mardi 7 avril 2015

Parlons un peu de la sous-démocratie française / let's talk a little about french sub-democracy


Par Yovan Menkevick 19 mars 2015
Source : http://reflets.info/parlons-un-peu-de-la-sous-democratie-francaise/


laver-cerveau














En France, nous vivons dans une démocratie. Nous vivons dans une démocratie, parce que nos libertés sont garanties, en apparence : celles de déplacement, d’opinion et d’expression, de la presse, de la propriété privée, de la vie privée.
Mais il se trouve, qu’en quelques années, ces « garanties démocratiques », bien qu’établies sur le papier, se sont dégradées. Fortement. Pas pour tout le monde. Pas de la même manière pour tous. Mais le constat est là. Si nous effectuons une photographie des libertés démocratiques françaises en ce mois de mars 2015, il y a de fortes chances qu’elle soit très floue et mène à réviser le jugement précédemment énoncé. Nous vivons en réalité dans une sous-démocratie. Une démocratie qui a le  goût, la couleur, l’apparence, de la démocratie, mais qui n’est plus celle que nous connaissions, il y a quelques années encore. Même si elle était imparfaite et incomplète. Détail de la photo.

Rupture des contrats

Une démocratie, même représentative, a vocation à maintenir un contrat entre ceux qui demandent la confiance du « peuple » (les électeurs) et ce même peuple. Le plus connu est le contrat social et nous en avons déjà parlé dans les colonnes numériques de Reflets. Celui-ci est largement entaillé, avec un gros canif. Mais au delà du contrat social, il y a d’autres contrats qui ne peuvent pas normalement être rompus, dans une démocratie. Celui de la séparation de l’exécutif politique et de la justice, ce qu’on appelle « l’indépendance de la Justice ». Les contrats d’une démocratie comme la démocratie française sont donc nombreux, et l’on peut, en vrac, citer l’égalité de droit, devant la justice, la non-discrimination, l’accès aux services publics, la liberté d’expression, la propriété privée, la liberté de circulation, la protection de la vie privée. Le problème est que ces quelques exemples de contrats de « droits et de libertés » sont tous, aujourd’hui, quasi intégralement, rompus.
736965401_smallL’égalité devant la justice n’est plus qu’une vaste fumisterie, il suffit de s’intéresser aux verdicts énoncés à l’encontre de personnalités influentes, du monde économique ou politique comparés à ceux énoncés pour le vulgaire citoyen pour s’en rendre compte. Si vous n’êtes pas noir ou arabe, vous devriez faire l’expérience de vous promener dans une grande ville comme Paris en tant que tel (dans la peau de…) : les contrôles pour cette partie de la population sont permanents, les vexations policières généralisées. La discrimination est institutionnalisée au sein des forces de l’ordre. Faire l’expérience de vivre un temps dans une banlieue pourrie d’une grande ville permet aussi de comprendre que l’accès aux services publics n’est plus du tout un droit, mais un parcours du combattant. Comme dans certaines campagnes, mais d’une autre manière. La liberté d’expression a été depuis peu largement réduite : le législateur a fait basculer des propos contestables, du délit de presse vers le pénal, et il suffit, sur Internet, de ne pas soutenir la thèse gouvernementale sur les événements du Moyen-orient pour risquer une censure administrative, sans juge, et donc totalement politique.
controle-faciesLa possibilité de mettre « sur écoute » votre logement sans qu’un juge ne puisse examiner votre cas, laisse entendre que n’importe quels barbouzes un peu zélés sont désormais protégés juridiquement pour surveiller qui ils veulent, avec toute l’approximation et la subjectivité [parfois motivée par des convictions idéologiques ?] desdits barbouzes. Qu’ils fassent un métier difficile, ces personnels du renseignement, n’est pas une raison pour leur donner tous les droits, sans contrôle. En tout cas, dans une démocratie normale, bien qu’imparfaite. C’est donc dans une sous-démocratie que cela est possible.
Circuler en France est devenu une gageure, entre les robots contrôleurs de vitesse, la fouille des coffres des véhicules, les placements en garde à vue des automobilistes qui contestent l’attitude parfois provocatrice des forces de l’ordre, les règles incompréhensibles et le racket organisé des municipalités sur les stationnements, qui peut encore croire que la liberté de circuler est garantie [correctement] dans ce pays ?
Quant à la vie privée, sachant qu’elle passe énormément par Internet et qu’Internet est désormais déclaré ennemi national, que l’Etat peut aller fouiller les données de chaque citoyen sans qu’aucune autorité judiciaire ne puisse autoriser ou non cette surveillance, il est bien clair qu’elle n’existe plus.

Terroriser la population, c’est démocratique ?

Manuel Valls est venu expliquer il y a peu à des lycéens qu’il fallait « qu’ils s’habituent à vivre avec le danger [du terrorisme] ». Mais Manuel Valls a aussi peur du Front national, pour la France. La meilleure réponse politique a un problème — qui est pour l’heure ponctuel, celui de trois candidats au djihad qui massacrent des journalistes et des clients d’un supermarché —  est-elle d’utiliser les mêmes armes que ceux que l’on veut combattre ? Terroriser les terroristes ? Et la population avec ? Une démocratie digne de ce nom n’est normalement pas aussi faible qu’elle en viendrait à utiliser les mêmes méthodes que ceux qui aimeraient la faire tomber. Normalement. Mais une sous-démocratie, elle, est prête à toutes les bassesses pour maintenir le système qu’elle a pourtant dégradé au point qu’il n’est plus qu’une pâle copie de l’original. Et c’est bien là que le bât blesse, et que la population commence à sentir que quelque chose cloche, ne tourne plus rond.
valls-apprenez-la-peur
« Jeunes gens, ayez la trouille, et habituez-vous à ça… »
Si ceux qui sont au pouvoir ont peur, d’un parti politique, par exemple, pour lequel une part plus ou moins grandissante de la population vote, cette population doit penser en retour, qu’en réalité, le pouvoir politique a peur d’elle. Et un pouvoir qui a peur de sa propre population — au point de la mettre sur écoute administrative — par exemple, n’est pas démocratique, et est très inquiétant. Chacun est capable de le comprendre. Rassurer avec des instances « indépendantes », des commissions et autres comités ne change rien à l’affaire, puisque toutes ces structures ont démontré par le passé qu’elles ne servaient à pas grand chose, étant bien trop lourdes et peu dotées pour garantir quoi que ce soit.

