"Il n'existe rien de constant si ce n'est le changement" BOUDDHA; Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots." MARTIN LUTHER-KING; "Veux-tu apprendre à bien vivre, apprends auparavant à bien mourir." CONFUCIUS ; « Nous savons qu’ils mentent, ils savent aussi qu’ils mentent, ils savent que nous savons qu’ils mentent, nous savons aussi qu’ils savent que nous savons, et pourtant ils continuent à mentir ». SOLJENITSYNE
dimanche 29 juillet 2018
vendredi 27 juillet 2018
jeudi 26 juillet 2018
[Jefferson Airplanes and covers] White rabbit
Mon morceau culte... si vous avez d'autres reprises, merci de me les signaler :-)
La meilleure version par Grace Slick herself :
La meilleure version par Grace Slick herself :
wouaaaaah
lundi 23 juillet 2018
[Chasse aux chômeurs] Raoul : " Mon coeur ne saigne pas, il se révolte " / [ Hunting to the unemployed persons] Raoul: " my heart does not bleed, it rebels "
« Des politiques qui touchent 5.000 euros par mois décident que des travailleurs sans emploi vont devoir vivre avec 1.011 euros par mois. C’est scandaleux. C’est honteux. » Cet après-midi, au Parlement fédéral, le député PTB, Raoul Hedebouw, a exprimé sa colère contre la nouvelle attaque anti-sociale du gouvernement, qui veut intensifier la dégressivité des allocations de chômage. « Moi, mon cœur, il ne va pas saigner. Mon cœur, il se révolte. Et la révolte gronde en Belgique », a conclu Raoul Hedebouw, annonçant un automne très chaud, si le gouvernement continue avec ces mesures anti-sociales.
Source : https://www.youtube.com/watch?v=TUCVY7Ma9aM
vendredi 20 juillet 2018
[Temps de guerre ?] Paul Jorion : chair à canon pour la fortune des autocrates ? / [ War time ?] Paul Jorion : cannon fodder for the fortune of the autocrats?
source : https://www.youtube.com/watch?v=hHeTAD6xy1M
Excellente et édifiante piqûre de rappel avec Michel Collon...
source : https://youtu.be/QVJNpqXKMsA
source : https://youtu.be/_jSPkz_0UZw
lundi 16 juillet 2018
[Sommet Trump- Poutine] Rencontre & panique / [Summit Trump Putin] Meeting & Panic

A voir les réactions indignées et suffocantes de rage du système impérial US et de sa presstituée occidentale, le sommet Trump-Poutine semble avoir été une réussite. C'est en effet un véritable florilège de commentaires désabusés et de bouffées d'exaspération auquel nous assistons ; tout le Deep State y va de sa rancoeur...

John Brennan, l'ancien directeur de la CIA d'Obama et qui pourrait jouer le rôle d'une murène dans un film d'horreur, parle sans rire de "crime" et de "haute trahison". Les barbouzes n'avaient pas tant de scrupules quand ils participaient au financement de la campagne de l'hilarante, une des bombes lancées par Vladimirovitch à Helsinki.
McCain évoque "l'un des pires moments de l'histoire de la présidence américaine", rien que ça. Pour l'ancien ambassadeur de Washington à Moscou, Poutine a remporté "une fantastique victoire" tandis que les Etats-Unis ont "capitulé". D'autres appellent carrément à un soulèvement contre Trump et même, dans la bouche d'un membre du Congrès, au renversement du président par l'armée ! Délire, quand tu nous tiens...
La journaloperie de service n'est évidemment pas en reste. Dans le Fig à rot, deux journalistes notoirement russophobes s'étranglent devant le fait que le Donald ne croit pas plus que ça ses agences de renseignement, candidement qualifiées d'"institutions démocratiques" (à Langley, on doit être plié de rire). Quant à l'imMonde, il se vautre, toujours et sans surprise, dans la fange néo-conservatrice et rapportefidèlement les paroles de ses maîtres impériaux d'outre-Atlantique. Ne parlons même pas de la MSN anglo-saxonne qui manque de s'étouffer de rage.
Tout cela semble indiquer que la rencontre fut fructueuse, malgré la tentative de sabotage de dernière minute de Mueller qui a, par le plus grand des hasards et deux jours seulement avant Helsinki, sorti de son chapeau douze agents russes du GRU (c'est beaucoup pour un piratage...)
