mardi 25 février 2020

L’année 2020 sera beaucoup plus déjantée … Priorisez votre santé mentale + magnifique clip vidéo : May the earth feel your love

Par Caitlin Johnstone − Le 10 février 2020 − Source medium.com
1_ucqcyIYV2jAR_7FLr5wl-wL’indignation suscitée par le scandale du caucus de l’Iowa continue de chauffer à blanc alors qu’apparaissent de plus en plus de manipulations de l’establishment contre la campagne de Bernie Sanders.
Au début du show de CNN à l’hôtel de ville avec le candidat présidentiel Démocrate Pete Buttigieg hier soir, immédiatement après le show de la chaîne TV avec Sanders, l’hôte de l’événement Chris Cuomo a annoncé que 100% des résultats du caucus étaient maintenant connus et que l’ancien maire de South Bend avait de justesse remporté la victoire. Ces résultats avaient été promulgués par le Parti Démocrate de l’Iowa quelques instants avant l’apparition de Buttigieg à l’hôtel de ville.
Il n’y a aucune raison pour quiconque, encore moins pour un grand média, de croire que ces résultats sont légitimes. Ils sont pleins d’erreurs et de divergences facilement démontrables qui ont été mises en évidence à la fois par la campagne Sanders et le New York Times, et ils n’ont pas encore été corrigées. En outre, Sanders peut revendiquer tout à fait légitimement la victoire étant donné le fait incontestable qu’il a obtenu des milliers de voix de plus que Buttigieg. Ceci sans même entrer dans toutes les autres manigances extrêmement louches avec la désormais célèbre application Shadow dont le crash a donné aux médias des ailes pour chanter les louanges de Buttigeig, ce qui lui a donné également une poussée majeure dans les sondages en prévision du New Hampshire.
Mais Chris Cuomo, qui est le frère d’un gouverneur Démocrate de New York et le fils d’un autre gouverneur Démocrate de New York, a déclaré Buttigieg – qui, en raison de ses soins pour l’establishment et son idéologie alt-centriste, est aimé des milliardaires et des agents secrets – vainqueur en tout état de cause. Cela devant des millions de personnes, pendant que Buttigieg se tenait juste là sous le feu des projecteurs. Immédiatement après la publication des «résultats».
✔Secular Talk @KyleKulinski · 7 févr. 2020
Voici ce qui vient de se passer. Le Parti démocrate de l’Iowa et le DNC se sont assis sur les résultats restants pour les publier juste avant que le maire Pete ne le fasse au show de CNN. Ils font ensuite semblant de le déclarer vainqueur, alors qu’il y a *** des problèmes spécifiques à résoudre qui feraient gagner Bernie *** https://twitter.com/Taniel/status/1225602370702389249…
✔Taniel @Taniel

Je suis étonné que (avec une différence de 0,1%) IDP n'ait pas résolu les erreurs flagrantes ici (y compris moi-même) vérifiées et peaufinés pendant 24 heures. Le NYT a écrit un article entier !!

Nous avons fait le travail. Il leur faut quelques minutes pour revérifier.

