"Il n'existe rien de constant si ce n'est le changement" BOUDDHA; Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots." MARTIN LUTHER-KING; "Veux-tu apprendre à bien vivre, apprends auparavant à bien mourir." CONFUCIUS ; « Nous savons qu’ils mentent, ils savent aussi qu’ils mentent, ils savent que nous savons qu’ils mentent, nous savons aussi qu’ils savent que nous savons, et pourtant ils continuent à mentir ». SOLJENITSYNE
mardi 24 décembre 2019
lundi 23 décembre 2019
Petit guide pour plus d'autonomie, de créativité, d'efficacité, de radicalité et de solidarité dans la lutte
Pour ceux qui ont un peu le temps, d'abord un bilan
Les explications du guide
... un guide qui peut s'adresser à toutes les luttes, climatiques et sociales ici : https://ilestencoretemps.fr/PetitGuideAutonomeCreatifEfficaceRadicalSolidaire/
dimanche 22 décembre 2019
Disparition de l'argent cash ou comment le système va essayer de nous la mettre bien profond
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samedi 21 décembre 2019
Semaine Barré : le brexit pour les nuls
"Il n'y a pas que l'Europe qui s'est élargie, il y a aussi notre trou du cul" P-E Barré
vendredi 20 décembre 2019
Pour un nouvel ordre local
Nouvel Ordre Local
Publié par ChroniquesHumaines sur 19 Décembre 2019, 22:07pm

Le 6 mars 1991, George Bush père annonce la création d'un nouvel ordre mondial :
« Nous avons devant nous l'occasion de construire pour nous-même et pour les générations futures un nouvel ordre mondial . Un monde ou la primauté de la loi , pas la loi de la jungle , régit la conduite des nations . Lorsque nous serons victorieux , et nous le serons , nous aurons une réelle chance avec ce nouvel ordre mondial . Un ordre régit par un conseil crédible qui tiendra enfin son rôle , et maintiendra la paix , afin d'accomplir la promesse et la vision des fondateurs des nations unies . »
Depuis, l'idée a fait son chemin, repris notamment en cœur par plusieurs de nos chefs d’État et autres conseillers politiques. Entre autres : Nicolas Sarkozy, Jacques Attali, et même plus récemment Emmanuel Macron*. Ce qui se cache derrière cette idée de nouvel ordre mondial est largement sujet à débat, à caution, et surtout à disputes ! Mais une chose semble actée : nous nous dirigeons tout droit vers l'établissement d'une gouvernance mondiale aussi bien politique que bancaire.
Moi-même, j'ai souvent expliqué ce qu'était le mondialisme, et le danger que cela représente dans le contexte actuel. Puis un soir, invité par mon ami Alixator à participer à un live sur Youtube en compagnie de deux autres Youtubers : Kadoudal et de Manu d'Agir ensemble, spontanément, j'ai lancé au détour de notre conversation :
« Ils veulent instaurer leur nouvel ordre mondial, eh bien nous nous allons faire le nouvel ordre local ! »
L'idée est partie comme une balle ! Un autre Youtubers présent sur le tchat : Docteur Nature vivante, a ouvert un groupe Facebook, Kadoudal publié une vidéo sur Facebook et Youtube, et des dizaines de personnes ont spontanément adhéré à l'idée et au groupe.
Le Nouvel Ordre Local était lancé.
Je ne suis pas le premier à utiliser ce terme, je l'ai retrouvé pas mal de fois sur internet, mais peu importe la paternité du terme, il nous appartient à tous, et ce qui est sûr, c'est qu'il représente à merveille les aspirations de beaucoup d'entre nous et englobe à lui seul ce vers quoi nous devons tous aller. J'espère qu'avec l'aide de mes compères, nous allons transformer tout cela en un mouvement planétaire, qui à coup de bon sens, d'altruisme, de logique, de courage, va renvoyer leur projet commercial et suprématiste à la poubelle !
