mardi 17 mars 2015

L’Empire du Chaos s’installe en Europe... L’ État islamique en Ukraine / The Empire of the Chaos settles down in Europe... The Islamic State in Ukraine


Par Justin Raimondo – Le 6 mars 2015 – Source http://original.antiwar.com/justin/2015/03/05/isis-in-ukraine/

Source du texte traduit : http://lesakerfrancophone.net/lempire-du-chaos-sinstalle-en-europel-etat-islamique-en-ukraine/

KIEV ET LES DJIHADISTES: UNE SOMBRE ALLIANCE

Alors que nous combattons l’État islamique, l’EI, alias ISIS, en Irak et en Syrie, et que les responsables américains soulignent le prétendu danger d’une attaque sur le territoire américain, Washington et le Califat se battent du même côté en Ukraine. Dans une remarquable série d’articles dans l’Intercept, Marcin Mamon s’est penché sur un aspect du conflit en Ukraine auquel personne d’autre n’a fait attention: le rôle joué par le Bataillon Doudaïev, «une force de combat des islamistes radicaux composée de Tchétchènes, mais incluant également des combattants de tout le Caucase ainsi que quelques Ukrainiens».


Les clés des organisations clandestines islamistes en Ukraine ont été remises à Mamon par un contact à Istanbul, Khalid, qui commande la branche ISIS locale. «Nos frères sont là», a-t-il dit à Mamon, et le journaliste s’est rendu en Ukraine où il a été mis en rapport avec un contact nommé Ruslan, qui l’a conduit au camp clandestin de Munayev.

Portant le nom du premier président de la Tchétchénie séparatiste, Djokhar Doudaïev, le bataillon Doudaïev était commandé par Isa Munayev, récemment tué dans l’est de l’Ukraine. Imprégnés d’une haine fanatique des Russes, qui soutiennent les rebelles de l’Est, les hommes de Munayev estiment également qu’ils paient une dette, puisque les bataillons du Secteur Droit ultra-nationaliste qui aujourd’hui luttent pour Kiev ont apparemment aidé les Tchétchènes dans le passé. Le Secteur Droit est un groupe paramilitaire ouvertement néo-fasciste qui a fourni une grande partie des forces qui ont rendu possible le coup d’État contre Viktor Ianoukovitch, l’ancien président ukrainien. Organisés en différents bataillons, dont la célèbre Brigade Azov, ils idolâtrent les collaborateurs nazis de la Seconde Guerre mondiale, qui ont combattu les troupes soviétiques: les ultra-nationalistes ont été accusés d’avoir commis des atrocités dans le Donbass, ainsi que de terroriser leurs adversaires politiques sur le front intérieur. D’après Mamon, ils ont également été impliqués dans la lutte contre les Russes dans la lointaine Tchétchénie, où l’ancien gros bonnet du Secteur Droit Oleksandr Muzychko a combattu aux côtés de Munayev et des frères contre les Russes.

Comme Ruslan l’a dit à Mamon:

« Je suis ici aujourd’hui parce que mon frère, Isa, nous a appelés et a dit: ‹Il est temps de rembourser votre dette. Il fut un temps où les frères de l’Ukraine sont venus [en Tchétchénie] et se sont battus contre l’ennemi commun, l’agresseur, l’occupant.›. »

A côté de cette solennelle éthique du guerrier, une autre raison probable du soutien de l’EI à Kiev est l’accès à des cibles occidentales, données ainsi aux terroristes. Comme Mamon l’indique:

«L’Ukraine est en train de devenir une étape importante pour les frères comme Ruslan. En Ukraine, vous pouvez acheter un passeport et une nouvelle identité. Pour 15 000 dollars, un combattant reçoit un nouveau nom et un document juridique attestant de sa citoyenneté ukrainienne. L’Ukraine ne fait pas partie de l’Union européenne, mais c’est une voie facile pour l’immigration vers l’Ouest. Les Ukrainiens ont peu de difficultés à obtenir des visas pour la Pologne voisine, où ils peuvent travailler sur les chantiers et dans les restaurants, comblant le vide laissé par les millions de Polonais qui sont partis à la recherche de travail au Royaume-Uni et en Allemagne. »

On nous dit que l’EI prévoit des attaques terroristes en Europe, et que les forces de sécurité sont occupées à recenser tous les suspects du continent; pourtant voici ce trou béant dans les défenses de l’Ouest, par où les frères s’infiltrent tranquillement, sans que les médias occidentaux en rendent compte. En coopération avec des groupes ultra-nationalistes comme le Secteur Droit, qui ont également créé leurs bataillons semi-autonomes, les islamistes d’Ukraine, brandissant des passeports ukrainiens, ont ouvert une passerelle vers l’Ouest.

Les demandes faites à Washington de commencer à fournir des armes létales au régime ukrainien font maintenant partie du débat de politique étrangère à Washington, avec les habituels suspects exhortant l’administration à ouvrir le robinet d’armement. Pourtant, les Ukrainiens disent qu’ils obtiennent déjà une aide létale de pays qu’ils refusent d’identifier, selon le membre officiel du Conseil de sécurité nationale ukrainienne Oleg Gladovsky:

«[L’aide provient] d’endroits où nous n’avons aucune influence et où il n’y a pas de tollé public à ce sujet (que nous avons nous-mêmes contribué à créer dans certains endroits, malheureusement). C’est de ces pays que nous sommes en train de recevoir de l’aide létale.»

Alors d’où vient cette aide?

«Dans l’est de l’Ukraine, écrit Mamon, le drapeau vert du djihad flotte sur certaines bases des bataillons privés.» Mais comment ces groupes de combat sont-ils privés?

L’armée ukrainienne en loques, composée de conscrits peu motivés et mal armés, ne fait pas le poids contre les séparatistes, qui se battent sur leur propre territoire contre un envahisseur. Le régime de Kiev dépend de ces armées privées pour fournir une colonne vertébrale à sa force de combat, et il semble y avoir une relation symbiotique difficile entre l’armée ukrainienne régulière et ces volontaires, avec une approche non interventionniste adoptée par Kiev pour ces derniers . Si le régime ukrainien reconnait ouvertement aujourd’hui obtenir de l’aide de pays non nommés, il est normal de se poser la question: le Bataillon Doudaïev obtient-il une aide directe à partir des mêmes sources que celles qui équipent en armes les rebelles islamistes radicaux de Syrie – le Qatar, le Koweït, les Émirats arabes unis et les Saoudiens?

Comme les rebelles modérés syriens financés et soutenus par les Etats-Unis rejoignent l’EI en masse, le réseau djihadiste international étend ses tentacules en Ukraine pour reprendre le combat au nom de leurs frères.

L’un des principaux liens entre les factions ultra-nationalistes ukrainiennes et les islamistes était Oleksandr Muzychko, qui a combattu aux côtés du chef terroriste tchétchène Chamil Bassaïev – le cerveau derrière le massacre de l’école de Beslan – dans les guerres de Tchétchénie. L’année dernière, Muzychko a été tué dans une fusillade avec les policiers ukrainiens. Mais avant de disparaître, il était le visage public très évident du mouvement ultra-nationaliste d’Ukraine.

Dans une vidéo devenue virale, Muzychko et un groupe de ses compagnons du commando Secteur Droit sont entrés dans le bureau du procureur de la ville de Rivne, dans le nord-ouest de l’Ukraine, et ont giflé le procureur coupable de ne pas faire son travail à la satisfaction de Muzychko. Il a également fait irruption dans une réunion du conseil de la ville de Rivne, brandissant un fusil, et déclarant que le Secteur Droit ne désarmerait jamais. Alors que les autorités ont sans aucun doute trouvé les singeries de Muzychko ennuyeuses, ce genre de chose est normal dans la nouvelle Ukraine. Et il est probable que c’est son implication clandestine avec l’EI, bien plus que ses pitreries publiques, qui a provoqué la colère des autorités: elles lui ont tendu une embuscade et l’ont abattu le 24 mars de l’année dernière. Son implication avec la cellule EI en Ukraine est-elle devenue de plus en plus évidente, même pour ceux en Occident qui s’étaient contentés regarder de l’autre côté?

Que les autorités de Kiev travaillent avec un avant-poste de l’EI est implicite dans toute l’article de Mamon: quand ce dernier s’est rendu au campement de Munayev en compagnie de Ruslan, ils n’ont eu aucune difficulté aux points de contrôle de l’armée ukrainienne, où la possibilité de percevoir des pots de vin ne faisait aucun doute, et ils sont passés à travers. Tout au long de l’article de Mamon nous entendons Munayev se plaindre de la pauvreté: le Bataillon Doudaïev, nous dit-on, doit dépendre d’activités criminelles pour financer le djihad. Pourtant, un oligarque mineur, nommé Dima leur remet 20 000 dollars, et il est question de vendre au marché noir de l’ambre à des «acheteurs du golfe Persique, y compris de riches cheikhs» – peut-être les mêmes riches donateurs qui ont si généreusement financé l’EI.

Les liens entre le régime de Kiev et l’enclave de l’EI en Ukraine sont nombreux, et seulement à demi cachés. Lorsque Mamon est arrivé au camp de Munayev, il a été accueilli par une voiture blindée qui, nous dit-on, a été donnée par Ihor Kolomoisky, l’un des hommes les plus riches d’Ukraine, récemment nommé gouverneur de Dniepropetrovsk. Kolomoisky, malgré son héritage juif, n’a aucun scrupule à s’allier à des groupes ouvertement antisémites comme le Secteur Droit, dont il a financé les bataillons: comme les djihadistes affiliés à l’EI, auxquels il a offert une voiture blindée, il ne pense qu’à la lutte contre Vladimir Poutine, qu’il méprise.