J'espère que ces résultats ne sont pas rapportés à leur valeur faciale. https://twitter.com/Taniel/status/1225597908369780742…
✔Secular Talk @KyleKulinski
Pensez au niveau de coordination qu’il faut pour essayer de réussir un geste frauduleux aussi effronté. Il faut que tous, le parti Dem de l’Iowa , le DNC et CNN soient de mèche.
Nous regardons une élection américaine majeure truquée en temps réel, juste sous nos yeux, et c’est intense. Et ça ne fait que commencer.
Dans la course de 2016 entre Sanders et Hillary Clinton, les caucus de l’Iowa ont vu une activité suspecte et il y a eu une controverse sur des résultats hasardeux, mais rien de tel que la fureur que nous avons connue sur l’Iowa au cours des derniers jours. Ce n’est qu’au caucus du Nevada que les choses ont vraiment commencé à devenir folles lors de la course de 2016, et nous en sommes encore à quelques semaines.
Nous sommes donc bien en avance sur le calendrier en termes d’intensité émotionnelle liée à cette course présidentielle primaire, et peut-être déjà à un point plus chaud après le tout premier concours primaire de 2020 qu’à tout autre moment de la course 2016 entre Sanders et Clinton. Et ça ne fera que devenir plus fou à partir de là.
Et cela pour ne parler que de la primaire présidentielle Démocrate américaine. Plus tard ce mois-ci, nous assisterons au début du procès d’extradition de Julian Assange ; nous avons aussi le narratif de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), qui gère son propre scandale en dénigrant les lanceurs d’alertes qui ont révélé que les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ont, à coup sûr, bombardé la Syrie en 2018 sous de faux prétextes ; nous avons des révélations continuelles selon lesquelles à peu près tout ce que l’administration Trump a raconté au monde pour justifier l’assassinat de Qassem Soleimani était mensonger ; nous avons une nouvelle escalade de la guerre froide entre les États-Unis et la Russie ; nous avons la montée de la pression de l‘establishment pour censurer Internet ; nous avons une guerre de propagande croissante contre la Chine ; pour finir la belligérance militariste généralisée de l’empire des États-Unis ; et Dieu sait quoi d’autre.
Comme je l’ai dit en novembre, les choses vont devenir de plus en plus étranges dans un avenir prévisible. Nous arrivons à un point de l’histoire où la seule chose assurée est la désintégration de toutes les choses, et 2020 est sorti de ses gonds détruisant les clôtures pour installer ce modèle avec une agression extrême. Nous n’allons pas atteindre un point de stabilité ou de normalité cette année, nous allons voir les choses devenir de plus en plus folles, vraiment folles. Je ne sais pas ce qui va se passer, mais je sais que ça va être fou.
⏳Caitlin Johnstone @caitoz

Les choses ne feront que devenir plus étranges.

J'entends souvent des gens dans mon métier dire " Mec, nous allons regarder en arrière toutes ces conneries folles et penser à quel point c'était vraiment bizarre !"
 
Non, nous ne le ferons pas. Parce que ça ne fera que devenir plus étrange. 

