"Il n'existe rien de constant si ce n'est le changement" BOUDDHA; Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots." MARTIN LUTHER-KING; "Veux-tu apprendre à bien vivre, apprends auparavant à bien mourir." CONFUCIUS ; « Nous savons qu’ils mentent, ils savent aussi qu’ils mentent, ils savent que nous savons qu’ils mentent, nous savons aussi qu’ils savent que nous savons, et pourtant ils continuent à mentir ». SOLJENITSYNE
En gros... Un enfant qui naît aujourd'hui grandira sans avoir ce qu'est la vie privée. Il ne saura jamais ce que signifie d'avoir un moment d'intimité personnelle, une pensée qui ne soit pas enregistrée ou analysée...C'est un problème car l'intimité compte, elle nous permet de déterminer qui nous sommes et ce que nous voulons faire de notre vie.
Joyeux noël.
Ci-dessous, une interview édifiante d'un ancien analyste de la CIA, Ray Mc Govern.
Publiée le 8 nov. 2013
Moscou Qui tient Edward Snowden en ligne de mire ? Poison, drone, balle ? Le fait qu'il soit devenu une cible ne fait aucun doute. Ses alliés ont rallié sa cause et cette année, ils lui ont décerné "la récompense de Sam Adams". Il est officiellement décerné aux agents de surveillance qui ont démontré un haut niveau d'éthique.
La remise de la récompense au lanceur d'alerte de la NSA s'est faite à Moscou. L'administration Obama a rendu le passeport de Snowden inutilisable. Une pétition en ligne pour rétablir la validité du passeport a déjà rassemblé plus de 44000 signatures.
La récompense de Sam Adams a été décernée à Edward Snowden le mois passé par Ray Mc Govern, un ancien analyste de la CIA. Celui-ci a travaillé à la Maison blanche pendant 27 ans. Durant cette période, il a collaboré avec plusieurs Présidents américains.
McGovern a quitté le gouvernement fédéral. Aujourd'hui, c'est un activiste qui met en lumière les abus gouvernementaux.
Ray Mc Govern est notre invité aujourd'hui. C'est un homme d'expérience, il a échangé des informations très sensibles pendant plusieurs années avec les Commandants en chef. Mc Govern est ici pour nous parler des lanceurs d'alerte, de la surveillance étatique et des menaces qui pèsent actuellement à l'encontre d'Edward Snowden. ... Pour aller à l'essentiel, on retiendra qu'aux USA, le fascisme d'Etat se met en place...
Invitée dans l’émission Ce Soir ou Jamais de Frédéric Taddéi du 26 Novembre 2009, la constitutionnaliste et membre du Conseil Scientifique de Res Publica Anne-Marie Le Pourhiet ne mâche pas ses mots sur la « démocratie européenne ».
Citant un arrêt de la Cour Constitutionnelle allemande, elle affirme qu’étant donné qu’il n’existe pas de peuple européen toute recherche de démocratie à l’échelle européenne est vouée à l’échec. Elle finit son discours en s’indignant, prenant un exemple précis, du Parlement français qui est ramené dans certains cas à une simple transposition mot à mot des directives dictées par la Commission européenne.
Il faut arrêter d’utiliser le mot démocratie à toutes les sauces, parler de démocratie, de concertation, de choses comme ça, ça n’a pas de sens. La démocratie ce n’est pas non plus droite contre gauche forcément, l’Allemagne vient de passer une période ou elle avait un gouvernement de coalition droite-gauche et que je sache c’était une démocratie quand même, même si ce n’est pas l’idéal d’avoir un gouvernement de coalition.
C’est pas ça la démocratie. La définition magnifique de la démocratie vient d’être donnée outre-Rhin par la Cour Constitutionnelle allemande le 30 Juin 2009 dans un arrêt qui est une référence. C’est 75 pages de cours de philosophie politique ou on vous explique qu’il n’y a pas de peuple européen et qu’il n’y a donc pas de démocratie européenne possible.
Qu’en conséquence de quoi le pouvoir final et le dernier mot doit rester en tout état de cause dans les parlements nationaux et en ce qui concerne l’Allemagne, qui est un état fédéral, dans les parlements des Länder. Et elle a exigée au terme d’un exposé d’une dureté, on a rarement fait analyse plus implacable du déficit démocratique de l’Europe, elle a imposée que pour un certain nombre de décisions il y ait une loi qui soit votée en Allemagne et qui prévoit l’autorisation du Parlement sur un certain nombre de décisions prévues par le traité de Lisbonne notamment les fameuses clauses passerelles, la clause de flexibilité…etc…
Mais il faut lire cet arrêt pour comprendre que les souverainistes sont à la cour Constitutionnelle de Karlsruhe et eux ils ont dits ce qu’il y avait à dire en la matière. Donc on pourra se perdre indéfiniment dans la recherche d’une démocratie européenne on ne la trouvera pas parce que la démocratie c’est pas seulement voter
C’est pas parce qu’il y a un Parlement européen avec des gens pour lesquels on vote, sur des listes qui plus est avec des tas de gens qu’on ne connait pas, la démocratie ne se résume pas à un vote. Il faut représenter un corps politique, un demos et c’est celui là qui n’existe pas, qui existe en Amérique mais qui n’existe pas chez nous, et c’est pour ça que c’est vain de rechercher une démocratisation.
On va pouvoir améliorer les procédures, on va pouvoir également ramener des compétences vers les Etats parce qu’on a délégué beaucoup trop de choses à l’Europe qui en fait dix fois trop, il faut récupérer beaucoup de choses. Je vous signale que quand on dit que les Parlements vont être associés davantage, ils pourront l’être s’ils le veulent.