Finalement, cette idée de Nouvel Ordre Local vient clôturer pour moi une belle année, et finalise l'orientation que je donne à mes travaux depuis maintenant plusieurs semaines. Après plusieurs années de contre-information par blog et vidéo, porter ce concept et le populariser, y adhérer et concrétiser à titre personnel les engagements qu'il implique, voilà qui me donne encore de l'énergie, de l'entrain, et surtout de l'espoir. Je vais maintenant expliquer pourquoi il faut combattre la mondialisation sauvage telle que nous la vivons, et pourquoi un Nouvel Ordre Local est la meilleure réponse à apporter et peut-être la seule qui puisse réellement nous amener vers un avenir meilleur.
Le Nouvel Ordre Mondial, c'est :
Des fermes-usines qui élèvent les animaux dans des cages, et les engraissent à coup d'OGM et d'antibiotiques, des multinationales qui engendrent toujours plus de capitaux et génèrent toujours plus de transport ; des centres commerciaux qui vendent et revendent des produits d'une qualité de plus en plus médiocre à des prix exorbitants ; des métropoles toujours plus habitées où s'entassent la misère et la saleté ; une concurrence toujours plus déloyale ne laissant plus aux populations la possibilité de vivre décemment de leur travail tout en produisant un chômage dévastateur ; une mainmise des assurances privées sur toutes les sécurités sociales, empêchant l'entraide sans intérêt ; une Europe toujours plus fédérale dont les règles dictées par la Banque centrale sont toujours à l'avantage des tenants de la finance ; une Banque mondiale tenue par des intérêts privés qui dictent leurs lois à tous les peuples d'Occident et bien plus ; et plus généralement la centralisation de tous les domaines de la vie civile, gouvernements, banques, systèmes de production, et même populations. Le tout dans un contexte de libéralisation maladive qui pousse à tous les excès, détruit les valeurs, la morale, le patrimoine, la planète, générant une surconsommation dévastatrice ; et un comportement individualiste, concurrentiel, rendant les gens violents, égoïstes, et pour finir dépressifs, puis soignés à coups de camisoles chimiques. Quand serons-nous aussi parqués dans des cages, à pisser dans une litière pour fabriquer des composants électroniques qui ne serviront bientôt qu'aux plus riches ? Tout cela est censé, à terme, nous conduire à une gouvernance mondiale, soi-disant pour le bien de tous. Sauf que si ceux qui ont l'argent et le pouvoir s'inquiétaient vraiment de notre bien, ça se saurait ! Toutes formes de rébellions contre ce système donnent lieu à une répression féroce, allant de la simple diabolisation au meurtre, en passant par les procès précaires, les éborgnages et plus généralement la destruction de tout autre mode de vie.
Le Nouvel Ordre Mondial voulu par les familles les plus puissantes de la planète est une conquête de pouvoir dont les résultats sont le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui. Il est voulu et mis en place par les mêmes qui génèrent des milliards en traiding et autres malversations criminelles, génèrent des guerres pour vendre des armes, corrompent les gouvernements, facilitent les inégalités, détruisent les cultures, exploitent les peuples. Ces gens-là ne veulent pas notre bien, et leur projet de gouvernance mondiale n'a pas pour but de nous offrir une vie meilleure. Ce qu'ils veulent, c'est ce que veulent tous les totalitarismes, tous les dictateurs : un pouvoir absolu et un contrôle total.
C'est tout cela le Nouvel Ordre Mondial, et peut-être bien plus encore. Mais dans tous les cas, c'est néfaste et il va falloir se remuer pour changer la donne avant qu'il ne soit trop tard.
Nous avons notre part de responsabilité, car ne l'oublions jamais, ils sont les 1%, nous sommes le reste, et nous nous sommes clairement laissé embarquer dans cette grande machinerie, sautant sur les facilités qu'offre aujourd'hui la centralisation des achats, laissant l'administration compliquée à des gens qui nous exploitent, et surtout, en faisant la part belle aux divertissements en tous genres, quand la vie appelle à la raison et l'accomplissement.
C'est pourquoi avec quelques amis fondateurs, et bien d'autres nous ayant rapidement rejoints, nous avons décidé d'aller vers le bon sens, d'aller à l'encontre de leur projet dévastateur, de porter, de promouvoir et d'inviter toutes les personnes de bonne volonté à développer le concept de Nouvel Ordre Local ; le tout sans aucun prosélytisme religieux, ni un quelconque idéal politique, dans le respect des idées de chacun et des cultures de tous, simplement en nous unissant autour de ce qui nous est commun et pour le bien de tous.
