dimanche 10 décembre 2017

Le CRIF ne représente pas les Juifs de France. Il nous mène à la catastrophe + 50 ans d'occupation israélienne : le Parlement européen criminalise le délit d'opinion ! / The CRIF does not represent the Jews of France. It leads us to the disaster / + 50 years of Israeli occupation : the European Parliament criminalizes the thought crime!



vendredi 8 décembre 2017 par le Bureau national de l’UJFP
L’UJFP s’adresse solennellement aux Juifs de France.
Donald Trump vient de violer un peu plus le droit international en reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël et en mettant fin pour longtemps à toute perspective de paix fondée sur l’égalité des droits et la justice au Proche-Orient.
Il confirme son alignement complet sur les Chrétiens sionistes américains (qui sont des antisémites) et sur un gouvernement israélien d’extrême droite qui a totalement libéré la parole raciste ou la déshumanisation de « l’Autre ».
La dernière déclaration du CRIF demandant que la France imite Trump est ahurissante.
Le CRIF est issu de la résistance. Il a été fondé avec le souci de représenter les Juifs de France dans toute leur diversité après le génocide nazi. Cette diversité était encore perceptible quand Théo Klein en était le président (1983-89). Théo Klein a rompu avec le CRIF en 2012.
Le CRIF est devenu, à l’image de l’AIPAC aux Etats-Unis, une officine totalement inféodée à l’extrême droite israélienne. En 2001, l’ancien président Bush avait déclaré « la guerre du bien contre le mal », le mal étant les Arabes, les musulmans, le Tiers-monde. Le CRIF essaie d’enrôler les Juifs de France dans ce camp-là, ce qui est une rupture complète avec leur histoire. L’histoire des Juifs de France, c’est la lutte pour l’émancipation. Elle est marquée par l’acquisition de la citoyenneté pendant la Révolution Française, par l’Affaire Dreyfus pendant laquelle les Juifs ont reçu le soutien de la partie progressiste de la société française, par la résistance juive au nazisme, par l’engagement massif de Juifs dans des combats pour l’égalité et la justice sociale.
Faut-il énumérer les actes les plus scandaleux et les déclarations racistes du CRIF ?
En 2002, l’ancien président du CRIF Cukierman a déclaré que le score de Le Pen était « un message aux musulmans leur indiquant de se tenir tranquilles ». Le 31 décembre 2016, William-Gilles Goldnadel, par ailleurs avocat de Florian Philippot et Patrick Buisson (qui a dirigé pendant des années le torchon antisémite « Minute ») explique que : « des colonies de peuplement, contre l’avis des autochtones, il y en a en Seine Saint-Denis. Un Juif est moins étranger en Judée ».
Faut-il rappeler les campagnes haineuses contre Jean Ferrat (dont le père a été assassiné à Auschwitz) accusé d’avoir écrit une chanson antisémite (Nuits et Brouillard !) ? Ou la campagne contre Charles Enderlin accusé d’avoir « trafiqué » les images sur la mort du petit Mohammed al-Dura à Gaza en 2000 ?
Faut-il rappeler ces « dîners du CRIF » où les responsables politiques qui le souhaitent s’y rendent, mais se doivent de faire allégeance et où les rares autres responsables qui osent émettre le moindre doute sur la politique israélienne se font instantanément traiter d’antisémites ?
Non seulement le CRIF soutient une politique raciste contre les Arabes et criminelle contre les Palestiniens, mais cette politique est totalement suicidaire pour les Juifs que le CRIF met sciemment en danger. Cette politique tourne délibérément le dos à la demande légitime de sécurité à laquelle elle prétend répondre.
Quand Nétanyahou explique aux Juifs de France que leur pays, c’est Israël et qu’ils doivent partir, on est ahuri du silence d’approbation du CRIF : aucun antisémite depuis Vichy n’avait osé dire aux Juifs qu’ils n’étaient pas chez eux en France. Est-ce la position du CRIF ? Le CRIF soutient-il la loi qui va être présentée à la Knesset faisant d’Israël l’Etat-Nation du peuple juif, excluant les Palestiniens et transformant les Juifs de France en étrangers dans leur propre pays ?
Quand Nétanyahou fait une déclaration totalement négationniste (21 octobre 2015) à savoir qu’Hitler ne voulait pas exterminer les Juifs et que c’est le grand Mufti qui lui aurait soufflé cette solution, on est stupéfait par le silence du CRIF, qui prétend pourtant défendre la mémoire du génocide.
L’UJFP s’adresse aux Juifs de France : vous avez une histoire, une mémoire, des identités multiples. Votre place n’est pas au côté d’une officine raciste qui soutient inconditionnellement l’occupation et la destruction de la Palestine. Officine qui essaie de vous séparer des victimes du racisme quotidien.
Si vous n’êtes pas persuadés que la politique du CRIF est immorale et tourne le dos à toutes les valeurs juives, soyez persuadés qu’elle vous met sciemment en danger.
La place des Juifs de France, c’est d’être au côté de toutes les victimes du racisme ou du colonialisme, c’est d’être pour le « vivre ensemble » et l’égalité des droits. En France et au Proche-Orient.
Le Bureau national de l’UJFP le 8 décembre 2017

