jeudi 31 janvier 2019

Comment faire plier Macron ? En évitant la division.

Superbe débat abordant, notamment, la question de l'immigration


“Macron l’éborgneur” : il est allé trop loin, il doit partir. Par Frédéric Lordon

https://www.les-crises.fr/macron-leborgneur-il-est-alle-trop-loin-il-doit-partir-par-frederic-lordon/
Frédéric Lordon, comme toujours a trouvé les bons mots.
Il est clair que le gouvernement a sciemment décidé de continuer à utiliser des armes dangereuses, que la plupart des autres polices européennes n’utilisent pas dans ce contexte.
Et que tout est fait pour faire peur aux gens, afin de les dissuader de manifester.

William Blake. — « Nebuchadnezzar » (Nabuchodonosor), gravure de 1795.
La vidéo tournée d’un immeuble en hauteur plonge sur une cour de récréation du 19e arrondissement d’où monte un grand cri scandé : « Macron démission ! Macron démission! ». Ce pouvoir est devenu l’objet du lazzi des enfants. Normalement un régime qui en est là ne connaît plus qu’une forme ou une autre de sursis.
On ne spéculera pas plus que ça sur le sens politique des petits. Davantage sur le degré auquel le pays est imprégné de la détestation du monarque pour que les mioches en aient capté quelque chose. En tout cas, les petites éponges de cour de récré ne se trompent pas : il est haï. Et pour des raisons écrasantes, incontestables, dont la gravité ne cesse d’ailleurs de croître. Dans la série graduée des actes par lesquels un souverain en vient à perdre sa légitimité, le point maximal est atteint quand il prend le parti de constituer sa population en ennemie, et par conséquent de lui faire la guerre. Nous en sommes là, littéralement. Déployer des blindés en ville, équiper les forces de police de fusils à pompe, et même de fusils d’assaut, infliger aux manifestants des blessures… de guerre, c’est bien être en guerre. Du reste, s’il en est à prévoir des plans d’exfiltration des ministres et à prépositionner un hélicoptère pour évacuer l’occupant de l’Élysée, c’est que ce régime lui-même ne s’illusionne pas tout à fait quant à la réalité de ses rapports avec « sa » population.
En vérité, ce pouvoir est symboliquement à terre. Il a franchi un à un tous les seuils du discrédit, et puis ceux du scandale. Il ne lui reste plus que la force armée pour contenir la contestation. Et, pour tenir le reste, celle des répétiteurs médiatiques qui s’acharneront jusqu’au bout à soutenir qu’élu régulièrement, haut la main ajouteront même les plus bêtes ou les plus oublieux des conditions réelles de son élection, il est entièrement « légitime ». Nous apprenons donc de leurs bouches autorisées qu’un dirigeant, pour peu qu’il ait satisfait à une comédie électorale entièrement truquée, peut parfaitement mutiler ses opposants, envisager de leur faire tirer dessus au fusil d’assaut — une image que, pour tout leur récent bon vouloir, les médias n’ont pas encore trouvé le temps de montrer —, s’engager dans des voies juridiques proto-totalitaires, sans que sa « légitimité » soit le moins du monde remise en question.
En vérité, ce pouvoir est symboliquement à terre. Il a franchi un à un tous les seuils du discrédit, et puis ceux du scandale. Il ne lui reste plus que la force armée pour contenir la contestation.
Malheureusement, ces verdicts de légitimité ne valent pas mieux que la légitimité de ces véridicteurs. Or, de ce côté non plus la situation n’est pas fameuse. On n’en finit pas, par exemple, de contempler les étonnants renversements qui conduisent l’éditocratie à trouver horrifiant ici ce qu’elle trouvait admirable là, et réciproquement. « Qu’ils dégagent ! » en Tunisie : magnifique ; « Macron démission ! » : foule haineuse. Place Tahrir : printemps arabe ; Place de l’Étoile : hordes de casseurs. Crémation des statues de Chávez : peuple en lutte ; parodie de guillotine pour Macron : extrémistes violents. Police poutinienne : dictature ; police macronienne : ordre républicain.
À ce sujet, précisément, Bloomberg, organe bien connu pour ses sympathies révolutionnaires, titre ceci : « La réponse de Macron aux “gilets jaunes” fait paraître Poutine modéré en comparaison (1) ». On voit d’ici le tableau sauter dans les têtes de Laurent Joffrin ou Jérôme Fenoglio, les soudures qui se défont, les écoulements de matière cérébrale par les oreilles : comment se peut-il ? Poutine, pourtant le nom propre de la tyrannie ? Macron pire ? C’est impossible. Logiquement, pas un média français n’en parlera. Ordinairement très préoccupés du prestige international de la France, des regrettables dommages que peuvent lui causer d’irresponsables mouvements de grève de fonctionnaires, pas un n’a rapporté la stupéfaction de la presse anglo-saxonne qui observe, médusée, le devenir néofasciste du macronisme. Ni, symétriquement, le fait que le gilet jaune est devenu une sorte de symbole international, adopté par tous ceux qui sont en lutte, où l’on pourrait trouver de quoi nourrir une certaine fierté — question de point de vue, sans doute.
Voilà en tout cas où en sont encore les diseurs de légitimité. Obstinés à maintenir qu’un pouvoir en guerre contre sa population n’en est pas moins tout démocratique. Car c’est là le propre de l’inconséquence médiatique qui, après avoir occulté les violences policières pendant deux mois, se met d’un coup à en parler, d’ailleurs plus sous l’effet de l’emballement mimétique que d’un quelconque retour de conscience, mais pour n’en tirer aucune conclusion substantielle. La « démocratie » fait la guerre au-dedans, elle s’apprête, sous les approbations de l’extrême droite, à passer une loi de musèlement de toute forme de contestation, mais ça ne pose pas le moindre problème de principe. Si bien qu’on peut continuer d’en appeler au « Grand débat » au nom de « la démocratie » même, comme de juste. Pendant que, samedi après samedi, les hôpitaux se remplissent. Et que les tribunaux débordent.