Changer (au moins) de République

Il reste à discuter des solutions pour redresser la barre et régénérer cette sous-démocratie, la remettre sur pieds. Pour en faire de nouveau une démocratie complète ? François Hollande s’est fait élire sur de nombreuses promesses de « régénération démocratique », et le coup du  « moi président » n’est pas pour rien dans son élection.  « Lui président » ? C’est une dégradation de la démocratie encore plus importante que son prédécesseur. D’où la désertion des urnes d’une part importante de la population. Le FN n’est pas en train de grossir en termes de nombre de voix, puisque en réalité il est au même niveau qu’il y a 13 ans : autour de 5 millions d’électeurs. C’est simplement l’effet mécanique de l’abstention qui le mène en tête des suffrages.
premier-partiMais c’est dans une sous-démocratie, peuplée de citoyens épuisés, écœurés, apeurés, qu’un parti normalement minoritaire peut devenir majoritaire. Au fond, si c’est la peur qui guide l’ensemble, que ce soit ceux qui ont peur des étrangers, des terroristes, de perdre leur identités ou ceux qui ont peur de l’extrême droite, de l’abstention, de l’Europe, du manque d’Europe, de l’euro, de la sortie de l’euro, des minorités, de l’exclusion, il n’y a pas d’issue favorable en vue. La seule issue est — pour ceux qui ont encore le pouvoir de se faire entendre, les ténors du système politique — de proposer un changement de système politique. Une majorité d’observateurs et de responsables politiques a établi que celui-ci était à bout de souffle, qu’il ne correspondait plus aux attentes citoyennes, qu’il n’était plus adapté à l’époque actuelle ? Ils n’ont qu’à proposer de créer une nouvelle République à minima, avec une nouvelle Constitution, aidée par les citoyens, grâce à la création d’Assemblées constituantes.
Parce que si cette sous-démocratie actuelle n’est pas rapidement dissoute au profit d’une nouvelle qui déterminera les fondamentaux d’une démocratie telle qu’on peut l’envisager au XXIème siècle, la suite des événements risque d’être excessivement pénible. Violente aussi, par force. Pour une partie de la société, qui déjà, en bave un peu trop. C’est un choix. Hollande peut faire l’histoire, en fin de compte. Ou au contraire, devenir le fossoyeur de ce qu’il restait d’encore un peu enviable au pays des Lumières. Moi président a intérêt à bien réfléchir à tout ça. Vraiment.

lundi 6 avril 2015

Pétition pour une conférence sur la paix dans le monde / INITIATE A WORLD PEACE CONFERENCE - petition

http://diy.rootsaction.org/petitions/initiate-a-world-peace-conference?can_id=a42c50e7498be544a0f6045092aff703&source=email-keep-peace-with-iran&email_referrer=keep-peace-with-iran

We ask you to initiate a world peace conference for the international coordination of nonviolent resistance to highly dangerous U.S. and NATO actions in Eastern Europe, Ukraine, and elsewhere. Such a conference should seek an end to the practices of bombing, of murdering by drone-warfare, and of deploying troops anywhere in the world. There must be an end to the destabilization of entire countries for the purpose of controlling them. Legal standards must no longer be set aside by arbitrary interpretations.

Why is this important?

The United States of America is moving the world toward a new Cold War, which as you have warned "could become a real war."
When Germany reunited, the United States promised you that NATO would not expand eastward. Now NATO stands in the Baltic States, in Poland, in Romania and in Bulgaria. Symbolicly at the end of February, in the Estonian city of Narva, a U.S. tank with stars and stripes positioned itself at the border with Russia. In March 3,000 NATO soldiers with 750 tanks and heavy equipment held maneuvers in the Baltics. NATO naval ships are rehearsing in the Black Sea. Bases on Russia's borders have been expanded and new military structures have been created there.
Threats to world peace are not limited to Ukraine. At no time since the end of World War II have there been as many military conflicts and wars as now, and at no time have there been so many refugees. These wars are driven by economic power and profit, sources of raw materials, and strategically important spheres of influence. No other power on earth defends its interests so aggressively as NATO with the United States at its helm. The intelligence services of the U.S. and Britain are actually spying electronically on the whole of humanity.
Germany is moving away from the principle that no war can be launched from German soil. The statement by the German President Joachim Gauck at the Security Conference 2014 in Munich, that Germany must take on more responsibility, means a stronger military commitment. Since then, German military missions abroad have been expanded and more money spent on armaments. The new NATO Secretary General declared that Germany is the second most important power within NATO. Germany is the "leading nation" of the new rapid reaction force of 30,000 NATO soldiers. This rapid reaction force is being mobilized in reaction to the "danger of Russia" in Eastern Europe. We reject this new role for Germany in world politics. We therefore urge the dissolution of NATO and its replacement by a collective security system involving Russia, a project which has disarmament as a central goal.
This petition was inspired by our friends in Germany who created this petition in German, which you should also sign:
Category: Antiwar

Non à l'impérialisme humanitaire en Iran et en Syrie - pétition contre la guerre -/ No to Humanitarian Imperialism in Iran & Syria - petition against war

To sign: http://act.rootsaction.org/p/dia/action/public/?action_KEY=6306&can_id=a42c50e7498be544a0f6045092aff703&source=email-keep-peace-with-iran&email_referrer=keep-peace-with-iran


Proponents of war lied about Iraq.  They claimed a humanitarian purpose long after the WMD claim fell apart.  In the end, they devastated Iraq and caused untold suffering.

Proponents of war lied about Afghanistan and continue to kill and destabilize there to this day in the name of humanitarianism and women's rights.  They ignore the right not to be bombed.

They lied about Libya, a nation now facing catastrophe following "humanitarian" bombing.

They're lying about Pakistan, Yemen, and Somalia, fueling hatred with drone wars, endangering us all.

The lies about Syria and Iran are flowing freely.  But neither the motivation nor the likely result of the warmongering is humanitarian. 

Please add your name to this petition, which we will deliver to Congress and the President:
We say No to U.S. or NATO warfare in Syria -- and No to U.S. or Israeli attacks on Iran. Intervention will cause human suffering, make reform more difficult, and quite possibly escalate into regional or global conflict. We reject this latest push for "humanitarian" imperialism.

Pourquoi les gens défendent-ils des systèmes injustes, incompétents et corrompus ? / Why do people defend inequitable, incompetent and corrupt systems?

Source : http://reseauinternational.net/pourquoi-les-gens-defendent-ils-des-systemes-injustes-incompetents-et-corrompus/

Pourquoi les gens défendent-ils des systèmes injustes, incompétents et corrompus ?

Donne un cheval à celui qui dit la vérité : il en aura besoin pour s’enfuir.

