dimanche 8 février 2015

Comment l'UPR m'a endoctriné / How the UPR indoctrinated me

 |  PAR YANNICK DEL-TORRE





 Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/yannick-del-torre/040215/comment-lupr-ma-endoctrine
Un article sincère pour alimenter le débat sur la question "Faut-il sortir de l'Europe" (et.... "Peut-on la réformer") ? 
Ne ratez pas non plus les commentaires instructifs, en particulier ceux du militant upr versus un militant front de gauche (cliquer sur le lien de l'article).

De plus en plus, je vois fleurir sur Médiapart des articles concernant l'Union Populaire Républicaine, comme en réaction à la montée inexorable de ce parti qui frôle à l'heure actuelle les 7 000 adhérents et les aura sans doutes déjà dépassé au moment où vous lirez ces lignes. Pourtant je constate, en les lisant, une absence totale de connaissance du sujet par leurs auteurs : pas ou mal sourcés, mal interprétés, trop orientés, dans l'erreur même bien souvent... il m’apparaît évident que ceux qui rédigent ces articles sur l'UPR n'en ont pour seule expérience la lecture d'autres articles similaires. J'ai donc décidé de partager ici l'histoire qui m'a mené à être engrainé dans ce parti, en témoignant de comment j'ai pu me laisser séduire par cette idéologie largement dénoncée pour son appartenance d'extrême-droite, étant pourtant un « gauchiste » engagé et convaincu. J'espère que cet article, écrit le plus sincèrement et objectivement possible évitera à d'autres de tomber dans le piège démagogique qui, un temps heureusement très court, a faillit me prendre dans ses filets.


 
Qui suis-je ?
Commençons par le début, cela fait bien longtemps que ma naïveté a été déflorée et je n'ignore pas qu'en rédigeant ceci je serais soumis au jugement de mes pairs, autant alors vous l'éclairer et me présenter à vous. Je m'appelle Yannick, j'ai 29 ans, je suis né à Paris où j'ai grandi jusqu'à environ 18 ans. Mes deux parents sont issus de l'immigration italienne, immigrée directe pour ma mère, première génération née en France pour mon père, mes grands parents paternels ont connu les camps de travail à leur arrivée en France d'après guerre. Mais je connais peu leur histoire, la vie m'a été trop dure sur mes début pour que je trouve la force et la volonté de rouvrir de vieilles plaies familiales. J'ai aussi une particularité à confesser : je suis différent de la norme, c'est un fait que j'ai voulu longtemps contester mais que la réalité me rappelle à chaque instants. Rassurez-vous je ne me considère pas mieux ou plus spécial que les autres, simplement je suis hypersensible, affublé d'une trop grande empathie pour pouvoir sereinement m'intégrer dans le monde actuel, je suis incapable d'assister passivement à l'injustice et il m'est extrêmement pénible de refouler la rage que provoque mon impuissance face à elle. Cette condition m'a poussé à préférer la vie solitaire, la déprime (heureusement passée) aidant aussi sans doutes, car non content d'avoir connu l'exclusion et le rejet, des drames familiaux, plus exactement le suicide brutal de mon père à lorsque j'avais 10 ans, m'ont plongé très jeune dans une dépression à la limite de la tendance suicidaire, que je m'étais de surcroît senti obligé de cacher, dressé que j'étais depuis toujours à me sentir gênant pour les autres.

C'est dès mon plus jeune âge dans ce contexte difficile qu'a dû se construire ma personnalité, pourtant, même si certaines douleurs restent vives, je parviens à être fier d'être devenu ce que je suis, car dans la souffrance j'ai pu trouver une sagesse : la certitude que ce que j'ai subi personne ne devait avoir à le subir, c'est sur ce principe que s'est construit la profonde conviction altruiste et humaniste qui n'a jamais cessé de guider mes pas. La déprime n'aidant pas à faire les bons choix, j'ai un temps laissé des conseillères d'orientation choisir pour moi mon parcours, je me suis ainsi retrouvé en BEP électronique, puis en bac pro de maintenance informatique, mes résultats toujours trop moyens n'aidant pas, j'ai fréquenté des établissements d'une qualité si déplorable qu'ils ont fini par arriver à bout de ma tolérance.

J'ai un jour fait le choix le plus important de ma vie: celui de ne plus laisser les autres décider pour moi de ce que je voulais, je me suis rebellé contre cette manipulation dont j'avais été l'objet durant toute ma scolarité et décidé que peu importe ce qu'il m'en coûterait je vivrais selon mes passions et non selon les statistiques socioprofessionnelles de fonctionnaires écervelés. J'ai tout plaqué, malgré l'obtention avec mention de mon diplôme de maintenance informatique, pour travailler auprès d'animaux. J'ai fait une année de volontariat dans une refuge animalier qui m'a suffit pour démasquer l'hypocrisie du milieu de la soi-disant protection animale et m'en dégoutter, j'ai alors obtenu et validé une formation diplômante de soin animalier qui m'a inculqué un autre dogme professionnel basé sur une vision des animaux qui, d'entrée de jeu, m'avait laissé un goût amer, j'ai ensuite travaillé plusieurs années dans des parcs zoologiques français, qui ont également achevé de me convaincre de l'hypocrisie du dogme qu'on m'avait instruit en formation, qui ne servait en réalité qu'à appuyer les intérêts d'une poignée de directeurs, névrosés et bien d'avantage passionnés par leur compte en banque que par la cause animale.