Je vous rappelle simplement un fait : récemment, avant la présidence française du Conseil européen, une secrétaire d’Etat vient défendre devant le Sénat français un projet de loi de transposition d’une directive sur les discriminations. Une série de sénateurs disent que le projet de loi est contraire à la tradition républicaine française, c’est du communautarisme anglo-saxon, ce n’est pas dans cet esprit là que nous voulons transposer, nous voulons nos termes à nous, conformes au droit français, au droit continental et elle dit même à la tradition latine. Elle a raison, c’est une sénatrice qui le dit.
Elle s’est fait renvoyée dans ses buts par la secrétaire d’Etat qui lui a dit que la France va prendre la présidence du Conseil européen, nous ne pouvons pas nous mettre à dos la Commission, hors la Cour suit la Commission dans 95% des cas donc nous devons…et elle reprend dix fois pendant le débat « nous devons transposer mot à mot ». Voilà à quoi sert le Parlement français, à recopier mot à mot des directives d’inspiration anglo-saxonnes pour ce qui est de celle-là.
Tiens donc, ça me fait penser à l'intervention de madame Simonis, Députée PS au parlement wallon... A propos de la ratification du TSCG :
Le PS n'a pas non plus caché vendredi son
malaise par rapport au nouveau Traité qui consacre le "fétichisme budgétaire", selon les mots de la députée Isabelle
Simonis. "Ce Traité ne
représente pas l'Europe que nous souhaitons (...) mais nous restons des démocrates
et respectons les institutions européennes", a-t-elle néanmoins défendu. Pour les socialistes, un refus du
TSCG aurait en effet placé la Belgique dans une "position difficile", se privant notamment de tout bénéfice
du Mécanisme européen de solidarité (MES). "Nous avons donc plus à perdre
qu'à gagner en nous mettant à la marge...", a jugé Isabelle Simonis.
Percutant et superbement réalisé, ce film d'animation questionne notre mode d’exploitation des énergies fossiles et des ressources naturelles, ses conséquences au niveau planétaire et l'impasse où nous mène notre modèle de croissance.
Sans lendemain (There's no tomorrow) a été réalisé par Dermot O' Connor et produit par incubate pictures en association avec le Post Carbon Institute, en 2012.
En seulement 35 minutes, il réussit le tour de force d'aborder de manière intelligible toute une série de problématiques liées à la croissance vue comme mère de toutes les crises(1) : déplétion des combustibles fossiles et des autres ressources non renouvelables, destruction de l’environnement et de la biodiversité, problème de la surpopulation et de la nourriture, etc. Sans oublier l’absurdité de notre système économique interdit d’équilibre par nature : comme une chaîne de Ponzi, le système doit croître ou mourir.
Ce film constitue un excellent outil d’information et de débat pour tout public, de préférence en l’accompagnant d’un exposé adapté, en particulier pour anticiper des questions relatives à certains des concepts abordés et, plus encore, pour les pistes de sortie par le haut (autant que possible), le dernier chapitre du film, Happy end, étant un peu lacunaire à propos des perspectives et solutions.
(1) Crise. Ce que cache le mot crise, Yannis Youlountas (philosophe, poète) : « Le mot-clef de la période actuelle est sans doute le mot crise[...] ». Lire la suite.
Version française
Le doublage en français de ce film étasunien est une réalisation du groupe de Liège du mpOC (Mouvement politique des objecteurs de croissance), avec le soutien des associations suivantes : Amis de la Terre Belgique (www.amisdelaterre.be), ASPO.be (www.aspo.be), GRAPPE (www.grappe.be), IEW (www.iewonline.be), Imagine demain le monde (www.imagine-magazine.com) et mpOC (www.mpOC.be).
Licence
En bref, vous avez le droit de visionner le film en privé ou en public, à condition de faire état des auteurs, de ne pas le modifier et de ne pas en tirer un profit pécunier. Vous pouvez en faire des copies et le diffuser aux mêmes conditions.
Le film et les sous-titres traduits en français sont mis à disposition selon les termes de la même licence que celle du film There's No Tomorrow, c'est-à-dire la licence Creative Commons de type Attribution, Pas d’Utilisation Commerciale, Pas de Modification (version 3.0).Plus d'info.
Le mpOC-Liège propose des exposés-débats autour de la projection de ce film, dans les écoles, les associations, etc. C'est gratuit, sauf frais de déplacement éventuels (hors Grand Liège). Plus d’informations au 04/277.91.42 et par courriel à info@liege.mpOC.be.
Vous avez deux possibilités, soit le visionner directement sur You Tube, soit le téléchargement du film (et éventuellement des sous-titres dans différentes langues).
Visionner le film sur You Tube, directement
Le film est disponible sur You Tube. Éventuellement vous pouvez y faire apparaître les sous-titres (pour choisir le sous-titrage dans une certaine langue, cliquer sur le bouton des sous-titres).
Téléchargement
Pour stocker le film sur votre PC, vous avez le choix entre 2 fichiers mp4 avec des niveaux de compression différents :
1) 236 MB (plus rapide à télécharger que le suivant au prix d'une petit perte de qualité). 2) 693 MB.
Ensuite référez-vous aux sections ci-dessous (Script et sous-titres et Utiliser les sous-titres au mieux).
Version originale
Le film en VO sous-titré est disponible sur You Tube (les sous-titres sont disponibles dans une vingtaine de langues, dont les nôtres en français).
Pour le téléchargement du film en VO : sur cette page introduisez votre adresse courriel, cochez la case « I accept… » et cliquez sur le bouton « Request…». Vous recevrez par courriel un lien pour le téléchargement. Le fichier mp4 fait environ 550 Mo (haute définition). Pour les sous-titres en français ou autres, voir la section suivante.