Comment se fait-il que les gens défendent et appuient des systèmes sociaux (gouvernements, institutions, entreprises…) qui s’avèrent injustes, incompétents et corrompus?
Dans le cadre de la théorie de la justification du système (1), en psychologie sociale, des études montrent qu’ils cherchent à maintenir leurs vues selon lesquelles leurs systèmes sociaux sont relativement légitimes, même lorsqu’ils sont confrontés à des informations qui suggèrent le contraire. Ils s’engagent alors dans des processus psychologiques qui visent à défendre le système et à le justifier.
Mais ils ne justifient pas leurs systèmes sociaux en tout temps, expliquent les psychologues Aaron C. Kay de l’Université Duke et Justin Friesen de l’Université de Waterloo. Certains contextes, proposent-ils dans une étude publiée en 2011 dans la revue Current Directions in Psychological Science, motivent davantage à défendre le statu quo.
Selon leur analyse des études sur le sujet, 4 conditions peuvent motiver à justifier un système.
  • Le système est menacé
    Lorsque ils sont menacés les gens se défendent eux-mêmes et défendent leurs systèmes. Par exemple, illustrent les chercheurs, avant la destruction des tours du World Trade Center de New York le 9 septembre 2001, le président George Bush plongeait dans les sondages. Aussitôt après, sa cote de popularité a grimpé ainsi que le soutien au Congrès et à la police.
    Autre exemple, lors de l’ouragan Katrina, les Américains ont été témoins de l’insuffisance « spectaculaire » de la capacité de la FEMA (Federal Emergency Management Agency) à sauver les victimes. Pourtant, beaucoup de gens ont blâmé les victimes plutôt que d’admettre les ratés de l’agence et de soutenir des idées pour l’améliorer.
    En temps de crise, disent les auteurs, « nous voulons croire que le système fonctionne« .
  • Les gens sont dépendants du système
    Les gens défendent également des systèmes desquels ils dépendent. Dans une expérience, illustrent les chercheurs, des étudiants ayant été mis dans un contexte les incitant à se sentir dépendants de leur université, défendaient une politique de financement de cette dernière, mais désapprouvaient la même politique de la part du gouvernement. Mais lorsque ils étaient mis dans un contexte les amenant à se sentir dépendants du gouvernement, ils approuvaient la politique de la part du gouvernement mais pas de la part de l’université.
  • Les gens ne peuvent échapper au système
    « Lorsque nous sentons que nous ne pouvons pas échapper à un système, nous nous adaptons. Cela inclut d’accepter des choses que, autrement, nous pourrions considérer indésirables« , expliquent les chercheurs.
    Dans une étude, mentionnent-ils, les participants étaient informés que les salaires des hommes dans leur pays étaient 20% plus élevés que ceux des femmes. Plutôt que de considérer le système injuste, ceux qui estimaient qu’ils ne pouvaient pas émigrer avaient tendance à attribuer l’écart salarial à des différences innées entre les sexes. « On penserait que quand les gens sont coincés avec un système, ils voudraient davantage le changer« , dit Kay. « Mais en fait, plus ils sont coincés, plus ils sont susceptibles d’expliquer ses lacunes.« 
  • Les gens ont peu de contrôle personnel
    Finalement, des études suggèrent que quand les gens sentent un manque de contrôle personnel sur leur propre vie, ils ont tendance à compenser en soutenant les systèmes et les dirigeants qui offrent un sens de l’ordre, afin d’être rassurés que les choses sont sous contrôle.
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La justification, soulignent les chercheurs, n’est pas la même chose que l’approbation. En justifiant un système, les gens lui attribuent souvent des qualités qu’il n’a pas mais devrait avoir. Il y aussi des limites, des point de basculement, au-delà desquels les systèmes ne sont plus considérés comme étant moins légitimes, mais comme complètement illégitimes et donc presque impossibles à défendre.
psychomedia.qc.ca avec sources: Association for Psychologial ScienceCurrent Directions in Psychological Science.
Tous droits réservés
Voyez également:
(1) Introduite par le psychologue John. T. Jost et ses collègues en 1994.
Psychomédia avec sources: Association for Psychologial Science.
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vendredi 3 avril 2015

Comment réconcilier les "Charlie" et les "pas Charlie" ? Michel Collon / How to reconcile "Charlie" and "not Charlie"? Michel Collon



Une synthèse remarquable et accessible à tous sur les médiamensonges en cours... 



Les médias occidentaux: marionnettes ou agents inconscients de l’expansion américaine ? / The western media: puppets or agents unconscious of the American expansion?