Le Nouvel Ordre Local c'est :
Tout le contraire ! Sortir avant tout de l'individualisme et revenir à un mode de vie plus sain, plus local. Réinvestir nos villages et reprendre en main nos quartiers. Développer l'entraide et la solidarité ; sortir des conflits puérils et des comportements violents pour réapprendre à tendre la main, à sourire, et nous soutenir les uns les autres. Développer des projets intelligents et durables, comme les jardins partagés, les clubs citoyens. Soutenir l'artisanat et les producteurs locaux. Apprendre à sourire à ses voisins et redevenir plus humain. Faire attention à notre environnement et prévenir les générations futures d'un avenir morose, en les éduquant autrement qu'en les laissant oisifs devant des jeux vidéo violents. Favoriser nos artistes, musiciens et créateurs locaux. Développer des projets d'entraides et de solidarité comme les transports solidaires, les échanges et les bons procédés. En réhabilitant les fêtes de villages et de quartiers pour apprendre à nous connaître, définir ensemble en quoi nous pourrions nous être utiles.
C'est essayer aussi d'aller vers plus d'autonomie pour mettre fin aux transports excessifs et nous permettre de consommer plus sainement, en favorisant les modes de production propres, notamment en matière d'énergie ou de consommation de l'eau, en s'appuyant pour plus d'efficacité sur le savoir-faire et les richesses de chacun. C'est cesser de gaspiller en cherchant à réparer plutôt que de chercher toujours à avoir mieux lorsque ça n'est pas indispensable. C'est favoriser le cas échéant les achats d'occasions plutôt que d'aller systématiquement vers du neuf, simplement pour briller ou paraître plus riche que les autres. Ce n'est plus se mettre en concurrence avec les autres, sans jamais se soucier du mal que l'on fait autour de soi. C'est au contraire, compter sur uns sur les autres, dans le respect de chacun, pour en finir une bonne fois pour toutes avec ce mode de vie Occidental qui ravage tout sur son passage, et qui surtout, ne nous rend pas heureux.
Et bien sûr, le Nouvel Ordre Local, c'est favoriser et redonner du poids aux gouvernances locales ! Redonner à nos communes les possibilités pour organiser et investir intelligemment, en s'impliquant dans les choix qui nous sont communs, en prenant en compte que les montagnards n'ont pas les mêmes besoins que les habitants des bords de mer. C'est aussi, favoriser les échanges entre communes pour leur permettre de mieux résister au pouvoir central.
Décentraliser les modes de production et de gouvernement, c'est ne plus laisser le capital et le pouvoir filer entre les mains d'une petite élite comme dans un entonnoir. C'est éclater les profits et les rendre plus équitables, c'est rendre les décisions plus justes et plus utiles pour tous. C'est mutualiser nos richesses, intellectuelles, matérielles, pour nous rendre plus fort et réapprendre qu'ensemble, si nous nous soudons, « ils » ne peuvent plus rien contre nous.
Je ne le dirais jamais assez : la politique, c'est l'organisation de la vie civile, la démocratie, c'est l'implication de chacun dans l'organisation de la vie civile. Nous devons désormais nous impliquer, sortir de chez nous, et construire ce monde de demain qui n'attend plus que notre bonne volonté et notre créativité.
Le Nouvel Ordre Local, c'est ne plus vouloir être meilleur que l'autre, c'est vouloir être meilleur pour l'autre. Le Nouvel Ordre Local, ce n'est plus de la résistance, c'est une contre-attaque ! Le Nouvel Ordre Local, c'est le bon sens. Le Nouvel Ordre Local, c'est nous, les 99%.
Pour que ce concept fasse son chemin et se développe, ce n'est qu'avec l'implication du plus grand nombre de bonnes volontés raisonnables que nous y parviendrons. Rejoignez le mouvement.
Nous allons aller ensemble vers ce Nouvel Ordre Local, et personne, je dis bien personne, ne pourra s'y opposer !
Chroniques-Humaines
Commentaire
NLO : chouette idée. Néanmoins, le local ça existait aussi au moyen-âge et il y avait des serfs et des seigneurs... donc il s'agit de bien réfléchir aux structures démocratiques à mettre en place. En outre, une petite suggestion de lecture concernant l'utilisation du terme "gouvernance" utilisée, malheureusement, par de nombreuses associations.
