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samedi 22 juillet 2023

Désormais, ‘Ukrisis’ nous fatigue

 Source : https://www.dedefensa.org/article/desormais-ukrisis-nous-fatigue

20 juillet 2023 (18H30) – La tragédie nous émeut et nous terrorise. Le bouffe nous fait rire et nous rend un peu fous. La tragédie-bouffe, elle, si elle représente d’abord une surprise étonnante, finit au bout d’un certain temps par nous fatiguer. A la lettre même de l’expression, nous ne savons sur quel pied et vers quel biais danser : horreur du tragique catastrophique ou rire compulsif de folie-bouffe ? Ainsi commence-t-on à se sentir écrasés d’épuisement, – cette “fatigue” dont l’on parle ici, – avec la guerre d’‘Ukrisis’, et singulièrement à cause du simulacre de l’Ouest-exclamatif et psychoaffectif, l’Ouest qui ne cesse de poser, de récriminer, de se rengorger, de se féliciter, de s’admirer, de se trouver exceptionnel, de s’éblouir lui-même en se trouvant si finaud en son miroir, – et là-dessus aussitôt en accumulant sottises, impuissances, aveuglements, simulacres et ectoplasmes, tout cela bouillant en bouillonnant dans une soupe de mensonges érigés en autant de Vérités clamées du haut de la montagne et sorties des Tables de la Loi...

Un mot résume donc l’attitude de pays de plus en plus nombreux, devant la guerre en Ukraine, et nécessairement devant les simagrées de ceux qui la font durer en l’alimentant : la fatigue, mère de l’exaspération et de la colère. On parle bien entendu de la fatigue de la psychologie, celle qui règle tout, comme lorsque, parlant de la corruption, c’est aussitôt à la “corruption de la psychologie” que je suis conduit à penser.

On a pu mesurer cela lors d’une réunion entre l’UE et les pays d’Amérique Latine et des Caraïbes au sein du CELACS, en début de semaine à Bruxelles... Surprise, surprise, celui qui tenait une place non négligeable du côté de l’UE, dans la rencontre, comme dirigeant du pays-membre temporairement en position de présidence (succession : tous les six mois), celui-là était de Hongrie... Par Dieu ! Son Premier ministre Orban est l’un des rarissimes, non le rarissime et extrêmement précieux dirigeant d’un pays de l’UE à s’opposer à la politique de bienpensance de l’Ouest-psychorigidif (une trouvaille néologistique de circonstance d’une sorte de PhG-Bis) – je veux dire, cette ignoble politique d’alignement automatique, type-intelligence-artificielle qui aurait pris les mauvaise pilules contraceptives, – à s’opposer donc, le Organ, à la politiqueSystème Washington-Bruxelles en aveugle soutien à Mister Z. d’Ukraine... Et c’est bien lui, Orban, qui parle de “fatigue” !

« Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a proclamé mardi sur Facebook que la Hongrie et l'Amérique latine ont toutes deux une position favorable à la paix concernant le conflit entre l'Ukraine et la Russie et souhaitent que la guerre se termine le plus tôt possible.

» “La majeure partie du monde est fatiguée de la guerre. Aujourd'hui, nous avons plaidé pour un cessez-le-feu immédiat et la paix, et cette fois les dirigeants d’Amérique latine nous ont rejoint !” a écrit Orbán sur Facebook à la suite de la réunion des dirigeants de l'Union européenne et du sommet de la Communauté des États d'Amérique latine et des Caraïbes (UE-CELAC) à Bruxelles. »

Cette réunion a été bien proche d’une catastrophe pour l’UE (l’UE hors-Orban), qui espérait engager les pays d’Amérique Latine sur une voie économique raisonnable et triomphante, c’est-à-dire une voie politico-affectiviste sur les sentiers de la guerre évidemment favorable à l’Ukraine, et favorable à la guerre jusqu’à la victoire sur la Russie, jusqu’à Moscou, jusqu’a Saint-Petersbourg, jusqu’à Novossibirsk, jusqu’à Sébastopol, là-bas, tout au bout sur le Pacifique, base parfaite pour attaquer Taïwan, vous voyez ? L’UE proposa un communiqué commun farci de référence dans ce sens, pro-ukrainien, pro-guerre avec la condamnation de la Russie jusqu’à la victoire de l’Ukraine.

Eh bien non, pas du tout ! Quelle surprise, n’est-il pas ?

Tous les pays sud-américains repoussèrent ce texte avec une force et une vigueur fourrées aux doigts d’honneur qui répandit l’étonnement au cœur de la civilisation. On se soumit donc pour ne pas en sortir la queue trop basse, jusqu’à glisser dessus. On expurgea le susdit texte de toute référence à l’Ukraine et à sa victoire, et surtout de ses vitupérations antirusses pour s’en tenir à des souhaits de paix sans référence à aucun des belligérants. Même ce texte devenu complètement neutre fut refusé par le Nicaragua. Jusqu’où va leur insolence à la fin, c’est à ne pas croire !

« Ce sommet a été désastreux [Pour l’UE], ou dans tous les cas disons très difficile, explique Alexander Mercouris... Même à l’Ouest, on admet que ce fut une rencontre très difficile, – vous noterez en passant qu’il y a eu vraiment très peu de comptes-rendus sur cette rencontre dans les médias de l’UE... Ainsi, les Européens se sont trouvés confrontés à l’évidence que le reste du monde, le monde hors de l’orbite de l’Ouest, n’accepte pas la narrative occidentale sur la guerre en Ukraine.  Ils comprennent que la Russie défend une bonne cause, qu’elle avait des raisons de décider l’action qu’elle a faite et qu’elle y a été provoquée à le faire par l’Ouest ... Et je ne peux m’empêcher de penser que cela va encore renforcer les doutes qui commencent à apparaître en Europe... »

Remplacez le mot “doutes” qu’emploie Mercouris et vous en viendrez à l’idée de “fatigue” fort justement mis en évidence par Orban. Mercouris juge que le phénomène est clairement apparu lors du sommet de Vilnius, en plus de la querelle entre Mister Z. et les USA, et que c’est à cause de cela, de cette “fatigue psychologique” au cœur de l’OTAN et au fond de l’âme de l’Occident, que Vilnius, en vérité, deviendra historique.

La pente est désormais irrésistible. La “contre-offensive” est devenue une sorte d’événement-bouffe où les alliés et les amis s’insultent et se rejettent la faute, tandis que la tragédie sanglante grandit dans les empilements de morts inutiles, ces champs bouleversant de souffrances et d’agonies pour désespérément rien. Le seul mouvement notable actuel de cette grande manœuvre qui devait bouleverser le monde est un discret mais très insistant et efficace mouvement des Russes dans le Nord, une sorte de contre-offensive contre la contre-offensive qui devrait prendre tous nos mensonges à revers, comme Napoléon à Austerlitz et à Waterloo. Ce serait grotesque-bouffe si ce n’était la guerre avec ses chairs déchirés, ses gémissements, ses obus et ses mines qui sans cesse explosent.

La guerre ukrainienne était partout acclamée comme un bloc de marbre appuyée sur une force morale sans égale. Surprise, surprise, – la chose s’est transformée en un pseudo-bloc de sable en forme de château de cartes, qui se défait, se dissout, se désagrège, se précipite dans le sablier de l’histoire cocufiée, sans que plus aucune morale ne puisse prétendre se dresser contre lui. La guerre est toujours chose cruelle ; mais quand elle y ajoute son énorme charge de mensonges pour devenir la chose la plus stupide du monde, – les dieux s’écrient, comme Guillaume admirant les braves cuirassiers et hussards français lancés dans la charge ultime et inutile, – “Ah, les pauvres gens”...

Je crois que nous sommes en train de changer de théâtre d’opérations. La ‘Comedia dell’Arte’ est en train de passer des vastes champs ukrainiens monotones et monocordes, – de passer à la diversité, construite et déconstruite, genrée et dégenrée, et dégénérée comme les acteurs de Hollywood en grève, – je parle de la diversité infinie du bordélique-désordre de la pseudo-démocratie américaniste. ‘Ukrisis’, pour garder la vedette, va changer de champ d’action, – et peut-être bien tentée d’américaniser son nom, non ? (Je suggère ‘Mackrisis’, pour faire le malin.). Ceux-là qui, montreurs de marionnette, s’en croyaient si éloignés, vont se trouver au cœur du maelstrom qui a changé son axe du monde.