Je suis arrivé à un point ou la déception professionnelle, couplée à la déception politique que malgré tous mes efforts je ne parvenais pas à ignorer (nous étions alors dans les « grandes années » de la présidence de Nicolas Sarkozy), m'ont poussées à m'expatrier. Après tout on avait recommandé publiquement aux français d'aimer la France ou la quitter et je me rendais aisément à l'évidence que cette France là il m'était impossible de l'aimer. Je suis donc parti faire du volontariat, encore, car depuis déjà quelques années je n'avais travaillé qu'en tant que bénévole, stagiaire ou employé sous des termes bidons destinés à détourner des aides à l'emploi, mais cette fois à l'étranger, partant du principe que si j'allais me faire voler ma force de travail, autant que cela soit de manière consentie et dans un environnement auquel j'adhèrerais un peu plus. J'ai alors vécu un an en Thaïlande où j'ai eu l'occasion inestimable de côtoyer des tigres en contact direct, occasion dont j'ai tiré une grande partie de ma philosophie relationnelle, basée sur le respect mutuel et non sur la domination, philosophie que je transpose aux relations humaines, car on ne me fera pas croire que ce que j'ai accomplis avec des tigres, il serait impossible de l'accomplir avec des humains dont la nature trop vicieuse obligerait à adopter une approche autoritaire et dominante. 

Le cours des choses m'a plus tard mené en Colombie, au départ pour des raisons familiales (ma sœur s'y étant installée et ma nièce venant d'y naître), j’espérais y trouver du travail dans une réserve naturelle, la vie m'a conduit à tout autre chose. J'y ai rencontré un artiste philosophe qui m'a permis d'apaiser la fureur qui conduisait mes choix, fureur adressée contre un monde trop injuste, trop faussé, trop manipulateur, trop individualiste, contre lequel je m'étais révolté, contre lequel je m’obstinai, depuis déjà une bonne décennie, à réussir dans le milieu animal alors que, là comme ailleurs, ma vision des chose était trop différente des pratiques admises que je considérais pour beaucoup arriérées et inefficaces. Il faut dire qu'en dix ans j'avais construit une philosophie qui avait le fâcheux avantage de m'opposer simultanément aux dogmati... pardon, aux professionnels du milieu zoologique (pour qui je « dénaturais » les animaux en prônant l'imprégnation des animaux sauvages captifs) et aux hystéri... pardon, aux militants de la protection animale (pour qui je suis un tortionnaire qui exploite des animaux innocents pour faire du fric, car oui, il paraît qu'on peut faire 10 ans de volontariat par arrivisme).

J'ai alors décidé de faire face à ma phobie des études que mon difficile parcours scolaire m'avait inculqué, j'ai donc entrepris de reprendre des études en philosophie, ce qui impliquait de rentrer en France. Ça n'a pas été une mince affaire car je venais d'adopter un chien, trouvé à la rue en Colombie, qu'il m'était simplement impensable de laisser derrière moi, mon engagement était de parvenir à le ramener en France avec moi ou de rester sur place avec lui. Au terme de 4 mois de démarche acharnées et d'une dépense totale de plus de 3 000 € (le double de ce que m'aurait couté le retour seul), accumulée grâce à des visites guidées (à l'occasion desquelles j'ai pu apprendre l'histoire des révolutions d’Amérique du Sud et les mettre en perspective avec l'histoire de la révolution française), je rentrais en France au terme de 3 ans d'expatriation avec, pour la première fois de ma vie, le statut d'étudiant universitaire.

Rassurez-vous, j'arrête ici cette longue parenthèse biographique qui vous semble peut-être hors sujet, mais je considère indispensable de la résumer avant d'aborder les événements qui m'ont mené à adhérer à l'UPR. Il m’apparaît important de souligner que contrairement à l'image en vigueur de ses adhérents, je n 'étais pas issu d'un milieu favorisé, dépourvu d'éducation, ignorant des cultures étrangère, névrosé individualiste ou défendant de l'idée qu'un groupe de personne (« vrais français » pour ne citer que cet exemple) méritait plus que d'autres, et contre ceux-là, d'être favorisés. Mais venons-en au vif du sujet.

Comment, avec un tel parcours, ai-je pu adhérer à un parti comme l'UPR ? 

Tout au long de ce parcours, même durant mes voyages à l'autre bout du monde, je n'ai été capable de cesser de m'intéresser à la politique Française, avec dégoût, car c'est tout ce qu'étaient capable de m'inspirer la totalité des partis politiques français. Je l'ai dit en introduction : je suis fermement de gauche, si tant est que ça ait encore un sens en 2015, mais certainement pas la gauche du PS ou du front de gauche qui tiennent des discours flous, creux, agrémentés de jolis slogans vide de tout engagement politique réel mais dont ils parviendront tout de même à faire l'exact contraire une fois élus. Mon incontrôlable tendance à décrypter les double discours et l'hypocrisie m'a rendu inapte a adhérer à n'importe quel courant politique alors porté à ma connaissance. Je ne votais pas non plus, car d'une part la non-reconnaissance du vote blanc m'irrite profondément, d'autre part je me refusais à légitimer, faute de mieux, n'importe quel parti en lequel je ne croyais pas, voir avec lequel j'étais en désaccord. J'étais de ceux, très nombreux, qui affirmaient « ne pas faire de politique », car la politique ce n'est « que de la manipulation et de la tromperie ». En réalité je ne faisais que ça, de la politique, je m'en rend compte maintenant, mais l'écart entre le concept de politique et la pratique des politiciens est devenu si vaste qu'on n'ose même plus nommer par son nom ce qui est réellement de la politique.

Pourtant, peu après mon retour (sur Grenoble) une amie m'a convaincu de m'intéresser à un nouveau parti, alors minoritaire, candidat à la mairie de Grenoble. Non ce n'était pas encore l'UPR, c'était le Rassemblement de Gauche, mené par Éric Piolle. Par confiance envers cette personne je me suis un peu intéressé à la campagne et pour une fois le discours était un peu plus sensé, certes pas totalement épuré de slogans et techniques de marketing dont j'ai une sainte horreur, mais suffisamment pour me faire admettre que c'était, pour la première fois depuis longtemps, un parti pour lequel j'aurais pu voter. Je l'aurais certainement fait si, du fait de mon expatriation récente, je n'avais pas été dépourvu de carte électorale, que je n'ai pas pu refaire à temps. C'est ce rapprochement à un parti politique, bien que non adhérent, qui m'a permis de lever une première barrière : celle du « tous pourris » pour concéder sur un « peut-être que certains... ». J'ai donc été un peu moins réticent qu'à mon habitude à tous discours politique, faisant confiance à ma capacité de décortication et mon sévère jugement critique pour faire le tri.