Extrait : "Et la pièce centrale de cette visée est le recours au concept de gouvernance,
qui vise en fait à « délégitimer les techniques de la démocratie représentative
» et représente « le point nodal d’un programme politique conservateur qui concurrence le modèle de l’État-nation basé sur la démocratie représentative afin d’œuvrer à la mise en place d’un nouveau régime politique antagonique à la démocratie». En somme, notion controversée, « la gouvernance traduit bien la destruction de ce qui impliquait une responsabilité collective, c’est-à-dire la politique. Il ne s’agit plus de politique mais de gestion»
Bon, il n'y a pas de mal à critiquer/délégitimer, si nécessaire, les techniques de la démocratie représentative... pourvu que ce soit le peuple qui s'en charge. Et le peuple, comme le dit Onfray, c'est l'ensemble des gens sur lesquels s'exerce le pouvoir.
jeudi 19 décembre 2019
lundi 16 décembre 2019
Fly Rider Maxime Nicolle --17 décembre et cadeaux de Noël
Le document en question :
« Allô l’Assemblée ? Le peuple va craquer »
François Asselineau : cette élection au RU est une gifle pour l oligarchie euro atlantiste
Ce qui nous divise et ce qui nous rassemble
Crise sociale : chaud bouillant
Eviter tout risque d'instrumentalisation et viser la cohérence avec ses propres idéaux
samedi 14 décembre 2019
jeudi 12 décembre 2019
mardi 10 décembre 2019
lundi 9 décembre 2019
dimanche 8 décembre 2019
samedi 7 décembre 2019
Pas de quartier - le policier qui fait trembler la macronie, Alexandre Langlois
Comme d'habitude : édifiant
vendredi 6 décembre 2019
mardi 3 décembre 2019
Maxime Nicolle : appel à la grève générale et à ne pas accepter les miettes
Pour aller à l'essentiel, démarrage de la séquence à 15 min 07
lundi 2 décembre 2019
Interdit d'interdire - Frédéric Lordon - Quels enjeux pour la grève générale du 5 décembre ?
D'abord un petit extrait de l'émission
dimanche 1 décembre 2019
Face à l’effondrement du vivant et à l’accélération du changement climatique : quelles perspectives ? Intervention de Nicolas Hulot
Catégorie
vendredi 29 novembre 2019
mardi 26 novembre 2019
Gilets jaunes, un an, ce n'est qu'un début
lundi 25 novembre 2019
Géopolitique : Moscou en roue libre
Moscou en roue libre

Il est des périodes bénies des Dieux où tout ou presque fonctionne, où les fondamentaux géopolitiques et l'événementiel concordent pour aller dans la direction voulue. C'est ce qu'est en train de vivre le Kremlin. Une flopée de bonnes nouvelles pour Moscou, soigneusement cachées par notre chère MSN, a en effet fleuri ces derniers temps...
En Ukraine, le rapprochement entre le nouveau président et la Russie, que nous avons évoqué à plusieurs reprises, inquiète les officines médiatiques occidentales. Le nom d'Igor Kolomoiski n'est pas inconnu des lecteurs de nos Chroniques : autrefois grand argentier des bataillons nationalistes, il avait au fil du temps mis de l'eau dans son bortsch, comme en mai dernier où, dans un discours remarqué, il se lâchait en diatribes contre le FMI et les Occidentaux : « C'est votre jeu, votre géopolitique. Vous n'en avez rien à faire de l'Ukraine. Vous voulez atteindre la Russie et l'Ukraine n'est qu'un prétexte. »
Il a remis ça il y a dix jours, au grand dam du New York Times qui s'en étrangle de rage : « Les Russes sont plus forts, nous devons améliorer nos relations avec eux. Les gens veulent la paix et une bonne vie, ils ne veulent plus être en guerre. Et vous, Américains, vous nous forcez à être en guerre, sans même nous en donner les moyens. Vous [l'UE et l'OTAN] ne nous aurez pas, il n'y a aucun intérêt à perdre du temps en discussions vides. Les prêts du FMI pourraient facilement être remplacés par des prêts russes. Nous prendrons 100 milliards de dollars de la Russie, je pense qu'elle serait ravie de nous les donner aujourd'hui (...) S'ils sont intelligents avec nous, nous irons du côté des Russes. Leurs tanks seront positionnés près de Varsovie, votre OTAN chiera dans son froc et devra acheter des Pampers. » Clair et sans ambages...
