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vendredi 18 juillet 2025
Nexus Refait l’Actu #47 : Juan Branco, Gaza, Vaccin Covid, Trump & Epstein, Macron, Ukraine
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UKRAINE : POURQUOI LA GUERRE ?
Source : https://geopragma.fr/ukraine-pourquoi-la-guerre/
Article rédigé par Emmanuel HUYGHUES – DESPOINTES, membre de Geopragma.
Introduction
Tout d’abord, il est important de noter que cet article sur ce conflit sera rédigé sous le quadruple prisme géopolitique :
1) L’Est de l’Europe a une histoire beaucoup plus chaotique que celle de l’Ouest, où les nations apparaissent dès le 15ème siècle, dans des frontières à peu près stables : en effet, les premiers états modernes (Portugal, Espagne, France, Angleterre) se constituent à ce moment, suivis de l’Allemagne et l’Italie au 19ème siècle, tandis que l’Europe orientale connaîtra de constants bouleversements entre les 13ème et 20ème siècles avec la disparition de très grands états (Pologne-Lituanie et Autriche-Hongrie) et de grands bouleversements de frontières ;
2) La permanente oscillation de l’Ukraine entre l’Est- et l’Ouest, entre sa partie occidentale de religion catholique et de culture polonaise et sa partie orientale, de religion orthodoxe et de culture russe ;
3) Le conflit entre les puissances maritimes (thalassocraties) et les puissances continentales défini par Thucydide dans son Histoire de la Guerre du Péloponnèse. Ce prisme est également celui pris par le géopolitologue anglais McKinder au 19ème siècle même si, a priori, cela peut paraître étranger à ce conflit.
4) La mise en route d’un engrenage fatal, toujours décrite par Thucydide, qui échappe peu à peu au contrôle d’Athènes et de Sparte, les protagonistes de cette guerre. Cependant, la recherche de la causalité de ce conflit n’implique pas d’en déterminer la responsabilité.
I) QU’EST-CE QUE L’UKRAINE ?
1) L’Ukraine est au carrefour de deux civilisations, l’Occident catholique et l’Orient orthodoxe. Tout d’abord, son nom, Kraï (КРАЙ) en russe signifie, bord, extrémité, région et qui résume très bien cette situation géopolitique.
Pour comprendre la mise en place de ce carrefour, il faut remonter au partage de Théodose, en 395 après JC, qui sépare l’Empire Romain en deux parties, à l’ouest le monde latin, à l’est le monde grec.
L’Ukraine est donc à la jonction :
- du monde romain jusqu’en 496 (fin de l’Empire d’Occident), puis romain germanique à partir de 800, date du couronnement de Charlemagne, ensuite polonais, dans tous les cas catholique ;
- du monde grec d’abord, puis grec orthodoxe, puis russe orthodoxe, d’autre part. Cette partie orientale de l’Europe est dite du Filioque
La carte de ce partage permet de bien visualiser cette séparation.

En 800, Charlemagne est couronné Empereur d’Occident par le pape et son empire se constitue comme le montre la carte ci-dessous.
Quand nous regardons cette carte, nous constatons 2 choses :
① La frontière de 395 entre les mondes Latin et Orthodoxe est respectée quand on la projette vers le nord, jusqu’au 55ème parallèle: les Pays Baltes, situés à l’est de cet axe, ne seront conquis et Christianisés par les Chevaliers Teutoniques qu’à partir du 12ème siècle ;
② Les frontières de la Pologne, au moment baptême du prince Mieszko et de son peuple, en 966 sont à peu près celles fixées lors des conférences de Téhéran et de Yalta (1944/45) : l’Histoire se répète souvent ! Les polonais et tchèques sont les deux peuples slaves adeptes du catholicisme, donc de l’Eglise d’Occident :

II) UKRAINE / RUSSIE : SŒURS JUMELLES OU MÈRE-FILLE ?
- L’Ukraine berceau de la Russie
L’Ukraine est devenue le berceau de la Russie Rus’ (РУСЬ) qui y a été convertie à l’orthodoxie par le baptême en 988, du Grand-Prince (Veliki Kniaz) Wladimir, qui épouse Anne Porphyrogénète (née dans la pourpre), sœur du Basileus de Byzance. Wladimir, surnommé Fornicator Maximus, doit renoncer à toutes ses concubines (plusieurs dizaines) pour épouser Anne, plus que réticente ! Ce mariage a une double conséquence :
– La Rus’, qui correspond géographiquement à peu près à l’Ukraine actuelle, devient complétement orthodoxe ;
– Toute l’histoire de la Rus’ pendant 3 siècles se passe dans ce qui est maintenant l’Ukraine. Une très brillante civilisation s’y développe et celle-ci devient un phare de la culture orthodoxe, après la rupture de 1054 entre Rome et Constantinople. Entre le 10ème siècle t le 13ème siècle, l’Orient l’emporte sur l’Occident en Ukraine.
Quant à Moscou, cette ville est créée vers 1150 dans le nord de la Rus’ de Kiev et n’est qu’une petite bourgade.
2) Prise de Kiev par les mongols en 1240
L’invasion mongole atteint l’Europe après la mort de Gengis Khan en 1227 et Kiev est prise en 1240 par Batu, son petit-fils. La Rus’ de Kiev disparaît comme entité indépendante, ce qui implique une debellatio au sens romain du terme, c’est-à-dire l’anéantissement de toutes les structures étatiques et militaires, quand les prémisses des états d’Occident apparaissent :
– la France avec Bouvines en 1214, qui rassemble tous les français du nord de la Loire, autour du roi Philippe Auguste, contre une invasion anglo-germano-flamande ;
– l’Espagne avec Las Navas de Tolosa en 1212 qui rassemble plusieurs rois chrétiens contre une armée musulmane et qui marque le début de la Reconquista,
– l’Angleterre avec la signature de la Grande Charte en 1215, qui marque le début du régime représentatif.
Cette conquête va provoquer une fracture Est / Ouest considérable ; un véritable Rideau de Fer, avant la lettre, est édifié, ce qui implique un retard considérable de l’Est de l’Europe, vis à vis de l’Ouest, notamment sur le plan institutionnel :
– en Europe Occidentale les futures institutions démocratiques apparaissent : le Parlement en Angleterre, les Communes Libres en Italie, les Cortès en Espagne, les Etats-Généraux en France, les Landtag en Allemagne, etc., en vertu du principe posé par l’Eglise Catholique, du libre consentement du peuple à l’impôt ;
– Tandis que toute la Rus’ de Kiev est soumise à l’arbitraire mongol, qui impose un tribut annuel. Aussi, chaque Grand-Prince doit chaque année se rendre à Karakorum, au centre de l’actuelle Mongolie, pour rendre hommage au Grand-Khan, le front à terre ! Le Grand-Khan arbitrait les conflits entre Grands-Princes russes.
Pendant un siècle, de 1240 à 1362, l’orient l’emporte sur l’occident en Ukraine.
En effet, un siècle plus tard, en 1362, profitant d’une querelle dynastique mongole, le Grand-Duc de Lituanie Olrieg, père du fondateur de la dynastie Jagellon, polono-lituanienne, ancêtre des Poniatowski, s’empare de Kiev et en fait une cité administrative pour son royaume. En Ukraine, l’Occident va alors dominer sur l’Orient à partir de cette date.
3) Ascension de Moscou
3.1 À cause de l’éloignement de la capitale mongole, Karakorum, située en Mongolie, le Grand Khan charge le Grand-Prince de Moscou de réunir de tribut versé par ses collègues des autres villes, parce que cette ville était la plus orientée à l’est et donc, plus proche de Karakorum. Ainsi, ce Grand-Prince prélève chaque année le tribut de Kiev, Tver, Nijni-Novgorod, etc., pour le porter lui-même à Karakorum ; cet « apanage fiscal » renforce donc la puissance de cette ville.
3.2 Cette ascension continue quand le Grand-Prince de Moscou, Dimitri Donskoï, remporte une victoire décisive à Koulikovo, sur le cours supérieur du Don en septembre 1380. Dans l’histoire de la Russie, cette victoire peut être comparée à la libération d’Orléans par Jeanne d’Arc, parce qu’elle représente la fin du mythe de l’invincibilité mongole et la naissance du patriotisme russe.
3.3 Ivan III le Grand
Ce souverain est resté dans l’histoire de la Russie pour quatre faits marquants :
① Il déchire solennellement en 1480, devant son peuple, le traité de soumission de Moscou envers la Horde d’Or ;
② Il conquiert les principautés voisines appartenant à ses frères ou parentèles, qu’il assassine sans vergogne ;
③ Il conquiert la ville de Novgorod dont il déporte 70.000 habitants aux frontières orientales. Il inaugure ainsi la déportation, vieille tradition russe :
④Il donne le titre de Troisième Rome à Moscou après son mariage avec Sophie Paléologue, nièce du dernier empereur byzantin Constantin XI Paléologue, pour bien monter la supériorité de Moscou sur toutes les villes de Russie et engager la vocation messianique de la Russie.
3.4 Ivan le Terrible
Petit-fils d’Ivan III, Ivan se fait couronner Tsar de Toutes les Russies en 1547 et instaure un régime de terreur l’Opritchina, régime d’arbitraire absolu, qui le fait surnommer Grozny (le Redoutable) et dont Staline s’inspirera ; il fait preuve d’une grande énergie et conquiert Kazan en 1552, aux portes de l’Asie et Astrakan en 1556, sur la Mer Caspienne. Il pose les bases de la domination sur la Caucase et de la Sibérie, ce qui sera l’Empire Russe.
La Russie se substitue à l’Ukraine comme porteuse de la civilisation orthodoxe et ces deux pays deviennent l’une pour l’autre, à la fois mère, fille et sœurs jumelles !
III) MONTÉE EN PUISSANCE DE LA RÉPUBLIQUE DES DEUX NATIONS (POLOGNE + LITUANIE)
1) 1385 L’union de Krewo
– La reine de Pologne Hedwige, catholique, et le grand-duc de Lituanie, païen, Ladislas II Jagellon par mariage créent une union personnelle des deux États sous l’autorité d’un seul roi, qui se convertit au catholicisme. La reine meurt en 1399 et Ladislas II Jagellon règne seul 48 ans, mais les deux royaumes restent deux entités séparées : en effet, la Pologne, de culture slave et catholique depuis la fin du 10ème siècle était très différente de la Lituanie, de culture balte, dont la langue n’était pas slave, christianisée entre les 12ème et 13ème siècle et encore très imprégnée de paganisme ;
– 15 juillet 1410, l’union est renforcée par la victoire de Grunwald où Ladislas II, à la tête d’une coalition Lituano-polono-tchèque, écrase les chevaliers teutoniques, qui ne se remettront jamais de cette défaite. Cette victoire sera abondamment utilisée pendant la Guerre Froide par URSS pour entretenir le sentiment antiallemand dans les pays de culture slave
2) 1569 création de la République des Deux Nations, par l’Union de Lublin
– Cette union marque la fin du règne de Sigismond II Auguste, qui meurt en 1572, dernier roi de la dynastie Jagellonne. Une monarchie élective s’installe : le roi est désormais élu par la Diète, élue par la noblesse ; chaque noble, dispose d’un droit de veto (Liberum Veto) sur le choix du roi ce qui génère une paralysie politique qui sera fatale à l’indépendance de la Pologne. C’est à ce moment qu’apparaît l’adage Rex regnat sed ne gubernat (le roi règne mais ne gouverne pas), principe qui sera repris par toutes les monarchies occidentales en Europe à partir du 19ème siècle : en effet, le roi devait convoquer régulièrement le Sénat, composé des principaux dignitaires religieux et la Diète (Sejm) composée de nobles.
– En 1572, la liberté religieuse garantie entre catholiques, orthodoxes protestants et juifs par le roi Sigismond-Auguste ; cette liberté est symbolisée par cette phrase : « je ne suis pas le roi de vos consciences ». La Pologne est alors le plus grand état d’Europe avec un million de km2
– En 1595, est signée l’Union de Brest-Litovsk qui réunit une partie des Orthodoxes à Rome, tout en gardant le rite orthodoxe (région de Lviv, Lvov ou Lemberg) à l’ouest de l’Ukraine actuelle
Cette extension géographique, comme le montre la carte infra, l’Union de Brest-Litovsk et une grande tolérance religieuse font que les trois-quarts de l’Ukraine sont ainsi sous influence occidentale. L’Ouest l’emporte donc sur l’Est.

IV) DE PIERRE LE GRAND (1682 / 1725) À LA GRANDE CATHERINE (1762 / 1796), LA RUSSIE MONTE EN PUISSANCE AUX DÉPENS DE LA POLOGNE
La Russie connaît une expansion importante à partir du début du 18ème siècle, grâce à deux souverains exceptionnels : Pierre le Grand et la Grande Catherine
① Pierre Le Grand écrase Charles XII de Suède à la bataille de la Poltava (1709) et place la Russie comme une grande puissance européenne après la Grande Guerre du Nord (1700/21) ; la Suède perd le contrôle des Pays Baltes et la Russie devient une puissance maritime, par la construction de Saint Pétersbourg.
② La Grande Catherine, princesse allemande est issue d’une petite principauté, le Saxe-Anhalt; elle est mariée au tsar Pierre III, admirateur fanatique de la Prusse, mais dérangé mentalement; elle profite d’un brusque renversement d’alliances au profit de la Prusse, en 1762, au cours de la Guerre de Sept Ans et imposé par son mari pour organiser un coup d’état … et le remplacer! En effet, les chefs de l’armée avaient été indignés par le changement d’alliés par Pierre III.
Frédéric II espérait manipuler Catherine à son profit : il devra vite déchanter parce que Catherine se russifiera pour devenir « plus russe qu’un cosaque », selon ses dires.
Catherine, couronnée impératrice de Russie et convertit à l’orthodoxie, conquiert :
– la Nouvelle Russie, qui correspond à l’Ukraine du sud et la Crimée ;
– la Petite Russie, qui correspond aux deux-tiers de l’Ukraine actuelle ;
– la Biélorussie, incluse ans la Pologne au, cours de ses trois partages 1772, 1793, 1795
Pierre le Grand a posé les jalons de la Russie comme grande puissance tandis que la Grande Catherine l’impose comme acteur majeur au sein de l’Europe.
Odessa est fondée en 1794 ex nihilo comme ville nouvelle par l’impératrice russe Catherine II et … le duc de Richelieu, assisté d’un architecte français, preuve de l’influence française importante en Russie à l’époque et de la volonté de Catherine de contrôler, à terme, les Détroits.
En conclusion, nous constatons que la Russie, est réunie de trois entités,
– Une première, la Moscovie, augmentée de la Biélorussie à partir de Catherine II, qui s’est émancipée du Grand Khan, avec Dimitri Donskoï, Ivan le Grand et Ivan le Terrible, qui a conquis Kazan et Astrakan et tournée vers l’Asie Centrale et la Sibérie ;
– une seconde, l’Ukraine, dite Petite Russie, extrêmement fertile, tournée en partie vers l’Occident et
– une troisième, la Nouvelle Russie, tournée vers la Mer Noire, après l’élimination de la Pologne ;
Sans contestation possible, le vent d’Est l’emporte en Ukraine sur le vent d’Ouest !
Petite Russie (partie beige)

Nouvelle Russie (Moldavie + sud de l’Ukraine + Crimée)

V) À PARTIR DE 1917 : TRAGÉDIES
1) Indépendance très provisoire
Entre janvier 1918 et octobre 1920, différents gouvernements soutenus par l’Allemagne, jusqu’en 1918, puis les Alliés, jusqu’en 1920, se succèdent ; les différentes factions qui se disputent le pouvoir provoquent de nombreux massacres mais, en 1920, les bolcheviks finissent par l’emporter.
2) Mise en place de l’URSS à partir de 1922
Avant la Révolution, Lénine qualifiait la Russie de « prison des peuples » et voulait affaiblir la Russie en la divisant en républiques soviétiques, les plus grandes possibles ; celles-ci devaient correspondre aux différentes ethnies. Ensuite, il souhaitait que la Russie, transformée en un état nouveau, de type fédéral, puisse servir de réceptacle aux futurs états communistes d’Europe, principalement l’Allemagne et la Pologne.
– 13 républiques sont ainsi constituées, sous contrôle du PC ;
– Mais, Staline, Commissaire du Peuple aux Nationalités, décide alors de mélanger les nationalités, au sein de chaque république, pour placer Moscou en position d’arbitre (diviser pour régner, règle universelle) : la crise actuelle du Haut-Karabagh, entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan en est un symbole important.
3) situation de l’Ukraine à partir de 1922
Concernant l’Ukraine, il existe une contradiction fondamentale entre :
– Les deux-tiers du pays, situés à l’est de Kiev, qui sont de culture russe, de religion orthodoxe, rattachés au Patriarcat de Moscou et depuis toujours et tournés vers Moscou ;
– le dernier tiers du pays, largement à l’ouest de Kiev, qui est spécifiquement de culture ukrainienne : la langue ukrainienne, les Uniates catholiques de rite orthodoxe, la souveraineté polonaise, d’abord jusqu’en 1795, puis autrichienne, ensuite, jusqu’en 1918, puis, encore polonaise, jusqu’en 1939, y sont dominants. Bref, la culture occidentale y prévaut ;
– alors que, la langue ukrainienne, considérée par beaucoup de russes, comme un simple dialecte russe, interdite à partir d’Alexandre III, est imposée dans l’enseignement obligatoire à partir de 1922.
4) Holodomor (famine) 1932/34
Au début des années 30, Staline décide de rompre avec la NEP (Nouvelle Politique Economique) de Lénine qui rétablissait, en fait, le capitalisme sous un socialisme théorique. Pour cela, il procède à la collectivisation de terres dans un double but :
– affaiblir le sentiment national ukrainien en plaçant sa paysannerie, très largement majoritaire, sous contrôle absolu de l’état ;
– financer l’industrialisation l’URSS à marche forcée en exportant près de 3,3 millions de tonnes de céréales entre 1932 et 1933 auprès des pays occidentaux.
Le résultat fut absolument catastrophique : cette famine délibérée provoqua entre 2,5 M et 9M de morts en Ukraine, Russie et Kazakhstan, selon les différentes estimations d’historiens. Cette famine sera l’un des éléments de la naissance du sentiment national ukrainien.
5) Seconde Guerre Mondiale (1941/45)
– Le 21 juin 1941, quand débute l’opération Barbarossa, les allemands sont bien accueillis par la population : les films de propagande nazie montrent des paysannes en costume traditionnel accueillant la Wehrmacht avec des icônes et des fleurs ; le lieutenant von Kagenek écrit dans ses Mémoires Lieutenant de Panzers, que les Ukrainiens les voyaient comme des libérateurs et on comprend pourquoi ! Quand Kiev est prise le 19 septembre 1941, les populations urbaines réagissent à l’identique et pourchassent les dirigeants du Parti Communiste ainsi que les Juifs en leur reprochant d’être bolcheviks !
– Stepan Bendera (1909/1959), chef historique du nationalisme ukrainien, tente de créer un gouvernement ukrainien ; son idéologie est à la fois anti-polonaise, anti russe et antisémite, ce qui provoque des massacres de civils polonais vivant en Galicie (70.000 morts) et de juifs au cours de l’été 1941 : c’est la Shoah par balles qui fait 1,5M dans les Pays Baltes, en Biélorussie, en Ukraine et en Russie. Ces massacres sont perpétrés par une partie des nationalistes ukrainiens, dont des partisans de Bandera.
Cependant, les allemands étaient animés autant par un racisme anti-slave qu’anti sémite et Bendera est interné tandis que ses deux frères sont déportés et assassinés à Auschwitz en 1942.
En 1944, les allemands décident la création d’une armée ukrainienne anti soviétique, la division SS Galicie pour pallier à leur manque d’effectifs. Bendera est mis à sa tête, sans empêcher la défaite allemande ; Bendera se réfugie en 1945 à Munich où il sera assassiné par le KGB en 1959.