J'ai dans un même temps assisté à quelques débats philosophiques tenus dans des associations plus ou moins autogérées mais clairement altermondialistes, au cours desquels j'ai procédé à des échanges de documentation avec des militants de tous bords (enfin de tous bord de gauche, soyons lucides, il s'agissait tout de même du milieu altermondialiste), souvent sous forme de vidéos diffusées via internet : Franck Lepage, Bernard Friot, Daniel Häni, Henris Guillemin... J'ai également visionné et vite réfuté des discours de l'autre bord politique, particulièrement ceux d'Alain Soral dont l'obsession à dénoncer sur des critères d'appartenance politique ou religieuse ceux dont il fait l'objet de toutes ses accusations est très vite arrivé au bout de ma patience, de plus le ridicule de son invitation à voter pour le Front National qu'il présente comme « parti du prolétariat » lui a instantanément fait perdre toute crédibilité à mes yeux (parce qu'excusez-moi, mais des prolétaires millionnaires j'en n'ai pas croisé des masses). Parmi ces documentaires et conférences, figurait celle d'un inconnu, un certain François Asselineau qui expliquait l'Histoire de France, j'avais commencé à la visionner juste après une vidéo sur l'histoire de la Commune par Henris Guillemin, j'étais donc intéressé par l'histoire bien plus que la politique à cet instant là.

C'était là ma première rencontre avec l'UPR et j'étais extrêmement méfiant lorsque j'ai réalisé (dès le début de la vidéo) qu'il s'agissait d'un parti politique : encore un parti qui arbore la drapeau français, ce symbole fasciste réservé au FN et aux Soraliens ! Et qui, en plus, va parler de l'histoire de France, sûrement pour nous expliquer que « tous ces immigrés » n'ont rien à y faire !

J'étais, par a priori, convaincu que j'allais être en désaccord, mais j'étais dans une démarche d'analyse critique et j'avais décidé que, d'accord ou non, je visionnerais ces documentaires et conférences, dans la limite de ma patience tout de même, car la conférence durait 3h15. J'étais particulièrement à l’affût d'une tournure de phrase visant à dé-diaboliser le FN, critiquer l'immigration ou « l'islamisation » de la France, inviter à rétablir la peine de mort et les châtiments corporels à l'école... ce genre de conneries habituellement prônées par l’extrême-droite et auxquelles seul un névrosé pourrait adhérer. Pourtant, rien, aucune invitation à soutenir ce genre d’imbécillités et même parfois des positions très clairement en contradiction avec elles, peu à peu je suis impressionné par la précision de l'analyse et la compétence de ce François Asselineau, qui présente une vision de la France dans laquelle je m'étonne de me retrouver complètement, appuyé sur une histoire détaillée, cohérente et très abondamment sourcée. Consciencieux, je vérifie presque systématiquement les informations dont j'ai ne serait-ce qu'un léger doute, toutes sont rapidement confirmées par des sources indépendantes. La conférence touche à sa fin, je reste bouche bée, c'était probablement l'une des plus intéressante et captivante que j'ai visionné parmi le « marathon intellectuel » dans lequel j'étais engagé depuis quelques semaines, je n'arrive même pas à croire que 3h15 se soient écoulées.

A ce moment là, j’étais très agréablement surpris par le discours tenu, mais pas beaucoup moins méfiant pour autant. Je n'oubliais pas les manipulations, magouilles, doubles discours et fausses promesses dont savaient faire preuve les partis politiques, qu'est-ce qui me garantissait que l'UPR était plus honnête que les autres et pas simplement capable de tenir des jolis discours seulement plus crédibles que la moyenne ? Hors de question que j'adhère au parti pour si peu, quant à voter pour eux c'était encore tout juste vaguement concevable. J'avais donc rangé l'UPR dans un coin de ma tête, celui des partis curieux et pas inintéressant, mais néanmoins affublé de la tare d'être un parti politique.

C'est lors des élection Européennes de 2014 qu'a l'occasion d'une discussion sur Twitter j'avais dit à un contact que, parmi quelques partis globalement alternatifs (démocratie réelle, parti pirate etc.), l'UPR me semblait une option intéressante (j'étais peu impliqué dans la campagne, n'ayant alors toujours pas reçu ma carte d'électeur). Grand mal m'en a pris, car immédiatement un bon samaritain est venu m'avertir de la grossièreté de mon erreur :

Si tu veux voter UPR, tu fais aussi bien de voter FN car ils ont strictement le même programme 

J'étais très surpris, un peu parce que, pour m'en être informé, je savais que le FN n'a strictement aucun programme (seulement des « punchlines »), mais surtout parce que malgré mes a priori et ma grande attention lors du visionnage de la conférence que j'avais vue, cela voudrait dire que j'étais passé à coté de quelque chose, que j'avais été berné en sorte. Je suis humain, je peux faire des erreurs et quand j'ai un doute je ne demande rien de mieux que de me faire donner tort pour pouvoir me rectifier, j'ai donc demandé des sources, on m'a renvoyé vers un certain article Médiapart que vous connaissez certainement. Je l'ai lu, il était effectivement très vindicatif et incendiaire envers l'UPR, mais rien de ce qui y figurait ne suffisait à réellement prouver quoi que ce soit, un pamphlet certes d'une grande qualité poétique, mais d'aucun intérêt politique. Insatisfait j'en demande une autre, plus fiable. Il n'en a pas, mais de toute façon c'est lui qui a raison m'assure-t-il et si je ne suis pas d'accord je suis endoctriné par un dogme fascisant et naïf comme un veau à l’abattoir. J'essaye d'insister, car il avait vraiment piqué ma curiosité, mais sans succès, je n'obtenais pas d'autre argument que l'impératif de m'accorder à son avis sur un acte de foi.