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Dans un tel environnement, il sera absolument essentiel de prendre un soin exceptionnel de votre santé psychologique si vous voulez rester engagé avec ce qui se passe dans le monde de manière positive.
Et je veux vraiment dire exceptionnel. Quoi que vous fassiez maintenant, faites-en plus. Commencez à cultiver de nouvelles habitudes pour rester lucide et serein, et commencez maintenant avant que les choses deviennent super folles. Résolvez vos problèmes avec votre famille et avec vous-même. N’oubliez pas de bouger votre corps d’une manière qui vous fait du bien. Consacrez-vous un peu de temps chaque jour pour rester tranquille avec vous-même. Remarquez la beauté qui vous entoure. Faîtes des câlins, acceptez les. Prenez une douche et chantez à tue-tête. Sentez vos pieds sur le sol, blottissez vos fesses dans votre chaise et écoutez-vous comme si c’était une chanson à la radio. Bâillez. Rotez. Étirez-vous. Rugissez. Mettez de la musique forte et trémoussez-vous. Tout ce que vous savez peut vous aider à sortir de votre tête et à retourner dans votre corps, n’oubliez pas de le faire et n’oubliez pas de le faire régulièrement. Rendez-le habituel.
Soyez proactif avec cela plutôt que réactif ; si vous attendez de devoir réagir plus tard, vous aurez l’impression de devoir vous battre pour garder la tête hors de l’eau. Si vous le faites maintenant, vous aurez l’espace mental nécessaire pour naviguer dans des eaux tumultueuses.
C’est ce qui sera nécessaire si vous voulez vous confronter à la matrice narrative de plus en plus frénétique dans le futur. La seule alternative sera de se désengager complètement et de porter son attention ailleurs, ou du moins loin de la politique et de l’actualité. Et si vous ne faites pas de la culture du bien-être mental votre priorité absolue, vous serez forcé de vous désengager de toute façon, et ce sera de manière très désagréable.
Et honnêtement, c’est quelque chose que tous les types d’activistes devraient faire quoi qu’il arrive. Croire que vous pouvez aider le monde sans faire de gros travaux intérieurs, c’est comme croire que vous pourrez nettoyer votre maison quand elle sera devenue un égout. Vous pouvez toujours repérer les militants politiques qui s’engagent sans faire aucun travail intérieur par la forme chaotique, peu habile et souvent contre-productive de leurs actions. Ils ne voient pas assez clairement pour fonctionner efficacement, car leur vision est assombrie par des souffrances et des conflits non résolus. Passez sous la douche et nettoyez vous-même la sanie avant d’essayer de nettoyer la maison.
Certains de mes lecteurs veulent une insurrection de Sanders au sein du Parti Démocrate, d’autres soutiennent des tiers ou des indépendants, tandis que d’autres, enfin, évitent complètement la politique électorale et approuvent des approches différentes pour pousser à un véritable changement. Mais d’après mon expérience, vous vous souciez tous profondément du monde, quelle que soit votre voie préférée pour le faire, et cela va coûter cher si vous n’avez pas l’espace psychologique pour naviguer lucidement, car toutes sortes de choses se déferont au cours de la prochaine année.
Surtout, soyez doux avec vous-même. Nous avons une longueur d’avance et nous avons besoin de vous voir frais et à l’aise. Vous ne pourrez pas aider à réveiller le monde si vous laissez le chaos et la confusion vous entraîner. Sachez quand faire une pause dans le flux d’informations et de babillages qui tentent de déformer votre perception. Utilisez vos outils pour vous éloigner des récits afin de les percevoir objectivement. Ancrez-vous à la terre, trouvez votre centre de gravité – physique et mental – puis, lorsque vous serez prêt, revenez.
Peu importe comment les choses deviennent chaotiques, votre capacité à naviguer dans ce chaos avec habileté doit être votre priorité. Mettez votre bien-être mental en premier et tout le reste se mettra en place.
Soyez vous-même la paix et l’harmonie que vous voulez voir dans le monde.
Caitlin Johnstone
Traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone

Réforme des retraites, justice sociale et climatique : winter is coming ?


lundi 24 février 2020

Contre-Courant – « Il suffira d'une étincelle » avec Anasse Kazib et Alain Badiou

Retrouvez "Contre-Courant" pour un débat exceptionnel animé par Aude Lancelin, entre Alain Badiou et Anasse Kazib, en public au théâtre de la Commune.

Gilets jaunes, syndicalistes, parlementaires... comment les réunir ?



dimanche 2 février 2020

[humour] Le coronavirus vu par Elodie Poux


Acte 64 : «Tout est fait pour nous interdire de manifester», selon Jérôme Rodrigues


Jérôme : "vous avez 400 personnes hier,soit presque 55000 euros d'amendes, qui ont été verbalisées face au bâtiment des défenseurs des droits de l'homme"


En marche vers la censure - édito de Denis Robert... le dernier ?


"La loi Avia, du nom de la députée emmarcheuse Laetitia Avia qui veut nous faire croire qu’elle lutte contre les propos haineux sur Internet était discutée la semaine dernière à l'Assemblée. Un amendement est passé donnant tout pouvoir au Ministère de l’intérieur pour faire retirer en une heure, montre en main, tout "propos haineux"… Avant, dans le projet de loi, c’était 24 heures, ça laissait le temps de contre-argumenter. Pourquoi sont-ils soudain si pressés, si castrateurs ? Si la plate forme ne s’exécute pas, elle risque la fermeture. Et l’amendement est passé. Au Palais Bourbon, tout passe et tout trépasse. A commencer par nos faibles espoirs de débat démocratique."