On ne peut tout à fait exclure un coup de pression vis-à-vis de l'empire pour obtenir plus d'argent, mais le ton et le fait que ces sorties commencent à se répéter ne trompent pas. Le "paradis" post-maïdanite est un merdier sans fond qui en a dégrisé plus d'un. Aux Russes de faire effectivement preuve d'intelligence ; six ans après le putsch US, ils disposent d'une fenêtre afin de récupérer l'Ukraine en douceur ou, du moins, de la neutraliser durablement. Les discussions actuelles sur l'or bleu entre Gazprom et Naftogaz pourraient éventuellement servir ce dessein.
Puisque l'on parle énergie, le moins que l'on puisse dire est que ça gaze pour Moscou. Le Turk Stream en est aux derniers réglages et les premiers flux gaziers devraient circuler le mois prochain... au moment même où, de l'autre côté de l'Eurasie, le Sila Sibirii entrera en fonction. Deux gazoducs sinon rien, et c'est soudain l'échiquier de Brzezinski qui se met à trembler.
Il se passe des choses extrêmement intéressantes en Asie du Sud-est, symbolisant à merveille la lente mais sûre passation de pouvoir entre l'empire américain déclinant et la multipolarité menée par la Russie. Sur l'exemple du Vietnam, le fougueux président philippin Duterte a profité de son voyage à Moscou, début octobre, pour inviter Rosneft à s'établir en Mer de Chine méridionale afin d'y explorer les richesses énergétiques.
On connaît l'importance de ces zones maritimes dans le Grand jeu :
En mer de Chine méridionale, la dispute tourne autour de deux archipels inhabités mais stratégiquement de la plus haute valeur : les Paracels et surtout les Spratleys, également revendiqués par le Vietnam, les Philippines, la Malaisie, Brunei et le gouvernement chinois nationaliste de Taïwan. En mer de Chine orientale, on se rappelle la dangereuse querelle sino-japonaise des îles Senkaku/Dyaoshu, culminant en 2012-2013 mais toujours latente.
Si les journaux ont narré l'événement, certains faisant même parfois un effort pour "comprendre" la situation, analysant la lutte pour le contrôle de l'une des routes maritimes les plus stratégiques du globe, la toile de fond est malheureusement totalement occultée. Elle explique pourtant tout...

Une carte vaut parfois tous les discours. Nous sommes évidemment en plein Grand jeu, qui voit la tentative de containment du Heartland eurasien par la puissance maritime américaine. Les disputes territoriales autour des Spratleys, des Paracels ou des Senkaku/Dyaoshu ne concernent pas une quelconque volonté de mettre la main sur d'éventuelles ressources énergétiques ou routes stratégiques, ou alors seulement en deuxième instance. Il s'agit avant tout pour le Heartland, la Chine en l'occurrence, de briser l'encerclement US et de s'ouvrir des routes vers le Rimland et vers l'océan, exactement comme la Russie le fait sur la partie ouest de l'échiquier avec ses pipelines et ses alliances de revers.
La lutte de Pékin contre Washington dans les mers de Chine a pour effet secondaire d'effrayer les autres pays riverains qui, s'ils n'ont pas d'appétence particulière pour l'aigle américain, ne veulent pas non plus voir le dragon débouler jusqu'à eux. C'est notamment le cas du Vietnam ou des Philippines, et nous en revenons à Duterte : ses appels du pied à Rosneft sont une manière de contrer la convoitise chinoise.
Mais là où les choses prennent une tournure étonnante, c'est que c'est désormais à la Russie et non plus aux Etats-Unis qu'on fait appel. Fut un temps pas si lointain où n'importe quel président philippin aurait encouragé Exxon ou une autre major anglo-saxonne à prospecter ces mers, avec l'US Navy pour sécuriser le tout. L'empire a vécu et c'est maintenant vers Moscou que les regards se tournent.
