mercredi 11 avril 2018

À propos de la Russie mal aimée / About badly liked Russia





Par Jean-Marc − Avril 2018
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Conjuguée avec la diabolisation de Poutine, la russophobie continue de faire des ravages dans les médias. On l’a vu dans une des récentes éditions de Temps présent, qui se veut l’émission phare de notre TV étatique. Le titre parlait pour lui-même : Poutine, Le Parrain. Conclusion de cette sombre descente dans les milieux mafieux du Saint Saint-Pétersbourg des années 90 : Poutine a été contraint de briguer un nouveau mandat dans le seul but de conserver son immunité de président et d’échapper à des poursuites judiciaires. De l’homme d’État, qui a su relever son pays au bord de la déliquescence et se faire respecter du grand gendarme – et brigand – international, pas un mot. En bref, une mauvaise caricature.
Il y a heureusement quelques exceptions au brouillage médiatique sur la Russie. Au moment où l’on pourrait désespérer de Billag, notre TV romande sait parfois faire son métier de chaîne publique et refléter la diversité des faits et des opinions. Ainsi, dans une de ses dernières émissions d’ « Histoire vivante » intitulée « Poutine, le Nouvel Empire » elle nous offre un autre visage de Poutine, celui d’un pro-occidentaliste qui a bien des raisons de se sentir dupé par ceux qu’il n’a cessé d’appeler ses « partenaires ». Elle nous donne aussi un condensé des moments décisifs de l’Histoire qui depuis la chute du Mur ont amené la Russie à chercher sa propre voie et à réaffirmer son identité en dehors des canons de la bien-pensance occidentale.
Cette production française plante le décor là où il fallait commencer : par la célébration à Moscou des 70 ans de la victoire sur l’Allemagne nazie, où aucun leader occidental n’a daigné venir rendre hommage aux 27 millions de victimes russes qui ont permis de gagner la guerre. Rien ne peut mieux faire comprendre le sentiment d’ingratitude qu’éprouve le peuple russe à l’égard de l’Europe et les raisons qui ont fait plébisciter son président (tout autant que le retour de la Crimée dans le giron russe). Les mouvements d’opposition ne sont pas pour autant ignorés, mais ils ne sont pas présentés comme l’unique source d’information crédible, ainsi que les correspondants occidentaux accrédités à Moscou ont tendance à le faire croire.
Il en faudra bien plus pour rééquilibrer la balance et entamer les préjugés russophobes qui des années durant ont été entretenus par la presse et sur les ondes, et qui sont profondément ancrés dans l’opinion occidentale. Un test sera de voir comment les Britanniques − et à leur suite l’opinion européenne − vont gober l’attaque au poison du Royaume-Uni. Le leader de l’opposition travailliste Corbyn a été conspué jusque dans les rangs de son propre parti pour oser demander que la procédure normale – et notamment celle que prévoit le traité international de 1997 sur les armes chimiques − soit respectée avant d’incriminer la Russie et de lui imposer de nouvelles sanctions. Le coup de la fiole qui avait justifié le déclenchement de la guerre d’Irak, va-t-il à nouveau réussir au risque de nous entraîner dans un affrontement qui pourrait devenir planétaire ?  Pour une fois, l’Union européenne et Lady May sont tombés d’accord et appliquent à la Russie un nouveau principe : celui de la présomption de culpabilité. Voilà une belle leçon donnée à la Russie sur le respect de l’état de droit dans nos vieilles démocraties.
Pour tous ceux qui recherchent une information moins lourde de préjugés et plus empathique sur les Russes et leur président, on ne peut que recommander l’ouvrage de Héléna Perroud « Un Russe nommé Poutine » (Éditions du Rocher). Née en Russie, cette binationale a été la collaboratrice de Jacques Chirac et a dirigé l’Institut français de Saint Saint-Pétersbourg. Elle sait se mettre à la place de ses compatriotes et voir de leurs propres yeux, pour mieux nous faire comprendre comment Poutine s’inscrit dans l’histoire de leur pays. Slobodan Despot a interviewé Héléna Perroud dans Antipresse. Autre témoignage empathique, plus proche de nous, celui de Frédérique Burnand, arrière petite fille du peintre, qui s’est prise de passion pour la Russie et raconte dans « Jours de Russie » (Éditions de l’Aire), son immersion dans la vie quotidienne des simples gens, dont elle déchiffre les préoccupations et qu’elle parvient à nous rendre proches.