Source : http://alexandrelatsa.ru/2015/03/les-medias-occidentaux-marionnettes-ou-agents-inconscients-de-lexpansion-americaine/
Auteur : Alexandre Latsa 
En mars et mai 2014 j’ai été invité à m’exprimer (très brièvement) sur la chaine française LCI, à propos de l’évolution de la situation en Ukraine.
J’ai dit, à l’encontre de tout le mainstream médiatique ambiant de l’époque, que la Russie n’avait aucun intérêt à une partition de l’Ukraine, et les européens non plus. J’ai aussi affirmé que les évènements en cours avaient leur source hors d’Europe et plus précisément en Amérique.
Il est vrai que quelques semaines auparavant, la presse russe avait révélé un enregistrement bien embarrassant, repris par le Huffington Post. La secrétaire d’état adjointe (américaine) chargée de l’Europe, Victoria Nuland, et l’ambassadeur des États-Unis en Ukraine, Geoffrey Pyatt, discutaient de la situation chaotique qui s’installait en Ukraine, et madame Nuland a prononcé une phrase pas très diplomatique: Que l’UE aille se faire foutre. Cette phrase résume parfaitement la façon dont Washington manage sa relation avec son allié européen: L’UE n’a pas à donner son avis sur les affaires européennes.Dès le début de cette crise en Ukraine, les rares commentateurs qui ont accusé Washington de déstabiliser la région se sont fait traiter d’agents russes. On entend bien que le journaliste français de LCI qui m’interroge me présente tout naturellement comme: Le point de vue russe, pour ne pas dire la voix de Moscou, rien que ça! Pourtant je ne représente ni la Russie ni la France, je fais seulement partie des millions d’Européens qui s’inquiètent de voir l’Union Européenne transformée en protectorat américain. Je fais aussi partie de ceux qui, dans de nombreux pays, souhaitent un monde multipolaire.
A ma connaissance du reste, LCI n’a pas relevé que le président Barack Obama, qui n’est pas la voix de Moscou, vient récemment de confirmer ce que je disais, en affirmant que l’administration américaine a clairement arrangé le changement de pouvoir en Ukraine. Il confirme ainsi la responsabilité américaine dans la déstabilisation de la région.
Washington semble du reste être passé à la vitesse supérieure dans la volonté de déclencher un conflit en Europe orientale avec la Russie. Le congrès américain discute en ce moment de l’alourdissement des sanctions contre la Russie, et aussi de la livraison d’armes lourdes à l’armée ukrainienne pour qu’elle poursuive ses opérations dites anti-terroristes, qui ont déjà couté la vie à des milliers de civils dans l’Est de l’Ukraine.
Simple effet de prisme et démonstration de l’odieux double standard américain: Imaginons qu’en Russie, en ce moment, la Douma (le parlement russe) soit en train de discuter de la livraison d’armes à longue portée aux fédéralistes de l’Est de l’Ukraine, pour que ces derniers puissent bombarder Kiev. Est-ce qu’il n’y aurait pas une grande indignation dans la pacifique coalition occidentale et internationale?
L’ex-secrétaire général de l’Otan Anders Fogh Rasmussen vient d’affirmer il y a quelques jours que les ambitions de Vladimir Poutine vont au-delà de l’Ukraine et qu’il pourrait attaquer un état balte afin de tester la solidarité de l’Occident justifiant ainsi un renforcement historique de l’OTAN à l’est de l’Europe.
Certains analystes américains et certains de leurs collègues européens pensent avoir trouvé une explication à ces comportements supposés qui caractérisent le président russe: Il souffrirait d’autisme, ou plus précisément du syndrome d’Asperger! Très curieusement et alors que c‘est une obscure fonctionnaire du Pentagone qui a fait un rapport dans ce sens il y a plusieurs années, cette information a inondé de façon unilatérale et totalitaire cette semaine la quasi-totalité des médias français sans qu’aucune analyse n’allant pas dans ce sens n’ai la moindre place dans le paysage médiatique.
Cette obsession à vouloir que le président russe ne soit pas quelqu’un de normal est une manifestation de la totale incompréhension de nombre d’acteurs du bloc occidental à accepter l’existence d’un agenda russe qui diffèrent du leur. Ce n’est pas une nouveauté loin de là. Déjà en 1996 des experts militaires américains jugeaient les russes pour la plupart irrécupérables et un fonctionnaire de l’alliance affirmait ne jamais pouvoir s’habituer à Entendre parler russe au QG de l’OTAN. C’est peut être toute cette hystérie qui a finalement contaminé jusqu’à Angela Merkel qui l’année dernière affirmait elle aussi que Vladimir Poutine vivait dans un autre monde.
Tout ça ressemble beaucoup et surtout à une hystérie anti russe dont on doit se demander quels intérêts elle sert.
Qui aujourd’hui pourrait sérieusement imaginer que la Russie ne souhaite ou ait intérêt à attaquer un pays Européen ou un pays de l’Otan? Pourtant, en mars et septembre 2014, j’ai donné deux conférences à Paris, au siège de l’UMP, devant des membres de la droite populaire, et à 6 mois d’intervalle, le même étudiant polonais, (représentant de je ne sais quelle association franco-polonaise) qui s’était assis au même endroit dans la salle, m’a posé la même question: Pensez-vous que la Russie va envahir la Pologne?
On pourrait en rire si ce n’était pas tragique. J’ai posé la question à cet étudiant de savoir qu’est ce qui pouvait lui faire penser ça, il n’a su me répondre. Sans doute vivait-il, et vit-il sans doute encore, dans un autre monde. Un monde défini et modélisé par ce Russia Bashing qui prédomine au sein des soumis médias français.
Et puisque de nombreux médias colportent cette hystérie collective au nom de la liberté d’expression, il ne faudrait pas qu’ils oublient un autre noble aspect de la profession de journaliste qui ne se limite pas à la liberté de publier des caricatures, il y a aussi la recherche de la vérité. Le 17 juillet 2014, l’avion malaisien MH17 a été abattu au dessus de l’Ukraine, 298 personnes ont ainsi été assassinées. Que sont devenues les preuves immédiatement annoncées par les américains qui accusaient la Russie ou les séparatistes pro-russes de l’Est de l’Ukraine? Pourquoi la commission d’enquête internationale est-elle silencieuse depuis des mois?
On aimerait que des journalistes d’investigation arrêtent le Russia Bashing et, par exemple, s’intéressent à ce dossier en tentant d’apporter des faits et non des émotions.
Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur.

jeudi 2 avril 2015

La dictature est à notre porte / The dictatorship is in our door

http://calebirri.unblog.fr/2015/04/01/la-dictature-est-a-notre-porte/

Posté par calebirri le 1 avril 2015

Quand une nation commence à obliger son peuple à voter (qui plus est sur des machines électroniques) ; quand un pays peut censurer n’importe quelle expression sans contrôle judiciaire ; quand un gouvernement impose ses lois malgré l’opposition populaire (et même parlementaire) ; quand un Etat s’apprête à surveiller vos déplacements, vos conversations, vos ordinateurs ; quand les élus se voient chaque jour attaqués (puis relaxés) pour corruption par un pouvoir judiciaire aux ordres ; quand on sait que le budget militaire est le seul budget maintenu et que les armées patrouillent devant nos bâtiments publics, on peut dire sans trop exagérer que toutes les conditions pour établir une dictature sont réunies.

Maintenant, il ne reste plus que la révolution. Pas celle qui permettra au peuple de se libérer de son joug pour établir une nouvelle démocratie non, mais celle qui permettra à la dictature de devenir légitime : rappelons ici la formule de George Orwell « on ne fait pas une dictature pour sauver une révolution, on fait une révolution pour établir une dictature ».

Et cette révolution, c’est peut-être la sortie de la Grèce ; à moins que ce ne soit un autre attentat. Ou bien encore une catastrophe naturelle. Et pourquoi pas une révolte populaire, ou l’arrivée au pouvoir du FN ? Ce qui est certain, c’est que toutes les conditions sont réunies pour qu’un gouvernement autoritaire qui se retrouverait demain au pouvoir ait la capacité technique d’exercer un contrôle et une surveillance de masse sur son peuple. Et c’est à la faveur d’un drame ou d’une catastrophe que cette dictature prendra forme.

Mais si vous n’avez rien à cacher, diront les plus malins, alors pourquoi ne pas se laisser surveiller ? Nous abreuvons aujourd’hui gratuitement, et volontairement, tous les banques de données du monde entier par nos actions quotidiennes, et nous nous plaindrions de la récolte de ces dernières pour des raisons de « vie privée » ? Alors que le terrorisme frappe chaque jour des civils innocents ?

Rassurez-vous, tout le monde ne sera pas « surveillé » – regardez qui sont les ennemis publics les plus en vue : Snowden, Manning, Assange… de dangereux individus, des traitres à la Nation, etc… Les terroristes, eux, sont introuvables. Peut-être n’ont-ils pas Facebook, ou pas de portable ?

