lundi 26 mai 2025

TRUMP : "POUTINE EST FOU !"


 Suite à un raid aérien russe massif sur l’Ukraine, Donald Trump réagit avec une déclaration choc : "Vladimir Poutine est devenu fou." Une phrase qui relance les tensions diplomatiques et interroge sur la position réelle des États-Unis dans le conflit.

dimanche 25 mai 2025

Israël est inondé par le mal et le manque d’empathie. “Je ne pensais pas que les gens soient capables d’être aussi méchants »

 Source : https://lesakerfrancophone.fr/israel-est-inonde-par-le-mal-et-le-manque-dempathie-je-ne-pensais-pas-que-les-gens-soient-capables-detre-aussi-mechants


Voici un témoignage de l’intérieur au sujet de la dégradation morale de la majorité de la société israélienne à cause de la politique de son gouvernement.


Par le Professeur Orit Kamir – Le 15 mai 2025 – Source Haaretz en hébreu

« Laissez l’armée israélienne les détruire complètement » En Israël, la violence sature la vie quotidienne. Photo : Des éclairs vendus dans une boulangerie israélienne sur lesquels il est écrit « Laissez l’armée israélienne les détruire complètement »

Je n’ai jamais vu autant de mal ; autant de gens désireux d’exprimer la méchanceté ; en compétition les uns avec les autres pour démontrer leur manque d’empathie. Je ne pensais pas que les gens soient capables d’être aussi méchants. De tant se réjouir de la douleur des autres. De se réjouir quand les gens souffrent, meurent de faim, perdent tout ce qu’ils ont et meurent. C’est pourquoi je n’ai jamais eu aussi peur. Le sentiment est qu’un puissant barrage a été brisé et que des masses d’Israéliens se débarrassent de toutes les contraintes de l’humanité pour se vautrer ensemble dans une haine toxique, l’ego joyeux, la déshumanisation et la violence. Comme s’ils n’attendaient que ce moment pour pouvoir se libérer des règles qui les obligeaient à maintenir un semblant de moralité. Dans des cris de rage, ils se débarrassent des conventions et des normes que la société humaine a construites pendant des milliers d’années pour freiner le déchaînement de l’ego. Ils ont donné au mot liberté un nouveau sens : celui de se libérer des chaînes de la culture. L’égalité a été effacée de leur lexique, sans parler de la dignité humaine. La compassion, l’empathie, aimer son prochain comme soi-même ; tout cela a été aboli. La nouvelle unité du peuple israélien est basée sur une dépendance à la haine et à la soif de sang …

Rien de tout cela n’est arrivé en un instant, ni tout seul. Il y a quelqu’un qui incite et empoisonne depuis des années, en ayant construit une machine sophistiquée pour le faire systématiquement … Dans la liste des crimes de Netanyahu contre l’humanité et contre la société israélienne, dépouiller de nombreux Israéliens de toutes inhibitions morales est l’un des plus graves. Et le point culminant : il a réussi à transformer son échec le plus terrible, le massacre du 7 octobre, en excuse ultime pour justifier et encourager la diabolique nouvelle Israélité. Comme une réponse pavlovienne implantée par l’hypnose : les gens n’ont qu’à se souvenir de ce jour, et ils désirent immédiatement la destruction des Palestiniens. Et en cours de route, ils sont également désireux de s’aliéner les otages et d’attaquer leurs familles. Netanyahou ne porte pas seul la responsabilité publique de l’horrible désintégration qui se déroule sous nos yeux. Lui, les membres de son gouvernement et les députés de la coalition dirigent tous ouvertement ce terrible processus. Leur faute est totale. Et les médias qui les servent avec une obéissance écœurante et exécutent le processus d’hypnose de masse pour eux, et quiconque remplit ou aspire à un poste de direction, qui ne fixe pas de limites morales et ne présente pas d’alternative, porte cette responsabilité avec eux.

