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"Il n'existe rien de constant si ce n'est le changement" BOUDDHA; Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots." MARTIN LUTHER-KING; "Veux-tu apprendre à bien vivre, apprends auparavant à bien mourir." CONFUCIUS ; « Nous savons qu’ils mentent, ils savent aussi qu’ils mentent, ils savent que nous savons qu’ils mentent, nous savons aussi qu’ils savent que nous savons, et pourtant ils continuent à mentir ». SOLJENITSYNE
samedi 28 mars 2020
La crise du coronavirus vue par le média Antipresse : voir au-delà de l'épidémie
Dominique Bourg à propos du coronavirus : par rapport à ce qui nous attend avec le climat, c'est peanuts !
"On ne veut réagir que lorsqu'on est confrontés à des enjeux immédiats ce qui par rapport aux questions écologiques n'a aucun sens (...) en 2040 (...) dans les tropiques (...) on aura déjà plusieurs journées où la température et l'humidité sont telles qu'on ne peut plus évacuer la chaleur de notre corps et donc en 7 à 8 min on meurt quel que soit son état de santé "
Nous disposons d'un moment exceptionnel pour amorcer des politiques de transition qui rompent avec des politiques néolibérales d'une stupidité sans nom.
Retour du souverainisme, retour des quotas.
vendredi 27 mars 2020
Boris Cyrulnik: «Après l'épidémie, il y aura une explosion de relations»
Confiné dans sa maison au bord de la mer, près de Toulon, le psychiatre français Boris Cyrulnik, 82 ans, l’inventeur du concept de résilience, analyse l’épidémie qui frappe le monde entier. Une crise effrayante qui pourrait toutefois, selon lui, amener un nouveau souffle d’humanité et d’amour romantique. Interview par téléphone.
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- Avec ce coronavirus, l’humanité renoue avec les grandes peurs du passé. C’est le retour de l’angoisse existentielle?
- Boris Cyrulnik: Ce n’est pas une angoisse, c’est une vraie peur. La peur a un objet: c’est un lion, c’est un ennemi, c’est le volcan qui explose. L’angoisse, c’est une sensation: c’est la sensation que la mort va arriver, mais qu’on ne sait pas d’où. Cette fois, on a un ennemi invisible. Pour les scientifiques, le coronavirus est une peur ciblée, en l’occurrence un virus comme il y en a eu beaucoup au Moyen Age, comme le bacille du choléra ou de la peste noire. Mais pour les citoyens qui visualisent mal ce qu’est un virus, c’est sans doute une peur plus diffuse, voire une angoisse, car ils ne savent pas d’où la mort va venir.
- Boris Cyrulnik: Ce n’est pas une angoisse, c’est une vraie peur. La peur a un objet: c’est un lion, c’est un ennemi, c’est le volcan qui explose. L’angoisse, c’est une sensation: c’est la sensation que la mort va arriver, mais qu’on ne sait pas d’où. Cette fois, on a un ennemi invisible. Pour les scientifiques, le coronavirus est une peur ciblée, en l’occurrence un virus comme il y en a eu beaucoup au Moyen Age, comme le bacille du choléra ou de la peste noire. Mais pour les citoyens qui visualisent mal ce qu’est un virus, c’est sans doute une peur plus diffuse, voire une angoisse, car ils ne savent pas d’où la mort va venir.
- Ce virus, c’est le retour de la peste?
- Oui, c’est exactement cela! Quand la peste est arrivée à Marseille, en 1348, les gens ne savaient pas pourquoi ils avaient le choléra et pourquoi ils mouraient. Ils ne savaient pas que c’était un bacille qui les faisait mourir. Pour eux, c’était quelque chose d’inconnu, ils voyaient la mort sans en connaître l’origine. Donc ils fuyaient Marseille, ils montaient vers le nord et, parmi eux, certains transportaient le choléra. Résultat: deux ans après, en 1350, un Européen sur deux était mort.
- Oui, c’est exactement cela! Quand la peste est arrivée à Marseille, en 1348, les gens ne savaient pas pourquoi ils avaient le choléra et pourquoi ils mouraient. Ils ne savaient pas que c’était un bacille qui les faisait mourir. Pour eux, c’était quelque chose d’inconnu, ils voyaient la mort sans en connaître l’origine. Donc ils fuyaient Marseille, ils montaient vers le nord et, parmi eux, certains transportaient le choléra. Résultat: deux ans après, en 1350, un Européen sur deux était mort.
- Partir le plus vite et le plus loin possible, c’est un réflexe de survie?
- C’est la réaction de panique, la réponse instinctive à la peur de la mort. Mais les scientifiques le disent aujourd’hui: surtout, ne vous déplacez pas.
- C’est la réaction de panique, la réponse instinctive à la peur de la mort. Mais les scientifiques le disent aujourd’hui: surtout, ne vous déplacez pas.
- L’humanité se redécouvre soudain terriblement vulnérable.
- La modernité nous rend de plus en plus vulnérables. Elle améliore les conditions matérielles, mais elle crée des problèmes qu’on ne contrôle pas. C’est vrai par exemple pour les écrans, qui améliorent incroyablement notre communication, mais qui détruisent nos relations affectives et notre psychisme. C’est vrai pour l’espérance de vie, qui augmente grâce à nos progrès techniques, alors que les maladies dégénératives, les cancers, les infarctus augmentent sans cesse. Le coronavirus est un nouveau signe de notre vulnérabilité.
- La modernité nous rend de plus en plus vulnérables. Elle améliore les conditions matérielles, mais elle crée des problèmes qu’on ne contrôle pas. C’est vrai par exemple pour les écrans, qui améliorent incroyablement notre communication, mais qui détruisent nos relations affectives et notre psychisme. C’est vrai pour l’espérance de vie, qui augmente grâce à nos progrès techniques, alors que les maladies dégénératives, les cancers, les infarctus augmentent sans cesse. Le coronavirus est un nouveau signe de notre vulnérabilité.
- Comment va-t-on vivre le confinement? Comme un emprisonnement ou comme des vacances bienvenues?
- Au début, les premiers jours, ça va être une pause, mais au bout de quelques jours, le confinement, ça va être l’ennui. Et l’ennui, on va chercher à le rompre par tous les moyens, par les écrans, par le téléphone, par des créations inattendues. On commence déjà à voir des gens qui proposent des solidarités, qui offrent de faire les courses pour des personnes âgées ou de sortir le chien, on voit déjà se mettre en place des mécanismes d’entraide pour lutter à la fois contre l’ennui et contre ce danger invisible qu’est le virus.
