"Il n'existe rien de constant si ce n'est le changement" BOUDDHA; Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots." MARTIN LUTHER-KING; "Veux-tu apprendre à bien vivre, apprends auparavant à bien mourir." CONFUCIUS ; « Nous savons qu’ils mentent, ils savent aussi qu’ils mentent, ils savent que nous savons qu’ils mentent, nous savons aussi qu’ils savent que nous savons, et pourtant ils continuent à mentir ». SOLJENITSYNE
mercredi 14 mai 2025
Raid & censure
Raid contre Pierre Jovanovic...
Censure contre Thierry Meyssan...
"Antifas" contre Pierre Chaillot (?!?!)
Aveu de faiblesse fébrile... ou sentiment d'impunité de ceux qui dévoient et souillent nos institutions ?!
Probablement les deux.
Émission du 14 mai 2025.
Site de la Web-TV : https://www.jdmichel.tv/
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jeudi 12 décembre 2024
samedi 12 octobre 2024
mercredi 10 avril 2024
La chape de plomb-en-toc [foutage de gueule magistralement assuré par un Philippe Grasset en forme pour son âge :-) ]
Source : https://www.dedefensa.org/article/la-chape-de-plomb-en-toc
9 avril 2024 (15H00) – Je regardai dernièrement une très récente interview de Thierry Meyssan, pour ‘Le Courrier des Stratèges’ et Eric Verhaeghe, qui fait partie d’une série bimensuelle Meyssan-Verhaeghe. Il s’agit de l’interview du 8 février, sur ‘Le Courrier”, et repris sur ‘Réseau International’.
Note de PhG-Bis : « Je connais un peu Meyssan pour avoir participé à des tables rondes qu’il organisa en 2005-2006 et il est exactement tel qu’il apparaît dans la vidéo : mesuré, pondéré, jamais tranchant, ne dissimulant pas ses doutes, s’exprimant avec une très grande douceur, etc. La dénomination d’extrême-droite qu’on lui colle est d’une bêtise vraiment très, très profonde, bien à qu’image des porte-flingues qui s’en chargent ; il vient de la gauche, il a défendu (et défend toujours, je suppose) les droits des homosexuels, dont il est ; il reste droit comme un “i” pour les affaires du 11-septembre, notamment selon je crois cette idée de base : “une seule chose est certaine, c’est que la version officielle est fausse” , qui est complètement la mienne.
» Ainsi en est-il lorsque nous écrivions : “La position de ‘dedefensa.org’ sur le fait même de l’attentat est bien résumée par une déclaration que Philippe Grasset fit au ‘Soir’. (‘Le Soir’ de Bruxelles avait eu la curieuse idée d’une interview de PhG, et d’une interview expresse par téléphone, le 10 septembre 2008 en fin d’après-midi. Le résultat fut assez mitigé quant à l’exactitude du rapport des propos de PhG, et parut dans un entrefilet dans les éditions du 11, dans un ensemble consacré à l’anniversaire.) Nous citons cette phrase précisément dite (de PhG), qui inspira le titre de l’entrefilet et dont l’esprit se retrouve dans tous les textes de ‘dedefensa.org’ : ‘La seule chose dont je sois sûr [concernant 9/11], c’est que la version officielle est fausse…’”. »
Bien : dossier clos et hommage rendu à Meyssan, passons à l’interview... Finalement, l’interviewé nous fait un récit de sa vie depuis la parution de son livre ‘L’effroyable imposture’, et notamment de ses divers déplacements et engagements entre son départ de France, en 2006-2007 sous la pression de certains événements, jusqu’à son retour vers 2018-2019. Depuis, il vit donc en France, dans un milieu plus apaisé pour lui.
Ce qui m’intéresse, c’est ce court extrait du dialogue (1h 11’ 10“ sur la vidéo)::
Eric Verhaeghe : « La France que tu retrouves, est-ce la même que celle que tu avais quittée ?»