À une époque où une société perd son épine dorsale morale, comme cela nous arrive maintenant, un leadership positif est nécessaire. Celui dont la boussole morale est claire, et qui n’a pas peur d’appeler un mal le mal et d’exiger un comportement moral … [celui] qui ne s’adapte pas à l’humeur trouble du public, mais indique plutôt le chemin humain, l’objet de la vie, et appelle à un « après. » Sans un tel leadership, il est difficile de croire qu’une société puisse se sortir du bourbier dans lequel elle s’est enfoncée … je ne parle pas des Gantz et des Lapidim, qui sont incapables de bégayer un mot de leadership moral, il n’y a rien à attendre de leur part. Leur vide moral est évident. Mais même les Eisenkot, vers lesquels les Israéliens désespérés jettent leur amour, se remplissent la bouche d’eau ; Même Yair Golan, qui avait correctement identifié les processus il y a dix ans refuse de crier contre eux aujourd’hui … Pour des raisons politiques ? Comme Netanyahou ? Même les juges, les militaires et les anciens gardiens de la morale qui remplissaient les plates-formes et les forums et tenaient fermement contre le coup d’État restent silencieux face à cette horreur morale. Eux aussi sont aveuglés face aux deux millions de Gazaouis qui sont expulsés, affamés et massacrés par nous sans cesse ; face aux pogroms organisés soutenus par les autorités et sous les auspices des forces de sécurité en Cisjordanie. Yehudit Karp, qui était le procureur général adjoint et proteste contre cette horreur, est l’exception qui confirme la règle. Et il en va de même pour les leaders des manifestations [contre Netanyahou], dont nous espérions qu’ils émergeraient comme une direction alternative… Malgré le bruit des Israéliens qui courent vers le bas, je suis sûr que la plupart d’entre nous désirent la vie et la paix ; Que nous n’avons pas renoncé à l’humanité. Nous avons été réduits au silence face à la violence et à la laideur, mais nous sommes toujours là.

Orit Kamir est professeur de Droit et de genre à l’Université Hébraïque de Jérusalem et professeur invité à la Faculté de droit de l’Université du Michigan.

jeudi 22 mai 2025

L’Europe ne veut plus d’Israël : 7 pays sondés, 7 rejets. 69 % d’Espagnols, 61 % d’Italiens, 57 % de Français…

 Source : https://lemediaen442.fr/leurope-ne-veut-plus-disrael-7-pays-sondes-7-rejets-69-despagnols-61-ditaliens-57-de-francais/

Un sondage YouGov révèle que la majorité des Européens rejette Israël, avec des niveaux de désapprobation record. Après des mois de bombardements sur Gaza, de hôpitaux ciblés et de civils massacrés sous les yeux des caméras, l’image d’Israël est à terre.

De l’Espagne à la Suède, les opinions favorables tombent à 12 %. Même l’Allemagne lâche prise.

Par un retournement historique, les opinions publiques européennes affichent désormais un rejet massif d’Israël. Les résultats du dernier sondage YouGov / Eurotrack (février 2025) sont sans appel : la majorité des citoyens interrogés dans sept grandes nations européennes jugent Israël de manière défavorable, parfois à des niveaux quasi records.

Le sondage effectué en février est largement diffusé après les déclarations des dirigeants. Avec un peu de retard par rapport à la population de leurs pays, lundi 19 mai, le président français Emmanuel Macron et les Premiers ministres britannique et canadien, Keir Starmer et Mark Carney ont prévenu dans une déclaration conjointe qu’ils ne resteraient « pas les bras croisés » face aux « actions scandaleuses » du gouvernement israélien de Benyamin Netanyahou à Gaza.

Israël, au plus bas dans l’opinion européenne

Difficile de jouer la carte de la victimisation éternelle quand les bombes pleuvent en direct sur Gaza et que les hôpitaux se transforment en morgues. À force de pilonner une population enfermée, Israël récolte une réprobation internationale croissante, notamment en Europe. Selon ce sondage, voici les pourcentages de personnes ayant une image défavorable d’Israël :

  • Espagne : 69 %
  • Danemark : 68 %
  • Suède : 68 %
  • Royaume-Uni : 60 %
  • France : 57 %
  • Allemagne : 59 %
  • Italie : 61 %

Dans tous les cas, les opinions favorables stagnent à un maigre 12 à 22 %. Même en Allemagne, pourtant historiquement encline à soutenir Israël, l’image est en chute libre.