Il s’agit donc maintenant de faire savoir à ce pouvoir qu’il est trop tard, beaucoup trop tard. En fait même, que c’est fini. Pour cette raison toute simple qu’on ne parle pas avec des institutions qui, après avoir fait pendant trois décennies la démonstration constante de leur absolue surdité, sont désormais de fait passées au stade militaire (grenades au TNT, blindés, fusils d’assaut : stade militaire). Et dont on ne voit pas par quel soudain accès de sincérité, elles se seraient miraculeusement converties à « l’écoute ».
On pense au misérable QCM gouvernemental, à ses lignes déjà toutes tracées (« Baisser le taux d’impôt sur les sociétés à 25% »« Rendre la fiscalité du capital comparable à celle des autres pays européens pour stimuler l’investissement, y compris en supprimant l’ISF»), à sa manière toute particulière de poser les questions  Identifier le type de dépenses publiques à baisser », « Faut-il supprimer certains services publics ? »),bref à cette parfaite ouverture du débat ouvert (2). On pense aussi à ce qu’écrit Éric Vuillard dans sa Guerre des pauvres (il s’agit de la révolte paysanne emmenée par Thomas Müntzer dans l’Allemagne du XVIe siècle) : « C’est alors que le duc Albert de Mansfeld entama des négociations. Il fallait que ça traîne en longueur, afin de démoraliser l’adversaire et de gagner du temps. La négociation est une technique de combat (3) ». Et il faudrait aller «dialoguer » dans ces conditions ?
Pour l’éditorialiste du Monde, la réponse ne fait pas de doute. « L’ultraviolence » de ceux qui veulent « attaquer la République (…), voire renverser le gouvernement (…) est la négation de la tolérance et du débat (…), [l’]ennemie de la démocratie ». Ici la revue de détail est complète : il ne manque pas un recouvrement, pas une escroquerie nominale, pas une fausse position de problème — tout n’est-il pas d’ailleurs joué quand le texte s’intitule « Gilets jaunes : la violence ou le débat » ? Il est vrai qu’il date énormément, du 7 janvier, une éternité, une époque en tout cas où Le Monde ne s’était pas encore aperçu qu’il y avait des violences policières. Ni ne savait comment on organise les « Grands débats ». Au demeurant, maintenant il le sait et, visiblement, ça ne change pas grand-chose à sa manière de concevoir « la tolérance et le débat » — on aura même sous peu l’occasion de mesurer quel degré de pantomime Le Monde est capable d’endosser pour maintenir la fiction de la démocratie (élevé, pressent-on).
En tout cas, nous savons que, dans une tête d’éditorialiste du Monde, la politique ne connaît qu’un état possible : « le débat », à part bien sûr son opposé maléfique : « la violence ». Qu’on doive débattre, soit pour trancher des différences de troisième ordre au milieu des questions écrites par le gouvernement, soit à la rencontre des LBD, ça n’ôte rien, aux yeux du Monde, de sa qualité de débat au « débat ». La « démocratie » a les défenseurs qui lui correspondent exactement.
Hormis la philosophie d’éditorialiste et les scénographies présidentielles aimablement relayées par les chaînes d’information en continu, ça n’est pourtant pas ainsi que les «gilets jaunes » l’entendent. Assez logiquement, les institutions présentes, et celui qui en incarne les tares au plus haut point, récupèrent aujourd’hui la fin de non-recevoir appelées par leurs propres fins de non-recevoir administrées pendant trente ans. On peut autant qu’on veut ripoliner de « démocratie » des institutions sous prétexte qu’elles pratiquent l’élection, et de temps en temps la parlote, sans que cela suffise à en faire des institutions démocratiques.
En fait, les institutions de la surdité organisée finissent toujours par recueillir l’émeute, et c’est dans l’ordre des choses. Un certain philosophe écrit ceci dans un de ses traités politiques : « Les séditions, les guerres, le mépris ou la violation des lois doivent être imputées, c’est certain, non tant à la méchanceté des sujets qu’au régime vicieux de l’État(4) ». Et telle est bien, à l’os, la seule conclusion valide à tirer des événements actuels : ils ont pour cause que le régime de l’État est vicieux.
En fait, les institutions de la surdité organisée finissent toujours par recueillir l’émeute, et c’est dans l’ordre des choses.
Parfois aussi, c’est sous la forme la plus innocente que se laisse découvrir la vérité : un syndicaliste policier, invité de l’émission d’Arrêt sur images (5), exprime avec une désarmante candeur son désarroi : « Les manifestants ne jouent plus le jeu ». C’est tellement complet, tellement profond, que c’en est vertigineux. En un mot, tout est dévoilé. La pantomime démocratique-sociale, c’était un jeu. Vous faites semblant de demander, nous faisons semblant d’écouter — n’oubliez pas de vous munir de vos merguez, et soyez rentrés pour 18 heures. Incidemment, le syndicaliste policier nous apprend que dans la liste des morts en puissance, on pourrait bien compter, non seulement Macron, les institutions de la Ve République, la presse, mais aussi les confédérations syndicales (au désespoir de leurs bases, souvent admirables) : mortes d’inutilité, pour n’avoir fait trop longtemps que « jouer ». Car voilà la chose enfin dite : Bastille-Nation, c’était un jeu.
Comment s’étonner que, la nullité des médiateurs visible de tous, le jeu de la « médiation » n’ait plus la cote ? Depuis 1995, aucune action revendicative dans la forme réglée de la manifestation n’a rien obtenu — c’est bien plus probablement la part « débordante » du mouvement anti-CPE qui lui a valu son succès. Mobilisation après mobilisation, on a vu monter le « seuil d’écoute » du pouvoir : un million de manifestants, puis un et demi, puis deux, en-dessous de quoi : rien (en fait, au-dessus de quoi, rien non plus). Ce que pour le coup on peut appeler le « minimum syndical » n’a jamais cessé d’être rehaussé. Et les syndicats, qui aiment tant le jeu qu’ils sont prêts à le jouer à n’importe quelle condition, de ramer pour mettre toujours plus de monde dans la rue pour toujours moins de résultat. Une syndicaliste dépitée du SNES admet elle-même : « Depuis la réforme des retraites en 2003, les gens ont intériorisé l’idée que la grève ne servait à rien pour se faire entendre »(6). En effet, dans ces institutions-là, rien ne sert plus à rien pour se faire entendre. Alors, voyons : que reste-t-il pour se faire entendre quand il n’est plus possible de se faire entendre ? — à part la voie des « gilets jaunes ».
