lundi 14 août 2017

Message... à la France insoumise (au-delà de Mélenchon) ? / Message ... in rebellious France (above Mélenchon) ?


Bon, on n'est pas obligé de se focaliser sur ce qui peut déconcerter... Cette dame est très intéressante à écouter. 

Son site : http://www.personocratia.com/accueil/




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La 100 000ième personocratia !!!
L’humanité est en train de vivre la plus grande transformation de son histoire, une véritable mutation qui donnera naissance à un règne nouveau sur terre, la diessité, et à un nouvel individu, l’être diessique.
Comme dans le « Phénomène du centième singe »*, il arrivera un moment critique où la bascule de la conscience collective se fera subitement, telle une épidémie d’amour, car seul l’amour est contagieux... Utopie ridicule ou évolution inévitable ?
 Toi seule le sait.
Quand verrons-nous le paradis-sur-terre ?
 Quand nous aurons atteint la masse critique de personocratias. Quand atteindrons-nous cette masse critique ?
 Quand il y aura un nombre suffisant de personnes conscientes se comportant en êtres diessiques dans leur vie quotidienne. Que se passera-t-il alors ?
 L’humanité passera subitement de l’inconscience animale à la conscience diessique. Comment le saurons-nous ?
 L’individu remplacera la guerre par la paix.
 La société passera de l’enfer-sur-terre au paradis-sur-terre.
Verrons-nous cela de notre vivant ?
 Tout dépend de nous, car notre création dépend de notre niveau de conscience. Que pouvons-nous faire pour y arriver ?
 Accélérer notre transformation individuelle et nous libérer de nos peurs. Laquelle des personocratias fera exploser la vieille conscience collective ?
 La 100 000ième !!!
* Le « Phénomène du centième singe » 
Voici ce que révélèrent d’étonnantes observations anthropologiques japonaises, liées à l’étude en milieu naturel, pendant 30 années, des macaques de l’archipel des îles Okinawa Tô :
Dans l’île de Koshima, des scientifiques approvisionnaient les singes de patates douces qu’ils laissaient tomber sur la plage. Les singes aimaient bien le goût de la patate douce crue, mais trouvaient déplaisant de manger du sable.
En 1952, Imo, une jeune femelle de 18 mois, trouva la solution au problème en lavant les patates. Entre 1952 et 1958, les observateurs notèrent que les premiers à suivre l’exemple de la guenon furent les jeunes singes qui l’accompagnaient, de plus en plus nombreux, avec d’autres femelles. Les plus réticents furent les vieux mâles, rivés à leurs habitudes, qui observaient ce manège avec des grimaces réprobatrices.
Les années passèrent, et le processus continua lentement à s’amplifier jusqu’au jour où ce groupe atteignit une "centaine" d’individus. À l’automne de 1958, le "centième" singe apprit à son tour à laver ses patates, et c’est à ce moment que se passa un phénomène extraordinaire : toute la communauté bascula et l’ensemble de la société des singes adopta ce comportement. Plus extraordinaire encore, les scientifiques découvrirent, stupéfaits, que ce nouveau comportement venait de franchir l’océan d’un seul bond !
En effet, des colonies de singes occupant d’autres îles, et même la troupe vivant sur le continent dans la ville de Takasaki, commencèrent eux aussi à laver leurs patates douces ! L’addition de "l’énergie mentale" de ce "centième" singe créa donc une véritable percée idéologique, une révolution culturelle inattendue.
La nature elle-même délivrait ce message : lorsqu’un certain nombre d’individus atteint un niveau de conscience, celui-ci peut être transmis d’un individu à l’autre !
Même si le nombre exact d’individus touchés par ce changement peut varier, le « Phénomène du centième singe » demeure le même. Lorsqu’un nombre restreint de personnes apprend une nouvelle façon de penser, de vivre et d’agir, ce nouvel apprentissage reste connu des seuls initiés. Cependant, il suffit alors qu’une seule personne parvienne à son tour à cette nouvelle conscience, pour que celle-ci atteigne tout le monde !
* Cette histoire provient du livre The Hundredth Monkey de Ken Keyes, Jr.
source : http://www.personocratia.com/1oo-ooo-e/

deux chaînes utube : 

https://www.youtube.com/channel/UC3Mmjyd2Sgbfd4IfhoJyIkw

https://www.youtube.com/channel/UCdYxldcDf-ppxQg8uIX1Qbg




pour aller plus loin


dans la suivante, la santé et, notamment, la problématique des vaccins



Pour être complet, une critique de son oeuvre et une spiritualité qui l'inspire... Chacun en tirera ses conclusions.  

1. Critique de son oeuvre 

Le complot Lanctôt

par Georges-André Tessier

Extrait du Québec Sceptique no 34, page 27, été 1995

L'ouvrage du Dr Guylaine Lanctôt, La Mafia médicale, est un livre éparpillé et syncrétique qu'il est bien difficile de critiquer de manière cohérente. Tout dans cet ouvrage est un tissu de contradictions : des présupposés méthodologiques jusqu'aux conclusions. Pour mieux mesurer l'ampleur des incongruités de Mme Lanctôt, nous avons choisi de considérer son propos sous différentes facettes.

Mettre de côté la raison... au profit de la voyance

Parmi les rares qualités de l'ouvrage, on observe le fait que son auteure, tout au début du prologue, formule clairement la méthode de recherche à l'origine de ses prétendues « découvertes ». Mme Lanctôt explique ainsi que ledomaine qu'elle nous invite à explorer avec elle ne se comprendra pas seulement avec la « logique » du cerveau mais davantage avec « l'intuition » du coeur (p. 4).
Pour ses lecteurs qui n'auraient pas compris les implications de sa méthode intuitive, l'auteure de La Mafia médicale précise que si l'on veut vérifier la véracité de ses conclusions, il ne faut pas chercher « les preuves, les références, les chiffres… » Elle nous avoue candidement que nous n'en trouverons pas dans son ouvrage. Mme Lanctôt propose les titres de plusieurs ouvrages dans les marges des pages de son livre, mais elle admet ne pas les avoir lus :
Certains, je les ai lus de bout en bout; d'autres, je les ai seulement feuilletés; d'autres enfin, je ne les ai pas lus du tout. Ça n'a pas d'importance…
(p. 4)
Comme critère de validité, Mme Lanctôt nous propose plutôt ce qu'elle appelle la « voix intérieure » qui loge dans « votre moi profond » (p. 4). Selon elle, toute vérité est subjective et seule la voix intérieure peut permettre aux individus de distinguer le vrai du faux. Plus loin dans le corps de son ouvrage, elle devient plus explicite encore en invitant carrément ses lecteurs à « faire taire leur raison » (p. 114)!
En réalité, Mme Lanctôt se trompe profondément. En matière de santé et de science, il n'est jamais bon de faire taire sa raison au profit de sa « voix intérieure » car, dans ces circonstances, on ne fait que s'enfermer dans ses propres préjugés. Rappelons incidemment que c'est pour défendre leurs préjugés que les Inquisiteurs ont refusé de considérer les mesures de Galilée prouvant le mouvement de la Terre autour du Soleil. C'est aussi pour défendre ses préjugés que l'Église anglicane a longtemps refusé de reconnaître les faits et la justesse des raisonnements de Charles Darwin. Et c'est encore pour s'enfermer dans leurs préjugés que les nazis ont cherché à faire la preuve de l'infériorité de certaines minorités ethniques pendant la Seconde Guerre. En écoutant leur intuition et leur voix intérieure, les nazis sont parvenus à se convaincre que la race aryenne était supérieure aux autres races… Les préjugés ont la vie dure. Seules la raison et l'observation impartiale des faits permettent parfois d'en venir à bout.
En prenant connaissance de l'ouvrage de Mme Lanctôt, nous avons également reconnu un autre mode d'appréhension du réel exploité par l'auteure : la révélation. En effet, celle-ci adhère à la croyance suivant laquelle nous sommes, en plus de notre corps physique, pourvus de quatre corps invisibles. Chacun de ces corps serait caractérisé par des « vibrations » dont la fréquence et la masse fluctuent suivant leur proximité avec l'Esprit divin…
Ces vibrations, Mme Lanctôt nous précise que nous ne pouvons ni les voir ni les toucher et qu'aucun appareil de mesure ne permet de les enregistrer! Si elle connaît leur existence, c'est par l'entremise de voyantes qui ont, selon elle, la faculté « de voir ou de sentir les vibrations des corps et de l'âme, au point de pouvoir les décrire et les quantifier » (p. 19). Elle a reçu cette révélation par l'entremise de deux auteures guérisseuses (Janine Fontaine et Barbara Brennan) en qui elle croit manifestement sans réserve.
Or, notre expérience de Sceptiques nous apprend que les révélations des voyantes méritent toujours d'être vérifiées par d'autres méthodes. Ainsi, c'est en oubliant de vérifier ses intuitions que Luc Jouret est parti vers l'étoile Sirius en entraînant avec lui dans la mort une cinquantaine de personnes. Le Gourou avait décidé d'emprunter une piste qui lui était dictée par ses qualités de voyant.