Une autre indication de l’alliance EI-Kiev est l’évasion d’Adam Osmaev, commandant-adjoint du Bataillon Doudaïev, d’une prison ukrainienne où il purgeait une peine pour avoir fomenté l’assassinat de Poutine. Après le coup d’état à Kiev, Munayev et ses compagnons ont fait sortir Osmaev de prison: quand ils ont été confrontés à la police ukrainienne à un barrage, ils ont été mystérieusement autorisés à passer. Comme le rapporte Mamon:

«Après une impasse dramatique, les Ukrainiens ont permis aux Tchétchènes de filer. (Il n’y a pas moyen de confirmer le récit de Ruslan, mais à l’automne 2014, le tribunal d’Odessa a soudainement déclaré qu’Osmaev avait suffisamment purgé sa peine et il a été libéré.) Osmaev et Munayev sont revenus à Kiev, et le bataillon Doudaïev a été créé.»

«De temps en temps, écrit Mamon, Munayev rencontre des représentants du Service de sécurité ukrainien, connu sous le nom de SBU.»

Le Bataillon Doudaïev compte environ 500 combattants, mais il y a aussi d’autres brigades djihadistes en Ukraine, organisées dans le Bataillon Sheikh Mansour, qui s’est détaché du Bataillon Doudaïev et «est basé à proximité de Marioupol, dans le sud-est de l’Ukraine», ainsi que deux autres groupes composés des Tatars de Crimée, comptant chacun environ 500 djihadistes.

Comme l’aide des États-Unis coule à flot en Ukraine, dans quelle mesure va-t-elle retomber sur ces alliés de l’EI – et quelle sera son utilisation future? Si John McCain et Lindsey Graham arrivent à leurs fins, les armes américaines vont bientôt se trouver dans les mains de ces terroristes, dont il est sûr que le djihad contre les Russes se tournera vers l’Ouest et frappera les capitales de l’Europe.

C’est un retour de flamme avec une vengeance: nous créons nos propres ennemis, et leur donnons les armes pour nous faire du mal, alors même que nous affirmons notre besoin d’une surveillance universelle pour les combattre. Les savants fous formulant la politique étrangère américaine sont en train de créer une armée de monstres de Frankenstein – qui ne manqueront pas d’attaquer leurs créateurs bercés d’illusions.

Traduit par Claude, relu par Diane et jj pour le Saker Francophone

mardi 10 mars 2015

Israël contre les Juifs / Israel against the Jews

Source : http://www.legrandsoir.info/israel-contre-les-juifs.html

C’est un refrain bien établi. Vous critiquez Israël et le sionisme ? Vous êtes antisémite ! Un Juif français veut pouvoir « vivre son judaïsme » ? On l’invite à faire son « alyah » et à apporter sa pierre à la colonisation de la Palestine.
On essaie de nous marteler que l’histoire des Juifs s’est achevée et qu’Israël en est l’aboutissement. Israël fonctionne comme un effaceur de l’histoire, de la mémoire, des langues, des traditions et des identités juives. La politique israélienne n’est pas seulement criminelle contre le peuple palestinien. Elle se prétend l’héritière de l’histoire juive alors qu’elle la travestit et la trahit. Elle met sciemment en danger les Juifs, où qu’ils se trouvent. Et elle les transforme en robots sommés de justifier l’injustifiable
Retour sur un passé récent
L’histoire des Juifs français n’a strictement rien à voir avec Israël. Régulièrement spoliés, massacrés ou expulsés par différents rois très chrétiens, les Juifs ont acquis la citoyenneté française avec l’Abbé Grégoire pendant la Révolution. Ces deux derniers siècles ont été marqués par une quête de la citoyenneté et de l’égalité des droits.
L’affaire Dreyfus a révélé que, si une partie de la société française était antisémite, une autre partie, finalement majoritaire, considérait que l’acquittement et la réhabilitation de Dreyfus étaient l’objectif de tous ceux qui étaient épris de liberté et refusaient le racisme. L’histoire des Juifs français a été marquée par leur participation importante à la résistance contre le nazisme et le régime de Vichy, puis par l’engagement de nombre d’entre eux dans des luttes progressistes et/ou anticoloniales. Les intellectuels juifs de cette époque s’appelaient Raymond Aubrac, Marc Bloch, Laurent Schwartz, Pierre Vidal-Naquet, Stéphane Hessel. C’était une époque où beaucoup de Juifs pensaient que leur propre émancipation passait par celle de tou-te-s. C’était une époque où le racisme, le fascisme et la haine de l’autre étaient considérés comme des abjections à combattre. Les enfants juifs allaient à l’école publique, jamais il ne leur serait venu à l’idée de se séparer des autres dans des écoles confessionnelles.
On s’efforce aujourd’hui en Israël d’effacer l’histoire des Juifs dans les différents pays où ils ont vécu. Si les Juifs ont longtemps été considérés par les antisémites en Europe comme des parias inassimilables et s’ils ont été persécutés parce qu’ils constituaient un obstacle aux nationalismes fous qui rêvaient de sociétés ethniquement pures, ils n’ont jamais recherché la séparation mais au contraire l’insertion à l’intérieur des sociétés dans lesquels ils vivaient.
Une assignation à la désertion
On fait un saut de quelques années. En tête d’une gigantesque manifestation parisienne censée dénoncer le terrorisme, on trouve trois criminels de guerre, Nétanyahou, Lieberman et Bennet qui viennent de s’illustrer dans le massacre de plus de 2000 Palestinien-ne-s (essentiellement des civil-e-s) à Gaza pendant l’été 2014. Profitant de l’émotion causée par l’attentat antisémite de la Porte de Vincennes, Nétanyahou est autorisé (par le gouvernement français) à déclarer aux Juifs français qu’ils sont en insécurité en France et qu’ils doivent partir dans leur « vrai » pays, Israël.
En fait, le sionisme n’a jamais combattu l’antisémitisme. Il s’en est toujours nourri avec en permanence un seul et unique but : faire immigrer le maximum de Juifs en Israël. Du coup, Nétanyahou n’hésite pas à mettre en danger les Juifs français. Il en fait des étrangers dans leur propre pays, des « touristes » qui n’ont pas compris que leur « patrie » est là-bas. Les Juifs sont sommés d’être des « traîtres » (à la seule et unique cause, celle du Grand Israël de la mer au Jourdain) ou des complices. La France a toujours été un échec pour Israël : à peine 80000 Juifs sont partis depuis 1948 et une moitié est revenue. Alors la propagande se fait assourdissante. Pourtant, s’il y a bien un pays où les Juifs sont en insécurité, c’est Israël et il sera ainsi tant que la destruction de la Palestine se poursuivra.
À « l’alyah » (la montée) des vivants vers Israël, s’ajoute à présent celle des morts. Les autorités israéliennes incitent vivement les Juifs français à faire enterrer leurs proches en Israël. Ainsi les victimes de la tuerie de la porte de Vincennes ont été inhumées au cimetière de Givat Shaul. Ce « quartier » de Jérusalem, c’est l’ancien Deir Yassine, le village martyr de la guerre de 1948 où les milices de l’Irgoun dirigées par Menachem Begin ont massacré toute la population avant que le village ne soit, comme tant d’autres, rayé de la carte. Quel symbole !
Israël à l’avant-garde de l’islamophobie
Les Juifs ont vécu pendant des centaines d’années dans le monde musulman. Ils ont même été accueillis par l’empire ottoman après leur expulsion d’Espagne en 1492. Aujourd’hui, Israël participe à la diabolisation des Arabes et des musulmans en se comportant en élève modèle du « choc des civilisations ». Le racisme anti-arabe et l’islamophobie s’expriment ouvertement, des politiciens en ont fait leur fond de commerce et les passages à l’acte sont fréquents. Les crimes de masse comme à Gaza ou la multiplication des propos racistes (Pour le rabbin Rosen, les Palestiniens sont des Amalécites et la Torah autorise qu’on les tue ainsi que leurs femmes, leurs enfants, leurs troupeaux) laisseront des traces. Comment imaginer que ce qui est infligé aux Palestiniens sera sans conséquences ?
En Israël, des propagandistes rivalisent pour expliquer que les Juifs ont vécu l’enfer dans le monde musulman, masquant le fait que l’antisémitisme a été avant tout une invention européenne et chrétienne. Les Juifs orientaux subissent en Israël des discriminations sociales et un mépris raciste. Ils ont souvent été humiliés et discriminés à leur arrivée. Ils sont coupés de leurs racines et poussés à renier leur identité. L’expulsion des Palestiniens de 1948 est présentée comme un « échange de population » alors que le sionisme est le principal responsable, et de la Nakba, et du départ des Juifs orientaux de leurs pays.
Qu’y a-t-il de juif en Israël ?
Les sionistes ont théorisé l’idée que les Juifs et les non-Juifs ne peuvent pas vivre ensemble. C’est totalement contraire à tout ce qui s’est passé pendant des centaines d’années. Cela va à l’encontre de l’aspiration des Juifs à sortir des ghettos, des mellahs et des juderias pour devenir des citoyens normaux.
Les Juifs religieux qui émigrent en Israël y rencontreront rarement la religion telle qu’elle a été pratiquée pendant des siècles. Le courant national-religieux s’est imposé. Ce courant intégriste a totalement révisé la religion. Le « peuple élu », ça n’a jamais voulu dire qu’il a plus de droit que les autres mais au contraire qu’il a plus de devoirs. Parmi les préceptes, il y a « ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse » et « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». « L’an prochain à Jérusalem », ça n’a jamais voulu dire qu’il faut réaliser le nettoyage ethnique en cours, mais « vivement que le Messie vienne ». L’hébreu a toujours été une langue religieuse interdite à l’usage profane. La religion juive est une religion de « l’exil ». L’installation sur cette terre (d’Israël/Palestine) avant l’arrivée du Messie et a fortiori l’établissement d’un Etat juif étaient interdits. D’ailleurs les Juifs expulsés d’Espagne en 1492 ne sont pas allés à Jérusalem. Herzl a rencontré une hostilité quasi unanime des rabbins contre le projet sioniste dès qu’il a été question d’établir un État juif en Palestine.
Pour les Juifs laïques, les valeurs dominantes d’Israël sont à l’antithèse de ce que sont pour eux les valeurs du judaïsme. Où trouve-t-on dans la tradition juive le racisme, le chauvinisme, le militarisme, le négationnisme de l’existence et de la dignité de l’autre ? Qu’y a-t-il de commun entre ce qu’ont représenté les grands intellectuels juifs (Einstein, Freud, Arendt, Kafka, Benjamin …) et les criminels de guerre qui dirigent Israël ? Qu’est devenue en Israël la mémoire de celles et ceux qui ont lutté contre le fascisme et le colonialisme (Marek Edelman, Abraham Serfaty, Henri Curiel …) ? De quel héritage juif peuvent se prévaloir les colons et les militaires qui justifient à l’avance les violences et les crimes commis contre les Palestiniens ?
Comme l’écrit l’historien israélien Shlomo Sand à propos du livre de Yakov Rabkin Comprendre l’État d’Israël, « celui qui voit dans le sionisme une continuation du judaïsme ferait bien de lire ce livre. Mais celui qui croit que l’État d’Israël est un État juif est obligé de le lire ».
Certains Juifs pensent qu’après le génocide nazi, Israël est l’ultime refuge. Au nom de quoi les dirigeants israéliens peuvent-ils brandir partout l’antisémitisme et le souvenir du génocide ? Les sionistes n’ont joué qu’un rôle marginal dans la lutte contre l’antisémitisme et la résistance au nazisme. Certains dirigeants sionistes ont même eu un comportement honteux pendant la montée du fascisme (Ben Gourion avec les accords de Haavara, 1933) et à l’époque de l’extermination (le groupe Stern assassinant des soldats et des dignitaires britanniques). Comment ne pas comprendre que la mémoire du génocide signifie « que cela n’arrive plus jamais » et pas « que cela ne NOUS arrive plus jamais », ce qui correspond à une vision tribale de l’humanité totalement contraire à toutes les formes d’héritage juif.
Refuser l’assignation et la peur, refuser toutes les formes de racisme et de discrimination.
Il y a des confrontations qui ont du sens : les luttes contre l’oppression, la domination, le colonialisme, pour l’égalité des droits. On nous vend aujourd’hui une guerre qui n’est pas la nôtre : celle d’un monde dit « civilisé » contre le « terrorisme islamique ». Dans cette « guerre », les musulmans sont considérés comme des terroristes en puissance et sont sommés de « prouver » qu’ils ne sont pas des complices de Daesh.
Et les Juifs sont assignés à soutenir sans réserve une politique israélienne criminelle contre les Palestiniens et suicidaire pour les Juifs.
Cette fuite en avant criminelle tient par la peur. Ce syndrome assure le consensus à un point tel qu’un négociateur palestinien (le professeur Albert Aghazarian) a pu dire que les Israéliens ont peur de ne plus avoir peur. Cette peur irrationnelle a gagné beaucoup de Juifs français.
Dans le contexte du « choc des civilisations », prétexte des dominants pour ensanglanter le monde, il y a en France une montée générale de toutes les formes de racisme. Contrairement à l’image fabriquée par les principaux médias, le racisme frappe essentiellement tous les « dominés », toutes les victimes de l’apartheid social : Arabes, Noirs, Roms. Il prend une nouvelle tournure en se masquant derrière l’islamophobie. Comme il n’est plus politiquement correct de dire « sale arabe », on diabolise l’islam.
Il y a aussi une incontestable et détestable montée de l’antisémitisme. Mais les différentes formes de racisme ne sont pas traitées de la même façon.
Les dirigeants israéliens et en France le CRIF, participent activement à la stigmatisation des musulmans. Ils affirment contre toute évidence qu’il n’y a qu’un seul racisme à dénoncer (l’antisémitisme) et qu’on est à la veille d’une nouvelle « nuit de cristal ». Ils font apparaître les Juifs comme ceux que le pouvoir protège alors que l’idéologie sécuritaire, les déclarations des principaux dirigeants et le travail nauséabond de pseudo intellectuels, visent une seule population déclarée dangereuse.
Les stéréotypes antisémites se nourrissent aussi de la complicité du CRIF avec la politique israélienne et de la partialité évidente du pouvoir. À l’heure des confusions, l’indignation légitime contre les crimes israéliens fait monter l’antisémitisme et les quelques paumés attirés par la violence effroyable de Daesh commettent des attentats criminels contre les Juifs parce que Juifs.
La lutte contre le racisme ne peut pas être découpée. Choisir certaines « bonnes » victimes contre d’autres est à l’antithèse du combat antiraciste. La politique israélienne et la négation totale des droits du peuple palestinien ne protègent absolument pas les Juifs. Au contraire. Pour créer l’Israélien nouveau, il a fallu « tuer le Juif », celui qui pensait que son émancipation passait par celle de l’humanité. Comme le dit le militant israélien anticolonialiste Eitan Bronstein : « nous ne serons jamais libres tant que les Palestiniens ne le seront pas ». En refusant le tribalisme, les Juifs français réaffirmeront une histoire dont ils peuvent être fiers.
C’est tou-te-s ensemble qu’il faut combattre tous les racismes, toutes les stigmatisations, toutes les discriminations. C’est tou-te-s ensemble qu’il faut défendre le droit, en Palestine comme ici.
Pierre Stambul, jeudi 19 février 2015
(Coprésident de l’Union Juive Française pour la Paix).