Thierry Meyssan : « Pas du tout ! C’est un autre pays... Alors, ça peut paraître bizarre mais euh, la première chose qui me frappe, c’est que, quand j’avais quitté la France, quand on entrait dans un café, tout le monde parlait de politique... Et quand je suis rentré en France, personne ne parle de politique dans un café... Or ça, cette chose-là, je ne l’avais vécu qu’en Union Soviétique... »
Il est rare d’introduire dans les propos de Meyssan un point d’exclamation pour exprimer le ton. Cette remarque sent le vrai... Il m’arrive d’indiquer quelquefois à des commerçants de mes habitudes un schéma des activités que j’exerce et à l’un d’entre eux j’avais donné les coordonnées de mon site. Six mois passent, relations toujours aussi cordiales. Il y a quelques jours, petit échange, tout et rien, puis soudain son intervention et ma réponse, deux phrases-bateaux auxquelles je suis habitué, qui permettent soit de poursuivre, soit de rompre selon l’humeur de l’interlocuteur..
« Ben dites donc, en ce moment vous ne devez pas chômer ! »
« Vous l’avez dit, j’ai soixante ans de journalisme et de travail dans ce domaine, jamais je n’aurais imaginé ce qui se passe... »
Là-dessus, mon interlocuteur me glisse, sur un semi-ton de demi-complotiste qui montre qu’il a au moins réalisé ce dont on parle et la façon dont j’en parle ; et ce qu’il dit ne s’adresse pas à moi, comme une mise en garde, mais elle parle plutôt pour lui et justifie ce qui a pu être pris pour une réserve :
« Mais vous savez, il faut faire attention avant d’en parler, en ce moment on ne peut pas raconter des choses pareilles à n’importe qui... »
Voilà donc Meyssan confirmé par la plus banale des sources, et moi-même intuitivement renforcé dans ma conviction que nous vivons effectivement dans ce monde-là, – c’est-à-dire dans deux mondes parallèles, l’un où l’on ne peut dire que ce qu’il est autorisé de dire, et celui où il est possible de dire ce que l’on pense en vérité. Mais l’interview se poursuit et devant la proposition selon laquelle nous nous trouvons quasiment privés de liberté de parole, Meyssan se récrie en énonçant : “Mais non, la preuve c’est que nous sommes en train de dire ce que nous disons”.
Il explique que nous sommes dans une phase intermédiaire, où l’on peut encore se parler “entre amis”, c’est-à-dire des pas-« n’importe qui », et que la bataille, la “résistance” peut pour l’instant se concevoir comme cette seule prise de parole. Mais bientôt, poursuit-il, nous en arriverons à l’extrême et alors, même entre amis, il ne sera plus possible de “parler” (de “résister”), et alors il faudra songer à la référence de la résistance sous l’occupation, « entrer dans la clandestinité ».
Malgré mon âge conséquent, l’idée de la résistance en clandestinité du type 1940-1945 ne me déplaît pas, et pourtant je ne crois pas du tout que les choses tourneront de cette façon. Ce n’est pas que nous capitulerons tous, c’est plutôt qu’ils ne parviendront pas à imposer leur régime complet de “terreur de l’esprit et de la parole” sans la terreur pure et simple, la vraie de vraie, de la Gestapo au NKVD. Malgré qu’ils soient extrêmement doués, malgré tous leurs efforts et leur bonne volonté, malgré leur goût presqu’enchanteur pour la corruption et la trahison barbouillées de milliards de milliards de neurones artificiels, même la CIA et le FBI ne parviennent pas à la cheville du NKVD ni à celle de la Gestapo.