Une part de vérité

Malgré sa méthode peu orthodoxe, l'ouvrage de Guylaine Lanctôt n'est pas seulement un jardin où fleurit l'imaginaire. L'auteure formule des constats très justes sur les coûts prohibitifs des services de santé et sur le caractère déshumanisant de la pratique médicale. Elle reproche ainsi à la médecine scientifique d'être une médecine de maladie, centrée sur le curatif plutôt que sur le préventif. Elle questionne les mobiles véritables de certains acteurs du secteur de la santé, comme les politiciens, les compagnies pharmaceutiques et les syndicats professionnels dont la compassion et le désintéressement ont en effet souvent été démentis.
Mme Lanctôt fait aussi d'autres observations très justes sur l'hygiène physique et psychologique dans l'approche préventive de la maladie et elle formule quelques lieux communs sur le rôle néfaste de la pauvreté et de la pollution. C'est sur ces quelques vérités qu'elle cherche à se faire un peu de crédit pour ensuite conduire ses lecteurs vers des constructions carrément délirantes.

Ivan Illich : un auteur mal interprété

Parmi la masse des auteurs farfelus ou paranoïaques qu'elle cite dans son livre (voir article suivant), Mme Lanctôt se réfère également, ça et là, à des auteurs sérieux. C'est le cas par exemple d'Ivan Illich, un auteur qui a publié en 1975 une essai critique sur l'institution médicale. Lanctôt reprend à son compte l'une des thèses du célèbre essayiste, suivant laquelle, dans les sociétés industrielles, la médecine nuit à la santé (voir encadré). Cependant, elle déforme complètement la thèse d'Illich pour la détourner au profit de sa propre « théorie ».
D'ailleurs, à ce chapitre, l'auteure de La Mafia médicale joue double jeu avec l'oeuvre d'Ivan Illich. Tantôt, elle porte ce dernier comme un étendard et reproche aux « autorités gouvernementales » de ne pas tenir compte des critiques qu'il a formulées (p. 78). Mais ailleurs, c'est elle qui abandonne, sans explication, l'analyse que propose Illich pour se mettre à défendre des thèses qui contredisent les démonstrations de l'auteur qu'elle chérissait quelques lignes auparavant. Il faut dire que l'ouvrage d'Ivan Illich appartient peut-être à ceux que Lanctôt se vante d'avoir seulement feuilletés!
En effet, si Illich observe dans une certaine mesure que la médecine nuit à la santé, il conçoit ce phénomène comme un effet paradoxal propre aux services publics, évoluant dans une société de production industrielle. Illich est pleinement conscient de la complexité des organisations qu'il critique et de l'emprise limitée des dirigeants d'hôpitaux ou des chefs politiques sur les phénomènes qu'il décrit. Le chapitre IV de son essai est d'ailleurs consacré à considérer ces limites.
Tout au contraire, Lanctôt considère que les dirigeants sont conscients et tout-puissants et que l'institution médicale nuit sciemment à la santé des citoyens dans le but de pouvoir ensuite leur vendre des services et des médicaments. Mais surtout, elle y voit plus précisément encore l'objet d'un complot, d'une « machination » ourdie par la « mafia médicale » et par ses agents (p. 5).

L'Industrie : le grand maître du Complot mondial

Ainsi donc, à partir des constatations réalistes appartenant à une saine critique du capitalisme et des institutions sociales, Lanctôt glisse ensuite progressivement dans une interprétation délirante des phénomènes sociaux. Pour ne retenir que les grandes lignes, considérons ici les aspects saillants de la conspiration que l'auteure de La Mafia médicale croit avoir démasquée.

Le Parrain

D'après elle, un « Parrain » malveillant est à l'origine de toute cette machination :
L'INDUSTRIE: c'est l'exploiteur. C'est le Parrain du système médical. C'est le grand dictateur et bénéficiaire de la maladie. Sous couvert de recherche scientifique et de souci humanitaire, il sème la maladie à tout vent et récolte les profits. (…) Son immense pouvoir occulte lui soumet tous les niveaux des « autorités » aussi bien gouvernementales que médicales et médiatiques.
(p. 86)
Ce serait cette industrie, en association avec les gouvernements, qui exercerait un contrôle omnipotent sur « tous et de tout ». C'est elle également qui veillerait à semer la maladie pour récolter des profits suivant le principe mercantile :
Plus il y a de patients, plus ils sont malades souvent, plus ils sont malades longtemps, plus c'est payant!
(p. 108)

Effets secondaires planifiés

D'après Lanctôt, la grande industrie pharmaceutique ne se contenterait pas de nous vendre des médicaments inefficaces, mais elle s'efforcerait même de retirer les bons remèdes du marché (p. 77). Pire encore, elle chercherait à développer des médicaments conçus pour ne pas être efficaces et même provoquant des effets secondaires qui rendront les patients plus malades et les obligeront à consommer davantage de médicaments :
Pour le fabriquant, plus il [le patient] consomme de produits, meilleur il est. Plus il est malade, plus il est profitable. Il faut donc faire en sorte qu'il soit malade, que les médicaments ne le guérissent pas, qu'il développe de nouvelles maladies.
(p. 86)

Pauvreté planifiée

Au-delà de sa propre activité, la grande industrie piloterait les gouvernements pour qu'ils s'efforcent de maintenir la population dans la pauvreté (p. 76). Pourquoi? Parce que les gens plus pauvres ont davantage de chances d'être malades et que les gens malades consomment plus de soins médicaux (p. 8 et 69).
Cet énoncé n'est pas seulement exagéré, il est en contradiction avec la proposition précédente à l'effet que les compagnies cherchent à faire de l'argent. La population est constituée de fait de clients potentiels de la grande industrie. Or, en vertu du principe mercantile formulé plus haut, il ne serait pas avantageux pour la grande industrie d'appauvrir ses clients… qui ne pourraient plus alors se payer les produits qu'elle vend!

Pollution planifiée

C'est encore pour répondre à la commande de la grande industrie pharmaceutique que les gouvernements négligeraient de légiférer en matière de pollution et en matière agro-alimentaire. La pollution et la mauvaise alimentation, en rendant les gens plus malades, contribuent à faire augmenter la vente des produits pharmaceutiques (p. 108 et 113).

Tous complices

Pour matérialiser son méfait et semer la maladie, la grande industrie a besoin de s'assurer de la complicité de presque toutes les personnes oeuvrant dans le domaine de la santé. Suivant la théorie de Lanctôt, la grande industrie est parvenue par des « pots-de-vin » (p. 109) à s'assurer le silence ou le mensonge des dirigeants et des responsables directs tels que les élus (p. 87), les fonctionnaires (p. 92), les corporations professionnelles et les dirigeants d'hôpitaux (p. 86).
La grande industrie contrôlerait également les agents indirects comme les facultés de médecine (qui abrutissent sciemment les étudiants pour en faire des « inconscients tranquilles ») (p. 86), l'Organisation mondiale de la santé (p. 89), l'ONU et la CIA (p. 126 et 139), qui est, bien sûr, de tous les complots. Ils sont en avance sur leurs émules : les communistes et les islamistes qui ne trouvent une place qu'à la fin du livre de madame Lanctôt (p. 231).
Les scientifiques et les chercheurs seraient eux aussi partie prenante de la machination. D'après Guylaine Lanctôt, ils « falsifient les données au profit des compagnies » (p. 93).
Toujours d'après elle, les médias (p. 77 et 194) et les organismes de charité (p. 77 et 151) seraient aussi impliqués dans la conspiration. Par exemple, les campagnes publiques pour le dépistage précoce du cancer du sein viseraient en réalité à provoquer une peur pathogène qui serait, elle, la véritable cause du cancer :
Les autorités proclament partout qu'une femme sur 3… 4… ou 9 aura le cancer du sein et programment ainsi dans la tête des gens pour que cela se réalise.
(p. 113)
Finalement, même les syndicats d'acupuncteurs (CSN), récemment impliqués dans la reconnaissance de l'acupuncture comme corporation professionnelle, ne font, d'après Lanctôt, que tromper leurs membres dans le but de servir leur véritable maître la grande industrie qui veut rendre les gens malades.
Voilà qui fait beaucoup, beaucoup, beaucoup de complices!

La vaccination : une opération meurtrière

C'est sur ce ton que l'auteure aborde le problème délicat de la vaccination. Comme les autres produits fabriqués par l'industrie pharmaceutique, les vaccins seraient conçus non pas pour prévenir la maladie mais bien pour la propager!
Mme Lanctôt expose évidemment la liste exhaustive des complications (réactions allergiques, infections, etc…) qui peuvent survenir à la suite d'une vaccination. Il s'agit hélas de dangers réels, connus et documentés. Cependant, elle va bien plus loin que le connu, en évoquant des épidémies survenues dans des pays lointains à cause de campagnes de vaccination et en citant des chiffres épouvantables à cet effet. Malheureusement, ses sources sont nébuleuses…
Elle fait également référence à des problèmes de santé à long terme, comme les troubles d'apprentissage chez les enfants et les mutations « génétiques » :
Voulons-nous attendre de constater l'apparition d'ailes de poulet sur nos petits enfants pour commencer à nous poser des questions sur les bienfaits de la vaccination?
(p. 116)
La vaccination serait également la cause de nombreuses et épouvantables calamités, comme la vague de violence dont la société occidentale est actuellement la proie :
Les conséquences catastrophiques et bouleversantes d'une DÉFICIENCE NEUROLOGIQUE étendue à un grand nombre d'enfants suite aux vaccins : (…) cette vague de violence sociale et de crimes perpétrés par des « personnalités sociopathes » créées par les vaccins.
(p. 118)
Pour Lanctôt, la vaccination est plus que l'objet d'un commerce vicieux et injustifié, c'est une arme biologique servant à « l'extermination des minorités dérangeantes » (p. 126). Ce serait la raison pour laquelle certaines populations (homosexuelles, autochtones et même québécoise) sont ciblées par les campagnes de vaccination. En effet, pourquoi a-t-on procédé en 1993 à une campagne de vaccination contre la méningite à l'intention des jeunes Québécois? Pour Mme Lanctôt, la réponse est évidente :
Comme les Autochtones, le peuple québécois est dérangeant : il tient à sa différence et réclame sa souveraineté.
(p. 128)