lundi 2 mars 2015

Les États-Unis ont-ils assassiné Boris Nemtsov? La menace imminente / Did the United States murder Boris Nemtsov? The imminent threat

Source : http://lesakerfrancophone.net/les-etats-unis-ont-ils-assassine-boris-nemtsov-la-menace-imminente/

Par Joaquin Flores – Le 28 février 2015 – Source Fort Russ

Les manchettes, partout dans le monde, ont présenté des variations sur l’histoire de l’assassinat de Boris Nemtsov. Chacune d’entre elles reprend le récit des faits pertinents: quoi, qui, où, comment… Mais la vraie question est pourquoi. La réponse à cette question, ou plutôt ce que l’Occident prétend avec insistance être la réponse, nous dira beaucoup sur les plans des États-Unis pour intensifier les tensions en Russie, en Ukraine, et au-delà.


Il serait insensé de mettre de côté toute hypothèse liant ce crime à des gens proches de lui, dans le domaine des affaires, de la politique ou de la romance. En ce qui concerne les affaires, nous pouvons rappeler que bon nombre de personnes voulaient sa mort à cause de ses crimes et de sa corruption en tant que directeur de la Banque Neftyanoi – aujourd’hui liquidée – et président de sa société mère Neftyanoi Concern.

De nombreuses polémiques ont fleuri autour de cette affaire en 2006. Bien sûr, dans le domaine des problèmes de cœur, nous avons tous ceux qui entourent la femme avec qui il a été vu la dernière fois. Cette femme, Anna Duritskaya, était également présente lors de la fusillade. Des rumeurs flottent ici et là que cela pourrait être lié à son récent avortement et autres aspects mélodramatiques associés.


Un lien évident avec cette affaire est la crise en cours en Ukraine et, dans cette variante, le meurtre pourrait avoir été motivé par un conflit interne entre factions pro-américaines là-bas. Nemtsov a été actif pendant la Révolution orange de 2004, soutenue par les États-Unis. Victor Iouchtchenko a ensuite été nommé conseiller économique, mais il a quitté son poste dans des circonstances suspectes, laissant derrière lui plus d’ennemis que d’amis.

Parmi ces ennemis, l’un deux pourrait très bien être à l’origine de l’assassinat, ou ceux qui sont derrière lui, mais le moment de cette fusillade et d’autres faits pertinents devraient plutôt nous amener à considérer que c’est politiquement motivé.

Ces complots peuvent effectivement être un peu complexes, c’est souvent le cas lorsque deux oiseaux sont tués avec une seule pierre. Un rival personnel peut recevoir un feu vert pour régler un compte, et ainsi accomplir un acte de plus grande portée géostratégique, comme dans ce cas.

En fait, nous cherchons ici à savoir si cela a été effectué sur les ordres de l’un des principaux acteurs impliqués dans la crise mondiale actuelle. Concrètement, la question est de savoir si cela a été réalisé par les Russes et leurs amis, ou par les États-Unis et leurs amis.

Que la fusillade ait été faite sur contrat ou non n’est également pas très important, sauf si on regarde l’aspect médico-légal et judiciaire du crime ainsi que les circonstances immédiates elles-mêmes. Celles-ci pourraient nous dire certaines choses, sauf que dans des cas comme celui-là, nous devons toujours être conscients que le maquillage en travail non professionnel – comme dans ce cas – serait quelque chose qu’un professionnel pourrait faire pour lancer sur une fausse piste.


Boris Nemstov
Par exemple, il est probable que nous entendrons de la part des amis de la Russie que ce meurtre n’a pas les signes caractéristique d’une frappe professionnelle organisée par un gouvernement. Ils feront évidemment remarquer que si Boris Nemtsov avait été la cible du Kremlin, il serait mort dans un accident de voiture ou d’une crise cardiaque. Ce serait beaucoup trop bâclé pour quiconque au Kremlin de penser à lui tirer dessus en public, avec des témoins.