Ci-dessous vous trouverez le script pour lecture ou impression (PDF) et des fichiers (SRT) qui vous permettent, lors de la vision du film, d'ajouter des sous-titres dans certaines langues, y compris le français (les sous-titres en français ont été publiés la première fois en décembre 2012 ; par la suite, ils ont subi quelques mises à jours mineures).
Télécharger les fichiers (type SRT) des sous-titres qui vous intéressent dans le même dossier que le fichier du film (pour éviter que ce fichier ne s'ouvre dans votre navigateur, faire un clic droit sur le lien et, dans le menu contextuel, choisir Enregistrer la cible du lien sous... et choisir le dossier du film pour y enregistrer ce fichier) :
Les explications qui suivent valent pour le lecteur multimédia VLC. VLC est un très bon logiciel, sans doute le meilleur des lecteurs multimédia. Il est gratuit (libre) et disponible pour différents systèmes : Linux, Mac OSX, MS Windows, etc.
Si VLC n’est pas déjà installé sur votre PC, le plus simple est peut-être de l’installer, plutôt que d’essayer d’appliquer les réglages ci-dessous à votre lecteur actuel, tous les lecteurs multimédia n’étant pas aussi performants et simples à utiliser que VLC.
Remarque : si le film ne se lance pas dans VLC, faire clic-droit sur le fichier et choisir Jouer avec VLC media player.
Réglages à faire dans VLC pour les sous-titres (pour un rendu optimum)
Dans le menu Outils cliquer sur Préférences.
Dans ce dialogue des préférences, en bas et à gauche, dans l’encart Paramètres, choisir Tous.
Dans le panneau de gauche, tout en bas de l’arborescence, ouvrir Vidéo, sélectionner Sous-titres/OSD et spécifier :
– Forcer la position des sous-titres : -40
Sélectionner Rendu du texte et spécifier :
– Police : Arial (ou Georgia si vous préférez une police à empattements) – Taille de la police en pixels : 30– Opacité de l’arrière-plan : 128– Cliquer sur le bouton Enregistrer
Remarques
Dans une grande salle, il sera peut-être nécessaire d'augmenter la taille de la police. La taille 30 et la position des sous-titres (-40) est optimale par rapport à leur empiètement sur les images de certains plans.
Si vous changez les réglages comme ci-dessus et si le film est déjà chargé dans VLC, il faut arrêter la lecture du film (bouton avec un carré) et le relancer pour activer les nouveaux réglages (bouton de lecture - avec un flèche droite).
Avec le lecteur multimédia VLC, il suffit de pousser sur la touche V du clavier pour passer du sous-titrage dans une langue à la langue suivante (ou pour désactiver le sous-titrage - pour autant que vous les fichiers SRT des sous-titres soient bien dans le répertoire du fichier du film).
Ci-dessous, un lien qui vous permettra de suivre une conférence (3h) sur le thème de l'approvisionnement alimentaire en Europe et de son devenir... Sidérant.
Les Verts/EFA ont organisé une conférence sur le thème "Nourrir l'Europe en ces temps de crises". Dans les prochaines années, l'Europe va probablement souffrir de chocs systémiques de grande ampleur et faire face à un climat très instable. Les chocs ne sont pas seulement financiers et économiques, ils sont aussi sociaux, ils concernent l'énergie, le climat et les écosystèmes. Dans ces conditions, nous avons besoin de repenser la question de la sécurité alimentaire en Europe, sans se focaliser uniquement sur la production agricole, mais sur tous les systèmes liés à la production alimentaire (distribution, traitement, stockage, études de marchés, commerce). Comment produire assez de nourriture avec moins d'énergies fossiles ? Comment garantir l'approvisionnement des villes ? Pourquoi encourager les filières courtes ? Comment produire de la nourriture en réparant les écosystèmes et en protégeant le climat ? La première partie de la conférence présentera l'étude "Nourrir l'Europe en ces temps de crises" et les moyens de mettre en place des systèmes alimentaires résilients. Dans la seconde partie, les intervenants présentent des réponses politiques variées au niveau européen et au niveau local.
The Greens/EFA group was organising a conference on the theme: "Feeding Europe in times of crisis." In the coming years, Europe is likely to suffer significant systemic shocks and face a very unstable climate. The shocks are not only financial and economic, they are also social, and concern energy, climate and ecosystem. Under these conditions, we need to rethink the issue of food security in Europe, without focusing solely on agricultural production, but on all food systems (distribution, processing, storage, consumer research, trade). How to produce enough food with less fossil energy? How to secure the supply of cities? Why encourage short supply chains? How to produce food while restoring ecosystems and protecting the climate?
The first part of the conference will present the study "Feeding Europe in times of crisis" and ways to build resilient food systems. In the second part, the speakers will address the various policy responses at European and local level.
15h00
Introduction
Yves Cochet, Greens/EFA MEP (France)
15h10 - 15h30Presentation of the study "Feeding Europe in times of crisis"Pablo Servigne, agronomist
Ceux-
et celles- de ma génération qui ont connu de beaux embrasements et
de belles et grandes figures, politiques et autres, en sont à devoir
constater que jamais, de leur vivant, ils n’auront eu sous les yeux
le spectacle absolument dégoûtant qu’offre la présente actualité
marquée par les scandales innommables dont sont maintenant
coutumiers tout ce qui compte comme représentants de tous bords nos
pantelantes et grotesques prétendues démocraties.