Je suis consciencieux, rappelez-vous, je décide donc de m'auto-documenter, je cherche et trouve une série d'articles contre l'UPR, pas si abondants non plus, je les lis, certains sont vaguement plausibles, mais toujours mal ou pas sourcés, sans preuve définitive, au mieux des suspicions plus ou moins crédibles et ostensiblement interprétée dans l'intérêt du propos tenu. Mais surtout, je trouve parmi ces arguments une immense majorité d'arguments faux, infondés, mensongers, diffamants, malhonnêtes, de quoi en réalité douter bien d'avantage de cette version que de celle défendue par François Asselineau dans ses conférences. Je me dis que décidément je ne trouverai pas d'argument plausible dans ce genre de torchons, je décide donc de vérifier par moi-même, j'ai un sens critique non ? Bien sûr que j'en ai un, il m'emmerde quotidiennement depuis mon enfance en me rendant incapable de ne pas remarquer ou ignorer le moindre détail de contradiction dans ce qu'on m'enseigne, me poussant à être un éternel contestataire qu'on préfère voir dans les pieds de quelqu'un d'autre que dans les siens, qu'on ne vienne pas me le contester au moment même où il pourrait être un avantage. Je me rend donc sur le site web de l'UPR et je regarde une à une la totalité de leurs conférences, de leurs interventions de presse, de leurs débats, je lis tous leurs articles... bref, je m'informe sur la totalité de ce que l'UPR à publiquement communiqué, avec une attention extrême au moindre détail, la moindre ambiguïté, la moindre zone d'ombre qui pourrait laisser la place à une pensée fasciste dissimulée.

Je ne trouve rien. Même, je trouve un nombre incalculable de preuves contraires et tout à fait définitives. Je suis fasciné, car entre temps j'ai appris une quantité de chose incroyable, toutes sourcées, vérifiables et vérifiées, je ne comprend plus du tout d'où peuvent possiblement venir ces accusations qui leur sont portées, elles sont aux antipodes de ce qui est soutenu dans chacune de leurs interventions, sans faute et sans hésitations. Il me restait à voir le programme, je le gardais pour plus tard car il dure tout de même 6h, mais là au moins il s'agit d'un engagement électoral je me dis: Si l'UPR a le même programme que le FN, on va bien le voir ici !

Je suis encore stupéfait, non seulement le programme n'a strictement rien à voir avec celui du FN, mais en plus il s'inspire directement du programme des « Jours Heureux » du Conseil National de la Résistance de 1945, pour qui j'ai toujours eu un immense respect. Je n'ai pas pu fermer ma bouche d'étonnement du début à la fin du programme, frustré qu'il soit déjà fini après 6h de visionnage que je n'ai à nouveau pas vu passer. Je n'aurais pas moi-même pu rédiger un programme politique plus conforme à mes convictions. Seul y manquait à mon goût des propositions qui me sont chères mais trop clivantes pour y figurer (l'UPR étant un parti de rassemblement), comme l'instauration d'un revenu de base (ou « salaire à vie » pour les fans de Friot), mais qui néanmoins étaient rendues possible par l'instauration d'un référendum d'initiative citoyenne, ça serait alors simplement au Réseau Français pour un Revenu de Base (dont je suis adhérent) de faire ensuite son travail pour promouvoir et proposer cette idée au débat publique, indépendament de l'UPR.

C'est à cet instant que j'ai cédé et que j'ai immédiatement adhéré au parti, après un modeste don de 10€, quand on est étudiant sans emploi et qu'on sort de 10 ans de volontariat on n'a guerre mieux à offrir, je suis officiellement devenu adhérent de l'Union Populaire Républicaine. Difficile, dans ces condition de ne pas y adhérer tant tout me démontrait qu'il n'y avait aucune accusation même lointainement fondée concernant l'UPR et leur programme et leurs conférences témoignaient à répétition de l'exacte contraire d'une pensée fasciste.

Qu'est-ce qui m'a fait regretter cette décision ? 

Et bien précisément, c'est là où je veux en venir. Car cette décision je ne l'ai pas regrettée. Je sais, je sais, je vous ai trompés, vous attendiez un désenchantement dramatique dans lequel je réalise que l'UPR est un parti facho et que je m'étais fait endoctriner comme le suggère le titre. Je l'avoue, j'ai volontairement choisi ce titre dans le but de vous induire en erreur et vous faire croire que je vous offrais ici un témoignage dans l'idée de celui d'un rescapé de secte. Mais la réalité c'est que je n'ai jamais regretté mon adhésion à ce jour, certes, seulement 10 mois plus tard, mais c'est suffisant pour constater la rectitude des positions de l'UPR qui n'ont pas variées, non seulement depuis mon adhésion, mais même depuis sa création en 2007. Jour après jour leurs analyses se confirment et si jamais un jour je constate que l'UPR a changé, que le discours à dérivé et que l'esprit auquel j'ai adhéré n'est plus, je serais le premier à publiquement brûler ma carte de parti et même à m'efforcer de détruire toute crédibilité qu'ils s’efforceraient de bâtir, partout où ils iraient.