De là le policier un peu stupéfait, et ses manifestants qui « ne jouent plus le jeu ». C’est exact : les « gilets jaunes » n’ont plus envie de jouer. Ils ne jouent plus le jeu, pour avoir tout simplement compris cette vérité tautologique que, dans le monde de la surdité institutionnalisée, on ne parle jamais qu’à des murs. Voilà très exactement ce que signifie que « le régime de l’État est vicieux » : délibérément fermé à tout, il ne laisse d’autre alternative que de le souffrir tel quel ou de le renverser. Souffrir : depuis, trente ans, c’est assez. Donc le renverser.
Au stade où nous en sommes, d’ailleurs, il n’est plus seulement question de la surdité des institutions, mais aussi de l’infamie des personnes, qui fait du renversement presque une exigence sanitaire. On dit qu’on connait quelqu’un à ceux dont il fait ses proches. Castaner, Griveaux, Benalla. Benalla, nous commençons à être fixés. Griveaux, on a bien avancé également (7). Non, là c’est Castaner qui fait une percée. « Aucun policier n’a attaqué de “gilets jaunes” », c’était déjà une sorte d’exploit. Ici on se demande : que peut-il se passer dans une tête comme celle de Castaner pour oser ceci quand (normalement) il doit savoir que les réseaux sociaux sont submergés des preuves de son obscénité ? Mais on connait que quelqu’un a atteint le dernier degré de l’ignominie quand ses efforts pour tenter de s’en tirer l’y enfoncent encore davantage : quelques jours après, réflexion faite, «il y a eu des atteintes graves à la vision ». Même France Info, la honte du journalisme, n’osera pas reprendre tels quels les éléments de langage du ministre — il faudra bien parler d’yeux crevés.
On notera que, comme Griveaux, Castaner vient du Parti socialiste. Et c’est comme une sorte de destin historique de la social-démocratie, ou d’une certaine « gauche républicaine», de se rouler dans la honte, depuis Thiers jusqu’à Collomb, en passant par Ebert. Et maintenant Castaner. « On parle de perte d’œil, je préfère ne pas reprendre ce terme-là ». Qu’est-il possible, même à froid, de penser d’un individu comme Castaner ? Qui peut encore lui accorder le moindre respect, à lui, mais aussi à celui qu’il sert, et aux institutions qui maintiennent de tels personnages ?
Yaël Pivet-Braun, la présidente LREM de la commission des lois déclare sur RFI qu’elle « ne croi(t) pas qu’il y ait eu d’abus des forces de l’ordre (8) ». Comment des députés LREM peuvent-ils s’étonner de retrouver murées leurs résidences ou peinturlurées leurs permanences ? Par exemple : vous aviez deux mains, une est arrachée par une grenade qui est une arme de guerre. Là-dessus, vous vous entendez dire qu’il n’y a pas eu d’abus des forces de l’ordre, et même, de TF1, qu’il n’y a aucun blessé grave. Puis Macron ment outrageusement. « Vous êtes le seul pays qui utilise des grenades contre sa population »l’interpellent des étudiants à l’université de Louvain — « Alors là, vous dites n’importe quoi». Qui niera qu’il y a de quoi avoir des envies de parpaings et de truelle ? — même à une seule main. Et si c’est plutôt votre œil qui a fini dans une poubelle d’hôpital, Castaner préfère ne pas utiliser ce terme-là. On y réfléchit posément, et on se demande : qu’est-ce qu’on peut faire avec ces gens-là ? Y a-t-il quoi que ce soit d’autre à faire que de les chasser ? Peut-être même faudrait-il s’aviser de le faire sans tarder, avant qu’ils n’aient achevé de refermer sur nous un État policier forteresse.
Élu avec un soutien réel d’à peine 10,5 % du corps électoral (9), tenu, par les conditions mêmes du second tour, de se séparer d’une partie de son programme, foulant au pied cet élémentaire devoir moral, portant et la violence sociale et le scandale de l’enrichissement des riches à un point inouï, recevant pour ces textes les plus sinistres l’approbation répétée de l’extrême droite à laquelle il était supposé faire barrage, et désormais en guerre plutôt qu’en marche, Macron est allé trop loin, beaucoup trop loin. Il n’a plus aucun titre à faire valoir pour sa légitimité — à part les proclamations obstinées de l’éditorialisme de service.
Le propre des grands événements politiques, c’est qu’ils sont des leçons de choses — ici, comme une physique de la légitimité, et de ses effondrements. À cet égard, Arendt, s’interrogeant sur le paradoxe qui veut que le mot « révolution » vienne de l’astronomie, où il désigne non pas du tout le changement mais le retour circulaire du même, Arendt, donc, signale qu’il emporte aussi l’idée d’une nécessité irrésistible. C’est une révolte, non sire c’est une révolution indique à Louis que cette fois-ci c’est cuit : ça lui vient dessus avec la force de l’inéluctable, il n’y échappera pas. On a sans doute le devoir intellectuel de se méfier de la résonance en histoire, mais on ne peut pas non plus ne pas être sensible à ses avertissements, et parfois à ses charmes.
À l’époque, déjà, Christophe Barbier ne voyait pas ce qu’on pouvait opposer à la légitimité de Louis XVI puisqu’il avait été installé selon les procédures régulières de la succession dynastique — parfaitement légitimes, ainsi, par conséquent, que le produit de leur opération. Ce que ces gens sont à l’évidence incapables de voir, c’est que la légitimité n’est pas une qualité substantielle. Un temps les institutions sont dites légitimes. Et puis un jour on les regarde sous un autre angle, et on se dit qu’en fait elles ne le sont pas. Alors elles tombent, et toujours de la même manière : sous le poids du scandale.
Il s’en suit, pour les personnages de l’époque, qu’ils viennent prendre une certaine place dans l’Histoire — leur place. Celles de Castaner et de Macron sont en train de s’aménager. Macron va rester dans l’Histoire, c’est désormais acquis. Comme Macron-l’éborgneur, ou Macron-la-grenade. Peut-être Macron-l’hélicoptère. Ce serait souhaitable. Car maintenant, il faut qu’il parte.