Poutine, tout sourire, a confirmé la bonne tenue des discussions - beaucoup "plus substantielles que prévues" - et Lavrov s'est lâché en les qualifiant de "mieux que super". En reconnaissant publiquement, lors de la conférence de presse, que les Etats-Unis sont grandement responsables de la détérioration des relations bilatérales et que le présent sommet était "un très bon début" dans le processus de réconciliation, Trump a dû faire perler des gouttes de sueur au front du Washingtonistan, qui n'aura d'ailleurs même pas pu avoir quelques bribes d'informations sur ce qui s'est dit étant donné que le Donald avait insisté pour que la rencontre se passe à huis clos et en tête-à-tête.
Il est évidemment trop tôt pour connaître les tenants et les aboutissants du sommet, dont nous verrons les conséquences d'ici quelques semaines voire plus. Nous savons que le dossier ukrainien a été abordé ainsi, évidemment, que la Syrie où un grand marchandage pourrait avoir lieu entre Assad et les Etats-Unis par l'entremise de la Russie : si l'Iran quitte la Syrie, nous la quittons aussi. A suivre...
Source : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/rencontre-panique
dimanche 8 juillet 2018
Le jeûne, une arme de subversion massive / The fast, the weapon of massive subversion
Source : https://medium.com/antipresse/une-arme-de-subversion-massive-antipresse-136-b6863ce771dd?mc_cid=d52fb2ac47&mc_eid=64626d08b7
Slobodan Despot
Writer and publisher. Founder, Xenia publishing in Switzerland. Chief editor, ANTIPRESSE.net.
Author, “Le Miel”, “Le Rayon bleu” (Gallimard).
Jul 7
Au début du printemps 2017, j’entamais mon jeûne d’un mois au bord du lac Baïkal. J’ai raconté cette expérience de semaine en semaine dans l’Antipresse (n° 70, 71, 72), puis j’y suis revenu en créant une nouvelle rubrique intitulée Reconquêtes (Antipresse 75). Nous avons également consacré à ce thème une conférence très populaire dans notre fief de la Vidondée. Mais le sujet est inépuisable…
Avant d’entamer ma série «légère» d’été — dès le prochain numéro — , il m’a semblé utile d’évoquer une fois de plus cette… quoi? Discipline? Diète? Thérapie? — Disons plutôt ce mode de vie. D’une part, parce que j’ai reçu tellement de courriers de lecteurs que je n’ai pu correctement répondre à tous: ceci sera une sorte de réponse générale. D’autre part, parce qu’il est utile et honnête d’évaluer une expérience sur la durée et non seulement sur ses effets immédiats.
Mais le motif immédiat de cette réflexion est le fait que je me trouve au milieu d’une huitaine de jeûne avec quelques amis dans mon fief de Vrdnik, en Serbie.
Vrdnik est un ancien village minier de la Fruška Gora, la chaîne de collines bordée par le Danube (au nord) et la Save (au sud) et qui s’étend sur toute la Syrmie (Srem) depuis la frontière croate pratiquement jusqu’aux abords de Belgrade. Ce promontoire isolé dans la très monotone plaine de Pannonie est connu pour ses 17 monastères orthodoxes, qui lui ont valu le surnom de «mont Athos serbe». Elle est en grande partie protégée en tant que parc national.
La bourgade de Vrdnik (déformation d’un mont slave signifiant «la Mine») est sa principale destination balnéaire. Elle était surtout connue pour son monastère du XVIe siècle doté d’une importance culturelle de premier plan — et bien entendu pour son charbon. Mais elle a vu son destin changer du tout au tout, au début du XXe siècle, lorsqu’un des puits d’extraction fut envahi par des eaux thermales. Ces eaux saturées de sodium, de magnésium et de sulfites jaillissent à 32,8 degrés et sont recommandées pour le traitement des rhumatismes et autres problèmes articulaires. Favorisant la convalescence postopératoire, elles ont suscité la création d’un centre hospitalier de réhabilitation.