Je sais que mon procédé (vous avoir fait croire en début d'article que je regrettais mon adhésion) n'est pas très honnête intellectuellement, et sincèrement je m'en excuse car ce n'est pas dans mes habitudes de recourir à ce genre de fourberies. Seulement j'ai constaté une chose, particulièrement vraie parmi les lecteurs de Médiapart : c'est qu'il est bien plus facile de croire ceux qui hurlent au fascisme que de s’intéresser à ce que dit vraiment celui qu'on en accuse. Si j'ai volontairement laissé croire que cet article était un témoignage à l'encontre de l'UPR alors qu'il est le contraire, c'est parce que je sais que comme ça, j'avais peut-être une chance d'être lu par lecteurs de Médiapart qui refusent d'office de laisser la moindre chance à l'UPR et sautent goulûment sur chaque article à son encontre pour s'entendre confirmer qu'ils sont bien fascistes et qu'ils ont raison de les détester, sans jamais faire une démarche inverse de vérification. J'ai longtemps, surtout dans mon adolescence, été proche des milieux altermondialistes et antifa, j'en ai retenu une leçon (merci encore à mon de sens critique qu'il m'est impossible de mettre sur pause) : c'est qu'une pensée qui impose une vision politique en interdisant tout débat et en interdisant de laisser s'exprimer le parti adverse est, purement et simplement, une pensée fasciste, peu importe si elle se réclame antifa ou néo-nazie.

Cette pensée, j'y ai toujours été opposé et je le suis toujours aussi résolument maintenant qu'avant mon adhésion à l'UPR, sans doutes plus encore même. Si vous défendez la liberté et la démocratie alors nous sommes d'accord, mais appliquez-les ! Ne gobez pas sur parole le premier article venu en vous interdisant ensuite de lire quoi que ce soit provenant d'un parti qui y a été dénoncé comme fasciste d'une manière purement arbitraire. Peu m'importe que vous adhériez à l'UPR ou non, peu m'importe que vous changiez d'avis dessus ou non, ce qui m'importe c'est que, quelque soit votre position, elle soit réfléchie et impartiale, pas imposée par une démagogie qui n'a d'anti-fasciste que le nom qu'elle usurpe. J'accepte toute critique de l'UPR, et même, je m'engage à brûler devant témoins ma carte du parti pour peu qu'on parvienne à me convaincre que ce parti est effectivement fasciste (et je parle d'arguments et de preuves, pas d'allégations et de conjectures). Seulement je vous demande de le faire comme il se doit : en lisant leurs arguments et en y opposant un argumentaire concret. Pas en Hurlant au loup en citant un article sorti de nul part.

Je me suis ouvert à vous le plus sincèrement possible dans ce témoignage, vous connaissez maintenant mon parcours et mes positions politiques, avant comme après mon adhésion, pensez vous vraiment qu'avec le vécu et les convictions qui sont les miens, je puisse soutenir une seule seconde un parti qui ne proposerait en fait qu'une idéologie basée sur la domination des plus faibles par les plus fort, ou simplement être suffisamment naïf pour ne pas déceler un tel discours entre les lignes d'un programme politique ? Cette démagogie que je dénonçait en introduction, celle dans laquelle un temps très court j'ai faillis tomber, n'est pas celle de l'UPR comme je l'ai laissé croire, mais celle des « anti-UPR » qui rédigent des articles totalement orientés à son encontre pour vous dissuader de prêter même une oreille vigilante à leurs propos. Mes convictions altruistes ne m'ont jamais quitté, c'est en parfait accord avec elles que je revendique aujourd'hui mon adhésion à l'UPR, quand bien même je voudrais y renoncer et défendre une pensée fasciste, j'en serais viscéralement incapable tant l'injustice, que j'ai longtemps moi-même subi, me révolte, et c'est sans compter qu'elle ne serait même pas en ma faveur puisque je suis un solitaire, un original, un marginal, un contestataire et un fils d'immigrés par dessus le marché, l'exemple même de ceux que les fascistes préféreraient voir en prison.

J'espère avoir pu, comme promis en début d'article, ouvrir les yeux de certains ici qui sont aveuglé par la démagogie d'un dogme qui se dit antifasciste mais n'incarne rien d'autre que le contraire des valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité qu'il prétend défendre, ou plutôt dont il s'empare comme étant le seul apte à dicter qui les représente ou non. Ne tombez pas dans le piège consistant à formuler votre opinion politique selon la volonté d'un autre, quand bien même la promesse d'être dans le camps des justes en le faisant est très attrayante. Informez-vous, renseignez-vous, vérifiez ce qu'on vous dit, n'acceptez jamais un argument pour ou contre quoi que ce soit sans avoir auparavant vérifié les arguments contraires. Il a toujours été dramatiquement plus facile de critiquer et accuser les autres de ce qui va mal que d'incarner soi-même le changement positif qu'on voudrait voir naître, soyez des citoyens et non des moutons, car la tâche qui nous attend tous est rude et l'heure n'est plus à laisser les autres vous dicter quoi penser ou quoi faire.

Sincèrement,
Yannick, le philosophe sauvage.

vendredi 6 février 2015

Billet de crise... / Note of crisis...

Auteur : Olivier Berruyer
Date : 7/2/2015
Source : http://www.les-crises.fr/billet-de-crise/

Eh bien “les-crises” a rarement aussi bien porté son nom…
Je comptais poursuivre encore tranquillement la série une dizaine de jours (les billets sont d’ailleurs prêts), cette fois avec les suites judiciaires et législatives des attentats, mais les évènements s’accélèrent (ils vont péter l’euro et déclencher une guerre ou quoi ?), d’où ce petit point.