La répression raciste des nazis contre les slaves, considérés comme des sous-hommes, provoquent un retournement d’une partie de l’opinion ukrainienne ; une guérilla antiallemande efficace organisée par les communistes, unis avec des nationalistes ukrainiens, se met en place : la protection d’une voie ferrée demande alors les effectifs d’une division !
6) Après 1945
Une guérilla antirusse se poursuit en Ukraine ainsi que dans les Pays Baltes jusqu’au début des années 50. Après la mort de Staline, les ukrainiens sont promus à la tête du PC d’Union Soviétique et trois Secrétaire Généraux du Parti seront d’origine ukrainienne (Khrouchtchev, Brejnev, Tchernenko).
En 1954, Khrouchtchev, d’origine ukrainienne, décide le rattachement de la Crimée à l’Ukraine pour satisfaire les communistes ukrainiens, ce qui rencontre une forte hostilité chez ses habitants, majoritairement d’origine russe. En effet :
① La Crimée est devenue russe sous Catherine II, ce qui a donné à la Russie une possibilité d’action vers les Mers Chaudes;
② Le souvenir de la bataille de Sébastopol au cours de l’été 42 reste très vif dans l’opinion parce qu’elle a retardé la bataille de Stalingrad, ce qui a provoqué la défaite allemande.
Depuis 1945, jusqu’en 1989, les églises chrétiennes, uniates, c’est-à-dire rattachée à Rome et orthodoxes, rattachée au Patriarcat de Moscou, subissent une persécution continue, ce qui contribue à la naissance d’un sentiment national ukrainien, notamment à l’ouest de l’Ukraine.
VI) 1991 : FIN DE L’URSS : QUELLE ÉMANCIPATION ?
- Au début, relative lucidité des États-Unis et maintien de l’équilibre entre l’Ouest et l’Est
Au cours de l’été 91, avant le putsch anti-Gorbatchev, le président Bush sr. (1989/93) se rend en Ukraine et dans un discours devant le Soviet Suprême à Kiev, il plaide pour le maintien de l’Ukraine dans l’URSS, lui, ex-Directeur de la CIA ! En effet, Bush avait anticipé le grave déséquilibre géopolitique que poserait le démembrement, en cours de l’URSS, qu’il tente d’arrêter.
L’avenir devait lui donner largement raison, hélas !!
Après l’échec du putsch anti-Gorbatchev, en août 91, la situation échappe à tout contrôle et Eltsine, nouvellement élu à la présidence de la Fédération de Russie, propose à ses collègues des autres républiques soviétiques de « liquider » la direction centrale de Moscou pour que chacun d’entre eux puisse être maître chez lui : c’est la fin de l’URSS !
Dans un premier temps, les présidents Leonid Kravtchouk (1991/94) dernier président du Præsidium du Soviet suprême de la RSS d’Ukraine puis président de la Rada (parlement) puis Leonid Koutchma (1994/2005) maintiennent un équilibre entre la Russie et l’OTAN et le russe reste langue officielle, à égalité avec l’ukrainien.
- Révolution Orange 2004/05
Le second tour de l’élection présidentielle, le 21 novembre 2004, a en effet été marqué par une fraude généralisée, constatée par les observateurs de l’OCDE. Deux candidats s’affrontent, Viktor Yanukovitch, pro-russe Viktor Iouchtchenko, pro-ukrainien ; ce dernier utilise comme argument électoral les cicatrices qu’une tentative d’empoisonnement a laissé sur son visage, hélas symbole de la violence des mœurs politiques.
Dans un premier temps, Yanukovitch est proclamé vainqueur, mais, à la suite de manifestations monstre de protestations, la Cour Suprême ukrainienne annule les résultats, un nouveau second tour est organisé et Iouchtchenko l’emporte. Mais, Yanukovitch refuse de reconnaître a défaite. Des organisations occidentales, telles le Konrad Adenauer Institut, proche de la CDU allemande, l’Open Society Institute de George Soros, ont largement contribué à cette inversion de résultats pour l’élection présidentielle de 2004. C’est la Révolution Orange.
Cependant, en 2006, les soubresauts politiques donnent la majorité des voix aux élections législatives au parti de son ancien rival Yanukovitch et conduisent le président Iouchtchenko à le nommer Premier ministre.
Dans la continuité de cette tendance, Yanukovitch remporte l’élection présidentielle de 2010, sans contestation des résultats. Yanukovitch prend alors sa revanche : il signe les accords de Kharkov avec son allié russe et refuse l’accord d’association avec l’UE : compte tenu de l’obligation ‘’des mises aux normes de l’UE’’, les pro-russes proclament que cela signifie la fin de l’industrie ukrainienne, très largement encore aux normes environnementales soviétiques et considérées comme totalement polluante et obsolètes.
- EUROMAÏDAN (déc.13 / fév.14)
Le refus de Yanukovitch de signer les accords prévus avec l’UE provoque des manifestations très importantes allant jusqu’à 500.000 personnes sur la principale place de Kiev, comparable à la Place de la Concorde à Paris : la presse et des ONG occidentales sont très présentes et encadrent les manifestants. Les manifestations tournent à l’émeute et 80 victimes sont à déplorer ; le 21 février 2014, le président Yanukovitch est destitué par la Rada et s’enfuit en Russie.
Le président Petro Porochenko, pro-occidental, est élu (2014-2019) et doit affronter deux crises majeures :
① Perte de la Crimée
Le 22 février, le président Poutine qualifie le nouveau gouvernement d’illégitime. À la suite de cette déclaration, le 28 les troupes russes pénètrent en Crimée ; le 16 mars un référendum organisé par le gouvernement de Moscou vote le rattachement de la Crimée à la Russie, qui est entériné le 28 mars.
Certes, les observateurs de l’OSCE étaient absents pour valider le referendum, mais des journalistes ou parlementaires occidentaux étaient présents et ont tous confirmé que le scrutin s’est déroulé normalement et sans fraude. Un fait semble donc s’imposer : la majorité des habitants de la Crimée est plutôt favorable aux russes !
② Guerre du Donbass (14.000 morts)
Quatre chefs d’états européens se rencontrent à Minsk : Angela Merkel pour l’Allemagne, François Hollande pour la France, Alexandre Loukachenko pour la Biélorussie et Vladimir Poutine pour la Russie.
Cette rencontre aboutit aux deux accords de Minsk (2014/15), qui prévoient le retrait des troupes russes et ukrainiennes du Donbass en échange de la mise en place d’une autonomie substantielle pour cette région, dont la population est largement russophone et même russophile.
Malheureusement, les troupes ne s’en vont pas, les affrontements continuent entre russes et ukrainiens et une guerre civile ouverte se déclenche qui, en dix ans fera 14.000 morts.
- Election de Volodymir Zelenski (2019)
L’élection de 2019 se déroule pendant la guerre civile du Donbass et dans un contexte de corruption généralisée qui atteint l’Ukraine comme tous les pays de l’ex-Union Soviétique. Un acteur et humoriste très célèbre de la télévision est candidat et facilement élu face à Porochenko.
- Maintien de la césure Est / Ouest
Il est à noter que depuis l’indépendance en 1991, à chaque élection, une césure géographique électorale Est-Ouest très marquée divise l’Ukraine entre une partie occidentale qui vote en majorité pour des candidats pro-Union Européenne et pro-OTAN et une partie orientale pro-russe, qui vote en sens inverse.
VII) VERS LA GUERRE (1989 / 2022)
- Malentendu Baker / Gorbatchev de 1989
①En novembre 1989 le Secrétaire d’Etat James Baker donne à Gorbatchev la promesse orale que l’OTAN ne sera pas étendue à l’est du défunt Rideau de Fer. Mais, quand James Baker fait cette promesse, purement orale, LES DEUX PARTIES se doutent qu’elle sera inapplicable compte tenu du besoin de sécurité des pays (Pologne, Pays Baltes) qui ont été sous contrôle soviétique – et quel contrôle (déportations de masse, exécutions sommaires) ! – pendant des décennies.
Dès 1990, quand l’Allemagne se réunifie, se pose le problème de l’ex-RDA ; Shévarnadzé, ministre Affaires Etrangères de l’URSS, propose la double adhésion de l’Allemagne réunifiée à l’OTAN et au Pacte de Varsovie, ce qui aurait gelé les deux alliances, en les rendant réciproquement inapplicables. Refus États-Unis. Aussi, la RDA se retire du Pacte de Varsovie, le 30 septembre 1990, juste avant la réunification du 3 octobre suivant. L’Allemagne réunifiée devient ainsi membre de l’OTAN.
Cette première extension de l’OTAN à l’Est change le rapport de forces en Europe au profit des États-Unis.
Puis, toujours en contradiction avec la promesse de novembre 1989, la Pologne adhère à l’OTAN en 1999. En 2004, au sommet de l’OTAN, l’extension de l’alliance atlantique, est décidée en faveur, des Pays Baltes (Lituanie, Lettonie, Estonie), anciennes républiques, membres de l’Union Soviétique.
On peut considérer qu’il s’agit là d’une erreur partagée entre les États-Unis et la Russie qui se sont aveuglés mutuellement devant la précipitation des événements qui ont totalement bouleversé la géopolitique mondiale en quelques semaines : Chute du Mur, effondrement du communisme en Europe de l’Est, premiers signes de la dislocation de l’URSS. Ce processus d’engrenage fatal, qui échappe aux protagonistes, est parfaitement décrit par Thucydide dans son Histoire de la Guerre du Péloponnèse.
②En 2008, au sommet de l’OTAN à Bucarest s’ouvre la possibilité de l’Ukraine à rentrer dans l’OTAN, ce qui provoque de fortes protestations de Poutine mais aussi le double veto de Sarkozy et de Merkel
2) Dès 2014, après l’annexion de la Crimée par Poutine, accumulation des facteurs de guerre :
① Sitôt élu, Zelenski commet plusieurs erreurs majeures:
- Imposer l’usage de l’ukrainien comme seule langue officielle, jusque-là pratiqué seulement dans l’ouest de l’Ukraine, mais complètement inconnu dans l’est de l’Ukraine, où seul le russe était parlé : c’est comme si le provençal, le corse, ou le breton, devenait seule langue officielle en France ! ;
- Refus, partagé avec la Russie, d’appliquer sérieusement les Accords de Minsk et maintien d’une guerre larvée qui fera 14.000 morts entre 2015 et 2022 ;
- Déposer la candidature officielle de l’Ukraine à l’UE, ce qui implique la quasi-disparition de l’industrie ukrainienne, totalement obsolète selon les normes UE ; l’Allemagne a besoin de main d’œuvre ukrainienne, pas de son industrie. Or, cette industrie (charbon et acier) est entièrement située dans le Donbass, c’est-à-dire à l’est du pays, ce qui aurait provoqué un chômage de masse ;
- Demander l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN. Or, depuis 2014, les anglo-saxons (États-Unis, le Canada et la Grande-Bretagne) entraînent l’armée ukrainienne, avec les normes de combat et le matériel de l’OTAN. Cette demande est totalement inacceptable pour la Russie. En effet, cela revient à arracher à la culture russe le cœur de son histoire. Comme l’a dit l’ancien ambassadeur de France à Moscou, Jean de Glinasty : « si l’Ukraine n’est pas rentrée dans l’OTAN, c’est l’OTAN qui est rentrée en Ukraine ! »
② Contexte et fonctionnement de Poutine:
- Les soviétiques ou les russes, fonctionnent exactement comme George Kennan éminent diplomate américain, qui fut en poste à Moscou, l’a écrit dans son fameux long télégramme en 1947, repris dans un article de la revue Foreign Affairs en juin 1947. Il y écrit que le pouvoir soviétique est « insensible à la logique de la raison, et très sensible à la logique de la force. Pour cette raison, il peut facilement se retirer – et le fait généralement lorsqu’une forte résistance est rencontrée à tout moment ».
- Pour expliquer les racines de ce comportement, Kennan cite le livre du marquis de Custine, publié en 1843 et tombé dans l’oubli depuis, La Russie en 1839. Selon Custine, la cause principale de cet éloignement de la culture occidentale réside dans l’occupation mongole, qui a duré plus d’un siècle et demi en Russie, entre 1240 et 1380, voire plus pour la Russie méridionale et la région de Kazan, tandis qu’Attila n’est resté que moins de deux ans en Gaule.
- De plus, Poutine, fils d’un couple d’ouvriers, a perdu deux frères aînés, morts de faim pendant le siège de Leningrad (1941/44), a été baptisé clandestinement par sa mère à l’âge de 6 ans, a failli être emprisonné comme voyou et sauvé par un professeur qui l’a mis au judo. Il est entré au KGB en 1975, à l’apogée du système soviétique, quand l’URSS était partout respectée. Il a très mal vécu l’effondrement du communisme et de la puissance soviétique et reste sceptique sur le fonctionnement de la démocratie à l’occidentale en Russie. Poutine, par son histoire personnelle, est donc très culturellement éloigné des chefs d’état occidentaux.
- Bref, le rapport de forces doit être dominant dans les rapports de l’Occident avec la Russie.
3) Avertissement à l’Occident
Dès son arrivée au pouvoir comme Premier ministre, Poutine, fort de sa formation et de son expérience de tchékiste, se bâtit une légitimité dans une série de guerres qu’il gagne, sans se soucier des pertes humaines :
– Tchétchénie en 1999 : Poutine prend sa revanche sur celle perdue de 1996 et qui avait écarté la domination russe du Caucase ; la souveraineté de Moscou y est rétablie très brutalement (200.000 morts), ce qui donne une forte popularité à Poutine, d’autant plus que les tchétchènes sont détestés par l’opinion publique ;
– Géorgie en 2008 : Poutine occupe militairement au cours d’une guerre-éclair, deux régions du sud du Caucase, sous souveraineté géorgienne, (Abkhazie et Ossétie du Sud), mais hostiles à la Géorgie ; il utilise le même argument que l’OTAN qui avait arraché le Kosovo à la Serbie en 1999 ;
– Syrie en 2011 : Poutine est le seul chef d’état à soutenir militairement l’abominable régime d’Assad en Syrie en lui permettant d’écraser la rébellion née avec le Printemps Arabe (2011) ; il montre que la Russie reste fidèle à ses alliances, combat l’islamisme et replace la Russie comme acteur majeur au Proche-Orient ;
– Crimée en 2014 : avant de signer les accords de Minsk (septembre 2014), des troupes russes occupent militairement la Crimée au mois de mars et un nouveau pouvoir y est mis en place ; celui-ci y organise un referendum, certes contesté par l’Occident, mais qui reflète l’opinion majoritaire des habitants ; l’annexion qui en découle porte Poutine au sommet de sa popularité en Russie ;
– Donbass, depuis 2014 : la violation des Accords de Minsk, par les deux parties, provoque une guerre civile larvée et la mort de 14.000 personnes
4) Eléments déclencheurs :
- Poutine reçoit le soutien de son opinion, indignée par les humiliations subies par la Russie depuis 1991 : des « experts » des Big Five (Ernst & Young, Accenture, McKinsey, etc.) sont présents dans tous les ministères pour dicter la politique économique alors que la mendicité est omniprésente à Moscou et toutes les grandes villes de Russie, pour la première fois depuis la Guerre Civile (1918/22) ;
- La débâcle américaine à Kaboul en 2021, où la télévision montre des gros porteurs de l’US Air Force partir en catastrophe, avec des afghans s’accrochant aux roues des avions, rappelle celle du Vietnam en 1975 et détruit le prestige des États-Unis dans l’opinion publique russe ;
- L’enlisement de la France en Afrique depuis 2012, où les succès tactiques réels de l’opération Barkhane sont effacés par l’absence de solution politique, empêchée par des gouvernements africains parfaitement incompétents.
Aussi, en octobre 2021, Poutine adresse un quasi-ultimatum à l’OTAN, quand il exige le retrait de l’Alliance Atlantique des Pays Baltes et de la Pologne de l’OTAN. Poutine sait parfaitement que cette exigence est impossible à satisfaire quand on connaît les conditions épouvantables de l’occupation soviétique en 1939/40 (déportations massives et exécutions sommaires de masse).
VII) QUELLE PAIX EN UKRAINE ?
Avant d’envisager le rétablissement de la paix en Ukraine et pour analyser correctement cette guerre, nous devons savoir qu’en liaison avec ce conflit, trois guerres sont en cours, à étudier par ordre d’importance croissante
1) Ukraine /Ukraine
Comme nous l’avons vu précédemment, schématiquement, l’Ukraine, essentiellement russe de culture, de religion et d’histoire reste néanmoins tiraillée vers deux directions
– Pour les deux-tiers, situés à l’est de Kiev et orientés vers la Russie, dont elle est à la fois la mère et la sœur ;
– Pour un tiers, situé et orienté vers l’ouest, parce que sa partie occidentale a été pendant plusieurs siècles sous contrôle polonais puis autrichien : la ville polonaise de Lemberg est devenue Lvov en URSS, puis Lviv en Ukraine ; les Uniates, catholiques de rite orthodoxe, sont concentrés dans cette région-là.
La guerre civile qui dure depuis 2014 et a provoqué 14.000 morts jusqu’en 2022 en est le résultat concret
2) Russie / Ukraine
– L’Holodomor (1931/34), avec ses millions de morts, même s’il n’est pas réduit à l’Ukraine, a contribué à la naissance d’un sentiment national ukrainien et d’une solide rancune récurrente antirusse ;
– Après 1991, les réseaux d’énergie (gaz) sont orientés Est/Ouest (Russie /UE) et un conflit commercial et géopolitique nait entre la Russie et l’Ukraine (tarifs de transit ; détournement d’une partie du gaz par les ukrainiens) ;
– Le refus ukrainien d’appliquer les Accords de Minsk (2015), notamment en imposant l’usage de l’ukrainien comme seule langue officielle, ce qui contredisait lesdits accords qui prévoyaient une autonomie substantielle pour les oblasts du Donbass et de Donets, où seul l’usage du russe était pratiqué ; ce refus maintien la guerre civile dans ces régions ;
– L’adhésion, de fait à L’OTAN à partir de 2008 : par l’aide militaire apportée par les Anglo-saxons et les polonais, l’Ukraine sort de l’orbite russe et repasse dans l’orbite occidentale, conformément à une récurrence géopolitique qui dure depuis le 10ème siècle.
Imaginons la réaction de l’Angleterre si l’Irlande ou l’Ecosse, après sécession, adhérait à une alliance ouvertement anti-anglaise !
– Enfin, l’attaque de 2022 et la guerre qui dure depuis plus d’un an et demi, les massacres délibérés de civils par l’armée russe et la mobilisation de tout un peuple, constituent un formidable creuset du sentiment national ukrainien
3) États-Unis / Russie
– En 2009, les États-Unis sont devenus la seule superpuissance mondiale avec la volonté de maintenir cette hégémonie. Aussi, pour la mettre en application, le Président Obama pose 3 axiomes :
① « Russie? Puissance régionale ! » En effet, selon Obama, le PIB russe est égal à 3% PIB occidental (États-Unis + Canada + UE + Japon + Corée), soit plus ou moins celui de l’Espagne ou des Pays-Bas ;
② L’avenir du monde est concentré dans le triangle San Francisco, Shanghai, New-Delhi (ou Singapour) et Obama se désintéresse du reste du monde. En effet, depuis 1945, toujours selon Obama, l’Europe est sortie de l’Histoire et depuis 1989, les États-Unis sont les seuls maîtres du monde ;
③ Priorité des États-Unis: LA CHINE! Pour cela, Maintenir une Europe disciplinée sous contrôle américain, et appliquer le théorème Brzezinski théorisé dans son livre Le Grand Echiquier : la Russie plus l’Ukraine constituent ensemble un Empire, qui a de l’influence en Europe et qui concurrence les États-Unis ; par contre, la Russie sans l’Ukraine entraîne la Russie rejetée vers l’Asie, sans influence en Europe, laquelle Europe devient soumise aux États-Unis.
En effet, la guerre actuelle en Ukraine constitue une partie du conflit général entre Thalassocraties Anglo-saxonnes (États-Unis, Canada et Grande-Bretagne) et puissances continentales (Allemagne, Russie).