Frédéric Lordon

Pause musicale avec Lindsey Starling et les Village girls...




mardi 29 janvier 2019

Gilets jaunes, un appel local à la grève générale qui pourrait faire date dans l'histoire sociale + François Boulo, porte parole des gilets jaunes à Rouen

grève générale du travail et de la consommation (à l'exception du strict nécessaire) dès le 4 ou 5 février voire à durée illimitée, selon les intervenants






La CGT appelle à une journée de grève le 5 février prochain. La rencontre des gilets jaunes et des syndicats aura-t-elle lieu ? L’agenda social du gouvernement va-t-il permettre de futures convergences, pour une mobilisation générale ? Le militant communiste, syndicaliste de la CGT, Thomas Portes était l’invité de #LaMidinale. http://www.regards.fr
retranscription des réponses du syndicaliste
Sur les gilets jaunes « C’est un mouvement positif qui se mobilise pour des questions de justice fiscale, d’environnement, de services publics et d’égalité face à l’impôt. Des revendications que la CGT porte depuis des années. » Sur les convergences possibles « C’est deux mondes différents puisque celles et ceux qui se mobilisent depuis trois mois n’étaient pas dans les mobilisations sociales que nous connaissons traditionnellement depuis plusieurs années. » « On s’est heurté dès le départ à des gens qui ne voulaient ni syndicats ni politiques. Mais on voit aujourd’hui qu’il y a des convergences. » « A Toulouse, une assemblée générale CGT/gilets jaunes avec deux cents personnes a eu lieu et a débouché sur des actions communes. » Sur le rôle des syndicats « La CGT appelle à la grève le 5 février sur les questions de pouvoir d’achat, de contrôle des aides publics, de justice sociale et fiscale qui sont les revendications des gilets jaunes depuis plusieurs semaines. C’est en train de bouger dans notre pays. » « Aujourd’hui, il y a des moyens de faire les choses ensemble sans parler de récupération mais en faisant de la co-construction avec les gilets jaunes. C’est ce que nous portons à la CGT. » « Si on veut peser dans le rapport de force, ça passera par la grève. » Sur l’absence des gilets jaunes lors des manifestations contre la loi Travail et réforme SNCF « On a tous fait le constat que ces gens-là n’étaient pas mobilisés au départ. » « On est arrivé à un point de rupture, ces gens n’arrivent plus à vivre tout simplement. » « Ce qu’on voit dans ces mobilisations, c’est qu’il y a beaucoup de salariés de petites entreprises qui ne voient pas les organisations syndicales et qui n’a pas la parole de CGT au quotidien. » « Notre devoir en tant que militants syndicaux, c’est d’aller à la rencontre de ces gens-là et de leur expliquer ce qu’est la CGT, ce qu’elle porte, ce qu’elle a amené aux salariés depuis plusieurs années et d’expliquer qu’il faudra continuer la mobilisation sociale bien après les gilets jaunes, parce que l’agenda social va être très chargé. » Sur le grand débat national « La position de la CGT est très claire : nous avons refusé de participer au débat national parce que nos revendications sont connues. » « Nous appelons en revanche à investir massivement les débats sur les territoires pour porter les revendications sur les cahiers de doléances et faire émerger toutes ces idées qui montent dans le pays. » « Si Emmanuel Macron ne traduit pas en acte politique les exigences qui montent dans le pays, ça sera l’échec du quinquennat. » Sur l’agenda social du gouvernement « Il faudra revenir à la table des discussions mais aujourd’hui on a une réalité c’est que le gouvernement veut se passer des syndicats et le grand épargné de la période, c’est le MEDEF et le patronat. » « On n'entend aucune critique sur le patronat qui dirige les politiques du pays et souffle à l’oreille d’Emmanuel Macron. » « Le décret qui est sorti en catimini le 30 décembre et qui accélère le contrôle des chômeurs et qui veut les stigmatiser, est insupportable. » « Si le président de la République veut s’attaquer aux combines, il n’a qu’à s’attaquer à l’évasion fiscale. » « Selon le rapport d’ATTAC, on voit que les multinationales payent 6% de moins d’impôts entre 2010 et 2017. » « Le problème dans ce pays, ça n’est pas les chômeurs, les gens veulent travailler, ils subissent le fait de ne pas avoir d’emploi. » Sur les violences policières « On a banalisé la violence policière. » « La dérive sécuritaire de l’Etat est extrêmement