Les Russes engrangent les dividendes d'une politique qui, bien loin des effets de com' à l'occidentale, ne transige ni sur ses valeurs ni sur ses alliés, tout en ne fermant la porte à personne (Iraniens, Saoudiens, Palestiniens ou Israéliens passent par exemple leur temps à Sochi). Il y a quatre ans, nous résumions cette approche par une parabole quelque peu exotique :
La pensée russe en matière de stratégie extérieure fait penser à un rhinocéros qui dit ce qu'il fait et fait ce qu'il dit, avançant lentement mais fermement, inexorablement, et finissant par mettre tout le monde d'accord.
De fait, à l'opposé des simagrées américains qui suscitent le doute y compris parmi les composantes impériales, l'inamovible ours russe inspire la confiance. On l'a vu en Syrie, on le voit maintenant jusqu'en Asie du Sud-est.
Reste à savoir quelle sera la réaction du Kremlin qui, assurément, prendra la chose avec des pincettes. Contrarier la Chine est en effet hors de question. La symbiose entre les deux poids-lourds eurasiatiques est telle que Stratfor va jusqu'à évoquer l'Entente cordiale du début du XXème siècle entre la France et l'Angleterre, assez solide pour survivre aux deux guerres mondiales. Début octobre, Poutine a même lâché une bombe lors de la seizième édition du toujours intéressant Club Valdaï : « Nous sommes en train d’aider nos collègues chinois à créer un système d'alerte précoce pour la défense antimissile. Cela va fondamentalement, drastiquement muscler la défense de la République populaire. Aujourd’hui, il n’y a que les États-Unis et la Russie qui disposent de ce type de système. »
De quoi mettre encore plus sur les nerfs les stratèges de Washington, déjà passablement inquiets du partenariat sino-russe. Les kriegspiel simulés du Pentagone se terminent invariablement par une déculottée américaine face à l'une ou l'autre de ses bêtes noires et Foreign Policy s'alarme : avec leurs nouvelles technologies (dont les fameux missiles hypersoniques), Russes et Chinois mettent fin à deux siècles d'American way of war, basé sur l'attaque à partir de points invulnérables.
Pour en finir sur les questions d'armement, Vladimirovitch vient de lever un (petit) coin du voile sur la mystérieuse explosion du 8 août sur une base militaire du grand Nord russe : les scientifiques tués travaillaient à une arme "sans équivalent". Si l'hypothèse de plusieurs observateurs se révèle juste, il s'agit du développement d'un missile à propulsion nucléaire, c'est-à-dire un projectile à portée illimitée car mû par un moteur dit éternel. « Une autonomie qui pourrait lui permettre de prendre des trajectoires inattendues, de faire des détours et de sortir des schémas de déplacement prévisibles », comme l'explique un spécialiste de l'université de Princetown. Les Américains s'y étaient bien essayé dans les années 60 mais avaient, devant l'inextricable complexité de la chose, rapidement abandonné le projet...
En Iran, Moscou est également vue comme une planche de salut. Décision de se passer du SWIFT pour les échanges inter-bancaires en septembre, accords commerciaux avec l'Union Economique Eurasienne en octobre, prêt de quelques milliards à l'Iran en novembre. La Russie, dont la santé financière insolente ravit d'ailleurs jusqu'à Wall Street, fait tout pour maintenir son allié à flot et pourrait peut-être en être récompensée dans les énormes projets pétroliers du South Pars.
Or noir toujours au Venezuela, qui a vu sa production bondir de manière étonnante en octobre. Le Kremlin n'y est évidemment pas étranger, comme nous l'expliquions il y a deux mois :
Washington sanctionne les exportations de pétrole de Caracas ? Qu'à cela ne tienne : Rosneft est devenu le principal acquéreur d'or noir du Venezuela (40% en juillet, 66% en août) et fait office d'intermédiaire entre sa compagnie nationale (la PDVSA) et ses acheteurs internationaux, notamment indiens et chinois. Le géant russe abandonne de plus en plus le dollar, le monde continue d'acheter du pétrole vénézuélien, le gouvernement légal de Caracas continue de recevoir des dividendes ô combien précieux et les sanctions impériales sont contournées...