L’Ukraine

Tout va bien, les comiques continuent…
J’adore la “Dernière chance”…
Ca fait belle lurette qu’on aurait pu résoudre ce conflit avec une recette magique qui s’appelle “Démocratie”, et qui consisterait à faire voter l’Est de l’Ukraine pour que les gens décident de leur avenir, comme de vulgaires Écossais… Et de donner un statut neutre à l’Ukraine, au lieu de vouloir l’accrocher au Titanic UE coute que coute… Même Kissinger l’a dit il y a 1 an, et la Russie est d’accord…
Comme cela aurait pu être fait depuis 1 an, je crains que, hélas, la situation empire.
Il n’y a qu’à voir ce qu’Hollande a dit lors de sa conférence de presse :
“Le temps presse et il ne sera pas dit que la France et l’Allemagne ensemble n’auront pas tout tenté, tout entrepris, pour préserver la paix”, poursuit François Hollande. Mais il brandit aussi la menace : “En Ukraine, c’est la guerre. Des armes lourdes sont utilisées, des civils tous les jours sont tués. (…) On pourrait être prêts à armer les ukrainiens”, prévient-il. “Il y a une autre option”, une solution négociée, mais “l’option de la diplomatie ne peut être prolongée indéfiniment”. [François Hollande, 5/2/2015]
Quel crétin quand même…
Moi, j’ai toujours pensé que ce type rentrerait dans l’Histoire, en y laissant une grande trace… (hélas)
Tiens au passage, la banque centrale d’Ukraine n’arrive plus à contrôler le change de sa monnaie…
Impressionnant, non ?
Merci BHL, tout ça, tout ça… Il va faire de l’Ukraine ce qu’il a fait de la Libye – bon courage…
Ca va bien nous mettre le salaire minimal Ukrainien à 80 € ça… – vive le libre échange du coup, pour notre compétitivité…
La Propagande de guerre se déchaine, il faut que je fasse un papier sur ça..

La Grèce

En introduction, je partage avec vous mon étonnement sur le niveau général des commentaires sur ce sujet bouillant.
C’est typiquement une situation liée à une négociation très complexe, un poker menteur où règne le trompe-qui-peut pendant quelques temps, mais pas grave, il y a PLEIN de gens qui SAVENT…
Exemple : la BCE. La Grèce dit qu’elle en compte pas les rembourser, mais on se scandalise que la BCE fasse un peu pression en limitant un peu le robinet à argent… (même si je n’aurais pas fait comme ça)
Exemple : Syriza. Je ne sais pas ce qu’ils feront à la fin, c’est très tendu. Leur peuple ne peut pas rembourser, mais il ne veut pas non plus quitter l’euro à ce stade (vu j’imagine qu’il n’y a pas plus de débat sérieux sur ce sujet là-bas qu’ici, et sans compter qu’en plus c’est un symbole pour eux de sortie du tiers monde).
À mon sens, la sortie de l’euro par la Grèce est inéluctable, comme la mort de cette monnaie maléfique d’ailleurs.
Il est évident qu’en THÉORIE, la Grèce à intérêt à sortir, pour avoir une monnaie adaptée à son économie, ce qui est fondamental – cela boosterait le tourisme en premier lieu, à situation inchangée. L’économie souffrirait 1 an puis repartirait – en théorie…Mais de là à faire plein de jolies courbes sur tous les avantages…
Car EN PRATIQUE, moi je ne sais pas ce qui se passe. Il est évident que, après une sortie de l’euro, l’objectif stratégique majeur des talibans de Bruxelles sera de détruire l’économie grecque. Ils ne pourront accepter que la Grèce se relève en 1 an, comme l’a fait l’Argentine, ce serait la porte ouverte au départ de l’Italie et de l’Espagne. Et donc qui sait si les intégristes européistes ne vont pas sortir la Grèce de la zone européenne de libre échange, de Schengen, mettre ne place des sanctions, un boycott, un blocus, etc.. – avec de joyeuses conséquences sur l’économie grecque…
Je comprends donc que Syriza négocie un maximum, il faudrait être fou (ou commentateur) pour claquer la porte en 7 jours… Je rappelle aussi que le gouvernement grec n’a d’ailleurs toujours pas été investi par l’Assemblée grecque…
Alors, après, Syriza finira-t-il comme Hollande en se déculottant ? Possible, mais peu probable à mon avis, au vu des hommes en place. À mon humble avis (et c’est là où il faut bien prendre quelques risques…), ils vont tout tenter pour arracher un accord.
Mais à ce stade, on a vu que les positions de l’UE sont très dures, ce qui ne me rend pas optimiste à ce stade, car les échéances sont courtes, et qu’il aurait déjà fallu entamer des négociations approfondies.
Le problème grec, comme ukrainien, n’est pas si compliqué à résoudre : ils ne peuvent pas rembourser ; j’imagine mal l’UE accepter comme ça, mais ils auraient pu proposer un moratoire de 25 ans sur les dettes, cela aurait été intelligent. Mais je ne pense pas qu’ils le fassent, car primo, ce sont des talibans sadiques (sic.) secundo, ils ont raison de craindre la contagion.
Syriza risque donc de se heurter à un mur. Et je pense alors qu’il y a 80 % de chances qu’ils cassent tout et fichent le camp – c’est finalement le cœur de leur programme, le choix ultime de la Démocratie par dessus tout. Ce sera la résultat d’une partie de “Chicken” (vous savez, les 2 voitures qui foncent l’une sur l’autre), mais ou aucune ne s’écartera…
Mais il y a aussi 20 % de chances qu’ils se couchent, non pas par Hollandisme, mais en raison des risques et dangers pour leur pays. Je rappelle qu’environ la moitié des forces de l’ordre ont des sympathies pour le parti néo-nazi Aube Dorée, et qu’il y a 40 ans, le pays étaient encore sous dictature militaire. Syriza pourrait donc aussi flancher s’ils sentaient un risque Pinochet pour le pays, à mon sens, ce dont personne ne parle…
Mais bon, on verra, ce n’est que le début de la partie…
Quelques infos :
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Athènes fait la sourde à ses partenaires, avant une semaine de tous les dangers