En réalité, pour la plupart ces nouvelles lois seront inutiles. Ils n’ont effectivement « rien à cacher ». Mais ce n’est pas ceux-ci qui intéressent les renseignements. Ceux qui sont indirectement visés sont ceux qui veulent dénoncer « ceux qui ont quelque chose à cacher ». Pas les dealers à la petite semaine, pas les resquilleurs des allocations, tout cela n’est rien. Mais bien plutôt les lanceurs d’alertes, les journalistes un peu trop fouineurs, les analystes « hétérodoxes »… ce sont ceux-là que nos gouvernements veulent empêcher de (leur) nuire. Car s’il y en a qui trichent, trompent et volent (et pas qu’un peu), ce sont justement ceux qui, pour ne pas qu’on les confonde, qu’on les dénonce, qu’on les attrape, font voter des lois qui empêchent aux citoyens vigilants de rendre public ce qui dérangerait leurs petites affaires…

Comme dans 1984 : les pauvres, « la masse populaire », n’intéresse guère les services de renseignements. Il n’ont pas besoin d’autre chose que du pain et des jeux paraît-il. Les riches, « l’élite », elle, ne sera pas non plus surveillée (elle pourra éteindre son « télécran » – se déconnecter). Il ne manquerait plus que ça ! Reste une petite frange de la population. Ceux qui sont assez éduqués et qui disposent d’assez de temps et d’énergie pour s’informer, réfléchir, prendre du recul, sont ceux qui peuvent un jour ou un autre « tomber » sur « quelque chose », et il ne faudrait surtout pas qu’ils parlent. Imaginez qu’à TF1 on diffuse que les « bons » Etats protègent les terroristes, fomentent des coups d’Etat, volent le peuple et lui mentent… Il faut d’abord aux agents du gouvernement savoir « ce que vous savez », pour ensuite pouvoir vous empêcher de parler. Sans contrôle judiciaire cela va de soi. Et au moyen d’un délit « d’exception » comme celui « d’apologie du terrorisme ». Une étape supplémentaire manquait à cet arsenal autoritaire, c’est-à-dire le droit pour un gouvernement de contrôler toutes les communications de ses administrés.

Après, on pourra toujours dire que cela ne nous concerne pas, mais le jour où l’on vous dira que ce que vous pensez n’est plus adapté à ce qu’on vous demande de croire il sera trop tard : vous serez en infraction. Alors c’est vrai qu’aujourd’hui cela ne semble pas si grave. Par petites touches successives chaque loi nouvelle renforce un peu plus les pouvoirs de la police au détriment de ceux de la justice. Et supprime toute possibilité future de contestation. Et cela est très grave. Il suffira au nouveau dictateur de dire qu’un terroriste est quelqu’un qui ne pense pas comme lui pour pouvoir faire arrêter légalement tous ses opposants. Vous aurez beau alors contester vigoureusement en frappant à la porte de la chambre 101, il vous faudra vous soumettre de gré ou de force à la police de la pensée. Vous ne serez déjà plus libre.

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr

samedi 28 mars 2015

Crash du vol Barcelone-Dusseldorf : à 7min du site nucléaire de Cadarache / Crash of the flight Barcelona-Düsseldorf: in 7min of the nuclear site of Cadarache

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2015/03/26/Crash-du-vol-Barcelone-Dusseldorf-%3A-%C3%A0-moins-de-7min-du-site-nucl%C3%A9aire-de-Cadarach

 jeudi 26 mars 2015

entrale-nucleaire-crash-avione.jpg













Le crash du vol Barcelone-Dusseldorf au dessus de Seynes-les-Alpes s'est produit mardi 24 mars 2015 à moins de 7minutes de vol et 110km du site nucléaire de Cadarache (Bouches-du-Rhône) et à peine 8 minutes des sites nucléaires de Tricastin (Vaucluse-Drôme), de Marcoule (Gard) et de la centrale nucléaire de Cruas (Ardèche). Aucune intervention, même celle du Mirage 2000 qui a décollé de la base d'Orange (Vaucluse) n'a pu empêcher le crash... Aucun site nucléaire n'est en mesure de résister à un tel événement. Il faut les mettre à l'arrêt immédiatement.
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Nous laissons le sensationnel et l'émotionnel aux grands médias qui tournent en boucle. Nous, rationalistes et humanistes, centrons notre attention sur les faits bruts et objectifs, et la protection de l'humain, du vivant et des territoires. Les voici en 4 illustrations. A chacun de juger si nous pouvons éviter l'enchainement de la catastrophe nucléaire dans un tel cas. Que le crash soit accidentel ou volontaire.
crash-seynes-cadarache-nucleaire_plan-general.jpg  crash-seynes-cadarache-nucleaire_plan-moyen.jpg
Le périmètre d'interdiction de survol d'une centrale nucléaire est de 5 kilomètres et en dessous de 1000 mètres d'altitude. La vitesse de croisière d'un tel avion est de 900km/h soit 15km par minute.
10h25 il est au dessus de Toulon à 12000 mètres (38000 pieds) d'altitude. 10h30. "L'avion est pris en charge par le centre de navigation aérienne d'Aix-en-Provence. Il est à ce moment-là à 11.400 mètres d'altitude au-dessus de Bandol (Var). 10h31. L'avion commence à descendre sans autorisation à la hauteur de Saint-Cyr-sur-Mer (Var). 10h38: l'avion n'est plus qu'à 3.474 mètres d'altitude. 10h39: le signal de l'avion est perdu, il ne se trouve plus qu'à 1.900 mètres d'altitude. En tout, la descente aura duré huit minutes à une vitesse de 4.000 à 5.000 pieds par minute (1.200 mètres)
crash-seynes-cadarache-nucleaire_courbe-du-vol.jpg  crash-seynes-cadarache-nucleaire.jpg
Le site nucléaire de Cadarache (Commissariat à l'Energie Atomique et Areva) dans les Bouches-du-Rhône comporte 21 INB (Installations Nucléaires de Base) et INBs (Installations Nucléaires de Base Secrètes) militaires répartie sur plus de 1600ha et se trouve à à peine 110km du lieu du crash soit à 7minutes de vol. Le couloir de vol et la trajectoire du vol 4U9525 de la filiale low-cost de la Lufthansa passait à quelques mètres de la base militaire nucléarisée de Toulon et du site nucléaire de Cadarache.
Carte-departements-et-regions-de-france.jpgLes sites nucléaires du Tricastin (Commissariat à l'Energie Atomique, Areva, EDF) en Vaucluse et en Drôme constituent la plus forte concentration d'INB de production de matières fissiles civiles et militaires, de traitement de déchets, d'anciens bâtiments de recherche atomique militaire, ainsi qu'une centrale nucléaire de 4 réacteurs de plus de 30 ans d'âge. 15 INB au total sur plus de 600 ha. Le site se situe à près de 120km du lieu du crash de l'avion soit à près de 8 minutes de vol.
Le site nucléaire de Marcoule (Commissariat à l'Energie Atomique, Areva, EDF) dans le Gard comporte plusieurs INB (Installations Nucléaires de Base) et INBs (Installations Nucléaires de Base Secrètes) militaires dont celles de la production de la bombe atomique et du terrifiant produit de fission (improprement appelé "combustible" car il n'y a pas de combustion) "Mox". Mox est un mélange d'oxyde de plutonium et d'oxyde d'uranium, le plus dangereux produit fabriqué par l'être humain, celui qui se trouve dans le réacteur n°3 en perdition de Fukushima et dans 25 réacteurs nucléaires en France. 15 INB et INBs sur plus de 450h.
A quelques kilomètres de là, à quelques minutes à vol d'avion : les sites nucléaires de Cruas en Ardèche (centrale nucléaire EDF) et de Romans sur Isère (assemblages de produits de fission par Areva).
Aucun site nucléaire n'est en mesure de résister à un crash d'avion. D'un coup d'aile : c'est le massacre.
Le nucléaire n'est pas la force de la France mais sa faiblesse et sa vulnérabilité. Son danger au quotidien.
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la carte de France indique les 58 réacteurs nucléaires implantés en France sur 19 sites nucléaires, les sites nucléaires de production et de conditionnements des déchets nucléaires, les sites de recherche nucléaire, les sites miniers d'uranium (tous fermés mais toujours radioactifs), les bases nucléaires militaires. Aucun habitant en France ne se trouve à plus de 190km d'un site nucléaire.