le Bureau national de l’UJFP

Articles de cet auteur

source : http://www.ujfp.org/spip.php?article6053


En outre... l'article suivant ne manque pas de sel :

50 ans d'occupation israélienne : le Parlement européen criminalise le délit d'opinion!

6 JUIN 2017 PAR REGISTER BLOG : RESISTEZ !

Ce 1er juin le Parlement européen a voté, à une très large majorité, une nouvelle résolution sur l’antisémitisme qui criminalise une fois de plus le délit d'opinion, sous la pression des lobbies hyperactifs pro-israéliens. Il y a maintenant 50 ans, le 5 juin 1967, Israël lançait une offensive militaire de conquête aux conséquences dramatiques pour la paix mondiale ..... mais exige le silence !

Ils l'ont fait ! La seule instance démocratique européenne, le Parlement, vient de criminaliser le délit d'opinion. De la social-démocratie à l’extrême droite souverainiste et antisémite, tous les groupes ont voté en faveur d'une nouvelle résolution sur l'antisémitisme, à l’exception notable de la Gauche Unitaire Européenne et des Verts.
La résolution, par le biais du paragraphe 2, fait siens les critères proposés par la très sioniste International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA) pour définir l’antisémitisme. Si celle-ci reconnaît que l’antisémitisme, c’est la haine du Juif en tant que juif, le paramètre de la définition ne s’arrête pas là : « Nier au peuple juif (sic) le droit à l’autodétermination, en prétendant par exemple que l’existence de l’État d’Israël est une entreprise raciste » relèverait de l’antisémitisme. « Avoir deux poids deux mesures en demandant de l’Etat d’Israël un comportement que l’on attend ni ne demande de n’importe quelle autre nation démocratique (sic)». Antisémitisme !

Le vote de cette résolution nous rappelle, qu’en France comme en Europe, "le droit à la critique d’Israël fait partie de la liberté d’expression politique en général, un acquis aussi précieux que fragile qu’il nous faut défendre à tout prix". Comme le souligne énergiquement l'UJFP (Union des Juifs Français pour la Paix).

Petit rappel sémantique :

- l'antisémitisme est un délit

- l'antisionisme est une opinion

Formulé vers la fin du XIXe l'antisémitisme désignait à l'origine le racisme à l'encontre des peuples sémites mais ne visera en réalité que les Juifs. La création d'un Etat juif (Israël), puis ses exactions permanentes : colonisation, racisme anti-arabe, apartheid, non respect du droit international, massacres, etc ... a amené de nombreuses voix dans le monde à dénoncer cette politique criminelle.

Celle-ci étant totalement indéfendable il fallait trouver comment faire taire ces voix à tout prix. Ce sera l'accusation d'antisémitisme dès lors qu'on osera critiquer le régime d'extrême droite israélien ! 

Ainsi, que ce soit en Israël même, chez les politiciens français ou dans les media, tout démocrate, tout humaniste, risque de se voir désormais traité d'antisémite par un lobby aux dents longues et sa propagande honteuse. 