Bientôt, nous verrons Mister Z. parti à la retraite et avec du temps à perdre mais l’ardeur de la reconnaissance, venir en Virginie Occidentale, soutenir le sénateur Graham retranché contre les attaques des “faiseurs de paix”, les affreux, les inhumains, les barbares, les massacreurs de civilisation, les The-Donald et RFK-Jr, avec Carlson Tucker et son éclat de rire post-FoxNews qui emporte tout, en contre-batterie et soutien d’artillerie, comme les canonniers russes derrière leur ligne Sourovikine.

lundi 21 novembre 2022

Les Hydres de la paix

Source :  https://www.dedefensa.org/article/les-hydres-de-la-paix

• Décidément, on ne peut ignorer les bruits de négociations, de recherche d’entente, de possible arrangement qui, aujourd’hui, forment un bruit de fond assourdissant d’‘Ukrisis’, la guerre en Ukraine. • Même Medvedev, dont on connaît l’allant patriote et guerrier, nous donne des précisions à cet égard. • Et il ne semble y avoir qu’un seul problème : Zelenski, le caillou dans la chaussure, qui semblerait commencer à agacer tout le monde. • Alentour, comme lendemain qui chante, paraît FTX, nouveau scandale financier globalisé via ‘Ukrisis.

L’épisode du S-300 “de fabrication soviétique” de la défense aérienne ukrainienne aboutissant en Pologne pour tuer deux agriculteurs sur leur tracteur semble bien avoir agi comme un révélateur, un destructeur de simulacre. Ainsi en juge-t-on lorsque, dans la situation ainsi créée, un Medvedev, libéral occidentaliste transformé en patriote russe intransigeant par la guerre rend compte dans un message détaillé du désarroi américaniste-occidentaliste marqué par deux dynamiques : une exacerbation et une excédation du sentiment général pour les actes et le comportement de Zelenski ; une crainte désormais dominante que le conflit débouche sur un embrasement général entre l’OTAN et la Russie, où l’OTAN n’a aucune certitude d’avoir le dessus tandis que planerait le risque insupportable d’un affrontement au plus haut niveau.

Pourtant, il n’y a rien dans tout cela qui permette d’affirmer une conclusion ferme sur une orientation d’apaisement, tant il est vrai que dans le meilleur des cas (la paix) d’innombrables problèmes jusqu’ici laissés de côté surgiraient, qui nous promettent des bouleversements considérables.  Quand on se trouve si complètement et brutalement jeté dans un ‘New Normal’ de cette sorte, même pacifié sur un de dses versants mais encombré de perceptions faussaires et de simulacres dans un paysage de “tourbillon crisique” affolant les psychologies jusqu’à créer une “structure crisique” de l’hystérie, il est tout simplement impossible de revenir à l’ancien. Le ‘New Normal’ recèle une prolifération d’Hydres à mille têtes qu’il est hors de question d’ignorer...

Mais n’allons pas trop vite. Pour l’instant, il est question du message de Medvedev, venu bien entendu sur le fond d’une basse continue de plusieurs semaines, chuchotant bruyamment hypothèses, messages, rencontres même, à propos d’une rupture de l’enchaînement guerrier. Medvedev ne nous fait aucune révélation mais il rend compte d’un climat complètement nouveau, de la “révélation d’un symptôme” qui compte bien plus qu’un détail de plus sur le S-300 ou sur le comportement de Zelenski, bref il rend compte d’une évolution psychologique importante.

• Psychologie en effet, puisqu’il est autant question d’une “fatigue-Zelenski” dans le bloc-BAO que d’une crainte vers un enchaînement pouvant aller jusqu’à une Guerre Mondiale.

« L'Occident collectif se lasse du président ukrainien Vladimir Zelenski et “pousse” Kiev à des pourparlers avec Moscou, a écrit l'ancien président russe Dimitri Medvedev dans un message posté sur Telegram samedi. Il a ajouté que les États-Unis et l’OTAN ne veulent pas risquer une nouvelle guerre mondiale.

» La réaction au tir de missile qui a frappé mardi le village polonais de Przewodow, tuant deux civils, a révélé un nouveau “symptôme” de cette tendance, puisque même “les russophobes les plus ardents” de Varsovie refusent d'imputer l’incident à Moscou, a commenté l’ex-président Medvedev.

» Vendredi, Varsovie a qualifié la frappe d’“accident malheureux” qu’il était “pratiquement impossible” d’éviter. Kiev a tenté à plusieurs reprises de rejeter la responsabilité de l’incident sur Moscou. L’armée russe, quant à elle, a déclaré qu’elle n’avait effectué aucun tir près de la frontière ukraino-polonaise à ce moment-là, tandis que l’analyse des photos du site a montré que le projectile était un missile anti-aérien S-300 opéré par les forces ukrainiennes.

» “Tout le monde est fatigué du régime de Kiev. Surtout du névrosé Zelenski, qui ne cesse d’attiser les tensions, de pleurnicher et d'extorquer toujours plus d’argent et d'armes. [Il se comporte] comme un enfant hystérique ayant des problèmes de développement”, a déclaré Medvedev. »

• Medvedev insiste particulièrement sur ce qu’il estime être le principal problème empêchant une évolution vers des négociations pouvant aboutir, disons à une entente au moins temporaire pour une cessation, – au moins temporaire, – des combats. L’ancien président, qui s’est un peu institué comme une voix officielle diffusant officieusement, par ses messages sur ‘Telegram’ la pensée profonde de la direction russe, insiste sur le cas Zelenski, en en faisant le principal obstacle à une possibilité d’entente. Son ton est, dans ce cas, beaucoup plus tactique et politique, dénuée de la véhémence anti-occidentale/anti-OTAN qu’il  montrée jusqu’ici, lorsqu’il défend avec passion la cause de soon pays.

« La lassitude engendrée par la direction de Kiev et par ses actions incite l’‘Occident collectif’ à “pousser” l'Ukraine à entamer des pourparlers avec la Russie. “Les États-Unis, l'OTAN et l'Union européenne ne veulent pas d'une rupture complète avec la Russie, ce qui risquerait de provoquer une troisième guerre mondiale. D'où les fréquentes tentatives pour contenir Kiev et le ramener à la raison, pour le pousser à négocier”, écrit Medvedev.

» En refusant de parler avec la Russie, Zelenski poursuit en fait des objectifs beaucoup plus banals et égoïstes, a suggéré Medvedev. “Si [Zelenski] n’accepte pas la réalité de l'effondrement de l'Ukraine, il est inutile de s’asseoir à la table [de négociation]. S’il l’accepte, il sera éliminé par ses propres nationalistes, qui sont liés aux hauts gradés de l'armée”. »

• Pour autant, rien n’est joué, dans tous les cas du côté des USA où plus que jamais s’affrontent les factions, changeant de position selon les nécessités tactiques, par conséquent brouillant le jeu qui semble paraître plus ordonné pendant un instant. Alors que Medvedev passait son message, le secrétaire à la défense Austin prononçait un discours où il parvenait à faire l’éloge de l’armée russe et de ses armements, et en même temps de la volonté de l’emporter des Ukrainiens, suggérant la perspective hollywoodienne de leur victoire finale.

RT.com rapporte cette intervention en mettant évidemment l’accent sur l’“l’éloge de l’armée russe”, alors que l’imposant Austin mentionne l’inestimable valeur d’une “cause” (celle de l’Ukraine) dans laquelle on croit bien entendu comprendre qu’il la présente implicitement comme le nœud de la victoire... Tout cela n’empêchant pas, dit-il, l’OTAN de s’affirmer bien décidé à ne pas se laisser entraîner dans une Troisième Guerre mondiale. La partition d’Austin est suffisamment ambiguë pour être acceptée à peu près par tout le monde

« “Vous savez, les Russes ont une armée puissante et des systèmes d’armes impressionnants”, mais cela “ne les a pas aidés à l'emporter dans une campagne faite de conquête et de cruauté”, a affirmé Austin, qui s'exprimait samedi au Forum international sur la sécurité de Halifax, au Canada... “C’est la cause qui compte”, ainsi que “ceux qui se battent pour elle”.

