse) c'est une état psychologique qui est de plus en plus fréquent : « Nous avons de plus en plus de demandes, surtout des jeunes adultes. Souvent, ils ne viennent pas en thérapie à cause de cela. C’est en creusant que l’on découvre l’origine de leurs maux »33

Dans la littérature scientifique[modifier | modifier le code]

Pour mieux définir le concept de solastalgie ou ses évolutions récentes et pour « identifier les priorités pour les recherches futures », une étude publiée en 2019 a analysé 15 ans de littérature scientifique ayant porté sur le sujet, à partir de quatre questions : (1) Comment la solastalgie est-elle conceptualisée et appliquée dans la littérature ? (2) Comment la solastalgie est-elle vécue et mesurée dans la littérature? (3) Comment la « place » est-elle comprise dans la littérature sur la solastalgie? et (4) La littérature actuelle sur la solastalgie est-elle en prise avec les visions du monde et les expériences des peuples autochtones ? Les auteurs concluent que tout en affinant les fondements théoriques du sujet, il faudrait « couvrir, avec des méthodes plus étendues, une plus grande diversité de personnes et de lieux » concernés par ce sujet3. Selon eux, les liens entre l'évolution des paysages et la solastalgie appellent à « mieux comprendre le vécu des peuples autochtones de la transformation et de la dégradation du paysage dans le contexte de traumatismes historiques »3.
En 2018, une métaétude portant sur 60 études différentes et publiée dans la revue Science établit un lien entre canicules et augmentation de la violence (un degré d'écart à la normale saisonnière fait que la fréquence des violences déclarées entre personnes croît de 4 %, pendant que celle entre les groupes s’accroît de 14 %. Les auteurs craignent que dans un futur proche, le changement climatique puisse fortement amplifier les conflits humains et les taux de suicide. L'économiste Marshall Burke35 a estimé qu'au vu des températures prévues des années 2010, avant 2050 21 000 suicides supplémentaires pourraient survenir aux États-Unis et au Mexique

Dans le droit[modifier | modifier le code]

En Australie, un procès intenté par une communauté (Bulga Milbrodale Progress Association) contre un projet minier de Rio Tinto a été remporté par la communauté en 2013, avec l’aide de Glenn A. Roberts comme Expert-Témoin, et sur la base d'une reconnaissance par le Juge d'un impact trop important en termes de pollution et de solastalgie, mais le projet avait l'aval du gouvernement, qui a fait voter une nouvelle loi qui a permis à Rio Tinto de néanmoins mettre son projet à exécution36.

En termes de santé publique[modifier | modifier le code]

« L'impact délétère du changement climatique commence maintenant à être étudié conjointement avec la santé mentale. À l'instar des maladies physiologiques, une mauvaise santé mentale est considérablement plus difficile à relier au changement climatique, car elle est le résultat de voies de causalité complexe pouvant inclure la famine, la guerre et les migrations massives »4,37.
En 2013, la revue Science publie un article écrit par des scientifiques des universités de Berkeley et de Stanford établissant un lien entre canicules et augmentation de la violence (un degré d'écart à la normale saisonnière fait que la fréquence des violences déclarées entre personnes croît de 4%, pendant que celle entre les groupes s’accroît de 14%» (méta-analyse basée sur 60 études différentes). Les auteurs craignent que dans un futur proche, le changement climatique puisse fortement amplifier les conflits humains et les taux de suicide (l'économiste Marshall Burke35 a estimé qu'au vu dse température prévues des années 2010 jusqu'en 2050, 21 000 suicides supplémentaires pourraient survenir aux États-Unis et au Mexique)38.
En 2015, deux chercheurs (Guerrero-Bosagna & Jensen) rappellent que de tels niveau de stress sont associés à des effets épigénétiques (transmis sur plusieurs générations, comme on en observe lors des guerres ou grandes catastrophes naturelles39