- Au début, les premiers jours, ça va être une pause, mais au bout de quelques jours, le confinement, ça va être l’ennui. Et l’ennui, on va chercher à le rompre par tous les moyens, par les écrans, par le téléphone, par des créations inattendues. On commence déjà à voir des gens qui proposent des solidarités, qui offrent de faire les courses pour des personnes âgées ou de sortir le chien, on voit déjà se mettre en place des mécanismes d’entraide pour lutter à la fois contre l’ennui et contre ce danger invisible qu’est le virus.
>> Voir notre liste des initiatives d'entraide et solidarité de proximité

DIDIER MARTENET
- La société évolue vers davantage de solidarité ou de chacun pour soi?
- Lors de chaque crise, que ce soit une crise naturelle – incendie, inondation, épidémie – ou une crise culturelle – effondrement économique, guerre –, on assiste à un changement de culture. C’est ce qui va aussi se passer dans quelques semaines, après beaucoup d’ennui, après beaucoup de morts, beaucoup de ruines, beaucoup de souffrances. De nombreuses entreprises vont être ruinées, les librairies, par exemple, ont déjà toutes fermé. Amazon vient de créer 100 000 emplois, surpayés. Quand le virus sera fini, un grand nombre de ces librairies ruinées, avec des milliers d’employés au chômage, ne vont pas pouvoir rouvrir. Ce sera la même chose dans tous les domaines.
- Lors de chaque crise, que ce soit une crise naturelle – incendie, inondation, épidémie – ou une crise culturelle – effondrement économique, guerre –, on assiste à un changement de culture. C’est ce qui va aussi se passer dans quelques semaines, après beaucoup d’ennui, après beaucoup de morts, beaucoup de ruines, beaucoup de souffrances. De nombreuses entreprises vont être ruinées, les librairies, par exemple, ont déjà toutes fermé. Amazon vient de créer 100 000 emplois, surpayés. Quand le virus sera fini, un grand nombre de ces librairies ruinées, avec des milliers d’employés au chômage, ne vont pas pouvoir rouvrir. Ce sera la même chose dans tous les domaines.
- Après l’épidémie, la société sera abattue ou fortifiée par l’épreuve?
- Cela dépendra du résultat de l’épidémie. Si l’on s’est bien confinés, il n’y aura que – je ne sais pas, je vais inventer un chiffre – 20 000 ou 100 000 morts, mais si l’on s’est mal confinés, il y aura des millions de morts. Dans les deux cas, on va être touchés par le malheur qui arrive aux autres et on inventera finalement une nouvelle culture, plus humaine et plus respectueuse.
- Cela dépendra du résultat de l’épidémie. Si l’on s’est bien confinés, il n’y aura que – je ne sais pas, je vais inventer un chiffre – 20 000 ou 100 000 morts, mais si l’on s’est mal confinés, il y aura des millions de morts. Dans les deux cas, on va être touchés par le malheur qui arrive aux autres et on inventera finalement une nouvelle culture, plus humaine et plus respectueuse.
>> Lire une autre interview de Boris Cyrulnik: «L'apocalypse nous fait vivre»
- Le confinement est liberticide: avoir un permis pour sortir dans la rue, c’est monstrueux!
- Je pense que la contrainte est sécurisante, c’est l’inconnu qui est angoissant. On dit aux gens: «Si vous sortez avec un permis, si vous restez chez vous, si vous vous lavez les mains, si vous éternuez dans votre coude, etc., vous augmentez vos chances de survie.» On leur donne un code de survie. Les gens vont s’appliquer à le respecter et ça va créer en eux l’espoir de survie. On voit que dans les sociétés libres et faciles, comme les sociétés européennes, il y a beaucoup de suicides, parce que les gens n’ont plus de code. L’interdit est une structure affective sécurisante, l’interdit n’est pas l’empêchement. L’empêchement, c’est la dictature, où l’on n’a le droit de rien faire.
- Je pense que la contrainte est sécurisante, c’est l’inconnu qui est angoissant. On dit aux gens: «Si vous sortez avec un permis, si vous restez chez vous, si vous vous lavez les mains, si vous éternuez dans votre coude, etc., vous augmentez vos chances de survie.» On leur donne un code de survie. Les gens vont s’appliquer à le respecter et ça va créer en eux l’espoir de survie. On voit que dans les sociétés libres et faciles, comme les sociétés européennes, il y a beaucoup de suicides, parce que les gens n’ont plus de code. L’interdit est une structure affective sécurisante, l’interdit n’est pas l’empêchement. L’empêchement, c’est la dictature, où l’on n’a le droit de rien faire.
- Le confinement est quand même une prison.
- Oui, mais on est obligés de le faire. De toute façon, nos sociétés sont devenues anxieuses parce qu’il n’y a plus assez de règles pour vivre ensemble et que l’individualisme s’est développé de manière extrême. Donc on a vu réapparaître la violence sous toutes ses formes, la violence des viols, la violence entre les bandes, la violence gratuite. Quand je travaillais comme psychiatre praticien, j’avais beaucoup de gamins très délinquants qui se bagarraient tout le temps, qui volaient, qui ne respectaient rien et qui étaient très malheureux. A côté de La Seyne-sur-Mer, où j’habite, près de Toulon, il y avait la Légion étrangère. Ces jeunes étaient tellement malheureux que, très souvent, ils s’engageaient soit dans l’armée, soit dans la police, soit dans la Légion étrangère. Dans la Légion étrangère, il y a un code que je trouve d’une férocité incroyable. Eh bien, ces gars-là étaient sécurisés par ce code féroce. Ils acceptaient ce code, ils étaient heureux et quand ils prenaient leur retraite – à la Légion, c’est vers 32 ou 33 ans –, ils se remettaient alors à déprimer et à se suicider.
- Oui, mais on est obligés de le faire. De toute façon, nos sociétés sont devenues anxieuses parce qu’il n’y a plus assez de règles pour vivre ensemble et que l’individualisme s’est développé de manière extrême. Donc on a vu réapparaître la violence sous toutes ses formes, la violence des viols, la violence entre les bandes, la violence gratuite. Quand je travaillais comme psychiatre praticien, j’avais beaucoup de gamins très délinquants qui se bagarraient tout le temps, qui volaient, qui ne respectaient rien et qui étaient très malheureux. A côté de La Seyne-sur-Mer, où j’habite, près de Toulon, il y avait la Légion étrangère. Ces jeunes étaient tellement malheureux que, très souvent, ils s’engageaient soit dans l’armée, soit dans la police, soit dans la Légion étrangère. Dans la Légion étrangère, il y a un code que je trouve d’une férocité incroyable. Eh bien, ces gars-là étaient sécurisés par ce code féroce. Ils acceptaient ce code, ils étaient heureux et quand ils prenaient leur retraite – à la Légion, c’est vers 32 ou 33 ans –, ils se remettaient alors à déprimer et à se suicider.
- Le plus dur dans le confinement, c’est l’absence de contacts humains?

DIDIER MARTENET
- Bien sûr, mais on avait déjà de moins en moins de contacts humains avant l’épidémie.