Ce n’est pas que je tienne NKVD et Gestapo pour autant d’instruments diaboliques mais c’est parce qu’ils ont réussi, à cause de circonstances transformant des coups d’État, des guerres civiles, des batailles bureaucratiques, des complexes de camps de travail, des chambres de torture, des famines minutieusement organisées en autant d’outils absolument légaux d’un parti devenu la représentation incontestable et incontesté de la légalité. Ce qui compte le plus dans les dictatures nazie et bolchévique, c’est justement qu’elles transmuent la réalité, avec des partis devenant des États, donc fondements et justifications de toutes choses attribuées à une partie irrésistible du tout qu’est la Nation, ou l’Idée, ou le Cosmos-Reich. Cela ne peut se faire, l’irrésistible, que via une balle dans la tête du suspect tirée par l’officier du NKVD ou suspendu par la gorge au croc de boucher de la Gestapo. Il faut du sang, du gros qui tâche, des morts dont on est fier, et tout cela étalés partout, et que tout cela se sache, et que l’on défile devant les charniers, et que l’on en soit sous le charme. La terreur a quelque chose de la magie (noire ou pas, qu’importe). Même les pseudos ex-néo-nazis ukrainiens n’arrivent pas à la cheville, eux non plus, de leurs grands-papas bandéristes.
Nous (nos dirigeants, nos globalistes) ne sont pas assez costauds pour ça. Je dirais assez lestement qu’ils n’ont pas les couilles pour “faire le job” que leur demande le diable et que leurs folies bien réelles sont des petites folies de bourgeois, qui se manifestent par du pince-fesse de gamines, des gamineries autour de la braguette, quelques liasses de billets et un déguisement en loup-garou démoniaque. En fait, ils pensent qu’un article dans le New York ‘Times’ et un édito du ‘Financial Times’ suffisent à “faire le job”. Ils n’ont pas encore réalisé que le diable lui-même finit, découragé, par les mépriser, eux qui ont tous les leviers de la puissance depuis quasiment un siècle et qui sont en train de prendre une volée de première et de bois vert en Ukraine. Ils n’ont même pas vu, en 1989, en République Démocratique Allemande, qu’il fallait se saisir de ce commandant Poutine du KGB, et le mettre très vite au fond d’une boite, au fond du Dniepr, avec un chargeur de Kalachnikov tiré sur l’ensemble pour permettre au mort de respirer jusqu’à ce que mort s’ensuive, et qu’il dégoûte à jamais le Russe du désir de se relever. Non, ils manquent de flair.
Je vous le dis : leur chape de plomb est faite de plomb en toc, fabriqué au rabais, sans les terres rares que les Chinois gardent pour eux, privée des éléments fondamentaux qui font d’une dictature une entité sérieuse. Ce sont des dictateurs-bananiers, des Tapiocas, des Alcazars, des Plekszy-Gladzs en guindaille à Las Vegas ; il leur faudra toujours une belle cape aux couleurs démocratiques, un gentil chapeau avec une plume consacrée aux droits de l’homme, – toujours, toujours cette hypocrisie de marchand de soupe qui les rend impuissants à assumer ce rôle de “maîtres de l’histoire du monde” qu’ils voudraient porter, incapables de comprendre que tout se passe à l’étage du dessus, dans la métaphysique de l’histoire où se trouvent les maîtres du Temps et de l’Espace, et qu’ils ne feraient alors qu’y patauger dans le ridicule qu’ils y auraient amené.
Et pour clore le récit...
Pour terminer par une absence de transition qui mesure l’universalité du sujet, nous allons vous donner un autre exemple, complètement différent, de bien plus haute volée, mais qui met lui aussi ces personnages qui prétendent nous dompter à leur juste place. Cela se passe hier soir entre mes deux larrons en foire, qui deviennent “en folie” quand ils parlent de Macron, – Christoforou et Mercouris. Ils parlent tous deux d’une nouvelle Grande Alliance France-UK pour mettre la Russie KO, – vous voyez d’ici la scène ! Guillaume le Conquérant rules the waves...