Contradictions au sujet du sida

Pour Lanctôt, le sida est l'une des conséquences préméditées des campagnes de vaccination. Sur ce terrain, par contre, son raisonnement est plus difficile à suivre.
Notons ici que les contradictions dans La Mafia médicale ne sont pas rares. Partout, de chapitre en chapitre, le Dr Lanctôt formule des énoncés qui se contredisent les uns les autres. Par exemple, elle dénonce les soins médicaux comme nocifs mais trouve « injuste » que les personnes riches aient accès à plus de soins que les pauvres (p. 225). Elle considère les médicaments comme des poisons, mais déplore que le fabriquant qui développe un nouveau médicament ait le monopole sur le produit pendant des années (p. 110). Elle condamne la vaccination, mais fait la promotion de l'homéopathie qui cherche pourtant à se valoriser en se comparant à la vaccination [Québec sceptique #32/33, hiver 1995, p. 44]. Ces contradictions sont cependant souvent indirectes.
Toutefois, lorsqu'elle aborde le problème du sida, les contradictions deviennent directes. Elle dénonce la campagne mensongère faisant du VIH la source du sida. Selon elle, la vraie cause serait plutôt une combinaison de facteurs tels que les médicaments, les vaccins, la pollution, la malnutrition, la débauche et la peur. Les infections (dont le VIH) ne seraient que des circonstances supplémentaires, accessoires mais non indispensables à l'apparition de la maladie.
D'après Lanctôt, le sida peut apparaître sans le VIH, et le VIH peut être présent sans que jamais le porteur ne développe la maladie (p. 137). Selon elle, encore, certains médecins ont monté ce canular dans le but de vendre le test de dépistage du VIH (p. 139). Pourtant, plus loin dans le même chapitre, l'auteure explique que le VIH est une arme biologique mise au point par la CIA (p. 139) et expérimentée sur les Noirs d'Afrique et les homosexuels d'Amérique par l'entremise des vaccins anti-hépatiques.
Mme Lanctôt réalise donc le tour de force de nous affirmer simultanément que le sida n'est pas une atteinte virale… et qu'il est une atteinte virale! En somme, pour elle, l'important est surtout de nous démontrer que le sida est le résultat d'un complot peu importe quelle en est la nature.

Le complot du cancer

Pour Guylaine Lanctôt, le cancer aussi est une des conséquences de la vaccination, de la pauvreté, de la pollution et de la peur. Comme nous l'avons vu plus haut, elle ne craint pas d'identifier la peur du cancer comme étant une cause importante de cette maladie.
Fait inédit dans le cas du cancer, Lanctôt prétend que les autorités médicales connaîtraient un remède efficace (« une longueur d'onde électro-magnétique précise »), mais qu'elles auraient tué l'inventeur et cacheraient la recette de manière à pouvoir continuer à vendre leur panoplie de médicaments inefficaces (p. 144).

D'un délire à l'autre

Lanctôt n'aime pas Claude Bernard, fondateur de la méthode scientifique en médecine. Elle déteste encore plus Louis Pasteur, à qui elle reproche d'être un « tricheur, un menteur et un voleur » (p. 155). D'après elle, le vaccin contre la rage est un autre canular puisque la rage « n'existe pas » (p. 155); ce serait plutôt le vaccin antirabique qui rendrait malade et qui tuerait, et non la rage elle-même.
Lanctôt englobe dans sa théorie personnelle d'autres discours d'auteurs pas beaucoup mieux documentés. Elle fait aussi la promotion de toutes sortes de théories, comme celle des microzymes inventée par le Dr Béchamp (un contemporain de Pasteur oublié par l'Histoire) ou celle de la somatide de Gaston Naessens, qui s'est sauvé de France après avoir été accusé de charlatanisme. Lanctôt cherche même à amalgamer sa théorie avec un certain discours féministe, sans toutefois que les liens n'apparaissent évidents.

La solution Lanctôt

En opposition à la « médecine de maladie », Guylaine Lanctôt propose un projet composite tout aussi contradictoire et délirant que sa critique de la médecine scientifique.
En résumé, retenons que dans son projet mégalomaniaque, elle propose d'utiliser les médecines douces (homéopathie et remède 714-X de Naessens) comme étape intermédiaire pour se rendre vers d'autres techniques permettant l'autoguérison de l'âme. D'après elle, les pouvoirs religieux ont détourné la vraie spiritualité. Les voies de la santé de l'âme sont maintenant enseignées par des « maîtres spirituels » (p. 59) qui proposent de nouvelles techniques « qui abordent l'âme directement » (p. 59).
L'auteure n'expose pas le détail de ces procédés inédits mais elle nous affirme que ces techniques devraient ultimement nous permettre d'atteindre « la vie éternelle » (p. 233), ou pour mieux dire, « l'immortalité » (p. 8). Rien de moins!
L'auteure de La mafia médicale suggère en effet que, comme dans le cas de la maladie, la vieillesse et la mort seraient le résultat d'une programmation artificielle. Elle en appelle à la physique quantique comme témoin de sa révélation :
En physique quantique, le temps et l'espace sont des illusions. Ils n'existent pas. Leurs corollaires, la maladie, la vieillesse et la mort sont aussi des illusions et non des réalités. Elles ne peuvent exister sauf si nous y croyons… nous les faisons alors se réaliser.
(p. 46)

Conclusion

Il est presque impossible de faire le tour complet de toutes les complications et de tous les appendices de la vaste conspiration que, dans son délire, Mme Lanctôt croit avoir mise à jour. Il n'est pas davantage possible de critiquer tous les emprunts que cette phlébologue québécoise fait à des théories à la mode dans les milieux ésotériques et les groupes d'extrême droite. Il nous semble cependant que les quelques extraits que nous en avons tirés auront suffi à vous faire une idée juste du caractère incongru de son ouvrage.
Mme Lanctôt est probablement de bonne foi, mais les découvertes qu'elle croit avoir faites ne sont pas le résultat d'une enquête ou d'une recherche rigoureuse. Ses conclusions sont manifestement des constructions imaginaires répondant à des besoins personnels et rappelant ceux d'une personne dépressive en proie à un sentiment de persécution.

source : http://www.sceptiques.qc.ca/ressources/revue/articles/qs34p27


2. Une spiritualité qui inspire Ghis 

Aurobindo Ghose dit Sri Aurobindo ( à Calcutta -  à Pondichéry) est un des leaders du mouvement pour l'indépendance de l'Inde, un philosophepoète et écrivain spiritualiste et mystique. Il a développé une approche nouvelle du yoga, le yoga intégral.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après ses études en Angleterre (1879-1893) à Cambridge, il retourne en Inde, commence à étudier les grandes traditions de son pays avant de militer pour l'indépendance1.
En 1907, il fit la rencontre du yogi Vishnu Bhâskar Lélé, venu de Gwalior pour examiner avec lui son intention de yoga activiste. Il organisera avec lui des rencontres spirituelles dans l’Inde occidentale2.
En 1909, il sort de la prison où il a passé un an pour ses activités indépendantistes. Il était soupçonné d'avoir participé de près ou de loin à des attentats : il reconnaîtra d'ailleurs ultérieurement que sa philosophie spirituelle ne conduit pas à militer pour la non-violence comme celle de Gandhi3. Pendant cette année de prison, il dit avoir vécu une série d'expériences spirituelles qui l'auraient conduit à expérimenter des états de conscience au-delà du Nirvana4.
Pour échapper aux Anglais5, le 4 avril 1910, il finit par s'établir à Pondichéry, ville sous autorité française. Affirmant alors qu'il y a une lutte pour l'avenir de l'humanité au-delà de la lutte légitime pour l'indépendance de l'Inde, il se consacre à ses recherches spirituelles et à la composition de ses œuvres. De plus en plus de disciples commencent à venir pour vivre auprès de lui et de sa collaboratrice française, Mirra Alfassa, que lui et ses disciples nomment « Mère ». Cette dernière prendra la direction matérielle de l'âshram fondé officiellement dans les années 1920.
Il considère que le sens de son âshram est d'être un « laboratoire évolutif »6. Jusqu'en 1926, il développe sa doctrine : selon lui, l'homme n'est aujourd'hui qu'à un niveau imparfait de son évolution ; il faut pour lui reconnaître que « l'homme est un être de transition »7. Quand Charles Darwin avoue « comme confesser un meurtre » avant sa publication de l'Origine des espèces8, cela concerne le fait de reconnaître que l'humanité appartient à la même famille que les singes. Pour Sri Aurobindo, admettre l'évolution des espèces va plus loin encore. L'admettre revient à nous faire considérer la possibilité que l'être humain soit un chaînon vers une nouvelle espèce. Cette nouvelle espèce dont l'homme serait une transition ne serait pas forcément dotée d'une conscience compréhensible pour la conscience mentale humaine. Cette conscience nouvelle dont serait dotée cette nouvelle espèce pourrait être incompréhensible pour l'homme comme la conscience humaine mentale l'est pour les autres animaux. Cependant Sri Aurobindo envisage une différence évolutive importante avec les évolutions d'espèces précédentes : nous pouvons a priori la concevoir et surtout nous pourrions peut-être y collaborer consciemment.
Le chemin conscient de notre évolution est d'après lui à chercher dans le développement de nos capacités spirituelles. Un développement plus radical des capacités spirituelles déjà explorées par l'humanité aboutirait selon lui un jour à l'éveil d'une dimension encore tout à fait inconsciente. La manifestation d'une telle dimension de conscience marquerait le saut évolutif propre à la manifestation d'une nouvelle espèce.
En 1926, Sri Aurobindo entre dans une retraite pour se consacrer exclusivement à la manifestation terrestre du supramental. Il ne sort de sa retraite que rarement : soit pour retrouver des fidèles réunis, soit pour intervenir dans la vie politique indienne. Le reste du temps, il communique par écrit avec ses disciples.
Il a écrit beaucoup de livres sur les écritures sacrées indiennes qui seront pour beaucoup d'Occidentaux à la suite de ceux de Vivekananda une véritable porte d'entrée vers l'hindouisme et sa philosophie. Il meurt dans son âshram en 1950.