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  3. ↑ Revenir plus haut en :a b c et d Galway, L. P., Beery, T., Jones-Casey, K., & Tasala, K. (2019) « Mapping the solastalgia literature: A scoping review study [archive] ». International journal of environmental research and public health, 16(15), 2662 [PDF].
  4. ↑ Revenir plus haut en :a et b Bhamidi V (2019) Climate on the Mind: The Psychological Effects of Climate Change [archive] | Global Helath Magazine | Université de Toronto.
  5.  Thomas C.D, Cameron A, Green R.E, Bakkenes M, Beaumont L.J, Collingham Y.C & ... Williams S.E (2004) Extinction risk from climate change| Nature | 427 (6970):145-148
  6.  Morizot B (2019) Ce mal du pays sans exil. Les affects du mauvais temps qui vient. in Critique 2019/1-2 (n° 860-861), pages 166 à 181 , (1), 166-181 | résumé [archive].
  7.  Basile S & al. (2017) Perceptions des femmes atikamekw de leur rôle et de leur place dans la gouvernance du territoire et des ressources naturelles ; Chaire de recherche du Canada en foresterie autochtone, Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQA T) Thibault Martin. (Voir encadré 1) | URL: http://depositum.uqat.ca/703/1/Basile%2C%20Suzy.pdf#page=62 [archive]
  8.  Watts N, Amann M, Ayeb-Karlsson S, Belesova K, Bouley T, Boykoff M, … Costello A (2018) The Lancet Countdown on health and climate change: from 25 years of inaction to a global transformation for public health. The Lancet, 391 (10120). doi: 10.1016/S0140-6736(17)32464-9
  9.  (en) Glenn Albrecht« 'Solastalgia' A New Concept in Health and Identity »Philosophy, Activism, Nature,‎ p. 45 (lire en ligne [archive], consulté le 14 juillet 2019)
  10. ↑ Revenir plus haut en :a et b Richards E.P (2018) The Societal Impacts of Climate Anomalies During the Past 50,000 Years and their Implications for Solastalgia and Adaptation to Future Climate Change. Hous. J. Health L. & Pol'y, 18, 131. URL:https://digitalcommons.law.lsu.edu/cgi/viewcontent.cgi?article=1422&context=faculty_scholarship [archive]
  11. ↑ Revenir plus haut en :a b et c Phillips CF (2019) Affect and the Anthropocene : the art artefact and ecological grief (L'affect et l'anthropocène: l'artéfact d'art et le chagrin écologique) ; 'Affect and the Anthropocene : the art artefact and ecological grief', Thèse (Research Master thesis), Université de Tasmanie (résumé [archive])
  12.  « Connaissez-vous la solastalgie ? », Atlantico, Marie Romanens, lire en ligne [archive]
  13. ↑ Revenir plus haut en :a et b Allard, L., Monnin, A., & Tasset, C. (2019) Est-il trop tard pour l’effondrement?. Multitudes, (3), 53-67 (résumé [archive])
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  17.  Matthew R. G. Brown, Vincent Agyapong, Andrew J. Greenshaw, Ivor Cribben, Pamela Brett-MacLean, Julie Drolet & ... Peter H. Silverstone (2019) After the Fort McMurray wildfire there are significant increases in mental health symptoms in grade 7–12 students compared to controls. BMC Psychiatry, (1), 1.
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  20.  David Corn, “It’s the End of the World as They Know It,” Mother Jones, publié le 8 juillet 2019. URL: https://www.motherjones.com/environment/2019/07/weight-of-the-world-climate-change-scientist-grief/ [archive]