POUTINE : pourquoi tant de haine ? / PUTIN: why so much hatred?

Source : 

http://www.legrandsoir.info/poutine-pourquoi-tant-de-haine.html

A lire, écouter tous ces médias et politiciens, Poutine serait un monstre. Ne respectant aucune des libertés publiques élémentaires, pratiquant l’assassinat politique, méprisant les règles d’or d’une économie libérale qui est censée servir de trame aux relations internationales, etc.
Bref, c’est tout juste si Poutine n’a pas remplacé Staline dans la représentation des stéréotypes véhiculé par les médias occidentaux. Mélodie, de la complicité politique et médiatique, dans cette relation fusionnelle de la manipulation de l’information, au service des intérêts économiques de leurs commanditaires.
En fait, la fureur de cette campagne de désinformation est fondée sur la frustration occidentale à l’encontre de la volonté d’un homme, s’appuyant sur une nouvelle génération de responsables russes, décidé à sortir la Russie de la profonde crise de la fin du XX° siècle. La conséquence immédiate est que les immenses projets de prédation, planifiés par le Big Business occidental à la suite de l’effondrement du régime communiste se sont, malgré d’excellents débuts, trouvés rapidement bloqués par un homme : Poutine. D’où les campagnes hystériques dans les médias occidentaux.
Tout opposant à l’hégémonie occidentale a droit automatiquement au qualificatif de « terroriste », dès lors qu’il possède un pouvoir potentiel de résistance. Difficile de mettre Poutine sur une de ces listes. Alors, le plus simple est de le faire passer pour un criminel. Rien que cela... Autocrate et assassin. Pourtant, c’est un homme qui a été régulièrement élu à la tête de son pays, dans un gouvernement légitime. Et les sondages, y compris ceux supervisés par l’université d’Aberdeen (Ecosse) en 2007, montraient (déjà) un taux moyen de satisfaction de ses concitoyens, par rapport à son action, de 70%, en moyenne. Il n’y en a pas beaucoup sur cette planète... et horreur : il se fait une haute idée de l’indépendance et de l’avenir de son pays !... Il est vrai qu’il a tout pour agacer. Nos « Al Capone » dirigeant la « Communauté Internationale », et protégeant les pires dictatures en Afrique, en Amérique du sud ou au Moyen Orient, n’en peuvent plus !... Poutine ? ... Un cauchemar !
La stratégie de l’Occident, à la chute du communisme était de faire éclater l’ex-URSS en une multitude d’Etats, d’entretenir des conflits à ses frontières pour la paralyser, et de piller les énormes ressources de son sous-sol en installant et protégeant des gouvernement corrompus. A l’exemple de ce qui se fait de mieux sous d’autres latitudes. Cela a failli réussir, comme le montre très clairement Joseph Stiglitz : l’instabilité économique associée à une corruption organisée et à la mise en place d’une mafia servant d’intermédiaire aux intérêts occidentaux, a provoqué une violente régression de la Russie. Ce grand pays était au bord de l’anarchie...Avec Eltsine, les Russes ont connu une descente vertigineuse aux abysses. En son temps le Los Angeles Times comparait la Russie à une souris essayant de rugir.
En fait, les privatisations accélérées, imposées par l’Occident via la Banque Mondiale et le FMI, n’avaient pas pour objectif de créer ou de développer une classe moyenne, mais de faire acheter, par les multinationales, pour une bouchée de pain l’essentiel de la richesse du pays : pétrole, gaz, mines (fer, charbon, or, diamant, etc.).
C’est ainsi que sous Eltsine, des pans entiers des ressources russes ont été bradés à des mafieux, moyennant commissions, certains, par la suite, s’apprêtant à céder leurs possessions nouvellement acquises avec une confortable marge, notamment dans le gaz et le pétrole, aux grandes multinationales. La Russie allait ainsi voir l’essentiel de ses richesses rachetées à vil prix et possédées par des intérêts étrangers. Schéma classique des privatisations dans la plupart des pays en développement qui n’ont pas la taille critique pour résister. Mais, la Russie n’est pas le Nigeria, l’Arabie Saoudite ou le Gabon...
Succédant au gouvernement « ultracorrompu » d’Eltsine, la première tâche de Poutine fut de mettre un terme à ce pillage à grande échelle du pays. Il fallait museler la grande mafia en cheville avec les multinationales étrangères. Certains de ces mafieux ont pu être arrêtés, jugés et les transactions en cours bloquées. Poutine est aussi un homme qui a mis fin à des hold-ups étasuniens sur le pétrole. En faisant arrêter le 25 octobre 2003 Mikhaïl Khodorkovski, sur un aéroport de Sibérie alors qu’il voulait vendre sa société Youkos à Exxon. Ce qui a fait hurler les Anglo-Saxons au nom du « libéralisme économique », des droits de l’homme et autres indignations « démocratiques »... La réaction allait être brutale. Du « grand ami » de l’après 11 Septembre, Poutine, allait immédiatement devenir l’homme à abattre.
Dans ce nettoyage, un des plus brillants et des plus efficaces collaborateurs de Poutine, Andrei Kozlov, a été assassiné. Il avait retiré les licences d’exploitation à 95 banques russes spécialisées dans le blanchiment de ce pillage. Il était en train de décortiquer les implications des multinationales de l’énergie dans le pillage et les détournements de fonds. Malgré cette guerre souterraine et les opérations de déstabilisation organisées par les occidentaux, avec une campagne de dénigrement à l’échelon international, Poutine et son équipe tiennent bon.
Beaucoup de ces gangsters de haut vol se sont réfugiés en Occident, notamment à Londres, où, protégés par la City (milieux financiers) qui gouverne le pays, ils mènent grand train de vie. Cette « protection » atteint des sommets inconnus jusqu’alors. Exemple : L’un des plus riches, Boris Berezovski, dont la fortune est estimée à environ 2 milliards de dollars, réfugié à Londres, bénéficie du statut de « réfugié politique » en tant qu’ « opposant politique »... Il a même annoncé publiquement à l’époque qu’il était prêt à financer un renversement du gouvernement russe par la force ! La Russie demandera son extradition pour une multitude de détournements de fonds, notamment au détriment de la compagnie aérienne Aeroflot. Bien sûr, Londres, qui n’hésite pas à envoyer ses ressortissants britanniques à Guantanamo, refuse cette extradition sous prétexte du respect des droits de l’homme.... Imaginons un gangster milliardaire proférant les mêmes menaces, à l’encontre de Blair ou d’Obama, ou de tout autre chef d’Etat élu en toute légalité, alors qu’il serait réfugié en Russie. Impensable ! Mais, le contraire : oui.
La Russie, sous son impulsion, a progressivement renégocié tous les contrats de cession, avec les multinationales, dans un rapport d’égal à égal. Un des cas emblématiques est l’exploitation des gisements de Sakhaline, projet de plus de 22 milliards de dollars que la Russie a renégocié tant avec les compagnies pétrolières, notamment la Shell, qu’avec le consortium des banques internationales (200 banques). La hausse des prix du pétrole et du gaz, jointe aux actions d’assainissement de Poutine ont permis à la Russie de rembourser, par anticipation, la totalité de sa dette extérieure. Qui dit mieux ? Tout cela a rendu fortement impopulaire Poutine au sein de la puissante « communauté financière internationale »...
Poutine, sait très bien que, pour le déstabiliser, les services spéciaux occidentaux sont prêts à faire assassiner leurs propres agents en Russie... Pour l’accuser, ensuite, d’assassiner ses opposants. Quand on a plus de 70% des russes qui sont pour vous, il est nul besoin de faire assassiner des opposants « médiatiques » (journalistes, et autres figures de composition...) qui émargent, la plupart, sur les livres de paye des services secrets occidentaux, via des associations « bidons ». Il connaît trop bien les combats de l’ombre... Par contre on ne parle jamais des milliers de personnes que les drones d’Obama exécutent chaque année sans autre forme de procès !
Poutine n’est pas parfait. Il a ses défauts et ses manquements comme tout le monde. Mais il a permis le rétablissement rapide de l’économie de la Russie, qui avait été pillée par des agents des États-Unis suite à la dissolution de l’Union soviétique. Il a élevé le niveau de vie, augmenté les pensions, réduit la pauvreté et amélioré l’éducation et les soins, ce qui explique le taux de satisfaction du public, qui plafonne actuellement à un impressionnant 86 % ...
Poutine c’est l’homme qui a rétabli la démographie russe ! Suite à la politique du capital maternel, allégements fiscaux, primes à la naissance, les naissances sont remontées à 2 millions de Russes en 2013, après être descendues à moins d’un million dans les années 1990 ! Poutine c’est aussi l’homme qui a rétabli la puissance militaire de la Russie avec un budget militaire qui se rapproche aujourd’hui de 3% du PIB russe, et qui a changé la donne géostratégique.
Poutine ose s’opposer aux États-Unis et la guerre par procuration qu’il mène en Ukraine a pour but de contrecarrer le plan de Washington de briser la Fédération de Russie, d’encercler la Chine, de contrôler le flux des ressources de l’Asie vers l’Europe et de gouverner le monde. La Russie de Poutine n’est ni communiste, ni socialiste, c’ est un pays de droite nationaliste qui rêve d’un capitalisme, capable de mener une politique étrangère indépendante, sous le sceau de sa propre politique monétaire, en refusant d’obéir aux directives de Washington ... c’est surtout là le crime que l’on reproche à Vladimir Poutine .
Attention, je ne fais pas de Poutine un surhomme ni mon « modèle », alors attention aux amalgamesque certains vont faire rapidement, mais je suis étonné que certaines personnes, au demeurant plutôt intelligentes, se soient laissées emporter par de vieux réflexes primaires et hurlent aux loups au coté de médias et de politiques qui nous dépècent jour après jour ... et enfin, réfléchissez bien : est-ce Poutine qui a placé son pays à proximité des bases de l’Otan ?
Merci notamment à Georges Stanechy et à diverse sources du Web
« Moi, Barack Obama (...) je considère que la situation au Venezuela (...) constitue une menace extraordinaire et inhabituelle pour la sécurité nationale et la politique extérieure des États-Unis (...) c’est pourquoi je déclare l’urgence nationale pour faire face à cette menace ». OBAMA, prix Nobel de la paix et spécialiste de la guerre