importante, il faut la combattre et la dénoncer. » « La loi sécuritaire qui a été mise sur la table par Christophe Castaner est un copié/collé de celle qu’avait proposé la droite sénatoriale déjà en 2018 et s’inspire du hooliganisme. » « Ficher les manifestants pour leurs opinions politiques, aucun gouvernement français ne l’a fait depuis Pierre Laval en 1942. » « C’est symbolique de l’échec de la macronie. Quand on arrive plus à convaincre les gens, le seul moyen de contenir la colère populaire, c’est par la force. » « Les gilets jaunes ont répondu de manière exemplaire : depuis deux samedis consécutifs avec quasiment aucune violence, ce qui prouve que la mobilisation est très largement pacifique. » Sur la gauche « Le paysage de la gauche est désespérant. Il n’offre pas de perspective puisqu’il n’y a pas de rassemblement en vue des échéances européennes. » « Il faut que cette gauche se rassemble. »

dimanche 27 janvier 2019

Laurent Botti est atterré des réactions qu'il lit ici ou là sur les Gilets jaunes. Son analyse, ses prédictions. En bonus, une réaction d'un foulard rouge suite à l'éborgnage de Jérôme Rodrigues

Je suis assez atterré des réactions que je lis ici ou là sur les Gilets jaunes. Il me semble que la plupart de ceux qui s'insurgent contre ce mouvement n'ont pas saisi qu'il constitue une pâle répétition de ce qui se prépare demain: il ne s'agit pas ici d'une prédiction illuminée ou d'un souhait, mais d'une réalité inévitable.
Nous vivons sous le joug d'un capitalisme totalitaire. Ce n'est pas une opinion: c'est un fait. Il n'existe plus aucune alternative à ce système. Son application est universelle, il a éradiqué toutes les autres doctrines économiques adoptées par les pouvoirs en place, s'est libéré de tout frein, et affranchi des lois universelles qui sont au coeur même du pacte humain, dont la plus élémentaire pour soutenir un système: un minimum d'égalité.
Parmi les conséquences de ce totalitarisme d'une extrême violence (nul doute que l'Histoire fera un jour le décompte des mort du capitalisme comme elle a fait l'inventaire du communisme ou d'autres dictatures), deux retiennent particulièrement l'attention: l'état de la planète, terre de pillage devenue poubelle, et le gouffre des inégalités, devenu insoutenable.
Tôt ou tard, ces deux phénomènes sont appelés à se rencontrer. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est la NASA (l'étude a été largement commentée à sa sortie). Cette rencontre va provoquer des bouleversements irréversibles, que l'on peut résumer en ces mots: l'effondrement de notre civilisation.
Nous ne pourrions y échapper qu'à condition d'appliquer deux mesures: la réduction drastique de notre consommation d'énergie et une meilleure redistribution des richesses. Les économistes le savent, les scientifiques le confirment, les penseurs le théorisent depuis maintenant plusieurs décennies.
Seulement voilà: ces deux mesures s'opposent à la nature même du capitalisme tel qu'il est appliqué aujourd'hui.
Les conséquences, donc, sont inévitables. Et s'il est bon de le rappeler, c'est parce que lorsque je lis les réactions, partout, sur ce qui est en train de se passer, je réalise que les gens vivent dans une réalité parallèle, dans l'inconscience absolue de l'état du monde...
Alors chers amis, qui regardez de haut les "beaufs" casser des vitrines de luxe ou renverser des Porsche, et se faire casser à leur tour par une police toujours plus violente pour défendre ce Capitalisme devenu dictature, sachez que je vous regarde, moi, avec l'incompréhension, la compassion, et la terreur, que l'on réserve aux membres d'une secte juste avant leur suicide collectif.
Vous avez été embrigadé, Diorisé, HanounaÏsé... au point de vous moquer de ceux qui défendent l'avenir de vos gosses.
Et dans le processus, vous avez oublié ceci: nous vivons dans une dictature - oui j'ai pesé le mot - capitaliste. Tous les pouvoirs du monde sont mobilisés aujourd'hui contre nous, Humains, pour la défense, la perpétuation, et l'accélération de ce système. Comme tout système totalitaire, calotte glacière ou pas, il est appelé à s'effondrer, à être renversé, éradiqué, jugé et condamné. Et ce que vous voyez avec les Gilets jaunes n'est que le pâle embryon de ce qui est en train de se préparer.
Joyeux réveil.
source :
Laurent Botti
https://www.facebook.com/groups/310403819778193/permalink/408471623304745/