Le génocide en streaming : les réseaux ne pardonnent pas

La guerre à Gaza n’a pas seulement été sanglante, elle a été filmée, tweetée, livestreamée. En temps réel, des millions d’internautes ont vu des enfants mourir, des familles entières être rayées de la carte, des hôpitaux bombardés. Et dans cette ère numérique, où chaque image devient preuve, la propagande d’État ne pèse plus bien lourd face à une vidéo d’un nourrisson ensanglanté.



Résultat : l’opinion mondiale bascule, comme en témoignent également les récents sondages américains. Pour la première fois, 53 % des Américains ont une image défavorable d’Israël, soit une progression fulgurante de 11 points en trois ans. Même Hollywood commence à se demander si « l’armée la plus morale du monde » ne mérite pas une réécriture du scénario.

Le peuple élu… désavoué

Pendant des décennies, Israël s’est drapé dans la toge de la légitimité divine et historique : « peuple élu« , « lumière des nations », « seule démocratie du Moyen-Orient ». Mais à force de faire la guerre à une population sous blocus, cette lumière semble s’être éteinte dans les cœurs européens. Les citoyens, eux, ne gobent plus les éléments de langage servis par les lobbys pro-israéliens. Ils voient. Ils jugent. Ils condamnent.

Un tournant géopolitique majeur

Ce désamour populaire n’est pas qu’un effet d’humeur. C’est un tournant historique. Car les dirigeants européens devront bientôt rendre des comptes à leurs électeurs. Finie la solidarité automatique. Finis les votes d’alignement à l’ONU. Finis les chèques sans condition.

Ce que révèle ce sondage, c’est une chose simple : la façade s’effondre. L’ »État juif » n’est plus intouchable. Il est désormais jugé pour ce qu’il fait, pas pour ce qu’il prétend être. Et ce jugement, en Europe comme aux États-Unis, devient sévère, tranchant, implacable. Peut-être que l’Histoire retiendra que le premier génocide diffusé en direct a aussi été celui qui a précipité la chute morale d’un régime.

CAROLINE GALACTÉROS - Mondoscopie 72 - Ukraine, Iran : la paix commence par la lucidité


 vidéo ici

mercredi 21 mai 2025

Juan Branco hospitalisé... empoisonnement ?


 

« En Roumanie, on a retrouvé toutes les grosses ficelles du mondialisme ! » - AuBonTouite

 



La police interrompt Clémence pendant son DiRECT en Roumanie !


 

Scandale des élections en Roumanie : quelle est la réalité de l'ingérence française?


 


Les élections en Roumanie ont été sous influences. Avec notre invité Stéphane Luçon, nous tentons de démêler le vrai du faux et de comprendre les ruptures au sein de la société roumaine et de sa diaspora. Stéphane Luçon est un journaliste, réalisateur, scénariste et producteur français, connu pour son travail dans le domaine du documentaire. Il s’est notamment fait remarquer avec des œuvres comme Valea Corlatului (2010), un documentaire sur les réalités sociales en Roumanie, et Travailler pour 110 euros par mois (2007, également intitulé Low Cost), co-produit avec Arte France, TVR et Seppia, qui explore les conditions de travail précaires. Il a publié une analyse critique sur la diplomatie française en Roumanie, dans le contexte de la visite de George Simion en France. Son Substack : https://francezul.substack.com/

mercredi 14 mai 2025

Raid & censure


 Raid contre Pierre Jovanovic...
Censure contre Thierry Meyssan...
"Antifas" contre Pierre Chaillot (?!?!)
Aveu de faiblesse fébrile... ou sentiment d'impunité de ceux qui dévoient et souillent nos institutions ?!
Probablement les deux.
Émission du 14 mai 2025.

Site de la Web-TV : https://www.jdmichel.tv/
Pour nous soutenir : https://www.jdmichel.tv/store

Que cachait donc Macron dans le train pour Kiev ?


                                                             vidéo ici

vendredi 9 mai 2025

La Matinale 08/05 : AMGOT, victoire soviétique : deux historiens rétablissent la vérité sur 1945 !


 "La CIA est l'émanation d'intérêts privés" Branca Eric. 