Ce n’est pas trop convaincant, parce qu’effectivement ces méthodes sembleraient impliquer l’État russe, alors que la façon plutôt bâclée avec laquelle Nemtsov a été tué nous pousse à éliminer cette possibilité. Dans la même logique, si un coup de ce genre devait être réalisé, alors, pour l’État, utiliser une méthode d’amateur prendrait tout son sens. Dans le cas des États-Unis, il faut présenter une autre explication. Si les États-Unis sont derrière tout cela, il doit paraître évident qu’il s’agit d’un assassinat bâclé, affreux, sans laisser aucun doute.

En fait, si les Russes voulaient sa mort, la valeur de l’assassinat serait dans son invisibilité. Mais si les Américains voulaient le tuer, la valeur serait dans le spectacle de l’assassinat lui-même. Cet assassinat est chargé de spectacle.

Si l’on peut soutenir que la Russie aurait employé des méthodes bâclées afin de lancer sur une fausse piste, il est cependant plus probable, compte tenu de la méthode, que les États-Unis sont derrière. Cela aurait pu être organisé à l’aide de moyens ukrainiens, que la CIA et l’Otan possèdent désormais en abondance, et n’impliquerait pas les agents américains sur le terrain à Moscou.

Ainsi, que cet acte ait été accompli au grand jour signifie bien qu’il devait être reconnu comme un meurtre. Cela ne correspond ni à un motif ni à un mode opératoire russe.

Qui en profite?

Les questions plus profondes concernant un cas de ce genre confirment les remarques précédentes.

La première question à se poser est à qui cela profite-t-il. Dans ce cas, nous savons que la Russie, en particulier Poutine, n’a rien à gagner. Le meurtre de Nemtsov, sous aucune circonstance, n’a de sens du point de vue russe. Politiquement, il ne posait pas de menace réelle tant qu’il était vivant. Avec moins de 5%, sa candidature et le Parti républicain n’ont pas recueilli suffisamment de soutien pour obtenir un seul siège au parlement russe, la Douma. Avec des taux d’approbation supérieurs à 85%, Poutine n’a pas besoin de recourir à ce genre de pratiques que, dans tous les cas, en dépit de ses légions de détracteurs, payés ou amateurs, il serait de toute façon peu disposé à employer . Poutine n’est pas un dictateur aventurier, mais la tête d’une nation puissante et complexe.

La Russie est également à un moment politique différent, où de telles méthodes ne sont pas nécessaires, même si la victime avait été une figure gênante de l’opposition. Quand on dispose de tant d’autres moyens d’assassinat virtuel, par exemple par les médias, les assassinats réels sont inutiles. Il existe également d’autres méthodes pour délégitimer ces personnages, qui tournent invariablement autour de leurs relations d’affaires, des filles mineures, et ainsi de suite.

Ces autres méthodes sont beaucoup plus propres, alors que les assassinats font apparaître un gouvernement aux abois, faisant d’un personnage marginal un martyr inutile et donnant du crédit à l’opposition ici et à l’étranger.

Alors qu’il avait occupé une place importante dans les années 1990 sous Eltsine, comme vice-Premier ministre pendant environ un an jusqu’en 1998, sa carrière politique depuis le début des années 2000 a été de peu d’importance et n’a pas inspiré un soutien de masse.

Ce sont les États-Unis qui ont le plus à gagner dans toute cette affaire. La presse occidentale l’a dépeint pendant des années comme la personne susceptible de remplacer Poutine dans le cas d’une grave instabilité politique en Russie. Cela fait suite à une narration de mythes et légendes dans laquelle l’Ouest s’admire, où les valeurs libérales occidentales sont imposées comme des valeurs naturelles et universelles à travers le monde.

Alors que Nemtsov était l’un des favoris des États-Unis, il n’est pas un favori du peuple russe. Le parti ayant vraiment le vent en poupe en Russie et qui devrait dépasser le parti au pouvoir de Poutine en cas de changement sérieux, est le Parti communiste de Ziouganov. Mais ce scénario va contre les intérêts occidentaux; en outre, il est en contradiction avec les récits de l’Ouest sur la guerre froide et ses conséquences.

Que la presse occidentale et les dirigeants des États-Unis et d’Ukraine exploitent l’événement est un autre indice qu’ils y ont mis la main.

Nous pouvons déjà constater que les déclarations faites par Obama, Porochenko, le ministre canadien des Affaires étrangères, ainsi que par le secrétaire général adjoint de l’OTAN, sont arrivées très rapidement, de manière uniforme, et qu’elles semblent être issues d’une procédure.

Ces déclarations de l’OTAN et des gouvernements étrangers sont scandaleuses, mais pas étonnantes, car elles impliquent que le gouvernement russe est derrière le crime. Pourquoi l’assassinat doit-il être condamné? Sans compter que tous les meurtres sont condamnés, en général, par les sociétés dans lesquelles ils se produisent (d’où l’existence des lois), pourquoi cet assassinat particulier doit-il être condamné politiquement sans savoir s’il a un motif politique?

Comme nous le savons, le dimanche 1er mars, demain, il y aura une autre tentative des forces pro-américaines et leurs alliés libéraux pour lancer un Printemps russe, également appelé Marche anti-crise. Avec cet assassinat tout frais, juste trente-six heures avant la Marche, nous pouvons nous attendre à voir le martyre de Nemtsov mis en valeur.


Arrestation de Navalny
Il y a à peine dix jours, Alexeï Navalny, une autre figure soutenue par l’Ouest, était arrêté pour avoir tenté d’organiser la marche, qui, selon les organisateurs, attirera plus de 100 000 manifestants contre Poutine.

Lorsque Poutine a été élu la dernière fois, le même groupe a organisé une marche semblable. L’opposition loyale communiste s’est jointe à cette marche, et a noyé les bannières libérales sous les drapeaux communistes.

Ce fut un excellent test et le message a été envoyé aux contrôleurs américains que la Russie est prête, avec sa propre opposition loyale, à frustrer et à réorienter les objectifs de tous les efforts de la 5e colonne des États-Unis.

De même, sur le front de la propagande, la scène patriotique a coopté le terme printemps russe pour signifier le contraire de ce que le États-Unis ont voulu dire dans des pays comme l’Égypte, la Libye et la Syrie. Maintenant cela signifie un mouvement pour repousser les schémas hégémoniques des Etats-Unis, y compris l’utilisation de la tactique Couleur/Printemps.

La plus grande préoccupation pour la marche de ce dimanche n’est pas le taux de participation, mais comment elle va être racontée à l’Ouest. Le problème du côté de la propagande de cette action est qu’elle est pour l’instant tout à fait inutile et incomplète.

La stabilité politique actuelle de la Russie et la popularité de Poutine ne sont pas dans les mains des médias occidentaux. Cela représente un changement monumental par rapport aux derniers jours des anciens médias lors de l’effondrement de l’URSS, lorsque la BBC et CNN offraient le spectacle d’une information objective et neutre.

Pour le public russe, et pour les médias russes, cette enquête prendra la forme d’une enquête standard sur un meurtre. Compte tenu du statut de la victime et des implications politiques, elle bénéficiera d’une couverture importante. Finalement, les enquêteurs procéderont à une arrestation, et une certaine histoire sera racontée. L’histoire pourra être vraie ou fausse, mais dans l’ensemble, elle sera acceptée.

Les Russes ne vont pas perdre le sommeil à cause de cet assassinat, et le résultat de l’enquête n’est lié en aucune façon à leur soutien général au gouvernement actuel et à ses politiques. Les Russes ont d’autres choses à faire, des endroits à visiter, du travail à accomplir et des vies à vivre. La plupart des gens n’aimaient pas l’homme assassiné, et voient cet événement comme une tragédie, peut-être même comme un complot américain. Ceux qui l’aimaient blâmeront l’État, car ils tiennent l’État et Poutine pour responsables de quasiment tout. Tout cela est également vrai des conséquences de la marche prévue pour dimanche.

Pour le public occidental, la Russie est d’ores et déjà un régime totalitaire où l’opposition est réduite au silence et où les dirigeants sont emprisonnés et tués de sang-froid. C’est déjà un récit qui ne nécessite aucune réitération. Poutine est Hitler. L’apaisement ne fonctionnera pas. C’est déjà la ligne.

Tout cela signifie que nous n’avons pas encore entendu la fin de l’histoire. Il est difficile d’accroître des sanctions à partir de cet assassinat, mais s’il y en a, ce ne devrait pas être une surprise. Les sanctions passées ont été basées sur moins que ça. Pourtant, l’Europe commence à se méfier des sanctions et les sanctions supplémentaires seront probablement symboliques, comme elles l’ont été la dernière fois.

La plus grande inquiétude est maintenant de savoir si d’autres tueries sont prévues pour dimanche. Les États-Unis semblent aller de l’avant avec tous leurs plans, même s’ils ont toujours échoué. Nous l’avons vu en Syrie et en Ukraine.

Dans un tel cas, la manière dont les Etats-Unis vont tourner cela est évidente, et l’appel à Poutine à démissionner va ouvertement commencer. Bien que ce dernier aspect soit de toute façon une éventualité, les événements de demain nous diront si nous devons nous attendre à une escalade sérieuse dans ce processus.

Joaquim Flores

Traduit par Claude, relu par jj et Diane pour le Saker Francophone

Joaquin Flores est un expatrié américain vivant à Belgrade. Il est analyste à temps plein au Centre d’études syncrétiques, un centre public de réflexion géostratégique. Son expertise couvre l’Europe de l’Est et l’Eurasie,

samedi 28 février 2015

Russie : assassinat de l'opposant Boris Nemtsov / Russia: murder of the opponent Boris Nemtsov


En attendant les résulats de l'enquête, quelques réactions ou rappels intéressants.