Le centre thermal, tout comme l’hôpital, offre une émouvante relique de la gestion d’État socialiste. Le personnel y est fatigué, le mobilier encore bien davantage et l’architecture hideuse, mais la modestie des prix, la qualité et l’abondance de l’eau chaude attirent des foules venues non seulement des deux grandes villes de Serbie, Belgrade et Novi Sad, assez proches, mais encore des pays voisins. Depuis quelques années, un entrepreneur a construit tout à côté un hôtel cinq étoiles avec un spa et des soins de niveau mondial qui draine une clientèle encore plus cosmopolite.
Notre retraite se situe sur les coteaux fruitiers qui dominent la petite station. On y jouit d’un air très pur constamment brassé par les vents et de cette ambiance de campagne profonde qu’on connaissait dans la France des années 70, où les seules «nuisances» sont constituées de l’aboiement des chiens, la nuit, et du chant du coq. Dans les trois maisons qui composent le hameau, on peut loger huit personnes à l’aise, douze en mode «course d’école». En l’occurrence, nous ne sommes que quatre.
Le saut dans le vide
Le programme se compose de quatre jours de jeûne intégral (à l’eau seule), et de quatre jours de réalimentation avec de petites quantités de fruits et de légumes. Même sur une aussi brève période, c’est l’occasion de faire des observations fascinantes sur le fonctionnement de notre corps, son interaction avec l’esprit et — surtout — les métamorphoses mentales et spirituelles provoquées par le jeûne.
Je ne commenterai pas ici la manière dont mes compagnons ont vécu cette expérience, une initiation pour deux d’entre eux. La réaction au jeûne varie beaucoup de cas en cas, et l’on ne peut témoigner que de ses propres sensations. En ce qui me concerne, je l’encaisse très bien. La sensation de faim disparaît dès le premier jour, les malaises liés au passage à l’autophagie (acidose) sont légers et je ressens un élan de vigueur dû à la fois à la combustion de mes propres graisses et à l’arrêt du système digestif, gros consommateur d’énergie.
Ceci est mon troisième jeûne bref après le Baïkal, et certains mécanismes se mettent en place de manière plus rapide et familière. Avant le «saut dans le vide» d’un mois, l’an dernier, je n’avais jamais jeûné. Comme tout un chacun, j’avais des appréhensions: va-t-on tenir? Sera-t-on malade? Tourmenté par la faim, le manque, l’ennui? J’ai tenté de décrire dans mes reportages le degré d’intensité de ces détresses. Dans mon cas, il fut très faible.
Négligeable même, eu égard aux résultats. Pour ne prendre que le plus évident: en arrivant au Centre de médecine orientale de Goriatchinsk, le 20 mars 2017, je pesais 134 kilos. Au jour où j’écris, le 7 juillet, j’en ai 109. Une reprise partielle est probable dans les jours qui suivent, mais, l’un dans l’autre, ce processus m’aura permis de larguer plus de 20 kilos sans retour.
Le plus visible est rarement le plus important. Le Dr Walter Habicht, grand connaisseur de la méthode de jeûne russe et qui m’a recommandé le Baïkal, m’a rappelé récemment au téléphone que c’était avant tout pour des raisons psychiques, avant les problèmes de surpoids, que je m’étais adressé à lui. Distraction, angoisse, mélancolie: un cocktail familier aux écrivains, mais qui a détruit nombre d’esprits ou les a noyés dans les drogues. Le jeûne n’élimine pas tous ces maux, mais nous donne la ressource de les maîtriser. En le pratiquant, on comprend intérieurement son sens concret pour la vie spirituelle, un sens dont les traditions ne nous livrent que l’aspect formel et rituel.
J’ai été frappé en particulier par l’évidence de la retraite du Christ dans le désert. L’épreuve n’était pas dans la privation de nourriture, mais dans les tentations du Diable. Le jeûne était une arme pour les affronter, non un obstacle supplémentaire. Et la durée même correspond à la réserve d’un adulte de corpulence moyenne. «Après avoir jeûné 40 jours et 40 nuits, il eut faim» (Matt. 4.2). Même cette notice précise et sobre correspond à la constatation des pionniers (Shelton, Nikolaev) et des cliniciens: lorsqu’un être humain arrive au bout de ses provisions intérieures, son corps se signale par le retour de la faim. D’une simplicité évangélique!