L’écran, qui améliore la communication, altère les relations humaines. Quand on communique par écran ou par SMS, comme le font les jeunes, la relation humaine se dégrade, elle s’abîme. J’ai vu que 40% des adolescents ne répondent pas au téléphone quand ils voient que ce sont leurs parents qui les appellent, mais ils disent qu’ils aiment leurs parents. Ils les aiment, mais il n’y a plus de relations avec eux. Je pense qu’après l’épidémie, il va y avoir une explosion de relations, d’associations, de lieux de dialogue.
- Pour supporter le confinement, les Italiens chantent sur leur balcon. C’est une bonne réponse?
- Pendant les épidémies du Moyen Age, 1348, 1720, il y avait différentes réactions. Il y avait ceux qui, en mourant, remerciaient Dieu. Après le tremblement de terre à Haïti, en 2010, j’ai encore vu des processions, des gens habillés en blanc avec des flambeaux, qui chantaient: «Merci mon Dieu de nous avoir envoyé le tremblement de terre pour nous faire comprendre qu’on ne te vénérait pas assez. Grâce à cette tragédie, on va t’aimer encore davantage.» Deux cent cinquante mille morts en une minute, merci mon Dieu! Et il y a aussi d’autres types de réactions que l’on a observées dans l’histoire, comme ces gens qui, pendant les épidémies de peste en Provence, faisaient des bacchanales, se saoulaient, avaient des relations sexuelles sans frein, dansaient avant de mourir. On a eu la même chose au moment de la Terreur, pendant la Révolution française, où il y avait tellement de gens qui attendaient la mort qu’on avait des relations sexuelles n’importe où et avec n’importe qui.
- Comme on ne peut plus sortir de chez soi, ça va créer plutôt une misère sexuelle.
- Pour l’instant, oui, mais ça va créer aussi un besoin sexuel plus large et ça va réanimer une forme de rêve sexuel. Le confinement va provoquer un rêve d’attachement et non plus une sexualité débridée. La sexualité va redevenir romantique, alors que depuis quelques années, c’était une sexualité de tromblon, une sexualité qui avait perdu tout cet aspect de tendresse. On va redécouvrir l’attachement, le prince charmant, la femme de ses rêves… Et quand tout va redémarrer, on va redécouvrir les liens d’affection dans les couples et dans les familles.
- Pour l’instant, oui, mais ça va créer aussi un besoin sexuel plus large et ça va réanimer une forme de rêve sexuel. Le confinement va provoquer un rêve d’attachement et non plus une sexualité débridée. La sexualité va redevenir romantique, alors que depuis quelques années, c’était une sexualité de tromblon, une sexualité qui avait perdu tout cet aspect de tendresse. On va redécouvrir l’attachement, le prince charmant, la femme de ses rêves… Et quand tout va redémarrer, on va redécouvrir les liens d’affection dans les couples et dans les familles.
- Pour un couple contraint de vivre ensemble 24 heures sur 24, ça peut stimuler la sexualité?
- Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il y avait le couvre-feu, mais c’était uniquement pendant la nuit, à partir de 18 heures. Les gens sortaient pendant la journée pour aller chercher à manger, mais ils étaient obligés de rester enfermés le soir, il n’y avait pas ou très peu de radios, pas de télévision. Les gens avaient probablement une sexualité bourgeoise, ce n’était pas une sexualité d’aventure mais de tendresse.
- Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il y avait le couvre-feu, mais c’était uniquement pendant la nuit, à partir de 18 heures. Les gens sortaient pendant la journée pour aller chercher à manger, mais ils étaient obligés de rester enfermés le soir, il n’y avait pas ou très peu de radios, pas de télévision. Les gens avaient probablement une sexualité bourgeoise, ce n’était pas une sexualité d’aventure mais de tendresse.
- Certaines études prévoient un baby-boom dans neuf mois.
- C’est vraisemblable, c’est déjà arrivé dans des circonstances comparables. Quand il y a eu des pannes d’électricité géantes aux Etats-Unis pendant plusieurs jours, neuf mois après, il y a eu un pic de naissances.
- C’est vraisemblable, c’est déjà arrivé dans des circonstances comparables. Quand il y a eu des pannes d’électricité géantes aux Etats-Unis pendant plusieurs jours, neuf mois après, il y a eu un pic de naissances.
- Sur le plan familial, le confinement va apaiser ou aggraver les tensions?
- Ça va développer l’attachement. C’est toujours le même principe: quand l’environnement est dangereux, la famille redevient le havre de la protection.
- Ça va développer l’attachement. C’est toujours le même principe: quand l’environnement est dangereux, la famille redevient le havre de la protection.
- Comment tenir cloîtré à la maison?
- Chaque personne trouvera son truc. La guitare, les jeux de société, la lecture, la musique, l’écriture… Chacun va trouver son mécanisme de défense et y prendre un certain plaisir, parce que l’ennui est un très bon stimulant de la créativité.
- Chaque personne trouvera son truc. La guitare, les jeux de société, la lecture, la musique, l’écriture… Chacun va trouver son mécanisme de défense et y prendre un certain plaisir, parce que l’ennui est un très bon stimulant de la créativité.
- Est-ce qu’il y a un plaisir civique à savoir qu’on partage les mêmes difficultés que les autres?

DR
- Oui, ça fait partie des liens de solidarité. Au début des guerres, les gens sont très solidarisés par le fait d’avoir un ennemi commun. Au début de la guerre de 1914, comme de la guerre de 1939, les Français se solidarisaient dans la haine des Boches. Ça n’a pas duré longtemps, mais au début ça a solidarisé l’amour des Français. Il y avait des chansons: «On les aura, on les aura.» Mais quand la guerre a éclaté, c’est le réel qui s’est imposé et là, c’était la catastrophe.
- Dans son discours, la semaine dernière, Emmanuel Macron a dit six fois: «Nous sommes en guerre». Ce genre de discours martial fait du bien?
- Ah oui, parce que ça incite les gens à s’unir. Macron a tout à fait raison, on est en guerre contre le virus. Et pour gagner la guerre, il y a donc ces consignes de confinement qui marchent, puisque les Chinois les ont utilisées et qu’après deux mois, la courbe des malades commence à redescendre chez eux.
- Ah oui, parce que ça incite les gens à s’unir. Macron a tout à fait raison, on est en guerre contre le virus. Et pour gagner la guerre, il y a donc ces consignes de confinement qui marchent, puisque les Chinois les ont utilisées et qu’après deux mois, la courbe des malades commence à redescendre chez eux.
- En Angleterre, il n’y a pas de confinement, les pubs, les restos, les théâtres sont ouverts.