» Le secrétaire à la défense a ensuite félicité le président Joe Biden pour avoir rallié les “nations de bonne volonté” contre les tentatives de la Russie de “redessiner les frontières par la force”.

» Austin a également déclaré que les États-Unis resteront aux côtés de l'Ukraine tant que durera le conflit, insistant sur le fait que l'issue de celui-ci “déterminera le cours de la sécurité mondiale en ce nouveau siècle”.

» Il a toutefois ajouté que l'OTAN ne serait pas entraînée dans ce qu'il a décrit comme la “pire crise de la sécurité [européenne] depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale”, à moins que Moscou n'attaque l'un de ses États membres. »

Curieux Austin, qui parle comme si l’affaire était tranchée, les honneurs rendus aux Russes pour qu’ils n’insistent (n’attaquent) pas trop, l’Ukraine conservée  hors de l’OTAN, plus “otanisée” (comme on dit “lobotomisée”) que jamais mais hors-‘Troisième Dernière’. Du pur Pentagone dans ces temps où la supériorité militaire US n’est plus, mais plus du tout une donnée acquise : “Je fais la guerre, moi non plus”...

Une “marionnette” hyper-active

Dans tout cela, comme déjà dit, rien de bien nouveau factuellement, – mais psychologiquement, quel tourbillon après l’incident du S-300 ! Cela, “l’incident du S-300”, n’est certainement pas en soi un de ces événements catastrophiques qui aurait pu provoquer une guerre majeure, sinon nucléairement finale. On peut juger que la puérilité de la manœuvre, la grossièreté du ‘false flag’, – s’il s’agit bien de cette démarche de la part des zélenkistes, – nous confirme bien que dans cette énorme tragédie-bouffe qu’est le conflit ‘Ukrisis’, le bouffe prend souvent le dessus avec un Zelenski.

Au reste, ce n’est pas pour signifier que cette légèreté de la psychologie et du comportement facilitent les choses, car c’est bien au contraire. Il est désormais avéré que Zelenski est une des “marionnettes” américanistes et occidentalistes les plus difficiles à contrôler ; cela est d’autant plus vrai que les services de communications des divers pays et organisations occidentaux ont contribué à lui fabriquer une stature de héros, de quasi-Saint de la Démocratie dont jamais aucune marionnette n’eut le privilège à ce point ;  alors même qu’en plus de l’habituelle corruption propre aux marionnette, il ajoute des attitudes et des habitudes d’acteur cabotin sans doute porté sur la drogue et tenant le rôle de sa vie, avec un entourage serré d’“ultra-nationalistes” comme disent nos “experts” de plateau, nullement impressionnés par la profusion de croix gammées et de salut main tendue et ouverte à bout de bras.

Toujours pour esquisser l’avenir de la paix prochaine, il faut ajouter à ce formidable nœud gordien du monde zélenskiste les habituelles querelles internes des différents pouvoirs à l’intérieur du monde en déliquescence qu’est le bloc-BAO. “L’incident du S-300”, sans doute patronné par l’une ou l’autre caste de neocons, a finalement mis ces extrémistes sur la défensive, avec en plus un gâchis qui a dispersé tous les avantages de relations publiques qu’on pouvait espérer tirer du retrait russe de Kherson qu’on a tenté de grimer en une sorte d’Austerlitz ukrainien. On ne sait s’ils (les extrémistes américanistes-occidentalistes) auront le temps de relancer l’affrontement alors que les poussées pour une négociation, du côté bloc-BAO, se font et devraient se faire de plus en plus forte de crainte que les Russes, ayant rassemblé leurs réservistes rappelés, ne lancent une offensive majeure qui accroîtrait leur pénétration en Ukraine.  

Tout cela n’est d’ailleurs, ne peut être d’ailleurs autrement que temporaire. Il reste absolument assuré que l’Ukraine n’est pas une guerre « entre la Russie et l'Ukraine, c’est une guerre entre la Russie et l'Occident », selon les Turcs avisés ; et que la guerre en Ukraine n’est qu’un « exercice d'échauffement” pour le grand conflit à venir [‘The Big One’] ».

...C’est-à-dire que nous doutons grandement, comme remarqué plus haut, qu’une très hypothétique “paix” (?) en Ukraine nous ramène aux temps d’avant, parcouru certes de crises sans nombre mais où l’on . imaginait impensable d’envisager un conflit ouvert impliquant la Russie et les USA en adversaires directs. Cette perspective nous laisse, comme l’on dit, tristement augurer de la suite des opérations si effectivement une sorte d’arrangement était atteint en Ukraine après que Zelenski ait été engagé par Netflix pour une série sur “Grandeur et décadence de l’effondrement de l’Ukraine-FTX”.

Don Quichotte et les moulins de FTX

Cat finalement et toutes réflexions faites se pose cette question : les interlocuteurs américanistes-occidentaistes et zélenskistes des Russes ne risqueraient-ils pas d’avoir l’esprit ailleurs pour ne plus trop se préoccuper de ces affaires du désordre ukrainien ? Ne seraient-ils  ne sont-ils pas, – le naturel revenant au galop, – naturellement trop préoccupés par le scandale-FTX soudain apparu, qui mélange le parti démocrate, les Biden, le Congrès, la cryptomonnaie pour l’Ukraine, Zelenski bien entendu, – tandis que les républicains veulent mettre en cause la famille Biden dans des auditions à la Chambre du nouveau Congrès ? A un moment, il faut bien que l’argent reprenne le dessus, comme l’on est remis dans le droit chemin. Ce pourrait être la surprise qui déstabiliserait tout le cours normal de l’effondrement en cours, pour lui donner une inflexion inattendue, accélératrice encore plus de l’effondrement-en-cours...

On attendait le grand choc des midterms, n’est-ce pas ? On a eu un chuintement presque inaudible, une sorte de flatulence assez peu élégante... Alors, les républicains, privés de leur tsunami formidable mais mauvais gagnants-perdants, entendent exister tout de même en déterrant les pires atrocités des bijoux de la famille Biden au moment où éclate en un affreux divorce le mariage arrangé entre le bitcoin et ‘Ukrisis’ :

« Je l’admets. Je ne suis pas complètement cynique. Comme Don Quichotte, je me bats contre des moulins à vent. Le scandale et la fraude qui entourent l'effondrement de FTX ne sont pas seulement un désastre financier mineur. Il s'agit d'une affaire mondiale qui va prendre au piège de nombreuses personnes apparemment intelligentes qui ont cru à tort qu'en effectuant des transactions en cybermonnaies, elles pouvaient échapper aux forces de l'ordre. Oups ! Ils n'ont apparemment pas pris le temps de comprendre la rigueur du  fonctionnement de la technologie ‘Blockchain’. La garantie de sécurité du ‘Blockchain’ causera leur perte. »

Ainsi Larry Johnson nous parle-t-il du naufrage du ‘Titanic’ qui est en train de se produire avec la faillite de la plateforme de négociation de crypto-monnaies de Samuel Bankman Fried (le nom du milieu ne s’invente pas), le fondateur, directeur général, principal et unique manipulateur de FTX, – sous le titre donquichottesque de :

« Samuel Bankman Fried a peut-être entamé la demolition de l’État-profond… »

 

Mis en ligne le 20 novembre 2022 à 18H15

samedi 29 octobre 2022

Poutine et la Grande Crise sous nos yeux

Source : https://www.dedefensa.org/article/poutine-et-la-grandecrise-sous-nos-yeux-1

Très long et très important discours de Poutine au Forum annuel du Club Valdaï. • Le président russe fait une puissante critique, notamment culturelle et sociétale, de l’état actuel du système international institué par l’Occident en 1945 : il le juge dépassé, chaotique, en pleine dégénérescence et en cours d’effondrement. • Il esquisse le système qui devrait le remplacer. • Il ne s’agit pas de la guerre en Ukraine et de la crise autour d’elle mais de la GrandeCrise d’Effondrement du Système dont ‘Ukrisis’ n’est que le détonateur et l’accélérateur catastrophique.