80 ans après : Hitler défait, France et Russie dans le camps de la victoire 🔷 Avec Annie Lacroix-Riz Professeur émérite d'histoire contemporaine à l'Université Paris 7. Ancienne élève de l'École normale supérieure, agrégée d'histoire. Auteur de nombreux ouvrages dont le dernier “Le choix de la défaite - 3e édition : Les élites françaises dans les années 1930” (Dunod). A paraitre en Juin : “Industriels et banquiers français sous l'Occupation” (Dunod) 🔷 Avec Eric Branca ‭ Journaliste et historien français, spécialiste du gaullisme et des services secrets, Auteur de nombreux ouvrage dont dernièrement “300 Jours - 13 juillet 1944 - 9 mai 1945 : dix mois pour en finir avec Hitler” (Perrin) Se procurer l’ouvrage : https://www.lisez.com/livres/300-jour... Pour nous soutenir : https://www.tocsin-media.fr/soutien www.tocsin-media.fr

Nexus Refait l'Actu #37 Trump / Gaza / Conflit Indo-pakistanais... avec Corinne Lalo


Nexus Refait l'Actu, c'est votre rendez-vous d'actualité libre sur YouTube ! Tous les vendredis de 18 h à 22 h, picorez l'info à votre rythme ou écoutez l'émission en entier. Avec Marc, Romain et Miloud, nous décryptons l'actualité de la semaine sur un ton léger (quand c'est possible). Ne manquez pas la chronique géopolitique de Raphaël Berland à 20 h. Envie de participer en visio, avec ou sans image ? Écrivez-nous à nra@nexus.fr ! Pour nous soutenir sur Tipeee : https://en.tipeee.com/nexus-magazine 👉 Je découvre le dernier numéro de Nexus ! 👉 https://magazine.nexus.fr/je-decouvre/ Nexus décrypte l'actu dans cette nouvelle émission en direct ! Pour que nous puissions continuer à vous proposer du contenu GRATUIT, INDÉPENDANT et SANS PUB : ✅ Je m'abonne : https://magazine.nexus.fr/abo-4/ ✅ J'offre Nexus : https://magazine.nexus.fr/offrir-2023/ ✅ Je fais un don : https://magazine.nexus.fr/dons/ 📲 Je rejoins Nexus sur les réseaux sociaux : https://buff.ly/47iMmyd


jeudi 8 mai 2025

Edito de Florian Philippot

 Madame, Monsieur, chers Patriotes,

L’annonce a fait l’effet d’une bombe : le ministre Darmanin veut la surveillance par reconnaissance faciale partout en France, sous prétexte de sécurité ! Surveillance généralisée, fichage et crédit social « pour votre bien » : même mensonge que pendant le covid…Ils organisent le chaos, en supprimant nos frontières nationales, en suscitant l’immigration massive, en créant une justice laxiste, en donnant tous les pouvoirs à Bruxelles, puis ils se plaignent de ce chaos et proposent le crédit social comme remède : la ficelle est grosse ! Nous voulons la vraie sécurité, pas la fausse sécurité par reconnaissance faciale et suppression de toutes nos libertés ! Comme pendant le covid : on voulait la vraie santé, pas le Pass sanitaire et autres cochonneries liberticides ! Les Patriotes ont lancé lundi la mobilisation générale : nous refusons la société infernale du crédit social, de l’euro numérique et de l’identité numérique ! Ça s’appelle la tyrannie. On se bat : l’esclave dit Oui, l’homme libre dit Non ! Motion de censure et destitution, vite !

Luttons d’autant plus que les européistes enchaînent les défaites ! Aux élections locales britanniques, le parti pro-Brexit de Nigel Farage a triomphé ! Preuve que les Britanniques ne regrettent pas le Brexit : ils veulent au contraire qu’il s’applique enfin, grâce à un parti patriote et souverainiste. En Roumanie, le duo Simion/Georgescu fait trembler Bruxelles avec 40% des voix au premier tour : gare aux mauvais coups de l’UE mais quel espoir ! En France, nous approchons des 20 ans du référendum du 29 mai 2005, le dernier, quand on avait dit NON à la Constitution européenne. Les Patriotes organisent pour l’occasion, le jeudi 29 mai 2025 à 18h, un grand rassemblement au pied du Sénat pour dire que c’est « toujours Non » et défendre dans le rassemblement et l’action concrète le Frexit, notre libération, notre avenir ! La dynamique est forte : soyons tous au rdv, soyez à nos côtés dans ce combat !