Une révolution dans un verre d’eau
A un niveau bien plus humble, le jeûne a modifié nombre de mes habitudes, tant alimentaires que mentales. Je passe sur l’aspect nutritif, il est amplement détaillé dans la littérature — ne mentionnerai que cette exquise et improbable redécouverte du royaume des légumes! Sur le plan mental, il a entraîné des remises en question parfois abruptes et mal maîtrisées qui ont conduit à des catastrophes dans mes relations avec mes proches. De manière moins dramatique, j’ai démultiplié mon aversion pour les idées toutes faites, la pensée polarisée et les phrases-types. L’expression «pourquoi pas?» revient de plus en plus souvent dans ma tête et mes mots.
Je l’observe ces jours-ci avec mes «novices» comme je l’ai observé sur moi-même au début: le jeûne n’est pas une thérapie ni un régime, c’est le signe d’une autre conception de la vie. Par conséquent, celui ou celle qui y entre doit déposer ses vieux habits à l’entrée. La sensation est vertigineuse et angoissante, comme pour l’oisillon qui vole pour la première fois. Il s’agit, d’une certaine manière, d’un véritable saut dans le vide. Vous savez qu’il ne peut rien vous arriver, que l’atterrissage sera doux et le vol prodigieusement intéressant. Mais toute la légion des petits démons appelés Habitudes, Usages, Idées Préconçues s’efforce de vous en dissuader. Cela crée des conflits internes dont l’expression «j’ai trop faim» est la résultante. Mais lorsqu’on questionne sérieusement cette faim, au deuxième ou troisième jour, qu’on s’efforce de décrire le phénomène concret, on s’avise qu’elle ne vient pas du ventre, mais de la tête. La faim est le prête-nom de tout ce qui en nous refuse de changer.
Une retraite de jeûne pose d’abord à tout citadin un problème insoluble: un brusque supplément de temps libre. L’absence des trois repas quotidiens ajoute trois heures, en moyenne, à notre journée active. Comment les meubler? Nombre de gens ne supportent pas, dans cette soudaine irruption de calme, leur propre compagnie. Où sont nos dîners, nos grignotages, nos apéritifs? Où sont les mille distractions qui nous permettent de ne pas penser à nous?
Rester seul avec soi-même est un supplice pour l’humain moderne. C’est pourquoi la plupart des centres spécialisés, que ce soit le chiquissime Büchinger au lac de Constance (où l’on «jeûne» avec des bouillons!) ou l’austère sanatorium ex-soviétique de Goriatchinsk, imposent à leurs «patients» une prise en charge de tous les instants: gymnastique, conférences, films, briefings, promenades communes… Pourtant, l’un des apports les plus précieux d’une retraite de jeûne réside précisément dans cette redécouverte de son propre être au travers des transformations surprenantes qu’il éprouve.
D’instinct, j’avais refusé la stratégie du divertissement et réclamé, au Baïkal, qu’on me laisse seul autant que possible. Ces heures de solitude, parfois vertigineuses, se voient accentuées encore par la suspension du commerce continuel des intestins. Comme bien d’autres, j’ai découvert combien il pouvait être angoissant, mais aussi fructueux, de se retrouver seul à seul, dans le silence, avec cet inconnu: soi-même.
Notre allié venu du fond des âges
C’est dans cette solitude, à mon avis, que s’enracine l’une des vertus les plus puissantes de cette philosophie pratique, pour peu qu’on la considère autrement que comme un simple moyen de perdre du poids. Rentrant en nous-mêmes, nous redécouvrons soudain un humain archaïque et pourtant tout proche, non programmé selon les cadences et les besoins de la civilisation industrielle. Nous nous souvenons alors que nous sommes peut-être seulement la cinquième, voire la sixième génération dans notre lignée à manger trois fois par jour, avec une régularité de pendules. Comment faisaient les 100, les 200 précédentes?
Et puis nous nous détachons, aussi, de nombre de maximes que nous avions crues sacro-saintes:
Mange ta soupe! — Oui, si j’en ai envie. Si je n’ai pas envie, m’y forcer est une sottise. C’est que mon corps n’en a pas besoin.