Selon le géopolitologue McKinder, le grand danger qui menace ces Thalassocraties se trouve dans l’alliance entre la Russie et l’Allemagne, ce qui implique de mettre l’Ukraine en Russie, ce que veulent ABSOLUMENT éviter les États-Unis
Dans cet esprit, Wess Mitchell, Secrétaire d’Etat adjoint des États-Unis (2017/19) a déclaré : « Il est toujours d’un intérêt primordial pour les États-Unis, en matière de sécurité nationale, d’empêcher la domination de la masse terrestre eurasienne par des puissances hostiles … L’établissement d’un contrôle total sur l’Eurasie est déclaré comme la tâche la plus importante pour les États-Unis. Une revendication claire est faite en faveur d’une victoire de la civilisation maritime sur la civilisation continentale, centre et seul pilier qui soutient la Russie. (…) Washington avance ouvertement la priorité des exigences les plus strictes de la géopolitique dans le sens le plus catastrophique (la mer doit inonder la terre) … Un défi est lancé à l’existence même de la Russie : elle ne peut mettre fin à sa domination dans sa propre zone géographique vitale qu’en se fragmentant en petits États fantoches (!) ».
Pour des raisons évidentes, la Russie ne peut prendre cette déclaration que comme une déclaration de guerre.
Or, Obama commet une triple erreur concernant la guerre d’influence entre Russie et les États-Unis :
– ①« La Russie ? Une puissance régionale avec un PIB minuscule ! ». Cependant, le PIB russe est surtout composé de capacités de production industrielle, alors que les États-Unis sont plus orientés vers les services (financiers, juridiques, marketing, etc.) : ainsi, la production de machines-outils, est bien plus importante en Russie que dans le reste du monde. Les conséquences pratiques sont évidentes pour l’aide à l’Ukraine en armement, qui a vidé les stocks de l’OTAN, alors que la Russie dispose d’une production d’armements très importante, qu’elle utilise pour alimenter la guerre.
– ②«La Russie ? Puissance régionale ! » Il suffit de regarder une carte pour constater le gigantisme géographique du pays : la superficie de la Russie représente celle de la totalité de l’Amérique du Nord (États-Unis, Canada, Mexique) et un quart des terres émergées dans l’hémisphère nord ; la Russie a des frontières avec les États-Unis, le Japon, la Chine, l’Asie Centrale, la Scandinavie, la Pologne ; s’il s’agit d’une puissance régionale, de quelles régions s’agit-il ?
En géopolitique, il est stupide de réduire l’importance d’un pays uniquement à son PIB ou à sa géographie. Tout dépend des circonstances. Par exemple :
– Le Chili, qui contrôle le passage de Drake entre le Pacifique et l’Atlantique et 80% de la production mondiale de cuivre. Ces deux paramètres constituent les deux principales causes du putsch de Pinochet en 1973. Le Passage du Nord-Ouest, maintenant disponible en été, reste très aléatoire, tandis que le canal de Panama reste très vulnérable à une attaque ;
– Taïwan, qui contrôle toute la mer de Chine Méridionale, où passent le tiers du trafic maritime mondial et 50% des hydrocarbures : l’importance de ce commerce maritime est la principale cause du conflit Chine /États-Unis ;
– Gibraltar, qui bloque le passage entre la Méditerranée et l’Atlantique : ce passage reste capital pour permettre à la marine américaine de peser sur la crise du Proche-Orient ;
– ③ « La Russie ? Puissance régionale ! » Obama oublie du Théorème de Nixon, posé en 1994, après avoir passé plusieurs semaines en Russie, à la demande de Clinton : la Russie est le SEUL pays qui peut détruire les États-Unis, avec plus de 6.000 têtes nucléaires. Par conséquent ce pays doit rester la priorité des États-Unis, même devant la montée en puissance de la Chine ;
– dans cet esprit, Poutine, président d’une Russie, « puissance régionale », profite de l’élection présidentielle de 2016 pour se rappeler au bon souvenir d’Obama en intervenant dans le processus électoral de l’élection présidentielle américaine, notamment en lançant une cyber attaque massive pour divulguer les mails de la candidate démocrate, Hillary Clinton ce qui sera une des raisons de sa défaite.
En photo, nous voyons que la leçon moralisatrice d’Obama adressée à Poutine au G20, réuni en Chine en septembre 2016, laisse son interlocuteur russe parfaitement indifférent.
CONCLUSION
1° Les États-Unis sont les bénéficiaires de cette guerre, parce qu’ils réarment les membres de l’OTAN (le nouveau chasseur furtif F-35) et vendent leur gaz de schiste pour remplacer le gaz russe ;
2° La Chine, est parfaitement consciente qu’elle constitue la cible principale après la Russie et lui apporte donc un soutien très important. Cette alliance Russie / Chine est due à l’ennemi commun, États-Unis et fonctionne pour l’instant bien, malgré le contentieux potentiel entre ces deux pays qui est très profond.
En effet, la Chine n’a toujours pas reconnu l’annexion de tous les territoires à l’est du fleuve Amour en Sibérie Orientale ; de plus, Kissinger, toujours actif à l’âge de 100 ans, rappelle à qui veut l’entendre que les chinois méprisent les russes qui détestent les chinois… Le souvenir de Gengis Khan est toujours présent dans l’inconscient russe !
3° La Russie est la seule et dernière puissance qui peut barrer la route à la volonté américaine de contenir la Chine ;
4° En conséquence, toute paix en Ukraine doit donc d’abord résoudre le conflit Russie / États-Unis !
*
* *
Pour cela, il est nécessaire de se remémorer l’article prémonitoire publié dans la Revue de la Défense Nationale en février 1955 par l’Amiral Castex, stratégiste bien connu, qui fait autorité chez les Anglo-saxons et intitulé : « Russie, rempart de l’Occident ».
Dans cet article, il met en garde contre la montée en puissance de la Chine et l’intérêt évident des occidentaux de bénéficier d’une Russie forte, entre eux et la Chine. Cela implique une révolution conceptuelle « copernicienne » :
- Accepter de laisser l’Ukraine sous influence russe et de restaurer un climat de confiance entre les Thalassocraties Anglo-saxonnes (États-Unis, Canada, Grande-Bretagne) et les puissances continentales (Union Européennes, Russie, Ukraine) ;
- Placer l’Ukraine sous le même régime de neutralité que l’Autriche, garantie par le Traité d’État de 1955, signé entre les États-Unis et l’Union Soviétique ; ce traité a permis l’évacuation de l’Autriche par l’Armée Rouge dès 1955, tout en permettant à l’Autriche de rester une démocratie libérale et d’intégrer l’Union Européenne en 1995 ;
- Enfin, imposer aux États-Unis de pratiquer une politique étrangère réaliste : en effet, le Président Nixon, en 1972, a compris, simplement en regardant une carte du monde, que les États-Unis ne pourraient jamais contenir l’expansion de l’Union Soviétique sans l’aide de la Chine. Or, 50 ans plus tard, la Chine est devenue la première puissance mondiale, à parité avec les États-Unis ; en conséquence, l’expansion chinoise ne pourra être contenue que par une alliance entre États-Unis, l’Union Européenne et la Russie, toujours en regardant cette même carte du monde ; comme le dit Kissinger, le contentieux civilisationnel, historique et géographique entre la Russie et la Chine constitue un levier suffisant pour y arriver.
Gilbert Doctorow : Trump défie la Russie et le retour du militarisme allemand
Le Dr Gilbert Doctorow évoque les menaces de Trump contre la Russie ainsi que l’ultimatum de 50 jours qu’il a imposé à ce pays. Le nouveau livre de Gilbert Doctorow, « War Diaries. Volume 1 : The Russia-Ukraine War, 2022-2023 », est désormais disponible sur Amazon : https://www.amazon.com/War-Diaries-Ru...
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jeudi 17 juillet 2025
C’est déjà une guerre mondiale, et ça va empirer
Voici une analyse d’un article écrit par Dmitri Trenin, un penseur russe que j’ai reçu sur cette chaîne il y a trois ans. À l’époque, Trenin estimait que la guerre en Ukraine marquait le début d’une nouvelle guerre froide. Il a depuis révisé sa position et affirme aujourd’hui que nous sommes déjà engagés dans la Troisième Guerre mondiale, même si tous les théâtres de ce conflit ne se sont pas encore transformés en guerre ouverte. Mais selon lui, la direction est assez claire.
Article de Trenin : https://profile.ru/politics/epoha-voj...
Mon entretien avec Dmitri Trenin et Anatol Lieven il y a trois ans : • It's an Existential Threat! | Dmitri Treni...
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Original Video: • It's Already A World War. And It Will Get ...
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Originally Published on: 2025-07-15
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Comprendre la fureur de Moscou : le dossier russe contre l'Occident
Source : https://english.pravda.ru/opinion/163239-moscow_fury/
Des promesses non tenues aux missiles sur le pas de la porte, les griefs de la Russie s'étendent sur des décennies. Ils ont façonné le chemin du Kremlin vers la guerre.
Mais je sais aussi que les guerres naissent souvent de blessures. Et si nous voulons arrêter la prochaine guerre, nous devons regarder, non seulement le feu, mais aussi l'herbe sèche et les allumettes oubliées qui ont précédé.
C'est l'histoire d'un grief. De trahison. De mémoire. Et de peur. Avec les yeux de la Russie, pas les nôtres.
En 1990, alors que la guerre froide touchait à sa fin, le secrétaire d'État américain James Baker aurait déclaré au dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev que l'OTAN ne s'étendrait « pas d'un pouce vers l'est ». Cette déclaration a été faite dans le contexte de la réunification de l'Allemagne. Aucun traité n'a été signé. Aucun engagement formel n'a été pris.
Et Moscou avait confiance dans le fait que l'OTAN - l'alliance militaire construite pour contenir l'Union soviétique - ne continuerait pas à se rapprocher après que l'Union soviétique ait cessé d'exister. Pourtant, elle s'est rapprochée. En 1999, la Pologne, la Hongrie et la République tchèque ont adhéré à l'OTAN : La Pologne, la Hongrie et la République tchèque. En 2004 : les États baltes - Lettonie, Lituanie, Estonie - qui faisaient autrefois partie de l'URSS. Au fil du temps, l'OTAN a englouti 14 nouveaux membres, se rapprochant de plus en plus du cœur de la Russie.
Pour les Américains, cette expansion était qualifiée de défensive. Volontaire. Protectrice. Mais pour le Kremlin, cela ressemblait à une trahison déguisée en diplomatie.
Et la trahison, une fois ressentie, ne s'oublie pas.
En 1999, l'OTAN a bombardé la Serbie, proche alliée de la Russie, sans l'aval des Nations unies, sous prétexte de mettre fin au génocide au Kosovo. C'était peut-être le cas. Mais pour la Russie, il s'agissait d'une nouvelle règle réécrite par l'Occident. Une autre guerre menée sans consensus mondial. Un autre exemple de « la force fait le droit ».
Lorsque le Kosovo a déclaré son indépendance en 2008 et que l'Occident l'a reconnue, la Russie s'en est souvenue. Elle a archivé ce moment. Des années plus tard, lorsqu'elle a annexé la Crimée, elle a invoqué le Kosovo comme précédent. « C'est vous qui avez fixé les règles », semble-t-elle dire. « Ne pleurez pas quand nous les suivons ».
Au début des années 2000, des soulèvements démocratiques ont balayé la Géorgie, l'Ukraine et le Kirghizstan. L'Occident les a célébrés comme des victoires de la liberté. Mais pour la Russie, ils ressemblaient à des marionnettes de la CIA qui renversaient les gouvernements le long de leurs frontières.
Pour eux, les révolutions orange et rose n'étaient pas des aspirations populaires, mais un empiétement occidental enveloppé d'idéalisme. À leurs yeux, l'Amérique ne répandait pas la démocratie. Elle propageait le changement de régime et s'en rapprochait.
En 2008, l'OTAN a fait la promesse ouverte que l'Ukraine et la Géorgie deviendraient un jour membres de l'organisation. Ce fut un tournant. Poutine a alors mis en garde George W. Bush : L'Ukraine n'est pas seulement un voisin, elle fait partie de nous. Culturellement, historiquement, émotionnellement. Pour la Russie, c'était comme regarder un étranger essayer d'adopter son enfant.
En 2014, une révolution en Ukraine a chassé le président pro-russe Viktor Ianoukovitch. Les dirigeants occidentaux ont applaudi. Mais pour Moscou, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Ils y ont vu un coup d'État, orchestré et soutenu par les États-Unis et l'Europe. Ils craignaient de perdre la Crimée, où se trouvait leur flotte de la mer Noire. En l'espace de quelques semaines, les troupes russes sont intervenues et ont annexé la Crimée.
Des sanctions ont suivi. Les condamnations ont afflué. Mais Poutine n'a pas bronché. De son point de vue, il ne déclenchait pas une nouvelle guerre, il répondait à une guerre qui s'annonçait depuis des décennies.
En 1962, les États-Unis ont failli entrer en guerre nucléaire à cause de missiles soviétiques installés à Cuba, à 90 miles de la Floride. Nous avons parlé de menace existentielle. Nous avons exigé que les missiles soient retirés. Ils l'ont été.
Imaginez maintenant que la Russie regarde l'OTAN placer des systèmes de missiles en Pologne et en Roumanie. Imaginez qu'elle entende les dirigeants ukrainiens plaider en faveur de l'adhésion à l'OTAN. Imaginez ce que cela donne à travers le prisme de Cuba - sauf que les missiles se trouveraient à la frontière de la Russie, et non plus à 90 miles de ses côtes.
Est-ce de la paranoïa ? Peut-être. Mais l'histoire américaine montre que nous serions du même avis.
Fin 2021, la Russie a lancé des ultimatums : L'OTAN ne doit pas admettre l'Ukraine. L'Occident refuse. En février 2022, les chars ont roulé.
C'est regrettable... Mais c'était, à leurs yeux, inévitable.
Voir le monde à travers les yeux d'une autre personne ne signifie pas que vous êtes d'accord avec elle. Cela signifie que vous les comprenez. Et la compréhension, même dans les heures les plus sombres, est ce qui donne naissance à la paix.
Nous vivons à une époque de slogans. « Guerre non provoquée ». « Empire du mal ». « Combattant de la liberté ». Mais la vie n'est pas faite de slogans. Elle se déroule dans les zones d'ombre, dans les trahisons discrètes, les promesses non tenues et les erreurs de calcul désespérées.
Les actions de la Russie en Ukraine ne sont pas uniquement liées à l'ego de Poutine ou à la nostalgie impériale. Elles sont le fruit de graines plantées en 1990, 1999, 2008 et 2014. Des graines que l'Occident a contribué à disperser, certaines avec négligence, d'autres avec arrogance, et d'autres encore avec de bonnes intentions qui ont porté des fruits amers.
Non pas pour les blâmer, mais parce que la compréhension est le seul terreau sur lequel la paix pourra jamais se développer.
Nom de l'auteur Nancy O'Brien Simpson
Pour en savoir plus : https://english.pravda.ru/opinion/163239-moscow_fury/
Understanding Moscow’s Fury: The Russian Case Against the West
From promises broken to missiles on doorsteps, Russia's grievances span decades. They shaped the Kremlin's path to war.
Nancy O'Brien Simpson
Let me say this clearly: I do not support war. I lived through Vietnam as a teenager, and peace is embedded in my soul.
But I also know this: wars are often born of wounds. And if we want to stop the next war, we need to look—not just at the fire—but at the dry grass and the forgotten matches that came before.
This is a story of grievance. Of betrayal. Of memory. And fear. From Russia’s eyes, not ours.
A Promise Whispers Across Time
In 1990, as the Cold War was winding down, U.S. Secretary of State James Baker reportedly told Soviet leader Mikhail Gorbachev that NATO would expand “not one inch eastward.” It was said in the context of German reunification. No treaty was signed. No formal pledge was inked.
But sometimes history isn’t shaped by contracts—it’s shaped by trust.
And Moscow trusted that NATO—the military alliance built to contain the Soviet Union—would not keep creeping closer after the Soviet Union ceased to exist. Yet creep it did. In 1999: Poland, Hungary, and the Czech Republic. In 2004: the Baltic states—Latvia, Lithuania, Estonia—once part of the USSR itself. Over time, NATO swallowed 14 new members, moving closer and closer to Russia’s heart.
To Americans, this expansion was called defensive. Voluntary. Protective. But to the Kremlin, it looked like betrayal dressed in diplomacy.
And betrayal, once felt, doesn’t forget.
Kosovo: The First Deep Cut
In 1999, NATO bombed Serbia—Russia’s close ally—without UN approval, claiming it was to stop genocide in Kosovo. Maybe it was. But to Russia, it felt like another rule rewritten by the West. Another war waged without global consensus. Another example of “might makes right.”
When Kosovo declared independence in 2008 and the West recognized it, Russia remembered. They filed that moment away. Years later, when they annexed Crimea, they would invoke Kosovo as precedent. “You set the rules,” they seemed to say. “Now don’t cry when we follow them.”
The Color Revolutions: Democracy or Destabilization?
In the early 2000s, democratic uprisings swept through Georgia, Ukraine, and Kyrgyzstan. The West celebrated them as victories of freedom. But to Russia, they looked like CIA hand puppets flipping over governments along their borders.
They saw orange and rose-colored revolutions not as grassroots yearnings, but as Western encroachment wrapped in idealism. In their eyes, America wasn’t spreading democracy. It was spreading regime change—and getting closer.
In 2008, NATO made an open-ended promise that Ukraine and Georgia would one day become members. That was a turning point. Putin warned George W. Bush then: Ukraine is not just a neighbor—it is part of us. Culturally, historically, emotionally. To Russia, it was like watching a stranger try to adopt their child.
When the Mirror Cracks
In 2014, a revolution in Ukraine ousted pro-Russian President Viktor Yanukovych. Western leaders cheered. But to Moscow, it was the final straw. They saw it as a coup, orchestrated and supported by the U.S. and Europe. They feared losing Crimea, home to their Black Sea Fleet. Within weeks, Russian troops moved in and annexed it.
Sanctions followed. Condemnations poured in. But Putin didn’t flinch. From his point of view, he wasn’t starting a new war—he was responding to one that had been coming for decades.
The Missile Memory: Cuba Reversed
In 1962, the U.S. nearly went to nuclear war over Soviet missiles in Cuba—90 miles from Florida. We called it an existential threat. We demanded the missiles be removed. They were.
Now imagine Russia watching NATO place missile systems in Poland and Romania. Imagine them hearing Ukraine’s leaders plead for NATO membership. Imagine how that looked through the lens of Cuba—except now the missiles would be on Russia’s border, not 90 miles off its coast.
Is it paranoia? Maybe. But American history says we’d feel the same.
The Final Shove
By late 2021, Russia issued ultimatums: NATO must not admit Ukraine. The West refused. In February 2022, the tanks rolled.
It was regrettable… But it was, in their eyes, inevitable.
Why It Matters to Understand
To see the world through someone else's eyes does not mean you agree with them. It means you understand them. And understanding, even in the darkest hour, is what gives birth to peace.
We live in a time of slogans. "Unprovoked war." "Evil empire." "Freedom fighter." But life doesn’t happen in slogans. It happens in the shadowlands—in the quiet betrayals and broken promises and desperate miscalculations.
Russia’s actions in Ukraine are not just about Putin’s ego or imperial nostalgia. They are the fruit of seeds planted in 1990, 1999, 2008, and 2014. Seeds the West helped scatter—some carelessly, some arrogantly, and some with good intentions that bore bitter fruit.
We must reckon with all of it.
Not to assign blame, but because understanding is the only soil where peace can ever grow.
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Understanding Moscow’s Fury: The Russian Case Against the West
From promises broken to missiles on doorsteps, Russia's grievances span decades. They shaped the Kremlin's path to war.
Nancy O'Brien Simpson
Let me say this clearly: I do not support war. I lived through Vietnam as a teenager, and peace is embedded in my soul.
But I also know this: wars are often born of wounds. And if we want to stop the next war, we need to look—not just at the fire—but at the dry grass and the forgotten matches that came before.