 

Une révolution ! Lundi, Trump a signé, sous l’impulsion de son ministre Kennedy Jr, un décret interdisant les recherches en gain de fonction sur les virus, qui furent à la base du covid ! Fauci est directement accusé. N’oublions pas ses liens étroits avec des hauts responsables français, démontrés par les mails publiés lors du FauciGate ! Tout le système mondialiste de corruption est en train d’être démonté : nous œuvrons pour que ses ramifications françaises, jusqu’au sommet, soient elles-aussi exposées et jugées ! On ne lâchera rien !

Le 8 mai, jour de la Victoire, attise en nous la soif de Liberté, de Paix, de France, libre, forte et heureuse ! Ensemble, allons vers la Victoire ! Bienvenue à tous dans le combat !

 
Vive Les Patriotes !
Vive la France !
Florian Philippot,
Président des Patriotes.

mercredi 7 mai 2025

La subsistance : l’écologie des classes populaires

Source :  https://www.amisdelaterre.be/ressources/la-subsistance-analyse/
 
 

Comment rendre l’écologie populaire ? Cette question, souvent exprimée depuis le point de vue des classes moyennes, témoigne d’un manque de (re)connaissance des pratiques écologiques des milieux populaires. Pourtant, bien avant d’être le cheval de bataille des associations environnementales, la réparation, la récup’, la mobilité douce, les circuits courts font partie du mode de vie de la majorité de la population, tout comme des liens de solidarité forts, avant que le capitalisme ne dépossède les gens de leurs moyens d’actions.

Au croisement des enjeux sociaux, écologiques, mais aussi féministes et anti-impérialistes, en partant d’exemples d’auto-organisations des milieux populaires à Namur, nous allons voir que l’économie de subsistance offre de nouvelles perspectives, de nouveaux rapports au monde, radicalement alternatifs à la croissance capitaliste.

A Namur, le peuple s’auto-organise

C’est l’année dernière que j’ai rencontré Luc Lefebvre, à la suite d’une manifestation pour le droit au droit au logement à Namur, dans le cadre de la semaine « Housing Action Days ». Luc est militant chez LST (Luttes Solidarités Travail), association à travers laquelle des personnes vivant dans la pauvreté organisent leurs luttes contre la misère, différentes formes d’auto-organisation de leurs moyens d’existence et la création de rapports de solidarité. Depuis les années 80, les militant·es de cette association ont créé des logements, des potagers, mais aussi différents lieux de formation à l’action pour mener des luttes politiques. C’est dans cet esprit qu’est née La Caracole, à Namur, habitat communautaire autogéré qui permet à ces personnes de cultiver une capacité d’action autonome, une conscience collective des rapports domination et des formes d’organisation pour mener leurs luttes contre toute forme d’oppression.

A travers ces alternatives ancrées localement, se développe donc toute une « économie de subsistance », une manière d’organiser la production et les relations, alternative au capitalisme, en partant des besoins des personnes les plus opprimées. Mais comment définir la subsistance ? En quoi la lutte pour celle-ci éclaire des mécanismes d’exploitation et de dépossession spécifiques au capitalisme ?


La subsistance : la reproduction de la vie

Pour Marie Mies et Veronika Bennholdt-Thomsen, autrices éco-féministes, la production de subsistance inclut tout travail servant à la perpétuation et à l’entretien direct de la vie et qui n’a pas d’autre objectif que lui-même. C’est pourquoi la production de subsistance s’oppose à la production de marchandise et de plus-value1.

Les économies basées sur la subsistance sont articulées autour des activités nécessaires à la vie : la production de nourriture, la construction de logements, la récupération, la confection et la réparation de vêtements, le travail du soin, l’éducation des enfants, les différents travaux ménagers… etc. Les activités domestiques, artisanales et paysannes constituent différentes formes de travail nécessaire à la reproduction sociale des êtres humains.

Le capitalisme repose sur la destruction ou l’absorption de ces formes d’économie.

Ce sont des exemples d’activités porteuses de sens. La subsistance repose aussi sur la coopération et des mécanismes de solidarité qui se concrétisent à travers la vie collective, mais aussi les échanges ou le don. Ce concept recouvre ainsi un grand nombre de savoirs, de pratiques plurielles, de cultures spécifiques permettant à des communautés ou des sociétés d’assurer leur existence, de façon équilibrée avec les écosystèmes dont elles dépendent.