Christoforou se débattant en pouffant de rire avec le nom du ministre français qu’il ne retrouve pas (moi non plus, et croyez-moi je n’en dors pas moins), total inconnu recruté dans les couloirs du métro par l’ami-Macron et spectacle réjouissant de notre commentateur gréco-chypriote... Alors, Mercouris intervient avec son tact habituel et son humour si british même pour l’ascendance grecque... Je traduits volontairement “inconsequential” qu’il emploie à deux reprises, qui signifie aussi “insignifiant”, par l’expression “sans conséquence”, – des “êtres sans conséquence” comme l’on dit ‘Un roi sans divertissement’, comme l’on dit d’une absence de toute trace, – des êtres au-delà du non-être car pour ne pas être un être il faut admettre la référence de ce qu’est un être. Rien de semblable dans le marigot où barbote la Macronie.
« Notez à ce propos... En d’autres temps, le ministre français des affaires étrangères était connu du monde entier, et voyez combien ces personnes sont aujourd’hui complètement ‘sans conséquence’... Tout le monde savait qui était le ministre français des affaires étrangères. La France a donné quelques-uns des plus grands diplomates qui aient jamais existé... Talleyrand ! il vous suffit de citer ce nom. La France a inventé le concept même de diplomatie. Aujourd’hui, ce sont des personnages ‘sans conséquence’... »
Et vous croyez qu’on va faire des dictateurs à faire trembler le monde de ces falots pissenlits qu’un peu de vent emporte tandis que leur nom s’emploie à justifier son origine du moyen-âgeux “pisser-en-lit” ?
Note de PhG-Bis : « Grande avait été ma satisfaction d’entendre le Britannique Mercouris citer en exemple au monde éberlué un modèle qui n’a plus cours, qui est parti dans un autre monde, qui nous regarde avec sa hautaine ironie ricanante, le Prince de Bénévent et “diable boiteux”, plus apprécié des Anglais que des Français qui ne connaissent plus rien du bonheur de leur histoire... »
mercredi 6 avril 2016
Nuit Debout à Paris- Frédéric LORDON : « Il est possible qu’on soit en train de faire quelque chose » / At night Up in Paris Frédéric LORDON: " it is possible that we are making something "
L'intervention de Frédéric LORDON à la Nuit Debout, à voir aussi ici : la-bas.org/les-emissions-258/les-emissions/2015-16/ce-n-est-qu-un-debut-poutou-a-bordeaux-lordon-a-paris-video
son : Jérôme CHELIUS et Anaëlle VERZAUX
Pour voir la vidéo : https://vimeo.com/161127841
Nous ne revendiquons rien

Lire aussi Sophie Béroud, « Imposture de la démocratie d’entreprise », Le Monde diplomatique, avril 2016.Par un paradoxe caractéristique des époques finissantes, ce sont les seigneurs du moment qui accélèrent eux-mêmes le processus de la décomposition, dont on reconnaît les étapes aux seuils de corruption du langage enfoncés l’un après l’autre. On a pour habitude en cette matière de faire d’Orwell une référence. Mais Orwell était un petit joueur qui manquait d’imagination. Soyons juste : il n’était pas complètement sans talent, il a d’ailleurs fallu attendre un moment pour que son clou lui soit rivé. Enfin c’est fait. Et c’est Bruno Le Roux, président du groupe « socialiste » à l’Assemblée, qui s’est chargé de lui enseigner à quels sommets on peut emmener le prodige du renversement des mots : « il faut que le CDI ne soit pas une prison pour le chef d’entreprise (1) ». Il faut admettre qu’on peine à faire le tour d’un trait de génie pareil et qu’il faut être bien accroché pour ne pas céder complètement au vertige. Ceux qui s’en souviennent penseront également à cet extrait des Nouveaux chiens de garde (2) où Bénédicte Tassart (RTL), croyant vitupérer les séquestrations de patrons, s’exclamait qu’il « est inadmissible de retenir des personnes contre leur volonté dans des bureaux », manifestement sans se rendre compte qu’elle livrait par-là même un point de vue éditorial aiguisé sur le rapport salarial (sans doute limité au secteur tertiaire mais aisément généralisable). La malheureuse cependant était tout à fait innocente. Les évocations carcérales de Bruno Le Roux sont bien mieux pesées. Tellement bien d’ailleurs qu’elles donnent considérablement à penser — quoique peut-être hors de ses intentions de départ.