Cette dérive sémantique est tout à fait symbolique de l'utilisation qui est faite du sens des mots par ceux qui sont au pouvoir et qui tentent là de transformer systématiquement une opinion (critiquer la politique d'Israël) en un délit (l'antisémitisme). Ainsi le "délit d'opinion", propre des dictatures, s'est peu à peu infiltré dans la République. 

Avec des conséquences :

- en parlant d'antisémitisme pour tout et n'importe quoi ils ont fini par en affaiblir le sens, et même le ridiculiser, tout en confortant les vrais antisémites

- le caractère obsessionnel de leur croisade, leurs propos souvent délirants, vont jusqu'à produire de fausses agressions antisémites !

- mais surtout cette chape de plomb prive les Français des informations et des prises de position qui leur permettraient de mieux comprendre la situation : l'horreur en Palestine, la guerre coloniale, le mouvement BDS, les résistants israéliens, la complicité des dirigeants français, leur soutien aux assassins, etc ...

Il semble, hélas, que dans la droite ligne de Valls, Macron et son mouvement En Marche sont décidés à céder eux aussi aux lobbies pro-israéliens. Ainsi deux candidats aux législatives viennent d'en être écartés pour avoir soutenu le mouvement boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) et réclamé la séparation du CRIF et de l'Etat, ou demandé un embargo économique envers Israël.

Justement, ces élections doivent aussi être l'occasion pour les citoyens d'interpeller les candidats. S'engagent-ils à reconnaître enfin les droits des Palestiniens, à exiger le respect du droit international par Israël, à mettre au pas les lobbies et à nous rendre le droit d'exprimer notre opinion ? 

Claire Vérilhac

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

https://blogs.mediapart.fr/register/blog/300517/50-ans-doccupation-israeliennele-parlement-europeen-criminalise-le-delit-dopinion

dimanche 3 décembre 2017

Alain Soral continuera-t-il à refuser le débat ? / Will Alain Soral continue to refuse the debate?


  •  
  •  
  •  
J’ai proposé à Alain Soral un débat public. Je lui ai envoyé mon nouveau livre « Pourquoi Soral séduit » qui critique le sien « Comprendre l’Empire ». Soral semble répondre qu’il refuse de débattre car il n’a pas de temps à perdre avec moi.

Pour justifier sa dérobade, Soral avance trois arguments :
1. Avant même d’avoir reçu mon livre, il « devine déjà » ce qu’il y a dedans. Trop fort !
2. Il se cache derrière plusieurs auteurs qui, soi-disant, « ont déjà répondu pour moi à ses critiques » (Atzmon, Clouscard, Mearsheimer & Walt, Faurisson, Sombart). Désolé, mon livre ne parle pas de ces questions !
3. Débattre serait, dit-il, « affaiblir un peu plus le combat anti-impérialiste par d’inutiles polémiques ». Mais pas du tout ! Pourquoi aurions-nous peur de permettre aux gens de se faire leur opinion afin de mieux lutter contre l’impérialisme ?
Toujours sans avoir lu mon livre qui le critique, Soral prétend : « Pour le reste, Michel Collon et moi sommes à peu près d’accord ». Faux. Ceux qui ont déjà pu lire mon livre ont compris que nos visions de la société et de l’alternative divergent considérablement.
Mon but avec ce livre ? Expliquer de manière rigoureuse et pédagogique le fonctionnement du système capitaliste. Ne pas se contenter d’un coup de gueule « Tout ça, c’est un complot des banques, des illuminati et des juifs ». Ces idées complotistes peuvent exprimer un sentiment de révolte mais passent à côté des mécanismes profonds du capitalisme.
Une véritable analyse des règles économiques et politiques fondamentales est indispensable pour préparer la contre-attaque et changer de système. Voilà l’enjeu. Un mouvement populaire large, solidaire, anti-impérialiste, antiraciste, antisexiste, pour l’égalité, l’amitié entre les peuples et la justice sociale. Or, je montre dans mon livre qu’au fond, Alain Soral défend le capitalisme à condition d’en changer les dirigeants. Illusion !
Je pense qu’il craint la confrontation. Car, au contraire de ce qu’il affirme, elle démontrera que Alain Soral et Michel Collon, ce n’est pas le même combat.
Soral n’a « pas de temps à perdre avec moi » ? Mais il ne s’agit pas de moi, il s’agit de tous ces gens qui se posent beaucoup de questions ! Je n’ai pas écrit un livre contre Soral. Mais pour les gens. Clarifier le débat et nous armer tous pour la résistance.
« J’ai plus important à faire, », écrit Soral. Qu’y a-t-il donc de plus important que de permettre aux gens de confronter les visions sur ces problèmes et décider comment ils souhaitent lutter ?
Je renouvelle mon appel au débat public. Calme, objectif et respectueux.