This is a story of grievance. Of betrayal. Of memory. And fear. From Russia’s eyes, not ours.
A Promise Whispers Across Time
In 1990, as the Cold War was winding down, U.S. Secretary of State James Baker reportedly told Soviet leader Mikhail Gorbachev that NATO would expand “not one inch eastward.” It was said in the context of German reunification. No treaty was signed. No formal pledge was inked.
But sometimes history isn’t shaped by contracts—it’s shaped by trust.
And Moscow trusted that NATO—the military alliance built to contain the Soviet Union—would not keep creeping closer after the Soviet Union ceased to exist. Yet creep it did. In 1999: Poland, Hungary, and the Czech Republic. In 2004: the Baltic states—Latvia, Lithuania, Estonia—once part of the USSR itself. Over time, NATO swallowed 14 new members, moving closer and closer to Russia’s heart.
To Americans, this expansion was called defensive. Voluntary. Protective. But to the Kremlin, it looked like betrayal dressed in diplomacy.
And betrayal, once felt, doesn’t forget.
Kosovo: The First Deep Cut
In 1999, NATO bombed Serbia—Russia’s close ally—without UN approval, claiming it was to stop genocide in Kosovo. Maybe it was. But to Russia, it felt like another rule rewritten by the West. Another war waged without global consensus. Another example of “might makes right.”
When Kosovo declared independence in 2008 and the West recognized it, Russia remembered. They filed that moment away. Years later, when they annexed Crimea, they would invoke Kosovo as precedent. “You set the rules,” they seemed to say. “Now don’t cry when we follow them.”
The Color Revolutions: Democracy or Destabilization?
In the early 2000s, democratic uprisings swept through Georgia, Ukraine, and Kyrgyzstan. The West celebrated them as victories of freedom. But to Russia, they looked like CIA hand puppets flipping over governments along their borders.
They saw orange and rose-colored revolutions not as grassroots yearnings, but as Western encroachment wrapped in idealism. In their eyes, America wasn’t spreading democracy. It was spreading regime change—and getting closer.
In 2008, NATO made an open-ended promise that Ukraine and Georgia would one day become members. That was a turning point. Putin warned George W. Bush then: Ukraine is not just a neighbor—it is part of us. Culturally, historically, emotionally. To Russia, it was like watching a stranger try to adopt their child.
When the Mirror Cracks
In 2014, a revolution in Ukraine ousted pro-Russian President Viktor Yanukovych. Western leaders cheered. But to Moscow, it was the final straw. They saw it as a coup, orchestrated and supported by the U.S. and Europe. They feared losing Crimea, home to their Black Sea Fleet. Within weeks, Russian troops moved in and annexed it.
Sanctions followed. Condemnations poured in. But Putin didn’t flinch. From his point of view, he wasn’t starting a new war—he was responding to one that had been coming for decades.
The Missile Memory: Cuba Reversed
In 1962, the U.S. nearly went to nuclear war over Soviet missiles in Cuba—90 miles from Florida. We called it an existential threat. We demanded the missiles be removed. They were.
Now imagine Russia watching NATO place missile systems in Poland and Romania. Imagine them hearing Ukraine’s leaders plead for NATO membership. Imagine how that looked through the lens of Cuba—except now the missiles would be on Russia’s border, not 90 miles off its coast.
Is it paranoia? Maybe. But American history says we’d feel the same.
The Final Shove
By late 2021, Russia issued ultimatums: NATO must not admit Ukraine. The West refused. In February 2022, the tanks rolled.
It was regrettable… But it was, in their eyes, inevitable.
Why It Matters to Understand
To see the world through someone else's eyes does not mean you agree with them. It means you understand them. And understanding, even in the darkest hour, is what gives birth to peace.
We live in a time of slogans. "Unprovoked war." "Evil empire." "Freedom fighter." But life doesn’t happen in slogans. It happens in the shadowlands—in the quiet betrayals and broken promises and desperate miscalculations.
Russia’s actions in Ukraine are not just about Putin’s ego or imperial nostalgia. They are the fruit of seeds planted in 1990, 1999, 2008, and 2014. Seeds the West helped scatter—some carelessly, some arrogantly, and some with good intentions that bore bitter fruit.
We must reckon with all of it.
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Mondoscopie 80 - L’État Profond reprend la main et l’Ukraine en paiera le prix
vidéo ici
Chers amis de Paix et Guerre,
Au programme de cette Mondoscopie, 80e édition :
1) Sombres perspectives en Ukraine
2) « Être craint pour être Puissant »: la France boxe au-dessus de sa catégorie
3) Syrie : les Druzes, fusible de l’accord avec Israël
CHAPITRES :
Introduction
Sombres perspectives en Ukraine
« Être craint pour être Puissant »: la France boxe au-dessus de sa catégorie
Syrie : les Druzes, fusible de l’accord avec Israël
Conclusion
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Bonne écoute,
CG
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Source video PAIX ET GUERRE par CAROLINE GALACTÉROS
https://www.youtube.com/watch?v=DSPM73iVQ1c
mercredi 16 juillet 2025
mardi 15 juillet 2025
lundi 14 juillet 2025
Elite Capture & European Self-Destruction: The Hidden Architecture of Transatlantic Hegemony - article original + traduction automatique en Français
From Nord Stream’s sabotage to NATO’s 5 % arms push: Inside the Networks Fueling Transatlantic Madness
Prelude: The Lansing Memo Comes to Berlin
Woodrow Wilson’s Secretary of State, Robert Lansing, dictated the 1924 “ambitious young Mexicans” memo. You know the line: open our universities to their élite, drench them in American values, and they’ll govern Mexico for us: better, cheaper, and without a single Marine. The method rings depressingly true today.
One hundred years after Lansing spelled out the blueprint, Germany has become its most perfected specimen. When Olaf Scholz’s cabinet greenlit the destruction of Nord Stream 2, an act of economic self-sabotage with no plausible strategic benefit for Germany, and Merz, now Chancellor, pledged never to use it again, they were betraying Germany. At the same time, they were fulfilling a biographical destiny forged out of their limited horizons, manufactured in Ivy League seminars, Pentagon workshops, and the velvet-lined chambers of the Atlantik-Brücke.
This is the story of an elite cohort trained to regard Atlanticism as synonymous with "Western civilization" itself. The costs: collapsing industrial output, energy poverty, and the specter of conscription, are borne by everyone else.
Introduction: The Madness and Its Method
Germany, an export titan that once closely guarded its economic sovereignty, now sacrifices its energy infrastructure, bankrolls long-range missiles (including the co-production of long-range weapons with Ukraine), and reverts to war-preparedness (so-called Kriegstüchtigkeit) as a virtue, while rehearsing mobilization plans for a NATO-Russia clash that would, first and foremost, churn German soil as the Operationsplan Deutschland lays out. This is a strategic realignment on a deeper level as a result of ideological automation. How else can we explain the enduring gap between public sentiment and elite decision-making?
A 2024 poll shows that 60 percent of Germans oppose further weapons deliveries to Ukraine. Yet Lars Klingbeil, SPD co-leader, vice-Chancellor, and Finance Minister, proclaims that for Germany to be “war-ready,” the Bundeswehr would need to be more attractive for potential conscripts, e.g., through the possibility of getting a driver's license for free from the federal government. Additionally, the coalition presses on with so-called strategic ambiguity.
These are the symptoms of a peculiar madness unfolding in Berlin. A nation that rebuilt itself from the ashes of war and division now willingly marches toward conflict with a nuclear-armed neighbor. The madness, however, follows a method.
Consider NATO Secretary-General Mark Rutte’s recent proclamation at the 2025 summit:
"NATO is the most powerful defense alliance in world history—more powerful than the Roman Empire, more powerful than Napoleon’s empire… We must prevent Russian dominance because we value our way of life."
The historical illiteracy or obfuscation (depending on how we interpret Rutte’s statements) is staggering. Napoleon, like NATO today, justified continental domination as liberation. His invasion of Russia, a catastrophic failure, was framed as a preemptive strike against "aggressive" Tsarist expansion. The parallels write themselves.
Historian Jeff Rich, dissecting NATO’s Operation Spiderweb sabotage campaigns inside Russia, observed:
"NATO is the power base for elites who act in lockstep with U.S. geopolitical projection. When Rutte compares NATO to Napoleon, he forgets that Russia ultimately liberated Europe from that empire. Perhaps Russia will liberate Europe from the United States after this war."
What I’m trying to say is that this is not a conspiracy. It is institutionalized hegemony, operating through what Gramsci called the "cultural leadership" of a ruling class. But where Gramsci analyzed national elites vis-a-vis their fellow citizens, we now confront a transnational caste: German politicians like Jakob Schrot (more on him shortly), Dutch technocrats like Rutte (who recently called the current US president Trump “daddy” at the NATO summit that cements 5% defense spending), and French Eurocrats whose biographies, education, and career incentives align not with their citizens, but with the imperatives of keeping the project of US American unipolarity alive. The actions of these elites on the geopolitical chessboard are not just irrational; the governing elites are simply loyal to a different reference group
I. The riddle: Why are European elites torching their own house?
As we begin to see, the answer does not lie in pure and straightforward corruption or ideological fervor. It is far more banal and far more effective. The answer also lies in biographies, networks, and institutions. It also lies in hegemony on the level of the functional elite: when ruling ideas become common sense. And in this case, hegemony is not enforced solely through violence but through education, elite recruitment, and ritualized repetition.
Elite Knowledge Networks
Inderjeet Parmar (2019) terms this the soft machinery of elite knowledge networks: “flows of people, money, and ideas” that institutionalize consensus from Washington to Berlin. The Fulbright Program, the German Marshall Fund, Atlantik-Brücke, the Munich Security Conference, and the Bilderberg Meetings are formative ecosystems. They sort, school, and elevate those who can carry the worldview forward.
Critically, these networks are not passive forums. They are “American elites’ essential power technology”: a mode of knowledge production and personnel selection that is spectacularly successful at reproducing a pro-U.S. worldview globally. Elite socialization in itself is not a benign process. It hardwires assumptions, defines what is politically imaginable, and naturalizes asymmetry.
The World Order
The liberal international order, which underlies these elites’ worldviews, far from being universalist, is built on a double logic. As Donald Tusk, former president of the European Council, candidly admitted in 2017 during the first Trump administration, the very purpose of Euro-Atlanticism is to prevent a post-West world order:
Tomorrow I am meeting President Trump and I will try to convince him that euroatlantism is primarily cooperation of the free for the sake of freedom; that if we want to prevent the scenario that has already been named by our opponents not so long ago in Munich as the “post-West world order”, we should watch over our legacy of freedom together.
Within this system, inclusion is selective. Japan and South Korea, despite their loyalty, were never treated like Western Europe. And rising powers are either domesticated, coaxed to conform, or contained as threats. This logic is foundational: if incorporation fails, containment must follow.
Yet containment begins with minds, not missiles. The ideological assimilation of foreign elites is the first line of imperial defense. Thus, the maintenance of hegemony relies less on coercion than on soft incorporation. Elite knowledge networks, embedded in university programs, philanthropic foundations, and think tanks, act as vectors for this soft power. They socialize, recruit, and certify rising leaders.
Elite Integration Machines
As Parmar notes, these networks define what counts as “thinkable thought” and “askable questions.” The Ford and Rockefeller foundations, RAND Corporation, Brookings, the Carnegie Endowment, and the Center for American Progress are elite integration machines where, through these processes of integration and socialization, a certain type of knowledge becomes power. Thus, a Fulbright or Atlantik-Brücke lapel pin becomes an all-access badge to Brussels and DC and the surest way to “belong.”
Yet this ecosystem is not the whole planet. A 2016 study by Eelke Heemskerk and Frank Takes, mapping 400,000 board interlocks, shows that the densest transnational elite cluster still resides on the North-Atlantic axis. The Asian corporate elite, by contrast, forms a separate, far less entangled community, structurally poised to build its own power base and perhaps an alternative, Sino-centric capitalism. The more Asia’s networks remain self-insulated, the greater the risk (in Euro-Atlantic elites’ eyes) of a genuine “post-West world order.”
In other words, Western think-tank pipelines are about pre-empting that divergence and protecting their elite sphere.
European elites are not merely influenced by the United States. Through this system, they are formatted, professionally shaped, and ideologically tethered to it. Of course, not wholly or completely, as if they had no autonomy at all or as if national history had no bearing on these elites, yet, each of these European nations' characteristics will give a unique flavor to the transatlantic worldview that informs their policies.
The result: U.S. foreign policy goals are not simply imposed on Berlin; they are voiced from within.
II. The Hegemonic Architecture: How Elite Capture Works
The liberal order sells itself as universal, yet those who join must accept the (publicly) unspoken rulebook. Those who do not join will be contained and encircled by a permanent U.S. military presence. In other words, the imperial core preserves its status by socializing other elites into its worldview rather than merely coercing them. Now, we’ll take a look at those elite integration machines (in particular, by analyzing the transatlantic ties of Germany and German functional elites):
1 From Chatham House to DGAP: A Brief Institutional Genealogy
Think‑tank power began in London with the Royal United Services Institute (1831), established by the Duke of Wellington as an independent professional body to study military and strategic issues. It broadened after 1919 when Chatham House and the Carnegie Endowment formalized elite debate (Roberts 2015). Across the Atlantic, the Council on Foreign Relations (1921) fused Wall Street wealth with Ivy League scholarship, with Ford and Rockefeller providing permanence. Corporate funding, after all. Indeed, the founders were often influential elites who sought coordination for their policies in the fields of defense and strategic thinking, first within the British Empire and then with the emerging American hegemon.
After 1945, the architecture was exported to a ruined Europe. The privately funded Deutsche Gesellschaft für Auswärtige Politik (DGAP, 1955) copied the CFR template in Bonn. The Stiftung Wissenschaft und Politik (SWP, 1962) offered a more governmental cousin, supplying white papers directly to the Chancellery. However, importantly, after the Second World War, Anglo-American think tanks and their personnel became the center of policy formulation and long-term planning. Think tanks specializing in international affairs were generally considered essential supplements to the design of foreign policy. They also served as forums where politicians and bureaucrats could interact with representatives from the academic, media, and business worlds, as well as potential supporters or recruits for government operations.
In the 1960s, the German Marshall Fund, the Atlantic Institute, and Atlantik‑Brücke layered social glue on top of policy work through gala dinners, Young Leader jamborees, and media study tours but also influenced Western Germany’s political elites. Zetsche (2021) documents how the Brücke and its American sibling, the ACG (American Council on Germany), ensured Willy Brandt’s SPD drifted from neutralism to not abandoning NATO by cultivating party fixers in back‑channel seminars.
In the 1970s and 1980s, US think tanks already sensed an “American decline” in an increasingly globalized world. During this time, new institutional rivals for influence emerged, including think tanks committed to usually conservative perspectives, with the American Enterprise Institute and the Heritage Foundation at the forefront. (Now remember, the Heritage Foundation has funded Project 2025. A primer for today’s US policy.)
By the 1990s, every German party foundation ran a “Transatlantic Desk.” SWP staff circulated through the Munich Security Conference; DGAP fellows sat on the German Marshall Fund selection jury; editors at Der Spiegel and Die Zeit (an important newspaper in Germany) collected Atlantik‑Brücke alumni pins. The network matured into a seamless funnel: from university to party headquarters to boardroom to NATO off‑site. Ultimately, once U.S. validation becomes the yardstick of professional esteem, deviation is almost an act of self‑harm.
2 Why Think‑Tank History Matters Now
The architecture normalizes apparently suicidal choices. Shutting down cheap Russian pipeline gas is painful for BASF, but it sustains the reputational capital of everyone who holds an Atlantic fellowship. That internal incentive often outweighs national balance‑sheet logic.
What’s more: the think tank represents the forces that drive the global political economy, at least in its Western iteration. Still, geopolitical analysis today tends to be biased toward nation-states and their political actors. It is often through such networks of privately funded and influenced governance that the gap between the nation-state and global markets is filled (Heemskerk & Takes 2016).
3 Think Tanks as the Revolving-Door Engine
The map of institutions we have traced so far would be inert without a circulating cadre of professionals who glide between foundation cubicles, cable-news studios, and government offices.
Nourished by corporate endowments and philanthropic grants, U.S.–European think tanks act as both idea refineries and talent pipelines: they pre-agree the paradigm, then second their own staff to ministries that put it into practice.
Political economists Nano de Graaff and Bastiaan van Apeldoorn (2021) refer to this as the “policy-planning network”:
a lattice that combines Fortune 500 funding, congressional alumni, and
Ivy League credentialing into a single career escalator:
Consensus workshop – Think-tank roundtables enable elites to harmonize positions in private before they become “non-partisan expertise” in public.
Recruitment pool – The same institutes help presidents and cabinet secretaries fill executive-branch positions (McGann 2007).
Revolving leverage – As Joseph Nye puts it, the most powerful influence is when you “get your own hands on the lever” after co-writing the brief (Conversations with History, 1998).
Together, these hubs function as a transatlantic HR department for the current order, grooming successors who will carry the banner forward.
4 Elite Capture on the Biographical Level
The machinery of elite capture operates on both the social group level and the individual biography level. And it is both simple and effective: a single prestige pipeline throughout one’s life and career from a Fulbright scholarship to a German Marshall Fund fellowship to an Atlantik-Brücke affiliation, and/or think-tank memberships. Such a career ladder has monopolized the symbolic capital required to ascend in Berlin’s foreign policy elite. The first cohort entered the system in the 1960s, but it achieved full self-replication after reunification. Today, many members of Merz’s cabinet boast U.S. State Department-funded fellowships, embassy internships, Atlantik-Brücke affiliations, or similar transatlantic ties; some hold board seats at Washington-aligned institutions, such as the Atlantic Council.
5 The Bourdieu Trap
French sociologist Pierre Bourdieu’s framework reveals how the engineered life paths of these elites perpetuate themselves:
When one pathway dominates (the U.S. fellowship ladder), the field’s imagination of what is possible (in terms of actions and policies) atrophies. Embodied cultural capital (fluent Hill English, a Georgetown lanyard) converts into social capital (alumni networks), which crystallizes as symbolic capital (media legitimacy).
Dissent isn’t debated. It is rendered invisible and only actively excluded if it becomes too visible and loud. Such a hegemonic system, operating on a smaller scale among political elites, functions like a theological seminary, where deviation marks heresy and compliance brings canonization.
6 The Adolescent Capture
What is the most insidious feature of this elite socialization machine? It’s the question of time. The ideal pathway starts in adolescence, during the formative years when political worldviews congeal. Programs like:
target teens as young as 16, immersing them in Model NATO war games and U.S. Embassy "leadership training."
By the time these students enter university, their horizons are already narrowed. A 19-year-old returning from a State Department-funded summer at American University brings back English fluency (hopefully). Above all, they internalize a hierarchy of legitimacy: Washington’s priorities are neutral, universal, and common sense. Alternative modes of thinking about foreign policy, such as non-alignment, détente, and Eurasian trade, are filtered out as extremist or naïve.
This is ideological imprinting and the psychological construction of hegemony at the individual level. The result is a generation of political elites whose biographies read like U.S. State Department training manuals. The tragedy is that by the time these groomed elites reach positions of power in politics, media, or corporations, their compliance feels natural. They do not serve American interests because they are coerced; they do so because they cannot conceive of another way.
The abstract models I just presented here become clearer when we zoom out on a single national hub. Germany’s Atlantik-Brücke offers a textbook case.
III. The German Case: Atlantik-Brücke as Transmission Belt
Anne Zetsche’s archival deep dive on the Atlantik-Brücke and its U.S. sibling, the American Council on Germany (ACG), shows how an ostensibly “private” friendship society became a precision tool for post-war elite alignment. Like think tanks, it is a key institution in the elite integration and socialization machinery.
1 Founders & Fabric
Eric Warburg, heir to the Hamburg banking dynasty, leveraged his Wall Street connections with John J. McCloy to reconnect German finance with U.S. capital markets; Brinckmann, Wirtz & Co. soon brokered Volkswagen’s first U.S. credit line.