Tu es malade? C’est qu’il te faut manger encore plus! — Faux: les animaux et les humains avertis cessent totalement de manger pour se soigner. Comme on le montre dans le reportage devenu classique de Sylvie Gilman et Thierry de Lestrade, «Le jeûne, une nouvelle thérapie?» (Arte), se priver de nourriture accroît la résistance aux chimiothérapies et consume les cellules cancéreuses.
Le jeûne fait perdre la masse musculaire. — Archifaux: toutes les études montrent que le corps s’attaque prioritairement à ses réserves de graisse.
Les pertes de poids trop brusques sont aussitôt compensées. — Oui, si l’on revient à son régime d’avant. Mais au sortir d’un jeûne, justement, on n’en a pas envie. On y revient surtout par conformisme social.
Cette réfutation de nos «bonnes vieilles habitudes de table» et de certaines représentations immuables sur le sain et le désirable dans l’hygiène de vie débouche presque nécessairement — du moins chez moi — sur une révision générale de notre relation à la collectivité. J’ai toujours été proche des idées souverainistes. L’initiation au jeûne m’a cependant permis de découvrir une souveraineté effective et immédiate, celle que personne ne peut vous confisquer: la maîtrise de votre alimentation. Une souveraineté qui ne commence pas par soi-même n’est qu’un édifice de mots.
Voilà en quoi le jeûne est en réalité un mode de vie. Il nous rend confiance dans nos propres ressources au moment où tout le «système» social qui nous entoure s’efforce de nous en faire douter. Il nous rend individuellement autonomes quand l’interconnexion et l’interdépendance s’imposent partout. Il met à notre portée une recette de bonne vie qui ne coûte rigoureusement rien au moment où la santé, dans les pays industrialisés, est devenue un business bien avant d’être un service pour autrui.
Depuis Hippocrate et jusqu’à l’aube de la Modernité, en passant par les recettes de grands-mères, nos ancêtres étaient coutumiers du jeûne. Au XXe siècle, sous le monopole de la médecine pharmaceutique, cette pratique vieille comme le monde est devenue une activité subversive se transmettant de bouche à oreille. Ses pionniers et ses prosélytes, comme Herbert M. Shelton, ont été ignorés, calomniés voire jetés en prison. En Suisse, je connais des médecins qui recommandent officieusement le jeûne avec leurs patients, mais qui n’oseraient jamais le prescrire publiquement, craignant de lourdes conséquences sur leur carrière.
Après avoir côtoyé bien des milieux engagés, j’ai fini par me détacher de toutes les «causes» qui ne mettent pas la transformation personnelle au cœur de leurs préoccupations. En sus de toutes ses vertus thérapeutiques, le jeûne est aujourd’hui l’arme de résistance la plus efficace contre le totalitarisme de la consommation et le «grand hospice occidental» que notre société assise sur la peur et les maladies est en train de devenir. Quand nous nous plaignons que «tout nous échappe», qu’on nous «interdit tout», il est bon de se souvenir qu’il est une chose essentielle qu’«ils» ne peuvent pas nous prendre: notre santé. Car nous n’avons jamais cessé, depuis l’Antiquité, d’être «notre propre médecin». Il suffit de s’en souvenir.
Crépuscule
A Vrdnik, les journées commencent au chant du coq et se terminent à la tombée de la nuit. On s’y promène dans des ruelles de campagne bordées de prunelliers, de pommiers ou de poiriers dont les fruits mûrs jonchent le sol et parfument chacun de nos pas. Quand on n’a rien mangé depuis plusieurs jours, ces odeurs nous apparaissent si denses, si profondes, qu’elles nous nourrissent. Le soir, on devise à la lumière d’une lampe à pétrole et puis l’on va calmement se coucher, avec la vague euphorie qu’éprouvent les conspirateurs et les révolutionnaires. Les choses sont plus simples qu’on ne le croit, et beaucoup plus simples que le système ne le voudrait.