Bref aperçu de la pensée évolutionniste de Sri Aurobindo[modifier | modifier le code]

La conception de l'évolution que propose Sri Aurobindo n'est donc pas seulement matérialiste comme celle de la plupart des héritiers de Charles Darwin. Aurobindo ne nie pas l'approche matérialiste mais il signifie sa limite :
« Tout le monde sait maintenant que la Science n'est pas un énoncé de la vérité des choses mais seulement un langage pour exprimer une certaine expérience des objets, leur structure, leur mathématique, une impression coordonnée et utilisable de leurs processus - rien de plus. La matière elle-même est quelque chose (peut-être une formation d'énergie ?) dont nous connaissons superficiellement la structure telle qu'elle apparaît à notre mental et à nos sens et à certains instruments d'examen (dont on soupçonne maintenant qu'ils déterminent largement leurs propres résultats, la Nature adaptant ses réponses à l'instrument utilisé), mais nul savant n'en sait davantage ou ne peut en savoir davantage9 ».
À partir de ce constat, Sri Aurobindo affirme que la science n'interdit pas un point de vue spiritualiste sur l'évolution. Pour lui, l'inconscient n'est pas seulement de nature subconsciente comme l'affirment les Freudiens (mais pas les Jungiens) et tous les psychologues matérialistes10, mais l'inconscient a aussi une nature spirituelle où la conscience est élargie, se dépassant elle-même en supra-conscience.
Certes on peut considérer à un certain niveau que le subconscient est comme un ensemble de pulsions qualitatives traduisant un jeu de forces matérielles que la Science estime quantitatives et qui seules assureraient l'évolution[réf. nécessaire]. Mais pour Sri Aurobindo découvrir que l'inconscient est aussi de nature supraconsciente apporte un éclairage supraconscient jusqu'au fond du subconscient qui montre que le regard scientifique passe forcément à côté de la conscience cachée au cœur de la matière11.
Sri Aurobindo caractérise la conscience humaine comme une conscience mentale :
« Dans la terminologie de notre yoga, le substantif « mental » et l'adjectif « mental » sont utilisés pour désigner spécialement la partie de la nature qui a rapport avec la cognition et l'intelligence, avec les idées, les perceptions de l'esprit ou la pensée, les réactions provoquées par les objets sur la pensée, les formations et les mouvements vraiment mentaux, la vision et la volonté mentales, etc12 ». La conscience mentale humaine englobe selon lui une conscience vitale héritée des animaux et une conscience physique héritées des premières formes de vie.
Au-delà des plus hautes cimes supraconscientes de la conscience mentale, Aurobindo affirme qu'il nous est possible d'expérimenter un « supramental », qui est une connaissance directe de la vérité aujourd'hui connaissable indirectement et partiellement par notre intelligence mentale :
« Par supramental, j'entends la Conscience de vérité… par laquelle le Divin connaît non seulement sa propre essence et son être propre, mais aussi sa manifestation13 »
mais ailleurs il précise :
« une description mentale de la nature supramentale ne pourrait que s'exprimer soit en termes trop abstraits, soit en images mentales qui pourraient la transformer en tout autre chose que sa réalité14 ».
Le yoga intégral élaboré par Aurobindo voudrait permettre la progression spirituelle individuelle et collective vers ce nouvel état.
L'innovation de Sri Aurobindo dans le domaine spirituel tient surtout au fait que pratiquer son yoga intégral permet non seulement d'aller vers le Divin, mais aussi d'accueillir en soi l'énergie divine, dans le but de manifester pleinement la conscience divine dans la matière : le mysticisme de Sri Aurobindo est actif, car il cherche à modifier dès à présent notre monde sur le plan matériel de son évolution. Il prône une certaine ascèse, mais à l'encontre d'un rejet du corps matériel15, il cherche à nous faire prendre conscience d' « une même loi supérieure [qui] gouverne la matière et l'esprit ».

Œuvres[modifier | modifier le code]

Le Vedānta intégral[modifier | modifier le code]

Selon Sri Aurobindo, la philosophie spirituelle est une des quatre voies de l'évolution comme l'occultisme, la pratique des yogas (l'expérience spirituelle) et la religion16. En tant que telle, elle ne consacre qu'une ouverture du mental à toutes les possibilités y compris celles qui le dépassent17.
La Vie divine est certainement son ouvrage le plus philosophique. Sri Aurobindo l'a ré élaboré au fil de sa vie et sa lecture fut toujours vivement recommandée à ceux qui se voulaient ses disciples. Il commence par y exposer ce qui lui semble deux dénis complémentaires. Ces deux dénis ne sont pas seulement deux erreurs. Ce sont aussi deux demi-vérités puisque toute erreur puissante recèle un aspect de vérité qui cherche à s'imposer18. D'une part il y a le déni matérialiste qui nie l'importance de la conscience et ne considère l'évolution que comme une évolution matérielle. D'autre part il y a un déni spiritualiste de la valeur de la vie présente en considérant qu'elle n'est qu'une manifestation ou une évolution illusoire19. Cette approche spiritualiste implique que la matière ne soit qu'une illusion grossière, une force d'inertie à toute libération spirituelle : Sri Aurobindo s'oppose donc à l'interprétation dominante de la pensée védantique en Inde.
Sri Aurobindo ne nie pas cependant la valeur des expériences spirituelles même si elles véhiculent cette interprétation totalement étrangère à la part de vérité inhérente au matérialisme : il estime cependant que les expériences spirituelles dont il est question doivent être réexaminées, approfondies et dépassées pour devenir une authentique connaissance psychologique au service de l'évolution métaphysique de la Nature20. Cette psychologie spirituelle au service de l'évolution métaphysique de la Nature vise ultimement à dépasser la conscience mentale humaine non pas en la niant mais en la transcendant. Cette conscience mentale à travers la lecture de La Vie divine est appelée à comprendre le sens de l'évolution qui pour Sri Aurobindo est d'abord une évolution divine : « Le but du yoga est de pénétrer dans la présence et la conscience divine, et d'être possédé par elle […] Le divin seul est notre but », précise-t-il dans ses Lettres sur le yoga. La Vie Divine prend donc le point de vue de l'évolution du divin lui-même : en terme plus proche de la terminologie de la pensée védantique, l'évolution du divin lui-même est appelée manifestation divine. L'enjeu de l'évolution ou de la manifestation divine est d'abord de manifester « la félicité d'être » divine elle-même au niveau humain mental qui ressent souffrances, douleurs et vit le drame de la mort21. D'après Sri Aurobindo cette Vie Divine, de plus en plus clairement, se manifesterait au niveau de la conscience humaine comme l'émergence d'une harmonie entre individu et collectif capable de refléter la venue d'une nouvelle réalité métaphysique divine au-delà de la conscience mentale :
« Ce n'est que lorsque le voile est déchiré et le mental divisé dominé, silencieux et passif sous l'action supramentale, que le mental lui-même retourne à la Vérité des choses. Là nous trouvons une mentalité réflectrice, lumineuse, qui obéit et sert d'instrument à l'Idée-réelle divine. Là nous percevons ce qu'est réellement le monde ; nous savons de toutes les manières que nous-mêmes sommes en autrui, qu'autrui est nous-mêmes et que nous sommes tous l'Un universel qui s'est multiplié. Nous perdons la position individuelle rigoureusement séparée qui est la source de toute limitation et de toute erreur22 ».
Plus ambitieusement encore, le divin veut d'après Sri Aurobindo que la venue de cette nouvelle réalité métaphysique au-delà du sommet de la conscience mentale révèle dans la matérialité humaine sa félicité, sa perfection, sa puissance, son immortalité, etc. Cette révélation s'accomplirait à travers la supramentalisation de nos corps humains comme auparavant dans l'évolution la matière avait été dynamisée, vivifiée et mentalisée.
Selon Sri Aurobindo, cette réalité métaphysique supramentale non encore manifestée sur le plan terrestre a déjà été aperçue par les Rishis védiques. Et son védanta intégral vient achever le chemin, qui avait été frayé par les Rishis, puis laissé en friche pour développer la conscience mentale. Il constate que l'évolution terrestre et humaine s'est centrée sur l'évolution de la conscience mentale :
« L'âge de la connaissance intuitive, représenté par l'ancienne pensée védântique des Upanishads a… dû faire place à l'âge de la connaissance rationnelle ; l'Écriture inspirée a cédé le pas à la philosophie métaphysique, comme ensuite la philosophie métaphysique a dû céder le pas à la science expérimentale… La raison humaine tient à avoir satisfaction par sa propre méthode23 ».
Le supramental n'est pas compréhensible du point de vue d'un horizon mental : d'après Sri Aurobindo, il se situe au-delà de toute compréhension intellectuelle même s'il peut se concevoir intellectuellement24 car :
« La vie échappe aux formules et aux systèmes que notre raison s'efforce de lui imposer ; elle s'avère trop complexe, trop pleine de potentialités infinies pour se laisser tyranniser par l'intellect arbitraire de l'homme… Toute la difficulté vient de ce qu'à la base de notre vie et de notre existence, il y a quelque chose que l'intellect ne pourra jamais soumettre à son contrôle : l'Absolu, l'infini25 ».
Selon Sri Aurobindo, il nous appartient donc de mieux comprendre les limites inhérentes à une conscience mentale pour envisager de plus près la possibilité d'une conscience supramentale. Outre son échec face à l'infini, la conscience mentale usuelle au mieux s'exerce dans des raisonnements conduits par des règles logiques diverses, des concepts de différentes natures : le mental peut ainsi opposer aisément à n'importe quel point de vue un autre point de vue en apparence contradictoire26. Une conscience mentale ne peut donc qu'approximer la réalité en en donnant une suite de points de vue partiels.
Son poème Savitri propose un raccourci suggestif pour nous faire concevoir une conscience supramentale : « Un unique regard innombrable27 ».
Le surmental comme flux de visions intuitives reste pour Sri Aurobindo une connaissance prisonnière du pluriel, de regards divisés et donc partiels : par exemple, selon lui, les grandes religions furent fondées par des êtres humains capables d'un tel regard mais leur regard surmental a impliqué des différences d'accents spirituels.