Clip musical de Gilles Lartigot "La F*** est Finie"


[Fracture sociale] Signes des temps : critiques extrêmes de l'exécutif macronien par un porte-parole du parti des pas de parti


samedi 1 février 2020

Gouvernement et médias : complices pour nier les violences policières


Acte 64 : «Je pense que le gouvernement a peur de ce que représentent les Gilets jaunes»

Entretien du 01/02/2020 avec Julie Garnier, oratrice nationale de la France insoumise. Elle s’exprime sur l’acte 64 des Gilets jaunes, ainsi que sur le rapport actuel entre Emmanuel Macron et la population française.





[humour] Le coronavirus vu par Thomas Wiesel


« Allô la police, ils vous achètent, ça crève les yeux ! »


Emmanuel Todd, L'ENA et les «crétins diplômés», et les Gilets jaunes


lundi 27 janvier 2020

macron ou nous, c'est maintenant !


Proposition de François Boulo : blocage massif des raffineries accompagnée d'une caisse de grève nationale pour leurs salariés




Raoul Hedebouw est l’invité de Denis Robert pour un TPA franco-belge spécial « Retraites » : Camarades français, vous devez tenir bon !


L’idée d’inviter ce biologiste de 42 ans, porte-parole du PTB le parti des travailleurs de Belgique, est venue au lendemain de la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo devenue virale où on voit le député liégeois interroger, au parlement de Bruxelles, son « ministre des pensions » et lui demander de conseiller Emmanuel Macron pour qu’il sorte de l’impasse sociale dans laquelle il met notre pays. En Belgique, où, malgré une retraite prise autour de 67 ans, après plusieurs journées de grèves et de manifestations massives, la retraite à points a été rejetée par la population. Et le gouvernement a du suivre. En une heure d’échanges intenses, Raoul Hedebouw explique bien pourquoi toute l’Europe des salariés a les yeux fixés sur la France « Si vous échouez et si le projet de réforme passe en France, la contre-offensive libérale va déferler partout où ça résiste encore, à commencer par chez nous. C’est le souhait de la commission européenne.». Le député belge dont le parti pèse pour environ 20% du corps électoral belge soutient la lutte des grévistes français en allant lui-même manifester chaque week-end avec ses camarades du PTB à Lilles. Il se dit sidéré par les violences policières. Il évoque aussi dans ce TPA la corruption endémique de son pays, les faiblesses médiatiques et la joie de lutter quand les causes sont justes mais difficiles.





Manon Aubry - AQC #23 : la grève dans toutes ses formes, les inégalités & Davos, le vietnam et l'UE & la pantoufle


mercredi 22 janvier 2020

Liste d'actions de désobéissance civile

COMMENT DÉSOBÉIR ? QUELQUES LISTES
3 DÉCEMBRE 2019 / VICISS HACKSO / CONSTRUIRE
Face à face entre gendarmes et cinq femmes costumées en Marianne, samedi 15 décembre, sur les Champs Elysées lors de la manifestation des Gilets Jaunes. / © Valéry Hache / AFP
Actuellement je suis en train de finaliser le premier jet d’un très gros bouquin sur l’autodétermination qui m’a amené notamment à faire des recherches sur la résistance et sur la désobéissance civile, dans le champ historique et philosophique, en contexte de guerre, hors guerre, sous des formes « destructrices », « non violentes », altruistes ou non. Pour mieux comprendre le phénomène, j’ai étudié aussi le contraire,notamment les cas extrêmes tels que les obéissants aux génocides durant la Seconde Guerre (Eichmann, Stangl) et durant le génocide de 1994 au Rwanda (800 000 morts en 3 mois). Par exemple le dossier sur la personnalité altruiste, qui étudie les sauveteurs, ces désobéissances et résistants altruistes durant la Seconde Guerre mondiale, est issu de ces recherches.
Je suis assez frustrée de ne pas pouvoir vous partager cela maintenant, alors voici un résumé très synthétique des leçons que j’ai retenu de cette recherche. En cette fin d’année qui annonce des chamboulements dans le paysage politico-social, il me semblait pertinent d’en proposer une petite synthèse maintenant et vous présenter des livres formidables à ce sujet.