Réaction d'un foulard rouge suite à l'éborgnage de Jérôme Rodrigues 
source : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10219644667371194&set=gm.1128977330596311&type=3&eid=ARB0QIq8s-CKjPkdomiEVU40KS_AjCDkppZq_gC61RMIW-iVSgsPQeMlIBsxrq0d9uRkdnMHywSp4zvm



jeudi 17 janvier 2019

Message de Nouvel an d'un Maire au Président de la République + chanson Le déserteur de Boris Vian




Monsieur le Président, je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être... si vous avez le temps.

Ce dernier soir de l'année, vous vous adresserez aux Français à la télévision. En fait vous vous adresserez surtout à la caméra, avec ou sans prompteur, mais dans un monologue, monocorde, monotone, si formaté qu'on le connait par avance. Votre Cour vous flattera sans doute, les commentateurs et les experts de tous poils disserteront bien sûr. Mais en réalité vous serez bien seul, pathétique, dans les ors de la République face à cette caméra.

Comme des millions de Français, j'éteindrai ma télévision à ce moment précis pour ne pas vous entendre, c'est là une marque ostensible d'irrespect que j'assume. Parce que vous manquez à tous vos devoirs et parce que vous ne respectez pas le Peuple de France.

Lorsque les caméras se seront retirées, lorsque vous vous retrouverez tout seul, ne sachant que faire pour occuper le silence qui suivra en cette triste soirée, Monsieur le Président, je vous invite à me lire ou à écouter "mon" allocution de fin d'année sur mon site herveferon.fr

Nous ne vous croyons pas, parce que vous avez menti. Et voici deux
exemples :

- L'an dernier, lors de vos vœux aux Français vous disiez "L'année 2018 sera celle de la cohésion". Nous ne vous reprochons pas de ne pas y être parvenu, nous vous reprochons de ne jamais en avoir eu l'intention.
- Il y a trois semaines, sous la pression du Peuple en colère, vous annonciez une augmentation de 100€ sur le SMIC. C'était un mensonge et vous le saviez bien ! D'abord cessons de parler du SMIC en brut et de donner l'impression qu'un Smicard touche 1498€ par mois. Le Smicard, lui, ne connait que ce qu'il perçoit réellement, c'est à dire le salaire net et ce salaire net, Monsieur le Président, il est de 1184,93€ ! Ça, c'est le monde réel !!! Le SMIC n'augmentera, pas de 100€, il augmentera comme c'était prévu de 1,8%, c'est à dire qu'il passera de 1184€ à 1210€ ! Soit + 26€...

Je vous interpelle aujourd'hui parce que vous faites défaut à votre fonction en méprisant ainsi le Peuple.

Vous vous comportez comme un monarque, détournant ainsi tous les principes de la Constitution Française. Vous vous êtes même comparé à Jupiter (Dieu de la Terre, du Ciel et de tous les êtres vivants...) dans un moment d'égarement mégalomaniaque indigne de la fonction présidentielle, mais c'était là une première injure faite au Peuple. D'autres petites phrases ont suivi.
Le Roi, lui, avait des sujets et ses sujets lui devaient allégeance, cela s'appelle la monarchie. Le Président de la République, lui, doit être au service des Citoyens. Il doit les entendre, cela s'appelle la démocratie.

Vous exercez votre fonction tout autrement, vous décidez seul, sans véritable stratégie, mais avec obstination. Votre épouse qui n'a aucune légitimité pour cela, intervient sans cesse dans les affaires de la Nation, comme la Pompadour régnait auprès de Louis XV.

Vous le savez, vous avez été élu par une minorité de Français, 43,6% des électeurs inscrits seulement ont voté pour vous ! C'est à dire que 47 millions de Français n'ont pas voté pour vous ! Et parmi ces 43,6% d'électeurs, 43% ont déclaré voter pour vous, pour faire obstacle à Marine Le Pen.

Vous vous appuyez sur la majorité des votes exprimés, mais croyez-vous qu'il y a 50 ans les rédacteurs de la Constitution française avaient imaginé qu'un tel scénario pût être possible ? N'est-ce pas là un premier détournement de l'esprit de la Constitution, au sens par lequel Montesquieu traitait l'esprit des lois ?