Le pauvre auto-proclamé en est tout retourné. Celui qui se voyait devenir président par la grâce de Bolton n'y arrive décidément plus, ses appels à manifester étant une suite de flops retentissants :
À peine une centaine de personnes ont manifesté lundi à Caracas contre le président socialiste Nicolas Maduro, à l’appel du chef de l’opposition Juan Guaido, qui peine à mobiliser. Malgré les drapeaux jaune, bleu et rouge du Venezuela, les slogans, ou les panneaux affichant des messages comme « Rue sans retour », le cœur n’y est plus. « On n’arrive à rien avec ça », se lamente Antonio Figueroa, en référence aux rassemblements contre le chef de l’État. Samedi, quelque 5000 personnes, selon l’AFP, ont manifesté dans les rues de Caracas, soit bien moins que les dizaines de milliers de personnes que Juan Guaido réunissait juste après s’être proclamé président par intérim le 23 janvier.
On imagine les dents grincer du côté de Washington, qui voit désormais ses manigances presque systématiquement et partout contrées par l'ours. Comme si cela ne suffisait pas, le sommet Russie-Afrique, le premier du genre, a marqué tous les esprits. Il y a un mois, quarante-trois chefs d'Etat et de gouvernement ont fait le déplacement de Sochi, qui devient une véritable plaque-tournante mondiale. Si aucune annonce majeure n'a été faite, le sommet a été un succès diplomatique indéniable et symbolise l'entrisme russe sur le continent auquel on assiste depuis quelques années, y compris dans le pré carré français comme en Centrafrique.
Europe, Asie, Moyen-Orient, Amérique latine, Afrique... Défendant bec et ongles ses alliés, retournant ceux de l'empire, profitant de l'inexorable reflux américain, le provoquant parfois, jouant habilement de la diplomatie, de l'énergie ou de la guerre, Moscou donne le la de la politique internationale et se pose de plus en plus en patron.
dimanche 24 novembre 2019
Maxime Nicolle lance un appel à la grève générale le 5 décembre
Ce sera aussi une date butoir pour l'avenir des syndicats
samedi 23 novembre 2019
Lordon : reprendre le pouvoir... il n'y a plus de place pour des solutions intermédiaires + petit message de sédition aux CRS ?
Les moments de bascule du pouvoir :
Damasio, Dufresne, Lordon : Résistance, résistances
Quartier libre avec François Ruffin : en face, ils sont puissants
François Ruffin s'explique sur la convergence des luttes, les bobos, les prolos, le climat, la justice sociale, les leviers du changement
mardi 19 novembre 2019
Blocage d'un mac donald par des gilets jaunes : les conséquences... et quelques suggestions
... Que faire ?
1. Grève générale
2. Ne pas consommer les produits, biens et services, des multinationales et institutions ciblées. Objectif : protéger sa santé, sa dignité, son droit à l'autonomie et à la solidarité, son bien-être. Pour ne pas se mettre en infraction : organisation en privé, de bouche à oreille, par mails privés ou par courrier, par téléphone, par pigeon voyageur si ça tourne mal.
ça peut commencer tout de suite, individuellement, sans mot d'ordre.
3. Constitution de caisses de solidarité sous contrôle citoyen (et sous forme de bas de laine dispersés dans tout le pays parce que les banques et un certain nombre de dirigeants syndicaux ne sont plus là pour aider le peuple)
4. Points de rassemblement privés pour échanges sur les moyens d'actions, ateliers constituants, soupes populaires
5. Constituer une armée d'avocats engagés
=
Pas de lbd, pas de matraques, pas de lacrymos, pas d'amendes
A moins de nous imposer une dictature à visage découvert, le système peut plier
Sinon, il finira par s'autodétruire
ça a déjà commencé
jeudi 14 novembre 2019
Gilets jaunes : un an de soulèvement
Jérôme Rodrigues : "Macron écrit l'histoire en lettres de sang"
Nathanaël Ramphft : "A quoi cela servirait-il de remplacer le pantin en face (...) Aujourd'hui, le président de la république, c'est une marionnette (...) dont les fils sont actionnés par des actionnaires, des puissants, des riches. Que Macron s'en aille et un autre pantin sera mis à sa place. Ne rêvons pas. Et donc du coup dès le début du mouvement la question a été de savoir qui est l'ennemi (...) comment le combattre ?"
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