Lire aussi Evelyne Pieiller, « Le chant des possibles », Le Monde diplomatique, avril 2016.Il y a là une invitation et il faut y être sensible. Prenons donc les choses au niveau même de généralité où elles nous sont soumises — le seul moyen de leur apporter une réponse adéquate. Disons avec honnêteté que celle-ci a pris du temps à murir. Il est vrai que tant la brutalité de l’assaut néolibéral que l’effondrement de l’« alternative communiste » n’étaient pas propices à reprendre rapidement ses esprits. Cependant trois décennies d’expérimentation soutenue en vraie grandeur ne pouvaient pas ne pas produire quelques aperceptions. Le travail du réel fait son chemin, et il le fait d’autant mieux que se développent les lieux de mise en commun (au tout premier chef le site #OnVautMieuxQueCa), où les gens découvrent que ce qu’ils vivaient chacun par devers soi est en fait très largement partagé.

Lire aussi Serge Halimi, « Le temps des colères », Le Monde diplomatique, mars 2016.Certes, nous le savons, pour continuer d’entretenir l’illusion, vous pouvez compter sur le syndicalisme du bouton d’or, celui qui voit des « ambitions de progrès (3) » au fond des plus notoires régressions, et dont la science héraldique a maintenant établi aussi bien les armoiries — « de serpillière sur balais de pont croisés » — que l’éternelle devise : « Affalé toujours déjà ». Contre un certain syndicalisme couché, ce qui naît en ce moment serait plutôt de l’ordre du mouvement debout. Comme on sait, le mouvement, entendu en ce sens, commence par le rassemblement. Des gens ont opiné que simplement manifester une fois de plus sur des trajets convenus, c’est-à-dire « revendiquer », ne serait plus suffisant. En conséquence de quoi, ils ne rentreront pas chez eux et se retrouveront quelque part pour commencer quelque chose de tout autre. Nuit Debout (4), est le nom de cette initiative, et son exposé des motifs, décalqué à même le message du filmMerci patron ! dit assez son nouveau rapport au « cadre » : « leur faire peur »… Nous rassembler, ne pas rentrer, ne pas revendiquer : concentré d’inquiétante étrangeté en effet pour les administrateurs de cadre.
Lire aussi Frédéric Lordon, « Pour la république sociale », Le Monde diplomatique, mars 2016.Il faut entendre le poignant appel de Michel Wieviorka à « sauver la gauche de gouvernement (6) » pour mesurer le degré d’inclusion des desservants intellectuels du « cadre », et par suite leur incompréhension radicale, fussent-ils sociologues, de ce qui se passe dans la société. Dans une tentative de redéfinition performative des catégories politiques qui dit tout de la glissade à droite de ce personnel d’accompagnement (à la suite de leurs maîtres auxquels il s’agit de toujours bien coller), Wieviorka fait désormais représenter « la gauche de la gauche » par… Benoît Hamon et Arnaud Montebourg ! Manière d’indiquer où se situent à ses yeux les bords du monde fini — car par définition, à gauche de la gauche de la gauche… il n’y a plus rien. Ou plutôt si : il y a les fous. « La gauche folle », c’est l’expression préférée de tous les éberlués de gauche passés à droite qui n’en reviennent pas qu’on puisse ne pas se rendre à la simple raison qui donne à choisir entre « la gauche libérale-martiale de Manuel Valls » (sic), « la gauche sociale-libérale d’Emmanuel Macron », et donc« la gauche de la gauche, de Benoît Hamon à Arnaud Montebourg ». Et qui s’efforcent sans cesse, repliés dans leur peau de chagrin, de ramener toujours plus près d’eux le commencement du domaine de la folie. Alors il faut le dire à Wieviorka et à tous ses semblables, Olivennes (7), Joffrin, etc. : c’est vrai, nous sommes complètement fous. Et nous arrivons.