vendredi 27 mars 2015

Une Europe Détestable, conduite par des gens méprisables / Terrible Europe, led by despicable people


Auteur : Charles Gave
Source : http://institutdeslibertes.org/une-europe-detestable-conduite-par-des-gens-meprisables/
Revenons en arrière, aux années 90.  L’Euro est en préparation et tous « les oints du Seigneur » de service de nous expliquer que l’introduction de l’Euro va amener à une croissance plus forte, à une hausse de l’emploi, au développement d’un système bancaire intégré, solide et puissant, à une amélioration extraordinaire de la protection sociale, à des femmes plus belles et à des hommes plus aimables…et que tout cela n’aura aucun coût.
Une citation entre mille : « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. » (Michel Rocard, 27 août 1992, Ouest-France)
Quel génie ! Le sergent Maginot apparait comme un visionnaire en comparaison de Michel Rocard…
Quelques voix, Philippe Villin,  J.C Rosa et quelques autres dont votre serviteur, s’élevaient- déjà- à l’époque contre ce qui paraissait être une ânerie économique mais surtout une faute politique.
Je ne vais pas avoir la cruauté de montrer une fois de plus les résultats  économiques désastreux de ce Frankenstein financier car la réalité parle d’elle-même.
En réalité, ma principale critique a toujours été que l’Euro allait détruire l’Europe que j’aimais, celle de la diversité pour la remplacer par une Europe Technocratique et inhumaine, ce qui ne manquerait pas de faire renaitre les vielles haines entre peuples tout en permettant l’émergence de mouvements populistes dont l’Histoire a montré qu’ils pouvaient être extraordinairement dangereux.
C’est sur cet aspect politique que je veux écrire aujourd’hui, car c’est de loin le plus important.
Ma thèse, depuis le début, a toujours été que la construction de l’Euro avait été organisée par un groupe de gens non élus et ne rendant de comptes à personne pour prendre le pouvoir politique et que donc cela s’assimilait à un coup d’Etat.
En ce qui concerne l’Europe, dès son origine, il y a eu deux conceptions qui s’affrontaient
  • Celle de la Démocratie Chrétienne, représentée par de Gasperi, Adenauer ou Schuman, fondée sur un principe essentiel de l’Eglise Catholique, la subsidiarité et ancrée dans des pratiques démocratiques.