Le capitalisme, système d’organisation sociale basé sur l’exploitation des êtres humains et de la nature, repose, au contraire, sur la destruction ou l’absorption de ces formes d’économie, selon sa logique propre. Ivan Illich, penseur critique de la société industrielle2, met en évidence la façon dont le capitalisme ne cesse de coloniser de nouveaux champs en détruisant les activités de subsistance de communautés, partout dans le monde, condamnant un nombre croissant de personnes à vivre dans la précarité, sous différentes formes d’exploitation.

Les dépossédé·es

Dans un rapport sorti en 2007 sur le « développement durable »1, les militant·es de LST ont montré, par exemple, comment des politiques écologiques  pensées depuis le point de vue des classes possédantes constituaient une atteinte à la survie de personnes des classes populaires. A travers des entreprises qui font de l’écologie un business, des investisseurs dépossèdent des personnes de leurs ressources matérielles. C’est le cas notamment des start-ups qui se développent autour du recyclage, en s’appropriant des ressources vitales pour des gens qui vivent à travers une économie informelle basée sur la récupération.

La marchandisation des « biens communs » a pour conséquence la perte d’autonomie.

Par exemple, les personnes qui vivaient, il y a quelques années, de la « mitraille », c’est-à-dire de la récupération des vieux métaux, sont dépossédées aujourd’hui de leur moyen de survie à travers une intégration de ces activités dans une logique de marché, au profit des propriétaires de ces entreprises. Aujourd’hui, il est quasiment impossible de trouver un bout de cuivre ou de métal et de s’échanger ces ressources de façon informelle.

On peut faire le même constat avec la transformation de squats en tiers-lieux branchés dédiés à la consommation, la vente lucrative des invendus alimentaires ou des vêtements de seconde main, qui étaient, il y a peu de temps, des ressources que l’on pouvait donner ou s’échanger gratuitement.

Les activités fondées sur le recyclage ou la récupération, autrefois populaires, deviennent progressivement une activité de luxe.

Au-delà de la privation matérielle, la marchandisation des « biens communs » a pour conséquence la perte d’autonomie d’un grand nombre de personnes, obligées d’accepter des emplois indignes, aliénant et mal payés, en subissant les rapports d’exploitation propres au travail salarié. Les gens sont aussi contraints d’acheter des marchandises parce que les conditions, les ressources communes, qui leur permettaient de vivre sans elles, ont disparu de leur environnement.

Dans ce contexte, les activités basées sur le recyclage ou la récupération, autrefois populaires, deviennent progressivement une activité de luxe pour celles et ceux qui en ont les moyens, soit en lançant une activité économique rentable, soit, pour les plus progressistes, en entamant une démarche de « simplicité de volontaire ». « Faire son potager soi-même » pour s’extraire de l’emploi et retrouver une autonomie d’action devient le plus souvent une activité réservée aux personnes ayant les ressources, l’espace et le temps de se détacher des rapports d’aliénation propres au travail salarié et à la société de consommation.

Un destin en commun

A travers le capitalisme, tout ce qui est « commun », abondant, gratuit est approprié progressivement, dans des processus souvent violents, par les classes possédantes. Ce système produit donc en permanence de la rareté. Pour satisfaire les besoins d’accumulation de capital, il s’agit de s’approprier toujours davantage de travail, de matières premières et de nouveaux marchés. Ainsi, les ressources naturelles sont pillées, les économies de subsistance détruites et les êtres humains enrôlés dans des rapports d’exploitation.

Cette réalité est une constante dans toute l’histoire du capitalisme, à travers notamment les politiques coloniales et impérialistes menées sur l’ensemble du globe. Aujourd’hui encore, sur tous les continents, des multinationales chassent de leurs terres des paysan·nes pour développer différents projets extractifs, que ce soit des projets agro-industriels ou des projets miniers. Des cultures, des manières d’organiser la reproduction de la vie, alternatives au capitalisme, sont ainsi détruites chaque jour. A ce sujet, Rosa Luxembourg, figure marxiste révolutionnaire du début du XXème siècle, parlait de « dissolution progressive et continue des formations précapitalistes1 ». La dépossession des moyens de survie des classes populaires illustre ce phénomène en cours, en Belgique, mais celui-ci n’est qu’un exemple d’une guerre à la subsistance menée dans le monde entier, depuis plusieurs siècles.