Le yoga intégral[modifier | modifier le code]

Le yoga intégral de Sri Aurobindo est exposé essentiellement dans sa Synthèse des yogas, dans ses Lettres sur le yoga, dans Le Guide du yoga, dans les derniers chapitres de La Vie divine mais aussi et surtout dans son œuvre poétique Savitri.
« il y a en nous une double entité psychique, l'âme de désir superficielle [..] et une entité psychique subliminale, pure puissance de lumière, d'amour, de joie, essence d'être épurée qui est notre âme véritable derrière cette forme extérieure d'existence psychique que si souvent nous honorons de ce nom. C'est quand un reflet de cette entité psychique plus vaste et plus pure paraît à la surface que nous disons d'un homme qu'il a une âme […]28 ».
Ceci commence alors à faire surgir notre authentique individualité, notre véritable essence individuelle intégralement tournée vers le divin et la divinisation puisqu'elle en est la manifestation individualisée : Sri Aurobindo parle en ce sens précis de psychicisation29.
La psychicisation de la conscience plus ou moins achevée aspire alors aussi à une véritable spiritualisation purifiant le mental et le vital jusqu'à ce qu'ils s'illuminent sur-mentalement. Cette illumination sur-mentale n'est plus religieusement axée dans le but de trouver un salut loin du subconscient terrestre comme par le passé. Cette spiritualisation surmentale a pour but de voir consciemment les phénomènes sub conscients corporels qui restent peu saisissables et maîtrisables pour une conscience mentale et vitale usuelle même psychicisée.

Le poète[modifier | modifier le code]

Sri Aurobindo conçoit la lecture de sa poésie et plus particulièrement la lecture sincère de son œuvre poétique majeure Savitri comme une façon d'exposer sa conscience usuelle à une pression supraconsciente même si elle n'est pas immédiatement perceptible30.
Il affirme que le lecteur ne comprendra pas la portée de son épopée dès lors qu'il la lira à un niveau de conscience ordinaire31, mais comme Mère l'indique dans un entretien, cette lecture suivie de relectures, par les effets mantriques, agira peu à peu sur sa conscience32. Nous savons qu'une relecture d'un texte riche de sens apporte toujours une meilleure compréhension analytique de la signification de son propos et qu'elle peut contribuer à faire évoluer notre système d'interprétation spontanée du monde si on adhère aux propos ainsi compris. Nous savons aussi que des propos compris plus intensément passant l'épreuve du réel quotidien révèlent le sens d'autres propos d'un texte puissant compris initialement moins intensément. Si le texte lu est très riche de sens, une nouvelle vision mentale peut alors se constituer qui nous libère de la vision mentale précédente plus limitée. Mais ici il ne s'agit plus seulement d'une interprétation du monde qui libère notre vision mentale de son étroitesse, il est question de commencer à voir le mental depuis un horizon sur-mental, il est question de briser l'hégémonie de la vision mentale dans nos vies.
Lisant Savitri de manière sincère comme on écoute quelqu'un jusqu'au point de laisser ses paroles devenir ce qui explore notre propre conscience de façon plus vraie que nous-mêmes ne l'avions fait jusque là, pouvons-nous au fil des relectures voir se développer une évolution consciente de la conscience transperçant notre forteresse mentale. Des choses qui se veulent aussi belles et bonnes à imaginer que possible peuvent-elles nous faire faire une expérience de conscience plus consciente et donc plus vraie ?

Auroville dans le yoga intégral d'Aurobindo[modifier | modifier le code]

Sri Aurobindo et Mirra Alfassa (« Mère ») sont les inspirateurs de la communauté internationale d'Auroville près de Pondichéry. Auroville cherche à devenir la cité idéale, où les résidents se préparent à l'émergence de l'homme nouveau, à la manifestation de la conscience supramentale.
Dans la pensée de Mère, Auroville offre une niche écologique humaine favorable à la démultiplication des êtres surmentaux et supramentaux33.

Critiques[modifier | modifier le code]

Comme tout enseignement original, l'œuvre de Sri Aurobindo a été diversement appréciée par certains autres sages et enseignants spirituels. Swami Prajnanpad le maître d'Arnaud Desjardins affirme sévèrement34 :
« Sri Aurobindo était totalement à l'intérieur de son mental. Lire une page c'est lire les milliers de pages qu'il a écrites… c'est toujours pareil… Et l'erreur de Sri Aurobindo est là. Il voulait faire descendre le supramental… Oh ! C'est toujours mental. Ce n'est pas au-delà du mental. Aussi grand qu'il ait été, il est resté dans le domaine du mental. Il n'était pas libre du mental. Il n'était pas libéré. »
Alain Daniélou, un indianiste respecté vécut à Pondichéry et visita plusieurs fois l'ashram d'Aurobindo. Il écrit dans Le chemin du Labyrinthe, Robert Laffont, p. 224 :
« L'ashram d'Aurobindo a été l'une des principales entreprises utilisées pour déformer le message de l'Inde et pour exploiter la bonne volonté de beaucoup de gens sincères à la recherche d'une vérité « autre ». L'ashram était d'autant plus pernicieux qu'il a été créé par des gens remarquablement intelligents et probablement sincères avec ce fanatisme irresponsable qui caractérise beaucoup d'anarchistes et fait leur force. »
Ken Wilber dans son livre Integral Spirituality estime avoir dépassé la pensée intégrale de Sri Aurobindo qui, selon lui, n'a jamais vraiment produit une véritable spiritualité intersubjective.

Sri Aurobindo dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • À l'occasion du centième anniversaire de l'arrivée de Sri Aurobindo à Pondichéry, l'état indien a édité en 2010 un timbre poste. C'est son deuxième timbre, le premier ayant été imprimé en 1972 pour commémorer le centième anniversaire de sa naissance35.

source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Aurobindo_Ghose

samedi 12 août 2017

Voilà pourquoi la Corée du Nord déteste autant les États-Unis…/ That's why North Corea hates so much USA

Quand on va vraiment dans le détail à propos des guerres occidentales, on tombe de sa chaise...
Quand les Etats-Unis détruisaient un pays pour le sauver
Le 25 juin 2010 marque le soixantième anniversaire du début de la Guerre de Corée, appelée «Guerre de Libération de la patrie » en République populaire démocratique de Corée.  Entre 1950 et 1953, les hostilités ont fait près de quatre millions de victimes, mais l’ « héritage » de cette guerre va  bien au-delà de ce bilan humain déjà terrifiant : l‘accord d’armistice signé à Panmunjom le 27 juillet 1953 a scellé la division de la péninsule coréenne en établissant une ligne de démarcation militaire entre le nord et le sud, et, faute de véritable traité de paix, la Corée reste « techniquement » en état de belligérance.
Au lendemain de la libération de la Corée (15 août 1945), après 35 ans de colonisation japonaise, le peuple coréen pouvait pourtant légitimement prétendre à recouvrer son indépendance et sa souveraineté, comme s’y étaient engagés les pays alliés lors de la Conférence du Caire (novembre 1943). Cette légitime aspiration de la nation coréenne ne fut malheureusement pas réalisée dans le contexte d’affrontement des grandes puissances : dès le mois de septembre 1945, deux zones d’occupation, soviétique et américaine, se mirent en placede part et d’autre du 38emeparallèle. En 1948, l’organisation d’élections séparées au sud, sous l’égide de l’ONU où les Etats-Unis disposaient de la majorité, aboutit à la création de deux Etats coréens : la République de Corée au sud, la République populaire démocratique de Corée au nord. La partition de fait de la Corée était réalisée. La nation coréenne se trouvait dramatiquement divisée contre son gré par la « frontière » artificielle du 38eme parallèle, autour de laquelle divers accrochages firent des milliers de morts de 1945 à 1950.
La thèse de l’offensive nord-coréenne du 25 juin 1950 servit de prétexte à une intervention militaire des Etats-Unis, dans le cadre d’une stratégie américaine globale de « refoulement du communisme ».  L’intervention américaine en Corée fut légitimée par le Conseil de sécurité de l’ONU  – où l’URSS ne siégeait pas en raison du refus d’y admettre la jeune République populaire de Chine -, le président américain Harry Truman présentant alors l’envoi de troupes en Corée comme une « opération de police » dont le but était de repousser un « raid de bandits contre la République de Corée ». Le président américain l’a fait sans déclaration de guerre, jusqu’alors une condition préalable à la participation militaire des Etats-Unis à l’étranger. Il a ainsi établi un précédent pour le président Lyndon Johnson qui a engagé des troupes dans la Guerre du Vietnam sans jamais solliciter un mandat du Congrès pour son action. Les interventions en Irak et en Afghanistan ont été menées selon les mêmes principes.
Pour cette « opération de police », les Etats-Unis eurent recours à des armes de destruction massive,  ou menacèrent d’en utiliser, ce qui contribue encore à éclairer la situation actuelle. Comme l’écrit  l’historien américain Bruce Cumings en conclusion de l’article que nous reproduisons ci-après, « la Corée du Nord tenterait, sans raison, de s’équiper en armes de destruction massive, tandis que l’opposition de Washington à cette stratégie relèverait de l’innocence originelle. Pourtant, depuis les années 1940, les Etats-Unis ont eux-mêmes utilisé ou menacé d’utiliser ces armes en Asie du Nord-Est. Ils sont la seule puissance à avoir eu recours à la bombe atomique, et leur dissuasion repose sur la menace de les employer de nouveau en Corée ». Cumings écrivait ces lignes en 2004, sous l’administration Bush. Elles restent d’une troublante actualité, surtout  après l’annonce, le 6 avril 2010, de la nouvelle posture nucléaire de l’administration Obama, selon laquelle les Etats-Unis s’autorisent à frapper la Corée du Nord avec des armes nucléaires même si celle-ci n’utilise que des armes conventionnelles.