À la pêche sur Internet, on trouve le meilleur et le pire. L’hebdomadaire en ligne Antipresse de Slobodan Despot, cité plus haut, reste un bon port d’attache. Il est en voie de métamorphose pour prendre de la hauteur sous le nom de Drone. On peut l’aider à prendre son envol en s’y abonnant. J’ai le plaisir de lui prêter ma plume dans la rubrique « main courante » http://log.antipresse.net/.
La barque de l’information est déjà bien lourde. Ce qui précède n’a pas la prétention de la faire déborder.
La ville de Toula, à deux cents kilomètres au sud de Moscou, a failli subir le même sort que Leningrad pendant la dernière guerre. A l’automne 41, les Allemands étaient déjà à ses portes et en deux mois, ils avaient presque encerclé la ville. Dans un sursaut d’héroïsme, les défenseurs pris au piège avaient réussi à desserrer l’étau et avant la fin de l’année à repousser définitivement les assaillants.
La guerre, les gens de Toula n’ont pas besoin d’un dessin pour leur rappeler ce que c’est. Au musée historique de la ville, situé dans l’enceinte du kremlin, une affiche annonce une conférence sur le siège de la ville intitulée « A deux pas de la guerre ». Comment ne pas faire le rapprochement avec la situation internationale et la nouvelle ronde de sanctions qui pourraient nous amener « à deux doigts de la guerre » ? Le préposé au vestiaire, tout en prenant mon manteau, a lu dans mes pensées : « Mais qu’est-ce qu’ils nous veulent encore ? ». Les nouvelles sanctions infligées par l’Occident alimentent l’inquiétude, mais réveillent aussi un vieux sentiment de résistance. « Les sanctions sont bonnes pour nous. Elles nous apprennent à nous suffire à nous-mêmes et nous avons tout ce qu’il nous faut».
Il n’est pas difficile ici de croire à la menace réelle d’un conflit, qui pourrait se transformer en en affrontement planétaire. Les marques de la dernière guerre sont encore bien présentes. Dans la bucolique propriété de Tolstoï, à huit kilomètres de Toula, la guide nous montre sur des photos l’état dans lequel les Allemands ont laissé la bibliothèque du romancier et vieux pacifiste barbu, avant de battre en retraite.
Contraste : La démocratique et pacifique Europe cherche elle à se faire peur par des attaques imaginaires, sans penser une minute que des va-t-en-guerre jouent avec le feu. L’Angleterre avait déjà donné l’alerte en janvier dernier. Son nouveau ministre de la Défense Williamson avait déclaré dans une interview au Telegraph que la Russie espionnait son réseau de communication et prévenu des dangers d’une possible «agression russe» pouvant causer des milliers de morts. Mais cette fois-ci la presse n’y avait pas cru et le Daily Mail révélait que Williamson avait lancé ce bobard pour détourner l’attention et masquer le scandale d’une liaison extraconjugale qu’il avait eue en 2004 ! Aujourd’hui, le Secrétaire à la Défense remet ça et il n’a plus rien à cacher.
En 2016, le vénérable Chomsky nous avertissait : il est minuit moins trois, soit deux minutes de moins qu’au pire moment de la guerre froide. Une autre Cassandre américaine, le Professeur Stephen Cohen, continue de répéter à longueur de semaines sur la dernière petite chaîne de radio new yorkaise où on veut bien lui donner la parole, que la situation est bien plus dangereuse qu’au pire moment de la crise des missiles de Cuba. Faut-il le croire ? Ou au contraire, les jappements du caniche britannique face à la placidité de l’ours russe, ne font que trahir son impuissance ?
En 1935, Giraudoux écrivait « La Guerre de Troie n’aura pas lieu ». A quel acte en sommes–nous aujourd’hui ?
Jean-Marc
Toula, 3 avril 2018

source : http://lesakerfrancophone.fr/a-propos-de-la-russie-mal-aimee

LE MONDE LIBRE #2 : COMMENT STOPPER MACRON ? / THE FREE WORLD 2: HOW TO STOP MACRON?