La classe politique russe est en plein émoi suite à l'assassinat au centre de Moscou, devant le Kremlin, de l'opposant Boris Nemtsov.
A la nouvelle de l'assassinat de Boris Nemtsov, le premier ministre russe Dimitri Medvedev a exprimé ses profondes condoléances aux parents et proches du défunt. Le chef du gouvernement a appelé les organes judiciaires et de sécurité à faire tout pour dépister et traduire en justice les auteurs de ce crime odieux.
L'assassinat de l'homme politique russe Boris Nemtsov avait manifestement pour objectif de déstabiliser la situation au sein de la société, a estimé Vladimir Vassiliev, vice-président de la Douma (chambre basse du parlement russe), chef du groupe de députés du parti (au pouvoir, ndlr) Russie Unie.
L'ex-président soviétique Mikhaïl Gorbatchev est persuadé qu'il faut chercher dans la politique l'explication de l'assassinat de l'opposant russe Boris Nemtsov.
Selon le leader des communistes russes Guennadi Ziouganov, il s'agit d'une provocation pure et simple, dont les auteurs représentent des forces souhaitant aggraver au maximum la situation. Le président du PC a insisté sur une enquête urgente de l'assassinat de Boris Nemtsov.
L'assassinat de Boris Nemtsov peut avoir une multitude de versions, mais une chose est claire: les actuelles autorités russes n'avaient aucun intérêt à ce qu'il disparaisse, a estimé le député Valeri Rachkine, vice-président du CC du PC.
Le directeur général de l'Institut international d'expertise politique Evgueni Mintchenko pense qu'il s'agit d'une provocation dirigée contre les autorités russes et visant à aggraver la situation à la veille d'une action de l'opposition prévue le 1er mars.
Boris Nemtsov, 55 ans, avait été premier vice-premier ministre du président Boris Eltsine à la fin des années 90 pendant un an et demi. Après l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000, il était devenu l'un des principaux opposants au nouveau chef de l'Etat. L'homme politique a été tué par balles dans la nuit de vendredi à samedi en plein centre de Moscou, devant le Kremlin.

Et puis, Vladimir Poutine il y a 3 ans... 



Ajoutée le 28 févr. 2015
Dans cette vidéo datant d'il y a exactement trois ans (29 février 2012), Vladimir Poutine prédisait que des attaques sous faux drapeau telle que celle dont l'opposant Boris Nemtsov vient d'être victime pourraient être menées depuis l'étranger pour nuire à la Russie. A un moment où la crise ukrainienne, façonnée de toutes pièces par les Etats-Unis et leurs vassaux européens, se traduit sur le terrain par une déroute de la junte pro-occidentale de Kiev, et sur le plan international par une victoire spectaculaire de la diplomatie russe, un tel crime ne peut profiter qu'à l'Occident. Vladimir Poutine, qui jouit d'une côte de popularité astronomique dans les sondages (86%), n'a aucun intérêt à faire abattre un opposant qui ne représente pas même 1% des suffrages, et dont l'audience est si faible qu'il n'a aucun Député à la Douma. Tout comme l'attaque contre le vol civil malaisien MH17, faussement attribué à la Russie, il s'agit d'une nouvelle opération de propagande destinée à ternir son image, dans la droite ligne de la guerre politique, économique et médiatique que mène l'Occident contre la Russie de Vladimir Poutine.

Transcription :

En ce qui concerne les provocations (sous faux drapeau) durant les manifestations et autres, j'espère que personne ne franchira cette ligne et que tout restera dans les limites légales. Et j'espère que les tentatives de provoquer les agences de sécurité pour susciter une réaction violente resteront vaines.
Car les forces que vous avez évoqué souhaitent réellement de violents affrontements. Et ils ne cessent d'essayer de les fomenter.

Ils sont même prêts à sacrifier quelqu'un afin d'en accuser le gouvernement. Je connais ces méthodes et tactiques, cela fait dix ans qu'ils essaient de les utiliser. Cette méthode est surtout utilisée par ceux qui travaillent depuis l'étranger. Je vous l'affirme car je le sais de manière factuelle. Ils recherchent même quelqu'un pour le transformer en martyr. Une quelconque personnalité connue. Ils vont le buter eux-mêmes, excusez-moi la vulgarité, puis en accuser le gouvernement. Il y a des gens qui en sont capables, je n'exagère pas du tout.

J'espère que les personnes qui organisent des manifestations pour améliorer la vie dans notre pays
et, dans cet objectif, utilisent leur droit d'assemblée, leur liberté d'expression, ne cèderont pas à ces machinations.

jeudi 26 février 2015

Contre le transhumanisme et sa clique totalitaire.... Voici un appel des Chimpanzés du futur / Against the transhumanisme and his totalitarian clique.... Here is a call of the Chimpanzees of future

Il semblerait que, si par miracle nous échappons à la guerre nucléaire que prépare notre Glorieuse Civilisation Occidentale contre les hordes barbares islamo-russes, nous verrions s'ouvrir les
lendemains radieux où l'humanité serait définitivement divisée entre "Uebermenschen" (surhommes) adaptés dans leur chair au technologisme triomphant et par là-même délivrés de tout contact avec notre Mère la Terre et "untermenschen" qui, à la limite, pourraient servir de réserve à organes frais...
Lisez ceci, consultez le site "pièces-et-main d'oeuvre"
(www.piecesetmaind'oeuvre.com ) et diffusez, svp, un
maximum.
Bonjour chez vous
( pour paraphraser un célèbre feuilleton télévisé des
années soixante )
M. Donceel 




Frères humains, sœurs humaines,

Vous avez entendu parler du transhumanisme et des transhumanistes ; d’une mystérieuse menace, groupe fanatique, société de savants et d’industriels, discrète et puissante, dont les menées occultes et l’objectif affiché consistent à liquider l’espèce humaine pour lui substituer l’espèce supérieure, « augmentée », des hommes-machines. Une espèce résultant de l’eugénisme et de la convergence des nanotechnologies, des biotechnologies, des neurotechnologies et des immenses progrès de la science.

Vous avez entendu l’ultimatum, cynique et provocant, de ce chercheur en cybernétique : « Il y aura des gens implantés, hybridés, et ceux-ci domineront le monde. Les autres qui ne le seront pas, ne seront pas plus utiles que nos vaches actuelles gardées au pré. » (1) et encore, « Ceux qui décideront de rester humains et refuseront de s’améliorer auront un sérieux handicap. Ils constitueront une sous-espèce et formeront les chimpanzés du futur. » (2)

Et vous vous êtes demandé s’il fallait prendre ces esbroufes au sérieux, ou s’il ne s’agissait que de science-fiction et de l’expression boursouflée de l’orgueil technocratique.

Hélas, le danger est véritable, et l’Humanité affronte une tentative d’extinction, fomentée par et pour une faction égoïste, implacable et toute-puissante, lasse de partager ce monde résiduel avec des masses de bouches inutiles et toujours plus nombreuses.

Comment en sommes-nous venus là, et que devons-nous faire ?

Au début, il y avait les poètes.

Rimbaud : « J’ai créé toutes les fêtes, tous les triomphes, tous les drames. J’ai essayé d’inventer de nouvelles fleurs, de nouveaux astres, de nouvelles chairs, de nouvelles langues. J’ai cru acquérir des pouvoirs surnaturels. Eh bien ! je dois enterrer mon imagination et mes souvenirs ! Une belle gloire d’artiste et de conteur emportée ! »

Ducasse : « C’est un homme ou une pierre ou un arbre qui va commencer le quatrième chant. »

Puis les artistes futuristes, Français, Italiens, Soviétiques ; Marinetti, Maïakovski, Appolinaire et tant d’autres, chantres de la violence et de la vitesse ; clairons et rescapés de la Grande Guerre industrielle et mondiale, exaltèrent dans la technologie le vrai moyen de « changer la vie » et de « transformer le monde ». Ils firent la guerre aux vieilleries poétiques, au soleil et à la lune ; ils glorifièrent les aéronefs, les barrages, les moteurs, l’électricité, les Titanic, les Métropolis, les armées blindées, les stades gigantesques. Et les robots, les masses mécanisées.

Ils propagèrent les deux grands mouvements de l’époque : la technologie et le totalitarisme. Deux mouvements convergents. Deux aspects d’un même mouvement d’ingénieurs des hommes et des âmes, visant la fabrique de l’homme nouveau, de l’Übermensch nazi à l’Homme d’acier communiste en passant par toutes les variétés de surhommes et de Supermen, pour aboutir au cyborg ; à l’homme bionique des laboratoires transhumanistes, « hybridé » d’implants et d’interfaces.

Dès les années Trente, le national-révolutionnaire Ernst Jünger, critiquait le racisme biologique et grossier des nationaux-socialistes, pour lui opposer l’avènement d’un nouveau type d’humanité : Le Travailleur - en tchèque, le robot.

Ces progressistes au plan technologique sont des régressistes au plan social et humain, des partisans de la pire régression sociale et humaine ; ce qu’en langage commun on nomme des réactionnaires. Le nazisme, le fascisme et le communisme n’ont succombé que face au surcroît de puissance technoscientifique des Etats-Unis. Mais l’essence du mouvement, la volonté de puissance technoscientifique, s’est réincarnée et amplifiée à travers de nouvelles enveloppes politiques. Le laboratoire est florissant d’où s’est enfuie la créature immonde. Dès 1945, Norbert Wiener mettait au point la cybernétique, la « machine à gouverner » et « l’usine automatisée », qu’IBM implante aujourd’hui sous le nom de « planète intelligente ». C’est-à-dire la fourmilière technologique ubiquitaire, avec ses rouages et ses connexions, ses insectes sociaux-mécaniques qui se nommaient eux-mêmes, jadis, des zoon politikon, des animaux politiques.