Mémoires de feu en Corée du Nord
Quand les USA détruisaient un pays pour le sauver

La Corée du Nord tenterait, sans raison, de s’équiper en armes de destruction massive, tandis que l’opposition de Washington à cette stratégie relèverait de l’innocence originelle. Pourtant, depuis les années 1940, les USA ont eux-mêmes utilisé ou menacé d’utiliser ces armes en Asie du Nord-Est. Ils sont la seule puissance à avoir eu recours à la bombe atomique, et leur dissuasion repose sur la menace de les employer de nouveau en Corée.
Bruce Cumings est Professeur d’histoire à l’université de Chicago et auteur de Parallax Visions : Making Sense of American-East Asian Relations, Duke University Press, Londres, 1999 et de North Korea, Another Country, The New Press, New York, 2004.
Bombardier B-29 US en mission, juillet 1950.© Roger-Viollet
Plutôt que d’une guerre « oubliée », mieux vaudrait parler, s’agissant de la guerre de Corée (1950-1953), d’une guerre inconnue. L’effet incroyablement destructeur des campagnes aériennes US contre la Corée du Nord – qui allèrent du largage continu et à grande échelle de bombes incendiaires (essentiellement au napalm) aux menaces de recours aux armes nucléaires et chimiques 1 et à la destruction de gigantesques barrages nord-coréens dans la phase finale de la guerre – est indélébile. Ces faits sont toutefois peu connus, même des historiens, et les analyses de la presse sur le problème nucléaire nord-coréen ces dix dernières années n’en font jamais fait état.
La guerre de Corée passe pour avoir été limitée, mais elle ressembla fort à la guerre aérienne contre le Japon impérial pendant la seconde guerre mondiale, et fut souvent menée par les mêmes responsables militaires US. Si les attaques d’Hiroshima et de Nagasaki ont fait l’objet de nombreuses analyses, les bombardements incendiaires contre les villes japonaises et coréennes ont reçu beaucoup moins d’attention. Quant aux stratégies nucléaire et aérienne de Washington en Asie du Nord-Est après la guerre de Corée, elles sont encore moins bien comprises, alors que ces stratégies ont défini les choix nord-coréens et demeurent un facteur-clé dans l’élaboration de la stratégie US en matière de sécurité nationale.
Le napalm fut inventé à la fin de la seconde guerre mondiale. Son utilisation provoqua un débat majeur pendant la guerre du Vietnam, attisé par des photos insoutenables d’enfants qui couraient nus sur les routes, leur peau partant en lambeaux… Une quantité encore plus grande de napalm fut néanmoins larguée sur la Corée, dont l’effet fut beaucoup plus dévastateur, car la République populaire démocratique de Corée (RPDC) comptait bien plus de villes peuplées que le Nord-Vietnam. En 2003, j’ai participé à une conférence aux côtés d’anciens combattants US de la guerre de Corée. Lors d’une discussion à propos du napalm, un survivant de la bataille du Réservoir de Changjin (Chosin, en japonais), qui avait perdu un œil et une partie de la jambe, affirma que cette arme était bel et bien ignoble, mais qu’elle « tombait sur les bonnes personnes ».
Les bonnes personnes ? Comme lorsqu’un bombardement toucha par erreur une douzaine de soldats US : « Tout autour de moi, les hommes étaient brûlés. Ils se roulaient dans la neige. Des hommes que je connaissais, avec qui j’avais marché et combattu, me suppliaient de leur tirer dessus… C’était terrible. Quand le napalm avait complètement brûlé la peau, elle se détachait en lambeaux du visage, des bras, des jambes… comme des chips de pommes de terre frites 2. »
Un peu plus tard, George Barrett, du New York Times, découvrit un « tribut macabre à la totalité de la guerre moderne » dans un village au nord d’Anyang (en Corée du Sud) : « Les habitants de tout le village et dans les champs environnants furent tués et conservèrent exactement l’attitude qu’ils avaient lorsqu’ils furent frappés par le napalm : un homme s’apprêtait à monter sur sa bicyclette, une cinquantaine d’enfants jouaient dans un orphelinat, une mère de famille étrangement intacte tenait dans la main une page du catalogue Sears-Roebuck où était cochée la commande no 3811294 pour une “ravissante liseuse couleur corail”. » Dean Acheson, secrétaire d’Etat, voulait que ce genre de «reportage à sensation » soit signalé à la censure afin qu’on puisse y mettre un terme 3.
L’un des premiers ordres d’incendier des villes et des villages que j’ai trouvés dans les archives fut donné dans l’extrême sud-est de la Corée, pendant que des combats violents se déroulaient le long du périmètre de Pusan, début août 1950, alors que des milliers de guérilleros harcelaient les soldats US. Le 6 août 1950, un officier US donna l’ordre à l’armée de l’air « que soient oblitérées les villes suivantes» : Chongsong, Chinbo et Kusu-Dong. Des bombardiers stratégiques B-29 furent également mis à contribution pour des bombardements tactiques. Le 16 août, cinq formations de B-29 frappèrent une zone rectangulaire près du front qui comptait un grand nombre de villes et de villages, et créèrent un océan de feu en larguant des centaines de tonnes de napalm. Un ordre semblable fut émis le 20 août. Et le 26 août, on trouve dans ces mêmes archives la simple mention : « Onze villages incendiés 4 ».
Les pilotes avaient ordre de frapper les cibles qu’ils pouvaient discerner pour éviter de frapper des civils, mais ils bombardaient souvent des centres de population importants identifiés par radar, ou larguaient d’énormes quantités de napalm sur des objectifs secondaires lorsque la cible principale ne pouvait être atteinte. La ville industrielle de Hungnam fut la cible d’une attaque majeure le 31 juillet 1950, au cours de laquelle 500 tonnes de bombes furent lâchées à travers les nuages. Les flammes s’élevèrent jusqu’à une centaine de mètres. L’armée US largua 625 tonnes de bombes sur la Corée du Nord le 12 août, un tonnage qui aurait requis une flotte de 250 B-17 pendant la seconde guerre mondiale. Fin août, les formations de B-29 déversaient 800 tonnes de bombes par jour sur le Nord 5. Ce tonnage consistait en grande partie en napalm pur. De juin à fin octobre 1950, les B-29 déversèrent 3,2 millions de litres de napalm.
Au sein de l’armée de l’air US, certains se délectaient des vertus de cette arme relativement nouvelle, introduite à la fin de la précédente guerre, se riant des protestations communistes et fourvoyant la presse en parlant de « bombardements de précision ». Les civils, aimaient-ils à prétendre, étaient prévenus de l’arrivée des bombardiers par des tracts, alors que tous les pilotes savaient que ces tracts n’avaient aucun effet 6. Cela n’était qu’un prélude à la destruction de la plupart des villes et villages nord-coréens qui allait suivre l’entrée de la Chine dans la guerre.
Pablo Picasso, Massacre en Corée, 1951
Larguer trente bombes atomiques ?
L’entrée des Chinois dans le conflit provoqua une escalade immédiate de la campagne aérienne. A compter du début novembre 1950, le général MacArthur ordonna que la zone située entre le front et la frontière chinoise soit transformée en désert, que l’aviation détruise tous les « équipements, usines, villes et villages » sur des milliers de kilomètres carrés du territoire nord-coréen. Comme le rapporta un attaché militaire britannique auprès du quartier général de MacArthur, le général US donna l’ordre de « détruire tous les moyens de communication, tous les équipements, usines, villes et villages » à l’exception des barrages de Najin, près de la frontière soviétique et de Yalu (épargnés pour ne pas provoquer Moscou et Pékin). « Cette destruction [devait] débuter à la frontière mandchoue et continuer vers le sud. » Le 8 novembre 1950, 79 B-29 larguaient 550 tonnes de bombes incendiaires sur Sinuiju, «rayant de la carte ». Une semaine plus tard, un déluge de napalm s’abattait sur Hoeryong « dans le but de liquider l’endroit ». Le 25 novembre, « une grande partie de la région du Nord-Ouest entre le Yalu et les lignes ennemies plus au sud (…) est plus ou moins en feu ». La zone allait bientôt devenir une «étendue déserte de terre brûlée 7 ».
Général Mac Arthur
Tout cela se passait avant la grande offensive sino-coréenne qui chassa les forces de l’ONU du nord de la Corée. Au début de l’attaque, les 14 et 15 décembre, l’aviation US lâcha au-dessus de Pyongyang 700 bombes de 500 livres, du napalm déversé par des avions de combat Mustang, et 175 tonnes de bombes de démolition à retardement qui atterrirent avec un bruit sourd et explosèrent ensuite, quand les gens tentèrent de sauver les morts des brasiers allumés par le napalm. Début janvier, le général Ridgway ordonna de nouveau à l’aviation de frapper la capitale Pyongyang « dans le but de détruire la ville par le feu à l’aide de bombes incendiaires » (objectif qui fut accompli en deux temps, les 3 et 5 janvier 1951). A mesure que les USAméricains se retiraient au sud du 30e parallèle, la politique incendiaire de la terre brûlée se poursuivit : Uijongbu, Wonju et d’autres petites villes du Sud, dont l’ennemi se rapprochait, furent la proie des flammes 8.
L’aviation militaire tenta aussi de décapiter la direction nord-coréenne. Pendant la guerre en Irak, en mars 2003, le monde a appris l’existence de la bombe surnommée « MOAB » (Mother of all bombs,Mère de toutes les bombes), pesant 21 500 livres et d’une capacité explosive de 18 000 livres de TNT. Newsweek en publia une photo en couverture, sous le titre « Pourquoi l’Amérique fait-elle peur au monde 9 ». Au cours de l’hiver 1950-1951, Kim Il-sung et ses alliés les plus proches étaient revenus à leur point de départ des années 1930 et se terraient dans de profonds bunkers à Kanggye, près de la frontière mandchoue. Après trois mois de vaines recherches à la suite du débarquement d’Inch’on, les B-29 larguèrent des bombes « Tarzan » sur Kanggye. Il s’agissait d’une bombe nouvelle, énorme, de 12 000 livres, jamais utilisée auparavant. Mais ce n’était encore qu’un pétard à côté de l’arme incendiaire ultime, la bombe atomique.
Le 9 juillet 1950, deux semaines seulement après le début de la guerre, le général MacArthur envoya au général Ridgway un « message urgent » qui incita les chefs d’état-major (CEM) « à examiner s’il fallait ou non donner des bombes A à MacArthur ». Le général Charles Bolte, chef des opérations, fut chargé de discuter avec MacArthur de l’utilisation de bombes atomiques « en soutien direct aux combats terrestres ». Bolte estimait qu’on pouvait réserver de 10 à 20 bombes au théâtre coréen sans que les capacités militaires globales des USA s’en trouvent affectées « outre mesure ». MacArthur suggéra à Bolte une utilisation tactique des armes atomiques et lui donna un aperçu des ambitions extraordinaires qu’il nourrissait dans le cadre de la guerre, notamment l’occupation du Nord et une riposte à une potentielle intervention chinoise ou soviétique comme suit : « Je les isolerai en Corée du Nord. En Corée, je vois un cul-de-sac. Les seuls passages en provenance de Mandchourie et de Vladivostok comportent de nombreux tunnels et ponts. Je vois là une occasion unique d’utiliser la bombe atomique, pour frapper un coup qui barrerait la route et demanderait un travail de réparation de six mois. »