Diffusé en direct le 21 mars 2018





Découvrez le nouveau numéro de l'émission #LeMondeLibre présenté par Aude Lancelin. Le thème de ce soir : "Comment stopper Macron ?" Nos Invités seront Daniel Labaronne, Monique Pinçon-Charlot, Nicolas Baverez, Henri Sterdyniak et Bérenger Cernon. Le Monde Libre est en accès libre grâce aux Socios, rejoignez-les ! https://www.lemediatv.fr/devenez-socio Abonnez-vous sur nos réseaux http://bit.ly/LeMedia_YouTube http://bit.ly/LeMedia_Twitter http://bit.ly/LeMedia_Facebook http://bit.ly/LeMedia_Instagram https://discord.gg/Yz9jekW Rejoignez nos Socios pour aider à sous titrer les programmes du Média : https://discord.gg/sTyuY37



mardi 10 avril 2018

Développement personnel : vidéos accessibles gratuitement du 12 au 23 avril

Bonjour,

Je m'intéresse au développement personnel comme un moyen parmi d'autres d'améliorer sa qualité de vie. 

Si des entreprises sincèrement tournées vers l'humain s'en emparent aussi, pourquoi pas. S'il s'agit d'une technique managériale destinée à augmenter le profit au détriment de l'humain, à chacun d'entre nous de la débusquer.   

Je ne pense pas que l'annonce suivante puisse être qualifiée de commercialement agressive. Je relaie donc ce message que les organisateurs  demandent de diffuser.

Christophe


Bonjour, Je viens de m'inscrire à une série de conférences gratuites et exclusives sur la thématique du Développement Personnel et de la Réussite qui va se dérouler sur 11 jours à compter du 12 Avril. 

Je t'encourage à t'y inscrire également, tu pourras ainsi accéder à une mine d'or en matière de conseils, outils et déclics pour avancer vers ce qui te fait vraiment envie dans la Vie... et tout ceci depuis chez toi car tout se déroule sur internet ! 
Ça serait super de t'y retrouver et ainsi échanger et avancer ensemble ! Rejoins le mouvement ;-) 

> Tu peux te pré-inscrire gratuitement en 5 secondes en suivant ce lien 

A bientôt, 
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... partagez et faites de la place dans votre agenda car si vous jouez le jeu, vous serez étonné du parcours que vous aurez fait en simplement 11 jours !

J'ai hâte d'y être !
 
Avec cœur,
Celine Martinez
Organisatrice du Sommet

«On se sent complètement trahi»: une zadiste sur l’évacuation qui «dépasse les cibles» / " We feel completely betrayed ": a zadiste on the evacuation which " exceed targets "

Bravo à ces courageuses personnes...