Pour les transhumanistes et les collabos de la machine, l’humain est l’erreur. L’humain est faible et faillible, l’humain est fini. L’humain leur fait honte. Ils aspirent à la perfection, au fonctionnement infaillible et à l’infinité du système technologique ; à se fondre dans cette totalité autonome.

Les transhumanistes trouvent des soutiens partout. Ils s’expriment dans les émissions de radio et dans les journaux de référence. « L’homme augmenté, c’est déjà demain », proclame l’hebdomadaire citoyen qui se réjouit du fait accompli. « Un autre transhumanisme est possible », déclare l’Association française transhumaniste. On n’arrête pas le progrès et la gauche est pour le progrès. Etre de gauche, c’est réclamer le droit et les moyens de l’hybridation homme-machine pour toussétoutes ; d’un service public de l’eugénisme, nouvelle branche de la sécurité sociale.

Cependant, nous les chimpanzés du futur, nous n’avons pas perdu, et la machine n’a pas gagné. L’Humain reste une bataille en cours tant qu’il ne s’abandonne pas, et il ne s’abandonne pas tant qu’il pense les choses et les dit avec des mots. Nommer une chose, c’est former une idée, et les idées ont des conséquences inévitables. Nous devons garder les mots et nommer les choses du mot juste. Nous devons former des idées avec leurs conséquences inévitables.

Les transhumanistes n’ont qu’une idée : la technologie. Nous, chimpanzés du futur, n’avons qu’une technologie : les idées. Cependant les idées sont plus actives, plus rapides, plus performantes que n’importe quelle technologie ; plus véloces et puissantes qu’Internet et l’électricité.

Nous disons : le transhumanisme est un nazisme en milieu scientifique. C’est ce techno-totalitarisme, ce « fascisme » de notre temps que nous combattons, nous, animaux politiques : Et nous vous appelons à l’aide.

Sauvons les mots.

Brisons les machines.

Reproduisez et répandez l’Appel des Chimpanzés du futur.

Grenoble, le 5 novembre 2014

NOTES
- (1) cf. Magazine Au fait, mai 2014
- (2) Libération, 12/05/02

samedi 21 février 2015

Omerta sur la face cachée de notre mode de vie «moderne» / Omerta on the dark side of our "modern" lifestyle

Source : http://lesakerfrancophone.net/omerta-sur-la-face-cachee-de-notre-mode-de-vie-moderne/

Par Paul Matthews – Le 22 janvier 2015

ON EN PARLE: TÉMOIGNAGES

Nouveau chapitre de dissonance cognitive: quand bio rime avec nimbyism* et pensée unique [1]

*Néologisme construit sur l’acronyme anglais NIMBY [Not In My Backyard: pas dans mon arrière-cour], refus de voir installer des projets collectifs gênants dans son environnement proche, bien qu’utiles à la communauté.

«La plume est plus forte que l’épée» [2]

Connue depuis la Haute Antiquité, la sagesse de la maxime ci-dessus semble avoir échappé à Jean-Pierre Camo, directeur d’un mensuel gratuit – mais plein de publicité tapageuse – et disponible dans un assez grand nombre de magasins et points de vente des produits issus de l’agriculture biologique en France.

En effet le numéro 254 de Biocontact (février 2015) affiche sur sa couverture, l’auto-satisfaction d’une consommatrice plutôt bien nourrie en compagnie de l’omniprésent sigle des occidentaux va-t-en guerre – un Je suis Charlie – sur fond noir, à l’instar du drapeau d’un prétendu État islamique en Irak et Syrie.

Comme dans la quasi-totalité des tribunes des médias populaires, l’édito sur la page trois fait preuve d’un suivisme bien pensant exemplaire. Pourquoi cette poussée de culture politiquement correcte – du bla-bla-bla  – qui obscurcit une réalité géopolitique et la possibilité d’une guerre civile qui se trame en France? [3]

Alors que Philippe Val, Caroline Fourest et Fiametta Venner ont vendu le choc des civilisations à la gauche [sociétale, Note du Saker] [4], voici quelques perles d’analyse de ce billet de soutien inconditionnel à Charlie Hebdo …

«Une caricature a vocation de moquer, certes, mais aussi, d’un simple coup de crayon, de faire passer un message plus profond. Faisant fi des tabous [les croyances des autres, Note du Saker] Charlie détonne dans la grisaille médiatique ambiante dans laquelle baigne une presse trop conventionnelle, trop retenue. Quelle chance de vivre dans un pays où la presse d’opinion circule librement! C’est pourquoi Biocontact aussi est Charlie. Imaginez une dictature où la presse dite bio serait interdite en raison de ses prises de position subversives sur la santé et l’environnement […] Aujourd’hui la base citoyenne n’attend plus sa becquée comme un oisillon, elle réfléchit. […] Heureusement la presse alternative, dont Biocontact (depuis un quart de siècle en ce qui nous concerne), permet la diffusion d’informations à contre-courant de la pensée officielle…» CHARLIE, C’EST VOUS, C’EST NOUS.

Un slogan comme Je suis Charlie produit davantage du bruit que du sens. Mais ceux qui arborent une telle formule doivent l’assumer. Surtout si l’on revendique le statut d’une publication dite alternative. Or comme nous le montre la photo et l’article du Réseau Voltaire du 25 janvier 2015 [5], les 56 chefs d’État et de gouvernement rassemblés en marge de la manifestation du 11 janvier 2015 à Paris, dans une rue adjacente au cortège, ont posé devant les caméras avant de retourner chez eux. Cependant, sur la base de ces images, ils ont été présentés comme leaders d’une manifestation géante à laquelle ils ne se sont jamais joints en réalité. En plus de cette mise en scène, on est en droit de s’interroger sur l’émergence de l’immonde «Je suis Charlie»-business [6] et sur la rapidité avec laquelle ces millions de pancartes ont été imprimées, suivies de la marée de T-shirts, boutons, badges, bracelets, porte-bonheurs, bagues, tabliers etc.

La question posée est donc autant politico-médiatique que commerciale. Car par voie de récupération, les manifestants ce jour-là, en France notamment, cautionnaient – en leur sein et pour certains à leur insu – la présence virtuelle parmi eux d’un criminel de guerre en la personne du Premier ministre d’Israël.


Paris, dimanche 11 janvier 2015
Comme bien d’autres, Biocontact relaie de manière irréfléchie un message de conformisme inquiétant. Étant donné le besoin de respecter le travail de paysans tout à fait honorables et éthiques dans leur démarche, depuis quand l’agriculture biologique a-t-elle les comptes à rendre à un supposé consensus?


Doit-elle défendre l’axe du bien et vouer aux gémonies tous ceux qui refusent de s’aligner sur une fiction certifiée authentique par le chœur grec des bellicistes grand public? A ma connaissance nul n’a sondé la filière bio pour connaitre son opinion sur une position extrémiste qui semble vouloir dire malheur aux vaincus (vae victis). En outre tel serait l’avis de l’homme politique Daniel Cohn-Bendit [7], pour qui la provocation, la vraie, la seule acceptable à ses yeux, ce serait de taper sur ceux qui ont le pouvoir. L’humoriste Guy Bedos [8], quant à lui, n’est pas le seul à ne pas trouver drôle un Charlie Hebdo devenu le porte-étendard d’une liberté d’expression aussi bête que méchante et aussi nihiliste que despotique.

Les assassins takfiris – soutenus à leurs heures perdues par Israël, les USA, et d’autres pays de l’OTAN – dont la France et le Royaume Uni – et les monarchies du Golfe sont clairs dans leur volonté d’instaurer la charia et un califat dans le monde musulman. En même temps, quelle finalité faut-il attribuer à la complaisance autoritaire d’une partie des peuples européens incapables de renvoyer dos-à-dos l’action terroriste du 7 janvier 2015 à Paris et le véritable fonds de commerce d’un journal considéré sadique plutôt que satirique [9] par le politologue américain Norman Finkelstein? Lui-même fils de juifs survivants du ghetto de Varsovie et des camps de concentration de Maidanek et d’Auschwitz, critique sans détour des incohérences de l’industrie médiatique française, il établit des parallèles entre ces images stéréotypées et dégradantes des musulmans et de leur prophète Mahomet publiées par Charlie Hebdo et les caricatures abjectes des juifs par le journal nazi Der Stürmer. Ce qui a valu a son directeur, Julius Streicher, d’être étranglé à mort par pendaison le 16 octobre 1946, après avoir été torturé, jugé et condamné à Nuremberg pour ses écrits antisémites [10].


Des détenus de Guantanamo au camp X-Ray, 11 janvier 2002
Non, je ne plaisante pas. Personne n’a le monopole de la souffrance. Nous sommes en droit de critiquer une proportion importante de la population française, contente de voir son gouvernement et ses médias semer l’islamophobie et la haine de l’Autre pour faire observer le respect tyrannique des valeurs occidentales destinées à humilier en priorité les musulmans. La raison? «Le dieu de la Raison étant le dieu de tous les dieux […] C’est sur cette base que les caricaturistes européens illuminés font, en jubilant, ces dessins [dont personne n’a noté le caractère scatologique systématique, Note du Saker] qui offensent rien de moins qu’un milliard et demi de personnes dans le monde.» [11]

Bientôt peut-être ce sera le tour des chrétiens orthodoxes, afin d’isoler encore plus la Russie depuis la chute de l’USSR [12] et l’éclatement de la Yougoslavie – planifié, lui-aussi, par les stratèges occidentaux? A-t-on vu ou entendu Monsieur le directeur de la publication Biocontact s’indigner devant l’un de ces massacres en série perpétrés et pilotés par Washington sous l’égide de l’Otan ? Pourquoi son journal n’a-t-il pas pris soin de condamner la dérive génocidaire israélienne? Le dernier bain de sang à Gaza faisant 2 147 morts côté palestinien, dont 500 enfants? Sans oublier les 13 journalistes tués au combat. [13] Quant à l’épuration ethnique pratiquée en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, que nenni. Idem les atrocités commises en masse au Donbass, où les pertes civiles et militaires, seraient respectivement de l’ordre de 5 000 et 50 000 selon les estimations. Avec, en rab, plus d’une dizaine de journalistes occis ou enlevés et torturés par les putschistes de Kiev. [14]

Pour les citoyens avertis, l’attaque meurtrière au 10 Rue Nicolas-Appert 75011 [adresse de Charlie Hebdo] est un retour de flamme ou un coup monté [15]. Afin d’accomplir deux choses: diviser pour mieux régner et préparer le terrain pour un Patriot Act à la française. En tout cas, le mépris flagrant du droit international ne sert pas le bien commun. Sous couvert des guerres humanitaires, l’Occident avec sa politique R2P (responsabilité de protéger), a créé un gadget juridique pour renverser, ou au moins contrôler, les gouvernements des nations riches en ressources. En réalité, la R2P signifie le droit de piller une planète de plus en plus exsangue.