- On saura dans quelques mois quelle était la bonne approche. S’il y a moins de morts en Angleterre qu’en Europe, ce sera la preuve qu’on aura eu tort de faire le confinement. Mais s’il y a plus de morts en Angleterre que dans le reste du monde, eh bien, c’est que Boris Johnson aura été un criminel.
- On saura dans quelques mois quelle était la bonne approche. S’il y a moins de morts en Angleterre qu’en Europe, ce sera la preuve qu’on aura eu tort de faire le confinement. Mais s’il y a plus de morts en Angleterre que dans le reste du monde, eh bien, c’est que Boris Johnson aura été un criminel.
- Il va se retrouver au Tribunal de La Haye?
- J’espère, c’est ce qui l’attend.
- J’espère, c’est ce qui l’attend.
- Vous-même, comment vivez-vous le confinement?
- Le confinement va me libérer des innombrables voyages que j’avais prévus, des innombrables conférences que je devais donner et, du coup, je vais avoir davantage de temps pour la lecture et pour l’écriture. Et comme j’ai un jardin, eh bien, je vais jardiner encore plus.
- Le confinement va me libérer des innombrables voyages que j’avais prévus, des innombrables conférences que je devais donner et, du coup, je vais avoir davantage de temps pour la lecture et pour l’écriture. Et comme j’ai un jardin, eh bien, je vais jardiner encore plus.
>> Lire aussi: «Huit personnalités romandes racontent leur confinement»
- Donc vous vous accommodez du virus?
- Je suis quand même inquiet pour les gens que j’aime et pour moi aussi, car je suis, avec ma femme, dans la tranche d’âge des gens vulnérables. On va respecter le confinement, on y a intérêt! Je m’inquiète aussi pour mes enfants et mes petits-enfants.
- Je suis quand même inquiet pour les gens que j’aime et pour moi aussi, car je suis, avec ma femme, dans la tranche d’âge des gens vulnérables. On va respecter le confinement, on y a intérêt! Je m’inquiète aussi pour mes enfants et mes petits-enfants.
- Vous n’avez pas fait un test pour savoir si vous aviez été en contact avec le virus?
- Non, ça ne sert plus à rien. Maintenant, soit on a un syndrome grippal qui passe tout seul, soit on a un problème qui va nous obliger à aller dans un service de réanimation. Et je fais partie de la tranche d’âge qui risque de ne pas ressortir vivante de ce service de réanimation.
- Non, ça ne sert plus à rien. Maintenant, soit on a un syndrome grippal qui passe tout seul, soit on a un problème qui va nous obliger à aller dans un service de réanimation. Et je fais partie de la tranche d’âge qui risque de ne pas ressortir vivante de ce service de réanimation.
- Vous n’êtes pas particulièrement angoissé par la mort.
- Je vais avoir 83 ans, donc la mort, pour moi, devient proche. Je ne peux qu’y consentir et vivre le mieux possible. Tant que je suis vivant, je ne suis pas mort! Je ne peux qu’essayer de vivre pleinement en attendant.
- Je vais avoir 83 ans, donc la mort, pour moi, devient proche. Je ne peux qu’y consentir et vivre le mieux possible. Tant que je suis vivant, je ne suis pas mort! Je ne peux qu’essayer de vivre pleinement en attendant.
Tatiana Ventôse malade : des nouvelles rassurantes publiées sur son compte FB
MESSAGE - Covid JOUR 8/ - "Ca commence à aller mieux, doucement mais sûrement
:) A priori le danger potentiel est passé, hourra. Les médecins ne sont pas inquiets sur mon état, je vais continuer d'en baver quelques temps mais je sens que c'est quand même de moins en moins violent. J'ai retrouvé l'appétit, bon par contre on va encore attendre avant de se remettre au sport, parce que rien que rigoler et faire 3 étirements de yoga me fatigue et m'essouffle... Mais franchement ça va mieux. Je continue bien sûr de remplir chaque jour les données sur l'appli où mon médecin m'a inscrite et de tenir mes médecins informés. Après, la convalescence c'est toujours plus lent que ce qu'on voudrait.
Merci à tous ceux qui ont pris des nouvelles. Je vous suis d'une infinie reconnaissance. Vos messages de soutien et d'amitié ont contribué pour beaucoup à me garder la tête hors de l'eau ces derniers jours où j'avais l'impression de me noyer (et ce, très littéralement). Vous m'avez donné une force de dingue pour surmonter ça, et je ne peux vous remercier à la hauteur de ce que vous m'avez donné. Je vous envoie via ce post tout mon amour, ma gratitude, et si vous souffrez du même mal mon soutien indéfectible. Si je peux vous renvoyer un peu de la force que vous m'avez communiquée, la voici. Courage à tous.
Cependant, je ne peux pas répondre à tout le monde individuellement pour vous rassurer sur mon état de santé : je reçois des dizaines (centaines) de messages par jour, sur toutes les plateformes possibles, et quand bien même c'est adorable de votre part de vous inquiéter pour moi, je n'arrive pas à suivre, et il faut que je m'occupe de moi et d'aller mieux. Il me faut du repos, et du recul.
C'est pour quoi je serai absente de Facebook, Twitter, Instagram et Youtube pour les prochains jours, et ce, jusqu'à nouvel ordre. C'est l'affaire de quelques jours, mais je n'ai pas envie de donner une date fixe qui, si je ne suis pas revenue ce jour-là, sera l'occasion pour certains de s'inquiéter. Vous avez assez à vous préoccuper en ce moment pour ne pas vous inquiéter pour moi. Sachez simplement que je vais aussi bien que possible, et que je ne suis en aucune manière en danger - en tous cas plus du Covid19 !
Je ne souhaite à personne de vivre cette maladie, pas même à ceux qui portent la responsabilité de l'état de nos hôpitaux et de la gestion de cette crise - dont il faudra qu'on tire des leçons, mais chaque chose en son temps. Je ne le souhaite pas non plus à ceux qui m'accusent de raconter des salades pour avoir de l'attention - comme si j'avais besoin de ça, alors qu'avec ce qui se passe je pourrais faire une vidéo par jour. Peu importe. Ces gens ne comptent pas, je n'ai à me justifier auprès de personne. Mine de rien, depuis 8 jours, ma vision de la réalité s'est radicalement transformée, et certaines choses que je pensais importantes il y a une semaine me paraissent si futiles aujourd'hui. D'autres, que je tenais pour acquises, sont devenues luxes, et je les chéris. En somme, mes priorités ne sont plus les mêmes.
Je ferai peut-être une vidéo pour parler de tout ça tranquillement, quand je serai remise et capable, avant d'enchaîner sur la suite... Je ne vous oublie pas. Je n'abandonne rien. Je pense même que cette séquence a aiguisé un certain sens des réalités et a remis certaines choses sur le droit chemin, en ce qui me concerne.