La Zad

© Sputnik.
FRANCE
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Alors que l'évacuation se poursuit à Notre-Dame-des-Landes, entre fumée, grenades lacrymogènes et heurts, Sputnik a interrogé Sarah, secouriste et zadiste, qui protège son lieu de vie malgré les expulsions émaillées de brutalités et malgré qu'elle se sente «complètement trahie» par l'État.
Des affrontements ont fait rage ces derniers jours sur les lieux où la police mène une évacuation de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, dans le département de la Loire-Atlantique. Dans un entretien à Sputnik, la secouriste Sarah, d'une équipe médicale sur place, explique quels sentiments règnent au cœur de cette opération d'expulsion «illégale».
«À l'heure qu'il est, on a entre 20 et 25 blessés, trois sérieux, un grave qui a été évacué. Les blessures sont causées principalement par des grenades offensives de désencerclement. Beaucoup d'éclats de caoutchouc font soit des éclats à l'intérieur du corps qu'il faut retirer ou non en fonction des lésions, soit des brûlures», constate-t-elle, évoquant aussi des tirs tendus de Flash-Ball et des projections de gaz lacrymogène «à hauteur du thorax ou de la tête ce qui est une pratique plutôt illégale en termes de maintien de l'ordre».
Elle raconte comment l'opération se déroulait: «Il y a un dispositif complètement surréaliste, il y a 2.500 gendarmes qui sont mobilisés qui quadrillent et qui tiennent certains secteurs de la zone. Ils avancent par étapes».
On observe par conséquent une dizaine de lieux de vie détruits, des lieux de vie dans lesquels il y avait des gens qui y vivaient depuis cinq, six, sept ou huit ans, poursuit-elle.
«Du coup, c'est beaucoup de douleur et de tristesse mais la journée d'aujourd'hui nous donne assez d'espoir. Hier soir, on a appris qu'il y a eu plus de 80 rassemblements à travers la France», se réjouit-elle d'un tel soutien, qui dépasse d'ailleurs les frontières françaises pour aller jusqu'au Mexique ou en Italie.
Et tout de même, les espérances des zadistes sont mitigées avec un tout autre sentiment car leurs discussions avec les autorités ne semblent pas porter de fruits:
«Effectivement, on est dans une situation où on se sent complètement trahi dans le sens où on a ouvert un dialogue avec l'État, on est en discussion pour savoir comment est-ce qu'on préserve ce territoire maintenant que l'aéroport est abandonné. L'aéroport est abandonné ce qui veut dire qu'on n'est plus dans l'urgence de savoir qu'est-ce qu'on fait, nous, ici.»
«On a ouvert le dialogue avec l'État pour savoir comment est-ce qu'on allait faire. La réponse à ce dialogue c'est une opération d'expulsion qui se disait ciblée mais qui visiblement dépasse les cibles», souligne-t-elle, souhaitant toujours protéger son lieu de vie.
source : https://fr.sputniknews.com/france/201804101035891604-zadiste-secouriste-entretien/

[Attaque chimique en Syrie] : Pierre Le Corf est-il medium ? / [ Chemical Attack in Syria]: is Pierre Le Corf medium?

mardi 10 avril 2018



Le 1er Mars 2018, je publiais sur la chaine Youtube du Blogue Noir de Brocéliande une vidéo de Pierre Le Corf dans laquelle il faisait une étonnante prédiction... (à 15'10")

Rappel : Le petit théâtre des terroristes :

Cette vidéo publiée à l'origine en septembre 2013 montre que des enfants syriens qui vivent dans des zones occupées par les "rebelles" sont formés par ces derniers pour agir comme s'ils avaient été frappés avec du gaz Sarin...
La vidéo originale a été publiée en septembre 2013 sur cette chaîne : https://youtu.be/rSYR6NoGkD0
Il s'agit d'une version raccourcie de cette vidéo. Il montre que des enfants syriens qui vivent dans des zones occupées par les "rebelles" sont formés par ces derniers pour agir comme s ils avaient été frappés avec du gaz Sarin, ils simulent des convulsions, ils clignent des yeux et ils font mine de déglutir une fausse mousse blanche appliquée sur leurs visages par les "instructeurs". A la fin de l'exercice, les enfants applaudissent et un homme en costume de Mickey vient les féliciter.

Tirez-en les conclusions que vous voudrez.

source : https://gaideclin.blogspot.be/2018/04/syrie-pierre-le-corf-est-il-medium.html

samedi 7 avril 2018

Ce mec a emprunté 500 000 euros avec la ferme intention de ne jamais les rembourser / This guy borrowed 500 000 euros with the firm intention to pay off them never

En 2008, le militant anticapitaliste Enric Durán a emprunté 492 000 € à 39 organismes de crédits différents. Il a tout reversé à des causes anticapitalistes.