Mens sana in corpore sano est une citation extraite de la dixième Satire de Juvénal. On la traduit ainsi: un esprit sain dans un corps sain. Si rien n’interdit aux Gentils [16] d’absorber des aliments conformes aux lois diététiques dites kascher, (c’est-à-dire aptes ou convenables à la consommation pour les croyants juifs et n’importe qui peut prendre goût à la cuisine, à la pensée et à la culture juive, sans le contexte religieux et le respect de son enseignement spirituel), l’exercice n’a pas beaucoup de sens.

De la même façon, une alimentation issue de l’agriculture biologique est capable de nourrir aussi bien les gens qui réfléchissent – donc qui seraient doués de sapience et de compassion – que les moutons de Panurge et nombrilistes de tout poil. Or, sous sa forme actuelle, le message colporté par Biocontact est plutôt fidèle aux préceptes de l’hasbara [17] cher à Bibi (alias Benyamin Netanyahou) et à ses acolytes peu recommandables. C’est-à-dire qu’une partie très importante de la vérité est cachée pour des raisons machiavéliques. Sans éthique au sens large, sans réaction de la part des citoyens avisés, le bio risque de devenir la propriété exclusive des Bobos friqués et qui, eux, se foutent de l’intérêt général, comme ils se gaussent de l’importance de disposer de médias non-alignés et d’une véritable liberté d’expression. [18]

Paul Matthews

Notes


Le Cardinal de Richelieu tenant une épée. Illustration de H. A. Ogden, 1892
[1] «Grâce surtout à Hollywood et aux émules d’un cinéma violent et crypto-fasciste caractérisé par des personnages joués souvent par Clint Eastwood, la dissonance cognitive et la culture du mensonge ne sont pas près de s’estomper … ».

L’État Profond : Un héroïsme cent pour cent americain? L’envers du décor Par Paul Matthews le 25 janvier 2015


[2] Ce proverbe ancien, repris par plusieurs personnages célèbres – dont Fray Antonio de Guevara, Shaikh Abu al-Fazal ibn Mubarak, William Shakespeare, Robert Burton, Thomas Jefferson et Napoléon Bonaparte – est attribué à l’origine au sage assyrien-araméen qui est le héros du Roman d’Ahiqar. Cette œuvre littéraire originaire de Mésopotamie antique  été rédigée en araméen aux environs du dernier siècle de l’empire assyrien, soit le VIIe siècle av. J.-C. Ahiqar est donc très connu dans les traditions de l’Antiquité proche-orientale, puisqu’il est mentionné dans des textes juifs et grecs antiques.

[3] Ce que prévoit l’armée française contre les banlieues en cas de risques de troubles, 11 janvier 2015.
Charlie Hebdo accélère la montée de l’islamophobie en France par Ramin Mazaheri – Le 11 février 2015 – Source Press TV
«Le spectacle de soldats lourdement armés au coin des rues et d’énormes mesures de sécurité nous dit qu’en échange de la liberté d’offenser tout le monde et n’importe qui – excepté les puissants – la France a conclu un marché de dupes et pactisé avec le diable». Marche du 11 janvier et conséquences ? Pacte avec le diable ou marché de dupes par Paul Matthews – le 21 janvier 2015

[4] Vendre le choc des civilisations à la gauche par Cédric Housez, 30 août 2005

[5] «Je suis Charlie» De quoi ont peur les politiques et les journalistes français? par Réseau Voltaire, 25 janvier 2015

[6] L’émergence d’un funeste business « Je suis Charlie » sur le Web Le Monde.fr, 09 janvier 2015

[7] Quand Cohn-Bendit qualifiait les dirigeants de Charlie Hebdo de cons et de masos, 8 Janvier 2015

[8] Guy Bedos tire à boulets rouges sur Charlie hebdo, 11 Octobre 2012
Guy Bedos : Les caricatures de Mahomet ne me semblaient pas être une urgence, 19 janvier 2015
Guy Bedos s’explique sur son Qu’ils crèvent à propos de Charlie Hebdo, 13 janvier 2015

[9] «Lorsque les Européens sont arrivés en Amérique du Nord, ce qu’ils ont déclaré à propos des Amérindiens, c’est qu’ils étaient vraiment barbares, parce qu’ils marchaient tout nus. Les femmes européennes portaient alors trois couches de vêtements. Puis ils sont venus en Amérique du Nord et ont décrété que les Amérindiens étaient arriérés parce qu’ils marchaient tous nus. Et maintenant, nous marchons tout nus, et nous proclamons que les musulmans sont arriérés parce qu’ils portent tant de vêtements. Pouvez-vous imaginer quelque chose de plus barbare que cela ? Exclure les femmes qui portent le voile?» Faisant référence à l’interdiction du voile dans les emplois de service public français promulguée en 2004 Norman Finkelstein poursuit son analyse.

«La satire authentique est exercée soit contre nous-mêmes, afin d’amener notre communauté à réfléchir à deux fois à ses actes et à ses paroles, soit contre des personnes qui ont du pouvoir et des privilèges. [ … ] Mais lorsque des gens sont misérables et abattus, désespérés, sans ressources, et que vous vous moquez d’eux, lorsque vous vous moquez d’une personne sans-abri, ce n’est pas de la satire [ …] Ce n’est rien d’autre que du sadisme. Il y a une très grande différence entre la satire et le sadisme. Charlie Hebdo, c’est du sadisme. Ce n’est pas de la satire. La communauté désespérée et méprisée d’aujourd’hui, ce sont les musulmans, a-t-il déclaré, évoquant le grand nombre de pays musulmans en proie à la mort et à la destruction, comme c’est le cas en Syrie, en Irak, à Gaza, au Pakistan, en Afghanistan et au Yémen». Norman Finkelstein : Charlie Hebdo n’est pas satirique, il est sadique.
Traduction des extraits en français par sayed7asan

[10] «Julius Streicher fut pendu par la technique du Short Drop (petite chute, provocant une mort par strangulation) plutôt que par la technique normale du Long Drop (grande chute, devant provoquer la rupture des vertèbres cervicales et donc la mort instantanée). On accusa le bourreau de l’armée américaine John C. Woods, anti-nazi viscéral, d’avoir intentionnellement saboté cette exécution. Ce dernier fut relevé de ses fonctions peu de temps après». http://fr.wikipedia.org/wiki/Julius_Streicher.

[11] Pourquoi Charlie Hebdo m’offense autant que les terroristes par Jiwan Kshetry, 15 janvier 2015

[12] One million Muslims and Orthodox Christians in the streets of Grozny, 20 janvier 2015

[13] «Le bilan est glaçant: en 50 jours, l’opération militaire israélienne sur Gaza, perpétrée entre le 8 juillet et le 26 août 2014, a tué 2101 Palestiniens dont 493 enfants, 253 femmes et 714 hommes civils, indique une infographie de l’AFP établie au 27 août à partir des chiffres de l’UNOCHA, le bureau de coordination pour les affaires humanitaires des Nations Unies». Le dernier bilan de la guerre à Gaza fait état de 500 enfants tués sur 2 100 victimes palestiniennes (INFOGRAPHIE), 29 juillet 2014
‘Mostly civilians’: Probe into Gaza homes strikes finds 60% of deaths non-militants 14 février 2015

[14] In the line of fire: Journalists killed and abducted in Eastern Ukraine 14 août 2014
Les néo-nazis ukrainiens entraînés par les États-Unis par Manlio Dinucci, 10 février 2015

[15] Un 11-Septembre français? Qui a commandité l’attentat contre Charlie Hebdo? Par Réseau Voltaire,  7 janvier 2015

Fiasco France: Lie to Me Once (updated) Posted by Gordon Duff,  11 janvier 2015

BBC News calls Charlie Hebdo a false flag … Posted by Kevin Barrett, 18 janvier 2015

[16] «Gentils, du latin Gentiles (les «nations»), est la traduction habituelle de l’hébreu Goyim, nations, qui finit par désigner les non-juifs. […] Dans la mythologie basque, les Gentils, Jentils ou jentilak étaient les peuples pré-chrétiens, qui auraient disparu avec l’apparition du christianisme selon la légende de Kixmi ...».http://fr.wikipedia.org/wiki/Gentils_(religion).

[17] Hasbara (סברה) est un mot hébreu qui signifie littéralement explication ou éclaircissement. Ce terme est utilisé par Israël et les groupes pro-israéliens pour désigner des opérations de communication et de propagande qui cherchent à défendre le point de vue et la politique de l’État d’Israël auprès de l’opinion publique internationale. Le ministère des Affaires étrangères israélien propose ainsi à la diaspora juive des cours en ligne de hasbara. (Cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Hasbara).