Le discours de Poutine au Forum annuel du Club Valdaï a eu un grand retentissement là où l’on veut bien parler sérieusement de Poutine, en laissant les invectives au frigidaire. Ailleurs, on l’a jugé, comme le font le News York ‘Times’ et le Washington ‘Post’ comme un “appel aux conservateurs ” (“Conservateurs de tous les pays, unissez-vous”), sinon à y voir un appel à un grand dessein d’euroasiatisme établissant l’empire de la Russie sur le monde. Certains pourraient même y voir la validation de toutes les théories complotistes en vogue du côté des globalistes sur la planète depuis quelques dizaines d’années, – mais, après tout, les “complotistes” anti-Covid ne sont-ils pas sur le point de nous indiquer qu’ils n’avaient pas tout à fait tort ?

Un qui ne cache pas son enthousiasme c’est Alexander Mercouris, dans une de ses sessions Christoforou-Mercouris, hier.

« C’est un discours colossal... Peut-être le plus philosophique qu’il ait donné, le dernier d’une longue séquence commencée avec le discours [de la ‘Wehrkunde’] à Munich en 2007 à propos de l’unipolarité... C’est le plus philosophique, le plus profond, le plus sérieux, et je tiens à le dire, il n’y a pas au monde un seul leader autre que Poutine qui dispose de cette capacité de parler de cette façon.... C’est un homme qui a la plus grande confiance dans sa capacité de manier de grandes idées et de vastes pensées...

» La chose essentielle, celle qui soutient tout le système [de Poutine] est que nous venons de la situation de bipolarité de la Guerre Froide qui s’est transformée après la chute de celle-ci lorsqu’un groupe de gens très puissants prit le contrôle du pouvoir en voulant imposer un système unipolaire où eux-mêmes, et eux seulement, établirent les règles pour tous les autres. Ces gens avaient un esprit impérialiste et néocolonialiste et ils estimaient qu’ils avaient le droit d’établir le même programme dans tous les pays de la planète... »

Effectivement, Poutine nous parle de ces gens et de ces groupes, et ce passage, comme d’autres d’ailleurs, va permettre de le “complotiser” en plus de le “diaboliser”, – à moins qu’il ne le fût déjà ce “diable de complotiste”, dans tout le système de la communication et dans la presseSystème (car Poutine s’adresse notamment au bloc-BAO lorsqu’il déroule son analyse critique). Dans tous les cas, il clame les choses tout haut, et cette fois on ne peut pas réduire l’accusation au délire d’un Alex Jones. Bref, Poutine s’est fait quelques ennemis de plus, s’il en avait besoin, mais il a l’air d’avoir très bonne mine, le visage un peu moins bouffi, bref dans une très belle forme pour un fou isolé du reste du monde et de ses conseillers, et traînant quelques maladies irréversibles...

Voici donc un premier court extrait sa philippique, ou plutôt une partie d’icelle car son discours entier, comme l’indique Mercouris, embrasse tous les aspects de la GrandeCrise.  

« Au Club Valdaï, nous avons parlé à plusieurs reprises... des risques associés à la dégradation des institutions mondiales, à l’érosion des principes de sécurité collective, à la substitution du droit international par de soi-disant règles – je veux dire, on comprend qui les a établies, mais ce n’est peut-être pas précis – dont on ne sait généralement pas qui les a établies, quels sont les fondements de ces règles, et ce qu’elles contiennent.

» Apparemment, il y a seulement une tentative d’établir une règle afin que ceux qui sont au pouvoir – nous avons parlé aujourd’hui des autorités, je parle du pouvoir mondial – puissent vivre sans aucune règle et être autorisés à faire ce qu’ils veulent, à s’en tirer comme ils veulent. Ce sont, en fait, ces règles que l’on nous répète sans cesse, comme on dit, dont on parle sans cesse. [...]

« Le pouvoir sur le monde est précisément ce sur quoi l’Occident sus-mentionné a parié. Mais ce jeu est assurément un jeu dangereux, sanglant et, je dirais, sale. Il nie la souveraineté des pays et des peuples, leur identité et leur singularité, et n’accorde aucune valeur aux intérêts des autres États. Du moins si cela n’est pas explicitement déclaré comme un déni, c’est néanmoins ce qui est fait dans la pratique. Personne, à l’exception de ceux qui formulent les règles que j’ai mentionnées, n’a le droit de développer sa propre identité : tous les autres doivent être “passés au peigne fin” en fonction de ces mêmes règles. »

Parmi les nombreuses questions abordées, on trouve les questions sociétales, le wokenisme, les LGTBQ+ et toutes ces sortes de  choses, c’est-à-dire l’épouvantable inversion qui nous affecte et nous infecte. Nous n’en sommes plus à Kherson et à Zelenski.

C’est, en soi, l’un des passages les plus puissants du discours en ceci qu’il met en cause la véritable essence de la civilisation américaniste-occidentaliste telle qu’elle s’est transformée, en une sorte de hideuse perversion. Effectivement, Poutine n’est jamais plus puissant que lorsqu’il débusque nos épouvantables travers, nous qui étions ses “partenaires” et qui ne le sommes plus (« nos adversaires – je les appellerai ainsi sans ambages... »)

« Au cours du dernier demi-siècle, cet aveuglement dont parlait Soljenitsyne – de nature ouvertement raciste et néocoloniale – est devenu tout simplement hideux, surtout depuis que le monde dit unipolaire a vu le jour. Que voulez-vous que je réponde à ça ? La confiance en son infaillibilité est un état très dangereux : il n’y a qu’un pas à franchir pour que les « infaillibles » eux-mêmes puissent simplement détruire ceux qu’ils n’aiment pas. Comme on dit, “effacer”  – réfléchissons au moins à la signification de ce mot.

» Même au plus fort de la guerre froide, au plus fort de la confrontation des systèmes, des idéologies et des rivalités militaires, il n’est venu à l’idée de personne de nier l’existence même de la culture, de l’art et de la science de ses adversaires. Cela n’a effleuré personne ! Oui, certaines restrictions ont été imposées aux relations éducatives, scientifiques, culturelles et, malheureusement, également aux relations sportives. Néanmoins, les dirigeants soviétiques et américains de l’époque ont compris que la sphère humanitaire devait être traitée avec délicatesse, en étudiant et en respectant l’adversaire et en lui empruntant parfois quelque chose afin de préserver, au moins pour l’avenir, une base de relations raisonnables et fructueuses.

» Et que se passe-t-il maintenant ? Les nazis en étaient venus à brûler des livres en leur temps, et maintenant, les-“ libéraux et progressistes” occidentaux en sont arrivés à interdire Dostoïevski et Tchaïkovski. La soi-disant culture de l’effacement, mais qui est en fait – nous en avons déjà parlé à plusieurs reprises – une véritable suppression de la culture, prive de toute vie et de toute créativité et ne permet pas à la libre pensée de se développer dans aucun domaine : ni en économie, ni en politique, ni en culture.

» L’idéologie libérale elle-même a changé au point d’être méconnaissable aujourd’hui. Alors que le libéralisme classique comprenait à l’origine la liberté de chacun comme la liberté de dire ce que l’on veut, de faire ce que l’on veut, dès le XXe siècle, les libéraux ont commencé à dire que la société dite ouverte avait des ennemis – il s’avère que la société ouverte a des ennemis – et que la liberté de ces ennemis peut et doit être restreinte, voire abolie. Ils ont maintenant atteint le point d’absurdité où tout point de vue alternatif est déclaré comme de la propagande subversive et une menace pour la démocratie.

» Tout ce qui sort de Russie est un “complot du Kremlin”. Mais regardez-vous ! Sommes-nous vraiment si tout-puissants ? Toute critique de nos adversaires – toute ! – est perçu comme un “complot du Kremlin”, “la main du Kremlin”. C’est absurde. Qu’est-ce qui vous est arrivé ? Utilisez votre cerveau, exprimez quelque chose de plus intéressant, présentez votre point de vue d’une manière plus conceptuelle. Vous ne pouvez pas tout mettre sur le compte des intrigues du Kremlin.

» Tout ceci a été prophétiquement prédit par Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski au XIXe siècle. L’un des personnages de son roman ‘Les Possédés’, le nihiliste Chigaliov, a décrit l’avenir radieux qu’il imaginait : “Je quitte une liberté sans limites pour aboutir à un despotisme sans limites”, ce qui, soit dit en passant, est ce à quoi nos adversaires occidentaux ont fini par adhérer. L’autre personnage du roman, Piotr Verkhovenski, lui fait écho en déclarant que la trahison, la délation et l’espionnage sont nécessaires partout, que la société n’a pas besoin de talents et de capacités supérieures : “Cicéron a la langue coupée, Copernic a les yeux crevés, Shakespeare est lapidé à mort”. Voilà où en sont nos adversaires occidentaux. Qu’est-ce que c’est que cela, sinon une culture occidentale moderne de l’effacement ?