Scandales
d’argent, mensonges, travestissements de toute la réalité,
tripotage de chiffres, double langage et langue de bois, assaut
massif contre les libertés les plus élémentaires, acharnement à
l’encontre des pauvres d’ici et d’ailleurs, ces gens , en toute
impunité et même salués ici et là par la presse et ses hébétés
comme étant de braves et dévoués serviteurs de la chose publique
ne sont en réalité que les agents de la pire entreprise jamais
menée contre la liberté et les droits des citoyens. Et l’assaut
est universel, il n’y a pas de frontières, pas de limites ;
partout les gens et dans tous les aspects de leur vie sont assiégés
de mille perverses façons. Bien évidemment les gestionnaires et les
donneurs d’ordre excipent des dures nécessités des temps
économiques et financiers présents pour se dédouaner des mesures
qui sont décidées et appliquées dans qu’elles suscitent les
réactions auxquelles on pourrait pourtant s’attendre.
Il
est vrai aussi que la manière dont sont présentées les choses est
à la fois finement subtile et pernicieuse ; les communicateurs
gouvernementaux sont passés maîtres dans l’art désormais
consommé de dire tout et son contraire.
Par
chez nous par exemple et s’agissant du douloureux problème du
chômage, on en arrive un jour, en haut lieu, que la situation va en
s’améliorant, que l’on constate une baisse sensible du nombre de
demandeurs d’emploi et, le lendemain, on apprend par la presse que
les radiations et les exclusions sont en hausse constante, ceci
expliquant donc cela. Pour ce qui est des chômeurs de langue durée,
ils ne perdent rien pour attendre puisque les dernières innovations
nées dans les brillantes cervelles de quelques-un(e)s de nos
cher(e)s élu(e)s proposent ni plus ni moins que ces feignants soient
mis bénévolement au service des communes et d’autres CPAS afin de
prester de ces petits boulots hautement gratifiants comme les courses
des petites vieilles, le ramassage des crottes canines ou l’aide
aux mamans débordées par leur progéniture. Bien évidemment ces
extravagantes suggestions s’inscrivent dans le moment où
s’engagent les premières escarmouches de la campagne électorale
de l’an prochain et il s’agit, n’est-ce pas, d’un côté
comme de l’autre, de ratisser au plus large et de ne pas laisser
passer les occasions de racoler du côté du simplisme et de la
démagogie de caniveau. A ce jeu ignoble on voit combien la
concurrence est rude et à quel niveau d’ignominie on est prêt à
se hisser de la manière pseudo-gauche socialeuse à la droite
libérale en passant par ce parti humaniste qui a le culot d’encore
se présenter comme au centre de l’échiquier politique. Quant aux
prudentes et timides protestations du monde syndical devant les
assauts de plus en plus déterminés de la classe dirigeante à
l’encontre du monde du travail, des chômeurs et des pauvres en
général, elles n’étonneront pas plus que les positions des mêmes
appareils pour ce qui regarde la débâcle annoncée du système
économique et monétaire. Positions et analyses- les mêmes que
celles des responsables politiques de tous bords ou à peu près- qui
vient à l’encontre de toute forme de remise en cause de la
mortelle fuite en avant à laquelle nous condamnent les propriétaires
du monde.
Car,
on le voit bien et partout, la nécessaire et impérieuse prise de
conscience de ce qui est probablement le risque d’une véritable
descente aux enfers de l’ensemble de l’humanité, n’est encore
le fait que d’une poignée de savants qui, depuis des années,
publient dans une indifférence quasi générale, le bulletin de
santé d’une planète moribonde. De même que certains lanceurs
d’alertes dans la sphère politique et associative qui vaille que
vaille et pour autant qu’ils puissent avoir droit à une
place-souvent congrue-dans le colonnes des journaux, sur les ondes ou
dans la petite lucarne, tentent en vain jusqu’ici de montrer
combien les périls de toutes sortes montent de plus en plus
dangereusement. Pour le reste, les décideurs politiques de quelque
niveau de pouvoir que ce soit, en restent à fermer obstinément les
yeux ou, au mieux, à proposer de timides et burlesques mesurettes
dans les matières les moins susceptibles de heurter la sensibilité
de leurs électeurs potentiels, lesquels, pour le plus grand nombre,
ne se soucient de ces problèmes que de très loin. Une première
part parce qu’ils ont d’autres soucis, bien plus immédiats et
cruciaux, comme de se demander quoi se mettre dans l’estomac dès
la moitié du mois ou choisir entre le payement de leurs dettes de
chauffage ou d’électricité, entre une visite chez le médecin ou
des fringues de pauvre pour rhabiller le petit dernier pour la
rentrée des classes. L’autre part, qui est encore l’actuelle
majorité, bouffie de sa superbe et de son dédain, accrochée à ses
misérables privilèges qui lui permettent de continuer de vivre
semblablement- et seulement semblablement- aux riches, de s’offrir
des voitures 4X4, de courir les boutiques et profiter pleinement de
tous les plaisirs qu’offre cette société d’abondance, cette
part, donc, n’est pas prêtes à renoncer à ce qu’elle estime
lui être quasi naturellement dû. Les gens qui composent cette élite
de la consommation vulgaire se persuadent, évidemment, que rien de
fâcheux ne pourra jamais leur arriver et qu’il est bel et bon que
le monde continue d’aller comme il va et que, surtout, rien ne
change. Quant à ceux qui, de plus en plus, doivent se justifier en
tout, sont soumis aux vexations, aux humiliations d’organismes de
contrôle proprement kafkaïens et à l’opprobre qui s’abat sur
eux à longueur de colonnes de journaux, on comprendra que des choses
aussi saugrenues que la décroissance ou la simplicité volontaire ne
puissent avoir aucun écho dans ce qui leur tient lieu de conscience,
amoindrie, bafouée et bornée par le seul souci d’une survie de
jour en jour plus problématique.