NUIT DEBOUT : ET MAINTENANT, RADIO DEBOUT !
Par Anne-Sophie Jacques le 07/04/2016 - 16h06 - suivi
Quand on dit "merci patron", il répond "de rien" ! [Lettre ouverte à François Ruffin]
source : http://sylvain-baron.blogspot.com/2016/04/quand-on-dit-merci-patron-il-repond-de.html
Si la Révolution n'institue pas ses procès contre les responsables physiques de l'Oppression, mais préfère focaliser le regard sur une doctrine politico-économique (le capitalisme), alors les Révolutionnaires sont sans cible réelle pour donner de la cohérence à leurs revendications. En effet, par la destitution populaire d'un chef d'Etat, tu obtiens le gel d'un ordre politique et social laissant le temps nécessaire pour en établir un nouveau. Ordre qui peut s'écrire dans les assemblées populaires sur la place de la République comme ailleurs en France, sous la forme d'un Mandat Impératif.
La Révolution a à ce titre besoin de ses experts, et ces mêmes assemblées pourraient proposer des noms d'intellectuels, d'ingénieurs, de techniciens, de journalistes, qui seraient compétents sur certains ministères, avant d'organiser des référendums pour faire approuver ce gouvernement composite issu du bouillonnement intellectuel permis par une Liberté d'expression sincèrement respectée.
Bien d'autres initiatives peuvent naître d'une Démocratie Directe intègre dans son pilier porteur. C'est d'ailleurs parce que ton appel a été bien partagé sur facebook que je fus là les deux premières nuits, cela avant que des milices politiques"mandatées" par de mystérieuses commissions émanant du Collectif "Convergence des Luttes" m'agressent littéralement à partir de la troisième pour m'empêcher de revenir.
Chaque fois que j'y suis retourné, heureusement en compagnie de personnes absolument irréprochables dans leurs aspirations humanistes personnelles, nous fûmes repoussés vers la sortie par cette milice. J'ai ainsi en ma connaissance l'identité d'une personne faisant partie de cette milice - se faisant passer pour "service d'ordre" - contre qui je réserve mon dépôt de plainte pour violence en bande organisée ; entrave à ma liberté d'expression et de réunion ; discrimination sur mes opinions politiques. Ce service d'ordre, ne donne pas envie de dormir à la Belle Etoile en tout cas...
En termes de valeurs, je ne crois pas que la violence, la censure et la discrimination soient à proprement parlé des thématiques défendues par la gauche. Je sais à laquelle j'appartiens, et je ne succomberai pas au Diktat de la gauche de Posture jusqu'à son versant fascisant qui consiste à s'auto-censurer. Je suis un garçon obstiné.
Si tu as lu mon essai, tu m'objecteras qu'il ne permet pas de savoir si je suis de gauche ou de droite, mais je préfère m'en justifier qu'autour d'une bonne bière, et non à l'écrit. Mais reconnais au moins que je propose un plan de reconquête du pays, et que je parle énormément de Démocratie à ma façon. Ce qui peut difficilement faire de moi un fasciste ou tout autre hurluberlu associé dans les listings des réseaux dits "antifas". Je suis tout à fait conscient que si Pierre Rhabbi et Etienne Chouard parviennent à se faire qualifier de "crypto-fascisants" par des conspirationnistes totalement paranoïaques, dans ce cas, n'importe qui peut se faire insulter de la sorte.