» Les penseurs étaient grands, et je suis reconnaissant, je vais être honnête, à mes assistants qui ont trouvé ces citations. »

Rien que cette dernière phrase constitue une part non négligeable de l’honneur de l’orateur. Pour le reste, toute sa critique fondamentale, culturelle, essentielle et ontologique, entraîne logiquement et irrésistiblement l’“alternative” qu’il esquisse, qui est un schéma, une esquisse, fondée sur cet axiome de survie : il faut être tout ce que vous n’êtes plus aujourd’hui puisque vous en êtes arrivés à présenter une contre-civilisation, une déconstructuration de la civilisation, une “cancellation” comme ils disent là-bas.

Deux fois “Ukraine” sur 6012 mots

Dans la traduction française de Christelle Néant (pour le site Donbass Insider), nous décomptons 6012 mots. Le mot ‘Ukraine’ apparaît deux fois (moins que le mot ‘Dostoïevski’, trois fois cités) ; les mots à racine “occident” (“Occident”, “occidentaux”) apparaissent à soixante reprises. Nous avons ainsi, en tenant compte de l’évidence ou non de la référence dans la situation présente, un parfait condensé du discours. Il s’agit d’une appréciation d’une critique radicale et civilisationnelle d’un ordre qui est en train de s’effondrer, celui de l’Occident, celui que nous nommons Système, et d’une critique fondamentale, c’est-à-dire culturelle et historique, sinon métahistorique.

Ainsi Poutine en est-il conduit à totalement laisser de côté l’Ukraine sans quitter une seconde le terrain de la crise ‘Ukrisis’, ou GrandeCrise, dont l’affaire ukrainienne n’est que le détonateur, l’occasion, nous dirions même : l’opportunité. Par conséquent le président russe met nécessairement en scène la véritable réalité de l’affrontement, qui dépasse même celui de la Russie versus l’Occident (les USA), qui transcende l’énorme mouvement en train de se faire autour du phénomène du ‘Grand Sud’, qui surmonte l’hypothèse évidente de la possibilité de chercher une alternative à la possibilité de l’effondrement de l’ordre actuel devenu chaos, qui présente rien de moins que la phase finale de la Grande Crise de l’Effondrement du Système.

Le discours de Poutine ponctue un événement qui est de l’ampleur de l’effondrement de l’empire de Rome (à notre sens, métahistoriquement plus important, selon des arguments sur lesquels nous reviendrons). Il est bien entendu que l’‘Ouest’, le bloc-BAO, l’Occident, après avoir rapidement conclu à la présence de “la main du Kremlin” dans un “complot du Kremlin”, ne s’attardera pas à cette avalanche de FakeNewsisme que constitue ce simulacre de discours et passera rapidement à autre chose, sans aucun doute à la chevauchée victorieuse des Chevaliers de l’Ordre Zelenskiste en passe de remporter enfin la grande victoire d’Automne.

 

Mis en ligne le 29 octobre 2022 à 20H55

jeudi 15 septembre 2022

Nouvelles du « clown world » - Le “Traité d’Insécurité Globale’ est un monstre directement enfanté par l’OTAN

 • Pour rendre compte des nouvelles de l’Ukrisis en cours, on pourrait aussi bien commencer par celles qui semblent avoir le moins d’importance, comme si elles étaient anecdotiques. • Elles ont pourtant une cohérence qui les place  dans la logique du monde nouveau, ou « clown world » comme le surnomme Alex Christoforou. • Elles ont leur place à côté des affaires beaucoup plus importantes, quoique tout aussi « clown world », concernant des grands projets de sécurité/d’insécurité. • Le commentateur a du mal à suivre parce que le diable chevauche en zigzag.

 Pour saluer la reine Elizabeth II, l’ambassade d’Ukraine à Londres, établissement qu’on imagine extrêmement privilégié, a projeté sur ses murs un immense portrait numérisé de la reine, avec la mention d’une grandeur égale, à la droite du portrait, pour que nul ne s’y trompe : « Queer Elizabeth II », – c’est-à-dire, bien lire “Queer” et non, comme certains extraterrestres fort incultes auraient pu l’attendre, “Queen”. Alex Christoforou s’esclaffe à propos de ce qu’il nomme « this clown world » et conseillant aux ‘Ukrotaniens’ de Londres de prendre des leçons d’orthographe ; mais il plaisante sans doute, car il n’est pas sans savoir que le mot est bien ce que l’ambassade d’Ukraine voulait écrire, par marque de respect et d’estime... ‘Queer’ signifie, Wikipédia aidant, et nous-mêmes comprenant qu’il s’agit alors d’une parfaite identification d’Elizabeth II, selon les canons du “monde nouveau” qui la salue :

« Queer est un terme générique pour les personnes qui ne sont pas hétérosexuelles ou qui ne sont pas cisgenres. Signifiant à l'origine “étrange” ou “particulier”, le terme “queer” a commencé à être utilisé de manière péjorative contre les personnes ayant des désirs ou des relations homosexuelles à la fin du XIXe siècle. À partir de la fin des années 1980, les activistes queer, tels que les membres de Queer Nation, ont commencé à récupérer le mot comme une alternative délibérément provocatrice et politiquement radicale aux branches plus assimilationnistes de la communauté LGBT. »

Ainsi le “monde nouveau”, assimilant le wokenisme, les LGTBQ et le juste combat des ‘Ukrotaniens’ de Kiev-Londres, rend-il un juste hommage à la vieille Reine, aux funérailles de laquelle est convié le monde entier, – sauf la Russie et la Biélorussie. Elizabeth préside ainsi, du Woke-Paradis où elle a été installée, la victoire finale de la déconstructuration civilisationnelle. Triomphe du « clown world » d’Alex (23’27” de sa vidéo).

Batiouchka, sur le ‘Saker-US’ a une autre explication. Nous lui en laissons évidemment la responsabilité, car comment la Reine d’un des fleurons du « clown world » pourrait-elle “en avoir assez” (“fed up”), de toutes ces clowneries ? Il y a là un conflit, sinon d’intérêts, dans tous les cas d’interprétation :

« Peut-être sa fin a-t-elle été précipitée par le comportement de son fils, le prince Andrew, de son petit-fils, le prince Harry, et des imbéciles qui habitent le 10 Downing Street, dont elle a dû confirmer la nomination de la dernière en date, deux jours seulement avant sa mort. Pourquoi vivre plus longtemps ? Elle devait en avoir assez de tout cela. C'est la fin, la fin définitive de l'Empire protestant de Grande-Bretagne (1522-2022)... »

Toutes ces nouvelles et “réflexions” peuvent paraître bien dérisoires au regard des drames tragiques qui secouent le “monde nouveau”. Tout de même, BHL se trouvait proche de la voiture de Zelenski, avec l’oiseau à son bord, lorsqu’un accident (sans gravité heureusement, semble-t-il) est survenu retour d’une visite commune à Izium, dans les territoires reconquis par la foudroyante contre-offensive de territoires déserts puisqu’ abandonnés par l’ennemi. La troupe se trouvait en bonne compagnie de protection, comme le précise d’une plume venimeuse RT.com... « Clown world » !

« Le président ukrainien était accompagné de la célébrité française Bernard Henri-Levy. Les photos de la visite partagées par Zelenski sur les médias sociaux montrent l'un de ses gardes du corps arborant un écusson utilisé par les unités SS-Totenkopfverbande dans l'Allemagne nazie. »

Ainsi le commentateur est-il confronté à un rude travail de sélection s’il veut rendre compte de la marche du temps d’une manière qui lui assure un lectorat fidèle et reconnaissant. Les nouvelles données ci-dessus ont ceci de satisfaisant qu’elles sont précises et, disons, assez stables. Ce n’est pas le cas des affaires que nous allons rapidement évoquer ci-dessous, qu’on pourrait juger après tout dans le climat régnant d’inversion, beaucoup moins importantes.