Oui,
il y a comme une odeur. De décomposition d’ordures de toutes
sortes qui empestent l’atmosphère. Nous avons connu, nous qui
aurons bientôt septante ans, quelque chose qui avait à voir avec la
vie, avec, plus justement, le désir du vivre mieux, plus richement,
avec cette part d’insouciance joyeuse qui avait ses racines dans
une fraternité qui s’affichait sur les lieux du travail, dans les
rues et sur les places, dans un espace qui était encore public, d’où
les caméras de surveillance étaient absentes. Il y avait encore
dans l’air ce presque rien d’indéfinissable qui parfumait les
liens qui se nouaient dans ce qui était encore une société
d’hommes et de femmes qui pouvaient nommer et vivre la liberté et
entrer en rébellion quand elle était menacée. Elle est loin notre
jeunesse et elle se meurt à petit peu et à coup de matraques, notre
belle espérance. Elle pue la charogne, cette époque ; et c’est
à peine si nous avons encore la force de nous boucher les racines.
Au début de ce mois, j’ai organisé, comme je le fais quatre fois par an, une friperie dans mon quartier. Le principe est assez simple : chacun apporte les vêtements dont il n’a plus l’usage et prend des vêtements qui lui conviennent, s’il en trouve.
En général, le tout se passe dans une ambiance festive et les vêtements restants sont confiés à une œuvre, souvent la première personne qui manifeste son intérêt pour le stock. C’est là que l’histoire commence : la nièce d’une des organisatrices nous a contactées pour recevoir les vêtements restants pour les Afghans. Ils venaient d’être expulsés de la rue de la Poste et avaient besoin, disait-elle, de tout. N’écoutant que notre bon cœur, nous avons signalé la chose aux gens, qui ont apporté en même temps que les vêtements, des couvertures, des produits d’hygiène, ect. Le tout est arrivé à bon port et cela aurait pu s’arrêter là. Sauf que personnellement, j’ai été très touchée par les récits des militants : violence dans les manifestations, enfants ballotés, personnes se voyant entre un ici qui ne veut pas les recevoir et un là-bas dans lequel il est impossible de retourner car c’est beaucoup trop dangereux. J’ai donc décidé avec mes petites forces et mes petits bras d’aider à ma place, autant que faire se peut. Et là, j’ai ouvert les yeux comme jamais auparavant sur mes contemporains. Habituée aux réunions, aux conférences et aux débats d’idées, j’ai constaté que la réalité sur le terrain évolue bien plus vite que je ne le pensais. Il y a, certes, des tas de personnes généreuses de leur temps, de leurs biens et de chaleur humaine qui aident sans compter, qui se mobilisent souvent pour plusieurs causes en même temps et qui réussissent l’exploit d’être au four et au moulin en même temps. Ca, je le savais déjà, ces personnes rendent le monde plus heureux, plus habitable, plus humain. Et puis il y a l’autre réalité. Celle qui fait peur et qui inquiète. Cela a commencé par un petit mail : « Madame, veuillez m’excuser de soulever un tabou, mais je pense qu’il vaudrait mieux aider d’abord les Belges ». Nous y étions. J’ai fini par me rendre compte que parler d’aider d’abord les Belges, ce n’est en réalité pas un tabou du tout, c’est malheureusement un lieu commun. Si on pousse la logique de ces personnes, pour savoir qui il faudrait vraiment aider, on se rend compte qu’il ne faudrait pas non plus aider les chômeurs (enfin… si, au début, mais pas après, parce que sinon, ce sont des profiteurs), ni les gens qui sont au CPAS (profiteurs), ni les SDF (alcooliques, ou bien qui ont un chien), ni les pauvres qui ne sont pas de vrais Belges (entendez bien : qui ont l’air musulmans. Avoir l’air suffit, on s’en fout de savoir s’ils le sont vraiment, d’ailleurs qui sait que beaucoup d’Afghans dont nous parlons sont Sikhs ?). Bref, ça ne fait plus grand monde et c’est très pratique, comme ça on ne doit aider personne. C’est à ce point du raisonnement de son interlocuteur qu’on se rend compte qu’il est un fasciste mou. Oh, pas un de ces fascistes qui enverraient volontiers leur voisin de couleur dans un camp, non, juste un fasciste qui estime qu’il y a des différences entre les gens. Que voulez-vous, il faut bien ordonner la charité. Un fasciste qui peut tolérer l’idée qu’il y ait des bébés qui dorment dans une église… Que voulez-vous y faire ? Il faut bien commencer par aider les vrais Belges. Un fasciste qui dira que tout de même, ces étrangers, que viennent-ils faire ici ? On ne peut pas accueillir toute la misère du monde… Un fasciste qui dira d’ailleurs que le miséreux, souvent, le mérite bien. D’ailleurs, obliger les chômeurs à faire du travail d’intérêt général, ce n’est pas une si mauvaise idée. Et les bénéficiaires du CPAS aussi, tant qu’à faire. Un fasciste qui voudra du sécuritaire, plus de police, des caméras de surveillance, parce que voyez-vous, les braves gens n’osent plus sortir le soir. Un fasciste qui n’aime pas trop les jeunes, non plus… Enfin si, il aime certains jeunes, ceux qui sont habillés comme les vieux et qui ne se promènent pas à plusieurs. Un fasciste qui sera souvent, d’ailleurs, climato sceptique ou pire, qui pensera qu’on peut adapter l’homme, les meilleurs résisteront. Les meilleurs, le mérite… le fasciste mou n’a que ces mots à la bouche. Le fasciste mou, lui, est méritant. Il oublie que s’il est né blanc, homme et riche, il n’a pas fait grand-chose pour mériter ça ! En réalité, nous nous laissons tous gagner par ces idées répétées jusqu’à plus soif dès que nous omettons de penser. Car la pauvreté, que ce soit celle des Afghans, des