Article de Slobodan Despot paru dans la rubrique «Reconquêtes» de l’Antipresse n° 136 du 08/07/2018.
jeudi 28 juin 2018
[Thinkerview] Pierre Larrouturou - Climat : les 3/4 de l'humanité menacés / [ Thinkerview] Pierre Larrouturou - Climate: 3/4 of the humanity threatened
"A priori, on est foutus mais on a encore 1 chance de s'en sortir" P.L.
dimanche 24 juin 2018
jeudi 21 juin 2018
[Israël - Palestine] Nous n’arrêterons pas de filmer, nous n’arrêterons pas d’écrire / [ Israel - Palestine] We shall not stop filming, we shall not stop writing
Par Gideon Levy, 17 juin 2018

La Knesset pourrait agir non seulement contre la presse, mais aussi contre les groupes pour les droits humains et contre les Palestiniens, les derniers témoins dans les poursuites contre l’occupation.
Nous violerons cette loi fièrement. Nous avons l’obligation de violer cette loi, comme toute loi sur laquelle flotte un drapeau noir. Nous n’arrêterons pas de documenter. Nous n’arrêterons pas de photographier. Nous n’arrêterons pas d’écrire – de toutes nos forces.
Les organisations des droits humains feront la même chose et, comme elles, nous l’espérons, les témoins palestiniens, qui seront bien sûr punis plus que tout autre. Selon le projet de loi entériné dimanche par le Comité ministériel pour la législation [mais avec quelques demandes de changements dans la formulation], les individus documentant les actions des soldats des Forces de défense israéliennes en Cisjordanie peuvent être envoyés jusqu’à cinq ans en prison, dans certaines circonstances.
Une jolie initiative, M. le député à la Knesset Robert Ilatov, démocrate du célèbre parti de la liberté Yisrael Beiteinu. Votre projet de loi prouve justement à quel point les Forces de défense israéliennes ont quelque chose à cacher, ce dont elles doivent être gênées, ce qu’il y a à couvrir, au point que même la caméra et le stylo sont devenus leurs ennemis. Ilatov contre le terrorisme des caméras et Israël contre la vérité.
Au moment où la police israélienne équipe ses agents de caméras-piéton, qui, selon elle, ont fait leurs preuves lorsqu’il s’agit de réduire la violence policière, Israël essaie d’enlever les caméras des territoires occupés, la véritable arène de son déshonneur – pour que la vérité ne soit pas exposée et que l’injustice soit minimisée.
Sans caméras, l’affaire Elor Azaria n’aurait pas existé ; sans caméras, il y aura beaucoup plus d’Azarias. C’est exactement l’objectif de la loi : avoir beaucoup d’Azarias. Ce n’est pas que la documentation réussisse à empêcher quoi que ce soit. Les forces de défense israéliennes et le public ne s’excitent plus beaucoup sur les violations des droits humains et sur les crimes de guerre dans les territoires, et la plupart des journalistes n’y prennent plus non plus d’intérêt.
Quand on pense que briser des os avec une pierre en face des caméras d’une chaîne américaine a causé un scandale pendant la première intifada ! Aujourd’hui, personne n’est perturbé par de telles images ; on peut même douter, en fait, qu’on ferait l’effort de les publier. Mais les soldats israéliens ont appris à traiter la caméra et le stylo comme l’ennemi. Si nous présentions autrefois nos cartes de presse aux checkpoints, aujourd’hui nous les cachons pour que les soldats ne nous attrapent pas, avec tous nos méfaits. Un jour, nous avons même été arrêtés.
Couvrir l’occupation aujourd’hui implique déjà de violer la loi. Les Israéliens ont l’interdiction d’entrer dans la zone A [contrôlée par les Palestiniens] et les journalistes doivent « coordonner » leur entrée avec le bureau du porte-parole des forces de défense israéliennes. Mais parce que du journalisme sous coordination n’a pas de sens, sauf pour le journalisme des correspondants militaires en Israël, nous ignorons cet ordre ridicule, nous mentons aux checkpoints, nous fraudons, nous nous faufilons, nous utilisons des tactiques de contournement et nous allons partout en Cisjordanie.
Où étiez-vous ?, demande le soldat après chaque visite à Hébron. A Kiryat Arba. Qu’est-ce que vous y faisiez ? Nous y avons des amis. Parce qu’il n’y a qu’une poignée négligeable de journalistes qui prennent encore la peine d’y aller, les autorités ferment les yeux.