Suivre les réactions sur le compte Facebook de Michel Collon & Investig’Action

Nouveau livre de Michel Collon 


source : https://www.investigaction.net/fr/alain-soral-continuera-t-il-a-refuser-le-debat/

jeudi 30 novembre 2017

Terra incognita 2017 : cette année, 12 candidats expérimentent 3 semaines de régénération sous la supervision de Thierry Casasnovas / Terra incognita 2017: this year, 12 candidates experiment 3 weeks of regeneration under the supervision of Thierry Casasnovas

Regenere / Thierry Casasnovas

12 personnes en quête d'une meilleure santé au moyen, principalement, de l'alimentation.
Episodes à venir au cours des trois prochaines semaines. En perspective : de la joie, de la peine... et des surprises ?

Le forum du site Regenere : http://regenere.org/forum/
Les informations présentées dans cette vidéo sont tirées d'abord d’une synthèse d’ouvrages, articles et/ou publications scientifiques,. Par ailleurs, Thierry Casasnovas fait profiter de son expérience personnelle les auditeurs de cette vidéo au titre de « la libre communication des pensées et des opinions », droit et devoir citoyen par excellence. Ces éléments d’information ne prétendent bien sûr pas à l’exhaustivité et n’engagent que l’opinion de leurs auteurs, chaque lecteur étant libre de conserver, comme il se doit, son esprit critique, sa liberté d’opinion et son libre arbitre. Ces avis et opinions ne consistent pas davantage en une consultation médicale, mais en un message citoyen portant sur la forme, la santé ou le bon fonctionnement de l'organisme , les auteurs souhaitant partager leur expérience et compréhension personnelles. Les auteurs ne sont donc en aucun cas responsables de l’utilisation qui pourrait être faite de ces informations. Retrouvez toutes ces vidéos sur le site http://regenere.org. N'hésitez pas à vous abonner et partager ces vidéos si elles vous inspirent ! un extracteur de jus aux meilleurs conditions ? : https://regenerescence.com/ "Ce n'est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort , qu'ils ont raison " Coluche "On ne change jamais les choses en combattant la réalité existante. Pour changer quelque chose, construisez un nouveau modèle qui rendra inutile l'ancien." Buckminster Fuller Linus Pauling, prix Nobel de la paix et prix Nobel de chimie : «L’alimentation optimale est la médecine de l’avenir».


la suite sur http://regenere.org.

mercredi 29 novembre 2017

[Belgique, Wallonie, Liège] Interpellation des Conseils communaux sur le plan d'urgence en cas d'accident atomique / [ Belgium, Wallonia, Liège] Questioning of the municipal Councils about the emergency plan in case of atomic urgency

Interpellation des Conseils communaux sur
le plan d'urgence en cas d'accident atomique

Bouli Lanners, porte-parole de FDN et du RAN, a interpellé le Bourgmestre et le Conseil communal de Liège sur le plan d’urgence en cas d’accident atomique, le lundi 27 novembre 2017.
Cette interpellation est la première d’une longue série à faire dans toutes les communes de Belgique par tout citoyen conscient du risque inacceptable que nous fait courir la filière de l’énergie atomique. Contactez-nous pour savoir quels membres de Fin du nucléaire habitent votre commune afin de vous organiser au mieux (voir la rubrique Contact).
Pour vous aider dans votre démarche, nous mettrons à votre disposition, en plus de l’interpellation de Bouli Lanners, une série de questions à poser ainsi que d’autres documents. Nous vous suggérons de joindre ces questions écrites à votre interpellation (après les avoir adaptées à la situation de votre commune).
Sommaire