chômeurs, des SDF… a les mêmes causes et les mêmes conséquences. Les besoins humains sont les mêmes partout : abri, vêtements, nourriture, chaleur humaine, éducation… Ce qui est fait pour combler les besoins des Afghans ne prive pas les Belges de quelque chose, comme si l’énergie qu’on mettait à aider d’un côté se perdait pour les autres. Souvent, une action bénéfique attire des gens et des dons, et il n’y a pas de paroi étanche entre l’un et l’autre. La couverture qui ne sert pas à un sans-abri ira aux Afghans et inversement. Une action qui mobilise pousse les gens à se mobiliser ailleurs, plus près de chez eux, pour d’autres causes… C’est la vertu de l’exemple. Quant aux causes de la pauvreté, elle se résume en quelques mots : une petite minorité d’humains accapare la majorité des richesses. Les autres se partagent le petit reste. La confiscation des moyens de production dans les mains de quelques-uns met les autres au chômage. Il y a des guerres pour s’approprier les ressources pétrolières et gazières, et il est d’ailleurs temps de rappeler que la Belgique a des forces en Afghanistan, qui lui coûtent autrement plus cher que les Afghans présents sur son territoire. Tant qu’on refusera d’examiner en face ces causes, tant qu’on préférera investir dans une politique répressive et sécuritaire, nous aurons des chômeurs exclus, des sans-abris, des sans-papiers, des rafles et des déportations. Ces deux derniers mots vous choquent ? C’est ce qui se passe pourtant : quotidiennement, des Afghans ayant trouvé refuge en Europe sont renvoyés de force chez eux. Mais on continue d’empêcher les gens de circuler en libéralisant la circulation de marchandises, plutôt que d’arrêter les marchandises aux frontières et de laisser circuler les gens. Refusons de nous laisser gagner par les idées qui séparent. Travailleurs et chômeurs, Belges et étrangers, nous vivons tous dans un système mortifère qui sacrifie l’humanité sur l’autel de la production et du profit pour quelques-uns. Nous pensons qu’il y a des alternatives, que d’autres mondes sont possibles. Mais il va falloir changer de voie, et vite, car telle une peste brune, le fascisme se répand. Les fascistes mous appellent de leurs vœux, de leurs votes, des fascistes vrais, qui risquent bien de vouloir faire se répéter l’Histoire. Cela commence déjà et il est temps, chacun avec nos petites forces, d’entrer en résistance. J’y suis entrée à ma manière et j’essaye d’inventer d’autres manières de vivre car, pour citer le Conseil National de la Résistance, résister, c’est créer et créer, c’est résister ! Marie-Eve Lapy-Tries Historienne de l’art et théologienne, Marie-Eve Lapy-Tries a travaillé au Musée archéologique de Namur et a été professeur de religion. Aujourd’hui, elle se consacre à l’éducation de ses trois enfants et à la vie associative. Elle est porte-parole des objecteurs de croissance.
Quelqu'un croit-il encore en la démocratie représentative?...
Réinstaurons le rapport de force dans la rue, nos jardins, les villes, les campagnes, et organisons-nous dès maintenant pour véritablement prendre nos vies en mains !
Les paysans qui ressèment leur récolte seront-ils considérés comme des trafiquants ? Oui, ont répondu les sénateurs en adoptant le 20 novembre à l’unanimité un projet de loi élargissant aux plantes le délit de contrefaçon. S’émanciper des droits de propriété détenus par les grandes firmes semencières sera désormais un délit. La loi prévoit aussi de nouveaux moyens de répression contre paysans et jardiniers clandestins. Pour les promoteurs de la loi, il s’agit simplement de « protéger les entreprises ».
Semer sa propre récolte. Un acte des plus banal perpétué depuis les prémisses de l’agriculture. Un acte désormais considéré comme criminel, au même titre que l’impression de fausses monnaies, la vente de médicaments illicites à partir de molécules copiées, ou la reproduction de sacs ou de montres de grandes marques. En 2014, la chasse aux contrefaçons pourrait s’étendre jusque dans les potagers, les champs et les fermes. Le 20 novembre, les sénateurs ont voté à l’unanimité – y compris les écologistes – une proposition de loi destinée à renforcer la lutte contre la contrefaçon. Celle-ci représente « près de 10 % du commerce international » et grève les recettes fiscales de la France de plus de six milliards d’euros chaque année. Or, la répression de la contrefaçon prévoit d’être étendu à l’ensemble des branches de la propriété intellectuelle. Parmi elles, les « obtentions végétales ». Un terme qui recouvre les semences de ferme, ces graines issues de variétés sélectionnées par l’industrie semencière, que l’agriculteur sème, récolte et, de fait, multiplie.
La contrefaçon est « souvent le produit de l’exploitation d’être humains et du travail illicite » pointe le projet le loi, et « participe au financement de nombreuses organisations mafieuses et terroristes ». « Les agriculteurs qui utiliseraient des semences de ferme sur leur propre exploitation [sont assimilés] de manière tout à fait abusive, à des criminels en réseau », s’insurge la Coordination rurale. « L’acte millénaire de sélectionner et de ressemer une partie de sa récolte sera considéré comme une contrefaçon, c’est à dire sera mis sur le même plan que la reproduction frauduleuse d’un objet ou d’une monnaie », renchérit le collectif Semons la biodiversité [1] qui avait interpellé les sénateurs dans une lettre ouverte. Graines de soja, de maïs, de tomates, de céréales ou de patates pourront ainsi être considérées comme des copies illégales !