A ce stade de la guerre, toutefois, les chefs d’état-major rejetèrent l’usage de la bombe car les cibles suffisamment importantes pour nécessiter des armes nucléaires manquaient, ils redoutaient les réactions de l’opinion mondiale cinq ans après Hiroshima et ils s’attendaient que le cours de la guerre soit renversé par des moyens militaires classiques. Le calcul ne fut plus le même lorsque d’importants contingents de soldats chinois entrèrent en guerre, en octobre et novembre 1950.
Lors d’une célèbre conférence de presse, le 30 novembre, le président Truman agita la menace de la bombe atomique 10. Ce n’était pas une bourde comme on le supposa alors. Le même jour, le général de l’armée de l’air Stratemeyer envoya l’ordre au général Hoyt Vandenberg de placer le commandement stratégique aérien en alerte « afin qu’il soit prêt à envoyer sans retard des formations de bombardiers équipés de bombes moyennes en Extrême-Orient, (…) ce supplément[devant] comprendre des capacités atomiques ». Le général d’aviation Curtis LeMay se souvient à juste titre que les CEM étaient parvenus auparavant à la conclusion que les armes atomiques ne seraient probablement pas employées en Corée, sauf dans le cadre d’une « campagne atomique générale contre la Chine maoïste ». Mais puisque les ordres changeaient en raison de l’entrée en guerre des forces chinoises, LeMay voulait être chargé de la tâche ; il déclara à Stratemeyer que son quartier général était le seul qui possédait l’expérience, la formation technique et « la connaissance intime »des méthodes de largage. L’homme qui dirigea le bombardement incendiaire de Tokyo en mars 1945 était prêt à mettre le cap de nouveau sur l’Extrême-Orient pour diriger les attaques 11. Washington se souciait peu à l’époque de savoir comment Moscou allait réagir car les USAméricains possédaient au moins 450 bombes atomiques tandis que les Soviétiques n’en avaient que 25.
Curtis LeMay
Peu de temps après, le 9 décembre, MacArthur fit savoir qu’il voulait un pouvoir discrétionnaire concernant l’utilisation des armes atomiques sur le théâtre coréen, et, le 24 décembre, il soumit une «liste de cibles devant retarder l’avancée de l’ennemi » pour lesquelles il disait avoir besoin de 26 bombes atomiques. Il demandait en outre que 4 bombes soient larguées sur les « forces d’invasion » et 4 autres sur les « concentrations ennemies cruciales de moyens aériens ».
Dans des interviews parues après sa mort, MacArthur affirmait avoir un plan permettant de remporter la guerre en dix jours : « J’aurais largué une trentaine de bombes atomiques (…) en mettant le paquet le long de la frontière avec la Mandchourie. » Il aurait ensuite amené 500 000 soldats de la Chine nationaliste au Yalu, puis aurait « répandu derrière nous, de la mer du Japon à la mer Jaune, une ceinture de cobalt radioactif (…) dont la durée de vie active se situe entre soixante et cent vingt années. Pendant soixante ans au moins, il n’aurait pas pu y avoir d’invasion terrestre de la Corée par le nord ». Il avait la certitude que les Russes n’auraient pas bougé devant cette stratégie de l’extrême : « Mon plan était simple comme bonjour 12. »
La radioactivité du cobalt 60 est 320 fois plus élevée que celle du radium. Selon l’historien Carroll Quigley, une bombe H de 400 tonnes au cobalt pourrait détruire toute vie animale sur terre. Les propos bellicistes de MacArthur paraissent insensés, mais il n’était pas le seul à penser de la sorte. Avant l’offensive sino-coréenne, un comité dépendant des chefs d’état-major avait déclaré que les bombes atomiques pourraient s’avérer être le « facteur décisif » qui stopperait l’avancée chinoise en Corée. Au départ, on envisageait éventuellement leur utilisation dans « un cordon sanitaire[pouvant] être établi par l’ONU suivant une bande située en Mandchourie juste au nord de la frontière coréenne ».
La Chine en ligne de mire
Quelques mois plus tard, le député Albert Gore (le père d’Al Gore, candidat démocrate malheureux en 2000), qui s’opposa par la suite à la guerre du Vietnam, déplorait que « la Corée détruise peu à peu la virilité US » et suggérait de mettre fin à la guerre par « quelque chose de cataclysmique », à savoir une ceinture radioactive qui diviserait la péninsule coréenne en deux de façon permanente. Bien que le général Ridgway n’ait pas parlé de bombe au cobalt, après avoir succédé à MacArthur en tant que commandant US en Corée, il renouvela en mai 1951 la demande formulée par son prédécesseur le 24 décembre, réclamant cette fois 38 bombes atomiques 13. Cette demande ne fut pas acceptée.
Début avril 1951, les USA furent à deux doigts d’utiliser des armes atomiques, au moment, précisément, où Truman révoquait MacArthur. Si les informations concernant cet événement sont encore en grande partie classées secrètes, il est désormais clair que Truman ne destitua pas MacArthur uniquement en raison de son insubordination réitérée, mais parce qu’il voulait un commandant fiable sur le terrain au cas où Washington décide de recourir aux armes atomiques. En d’autres termes, Truman se débarrassa de MacArthur pour garder ouverte sa politique en matière d’armes atomiques. Le 10 mars 1951, après que les Chinois eurent massé de nouvelles forces près de la frontière coréenne et que les Soviétiques eurent stationné 200 bombardiers sur les bases aériennes de Mandchourie (d’où ils pouvaient frapper non seulement la Corée, mais les bases US au Japon) 14, MacArthur demanda une « force atomique de type Jour J » afin de conserver la supériorité aérienne sur le théâtre coréen. Le 14 mars, le général Vandenberg écrivait : « Finletter et Lovett alertés sur les discussions atomiques. Je pense que tout est prêt. » Fin mars, Stratemeyer rapporta que les fosses de chargement des bombes atomiques sur la base aérienne de Kadena, à Okinawa, étaient de nouveau opérationnelles. Les bombes y furent transportées en pièces détachées, puis montées sur la base, seul le noyau nucléaire restant à placer. Le 5 avril, les CEM ordonnèrent que des représailles atomiques immédiates soient lancées contre les bases mandchoues si de nouveaux contingents importants de soldats chinois se joignaient aux combats ou, semble-t-il, si des bombardiers étaient déployés de là contre des positions US. Le même jour, Gordon Dean, président de la Commission sur l’énergie atomique, prit des dispositions pour faire transférer 9 têtes nucléaires Mark IV au 9e groupe de bombardiers de l’aviation militaire, affecté au transport des bombes atomiques. (…)
Les chefs d’état-major envisagèrent de nouveau l’emploi des armes nucléaires en juin 1951 – cette fois, du point de vue tactique sur le champ de bataille 15 – et ce fut le cas à maintes autres reprises jusqu’en 1953. Robert Oppenheimer, l’ancien directeur du Projet Manhattan, travailla sur le Projet Vista, destiné à évaluer la faisabilité de l’usage tactique des armes atomiques. Au début de 1951, un jeune homme du nom de Samuel Cohen, qui effectuait une mission secrète pour le département de la défense, étudia les batailles ayant conduit à la seconde prise de Séoul et en conclut qu’il devait exister un moyen de détruire l’ennemi sans détruire la ville. Il allait devenir le père de la bombe à neutrons 16.
Des milliers de villages anéantis
Le projet nucléaire le plus terrifiant des USA en Corée fut probablement l’opération Hudson Harbor. Cette opération semble avoir fait partie d’un projet plus vaste portant sur « l’exploitation ouverte par le département de la défense et l’exploitation clandestine par la Central Intelligence Agency, en Corée, de la possibilité d’utiliser les armes nouvelles » (un euphémisme désignant ce qu’on appelle maintenant les armes de destruction massive). (…)
Sans recourir aux « armes nouvelles », bien que le napalm ait été très nouveau à l’époque, l’offensive aérienne n’en a pas moins rasé la Corée du Nord et tué des millions de civils avant la fin de la guerre. Pendant trois années, les Nord-Coréens se sont trouvés face à la menace quotidienne d’être brûlés par le napalm : « On ne pouvait pas y échapper », m’a confié l’un eux en 1981. En 1952, pratiquement tout avait été complètement rasé dans le centre et le nord de la Corée. Les survivants vivaient dans des grottes. (…)
Au cours de la guerre, écrivit Conrad Crane, l’armée de l’air US « provoqua une destruction terrible dans toute la Corée du Nord. L’évaluation à l’armistice des dégâts provoqués par les bombardements révéla que sur les 22 villes principales du pays, 18 avaient été au moins à moitié anéanties. » Il ressortait d’un tableau établi par l’auteur que les grandes villes industrielles de Hamhung et de Hungnam avaient été détruites à 80 %-85 %, Sariwon à 95 %, Sinanju à 100 %, le port de Chinnamp’o à 80 % et Pyongyang à 75 %. Un journaliste britannique décrivit l’un des milliers de villages anéantis comme « un monticule étendu de cendres violettes ». Le général William Dean, qui fut capturé après la bataille de Taejon, en juillet 1950, et emmené au Nord, déclara par la suite qu’il ne restait de la plupart des villes et des villages qu’il vit que « des gravats ou des ruines couvertes de neige ». Tous les Coréens qu’il rencontra, ou presque, avaient perdu un parent dans un bombardement 17. Winston Churchill, vers la fin de la guerre, s’émut et déclara à Washington que, lorsque le napalm fut inventé à la fin de la seconde guerre mondiale, personne n’imaginait qu’on en « aspergerait » toute une population civile 18.
Telle fut la « guerre limitée » livrée en Corée. En guise d’épitaphe à cette entreprise aérienne effrénée, citons le point de vue de son architecte, le général Curtis LeMay, qui déclara après le début de la guerre : « Nous avons en quelque sorte glissé un mot sous la porte du Pentagone disant : “Laissez-nous aller là-bas (…) incendier cinq des plus grandes villes de Corée du Nord – elles ne sont pas très grandes – ça devrait régler les choses.” Eh bien, on nous a répondu par des cris – “Vous allez tuer de nombreux civils”, et “c’est trop horrible”. Pourtant, en trois ans (…),nous avons incendié toutes (sic) les villes en Corée du Nord de même qu’en Corée du Sud (…). Sur trois ans, on arrive à le faire passer, mais tuer d’un coup quelques personnes pour régler le problème, beaucoup ne peuvent pas l’encaisser 19. »
La Corée du Nord tenterait, sans raison, de s’équiper en armes de destruction massive, tandis que l’opposition de Washington à cette stratégie relèverait de l’innocence originelle. Pourtant, depuis les années 1940, les USA ont eux-mêmes utilisé ou menacé d’utiliser ces armes en Asie du Nord-Est. Ils sont la seule puissance à avoir eu recours à la bombe atomique, et leur dissuasion repose sur la menace de les employer de nouveau en Corée.
“bombardement au napalm d’un village près de Hanchon, Corée du Nord, le 10 mai 1951. L’utilisation du napalm sur des villages est devenue plus tard tristement célèbre au Viêt-Nam, mais beaucoup plus a été larguées sur la Corée du Nord. (Photo : AP)”
Bombardement des États-Unis du port de Wonsan en 1951.  (Photo : Ministère de la Défense américain)
Bombardier B-29 US en mission, juillet 1950.© Roger-Viollet
d’où est tirée p.88 cette déclaration de Curtis LeMay “Over a period of three years or so we killed off – what – twenty percent of the population of Korea.”. “Sur une période d’environ 3 ans, nous avons tué – disons – vingt pourcents de la population de Corée”. Aujourd’hui, les historiens penchent plutôt pour un bilan total au moins du tiers de ses 8 à 9 millions d’habitants de l’époque (Source).
Voir aussi Richard Rhodes, “The General and World War III,” The New Yorker, June 19, 1995, p. 53.
 