L'interpellation de Bouli Lanners du 27 juin 2017 au Conseil communal de Liège retour au sommaire

– Au format PDF (pour imprimer)
– Écouter (ce document sonore est d'assez mauvaise qualité, nous espérons avoir mieux d'ici peu)
Bonjour, mon interpellation va porter sur le plan d’urgence et les mesures mises en place par la ville de Liège en cas d’accident nucléaire de type « INES-7 », à la centrale de Tihange ou à la centrale de Doel.
Nous savons qu’il y a la loi de 2003 qui traite de ce plan et que les différents niveaux de pouvoir sont impliqués.
Nous avons lu la loi de 2003. Celle-ci ne répond à aucune de nos questions de citoyen liégeois.
Du coup, nous avons contacté la province de Liège et voici leur réponse :
« Vous n’êtes pas sans savoir que même si une crise nucléaire est gérée au niveau fédéral, un des acteurs clé reste le bourgmestre. Le gouverneur n’étant qu’un intermédiaire/coordinateur entre le niveau fédéral et le niveau communal. Vous comprendrez aisément qu’il est impossible pour le gouverneur et ses services de répondre à toutes les sollicitations que le contexte actuel concernant le nucléaire suscite. Je ne puis dès lors que vous conseiller de vous adresser directement à votre bourgmestre ».
C’est pourquoi, je m’adresse directement à vous, monsieur Demeyer.
Pour rappel.Il y a sept niveaux sur l’échelle internationale des événements nucléaires. Mais le plan d’urgence fédéral ne prend en compte que les cinq premiers niveaux. C’est à dire, au pire ou au mieux, jusqu’INES-5 c’est-à-dire un accident avec un rejet radioactif limité. Dans ce cas, on n’évacue que dans un rayon de 10 km autour de la centrale. Mais je le rappelle, ce plan ne tient compte que des cinq premiers niveaux.
Nous avons des réacteurs à Tihange et à Doel, dont les durées de vie ont déjà été prolongées de dix ans et même de 20 ans pour trois d’entre eux.
Les cuves des réacteurs Tihange 2 et Doel 3 sont fissurées. De nombreuses pannes, avaries et mises à l’arrêt de plusieurs des réacteurs se sont produites ces dernières années.
De plus, il y a fort à parier qu’après 2025, madame Marghem voudra encore prolonger la durée de vie de ces centrales de dix années supplémentaires. La FEB est très claire là-dessus et la NVA aussi.
Sans compter les possibles attaques terroristes ou sabotages comme celui survenu à Doel 4.
Compte tenu de tous ces éléments, il me paraît légitime de se poser quelques questions relatives à la sécurité.
Si on envisage donc un accident de type INES-6 ou INES-7, on peut tenir compte de l’expérience que nous ont apportée Fukushima ou Tchernobyl. À Fukushima, la zone d’exclusion a été portée progressivement à 20 km et à Tchernobyl à 30 km. Mais dans les 2 cas, des villages situés à plus de 50 km ont fini par être évacués. La ville de Fukushima (300.000 habitants) située à plus de 60 km aurait dû être évacuée car le niveau de radiation excède largement la norme internationale.
Liège est à 25 km à vol d’oiseau au nord-est de Tihange.
On a chez nous en majorité des vents du sud-ouest. La vitesse moyenne du vent à Liège est de 17 km/h, ce qui veut dire que, s’il a un accident grave à Tihange, le nuage radioactif est sur Liège en une heure et demie.
Avec mes amis nous avons préparé une liste de plusieurs dizaines de questions précises à vous poser pour nous permettre de comprendre, nous citoyens liégeois, ce que nous devrons faire en cas d’accident nucléaire. Je sais que le temps qui nous est imparti ne nous permet pas de les aborder toutes.
Je vais donc en poser quelques-unes, un peu au hasard. Et pour le reste, nous allons les rendre publiques sur les sites de Fin du nucléaire et du RAN, pour que tout le monde puisse y avoir accès, bien tranquillement. Et ce sera relayé par d’autres associations comme Greenpeace, Attac, les Amis de la Terre, le mpOC, le Grappe et ACC par exemple.