Plusieurs groupes parlementaires [2] avaient pourtant demandé que soit insérée la précision suivante : « La production à la ferme par un agriculteur de ses semences pour les besoins de son exploitation agricole ne constitue pas une contrefaçon et ce, quelle que soit l’origine de ses semences. » Au final, seuls vingt sénateurs ont voté pour l’amendement porté par le groupe communiste, suite à la promesse du député socialiste Michel Delebarre, rapporteur du projet de loi, d’un nouveau débat. « Ce débat aura lieu dans le cadre de la loi d’avenir agricole en janvier prochain, a-t-il assuré. Il n’y a pas de risques avec ce projet. » Une lecture attentive du texte révèle pourtant le contraire.
L’État au service des entreprises privées
Cette loi vient renforcer un arsenal juridique qui protège les entreprises commercialisant des semences. Depuis 2011, une loi (analysée ici) autorise la reproduction à la ferme de seulement 21 variétés de semences, en échange du paiement d’une redevance appelée « Contribution volontaire obligatoire » (sic)... Pour toutes autres variétés, la reproduction est donc interdite, au prétexte de ne pas violer le droit de propriété intellectuelle détenue par l’entreprise ! « La loi de 2011 demande à tous les agriculteurs qui font des semences de ferme de s’enregistrer auprès de l’administration, explique Guy Kastler du Réseau semences paysannes, contacté par Basta !. Aujourd’hui, les entreprises ne poursuivent pas les agriculteurs qui n’ont pas payé cette redevance car elles n’en ont pas les moyens. Cela leur coûterait trop cher d’apporter la preuve de la contrefaçon. » Jusqu’à maintenant, les agriculteurs continuaient donc de reproduire leurs semences à la ferme, sans risquer d’être poursuivi [3].
« La nouveauté, c’est que ce projet de loi demande à l’administration d’aider l’entreprise à lutter contre les contrefaçons et de transmettre toutes les informations dont elle dispose », poursuit Guy Kastler. Les services de l’État mettront donc à disposition des entreprises une liste d’agriculteurs qui sont présumés contrefacteurs. Sur simple demande de l’entreprise détenant un droit de propriété intellectuelle sur une variété, les services des douanes pourront saisir les semences « contrefaites », ou la récolte qui en est issue. Un agriculteur ayant cultivé une variété pour laquelle les semences de ferme sont interdites pourra voir sa récolte détruite... « Ou confisquée jusqu’à ce qu’il paye des royalties (redevances, ndlr) s’il s’agit d’une espèce dérogatoire », précise Guy Kastler. Et d’ajouter que « si l’Etat n’applique pas la loi en faisant payer l’agriculteur, il pourra être poursuivi par l’entreprise », commeBasta ! l’avait déjà souligné dans cette enquête.
Des douaniers infiltrés en zone rurale ?
Pire, l’agriculteur ne devra pas seulement disposer de factures pour ses semences, mais aussi pour ses animaux reproducteurs et ses préparations naturelles. Quid du paysan-boulanger qui élabore son propre levain pour faire son pain, ou du fromager qui utilise son propre ferment ? Avec ce projet de loi, les douaniers pourront se présenter comme des acheteurs de semences de ferme en vue de prouver la contrefaçon. Ils pourront utiliser deux techniques, « l’infiltration » (article 9) et « les coups d’achat » (article 10), décrites dans la proposition de loi :
« Jusqu’à maintenant, l’entraide et la confiance sont des fondements du tissu social du monde rural », rappelle Guy Kastler. Mais avec ces dispositions, toute personnes demandant d’échanger des semences sera susceptible d’être un agent de la lutte contre les contrefaçons. De quoi générer un climat de méfiance généralisé... Pourtant, selon la Coordination nationale pour la défense des semences fermières (CNDSF), il existe déjà « un arsenal juridique (...) permettant aux détenteurs des certificats d’obtentions végétales de faire respecter leur droit. Il en est pour preuve l’ensemble des contrôles réalisés sur le terrain très régulièrement chez les agriculteurs et chez les prestataires de service par les organismes habilités dans le but de contrôler le respect de la législation sur les semences. » En mai dernier,Basta ! relatait la visite d’un agent de la répression des fraudes sur un marché en Ariège, où les petits maraîchers se sont vus notifier une amende potentielle de 450 euros pour diffusion de « légumes clandestins »...
Généralisation des OGM ?
« C’est cette menace constante de poursuite en contrefaçon qui a conduit les agriculteurs américains à cultiver en moins de dix ans plus de 90 % de leurs champs de soja et de maïs avec des OGM brevetés et qui a condamné à la faillite ceux qui ont voulu résister », alertent plusieurs personnalités dans le journal Le Monde. Aujourd’hui, 75 % du marché mondial de semences est contrôlé par seulement… dix multinationales ! Mais pour le sénateur socialiste Richard Yung, à l’origine de la proposition de loi sur la contrefaçon, il s’agit de « protéger nos entreprises ». Richard Yung a fait toute sa carrière dans le monde de la propriété intellectuelle et des brevets, de l’Institut national de la propriété industrielle à l’Office européen des brevets, à Munich. « Le risque, c’est que vous développiez une nouvelle plante, et qu’elle soit reproduite sans que l’on vous paye », explique-t-il, cité par Reporterre.