Le Traité d’Insécurité de Kiev

Ce qui occupe (un peu) les esprits, outre l’espèce de flou considérable et sans cesse augmenté où s’abat le compte-rendu de la “contre-offensive” triomphale de Kharkov, c’est l’étonnant “Traité de Sécurité de Kiev” présenté par les Ukrainiens. Il serait plus convenable de parler, disons d’un “Traité d’Insécurité Globale” (TIG), devant cet étonnant document qui reprend tous les processus américanistes donnant l’apparence de la raison, de la réflexion, de la mesure, pour accoucher d’un superbe monstre qui a fait s’étrangler de fureur les Russes. En quelques mots et, surtout surtout, sans entrer dans les détails...

« L'Ukraine a présenté une proposition de recommandations pour des garanties de sécurité, qui lieraient politiquement et juridiquement le pays et ses États garants dans un partenariat stratégique connu sous le nom de “Traité de Sécurité de Kiev”. [...]

» Kiev suggère que des pays comme les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Australie et la Turquie agissent en tant que garants de la sécurité de l'Ukraine. Selon l'approche “multi-niveaux”, un “noyau dur” d’alliés s'engagerait clairement à soutenir l’armée ukrainienne, tandis qu’un groupe plus large fournirait des garanties non militaires fondées sur des sanctions.

» “Nous avons besoin d'une force militaire suffisamment forte pour repousser le désir de vengeance des Russes. Et une force capable de causer des dommages irréparables à l'agresseur si ce désir s'avère irrésistible”, a déclaré le chef de cabinet de M. Zelenski, Andrey Yermak. »

Ces propositions ukrainiennes constituent un document sans guère de précédent d’exigences de soumissions à tous les risques, – réels et fantasmés, – que l’on pourrait faire courir à l’Ukraine, dans le futur prévisible, et même imprévisible. L’ennemi est désigné, bien entendu, et l’on nous laisse aimablement le deviner.

On publie ci-après les réactions de deux personnalités de le direction russe. Elles ne sont pas tendres, bien entendu. Ce document, s’il est présenté comme une proposition, n’est bien entendu pas fait pour être accepté mais pour accroitre encore la tension autour d’Ukrisis.

• La première réaction est de Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des affaires étrangères, qui n’a pas la plume dans sa poche. Zakharova s’en prend plus spécifiquement à la position que ce “traité” étrange conduirait à imposer aux pays-membres de l’UE, selon une conception qu’elle qualifie de “diabolique”, venue toute droite des cerveaux lucifériens bouillonnant dans les forges du DeepState évidemment américaniste.

« La plupart des mesures incluses dans le document “sont déjà mises en œuvre” par les partisans de Kiev, mais les alliés européens de Washington devraient s'engager à maintenir l'aide financière à l'Ukraine dans un avenir prévisible, a déclaré Mme Zakharova dans une interview mercredi. S'il est signé, le “pacte de sécurité de Kiev" signifiera pour l'Union européenne un “esclavage implacable” dont elle ne se remettra pas de sitôt, a-t-elle affirmé.

» “Un engagement total à soutenir le régime de Kiev signifierait tout simplement l'immolation [pour l'UE]. Et cette proposition s'adresse à des nations qui se demandent comment elles pourront passer l'hiver”, a déclaré Mme Zakharova, en référence aux pénuries d'énergie auxquelles les États membres de l'UE s'efforcent de faire face.

Selon la porte-parole du ministère des affaires étrangères, les pays développés de l'UE sont confrontés à une catastrophe économique et humanitaire après avoir reçu des instructions des États-Unis sur la manière de répondre à la crise en Ukraine.

» La situation est ironique, estime-t-elle, car l'UE est née d'un groupe de nations qui se sont regroupées pour en tirer un avantage économique mutuel en déréglementant le commerce. Aujourd'hui, “ils sont rassemblés” pour que leurs vies deviennent “plus froides, plus pauvres et plus difficiles”, a-t-elle déclaré.

» C'est le plan diabolique de Washington pour détruire ce qu'on appelait auparavant l'espace européen commun. »

• La deuxième réaction, de Medvedev, est à la fois biblique et apocalyptique, choses qui vont très bien ensemble. L’ancien président conserve tout le tonus et l’alacrité qu’il n’a cessé de montrer sur ses divers comptes des réseaux sociaux, spécialement depuis le début de la guerre, le 24 février 2022. Ses termes renvoient autant à la très humaine pathologie de la psychologie qu’aux mythes ancestraux des religions du Livre, Armageddon et Apocalypse à l’appui.

« La proposition de “garanties de sécurité” dévoilée par Kiev mardi est “en réalité un prologue à la troisième guerre mondiale”, a déclaré Medvedev, la qualifiant d’“appel hystérique” aux pays occidentaux engagés dans une guerre par procuration contre la Russie.

» Si l'Occident poursuit son “renforcement effréné du régime de Kiev avec les types d'armes les plus dangereux”, la campagne militaire de la Russie passera à l'étape suivante, où “les frontières visibles et la prévisibilité potentielle des actions des parties au conflit” seront effacées et le conflit prendra une vie propre, comme le font toujours les guerres, a affirmé Medvedev.

» “Et alors, les nations occidentales ne pourront pas s'asseoir dans leurs maisons propres, en riant de la façon dont elles ont soigneusement affaibli la Russie par procuration. Tout sera en feu autour d'eux. Leur peuple récoltera pleinement sa peine. La terre sera en feu et le béton fondra”, écrit M. Medvedev, avant de citer un verset de la Bible tiré de l'Apocalypse 9:18.

» “Pourtant, les politiciens bornés et leurs stupides groupes de réflexion, faisant tourner pensivement un verre de vin dans leurs mains, parlent encore de la façon dont ils peuvent traiter avec nous sans entrer dans une guerre directe. Des idiots ennuyeux qui n'ont pas reçu d'éducation classique”. »

Il n’empêche : bien que réagissant dans des registres différents, les deux intervenants qui font partie de la direction russe, et qui n’ont sans doute pas les mêmes degrés de démarche spirituelle, citent instinctivement la référence diabolique. Cela fait partie d’un climat intellectuel qui s’exacerbe de plus en plus en Russie, renforçant les conditions pour une montée gravissime aux extrêmes. A tant en faire, les États-Unis et leur domesticité la plus empressée convainquent de plus en plus d’observateurs d’une dimension maléfique chez eux, qui dépasse la simple rhétorique de rencontre.

Qu’ils aient intoxiqué toute  cette domesticité, justement, et possédante de tant de moyens de communication, n’ôte strictement rien à la vérité-de-situation, et même ne cesse au contraire de la renforcer tant le simulacre est de plus en plus visible. Nous n’avons nul besoin d’être pro-russes, ni intoxiqués par l’acte de la propagande, ni par l’excellente tenue du rouble, pour s’effrayer de cette extraordinaire effondrement de toutes les conceptions de lucidité, de dignité, de moralité intuitive, au profit d’un climat d’exacerbation et d’hystérisation des perceptions. Cette affaire ne concerne pas les seuls Russes, elle nous concerne tous.

Universalité du « clown world »

Le mélange de ces informations, commençant en apparence par les plus futiles, mais nullement les moins significatives à notre sens, est absolument une marque de l’essence,  – si l’on peut dire, – de ce « clown world » dont font aussi bien partie la Reine transformée en ‘Queer’ que le ‘TIG’ visant à perpétuer les conditions scandaleuses de chantage, d’escroquerie et éventuellement d’orientation génocidaire de l’actuel gang international.

Toutes les apparences de la ‘légitimité” selon l’américanisme est introduit là où c’est possible, comme le processus menant au ‘Traité”, sorte de grotesque simulacre d’un Minsk-3 enrobé de toutes les apparences du travail bureaucratique sérieux à la mode de Washington D.C. Il s’agit du résultat d’un travail commandé par Zelenski à une commission d’“experts” plantureusement subventionnés en dollars fraîchement imprimés, constituée ad hoc sous la présidence du Danois Rasmussen, prédécesseur à l’OTAN du Norvégien Stoltenberg. (Les Nordiques semblent très appréciés pour donner une face  réjouissante d’intelligence et de sérieux à ces simulacres de démarches intellectuelles). Le “Traité d’Insécurité Globale’ est donc un monstre directement enfanté par l’OTAN.