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  24.  Searle, K. & Gow, K.(2010) "Do concerns about climate change lead to distress?” International Journal of Climate Change Strategies and Management, 2 (4), pp.362-379.
  25. ↑ Revenir plus haut en :a et b Lertzman R (2013) The myth of apathy. In Sally Weintrobe (Ed.), Engaging with climate change: Psychoanalytic and interdisciplinary perspectives (pp. 117-133). London and New York, NY: Routledge.
  26.  Site internet de climate Psychiatry Alliance : https://www.climatepsychiatry.org [archive]
  27.  présentation [archive] des membres de l'Alliance climate Psychiatry Alliance
  28.  Paul Malo, Consoglobe (2019), Eco-anxiété, solastalgie, nouveau mal du siècle ; 9 février lire en ligne [archive]
  29.  Margaux Lacroux (2019) Dépression, anxiété... Le changement climatique trouble-t-il notre santé mentale ? [archive] |Libération| publié 28 juin 2019
  30.  Audrey Garric & Pascale Krémer (2019) Eco-anxiété, dépression verte ou « solastalgie » : les Français gagnés par l’angoisse climatique ; Difficile de se projeter dans l’avenir quand la planète se dégrade sous nos yeux. « Effondrement », « extinction »… Ces mots qui éveillent les consciences réactivent chez certains des angoisses profondes de mort et de fin du monde [archive] ; Le Monde, article publié le 21 juin 2019
  31.  Mathieu Vidard (2019) "Emission "LA TERRE AU CARRÉ" (France-Inter)" ; Mercredi 30 octobre 2019 ; Éco-anxiété, solastalgie, les nouveaux maux du siècle ? [archive] 55 min
  32.  Poissonnier G (2019) La solastalgie [archive] (Actualité de la recherche), numéro de juin.
  33. ↑ Revenir plus haut en :a et b Laury-Anne Cholez (2019) Déprimé par la crise climatique ? Voici comment soigner l’éco-anxiété [archive] ; Reporterre, publié le 4 décembre
  34.  ex : FIches : Les stratégies face aux effondrements [archive] et Posters [archive] (facilitation graphique sur Tatoudi (2018) en créative commons, sans usage commercial autorisé
  35. ↑ Revenir plus haut en :a et b Assistant-Professeur au (Earth system science, School of Earth, Energy & Environmental Sciences) à l'Université de Stanford.
  36.  Albrecht G.A (2018) Public Heritage in the Symbiocene. In The Oxford Handbook of Public Heritage Theory and Practice (p. 355). Oxford University Press.Voir p 360
  37.  McMichael, A. J. & Lindgren, E. (2011). Climate change: present and future risks to health, and necessary responses. Journal of Internal Medicine, 270: 401–413
  38.  Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées a2
  39.  Guerrero-Bosagna C & Jensen P (2015) Globalization, climate change, and transgenerational epigenetic inheritance: Will our descendants be at risk ? [archive] Clinical Epigenetics 7(8): np
  40.  Clayton, S., Manning, C. M., Krygsman, K., & Speiser, M. (2017) Mental Health and Our Changing Climate: Impacts, Implications, and Guidance. Washington, D.C.: American Psychological Association, and ecoAmerica.
  41.  Tribune libre d'Alice Desbiolles, « La solastalgie, ou le nouveau mal du siècle ? » La Croix, 30 janvier 2019, lire en ligne [archive]
  42.  Filion É (2019) Projet Solastalgia : le design des émotions pour la conception d’environnements de réalité virtuelle |Dissertation doctorale de maitrise en Art |Université du Québec à Chicoutimi| résumé [archive].
  43.  Albrecht G.A (2018) Public Heritage in the Symbiocene. In The Oxford Handbook of Public Heritage Theory and Practice (p. 355). Oxford University Press."