Comment désobéir ?

Liste philosophique


La philosophie désobéissante et des désobéissants, à commencer par La Boétie qu’on vient de citer, ne va pas nous donner un tuto dogmatique comme réponse, il s’agit plutôt d’un grand cri pour nous réveiller, nous sortir de l’apathie de l’obéissance. Voici la liste qui en ressort, principalement issue de La Boétie et Thoreau :
  • On peut désobéir lorsqu’on veut être libre, et être libre, c’est être responsable, et être responsable c’est donner du sens à sa et à la vie, concrètement, dans l’action, la prise en main des situations.
  • On peut désobéir quand on supprime notre adoration du ou des chefs.
  • On peut désobéir en cessant de surestimer le coût, les conséquences négatives de la désobéissance.
  • On peut désobéir en cessant de se détourner/divertir des questions importantes.
  • On peut désobéir en refusant de s’habituer, de s’accommoder à l’obéissance.
  • On peut désobéir en cessant d’avoir peur (du chaos, du jugement des autres, de l’ostracisation, des conséquences…).
  • On peut désobéir en cessant d’être zélé, de surobéir, de servir le/les tyrans, les autorités aliénantes.
  • On peut désobéir en arrêtant d’idolâtrer, supérioriser l’autorité, les dominants, les tyrans et les tyranneaux (expression de La Boétie pour désigner la cour rapprochée du tyran, qui surobéissent pour dominer d’autres, pour gagner des petits conforts et avantages).
  • On peut désobéir en refusant le confort de la soumission et de la déresponsabilisation.
  • On peut désobéir en refusant de se couper de la réalité, aussi moche et atroce soit-elle.
  • On peut désobéir en refusant d’agir de façon automatique.
  • On peut désobéir en étant guidé par sa propre conscience et non celle d’idéologues, de dogmatiques, d’autorités aliénantes…
  • On peut désobéir en ne laissant pas un autre penser à notre place.
  • On peut désobéir en se découvrant irremplaçable pour aider autrui à être plus libre et non lui être soumis ou vouloir le soumettre.
  • On peut désobéir en découvrant l’impossibilité de se dérober à la tâche (de désobéir, d’agir, d’œuvrer selon notre conscience).
  • On peut désobéir en découvrant l’impossibilité de continuer à obéir car cela reviendrait à un suicide psychique.
  • On peut désobéir en refusant la « neutralité » car la neutralité a pour effet de masquer sa responsabilité,d’œuvrer dans une complicité passive.
  • On peut désobéir par la reconnaissance des déterminismes, des causes extérieures multiples et non pas uniques.
  • On peut désobéir en reconnaissant que la liberté est illusoire, et que se libérer consiste non pas à atteindre un libre arbitre mythologique mais à se libérer des illusions de la liberté.
  • Désobéir ne consiste pas à opposer raison et émotion, en privilégiant l’un ou l’autre, mais bien à réconcilier l’un et l’autre, l’un offrant un cadre à l’autre, et réciproquement.

Comment désobéir ?