[18] Peut-on aller vers un monde multipolaire malgré l’hégémonie dans les médias ? par Roberto Quaglia,11 février 2015

«Les États qui luttent contre l’impérialisme n’ont probablement pas suffisamment conscience de l’importance de disposer de médias non-alignés. Pourtant, à l’évidence, Russia Today, Press TV, TeleSur et al-Mayadeen défendent plus la liberté que ne peuvent le faire d’autres armes. Car c’est bien d’armes dont il s’agit. [… ] Il y a déjà quelques cas de médias non alignés d’excellente qualité et dont l’ambition est une audience globale; les plus connus sont Russia Today et Press TV. Mais tout cela n’est rien comparé à ce tsunami permanent audio et vidéo de tous les médias alignés qui se répand 24h sur 24 autour du globe. Russia Today prévoit d’ouvrir des chaines en français et en allemand. C’est un progrès, certes, mais loin d’être suffisant. Cela ne dérange pas vraiment les USA que des pays fassent du business sans eux, mais ils commencent à s’énerver quand ces pays utilisent une autre monnaie que le dollar pour leurs affaires, et ils deviennent vraiment fous de rage quand d’importants réseaux d’information non alignés apparaissent sur l’échiquier des médias. Ce qui est assez singulier, vu que la liberté de la presse est un point central de la mythologie moderne états-unienne. Mais toute source d’information non alignée sur les USA frappe de fait leur monopole sur la réalité. C’est la raison pour laquelle ils doivent absolument diaboliser leurs compétiteurs et les faire passer pour des antiaméricains, voire pire. Pourtant, bien souvent, les journalistes ou les réseaux d’information non alignés sont juste une réalité non états-unienne, et pas nécessairement antiaméricaine. Mais du point de vue des hégémonistes US, toute information non états-unienne est par définition antiaméricaine, puisque la persistance de leur Empire repose essentiellement sur leur monopole de la réalité perçue. Souvenez-vous de la phrase de Karl Rove ...» :

«Nous sommes un empire maintenant et, quand nous agissons, nous créons notre propre réalité. Pendant que vous étudiez cette réalité – judicieusement, comme vous le voudriez – nous pouvons également agir à nouveau, pour créer d’autres réalités nouvelles, que vous pouvez étudier aussi – et c’est comme ça que les choses vont se passer. Nous sommes les acteurs de l’histoir … Et vous, vous tous, vous serez laissés à vous contenter d’étudier ce que nous faisons.» Reality based community Karl Rove 2004.

USA, Europe, LuxLeaks : Le grand marché des inégalités 

mercredi 18 février 2015

Obama : "nous devons parfois tordre un peu le bras de certains pays qui ne veulent pas faire ce qu’on leur demande" / Obama: " we sometimes have to twist little the arm of certain countries which do not want to make for what we ask them

L'arme de l'information made in usa contre les dirigeants européens 

Source : http://ilfattoquotidiano.fr/larme-de-linformation-made-in-usa-contre-les-dirigeants-europeens/
Date : 18/02/15
Auteur : Georgy Voskresensky




Anonymous est apparu pour la première fois sur la toile d’Internet en 2003 comme un groupe de hackers activistes défendant la liberté d’expression et opérant comme un «  cerveau digital global anarchiste. » Il s’agit d’un instrument, ou plutôt d’une arme destinée à être utilisée dans la guerre de l’information. Et cette arme a un avantage considérable : il s’est bien souvent avéré difficile de savoir qui l’utilisait vraiment. Pourtant, le problème ne se posait pas lorsqu’Anonymous publiait en 1993 une photo d’Angela Merkel rendant visite au Club Elbterrassen pour y rencontrer quelquesskinheads et quelques autres personnages dont l’un exécutait un salut nazi
Berlin s’était alors fendu d’explications circonstanciées, mais ce n’est pas là le problème. Une photo vieille de plus de 12 ans vient d’être publiée le 9 février dernier, juste avant la visite d’Angela Merkel à Washington, et après sa rencontre avec le président français François Hollande et le président russe Vladimir Poutine à Moscou, une réunion qui a duré plusieurs heures.
En publiant cette photo, Anonymous demandait si, pour diriger l’Allemagne, on pouvait vraiment faire confiance à une femme politique qui fut membre de l’Organisation de la Jeunesse socialiste en Allemagne de l’Est, qui était une espionne de Berlin Est, et qui fricotait avec les nazis.
L’attaque médiatique a été précédée par un événement notable : la chancelière s’est opposée à l’idée de fournir des armes léthales à l’Ukraine. Angela Merkel a pris la parole lors d’une conférence sur la Sécurité à Munich le 7 février pour dire que « la situation de l’Ukraine ne s’améliorera pas en fournissant plus d’armes. » Et elle a réitéré cette affirmation un certain nombre de fois lors de ses récents voyages aux États-Unis et au Canada. Aux USA, ce sont le sénateur John McCain et la secrétaire d’État adjointe aux affaires européennes et asiatiques, Victoria Nuland, qui ont répondu en premier. Le Sénateur a comparé les tractations entre Merkel, Hollande et Poutine à la réunion d’apaisement entre Neville Chamberlin et Adolf Hitler. Mme Nuland a, comme à son habitude, utilisé un langage particulièrement obscène pour qualifier la dirigeante du principal État européen.
Il faut se rappeler aussi que depuis un certain temps, les services secrets américains ont abondamment collecté toute sorte d’informations, par différents moyens, dans le but de pouvoir les utiliser contre la chancelière allemande. On a appris par exemple en octobre 2013 que la NSA (National Security Agency) avait mis sur écoute le téléphone personnel de Mme Merkel, et l’information selon laquelle l’Agence américaine maintenait depuis plus de 10 ans la Chancelière sous surveillance a provoqué un énorme scandale. Mme Merkel a expliqué qu’elle n’attendait ni n’exigeait aucune excuse particulière, mais cette affaire a ouvert une importante brèche dans la confiance mutuelle et il a fallu des efforts importants pour tenter de la restaurer. Les promesses n’ont pas suffi, et la situation imposait des changements. Dans ces circonstances, la Chancelière pouvait difficilement calmer l’indignation générale, mais Washington a fait la sourde oreille sur ce qu’elle disait. L’histoire des enregistrements a finalement été étouffée et il n’y a eu aucun réel changement.
Angela Merkel n’est pas la seule dirigeante européenne à avoir fait l’expérience des pratiques de Washington concernant toute « liberté de pensée »  des leaders européens, en particulier quand il  s’agit de la Russie. Les exemples ne manquent pas.
La Hongrie, emmenée par son premier ministre Victor Orban, a signé avec la Russie un contrat pour achever la construction de deux centrales nucléaires situées à 100 km de Budapest. Les États-Unis ont [immédiatement] imposé des sanctions contre la Hongrie. Le Sénateur McCain, toujours aussi prompt à dégainer, a qualifié le premier ministre hongrois de « dictateur fasciste ». [Dans le même temps], le président Poutine était attendu à Budapest le 17 février.
L’administration US est aussi insatisfaite de la position de Milos Zeman, le président de la République tchèque, qui a osé demander des preuves que les troupes russes ont bien envahi l’Ukraine, et a appelé les États-Unis et l’Union européenne à mettre fin aux sanctions. Les USA ont alors utilisé leurs réseaux dans le pays pour lancer une vaste campagne discréditant le Président.
Alors qu’il était premier ministre de l’Italie, Silvio Berlusconi n’hésita pas à affirmer que la compréhension mutuelle entre la Russie et les États-Unis était une exigence pour la stabilité en Europe. Il a déclaré que les USA avaient agi de façon irresponsable en déployant des missiles de défense en Pologne et en République tchèque, en reconnaissant l’indépendance du Kosovo, et en poussant la Géorgie et l’Ukraine dans l’OTAN.
Dominique Strauss-Kahn, ex-directeur du fonds monétaire international, a été victime d’une provocation planifiée longtemps à l’avance et organisée contre lui aux États-Unis où il a été accusé d’avoir violé une femme de chambre noire lors de son séjour à New York. Il a dû faire faire à un procès aux États-Unis. On a su par la suite que la femme de chambre avait menti, mais cela est passé totalement inaperçu. Strauss-Kahn a perdu son poste au FMI et n’a pas pu se présenter aux élections présidentielles en France.(*)
Orban, Zeman, Berlusconi, Strauss-Kahn, et maintenant Merkel : tous sont devenus des cibles pour les frappes chirurgicales des armes de l’information US contre les politiciens européens montrant de bien trop grandes velléités d’indépendance en matière de politique étrangère, au goût de Washington.
L’establishment américain pense que l’Europe doit rester sur sa ligne et suivre la politique étrangère US sans aucune variante possible. Selon eux, c’est comme cela que s’obtient la quintessence de la coopération transatlantique. Juste après sa rencontre avec Angela Merkel, le président américain a expliqué lors d’une interview à Vox.com, que les États-Unis étaient  obligés d’avoir « la plus puissante armée du monde. » Et il a ajouté « nous devons parfois tordre un peu le bras de certains pays qui ne veulent pas faire ce qu’on leur demande. » La brutalité de cette déclaration ne laisse aucun doute sur le fait que les États-Unis sont prêts à « tordre le bras » de n’importe quel allié qui n’aurait pas les mêmes vues qu’eux sur les différents problèmes dans le monde.
Les alliés (vassaux ?) européens, ou asiatiques peuvent être certain de cela. Le président turc Erdogan est très certainement le prochain sur la liste. On ne lui pardonne pas d’avoir signé avec Poutine l’accord sur le gazoduc «Turkish Stream ». Et on entend clairement le tic-tac de l’horloge.
Georgy Voskresensky
Source Strategic-Culture Foundation, le 13 fv. 2015
Traduction : Christophe pour ilfattoquotidiano.fr