Les cas de figure

En cas d’accident nucléaire grave, il y a trois cas de figure possible.
  1. Un confinement de la population concernée.
  2. Une évacuation de la population concernée.
  3. Une évacuation de la population après une période de confinement.
La première question est de savoir qui décide du cas de figure à adopter, à quel moment, à quelle condition, sachant que la situation ne sera pas la même au même moment dans toutes les villes de Belgique et de la province de Liège. En sachant aussi qu’au moment de l’accident de Tchernobyl, il n’avait pas d’accord sur les mesures à prendre en Belgique suite à la contamination du territoire.
Personne n’arrivait à communiquer de manière claire et précise.
Vu le manque de coordination entre les pouvoirs, toutes les informations se contredisaient. Pour information, il n’y a pas un site aujourd’hui qui explique la procédure à suivre, mais quatre. Et ils ne disent pas tout à fait la même chose.
Je voudrais donc savoir, vous, à Liège à partir de quelle dose de radiation en millisievert vous allez faire évacuer la ville.
Et puis je voudrais savoir comment on prévient la population de l’accident. Surtout si l’accident a lieu la nuit.

En cas de confinement

Il est conseillé de prendre les pilules d’iode, deux heures avant l’arrivée du nuage radioactif. Donc, avec un vent moyen, même si la population est informée au moment même du rejet d’iode radioactif, on aura déjà une demi-heure dans la vue.
Prenons les enfants par exemple. Les enfants et les femmes enceintes, sont les plus sensibles aux rayons.
Si l’accident a lieu pendant la journée, les enfants sont donc confinés à l’école. En cas d’accident, ils doivent prendre l’iode tout de suite. J’aimerais savoir où sont stockées les pilules dans tous les établissements scolaires de la ville. Mais aussi dans tous les lieux publics, dans les salles de sports, les terrains de foot, les crèches, les administrations, les entreprises, la piscine...
Si l’accident a lieu la nuit. Même chose, il faut prendre l’iode tout de suite. Au moment de l’accident. J’aimerais savoir si les gens ont été mis au courant qu’ils doivent avoir un stock de pilules chez eux.
Puisqu’ils n’auront pas le temps d’aller dans une pharmacie qui de toute façon sera fermée puisque c’est la nuit.
J’aimerais savoir par qui l’information est formulée et comment elle est communiquée. Je voudrais savoir aussi si l’information a été donnée que tout le monde ne peut pas prendre des pilules d’iode. Notamment les personnes âgées et celles qui souffrent de problèmes thyroïdiens.
Je voudrais aussi savoir si on s’est assuré que les stocks de pilules d’iode sont suffisants pour la population liégeoise, notamment en cas de prolongation de l’accident. C’est-à-dire s’il faut prendre des pilules d’iode plusieurs jours de suite.
J’ai été vérifier dans plusieurs pharmacies, et ça ne semble pas être le cas.

En cas d’évacuation

Je voudrais savoir d’abord comment on évacue une ville de deux cent mille habitants dans une agglomération de 700.000 qui devra aussi être évacuée.
On va où ? En Allemagne ? En Hollande ?
Où s’arrête-on ?
Qui nous accueille ?
Est ce qu’il y a des accords interrégionaux pour ce genre de cas de figure ?
Comment on part ? En voiture ? En train ? En autocar ?
Que peuvent prendre les gens avec eux ?
Qu’est ce qu’ils ne peuvent pas prendre ?
Et qui va contrôler ça ?
Qui organise ?
Qui décide des itinéraires ?