La liste psycho-sociale


Ici, ces leçons me proviennent principalement des études autour de l’expérience de Milgram, de l’autoritarisme et de la dominance sociale. C’est presque la même chose que ce qui est dit dans les écrits de La Boétie, excepté que cela a pu être testé et validé scientifiquement.
  • On peut désobéir lorsqu’on a préalablement accepté de ressentir pleinement les émotions extrêmement négatives que suscitent l’acte d’obéissance.
  • On peut désobéir plus facilement lorsqu’on a fait de petits actes d’opposition, même petits, à une ou à des autorités (distribution de tracts, manifestations, non acquiescement…).
  • On peut désobéir plus facilement si on a conscience et connaissance des dérives épouvantables de l’obéissance à des ordres ou à des idéologies destructrices (c’est à dire toute idéologie prônant la déshumanisation de certains individus ou groupes d’individus).
  • On peut désobéir plus facilement si on maintient son aversion à la souffrance, si on ne coupe pas son empathie (ce qui implique de pas dénier les différentes émotions que l’on peut ressentir).
  • On désobéit plus facilement lorsque les autorités sont incohérentes ou que des tiers soulignent leurs dérives ; à l’inverse on obéit davantage si l’autorité est proche de nous physiquement et que des tiers ne commentent pas leurs dérives.
  • On peut désobéir plus facilement si l’on voit littéralement la souffrance que cause notre obéissance sur autrui ; la distance (physique et/ou mentale) de la souffrance d’autrui participe au contraire à augmenter l’obéissance.
  • On peut désobéir plus facilement si on se regarde littéralement dans un miroir durant l’acte destructeur.
  • On peut désobéir plus facilement si on interagit beaucoup avec l’autorité et qu’on a donc pu constater qu’elle ne changerait pas d’avis, n’entendrait pas raison ; cela permet de voir aussi l’absence de justification valable/légitime/éthique à ces ordres, ces injonctions ou politiques.
  • On peut désobéir en étant complètement dans l’émotion, en pleurant, en « perdant la face », en ayant une apparence « fragile ». L’émotion dite négative n’est pas une faiblesse, mais une force qui permet de dire non. Les soldats désobéissants vomissaient parfois toutes leurs tripes devant les horreurs, partaient en hurlant, n’avaient plus du tout une apparence « forte » et c’est cet état émotionnel d’urgence qui leur a permis de désobéir, fuir, voire de se rebeller.

Comment désobéir ?

La liste d’action


Cette liste ci-dessous provient de sources historiques, psycho-sociale/historique, philosophique, d’essais sur la non-violence ( et par “non-violence”, il ne faut pas l’entendre ici par “non casse” comme on l’entend souvent aujourd’hui dans les médias), d’écrits divers et variés de désobéissants et résistants, de services de renseignements et de hackers. Je mettrais les sources à la fin.
⇒ en hackant les contrôles, les « verrous », les symboles de pouvoir et tout ce qui représente ou bloque littéralement la liberté, l’autonomie, l’autodétermination, l’empowerment, la satisfaction des besoins fondamentaux des personnes.

Le site du FBI rendu inaccessible par DDOS par anonymous en 2012

⇒ en occupant et en défendant des zones, de façon autodéterminée, d’un contrôle ou d’une dominance nuisible, insensée, destructive et/ou contraire à la dignité humaine.

Notre-Dame-des-landes, barricade Bison Futé : https://www.flickr.com/photos/jey-oh/13868284193/in/album-72157643993144014/

⇒ en sabotant

Camover, un collectif allemand qui détruit les caméras de surveillance

⇒ en arrêtant d’obéir, de faire

⇒ en obéissant à autre chose ; par exemple, des chauffeurs Uber ont manifesté tout simplement en respectant le Code de la route parce qu’implicitement on leur demandait le contraire ; plusieurs ont été « licenciés » suite à cette action :

⇒ en s’infiltrant dans les milieux problématiques puis en détournant de l’intérieur les mécanismes de destructivité.
Dans cette vidéo ci-dessus, dans cette infiltration il s’agissait surtout de blaguer, mais on voit que cela a eut des conséquences :