Assis donc sur le trône triste de l'illégitimité, drapé de votre solitude amère, vous contemplez avec dédain le Peuple habillé de jaune qui vous crie sa colère, quand votre cote de popularité a pulvérisé tous les records en s'effondrant en dessous des 18%.

Ces gilets jaunes, vous tentez de les dissoudre, de vous en débarrasser. Vous prétextez les casseurs, les infiltrés de toutes sortes pour les décrédibiliser et brouiller leur message. Et puis, vous comptez sur l'usure du temps. À chaque acte, il nous est annoncé qu'ils sont moins nombreux. Et vous et vos Ministres, au fur et à mesure, vous faites dans la provocation, vous revenez immédiatement avec vos mesures insupportables et insupportées, vous décrétez l'Etat permanent de l'injustice sociale.

Je suis contre les violences, contre les dégradations, contre le blocage des petits et des gros commerces. Mais pas d'amalgame, les gilets jaunes, les vrais, ne sont que des gens pauvres qui n'en peuvent plus et qui vous crient leur misère. Ç'est ça la France aujourd'hui Monsieur le Président.
J'ai vu des retraités dans la rue, des femmes avec des enfants, des travailleurs pauvres, des gens inoffensifs que vous avez fait gazer, par l'envoi de grenades lacrymogènes, vous avez fait utiliser les flash Ball sur des Français non-violents, sous prétexte qu'ailleurs, à d'autres moments, il y avait eu des violences inadmissibles ! J'ai vu des femmes, des personnes âgées, les yeux rougis, verser des larmes dues autant au gaz lacrymogène qu'à la tristesse et au dépit. Vous avez fait tirer sur le Peuple. Prenez la Guerre des Farines de 1775, remplacez la farine par l'essence, Louis XVI par Emmanuel Macron et vous avez la Révolte des Gilets Jaunes de 2018-2019. Il n'y a pas de violence dans le mouvement des gilets jaunes qu'il faut considérer avec discernement, en responsabilité politique due par votre fonction. La seule violence, c'est celle que vous leur faite.

Vous êtes dans l'erreur Monsieur le Président.

Sur le fond, les Français sont très largement favorables aux gilets jaunes. Traquez-les, chassez-les, gazez-les, d'autres reviendront de partout, par les rues adjacentes. C'est inéluctable. "Ceux qui veulent éteindre les étoiles en feront toujours naître de nouvelles !"

Que pouvez-vous faire ? Rendez au Peuple sa dignité, renoncez à votre culture de banquier des riches, rendez honneur à la Fonction Présidentielle. Liberté - Égalité - Fraternité. 

Pour cela, vous avez des solutions possibles et si vous renonciez à votre entêtement, ce serait même assez simple :

- Remettez en place l'Impôt sur la Fortune immédiatement.
- Augmentez la TVA sur les produits de luxe à 30%. Croyez-vous vraiment que celui qui a les moyens de s'acheter une Ferrari à 200 000€ sera très gêné si elle lui coûte 20 000€ de plus ?
- diminuez la TVA a minima sur les produits de première nécessité, dont il faut allonger considérablement la liste en prenant en considération la dure réalité du quotidien des Français.
- Luttez contre l'évasion fiscale qui coûte chaque année à la France entre 60 et 80 Milliards. Donnez-vous les moyens, faites-en une priorité absolue, dénoncez l'Europe complice qui abrite en son sein des paradis fiscaux.
- Engagez-vous courageusement contre ce diktat de l'Europe qui contraint la France à emprunter aux banques privées et non à la Banque de France. Quand la dette publique frôle les 100% du PIB, vous surtaxez les français pour payer des intérêts aux banques privées. Le remboursement de ces intérêts est le 4ème poste budgétaire de l'Etat ! C'est à cela qu'il faut vous attaquer et non pas aux pauvres gens !
- En ces temps de populisme ambiant, il est raconté souvent n'importe quoi sur internet à propos des revenus des élus. Je pense que la plupart des élus travaillent beaucoup et sont honnêtes, il est tellement facile d'ironiser et de les suspecter systématiquement du contraire.
Ils méritent d'être bien indemnisés.
Mais je pense que les grands élus pourraient contribuer à l'effort national. 577 députés et 348 sénateurs. Je suis convaincu que s'ils diminuaient leurs indemnités de frais de mandat de 1000€ par mois, ils pourraient continuer à bien vivre et à bien fonctionner. Cela serait vécu comme un acte significatif de solidarité nationale. 925 Parlementaires multipliés par 1000€, multipliés par 12 mois, puis par 5 ans de mandat = 55 500 000€ d'économies.
Lorsque j'étais député, j'ai fait cette proposition qui n'a jamais été retenue, il m'a été conseillé fortement et de tous côtés de ne pas insister...
Mais imaginons qu'on étende cet effort de solidarité à vos Ministres, à vous-même, aux anciens Présidents de la République, à votre armée de conseillers, aux très hauts fonctionnaires et à tous les nantis de la République. Il s'agirait juste de faire un effort de contribution solidaire, il ne s'agit pas de vous mettre sur la paille... Mais les économies se compteraient par milliards.