Je termine par un merci à tous ceux qui donnent leur temps et leur énergie pour nous, pour les malades, pour leurs familles, pour tous ceux qui constituent le pays. Qui mettez vos vies parfois en danger pour faire tourner les hôpitaux, la distribution d'énergie, la production de nourriture, la diffusion de l'information. À tous ceux qui se sont mis au service de la France à la mesure de leurs moyens, du citoyen qui va laisser des courses devant la porte de ses voisins âgés, au patron d'entreprise qui met ses ressources au service de la nation en ces temps de crise. À tous ceux qui ont compris quelles étaient les priorités aujourd'hui. On n'oubliera pas. Merci. Beaucoup d'amour à vous." T.V.
Merci à tous ceux qui ont pris des nouvelles. Je vous suis d'une infinie reconnaissance. Vos messages de soutien et d'amitié ont contribué pour beaucoup à me garder la tête hors de l'eau ces derniers jours où j'avais l'impression de me noyer (et ce, très littéralement). Vous m'avez donné une force de dingue pour surmonter ça, et je ne peux vous remercier à la hauteur de ce que vous m'avez donné. Je vous envoie via ce post tout mon amour, ma gratitude, et si vous souffrez du même mal mon soutien indéfectible. Si je peux vous renvoyer un peu de la force que vous m'avez communiquée, la voici. Courage à tous.
Cependant, je ne peux pas répondre à tout le monde individuellement pour vous rassurer sur mon état de santé : je reçois des dizaines (centaines) de messages par jour, sur toutes les plateformes possibles, et quand bien même c'est adorable de votre part de vous inquiéter pour moi, je n'arrive pas à suivre, et il faut que je m'occupe de moi et d'aller mieux. Il me faut du repos, et du recul.
C'est pour quoi je serai absente de Facebook, Twitter, Instagram et Youtube pour les prochains jours, et ce, jusqu'à nouvel ordre. C'est l'affaire de quelques jours, mais je n'ai pas envie de donner une date fixe qui, si je ne suis pas revenue ce jour-là, sera l'occasion pour certains de s'inquiéter. Vous avez assez à vous préoccuper en ce moment pour ne pas vous inquiéter pour moi. Sachez simplement que je vais aussi bien que possible, et que je ne suis en aucune manière en danger - en tous cas plus du Covid19 !
Je ne souhaite à personne de vivre cette maladie, pas même à ceux qui portent la responsabilité de l'état de nos hôpitaux et de la gestion de cette crise - dont il faudra qu'on tire des leçons, mais chaque chose en son temps. Je ne le souhaite pas non plus à ceux qui m'accusent de raconter des salades pour avoir de l'attention - comme si j'avais besoin de ça, alors qu'avec ce qui se passe je pourrais faire une vidéo par jour. Peu importe. Ces gens ne comptent pas, je n'ai à me justifier auprès de personne. Mine de rien, depuis 8 jours, ma vision de la réalité s'est radicalement transformée, et certaines choses que je pensais importantes il y a une semaine me paraissent si futiles aujourd'hui. D'autres, que je tenais pour acquises, sont devenues luxes, et je les chéris. En somme, mes priorités ne sont plus les mêmes.
Je ferai peut-être une vidéo pour parler de tout ça tranquillement, quand je serai remise et capable, avant d'enchaîner sur la suite... Je ne vous oublie pas. Je n'abandonne rien. Je pense même que cette séquence a aiguisé un certain sens des réalités et a remis certaines choses sur le droit chemin, en ce qui me concerne.
Je termine par un merci à tous ceux qui donnent leur temps et leur énergie pour nous, pour les malades, pour leurs familles, pour tous ceux qui constituent le pays. Qui mettez vos vies parfois en danger pour faire tourner les hôpitaux, la distribution d'énergie, la production de nourriture, la diffusion de l'information. À tous ceux qui se sont mis au service de la France à la mesure de leurs moyens, du citoyen qui va laisser des courses devant la porte de ses voisins âgés, au patron d'entreprise qui met ses ressources au service de la nation en ces temps de crise. À tous ceux qui ont compris quelles étaient les priorités aujourd'hui. On n'oubliera pas. Merci. Beaucoup d'amour à vous." T.V.
jeudi 26 mars 2020
Covid-19 : on tient un suspect ! Pour comprendre ce qui cloche dans cette "épidémie"
Ça va, vous tenez le coup dans ce monde devenu fou ? Moi, je vous avoue que la situation commence déjà à me peser. Je n’ai jamais supporté que mes enfants soient tristes, or ma fille aînée m’a confié hier sa tristesse d’avoir assisté à une violente dispute dans un magasin entre trois personnes : l’une d’entre elles avait approché les deux autres à moins d’1,5 m, ce qui ne leur a pas plu du tout ! Voilà où nous conduit cette virophobie démentielle ayant accouché du confinement généralisé. Il faut stopper ce cauchemar au plus vite ! Cette semaine, je pare au plus pressé et je me focalise sur la situation en Italie. Comme le répète invariablement l’infectiologue Didier Raoult dans ses vidéos devenue virales, les pandémies sont une fiction. Ça n’existe pas, ça n’a jamais existé et ça n’existera sans doute jamais. Les flambées épidémiques sont écosystémiques et doivent s’analyser dans leur contexte biotopique. De quel(s) déséquilibre(s) relationnel(s) entre les êtres humains et leur environnement sont-elles la conséquence ? Concernant Wuhan, nous en sommes réduits au jeu des hypothèses. Selon une source que je ne citerai pas encore car je n’ai pas pu la recouper, une pollution majeure suivie d’une vive protestation populaire durement réprimée pourrait avoir été le facteur déclencheur. Mais il faudrait pouvoir longuement enquêter sur place pour étayer cette possibilité. Laissons la Chine de côté puisque, de toute façon, la maladie baptisée Covid-19 et attribuée au coronavirus SARS-Cov2 y a quasiment disparu. Ce qui n’est pas du tout le cas de l’Italie qui a enregistré presque le double de décès avec une population 22 fois inférieure. Comment expliquer une telle tragédie ?Deux observations s’imposent d’emblée. La première, c’est qu’il ne s’agit pas d’une crise frappant l’Italie dans son ensemble, ni même l’Italie du Nord qui compte ¾ des victimes. L’épicentre de l’épidémie italienne se situe plus précisément en Lombardie, région qui s’octroie 2/3 du fromage macabre. C’est impressionnant et ça s’est concrètement traduit par des crématoriums débordés et des colonnes de véhicules militaires emportant les cercueils vers d’autres cimetières que ceux de Bergame et Brescia. Images glaçantes qui parlent mieux que les statistiques. La deuxième chose à noter, c’est que les médias se trompent et nous trompent en affirmant sans cesse que « cette maladie concerne tout le monde ». Selon le rapport officiel du 17 mars de l’Istituto Superiore di Sanità, l’âge moyen des personnes décédées était de 79,5 ans (3 ans de moins que l’espérance de vie à la naissance) et seulement 0,8% des victimes n’avaient pas de pathologies antérieures. Un quart en avait une, un autre quart deux et la moitié trois. Dans l’ordre, les plus fréquentes étaient l’hypertension artérielle, le diabète et les cardiopathies ischémiques. Dans 20% des cas, il y avait présence d’un cancer et dans 13% des cas, celle d’une BPCO (Bronchopneumopathie Chronique Obstructive). Qu’on le veuille ou non, que ça plaise ou non, la Covid-19 fauche très préférentiellement les vieilles personnes déjà très malades. Il n’y a aucun cynisme à constater cette réalité. Si on pense, comme moi, que le virus n’est pas seul en cause, il reste cependant à élucider la surmortalité lombarde. Pollution automobile ? Le trafic à Milan est beaucoup plus intense que dans les villes les plus touchées, et pas plus dantesque que dans d’autres métropoles. Défaillances du système de santé ? Au contraire, données et témoignages indiquent que les infrastructures et le personnel médical sont ce qui se fait de mieux en Italie, pays où les soins sont totalement gratuits. À mon avis, c’est justement l’accès facile à cette offre abondante qui pose question. Dans un de ses ouvrages majeurs (Némésis médicale , 1975), le penseur écologiste Ivan Illich montrait déjà que passé un seuil de développement, la médecine occidentale moderne devient « contre-productive », c’est-dire que ses inconvénients commencent à dépasser ses avantages, ses risques à peser plus lourds que ses bénéfices. Dans le monde industrialisé, l’art de guérir est ainsi devenu celui de nuire à la santé. S’il parvient paradoxalement à repousser l’âge de la mort, c’est au prix d’une morbidité (nombre de malades dans la société) plus répandue.