49.3 DE LA HONTE - LE GOUVERNEMENT S'ENFONCE


mardi 25 février 2020

L’année 2020 sera beaucoup plus déjantée … Priorisez votre santé mentale + magnifique clip vidéo : May the earth feel your love

Par Caitlin Johnstone − Le 10 février 2020 − Source medium.com
1_ucqcyIYV2jAR_7FLr5wl-wL’indignation suscitée par le scandale du caucus de l’Iowa continue de chauffer à blanc alors qu’apparaissent de plus en plus de manipulations de l’establishment contre la campagne de Bernie Sanders.
Au début du show de CNN à l’hôtel de ville avec le candidat présidentiel Démocrate Pete Buttigieg hier soir, immédiatement après le show de la chaîne TV avec Sanders, l’hôte de l’événement Chris Cuomo a annoncé que 100% des résultats du caucus étaient maintenant connus et que l’ancien maire de South Bend avait de justesse remporté la victoire. Ces résultats avaient été promulgués par le Parti Démocrate de l’Iowa quelques instants avant l’apparition de Buttigieg à l’hôtel de ville.
Il n’y a aucune raison pour quiconque, encore moins pour un grand média, de croire que ces résultats sont légitimes. Ils sont pleins d’erreurs et de divergences facilement démontrables qui ont été mises en évidence à la fois par la campagne Sanders et le New York Times, et ils n’ont pas encore été corrigées. En outre, Sanders peut revendiquer tout à fait légitimement la victoire étant donné le fait incontestable qu’il a obtenu des milliers de voix de plus que Buttigieg. Ceci sans même entrer dans toutes les autres manigances extrêmement louches avec la désormais célèbre application Shadow dont le crash a donné aux médias des ailes pour chanter les louanges de Buttigeig, ce qui lui a donné également une poussée majeure dans les sondages en prévision du New Hampshire.
Mais Chris Cuomo, qui est le frère d’un gouverneur Démocrate de New York et le fils d’un autre gouverneur Démocrate de New York, a déclaré Buttigieg – qui, en raison de ses soins pour l’establishment et son idéologie alt-centriste, est aimé des milliardaires et des agents secrets – vainqueur en tout état de cause. Cela devant des millions de personnes, pendant que Buttigieg se tenait juste là sous le feu des projecteurs. Immédiatement après la publication des «résultats».
✔Secular Talk @KyleKulinski · 7 févr. 2020
Voici ce qui vient de se passer. Le Parti démocrate de l’Iowa et le DNC se sont assis sur les résultats restants pour les publier juste avant que le maire Pete ne le fasse au show de CNN. Ils font ensuite semblant de le déclarer vainqueur, alors qu’il y a *** des problèmes spécifiques à résoudre qui feraient gagner Bernie *** https://twitter.com/Taniel/status/1225602370702389249…
✔Taniel @Taniel

Je suis étonné que (avec une différence de 0,1%) IDP n'ait pas résolu les erreurs flagrantes ici (y compris moi-même) vérifiées et peaufinés pendant 24 heures. Le NYT a écrit un article entier !!

Nous avons fait le travail. Il leur faut quelques minutes pour revérifier.

J'espère que ces résultats ne sont pas rapportés à leur valeur faciale. https://twitter.com/Taniel/status/1225597908369780742…
✔Secular Talk @KyleKulinski
Pensez au niveau de coordination qu’il faut pour essayer de réussir un geste frauduleux aussi effronté. Il faut que tous, le parti Dem de l’Iowa , le DNC et CNN soient de mèche.
Nous regardons une élection américaine majeure truquée en temps réel, juste sous nos yeux, et c’est intense. Et ça ne fait que commencer.
Dans la course de 2016 entre Sanders et Hillary Clinton, les caucus de l’Iowa ont vu une activité suspecte et il y a eu une controverse sur des résultats hasardeux, mais rien de tel que la fureur que nous avons connue sur l’Iowa au cours des derniers jours. Ce n’est qu’au caucus du Nevada que les choses ont vraiment commencé à devenir folles lors de la course de 2016, et nous en sommes encore à quelques semaines.
Nous sommes donc bien en avance sur le calendrier en termes d’intensité émotionnelle liée à cette course présidentielle primaire, et peut-être déjà à un point plus chaud après le tout premier concours primaire de 2020 qu’à tout autre moment de la course 2016 entre Sanders et Clinton. Et ça ne fera que devenir plus fou à partir de là.
Et cela pour ne parler que de la primaire présidentielle Démocrate américaine. Plus tard ce mois-ci, nous assisterons au début du procès d’extradition de Julian Assange ; nous avons aussi le narratif de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), qui gère son propre scandale en dénigrant les lanceurs d’alertes qui ont révélé que les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ont, à coup sûr, bombardé la Syrie en 2018 sous de faux prétextes ; nous avons des révélations continuelles selon lesquelles à peu près tout ce que l’administration Trump a raconté au monde pour justifier l’assassinat de Qassem Soleimani était mensonger ; nous avons une nouvelle escalade de la guerre froide entre les États-Unis et la Russie ; nous avons la montée de la pression de l‘establishment pour censurer Internet ; nous avons une guerre de propagande croissante contre la Chine ; pour finir la belligérance militariste généralisée de l’empire des États-Unis ; et Dieu sait quoi d’autre.
Comme je l’ai dit en novembre, les choses vont devenir de plus en plus étranges dans un avenir prévisible. Nous arrivons à un point de l’histoire où la seule chose assurée est la désintégration de toutes les choses, et 2020 est sorti de ses gonds détruisant les clôtures pour installer ce modèle avec une agression extrême. Nous n’allons pas atteindre un point de stabilité ou de normalité cette année, nous allons voir les choses devenir de plus en plus folles, vraiment folles. Je ne sais pas ce qui va se passer, mais je sais que ça va être fou.
⏳Caitlin Johnstone @caitoz