  • Celle de Jean Monnet, et ensuite de partis socialistes Européens qui voulaient créer un Etat Européen, qui aurait vocation à se substituer aux Etats Nationaux. Cet Etat serait non démocratique mais technocratique (Jean Monnet se méfiait profondément de la Démocratie) et géré bien sûr par les hauts fonctionnaires Français.
Ces deux conceptions ont navigué de pair tant bien que mal jusqu’à  la réunification Allemande où il devint évident que l’Allemagne allait disposer du pouvoir monétaire en Europe grâce à  la Bundesbank et au DM.

Les partisans Français de l’Etat Européen (Delors, Trichet etc..) décidèrent alors de faire un coup d’Etat et de forcer la création de cet Etat en commençant par la monnaie, c’est à dire l’Euro, ce qui était censé coincer l’Allemagne, Mitterrand annonçant fièrement alors «qu’il avait cloué les mains de l’Allemagne sur la table de l’Euro». On le vérifie chaque jour.

A l’époque, j’avais écrit ” des Lions menés par des Anes”, mon premier livre, dans lequel j’expliquais que l’Euro allait amener à trop de maisons en Espagne, trop de fonctionnaires en France et trop d’usines en Allemagne et où j’annonçais un désastre économique sans précédent dans l’Europe du Sud.
Et pour cause, je ne connais pas dans l’histoire de fixation de taux de changes fixes entre deux pays avec une productivité différente qui ne se soit pas terminé par un désastre.
Et la conclusion de ce livre était que l’Euro allait tuer l’Europe que j’aimais, c’est à dire l’Europe de la diversité et faire remonter les vieilles haines ancestrales  à la surface…
Car toutes les tentatives dans l’Histoire de recréer l’Empire Romain, ce fantôme qui hante notre histoire, se sont terminées dans la guerre et dans le sang.
Comme on pouvait s’y attendre, depuis ce coup d’Etat, les procédures de remises au pas de ceux qui ne sont pas d’accord sont devenues de moins en moins démocratiques.
Lorsque la crise Grecque, la première, commença, un socialiste, Papandreou était au pouvoir. Il accepta les conditions imposées par le FMI qu’il avait appelé à la rescousse (présidé alors par Strauss-Kahn…), à la condition que le peuple Grec soit consulté par referendum. Il fut instantanément remplacé, après de sordides manœuvres de couloir par un dénommé Papademos…ancien vice gouverneur de la BCE.

Quelque temps après, Berlusconi, le premier Ministre Italien, émit l’idée que si l’Allemagne continuait à suivre une politique déflationniste qui tuait ses voisins, alors l’Italie pourrait décider de quitter l’Euro. Lui aussi fut promptement débarqué et remplacé par le Quisling de service,  un ancien Commissaire Européen, dénommé Monti, que personne n’avait jamais élu et qui avait fait toute sa carrière à Bruxelles.

Dans les deux cas de figure, un premier ministre parfaitement légitime qui avait osé remettre en cause la Doxa Européenne a été débarqué manu militari pour être remplacé par quelqu’un de plus …souple.
Mais tout cela s’est fait dans une certaine discrétion, le but étant de ne pas affoler les populations.
Avec les dernières élections Grecques, les masques sont tombés.
Tour à  tour, nous avons eu :

  • Monsieur Barroso, ancien Mao/Trotskyste et ancien Président de la Commission Européenne qui déclare que les élus ne savent pas résister aux demandes incongrues de la population et que donc les responsabilités doivent être exercées par des gens non élus, peu sensibles aux foucades du corps électoral…
  • Schäuble, le ministre des finances allemand qui dit que les élections Grecques ne changeaient rien. Pourquoi voter ?
  • Et enfin Juncker, le fraudeur fiscal, viré par les électeurs Luxembourgeois et instantanément nommé comme Président de la Commission Européenne  qui  annonce qu’il n’existe pas de sortie «démocratique» aux Institutions Européennes.


Et donc, ces trois éminents personnages nous annoncent tranquillement qu’’ils s’assoient avec beaucoup d’assurance et sur la Démocratie et sur la Souveraineté de chaque Nation Européenne. Et cette attitude est de plus en plus visible chez leurs seconds couteaux.

Une participante-Grecque- aux dernières négociations à Athènes a dit que l’un des membres de la Troïka avait suggéré pour régler les problèmes de cash-flow de l’Etat local que celui-ci ne paye ni les retraites ni les fonctionnaires pendant un ou deux mois. Proposition rejetée avec indignation par le ministre des Finances, cela va sans dire. On ne peut s’empêcher de penser au fameux  « Ils n’ont pas pain ?  Qu’ils mangent de la brioche» de Marie Antoinette.
Cela m’amène à poser une seule question : Pour les Peuples Européens, de quel espoir est porteur aujourd’hui l’Europe telle que les technocrates nous l’ont bâti ?

Qui est prêt à mourir pour cette Europe ?

La «Démocratie Européenne ressemble de plus en plus à l’évidence aux  « Démocraties Populaires »  d’il y a peu.
On sait comment on y entre, on ne sait pas comment en sortir.

Nous sommes en train d’arriver à  ce que je craignais par-dessus tout : Une dé -légitimation de l’idée Européenne née après la seconde guerre mondiale et voila qui me rend fort triste. A ce point, le lecteur va me demander: mais que faire ?

La réponse est toujours la même.
  • Croire que le mal existe et lutter contre.
  • Savoir dire non.
  • Agir au niveau individuel.
  • Ne pas croire en un homme providentiel.
  • Influencer ceux qui sont autour de vous,
  • Eduquer les autres sans relâche.
  • Transmettre ce que vous savez.
  • Soutenir ceux qui ont le courage de lutter et qui y consacrent leurs vies.
  • Se retrouver avec ceux qui partagent les mêmes valeurs. Et ici, je songe par exemple à l’Institut de Formation Politique dont l’Institut des Libertés est proche.

Le pire n’est jamais sûr, et c’est pendant la profondeur de la nuit disait Péguy (je crois, à moins que ce ne fut Bernanos) qu’il est beau de croire à  l’Aurore.