Vous me voyez venir ? J’insiste en effet sur la composante iatrogénique de la crise sanitaire italienne. Selon le rapport cité plus haut (*), 83 % des patients diagnostiqués, pris en charge et décédés ont reçu des antibiotiques, 52% des médicaments antiviraux et 27% de la cortisone. On peut bien sûr supposer que nombre d’entre eux ont reçu les trois traitements en même temps. Le rapport est muet sur l’usage d’antipyrétiques et d’anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) mais on peut également se douter que ces substances chimiques sapant le pouvoir d’auto-guérison sont employées sans retenue et sans discernement. Selon une de mes amies habitant là-bas et lisant la presse locale, la chloroquine fait aussi partie de l’arsenal médical d’au moins un hôpital. Or si elle est certainement peu nocive (le contraire se saurait puisqu’ on l’emploie depuis plus de 70 ans), la molécule préconisée par le Dr Raoult n’est quand même pas un bonbon pour la toux. Au-delà d’1 g par jour, elle peut mener à l’intoxication et celle-ci est fatale dans 20% des cas. La mise sous oxygène ? Dans une infolettre précédente, je vous ai signalé que cette pratique était loin d’être anodine et qu’elle pouvait sérieusement léser les poumons. Mais savez-vous que la version supérieure de cette technique, le respirateur artificiel, nécessite d’endormir les patients ? L’anesthésie générale, ce n’est pas non plus un geste médical dépourvu de risque létal. En additionnant tous ces facteurs potentiellement iatrogènes, on obtient une explication non négligeable du désastre nord-italien. Toutefois, je vous avoue que je gambergeais pas mal ces deux dernières semaines : même si elle compte pour beaucoup, la iatrogénie subie peu avant ou pendant les soins intensifs ne suffit certainement pas à expliquer l’ampleur du drame en Italie. Il y avait forcément autre chose, mais quoi ?
La semaine dernière, je mentionnais une étude américaine montrant que la vaccination anti-grippale favorise les infections à coronavirus. C’est une pièce importante à verser au dossier mais ça n’explique toujours pas la flambée lombarde. Ailleurs dans le pays et dans plein d’autres pays, ce vaccin inutile et dangereux est conseillé et injecté à de nombreux vieux de plus de 60 ans. Si la valence influenza était si délétère, ça se verrait davantage. J’en étais encore à me creuser la cervelle quand j’ai reçu, il y a deux jours, un article saisissant de Dominique Guillet. Pour ceux qui ne le connaissent pas, cet explorateur de l’univers végétal est le fondateur de l’association française Kokopelli, qui a mené avec succès le combat pour la liberté de commercialiser et d’échanger des semences non inscrites aux catalogues officiels. Entérinée par une décision européenne, cette victoire devrait lui valoir mille fois le prix Nobel alternatif. Quand il ne poursuit pas cette lutte libertaire et qu’il ne rédige pas des monographies sur des plantes alimentaires ou médicinales, Dominique Guillet fait du journalisme citoyen et publie le résultat de ses investigations sur son site internet. Dans le long article qu’il a mis en ligne avant-hier et que vous pouvez lire en cliquant ici, le fouineur amateur (mais néanmoins très pro) révèle une information à mes yeux capitale : en janvier dernier, la Lombardie a été le théâtre d’une grande campagne de vaccination contre les méningocoques. Suite à une mini-épidémie de méningite bactérienne ayant impacté… 6 personnes (avec 2 décès), les autorités régionales ont en effet décidé de vacciner massivement et gratuitement la population. En quelques semaines, plus de 33.000 personnes ont reçu le vaccin. Hier, Dominique m’a envoyé une information supplémentaire tout aussi cruciale : comme vous pouvez le vérifier en cliquant ici la campagne de vaccination était déjà en cours à l’automne 2019 ! Ce détail est essentiel parce c’est aussi en automne qu’est apparue en Lombardie une étrange épidémie de pneumonies bizarres nécessitant des examens radiologiques spéciaux. Vous ne le croyez pas ? Regardez cette séquence télévisée où le professeur Giuseppe Remuzzi, Directeur de l’Institut Mario Negri de Recherches Pharmacologiques de Milan, répond aux questions d’un journaliste plutôt énervé. Incroyable mais vrai, cette interview est passée le 22 mars sur CGTN, chaîne de télévision internationale… chinoise, sorte de Russia Today à la sauce Xi Jinping ! Comme en atteste ce communiqué, la presse chinoise met le paquet sur cette enquête car elle soupçonne le coronavirus d’avoir été importé d’Italie en Chine ! Je m’interroge : comment se fait-il que cette nouvelle sensationnelle n’ait pas encore fait le buzz dans toutes les rédactions du globe ? Si j’ai loupé cet énorme scoop dans l’actualité, merci de me corriger.