Les choses ne feront que devenir plus étranges.

J'entends souvent des gens dans mon métier dire " Mec, nous allons regarder en arrière toutes ces conneries folles et penser à quel point c'était vraiment bizarre !"
 
Non, nous ne le ferons pas. Parce que ça ne fera que devenir plus étrange. 

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Dans un tel environnement, il sera absolument essentiel de prendre un soin exceptionnel de votre santé psychologique si vous voulez rester engagé avec ce qui se passe dans le monde de manière positive.
Et je veux vraiment dire exceptionnel. Quoi que vous fassiez maintenant, faites-en plus. Commencez à cultiver de nouvelles habitudes pour rester lucide et serein, et commencez maintenant avant que les choses deviennent super folles. Résolvez vos problèmes avec votre famille et avec vous-même. N’oubliez pas de bouger votre corps d’une manière qui vous fait du bien. Consacrez-vous un peu de temps chaque jour pour rester tranquille avec vous-même. Remarquez la beauté qui vous entoure. Faîtes des câlins, acceptez les. Prenez une douche et chantez à tue-tête. Sentez vos pieds sur le sol, blottissez vos fesses dans votre chaise et écoutez-vous comme si c’était une chanson à la radio. Bâillez. Rotez. Étirez-vous. Rugissez. Mettez de la musique forte et trémoussez-vous. Tout ce que vous savez peut vous aider à sortir de votre tête et à retourner dans votre corps, n’oubliez pas de le faire et n’oubliez pas de le faire régulièrement. Rendez-le habituel.
Soyez proactif avec cela plutôt que réactif ; si vous attendez de devoir réagir plus tard, vous aurez l’impression de devoir vous battre pour garder la tête hors de l’eau. Si vous le faites maintenant, vous aurez l’espace mental nécessaire pour naviguer dans des eaux tumultueuses.
C’est ce qui sera nécessaire si vous voulez vous confronter à la matrice narrative de plus en plus frénétique dans le futur. La seule alternative sera de se désengager complètement et de porter son attention ailleurs, ou du moins loin de la politique et de l’actualité. Et si vous ne faites pas de la culture du bien-être mental votre priorité absolue, vous serez forcé de vous désengager de toute façon, et ce sera de manière très désagréable.
Et honnêtement, c’est quelque chose que tous les types d’activistes devraient faire quoi qu’il arrive. Croire que vous pouvez aider le monde sans faire de gros travaux intérieurs, c’est comme croire que vous pourrez nettoyer votre maison quand elle sera devenue un égout. Vous pouvez toujours repérer les militants politiques qui s’engagent sans faire aucun travail intérieur par la forme chaotique, peu habile et souvent contre-productive de leurs actions. Ils ne voient pas assez clairement pour fonctionner efficacement, car leur vision est assombrie par des souffrances et des conflits non résolus. Passez sous la douche et nettoyez vous-même la sanie avant d’essayer de nettoyer la maison.
Certains de mes lecteurs veulent une insurrection de Sanders au sein du Parti Démocrate, d’autres soutiennent des tiers ou des indépendants, tandis que d’autres, enfin, évitent complètement la politique électorale et approuvent des approches différentes pour pousser à un véritable changement. Mais d’après mon expérience, vous vous souciez tous profondément du monde, quelle que soit votre voie préférée pour le faire, et cela va coûter cher si vous n’avez pas l’espace psychologique pour naviguer lucidement, car toutes sortes de choses se déferont au cours de la prochaine année.
Surtout, soyez doux avec vous-même. Nous avons une longueur d’avance et nous avons besoin de vous voir frais et à l’aise. Vous ne pourrez pas aider à réveiller le monde si vous laissez le chaos et la confusion vous entraîner. Sachez quand faire une pause dans le flux d’informations et de babillages qui tentent de déformer votre perception. Utilisez vos outils pour vous éloigner des récits afin de les percevoir objectivement. Ancrez-vous à la terre, trouvez votre centre de gravité – physique et mental – puis, lorsque vous serez prêt, revenez.
Peu importe comment les choses deviennent chaotiques, votre capacité à naviguer dans ce chaos avec habileté doit être votre priorité. Mettez votre bien-être mental en premier et tout le reste se mettra en place.
Soyez vous-même la paix et l’harmonie que vous voulez voir dans le monde.
Caitlin Johnstone
Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone

Réforme des retraites, justice sociale et climatique : winter is coming ?


lundi 24 février 2020

Contre-Courant – « Il suffira d'une étincelle » avec Anasse Kazib et Alain Badiou

Retrouvez "Contre-Courant" pour un débat exceptionnel animé par Aude Lancelin, entre Alain Badiou et Anasse Kazib, en public au théâtre de la Commune.

Gilets jaunes, syndicalistes, parlementaires... comment les réunir ?



dimanche 2 février 2020

[humour] Le coronavirus vu par Elodie Poux


Acte 64 : «Tout est fait pour nous interdire de manifester», selon Jérôme Rodrigues


Jérôme : "vous avez 400 personnes hier,soit presque 55000 euros d'amendes, qui ont été verbalisées face au bâtiment des défenseurs des droits de l'homme"


En marche vers la censure - édito de Denis Robert... le dernier ?


"La loi Avia, du nom de la députée emmarcheuse Laetitia Avia qui veut nous faire croire qu’elle lutte contre les propos haineux sur Internet était discutée la semaine dernière à l'Assemblée. Un amendement est passé donnant tout pouvoir au Ministère de l’intérieur pour faire retirer en une heure, montre en main, tout "propos haineux"… Avant, dans le projet de loi, c’était 24 heures, ça laissait le temps de contre-argumenter. Pourquoi sont-ils soudain si pressés, si castrateurs ? Si la plate forme ne s’exécute pas, elle risque la fermeture. Et l’amendement est passé. Au Palais Bourbon, tout passe et tout trépasse. A commencer par nos faibles espoirs de débat démocratique."




Clip musical de Gilles Lartigot "La F*** est Finie"


[Fracture sociale] Signes des temps : critiques extrêmes de l'exécutif macronien par un porte-parole du parti des pas de parti


samedi 1 février 2020

Gouvernement et médias : complices pour nier les violences policières


Acte 64 : «Je pense que le gouvernement a peur de ce que représentent les Gilets jaunes»

Entretien du 01/02/2020 avec Julie Garnier, oratrice nationale de la France insoumise. Elle s’exprime sur l’acte 64 des Gilets jaunes, ainsi que sur le rapport actuel entre Emmanuel Macron et la population française.





[humour] Le coronavirus vu par Thomas Wiesel


« Allô la police, ils vous achètent, ça crève les yeux ! »


Emmanuel Todd, L'ENA et les «crétins diplômés», et les Gilets jaunes