⇒ en décidant que l’autorité n’a plus du tout de pouvoir, que ces règles ne sont pas en vigueur et en vivant et en mettant en place le modèle de vie qu’on veut vivre.
⇒ en détournant son travail pour en faire autre chose, en se donnant d’autres quêtes plus sensées, autodéterminées et autodeterminantes, altruistes.
⇒ en libérant l’information (connaissances, lançage d’alerte, publication de données, de témoignages révélant les envers du décor, piratage)

⇒ en donnant gratuitement ce qui est censé apporter du profit à des dominants

Alexandra Elbakyan, robin des bois de la science, créatrice de l’indispensable sci-hub : https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandra_Elbakyan

Ici, Léo de Dirtybiology explique très bien en quoi les éditeurs sont un problème et donc en quoi cela légitime l’utilisation de sci-hub par exemple  :

⇒ en aidant et en soutenant autrui

Cela peut se faire furtivement, publiquement, l’un n’est pas « moralement » meilleur que l’autre, tout dépend des situations, et de l’efficacité possible de l’action. Les terrains d’actions peuvent être très divers, allant de la place publique, de la rue, dans l’entreprise ou institution problématique, sur internet (notamment dans une démarche hacktiviste par exemple).
Hacker, gripper, détourner tout ce qui cause de la destructivité n’est pas violent, c’est au contraire faire acte de non-violence, puisqu’il s’agit de condamner ou d’enlever de la violence. On n’accuse pas de violence le médecin d’avoir ouvert un corps infecté pour en retirer l’infection. Cependant, en bon docteur, ne confondons pas le mal réel de l’infection avec la personne qui la porte : ceux qui perpétuent des dominations, les injustices et les oppressions, les tyranneaux et la la garde, l’esprit de cour qui copie le tyran, comme le cite La boétie sont également aliénés par leurs rôles, passent totalement à côté d’une autodétermination puissamment heureuse, font l’erreur d’un mauvais calcul quant à leur existence.

Des livres sur la désobéissance autodéterminée


Ce ne sont là que listes, brèves et synthétiques; évidemment les livres que nous allons présenter vous offriront mille fois plus d’entrain que cette ultra-synthèse.
Les furtifs, Alain Damasio c’est rare que je mette de la fiction dans mes sources, mais ici c’est plus qu’approprié. C’est un chef d’œuvre. Et plus encore, c’est une prouesse de créateur, c’est proprement hallucinant tout ce qu’a donné Alain Damasio à cette œuvre, et on sent cette énergie, ce dépassement, l’œuvre nous transfuse de ce don si total. C’est une ode à la furtivité, à l’extension créatrice, à la liberté, à la désobéissance constructive, à la résistance civile chaleureuse, à l’engagement autodéterminé, et il y a tellement, tellement d’humanité dans ce monde-là. Il y a une injection massive de maturité socio-émotionnelle et de l’intelligence dans cette histoire, à un tel niveau d’altruisme que ça vous arrache des larmes de bonheur.
Discours de la servitude volontaireÉtienne de La Boétie. Si vous ne devez lire qu’un seul essai court sur la désobéissance, choisissez celui-là : La Boétie avait déjà tout saisi ce qu’il y avait à savoir de l’obéissance et de la désobéissance, et cela est condensé en un texte là aussi puissant en énergie, fort d’image marquantes, de phrases qui restent. Certes les formulations non modernes peuvent rebuter, mais on s’y habitue et finalement on se rend compte que le texte est beaucoup plus accessible qu’il n’y paraît au premier abord.
La Désobéissance civileDavid Thoreau ; là encore il s’agit d’un classique sur la désobéissance, qui personnellement m’a moins marqué car il est très lié aux questions de l’époque dont il est plus difficile de saisir l’exact climat, contrairement à l’ouvrage de La Boétie qui parle de tyran et de liberté de façon plus conceptuelle. Cependant, encore une fois, on sent quelque chose de puissant qui anime la réflexion.
Désobéir, Frédéric Gros, une excellente synthèse et voyage à travers la philosophie de la désobéissance, là encore extrêmement énergisant. Il est extrêmement accessible à lire sans perdre en cette magie qu’à la philosophie de nous donner du ciment à nos concepts éparpillés, de lier magnifiquement ce qui était confus, et de mettre de l’essence dans nos moteurs psychiques.