Les connexions entre ce monde de la bureaucratie de sécurité “nationale“, le monde de l’entertainment (allusion à BHL, visiteur renouvelable à volonté de Zelenski) et tout ce qui fait penser ou adhérer à l’application des doctrines-Woke sont ici évidentes et logiques. L’ensemble, avec diverses autres connexions qui sont acceptables pourvu qu’elles soient de type-moderniste, représente une démarche d’une puissance et d’une rapidité extraordinaires, aussitôt intégrée dans le processus de bureaucratisation dont l’OTAN est la référence incontournable. L’excellent aspect, dans ce « clown world », c’est que les fabricants de cette monstruosité sont incapables d’une vue générale et globale d’une part, et d’autre part de la perception du poids considérable à la fois des simulacres et de leur aspect satanique selon des correspondances qui sont totalement déséquilibrées et invertis bien entendu par rapport à la référence de la vérité-de-situation. (Mettre un BHL à portée d’un champ de bataille sera toujours saugrenu et, à un moment ou l’autre, confirmant le rôle du clown, discréditera l’aspect tragique du champ de bataille, enlevant à la cause sa valeur d'exemple et d'entraînement, et par conséquent sa légitimité.)

Le « clown world » devrait grandement peiner à s’imposer comme un  « Brave Clown World », c’est une caricature du “Brave New World”, qui ne sait pas se tenir, qui n’a aucune idée de ce qu’est une certaine tenue du simulacre, lorsqu’on veut que ce simulacre soit pris pour vrai. Il est un peu trop visiblement ce qu’il tente de dissimuler pour passer pour un simulacre acceptable ; c’est une sorte d’usine à gaz de simulacre...

 

Mis en ligne le 15 septembre 2022 à 18H30

mercredi 24 août 2022

Ukrisis sur le fil du terrorisme

Source : https://www.dedefensa.org/article/ukrisissur-le-fil-du-terrorisme

 • L’assassinat de la fille d’Alexandre Douguine est-elle un tournant décisif dans la crise-Ukrisis ou bien plus simplement un épisode particulièrement tragique ? • La question se pose en même temps qu’il apparaît assez clairement que l’Ukraine abandonne ses prétentions de guerre conventionnelle pour des actes de “terrorisme”, dont fait partie l’attentat contre Dina Douguine. • Encore faut-il savoir de quel “terrorisme” l’on parle : celui qu’on fait avec des howitzers et des lance-fusées de 155mm et plus demande quelques explications. • Aux fous de nous les donner.

L’horrible assassinat de Dyna Dougina (Dina Douguine) restera-t-il ou pas comme un tournant symbolique d’Ukrisis ? Il est important de le savoir, nous qui vivons au rythme des symboles puisque la Vérité est devenue insaisissable, – sauf pour ceux qui saisissent une vérité-de-situation, – est que la réalité est transformée en tragédie-bouffe, comme spectacle permanent de notre haute civilisation respirant au rythme de l’affectivisme. Certains en jugent pourtant dans ce sens, et ils peuvent être cités malgré qu’ils soient classéscomme source exotique et complotiste, quand l’on voit par comparaison avec ce que valent nos “sources sérieuses” !

« En réponse à l’action du régime socialiste ukrainien soutenu par les néo-colonialistes occidentaux, qui a assassiné la jeune fille russe Daria Douguine, le conseiller principal du Kremlin, Petr Akopov, dans sa lettre ouverte“Comment allons-nous réagir au meurtre de Daria Douguine”, a noté qu’une nouvelle ère mondiale a commencé le 24 février avec le lancement de “l'opération spéciale de dénazification” pour libérer l'Ukraine, mais que l’on devrait désormais l’appeler “l’ère de Daria”. »

... Alors que les sources “sérieuses”, elles, ont été si promptes à dégainer pour nous informer que l’attentat n’était rien d’autre qu’un ‘faux-drapeau’ machiné par Poutine pour relancer une guerre d’Ukraine où les puissantes et incessantes offensives de Kiev menacent de transformer la déroute des Russes en désastre eschatologique (“sarcasmes”, comme disent ceux qui doutent du sens de la dérision du lecteur).

“Source sérieuse” ? By Jove, le ‘Daily Telegraph’ s’impose, lui démontrant qu’on peut être vertueux et complotiste à la fois ; que c’est même recommandé et recommandable... Cela donne cette chose, sans traduction nécessaire (uniquement le titre/sous-titre, le reste étant payant, et nous-mêmes sans aucun goût de lire les fientes diverses de cette sorte de déchet, de monsieur James Kilner : on appréciera, tout de même et tonnerre de Brest, le ‘most likely’ tout en finesse...) 

« Russia blames Kyiv for killing daughter of ‘Putin’s Rasputin’, but the truth may be closer to home

 » Car bomb attack in Moscow most likely to be a false flag attack to whip up public support and escalate war against Ukraine »

On a lu hierquelques extraits de l’article de Pépé Escobar sur l’assassinat de la fille de Douguine. Sa conclusion doit être ici rappelée parce qu’elle résume bien l’une des recommandations lancées à Poutine après cet événement de si haute portée symbolique :

« Dougine propose que le statu quo actuel autour de l'opération Z ne puisse pas durer plus de six mois. Il ne fait aucun doute que “les plaques tectoniques ont bougé”. Darya Dougine est partie voler comme un aigle dans les cieux d’un autre monde. La question est de savoir si sa tragédie deviendra le catalyseur qui propulsera l'ambiguïté stratégique de Poutine à un tout autre niveau. »

Escobar estime que, d’une certaine façon, Poutine n’a pas vraiment le choix parce que cet attentat, qui suivent d’autres actes terroristes (en Crimée notamment), indique que la Russie est menacée désormais d’une nouvelle forme de guerre par l’Ukraine, battue sur le terrain de la guerre conventionnelle.

 « En revanche, ne rien faire, c'est accepter une invasion terroriste imminente et de facto de la Fédération de Russie : la tragédie de Darya Dougine aux stéroïdes.

» Dans son avant-dernier message sur Telegram, Douguine a une fois de plus défini les enjeux. Voici les points essentiels à retenir.

» Il appelle les dirigeants russes à des transformations “structurelles, idéologiques, personnelles, institutionnelles et stratégiques”.

» S'appuyant sur les preuves – de la multiplication des attaques contre la Crimée aux tentatives de provoquer une catastrophe nucléaire à Zaporozhye – il conclut à juste titre que la sphère de l'OTAN a “décidé de tenir en face jusqu'au bout. On peut les comprendre : La Russie a réellement (et ce n'est pas de la propagande) défié l'Occident en tant que civilisation”. »

Cette analyse est, depuis quelques jours, largement partagée. On la retrouve dans un textede ‘Southfront.org’, décrivant l’évolution de la situation selon les mêmes lignes du passage de la guerre conventionnelle en Ukraine à une guerre de terrorisme menée par l’Ukraine qui constate de plus en plus qu’elle n’a aucune chance sur ce terrain de la guerre conventionnelle.

« Puisque la contre-offensive fièrement annoncée de l'armée ukrainienne dans le sud n'a pas eu lieu, et que de plus en plus de territoires du pays passent sous le contrôle des forces russes, le régime de Kiev, qui a un besoin vital de déclarer des victoires, est passé à une stratégie terroriste d'opérations militaires.

» Perdant sur les lignes de front, l'armée ukrainienne est occupée à mener des attaques terroristes contre les Russes en RPD, RPL ainsi que sur les territoires russes. L'armée ukrainienne a déjà bombardé des civils à Donetsk avec des mines PFM-1. Ils poursuivent leurs attaques contre la centrale nucléaire de Zaporozhskaya et la centrale de Kakhovskaya, menaçant le monde de catastrophes écologiques. Les saboteurs ukrainiens tentent d'attaquer des installations militaires et civiles en Crimée et dans d'autres régions russes. [...]

» Le régime de Kiev ne s'arrête pas et poursuit les attaques contre les responsables pro-russes dans les territoires sous contrôle russe.

» Le 20 août, le maire de Marioupol a survécu à une tentative d'assassinat. Début août, une autre tentative d'assassinat a visé le chef adjoint de l'administration des services communaux de Novokakhovskaya.