En fait, on se fiche un peu de savoir dans quel sens a voyagé un hypothétique virus relativement inoffensif. Ce qui est très important à vérifier, c’est s’il y a un lien entre la vaccination et la multiplication de pneumonies atypiques en Italie. Vous en doutez ? La probabilité est pourtant très élevée. Parmi leurs effets secondaires très pervers, les vaccins ont en effet pour conséquence de modifier l’écologie microbienne. La nature ayant horreur du vide, la niche écologique devenue vacante par l’immunisation artificielle est immédiatement occupée par d’autres espèces de bactéries, plus insidieuses ou plus dangereuses. C’est ainsi que les épidémies de poliomyélite ont surgi dans la foulée de la vaccination massive contre la diphtérie, ou que de nouvelles formes d’hépatite (C,D, E, etc..) sont apparues en rançon des vaccinations contre les formes A et B. Ou encore que les méningites ont gagné en fréquence et en sévérité depuis qu’on les combat vaccinalement. Bien étudié, ce phénomène de « remplacement épidémique » a récemment fait l’objet d’une analyse par le Dr Michel de Lorgeril dans le 5ème livre de sa série « Vaccins et société », celui consacré aux méningites bactériennes. Dès janvier 2012, la revue Néosanté avait lancé l’alerte sur cette catastrophe écolo-sanitaire en publiant un dossier intitulé « Vaccins et microbes : les relations désastreuses », rédigé par notre collaboratrice française Françoise Joët, ex-présidente de l’ALIS (Association Liberté Information Santé). Cet article magistral et toujours actuel est en accès libre sur notre site et vous pouvez le consulter en cliquant ici. Que devrait-on faire maintenant que le suspect vaccin est identifié ? À mon sens, il faudrait d’urgence vérifier le statut vaccinal des décédés italiens et de leurs proches. Le vérifier aussi dans les autres régions (françaises, espagnoles…) où un nombre anormalement grand de graves pneumonies sont signalées. Certes, l’éventuelle corrélation ne va pas démontrer un lien de causalité. Et le cas échéant, le puissant lobby vaccinaliste investirait les médias à leur solde pour brandir l’argument habituel de la « coïncidence temporelle » entre vaccinations et maladies. Mais qui serait encore dupe ? Qui croirait encore à la pertinence des dogmes pasteuriens ? Pour ma part, je lance un appel solennel à l’exploitation de cette piste potentielle. Et je compte sur vous pour faire un maximum de bruit en diffusant ce billet tous azimuts. Je vous embrasse d’avance… sans distanciation sociale.
Yves Rasir
(*) Très troublant : dans son dernier rapport du 20 mars, l’Institut Supérieur de la Santé italien ne détaille plus les traitements administrés aux patients. Vous avez dit omerta ?
Source : https://www.neosante.eu/7962-2/
Michel Onfray : Voici venu le temps des assassins
Ce virus risque de précipiter la mort de plus que des hommes… Il accélère le processus de décomposition de nos fausses démocraties qui montrent dans la lumière aveuglante des scialytiques hospitaliers ce qu’elles sont véritablement : de véritables autocraties libérales -pour ne pas dire des dictatures.
© Michel Onfray, autorisation de réplication avec copyleft ; réplication depuis Dreuz.
A l’heure où j’écris, une loi dite d’urgence permet à l’employeur d’imposer à son salarié de prendre ses congés pendant la durée du confinement. Le sénat a limité la disposition à six jours ouvrables et l’Assemblée nationale a confirmé la chose en commission ! Quel humanisme ! Quelle humanité ! Quelle générosité ! Quelle grandeur d’âme !
Ce sont les mêmes élus du peuple qui, il y a peu, crachaient sur la douleur de parents qui avaient perdu un enfant et auxquels il était refusé l’aumône de quelques jours de congés supplémentaires afin qu’ils puissent tenter de faire face, un peu, au malheur.
Quand les gilets-jaunes se sont dirigés un samedi vers l’Assemblée nationale pour y faire entrer enfin le peuple, même symboliquement, ils visaient juste : car le peuple n’est pas dans cette enceinte dans laquelle on ne trouve plus que des politiciens professionnels qui prétendent le représenter mais qui se contentent de jouir du pouvoir et de ses avantages.
Ce qui veut dire que la facture de cette épidémie, qui va être terriblement salée, va être partagée entre les pauvres et … les pauvres -ne parlons pas des assureurs dont le métier consiste toujours à échapper aux remboursements des dommages par des finasseries contractuelles. Les riches y échapperont car leur argent est déjà ailleurs, inaccessible à ce qui reste d’un pouvoir d’État qui, de toute façon, sous régime maastrichtien, ne leur cherchera pas noise !
Macron et les siens, les maastrichtiens de droite et de gauche, n’ont en effet pas décidé de réquisitionner les fortunes planquées dans les paradis fiscaux. Pas question que les riches paient alors qu’ils ont constitué leurs fortunes en fraudant le fisc, ce qui veut dire : en ne payant pas l’impôt avec lequel on peut, entre mille autres choses, construire des hôpitaux et les maintenir en état de marche… Tout citoyen français qui dispose d’un compte en Suisse ou dans un quelconque paradis fiscal doit être tenu pour responsable de la mort de qui n’aura pas pu bénéficier d’un respirateur hospitalier, responsable et coupable. On lira la liste de quelques-uns de ces assassins en appendice.
Il serait pourtant légitime de dénoncer enfin ce qui a mis la santé publique dans cet état que des soignants se trouvent dans l’obligation de trier les vieux à l’entrée des services d’urgence, une terrible responsabilité qui réactive une pratique de sinistre mémoire : à droite ceux qui vont vivre, à gauche ceux qui vont mourir. Le personnel hospitalier n’a pas fait autant d’années d’études pour sélectionner dans un genre de Jugement Dernier dont ils seraient les dieux des élus à sauver et des damnés à tuer ! Ils n’ont pas vocation à travailler dans un abattoir ! Il en va pour eux d’une insupportable souffrance psychique, mentale et spirituelle qui s’ajoute à leurs fatigues professionnelles, à leur épuisement. Eux ne disposent pas de ces pitoyables cellules psychologiques qui sont envoyées sur place pour toute une classe, comme quand une diarrhée de cantine envoie six enfants d’une école en observation hospitalière pour une demi-journée…
Car, ceux qui tuent, ce ne sont pas ceux qui, sur le terrain, sont obligés de tourner le pouce vers le bas en présence d’un corps trop atteint, de poumons ravagés comme jamais, ce ne sont pas ceux qui, sans masques, se retrouvent au contact de la mort, ce ne sont pas ceux qui, couverts de sang et de bave, de morve et des postillons des grabataires, touchent et portent ces corps comme la piéta le corps de son enfant mort, mais ceux qui, dans les bureaux, depuis des années, ont rayé des lignes comptables sur des budgets sous prétexte de rentabilité.