En 2008, le militant anticapitaliste Enric Durán a emprunté 492 000 € à 39 organismes de crédits différents sans aucune intention de les rembourser. Mais –comme on peut s'y attendre de la part d'un militant anticapitaliste –, il n'a pas tout claqué dans des couteaux de cuisine en diamants et des frisbees de luxe. Au lieu de ça, il a reversé son fric à quelques causes anticapitalistes indéterminées et le reste à Crisi, un journal gratuit qui a détaillé sa façon de procéder et encouragé la population à faire pareil.
Ce geste hardi de Robin des Bois des temps modernes a fait de lui un héros du jour au lendemain. Mais le problème, quand on devient un héros en jouant avec la légalité, c'est que la police se fait une joie de vous coffrer. Enric a donc passé deux mois en prison en 2011 et a été relâché en attendant son procès, qui s'est tenu le mois dernier. Au minimum, il risquait 8 ans en cage, ce qui explique sûrement pourquoi il a refusé d'assister aux premières convocations. Un mandat d'arrêt a donc été émis à son encontre.
Ça faisait deux ans que j'essayais d'interviewer Enric, mais – que les 14 organismes de crédit qui essayent de l'envoyer en prison pour détournement de fonds en témoignent – c'est un mec sur lequel il est assez difficile de mettre la main. Après d'innombrables emails, nous sommes convenus d'un entretien Skype. Qui a été repoussé de trois heures, mais j'imagine que quand on essaie de mettre en œuvre le renversement complet du système capitaliste, on évolue dans un espace-temps différent. Quand on a enfin réussi à discuter, on a parlé d'enculer les banques, de la théorie de la désobéissance civile et de son dernier projet : créer une ville complètement autonome dans la banlieue de Barcelone.


Enric avec un exemplaire de son journal, Crisi
VICE : Hey Enric, qu'est-ce qui s'est passé exactement avec ton procès ?
Enric Durán : 
La Cour a accepté la démission de mon avocat le 13 février et m'a demandé de revenir le 18, ce que je n'ai pas fait. Aujourd'hui, ce n'est pas très clair. Je ne sais pas s'ils veulent porter l'affaire plus loin parce que je n'ai toujours pas de nouvel avocat, donc continuer serait aller contre mes droits.
Je vois. Revenons au début. Tu es activiste depuis 2000. Comment est-ce que tu t'es intéressé au système financier ?Revenons plutôt à l'époque ou j'ai rejoint le mouvement antimondialisation. En 2005, j'avais commencé à lire un tas de trucs sur la crise de l'énergie, qui était liée au système financier. J'ai réalisé que non seulement ce système était indésirable, mais que ça ne pouvait tout simplement plus continuer comme ça. C'est ce qui a fait naître en moi cette idée d'acte de désobéissance – récupérer l'argent des banques pour l'investir dans des projets anticapitalistes.
Contracter tous ces emprunts était une manière de démontrer comment il est possible de tirer avantage du système ?Il y avait plusieurs idées derrière, mais deux objectifs principaux. L'un était de dénoncer le système financier comme quelque chose d'insoutenable, le second était de montrer que l'on pouvait être désobéissants, courageux, et que l'on pouvait se responsabiliser. Quand j'ai commencé tout ça, j'étais inspiré par des personnages historiques comme Gandhi, et je pensais qu'il était important de porter des actions comme les siennes au XXIe siècle. Nous voulions utiliser l'argent pour un projet qui prouverait que le capitalisme n'était pas la seule voie possible.


Enric devant le tribunal
Comment tu as fait pour emprunter autant de fric ?C'était entre l'été 2005 et le printemps 2008 – il y a à peu près 3 ans, donc. Je me suis renseigné sur les rouages du système d'emprunts, sur les informations que requéraient les banques avant d'accorder un prêt. J'ai appris à exploiter les failles du système. Au début, pour trois demandes que je faisais, j'obtenais un prêt. À la fin, j'en obtenais neuf pour dix demandes. Je suis devenu super efficace. Par exemple, la Banque d'Espagne communique les informations sur les prêts aux autres banques mais seulement pour les prêts supérieurs à 6 000 €. Du coup, je n'ai demandé que des prêts inférieurs à ce montant pendant deux ans, et je transférais systématiquement l'argent pour ne pas que la Banque d'Espagne me grille en contrôlant mes comptes.
Est-ce qu'il y a eu un moment où tu t'es dit : « Putain de merde, j'ai quand même un sacré paquet de fric » ? Ou est-ce que tu investissais tout, tout de suite ?
L'argent était tout de suite investi. Je n'ai jamais eu plus de 50 000 € en même temps. Tout était toujours distribué à différents projets.
Tu n'as révélé aucun des projets dans lesquels tu avais investi, mais sais-tu si l'un d'eux a des problèmes suite à un de tes « dons » ?Pas du tout. En fait, il apparaît que les banques se foutent royalement de savoir où l'argent est passé. Elles n'ont jamais fait aucune enquête et, comme c'était un acte politique, ils voulaient juste me réprimander moi. Ils ne voulaient pas rendre ça plus gros que ça ne l'était déjà.
Tu publies ton propre journal, Crisi. Pourquoi tu n'as pas utilisé les médias traditionnels pour se faire l'écho de ton combat ?J'ai passé pas mal de temps à me demander comment j'allais rendre l'histoire publique. Je voulais qu'elle touche le plus de monde possible, mais j'avais peur des représailles. Donc on a décidé d'utiliser une partie de l'argent pour imprimer le journal, et je pense que c'est l'une des meilleures décisions qu'on ait prises. Les médias ont compris que ce journal était distribué dans la rue, ils ne voulaient pas passer à côté d'un sujet, donc au final, publier notre propre journal nous a aidés à diffuser notre message dans la presse mainstream.