Mais la technologie et l’ONG B’Tselem ont donné naissance à un nouvel ennemi : des caméras vidéos qui sont remises à des volontaires palestiniens, et dans la foulée aussi des téléphones portables, dans les mains de chaque volontaire palestinien ou de Machsom Watch. Tout d’un coup, il est plus difficile de couvrir et de mentir. Tout d’un coup, il est impossible d’inventer facilement des couteaux et d’autres dangers imaginaires après chaque assassinat futile. Qui nous sauvera ? Ilatov et son projet de loi, qui a bien sûr reçu les encouragements d’un autre démocrate célèbre, le ministre de la Défense Avigdor Lieberman.
En 2003, quand les soldats des forces armées ont arrosé à balles réelles la voiture blindée avec des plaques d’immatriculation israéliennes que nous conduisions à Tul Karm, couverte de mentions « presse », la porte-parole des forces armées d’alors, Brig. gén. Miri Regev, avait demandé à l’éditeur en chef de Haaretz, qui essayait en urgence de mettre un terme à l’incident : « Mais qu’est-ce qu’ils font donc là-bas ? ».
Depuis, Israël n’a pas cessé de poser cette question. Maintenant, la Knesset pourrait très bien prendre des mesures : pas seulement contre la presse, avec laquelle elle continue à user de prudence, mais principalement contre les organisations des droits humains et les résidents palestiniens, les derniers témoins pour les poursuites contre l’occupation. Israël est en train de leur dire : plus de preuves incontestables.
Dans les notes explicatives sur le projet de loi, il est dit, à juste titre, que les témoins à charge et les témoins oculaires visent à « briser la motivation des soldats et des résidents israéliens ». C’est exactement leur objectif : briser la motivation à voir Azaria comme une victime et un héros, à penser que le massacre de 120 personnes non armées est légal et à ne pas vouloir savoir, entendre ou voir ce qui est fait chaque jour en notre nom, dans l’arrière-cour de notre pays.
Prochainement : une loi qui interdit toute critique des forces de défense israéliennes. Ilatov est déjà en train de la rédiger ; la plupart des Israéliens approuvent certainement. Et nous, nous refuserons aussi de la suivre, bien sûr.
Traduction : CG pour l’Agence Média Palestine
Source : Haaretz
http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2018/06/20/nous-narreterons-pas-de-filmer-nous-narreterons-pas-decrire/?mardi 19 juin 2018
[Thinkerview] Jon Palais Non violence VS urgence climatique / [Thinkerview] Jon Palais Non violence VS climatic urgency
Plus largement, un chouette débat à propos de la violence et de la non-violence comme outils de changement de paradigme
Réalisateur
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dimanche 17 juin 2018
[crise sociale, écologique... et coupe du monde - humour] La Bajon s'adresse aux Français / [ Social, ecological crisis and world cup - humor] La Bajon addresses the French people
pour plus de vidéos :
https://www.labajon.com/videos/
Une source d'inspiration...
Et dans la continuité :
Livre de la semaine : “Histoire du capitalisme”

Aujourd’hui, je vous présente le livre majeur de Michel Beaud sur l’histoire du capitalisme.
Voici la critique d’Alternatives économiques et du Conflit :
Dans ces moments de crise assez dévastatrice du capitalisme, cette Histoire du capitalisme, écrite par un professeur émérite d’économie de lUniversité Paris VII, issue de cours donnés dans un premier temps entre 1979 et 1980 à l’Université de Vincennes (Paris VIII), possède le mérite, selon la volonté de l’auteur, d’être à la fois concise, assez complète, interdisciplinaire et destinée à un très large public. Décrire et expliquer le capitalisme, sans tomber ni dans l’apologie libérale, ni dans une polémique un peu vaine, dans ses nuances, dans ses aspects positifs comme dans ses aspects (très) négatifs, ce projet constitue un défi que Michel BEAUD emporte assez haut la main. Si bien que loin d’être un “résumé” d’histoire du capitalisme qui s’étend sur plus de 500 ans, cet ouvrage peut ouvrir, par sa riche bibliographie et ses notes abondantes, beaucoup de portes aux étudiants en économie.