Marion Dönhoff leveraged Foreign Affairs soirées and George F. Kennan’s mentorship to rebrand German neutrality as “irresponsible.”
Cosmopolitan elite habitus bound these bankers, editors, and counts. Their mission was to fold West Germany into a U.S.-led “community of nations” before either Moscow or Gaullist Paris could claim it.
2 The SPD’s Capture
A neutral or Franco-centric West Germany was flagged as a deviation from the desired Atlantic trajectory: For example, Emmet Hughes and ACG envoys corresponded with Hamburg mayor Max Brauer to soften SPD anti-militarism (1950-54).
By 1963, the ACG/Atlantik-Brücke tandem helped dilute the Élysée Treaty with a pro-NATO preamble.
Willy Brandt’s Ostpolitik also needed to be shifted away from a sustained and sovereign peace project into a NATO-approved "détente."
Ford Foundation funds (via the CIA-funded Congress for Cultural Freedom and AFL-CIO unions) underwrote youth seminars that purged the party of its Marxist undercurrents; an early example that philanthropy can have a profound impact, akin to intelligence work.
3 The Media
Annual Brücke dinners with NATO’s Supreme Allied Commander double as editorial retreats:
Josef Joffe (Die Zeit), Kai Diekmann (Bild), and Stefan Kornelius (Süddeutsche Zeitung) are long-time members; ZDF anchor Claus Kleber once sat on the Brücke trust.
The result is not a diktat but anticipatory alignment: mainstream outlets rarely frame German rearmament as optional. They frame it rather as the only way and ensure that mainstream discourse never strays from Atlanticist orthodoxy.
4 Boardroom Synergy
The Brücke board today represents a balance sheet of Atlantic capitalism, featuring prominent companies such as the American Chamber of Commerce, Deutsche Bank, Goldman Sachs, Pfizer, and BASF. Media, law, and pharma sit beside CDU and SPD heavyweights; proof that “bipartisanship” here means fidelity to a shared transatlantic business model and world order.
5 Consensus Engineering in Action
2009 – Friedrich Merz (CDU) became the Brücke chair, then Germany’s head of BlackRock.
2019 – Sigmar Gabriel (SPD) takes over; critics fear a “provocateur,” but the appointment mainly neutralizes any residual SPD scepticism regarding the NATO 2 % target (which nowadays has become the 5 % target).
What appears to be a polite salon culture functions as a transatlantic transmission belt, diffusing U.S. preferences into German party platforms, boardrooms, and newsrooms without a single Pentagon directive.
Having traced how Atlantik-Brücke helped weld Germany’s post-war institutions into the wider transatlantic circuitry, we will now examine Bilderberg meetings as another conduit for transatlantic elite socialization.
IV. Bilderberg and the Business of Hegemony
The Bilderberg Group, often dismissed as a conspiracy theorists’ obsession, is in fact a critical node in what sociologist Kantor (2017) calls the Transnational Capitalist Class (TCC). An analysis of its 2010–2015 meetings reveals:
1 Who Sits at the Table?
67% of attendees were CEOs, bankers, or corporate directors (Deutsche Bank, Goldman Sachs, BP).
Zero trade unionists were invited. The "dialogue" excludes labor by design.
Corporate fraction dominates the TCC; politics is increasingly a service function of capital.
On the other hand, an analysis by Gijswijt (2019) shows us the post-Cold War composition of Bilderberg meetings when it was first establishing itself between 1954 and 1968:
Roughly 25 % of attendees hailed from the United States, 14 % from the United Kingdom, and 9 % each from France and West Germany.
30 % were “businessmen, bankers, and lawyers,” 20 % “politicians and some trade-union leaders,” another 16 % diplomats, with the balance made up of academics, journalists, and senior officials from NATO, the World Bank, the OECD, and the IMF.
Women were “glaringly absent.”
Double-dipping by core firms & states
Deutsche Bank sent both the CEO & chair (2016); the Netherlands fielded the PM & King (2016).
Extra chairs secure agenda-setting and serve as evidence that economy > polity within elite coordination.
Those numbers demonstrate how closely Bilderberg’s center of gravity aligned with the Cold War core of the liberal order, encompassing Atlantic finance, defense, and diplomacy, while maintaining sufficient national representation to claim a pan-Western mandate.
2 Recruitment Through Recognition
The organizers “were always on the lookout for new talent” who could be socialized into the club. (Gijswijt 2019) Participation became a credential: Bill Clinton, Tony Blair, and Angela Merkel each appeared before reaching high office. Far from being a smoky-room king-maker, the value lay in the prestige pipeline itself: a CV line that signaled ideological reliability and opened doors across Wall Street, Whitehall, and the Bundeskanzleramt.
3 Informal Diplomacy, Not Formal Decisions
No resolutions were passed and no minutes released, yet “[t]he real importance of the meetings was determined by what participants did with the symbolic capital they assembled.” (Gijswijt 2019) The conference functioned as a high-trust rehearsal room: ideas could be tried out, reputations vetted, and rival premises harmonized. That latent consensus then resurfaced in NATO communiqués, or EC white papers.
4 Identity Work and Alliance Management
By design, Bilderberg cultivated “a strong sense of emotional community based on conceptions of the Free World or the West.” (Gijswijt 2019) Simply showing up, especially for marquee U.S. figures, “stimulate[d] acceptance of the United States’ leadership role within NATO.” The meeting was therapy for transatlantic nerves: a place to absorb unilateral shocks, reset talking points, and leave with a reaffirmed hierarchy in which Washington remained primus inter pares.
5 Network Multipliers
Membership overlapped with the CFR, Chatham House, IFRI, DGAP, and later the Trilateral Commission, creating “a dense web of transnational relationships: an informal alliance” (Gijswijt 2019). Spin-offs proliferated. Denis Healey secured Ford Foundation money for London’s International Institute for Strategic Studies after a 1957 Bilderberg side-conversation. Other satellites, such as the Munich Security Conference, the Königswinter Conference, and the biannual German-American Conferences of the ACG/Atlantik-Brücke, copied the format to stabilize policy communities at the national level.
6 The Revolving Door
Another characteristic of the Bilderberg participants is their overlapping “memberships” in the different fields of politics, business, media, and academia:
Peter Sutherland (Bilderberg regular) cycled between Goldman Sachs, the WTO, and the EU Commission.
Robert Rubin moved from the U.S. Treasury to Citigroup to the CFR: a perfect illustration of interlocking elite fractions.
Think-tank ‘stammgäste’
Regulars from CFR, Carnegie, IFRI, AEI, Economist.
Shows inter-permeability of TCC fractions—corporate, political, technical, consumerist—blurring punditry with boardroom power.
7 The Ideological Filter
As researcher Lukáš Kantor notes:
"Bilderberg’s FAQ claims it invites ‘diverse viewpoints,’ yet Noam Chomsky has never received an invitation. The ‘dialogue’ is confined to those who already agree."
This is ultraimperialism (Kautsky’s term) in action: national elites collude across borders to protect shared class interests, even as their publics suffer the costs.
8 Why It Matters for Germany
Bilderberg’s German quota never exceeded ten percent; yet, the careers it turbo-charged, such as those of Friedrich Merz, Karl-Theodor zu Guttenberg, or Josef Ackermann, fed back into the Atlantik-Brücke–DGAP–Munich network we just examined. In other words, Atlantik-Brücke is the German branch; Bilderberg meetings are the transatlantic roots that keep the ideological seeds fertilizing the ground. Bilderberg is also a quality-control lab for Euro-Atlantic capitalism: screening personnel, harmonizing talking points, and safeguarding the corporate faction’s primacy inside the wider TCC.
IV-a. The Ford Foundation: Venture Capital of Atlanticism
“New generations would be entering positions of power with no personal memory of World War II or the Marshall Plan. To keep the alliance alive, they first had to be socialised into it.” – Zetsche (2015)
1 Public-Private by Design
Philanthropy
textbooks still present Ford as a neutral, technocratic charity.
Archival work by Anne Zetsche reveals the opposite: the Foundation sat
at the center of a dense public-private triangle—comprising the State Department, Fortune 500 companies, and elite academia—built to manage U.S. foreign policy governance. Parmar refers to this nexus as the “soft machinery” that converts corporate wealth into strategic knowledge and personnel.
2 Financing the German Node
Ford money underwrote Atlantik-Brücke’s early German-American Conferences
(from 1959) and scholarship pipelines that fed the DGAP, SWP, and party
foundations. When staff worried the invite lists were looking too old,
they added Youth Fellows tracks and “next-gen” study grants to replicate the worldview in cohorts with no lived memory of rubble and anti-communism.
3 Strategic Goal-Posts
Internal correspondence within the early Ford Foundation days flagged two ideological threats:
Gaullist Europe-sans-America—a French-led continental bloc.
Brandt’s early Ostpolitik—German neutrality between the blocs.
The remedy was to broaden funding for exchange programs, summer institutes, and seed grants only to candidates who could be trusted to keep one foot in Washington. By 1970, every West-German ministry employed Ford alumni; by 1980, so did the editorial boards of Der Spiegel, Die Zeit, and FAZ.
4 Money as Curriculum
Unlike
Bilderberg’s invitation-only salons, Foundation grants came with
syllabi: Atlantic history modules, Marshall-Plan retrospectives, and
off-the-record briefings at the Council on Foreign Relations. Funding
thus doubled as orientation. The result was a cadre who intuitively equated European security with U.S. primacy and viewed alternatives, such as non-alignment and European autonomy, as historical aberrations.
Fast-forward a generation, and the classroom has moved from Ivy seminar rooms to off-grid conference hotels. The same social logic persists, but the faculty now wear four stars or run cloud-computing clusters or do both.
IV-b. Bilderberg 2025: From Grand Strategy to Tech–War Drill
The lineage continues. This June 2025, the Bilderberg invite list shifted even further toward generals, AI titans, and nuclear planners —a signal that today’s “informal alliance” is less a salon and more a joint-ops war room.
2025 Discussion Topics: The agenda included the transatlantic Relationship, Ukraine, US Economy / Europe balance, Middle East, “Authoritarian Axis”, Defense Innovation & Resilience, AI, Deterrence & National Security, Energy & Critical-Minerals Geopolitics, Depopulation & Migration, and interestingly, Proliferation ▶︎ note the absence of the customary non.
Who set the tone? Cluster Sample participants (and current roles):
Hard Power: Mark Rutte (NATO SG), Jens Stoltenberg (ex-SG), Gen. Chris Donahue (US Army Europe-Africa), Adm. Sam Paparo (US INDOPACOM)
Surveillance-Capital: Satya Nadella & Mustafa Suleyman (Microsoft AI), Demis Hassabis (Google DeepMind), Alex Karp (Palantir), Eric Schmidt (ex-Google), Scherf Gundbert (Helsing GmbH), Peter Thiel (Thiel Capital)
Media Chorus: Mathias Döpfner (Axel Springer), Zanny Minton Beddoes (The Economist), Anne Applebaum (The Atlantic)
The agenda’s most telling word: “Proliferation.” Not non-proliferation, but a frank recognition that nuclear sharing (Poland, Romania?) is moving from hush-hush to a talking point. Within days, GLOBSEC’s 2025 Forum (a Bilderberg-style offshoot funded by many of the same corporations but leaning toward tech and defense) released a policy brief urging NATO to
“explicitly extend to all three essential pillars of nuclear deterrence: capabilities, resolve, and communication. This holistic approach is critical not only for deterring Russia in a more dangerous security environment, but also for strengthening internal Alliance cohesion, ensuring public trust, and dissuading adversaries from testing NATO’s red lines.”
A poster-child for this converging tech–defense elite is Dr Gundbert Scherf ( a participant in 2025 Bilderberg’s meeting and 2024 Globsec conference):
2000s: Cambridge / Sciences Po / Free University Berlin (standard transatlantic grooming)
2014-16: special adviser, German MoD
2017-20: McKinsey partner for aerospace & defence
2021- : co-founder & co-CEO, Helsing AI, Europe’s hottest battlefield-AI start-up (already piloting NATO projects)
2024-25: speaker slots at Bilderberg-adjacent fora as well as Bilderberg (GLOBSEC, MSC “innovation track”, etc.)
Scherf has never faced an electorate, yet he moves through the same Atlantic Fellowship circuit as sitting ministers: a reminder that, in 2025, key policy levers rest as comfortably in cloud-computing start-ups as in parliaments. When Bilderberg discusses a topic called “Proliferation,” Helsing’s code base is already poised to appear, months later, as the new Rules-of-Engagement paragraph in a NATO white paper.
Consider this cascade of policy-making:
Bilderberg 2025 agenda: “Proliferation”
GLOBSEC 2025 forum & report: “NATO’s Nuclear Deterrence and Burden-Sharing”
Live tweet from GLOBSEC at the NATO 2025 summit:
”As Allies take stock of the #NATOSummit2025 underway, Jim Stokes, Director of Nuclear Policy at @NATO, elaborates on what role NATO’s nuclear sharing plays today amid shifting European security dynamics and burden-sharing debates.”
The idea first emerges in an off-the-record hotel ballroom, reappears as a panel theme in Bratislava, and finally solidifies into an operational directive in Brussels. These networks no longer merely discuss grand strategy; they prototype it and then sell it back to defense ministries as the next unavoidable step. Proliferation, hypersonics, AI target-selection: each cycle begins with “informal” diplomacy, migrates to a glossy policy brief, and finishes as a line item in someone’s procurement budget.
National inflections remain: Atlantic immersion is never a blank-slate exercise; each country imports its own historical sediment. In Germany, the process was intertwined with residual West German anti-communism and only partially completed denazification, leaving a political class that can denounce Moscow as an “eternal enemy” (according to German foreign minister Johann Wadephul) while recycling family lineages that once marched for Großdeutschland in Brilon or Breslau. Thus, the current escalation is simultaneously an act of transatlantic loyalty and a revival, however sublimated, of West German Cold War nationalism (and possibly, pre-Cold War nationalism). Every node in the elite network carries its own local flavor; the recipe, though, is still cooked in Washington.
Having
traced the dollars that keep the conveyor belt humming, we can now
watch those grants translate into actual résumés, following a few German
decision-makers from their first Ford-funded semester abroad to cabinet
rank.
V. The Biographical Assembly Line: Manufactured Consensus
Examine the CVs of Merz’s cabinet, and a pattern emerges, not just of career milestones but of ideological imprinting through three distinct phases of elite socialization: three sequential phases that manufacture consensus. Jacob Schrot and Lars Klingbeil illustrate the process from two angles, one through an academic fast-track, the other through an experience of crisis, yet they emerge with the same Atlantic reflexes.
1 Acquisition Phase │ Ideological Baptism
Worldviews are gradually established here. The process begins with U.S.-funded programs that target young people at career or even personal inflection points.
Jacob Schrot (Chief of Staff to the Chancellor & Head of the newly established National Security Council) – embraces Atlantic orthodoxy via curricula:
TransAtlantic Masters, 2013-2016: A joint M.A. in Transatlantic Relations rotated him through the University of North Carolina, Chapel Hill, Humboldt-Universität, and Freie Universität, Berlin.
Washington Semester, American University 2012-2013: A research year at American University’s Washington-Semester Program in U.S. Foreign Policy dropped him inside the Beltway. Mornings at the German Marshall Fund (a NATO advocacy think tank), afternoons on Capitol Hill as an intern to Rep. Eliot Engel (House Foreign Affairs), who was also the chief architect of CAATSA/Countering America's Adversaries Through Sanctions Act.
Age 25, NGO founder (2014): Founds Initiative junger Transatlantiker; a year later, chairs the Federation of German-American Clubs (30 alumni groups).
By the time Schrot turned 30 and returned to Berlin, his worldview had been cast in concrete: NATO and Atlanticism had become the only legitimate worldview. U.S. leadership was a moral fact, to the extent that German interests became synonymous with those of Washington.
Lars Klingbeil (Vice-Chancellor & Finance Minister) – learns through crisis and socialization:
9/11 Internship (2001, Manhattan): The Friedrich-Ebert-Stiftung (FES) - the SPD's political foundation - placed the 23-year-old political science student in a Manhattan-based NGO during the September 11 attacks. This formative experience became the emotional cornerstone of his Atlanticist worldview. In his own words:
"After that, I engaged very intensively with foreign and security policy. I later returned to the U.S. to Washington and wrote my master's thesis on U.S. defense policy there. My relationship with the Bundeswehr and military operations changed fundamentally through these terrible attacks. Without 9/11, I might never have discovered my interest in security policy and perhaps wouldn't have ended up on the Defense Committee."
Georgetown exchange & Hill internship, 2002-2003: Lars Klingbeil returned and took part in a U.S. exchange program in 2002–03 at Georgetown University in Washington to study American defence policy; this U.S. exposure gave Klingbeil a transatlantic outlook from the start, effectively a “soft capture” baptism into American strategic thinking. During his time in Washington, he interned on Capitol Hill in the office of Congresswoman Jane Harman (then a member of the House Intelligence Committee and the future president of the Woodrow Wilson Center, a CIA-linked think tank). Harman’s Permanent Select Committee on Intelligence oversaw: NSA mass surveillance programs and post-9/11 "Global War on Terror" legislation.
2 Conversion Phase │ Networked Ascension
Where loyalty and compliance are rewarded with belonging:
In the conversion phase, we could describe Schrot as an entrepreneurial networker. As stated above, at 25, Schrot founded a youth NGO (Initiative junger Transatlantiker) while still a student and chaired the Federation of German-American Clubs (30+ alumni associations). Thus, unlike most, he created transatlantic associations from within.
In contrast, Lars Klingbeil took a more traditional path in this phase as a board climber with a slight progressive veneer, as his SPD membership would suggest.
Back home in Germany, he plugged into legacy ladders: becoming an Atlantik-Brücke member. Interestingly, in a 2018 Atlantik-Brücke report,
Klingbeil appears alongside U.S. Ambassador Amy Gutman and Friedrich
Merz, now the Chancellor of Germany, as well as the former head of
BlackRock Germany.
In summary, Schrot manufactures elite social capital while Klingbeil taps it. The result is the same garden-party circuit but with a different entry ticket.
3 Reinforcement Phase │ Systemic Reproduction
Graduates become gatekeepers; the loop closes.
Finally, Jakob Schrot is now Chancellor Merz’s Chief of Staff and National Security Council coordinator. He vets advisers’ shortlists and drafts every security memo. Schrot now controls personnel pipelines in the Chancellery; Klingbeil pushes a €100 billion Zeitenwende rearmament fund and revives talk of a TTIP-lite accord. Klingbeil (among several other German politicians) attended Bilderberg 2025 (as did Friedrich Merz in 2024), securing his place within the whisper network with NATO SecGen, U.S. generals, tech CEOs that functions as an “informal alliance” of policy-planning elites.
Schrot chooses who writes the briefings; Klingbeil decides what gets funded. Together they weld Germany’s policy machinery. But most importantly, they do so on Washington’s terms. And they couldn’t do it any other way with such biographies.
Apart from incentives, there is another side: The Schröder Effect: Dissenters to the transatlantic discourse face professional annihilation. The ex-Chancellor’s advocacy for Nord Stream 2 and diplomacy with Moscow led to him being stripped of the official perks accorded to former chancellors, citing his refusal to sever ties with Russian energy giants as a failure to uphold the obligations of his office. As a result, he was practically erased from media discourse.
The Operational Outcome: A Closed Epistemic Universe
This assembly line produces policy alignment. But more importantly, it manufactures a shared perceptual prison. When a majority of Germany and also Europe’s political elites pass through the same U.S. programs:
Their cognitive boundaries shrink: détente becomes “appeasement.” Neutrality equals "collaboration". Energy deals with Russia are "geopolitical treason"
Their emotional responses are conditioned: A Pentagon official’s frown sparks more fear than voter anger. The Economist’s approval feels more valuable than domestic polling.
Their imagination atrophies: They cannot fathom alternatives like OSCE-based security architectures. They dismiss China’s rise as a "temporary deviation" from U.S. unipolarity.
Worst of all, they (possibly) don’t experience this as coercion. By the time they enter office, Atlanticism has become political common sense, as instinctive as breathing.