AFP le 06/02/2015 à 23:41
De retour à Athènes après un marathon européen peu concluant, les dirigeants du nouveau gouvernement grec ont réitéré vendredi leur demandes d’un plan-relais d’aide au pays, campant sur leur position avant une semaine de réunions à haut risque.
La posture du gouvernement, et le temps qui passe alors que se présentent des échéances de dettes cruciales à honorer, ont poussé l’agence de notation Standard & Poor’s à abaisser d’un cran la note du pays vendredi soir, de “B” à “B-”, en menaçant d’aller encore plus loin.
Dans la soirée, Moody’s a accentué la pression en annonçant placer la note grecque “sous examen en vue d’une dégradation” en raison de “l’incertitude élevée des négociations entre la Grèce et ses créanciers publics”.
Le gouvernement réclame 1,9 milliard d’euros aux banques centrales de la zone euro, au titre des bénéfices réalisés par celles-ci sur leurs avoirs en titres grecs, ainsi que l’extension de sa capacité d’endettement fixée par ses créanciers à 15 milliards d’euros en 2015, a répété une source gouvernementale vendredi.
- “Sans pression et sans chantage” -
Le financement-relais doit permettre “de négocier sans pression et sans recourir au chantage”, selon elle.
Le message s’adresse à l’Allemagne, qui joue la montre alors que les sources de financement de la Grèce se tarissent les unes après les autres, et à tous les partisans d’une ligne dure en Europe.
Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis (d) et son homologue allemand Wolfang Schäuble lors d'une conférence de presse à Berlin, le 5 février 2015 ( AFP / Odd Andersen )
Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis (d) et son homologue allemand Wolfang Schäuble lors d’une conférence de presse à Berlin, le 5 février 2015 ( AFP / Odd Andersen )
“Nous ne faisons pas de financements-relais”, a ainsi asséné vendredi le patron de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, selon l’agence Bloomberg.
Or, c’est devant l’Eurogroupe, l’ensemble des ministres des Finances de la zone euro, que la Grèce va jouer son va-tout mercredi, avant un conseil des chefs d’Etat et des chefs de gouvernement de l’Union européenne.
Avant ces rendez-vous à haut risque, Athènes maintient donc une revendication majeure du gouvernement Tsipras: s’affranchir des accords passés depuis 2010 qui imposent un programme de rigueur jugé humiliant en échange d’une aide de plus de 200 milliards d’euros.
- L’Allemagne intransigeante - 
Mais pour l’Allemagne, la Grèce doit s’en tenir aux engagements passés et au calendrier fixé, sans régime d’exception même temporaire.
Le compte à rebours est donc plus que jamais engagé pour le pays, qui pourrait se voir privé le 28 février de toute aide internationale, et dont le financement ne tient plus qu’à un filet de sécurité de la Banque centrale européenne, “l’ELA”.
La réunion de l’Eurogroupe sur la Grèce “était attendue et elle est bienvenue”, avaient indiqué plus tôt des sources proches du Premier ministre, Alexis Tsipras, de retour à Athènes jeudi après un marathon d’entretiens à Rome, Paris, Bruxelles, Francfort et Berlin avec des dirigeants européens pour roder son argumentaire anti-austérité.
Le Premier ministre mène de front campagne européenne et engagements nationaux, après que des milliers de personnes lui ont témoigné leur soutien en manifestant jeudi à Athènes.
Il doit présenter dimanche soir le programme gouvernemental au Parlement, avant un vote de confiance prévu mardi.
Cela ne devrait guère faciliter le dialogue européen: plusieurs promesses anti-austérité de Syriza horripilent les partisans de la rigueur en Europe, qu’il s’agisse d’augmenter le salaire minimum, de réembaucher des fonctionnaires ou d’arrêter les privatisations.
Calendrier et réunions en lien avec la dette de la Grèce  ( AFP / L. Saubadu/cam )
Face à Athènes, le camp de la discipline budgétaire s’organise, avec l’Allemagne, mais aussi les pays tout justes sevrés de l’aide européenne, comme le Portugal et l’Espagne.
L’Italie et la France ont elles adopté une ligne plus conciliante, mais refusent qu’un allègement de la dette grecque ne pénalise leurs contribuables.
Dans une tentative de donner encore une marge de manœuvre à la Grèce, le ministre italien de l’Economie Pier Carlo Padoan a fait savoir vendredi que l’Eurogroupe “n’était pas un lieu de conflit entre une équipe et une autre, mais celui d’une recherche constante de solutions partagées”.
- “Proche d’une sortie de l’euro” -
Intervenant dans le dossier, les Etats-Unis ont quant à eux jugé via leur ambassadeur en Grèce David Pearce “très important que le gouvernement grec travaille en coopération avec ses collègues européens, et avec le FMI”.
Rassemblement devant le Parlement grec pour soutenir la politique anti-austérité du nouveau gouvernement le 5 février 2015 à Athènes ( AFP / Louisa Gouliamaki )
Rassemblement devant le Parlement grec pour soutenir la politique anti-austérité du nouveau gouvernement le 5 février 2015 à Athènes ( AFP / Louisa Gouliamaki )
Avant la réunion extraordinaire de l’Eurogroupe mercredi, a lieu une rencontre des ministres des Finances du G20 lundi et mardi à Istanbul.
“La Grèce ne figure naturellement pas à l’ordre du jour officiel, mais on peut probablement s’attendre à ce qu’elle joue un rôle dans les rencontres bilatérales” en marge du sommet, a estimé porte-parole du ministère allemand des Finances.
Dans une note alarmiste vendredi, les analystes de Capital Economics jugent quela Grèce n’a “jamais été aussi proche d’une sortie de l’euro”.
Source : Boursorama
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NEW YORK, 6 février (Reuters) – La Bourse de New York a perdu près de 0,5% vendredi, plongeant dans le rouge en fin de séance après que Jeroen Dijsselbloem, président de l’Eurogroupe, a dit que la Grèce avait jusqu’au 16 février pour demander un prolongement de son programme d’aide faute de quoi le pays risquait d’être privé de soutien financier.
Ben après l’action de la BCE, on devrait y voir plus clair dans une semaine…
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BHL :
“L’euro peut éclater. Et l’Un de la monnaie unique peut, pour paraphraser une dialectique fameuse, se diviser très vite en Deux. C’est ce que je redoute depuis des années. C’est le scénario noir qui se réalise tôt ou tard quand l’instauration d’une monnaie n’est pas immédiatement suivie par l’harmonisation des politiques fiscales, douanières, monétaires des pays membres.”
Ben fallait le dire clairement en 1992, au moins on aurait voté NON à Maastricht, et on n’en serait pas là… (mais ce n’est jamais de leur faute vous noterez… Ce n’est jamais eux qui ont proposé un truc dément, totalement irréaliste, mais la faute du peuple de gros beaufs qui n’a pas su saisir la chance historique que ces Lumières avaient mise entre leurs mains, snif)
“L’alliance des rouges-bruns, ce spectre qui hante l’Europe depuis presque quarante ans. [...] Un autre encore, en Russie, où c’est un parti « national-bolchevique » fondé, dans la plus pure tradition des sections bifsteck allemandes – « rouges dedans, brunes dehors » – des années 1930, par l’écrivain Edouard Limonov qui est à l’origine de l’eurasisme de MM. Douguine et Poutine.”
Mais oui, mais oui, les extrémistes ne sont pas au pouvoir chez nous, ça se voit tous les jours…
Poutine, justement. On sait que le premier à avoir félicité Tsipras est l’ambassadeur de Russie. On sait aussi que Syriza a maintes fois affirmé sa solidarité culturelle et politique avec la Russie. Et l’on a entendu la déclaration du nouveau ministre de l’Energie, Panagiotis Lafazanis, clamant, à peine nommé, son opposition à « l’embargo (sic) imposé à la Russie ». Comment interpréter ces signes ? Faut-il en conclure que cette proximité avec la Russie pourrait se traduire, un jour, par une alliance alternative ? Et est-il imaginable que Vladimir Poutine ait, en la personne du Grec Tsipras, et après le Hongrois Orban, un second cheval de Troie dans la guerre de longue durée qu’il semble avoir engagée contre l’Union européenne et ses valeurs ?
On n’ose le croire. Mais il y a un moyen simple de le vérifier. Nous venons, avec George Soros, de lancer un appel invitant le Conseil européen à étendre exceptionnellement à l’Ukraine l’accès au fonds de soutien à la balance des paiements des Etats européens non membres de la zone euro. Cet élargissement de la règle supposant, non plus la majorité qualifiée, mais l’unanimité du Conseil, je suggère de poser la question sans détour à M. Tsipras : est-il, ou non, favorable à ce geste de soutien à l’Ukraine ? ou se fera-t-il, au moment du vote, l’expression d’un bellicisme jusqu’au-boutistedont l’intention non déguisée est de mettre M. Porochenko à genoux et à la merci du maître du Kremlin? Ce sera l’épreuve de vérité.
Ben voyons, je propose aussi qu’on double l’impôt sur le revenu pour tout donner aux Ukrainiens…
Mais quand “BHL/Soros” parle, la presse s’exécute toujours rapidement…
À suivre – pauvres de nous…