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Notes

1. ↑ Stephen Endicott, Edward Hagerman, « Les armes biologiques de la guerre de Corée », Le Monde diplomatique, juillet 1999.
2. ↑ Cité dans Clay Blair, Forgotten War, Random House, New York, 1989.
3. ↑ Archives nationales US, dossier 995 000, boîte 6175, dépêche de George Barrett, 8 février 1951.
4. ↑ Archives nationales, RG338, dossier KMAG, boîte 5418, journal KMAG, entrées des 6, 16, 20 et 26 août 1950.
5. ↑ The New York Times, 31 juillet, 2 août et 1er septembre 1950.
6. ↑ Voir « Air War in Korea », dans Air University Quarterly Review 4, n° 2, automne 1950, pp. 19-40, et «Precision bombing », dans Air University Quartely review 4, n° 4, été 1951, pp. 58-65.
7. ↑ Archives MacArthur, RG6, boîte 1, « Stratemeyer à MacArthur », 8 novembre 1950 ; Public Record Office, FO 317, pièce n° 84072, « Bouchier aux chefs d’état-major », 6 novembre 1950 ; pièce no 84073, 25 novembre 1959, sitrep.
8. ↑ Bruce Cumings, The Origins of the Korean War, tome II, Princeton University Press, 1990, pp. 753-754 ; New York Times, 13 décembre 1950 et 3 janvier 1951.
9. ↑ Newsweek, 24 mars 2003.
10. ↑ The New York Times, 30 novembre et 1er décembre 1950.
11. ↑ Hoyt Vandenberg Papers, boîte 86, Stratemeyer à Vandenberg, 30 novembre 1950 ; LeMay à Vandenberg, 2 décembre 1950. Voir aussi Richard Rhodes, Dark Sun : The Making of the Hydrogen Bomb,1955, pp. 444-446.
12. ↑ Bruce Cumings, op. cit., p. 750. Charles Willoughby Papers, boîte 8, interviews par Bob Considine et Jim Lucas en 1954 parus dans le New York Times, 9 avril 1964.
13. ↑ Carroll Quigley, Tragedy and Hope : A History of the World in Our Time, MacMillan, New York, 1966, p. 875. C. Quigley fut le professeur préféré de William Clinton à Georgetown University. Voir aussi B. Cumings, op. cit., p. 750.
14. ↑ Les documents rendus publics après l’effondrement de l’Union soviétique ne semblent pas corroborer cette information. Selon les historiens, les Soviétiques ne déployèrent pas une force aérienne de cette importance à l’époque, contrairement à ce que pensaient les services de renseignement – en raison peut-être d’une désinformation efficace de la part des Chinois.
15. ↑ Il ne s’agissait pas d’utiliser des armes nucléaires dites tactiques, non encore disponibles en 1951, mais d’utiliser les Mark IV tactiquement dans les combats, comme les bombes classiques larguées par les B-29 avaient été utilisées dans les combats depuis fin août 1950.
16. ↑ Samuel Cohen était un ami d’enfance d’Herman Kahn. Voir Fred Kaplan, The Wizards of the Armageddon, Simon & Schuster, New York, 1983, p. 220. Sur Oppenheimer et le projet Vista, voir B. Cumings, op. cit., pp. 751-752, David C. Elliot, « Project Vista and Nuclear Weapons in Europe », dans International Security 2, no 1, été 1986, pp. 163-183.
17. ↑ Conrad Crane, American Airpower Strategy in Korea, University Press of Kansas, Lawrence, 2000, pp. 168-169.
18. ↑ Jon Halliday et Bruce Cumings, Korea : The Unknown War, Pantheon Books, New York, 1988, p. 166.
19. ↑ John Foster Dulles Papers, histoire orale Curtis LeMay, 28 avril 1966

source : https://www.les-crises.fr/voila-pourquoi-la-coree-du-nord-deteste-autant-les-etats-unis/
http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=20285