The tragedy lies in what’s lost: leaders such as Willy Brandt, whose years in exile taught him that sovereignty begins with the courage to disobey. In today’s Berlin, by contrast, there is little space for politicians shaped by unorthodox biographies; the pipeline produces cadres who no longer have to decide to comply, because they cannot imagine anything else. Small wonder, then, that during a 2022 visit to Washington, then-Vice-Chancellor Robert Habeck could promise that Germany stood ready to exercise a “serving leadership” — a phrase so sure of its own logic that no one bothered to ask the obvious questions: lead whom, and serve what?
Before we talk about breaking hinges, it’s worth recalling a few European leaders who managed to step outside the pipeline altogether and how that widened the realm of the possible.
VI. Biographies that once widened the horizon and could again
The transatlantic pipeline has not always been airtight. A handful of post-war European leaders slipped free of the Atlantic school and, in doing so, expanded the range of what their countries could imagine. Their life stories read more like detours marked by exile, neutrality, and decolonization work. They prove that when a politician’s formative network is built outside Washington-centric fellowship loops, the menu of “realistic” policy options suddenly gets larger.
Willy Brandt, the exile who knelt
Fled the Reich in 1933 and lived in Norway and Sweden: Brandt fled Nazi Germany in 1933 and lived in Oslo and Stockholm during the war years, working as a journalist and being cut off from Nazi and West German patronage networks.
Political socialization through Scandinavian social democracy and Norwegian resistance: His political development was influenced by Scandinavian social democracy and contacts with the Norwegian resistance, rather than by Western postwar institutions such as the Marshall Plan network.
Returned to West Berlin in 1948, fluent in Nordic coalition-building: Brandt regained German citizenship in 1948 and became active in Berlin politics, bringing experience from Scandinavian coalition politics.
Saw Moscow as a negotiable neighbor, not an existential foe: Brandt’s Ostpolitik (1969–74) was a pragmatic policy of détente and normalization with Eastern Bloc countries, treating Moscow as a partner for negotiation rather than an absolute enemy.
Olof Palme, the neutral who spoke
Born into Sweden’s upper class but radicalized in the labor movement: Palme came from an upper-class background but became a leading figure in the Swedish Social Democratic Party, embracing progressive labor politics.
Sweden’s non-alignment limited NATO or U.S. establishment ties: Sweden’s strict neutrality meant Palme had limited engagement with U.S. foreign policy institutions; his only notable U.S. connection was a scholarship at Kenyon College (1948–49). He did not enter the revolving door of think-tank fellowships to become part of the transatlantic foreign policy establishment.
Mentored by UN Secretary-General Dag Hammarskjöld; focus on Global South: Early in his career, Palme worked with the UN and was deeply engaged with newly decolonized states in Asia & Africa, shaping his worldview around global justice rather than Atlantic alliances. Global-South conferences shaped his moral vocabulary more than Atlantic summits.
Treated superpowers symmetrically; critical of U.S. actions like Hanoi bombings: Palme was outspoken in criticizing U.S. actions in Vietnam, likening the bombings to Guernica, and even suspended Swedish-U.S. relations for a year while maintaining dialogue with Moscow.
Championed European “common security” outside NATO: Palme advocated for a European security framework independent of NATO, emphasizing détente and cooperation.
Both men acquired their formative networks in settings that were geographically and ideologically peripheral to the main Atlantic indoctrination belt:
Brandt’s circle was the Nordic anti-Nazi diaspora;
Palme’s was the UN/decolonization circuit.
Because their careers were already viable before U.S.–funded fellowships became the EU default, they could borrow Atlantic tools without adopting Atlantic reflexes. These outliers demonstrate that distance from the Atlantic socialization network doesn’t guarantee wisdom or an absolute distance from them; yet, having an essentially outsider biography widens the thinkable. Their lanes have since narrowed; reopening them is the precondition for any sovereign German or European strategy.
Breaking the grip: realistic hinges
What can be done? In a way, this will be and has to be the labor of both the people within these Western countries within the transatlantic spiderwebs, and of the newly emerging multipolar world:
Prestige competition: In these early stages, an EU-BRICS Peace Fellowship (or just BRICS) with the same stipend and photo-op pomp as Fulbright. So, young students also understand that even non-NATO security can be good for their career (and even better for the world).
Mandatory multipolar secondments: No promotion to a governmental-political office without a 12-month rotation at OSCE Vienna, AU Addis, or UNIDIR Geneva.
Foreign-influence register: Bundestag members, for example, already disclose their shares; add every foundation-funded trip, board seats, and Bilderberg (and similar) invitation.
Think‑Tank Matching Fund: Parliamentary Research Service to match private defense‑industry donations euro for euro, diluting capture. Even though more could be done here.
These are hinges that creak open only when exogenous shock pries them: a U.S. debt default that ends Ukraine funding, or a protest wave the police cannot kettle. However, none of these destroy the existing network. They inject some pluralism.
Closing Notes: Hegemony or Survival
The evidence traced across foundations, think-tank pipelines, and invitation-only conclaves leaves little doubt: the trans-Atlantic elite project is hard-wired for self-preservation.
Its cultural hegemony obliges Europe to underwrite a U.S.-centred imperium and the elites of all its allied countries, even when that imperium sabotages Europe’s material interests. Hegemonies rarely collapse out of ethical embarrassment; they yield only when external pressures or domestic ruptures make compliance more costly than defiance. One of three things (or all of these together) could put a dent in this machinery:
Narrative Rupture from Below
Organised refusal, whether through mass strikes, boycotts, electoral realignments, or sustained media counter-campaigns, can delegitimize the war-economy consensus and make Atlantic allegiance politically toxic.Systemic Shock from Outside
A decisive loss of U.S. financial or military primacy (for instance, a petrodollar fracture or a failed proxy war) would compel European elites to reassess their allegiances.Accountability from Above
Nuremberg-style tribunals, however improbable today, remain the one mechanism that historically deters elite adventurism by attaching personal risk to strategic folly.
Every rung in their career ladder has normalized the next escalation. Contemporary European leaders do not consciously choose perpetual war; they inherit it as the safest path within an ecosystem that equates Atlantic conformity with professional legitimacy.
A Call for a New Circuitry
Replacing personalities will not suffice. The task is to dismantle the biographical assembly line that begins with foundation-funded youth exchanges, runs through think-tank fellowships, and terminates in cabinet offices or corporate boards. Unless that conveyor belt is broken or at least diversified beyond the Atlantic echo chamber, any “fresh faces” will replicate the same strategic reflexes.
The alternative is stark: witness your nation bleed in service of another’s empire’s elites or reclaim the capacity to decide its own future.
The choice, then, is no longer between status quo and reform, but between hegemony and survival. The window for peaceful de-alignment may be closing, but it has not yet slammed shut. Learning from history offers no guarantees, but it offers opportunities for interruption.
If this analysis resonated or infuriated you, leave a comment, forward it, or translate it. The conversation about war and functional elites belongs to all of us, not just to the taskmasters in conference rooms.
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Nel
Traduction automatique en Français :
Capture d'élite et autodestruction européenne: l'architecture cachée de l'hégémonie transatlantique
Du sabotage de Nord Stream à la poussée de 5 % des armements de l'OTAN: Inside the Networks alimente la folie transatlantique
Prélude : La mémo de Lansing arrive à Berlin
Le secrétaire d’État de Woodrow Wilson, Robert Lansing, a dicté la « mémo des jeunes mexicains ambitieux » de 1924. Vous connaissez la ligne : ouvrir nos universités à leur élite, les plonger dans les valeurs américaines, et elles gouverneront le Mexique pour nous : mieux, moins cher et sans un seul Marine. La méthode sonne de manière déprimante aujourd'hui.
Cent ans après que Lansing a énoncé le plan, l'Allemagne est devenue son spécimen le plus perfectionné. Lorsque le cabinet d'Olaf Scholz a blanlé la destruction de Nord Stream 2, un acte d'autosabotage économique sans aucun avantage stratégique plausible pour l'Allemagne, et Merz, maintenant Chancelier, qui se sont engagés à ne plus jamais l'utiliser, ils trahissaient l'Allemagne. Dans le même temps, ils accomplissaient un destin biographique forgé de leurs horizons limités, fabriqués dans des séminaires de la Ligue Ivy, des ateliers du Pentagone et des chambres bordées de velours de l'Atlantik-Brocke.
C'est l'histoire d'une cohorte d'élite formée pour considérer l' indicatifisme comme synonyme de « civilisation occidentale » elle-même. Les coûts : l'effondrement de la production industrielle, la pauvreté énergétique et le spectre de la conscription sont supportés par tous les autres.
Introduction : La folie et sa méthode
L'Allemagne, un titan d'exportation qui gardait autrefois de près sa souveraineté économique, sacrifie maintenant son infrastructure énergétique, finance des missiles à longue portée (y compris la coproduction d'armes à longue portée avec l'Ukraine), et revient à la préparation de la guerre (appelée Kriegstatchtigkeit) en tant que vertu, tout en répétant des plans de mobilisation pour un affrontement OTAN-Russie quiOperationsplan Deutschland, d'abord, s'étendrait le sol allemand. Il s'agit d'un réalignement stratégique à un niveau plus profond résultant de l'automatisation idéologique. Comment expliquer autrement l'écart persistant entre le sentiment du public et la prise de décision de l'élite?
Un sondage de 2024 montre que 60 % des Allemands s'opposent à d'autres livraisons d'armes à l'Ukraine. Pourtant, Lars Klingbeil, co-chef, co-chancelier du SPD, et ministre des Finances, proclame que pour que l'Allemagne soit « prête pour la guerre », la Bundeswehr devrait être plus attrayante pour les conscrits potentiels, par exemple, par la possibilité d'obtenir un permis de conduire gratuitement auprès du gouvernement fédéral. En outre, la coalition insiste sur l'idée dite d'ambiguité stratégique.
Ce sont les symptômes d'une folie particulière qui se déroule à Berlin. Une nation qui s'est reconstruite des cendres de la guerre et de la division maintenant se diriger vers un conflit avec un voisin doté d'armes nucléaires. La folie, cependant, suit une méthode.
Envisager la récente proclamation du secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, lors du sommet 2025 :
"L'OTAN est l'alliance de défense la plus puissante de l'histoire mondiale - plus puissante que l'Empire romain, plus puissante que l'empire de Napoléon... Nous devons empêcher la domination russe parce que nous apprécions notre mode de vie."
L’analphabétisme historique ou l’obfuscation (selon la manière dont nous interprétons les déclarations de Rutte) est stupéfiant. Napoléon, comme l'OTAN aujourd'hui, a justifié la domination continentale en tant que libération. Son invasion de la Russie, un échec catastrophique, a été conçue comme une attaque préventive contre l'expansion « agressive » des tsaristes. Les parallèles s'écrivent eux-mêmes.
L'historien Jeff Rich, qui disséque les campagnes de sabotage de l'OTAN à l'intérieur de la Russie, a fait observer :
"L'OTAN est la base de pouvoir pour les élites qui agissent en marge de la projection géopolitique américaine. Quand Rutte compare l'OTAN à Napoléon, il oublie que la Russie a finalement libéré l'Europe de cet empire. Peut-être la Russie libérera-t-elle l'Europe des États-Unis après cette guerre."
Ce que j'essaie de dire, c'est que ce n'est pas une conspiration. C'est l'hégémonie institutionnalisée, qui opère à travers ce que Gramsci appelle la « direction culturelle » d'une classe dirigeante. Mais là où Gramsci a analysé les élites nationales vis-à-vis de leurs concitoyens, nous sommes maintenant confrontés à une caste transnationale : des politiciens allemands comme Jakob Schrot (plus de temps sur lui), des technocrates néerlandais comme Rutte (qui a récemment qualifié l'actuel président américain Trump de « papa » au sommet de l'OTAN qui cimente 5 % des dépenses de défense), et les eurocrates français dont les biographies, l'éducation et les incitations professionnelles.unipolarity Les actions de ces élites sur l'échiquier géopolitique ne sont pas seulement irrationnelles; les élites au pouvoir sont simplement fidèles à un groupe de référence différent.
I. L'énigme : pourquoi les élites européennes brûlent-elles leur propre maison ?
Alors que nous commençons à le voir, la réponse ne réside pas dans la corruption pure et directe ou la ferveur idéologique. Elle est beaucoup plus banale et beaucoup plus efficace. La réponse se trouve également dans les biographies, les réseaux et les institutions. Elle réside aussi dans l'hégémonie au niveau de l'élite fonctionnelle : quand les idées dirigeantes deviennent du bon sens. Et dans ce cas, l'hégémonie n'est pas imposée uniquement par la violence, mais par l'éducation, le recrutement d'élite et la répétition rituel.
Réseaux de connaissances Elite
Inderjeet Parmar (2019) signifie que la machinerie douce des réseaux de connaissances d'élite : « flux de personnes, d'argent et d'idées » qui institutionnaliser le consensus de Washington à Berlin. Le programme Fulbright, le Fonds Marshall allemand, Atlantik-Brucke, la Conférence de Munich sur la sécurité et les réunions de Bilderberg sont des écosystèmes de formation. Ils trient, scolarisent, et élèvent ceux qui peuvent faire avancer la vision du monde.
De manière critique, ces réseaux ne sont pas des forums passifs. Il s’agit de « la technologie de puissance essentielle des élites américaines » : un mode de production de connaissances et de sélection du personnel qui réussit de manière spectaculaire à reproduire une vision du monde en faveur des États-Unis à l’échelle mondiale. La socialisation de l'élite en soi n'est pas un processus bénin. Il s'agit d'ensaisons, définit ce qui est politiquement imaginable et naturalise l'asymétrie.
L'ordre mondial
L’ordre international libéral, qui sous-tend les visions du monde de ces élites, loin d’être universalistes, repose sur une double logique. Comme Donald Tusk, ancien président du Conseil européen, l'a reconnu franchement en 2017 lors de la première administration Trump, l'objectif même de l'euro-atlantique est d'empêcher un ordre mondial post-Ouest :
Demain, je rencontrerai le président Trump et j'essaierai de le convaincre que l'euro-linté est avant tout la coopération libre pour le bien de la liberté ; que si nous voulons empêcher le scénario qui a déjà été nommé par nos adversaires il n'y a pas si longtemps à Munich comme « l'ordre mondial post-œultien », nous devrions surveiller notre héritage de liberté ensemble.
Dans ce système, l'inclusion est sélective. Le Japon et la Corée du Sud, malgré leur loyauté, n'ont jamais été traités comme l'Europe occidentale. Et les pouvoirs croissants sont soit domestiqués, obstinés à se conformer, soit contenus comme des menaces. Cette logique est fondamentale: si l'incorporation échoue, le confinement doit suivre.
Pourtant, l'endiguement commence avec l'esprit, pas avec les missiles. L'assimilation idéologique des élites étrangères est la première ligne de la défense impériale. Ainsi, le maintien de l'hégémonie repose moins sur la contrainte que sur l'incorporation à des conditions de faiblesse. Les réseaux de connaissances élites, intégrés dans des programmes universitaires, des fondations philanthropiques et des groupes de réflexion, agissent comme vecteurs de ce soft power. Ils socialisent, recrutent et certifient les leaders émergents.
Machines d'intégration d'élite
Comme le note Parmar, ces réseaux définissent ce qui compte comme « une pensée réfléchie » et des « questions interrogeables ». Les fondations Ford et Rockefeller, RAND Corporation, Brookings, la Carnegie Endowment et le Center for American Progress sont des machines d'intégration d'élite où, par ces processus d'intégration et de socialisation, un certain type de connaissance devient un certain pouvoir. Ainsi, une épingle Fulbright ou Atlantik-Brucke devient une plaquette d'accès à Bruxelles et à DC et la plus sûre pour « appartenir ».
Pourtant, cet écosystème n'est pas la planète entière. Une étude de 2016 d'Eelke Heemskerk et Frank Takes, cartographiant 400 000 gages de panneaux, montre que le cluster d'élite transnational le plus dense réside toujours sur l'axe nord-atlantique. L'élite des entreprises asiatiques, en revanche, forme une communauté séparée, beaucoup moins enchevêtrée, structurellement prête à construire sa propre base de pouvoir et peut-être un capitalisme sino-centrique alternatif. Plus les réseaux asiatiques restent auto-isolés, plus le risque (aux yeux des élites euro-atlantiques) d’un véritable « ordre mondial post-occidental ».
In other words, Western think-tank pipelines are about pre-empting that divergence and protecting their elite sphere.
European elites are not merely influenced by the United States. Through this system, they are formatted, professionally shaped, and ideologically tethered to it. Of course, not wholly or completely, as if they had no autonomy at all or as if national history had no bearing on these elites, yet, each of these European nations' characteristics will give a unique flavor to the transatlantic worldview that informs their policies.
Résultat : les objectifs de politique étrangère des États-Unis ne sont pas simplement imposés à Berlin, ils sont exprimés de l'intérieur.
II. L'architecture hégémonique: comment fonctionne la capture d'élite
L'ordre libéral se vend comme universel, mais ceux qui se joignent doivent accepter le domaine de la règle (publique) tacite. Ceux qui n'y adhéreront pas seront enfermés et encerclés par une présence militaire permanente des États-Unis. En d'autres termes, le noyau impérial préserve son statut en socialisant d'autres élites dans sa vision du monde plutôt que de simplement les contraindre. Maintenant, nous allons jeter un coup d'œil à ces machines d'intégration d'élite (en particulier, en analysant les liens transatlantiques de l'Allemagne et les élites fonctionnelles allemandes) :
1 From Chatham House to DGAP: A Brief Institutional Genealogy
Think‑tank power began in London with the Royal United Services Institute (1831), established by the Duke of Wellington as an independent professional body to study military and strategic issues. It broadened after 1919 when Chatham House and the Carnegie Endowment formalized elite debate (Roberts 2015). Across the Atlantic, the Council on Foreign Relations (1921) fused Wall Street wealth with Ivy League scholarship, with Ford and Rockefeller providing permanence. Corporate funding, after all. Indeed, the founders were often influential elites who sought coordination for their policies in the fields of defense and strategic thinking, first within the British Empire and then with the emerging American hegemon.
Après 1945, l'architecture a été exportée vers une Europe ruinée. La Deutsche Gesellschaft for Ausw'rtige Politik (DGAP, 1955), financée par des fonds privés, a copié le modèle CFR à Bonn. La Stiftung Wissenschaft und Politik (SWP, 1962) a offert un cousin plus gouvernemental, fournissant des livres blancs directement à la Chancellerie. Cependant, c'est important, après la Seconde Guerre mondiale, les groupes de réflexion anglo-américains et leur personnel sont devenus le centre de la formulation des politiques et de la planification à long terme. Les groupes de réflexion spécialisés dans les affaires internationales étaient généralement considérés comme des compléments essentiels à la conception de la politique étrangère. Ils ont également servi de forums où les politiciens et les bureaucrates pouvaient interagir avec des représentants des milieux universitaires, des médias et des affaires, ainsi qu'avec des partisans ou des recrues potentielles pour les opérations gouvernementales.
Dans les années 1960, le German Marshall Fund, l'Atlantic Institute et Atlantik-Brucke ont stratifié la colle sociale en plus des travaux politiques par le biais de dîners de gala, de jeunes dirigeants jamborees et de voyages d'étude dans les médias, mais ont également influencé les élites politiques de l'Allemagne de l'Ouest. Le SPD de ACG (American Council on GermanyWilly Brandt a dérivé du neutralisme à l'OTAN en cultivant des séminaires de retour fixersdans les séminaires de district.
Dans les années 1970 et 1980, les groupes de réflexion américains ont déjà senti un « déclin américain » dans un monde de plus en plus mondialisé. Au cours de cette période, de nouveaux rivaux institutionnels pour l'influence ont émergé, y compris des groupes de réflexion engagés dans des perspectives généralement conservatrices, avec l'American Enterprise Institute et la Heritage Foundation à l'avant-garde. (Rappelez-vous maintenant que la Fondation du patrimoine a financé le projet 2025. Un guide pour la politique américaine d'aujourd'hui.)