Des livres sur les désobéissants


The altruistic personnality, rescuers of jews in Nazi EuropeSamuel P. Oliner, Pearl M. Oliner, 1988 ; on en a fait un résumé ici, on y voit une désobéissance par altruisme, les témoignages sont absolument incroyables de courage tout en étant d’une simplicité sidérante.
Sans armes face à Hitler, Jacques Semelin, 1998 ; Pour sortir de la violence, Jacques Semelin, 1983 Les deux ouvrages comportent des exemples de résistance civile extrêmement inspirants, et Jacques Semelin est un excellent professeur, je recommande absolument tous ses ouvrages.
Mémoires Vives, Edward Snowden 2019, le meilleur mode d’emploi pour désobéir dans nos contextes actuels : D J’ai vraiment eu la joie de découvrir par ses mots quelqu’un qui aurait très bien être pu être ce pote geek/hacker qu’on a eu lycée, quelqu’un d’accessible, normal, mais qui est tombé comme beaucoup d’Américains dans une forme d’obéissance par peur du terrorisme. Il raconte comment il a changé en s’éveillant politiquement, en découvrant ce à quoi il servait, puis enfin comment il a désobéi.
La non-violence, Semelin et Mellon, 1994 décrit précisément des actes de désobéissance civile, mais si je le mets en valeur ici c’est surtout parce que j’en ai marre du grand n’importe quoi qui est dit sur le concept de « non-violence » qui est complètement tordu ; par exemple casser des vitrines lors d’une énième manifestation est un acte de non-violence et les pouvoirs n’ont encore rien voulu entendre, présentant cela comme la pire des violences ; et à l’inverse, effacer des tags parce ce serait des mots violents envers les policiers est violent. Ce livre est parfait pour comprendre ce que voulait vraiment dire non-violence.
Désobéir en démocratie, la pensée désobéissante de Thoreau à Martin Luther King, Manuel Cervera-Marzal 2010. un excellent résumé historique, conceptuel, mais aussi sous l’aspect juridique de la désobéissance civile en démocratie. Là encore, la définition de non-violence n’est pas tordue.


Et ce formidable documentaire sur Aaron Schwartz :
Et ce formidable documentaire sur Aaron Schwartz :


Sources


Et voici le reste des sources avec lesquelles j’ai construit mes « listes », par ordre d’année de publication :
  • Révolution non violente, Martin Luther King, 1963
  • Soumission à l’autorité, Stanley Milgram, 1974
  • Au fond des ténèbres, un bourreau parle : Franz Stangl commandant de TreblinkaGitta Sereny, 1974
  • L’Éthique des hackers, Steven Levy, 1984
  • Des hommes ordinaires : le 101e bataillon de réserve, Christopher R. Browning, 1992
  • Purifier et détruire, usages politiques des massacres et génocides, Jacques Semelin, 2005
  • Magda et André Trocmé, figures de résistance, textes choisis par Pierre Boismorand, 2008
  • L’Éthique hacker, Pekka Himanem, 2001
  • Un si fragile vernis d’humanité, Banalité du mal, banalité du bienMichel Terestchenko, 2005
  • Désobéissance civile et démocratieHoward Zinn, 2010
  • Anonymous, Nicolas Danet et Frederic Bardeau, 2011
  • Hacker : au cœur de la résistance numérique, Amaëlle Guitton, 2013
  • Un million de révolutions tranquilles, Bénédicte Manier, 2016
  • Rôle des mécanismes d’autorégulation dans la soumission à l’autorité, Johann Lepage, 2017
On a aussi parlé de désobéissance ici, sous l’angle du hack social :