Comme l’écrit l’auteur dans son Introduction de 1980, “il est né d’une solide conviction : on ne peut comprendre l’époque contemporaine sans analyser les profonds bouleversements qu’à apportés, dans les sociétés du monde entier, le développement du capitalisme. Il est né aussi du souci de saisir ce développement dans ses multiples dimensions : à la fois économique et politique et idéologique ; à la fois national et multi-national/mondial ; à la fois libérateur et oppressif, destructeur et créateur… Il est né enfin de l’ambition de mettre en perspective un ensemble de questions indissociables et trop souvent étudiées isolément : la formation de l’économie politique dans sa relation avec “la longue marche vers le capitalisme” ; l’affirmation de l’idéal démocratique contre les anciens régimes aristocratiques et, utilisant les nouvelles institutions démocratiques, la montée des nouvelles classes dirigeantes ; le lien entre développement des capitalismes nationaux, renforcement des mouvements ouvriers et conquêtes du monde du travail ; l’extension de plus en plus complète et complexe de la domination capitaliste dans le monde ; l’articulation entre domination de classes et domination de nations ; les crises comme indices de grippages et de blocages et comme moments de renouveaux ; notamment la “Grande Crise” actuelle.”
Plus loin dans l’introduction de la dernière édition : “Une des difficultés est que nos lectures du capitalisme sont dominées par les analyses fondées au XIXème siècle et développées dans les deux premiers tiers du XXème ; ces analyses sont donc principalement marquées par les caractères du capitalisme industriel, ce qui risque de nous empêcher de comprendre et d’analyser les évolutions en cours”.
Un coup d’oeil à la table des matières de cet ouvrage divisé en deux grandes parties (De l’or au capital et Des impérialisme à la mondialisation) suffit d’allécher la “soif de connaissances” : du pillage colonial (XVIème siècle) et de la montée des bougeoisies (XVIIème siècle) à la fin du XXème siècle en forme d’interrogation : le début d’un basculement du monde? en passant par Le Grand Chambardement (1914-1945), les éléments de réflexion historique sont posés à travers une exposition classique des faits et de multiples “propos d’étapes” plus théoriques qui permettent de faire le lien entre l’histoire et les doctrines économiques.
Réédité et augmenté, peaufiné, cinq fois, cet ouvrage permette d’avoir une idée de ce que les marxistes appellent le “sens de l’histoire” (nous préférons plutôt le terme de direction), des enchaînements des réalités tant économiques et sociales que sociopsychologiques et même philosophiques. /
La première édition de cette précieuse synthèse historico-économique est parue il y a près de trente ans. Voici la sixième. Entretemps, si le livre a un peu grossi, il est demeuré globalement fidèle au projet initial: le capitalisme, malgré les inégalités, les injustices et l’exploitation dont il est porteur, a gagné la bataille et s’est progressivement mondialisé. Il a beaucoup changé, son centre de gravité, au cours de ces cinq siècles, s’est déplacé. Mais sa logique expansionniste et accumulatrice demeure et se heurte désormais aux limites d’un monde fini. Michel Beaud souligne, dans une postface écrite pour cette nouvelle édition, les évolutions enregistrées depuis une dizaine d’années: les inégalités croissantes, l’affirmation de la Chine comme grande puissance, l’essor débridé de la finance et la crise qu’elle a provoquée. Mais c’est surtout les défis environnementaux qui, à ses yeux, sont désormais les plus importants. Pessimiste, il écrit: “Quand nos enfants s’apercevront que d’obstinés scientifiques[s’acharnant] à montrer qu’ils peuvent faire mieux que des centaines de milliers d’années de tâtonnements et d’évolution, ou mieux que Dieu, ont fait bien pire que les médecins d’Hitler “. Mais l’optimisme de la volonté finit par l’emporter, puisqu’il termine cette sixième édition sur ces mots: “un monde meilleur est encore possible”.
Sommaire :
- De l’or au capital
- La longue marche vers le capitalisme
- Le siècle des trois révolutions (xviiie siècle)
- L’irrésistible montée du capitalisme industriel (1800-1870)
- Des impérialismes à la “mondialisation”
- De la grande dépression à la grande guerre (1873-1914)
- Le grand chambardement (1914-1945)
- Le grand bond en avant du capitalisme (1945-1978)
- Fin du XXe siècle : le début d’un basculement du monde ?
- Au seuil du XXIe siècle
- 2000-2010 : l’amorce d’un chambardement planétaire
source : https://www.les-crises.fr/livre-de-la-semaine-06/
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