Si tu devais réussir la mission que tu t'es fixée, quelles seraient les conséquences ? À quoi ressemblerait le monde ?

Plein de gens l'ont déjà fait par accident ; ne pas payer ses dettes est une des causes principales du récent effondrement du système financier. Bon, il ne s'agissait pas vraiment de petits crédits et d'hypothèques privées mais de grosses constructions, de sociétés immobilières qui ne pouvaient pas payer leurs dettes et qui ont fait faillite. Il est peu probable qu'on arrive à dessein à provoquer cet effondrement, mais la chose importante à retenir c'est que de petits changements, des petites décisions peuvent quand même rendre le monde meilleur.
Tu dis souvent : « Je préfère une liberté dangereuse à une servitude paisible. » Tu milites pour la désobéissance civile, en somme.
Ouais, tout repose sur ce que tu penses être juste. Il faut agir en son âme et conscience pour faire du mieux qu'on peut, même s'il y a une autorité pour nous dire de faire autrement. Il serait intéressant de lancer un débat sur l'efficacité du système et sur la manière dont le système judiciaire fonctionne. C'est un système prison qui ne vient en aide à personne – ni les victimes, encore moins les prisonniers ou le gouvernement, qui doivent payer pour tout. C'est le moment de tout repenser et de créer quelque chose de nouveau, non ?
J'ai l'impression que t'es une espèce de cobaye kamikaze qui essaye de démembrer le système et de voir si un système alternatif peut fonctionner.
L'objectif principal est de construire un autre système en repartant de rien. Un système ouvert que personne ne t'oblige à rejoindre. Nous pouvons tout revoir avec cette liberté et décider comment nous voulons que le système de santé, l'éducation, l'économie et tout le reste fonctionnent. Nous l'avons déjà mis en pratique à travers la Coopérative intégrale catalane (CIC) et d'autres projets.


Le QG de la Coopérative intégrale catalane
Ouais, parle-moi de la CIC.
C'est une assemblée où nous avons construit une économie commune, organisé la consommation, couvert les besoins, organisé tout le travail et établi des relations financières afin de soutenir de nouveaux projets de production. Nous avons une infrastructure pour couvrir la santé, les besoins alimentaires de base, les transports, l'énergie – toutes les bases. L'idée principale, c'est que la coopérative se fonde sur l'autonomie. Nous avons besoin de profonds changements dans les relations humaines, de plus de confiance entre les gens. Une révolution intégrale, ça ne consiste pas uniquement à changer le système économique, mais à tout changer, à changer l'être humain. Nous souhaitons changer chaque aspect de la vie.
Tu souhaites un jour fonder un parti politique pour soutenir tes idées ?
Le gros problème, ici, c'est que le concept de parti politique est en contradiction avec l'esprit d'assemblée. L'assemblée est un processus ouvert qui fonctionne par consensus. Le concept du parti politique, lui, est basé sur la confrontation.
source : https://www.vice.com/fr/article/4wz3kd/eric-duran-le-robin-des-bois-catalan

dimanche 1 avril 2018

"Survivalisme : Préjugés & Réalité" VOL WEST / Gilles LARTIGOT / " Survivalisme: Prejudices and Reality " VOL WEST / Gilles LARTIGOT