» Le 20 août, l'explosion d'une voiture a tué Darya Dugina. La jeune femme travaillait comme commentatrice politique et figurait sur les listes de sanctions occidentales. Elle était la fille du célèbre philosophe et politologue russe Alexandre Douguine. Fondateur du néo-eurasianisme, il est devenu l'un des penseurs les plus influents de Russie. »

On retrouvait déjà ce constat, avant l’assassinat de Daria Douguine, par exemple dans un article du ‘Saker-US, qui observait ce passage à l’action terroriste mais estimait que rien de fondamentalement nouveau ne pouvait/ne devrait être entrepris. Ce constat était largement minoré dans ses effets, par l’affirmation que ces actions terroristes étaient surtout réalisées pour leurs effets de relations publiques et ne changeraient rien sur le terrain, dans la zone des opérations en Ukraine. Par conséquent, il s’agit de tenir en répondant aux attaques selon ce qu’elles seront :

« C’est un problème majeur pour la Russie et, pire encore, c’est un problème qui ne disparaîtra pas de sitôt.

» La seule chose que les Russes peuvent faire est 1) de se préparer à de très longues opérations de contre-espionnage et de contre-sabotage qui dureront plusieurs années et 2) d’accepter la réalité de la guerre pour ce qu’elle est et de ne pas paniquer la prochaine fois que les Ukronazis feront exploser quelque chose, que ce soit un navire, un train, un avion, un pont ou toute autre cible en LDNR ou en Russie. »

L’attentat de samedi soir n’a certainement rien changé à cette analyse, d’autant que le ‘Saker-US’, comme Martianov, a semble projeter leur peu d’estime éprouvée pour Douguine pour évaluer l’importance de l’attaque, c’est-à-dire refusant en bonne partie son aspect symbolique tel qu’on l’a vu plus haut. La chose peut être effectivement considérée dans cet esprit mais on objectera que cette façon d’écarter l’effet symbolique constitue, pour le regard extérieur, un signe de faiblesse et une perception imparfaite de la mesure de l’événement. Les critiques de Douguine n’en sortent pas grandis.

Quoi qu’il en soit, on observe que l’analyse ne peut pour l’instant pencher d’une façon évidente d’un côté ou de l’autre, – considérer l’aspect symbolique ou l’abandonner et admettre que Daria Douguine n’est qu’une victime de plus du terrorisme et nullement un symbole. Du côté de la direction russe il semble bien qu’on ne veuille nullement “enterrer” l’affaire, qui progresse rapidementavec l’identification de l’auteur[e] (puisqu’il s’agirait d’une femme venue du régiment Azov) et le traçage de son opération avant et après l’attentat, tandis que Poutine lui a donné une certaine importancepar des condoléances publiques et l’attribution à titre posthume de l’“Ordre du Courage” à la fille de Douguine.

Il y a terrorisme et terrorisme...

Cette réflexion autour de la guerre conventionnelles en Ukraine se muant en une “offensive terroriste” contre les territoires ukrainiens tenus par l’armée russe et la Russie (dont la Crimée) est extrêmement problématique. Elle tourne autour de la définition du terrorisme et de la façon dont on l’envisage dans le cas de l’Ukraine.

Normalement, le terrorisme se développe dans des territoires occupés dans lesquels se constituent des réseaux à partir de la population elle-même (avec des aides extérieures ou pas) soumise à une contrainte, ce qui implique un soutien implicite de la population ou d’une partie importante d’elle. Selon la formule maoïste du “révolutionnaire”, le terroriste doit être, d’une certaine façon, “comme un poisson dans l’eau” sur le territoire où il opère, s’il veut réussir.

Si ce n’est pas le cas, si c’est un “terrorisme” opéré sur un territoire dont la population est majoritairement en principe opposée à l’idéologie ou aux propositions politiques que défendent les terroristes, ou bien totalement indifférente et assez mal disposée, il s’agit d’opérations tenant plus d’actions de commandos, ou “quelque chose d’extérieur” qui cherche à exercer une “frappe” (y compris une frappe “de terreur”), aveuglément ou pas, contre des cibles identifiées ou contre une population civile dans un but politique qui n’est en général guère apprécié par cette population. C’est beaucoup plus le cas dans la situation présente, même si les Ukrainiens peuvent trouver des complicités éparses là où ils interviennent, – et ce seront toujours des complicités clandestines et dissimulées, c’est-à-dire des auxiliaires, temporaires ou pas, de la “frappe venue de l’extérieur”.

On distingue d’autant plus ce caractère spécifique du “terrorisme” dont on parle avec ce qui s’est passé jusqu’ici, et qui est désigné comme “terrorisme”. Il s’agit essentiellement :

• de frappes d’artillerie, plus ou moins guidées, vers les territoires des républicains du Donbass ;

• de frappes diverses, mais avec une bonne part de drones et de missiles, contre la Crimée ;

• de frappes diverses sur la bordure russe de la frontière, plus ou moins ciblées, etc.

• l’attentat contre Daria Douguine est une opération spécifique, extrêmement technique et ciblée, et donc une “frappe venue de l’extérieur”, théoriquement sans nécessité du moindre relais intérieur actif.

Jusqu’à nouvel ordre et selon la possibilité, – qui nous semble assez réduite, – que les formes d’attaque de cette forme changent complètement, les Ukrainiens ont besoin d’un appui technique et d’armements extrêmement puissants (drones, artillerie lourde, missiles), c’est-à-dire qu’ils ont besoin de la poursuite de l’aide affichée des Occidentaux ; c’est-à-dire, de l’aide affichée des USA...

(L’aide des Européens est en train de se réduire drastiquement, traduisant un malaise grandissant en Europe, avec la confrontation à des situations économiques très dures pour les mois qui viennent, dues essentiellement aux relations catastrophiques avec la Russie, – que ces mêmes Européens auraient tendance à chercher à éventuellement améliorer, – en commençant par un soutien très ralentie à l’Ukraine en guerre.)

Cela signifie que le “terrorisme” ukrainien constitue une affaire complexe, dépendant de l’aide des USA, et surtout d’une aide en armements lourds (type HAMARS). Nous parlons d’une aide de cette sorte parce que les USA, – la communication US, la communication du DeepState, l’industrie d’armement, le Congrès, le Pentagone, – veulent une aide “visible”, “tonitruante,”, permettant de clamer haut et fort l’“engagement” US tout en faisant des gracieusetés à leurs industries, et dont le but final reste bel et bien l’engagement victorieux sur le terrain, pour épuiser l’armée russe, voire puisqu’on y est, pour “vaincre la Russie”, – et peut-être bien défiler à Moscou avec les boys(et les drapeaux LGTBQ+), – nom de Dieu « On Our Side » !

Pour cette raison, la remarque du ‘Saker-US’ concernant la tâche des Russes (« de très longues opérations de contre-espionnage et de contre-sabotage qui dureront plusieurs années ») nous semble irréaliste en raison des échéances, des fébrilités psychologiques et maniaques, des faiblesses structurelles, des évolutions politiques internes des deux  acolytes USA et Ukraine. Ainsi est-il bien possible que la stratégie de Poutine telle que certains l’apprécient, – faire durer un conflit contenu et un “terrorisme” (?) plus ou moins contrôlé, pendant que l’hégémonie US s’effrite et s’effondre, pour aboutir à la multipolarité tant attendue, – ne puisse se réaliser face à ses adversaires. Non pas qu’il (Poutine) puisse être décisivement menacé par eux et que son projet de multipolarité soit compromis, mais parce que les remous du côté des USA et de l’Ukraine pourraient bien obliger à une autre stratégie, plus tranchée, plus affirmée, – celle que recommande Pépé : « [propulser]l’ambiguïté stratégique de Poutine à un tout autre niveau ».

Notre idée générale est bien que Poutine et la Russie ne pourront s’en sortir d’une façon disons “atténuée”, sans trop de chambard (bien que le terrorisme en fasse à sa façon, mais ce n’est jamais un chambard décisif...). Avec les fous en jeu, celui du Zelenskistan et ceux de “D.C.-la-folle”, il faudra un quelque chose d’éclatant et de très voyant, quelque chose dans le genre du feu d’artifice, avec bouquet final.

 

Mis en ligne le 23 août 2022 à 19H05