=> Ainsi, vous pourriez trouver les recettes pour supprimer l'augmentation de la CSG sur les retraites. La retraite n'est pas une allocation sociale, elle est un dû, la diminuer est un acte anti républicain.
=> Vous pourriez aussi revaloriser de façon significative le SMIC. Pensez-vous qu'une personne qui touche le chômage ou même le RSA, ait intérêt à retrouver un travail au SMIC, c'est à dire précaire, en sachant qu'elle devra payer une nounou pour garder ses enfants, ou payer l'essence hors de prix pour aller travailler ? Il n'y a pas assez de différence entre les aides sociales et les bas salaires pour motiver les gens à accepter des emplois souvent pénibles. Car une des incohérences dans notre société est que les emplois les plus pénibles, les moins épanouissants, les moins valorisants sont souvent les plus mal payés.
=> Et puis avec ces recettes, vous pourrez donner le coût de pouce nécessaire aux employeurs des PME, PMI qui sont étranglés par les taxes et les procédures. Ce sont eux les premiers créateurs d'emplois et d'activité. C'est comme ça que vous relancerez l'économie, par la France d'en bas !
=> Avec ces recettes, vous pourrez aussi redonner des moyens aux services publics et garantir l'aménagement des territoires  équilibré. Des moyens à l'offre de soin, aux hôpitaux publics, à l'Ecole de la République, aux bailleurs sociaux que vous étranglez, aux associations d'Education Populaire qui ont disparu par dizaines de milliers depuis le début de votre quinquennat, ...
En République et vous devriez en être le garant, il est normal que le service public coûte cher, pour être de qualité et accessible à tous.

Ce ne sont pas des allocations, des primes, des compensations que demande le Peuple, c'est juste de la dignité. Pas de charité bien ordonnée, juste le respect des valeurs de la République et des Droits de l'Homme et du Citoyen.
=> Avec ces recettes, vous pourrez vous atteler à l'urgence climatique, mais pour cela il faut en avoir la volonté. Ne prenez-pas la planète en otage ! Surtout n'opposez pas l'indispensable nécessité de sauver la planète au minimum à vivre des Français.

Enfin, je suis Maire d'une petite Commune. Les Gouvernements successifs nous ont tout pris. Le pouvoir d'agir, en nous dépossédant de nos domaines de compétences et de nos responsabilités qui sont de plus en plus hyper-concentrés dans les mains des barons locaux Présidents de Métropoles, on a éloigné de nous les lieux de pouvoir avec les Grandes Régions, on nous diminue sans cesse les dotations indispensables pour des services publics de proximité.
Vous vous inscrivez dans cette continuité, vous méprisez les Maires en refusant leur invitation à leur Congrès National et vous diminuez leurs dotations, bien que vous affirmiez le contraire.
Ainsi les Maires ne sont plus que de simples gestionnaires, administrant leurs Communes sans la possibilité de faire vivre les Politiques Publiques. Là aussi, vous tentez de les décrédibiliser... On dira ensuite qu'il y a trop de Maires, trop de communes, trop d'employés municipaux...
Mais ces Maires sont le dernier bastion de cette République solidaire que nous appelons de nos vœux. Chaque jour, ils se battent, ils inventent des solutions pour secourir les plus pauvres et les plus démunis. Ils sont les garants de la cohésion sociale.
Ne les ignorez pas. Si les Maires de France n'avaient pas été là après les attentats du Bataclan, comment la France aurait-elle pu continuer à faire société, à vivre libre et en sécurité. C'est l'extraordinaire réseau des Maires qui a organisé sur tous les territoires la possibilité de continuer à vivre, par leur connaissance de la population, leur proximité sur le terrain. Sans eux, la moindre kermesse d'école, la moindre fête des voisins, la moindre rencontre sportive auraient dû être interdites.
Ils sont sans cesse dans la proximité, ils ont une expertise permanente de la réalité de la vie des habitants et de leurs difficultés. Ce fut une énorme erreur de supprimer totalement la présence des Maires à l'Assemblée. Ils sont les premiers représentants du Peuple.
Moi, comme Maire, je sais ce que ni vous, ni les députés ne savent. Je sais qu'aujourd'hui, il y a des familles, des chômeurs, des retraités, des travailleurs pauvres, des jeunes étudiants, qui font le choix de ne plus faire trois repas par jour, quand ils n’en ont plus les moyens ! Je ne vous dis pas là du Zola, je vous parle de scènes de la vie courante en 2018.
Alors, Monsieur le Président, redonnez-nous les moyens de cette indispensable solidarité, nous sommes là, en proximité auprès de tous les habitants sans exception dans nos Communes.

Le sujet n'est pas de redonner aux Français confiance en vous ou pas, le sujet est de leur redonner espoir, dignité et pouvoir d'achat.

À l'approche de ces 12 coups de minuit, je souhaite à toutes celles et à tous ceux qui m'auront entendu, en espérant naïvement que vous en serez Monsieur le président, une excellente année 2019.

Nous avons tous ensemble la République à reconstruire, des valeurs, la solidarité, le respect, les Droits et les Devoirs. Ainsi nous lutterons tous ensemble contre toutes les formes d'obscurantisme, contre les casseurs, contre le terrorisme, contre toutes les formes de violences physiques ou morales. Ce message Monsieur le Président n'est jamais qu'un message d'amour.
Pour une République à jamais solidaire Une et indivisible, une République Humaniste.
source  : http://herveferon.fr/index.php/component/content/article/57-blog/2914-message-de-nouvel-an-d-un-maire-au-president-de-la-republique