Effectivement, la recherche d'autonomie (solidaire) et de cohérence fait peur au système


Bonus... Solo Guitare Eddie Van Halen : Eruption

Israël a assassiné 17 Palestiniens à Gaza lors de la « Marche du Retour », près de 1500 blessés / Israel murdered 17 Palestinians in Gaza during the " Marche walking of Return ", about 1500 wounded persons

source : http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2018/03/31/gaza-rassemblements-dans-plusieurs-villes-de-france/


Un massacreDepuis le 30 mars dernier, l'état d'Israel a assassiné 17 Palestiniens et en a blessé près de 1500,  lors de la "marche pour le retour", qui va durer 15 jours.
Cette marche est non violente, et les soldats israéliens ont tirés à balles réelles sur une foule désarmée, qui manifestait pour le droit au retour des réfugiés palestiniens, ses droits fondamentaux, pour sa dignité et sa liberté. 
L'une des victimes, l'artiste palestinien Mohamed Naim Abu Amr, âgé de 27 ans, a été assassiné par les forces d'occupation israéliennes le 30 mars 2018. Il écrivait la veille de sa mort sur la plage de Gaza : "Je retournerai dans mon village."  Voir à ce sujet cet article sur le site de l'Agence.
Le Nouvel Observateur,  dans cet article publié aujourd'hui, mentionne une vidéo montrant l'un d'entre eux se faire tuer d'une balle dans le dos par l'armée israélienne.
La "Marche du Retour" est liée à la Journée de la Terre, que les Palestiniens du monde entier commémorent depuis que les forces de sécurité israéliennes, en 1976, ont assassinés six Palestiniens d'Israël qui protestaient contre l’expropriation de terres arabes dans le nord d’Israël en vue d’y installer des localités juives. Lors de la manifestation qui avait eu lieu le 30 mars de cette année-là, il y avait également eu plusieurs centaines de blessés.
Lire également à ce sujet cet article publié dans le Monde publié le 31 mars dernier:
Voir les premières déclarations/ communiqué de partis politiques/associations suite à ce massacre sur le site de l'Agence:

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L’UE finance l’industrie de guerre 