Que les semenciers ne soient pas payés n’est pourtant pas d’actualité. Le montant des exportations de semences et plants, hors Hexagone, représente près de 1,5 milliard d’euros en 2012-2013, soit une hausse de 15 % par rapport à l’exercice précédent. « Cette performance représente l’équivalent de 20 Airbus A320 », se félicite ainsi le Groupement national interprofessionel des semences. Celui-ci reproche aux agriculteurs qui reproduisent leurs semences à la ferme de ne pas participer au financement de la recherche. Le caractère de telle variété plus résistante aux climats secs, ou de telle autre moins vulnérable aux insectes est-elle pour autant la propriété des grandes firmes semencières ? « Il est le résultat de 10 000 ans de sélection paysanne, anonyme et publique », estime Jacques Caplat de l’association Agir pour l’environnement. Le sélectionneur professionnel serait donc tout aussi redevable en s’appropriant un travail engagé par les paysans depuis des millénaires. Mais lui ne commet pas de délit de contrefaçon.
Paroles, paroles, paroles...
Le sort du premier maillon de la chaine alimentaire se joue désormais dans les arènes politiques. En 2007 déjà, une nouvelle loi sur la contrefaçon avait fait de la semence produite à la ferme une contrefaçon. A l’époque, le groupe socialiste avait initialement soutenu, avec des élus communistes, écologistes et centristes, un amendement qui excluait de la loi les semences de ferme [4]. Ils avaient retiré leur amendement à la suite de la promesse [5] du ministre de l’époque, Hervé Novelli, de reconnaître le droit des agriculteurs de produire leurs semences et de ne pas le considérer comme une contrefaçon dans une future loi. Or, la loi de 2011 a maintenu le caractère délictueux des semences de ferme... Et ce sont aujourd’hui les socialistes qui le promettent à leur tour...
Une bataille législative s’amorce, alors même que le gouvernement a estimé que le texte devait être voté en « procédure accélérée ». Le projet de loi sur les contrefaçons devrait être discuté à l’Assemblée nationale en février 2014. Face à l’arsenal législatif déployé pour interdire aux paysans d’exercer leur métier, unecampagne pour une loi de reconnaissance positive des droits des agriculteurs et des jardiniers a été lancée. Après les sénateurs, les députés se contenteront-ils aussi de se comporter en simple chambre d’enregistrement des desiderata des lobbys industriels ? Et de considérer nombre d’agriculteurs comme des voleurs ?
[1] Ce collectif regroupe 22 associations et syndicat, et promeut le respect absolu du droit des agriculteurs de réutiliser et échanger leurs semences.
[2] Les groupes écologiste, CRC (communiste républicain citoyen), Nouveau-Centre, UMP, RDSE (Rassemblement démocratique et social européen).
[3] A l’exception du blé tendre pour lequel le décret est déjà appliqué.
[4] L’amendement défendu était le suivant : « Ne constitue pas une contrefaçon la reproduction par un agriculteur de semences de ferme pour les besoins de son exploitation agricole, et ce quelle que soit l’origine de ces semences. »
Un appel à manifester a été lancé en France pour ce dimanche 24 novembre... Ces manifs ne font que commencer. Ici et ailleurs. Lisez bien, ci-dessous, les raisons qui la motivent. Vous n'en croirez pas vos yeux. Informez-vous. Désinformez-vous. Réagissez. Diffusez. NB : découvrez un article complet et clair traitant de ce sujet via http://www.econospheres.be/spip.php?article21.
AVIS A LA POPULATION
1ère manifestation contre le Grand Marché Transatlantique
Rendez-vous :
Dimanche 24 novembre 2013 de 14 h à 17 h
Place Saint Michel à Paris
Assez de fausses promesses croissancistes : Après avoir provoqué la crise, les multinationales s’en servent comme excuse pour liquider toute forme de régulation du marché ou de protection des citoyens. Les estimations hautement spéculatives des experts annoncent une hausse de 0.06 % de croissance et la création de 500.000 emplois, mais combien seront détruits ?
Refusons que les multinationales spolient l’argent public : Dans le mandat de négociation de la Commission, il y est envisagé de créer un tribunal privé de règlement des différends entre Etats et multinationales, c’est-à-dire de reconnaitre aux entreprises étrangères le droit de porter plainte contre les Etats pour exiger des dommages et intérêts de plusieurs millions de dollars quand une politique publique s’opposera à leurs profits.
Quelques bonnes raisons de Stopper TAFTA :
Sécurité alimentaire : Nos normes, plus strictes que les normes internationales et américaines (niveaux de pesticides, OGM, boeuf aux hormones, etc.), pourraient être condamnées comme « barrières commerciales illégales »
Gaz de schiste : La fracturation hydraulique, jusqu’ici interdite en France du fait de ses dangers pour l’environnement, deviendrait un «droit» pour des sociétés pétrolières pouvant exiger des dommages et intérêts des Etats en cas de refus d’exploitation.
Eau & énergie : Ces biens seraient privatisables. Toute municipalité s’y opposant pourrait être accusée d’entrave à la liberté de commerce, idem pour l’énergie, qu’elle soit fossile, nucléaire ou renouvelable.
Services publics : TAFTA limiterait le pouvoir des Etats à organiser les services publics tels que : services à la personne, transports routiers, ferroviaires, et réduirait les principes d’accès universel et large à ces besoins essentiels au bénéfice d’une privatisation générale.
Liberté sur Internet : Les géants du net veulent affaiblir le régime de protection européen des données personnelles pour le réduire au niveau (quasi-inexistant) des USA, autorisant ainsi un espionage légal et lucratif par des firmes privées, dans la droite ligne d’ACTA.