Les "Commissions" ont fait approuver un vote visant à faire interdire de citer sur la place de la République, des "valeurs"qui pourraient nuire à l'image de "Nuit Debout" quelques heures après qu'une première assemblée avait voté en plus grand nombre, une motion décrétant la liberté d'expression totale au sein de nos assemblées citoyennes. Ce qui est en soi un déni de démocratie. Quand on est en plus capable de caser dans des "valeurs" d'extrême droite n'importe quel intellectuel ou penseur un peu original, et que d'autres philosophes-économistes ou journalistes alternatifs, derniers remparts à cette dictature de la bien-pensence, se prennent au jeu de succomber à une telle tyrannie intellectuelle, cela se traduit par de l'auto-censure sur l'espace public, voire à des agressions physiques bien réelles et une absence de Démocratie dans les assemblées populaires formées par nos rassemblements. Si l'on ne veut pas écouter ce que pense son adversaire, non seulement on prouve ne pas être certain de pouvoir contrarier ses arguments - et en ce cas, nous assumons notre censure pour ne pas nous vexer de notre ignorance par anticipation - mais on se contraint de toute façon à ne pas repenser l'organisation de notre pays en tant que peuple unifié.
Peut-être est-ce la thèse de la gauche de posture que de considérer que le chômeur qui vote Hollande ou Sarkozy au premier tour, ou encore l'ouvrier qui vote Marine Le Pen sans état d'âme, ne méritent plus de faire parties du peuple, et d'être entendus. Mais ma gauche à moi est évangélisatrice. Elle écoute beaucoup, elle médite ensuite, et tente de bâtir une réponse pour rallier à sa cause un gauchiste qui s'ignorait. Elle cherche à opposer son analyse de la complexité d'un problème politique, pour démontrer qu'en traitant d'abord en amont celui-ci, on peut parvenir à une Société plus juste et plus sociale mieux que si l'on se borne à en régler les seules conséquences. Mais ma gauche n'ignore pourtant pas le pus social et culturel général généré par des décennies de reniements politiques, cela dans tous les aspects sociaux y compris les plus sensibles. Ma gauche préfère y méditer sans tabous, plutôt que de placer trop de pudeur, voire de la censure y compris par la violence, pour n'avoir jamais à y répondre. C'est d'ailleurs parce que la Gauche radicale s'est laissée piéger par les mystifications d'une minorité d'elle-même, qu'elle laisse aujourd'hui le Front National écoper à grands sceaux les voix aussi protestataires qu'orphelines. On ne lutte donc pas contre le Front National par la censure et la violence, mais bien par la Liberté d'expression.
Si je t'écris François, c'est que j'en ai marre de me faire rejeter par des MILICES POLITIQUES sur la place de la République, "mandatées" par de jeunes responsables un peu sectaires du Collectif "Convergence des Luttes". Toi qui est journaliste, qui connaît bien ce qu'est la Charte de Munich, tu ne peux pas être insensible à l'importance de respecter la Liberté d'expression. Tu es aussi un peu le parrain avec Frédéric Lordon de ces rassemblements, et tu ne fais pas des questions de souveraineté et d'indépendance nationale, des thèses renvoyant automatiquement au fascisme. Bien au contraire, traiter de ces questions, nous obligent à parler de démocratie.
Si ma lettre ouverte parvient jusqu'à tes yeux, j'aimerais que tu parles à ces "commissaires" et que tu leur fasses comprendre que ce Mouvement aura besoin de tous les Français. Beaucoup, sur les réseaux sociaux, n'osent pas venir, car ils savent ce Mouvement "noyauté" politiquement ce qui suscite leur méfiance. Si cette impression reste maintenue dans les consciences, le Mouvement perdra de son aura populaire. Je ne te demande donc pas de passer quelques coups de téléphone seulement pour que je puisse me sentir en sécurité sur la place de la République, mais davantage pour nous tous : pour nous garantir que chacun peut venir tel qu'il est, car une Révolution n'appartient qu'au peuple, pas à ses primo-initiateurs.
« Ce mouvement n’est pas né et ne mourra pas à Paris. Du printemps arabe au mouvement du 15M, de la place Tahrir au parc de Gezi, la place de la République et les nombreux autres lieux occupés ce soir en France sont l’illustration des mêmes colères, des mêmes espoirs et de la même conviction : la nécessité d’une société nouvelle, où démocratie dignité et liberté ne sont pas des déclarations vides » [2].