Dans les années 1990, chaque fondation du parti allemand dirigeait un « bureau transatlantique ». Le personnel du SWP a été distribué par l'intermédiaire de la Conférence de Munich sur la sécurité; des boursiers de la DGAP ont siégé au jury de sélection du Fonds Marshall allemand; les rédacteurs de Der Spiegel et de Die zeit (un journal important en Allemagne) ont collecté des millésices Atlantik-Brucke. Le réseau a mûri dans un entonnoir sans faille: de l'université au quartier général du parti en passant par l'OTAN hors site. En fin de compte, une fois que la validation américaine devient le critère de l'estime professionnelle, la déviation est presque un acte d'automutilation.
2 Why Think‑Tank History Matters Now
The architecture normalizes apparently suicidal choices. Shutting down cheap Russian pipeline gas is painful for BASF, but it sustains the reputational capital of everyone who holds an Atlantic fellowship. That internal incentive often outweighs national balance‑sheet logic.
Qui plus est : le groupe de réflexion représente les forces qui animent l’économie politique mondiale, du moins dans son itération occidentale. Pourtant, l'analyse géopolitique tend aujourd'hui à être biaisée vers les États-nations et leurs acteurs politiques. C'est souvent par le biais de ces réseaux de gouvernance financées par le secteur privé et en influence que l'écart entre les marchés de l'État-nation et celui des marchés mondiaux est comblé (Heemskerk et a pris en compte 2016).
3 groupes de réflexion en tant que moteur à portes tournantes
La carte des institutions que nous avons tracées jusqu'à présent serait inerte sans un cadre de professionnels circulants qui glissent entre les cabines de fondation, les studios d'information par câble et les bureaux gouvernementaux.
Nourris
par des dotations d'entreprises et des subventions philanthropiques,
les groupes de réflexion américains et européens agissent à la fois
comme des raffineries d'idées et des pipelines de talents : ils préjugent du paradigme, puis secondent leur propre personnel auprès des ministères qui le mettent en pratique.
Les économistes politiques Nano de Graaff et Bastiaan van Apeldoorn (2021) se réfèrent à cela comme le « réseau de planification politique »
: un réseau qui combine le financement du Fortune 500, les anciens
élèves du Congrès et l'accréditation de la Ligue Ivy en un seul escalier
de carrière :
Consensus workshop – Think-tank roundtables enable elites to harmonize positions in private before they become “non-partisan expertise” in public.
Recruitment pool – The same institutes help presidents and cabinet secretaries fill executive-branch positions (McGann 2007).
Revolving leverage – As Joseph Nye puts it, the most powerful influence is when you “get your own hands on the lever” after co-writing the brief (Conversations with History, 1998).
Ensemble, ces pôles fonctionnent comme un département transatlantique des ressources humaines pour l'ordre actuel, en toilelant des successeurs qui porteront la bannière vers l'avant.
4 Capture d'élite au niveau biographique
The machinery of elite capture operates on both the social group level and the individual biography level. And it is both simple and effective: a single prestige pipeline throughout one’s life and career from a Fulbright scholarship to a German Marshall Fund fellowship to an Atlantik-Brücke affiliation, and/or think-tank memberships. Such a career ladder has monopolized the symbolic capital required to ascend in Berlin’s foreign policy elite. The first cohort entered the system in the 1960s, but it achieved full self-replication after reunification. Today, many members of Merz’s cabinet boast U.S. State Department-funded fellowships, embassy internships, Atlantik-Brücke affiliations, or similar transatlantic ties; some hold board seats at Washington-aligned institutions, such as the Atlantic Council.
5 The Bourdieu Trap
Le cadre du sociologue français Pierre Bourdieu révèle comment les parcours de vie imaginaires de ces élites se perpétuent :
When one pathway dominates (the U.S. fellowship ladder), the field’s imagination of what is possible (in terms of actions and policies) atrophies. Embodied cultural capital (fluent Hill English, a Georgetown lanyard) converts into social capital (alumni networks), which crystallizes as symbolic capital (media legitimacy).
La dissidence n'est pas débattue. Elle est rendue invisible et n'est exclue que si elle devient trop visible et forte. Un tel système hégémonique, fonctionnant à plus petite échelle parmi les élites politiques, fonctionne comme un séminaire théologique, où la déviation marque l'hérésie et la conformité apporte la canonisation.
6 La capture des adolescents
What is the most insidious feature of this elite socialization machine? It’s the question of time. The ideal pathway starts in adolescence, during the formative years when political worldviews congeal. Programs like:
target teens as young as 16, immersing them in Model NATO war games and U.S. Embassy "leadership training."
Au moment où ces étudiants entrent à l'université, leurs horizons sont déjà rétrécis. Un jeune de 19 ans, qui revient d'un été financé par le Département d'État à l'Université américaine, élève une maîtrise de l'anglais (espérons-le). Surtout, ils intériorisent une hiérarchie de légitimité : les priorités de Washington sont neutres, universelles et de bon sens. D'autres modes de réflexion sur la politique étrangère, tels que le non-alignement, la détente et le commerce eurasien, sont filtrés comme extrémistes ou naîfs.
Il s'agit d'une empreinte idéologique et de la construction psychologique de l'hégémonie au niveau individuel. Le résultat est une génération d'élites politiques dont les biographies se lisent comme les États-Unis. Manuels de formation du Département d'État. La tragédie est qu'au moment où ces élites se sont préparées à la recherche de positions de pouvoir dans la politique, les médias ou les entreprises, leur conformité semble naturelle. Ils ne servent pas les intérêts américains parce qu'ils sont contraints; ils le font parce qu'ils ne peuvent pas concevoir d'une autre manière.
The abstract models I just presented here become clearer when we zoom out on a single national hub. Germany’s Atlantik-Brücke offers a textbook case.
III. The German Case: Atlantik-Brücke as Transmission Belt
Anne Zetsche’s archival deep dive on the Atlantik-Brücke and its U.S. sibling, the American Council on Germany (ACG), shows how an ostensibly “private” friendship society became a precision tool for post-war elite alignment. Like think tanks, it is a key institution in the elite integration and socialization machinery.
1 Fondateurs et tissus
Eric Warburg, heir to the Hamburg banking dynasty, leveraged his Wall Street connections with John J. McCloy to reconnect German finance with U.S. capital markets; Brinckmann, Wirtz & Co. soon brokered Volkswagen’s first U.S. credit line.
Marion Dönhoff leveraged Foreign Affairs soirées and George F. Kennan’s mentorship to rebrand German neutrality as “irresponsible.”
L'élite cosmopolite habitus liait ces banquiers, éditeurs et comtes. Leur mission était de plier l'Allemagne de l'Ouest dans une « communauté des nations » dirigée par les États-Unis avant que Moscou ou Paris gaulliste ne puissent la revendiquer.
2 The SPD’s Capture
Une Allemagne occidentale neutre ou francophone a été signalée comme un écart par rapport à la trajectoire atlantique souhaitée: par exemple, les envoyés d'Emmétam Hughes et de l'ACG correspondaient avec le maire de Hambourg Max Brauer pour assouplir le sOPRapport antimilitarisme (1950-54).
En 1963, le tandem ACG/Atlantik-Brucke a contribué à diluer le traité de l'Élysée avec un préambule pro-OTAN.
L'Ostpolitik de Willy Brandt devait également être déplacé d'un projet de paix soutenu et souverain vers une « détente » approuvée par l'OTAN.
Ford Foundation funds (via the CIA-funded Congress for Cultural Freedom and AFL-CIO unions) underwrote youth seminars that purged the party of its Marxist undercurrents; an early example that philanthropy can have a profound impact, akin to intelligence work.
3 Les médias
Annual Brücke dinners with NATO’s Supreme Allied Commander double as editorial retreats:
Josef Joffe (Die Zeit), Kai Diekmann (Bild), and Stefan Kornelius (Süddeutsche Zeitung) are long-time members; ZDF anchor Claus Kleber once sat on the Brücke trust.
The result is not a diktat but anticipatory alignment: mainstream outlets rarely frame German rearmament as optional. They frame it rather as the only way and ensure that mainstream discourse never strays from Atlanticist orthodoxy.
4 Boardroom Synergy
Aujourd'hui, le conseil d'administration de Brucke représente un bilan du capitalisme atlantique, avec des entreprises de premier plan telles que la Chambre de commerce américaine, Deutsche Bank, Goldman Sachs, Pfizer et BASF. Les médias, le droit et la pharmacie sont assis à côté des poids lourds de la CDU et du SPD ; la preuve que la « bipartisanité » signifie ici la fidélité à un modèle commercial transatlantique et à un ordre mondial partagés.
5 Consensus Engineering in Action
2009 – Friedrich Merz (CDU) became the Brücke chair, then Germany’s head of BlackRock.
2019 – Sigmar Gabriel (SPD) takes over; critics fear a “provocateur,” but the appointment mainly neutralizes any residual SPD scepticism regarding the NATO 2 % target (which nowadays has become the 5 % target).
What appears to be a polite salon culture functions as a transatlantic transmission belt, diffusing U.S. preferences into German party platforms, boardrooms, and newsrooms without a single Pentagon directive.
Having traced how Atlantik-Brücke helped weld Germany’s post-war institutions into the wider transatlantic circuitry, we will now examine Bilderberg meetings as another conduit for transatlantic elite socialization.
IV. Bilderberg et l'affaire de l'hégémonie
Le groupe Bilderberg, souvent rejeté comme une obsession des théoriciens du complot, est en fait un nœud critique dans ce que le sociologue Kantor 2017(2017) appelle la catégorie des capitalistes transnationaux (TCC). Une analyse de ses réunions 2010-2015 révèle:
1 Qui s'assied à la table ?
67 % des participants étaient des PDG, des banquiers ou des directeurs d'entreprise (Deutsche Bank, Goldman Sachs, BP).
Zero trade unionists were invited. The "dialogue" excludes labor by design.
Corporate fraction dominates the TCC; politics is increasingly a service function of capital.
On the other hand, an analysis by Gijswijt (2019) shows us the post-Cold War composition of Bilderberg meetings when it was first establishing itself between 1954 and 1968:
Environ 25 % des participants venaient des États-Unis, 14 % du Royaume-Uni et 9 % de la France et de l'Allemagne de l'Ouest.
30 % étaient des « hommes d’affaires, des banquiers et des avocats », 20 % des « hommes politiques et certains dirigeants syndicaux », 16 % de diplomates, avec l’équilibre composé d’universitaires, de journalistes et de hauts responsables de l’OTAN, de la Banque mondiale, de l’OCDE et du FMI.
Women were “glaringly absent.”
Double-dipping by core firms & states
Deutsche Bank sent both the CEO & chair (2016); the Netherlands fielded the PM & King (2016).
Extra chairs secure agenda-setting and serve as evidence that economy > polity within elite coordination.
Those numbers demonstrate how closely Bilderberg’s center of gravity aligned with the Cold War core of the liberal order, encompassing Atlantic finance, defense, and diplomacy, while maintaining sufficient national representation to claim a pan-Western mandate.
2 Recrutement par la reconnaissance
The organizers “were always on the lookout for new talent” who could be socialized into the club. (Gijswijt 2019) Participation became a credential: Bill Clinton, Tony Blair, and Angela Merkel each appeared before reaching high office. Far from being a smoky-room king-maker, the value lay in the prestige pipeline itself: a CV line that signaled ideological reliability and opened doors across Wall Street, Whitehall, and the Bundeskanzleramt.
3 Diplomatie informelle, décisions non formelles
Aucune résolution n'a été adoptée et aucun procès-verbal n'a été publié, mais « l'importance réelle des réunions a été déterminée par ce que les participants ont fait avec la capitale symbolique qu'ils ont rassemblée ». (Gijswijt 2019) La conférence a fonctionné comme une salle de répétition très confiante: les idées pourraient être expérimentées, les réputations contrôlées et les locaux concurrents harmonisés. Ce consensus latent a ensuite refait surface dans les communiqués de l'OTAN, ou livres blancs de la CE.
4 Travail d'identité et gestion des alliances
Par conception, Bilderberg cultivait « un fort sentiment de communauté émotionnelle basée sur les conceptions du monde libre ou de l'Occident ». (Gijswijt 2019) Simplement apparaissant, en particulier pour les figures américaines de marque, « stimuler l’acceptation du rôle de leadership des États-Unis au sein de l’OTAN ». La réunion était une thérapie pour les nerfs transatlantiques: un lieu pour absorber les chocs unilatéraux, réinitialiser les points de discussion et partir avec une hiérarchie réaffirmée dans laquelle Washington est resté primus inter pares.
5 multiplicateurs de réseau
L'adhésion chevauche la CFR, Chatham House, l'IFRI, la DGP, et plus tard la Commission trilatérale, créant « un réseau dense de relations transnationales : une alliance informelle » (Gijswijt 2019). Les spin-offs prolifèrent. Denis Healey a obtenu de l'argent de la Ford Foundation pour l'Institut international d'études stratégiques de Londres après une conversation parallèle de Bilderberg en 1957. D'autres satellites, tels que la Conférence de Munich sur la la Conférence de l'hiver de et les conférences germano-américaines semestrielles de l'ACG/Atlantik-Brocke, ont copié le format pour stabiliser les communautés politiques au niveau national.
6 The Revolving Door
Another characteristic of the Bilderberg participants is their overlapping “memberships” in the different fields of politics, business, media, and academia:
Peter Sutherland (Bilderberg regular) cycled between Goldman Sachs, the WTO, and the EU Commission.
Robert Rubin est passé des États-Unis. Trésor à Citigroup au CFR: une parfaite illustration des fractions d'élite imbriquées.
Think-tank ‘stammgäste’
Regulars from CFR, Carnegie, IFRI, AEI, Economist.
Shows inter-permeability of TCC fractions—corporate, political, technical, consumerist—blurring punditry with boardroom power.
7 The Ideological Filter
As researcher Lukáš Kantor notes:
"Bilderberg’s FAQ claims it invites ‘diverse viewpoints,’ yet Noam Chomsky has never received an invitation. The ‘dialogue’ is confined to those who already agree."
C'est l'ultra-impérialisme (terme de Kautsky) en action : les élites nationales s'entendent au-delà des frontières pour protéger les intérêts de classe partagés, même si leurs publics en subissent les coûts.
8 Why It Matters for Germany
Le quota allemand de Bilderberg n'a jamais dépassé dix pour cent ; pourtant, la carrière qu'il a turbo-chargée, comme celles de Friedrich Merz, Karl-Theodor zu Guttenberg ou Josef Ackermann, ont réinjecté dans le réseau Atlantik-Brucke-DGAP-Munich que nous venons d'examiner. En d'autres termes, Atlantik-Brucke est la branche allemande; les réunions de Bilderberg sont les racines transatlantiques qui gardent les graines idéologiques féconds du sol. Bilderberg est également un laboratoire de contrôle de la qualité pour le capitalisme euro-atlantique : filtrer le personnel, harmoniser les points de discussion et préserver la primauté de la faction d'entreprise au sein de la TCC au sens large.
IV-a. Fondation Ford: Capital-risque de l'Atlantiquenisme
“New generations would be entering positions of power with no personal memory of World War II or the Marshall Plan. To keep the alliance alive, they first had to be socialised into it.” – Zetsche (2015)
1 Public-Private by Design
Les
manuels de philanthropie présentent toujours Ford comme une
organisation caritative technocratique neutre. Le travail d'archives
d'Anne zetsche révèle le contraire : la Fondation s'est assise au centre
d'un triangle public-privé dense, comprenant le Département d'État, les entreprises du Fortune 500 et l'université d'élite – construite pour gérer la gouvernance de la politique étrangère des États-Unis. Parmar
se réfère à ce lien comme la « machinerie souple » qui convertit la
richesse des entreprises en connaissances et en personnel stratégiques.
2 Financement du nœud allemand
Ford monnaie a sous-écrit les premières conférences germano-américaines d'Atlantik-Brocke (à
partir de 1959) et des bourses qui ont alimenté les fondations de la
DGAP, du SWP et des partis. Lorsque le personnel s'inquiétait de trop
vieux, le personnel s'inquiétait de trop vieilles, ils ont ajouté des titres de Youth Fellows et
des subventions d'études « next-gen » pour reproduire la vision du
monde dans des cohortes sans mémoire vécue de gravats et
d'anti-communisme.
3 Objectifs stratégiques - Postes
La correspondance interne au début des premiers jours de la Ford Foundation a signalé deux menaces idéologiques :
Gaullistes Europe-sans-America, un bloc continental dirigé par la France.
Brandt’s early Ostpolitik—German neutrality between the blocs.
The remedy was to broaden funding for exchange programs, summer institutes, and seed grants only to candidates who could be trusted to keep one foot in Washington. By 1970, every West-German ministry employed Ford alumni; by 1980, so did the editorial boards of Der Spiegel, Die Zeit, and FAZ.
4 L'argent comme programme d'études
Contrairement
aux salons d’invitation de Bilderberg, les subventions de la Fondation
ont été accompagnées de programmes : modules d’histoire de l’Atlantique,
rétrospectives Marshall-Plan, et exposés déconnectés au Council on
Foreign Relations. Le financement a donc doublé en tant qu'orientation.
Le résultat a été un cadre qui assimilait intuitivement la sécurité européenne à la primauté des États-Unis et considérait les alternatives, telles que le non-alignement et l'autonomie européenne, comme des aberrations historiques.
Avance rapide d'une génération, et la salle de classe a déménagé des salles de séminaire Ivy vers les hôtels de conférence hors réseau. La même logique sociale persiste, mais la faculté porte maintenant quatre étoiles ou exécute des clusters de calcul de nuages ou font les deux.
IV-b. Bilderberg 2025: de la grande stratégie à la recherche de technologies et de guerres
La lignée continue. En juin 2025, la liste des invitations de Bilderberg s’est encore déplacée vers les généraux, les titans de l’IA et les planificateurs nucléaires – un signal que l’« alliance informelle » d’aujourd’hui est moins un salon et plus une salle de guerre commune.
2025 Discussion Topics: The agenda included the transatlantic Relationship, Ukraine, US Economy / Europe balance, Middle East, “Authoritarian Axis”, Defense Innovation & Resilience, AI, Deterrence & National Security, Energy & Critical-Minerals Geopolitics, Depopulation & Migration, and interestingly, Proliferation ▶︎ note the absence of the customary non.
Who set the tone? Cluster Sample participants (and current roles):
Hard Power: Mark Rutte (NATO SG), Jens Stoltenberg (ex-SG), Gen. Chris Donahue (US Army Europe-Africa), Adm. Sam Paparo (US INDOPACOM)
Surveillance-Capital: Satya Nadella & Mustafa Suleyman (Microsoft AI), Demis Hassabis (Google DeepMind), Alex Karp (Palantir), Eric Schmidt (ex-Google), Scherf Gundbert (Helsing GmbH), Peter Thiel (Thiel Capital)
Chorus des médias : Mathias D'pfner (Axel Springer), zanny Minton Beddoes (The Economist), Anne Applebaum (L'Atlantique)
The agenda’s most telling word: “Proliferation.” Not non-proliferation, but a frank recognition that nuclear sharing (Poland, Romania?) is moving from hush-hush to a talking point. Within days, GLOBSEC’s 2025 Forum (a Bilderberg-style offshoot funded by many of the same corporations but leaning toward tech and defense) released a policy brief urging NATO to
« s'étendent explicitement aux trois piliers essentiels de la dissuasion nucléaire : les capacités, la détermination et la communication. Cette approche holistique est essentielle non seulement pour dissuader la Russie dans un environnement de sécurité plus dangereux, mais aussi pour renforcer la cohésion de l'Alliance interne, assurer la confiance du public et dissuader les adversaires de tester les lignes rouges de l'OTAN. »
Un poster-enfant pour cette élite convergente de la technologie-défense est le Dr Gundbert Scherf (un participant à la réunion de Bilderberg en 2025 et à la conférence Globsec 2024):
Années 2000: Cambridge / Sciences Po / Université libre de Berlin (garniture de toilettage transatlantique standard)
2014-16: conseiller spécial, Ministère de la défense allemand
2017-20: McKinsey partner for aerospace & defence
2021- : co-founder & co-CEO, Helsing AI, Europe’s hottest battlefield-AI start-up (already piloting NATO projects)
2024-25: speaker slots at Bilderberg-adjacent fora as well as Bilderberg (GLOBSEC, MSC “innovation track”, etc.)