Ce genre de criminel tue avec un silencieux : en fermant les hôpitaux après avoir estimé qu’ils perdaient de l’argent ou qu’ils ne dégageaient pas assez de bénéfices ; en donnant l’ordre de privilégier les actes rentables, au risque de les multiplier sans raisons véritables ; en décrétant que, dans les petites villes de province, ces structures de proximité sont trop dangereuses sous prétexte que les chirurgiens n’y effectuent pas assez d’actes pour être professionnels et efficaces ; en incitant les hôpitaux à développer l’activité ambulatoire parce qu’elle réduit la durée des séjours, ce qui expose les malades aux complications faute de suivi ; en traitant par le mépris l’appel au secours des personnels soignants qui manifestent depuis plus d’un an et à qui Macron promet d’agir sans procéder autrement qu’en saupoudrant ici ou là, mais sans jamais entamer la véritable révolution qui consisterait à découpler la santé publique du critère de rentabilité.
Ce qui doit primer dans un hôpital n’est pas qu’il soit rentable, mais qu’on y soigne tout le monde, riches et pauvres. De même, ce qui doit primer dans une école n’est pas qu’elle soit rentable, mais qu’on y fasse triompher l’instruction publique sans distinctions sociales. Mais aussi : ce qui doit primer dans la police ou dans l’armée n’est pas qu’elles soient rentables, mais qu’elles disposent des moyens d’assurer partout l’ordre public et républicain. Et l’on pourrait ajouter à la liste la culture, le renseignement, la justice, etc.
La République, c’est cela : le souci de l’intérêt général et du bien public avant l’intérêt privé de quelques-uns, d’un groupe ou d’une aristocratie de milliardaires. Hélas, le marché a gangrené la totalité du corps social au point qu’il a évincé la politique et qu’il se fait passer pour une politique, pour la seule politique d’ailleurs : or, il n ‘est pas une politique mais le seul intérêt du Capital.
Voilà pourquoi Macron, qui ne connait que ce logiciel, ignore ce qu’est la politique et se retrouve chef de l’État alors qu’il n’a pas quarante ans -c’est d’ailleurs pour cette raison, son innocence, que l’État profond a tout mis en oeuvre pour le placer là où il se trouve, c’est un formidable pantin désarticulé, un pion jadis rutilant, un second couteau ébréché. Voilà aussi pourquoi, dans cette situation exceptionnelle, il décide tout et le contraire de tout, n’importe quoi, c’est le triomphe historique du « en même temps » ! On ne craint pas le virus mais on le craint, on ne confine pas mais on confine, on ne ferme pas les frontières mais on les ferme, on ne sort pas mais on peut sortir pour voter, on ne porte pas de masques, c’est inutile, mais on en fait fabriquer des millions, etc…
Dès lors, quand Ségolène Royal, tout au gonflement de sa propre baudruche, attaque Olivier Veran, l’actuel ministre de la santé, pour sa responsabilité passée, elle oublie juste de dire qu’avant de grossir le rang des macroniens, ce monsieur vient lui aussi, comme tant d’autres, du Parti socialiste, dont elle fut la candidate aux présidentielle, et que ce Parti socialiste n’a plus de socialiste que le nom depuis qu’en 1983 un certain François Mitterrand l’a jeté à la poubelle afin de pouvoir rester au pouvoir -ce qui lui a d’ailleurs plutôt bien réussi puisqu’avec cette forfaiture il a effectué deux septennats qui ont initié la casse de tout ce qui était public, hôpital compris, et qu’on lui doit aussi, comme autre héritage notable, d’avoir a mis la famille Le Pen au-devant de la scène politique…
Nous avions des millions de masques, nous n’en avons plus, où sont-ils passés ? Guéguerre picrocholine pour savoir si c’est à l’impéritie passée de la « gauche » qu’on doit cette pénurie ou à celle de la « droite » : mais c’est au deux, à la droite maastrichtienne et à la gauche maastricthienne qui, l’une et l’autre, en même temps comme dirait l’autre, copines comme cochonnes, ont mis la France dans cet état : merci Mitterrand ! Merci Chirac ! Merci Sarkozy ! Merci Hollande ! Merci Macron ! Car ce sont eux qui ont rendu possible cette incroyable monstruosité que, dans cet hôpital public qu’ils ont tué pour en faire des usines à fric, le résultat soit qu’on trie les gens pour diriger les malades les plus atteints, dont les vieux, vers les pompes funèbres, pour ne soigner que les cas les moins préoccupants. De sorte qu’avec ces hôpitaux libéraux, le plus malade est le plus vite mort.
L’hôpital libéral, c’est un nouveau concept orwellien : on pourrait imaginer des slogans peints sur les murs de ces usines de mort que sont devenus ces hôpitaux-là, nos hôpitaux : « Plus vous serez malade, plus vite on vous expédiera au fond du trou ! ». Ou bien, sur la porte du bureau des personnels soignants : « Aux urgences, évitez ce qui est urgent ». Au bureau des soignants : « Aux mourants, prodiguez la mort ». Au bureau du comptable : « Un bon patient est un client à tondre ». Et puis, à l’entrée du funérarium, ceci : « Aux morts, Maastricht reconnaissant », car l’action des PFG doit se trouver bigrement en hausse.
Un dernier mot : chaque soir, au journal de vingt-heures, les journalistes, qui disposent ainsi de leur séquence « vivre-ensemble » (c’est leur moment homéopathique positif) nous montrent les gens qui, aux fenêtres, applaudissent le personnel soignant en faisant des pitreries, en tapant sur des casseroles, en chantant, en criant. Ils manifestent, nous dit-on, leur solidarité avec ces héros de notre époque qui bravent la mort dans leur métier ! Très bien, très bien… Tout cela est vrai.
Mais combien, parmi ceux-là, postillonnant du haut de leurs balcons, gavés par la propagande maastrichtienne, ont voté pour des candidats qui, droite libérale et gauche libérale confondues, ont justement fabriqué cet hôpital kafkaïen où l’on contraint de pauvres soignants à distribuer la mort ou à conférer la vie en vertus de plans de route décidés depuis un quart de siècle par cette Commission européenne, qui n’est pas élue, et qui impose sa loi, aujourd’hui dans le sang et les larmes, les glaires et les crachats, aux sujets de l’Empire maastrichtien ?
Combien ?
Je n’ai pour ma part pas envie d’aller sur mon balcon pour bêler avec les moutons. Je pense à ces gens formidables, en effet, qui m’ont sauvé d’un infarctus quand j’avais vingt-huit ans, qui ont été près de moi lors de mes deux AVC, qui ont si bien accompagné ma compagne pendant les dix-sept années de son cancer et de ses chimiothérapies avant qu’elle finisse par mourir, et qui, de fait, méritent notre profond salut. Mais pas depuis dix jours…
J’ai plutôt envie de pleurer sur ce qu’est devenue la France tuée par ces assassins qui, eux, se portent bien…
© Michel Onfray
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