Crédit photo: Alexandre VanderSchueren

Les activités informelles n’ont toutefois pas toutes disparu sous le capitalisme. Mais bien souvent, le travail qui ne relève pas du secteur monétaire a été colonisé par ce système d’organisation sociale. Ainsi, la croissance économique repose sur toute une économie de l’ombre, portée en majorité par les femmes dans la sphère domestique. L’éducation des enfants, le soin aux personnes âgées, la préparation des repas, le ménage, constituent des exemples de travail gratuit, non monétarisé, mais qui participent à l’accumulation du capital. Ce travail ménager, Ivan Illich le qualifie de « travail fantôme ». Il s’agit d’une forme d’exploitation complémentaire à celle du travail salarié, non comptabilisé dans la production nationale, grâce auquel les propriétaires d’entreprise assurent la reproduction de leur force de travail. Les femmes enfantent, nourrissent, éduquent la force de travail qu’exploite le capital2.

Ainsi, bon nombre d’activités de subsistance ont été « subsumées », selon les termes d’Ivan Illich. A travers la colonisation du travail de subsistance, se constitue une communauté de destin entre catégories de personnes dépossédées et exploitées, entre les femmes, les paysan·nes et les personnes marginalisées qui vivent d’un travail informel, dans le monde entier, au Sud comme Nord.

Regarder le monde par en bas

Face au totalitarisme de l’argent qui exploite et détruit les vies humaines et non-humaines, la subsistance offre une perspective alternative, celle d’une réorganisation de l’économie en vue de la régénération du monde vivant au sens large.

Les paysan·es produisent à manger et reconstituent les écosystèmes. Les activités domestiques comme la cuisine, le ménage ou l’éducation des enfants, le soin en général, sont tout aussi vitales. Enfin, les personnes marginalisées luttent tous les jours pour assurer la reproduction de leur existence et celle de leurs proches.

La subsistance est une perspective économique qui est à la fois sociale, écologique, féministe et décoloniale.

Au travers de la croissance capitaliste, ces activités sont dévalorisées et exploitées. L’économie productiviste répand la mort, en provoquant l’effondrement de la biodiversité, le bouleversement climatique ou la destruction de millions d’écosystèmes et de modes de vie particuliers dont les êtres humains dépendent pour garantir leur reproduction. Loin d’une économie organisée en vue de l’enrichissement des plus puissants, la perspective de la subsistance nous invite au contraire à regarder le monde par en bas, depuis le point de vue de celles et ceux qui assurent la régénération de la vie. Il s’agit aujourd’hui de rendre central des activités portées par les catégories sociales les plus opprimées.

La subsistance est une perspective économique qui est à la fois sociale, écologique, féministe et décoloniale. Si le capitalisme s’est approprié « les ressources communes » pour en extraire une plus-value, il est peut-être temps de faire marche arrière, en militant pour la défense et la conquête de nouveaux « communs », dans chaque lieu de vie, afin de laisser la possibilité à des communautés décentralisées d’assurer l’essentiel de la reproduction de leur existence, de façon autonome, collective et solidaire. Partageant un destin et des intérêts communs sous le capitalisme, les conditions objectives sont peut-être réunies pour une nouvelle solidarité entre dépossédé·es et exploité·es, dans le cadre d’une lutte unitaire pour la subsistance…

Valéry Witsel

Les Amis de la Terre

1 Maria Mies et Veronika Bennholdt, La Subsistance, une perspective écoféministe, Editions la lenteur, 2024, p.57.
2 Ivan Illich, Le travail fantôme, Fayard, 1981.
1 Luttes Solidarité Travail, Regards et questions des travailleurs les plus pauvres sur les notions de « développement durable », juin 2007.
1 Rosa Luxembourg, Oeuvres complètes, tome V, L’accumulation du capital. Chap. 29, édition établie par Julien Chuzeville, Marie Laigle et Eric Sevault, 2019 (1913), p.434.
2L’exploitation gratuite du travail des femmes sous le capitalisme a été théorisée par les féministes marxistes Lise Vogel, Leopoldina Fortunati et Silvia Federici.