d’Israël

 • 4 h 24 min
David Cronin – 29 mars 2018 – The Electronic Intifada
L’Union européenne finance les fabricants des drones utilisés par Israël pour provoquer des destructions massives dans Gaza. Ezz Zanoun APA/Images
La propagande ne se déroule pas toujours comme prévu. L’armée israélienne a choisi en début de mois de retirer une vidéo de Facebook qui la présentait comme une organisation féministe.
Certains sionistes moins libéraux avaient été contrariés par le message implicite de la vidéo selon lequel les femmes soldats sont tout aussi capables de tuer les Palestiniens que leurs collègues masculins. Israël a la chance que ses principaux partenaires soient indifférents devant de telles prises de bec embarrassantes.
Emanuele Giaufret, l’ambassadeur de l’Union européenne à Tel Aviv, fait partie de ces partenaires. Il a de quoi s’occuper avec le soutien aux Israéliens qui bénéficient des subventions scientifiques de l’UE. Lors d’une récente réception, Giaufret a loué les entreprises et institutions israéliennes pour leurs « idées incroyables ». Il y a aussi promu un court métrage sur les « projets de collaboration » entre l’UE et Israël. Le film montre un représentant d’Israel Aerospaces Industries (IAI – une entreprise de construction aéronautique israélienne). Ce qui n’est pas dit aux spectateurs, c’est qu’IAI est aussi un fabricant d’armes. À la place, ils apprennent que cette firme est en train de développer l’avion de l’avenir.
Israel Aerospace Industries – une entreprise propriété de l’État – a fabriqué le drone Heron, celui qui a été utilisé dans les agressions contre Gaza. La société semble considérer cela comme un argument de vente. Les brochures sur le Heron le présentent comme « ayant fait ses preuves au combat ».
Effrayant
Les bureaucrates de Bruxelles n’ont pas été perturbés par cet affreux euphémisme. Ils ont donné leur accord à la participation d’IAI à Horizon 2020, le dernier programme de recherche de l’UE. Au moins l’une des subventions que l’entreprise a perçues grâce à ce programme est destinée aux travaux sur la technologie des drones. D’autres subventions sont affectées à la recherche sur les moteurs et la fabrication d’avions et d’hélicoptères légers. Les activités scientifiques de l’UE sont censées être civiles. Pourtant, les représentants de l’UE ont précédemment admis que rien n’empêchait que les fruits de la recherche qu’ils supervisent soient utilisés à d’autres fins.
Cela indique que l’UE aide Israël à fabriquer plus d’armes meurtrières qu’il n’en possède à ce jour.
Israel Aerospace Industries n’est pas une petite société familiale qui aurait besoin d’être lancée par les contribuables de l’UE. À la fin de l’année dernière, son carnet de commandes dépassait les 11 millions de dollars. L’une des divisions les plus rentables de l’IAI s’appelle Elta Systems. Cette entreprise a récemment été sélectionnée par l’Administration Trump pour construire un prototype pour le mur prévu le long de la frontière des États-Unis avec le Mexique.
Les systèmes de radars développés par Elta ont connu ce que les marchands d’armes appellent leurs débuts opérationnels lors de l’agression de 2014 contre Gaza. Ces radars permettent apparemment d’identifier de multiples cibles simultanément. Comme l’agression de 2014 a causé des morts et des destructions massives sur les civils et les infrastructures civiles, cela veut dire qu’Elta a apporté une contribution importante aux crimes contre l’humanité commis par Israël. Et cela n’a pas empêché l’Union européenne d’accorder à Elta un certain nombre de subventions scientifiques.
Une complicité cruelle
Israël est un expert pour obtenir des fonds de l’UE. Il a déjà soutiré plus de 530 millions de dollars à Horizon 2020. Comme ce programme de sept ans court jusqu’à la fin de la décennie, le montant final de ce qu’Israël aura perçu sera inévitablement beaucoup plus élevé. Les diplomates de l’UE ont esquivé certaines questions vitales : les « idées incroyables » qui excitent Emanuele Giaufret sont souvent façonnées ou influencées par l’armée israélienne.
Mellanox, par exemple, est une affaire lucrative qui se consacre à l’accélération du transfert de données via Internet. Son directeur général, Eyal Waldman, s’est vanté d’avoir servi dans la Brigade d’ « élite » Golani – une unité de l’armée israélienne. Sa formation avec cette brigade a permis à son entreprise « de tuer avec une seule balle, au lieu des cinq ou cent de nos concurrents » a-t-il dit. Le fait qu’il s’exprime par métaphores ne change rien à la façon dont Israël a tourné son occupation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza – une occupation dans laquelle la Brigade Golani a joué un rôle de premier plan – à son avantage dans cette compétition.
Un secteur technologique florissant a été créé en grande partie parce que l’occupation offre de nombreuses opportunités pour tester les innovations. En distribuant des subventions à des sociétés comme Mellanox, l’UE encourage le militarisme israélien. Par le biais de ses programmes de recherche, l’UE accorde aussi des millions à Elbit Systems, une des plus importantes usines d’armements d’Israël qui fabrique des bombes à fragmentation interdites à l’échelle internationale.
D’autres participants à Horizon 2020 ont l’armée israélienne dans la liste de leurs clients. Notamment IsraTeam, un cabinet-conseil impliqué dans le projet financé par l’UE pour la recherche sur le « terrorisme » et le crime organisé. Israël se sert du mot « terrorisme » comme d’un terme général pour désigner la résistance à son comportement oppressif. Ce faisant, il s’en tire à bon compte de ses violations grotesques des droits humains, et notamment de son usage habituel de la torture.
Les fournisseurs d’armes et de services à l’armée d’Israël mènent des expériences cruelles contre les Palestiniens. Inviter ces fournisseurs à ses programmes scientifiques est un moyen important que l’UE utilise de manière complice et avec cruauté.
 David Cronin est rédacteur en chef adjoint de The Electronic Intifada. Son dernier livre : « L’ombre de Balfour : un siècle de soutien britannique au sionisme et à Israël » (Pluto, 2017)

Source : The Electronic Intifada
Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

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