Ukraine : ça devient grave de chez grave. Nous sommes dirigés par des psychotiques / Ukraine: that becomes grave from grave. We are managed by psychotics.

Ukraine : attisant la crise, les USA commettent une erreur historique
Un ancien chef de diplomatie et un intellectuel américains appellent à faire tout pour éviter une tragédie historique en Ukraine.
L'escalade par Washington du conflit en Ukraine peut tourner en "tragédie historique", prévient jeudi Mint Press, ajoutant que même des personnes aussi  différentes que l'ex-secrétaire d'Etat américain Henry Kissinger et son farouche critique Noam Chomsky le comprennent.
"Alors que les Etats-Unis s'élancent à corps perdu dans le conflit militaire entre le gouvernement qui s'est emparé du pouvoir à Kiev et les gouvernements tendant à l'autodétermination dans l'est de l'Ukraine, ils (Kissinger et Chomsky, ndlr) sont unanimes à indiquer que la mise sur la guerre est une erreur, voire une erreur historique", écrit le site.
Mint Press News constate que l'avis des MM.Kissinger et Chomsky sur le conflit en Ukraine se trouve en contradiction avec la position "belliqueuse" de l'administration du président Barack Obama et du sénateur républicain John McCain qui ne font qu'aggraver la crise en Ukraine.
Henry Kissinger reconnaît que ce sont justement les Etats-Unis et l'Europe qui répondent de la "catastrophe actuelle" en Ukraine, alors que Noam Chomsky affirme que les Etats-Unis et l'Otan attisent le conflit qui peut dégénérer enguerre nucléaire.
Selon ce dernier, le conflit ukrainien a commencé quand "Washington a violé la promesse donnée à l'URSS et s'est mis à s'élargir à l'est".
"Nous flirtons avec une catastrophe", a mise en garde l'intellectuel dissident américain.
De son côté, l'ancien chef de la diplomatie américaine a appelé les pays impliqués dans le conflit ukrainien à "faire tout pour éviter une tragédie historique".












.... Bon voilà, la messe est dite. Hier, j'ai envoyé à quelques amis les sites que je fréquente régulièrement depuis un an. Tant qu'à faire, je vous les transmets aussi. Je ne partage pas tout ce qui y est écrit (ou dit) bien sûr mais ils permettent assurément d'avoir une vision plus équilibrée de l'histoire en cours... cependant, je n'ai plus aucun doute : dans ce conflit, l'Occident est le principal fauteur de guerre.