Photo de Valeriia Miller: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/escargot-sur-l-herbe-2546922/Texte paru sur le site de la Revue Politique

La lettre de Senta - 9 mai à 17h "European Peace Project"

 

Un manifeste pour la paix sera lu partout en Europe

Le European Peace Project

📣 Vendredi 9 mai à 17h, journée qui célèbre l’Union européenne, des citoyens opposés à la guerre se réuniront partout en Europe clamer à voix haute leur désaccord avec les politiques belliqueuses des dirigeants européens en lisant “le manifeste pour la paix” sur des milliers de places publiques.

A Bruxelles, RDV à la Gare Centrale, où des chanteuses se joignent à l’évènement!

🎸 Après, à 20h au Bozar : un grand concert caritatif pour la PAIX au Congo.

Consultez la carte interactive pour vous joindre à l’évènement en Belgique, en France, en Suisse ou ailleurs en Europe.

Projet européen pour la paix – Le Manifeste

Aujourd’hui, le 9 mai 2025 – exactement 80 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui a coûté la vie à 60 millions de personnes, dont 27 millions de citoyens soviétiques, nous, les citoyens européens, élevons la voix ! Nous avons honte de nos gouvernements et de l’UE qui n’ont pas retenu les leçons du XXe siècle. L’UE, autrefois conçue comme un projet de paix, a été pervertie et a ainsi trahi l’essence même de l’Europe ! Nous, les citoyens européens, prenons donc aujourd’hui, le 9 mai, notre destin et notre histoire en main. Nous déclarons l’échec de l’UE. Nous entamons une diplomatie citoyenne et refusons la guerre planifiée contre la Russie ! Nous reconnaissons la coresponsabilité de « l’Occident », des gouvernements européens et de l’UE dans ce conflit.

Nous, citoyens d’Europe, nous opposons avec le European Peace Project à l’hypocrisie éhontée et aux mensonges diffusés aujourd’hui – Journée de l’Europe – lors des cérémonies officielles et sur les chaînes publiques.

Nous tendons la main aux citoyennes et citoyens d’Ukraine et de Russie. Vous faites partie de la famille européenne et nous sommes convaincus qu’ensemble, nous pouvons organiser une cohabitation pacifique sur notre continent.

Nous avons devant les yeux les images des cimetières militaires – de Volgograd à Riga et à la Lorraine. Nous voyons les tombes fraîches que cette guerre insensée a laissées en Ukraine et en Russie. Alors que la plupart des gouvernements de l’UE et des responsables de la guerre harcèlent et refoulent ce que la guerre signifie pour la population, nous avons appris la leçon du siècle dernier : l’Europe, c’est « plus jamais la guerre » !

Nous nous souvenons des efforts de construction européenne du siècle dernier et des promesses de 1989 après la révolution pacifique. Nous demandons la création d’un Office européen de la jeunesse et de la Russie sur le modèle de l’Office franco-allemand de la jeunesse de 1963, qui a mis fin à « l’hostilité héréditaire » entre l’Allemagne et la France. Nous exigeons la fin des sanctions et la reconstruction du gazoduc Nord Stream II. Nous refusons de gaspiller l’argent de nos impôts dans l’armement et la militarisation, au détriment de l’État social et des infrastructures. Dans le cadre d’une conférence de paix de l’OSCE, nous demandons la création d’une architecture de sécurité européenne avec la Russie et non contre elle, comme le stipule la Charte de Paris de 1990. Nous demandons une Europe neutre, émancipée des États-Unis et jouant un rôle de médiateur dans un monde multipolaire. Notre Europe est post-coloniale et post-impériale.

Nous, citoyens européens, déclarons par la présente que cette guerre est terminée ! Nous ne participerons pas à ces jeux de guerre. Nous ne ferons pas de nos hommes et de nos fils des soldats, de nos filles des infirmières à l’hôpital et de nos pays des champs de bataille.

Nous proposons d’envoyer immédiatement une délégation de citoyens européens à Kiev et à Moscou afin d’entamer le dialogue. Nous ne resterons pas là à regarder notre avenir et celui de nos enfants être sacrifiés sur l’autel de la politique de puissance.

Vive l’Europe, vive la paix, vive la liberté

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