Scherf has never faced an electorate, yet he moves through the same Atlantic Fellowship circuit as sitting ministers: a reminder that, in 2025, key policy levers rest as comfortably in cloud-computing start-ups as in parliaments. When Bilderberg discusses a topic called “Proliferation,” Helsing’s code base is already poised to appear, months later, as the new Rules-of-Engagement paragraph in a NATO white paper.
Consider this cascade of policy-making:
Programme de Bilderberg 2025 agenda: « prolifération »
GLOBSEC 2025 forum & report: “NATO’s Nuclear Deterrence and Burden-Sharing”
Live tweet from GLOBSEC at the NATO 2025 summit:
« Alors que les Alliés font le point sur le projet de résolution, Jim Stokes, directeur de la politique nucléaire à l’OTAN, explique le rôle que joue le partage nucléaire de l’OTAN aujourd’hui dans un contexte de changement de dynamique de sécurité européenne et de débats sur le partage des charges. »
L'idée émerge pour la première fois dans une salle de bal d'hôtel à l'hôtel, réapparaît comme un thème de panel à Bratislava et se solidifie enfin en une directive opérationnelle à Bruxelles. Ces réseaux ne se contentent plus de discuter de la grande stratégie, ils la prototypent et la revendent ensuite aux ministères de la défense comme prochaine étape inévitable. Prolifération, hypersonorisation, sélection des cibles de l'IA : chaque cycle commence par une diplomatie « informelle », migre vers une note d'orientation brillante et se termine en tant que rubrique du budget d'achat de quelqu'un.
Il reste des inflexions nationales: l'immersion dans l'Atlantique n'est jamais un exercice d'ardus blanc; chaque pays importe ses propres sédiments historiques. En Allemagne, le processus a été imbriqué avec l'anti-communisme ouest-allemand résiduel et n'a été que partiellement terminé la dénazification, laissant une classe politique qui peut dénoncer Moscou comme un « ennemi éternel » (selon le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul) tout en recyclant des lignées familiales qui ont jadisée pour Gro-deutschland à Brilon ou Breslau. Ainsi, l'escalade actuelle est à la fois un acte de loyauté transatlantique et un renouveau, aussi sublimé soit-il, du nationalisme de la guerre froide ouest-allemande (et peut-être, le nationalisme pré-guerre froide). Chaque nœud du réseau d'élite porte sa propre saveur locale ; la recette, cependant, est toujours cuite à Washington.
Après avoir tracé
les dollars qui maintiennent la bande transporteuse bourdonnée, nous
pouvons maintenant regarder ces subventions se traduire en résumés
réels, à la suite de quelques décideurs allemands de leur premier
semestre financé par Ford à l'étranger jusqu'au rang de cabinet.
V. La ligne d'assemblage biographique: consensus manufacturé
Examinez les CV du cabinet de Merz, et un modèle émerge, pas seulement de jalons de carrière, mais d'empreintes idéologiques à travers trois phases distinctes de la socialisation de l'élite : trois phases séquentielles qui fabriquent un consensus. Jacob Schrot et Lars Klingbeil illustrent le processus sous deux angles, l'un à travers une procédure académique, l'autre à travers une expérience de crise, mais ils émergent avec les mêmes réflexes atlantiques.
1 Phase d'acquisition - Baptême idéologique
Des visions du monde sont progressivement établies ici. Le processus commence avec des programmes financés par les États-Unis qui ciblent les jeunes aux points de carrière ou même de manœuvre personnelle.
Jacob Schrot (Chef du Chancelier - Chef du Conseil national de sécurité nouvellement créé) - adopte l'orthodoxie de l'Atlantique par le biais des programmes:
TransAtlantic Masters, 2013-2016: Un M.A. conjoint en relations transatlantiques l'a fait passer par l'Université de Caroline du Nord, Chapel Hill, Humboldt-Universitat, et Freie Universitat, Berlin.
Washington Semestre, American University 2012-2013: Une année de recherche au programme Washington-Semester de l'American University aux États-Unis. La politique étrangère l'a laissé tomber à l'intérieur du Beltway. Matin du Black Fund allemand (un groupe de réflexion sur le plaidoyer de l'OTAN), après-midis sur Capitol Hill en tant que stagiaire à Rep. Eliot Engel (House Foreign Affairs), qui était également l'architecte en chef de la loi CAATSA/Countering America's Adversaries Through Sanctions Act.
25 ans, fondateur de l'ONG (2014): Founds Initiative junger Transatlantiker; un an plus tard, préside la Fédération des clubs germano-américains (30 anciens groupes).
Au moment où Schrot a eu 30 ans et est revenu à Berlin, sa vision du monde avait été mise dans le concret : l'OTAN et l'Atlantiquenisme étaient devenus la seule vision légitime du monde. La direction des États-Unis était un fait moral, dans la mesure où les intérêts allemands devinrent synonymes de ceux de Washington.
Lars Klingbeil (Vice-Chancelier et ministre des Finances) – apprend par la crise et la socialisation:
Stage du 11 septembre (2001, Manhattan) : La Friedrich-Ebert-Stiftung (FES) - la fondation politique du SPD - a placé l'étudiant en sciences politiques de 23 ans dans une ONG basée à Manhattan pendant les attentats du 11 septembre. Cette expérience formatrice est devenue la pierre angulaire émotionnelle de sa vision du monde atlantiste. Selon ses propres termes :
"Après cela, je me suis engagé très intensément dans la politique étrangère et de sécurité. Je suis ensuite retourné aux États-Unis à Washington et j'ai écrit la thèse de mon maître sur la politique de défense des États-Unis. Ma relation avec la Bundeswehr et mes opérations militaires ont fondamentalement changé par ces terribles attaques. Sans le 11 septembre, je n'aurais peut-être jamais découvert mon intérêt pour la politique de sécurité et peut-être n'aurait-il pas fini par faire partie du comité de la défense."
Exchange - Stavut sur les collines de Georgetown, 2002-2003: Lars Klingbeil est revenu et a participé à un programme d'échange américain en 2002-03 à l'Université de Georgetown à Washington pour étudier la politique de défense américaine ; cette exposition américaine a donné à Klingbeil une perspective transatlantique dès le début, un baptême de « capture douce » dans la pensée stratégique américaine. Durant son séjour à Washington, il a interné à Capitol Hill dans le bureau de la députée Jane Harman (alors membre du House Intelligence Committee et futur président du Woodrow Wilson Center, un groupe de réflexion lié à la CIA). Le comité permanent sur le renseignement a supervisé les programmes de surveillance de masse de la NSA et la législation sur la guerre mondiale contre la terreur après le 11 septembre.
2 Phase de conversion et ascension en réseau
Lorsque la loyauté et le respect sont récompensés par l'appartenance:
Dans la phase de conversion, nous pourrions décrire Schrot comme un réseau d'entrepreneurs. Comme on l'a dit plus haut, à l'âge de 25 ans, Schrot a fondé une ONG de jeunes (Initiative junger Transatlantiker) alors qu'elle était encore étudiante et présidait la Fédération des clubs germano-américains (30 associations d'anciens élèves). Ainsi, contrairement à la plupart, il a créé des associations transatlantiques de l'intérieur.
En revanche, Lars Klingbeil a pris un chemin plus traditionnel dans cette phase en tant que grimpeur de bord avec un léger vernis progressif, comme son membre du SPD le suggère.
De retour en Allemagne, il s'est enfoncé dans les anciennes pavées: en devenant un membre d'Atlantik-Brucke. Il est intéressant de noter que dans un rapport Atlantik-Brucke de 2018,
Klingbeil apparaît aux côtés des États-Unis. L'Ambassadeur Amy Gutman
et Friedrich Merz, aujourd'hui Chancelier de l'Allemagne, ainsi que
l'ancien chef de BlackRock Allemagne.
En résumé, Schrot fabrique un capital social d'élite tandis que Klingbeil le tape. Le résultat est le même circuit de garde-jardin mais avec un ticket d'entrée différent.
3 Phase de renforcement et reproduction systémique
Les diplômés deviennent des gardiens; la boucle se ferme.
Enfin, Jakob Schrot est maintenant le chef d’état-major du chancelier Merz et coordinateur du Conseil de sécurité nationale. Il vérifie les listes restreintes de conseillers et rédige tous les notes de sécurité. Schrot contrôle désormais les pipelines de personnel dans la Chancellerie; Klingbeil pousse un Zeitenwendefonds de réarmement de 100 milliards de dollars et relance les discussions sur un accord de blanchiment sur le TTIP-lite. Klingbeil (entre plusieurs autres politiciens allemands) a fréquenté Bilderberg 2025 (comme Friedrich Merz en 2024), sécurisant sa place au sein du réseau de chuchotements avec le SecGen de l'OTAN, les généraux américains, les PDG de la technologie qui fonctionne comme une « alliance informelle » des élites de planification politique.
Schrot choisit qui écrit les informations ; Klingbeil décide de ce qui est financé. Ensemble, ils soudaient les mécanismes politiques de l’Allemagne. Mais surtout, ils le font selon les termes de Washington. Et ils ne pouvaient pas le faire autrement avec de telles biographies.
À l'exception des incitations, il y a une autre face : l'Effet Schrader : les dissidents au discours transatlantique sont confrontés à une annihilation professionnelle. Le plaidoyer de l'ex-Chancelier pour Nord Stream 2 et la diplomatie avec Moscou l'ont amené à être privé des avantages officiels accordés aux anciens chanceliers, citant son refus de rompre les liens avec les géants de l'énergie russes comme un manquement à l'obligation de ses fonctions. En conséquence, il a été pratiquement effacé du discours des médias.
Le résultat opérationnel: un univers épistémique fermé
Cette chaîne de montage produit un alignement politique. Mais plus important encore, il fabrique une prison perceptuelle partagée. Quand une majorité de l'Allemagne et des élites politiques européennes passent par les mêmes programmes américains :
Leurs limites cognitives se rétrécissent : la détente devient « l'apprêt ». La neutralité est égale à la "collaboration". Les accords énergétiques avec la Russie sont une " trahison géopolitique"
Leurs réponses émotionnelles sont conditionnées : un fonctionnaire du Pentagone fait grimper plus de peur que la colère des électeurs. L'approbation de The Economist ut « tien d'énergie » est plus utile que le scrutin national.
Leur imagination s'atrophie : ils ne peuvent pas comprendre des alternatives comme les architectures de sécurité basées sur l'OSCE. Ils rejettent la montée de la Chine comme une « déviation temporaire » de l'unipolarité américaine.
Pire encore, ils (peut-être) ne connaissent pas cela comme une coercition. Au moment où ils entrent en fonction, l'atlantiqueisme est devenu un bon sens politique, aussi instinctif que la respiration.
La tragédie réside dans ce qui est perdu : des dirigeants comme Willy Brandt, dont les années en exil lui ont appris que la souveraineté commence par le courage de désobéir. Dans Berlin d’aujourd’hui, en revanche, il y a peu d’espace pour les politiciens façonnés par des biographies peu orthodoxes ; le pipeline produit des cadres qui n’ont plus à décider de s’y conformer, parce qu’ils ne peuvent rien imaginer d’autre. Je ne m'étonne donc pas qu'au cours d'une visite de 2022 à Washington, le vice-chancelier de l'époque, Robert Habeck puisse promettre que l'Allemagne était prête à exercer un « leadership au service » - une phrase si sûre de sa propre logique que personne n'a pris la peine de poser les questions évidentes : diriger qui, et servir quoi ?
Avant de parler de rupture des charnières, il convient de rappeler quelques dirigeants européens qui ont réussi à sortir complètement du pipeline et comment cela a élargi le domaine du possible.
VI. Des biographies qui ont autrefois élargi l'horizon et pourraient à nouveau
Le gazoduc transatlantique n'a pas toujours été étanche à l'air. Une poignée de dirigeants européens d'après-guerre se sont libérés de l'école atlantique et, ce faisant, ont élargi l'éventail de ce que leurs pays pouvaient imaginer. Leurs histoires de vie sont davantage lues comme des détours marqués par l'exil, la neutralité et le travail de décolonisation. Ils prouvent que lorsque le réseau de formation d'un politicien est construit en dehors des boucles de bourses centrées sur Washington, le menu des options politiques « réalistes » s'élargit soudainement.
Willy Brandt, l'exil qui s'agenouille
Fusionnant le Reich en 1933 et a vécu en Norvège et en Suède: Brandt a fui l'Allemagne nazie en 1933 et a vécu à Oslo et Stockholm pendant les années de guerre, travaillant comme journaliste et coupé des réseaux de clientélisme nazis et occidentaux allemands.
Socialisation politique par la démocratie sociale scandinave et la résistance norvégienne : son développement politique a été influencé par la social-démocratie scandinave et les contacts avec la résistance norvégienne, plutôt que par les institutions occidentales d'après-guerre telles que le réseau Marshall Plan.
Retour à Berlin-Ouest en 1948, courant de la constitution d'une coalition nordique: Brandt a retrouvé la citoyenneté allemande en 1948 et est devenu actif dans la politique de Berlin, apportant l'expérience de la politique de coalition scandinave.
Saw Moscow as a negotiable neighbor, not an existential foe: Brandt’s Ostpolitik (1969–74) was a pragmatic policy of détente and normalization with Eastern Bloc countries, treating Moscow as a partner for negotiation rather than an absolute enemy.
Olof Palme, the neutral who spoke
Née dans la classe supérieure de la Suède mais radicalisée dans le mouvement ouvrier : Palme est venue d'un fond de la classe supérieure mais est devenue une figure de proue du Parti social-démocrate suédois, englobant la politique du travail progressiste.
La stricte neutralité de la Suède signifiait que la franchise de la Suède avait un engagement limité avec les institutions de politique étrangère des États-Unis ; sa seule connexion notable aux États-Unis était une bourse au Kenyon College (1948-1949). Il n'est pas entré dans la porte tournante des bourses de groupes de réflexion pour faire partie de l'establishment de la politique étrangère transatlantique.
Au début de sa carrière, Palme a travaillé avec l'ONU et s'est profondément engagé avec les États nouvellement décolonisés d'Asie et d'Afrique, en matérialisant sa vision du monde autour de la justice mondiale plutôt que d'alliances atlantiques. Les conférences mondiales et sud ont plus façonné son vocabulaire moral que les sommets atlantiques.
Traspecté symétriquement les superpuissances, critiques des actions américaines comme les bombardements de Hanoi : Palme a voté ouvertement en critiquant les actions des États-Unis au Vietnam, en comparant les bombardements à Guernica, et même suspendu les relations entre la Suède et les États-Unis pendant un an tout en maintenant le dialogue avec Moscou.
Championne de la « sécurité commune » européenne en dehors de l’OTAN : Palme a plaidé en faveur d’un cadre européen de sécurité indépendant de l’OTAN, mettant l’accent sur la détente et la coopération.
Both men acquired their formative networks in settings that were geographically and ideologically peripheral to the main Atlantic indoctrination belt:
Brandt’s circle was the Nordic anti-Nazi diaspora;
Palme’s was the UN/decolonization circuit.
Parce que leur carrière était déjà viable avant que les bourses américaines ne deviennent la monnaie de l'UE, ils pourraient emprunter des outils de l'Atlantique sans adopter de réflexes atlantiques. Ces valeurs aberrantes démontrent que l'éloignement du réseau de socialisation atlantique ne garantit pas la sagesse ou une distance absolue de ceux-ci ; pourtant, avoir une biographie essentiellement extérieure élargit le pouvoir. Leurs voies se sont depuis réduite; leur réouverture est la condition préalable à toute stratégie souveraine allemande ou européenne.
Briser l'adhérence: charnières réalistes
What can be done? In a way, this will be and has to be the labor of both the people within these Western countries within the transatlantic spiderwebs, and of the newly emerging multipolar world:
Concurrence du Prestige : Dans ces premières étapes, une bourse de la paix UE-BRICS (ou juste des BRICS) avec la même allocation et la même pompe photo-op que Fulbright. Les jeunes étudiants comprennent donc que même la sécurité non-OTAN peut être bonne pour leur carrière (et même mieux pour le monde).
Mandatory multipolar secondments: No promotion to a governmental-political office without a 12-month rotation at OSCE Vienna, AU Addis, or UNIDIR Geneva.
Registre d'influence étrangère: les membres du Bundestag, par exemple, divulguent déjà leurs actions; ajouter chaque voyage financé par la fondation, les sièges au conseil d'administration et Bilderberg (et similaire).
Think-Tank Matching Fund : Le service de recherche parlementaire pour égaler les dons de l'industrie de la défense privée pour l'euro pour l'euro, la capture de dilution. Même si l'on pourrait faire davantage ici.
Ce sont des charnières qui s'ouvrent uniquement lorsque exogenous shockl'exogènechoint les cicatrisant : un défaut de paiement de la dette américaine qui met fin au financement de l'Ukraine, ou une vague de protestation, la police ne peut pas bouilloire. Cependant, aucun d'entre eux ne détruit le réseau existant. Ils insufflent un peu de pluralisme.
Closing Notes: Hegemony or Survival
The evidence traced across foundations, think-tank pipelines, and invitation-only conclaves leaves little doubt: the trans-Atlantic elite project is hard-wired for self-preservation.
Its cultural hegemony obliges Europe to underwrite a U.S.-centred imperium and the elites of all its allied countries, even when that imperium sabotages Europe’s material interests. Hegemonies rarely collapse out of ethical embarrassment; they yield only when external pressures or domestic ruptures make compliance more costly than defiance. One of three things (or all of these together) could put a dent in this machinery:
Rupture narrative d'après
Le refus organisé, que ce soit par le biais de grèves de masse, de boycotts, de réalignements électoraux ou de contre-campagnes soutenues dans les médias, peut délégitimer le consensus de l'économie de guerre et rendre l'allégeance de l'Atlantique politiquement toxique.Choc systémique à l'extérieur
Une perte décisive de la primauté financière ou militaire des États-Unis (par exemple, une fracture du pétrodollar ou une guerre indirecte ratée) obligerait les élites européennes à réévaluer leurs allégeances.Responsabilité d'en haut
Les tribunaux de type Nuremberg, aussi improbables aujourd'hui, restent le seul mécanisme qui décourage historiquement l'aventurisme d'élite en attachant le risque personnel à la folie stratégique.
Chaque échelon de leur carrière a normalisé la prochaine escalade. Les dirigeants européens contemporains ne choisissent pas consciemment la guerre perpétuelle ; ils l’héritent comme la voie la plus sûre au sein d’un écosystème qui assimile la conformité de l’Atlantique à la légitimité professionnelle.
Un appel à un nouveau circuit
Le remplacement des personnalités ne suffira pas. La tâche consiste à démanteler la ligne de réunion biographique qui commence par des échanges de jeunes financés par des fondations, gère des bourses de groupes de réflexion et met fin dans des bureaux ministériels ou des conseils d'administration. À moins que cette bande transporteuse ne soit cassée ou du moins diversifiée au-delà de la chambre d'écho atlantique, tout « visage frais » répliquera les mêmes réflexes stratégiques.
L'alternative est brutale : voyez votre nation saigner au service des élites de l'empire d'autrui ou réclamer la capacité de décider de son propre avenir.
Le choix n'est donc plus entre le statu quo et la réforme, mais entre l'hégémonie et la survie. La fenêtre pour le désalignement pacifique est peut-être en train de fermer, mais elle n'a pas encore claqué. Apprendre de l'histoire n'offre aucune garantie, mais il offre des possibilités d'interruption.
Si cette analyse vous a résonné ou vous a gêné, laissez un commentaire, transmettez-le, ou traduisez-le. La conversation sur la guerre et les élites fonctionnelles nous appartient à tous, pas seulement aux chefs de bureau dans les salles de conférence.
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