La réserve stratégique humaine

Les Japonais sont connus pour être respectueux de la loi et des règles. Pourtant, à Fukushima, beaucoup de cas de « désertion » ont été relevés. Il manquait notamment à l’appel des centaines d’infirmiers et médecins.
Je voudrais savoir, comment vous allez garantir le maintien sur place des forces de l’ordre, des pompiers et des services de santé.
Je voudrais savoir comment les hôpitaux et les maisons de retraites vont être évacués.
Pour ceux qui ne peuvent pas être évacués, je voudrais savoir comment vous allez désigner ceux qui vont rester sur place, en sachant que ceux-ci seront condamnés. Mais est-ce qu’ils le savent, eux ?
Il a fallu 800.000 liquidateurs pour contenir les rejets du réacteur de Tchernobyl. J’imagine qu’ils n’ont pas 800.000 pompiers à Huy, nos pompiers vont certainement être rappelés en renfort. Ils ne suffiront pas, on fera certainement, comme à Tchernobyl et à Fukushima, appel à des volontaires.
Je voudrais savoir si nos pompiers et ces volontaires sont formés à ce genre d’exercice. Si oui, quand est-ce qu’ils ont fait leur dernier exercice ? Est ce qu’ils ont l’équipement adéquat ? Est-ce qu’il y a de l’équipement adéquat pour tous ?
Les pompiers et les volontaires, ne pourront rester au feu qu’une toute petite période. En effet, après une demi-heure ou un peu plus, ils auront pris la dose de radiation maximale « recommandée » (250 millisieverts) et devront être remplacés.
Que vont devenir ces pompiers et ces volontaires après la demi-heure passée au feu ? Où allez vous les évacuer, qui va s’en occuper et qui va les remplacer ?
Je voudrais savoir, messieurs les échevins, monsieur le bourgmestre, si vous, vous allez rester à Liège ou, comme le gouvernement Pierlot en 1940, si vous allez vous exiler pour pouvoir gérer les affaires au mieux ?

Un accident grave survient non pas à Tihange mais à Doel

On a là un million et demi de personnes qui doivent fuir Anvers et son agglomération.
Bon, disons qu’on en accueille un dixième, soit 150.000 personnes, soit les trois quart de la population liégeoise.
Là, je n’ai qu’une question. On fait comment ?
Voilà en gros quelques questions.
Je rappelle qu’une liste non exhaustive de questions sera bientôt disponible pour tout le monde sur les sites de Fin du nucléaire et du RAN.
Et je vous remercie de votre écoute, monsieur Demeyer, mesdames messieurs les échevins, mesdames messieurs les conseillers.

Conclusion

Le propre de la prévention c’est « espérer que ça n’arrive pas, mais être prêt si ça arrive ».
Il est étonnant de voir qu’on ait pris tant de mesures de prévention en cas d’incendie, partout, mais qu’en cas d’accident atomique, rien ne soit fait.
En parler génère le malaise.
Parce qu’on se rend compte qu’en cas d’accident, c’est le bordel le plus total. C’est pourquoi, le plan fédéral ne va que jusqu’à INES-5, parce qu’au delà de INES-5, personne ne sait gérer la situation dans un pays où 7 millions et demi de gens vivent à proximité des réacteurs.
Alors de deux choses possibles, il nous en reste une à faire.
Soit, il reste à prier. Et tant pis pour nos amis namurois, carolos, montois, bruxellois, gantois, anversois et ostendais, il nous reste à prier pour que ce jour-là, il souffle un vent d’est.
Soit, nous pouvons travailler ensemble, comme à Aix-la-Chapelle et comme à Maastricht. Nous pouvons travailler ensemble afin que cette situation ne puisse jamais arriver. Travailler ensemble vous et nous, pour faire pression afin de demander l’arrêt immédiat des réacteurs les plus dangereux, les trois réacteurs les plus vétustes, Tihange 1, Doel 1 et 2 et des deux réacteurs fissurés, Tihange 2 et de Doel 3.
Faire de Liège la première ville de Belgique qui dit non au nucléaire.
Voilà. La balle est dans votre camp. Merci.

Questions écrites retour au sommaire

    À venir...

Textes de loiretour au sommaire

Médiasretour au sommaire

    Reportage télévisé sur l'interpellation de Bouli Lanners, sur le site de RTC.

source : http://findunucleaire.be/echo/interpellation.htm